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03.08.2026 à 00:23

Aux Etats-Unis, la fièvre protéinée muscle l'industrie laitière

FRANCE24

Quelques cuillères de poudre mélangée à de l'eau et Carly Rowcotsky, 25 ans, est prête à attaquer sa journée. "Je fais beaucoup de sport et avec mon rythme de vie effréné, je n'ai pas beaucoup de temps pour préparer mes repas. C'est pratique d'avoir un complément alimentaire", explique-t-elle en avalant le breuvage rose électrique, dont l'étiquette promet "15 grammes de protéines". Comme elle, des millions d'Américains consomment désormais des produits enrichis en lactosérum, un produit issu du petit-lait, popularisé sous son nom anglophone "whey". Si elle s'achète depuis plusieurs années sous forme de poudres et de barres protéiques, elle est désormais intégré dans des produits plus classiques comme les céréales, bagels, bretzel ou nouilles instantanées. Le célèbre producteur de chips Doritos propose des nachos à la whey, Starbucks décline ses cafés avec l'option "ultra-protéinée". "Il y a sept ans, seuls les athlètes en consommaient. Aujourd'hui, on en trouve presque partout", observe la jeune femme. Plébiscitée par les influenceurs Pour Chuck Nicholson, professeur d'économie à l'université de Penn State, cette frénésie est alimentée par plusieurs facteurs. "Les réseaux sociaux diffusent l'idée que les protéines constituent une option particulièrement saine", explique-t-il, évoquant la popularité croissante du protein maxing, une tendance populaire sur les réseaux sociaux consistant à augmenter de façon excessive sa consommation de protéines. À cela s'ajoute "l'essor des médicaments amaigrissant de type GLP-1", dont les utilisateurs, de plus en plus nombreux, sont encouragés à augmenter leur apport en protéines afin de préserver leur masse musculaire. "Je suis préoccupé par le risque de perdre du muscle en même temps que du poids, donc je mange des aliments riches en protéines", témoigne Rudy, 46 ans, qui prend un traitement à l'Ozempic. Cette protéine-mania se reflète jusque dans les recommandations nutritionnelles fédérales, passées de 0,8 gramme à 1,2-1,6 gramme de protéines par kilogramme de poids corporel en mars 2026. "Les protéines et les graisses saines sont essentielles et ont été, à tort, déconseillées dans les précédentes recommandations", a déclaré en janvier le ministre américain de la santé, Robert F. Kennedy Jr. Plus de whey, plus de fromage Mais cette explosion de la demande se heurte à une réalité industrielle: la whey n'est pas produite directement. Elle provient du petit-lait récupéré lors de la fabrication du fromage. "Pendant longtemps, nous n'en faisions pas grand-chose. Elle servait à nourrir les animaux, ou était jetée", rappelle M. Nicholson. Aujourd'hui, ce lactosérum est filtré afin d'obtenir des concentrés et des isolats très riches en protéines, un procédé qui nécessite des équipements sophistiqués et coûteux. "Il existe donc des contraintes à plusieurs niveaux: ce que les vaches peuvent produire, les capacités de fabrication de fromage et celles permettant de transformer le lactosérum en produits protéiques", explique-t-il. L'industrie avait anticipé cette évolution. Au cours des dernières années, "les entreprises laitières américaines ont investi 13 milliards de dollars dans de nouvelles capacités de production, dans la technologie et dans l'optimisation de la chaîne d'approvisionnement" du lactosérum, souligne Michael Dykes, président-directeur général de l'International Dairy Foods. Or blanc "Mais le marché en réclame encore davantage !", expose Joshua White, expert chez T.C. Jacoby & Co., importante société de courtage et de négoce de produits laitiers basée dans le Missouri. Résultat: "les prix se sont envolés" explique-t-il. Selon les données du secteur, le prix de la whey a progressé d'environ 40% en quelques mois, tandis que celui du concentré de protéines de lactosérum à 80 % (WPC80) a bondi d'environ 150 % sur un an. Par effet domino, cette rentabilité accrue a encouragé les producteurs à fabriquer davantage de fromage afin de récupérer plus de petit-lait. Si "les prix élevés tendent à rééquilibrer le marché", selon M. White, "il a parfois été difficile de se procurer des volumes de lactosérum correspondant à ce que demandaient les clients" au cours des six premiers mois de l'année. "On entend désormais certains producteurs dire qu'ils gagnent leur argent avec la whey et couvrent leurs coûts avec le fromage", observe Chuck Nicholson. "C'est une simplification, mais cela montre à quel point l'équilibre économique s'est déplacé." Et de parachever la transformation des producteurs de fromage en producteur de whey ? "Le fromage reste très important, surtout aux Etats-Unis", explique Kathleen Noble Wolfley, vice-présidente d'Ever.Ag qui conseille les producteurs. "Mais je dirais que nous sommes bien plus proches de ce commentaire que nous ne l'étions il y a cinq ans".

03.08.2026 à 00:06

En direct : Donald Trump annonce de nouveaux pourparlers avec l'Iran à partir de lundi

FRANCE 24

Donald Trump a annoncé, dimanche soir, de nouveaux pourparlers avec l'Iran à partir de lundi. "Il y a un accord sur Ormuz, et il y aura ensuite un accord sur le nucléaire, on pourrait même dire sur la dénucléarisation de l'Iran", a assuré le président américain après une suspension des frappes américaines. Plus tôt, Téhéran a assuré être proche d'un accord avec Oman sur le détroit d'Ormuz. Suivez la situation en direct. 

02.08.2026 à 23:31

Une école du Népal pleure son héros, l'alpiniste Nirmal Purja

FRANCE24

A la Small Heaven School, dans le district de Chitwan, amis, enseignants et élèves se sont rassemblés autour d'une photo du héros local, ornée de fleurs. En allumant des bougies, ils ont partagé avec l'AFP leurs souvenirs du garçon qu'ils connaissaient bien avant qu'il ne devienne l'une des figures les plus célébrées de l'alpinisme moderne. "Ce n'était pas seulement moi et mes amis. Je pense que des gens dans le monde entier qui le connaissaient (...) ont prié pour lui. Mais c'était son destin, personne ne peut y échapper". Nirmal Purja a été tué avec neuf autres alpinistes après avoir été pris dans une avalanche meurtrière sur le Broad Peak - le 12e sommet du monde, 8.047 m -, au Pakistan, jeudi. Le Club alpin du pays a annoncé dimanche que son corps avait été retrouvé à environ 5.700 m d'altitude sur cette "montagne qu'il adorait et qui nous l'a pris". Le drame a suscité une très vive émotion dans le monde de l'alpinisme. Il était arrivé à l'internat de la Small Heaven School, dans les plaines du sud du Népal, lorsqu'il était encore jeune garçon. Il y est resté huit ans, avant de rejoindre la Brigade des Gurkhas de l'armée britannique une voie qui l'a conduit au sein d'unités d'élite puis au sommet de l'alpinisme. Dimanche, les élèves ont défilé devant son portrait, déposant des fleurs et offrant des prières, tandis que les enseignants décrivaient élève courageux et discipliné. "Courir partout sans chaussures" "Alors qu'il était encore en troisième année, il était sans peur et déterminé", a raconté à l'AFP Shailendra Baral, qui encadrait Purja à l'internat. "Il était honnête et obéissant, ce qui nous rendait heureux. Nous trouvions du courage en lui, même lorsqu'il était enfant". En 2019, Nirmal Purja avait stupéfié le monde de l'alpinisme en gravissant les 14 plus hauts sommets du globe - de plus de 8.000 m - en un peu plus de six mois, pulvérisant le précédent record de sept ans. Son exploit a ensuite été raconté dans un documentaire sur Netflix, contribuant à inspirer une nouvelle génération d'alpiniste et à redorer le blason du Népal dans un sport longtemps dominé par les aventuriers occidentaux. En 2021, il faisait partie de la première équipe entièrement népalaise à réussir l'ascension hivernale du K2, la deuxième sommet du monde après l'Everest (8.611 m). Nirmal Purja, souvent surnommé Nims Dai, a été accueilli en héros lorsqu'il est revenu à Chitwan l'année suivante pour la projection de son documentaire. "J'ai grandi ici, à courir partout sans chaussures", avait-il déclaré à l'époque dans un message sur les réseaux sociaux. "C'est ma ville et je voulais donc que tout le monde ici voie le film et qu'il inspire la jeune génération". Pour beaucoup des élèves rassemblés dimanche, les exploits de Nirmal Purja faisaient déjà partie de l'histoire de l'école. "Cela fait vraiment mal d'entendre cette nouvelle car nous avons toujours entendu de bonnes choses à son sujet", a dit à l'AFP Sarbagya Paudel, l'un d'entre eux. "Sa bravoure a servi d'exemple à notre école. Non seulement il a rendu notre école fière, mais il a aussi rendu le Népal fier. C'est déchirant de savoir qu'il n'est plus parmi nous".
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