04.09.2026 à 16:56
Rédaction
Le projet de loi AB 2017, proposé par le député démocrate Matt Haney, élu de San Francisco, souhaite ajouter l’Eid al-Fitr (fête marquant la fin du Ramadan) et l’Eid al-Adha (fête du Sacrifice) à la liste des jours fériés officiellement reconnus par l’État de Californie.
Cette reconnaissance permettrait notamment aux employés de l’État d’utiliser leurs crédits de congés existants pour prendre ces journées et autoriserait les écoles publiques à fermer à ces dates. Le texte prévoirait également que les absences des élèves observant l’Eid puissent être considérées comme des absences justifiées.
Le projet prévoit par ailleurs d’autoriser des activités pédagogiques consacrées à l’histoire et aux traditions de l’Eid, ainsi que la mise à disposition de ressources éducatives permettant de présenter ces deux fêtes aux élèves.
Le projet de loi a été adopté par l’Assemblée de Californie en mai 2026 par 64 voix contre 1. Il reste désormais en attente du vote final du Sénat, avant un éventuel envoi au gouverneur Gavin Newsom pour promulgation.
Si la proposition est définitivement approuvée, l’Eid rejoindra d’autres fêtes communautaires déjà reconnues par la Californie, comme le Nouvel An lunaire ou encore Diwali, fête hindoue reconnue par l’État en 2025.
Cependant, en dehors de Noël, aucune autre grande fête religieuse chrétienne ne bénéficie d’une reconnaissance comparable dans le calendrier officiel de l’État de Californie, alors même que les chrétiens représentent une part importante de sa population.
Selon les estimations disponibles, les musulmans représenteraient environ 1,3 % de la population californienne, contre une proportion nettement supérieure de chrétiens, estimée entre 25 et 30 % de la population. On peut également relever le cas de Diwali, désormais reconnu officiellement malgré une population se déclarant hindoue représentant moins de 1 % des habitants de l’État.
03.09.2026 à 17:45
Rédaction
Le Parlement du canton de Zurich a adopté, le lundi 31 août 2026, une motion de l’UDC/SVP demandant l’interdiction du voile dans les écoles publiques et les jardins d’enfants. Le vote a été très serré, la motion étant adoptée à une faible majorité, avec 87 voix pour, 82 contre et 6 abstentions.
La motion demande d’interdire, dans toutes les écoles et structures préscolaires publiques du canton, le port de vêtements couvrant la tête des femmes et des filles pour des raisons religieuses ou idéologiques. La mesure concernerait à la fois les élèves, les enseignantes et, plus largement, le personnel des écoles primaires et maternelles publiques.
Le gouvernement cantonal (Regierungsrat) doit maintenant élaborer un projet de loi conforme à la Constitution fédérale et au droit cantonal. Il dispose d’un délai de deux ans pour présenter un projet législatif et un rapport au Parlement.
Les partisans de l’interdiction, principalement issus des partis de droite et du centre droit, ainsi que des milieux évangéliques, ont avancé plusieurs arguments en faveur de leur proposition : le voile serait un symbole d’inégalité entre les sexes et de pression exercée sur les filles ; il serait contraire aux valeurs démocratiques et à la neutralité religieuse de l’école publique. La lutte contre l’« islam politique » a également été évoquée au cours des débats.
Plus globalement, en octobre 2025, le gouvernement fédéral avait rejeté une interdiction nationale du voile pour les élèves, laissant ainsi la porte ouverte à des solutions cantonales. Le canton d’Argovie avait été le premier à voter, fin août 2026, en faveur d’une interdiction pour les élèves de moins de 16 ans, avant que Zurich ne s’engage à son tour dans cette voie.
02.09.2026 à 17:52
Rédaction
Le 30 août 2026, Christian Stocker a déclaré, dans un entretien, vouloir faire adopter une loi constitutionnelle contre l’islam politique, qu’il qualifie d’incompatible avec la démocratie et les valeurs occidentales.
Cette proposition a été prise en charge par la ministre de l’Intégration et de l’Europe, Claudia Bauer (ÖVP), chargée de préparer un texte et d’en transmettre une première ébauche aux partenaires de la coalition gouvernementale, composée de l’ÖVP, des sociaux-démocrates et de NEOS, parti libéral. Bauer a confirmé sur les réseaux sociaux qu’un texte était en préparation et serait bientôt présenté.
Cette proposition vise l’islam politique, défini comme une idéologie suprémaciste cherchant à transformer la société, la culture, l’État et les politiques publiques selon des normes islamiques et contraires à l’État de droit, à la démocratie et aux droits humains, en se fondant sur une interprétation politique des textes du Coran.
La proposition conduirait à l’interdiction des activités de soutien à l’islam politique et à ses objectifs, à la possibilité de dissoudre des mosquées et les organisations appartenant à l’islam politique, à la confiscation de leurs biens ainsi qu’à de nouvelles peines pouvant aller jusqu’à la déchéance de nationalité pour certains membres ou soutiens. Pour être validée, la loi devra obtenir une majorité des deux tiers au Parlement.
Cette initiative n’est pas la première et fait suite à une proposition du Parti de la liberté (FPÖ) présentée en mars 2026, qui prévoyait déjà l’interdiction de toute activité en faveur de l’islam politique ainsi que la dissolution des mosquées et organisations concernées, mais qui avait été rejetée. Le FPÖ a d’ailleurs critiqué l’annonce de Stocker en rappelant que l’ÖVP avait rejeté des motions similaires par le passé, dont une en février 2025, après un attentat au couteau à Villach.
L’Autriche a récemment durci plusieurs règles concernant les symboles religieux islamiques à l’école, face à l’augmentation du nombre de pratiquants et au risque d’instrumentalisation par des mouvements radicaux. Une interdiction du foulard islamique à l’école pour les filles de moins de 14 ans a notamment été adoptée en décembre 2025 et doit entrer en vigueur à cette rentrée scolaire.
Plusieurs communautés musulmanes ont déjà annoncé leur intention de contester ou de braver cette interdiction. Une situation à suivre de près à l’approche d’une rentrée qui s’annonce sous tension, face à des communautés déjà récalcitrantes à l’application de ces nouvelles règles