Revues

 GÉNÉRALISTES
Ballast Charlie-Hebdo Fakir La Voie du Jaguar Lava Le Diplo Lundi Matin Multitudes La revue des médias Smolny Socialter  The Conversation Usbek & Rica UP'Magazine Le Zéphyr

 CULTURE / IDÉES
  Contretemps A Contretemps Alter-éditions CQFD Le Comptoir Frustration L'Intimiste Jef Klak Lignes de Crêtes NonFiction Période Philo Mag Lettre PhiloMag
Terrestres Vie des Idées

 INTERNATIONAL
Alencontre Alterinfos CETRI ESSF Inprecor Guitinews Kedistan Quatrième Internationale Viewpoint Magazine

 PODCASTS  
Arrêt sur Images LSD Thinkerview

 WTF 
Ulyces Brut

Accès libre Analyse l’impact de l’information sur la situation politique et sociale des pays, et sur les relations internationales
▸ les 10 dernières parutions

07.04.2022 à 15:04

Non, un étranger en situation irrégulière ne bénéficie pas de « l’intégralité de la palette de soins gratuits » grâce à l’AME, comme l’indique Jordan Bardella

Rédaction OSI

Réserver les prestations sociales aux Français. Voici l’une des mesures phares inscrites dans le programme du Rassemblement national…
Texte intégral (608 mots)

Réserver les prestations sociales aux Français. Voici l’une des mesures phares inscrites dans le programme du Rassemblement national (RN). Son président Jordan Bardella souhaite même supprimer l’aide médicale d’Etat (AME) accordée à certains étrangers en situation irrégulière. Interrogé sur CNews le 24 mars dernier, le jeune député européen a affirmé que l’AME permettait aux étrangers de bénéficier de tous les soins gratuitement. Il a ajouté pouvoir faire des économies en y mettant fin. C’est pourtant loin d’être aussi simple.

« Un étranger, clandestin, qui arrive dans notre pays bénéficie lui de l’intégralité de la palette de soins gratuite, c’est notamment l’aide médicale d’Etat que nous supprimerons. Donc nous réserverons les prestations sociales aux français, croyez-moi ça va faire beaucoup d’économies dans les finances de l’Etat ». Voici la position de Jordan Bardella, le président du Rassemblement national, à l’occasion de son passage sur CNews jeudi 24 mars. Le bras droit de Marine Le Pen fait pourtant fausse route sur deux points. Premièrement, l’AME ne prend pas en charge toutes les prestations de santé. Deuxièmement, sa suppression pourrait coûter plus cher à l’Etat.

Commençons par rectifier la première erreur de Jordan Bardella. Il est faux d’affirmer qu’un étranger en situation irrégulière bénéficie d’une prise en charge identique à celle d’un autre assuré social français. Rappelons tout d’abord que la procédure pour toucher l’aide médicale d’Etat n’est pas automatique, il faut en faire la demande en déposant un dossier. Tout potentiel bénéficiaire de l’AME doit réunir trois critères : être en situation irrégulière, depuis plus de trois mois en France, et ne pas toucher plus de 727 euros par mois.

Ajouté à cela, un étranger en situation irrégulière éligible à l’AME ne voit pas toutes ses prestations de santé prises en charge par l’Etat. Le dispositif exclut par exemple les médicaments dits « à faible service médical rendu », les procédures de procréations médicalement assistées (PMA) ou encore les cures thermales. D’autre part, tous les soins ne sont pas remboursés à 100%. En effet, l’AME se contente de prendre en charge dans la limite des tarifs de la sécurité sociale de nombreux soins, comme les soins dentaires, les audioprothèses, les lunettes…

Place désormais à la seconde affirmation de Jordan Bardella, soit supprimer l’AME pour faire des économies. Un rapport de l’Inspection générale des finances datant de 2019 rappelle que l’aide médicale d’Etat représente seulement 0,6% des dépenses publiques de santé. Cette statistique permet logiquement de douter de l’intérêt d’y mettre fin. La France recensait 320 000 bénéficiaires du dispositif fin 2018, pour un coût total d’environ 900 millions d’euros.

Par ailleurs, l’Inspection générale des finances estime qu’il faut « envisager avec prudence toute évolution de l’aide médicale d’Etat », dans la mesure où cela pourrait même coûter plus cher à la France. Le risque ? Le renoncement aux soins. Les étrangers en situation irrégulière, sans prise en charge à temps, verront leur état de santé se dégrader rapidement. Par conséquent, il faudra leur prodiguer des soins plus lourds, donc plus onéreux.

04.04.2022 à 15:00

Non, la France n’importe pas « 50% de sa viande », comme l’affirme Fabien Roussel

Rédaction OSI

Invité de France Inter jeudi 31 mars, le candidat communiste à l’élection présidentielle Fabien Roussel est revenu sur…
Texte intégral (533 mots)

Invité de France Inter jeudi 31 mars, le candidat communiste à l’élection présidentielle Fabien Roussel est revenu sur l’un de ses grands sujets de prédilection : l’alimentation. Le député du Nord a notamment regretté que la France soit dépendante de la viande provenant de l’étranger. Selon lui, l’Hexagone importerait effectivement « 50% de sa viande ». C’est faux.

Pour Fabien Roussel, la gastronomie française se traduit par « un bon vin et un bon fromage » mais également « une bonne viande ». Le membre du Parti communiste français (PCF) a profité de son passage au micro de France Inter pour rappeler la nécessité de « manger, en faible quantité, de la viande de qualité et française ». Le candidat au scrutin présidentiel regrette en effet que le pays soit « dépendant de l’étranger en important 50% de sa viande ».

Afin de vérifier les dires du député, il faut se référer aux chiffres de l’Agreste, le service chargé de la statistique du Ministère de l’Agriculture. Consolidés dans rapport publié en juin par France AgriMer, ils montrent une réalité bien différente. Selon l’établissement national des produits de l’agriculture et de la mer, sur 100 viandes consommées en France en 2020, 28 venaient de l’étranger (28%). Dans le détail, cette part chute à 19% pour la viande bovine et à 16% pour celle de dinde. Le poulet et le mouton/agneau représentent respectivement 43 et 53% de l’ensemble de la viande. Le chiffre avancé par Fabien Roussel est donc très largement surévalué.

Mais alors d’où sortent les 50% brandis par le candidat du PCF ? D’après son équipe, Fabien Roussel a repris les chiffres communiqués durant le Salon de l’Agriculture, début mars. Depuis le 1er mars, la restauration collective doit indiquer aux consommateurs l’origine des viandes qu’elle cuisine. Pour défendre cette obligation d’affichage, le ministre de l’Agriculture, Julien Denormandie, a effectivement regretté lors du salon que « dans un pays qui est une terre d’excellence et d’élevage comme la France, dans les cantines scolaires, plus de 50% de la viande soit importée ».

Fabien Roussel a pris un chiffre portant sur les seules cantines du pays. Il n’est donc pas représentatif. De plus, la restauration d’entreprise ou celle pour les plus jeunes fait figure d’exception par rapport à l’ensemble de la consommation des Français. France AgriMer précise aussi dans son rapport que « l’importation est majoritaire dans l’approvisionnement de la restauration hors domicile (restauration commerciale, restauration collective, snacking) ».

Ce constat n’est cependant pas directement lié à un déficit de production français. Les collectivités en charge des cantines sont par exemple confrontées à une double réalité : des codes des marchés publics soumettant les achats et des prix locaux souvent plus onéreux. Face à cela, il est difficile pour les collectivités de choisir à leur guise les viandes qu’elles présentent au menu.

01.04.2022 à 14:56

Non, L’Union européenne ne coûte pas 10 milliards d’euros à la France chaque année, comme l’affirme Nicolas Dupont-Aignan

Rédaction OSI

Eurosceptique assumé, le candidat à l’élection présidentielle Nicolas Dupont-Aignan ne cesse de dénoncer le fonctionnement de l’Union européenne…
Lire plus (472 mots)

Eurosceptique assumé, le candidat à l’élection présidentielle Nicolas Dupont-Aignan ne cesse de dénoncer le fonctionnement de l’Union européenne (UE) lors de ses interventions médiatiques. Invité de Franceinfo jeudi 17 mars, le président de Debout la France a même indiqué que la Commission européenne coûtait chaque année 10 milliards d’euros à la France. C’est faux, en réalité l’Hexagone contribue deux fois moins au budget de l’UE.

C’est une thématique de contestation fréquente chez les eurosceptiques : le fonctionnement européen coûte cher à la France qui verse plus d’argent qu’elle n’en récupère de l’Union européenne. Le candidat à l’Elysée Nicolas Dupont-Aignan fait sien de l’argument et le brancarde même à chaque campagne présidentielle. Il y a 5 ans déjà, le député assurait que chaque année, le pays donnait 11 milliards d’euros de plus qu’il ne recevait de la part des institutions européennes. Bis repetita pour 2022. « La Commission européenne, ça nous coûte 10 milliards d’euros chaque année », a expliqué l’élu jeudi 17 mars dernier au micro de Franceinfo,

Afin de vérifier ce chiffre, il convient tout d’abord de savoir combien le pays verse par an au budget européen. Selon un rapport annexe au projet de loi de finances (PLF) de 2022 centré sur « les relations financières avec l’Union européenne », la contribution française augmente depuis 2017, avec 20,4 milliards d’euros versés au budget de l’UE cette année-là. En 2021, ce sont 28,8 milliards qui ont été engagés. Ce qui représente une hausse de 45%. Il semble toutefois important de noter que les hausses de 2020 (23,3 milliards) et 2021 sont à relier à la crise sanitaire

Après les dépenses, place aux recettes. Un tableau issu de ce même rapport établit les « retours en France au titre des principales politiques communes entre 2000 et 2020 ». On peut voir que le pays a touché 13,5 milliards d’euros de l’UE en 2017. Trois ans plus tard, c’était 15,8 milliards d’euros, soit une augmentation de 17%. 

Il semble donc clair que la France est une contributrice nette au budget de l’Union européenne au fil des ans, mais pas dans les proportions affirmées par Nicolas Dupont-Aignan. En 2020, l’Hexagone a versé 5,6 milliards de plus qu’il n’a reçu des institutions européennes. Le candidat au scrutin présidentiel a donc multiplié par deux le montant de la contribution du pays. Pour conclure, notons que la France est le deuxième contributeur net derrière l’Allemagne. En 2020, Paris était le deuxième bénéficiaire en volume des dépenses de l’UE après la Pologne.

Médias

GÉNÉRALISTES
Basta L'Autre Quotidien Blast Capital La Croix Le Figaro Le Monde France 24 FTVI Huffington Post L'Humanité LCP Mediapart La Tribune Le Media Slate Korii

INTERNATIONAL
Bellingcat CADTM Courrier d'Europe Centrale Courrier International Eurojournalist Equaltimes Info Asie Inkyfada Jeune Afrique Orient XXI Rojava I.C NYT Toute l'Europe

MÉDIAS D'OPINION
L'Autre France-Presse Acta AOC Issues Les Jours Le Monde Moderne LVSL Médias Libres Marianne Quartier Général Rapports de force Reflets Rézo StreetPress

OBSERVATOIRES
Acrimed Internet actu Catastrophes naturelles Conspis Culture Extrême-droite Inégalités Information Médias Multinationales Sondages Présidentielle Routes de la Soie Vrai ou Fake ?

---