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03.08.2026 à 07:37

L'administration Trump approuve des pesticides, des PFAS dangeureux selon chercheurs et ONG

FRANCE24

Les PFAS sont des substances chimiques synthétiques inventées par l'homme, présent des vestes de pluie aux poêles antiadhésives au téflon, jusqu'aux pesticides pour l'agriculture. Mais il existe un débat sur la définition de ce qui constitue un PFAS. Les cinq substances récemment autorisées ne rentrent pas dans la définition des PFAS adoptée par les autorités fédérales américaines. Pour de nombreux experts, ces produits sont pourtant bien des polluants éternels et ils alertent sur la dangerosité de ces nouveaux pesticides pour l'environnement. L'AFP fait le point sur ce débat. - Question de classification - Les PFAS se caractérisent par leur structure chimique: ils contiennent des liaisons carbone-fluor très stables. Leur résistance à la corrosion, à la lumière ou aux fortes chaleurs en font d'excellent isolants, anti-adhérents ou imperméabilisants. Une définition de ce que constitue un PFAS, basée sur leur structure chimique et adoptée par l'OCDE en 2021, a été suivie par environ la moitié des Etats américain, le Congrès et le Pentagone, de même que par un groupe de 150 scientifiques dans un consensus annoncé en 2024. Mais en 2023, l'Agence américaine de protection de l'environnement (EPA) a choisi sa propre définition, plus restrictive. Sous le mandat de Joe Biden, quand cette définition a été adoptée, un seul pesticide a été approuvé, contre cinq depuis le retour de Donald Trump au pouvoir. L'EPA souligne aujourd'hui que ces pesticides sont autorisés dans d'autres pays et sont indispensables pour la sécurité alimentaire. - Partie émergée de l'iceberg - Mais pour des scientifiques et des militants environnementaux, les nouvelles substances autorisées en raison de cette classification restrictive présentent tout de même des dangers pour l'homme et l'environnement. Il existe des "preuves qui suggèrent un potentiel cancérigène", a elle-même reconnu l'EPA dans son évaluation d'un des herbicides nouvellement autorisé, le trifludimoxazin. Et ces nouvelles autorisations ne représentent que la partie émergée de l'iceberg: une analyse menée en 2024 sur les substances déjà autorisées aux Etats-Unis et au Canada a conclu que 66 d'entre elles étaient des PFAS, selon la définition de l'OCDE. "C'est un problème qui a été mis sous le tapis par les gouvernements successifs", dénonce Nathan Donley de l'association environnementale Center for Biological Diversity. "Mais ça devient pire aujourd'hui." Sur dix pêches achetées dans le commerce aux Etats-Unis, "il y a de bonnes chances que neuf aient des résidus de PFAS très toxiques", alerte Varun Subramaniam, qui a mené des analyses pour l'ONG Environmental Working Group. Nombre de ces pesticides se dégradent en TFA, un polluant omniprésent dans l'eau. L'Autorité européenne de sécurité des aliments a durci fin juillet ses recommandations sur les doses admissibles de cette substance extrêmement persistante que l'on retrouve dans les sols, les nappes phréatiques, les cultures agricoles, et in fine, dans l'eau potable et l'alimentation humaine. Lobbyistes Les ONG ont critiqué des liens forts entre l'industrie et les régulateurs américains. Le chef de l'EPA, Lee Zeldin, a fait modifier en novembre la page web sur les PFAS et les pesticides du site de l'agence pour en retirer toute mention d'une plus large définition des polluants éternels, selon des documents publics obtenus par le Center for Biological Diversity. Le même jour, le lobby de l'industrie américaine des pesticides, CropLife America, publiait un argumentaire anti-régulation qui citait la page nouvellement révisée. Le lobby a affirmé à l'AFP qu'il n'y a eu aucune coordination. Un débat qui rappelle à Cindy Hu, une chercheuse en science de l'environnement à l'Université George Washington, des épisodes précédents. Quand la première génération des PFAS a été progressivement retirée au début des années 2000, l'industrie les a remplacés par d'autres molécules vendues comme plus sûres. Mais l'une d'entre-elles a depuis provoqué d'importantes contaminations dans l'eau potable en Caroline du Nord. "C'est une nouvelle version de la même histoire", se désole-t-elle, défendant un principe de précaution selon lequel ces substances chimiques devraient être considérées dangereuses, à moins de la preuve du contraire.

03.08.2026 à 07:31

Incendies en Grèce : situation "extrêmement difficile", plus de 12 000 hectares ravagés

FRANCE24

La Grèce, confrontée à plusieurs violents incendies, fait face à une situation "extrêmement difficile", a prévenu dimanche le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis. En une semaine, plus de 12 000 hectares de forêts et de terres agricoles ont brûlé dans ce pays touché de plein fouet par la crise climatique, comme l'ensemble du pourtour méditerranéen. Les précisions d'Alexia Kefalas, correspondante de France 24 à Athènes.

03.08.2026 à 07:25

En Thaïlande, le "Dry January" dure trois mois

FRANCE24

Cette mère au foyer de 42 ans, ancienne "grosse buveuse", était parfois "tellement saoule que (ses) enfants devaient nettoyer (son) vomi". Un proche l'a invitée il y a trois ans à relever le défi et elle a "tenu les trois mois" malgré les tentations. "Dès que je voyais quelqu'un acheter de l'alcool, j'avais envie de boire moi aussi", raconte-t-elle à l'AFP. "Je me suis dit +ce n'est que trois mois+ et j'ai réalisé que j'en étais capable". Wassana boit toujours aujourd'hui, "mais beaucoup moins", et continue de suivre la période d'abstinence, "principalement pour des raisons religieuses". L'interdiction de l'alcool est l'un des préceptes fondamentaux du bouddhisme. La Thaïlande, dont plus de 90% de la population se réclame de cette religion, est pourtant le troisième pays d'Asie où la consommation par habitant est la plus élevée, selon des statistiques de l'Organisation mondiale de la santé. Ce paradoxe a motivé en 2003 le lancement de la campagne, calée sur l'équivalent bouddhiste du carême chrétien, le "Khao Phansa", une période introspective observée cette année du 30 juillet au 26 octobre. D'après ses organisateurs, le "Dry January" local a été suivi en 2025, à des degrés d'engagement divers, par plus de 8 millions de personnes, soit un tiers des buveurs du pays. Foies souriants Une cérémonie matinale marque le début du carême au temple de la province rurale de Samut Sakhon, à l'ouest de Bangkok, entre offrandes aux moines et danses traditionnelles. Entassées sur des "salengs" -- des scooters avec side-car utilisés ici pour transporter des noix de coco --, des dizaines de personnes brandissent à travers le village des pancartes arborant des foies sains et souriants. Phayom Raksa déclame avec sérieux sa prestation de serment évoquant pèle-mêle les enseignements du Bouddha, le roi de Thaïlande et le bien-être de la nation. Cet ancien producteur de noix de coco, âgé de 66 ans, a complètement arrêté de boire depuis qu'il a participé pour la première fois à la campagne il y a six ans. "Avant, mes enfants avaient honte de moi (...) Je ne pouvais rien construire. Tout mon argent partait dans l'alcool", témoigne-t-il. "J'aimerais que tout le monde essaie de faire comme moi: réfléchir et regarder les choses positives". Pour Ubolwan Kongsawang, bénévole régionale du réseau Stop Drinking Network, le carême bouddhiste offre "un ancrage spirituel" pour un surcroît de motivation. "Quand quelqu'un fait un voeu devant une image du Bouddha, dans un temple ou au sein de sa communauté, il se sent tenu de respecter sa parole", avance-t-elle. "Certaines familles aimeraient que le carême dure toute l'année". "Aller plus loin" Les organisateurs du "Dry January" thaïlandais ont revu leur communication cette année, avec un message positif basé sur l'accumulation de "bons points" pendant 90 jours, tant sur un plan sanitaire que pour les relations familiales ou le portefeuille. "Notre objectif n'est pas nécessairement l'abstinence totale pour tous", explique le Dr Pongthep Wongwatcharapaiboon, directeur de la Fondation thaïlandaise pour la promotion de la santé. "Beaucoup réduisent leur consommation et en découvrent les bienfaits pour la santé, ce qui est déjà un succès", développe-t-il. Un spot publicitaire de la campagne met l'accent sur la pression sociale dans un pays où l'alcool, en premier lieu la bière, est très présent au quotidien, même si la consommation y reste nettement inférieure aux standards européens. La Thaïlande a récemment assoupli des restrictions vieilles de plusieurs décennies sur la vente d'alcool l'après‑midi, instaurées à l'origine pour empêcher les fonctionnaires de boire sur leur lieu de travail. "On doit aller plus loin et chercher à transformer la culture de la boisson elle-même, pas seulement à réduire la consommation individuelle", estime Teera Watcharapranee, responsable du Stop Drinking Network. "Notre stratégie est de poursuivre l'effort au-delà du carême".
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