10.04.2026 à 10:11
Cette semaine, un train de fret Chine-Europe est parti de Wuhan, la capitale de la
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Cette semaine, un train de fret Chine-Europe est parti de Wuhan, la capitale de la province chinoise du Hubei, à destination de l’Azerbaïdjan via la Route de transport internationale transcaspienne, également connue sous le nom de Corridor transcaspien. Selon l’agence Azertag, il s’agit du premier service direct de fret Chine-Europe entre Wuhan et Bakou.
Le train transporte des équipements électroniques, des appareils électroménagers et des biens de consommation courante destinés aux marchés européens.Après avoir franchi le poste-frontière de Khorgos dans la région autonome ouïghoure du Xinjiang en Chine, le train traversera la mer Caspienne pour rejoindre Bakou, la capitale de l’Azerbaïdjan.
Les Chemins de fer d’Azerbaïdjan (ADY) transféreront ensuite les marchandises du port de Bakou vers des trains-blocs à conteneurs à destination de l’Europe.Ce trajet multimodal, qui combine transport ferroviaire et maritime, devrait durer 18 jours, contre jusqu’à 22 jours habituellement.Cette nouvelle route devrait offrir aux entreprises exportatrices du Hubei une logistique efficace et stable, facilitant leur expansion sur les marchés émergents eurasiatiques.Wuhan s’est imposée comme un hub majeur pour les trains de fret Chine-Europe, reliant la Chine centrale à plus de 100 villes dans plus de 40 pays eurasiatiques grâce à un réseau en expansion de plus de 50 lignes. Ces trains, qui partent principalement des gares de Wujiashan et Xianglushan, transportent une grande variété de marchandises, notamment des produits électroniques, des pièces automobiles et des appareils électroménagers.
Le réseau devrait continuer de se développer en 2025 et 2026, avec le lancement de nouvelles routes qui renforceront le rôle de Wuhan dans la logistique eurasiatique. Parmi les dernières nouveautés figurent des services directs vers l’Europe du Nord, notamment Copenhague au Danemark, ainsi qu’une nouvelle liaison vers Bakou en Azerbaïdjan via le Corridor transcaspien. Les principales destinations desservies par les trains de fret de Wuhan figurent de grands centres logistiques et industriels tels que Hambourg en Allemagne, ainsi que des villes en Russie, en Pologne et dans la région nordique, notamment en Suède et en Norvège.
Les services de fret ferroviaire de Wuhan bénéficient également d’avantages logistiques, dont le dédouanement intégré à la gare de Xianglushan. Comparé aux routes logistiques internationales traditionnelles, le Corridor transcaspien présente un risque géopolitique moindre, une chaîne d’approvisionnement plus résiliente et des connexions de transport plus directes.
Le Corridor transcaspien comprend environ 4 250 kilomètres de voies ferrées et 500 kilomètres de routes maritimes. Son objectif principal est d’offrir aux marchandises chinoises et d’Asie centrale un accès aux marchés européens via la mer Caspienne, l’Azerbaïdjan, la Géorgie, la Turquie et la mer Noire.En plus d’être efficace, ce corridor bénéficie de conditions climatiques favorables qui réduisent le temps de trajet de 15 jours par rapport aux routes maritimes traditionnelles.
Il facilite également d’importants flux de marchandises à travers l’Asie, permettant aux biens d’atteindre le Moyen-Orient, l’Afrique du Nord et la région méditerranéenne grâce aux connexions portuaires intégrées en Turquie.Depuis 2022, le trafic de marchandises le long du Corridor transcaspien via l’Azerbaïdjan a augmenté de près de 90 %. En 2025, l’ADY a traité plus de 380 trains-blocs en provenance de Chine, soit une hausse de 35 % par rapport à 2024. Au cours de cette période, 137 000 EVP de marchandises ont été transportés, représentant une augmentation moyenne de 20 % par rapport à 2024.
Par Adrien MUGNIER
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10.04.2026 à 10:04
Le géant suédois de l’acier Alleima AB, entré en Chine en 1985, a inauguré en novembre
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Le géant suédois de l’acier Alleima AB, entré en Chine en 1985, a inauguré en novembre dernier sa deuxième phase d’usine de finition à froid à Zhenjiang, dans la province du Jiangsu, dans l’est de la Chine, doublant ainsi sa capacité de production locale et introduisant des produits tubulaires haut de gamme.Cette expansion marque un jalon important pour l’entreprise, qui célèbre cette année ses 40 ans de présence sur le marché chinois. Avec un investissement de 255 millions de SEK (environ 193 millions de RMB), la nouvelle installation de 12 500 m² permet désormais de produire localement des tubes haute performance auparavant importés, tels que des tubes échangeurs de chaleur, tubes haute température, tubes composites, tubes pour stations de ravitaillement en hydrogène et tubes travaillés à froid.

Alleima, autrefois division Sandvik Materials Technology, est devenue indépendante en 2022. L’entreprise, dont les racines remontent à 1862 à Sandviken en Suède, est un leader mondial dans les aciers inoxydables avancés, les alliages spéciaux et les solutions de chauffage industriel. Ses produits servent des secteurs exigeants comme l’énergie (nucléaire, hydrogène, renouvelables), la chimie/pétrochimie, l’aérospatial, le médical et l’industrie papetière.La Chine représente un marché stratégique pour Alleima. Dès 1985, l’entreprise ouvre son premier bureau de représentation, l’une des premières sociétés suédoises à s’implanter dans le pays. En 2009, elle construit une unité de production de tubes en acier inoxydable et un centre de service à Zhenjiang. En 2024, les revenus d’Alleima en Chine dépassent 1,54 milliard de yuans, avec une croissance notable dans les segments chimie/pétrochimie, hydrogène, papier/pâte à papier et médical.
Aux yeux du PDG d’Alleima AB, Göran Björkman, les entreprises étrangères ont autrefois investi en Chine pour bénéficier de coûts peu élevés, mais ce n’est plus le cas aujourd’hui. « Nous investissons en Chine parce que ce pays est à la pointe de la technologie, et nous sommes attirés par le marché chinois. De nombreuses innovations écologiques verront le jour en Chine, et nous voulons y participer activement. »

Cette vision souligne le changement de paradigme : Alleima ne vient plus seulement pour produire à bas coût, mais pour collaborer à la transition énergétique et aux avancées technologiques chinoises. L’usine de Zhenjiang, certifiée « Green Factory » par la province du Jiangsu, fonctionne en partie à l’énergie solaire et utilise plus de 80 % de matériaux recyclés. L’entreprise vise une réduction de 50 % de ses émissions de CO₂ d’ici 2030 par rapport à 2019.
Avec cette extension, Alleima consolide sa position en Asie-Pacifique et démontre sa confiance dans le potentiel innovant de la Chine. En passant d’importateur à producteur local de classe mondiale, l’entreprise suédoise participe activement à la croissance verte et technologique du pays.
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20.12.2025 à 08:19
Le géant chinois BYD s’est engagé à lancer une nouvelle usine au Brésil avec des
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Le géant chinois BYD s’est engagé à lancer une nouvelle usine au Brésil avec des perspectives sur 3 ans.
BYD assemble des châssis de bus électriques à batterie à Campinas (État de São Paulo) depuis 2015. L’usine a produit environ 600 châssis au cours de la dernière décennie, mais les commandes actuelles explosent : l’entreprise prévoit d’en fabriquer 1 200 rien qu’en 2026, saturant ainsi complètement la capacité pour l’année prochaine.La capacité nominale de l’usine est de 2 000 châssis par an dans des conditions idéales, mais la production réelle est bien inférieure en raison de la complexité des modèles.
Par exemple, les bus articulés, également fabriqués sur place, demandent davantage de temps et de ressources.Pour répondre à la forte demande – liée à une vague de renouvellement des flottes de transports publics retardée par la pandémie de Covid-19 –, BYD adopte une stratégie en plusieurs étapes :
La nouvelle usine élargira la production locale aux camions électriques (actuellement importés) et atteindra, à pleine capacité, 6 000 à 7 000 châssis par an. Elle emploiera 700 à 800 personnes, contre moins de 100 aujourd’hui.
Outre le marché brésilien, elle servira à exporter vers l’Amérique du Sud, avec l’Afrique comme perspective future. Ces projets concernent uniquement les véhicules commerciaux dans l’État de São Paulo.
Dans l’État de Bahia, BYD construit depuis 2023 trois autres usines distinctes sur un ancien site Ford : une pour les voitures électriques et hybrides, une seconde pour les châssis de bus et camions électriques, et une troisième dédiée au traitement du lithium et du phosphate de fer pour le marché international.
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18.12.2025 à 14:58
La Chine a lancé avec succès la fusée porteuse Lijian-1 Y11 (également connue sous le
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La Chine a lancé avec succès la fusée porteuse Lijian-1 Y11 (également connue sous le nom de Kinetica-1) depuis la zone d’innovation spatiale commerciale de Dongfeng, près du Centre de lancement de satellites de Jiuquan. Cette mission commerciale a placé neuf satellites en orbite, dont trois pour des partenaires internationaux, à savoir les Émirats arabes unis (EAU), l’Égypte et le Népal. On fait le point sur le détail de ces lancements.

Principaux satellites internationaux :
Les autres satellites, majoritairement chinois, soutiennent des applications comme l’urbanisme, la prévention des catastrophes et la météorologie.
Développée par CAS Space, la fusée Lijian-1 a désormais réalisé 11 vols orbitaux, plaçant 84 satellites en orbite. L’entreprise prévoit des avancées en réutilisation des fusées, notamment via sa série Lihong pour le tourisme spatial et les missions scientifiques. Cette mission illustre l’expansion des services de lancement commerciaux chinois, avec des clients dans plus de 30 pays, renforçant particulièrement les liens avec les nations arabes et du Sud global. La Chine poursuit ici sa coopération spatiale avec un pays clé de la BRI.
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14.12.2025 à 08:43
La province de Hainan compte les jours avant le lancement de sa fermeture douanière complète
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La province de Hainan compte les jours avant le lancement de sa fermeture douanière complète le 18 décembre, date à laquelle la province la plus méridionale de la Chine commencera des opérations douanières indépendantes sur l’ensemble de l’île dans le cadre du Port de libre-échange de Hainan et déploiera une série d’incitations fiscales et de politiques préférentielles pour stimuler le commerce et l’investissement. Il ne reste plus que quelques jours avant que Hainan ne devienne une zone spéciale sous la supervision douanière chinoise, ce qui est très différent d’une zone de libre-échange classique.
Une fois la fermeture douanière complète mise en place, l’île mettra en œuvre une série d’initiatives permettant la libre circulation des marchandises et des personnes entre Hainan et les autres pays et régions, tout en gérant précisément les mesures de libéralisation entre le Port de libre-échange de Hainan et le continent.La gestion des risques est essentielle au succès du port de libre-échange.
La province a effectué des préparations approfondies contre les risques majeurs tels que la contrebande, la fiscalité et la protection de l’environnement, des systèmes réglementaires aux mécanismes opérationnels, a déclaré Tan Jian, directeur de la Division des tests de résistance et du contrôle des risques au Bureau de l’approfondissement des réformes du Comité provincial de Hainan.

Hainan a achevé la troisième série de tests de résistance avant la fermeture entre le 2 et le 10 décembre, a indiqué Tan. La coordination entre les ports, les douanes et les départements de sécurité publique s’est déroulée sans problème et toutes les installations, équipements et plateformes système ont fonctionné de manière stable. Les documents politiques et les fichiers institutionnels de soutien pour la fermeture douanière, y compris la liste des articles imposables, la liste des marchandises prohibées et restreintes ainsi que la politique d’exonération fiscale pour les produits transformés avec vente intérieure à valeur ajoutée, ont été publiés. Une fois la fermeture douanière sur l’ensemble de l’île en place, la politique de zéro tarif de Hainan pour les marchandises importées deviendra beaucoup plus large. Plus précisément, la proportion de marchandises importées éligibles aux tarifs zéro passera d’environ 21 % à environ 74 %, concernant environ 6 000 lignes tarifaires. Cet ajustement signifie que de nombreux types d’importations supplémentaires bénéficieront d’exonérations des droits de douane à l’importation, de la taxe sur la valeur ajoutée à l’importation et de la taxe à la consommation.
La politique d’exonération fiscale pour les produits transformés avec vente intérieure à valeur ajoutée permet aux marchandises produites par les industries encouragées à Hainan d’être exonérées des tarifs d’importation lorsqu’elles sont vendues sur le continent, à condition que les composants importés représentent au moins 30 % de la valeur ajoutée.
Par exemple, un lot de bœuf argentin d’une valeur d’environ 356 000 CNY (50 500 USD) serait normalement soumis à près de 43 000 CNY (6 000 USD) de droits à un taux fiscal de 12 % s’il était importé directement sur le continent chinois. Selon les règles du Port de libre-échange de Hainan, si le bœuf est transformé en viande séchée à Hainan et vendu sur le continent pour 500 000 CNY, les 43 000 CNY de tarifs peuvent être exonérés car son taux de valeur ajoutée par transformation est supérieur à 30 %.
La politique d’exonération fiscale pour les produits transformés a été introduite pour la première fois en juillet 2021 et a été affinée au cours des quatre dernières années. À fin octobre, Hainan avait approuvé 129 entreprises pour le programme pilote, avec des ventes intérieures transformées atteignant environ 11,1 milliards de CNY (1,5 milliard $), entraînant environ 860 millions de CNY (121,8 millions $) d’exonérations tarifaires. Après la fermeture douanière complète, cette politique s’étendra des programmes pilotes dans certaines industries et zones de l’île à l’ensemble de l’île.
Article original en langue anglaise : https://www.yicaiglobal.com/news/chinas-hainan-prepares-for-full-customs-closure-in-six-days
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27.10.2025 à 01:21
Dans la course à la croissance, une obsession domine : le gain de temps. Le
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Dans la course à la croissance, une obsession domine : le gain de temps. Le secteur de la logistique illustre parfaitement cette dynamique, cherchant constamment à optimiser ses processus. Pour y parvenir, l’automatisation est la solution technologique privilégiée. D’ailleurs, selon un rapport du McKinsey Global Institute, l’automatisation pourrait faire croître la productivité mondiale de 0,8 à 1,4 % chaque année.
Dans ce contexte, certaines entreprises s’imposent comme des acteurs incontournables. Quicktron Robotics, un des leaders chinois du marché de l’automatisation des robots et des entrepôts (AMR), entend développer ses ambitions mondiales.
Fondée en 2014 à Shanghai par monsieur Yang Wei, Quicktron Robotics s’est développée avec pour ambition de “Libérer les êtres humains du travail manuel”, dans un contexte où la Chine rencontre de fortes pénuries de main-d’œuvre et une augmentation significative de son coût. L’automatisation du secteur logistique devrait réduire ce dernier de près de 80%.
Forte de ses ambitions, l’entreprise connaît un développement fulgurant. En 2015, un an seulement après sa création, Quicktron Robotics réalise sa première levée de fonds, et finalise ses premiers projets d’entrepôts intelligents pour Vip.com et Best inc, respectivement un acteur important du e- commerce et de la logistique intelligente en Chine.

En 2017, Quicktron reçoit un financement de la part de deux acteurs de poids: Cainiao, le bras logistique du géant chinois Alibaba et SBCVC, un fonds d’investissement spécialisé dans les technologies à fort potentiel. Leur soutien déjà considérable, environ vingt-neuf millions de dollars, permet de crédibiliser le projet de Quicktron et ouvre la voie à un développement ambitieux. En 2018 et en 2020 cela permettra à Quicktron de réaliser deux levées de fonds supplémentaires, dont la dernière atteindra les cent millions de dollars. Désormais, on retrouve des investisseurs de dimension mondiale comme Saudi Aramco, compagnie pétrolière nationale saoudienne, et Kion group, industriel allemand numéro deux de la logistique en entrepôts.
Très bien implantée sur le marché chinois, Quicktron Robotics est également porteuse d’ambitions internationales. Pour y arriver, l’entreprise s’appuie sur trois leviers stratégiques : un investissement massif en R&D; l’élaboration de partenariats avec des acteurs majeurs du secteur de l’automatisation logistique; et la validation de normes et de certifications qui faciliteront son insertion dans les différents marchés mondiaux.
Consciente de la fulgurance du milieu technologique dans lequel elle évolue, Quicktron Robotics met un point d’honneur à proposer des produits de très haute qualité, et remet régulièrement en question leur pertinence sur le marché. Elle propose aujourd’hui quatre séries de robots différentes pour accomplir la plus grande variété de missions possibles au sein d’un entrepôt. On retrouve des systèmes de tris avancés, des chariots élévateurs intelligents et des robots dits “bin-to-person” c’est-à -dire qui vont chercher le produit et l’amener à un employé chargé de sa distribution.
Guidée par sa quête de l’automatisation générale, Quicktron Robotics propose également des logiciels capables de gérer le flux robotisé et d’optimiser au maximum les opérations. Grâce à cette volonté d’excellence technologique, l’entreprise a proposé quatre générations de robots en dix ans, s’appuyant sur des investissements très importants en R&D, atteignant 60 à 75 % des dépenses annuelles de l’entreprise, tous secteurs confondus. Cette force d’innovation se traduit également par le nombre impressionnants de brevets déposés, près de quatre cents.
Malgré sa rigueur technologique, Quicktron Robotics ne peut espérer de destin mondial sans des partenaires déjà bien établis, capables de faciliter son approche sur des marchés pour l’instant hors de portée. Il s’agit également de donner confiance en son projet. Pour cela, l’entreprise chinoise peut compter sur son partenariat avec KION Group, et plus spécifiquement avec ses filiales Dematic et Linde, qui participent à la distribution de ses produits et au développement conjoint de véhicules automatisés.

L’impressionnant réseau partenarial de vingt-quatre entreprises à travers le monde témoigne lui aussi de la portée que Quicktron Robotics souhaite donner à son commerce. Dernier levier de sa stratégie internationale : l’obtention de normes et de certifications. Elles sont essentielles pour le développement des activités de l’entreprise à l’étranger. Quicktron Robotics en a acquis trois ces dernières années. La première fut l’obtention en 2019 de la certification CE pour ses robots de troisième génération, indispensable pour réaliser des ventes sur le marché européen.
Ensuite, en mai 2025, TÜV Rheinland – organisme allemand renommé et spécialisé dans la délivrance de certifications – a attribué à Quicktron Robotics les certifications CE-MD et NRTL sur certains de ses modèles de robots. La première est un marquage européen obligatoire pour la mise sur le marché de dispositifs médicaux dans l’UE. La seconde permet la validation des normes de sécurité américaines dans de nombreux secteurs, sans couvrir le domaine médical.
En août 2025, Quicktron Robotics va plus loin en obtenant une certification délivrée par TÜVSÜD. Il s’agit d’un autre organisme de certification internationale permettant de garantir la sécurité fonctionnelle de robots, c’est-à -dire leur fiabilité, même en cas de panne et dans des conditions de travail complexes. C’est une certification importante pour le projet de Quicktron Robotics qui a désormais “la capacité de rivaliser avec les plus grandes marques mondiales dans le domaine de la sécurité fonctionnelle”, selon les mots de l’organisme.
Les trois leviers que nous venons de citer s’inscrivent dans une stratégie bien définie par le fondateur et CEO de Quicktron Robotics, dites de “Dual Dual Engines Strategy”. C’est la stratégie globale de Quicktron qui repose sur quatre piliers répartis en duo. Le premier est le système de traitement de commande et la dynamique industrielle qui l’accompagne. Le second est une stratégie produit à deux échelles : une appliquée au marché chinois, l’autre à l’international.
Aujourd’hui, Quicktron Robotics est une entreprise très bien implantée sur le marché de l’AMR (Automated Mobile Robot) puisqu’elle est régulièrement classée dans le top10 mondial.

En 2020, le fondateur et CEO de Quicktron, Yang Wei, aurait déclaré que l’empreinte de Quicktron passera de quinze pays (au moment de la déclaration), à plus de cent, et atteindra un chiffre d’affaires annuel de 1,5 milliards de dollars d’ici les cinq prochaines années. Cinq ans plus tard, force est de constater que le premier objectif n’a pas été rempli puisque l’entreprise n’est présente que dans une vingtaine de pays. Concernant le chiffre d’affaires, les données n’étant pas publiques, il est difficile de vérifier si l’objectif est atteint. Mais même si ce n’est pas le cas, l’impressionnante clientèle de plus de 1000 entreprises, ainsi que les 35 000 installations AMR délivrées, attestent de son influence internationale.
Enfin, dernièrement Quicktron Robotics a fait l’actualité à propos d’une possible entrée à la Bourse de Hong Kong.
Si cette rumeur se matérialise, Quicktron entrerait dans une toute nouvelle ère de son existence. Une entrée en bourse (IPO) est l’opportunité pour l’entreprise qui en bénéficie de mettre des parts de son capital (actions) à disposition d’investisseurs du monde entier. Concrètement, il s’agirait sûrement d’une nouvelle levée de fonds estimée à cent millions de dollars.
Mais cette IPO représente surtout une visibilité internationale inédite et une confiance des investisseurs, ouvrant la voie à de nombreux marchés inexploités.
En 2021, Quicktron faisait déjà l’objet de spéculations quant à une possible inscription à la bourse de Shanghai. Ce projet n’a jamais vu le jour et plusieurs raisons sont envisageables. Tout d’abord, la régulation est plus stricte à la bourse de Shanghai et n’offre pas le régime confidentiel proposé par Hong Kong. En effet, une entrée à la bourse de Hong Kong à ceci d’attractif qu’elle propose de réaliser une IPO confidentielle. C’est un régime spécial permettant de ne pas rendre public le dossier d’entrée immédiatement. L’objectif est de s’assurer du bon déroulement du processus d’intégration sans exposer publiquement toutes les données sensibles de l’entreprise. Dans le cas d’un rejet de candidature, il serait fâcheux de voir en plus ses données dispersées dans le monde entier.
L’activité logistique de pointe développée par Quicktron Robotics a les moyens d’en faire un artisan majeur de la BRI. Cette dernière étant une gigantesque machine, les robots de Quicktron peuvent participer à la fluidification des échanges par l’automatisation. Concrètement, cet investissement pourrait se concentrer dans les grands ports de la côte chinoise – parmi les plus importants hubs maritimes mondiaux – ainsi que dans ceux des pays partenaires de la Belt and Road Initiative. Cela peut aussi avoir lieu dans les hubs logistiques ou les points relais des voies terrestres. Cette stratégie s’est traduite dès 2017 par la construction de son premier entrepôt intelligent en Malaisie.
Le projet a été mené en partenariat avec Cainiao (branche logistique d’Alibaba), Lazada, entreprise spécialisée dans le e-commerce et propriété majoritaire du groupe Alibaba, et Pos Malaysia, opérateur postal malaisien. Le destinataire, eWTP, est un géant chinois du commerce électronique, lancé par Jack Ma, figure importante du groupe Alibaba.
Ainsi, les liens communs à ces différentes entreprises traduisent bien les intentions de développement de la Chine dans le sud-est asiatique et delaroutedelasoienumérique. Le choix de la Malaisie pour son premier projet d’automatisation à l’étranger envoie un message fort alors que la région est connue pour être un centre névralgique d’Alibaba et plus largement des nouvelles routes de la soie.
Au-delà de son intervention physique, l’entreprise elle-même, en tant qu’acteur mondial de la logistique intelligente, participe à faire rayonner le soft power chinois et plus précisément la route de la soie par son volet numérique. L’image moderne et technologique de l’entreprise trouve en effet ses admirateurs dans le monde entier. Ainsi, il y a deux axes à travers lesquels Quicktron Robotics peut s’impliquer dans la BRI, un axe opérationnel et un axe stratégique.
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Quicktron Robotics fait partie de ces “champions chinois” au développement éclair et s’impose aujourd’hui comme l’un des meilleurs de son domaine. Ses choix stratégiques d’investissements importants en R&D, de développement de partenariats solides à l’international et d’acquisition de nombreuses certifications sont centraux, mais plusieurs autres actions ont confirmé la dimension internationale revendiquée par Quicktron Robotics.
Malgré son succès évident, Quicktron continue son ascension en se fixant des objectifs toujours plus ambitieux et rêve d’imposer sa vision révolutionnaire de la logistique. Sa potentielle entrée en bourse est la prochaine étape clé de sa dynamique conquérante.

Par Paul DUPONT, Analyste – Rédacteur
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29.09.2025 à 14:19
Le Parti communiste chinois (PCC) souhaite d’ici 2049, construire un pays socialiste moderne prospère, fort,
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Le Parti communiste chinois (PCC) souhaite d’ici 2049, construire un pays socialiste moderne prospère, fort, démocratique, culturellement avancé et harmonieux (Leung, 2019). La capacité du Parti communiste chinois à rester au pouvoir dépend aussi de sa gestion de l’initiative la Ceinture et la Route. Les nouvelles routes de la soie comportent un volet politique évident, elles sont un récit développé par le gouvernement pour consolider son pouvoir invoquant un passé commun d’humiliation et de la nostalgie des temps glorieux de l’Empire du Milieu (Zheng Wang).
Le « rêve chinois » est un outil d’autolégitimation. Xi Jinping a déclaré en novembre 2014 : « Nous devons accroître le soft power de la Chine, proposer un récit chinois et mieux communiquer le message de la Chine au monde ». L’objectif principal est de faire de la Chine une puissance globale via la BRI (Lincot, 2019). En effet, la Chine est une puissance émergente et veut se positionner comme telle et assoir sa légitimité, comme les autres grandes puissances avant elle, elle propose un modèle pour le pays et pour le reste du monde. Richard T.Griffiths, dans Revitaliser la route de la soie: la ceinture et la route chinoise (2017), explique la nécessité de maintenir un dynamisme et de créer un discours autour des nouvelles routes de la soie afin qu’elles ne soient pas une simple juxtaposition de projets d’infrastructure mais une vision globale du Parti pour la Chine et pour le monde, pour les pays qui la rejoindraient volontairement.
A propos du « rêve chinois », Xi Jinping a affirmé lors du 19ème Congrès du Parti communiste chinois (PCC) que le parti était « confiant et plus que jamais capable de réaliser l’objectif d’une renaissance nationale ». « Le rêve chinois, après tout, est le rêve du peuple. Nous devons sans cesse apporter des avantages à la population. Réaliser le grand renouveau de la nation chinoise, c’est le rêve national de l’histoire moderne » (Président Xi Jinping). Le projet de l’Initiative la Ceinture et la Route est une initiative personnelle du président Xi Jinping. Selon le docteur en sciences politiques Caroline Galacteros, c’est un projet puissamment collectif et donc intrinsèquement politique, qui intervient lors d’une période de ralentissement de la croissance économique chinoise. Avec les nouvelles routes de la soie, Xi Jinping réaffirme sa maîtrise du pouvoir et propose une solution et, en outre, une vision. Cela fait partie de la tradition de planification économique du Parti. Le politologue Xu Tiebing définit l’initiative comme l’empreinte personnelle du dirigeant à court terme et une véritable stratégie à long terme, une vision qui accompagne un changement de statut de la Chine. Tom Miller a publié en 2017 « Le rêve asiatique de la Chine ». La Chine rêve d’un retour à la grande nation chinoise, d’une renaissance, et l’Initiative Belt and Road est le cadre de sa politique étrangère. Le programme vise à consolider la place du parti communiste chinois à la tête du système politique et de la société, pour replacer le Parti au centre du peuple et de la vie des chinois (Miller, 2017). Ainsi, les nouvelles routes de la soie sont un projet politique. Pour le Président Xi Jingping, la BRI est une « communauté de destin », il souhaite fédérer les pays autour de sa vision.

Le slogan du dirigeant chinois depuis son intronisation en 2013 est « Zhongguo Meng », il sert à légitimer sa position à la tête du Parti. Ses prédécesseurs avaient comme slogans « trois représentants » pour Jiang Zemin et « Société harmonieuse » pour Hu Jintao. Ces slogans sont censés rallier le peuple autour du gouvernement et du dirigeant. Tous les trois ont été forgés par Wang Huning, surnommé « l’architecte du rêve chinois ». Cet académicien au statut de roi sans couronne, a influencé le parti politique depuis les années 1990 et est surnommé « le prince de Zhongnanhai[1] ». Grande figure du monde académique, il symbolise l’effort chinois pour façonner un modèle capable de se répandre à l’extérieur des frontières et de stabiliser l’intérieur. Wang Huning a développé une théorie néo-autoritaire, il priorise le modèle centraliste au nom de l’efficacité et du besoin de stabilité dans un pays vaste et multiculturel. Il est le concepteur de la théorie centraliste du rêve chinois (la Chine est le centre puis l’extension à d’autres pays). Le Parti communiste doit contrôler le « roman national ». Selon lui, les pays occidentaux ont commis l’erreur de tomber dans l’idéalisme en poursuivant des rêves de colonisation et de mondialisation, trahissant le contrat social établi depuis l’ère westphalienne[2]. La Chine doit pouvoir s’enraciner dans son histoire, ancienne et récente. Lors de son discours de janvier 2013 devant le Comité central, Xi Jinping a expliqué que l’Union soviétique s’est effondrée parce qu’elle a nié son histoire et la lutte idéologique. Wang Huning met en garde contre le nihilisme historique. Pour Xi Jinping, « l’histoire du Parti est un tout ». Il veut mettre en lumière l’histoire chinoise depuis la période impériale pour construire un récit, fondement commun du rêve chinois. Le peuple et le parti sont unis pour l’intérêt général. Cette approche intégrale du rôle de l’État devrait idéalement dicter la marche de l’ensemble de la société chinoise vers un objectif commun et global (Théophile Sourdille, 2018).
Wang Huning a développé une approche critique de la démocratie, il a dénoncé les principes du Consensus de Washington et étudié l’individualisme américain. Les nouvelles routes de la soie pourraient être comprises comme un modèle alternatif au capitalisme américain et au « mode de vie américain », basé sur des valeurs différentes. Il a établi une « Théorie des trois représentativités » : le parti doit comprendre des représentants de l’économie (entreprises), de la culture (institutions académiques et artistiques) et des intérêts fondamentaux d’une grande majorité de la population (société civile). Ainsi, la politique de l’État prime sur tout le reste. Xi Jinping veut garantir l’exemplarité et l’éducation morale, il a lancé une politique anti-corruption en 2013. Les intérêts personnels ne peuvent pas faire obstacle au devoir civique. Les gens vont contrôler le prince non pas par la démocratie mais par une charte de principe de bonne gouvernance. La Chine veut construire ce modèle alternatif à l’Occident qui est l’homme malade de la mondialisation (taux records d’abstention aux élections, perte de légitimité, crises d’identité). Cependant, il est confronté à d’autres problèmes : la corruption, les inégalités, la fuite des cerveaux, le surpeuplement.
La Chine a des ambitions normatives, elle veut être un producteur de normes internationales. Cette ambition est une conséquence son nouveau statut de puissance. Les relations avec ses voisins sont gérées selon une logique de cercles concentriques. La notion de « soft power » (Nye, 1990) a été utilisée dans les années 2000 sous la présidence de Hu Jintao qui a parlé de « puissance nationale globale ». Cependant, le « soft power » est un concept américain, utilisé par le professeur américain Joseph Nye pour décrire une capacité de séduction, un pouvoir d’influence, par exemple le « American Way of Life ». Or, la Chine ne recherche pas le soutien des masses mais celui de partenaires politiques et diplomatiques, elle se qualifie elle-même de « pouvoir normatif ». (Alain Roux, Xiaohong Xiao-Avions, 2018).
L’Initiative la Ceinture et la Route s’inscrit dans une politique de restauration de la Chine à sa place supposée dans le système international. Elle a pour vocation de mettre fin à la « politique de discrétion » de Deng Xiaoping (XIXe Congrès, octobre 2017). C’est aussi une stratégie de réponse à la politique du « pivot asiatique » initiée par le président Obama. Wang Jisi, doyen de l’École d’études internationales de l’Université de Pékin a publié un article dans le Global Times 2012 selon lequel les États-Unis bloquaient les perspectives de la Chine dans le Pacifique et se retiraient d’Asie centrale. Il s’agirait une opportunité stratégique pour la Chine, qui doit profiter de ce vide stratégique. Le « Grand pas en avant vers l’Ouest » (da xi jin) vise à orienter les routes commerciales vers l’Eurasie.
Article initialement publié en 2020, republier fréquemment le 1 octobre à l’occasion de la fête nationale chinoise.
[1] Zhongnanhai est le siège du gouvernement.
[2] Les traités de Westphalie en 1648 établissent le concept d’Etats-nations.

Par Margaux Maurel – Diplômée de l’EDHEC, spécialiste des Nouvelles Routes de la Soie et de l’Asie centrale. Elle a travaillé pour la Commission Économique et Sociale pour l’Asie pacifique des Nations Unies, au bureau régionale pour l’Asie centrale et du Nord.
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