12.06.2026 à 13:28

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Depuis la découverte du virus il y a 50 ans, l'épidémie d'Ebola en cours depuis un mois à l'est de la République démocratique du Congo (RDC) est la 17ᵉ vague qui touche le pays. Mais n'y voyez pas de malchance, prévient l'épidémiologiste congolaise Nana Mimbu dans *La Déferlante* : c'est avant tout lié aux inégalités locales et mondiales. Car l'experte rappelle que l'est de la RDC constitue un terrain propice à ce type de contagion : la déforestation causée par l'exploitation minière pousse (…)
- Société / National, Inégalités, Santé, RD Congo, Épidémie d'Ebola Bundibugyo
Depuis la découverte du virus il y a 50 ans, l'épidémie d'Ebola en cours depuis un mois à l'est de la République démocratique du Congo (RDC) est la 17ᵉ vague qui touche le pays. Mais n'y voyez pas de malchance, prévient l'épidémiologiste congolaise Nana Mimbu dans La Déferlante : c'est avant tout lié aux inégalités locales et mondiales. Car l'experte rappelle que l'est de la RDC constitue un terrain propice à ce type de contagion : la déforestation causée par l'exploitation minière pousse les animaux contaminés vers les villes, tandis que les nombreux conflits armés parquent les réfugiés dans des camps propices à la propagation des virus.
Les inégalités socioéconomiques aggravent ensuite la situation, détaille Nana Mimbu : en plus de la mauvaise gestion des épidémies par l'État congolais, celui-ci implique moins les femmes à la riposte sanitaire, alors qu'elles « soignent et s'occupent du foyer, multipliant ainsi les contacts directs avec les malades ». Quant à ceux qui sont sensibilisés à Ebola, ils restent soumis à une pression économique : « Lorsqu'un chef de famille attrape le virus, il sait que le centre de santé lui imposera vingt-et-un jours d'isolement. Il préférera cacher ses symptômes pour continuer à travailler et éviter que sa famille bascule dans la famine. »
L'épidémiologiste évoque aussi une certaine défiance envers les humanitaires étrangers, après des cas de violences sexuelles en 2018. Un sentiment nourri par l'attitude des pays occidentaux : « Lorsque Ebola a menacé l'Europe et les États-Unis en 2014, les essais cliniques de vaccins ont été considérablement accélérés. [...] Les Congolais⋅es ont eu l'impression que leurs vies comptaient moins que celles des habitant⋅es des pays riches. »