04.09.2026 à 10:49
Trois jours se sont écoulés depuis que l’éminent journaliste nigérien Moussa Kaka a disparu, ce qui fait craindre qu’il ait été victime d’une disparition forcée.
M. Kaka, directeur général de Radio Télévision Saraounia et ancien correspondant de Radio France Internationale, a quitté son bureau à Niamey, la capitale, vers 19 heures le 31 août pour rentrer chez lui. Depuis lors, sa famille et ses collègues n’ont obtenu aucune information sur le lieu où il se trouve.
Kaka a déjà subi des pressions de la part des autorités. En octobre 2025, la police de Niamey l’a arrêté ainsi que cinq autres journalistes — Abdoul Aziz Idé, Ibro Chaibou, Souleymane Brah, Youssouf Seriba et Oumarou Kané — après qu’ils aient annoncé sur les réseaux sociaux une conférence de presse au sujet d’un fonds de solidarité créé par le gouvernement pour lever des fonds pour soutenir les opérations des forces de sécurité de l’État. Les autorités les ont inculpés de « complicité de diffusion de document de nature à troubler l'ordre public » en vertu de la loi sur la cybercriminalité. En novembre, un tribunal a libéré Kaka, Idé et Brah sous caution, tandis que Seriba et Kané ont été libérés le 15 juillet, et Chaibou le 28 août.
La disparition de Kaka fait suite à une tentative de coup d’État contre la junte nigérienne le 29 août, au cours de laquelle des soldats mutins ont attaqué plusieurs sites stratégiques de la capitale. L’armée, soutenue par les forces de l’Africa Corps contrôlées par le gouvernement russe, a repris le contrôle le 30 août. Depuis, les autorités ont placé en détention des soldats soupçonnés d’avoir pris part au soulèvement ainsi qu’un ancien ministre.
Un journaliste nigérien a déclaré qu’au Niger aujourd’hui, « on peut disparaître à cause de ses opinions ». Il a décrit la disparition de Kaka comme relevant du même mode opératoire que d’autres disparitions de personnes critiques à l’égard de la junte.
En vertu du droit international des droits humains, il y a disparition forcée lorsqu’une personne est détenue par les forces de l’État et que les autorités refusent de reconnaître la privation de liberté ou dissimulent le lieu où elle se trouve.
Depuis qu’elle a pris le pouvoir lors d’un coup d’État en 2023, la junte nigérienne a consolidé son régime autoritaire, démantelé les institutions démocratiques et intensifié la répression contre ses détracteurs. Les autorités militaires ont dissous des partis politiques, suspendu des dizaines d’organisations de la société civile, placé des journalistes en détention en vertu d’une loi très vague sur la cybercriminalité, retiré leur nationalité à des opposants politiques, annoncé le retrait du Niger de la Cour pénale internationale et prolongé la transition politique du pays sans élections. La junte continue également de détenir arbitrairement l’ancien président Mohamed Bazoum et un éminent défenseur des droits humains, Moussa Tchangari.
Les autorités nigériennes devraient immédiatement révéler où se trouve Kaka, garantir sa sécurité et le libérer, à moins qu’il n’ait été inculpé d’une infraction pénale valable.
03.09.2026 à 23:49
Les autorités devraient mettre fin à ce simulacre de procès, et libérer les personnes arbitrairement détenues
(Beyrouth, 3 septembre 2026) – Le 3 septembre 2026, la Cour de cassation tunisienne a confirmé les condamnations et les lourdes peines prononcées à l’encontre de 34 personnes pour « complot contre la sûreté de l’État » en novembre 2025. Human Rights Watch avait alors dénoncé un simulacre de procès. La Cour de cassation, la plus haute juridiction tunisienne, constituait le dernier recours judiciaire pour faire annuler ces condamnations.
La citation suivante peut être attribuée à Bassam Khawaja, directeur adjoint de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch :
« L’arrêt de la Cour de cassation était le recours en dernier ressort pour les 34 personnes injustement condamnées, et qui se trouvent aujourd’hui derrière les barreaux ou en exil. Cette décision s’inscrit dans la lignée des attaques menées depuis des années contre le pouvoir judiciaire par le gouvernement répressif en Tunisie, afin de réduire au silence ses opposants et les voix critiques ».