27.07.2026 à 17:42

27.07.2026 à 17:28

En plus des feux majeurs déclarés dans les Landes, en Corse et dans le Var, un incendie en Gironde d'une ampleur inédite s'étend depuis une semaine à l'est de Bordeaux. Un feu de forêt qui force l'État à évacuer des milliers de personnes et à mobiliser l'armée.
C'est une cascade de chiffres qui démontre le caractère hors norme de l'incendie en cours en Gironde (Nouvelle-Aquitaine). Depuis le 22 juillet, un feu de forêt parti de la commune de Saumos se propage entre Bordeaux et l'océan (…)
En plus des feux majeurs déclarés dans les Landes, en Corse et dans le Var, un incendie en Gironde d'une ampleur inédite s'étend depuis une semaine à l'est de Bordeaux. Un feu de forêt qui force l'État à évacuer des milliers de personnes et à mobiliser l'armée.
C'est une cascade de chiffres qui démontre le caractère hors norme de l'incendie en cours en Gironde (Nouvelle-Aquitaine). Depuis le 22 juillet, un feu de forêt parti de la commune de Saumos se propage entre Bordeaux et l'océan Atlantique. Au total, la préfecture estime que les flammes ont dévasté 42 000 hectares, selon un bilan communiqué le lundi 27 juillet. Soit l'équivalent de quatre fois la superficie de Paris.
Si l'on ne compte heureusement aucune victime pour le moment, les services de l'État dénombrent 240 habitations détruites et 220 000 personnes évacuées, dont une partie de façon préventive. En revanche, 88 sapeurses-pompieres ont été blessées depuis le début des interventions, sur les 2750 dépêchées depuis toute la France. L'État a par ailleurs mobilisé 1500 soldates de l'armée, 1440 gendarmes et policieres, ainsi que 18 moyens aériens (dont plusieurs envoyés par l'Union européenne). Les agriculteurices et les entreprises du secteur du bâtiment apportent également leur aide grâce aux réserves d'eau et aux engins dont ils disposent.
Après bientôt une semaine de lutte, les autorités ont annoncé de premiers signes d'accalmie. Lundi 27 juillet, le ministre de l'Intérieur a indiqué que l'incendie était « stabilisé » mais pas « fixé ». Le même jour, le Service départemental d'incendie et de secours (Sdis) de Gironde rapportait « moins de foyers actifs » que la veille. Le Sdis reste toutefois prudent, car la situation évolue vite : du 25 au 26 juillet, les flammes ont parcouru plus de 10 000 hectares en une seule nuit. Le feu est par ailleurs dangereusement proche de la métropole de Bordeaux : le 26 juillet, les flammes étaient à environ « 15 km » de cette zone urbaine de 855 000 habitants, estimait le maire bordelais Thomas Cazenave.
Autre enjeu de ce mégafeu : les fumées toxiques dégagées par les flammes. L'Agence régionale de santé de Nouvelle-Aquitaine a annoncé le 26 juillet que les seuils d'alerte aux particules fines ont été dépassés en Dordogne, Gironde, Landes, Lot-et-Garonne). Pour y faire face, l'État a acheminé 2,5 millions de masques FFP2, distribués en priorité aux personnes les plus vulnérables.
Un incendie inédit pour un été inédit : selon le gouvernement le 27 juillet, 116 085 hectares ont brûlé durant les sept premiers mois de 2026. Ce bilan dépasse largement le record annuel de 66 300 hectares, en 2022. La quatrième canicule de l'année, attendue à partir du mardi 28 juillet, pourrait encore aggraver la situation.
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Des incendies ravagent les espaces naturels en Europe comme en Amérique du Nord et du Sud, où 2026 s'annonce encore une année record. Ces catastrophes sont le résultat du changement climatique, mais le climatoscepticisme fait encore des ravages.
Des images de fumée sombre au-dessus des forêts de pin françaises se retrouvent dans les médias internationaux. *The Guardian* montre, en vidéo et en images, les incendies qui ravagent le sud-ouest de la France. « Depuis mai, la France a subi (…)
Des incendies ravagent les espaces naturels en Europe comme en Amérique du Nord et du Sud, où 2026 s'annonce encore une année record. Ces catastrophes sont le résultat du changement climatique, mais le climatoscepticisme fait encore des ravages.
Des images de fumée sombre au-dessus des forêts de pin françaises se retrouvent dans les médias internationaux. The Guardian montre, en vidéo et en images, les incendies qui ravagent le sud-ouest de la France. « Depuis mai, la France a subi trois vagues de chaleur quasi consécutives, alors que le dérèglement climatique entraîne des phénomènes météorologiques de plus en plus fréquents et extrêmes, provoquant des milliers de décès supplémentaires, asséchant les sols et les cours d'eau et alimentant les feux de forêt », rappelle le journal.
Le quotidien britannique mentionne également l'Espagne, elle aussi en proie aux flammes. Au 22 juillet, déjà, l'Europe avait brûlé deux fois plus que la moyenne à la même date sur les 20 dernières années. « La France a battu des records en termes de superficie brûlée ; avec l'Espagne, elle a battu des records en termes de nombre d'incendies. »
Dans le parc naturel de la Sierra Norte de Guadalajara, à deux heures au nord de Madrid, les flammes ont englouti plus de 32 000 hectares. La progression du feu a été finalement ralentie le 21 juillet. Avec l'exemple de ce parc, le média elDiario s'inquiète vivement pour les zones naturelles espagnoles. L'année dernière avait été une année record, là où le plus de zones protégées avaient brûlé. « Et 2026 s'annonce déjà comme une année à part. 38 % de la superficie brûlée cette année se situe dans des zones protégées », note le site d'information.
De l'autre côté de l'Atlantique, « des feux de forêt font rage dans toutes les provinces et tous les territoires du Canada, réduisant en cendres des communautés entières des Premières Nations et bouleversant la vie de milliers de personnes évacuées », raconte The Narwhal. Le média indépendant canadien lie directement ces incendies au réchauffement climatique, et pointe du doigt les responsables. « Pour ne plus aggraver le problème, le gouvernement canadien pourrait imposer des limites strictes aux émissions de dioxyde de carbone de l'industrie pétrolière et gazière. Mais le Premier ministre Mark Carney a rejeté cette idée. »
La fumée de ces feux arrive désormais jusqu'aux États-Unis. Donald Trump accuse le pays voisin « d'empoisonner son air » et a demandé au Premier ministre canadien « d'empêcher les feux de se propager », menaçant de nouveaux droits de douane. Dans The Guardian, la chroniqueuse Arwa Mahdawi écrit : « Il s'avère que la fumée ne connaît pas de frontières. Et, à mesure que les conditions météorologiques deviennent de plus en plus extrêmes, la situation ne va faire qu'empirer : le monde est littéralement en feu et, pendant qu'il brûle, les pyromanes s'amusent à jouer sur les droits de douane. »
Les conséquences du climatoscepticisme des dirigeants politiques se voient également en Argentine, où le feu menace constamment la Patagonie et les Andes. Au 15 juillet, déjà plus de 60 000 hectares de forêts étaient partis en flammes. Soit trois fois la superficie de la capitale argentine, souligne elDiario AR. « Après avoir réussi à affaiblir la loi sur les glaciers, le gouvernement Milei s'attaque désormais à la loi sur la gestion des incendies et à la loi forestière, explique le média argentin. Alors que les écosystèmes s'effondrent, l'objectif est d'éliminer les derniers outils juridiques qui les protègent. »
Face à l'inaction politique, la revue Anfibia raconte qu'en Patagonie « les communautés, les chercheurs, les pompiers et les militants cherchent de nouvelles façons d'habiter le territoire ». Ils ont vécu les incendies, et ils feront inévitablement partie de leur futur. Le « retour à la normale » n'arrivera pas, ils le savent. Dans la région, écrit le média argentin, « apprendre à vivre avec le feu est une tâche collective ».
En Espagne, Pedro Sánchez appelle à la signature d'un « grand pacte national contre l'urgence climatique », cite infoLibre. Le chef du gouvernement propose une meilleure sensibilisation du public, des moyens pour protéger les personnes dans des zones à risque et des fonds pour celles et ceux qui ont été touchés par les incendies. Le Premier ministre a déclaré : « L'urgence climatique fait des victimes et nous devons nous montrer à la hauteur. »
24.07.2026 à 20:05

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