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19.06.2026 à 08:09

Meurtre de Lyhanna: la collégienne a été violée, révèle l'autopsie

FRANCE24

Au lendemain de la découverte du corps dans un silo désaffecté situé dans la commune de Puycasquier (Gers), l'identification de Lyhanna avait été confirmée, mais les causes de la mort ne sont toujours pas connues dans cette affaire qui a créé une onde de choc considérable. Père de famille de 41 ans, Jérôme Barella, a été mis en examen pour "enlèvement" et "séquestration". Il est en détention provisoire à la prison de Mont-de-Marsan, à l'isolement. Les causes de la mort de l'enfant, tout comme l'existence de traces de violences sexuelles, sont essentielles pour la potentielle requalification des faits dont est actuellement accusé le principal suspect, Jérôme Barella. Depuis le 5 juin, aucune communication officielle du parquet d'Agen n'est intervenue dans le dossier Lyhanna. "le pire" "Face au pire pouvant arriver à une enfant et à des parents, leur colère n’a d’égal que leur dégoût. La famille demande à ce que son intimité et sa vie privée soient respectées", a réagit jeudi soir dans un communiqué l'avocat des parents de Lyhanna, François Roujou de Boubée. Les révélations sur plusieurs plaintes pour viols sur mineures visant le principal suspect ont suscité une vive émotion et relancé les interrogations sur les défaillances du système judiciaire. Il y avait un "continent caché" de violences sexuelles, y compris sur des enfants, comme dans l'affaire de la jeune Lyhanna, "on a libéré la parole" à ce sujet, a affirmé le président de la République, Emmanuel Macron, sur France 2 jeudi soir. Plusieurs plaintes pour viols sur mineures et des signalements, dont un pour "comportement inapproprié" envers une lycéenne, visent Jérôme Barella. Malgré des soupçons de pédocriminalité, il n'avait jamais été entendu par les enquêteurs avant la disparition de Lyhanna. Selon la procureure de la République d'Auch, il avait fait l'objet de plaintes pour viols sur mineures en 2022 et 2025. La première a été classée sans suite. Une enquête est en cours pour la seconde. Cette seconde plainte a été déposée en août 2025 et le parquet de Toulouse l'a ensuite transmise au parquet d'Auch, les faits s'étant produits dans le village de Montestruc-sur-Gers, où habitait Jérôme Barella. Selon la procureure d'Auch, elle n'a été reçue qu'en décembre 2025, puis transmise à la gendarmerie en janvier 2026. Jérôme Barella n'a jamais été entendu dans cette affaire. Ces dysfonctionnements ont été pointés du doigt jusqu'au plus haut sommet de l'Etat et suscité une forte émotion dans le pays. Lundi soir, pour la deuxième semaine consécutive, des milliers de personnes se sont rassemblées devant les palais de justice de France, souvent en réclamant une "loi intégrale" contre les violences sexuelles. Devant le tribunal judiciaire de Toulouse, "Audrey" (prénom d’emprunt), mère d’une des jeunes victimes présumées de Jérome Barella a lancé sous les applaudissements: "Il faut se battre". Les obsèques de Lyhanna se sont déroulées dans l'intimité vendredi 12 juin dans le cimetière de Fleurance (Gers), la ville où elle était scolarisée, après une cérémonie à laquelle ont participé plusieurs centaines de personnes.

19.06.2026 à 08:01

Les syndicats et l'extrême droite, entre opposition frontale et refus de se prononcer

FRANCE24

Il est "minuit moins une" avant l'arrivée de l'extrême droite au pouvoir, alerte sans cesse Sophie Binet face à l'essor du vote RN. Pour la secrétaire générale de la CGT, y être syndiqué et afficher des convictions d'extrême droite, "c'est incompatible". "Nous ne dialoguons pas avec eux." La position est aussi nette pour Marylise Léon, numéro un de la CFDT. Des positions prises malgré le risque de perte d'adhérents, sur fond d'érosion du taux de syndicalisation (10,3% en 2019 selon le ministère du Travail). Le premier syndicat français entraîne ses militants à répondre à l'extrême droite, comme lors d'ateliers organisés à Paris en mai par sa branche protection sociale. "On est dans la lutte pour éveiller les consciences et dire: attention, ces partis-là sont très dangereux et néfastes pour nous", explique Mohamed Djerdoubi, du Syndicat Francilien des Agents de la Sécurité Sociale (SFASS). Aux élections, la CFDT scrute l'éventuelle présence d'adhérents sur les listes d'extrême droite. En Isère, une candidate d'une liste RN aux municipales est convoquée en vue d'une éventuelle exclusion. A la CGT, deux syndiqués dans le Grand Est ont quitté d'eux-mêmes le syndicat qui envisageait leur exclusion pour des positions favorables au RN et à Florian Philippot. La commission de lutte contre les idées d'extrême droite a recensé environ dix exclusions en 2025. "Pas plus lui qu'un autre" Pour d'autres syndicats, "aller sur le terrain politique, historiquement, est plus complexe", explique le sociologue Rémy Ponge. "Je ne crois pas qu'on fasse de développement syndical utile à l'ensemble de la société en se basant sur un principe d'exclusion", estime François Hommeril. Le président sortant de la CFE-CGC a néanmoins critiqué la présence de personnalités d'extrême droite à une manifestation en janvier du syndicat policier Alliance, composante du syndicat des cadres. Le numéro un de la CFTC Cyril Chabanier assume s'être entretenu avec le député RN Thomas Ménagé sur les retraites, expliquant "répond(re) aux sollicitations des groupes à l'Assemblée nationale (...) sur une loi à voter", tout en soulignant que son syndicat est "très attaché à être apolitique". Un apolitisme aussi mis en avant par Florian Bigotte, représentant syndical FO de Stellantis Valenciennes (Nord), qui a rencontré en avril le député RN Sébastien Chenu, mais "pas plus lui qu'un autre". "A FO, on ne fait pas de politique (…) mon boulot c'est d'alerter les politiques", considère-t-il. Au récent congrès de la troisième centrale syndicale, plusieurs délégués FO ont critiqué la présence du secrétaire général sur des plateaux télévisés ou des piquets de grève à côté de représentants du RN. "Fallait-il abandonner les salariés et refuser d'être présent ?", a rétorqué Frédéric Souillot. Le vote extrême droite au premier tour des élections municipales était, parmi les sympathisants des syndicats, plus important chez ceux de Force Ouvrière, à 15%, en nette hausse depuis 2020, affirme un sondage Toluna Harris Interactive pour Lamy Liaisons. "Frein" Comme dans la population en général et face à une "dégradation des conditions de travail", "il y a une progression du vote RN, même dans les rangs syndicaux, c'est une réalité", analyse Rémy Ponge. "Mais il y a aussi une autre réalité: c'est que l'appartenance syndicale joue encore un rôle de barrage, de frein", insiste-t-il. Un barrage que le RN ambitionne de faire sauter. Avec Sophie Binet et Marylise Léon, "c'est déjà mort, donc à quoi bon mener un combat perdu d'avance ? En fait, on s'en fout, si on gagne, ils seront bien obligés de venir nous voir. En attendant, on parle à la base", décrypte un député RN chargé des questions sociales. Il met en garde son propre camp après des actions contestées de maires RN à Liévin et Carcassonne à l'encontre des syndicats: "Il ne faut pas qu'on donne l'impression que la liberté syndicale serait menacée si on arrivait au pouvoir". Ancien syndicaliste FO sur le site ArcelorMittal de Florange avant de s'engager en 2023 au RN, le député de Meurthe-et-Moselle Frédéric Weber estime que, "quand les gens adhèrent à un syndicat, ce n'est pas pour qu'on leur dise pour qui ils doivent voter". Il affirme avoir "beaucoup d'amis syndicalistes en désaccord" avec les positions politiques de leur syndicat. "Ils ne disent rien mais quand ils sont dans l'isoloir, ils mettent RN dans l'urne." bj-maj-boc-gbh/rap/frd/

19.06.2026 à 07:49

Un Sud-Coréen accablé par la douleur se bat pour le droit de mourir

FRANCE24

Aujourd'hui, cet homme de 65 ans se tourne vers la Cour constitutionnelle sud-coréenne dans ce qui constitue, selon son avocate, la première contestation judiciaire connue de l'interdiction de l'aide à mourir dans le pays. Le débat reste vif en Corée du Sud: selon une enquête de 2024 de l'Institut coréen pour la santé et les affaires sociales, 82% des personnes interrogées y sont favorables. Mais en l'état du droit, toute personne aidant quelqu'un à mourir, y compris des médecins, encourt jusqu'à 10 ans de prison. Malgré de puissants opioïdes, M. Lee endure des douleurs constantes depuis son diagnostic en 2020 de myélite aiguë, une maladie rare sans traitement. Cloué dans un fauteuil roulant, il vit avec un cathéter et dépend d'un aidant pour ses besoins les plus élémentaires. La douleur, dit-il, donne l'impression que "mes cuisses sont écrasées par une lourde presse, comme si le bas de mon corps était pris sous un camion-benne". "Je ne vis pas vraiment. Je me contente de survivre", a déclaré M. Lee à l'AFP, évoquant aussi escarres et nécrose cutanée. Il en est venu à considérer la mort comme la seule échappatoire. "La forme de torture la plus brutale" En 2022, il avait préparé un départ en Suisse avec l'aide de Dignitas, organisation qui accompagne les demandes d'aide à mourir. Sa fille devait l'accompagner, faute de pouvoir voyager seul. Mais "la joie s'est transformée en tristesse" lorsqu'il a compris qu'elle risquait des poursuites à son retour. "En préparant les documents, j'ai interrompu le processus parce que je ne pouvais pas me résoudre à désigner un accompagnant", dit-il, anéantissant son "unique espoir". En 2023, M. Lee a saisi la Cour constitutionnelle, estimant que lorsque la médecine n'offre aucun traitement et que la vie n'est faite que de souffrances, le "droit de décider de sa propre mort" devrait être garanti. "Une douleur incurable, persistante et atroce est la forme de torture la plus brutale sur Terre", affirme-t-il. Selon Dignitas, 144 Sud-Coréens avaient sollicité ses services à la fin de l'année dernière, plaçant le pays au 14e rang mondial en la matière. L'organisation indique avoir aidé 11 Sud-Coréens à mourir d'ici décembre 2025, sans que leurs accompagnants soient poursuivis. "Il semble que les gens aient voyagé discrètement", explique M. Lee, un risque qu'il refuse de prendre. Selon lui, une décision favorable pourrait modifier l’interprétation de l'aide et de l'incitation au suicide et éviter des poursuites dans des cas similaires. Son avocate, Kim Jae-ryon, se dit "prudemment optimiste". Une audience publique pourrait se tenir cette année. Un projet de loi présenté en 2024 pour légaliser l'aide médicale à mourir a été bloqué face à l'opposition de groupes religieux et de l'Association médicale coréenne. Dans des pays comme l'Autriche, la Suisse, les Pays-Bas, la Belgique, le Luxembourg, le Canada, l'Espagne, l'Uruguay et certains Etats américains, l'aide à mourir est autorisée, souvent après des années de débats et de décisions judiciaires. En Corée du Sud, ces discussions "n'ont pas encore pleinement mûri", souligne Park Hye-yoon, médecin à l'hôpital universitaire de Séoul. M. Lee affirme toutefois que Dignitas lui a assuré "qu'ils m'accepteraient à tout moment".
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