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Observatoire Français des Nouvelles Routes de la Soie
 
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17.05.2026 à 11:03

Minieye lancera ses véhicules autonomes en Arabie saoudite d’ici 2030 

observatoirenrs

Minieye Technology s’associe à la société saoudienne d’investissement transfrontalier Ewpartners pour promouvoir l’utilisation des solutions

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Texte intégral (677 mots)

Minieye Technology s’associe à la société saoudienne d’investissement transfrontalier Ewpartners pour promouvoir l’utilisation des solutions de conduite intelligente chinoises de ce fournisseur de véhicules autonomes de livraison en Arabie saoudite.

Minieye et Ewpartners prévoient d’explorer le déploiement à grande échelle de robovans de Niveau 4 en Arabie saoudite, avec pour objectif de déployer jusqu’à 1 000 véhicules d’ici 2030, a annoncé aujourd’hui la société basée à Shenzhen sur WeChat.

Elle a ajouté que ce partenariat marque son entrée au Moyen-Orient et constitue la première expansion à l’international de son activité dans ce domaine.

Minieye commencera progressivement à livrer le robovan Xiaozhu, principalement conçu pour les livraisons du dernier kilomètre et les scénarios de vente au détail dans les supermarchés et autres segments connexes, ainsi qu’un ensemble complet de solutions techniques en Arabie saoudite.

Démonstration du Robovan de livraison du chinois Minieye


Par ailleurs, Minieye optimisera spécifiquement le Xiaozhu afin d’assurer son fonctionnement stable dans les températures extrêmement élevées et les tempêtes de sable de l’Arabie saoudite.Les produits de conduite intelligente et d’habitacle intelligent de Minieye ont déjà été intégrés dans de nombreux véhicules vendus à l’étranger, notamment dans l’Union européenne, en Australie, au Mexique, à Singapour, en Corée du Sud, à Dubaï et en Turquie.

Ewpartners se concentre sur la promotion des investissements transfrontaliers entre l’Asie et le Moyen-Orient. En 2017, avec le soutien de fonds souverains et d’investisseurs d’Asie et du Conseil de coopération du Golfe, elle est devenue la première institution à mettre en place une plateforme d’investissement transfrontalier entre l’Arabie saoudite et la Chine.

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17.05.2026 à 06:15

En Mauritanie, l’or bleu sous influence, le pacte halieutique avec la Chine

observatoirenrs

La Mauritanie et la Chine entretiennent des relations diplomatiques depuis le 19 juillet 1965, établies

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Texte intégral (6084 mots)

La Mauritanie et la Chine entretiennent des relations diplomatiques depuis le 19 juillet 1965, établies en pleine Guerre froide, à une époque où la République populaire n’était pas encore membre des Nations Unies. Cet acte inaugural, audacieux pour son temps, témoignait d’une volonté mauritanienne d’autonomie vis-à-vis des blocs en présence. Soixante ans plus tard, ce lien bilatéral s’est densifié sans rupture majeure, traversant les alternances politiques des deux pays et résistant aux reconfigurations géopolitiques mondiales.

En septembre 2024, à l’occasion du Sommet du Forum sur la Coopération sino-africaine (FOCAC) à Pékin, les présidents Xi Jinping et Mohamed Ould Ghazouani ont élevé leurs relations au rang de « partenariat stratégique ». Cette formule diplomatique, qui engage les deux pays dans les domaines des infrastructures, de la pêche, du numérique et de l’agriculture, s’inscrit dans la continuité d’une dynamique bilatérale amorcée dès l’élection de Ghazouani en 2019. Aucun engagement chiffré propre à la Mauritanie, ni aucun mécanisme de suivi bilatéral, n’a cependant été rendu public à ce jour, une opacité qui caractérise l’ensemble des accords examinés dans cet article.

Xi Jinping reçoit le président mauritanien Mohamed Ould Cheikh Ghazouani à Pékin, septembre 2024, à l’occasion du Sommet du FOCAC. © Chine Magazine

La contrepartie politique de cette coopération est explicitement assumée par Nouakchott car le président Ghazouani a réaffirmé l’adhésion de la Mauritanie au principe d’une seule Chine et exprimé son soutien aux grandes initiatives de Pékin, Belt and Road Initiative, un projet pour le développement mondial et pour la sécurité mondiale. Ce type d’alignement constitue une constante de la diplomatie chinoise en Afrique : les infrastructures et accords économiques financés par Pékin assurent historiquement au pays un soutien fiable dans les enceintes multilatérales.


Au cœur de cette relation se trouve un accord signé en 2010 entre l’État mauritanien et la société chinoise Poly-Hondone Pelagic Fishery Co. : un contrat de pêche industrielle d’une durée de 25 ans, portant jusqu’en 2035, qui en fait l’un des textes les plus controversés de l’histoire économique du pays.


Cet article se propose d’analyser les ressorts, les promesses et les limites de ce partenariat halieutique, ainsi que le cadre plus large dans lequel il s’inscrit, en examinant à la fois les données économiques disponibles, les impacts sociaux et environnementaux documentés, et les alternatives que représente le modèle européen.

Le cadre économique et diplomatique

La photographie commerciale en 2025


Selon les données de la Direction générale des Douanes mauritaniennes, les flux commerciaux bilatéraux entre la Mauritanie et la Chine présentent en 2025 un tableau plus nuancé que le discours diplomatique ne le laisse généralement supposer.

  • La Chine demeure le premier client de la Mauritanie avec 38 622 millions de MRU (environ 853 millions d’euros), représentant 21,24 % du total des exportations, un chiffre en recul par rapport à 2024.


Cette position de premier rang repose presque exclusivement sur les industries extractives, principalement le minerai de fer et le cuivre, le secteur halieutique restant paradoxalement marginal dans les échanges officiels avec Pékin.

  • En matière de pêche, la Chine ne représente en effet que 4,7 % des exportations mauritaniennes de produits de la mer en valeur, soit environ 45 millions d’euros, loin derrière l’Espagne (38 %) et les marchés africains en volume.
  • Du côté des importations, la Chine occupe la quatrième place avec 21 918 millions de MRU (environ 484 millions d’euros), soit 9,02 % des importations totales, derrière l’Espagne (12,84 %), les Émirats arabes unis (12,75 %) et la Belgique (10,80 %).

Cependant, ces chiffres officiels appellent une réserve de première importance car la flotte Poly-Hondone Pelagic Fishery, qui opère sous convention d’État depuis 2010, pratique le transbordement de ses captures directement vers des navires collecteurs en haute mer, sans passer par les ports mauritaniens.

Donc, une fraction significative des prises chinoises échappe ainsi aux statistiques douanières nationales. Les 4,7 % officiels ne reflètent donc probablement pas l’empreinte réelle de la pêche industrielle chinoise dans les eaux mauritaniennes, un angle mort statistique qui fausse toute analyse basée sur les seules données douanières.

Dans ce contexte, le président Ghazouani a confirmé dans un entretien accordé à l’agence Xinhua en juillet 2025 que les échanges commerciaux bilatéraux globaux ont atteint 2,42 milliards de dollars en 2024, en hausse de 7,8 % par rapport à l’année précédente. Cet agrégat intègre des flux que les statistiques douanières mauritaniennes ne captent pas entièrement, ce qui illustre la difficulté d’une lecture transparente de la relation économique sino-mauritanienne.

Les infrastructures financées par la Chine : nuances nécessaires


Trois projets emblématiques permettent d’illustrer la présence infrastructurelle chinoise en Mauritanie, tout en révélant des dynamiques souvent simplifiées dans le discours public.

  • Le premier est l’échangeur de Nouakchott, dit « Pont de l’Amitié sino-mauritanienne ». Ses travaux ont été lancés en février 2023 par la China Road and Bridge Corporation (CRBC), entreprise publique chinoise. Officiellement présenté comme un don à l’occasion du 60e anniversaire des relations diplomatiques, ce projet avait en réalité été acté dès 2018, sous une autre présidence, par une convention signée entre le ministre mauritanien de l’Économie et l’ambassadeur chinois Zhang Jianguo, pour un montant de 1,65 milliard d’ouguiyas couvrant à la fois l’ouvrage routier et des équipements de sécurité pour l’aéroport d’Oumtounsy. Sa mise en scène symbolique en 2023 relève donc d’une construction diplomatique a posteriori, non du reflet d’une impulsion nouvelle.
  • Le second est le pont de Rosso, reliant la Mauritanie au Sénégal, dont les travaux ont été lancés en novembre 2021. L’entreprise chinoise Poly Changda en a été l’adjudicataire, sélectionnée au terme d’un appel d’offres international ayant mis en concurrence dix-sept entreprises. Mais la Chine n’en est pas le bailleur de fonds : le projet, d’un montant global de 96 millions de dollars, est intégralement financé par la Banque africaine de développement, la Banque européenne d’investissement et l’Union européenne. Cette configuration avec une entreprise chinoise qui remporte un marché financé par des institutions occidentales et multilatérales est fréquente et mérite d’être distinguée des cas où Pékin joue simultanément le rôle d’opérateur et de bailleur.
  • Le troisième projet, lancé en 2025, est un entrepôt de stockage alimentaire de 30 000 tonnes pour le Commissariat à la Sécurité alimentaire, financé dans le cadre d’un accord bilatéral sino-mauritanien. Les modalités précises avec une répartition entre dons et prêts, taux d’intérêt, contreparties demeurent confidentielles, ce qui illustre une tendance à l’opacité récurrente dans les engagements sino-mauritaniens.


Deux autres dossiers stratégiques restent en phase de discussion sans aboutissement contractuel à ce jour : la réhabilitation du quai du Port autonome de Nouakchott, évoquée lors d’échanges entre la direction portuaire et l’ambassadeur Tang Zongdong, et la transformation numérique dans le cadre de l’Agenda national 2022-2025, pour laquelle la Chine est pressentie comme partenaire clé.

La question de la dette et de la dépendance structurelle


Le débat récurrent sur le « piège de la dette » associé aux investissements chinois en Afrique mérite d’être abordé avec précision car dans le cas Mauritanie, des annulations partielles de dettes ont eu lieu en 2021 et 2022, mais les clauses réelles, taux appliqués et contreparties associées restent marqués par un manque de transparence qui rend toute évaluation externe difficile. Selon une analyse de la Fondation Konrad Adenauer (2023), le véritable défi pour la Mauritanie ne réside pas tant dans le volume de sa dette envers la Chine que dans la structure même de son économie.

Remplacer un partenaire dominant par un autre ne modifie pas le cycle fondamental de dépendance : exportation de matières brutes, importation de produits à forte valeur ajoutée, faible transformation locale. Moins de 12 % des produits halieutiques sont transformés sur le territoire national, une statistique qui résume à elle seule l’incapacité structurelle du pays à monter dans la chaîne de valeur de sa principale ressource renouvelable. Ce constat dépasse le seul cadre de la relation avec Pékin et concerne l’ensemble des partenaires commerciaux de la Mauritanie, y compris l’Union européenne.

L’accord halieutique de 25 ans : anatomie d’un contrat controversé

Un engagement inédit dans sa durée et dans ses termes


L’accord signé en 2010 entre l’État mauritanien et la société Poly-Hondone Pelagic Fishery Co. se distingue d’abord par sa durée : 25 ans, soit un engagement couvrant une génération entière de décideurs et de ressources marines. C’est l’un des contrats de pêche les plus longs jamais conclus par un État africain avec un opérateur étranger. Son modèle économique repose sur un troc stratégique : un investissement initial de 100 millions de dollars pour la construction d’un complexe industriel de traitement du poisson à Nouadhibou, en échange d’un accès élargi et privilégié aux eaux mauritaniennes.

Vue aérienne du port artisanal de Nouadhibou, Mauritanie


Le processus de signature a suscité dès l’origine des interrogations sur la transparence des négociations et sur la publicité des termes contractuels. Plusieurs observateurs ont souligné l’ampleur d’un tel engagement pris sur une génération, ainsi que l’incertitude persistante sur les retombées socio-économiques réelles pour les populations du littoral.

Une clause de l’accord garantissant « la stabilité du cadre juridique » en faveur de l’investisseur a produit des effets durables sur la gouvernance sectorielle. Dans les faits, elle a contribué à une application partielle du Code des pêches mauritanien adopté en 2015 (loi n° 2015-017 du 29 juillet, complétée par le décret n°2015-159 du 10 octobre), qui imposait pourtant l’obligation de débarquement des captures sur le sol national pour favoriser la transformation locale. L’asymétrie entre le cadre légal et son exécution effective illustre les limites d’une souveraineté normative confrontée à des engagements contractuels antérieurs.


En 2025, les produits de la pêche représentent environ 24 % des exportations totales mauritaniennes en valeur, l’Agence de Promotion des Investissements retient le chiffre de 25 %. Cette part capitale dans l’économie nationale fragilise la souveraineté du pays, d’autant que les flux sont concentrés sur deux pôles portuaires, Nouakchott et Nouadhibou, facilitant le contrôle de la chaîne de valeur par des acteurs industriels étrangers et réduisant la marge de manœuvre de l’État mauritanien dans les négociations.

Les promesses non tenues : emplois, technologie, transparence


Les deux engagements centraux de l’accord : création d’emplois locaux et transfert de technologie ne se sont pas matérialisés à la hauteur des promesses initiales car d’après le rapport de l’Institut Mauritanien de Recherche Océanographique et des Pêches (IMROP) publié en décembre 2024 révèle que la société Hong Dong Pelagic Fishery opérant dans le cadre de l’accord Poly-Hondone n’emploie que 583 personnes, contre les 2 463 travailleurs promis lors de la signature en 2010.

L’écart est important : moins d’un quart des emplois annoncés ont été créés en quinze ans d’exploitation.


Le transfert de technologie, autre promesse fondatrice de l’accord, est resté lettre morte, il n’y a aucune montée en compétences documentée, aucun programme de formation qualifiante structuré n’a été signalé par les autorités mauritaniennes elles-mêmes. Le complexe de Nouadhibou fonctionne selon un modèle d’enclave industrielle, peu connecté au tissu économique local.


L’économie mauritanienne souffre en conséquence d’un manque à gagner structurel considérable. Moins de 12 % des produits halieutiques sont transformés sur le territoire national : la grande majorité du poisson quitte le pays à l’état brut, privant l’économie d’une part substantielle de valeur ajoutée et de milliers d’emplois potentiels dans la conservation, la découpe, le conditionnement et la commercialisation (AMPEM & Greenpeace Afrique, 2024 ; SMCP, 2024). Ce constat n’est pas propre à la relation avec la Chine : il reflète une incapacité structurelle que partagent d’autres partenaires commerciaux.


L’opacité du contrat se retrouve également dans les mécanismes de financement des infrastructures terrestres associées à la présence chinoise. L’échangeur du carrefour Madrid, dont le coût de 1,65 milliard d’ouguiyas couvrait à la fois l’ouvrage routier et des équipements pour l’aéroport d’Oumtounsy, avait été acté cinq ans avant son lancement officiel en 2023, dans la discrétion, sous une autre présidence. L’opération a ensuite été mise en scène comme un geste diplomatique spontané, illustrant une pratique de communication qui brouille la lecture des engagements réels.

Pose de la première pierre de l’échangeur du carrefour « Madrid
Le Président de la République préside la pose de la première pierre de l’échangeur du carrefour « Madrid » en 2023

Impact social : une économie féminine fragilisée


L’impact social du modèle halieutique industriel se lit d’abord à travers un paradoxe : alors que les eaux mauritaniennes figurent parmi les plus poissonneuses du monde atlantique, la production maritime totale ayant atteint 1,53 million de tonnes en 2023 (IMROP, rapport annuel 2024), les marchés de Nouakchott souffrent de pénuries récurrentes de poisson frais de qualité. Les prises sont prioritairement dirigées vers l’export et la transformation industrielle, privant la population locale d’une ressource alimentaire fondamentale.

Ce siphonnage de la ressource menace directement la pêche artisanale, pilier social du littoral car selon l’IMROP (2024), le secteur halieutique génère au total 302 735 emplois en Mauritanie, dont 130 979 directs et 171 756 indirects. La pêche artisanale emploie 47 067 pêcheurs directs, auxquels s’ajoutent 141 201 emplois indirects. La zone de Nouadhibou concentre à elle seule 69 % des embarcations et 33 846 pêcheurs, soit 72 % du total artisanal. À ces chiffres s’ajoutent 24 477 emplois périphériques identifiés le long du littoral dont le commerce alimentaire, transport, réparation d’engins, restauration, attestant que la pêche structure économiquement des communautés bien au-delà du seul secteur halieutique.

La déstabilisation de ce tissu frappe en premier lieu une économie à prédominance féminine.

Selon l’IMROP, entre 90 et 95 % des mareyeurs collecteurs à Nouadhibou et Nouakchott sont des femmes. Ces dernières constituent le maillon essentiel de la distribution locale du poisson frais et se trouvent directement asphyxiées par la raréfaction des espèces de qualité. La raréfaction du poisson abordable menace des revenus familiaux entiers et fragilise la place économique que ces femmes ont construite dans l’économie mauritanienne.

La prolifération des usines de farine de poisson localement surnommée la « Moka » aggrave cette dynamique.


En 2023, ces unités industrielles ont broyé environ 150 000 tonnes de poissons, dont une large part de sardinelles comestibles, base de l’alimentation locale, pour produire seulement 25 000 tonnes d’huile de poisson destinée aux marchés asiatiques et européens (AMPEM & Greenpeace Afrique, 2024). Le ratio est éloquent : il faut environ 4,5 tonnes de poissons frais pour produire une tonne de farine. Malgré un quota de 20 % réservé à la consommation humaine, instauré en 2021, la pression sur la ressource reste documentée comme insoutenable.

La dégradation écologique : au-delà du seul acteur chinois


La pression cumulée des flottes industrielles sur les eaux mauritaniennes a conduit à une dégradation documentée des stocks halieutiques. L’IMROP a tiré officiellement la sonnette d’alarme en 2023 : trois espèces majeures dont le chinchard noir, la sardinelle plate et l’ethmalose sont en état de surexploitation avérée, tandis que le maquereau est pleinement exploité. Ces quatre espèces contribuent à 86 % des mises à terre globales du pays : ce sont donc précisément les ressources les plus prélevées qui sont dans l’état le plus dégradé (FiTI-Mauritanie, 2023).


À l’échelle régionale, la FAO confirme en 2024 que le stock de sardine de l’Atlantique Centre-Est dont la Mauritanie et le Maroc assurent ensemble 83 % des captures mondiales s’est nettement détérioré sous l’effet conjugué d’une pression de pêche excessive et de conditions océanographiques défavorables. Les stocks de chinchard de l’Atlantique et de chinchard jaune n’ont quant à eux pas encore fait l’objet d’une évaluation diagnostique complète, lacune documentée par le rapport FiTI 2023 qui souligne l’insuffisance des données de surveillance.


Il convient cependant de replacer la responsabilité chinoise dans un tableau plus large. La demande mondiale en farine et en huile de poisson portée non seulement par la Chine mais aussi par la Norvège et la Turquie pour l’aquaculture du saumon et l’alimentation animale a alimenté une prolifération d’usines de broyage sur l’ensemble du littoral atlantique, de la Mauritanie à la Guinée-Bissau (Fondation Jean-Jaurès / Jacquemot, 2024). La dégradation écologique est le produit d’une demande globale, que la présence chinoise amplifie mais n’a pas créée seule.

* Selon FishSpektrum, la Chine disposerait de près de 600 navires le long des côtes africaines, utilisant pour un nombre significatif d’entre eux le chalut de fond — qui détruit l’habitat benthique — ou des sennes tournantes à grande capacité. L’UICN estime que 51 espèces essentielles à l’alimentation locale sont menacées. Cette estimation n’est pas datée précisément dans la source consultée et doit être traitée comme un ordre de grandeur indicatif.

Le partenariat UE–Mauritanie : logique et limites d’un modèle alternatif

Le Global Gateway : architecture et ambitions


Lancé en 2021 par la Commission européenne et le Haut représentant de l’Union, le Global Gateway est la stratégie européenne d’investissement dans les infrastructures mondiales pour la période 2021–2027. Il mobilise jusqu’à 300 milliards d’euros à l’échelle mondiale dans les secteurs du numérique, de l’énergie, des transports, de la santé et de l’éducation, selon une approche dite « Équipe Europe » associant les États membres, la Banque européenne d’investissement et le secteur privé. Il répond à l’engagement du G7 de juin 2021 en faveur d’un partenariat d’infrastructures fondé sur des valeurs, la transparence et des normes sociales et environnementales élevées.


Le projet intervient huit ans après le lancement de l’Initiative Ceinture et Route (Belt and Road Initiative) en 2013, dont il constitue explicitement une alternative de positionnement géopolitique. Sur les quelque 306 milliards d’euros mobilisés depuis son lancement, environ 150 milliards sont consacrés au renforcement des partenariats avec l’Afrique, avec 26 projets phares sur le continent identifiés en 2025.

Ursula von der Leyen, Présidente de la commission Européenne aux cotés du Président Ghazouani Mauritanien


La Mauritanie occupe une place croissante dans ce dispositif, au croisement de plusieurs priorités européennes : sécurité énergétique, gestion des migrations sahéliennes, pêche durable et transition verte. Lors du Forum Global Gateway 2025 à Bruxelles, le président Ghazouani et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen ont annoncé une nouvelle enveloppe de 269 millions d’euros articulée en trois volets : l’extension du corridor d’électricité haute tension (225 kV) de Nouakchott à Kiffa (125 millions d’euros, financés par la BEI), la modernisation de la ligne ferroviaire de 704 kilomètres reliant Zouérate à Nouadhibou (107 millions d’euros), et un appui budgétaire de 37 millions d’euros pour l’énergie verte, la couverture sanitaire universelle et la gestion des migrations.


Ces projets s’inscrivent dans la continuité d’un premier paquet annoncé lors de la visite de la présidente von der Leyen à Nouakchott en février 2024, qui incluait notamment le développement d’infrastructures pour l’hydrogène vert, des programmes d’enseignement technique, et la construction d’un centre de données à Nouakchott visant à renforcer la souveraineté numérique du pays.

L’Accord de Partenariat pour une Pêche Durable : forces et limites


Dans le domaine halieutique spécifiquement, le modèle européen s’articule autour de l’Accord de Partenariat pour une Pêche Durable (APPD). Le protocole 2021–2026 présenté comme le plus important accord de pêche jamais conclu par l’Union européenne avec un pays tiers autorise 86 navires européens à pêcher jusqu’à 290 000 tonnes par an dans les eaux mauritaniennes, en échange d’une contribution annuelle de 57,5 millions d’euros, complétée par 3,3 millions d’euros alloués aux communautés locales de pêcheurs.


Cet accord inclut plusieurs mécanismes de gouvernance absents du contrat sino-mauritanien : une clause imposant la publication de tous les accords de pêche étrangers, une obligation de quota de marins mauritaniens à bord des navires européens, et une allocation de 2 % des captures pélagiques à la sécurité alimentaire locale. Ces dispositions constituent une différence structurelle réelle, sur le plan normatif, avec l’accord Poly-Hondone.


Cependant, ces mécanismes n’ont pas suffi à endiguer la dégradation des stocks pélagiques. Ce constat rappelle une vérité importante : la qualité d’un cadre contractuel, aussi rigoureuse soit-elle, ne garantit pas, à elle seule, la durabilité de l’exploitation des ressources. L’insuffisance des capacités de surveillance maritime mauritaniennes, la faiblesse des institutions de contrôle et la pression cumulée de l’ensemble des flottes industrielles (européennes, chinoises, mais aussi turques et russes) forment un tableau d’ensemble qui dépasse le périmètre d’un seul accord.

Des contre-modèles instructifs : Namibie et Maroc

Deux exemples africains permettent d’éclairer les alternatives disponibles pour un État désireux de renforcer sa souveraineté halieutique. Comme le note Pierre Jacquemot (Fondation Jean-Jaurès, 2024), la Namibie offre un contre-modèle particulièrement instructif. La politique de « namibianisation » mise en œuvre depuis l’indépendance impose la priorité à la flotte nationale, l’obligation de transformation locale des prises et la réservation des emplois aux citoyens namibiens. Ces choix politiques, maintenus avec constance sur plusieurs décennies, ont permis au pays de retenir une part bien plus importante de la valeur ajoutée générée par ses ressources marines.

Le Maroc, de son côté, conditionne ses accords de pêche à un débarquement des prises dans les ports nationaux, garantissant ainsi que la ressource transite par l’économie locale avant d’être exportée. Cette exigence, simple dans son principe, produit des effets économiques significatifs : emplois portuaires, activités de transformation, recettes fiscales locales.

Ces exemples illustrent qu’une souveraineté halieutique accrue est possible et qu’elle suppose des choix politiques fermes que la Mauritanie n’a pas encore pleinement opérés. Ces choix sont indépendants de l’identité du partenaire chinois, européen ou autre. La question n’est pas tant de choisir entre Pékin et Bruxelles, mais de définir les conditions minimales non négociables auxquelles tout partenaire doit se soumettre pour accéder aux eaux mauritaniennes.

Perspectives : Changer de partenaire sans changer de modèle ?


La Mauritanie s’affirme progressivement comme un nœud stratégique dans la région sahélo-atlantique. Seul pays du Sahel à ne pas avoir rompu ses relations diplomatiques avec la France et à ne pas avoir connu de présence djihadiste avérée sur son territoire, Nouakchott est devenu un interlocuteur de premier plan pour Bruxelles comme pour Paris. Ses résultats dans la réduction des flux migratoires irréguliers vers les îles Canaries en font un partenaire incontournable sur le dossier migratoire, que les dirigeants européens courtisent désormais ouvertement.

Cette centralité est illustrée par la visite d’État du président Ghazouani en France du 15 au 17 avril 2026, première visite à ce niveau protocolaire depuis plus de trente ans. Son programme révèle la densité des enjeux bilatéraux contemporains : entretien à l’Élysée sur la sécurité sahélienne et les migrations, déplacement à Brest pour les chantiers navals et l’Ifremer, forum d’affaires dédié aux partenariats économiques. La Mauritanie n’est plus seulement un partenaire de commodité pour la France, elle est devenue un pivot dans la stratégie africaine française et européenne.

Acquis de la nouvelle visite du Président El-Ghazouani à l'Elysée en pleine lutte régionale contre le djihadisme
Les Présidents Emmanuel Macron et Mohamed Ould Cheick EL Ghazouani (photo, DR) lors de la visite du président mauritanien en avril 2026


Mais cette position de pivot comporte ses propres risques. L’intensification des intérêts européens dans la pêche, l’énergie, la migration et le numérique peut reproduire, sous des formes institutionnellement plus présentables, les logiques de dépendance que le modèle chinois a instaurées dans le secteur halieutique. La question centrale reste celle de la valeur ajoutée retenue sur le territoire national. Moins de 12 % des produits halieutiques sont transformés localement.

Les grands projets d’hydrogène vert fer de lance de la relation avec l’Europe demeurent pour l’heure des promesses d’exportation d’énergie brute vers des marchés européens, reproduisant en réalité le même schéma extractif que celui qui prévaut pour le minerai ou le poisson.

L’analyse de l’accord halieutique sino-mauritanien de 2010 révèle, en définitive, moins les particularités d’un partenaire chinois prédateur qu’une vulnérabilité structurelle mauritanienne : incapacité à faire respecter ses propres lois face à des investisseurs étrangers, faiblesse des mécanismes de contrôle et de surveillance, absence de stratégie claire de montée en gamme industrielle. Ces failles sont antérieures à la présence chinoise et n’en sont pas l’apanage.

La Mauritanie risque ainsi de passer d’une dépendance à une autre, en changeant de contractant sans modifier la structure extractive fondamentale de son insertion dans l’économie mondiale. La véritable question n’est pas tant de savoir qui exploite ses ressources, mais à quelles conditions et avec quelle part de valeur ajoutée conservée au bénéfice de sa population. Tant que cette question politique centrale ne sera pas tranchée, les accords, qu’ils portent le drapeau de Pékin ou celui de Bruxelles, produiront des effets analogues sur le tissu économique et social du littoral mauritanien.


Par Tom SUTTER, analyste auprès de l’OFNRS

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12.04.2026 à 08:46

La Chine en Namibie, un partenariat stratégique ambitieux

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L’année 2026 s’inscrit sous un signe diplomatique particulier : elle a été désignée « Année

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Texte intégral (6290 mots)


L’année 2026 s’inscrit sous un signe diplomatique particulier : elle a été désignée « Année sino-africaine des échanges humains et culturels » lors du sommet du Forum sur la coopération sino-africaine (FOCAC) tenu à Pékin du 4 au 6 septembre 2024, avec le thème « Travailler ensemble à promouvoir la modernisation et construire une communauté d’avenir partagé Chine Afrique de haut niveau ».

Cette désignation s’accorde avec le 70e anniversaire des relations diplomatiques entre la Chine et les pays africains, donnant lieu à près de 600 activités planifiées dans les domaines de l’éducation, de la culture, du tourisme, des sciences et du bienêtre social.

Pour la Namibie, pays situé au Nord-Ouest de l’Afrique du Sud, ce cadre continental vient amplifier une relation bilatérale déjà importante, qualifiée officiellement d’« amitié par tous les temps » (All Weather Friendship).

Des racines anticoloniales : une relation forgée pendant la Guerre froide


Les origines de cette relation remontent à la période anticoloniale de l’après Seconde Guerre mondiale, la Chine communiste de Mao Zedong apporte son soutien aux mouvements de libération africains dès la conférence de Bandung en 1955 où elle est représentée par Zhou Enlai, une étape fondatrice du mouvement des non-alignés, officiellement lancé à Belgrade en 1961.

En Namibie, cette dynamique s’inscrit dans le contexte des rivalités sino-soviétiques : la Chine soutient la SWANU (South West Africa National Union), à dominante héréro, tandis que l’URSS appuie la SWAPO (South West Africa People’s Organization), à dominante ovambo. Cette division reflète la rupture idéologique sino-soviétique : la SWANU adopte l’option chinoise à partir de 1963, ce qui conduit l’URSS à se tourner définitivement vers la SWAPO, le mouvement qui finira par s’imposer comme principal acteur de la libération nationale et qui deviendra le parti au pouvoir à l’indépendance en 1990, jusqu’à aujourd’hui.

Ainsi, le soutien prend plusieurs formes concrètes :

  • Sur le plan militaire, la Chine fournit des armes au mouvement indépendantiste et participe à la formation de la PLAN (People’s Liberation Army of Namibia), branche armée de la SWAPO, dans des bases situées en Tanzanie et en Zambie.
  • Sur le plan diplomatique, Sam Nujoma (19292025) cofondateur de la SWAPO et premier président de la Namibie de 1990 à 2005 se rend à Pékin dès 1964, puis à plusieurs reprises durant les années 1970 et 1980, tissant des liens personnels durables avec la direction du Parti communiste chinois (PCC).


La profondeur de ces liens se mesure à un fait révélateur : la direction de la SWAPO sera l’une des rares au monde à soutenir officiellement la Chine après les évenements de la place Tiananmen. L’indépendance namibienne est proclamée le 21 mars 1990 vis-à-vis de l’Afrique du Sud, la Chine établit ses relations diplomatiques avec Windhoek dès le 22 mars, dans la continuité de sa première participation à des opérations de maintien de la paix sur le sol namibien entre 1989 et 1990, où elle avait envoyé des observateurs en lien avec la mission de l’ONU (Organisations des Nations Unies)

Alignement politique et convergences diplomatiques


Aujourd’hui, la relation sino-namibienne est formalisée par un accord de partenariat stratégique global signé en 2018. Il se traduit par un alignement politique marqué :

  • La Namibie reconnaît la République populaire de Chine comme la seule Chine légitime, dans la continuité de la résolution 2758 de l’ONU, et soutient officiellement les positions chinoises sur le Tibet, le Xinjiang et Hong Kong, considérées comme des affaires intérieures.
  • À ce titre, Windhoek a soutenu les autorités chinoises lors des manifestations de 20192020.
  • En retour, la Chine appuie les positions namibiennes sur la scène internationale, notamment sur la réforme du Conseil de sécurité (Consensus d’Ezulwini).

Cette réciprocité est entretenue par des visites de haut niveau régulières : la visite de Hu Jintao en 2007, des présidents namibiens Nujoma, Pohamba et Geingob à Pékin, et, plus récemment, la visite du ministre des Affaires étrangères Wang Yi en Namibie en janvier 2025, première étape de sa tournée africaine annuelle, devenue une tradition trentenaire qui, selon The Namibian, témoigne du statut stratégique accordé par Pékin au continent.

Le président chinois Hu Jintao (au centre) salue la foule à son arrivée à Windhoek, en Namibia, le lundi 5 février 2007. La Namibie constitue la cinquième étape de la tournée de huit pays africains de Hu. [Xinhua]

Mais, un point de vigilance est régulièrement soulevé par les analystes, notamment dans The Namibian : la Namibie manque d’une politique formelle et structurée pour encadrer cet engagement, tandis que la Chine suit des objectifs stratégiques précis inscrits dans les cadres de la BRI (Belt and Road Initiative) et du FOCAC comme le titre le journal, « les analystes appellent à des avantages équilibrés dans un contexte de négociations diplomatiques de haut niveau ».

Relations SWAPO–PCC : une diplomatie partisane institutionnalisée


Les relations entre la SWAPO et le PCC trouvent leur origine dans une solidarité forgée durant la lutte pour l’indépendance d’après Seconde Guerre Mondiale.

La SWAPO avait adopté une rhétorique anti-impérialiste qui l’avait inévitablement tournée vers le bloc socialiste pour obtenir le soutien militaire et diplomatique indispensable contre le régime sud-africain, bien que cette affiliation relève en partie d’un pragmatisme stratégique, il s’agissait avant tout de sécuriser des armes et des financements, elle crée une « affinité de système » durable.

Cette relation historique survit à la chute du mur de Berlin, la SWAPO continue de considérer la Chine comme un « ami » dont le soutien ne s’est jamais démenti, contrairement aux puissances occidentales perçues comme autrefois complices de l’occupant sudafricain. Le New Era, quotidien namibien public, en témoigne : la Chine « continuera d’encourager les citoyens à investir en Namibie, soutient le manifeste Swapo ».

Cette alliance s’est aujourd’hui institutionnalisée à travers une diplomatie de « parti à parti » centrée sur le partage d’expériences en matière de gouvernance avec la création de l’école de leadership Mwalimu Julius Nyerere en Tanzanie, projet de 40 millions de dollars financé par le PCC pour former les cadres de six mouvements de libération africains, dont la SWAPO.

L’objectif est de renforcer la pérennité des partis au pouvoir en s’inspirant du modèle chinois, où le parti exerce un contrôle prépondérant sur l’État. Pour la SWAPO, ce modèle offre une alternative de développement privilégiant la stabilité politique et la discipline partisane comme moteurs de la croissance. Xinhua rapporte ainsi que « le parti au pouvoir en Namibie va s’inspirer du PCC en matière de développement centré sur l’humain ».

Cette convergence idéologique est également documentée par les travaux académiques de Henning Melber notamment son article « Looking East/Going South: The NamibianChinese ‘All Weather Friendship’ » (Stichproben, 2018) et de Gregor Dobler dans « China and Namibia, 1990 to 2015 » (Review of African Political Economy, 2017).

Économie extractive : l’uranium comme pivot stratégique


Le secteur minier constitue le cœur des intérêts économiques chinois en Namibie, deuxième producteur mondial d’uranium en 2020, le pays est devenu un actif stratégique majeur pour Pékin, qui cherche à sécuriser son approvisionnement en combustible nucléaire alors qu’il prévoit de faire passer sa capacité énergétique de 60 à 150 GWe d’ici 2035.

La mine d’uranium de Husab, l’un des plus grands gisements au monde, est contrôlée par Swakop Uranium, filiale de China General Nuclear Power Group (CGN), constituant l’un des investissements chinois les plus importants sur le continent.

Vue aérienne de la mine d’uranium Husab, en Namibie: l’exploitation minière de ce qui sera la deuxième plus grande mine d’uranium du monde a commencé le 8 mai 2014.
Vue aérienne de la mine d’uranium Husab Uranium Mine, en Namibia : l’exploitation de ce qui deviendra la deuxième plus grande mine d’uranium au monde a débuté le 8 mai 2014. Source : Swakop Uranium


À cela s’ajoute la mine de Rössing, dont China National Nuclear Corporation (CNNC) a racheté une participation majoritaire à Rio Tinto en 2019, une opération qui a immédiatement déclenché un conflit social majeur : la CNNC tenta de remettre en cause des acquis syndicaux de longue date, comme le documente AllAfrica dans un article de 2021 intitulé « New Mine Owners Trample On Namibian Workers’ Rights ».

En février 2026, l’entreprise australienne Bannerman Energy a conclu un accord stratégique majeur avec la CNNC, via sa filiale CNOL, pour financer et exploiter le mégaprojet uranifère d’Etango, cet accord prévoit un investissement chinois pouvant atteindre 321,5 millions de dollars, permettant de lancer la construction sans endettement. En échange, la CNNC acquiert une participation effective de 42,75 % dans le projet et s’assure l’achat exclusif de 60 % de la production totale d’uranium sur toute la durée de vie de la mine ; Bannerman en conserve 52,25 % et la fondation namibienne OEF 5 %.

Comme le souligne The Namibian qui titre sur « Les ambitions nucléaires de la Namibie offrent une voie vers l’indépendance énergétique », ce contrat consolide l’emprise croissante de Pékin sur l’uranium africain, où il détient déjà des parts majeures à Husab, Rössing et Langer Heinrich en Namibie, ainsi qu’au Niger sur le gisement d’Azelik.

Mais, cette domination suscite une concurrence internationale croissante : la Russie, à travers Rosatom au Niger, et les États-Unis, avec des entreprises comme NANO Nuclear Energy déjà présentes en Namibie, multiplient les protocoles d’accord.

Cela permet à Windhoek de négocier en position de force ce que The Namibian conseille explicitement : « La Namibie est encouragée à négocier en force alors que les Etats-Unis recherchent des partenariats stratégiques. », l’accord Etango reste toutefois suspendu à diverses validations réglementaires, notamment de la Commission namibienne de la concurrence, avec une finalisation espérée d’ici mi 2026.

Infrastructures et investissements : l’empreinte physique chinoise


Au-delà du secteur minier, la présence chinoise se matérialise aussi dans l’ensemble du tissu infrastructurel namibien.

Premièrement, l’extension du port de Walvis Bay, réalisée par la China Harbor Engineering Company (CHEC) avec un financement de la China Development Bank et un bail d’exploitation de 16 ans, constitue l’illustration la plus emblématique de cette stratégie d’ancrage portuaire, le South China Morning Post y consacre une analyse sur la manière dont « la Chine devance d’autres nations pour tisser des liens commerciaux et militaires étroits en Afrique ».

Ensuite, Il y a un positionnement régulier d’entreprises étatiques comme Anhui Foreign Economic Construction Cooperation (AFECC) sur les appels d’offres pour l’extension du réseau routier et aéroportuaire, le Global Times célèbre ainsi l’« ouverture officielle d’une autoroute financée par la Chine en Namibie, stimulant la connectivité régionale » et une « route construite par la Chine qui stimule la croissance socioéconomique dans le nord de la Namibie ».

Puis, des cimenteries comme Whale Rock Cement (commercialisée sous la marque Cheetah Cement), mises en place grâce à des capitaux chinois, ont par ailleurs été créées pour briser les monopoles locaux et approvisionner les chantiers d’infrastructure.

Enfin, sur le plan technologique, la remise de la Station de réception de données satellitaires (SGDRS) constitue l’événement le plus marquant de la période récente.

  • Le 20 novembre 2025, une cérémonie de signature est organisée à Windhoek, où l’ambassadeur Zhao Weiping signe conjointement le document de transfert avec le Dr Lisho Mundia, directeur exécutif adjoint du ministère namibien de l’Éducation.
  • Puis, le 12 février 2026, la Namibie célèbre la remise officielle en présence du Premier ministre Elijah Ngurare, qui déclare, selon Xinhua[6] : « Ce soutien permet à la Namibie de rejoindre un groupe restreint de pays africains dotés de stations terrestres modernes capables de recevoir des données satellitaires en temps réel. »

Située au Telecom Earth Station en dehors de Windhoek, la station reçoit des données du satellite sino-brésilien CBERS4 et permettra de renforcer la gestion des ressources naturelles, la surveillance des terres, la lutte contre le braconnage et la pêche illégale, ainsi que la gestion des catastrophes, l’ambassadeur Zhao l’a qualifiée de « premier projet d’aide au développement dans le domaine des hautes technologies que la Chine réalise en Namibie » ; 14 techniciens namibiens ont reçu une formation spécialisée pour en assurer l’exploitation autonome.

Station de réception de données satellites en Namibie, développée dans le cadre du partenariat « China Aid for Shared Future ». Source : Government Information Center (GIC) de la République de Namibie.


Cette infrastructure doit toutefois être lue à la lumière d’une analyse du Center for Strategic and International Studies (CSIS, janvier 2026) : l’ancienne station de Swakopmund est gérée par le Centre de contrôle satellitaire de Xi’an, la « Base 26 », une installation opérée sous l’autorité de la Force spatiale de l’Armée populaire de libération.

La Namibie, qui ne possède pas de satellites en orbite, héberge désormais deux installations spatiales chinoises relativement sophistiquées ce que le South China Morning Post décrit comme la manière dont « la Chine construit l’épine dorsale hightech des ambitions spatiales africaines ».

Transition énergétique : la Namibie comme laboratoire sino-africain du vert


L’énergie dite verte constitue le nouveau front de la coopération sino-namibienne. La Chine est devenue le principal partenaire de NamPower pour moderniser le réseau électrique et soutenir la transition énergétique, avec une série de projets emblématiques :

  • En septembre 2024, un contrat de 89 millions de dollars a été signé pour construire la plus grande centrale solaire du pays, développée par un consortium composé de China Jiangxi International Economic and Technical Cooperation Co. Ltd et de Chint New Energy Development (Zhejiang) Co. Ltd, avec une mise en service prévue au deuxième trimestre 2026.
  • Une centrale éolienne de 50 MW, développée avec China Energy International Group Co. Ltd, devait entrer en exploitation commerciale à mi2025.
  • Un premier système national de stockage par batterie, signé fin 2023 et piloté par Shandong Electrical Engineering & Equipment Group, vise quant à lui à stabiliser le réseau face à l’intermittence des renouvelables.

Ces dynamiques sont confirmées par le Global Times, qui note que « l’Afrique s’inspire de la Chine pour la coopération en matière d’énergie propre », et par le Boston University Global Development Policy Center, selon lequel le FOCAC 2024 marque un tournant vers les énergies renouvelables en Afrique subsaharienne.

L’ambition la plus importante reste cependant le projet Hyphen Hydrogen Energy qui est un investissement de plus de 10 milliards de dollars bien que soutenu par des capitaux européens, repose désormais sur l’expertise technique chinoise pour atteindre ses objectifs : 2 GW de capacité renouvelable dès fin 2026, visant à terme 7,5 GW pour produire 350 000 tonnes d’hydrogène vert par an, soit 2 millions de tonnes d’ammoniac.

Cette synergie a été techniquement validée par le succès de l’usine d’Oshivela en 2025, équipée d’électrolyseurs de 12 MW fournis par le groupe chinois Peric avec un coût de production estimé à 1,5 USD/kg, la Namibie espère générer 10 milliards de dollars d’exportations annuelles et créer 15 000 emplois, une perspective décisive pour une jeunesse touchée à 38 % par le chômage.

Enfin, en verrouillant la fourniture des composants technologiques pour des projets destinés à alimenter le marché européen notamment l’Allemagne dès 2028, Pékin se positionne comme partenaire industriel indispensable dans la nouvelle géopolitique de l’énergie propre en Afrique australe, transformant la Namibie en pont stratégique entre les technologies de l’Est et les besoins de décarbonation de l’Ouest. Le Global Times présente cette dynamique comme une « nouvelle ère de coopération verte » dans le cadre de la BRI.

Coopération militaire : modernisation et controverses


La coopération militaire entre la Namibie et la Chine s’enracine dans une relation historique profonde, transformée depuis 2018 en un véritable partenariat stratégique global. Sur le plan opérationnel, Pékin s’est imposé comme le principal fournisseur d’armes de la Namibie, profitant du recul de la Russie sur le marché africain pour proposer des équipements modernes et abordables.

Cette modernisation de la Force de Défense Namibienne (NDF) a été particulièrement visible lors de récents défilés militaires à la base aérienne de Grootfontein, où ont été dévoilés des drones de reconnaissance Aisheng ASN209, des modèles à décollage vertical CW30, des mortiers autopropulsés CS/SM1 et des systèmes de défense antiaérienne FB6A, comme le documente le China Africa Project dans son article « La Namibie présente un drone chinois nouvellement acquis » (juin 2025).

Plus significatif encore, la Namibie est devenue le second client à l’exportation de l’avion de transport militaire lourd chinois Shaanxi Y9E, dont les premiers exemplaires ont été livrés fin 2024, selon Raids Aviation.

Photo de l’avion de transport lourd Shaanxi Y9E de la Force de défense namibienne (Raids Aviations)


Au-delà de la vente d’armements, cette alliance se traduit par un transfert de compétences et le développement d’infrastructures stratégiques : formation d’officiers supérieurs dans les académies militaires chinoises de Shanghai, financement de la construction du Musée Militaire namibien et de la nouvelle académie de la NDF à Okahandja.

Cette influence grandissante ne va pas sans controverses :

En 2020, des débats parlementaires namibiens ont évoqué la présence supposée de 3 000 soldats chinois et le projet d’une base militaire à Walvis Bay destinée à contrer l’influence américaine au Botswana, des allégations formellement démenties par l’ambassade de Chine à Windhoek, comme le rapporte L’Initiative (APA News, septembre 2020). Des observateurs internationaux et une partie de la société civile continuent néanmoins de dénoncer l’opacité des contrats d’armement, le risque d’endettement souverain et l’importation potentielle de technologies de cyber surveillance chinoises.

Pour la Chine, cette implication sécuritaire répond à une logique claire : protéger ses intérêts économiques colossaux notamment la mine d’uranium de Husab et offrir à son industrie de l’armement un terrain de valorisation en conditions réelles, ce qu’analyse Cocodia (2025) dans le Journal of Asian Peacebuilding, article intitulé « China’s growing influence on security in Africa ».

Coopération éducative et culturelle : un soft power multidimensionnel


La coopération culturelle et éducative constitue le troisième pilier de la relation sino-namibienne, et 2026 lui donne une résonance dans le cadre de l’Année des échanges humains.

Elle commence par une coopération entre des universités chinoises et namibiennes :

L’institut Confucius de l’Université de Namibie (UNAM), fondé en 2013 en partenariat avec la China University of Geosciences (CUGB) est un partenaire historique depuis 2006, il constitue le point d’ancrage institutionnel de cette diplomatie culturelle.

Il ne se limite pas à l’enseignement du mandarin : il organise notamment le concours « Pont vers le Chinois », où des étudiants namibiens remportent des séjours culturels en Chine en démontrant leur maîtrise de la langue et des arts martiaux.

Selon son directeur Liu Dianbo, cité par Xinhua en décembre 2025, l’institution avait accueilli environ 8 000 étudiants au total depuis sa création, avec une trajectoire documentée : 1 153 inscrits en 2018, environ 3 000 formés cumulativement en 2019, une contraction sévère liée au COVID en 2022, avant une reprise portant les inscrits actifs à environ 500 vers 2023.

Mais, ces chiffres appellent une lecture critique car l’Institut Confucius est directement rattaché au gouvernement chinois, et Xinhua comme CGTN sont les principales sources de ces données et ce sont des médias d’État qui ne distinguent pas les niveaux de compétence atteints ni les locuteurs actifs à long terme.

Il faut également noter qu’aucune statistique officielle du gouvernement namibien ou de l’Agence nationale de statistiques ne porte spécifiquement sur les locuteurs du mandarin : le recensement de 2023 n’a pas publié de ventilation linguistique pour les minorités non indigènes.

Ensuite, en matière de bourses, environ 40 à 50 étudiants namibiens partent chaque année en Chine via le programme CSC (China Scholarship Council) pour des cursus complets avec un chiffre confirmé par l’ambassadeur Zhao Weiping lors d’une conférence de presse en mai 2025 comme avec de jeunes ingénieurs formés dans les universités de Wuhan ou de Pékin, qui reviennent ensuite travailler sur les projets de la mine d’uranium de Husab.

Mais aussi, des dons matériels complètent ce dispositif : la Chine a offert des laboratoires informatiques complets à des écoles secondaires dans des régions rurales comme Ohangwena.

Enfin, l’aspect le plus symboliquement chargé de cette coopération culturelle reste l’inauguration, le 3 juillet 2024, de la première statue de Mao Zedong en Afrique. Elle a été dévoilée par la ministre namibienne de l’Éducation Anna Nghipondoka au Chairman Mao Zedong High School, situé dans le quartier d’Otjomuise à Windhoek, en présence de l’ambassadeur Zhao Weiping, comme le documente le site officiel de l’ambassade de Chine en Namibie. À cette occasion, l’ambassadeur déclara que Mao Zedong avait « fermement soutenu les luttes de libération des nations opprimées, y compris en Afrique », et que la statue constituerait « un symbole éternel de l’amitié sino-namibienne ».

Aucune description de photo disponible.
Inauguration de la statue du Président Mao Zedong à l’école éponyme de Windhoek par l’Hon. Anna Nghipondoka et S.E. Zhao Weiping, le 3 juillet 2024. Cette œuvre, offerte par le gouvernement chinois, est la première du genre sur le continent africain. Source : Ministry of International Relations and Cooperation, Namibie.


Les liens institutionnels académiques se sont par ailleurs considérablement densifiés :

  • À l’UNAM s’ajoutent des accords avec la Beijing University of Science and Technology (USTB, novembre 2024), Tsinghua University (autour de la durabilité et du changement climatique, avec l’adhésion de l’UNAM au Carbon Neutrality Consortium de Tsinghua) et la Beijing Foreign Studies University (BFSU, coopération sur l’enseignement des langues).
  • À l’International University of Management (IUM), un accord avec la CUGB a été signé en avril 2024 (The Namibian, 30 avril 2024).
  • À la NUST, un accord tripartite a été conclu avec Huawei et MTC Namibia pour l’initiative Smart Campus, et un accord avec Beifang Mining Services (filiale de NORINCO) a été signé en avril 2024 : Huawei facilitera ainsi la formation du personnel et des étudiants dans le cadre de ce partenariat stratégique.
  • La NUST collabore également avec la Chine dans le domaine spatial pour la réception de données satellitaires numériques.

En revanche, contrairement à ce qui est parfois avancé, aucun Atelier Luban, le programme chinois de formation technique et professionnelle n’est documenté en Namibie : les sources académiques et institutionnelles disponibles n’en mentionnent aucun, alors que ce dispositif est actif dans une douzaine à une quinzaine d’autres pays africains (Éthiopie, Ghana, Kenya, Afrique du Sud, Maroc, Égypte, etc.).

Population chinoise et locuteurs du mandarin : une donnée incomplète


Estimer le nombre de locuteurs natifs du mandarin en Namibie revient avant tout à estimer la taille de la communauté chinoise résidente est une question elle-même profondément disputée car les données les plus fiables convergent vers des chiffres modestes : une cinquantaine de Chinois en activité commerciale en 1998 selon Radio Chine Internationale, plus d’un millier en 2005, et entre 3 000 et 4 000 selon une estimation de l’ambassade américaine révélée par WikiLeaks en 2009.

En 2019, le chargé d’affaires de l’ambassade de Chine lui-même déclarait que moins de 4 000 citoyens chinois résidaient dans le pays, en recul par rapport à environ 10 000 sept ans auparavant.

De son coté, les données officielles namibiennes corroborent cette fourchette basse : l’ancienne ministre de l’Intérieur Pendukeni IivulaIthana recensait 1 358 permis de résidence permanente délivrés de 1990 à 2017, auxquels s’ajoutent 4 470 permis de travail et 1 124 permis de résidence temporaire (Namibia Fact Check).

Ces chiffres contrastent avec les estimations circulant dans le débat public : 40 000 Chinois en 2006 selon les Conseillers du commerce extérieur de la France et le South African Institute of International Affairs ; 130 000 selon un article du quotidien The Namibian en 2020 avec un chiffre formellement démenti par Namibia Fact Check, rattaché à l’IPPR.

Un rapport IPPR de 2019 concluait que les spéculations dépassant les 100 000 semblent exagérées au regard des enquêtes menées par McKinsey & Company, l’OIM et la China Africa Research Initiative de Johns Hopkins.

Tensions, controverses et résistances sociales

La relation sino-namibienne n’est pas exempte de frictions. L’installation de milliers de migrants chinois indépendants dans le petit commerce, les fameux « China Shops », y compris dans les zones rurales et autour d’Oshikango au nord du pays suscite des tensions récurrentes avec les commerçants locaux, qui dénoncent une concurrence déloyale et le non-respect des réglementations douanières.

Des violations documentées du droit du travail namibien avec des pratiques de bas salaires, conditions de sécurité insuffisantes, refus de syndicalisation sont régulièrement signalées dans des rapports cités par The World (PRX) et des publications académiques.

La gestion des mines chinoises cristallise une partie de ces tensions. À la mine de lithium de Xinfeng à Uis, des militants et parlementaires accusent l’entreprise de loger ses travailleurs namibiens dans des conditions qualifiées d’« apartheid » séparés des logements construits pour les employés chinois comme le documente le Business & Human Rights Resource Centre et le reprend Inside Climate News (novembre 2023). À Rössing, des leaders syndicaux ont été licenciés immédiatement après l’entrée de la CNNC au capital, déclenchant un conflit international impliquant IndustriALL.

Sur le plan institutionnel, plusieurs affaires nourrissent un clivage croissant entre élites politiques favorables au partenariat et une partie de la population.

Le scandale de corruption lié à l’entreprise Nuctech, anciennement dirigée par le fils de Hu Jintao et soupçonnée de versements occultes dans le cadre de contrats de scanners de sécurité portuaires, les critiques sur l’exportation illicite de bois précieux et le braconnage de rhinocéros impliquant des ressortissants chinois, ainsi que les interrogations sur l’opacité de la dette namibienne envers la Chine, alimentent des accusations de « néocolonialisme » de la part de syndicats et d’une partie de la société civile.

Une d’un article du journal français « Le monde » sur l’affaire Nuctech en Namibie paru en 2009

Dans ce contexte, le gouvernement namibien utilise également sa relation avec Pékin comme levier stratégique dans ses négociations avec les partenaires occidentaux, dans une logique de diversification des alliances qui lui permet, comme le titre The Namibian, de « négocier en force alors que les Etats-Unis recherchent des partenariats stratégiques en matière d’énergie et de minéralogie ».


Par Tom SUTTER, analyste auprès de l’OFNRS


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