16.04.2026 à 09:02

14.04.2026 à 08:58

Dans le 7e arrondissement de Lyon, une vingtaine de femmes attendent chaque jour dans leurs camionnettes la venue des clients. « C'est très difficile de travailler », confie Marie (prénom modifié), en observant les véhicules alignés. Rue89 Lyon a recueilli le témoignage de travailleuses du sexe (TDS) et d'associations qui dénoncent les effets de la loi de 2016 de pénalisation des clients. Censée encadrer la prostitution, elle contribue selon elles à dégrader les conditions de vie des TDS (…)
- Société / Auvergne-Rhône-Alpes, Inégalités, Justice
Dans le 7e arrondissement de Lyon, une vingtaine de femmes attendent chaque jour dans leurs camionnettes la venue des clients. « C'est très difficile de travailler », confie Marie (prénom modifié), en observant les véhicules alignés. Rue89 Lyon a recueilli le témoignage de travailleuses du sexe (TDS) et d'associations qui dénoncent les effets de la loi de 2016 de pénalisation des clients. Censée encadrer la prostitution, elle contribue selon elles à dégrader les conditions de vie des TDS et accentue leur précarité.
Et dans les faits, la loi est difficile à appliquer : verbaliser un client suppose de le prendre en flagrant délit, une mission quasi impossible pour la police. Pour contourner cet obstacle, des pressions seraient exercées sur les TDS, assure Marie : « Le policier attrape le client, le ramène devant la fille, puis lui dit : “Si tu ne dis pas qu'il t'a payé, je t'envoie la fourrière.” » Depuis des années, les forces de l'ordre s'appuient en effet sur des arrêtés interdisant le stationnement des camionnettes pour repousser un peu plus loin les TDS.
Les résultats de la loi 2016 sont maigres : une dizaine de signalements annuels au procureur, et seulement 50 stages de « responsabilisation des clients » chaque année dans le Rhône. En comparaison, 88 opérations de « lutte contre la prostitution » ont été organisées dans le quartier en 2025, une centaine de personnes contrôlées et de nombreuses camionnettes mises en fourrière. « On devrait plutôt réguler la prostitution, estime Marie, on paierait des impôts et on aurait droit à la Sécurité sociale. »
09.04.2026 à 17:43
