Lien du flux RSS
Directrice de publication : Aude Lancelin

Abonnés Émission

▸ les 10 dernières parutions

01.04.2025 à 21:15

«Burn-out: un grand brûlé du travail témoigne» avec Paul-Antoine Martin

img
Les entreprises sont-elles devenues le terreau d’une violence perverse institutionnalisée à l’origine des 500.000 burn-out présumés en France chaque année ? Entre management toxique, impunité des haut-fonctionnaires et pressions insoutenables sur les salariés, notre société semble traverser une crise profonde du travail. Un système qui broie les individus, jusqu’à l’épuisement et parfois l’irréparable : la … Continued
Lire plus (181 mots)

Les entreprises sont-elles devenues le terreau d’une violence perverse institutionnalisée à l’origine des 500.000 burn-out présumés en France chaque année ? Entre management toxique, impunité des haut-fonctionnaires et pressions insoutenables sur les salariés, notre société semble traverser une crise profonde du travail. Un système qui broie les individus, jusqu’à l’épuisement et parfois l’irréparable : la tentative de suicide. De la promotion des harceleurs à la destruction psychologique des employés, en passant par les liens avec la financiarisation et le pouvoir politique, une question se pose : et si c’était toute la société qui était en burn-out ?

Pour en discuter, Aude Lancelin a reçu le mardi 1er avril sur QG, Paul-Antoine Martin, ex-ingénieur, essayiste et auteur de « Le temps des pervers », aux éditions Max Milo. Il a partagé son expérience, lui qui a subi ce harcèlement au travail, jusqu’au burn-out et à l’idée de mettre fin à ses jours. Un témoignage poignant et nécessaire dans une société en crise.

31.03.2025 à 18:14

François Zimeray: « La condamnation d’un écrivain innocent trahit le sens même du mot justice »

img
Boualem Sansal, notamment auteur du « Serment des Barbares » (Gallimard), a été condamné à cinq ans de prison en Algérie ce jeudi 27 mars. L’écrivain franco-algérien a été arrêté dans son pays natal en novembre 2024. Interpellé et emprisonné notamment pour « atteinte à l’unité nationale, outrage à corps constitué, pratiques de nature à nuire à l’économie … Continued
Texte intégral (1948 mots)

Boualem Sansal, notamment auteur du « Serment des Barbares » (Gallimard), a été condamné à cinq ans de prison en Algérie ce jeudi 27 mars. L’écrivain franco-algérien a été arrêté dans son pays natal en novembre 2024. Interpellé et emprisonné notamment pour « atteinte à l’unité nationale, outrage à corps constitué, pratiques de nature à nuire à l’économie nationale et détention de vidéos et de publications menaçant la sécurité et la stabilité du pays », il fait face à un système judiciaire opaque, sur fond de tensions entre Alger et Paris. Pour QG, son avocat français François Zimeray revient sur cette décision du tribunal correctionnel de Dar El Beida. Il déplore également le détachement et le soutien très lointain de la gauche à l’égard de son client. Maître Zimeray, à qui on a refusé de voir Boualem Sansal depuis novembre, dénonce une atteinte profonde aux droits de la défense et a décidé de faire appel à cette condamnation algérienne. Une interview par Thibaut Combe.

QG: Vous êtes l’avocat de Boualem Sansal désigné depuis son arrestation en Algérie. Pouvez-vous revenir sur les accusations auxquelles il fait face ?

Depuis plusieurs années, Boualem Sansal s’exprime librement sur l’histoire de l’Algérie, avec la sincérité et la lucidité qu’on lui connaît. Il ne réalisait pas que cela pouvait nourrir son dossier d’accusation. Il s’est rendu en Algérie en toute innocence, sans considérer sérieusement qu’il pourrait y être arrêté. Cette idée l’avait peut-être effleuré, mais il refusait d’y croire. Arrêter un écrivain pour ses idées, surtout un homme de son âge, lui semblait inconcevable. Ceux qui le connaissent savent qu’il n’est en rien un provocateur. C’est un homme affable, d’une grande gentillesse. Vous imaginez donc son choc lorsqu’il a été arrêté, dans des conditions qu’Amnesty International a qualifiées de « disparition forcée ». Il a disparu pendant plusieurs jours avant de réapparaître en prison.

Maître François Zimeray et Boualem Sansal. L’avocat français de l’écrivain n’a jamais pu rendre visite à son client depuis son arrestation

Avez-vous des nouvelles rassurantes de Boualem Sansal ?

Je pense que, mentalement, il tient le coup. Il a traversé des moments très difficiles, mais dans l’attente de son jugement, il gardait espoir. Comment vit-il cette condamnation ?  Je ne le sais pas. Physiquement, en revanche, c’est un homme qui a besoin de soins et qui n’a rien à faire en détention. Il est très difficile d’obtenir des nouvelles, car il est non seulement incarcéré, mais aussi placé au secret, dans les conditions les plus strictes.

Boualem Sansal vient d’être condamné à cinq ans de prison ce 27 mars. Quelle est votre première réaction ?

La condamnation d’un écrivain innocent trahit le sens même du mot justice. Une détention cruelle, vingt minutes d’audience, une défense interdite et, au final, cinq ans de prison pour écrivain innocent. Son âge et son état de santé rendent chaque jour d’incarcération plus inhumain encore. J’en appelle au président algérien : la justice a failli, qu’au moins l’humanité prévale ! 

Vous avez également été empêché d’entrer en Algérie au début de son arrestation. Comment avez-vous vécu ce refus de visa ?

Forcément  mal, à plusieurs niveaux. D’abord, c’est une atteinte flagrante aux droits de la défense sans lesquels il ne peut y avoir de  de procès équitable. Et puis sur un plan personnel, cela m’a profondément touché : je me sens algérien. Toute ma famille vient d’Algérie, elle y a vécu pendant des siècles, bien avant la colonisation française. Comme beaucoup de juifs d’Algérie, nous y étions depuis très longtemps. Le refus de visa a coïncidé avec une campagne à caractère antisémite dans la presse et sur les réseaux sociaux algériens. J’y étais constamment qualifié d’ « avocat sioniste » ou encore « rat sioniste ». J’ai demandé mon visa plusieurs fois, en vain. Des avocats algériens m’ont alors suggéré de faire appel à un autre avocat français. Je leur ai répondu que cela ne changerait rien, qu’ils n’auraient pas plus de visa que moi. Mais ils m’ont dit : « Si, car vous, à cause de la campagne contre vous, vous resterez bloqué à Paris.” Un avocat non-juif pourrait obtenir le visa. Trois semaines plus tard, les autorités sont allées voir Boualem Sansal à l’hôpital pour lui mettre la pression. Il a refusé et décidé de se défendre seul en guise de protestation.

Bruno Retailleau ou Gérald Darmanin semblent alimenter les tensions entre la France et l’Algérie sur divers sujets. Pensez-vous que cela peut entraver les négociations pour libérer Boualem Sansal ? 

 C’est en tout cas ce que disent les Algériens. Mais force est de constater que ni la modération, ni les gestes d’apaisement, ni le langage diplomatique, ni toutes les mains tendues de la France n’ont eu le moindre effet. Après plusieurs mois de détention scandaleuse, il n’est pas surprenant que certains haussent le ton. D’autant plus que ces déclarations ne concernaient pas uniquement l’affaire Sansal, mais aussi le caractère extrêmement choquant du refus de recevoir l’OQTF à 14 reprises. Il y a là un réel problème. Je peux vous assurer qu’avant ces déclarations, l’Algérie n’y était déjà pas favorable. Mais elles ne sont pas la cause de la situation, elles en sont peut-être la conséquence. Que ces propos aient pu déplaire, c’est une chose, mais le véritable scandale réside dans l’arrestation de cet écrivain et dans le refus de toute coopération judiciaire.

Bruno Retailleau demande activement la libération de Boualem Sansal. Le ministre de l’intérieur est également un des protagonistes dans la forte montée des tensions entre Alger et Paris, notamment sur des affaires de visa et d’OQTF, « instrumentalisées » par l’Algérie selon Maître Zimeray

La gauche a du mal à se saisir de l’affaire et à affirmer son soutien ferme à Boualem Sansal, dénonçant une instrumentalisation par le gouvernement. Comment voyez-vous cette distance du camp progressiste avec cette affaire ? 

Moi, j’ai milité à gauche toute ma vie. Pour moi, la gauche a toujours été le parti de la liberté, de la démocratie. Et je constate que c’est souvent devenu  le camp de la répression et de l’autoritarisme contre les institutions démocratiques. La gauche  est pour moi  comme une rivière qui sort de son lit,  égarée. Je pense que l’instrumentalisation, est d’abord du côté algérien. C’est-à-dire qu’ils instrumentalisent la privation de liberté de cet homme pour régler des comptes avec la France. C’est cette instrumentalisation-là qu’il faudrait dénoncer. Ce qui me frappe, si vous voulez, à la fois comme homme de gauche et comme avocat, c’est l’insensibilité au fait qu’il y a un homme en prison. 

La France Insoumise, et notamment sa tête de liste Manon Aubry, ont voté contre la résolution de demande de libération de Boualem Sansal, au parlement européen. Que pensez-vous de cette position ?

J’ai été surpris et profondément choqué. Pour moi, c’est une faute morale. La gauche aurait dû être la première à proposer cette résolution. Je ne comprends pas pourquoi elle ne l’a pas fait, c’est incompréhensible. C’est une faute morale et politique. Comment peut-on se dire de gauche tout en n’étant pas du côté des prisonniers et de la liberté ? Qu’est-ce que la gauche, sinon la solidarité avec les plus faibles, la compassion, la défense des libertés et des institutions démocratiques face à l’autoritarisme ? Tout ce que représente Boualem Sansal. C’est la preuve d’un égarement. On dira qu’il est soutenu par la droite. Et alors ? Ce n’est pas un délit. Être de gauche, c’est être démocrate. Être démocrate, c’est accepter que d’autres ne pensent pas comme nous, donc accepter qu’il existe des personnes à droite. Il a répondu à des questions d’un journal d’extrême droite, et alors ? Est-ce un délit ? 

Elisabeth Badinter a parlé d’une “affaire Dreyfus propre à l’Algérie” dans une interview pour le JDD. La comparaison a-t-elle un sens selon vous ?

Oui et non. Toute personne injustement accusée dans un procès fabriqué peut légitimement se reconnaître dans le sort du capitaine Dreyfus, surtout sur fond d’antisémitisme d’Etat. Il y a là quelque chose de prototypique. C’est une analogie compréhensible, et si ces deux affaires restent différentes,  un point commun ressort : dans les deux cas, il y a deux innocents, accusés de trahison et envoyés en prison. En revanche, même le capitaine Dreyfus, à l’île du Diable, pouvait correspondre avec sa famille et ses avocats. Lorsqu’il était à l’île de Ré, sa femme et ses avocats pouvaient lui rendre visite.  Moi, je n’ai jamais pu le voir. A cet égard,  sa condition est pire que celle de Dreyfus, qui, lui, n’a jamais été totalement privé du droit de voir ses avocats ou de correspondre avec eux.

Interview par Thibaut Combe

28.03.2025 à 16:30

« Quand le silence tue : l’affaire Joël Le Scouarnec et ses 299 victimes »

img
L’affaire Joël Le Scouarnec n’a débuté que le 24 février dernier. Le procès durera des mois et s’achèvera le 3 juin prochain. L’affaire a commencé seulement il y a quelques jours, que déjà, les témoins et l’accusé nous offrent l’abject. Pour mieux comprendre ce procès d’une ampleur exceptionnelle, Bénédicte Martin a rencontré la journaliste Police-Justice de … Continued
Texte intégral (4915 mots)

L’affaire Joël Le Scouarnec n’a débuté que le 24 février dernier. Le procès durera des mois et s’achèvera le 3 juin prochain. L’affaire a commencé seulement il y a quelques jours, que déjà, les témoins et l’accusé nous offrent l’abject. Pour mieux comprendre ce procès d’une ampleur exceptionnelle, Bénédicte Martin a rencontré la journaliste Police-Justice de RTL Plana Radenovic, également directrice de la collection Polar Réel aux Éditions Michalon. Elle suit au quotidien ce dossier, le plus gros dossier de pédocriminalité en France, qui est littéralement tentaculaire. Tout y a une dimension inconcevable : 299 victimes de viols ou d’agressions sexuelles, 158 garçons, 141 filles d’une moyenne d’âge de onze ans, 65 avocats, 460 journalistes accrédités, plusieurs salles réquisitionnées, des psychologues, des chiens d’assistance pour accompagner les victimes. Mais surtout des décennies de manquements à tous les niveaux et surtout des décades de silence. Un silence assassin, égal à celui de l’affaire parallèle de pédocriminalité à Notre-Dame-de-Bétharam qui éclabousse François Bayrou, premier ministre d’Emmanuel Macron, bien silencieux depuis des années, lui aussi. Le silence : cette gangrène qui nourrit la culture du viol. Ainsi, après l’affaire Pélicot dite des « viols de Mazan », qui a secoué la France mais aussi sidéré à l’international, voici la soumission chimique et la banalité du mal à nouveau debout devant la barre. Un extraordinaire ordinaire. Peut-être serait-il temps de se poser la question du fantasme des endormis, ainsi que le décrit l’écrivain Kawabata dans « Les Belles endormies » ?

Mais revenons aux faits. Ce mâle ordinaire, c’est Joël Le Scouarnec. Né en 1950 à Paris d’un père ébéniste, élevé en Île-de-France, il dit avoir eu une enfance « sans souvenirs » et affirme n’avoir jamais été victime de rien. Joël est celui qui réussit dans la famille, celui qui inspire le respect. Après avoir fini son internat de médecine, il se marie avec son amour de jeunesse avec qui il aura trois enfants. Transclasse s’il en est, il devient chirurgien spécialisé en chirurgie digestive et viscérale, ce qui de facto, l’amène à être en permanence au contact d’enfants pour des opérations d’appendicite. Ce mâle ordinaire, c’est un petit bonhomme de 74 ans, papi à demi-chauve couronné de cheveux gris-blanc, visage rond réhaussé de petites lunettes doctes.

« Sans souvenirs » ? « Victime de rien » ? C’est refuser le fait d’admettre d’avoir grandi dans une famille hantée par les non-dits sur plusieurs générations et rongée de violences sexuelles, où la répétition incestueuse semble être la règle. Une famille où le père de l’accusé a reconnu sur son lit de mort avoir violé son petit-fils. Ainsi cet homme a, entre 1985 et 2017, commis un nombre terrible de viols sur mineurs sédatés ou convalescents, sous couvert d’exercice de son métier et au gré de son itinéraire professionnel (Loches, Vannes, Quimperlé, Jonzac…).

Plana Radenovic, pouvez-vous nous raconter comment ses crimes ont été découverts?

C’est sa petite voisine d’à peine six ans de Jonzac qui a rompu le silence en avril 2017 en allant porter plainte avec sa maman. Elle dénonce dans un premier temps l’exhibition sexuelle de Joël Le Scouarnec qui lui a montré son sexe dans son jardin. Puis elle complétera sa plainte en disant qu’il l’a violée. À travers le grillage de son jardin, il lui a introduit un doigt dans son vagin. Grillage mitoyen endommagé par une tempête et pas encore réparé. C’est par cette plainte et en démarrant cette enquête que les gendarmes de Saintes vont faire une perquisition chez lui à quatre mois de sa retraite, dans la maison où il vit seul. Là, ils vont découvrir l’antre d’un pédocriminel. L’horreur.

Plana Radenovic, journaliste Police-Justice à RTL, est à l’initiative de la collection Polar Réel aux Éditions Michalon, une série d’ouvrages visant à donner la parole aux acteurs du monde judiciaire – avocats, magistrats, mis en cause et enquêteurs

Le FBI avait mené une opération déjà en 2004 où il avait été épinglé

En effet, le FBI a mené une opération internationale qui déclenche plusieurs arrestations, notamment en France celle de Le Scouarnec qui a utilisé trois fois sa carte bancaire pour faire des achats sur des sites pornographiques mettant en scène des enfants. Il est jugé et condamné en 2005 à une peine plutôt clémente, puisqu’il a prend alors 4 mois de prison avec sursis. À ce moment-là, il fait amende honorable devant le tribunal. Cette condamnation ne l’empêchera pas de poursuivre ses « activités pédophiles », comme il les nomme.

Durant la perquisition de la police à son domicile, on trouvera sous le matelas des journaux intimes, ainsi que des disques durs sous les lattes du parquet.  Également des perruques, des objets sexuels, des poupées enfantines de un mètre de hauteur à qui il peut donner des prénoms comme Sonia. « Poupée Sonia » sur laquelle il se masturbe après le visionnage de documentaires sur les camps de concentration, d’enfants menés à la chambre à gaz… Mais aussi des poupées dites « classiques » qu’il collectionne et qu’il peut enduire de ses propres excréments et de ses sécrétions sexuelles avant de les offrir à sa petite fille. Revenons tout d’abord aux carnets : ces journaux intimes dits les carnets de l’horreur, sont qualifiés « d’écœurants, d’ignobles, crus, vulgaires, avilissant », qui avait-il dedans ?

Ces carnets, ces journaux sont des fichiers numériques qui sont organisés, structurés toujours de la même manière. C’est comme une lettre qu’il écrit à la victime « cher-e petit-e » suivi du prénom. Dedans il y décrit les gestes qu’il a commis, des agressions donc, mais emballés dans un pseudo-sentimentalisme qui est complètement déplacé et donne l’illusion d’une lettre d’amour. Parfois il imagine que l’enfant a provoqué ses gestes, ou était pour le moins consentant et puis cela se termine toujours par « À bientôt ou Au revoir, je t’aime. » Quelquefois il y a des considérations intimes sur lui, sa vie. Il peut dire qu’il est fier d’être pédophile, il peut dédier des passages à tous ses amis pédophiles… On plonge vraiment dans sa tête. Ce sont 40 à 100 pages par an selon les années.

Ces carnets sont des pièces à conviction essentielle du procès, des milliers de pages d’aveux, d’attouchements, de fellations, de pénétrations avec les doigts, il y note méticuleusement ses éjaculations. Autre pièce à conviction : les disques durs. Qu’y avait-il dessus pour que la gendarme Nadia Martineau en ressorte traumatisée (« un trou noir dont elle mettra des années à sortir »), littéralement en burn-out après les avoir épluchés?

Les carnets sont une chose, c’est de l’écrit. Évidemment que c’est dégueulasse à entendre, mais ce n’est pas la même chose que de voir des images. La rétine est imprimée. Dans ses disques-durs, ce sont des milliers de photos, de vidéos de scènes pédopornographiques, des montages, des scènes de tortures, de pendaisons, de décapitations humaines, des images de petits garçons crucifiés, des choses insoutenables à voir, et puis une accumulation énorme aussi, car ainsi qu’il l’a expliqué à l’audience, il est un collectionneur qui archive. Également des photos issues d’un magazine en vente libre en France – que je ne connaissais pas- qui date des années 80: « Jeune et naturel » qui met en scène des enfants nus. Il scannait les pages de ces magazines. C’est tout un monde scabreux et tout un matériel pédocriminel qui était ainsi archivé.

La question est: comment a-t-il pu passer sous les mailles du filet, sous les radars ? Comment cela a-t-il pu arriver ? Le silence de la famille, des confrères, les manquements de la justice ? Allons-y dans l’ordreLes erreurs administratives ?

Il est condamné en 2005 suite à l’enquête du FBI et il prend son nouveau poste à Quimperlé en 2006. À ce moment-là, son casier judiciaire est vierge. La direction, dans l’ignorance des faits, l’engage mais après, quand il arrive à Jonzac, qui sera son dernier établissement, son casier n’est plus vierge. Même lui le dit, car il y a un questionnaire à remplir. À la question : « Avez-vous des condamnations ? », lui-même écrira dans son dossier qu’il a été condamné en 2005 pour détention d’images pornographiques. Ce qui n’empêchera pas la directrice de ce dernier établissement de l’embaucher. Dans la procédure, elle expliquera que pour elle, il n’y avait pas d’agressions et donc que ça lui semblait moins grave. Ce point est intéressant car j’en ai parlé la « Présidente de la Protection pour l’Enfance », et elle m’a expliqué que la détention d’images pédopornographiques est souvent sous-évaluée comme délit par rapport à la justice mais aussi par les gens. Or il est à noter que les détenteurs de ces images passent souvent à l’acte. Ce n’est pas quelque chose de neutre.

Le silence des confrères ? Médecins, collèges, responsables de l’hôpital de Quimperlé ont fermé les yeux, jusqu’à l’ordre des médecins et le Ministère de la Santé...

Un homme, le psychiatre Thierry Bonvalot, avait tiré la sonnette d’alarme en 2006, lorsqu’il avait lu un article sur son confrère disant qu’il avait écopé d’une sanction pour ces faits. Rien n’a été fait. Le Conseil de l’Ordre des Médecins, le Conseil Départemental seront avisés et ne feront rien. Un silence est global, institutionnel, personne ne l’empêche, ni au niveau judiciaire, ni administratif.

En effet, l’action de « l’Ordre des Médecins » qui se porte partie civile ne passe pas auprès de certaines victimes, après sa flagrante inaction. En réaction à cette inaction du passé, l’association « La voix de l’enfant » porte plainte en juillet 2022 et avril 2023 pour « non-obstacle à la commission d’infraction » et « mise en danger d’autrui. » On sait que le milieu médical est particulièrement exposé aux violences sexuelles. Ce sont des personnes, des patients toujours en état de fragilité, des corps dont la nudité est banale, car requise. L’intimité est bien écornée au nom des soins. Par exemple, il y a le fait que l’apprentissage des examens cliniques de l’utérus se ferait en apprentissage sur « patiente endormie ». Ainsi des étudiants en première année ont pu, sans consentement, pénétrer des corps sédatés. Le milieu médical est également grandement déséquilibré. Au sommet de la hiérarchie, une très large majorité d’hommes et tout en bas, une armée de femmes (90% d’aides-soignantes). Actuellement 23% des chefs de pôle au CHU sont des femmes. On a vu apparaitre en sus du #METOOhopital, d’autres mouvements comme #payetonuterus, ou encore l’affaire du gynécologue Émile Daraï. Et toujours le silence comme celui du conseil de « l’Ordre des médecins », qu’en penser?

Ce qui est flagrant dans cette affaire, c’est qu’il y a la figure sociale du médecin qui est peu remise en question. On le voit concernant Joël Le Scouarnec, beaucoup disent qu’il était brillant, intelligent, que sa famille était très fière qu’il soit médecin. Il y a cette espèce de toute puissance de la figure du médecin et cela joue aussi sur les victimes, car nombre de victimes étaient très jeunes à l’époque où cela leur est arrivé, et quand ils et elles en ont parlé à leurs parents, on leur a dit : « Mais non, mais c’est normal. Si le docteur t’a mis un doigt dans les fesses, c’est normal. » Car il y a un flou entre ce qu’il a le droit de faire et de ne pas faire. Les gens ne connaissent pas les procédures. Ils pensent que ce sont des gestes médicaux. Là, je parle pour les patients qui étaient conscients au moment des faits. Une trentaine d’entre eux ont des souvenirs.

Et il y a également le fait que c’est une institution très corporatiste et les médecins se serrent les coudes. « L’Ordre des Médecins » lui a permis de continuer ses agissements. On peut parler de baronnies locales pour les conseils départementaux de « l’Ordre des Médecins » qui ne transmettent pas forcément les signalements, les condamnations au Conseil National. Il y a toute une guerre. Avec Le Scouarnec, en partie civile, on a le Conseil National, mais également le Conseil départemental du Morbihan. On peut voir que le Conseil National en a après le Conseil Départemental. Toutes ses institutions se renvoient la balle, se protègent. Et ainsi que vous le disiez, un patient est vulnérable, il va au bloc, subit une anesthésie. Et là, de plus ce sont des enfants, donc encore plus vulnérables

Le silence, ce foutu silence… L’histoire de la famille de Joel Le Scouarnec est marquée par le silence et à chaque témoin, une nouvelle couche d’horreur. Un de ses fils dit: « Moins j’en sais, mieux je me porte. Même après tout ce temps, ça reste tabou. » Le meilleur ami de Joel Le Scouarnec dit : « Ces histoires de braguettes, ce n’est pas mon problème. » Il voit le viol comme quelque chose de banal. Son ex-épouse également. Cachée sous une perruque et après s’être présentée mi-agacée, mi-arrogante à la barre avec des gants et un masque chirurgical, elle dit sans ciller: « Moi-même, j’ai été violée deux fois, enfant par des oncles, et adulte par mon compagnon » Son audition est glaçante. Ses propos sont dérangeants : elle va même jusqu’à dire à propos de sa petite nièce de 5 ans, violée : « Elle est toujours pendue à son cou. Elle est tortueuse cette petite fille. Elle aime capter l’attention… », ou encore « Il y a des enfants qui sont attouchés et qui aiment bien ça. » QUe savait-elle ?

On ne sait pas ce qu’elle savait, mais on sait qu’elle savait des choses. Son argumentaire n’est pas entendable car dans le dossier, il apparaît qu’en 1996, Joël Le Scouarnec écrit dans ses carnets: « Elle sait que je suis pédophile. » Ce « Elle » apparait à plusieurs reprises, même si Marie-France l’épouse a tenté de l’expliquer que ce « Elle » ne serait pas elle. Alors que d’autres « Elle » dans les carnets ne concernent qu’elle. On sait également qu’en 1999, Annie Le Scouarnec qui est la sœur de Joël, donc la mère des premières victimes, le confronte et en parle à sa belle-sœur. Il y a aussi cette fameuse lettre en 2010 où ils sont désinvités du mariage d’amis au motif que, par le passé, Joël Le Scouarnec a agressé l’enfant de ces amis-là. Son épouse ne pouvait pas ne pas savoir. La seule chose qu’elle consent à dire c’est qu’en 1996, elle aurait juste capté un regard que son mari aurait porté sur des enfants de leurs amis. A priori, elle se souvient de plus de choses que cela mais de là à dire qu’elle savait ce qu’il faisait au bloc et qu’il y avait plus de 300 victimes, non. En tout cas, elle savait plus « qu’un simple regard. » 

Le frère de l’accusé est, lui, catégorique : « Il y a une personne qui aurait pu faire en sorte que mon frère soit interpellé, c’est sa femme, parce qu’elle était au courant pour son mari, et en fait, elle n’a rien fait. »

Il ne parle pas des victimes du bloc, mais des victimes intrafamiliales. Lui-même était au courant.

La sœur de l’accusé, ayant elle-même subi un viol à l’âge de 14 ans et dont elle dit « On m’a enseigné très tôt à me taire », dénonce la « cruauté » et les « mensonges » de son ancienne belle-sœur, assurant que cette dernière était au courant des agressions sexuelles commises sur ses nièces. Elle reconnait aussi avoir été informé de la pédophilie de son frère en 2000. Elle l’a affronté lors d’un trajet en voiture. Joël Le Scouarnec a alors parlé de « pulsions », dit que sa femme était au courant, qu’il voulait réparer le mal qu’il avait fait. Elle lui a dit de se faire « soigner » et lui a demandé d’envisager des traitements possibles. Néanmoins, toujours ce silence… Alors en deuil de son époux, elle n’ira pas dénoncer son frère à la police. Des éléments sur elle ?

Attention, ne lui jetons pas la pierre ! Elle n’a rien à voir avec Marie-France l’épouse. En 2000, c’est quand Priscilla, l’une de ses filles, lui dit que son tonton Joël l’a violée que sa sœur le confronte en le ramenant à la gare après un repas familial chez leurs parents. Elle ose crever l’abcès et là, il lui ment en lui racontant que ce n’est arrivé qu’une fois, qu’il va aller consulter sauf que lui, dès qu’il met le pied dans le train, il commence à fantasmer sur une autre petite fille (il l’écrit dans ses carnets). Il lui a menti et elle, on ne peut pas dire qu’elle n’a rien fait dans le sens où elle a emmené sa fille chez un psy et a essayé de l’aider. Elle n’a pas fait le pas d’aller voir la police. J’ai eu l’occasion de la rencontrer et elle m’a expliqué qu’à l’époque la parole n’était pas libérée à ce point. Elle ne savait pas si on allait la croire. Elle pensait qu’elle n’avait pas de preuves. Elle n’imaginait pas aller à la police juste avec la parole de sa fille. C’était il y a 25 ans et heureusement les choses ont pas mal évolué aussi, c’étaient des choses dont on ne parlait pas. C’était intrafamilial. Elle ressent une culpabilité énorme pour les victimes d’après 2000 car elle se dit qu’elle aurait pu arrêter la dérive. Elle pensait sincèrement qu’il allait se faire soigner. Elle s’est raccrochée à cette idée.

Parlons des 300 victimes. Elles ont aussi dénoncé les conditions brutales de l’annonce de leurs viols, le manque de ménagement et de psychologie quand on annonce aux victimes les sévices qu’elles ont subi à leur insu, lorsqu’elles étaient sédatées. Le médecin est celui qui vous sauve, vous guérit et à qui vous remettez votre vie, sous couvert de gestes médicaux. Le Scouarnec, c’était une main qui soigne, une main qui viole. Rappelons que certaines victimes se sont suicidées après l’annonce. Une mère également dit avoir « vomi de rage ». Avez-vous rencontré, parlé à des victimes ou à leurs familles ?

Oui, bien sûr. Le procès étant hors norme, la salle des journalistes, la salle des victimes, la salle du public sont à côté. Lors des suspensions, nous avons des échanges informels. Effectivement, l’annonce par les gendarmes est un sujet, car non seulement on apprend qu’on est victime d’un viol ou d’une agression sexuelle mais en plus, il leur a été lu des extraits des carnets les concernant. Elles se sont vues dans les yeux de leur agresseur ce qui est d’une violence extrême. De plus vu l’ampleur du nombre de victimes, les gendarmes n’avaient pas les moyens de leur fournir le temps nécessaire ni une prise en charge psychologique. En une demi-heure, elles apprenaient tout cela et se retrouvaient sur le trottoir dans une détresse absolue, sans le numéro de « France victimes » ou le numéro d’associations ou d’avocats. Quant à l’accompagnement durant le procès, pour l’instant : rien à signaler. Le fait d’être dans une salle ensemble, une salle non sonorisée où elles peuvent décompresser, réagir librement, est une bonne chose, alors que dans la salle d’audience, c’est policé. Étant entre elles, une solidarité voire des sympathies se sont créées. Elles se sentent soutenues et protégées de ne pas être sous les yeux de Joël Le Scouarnec.

Le procès en est encore à ses débuts et l’accusé est loquace, il fait acte de contrition, de nombreux mea culpa. Il dit : « J’en ai fini du mensonge. », « Je me suis laissé envahir par cette perversion », « Je les ai tous trahis, je leur ai menti pour couvrir mes activités et je présente toutes mes excuses… ». Peut-on décemment croire celui qui, durant presque 30 ans, a renouvelé chaque année « son serment pédophile », en était fier dans ses écrits et le justifiait par des arguments philosophiques ?

Il est difficile de le croire. Ses aveux semblent pervers car en même temps, parfois il reconnaît, et la phrase suivante, il justifie par des actes médicaux. Il joue avec les émotions des victimes. Il donne un peu pour retirer ensuite. Par ailleurs, il veut être le seul maître de ses révélations, de son timing. 

Sur les années antérieures à la tenue de ses carnets, on se pose la question de savoir si d’autres victimes existent. Il répond : « On ne peut exclure que j’ai commis plus. »

Oui, car il y a un trou dans les carnets entre 1994 et 1996. Il en a détruit une partie. Donc pour ces deux années-là, les enquêteurs se sont référés aux tableaux Excel des fichiers qu’il avait appelé : « vulvettes » pour les petites filles et « quéquettes » pour les petits garçons.  De plus, on peut penser que tout n’était pas forcément dans les carnets. 

Son quotidien depuis le début de sa détention est de lire des livres d’Eric-Emmanuel Schmitt, de peindre, de prendre des cours d’anglais (sic). Cet homme est glaçant. La réalité dépasse la fiction.

Oui, il fait vraiment peur. Quand je suis des procès, j’essaie de trouver de l’humanité chez l’accusé car c’est quelque chose auquel je crois. Ici, dans ce cas, je n’y arrive pas. J’ai croisé son regard et je n’ai rien vu. Il n’a aucune empathie pour ses victimes. Quand il s’excuse, c’est toujours du même ton monocorde. Il a les mêmes inflexions de voix sur les mêmes mots, comme un disque rayé. On perçoit qu’il n’est pas désolé en fait. On peut même se demander s’il ne jouit pas de ce que l’on projette ses photos horribles ou qu’on lise des extraits de ses carnets. À un moment la Présidente lui a demandé s’il relisait ses carnets, il a répondu « Oui, en janvier de chaque année, je relisais tous les carnets de l’année précédente pour corriger les fautes d’orthographe ». Lui pense que c’est son œuvre. Passionné d’opéra, intellectuel, intelligent, lettré, c’est par ailleurs un lecteur de Matzneff chez qui il trouvait une considération et une validation de ses pulsions. Voir publier des écrits pédophiles par la maison Gallimard, c’est chic. Joël Le Scouarnec a le goût du détail, le souci du gourmet, la sérialité, la méticulosité, comme dans « Le silence des Agneaux ».

Joël Le Scouarnec se revendique comme fervent lecteur de Gabriel Matzneff, dont les actes ont été mis en lumière dans « Le Consentement », écrit par Vanessa Springora

Sait-on s’il écrit actuellement en détention ?

Il affirme n’écrire que pour ses cours d’anglais. Néanmoins avant, il participait à un atelier d’écriture au sein de la maison d’arrêt de Saintes.

Voit-il un psychiatre en détention ?

Oui, mais pour le contenu, ceci relève du secret médical. Prochainement, nous aurons les experts qui passeront à la barre. Notamment pour évoquer son passé : a-t-il été violé enfant ?

Car ils ont quasiment tous été violés dans la famille !

On sait que le viol est chose banale dans cette famille. Il ne donne actuellement pas d’informations nouvelles sur le fait d’avoir été violé ou pas par son père. Père qui a violé ses petits-enfants.

J’ai remarqué qu’autour de moi, tout comme avec « l’Affaire Pélicot », et l’impact qu’elle a eue, les gens se posent des questions sur leur propre famille et leur propre passé...

L’affaire Pélicot nous a prouvé que les violeurs étaient un peu partout, le viol conjugal et la soumission chimique sont choses courantes. Ici, c’est le procès de l’inceste car tout a commencé dans sa famille. Cela fait réfléchir. Arnaud Gallais (activiste des droits de l’enfant et cofondateur d’un collectif pour prévenir et protéger) parlait du continent caché des violences sexuelles faites aux enfants. La parole y est beaucoup moins libérée que pour les femmes. Tout le monde peut se poser la question. Par exemple, depuis que je suis le procès, je fais extrêmement attention aux adultes qui peuvent côtoyer mes enfants. Je ne laisserai plus mon fils ou ma fille, seuls avec un médecin.

Plana Radenovic, comment arrivezvous à décrocher en fin de journée ? Trouvez-vous de la joie après tout ça ?

Après avoir lu les plus de 700 pages qui composent l’ordonnance d’accusation, je n’ai pas réussi à dormir. Plongée dans les tréfonds de l’horreur à Vannes. Dorénavant, j’ai du mal à voir les poupées avec lesquelles ma fille s’amuse. Un soir, en rentrant, il a fallu que je les range rapidement, coincée dans un effet spatio-temporel étrange… Ce qui m’aide, c’est de garder une posture de professionnelle, de travailler pour la cause.  On n’écoute pas ses horreurs pour rien. On les partage avec la société pour faire changer les choses. Faire savoir pour protéger.

Propos recueillis par Bénédicte Martin

27.03.2025 à 21:11

«Le cas Covid : Une faillite médiatique» avec Brice Perrier

img
Cinq ans après la crise du Covid, la fracture médiatique est plus profonde que jamais. Le débat est désormais enfermé dans une opposition binaire, et surtout stérile, entre les médias mainstream, qui imposent une pensée dominante sans place pour la contradiction, et les médias alternatifs, qui se contentent parfois de prendre le contre-pied, voire sont … Continued
Lire plus (171 mots)

Cinq ans après la crise du Covid, la fracture médiatique est plus profonde que jamais. Le débat est désormais enfermé dans une opposition binaire, et surtout stérile, entre les médias mainstream, qui imposent une pensée dominante sans place pour la contradiction, et les médias alternatifs, qui se contentent parfois de prendre le contre-pied, voire sont ouvertement complotistes. La crise sanitaire a également amplifié l’obscurantisme au pouvoir, écartant toute forme de contradiction. Les biais financiers influençant la recherche, et la censure des hypothèses sur l’origine du virus, d’un côté, la manipulation des faits, de l’autre, soulèvent une question essentielle : est-il encore possible de chercher la vérité au-delà de ces deux camps radicalisés ?

Pour en discuter, Haussman Vwanderday a reçu ce jeudi 27 mars sur QG Brice Perrier, journaliste indépendant, auteur de « L’Obscurantisme au pouvoir: Quand la pensée dominante entrave la connaissance » aux éditions Max Milo

24.03.2025 à 23:04

«L’Europe a-t-elle peur de la paix ?» avec Emmanuel Todd et Pierre Lellouche

img
Alors les gouvernants européens, parmi lesquels Emmanuel Macron, semblent plus que jamais belliqueux et décidés à en découdre au moins verbalement avec la Russie de Vladimir Poutine, il reste encore des voix pour la paix dans notre pays, et une diplomatie qui assure la sécurité des peuples. Deux des plus prestigieuses d’entre elles, et qui … Continued
Lire plus (150 mots)

Alors les gouvernants européens, parmi lesquels Emmanuel Macron, semblent plus que jamais belliqueux et décidés à en découdre au moins verbalement avec la Russie de Vladimir Poutine, il reste encore des voix pour la paix dans notre pays, et une diplomatie qui assure la sécurité des peuples. Deux des plus prestigieuses d’entre elles, et qui ont vu juste dès le printemps 2022, étaient sur l’antenne de QG autour d’Aude Lancelin ce lundi soir. Ne manquez pas cette rencontre très attendue entre Emmanuel Todd, historien, auteur de « La Défaite de l’Occident » (Gallimard), best-seller désormais mondial, et Pierre Lellouche, ex-ministre, auteur de « Engrenages. La guerre d’Ukraine et le basculement du monde » (Odile Jacob). Notre média indépendant a reçu ces deux figures intellectuelles et politiques, engagées depuis 2022 pour une paix juste en Ukraine.

18.03.2025 à 21:15

«La grande trahison des élites» avec Henri Sterdyniak

img
Les marchés financiers agitent le spectre d’une faillite de l’État français, tout en dénonçant la dette, pour justifier l’austérité. Un cap suivi avec ferveur par les gouvernements Barnier et Bayrou dont les choix budgétaires ont ciblé des secteurs clés pour l’avenir du pays comme la recherche et développement, la culture ou encore la transition écologique, … Continued
Lire plus (170 mots)

Les marchés financiers agitent le spectre d’une faillite de l’État français, tout en dénonçant la dette, pour justifier l’austérité. Un cap suivi avec ferveur par les gouvernements Barnier et Bayrou dont les choix budgétaires ont ciblé des secteurs clés pour l’avenir du pays comme la recherche et développement, la culture ou encore la transition écologique, tandis que les réductions d’impôts pour les grandes entreprises et les plus riches n’ont, sans surprise, nullement produit l’investissement promis.

Notre animateur Haussman Vwanderday a reçu le mardi 18 mars sur QG Henri Sterdyniak, économiste, cofondateur de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) et des Économistes Atterrés, pour déconstruire les grands discours économiques qui façonnent les politiques publiques françaises et évoquer les pistes d’une fiscalité plus juste: taxation des grandes fortunes, limitation des dividendes, augmentation des impôts sur les tranches des plus aisés.

13.03.2025 à 23:34

«Jusqu’où iront les enragés de la propagande atlantiste ?» avec Frédéric Aigouy, Didier Maïsto et Harold Bernat

img
Alors que la France et l’Union européenne se voient exclues des négociations sur l’Ukraine, que Washington et le Kremlin semblent avancer vers une résolution du conflit, les médias mainstream s’enfoncent dans une propagande hyperactive, qui va de l’encouragement à la poursuite de la guerre jusqu’à la construction d’une véritable réalité alternative. Jamais, à l’époque contemporaine, … Continued
Lire plus (179 mots)

Alors que la France et l’Union européenne se voient exclues des négociations sur l’Ukraine, que Washington et le Kremlin semblent avancer vers une résolution du conflit, les médias mainstream s’enfoncent dans une propagande hyperactive, qui va de l’encouragement à la poursuite de la guerre jusqu’à la construction d’une véritable réalité alternative. Jamais, à l’époque contemporaine, la machine médiatique ne s’était à ce point emballée. De BHL à Kouchner, de Macron à Malhuret, les fous de guerre, pareils à des chiens de garde ayant perdu leur maître, écument les plateaux TV, ne prenant même plus soin d’enrober leurs discours, et nous expliquent, sans être contredits par les journalistes, que les chars russes sont à l’entrée des capitales européennes.

Pour en parler, Didier Maïsto et Harold Bernat ont reçu Frédéric Aigouy, journaliste indépendant, ancien de RT France, blacklisté par l’Elysée, dans un nouvel épisode en direct de Quartier Populaire le jeudi 13 mars sur QG

11.03.2025 à 23:44

«Ukraine-Russie: en marche vers un conflit général ?» avec Jacques Baud

img
[ACCÈS LIBRE] Donald Trump avait promis de mettre fin à la guerre en Ukraine dès son arrivée au pouvoir. Les États-Unis ayant désormais retiré leur soutien militaire à Kiev, l’UE hausse le ton. La France, en première ligne, se distingue par le discours martial d’Emmanuel Macron, qui a étonné le 5 mars dernier. Alors que … Continued
Lire plus (179 mots)

[ACCÈS LIBRE] Donald Trump avait promis de mettre fin à la guerre en Ukraine dès son arrivée au pouvoir. Les États-Unis ayant désormais retiré leur soutien militaire à Kiev, l’UE hausse le ton. La France, en première ligne, se distingue par le discours martial d’Emmanuel Macron, qui a étonné le 5 mars dernier. Alors que le conflit semblait s’apaiser, un risque d’escalade inquiète.

Pour éclairer la situation sur QG ce mardi 11 mars en direct à Paris, Aude Lancelin a reçu un des meilleurs connaisseurs du conflit russo-ukrainien. Jacques Baud, ancien membre du renseignement stratégique suisse et ex-chef de la doctrine des opérations de maintien de la paix à l’ONU. Auteur de nombreux best-sellers aux éditions Max Milo, parmi lesquels « Gouverner par les fake news » et « Opération Z », il est l’un des seuls observateurs à avoir vu juste depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022. Son expertise est particulièrement bienvenue, alors que les opinions publiques s’affolent et que la propagande fait rage

10.03.2025 à 17:27

« L’Union Européenne est d’ores et déjà l’une des grandes perdantes du conflit russo-ukrainien »

img
Le reflux du soutien militaire, financier et politique des États-Unis à l’Ukraine a sauté aux yeux du monde entier depuis la rencontre entre Donald Trump, son vice-président J.D. Vance, et Volodymyr Zelensky, le 18 février dernier, qui a tourné au pugilat. Peut-on pour autant parler d’un pas franchi dans l’alliance objective entre Trump et Vladimir … Continued
Texte intégral (2956 mots)

Le reflux du soutien militaire, financier et politique des États-Unis à l’Ukraine a sauté aux yeux du monde entier depuis la rencontre entre Donald Trump, son vice-président J.D. Vance, et Volodymyr Zelensky, le 18 février dernier, qui a tourné au pugilat. Peut-on pour autant parler d’un pas franchi dans l’alliance objective entre Trump et Vladimir Poutine, son homologue russe? Pas vraiment, estime David Teurtrie, chercheur associé à l’INALCO. Déjà intervenu sur QG début 2024, le politologue, spécialiste de la Russie, souligne que Washington entend dicter son tempo et compte même accroître les sanctions si Moscou temporise dans les négociations. De même, selon Teurtrie, les annonces de renforcement militaire des pays européens illustrent en réalité une dépendance extrême à l’égard des États-Unis car l’industrie de l’armement européenne n’est pas en mesure d’y répondre, à court terme. Interview par Jonathan Baudoin

Comment analysez-vous la rencontre entre Volodymyr Zelensky et Donald Trump le 28 février dernier à Washington et quels effets estimez-vous que cela peut amener sur la guerre russo-ukrainienne?

C’est une rencontre qui a été beaucoup commentée à chaud mais dont il faudrait rappeler le contexte. Il était question d’un accord portant sur la captation d’une partie des ressources ukrainiennes, notamment des métaux rares, par les États-Unis. C’était présenté par Donald Trump comme une forme de remboursement de l’aide américaine aux Ukrainiens. Le prétexte de la venue de Zelensky à Washington était la signature de cet accord.

Cependant, la partie américaine aurait souhaité que l’accord soit signé à Kiev, sans passer par une rencontre au sommet entre les deux présidents. Selon la presse anglo-saxonne, ce serait Emmanuel Macron qui aurait insisté auprès de Donald Trump en relayant une demande de la partie ukrainienne. Donald Trump n’était donc pas à l’initiative de cette rencontre et ne la souhaitait pas forcément.

Le résultat est évidemment catastrophique pour la partie ukrainienne. Je ne suis pas sûr qu’il y ait eu une intention initiale du président américain et de son vice-président de tendre un piège à Zelensky. Si on regarde l’ensemble de l’échange, cela n’en donne pas l’impression. Par contre, il est évident qu’il y a un changement radical d’approche de l’administration américaine sur le dossier ukrainien et que Zelensky n’était pas prêt à l’accepter. 

On a vu que Washington a décidé de suspendre une grande partie de l’aide militaire et financière à l’Ukraine. Plus les jours passent, plus l’ampleur du désengagement américain apparaît importante. Il s’agit non seulement d’une pause dans les fournitures en armement, mais aussi de restrictions en termes de partage du renseignement et des moyens satellitaires. 

Reste à savoir s’il s’agit d’un abandon, qualifié de trahison en Europe, ou bien d’une pause dans l’optique de faire pression sur Zelensky pour atteindre deux objectifs : la signature de l’accord économique par la partie ukrainienne et l’alignement de Kiev sur Washington dans l’optique de négociations avec la Russie.

Le 28 février 2025, Zelensky et Trump se sont rencontrés dans le Bureau Ovale pour un accord sur l’exploitation des ressources minières ukrainiennes. Macron aurait insisté pour que cette rencontre ait lieu. L’issue en fut désastreuse pour Kiev, sous les caméras du monde entier

Dans la majeure partie des médias occidentaux, Trump est présenté comme l’allié de Vladimir Poutine. Considérez-vous que c’est objectivement le cas, ou est-ce à nuancer?

Les médias européens et français sont dans une lecture court-termiste et manichéenne, ce qui n’aide pas à la compréhension des évolutions lourdes et de la complexité de la situation que ce soit dans ce conflit ou à l’égard d’autres évolutions dans les relations internationales. D’un côté, il est vrai que l’ampleur et la rapidité des changements opérés par la nouvelle administration donnent l’impression d’un retournement d’alliance. On se rappelle la rencontre russo-américaine en Arabie Saoudite, qui a été présentée sous un jour très positif par l’administration américaine. Quand on compare avec la rencontre entre Trump et Zelensky, qui a été catastrophique, et qu’on y ajoute toutes les déclarations et les mesures prises ces dernières semaines, cela peut effectivement donner l’impression d’un rapprochement extrêmement important entre Washington et Moscou.

Pourtant, je pense qu’il faut nuancer, pour plusieurs raisons. La première, c’est que l’objectif de Trump est d’obtenir un cessez-le-feu rapidement. Or, le Kremlin, dont les troupes avancent en Ukraine depuis un an, pense que le temps joue en sa faveur et conserve l’espoir d’un effondrement des positions ukrainiennes. Le fait que Trump veuille accélérer les choses n’est pas forcément bien vu au Kremlin.

Deuxièmement, la politique de Trump donne l’impression de s’opposer totalement à celle de Biden. Mais ne serait-ce pas plutôt une opposition de style ? En effet, si on prend un peu de hauteur, il faut se rappeler que lors des derniers sommets de l’OTAN, il y avait certains pays européens qui voulaient qu’on s’engage définitivement sur l’entrée de l’Ukraine dans l’OTAN. Or, Washington s’y était opposé ce qui veut dire que l’administration Biden laissait la porte ouverte de la négociation avec la Russie sur cette question de l’appartenance, ou non, de l’Ukraine à l’OTAN. Ainsi, avant même l’arrivée de Trump, il était évident que ce point serait une concession à faire à une Russie en position de force sur le terrain. Même chose pour les territoires : de nombreuses voix en Occident admettaient qu’il serait impossible de les reprendre dans le contexte actuel. Ainsi, ce que propose Trump n’est pas aussi « révolutionnaire » qu’il n’y paraît au premier abord. Seulement Trump est pressé de se débarrasser de ce dossier assez rapidement parce qu’il a d’autres priorités. D’ailleurs, Trump vient de déclarer que si la Russie traîne dans les négociations, il est prêt à accentuer les sanctions contre Moscou. En effet, le risque pour Trump, qui a déjà fait beaucoup de concessions à la Russie, est que le Kremlin veuille jouer la montre.

Quel regard portez-vous sur l’allocution d’Emmanuel Macron, mercredi 5 mars, présentant la Russie comme une « menace » pour la France, justifiant ainsi son annonce de renforcement du budget de la Défense?

Il y a plusieurs éléments qui concourent à cette rhétorique martiale d’Emmanuel Macron. Le premier, que bien des commentateurs ont oublié, c’est qu’avant et durant les premiers mois de la guerre, Emmanuel Macron a été accusé d’avoir une certaine complaisance à l’égard de la Russie. Il est vrai, par exemple, qu’Emmanuel Macron avait œuvré pour que la Russie soit réintégrée dans le Conseil de l’Europe. On se rappelle aussi qu’il avait affirmé « qu’il ne faut pas humilier la Russie » au début du conflit. Depuis, il a changé d’attitude à 180 degrés : il tente désormais de se présenter comme le dirigeant occidental le plus ferme vis-à-vis de Moscou. Mais en réalité, si on regarde les dépenses réelles de la France en faveur de l’Ukraine, elles sont proportionnellement nettement plus faibles que chez beaucoup de nos voisins européens. Il y a une rhétorique qui semble vouloir nous faire oublier, en partie, un positionnement plus ambigu avant et durant une partie du conflit.

Le deuxième facteur majeur relève de la politique intérieure. Beaucoup de commentateurs, en plus des oppositions politiques, font remarquer que le président français est extrêmement affaibli sur la scène intérieure, à l’issue de sa dissolution ratée. En agitant la « menace russe », Emmanuel Macron tente de faire oublier son bilan. L’activisme sur la scène internationale permet, en général, au président en français de tenter de reprendre la main et de faire oublier les problèmes en interne.

Troisième élément, et en l’espèce, Emmanuel Macron est cohérent depuis son arrivée au pouvoir, c’est sa volonté d’un réengagement de la France en Europe et une politique ambitieuse de la France dans une optique européenne. Il semble vouloir surfer sur un début de consensus européen renvoyant aux positions françaises d’autonomie stratégique. Accentuer l’idée d’une menace russe permet de placer la France comme un acteur majeur de la sécurité européenne. Ce qui n’est pas sans arrière-pensée en matière de vente d’armes. Cependant, les implications stratégiques liées à la rhétorique du déploiement d’armes nucléaires françaises en Europe, sont énormes. Le président français semble vouloir avancer sur ce dossier avec beaucoup de légèreté. L’arme nucléaire sert en principe uniquement à la protection du territoire français dans une perspective de dissuasion. Or, nous n’avons pas de conflits directs à nos frontières ce qui éloigne fortement tout risque d’escalade pour la France. Mais si demain les armes nucléaires françaises sont déployées en Pologne et qu’un conflit surgit entre cette dernière et la Russie, la France et les Français pourraient être entraînés dans un conflit nucléaire à leur corps défendant et pour des intérêts qui ne sont pas les nôtres. C’est extrêmement grave.

Emmanuel Macron, d’abord jugé trop conciliant avec la Russie, a pris un virage à 180 degrés lors de son allocution du 5 mars 2025. Affaibli politiquement, il mise manifestement sur l’international pour détourner l’attention de ses difficultés internes

Au-delà de cette allocution, l’idée d’un renforcement militaire des pays de l’Union européenne est-elle crédible pour pousser à la négociation entre Russes et Ukrainiens? 

Cette idée n’est pas crédible pour plusieurs raisons. La première, c’est que cela fait trois ans qu’on explique qu’il faut renforcer les positions ukrainiennes pour amener les Russes à la table des négociations. Cela n’a pas fonctionné. Sauf à imaginer un improbable effondrement russe, continuer dans la même logique va donner les mêmes résultats. Au mieux, cela permet de freiner l’avancée russe mais ne met pas fin au conflit. 

Par ailleurs, renforcer les capacités de défense européennes est une nécessité. Mais c’est un objectif à moyen-long terme. Ce n’est pas dans les semaines, les mois qui viennent, qu’on va renforcer ces capacités pour la bonne raison que les armées des pays européens ainsi que l’industrie militaire européenne ne sont pas prêtes à une telle accélération.

Qu’est-ce qu’une hausse rapide des dépenses militaires européennes risque de générer ? Dans la mesure où les industriels européens ne sont pas prêts à absorber cette demande potentielle, ces dépenses iront aux deux-tiers vers les États-Unis. Quand les Européens prétendent s’opposer à Trump en voulant accélérer leurs dépenses militaires, en réalité, ils jouent son jeu. Ils vont augmenter leurs commandes auprès du complexe militaro-industriel américain. Concrètement, les livraisons qui étaient faites directement par les États-Unis vers l’Ukraine, financées par les États-Unis, vont être maintenant financées par les Européens, et vont profiter, en grande partie, au complexe militaro-industriel américain. On est dans un vrai jeu de dupes.

Les pays européens ne paient-ils pas leur dépendance extrême à l’égard des États-Unis et quid de la survie de l’OTAN?

C’est l’un des seuls éléments qui semble faire désormais consensus. C’est nouveau car pendant longtemps, c’était la France qui prêchait dans un désert européen et personne ne voulait l’écouter. Maintenant, que faire face à cette situation ? Les choses deviennent plus complexes. Pour réorganiser la défense européenne, ce sont des programmes à moyen-long terme, sauf à effectuer un effort extrêmement important à court terme, au prix d’un coût social élevé, pour des objectifs qui ne sont pas très clairs. Il faudrait donc d’abord avoir des objectifs stratégiques clairs en analysant l’ensemble des menaces pour les pays européens avant d’engager une politique ambitieuse.

L’Europe est l’un des grands perdants de ce conflit russo-ukrainien. Au niveau économique, c’est catastrophique, toute l’Europe est impactée par la rupture avec la Russie, l’impact des sanctions, le coût de cette guerre. L’Europe et – jusqu’à récemment – les États-Unis, portent à bout de bras l’Ukraine. Tout cela coûte très cher et les pays européens devraient logiquement pousser à une sortie du conflit. Or, on a donc une situation paradoxale dans laquelle on a d’un côté les États-Unis, qui ont souvent été présentés comme les grands gagnants de ce conflit, souhaitent désormais s’en retirer au plus vite ; et de l’autre des élites européennes qui s’accrochent à une position qui ne laisse pas entrevoir de solution diplomatique. Très concrètement, je n’ai pas vu de proposition structurée de solution diplomatique portée par les Européens.

Dans cette perspective, toute cette rhétorique sur le réarmement de l’Europe contribue plutôt à son isolement. On oublie assez souvent que ce conflit est regardé de très près par la planète entière. Les BRICS et les émergents ont une lecture très différente du conflit de celle des occidentaux. Et le risque pour l’Europe, c’est de donner l’impression que les élites européennes s’enferment dans une position belliciste. De plus, si les Européens donnent l’impression de prendre le contre-pied systématique de l’administration Trump, ils risquent d’accélérer ce qu’ils redoutent le plus : le désengagement américain de l’OTAN.

Propos recueillis par Jonathan Baudoin

David Teurtrie est maître de conférences à l’Institut catholique d’Etudes supérieures (ICES), membre de l’Institut des études slaves et chercheur associé à l’Institut national des langues et civilisations orientales (INALCO). Il est l’auteur de Russie : le retour de la puissance (Dunod, 2021), essau qui a été récompensé par le prix Albert Thibaudet de l’Académie des sciences morales et politiques

06.03.2025 à 21:20

«Des quartiers à l’Assemblée: un député LFI témoigne» avec Aly Diouara

img
Tentatives d’invalidation de son élection, accusations infondées, injures, contrôles au faciès: élu en juillet 2024, le député LFI Aly Diouara a été confronté au mépris de classe et au racisme, comme d’autres élus issus des quartiers populaires, avant et après son arrivée à l’Assemblée nationale. Invité exceptionnel d’Aude Lancelin sur QG le jeudi 6 mars, … Continued
Lire plus (145 mots)

Tentatives d’invalidation de son élection, accusations infondées, injures, contrôles au faciès: élu en juillet 2024, le député LFI Aly Diouara a été confronté au mépris de classe et au racisme, comme d’autres élus issus des quartiers populaires, avant et après son arrivée à l’Assemblée nationale.

Invité exceptionnel d’Aude Lancelin sur QG le jeudi 6 mars, il est revenu sur son entrée au Palais Bourbon, la cohabitation parfois compliquée avec les élus du RN, ses désaccords avec François Ruffin et sa vision de Jean-Luc Mélenchon, qu’il considère comme le seul candidat de la gauche de rupture qui soit à la hauteur des enjeux, accusant le PS d’avoir tout trahi, notamment sous François Hollande, et plus récemment en ne votant pas la censure.

10 / 10

 

  GÉNÉRALISTES
Basta
Blast
L'Autre Quotidien
Alternatives Eco.
La Croix
Le Figaro
France 24
France-Culture
FTVI
HuffPost
L'Humanité
LCP / Public Senat
Le Media
Le Monde
Libération
Mediapart
La Tribune
 
  EUROPE / RUSSIE
Courrier Europe Centrale
Desk-Russie
Euractiv
Euronews
Toute l'Europe
 
  Afrique du Nord / Proche & Moyen-Orient
Haaretz
Info Asie
Inkyfada
Jeune Afrique
Kurdistan au féminin
L'Orient - Le Jour
Orient XXI
Rojava I.C
 
  INTERNATIONAL
CADTM
Courrier International
Equaltimes
Global Voices
I.R.I.S
N-Y Times
  OSINT / INVESTIGATION
OFF Investigation
OpenFacto°
Bellingcat
Disclose
Global.Inv.Journalism
 
  MÉDIAS D'OPINION
AOC
Au Poste
Cause Commune
CrimethInc.
L'Insoumission
Les Jours
LVSL
Marianne
Médias Libres
Quartier Général
Rapports de force
Reflets
Rézo
StreetPress
 
  OBSERVATOIRES
Armements
Acrimed
Catastrophes naturelles
Conspis
Culture
Extrême-droite
Human Rights
Inégalités
Information
Internet actu ✝
Justice fiscale
Liberté de création
Multinationales
Situationnisme
Sondages
Street-Médics
Routes de la Soie
Vrai ou Fake ?
🌞