19.02.2026 à 17:45
19.02.2026 à 13:11
En marge d'un rassemblement d'extrême droite, à Lyon, le 12 février 2026, l'étudiant néofasciste Quentin Deranque, 23 ans, a été tué après une violente agression entre identitaires et militants d'extrême gauche. Alors que sept personnes sont mises en examen, les représailles violentes se multiplient.
L'affaire secoue la classe politique française, en pleine campagne pour les élections municipales. Samedi 14 février, la famille du militant d'extrême droite Quentin Deranque, 23 ans, a (…)
En marge d'un rassemblement d'extrême droite, à Lyon, le 12 février 2026, l'étudiant néofasciste Quentin Deranque, 23 ans, a été tué après une violente agression entre identitaires et militants d'extrême gauche. Alors que sept personnes sont mises en examen, les représailles violentes se multiplient.
L'affaire secoue la classe politique française, en pleine campagne pour les élections municipales. Samedi 14 février, la famille du militant d'extrême droite Quentin Deranque, 23 ans, a annoncé son décès à la suite d'une agression survenue à Lyon deux jours plus tôt. Une enquête est désormais en cours pour « homicide volontaire », « violences aggravées » et « association de malfaiteurs dans l'intention de commettre un délit ».
Lors de sa conférence de presse du 16 février, le procureur de la République Thierry Dran a souligné les circonstances encore floues de la mort de l'étudiant lyonnais, membre du groupuscule néofasciste Allobroges Bourgoin. Les faits se sont déroulés le jeudi 12 février, en fin d'après-midi, alors que le collectif fémonationaliste Némésis organisait une action devant Sciences Po Lyon contre la venue de la députée Rima Hassan (La France insoumise). En marge de ce rassemblement, plusieurs rixes ont éclaté entre la quinzaine de membres du service d'ordre de Némésis, dont Quentin Deranque faisait partie, et « un groupe d'une vingtaine d'individus, cagoulés et masqués », précise sans s'avancer le procureur. Ceux-ci sont toutefois décrits comme « proches des mouvances antifascistes » par Mediapart.
Dans une vidéo récupérée par Le Canard enchaîné, on peut voir les militants d'extrême droite frapper les antifas avec des « gants coqués », « à coups de casque de moto » et de « béquille » métallique. Après s'être dispersés, Quentin Deranque et deux autres membres du service d'ordre sont rattrapés. Une autre vidéo, authentifiée par la justice, semble ensuite montrer le jeune homme à terre, frappé violemment à la tête par plusieurs individus. Quentin Deranque est retrouvé plus tard inconscient, mais en mesure de parler et de marcher. Son état s'aggravera peu de temps après, jusqu'à sa prise en charge par les pompiers. Une autopsie réalisée le 16 février a révélé un « traumatisme crânio-encéphalique majeur » et des « lésions mortelles à brève échéance ».
Bien que le procureur de Lyon n'ait jusqu'ici pas confirmé l'implication du groupe antifasciste La Jeune Garde, le collectif, cofondé par le député Raphaël Arnault (LFI) puis dissous en 2025, est désigné comme responsable par Némésis, ainsi que par de nombreux médias et responsables politiques de droite et d'extrême droite.
Le 17 février, le parquet de Lyon annonce l'arrestation de onze personnes dans le cadre de l'enquête sur cet homicide, dont un assistant parlementaire de Raphaël Arnault : Jacques-Elie Favrot. Celui a depuis été suspendu de ses fonction. Ex-membre de La Jeune Garde, il reconnaît le lendemain sa présence sur place et avoir commis « des violences » à l'encontre de Quentin Deranque, tout en niant être « l'auteur des coups qui ont provoqué le décès ».
Le 19 février, il fait partie des sept personnes, âgées de 20 à 26 ans, mises en examen par le parquet de Lyon : six d'entre eux pour « homicide volontaire », et Jacques-Elie Favrot pour « complicité de meurtre par instigation ». Selon le procureur, cinq personnes du groupe mis en examen ont reconnu avoir été « sur les lieux », « certains ont reconnu avoir porté des coups en contestant toute intention d'homicide », tandis que trois s'identifient comme « proches de la mouvance d'ultra-gauche ». Tous contestent en revanche l'intention de tuer.
En attendant les résultats de l'enquête, la violence politique, verbale comme physique, est exacerbée par l'extrême droite. Après des dégradations à Bordeaux et une attaque du local lyonnais du syndicat de gauche Solidaires dans la nuit du 14 au 15 février, puis l'agression des clients d'un bar identifié à gauche à Toulouse par des hooligans néonazis le 17 février, le siège de La France insoumise a dû être évacué le 18 février après une alerte à la bombe.
La gauche politique sont ainsi particulièrement visés. Dans la nuit du 21 au 22 février, deux membres des Jeunes communistes de Tours ont été violentés par des hommes cagoulés et armés cherchant des « rouges », tandis que pour La France insoumise, « 11 permanences et sièges locaux ont été dégradés [et] plusieurs dirigeants ont été menacés de morts ou de viol », rapportait L'Humanité le 23 février. Un décompte établi deux jours après une nouvelle menace à la bombe visant cette fois-ci la CGT Lyon.
17.02.2026 à 19:55