19.03.2026 à 12:47
18.03.2026 à 15:15
18.03.2026 à 15:15
Malgré des négociations avancées, les États-Unis et Israël ont amorcé, le 28 février, deux opérations militaires contre leur ennemi commun : la République islamique d'Iran. Des attaques aux objectifs flous et qui embrasent peu à peu le reste de la région.
Moins de deux mois après l'attaque au Venezuela, la politique belliqueuse de Donald Trump est à nouveau à l'œuvre. Samedi 28 février 2026, les États-Unis et leur allié Israël ont lancé deux opérations militaires aériennes illégales (…)
Malgré des négociations avancées, les États-Unis et Israël ont amorcé, le 28 février, deux opérations militaires contre leur ennemi commun : la République islamique d'Iran. Des attaques aux objectifs flous et qui embrasent peu à peu le reste de la région.
Moins de deux mois après l'attaque au Venezuela, la politique belliqueuse de Donald Trump est à nouveau à l'œuvre. Samedi 28 février 2026, les États-Unis et leur allié Israël ont lancé deux opérations militaires aériennes illégales contre la République islamique d'Iran, avec l'objectif de faire tomber le pouvoir en place.
Un but partiellement atteint : le lendemain, l'Iran confirme la mort de l'ayatollah Ali Khamenei, Guide suprême à la tête du pays depuis 1989, ainsi que de plusieurs commandants militaires. Au total, au moins 1351 civils auraient été tués en Iran du fait des salves israélo-étasuniennes, selon l'ONG Human Rights Activists le 16 mars. Dont 175 victimes (en majorité des jeunes filles) tuées dans le bombardement d'une école primaire à Minab, vraisemblablement par un missile étasunien.
Comme pour le Venezuela, cette agression militaire survient après des semaines de tensions et de menaces entre Washington et Téhéran, désigné par Donald Trump comme l'un de ses principaux ennemis depuis son premier mandat. Le déploiement progressif de forces navales étasuniennes au Moyen-Orient – le plus important depuis l'invasion de l'Irak – avait contraint, ces dernières semaines, le pouvoir iranien à négocier. La veille de l'attaque, un accord de paix était même « à portée de main », selon le principal médiateur.
Pour justifier cette soudaine déclaration de guerre, jugée illégale au regard du droit international, le président étasunien a évoqué au départ « les menaces imminentes que représente le régime iranien » pour son pays. Trois jours plus tard, le secrétaire d'État aux Affaires étrangères admettait toutefois que Washington s'était vu obligé de frapper « préventivement » l'Iran du fait d'une « action » imminente d'Israël contre Téhéran. Et ce, afin d'éviter des représailles iraniennes « plus importantes ». Bien que Donald Trump conteste ce version, l'État israélien a confirmé plus tard son projet initial d'une attaque « pour le milieu de l'année » 2026.
Le conflit a très vite débordé sur le reste de la région, et en particulier au Liban. Le 3 mars, une salve de missiles du Hezbollah libanais (officieusement soutenu par l'Iran) ciblant Israël, en représailles à la mort de Khamenei, a provoqué la reprise du conflit armé entre les deux acteurs.
Depuis, le pays, et notamment sa capitale Beyrouth, sont régulièrement bombardés par l'armée israélienne. Au total, Le gouvernement libanais estime que 886 personnes ont été tuées par ces tirs israéliens, selon un bilan publié le 16 mars. En parallèle, Israël a pris le contrôle d'une partie du sud du pays pour créer une « zone tampon » le long de sa frontière avec le Liban. En tout, « plus de 820 000 personnes » ont été déplacées de force depuis le début de la riposte israélienne, selon un bulletin de l'ONU publié le 13 mars.
L'annonce le 17 mars d'une extension des zones occupées au sud du Liban fait craindre d'une opération militaire plus longue et intense. Un haut responsable israélien a indiqué vouloir y « faire ce que nous avons fait à Gaza » auprès du média étasunien Axios, tandis qu'un communiqué du ministère de la Défense d'Israël a annoncé que les Libanais déplacés « ne retourneront pas dans les zones situées au sud [...] tant que la sécurité des habitants du nord [d'Israël] ne sera pas assurée. »
En réaction aux attaques des États-Unis et d'Israël, Téhéran a riposté en bombardant Israël ainsi que des cibles militaires dans au moins huit pays du Moyen-Orient. Une base navale française aux Émirats arabes unis a notamment été touchée au deuxième jour du conflit, impliquant un peu plus la France dans cette guerre. Quelques missiles iraniens ont par ailleurs visé Chypre, la Turquie et l'Azerbaïdjan.
Depuis, le régime iranien bombarde régulièrement des objectifs militaires aux Émirats arabes unies, au Qatar, au Koweït et à Bahreïn. L'Iran vise également l'Irak voisin, et en particulier le Kurdistan irakien où sont regroupés des groupes d'opposition kurdes armés. Le 13 mars, un soldat français est tué par un missile iranien ciblant cette région. Si tous ces états font preuve de retenue pour le moment, le risque d'une escalade militaire plus large est sur toutes les lèvres.
Le lancement de ce conflit inquiète grandement les marchés financiers. Dès le premier jour, le puissant groupe armé iranien des Gardiens de la Révolution a annoncé la quasi-mise à l'arrêt du détroit d'Ormuz (co-géré par l'Iran) : une voie commerciale majeure du transport maritime du globe, par lequel transite 20 à 25 % du pétrole brut et du gaz naturel mondial. Les menaces de couler les bateaux qui l'emprunterait et les rumeurs de dépôt de mines sous-marines iraniennes provoquent ainsi la fermeture de fait du détroit. Un blocage confirmée le 12 mars par Mojtaba Khamenei, fils et successeur du guide suprême d'Iran.
Cela a des conséquences mondiales : plusieurs puissances économiques asiatiques (comme la Chine, l'Inde et la Corée du Sud) dépendent très largement de ce pétrole pour produire de l'énergie. Par ailleurs, la baisse de l'offre de pétrole a fait grimper les prix (le baril de référence a dépassé les 100 dollars le 9 mars), faisant mécaniquement augmenter les prix de l'essence à la pompe, notamment aux États-Unis et en France. En réaction, Emmanuel Macron a annoncé le 9 mars que plusieurs pays européens et non-européens prévoient d'envoyer des navires militaires escorter les bateaux commerciaux à travers le détroit... au risque d'entrer directement en conflit avec l'Iran.
Le doute pèse sur l'ampleur finale de l'opération étatsunienne et les objectifs réels des États-Unis. Censé durer initialement « deux ou trois jours », le conflit pourrait se poursuivre durant « quatre à cinq semaines », table Donald Trump, ou bien « jusqu'en septembre », selon un document interne révélé par Politico. Le 9 mars, le chef d'État indiquait pourtant à l'inverse que « la guerre est pratiquement terminée ».
De même, sa stratégie pour faire tomber le régime en Iran reste floue. Si Donald Trump promettait au départ de laisser les Iraniens « prendre le contrôle de [leur] gouvernement » en affaiblissant la dictature islamique depuis le ciel, le président étasunien a ensuite envisagé d'envoyer des troupes au sol « si elles étaient nécessaires », avant de juger que ce serait « une perte de temps ». Même aller-retour pour un éventuel soutien militaire aux combattants kurdes iraniens opposés au régime.
Quelle que soit l'issue de cette guerre, Donald Trump espère encore faire plier le pouvoir iranien sans négociations : « Il n'y aura pas d'accord avec l'Iran, sauf en cas de CAPITULATION INCONDITIONNELLE ! », déclarait-il le 6 mars.