27.03.2025 à 20:47
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Pour ce sixième numéro de la « boîte noire », je vous propose de rencontrer Maureen Kearney, une syndicaliste de la CFDT qui défendait les salariés d'Areva et qui a lancé l'alerte sur des contrats suspects entre la Chine, EDF et Areva pour construire des centrales nucléaires à bas coût (contre de nombreux transferts de technologie vers l'Empire du milieu). Le tort de Mme Kearney ? Avoir cru, au nom de l’intérêt général, pouvoir lancer l’alerte auprès de l’État. Car, en retour, et contre toute attente, une mécanique glaçante s’enclenche…
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Les faits datent d’il y a une dizaine d’années. Après plusieurs mois de combat syndical et d’alertes multiples auprès des responsables politiques de l’époque (notamment Arnaud Montebourg et Bernard Cazeneuve), Maureen Kearney est agressée en décembre 2012 dans sa maison et retrouvée ligotée sur une chaise, le manche d’un couteau enfoncé dans le vagin. Sur son ventre, un « A » a été gravé avec une lame. Face à cette agression sauvage, les gendarmes chargés de l’affaire vont pourtant conclure que la victime a tout inventé. Condamnée par le tribunal de première instance pour mensonge, Maureen Kearney réussit après de longues années à prouver son innocence. Elle est relaxée en appel en 2018. Un an après, exténuée par cette double épreuve, broyée par la machine judiciaire, Maureen Kearney décide finalement de retirer sa plainte pour viol pour tenter de retrouver la tranquillité. Aucune enquête n’a donc été lancée pour comprendre quels responsables se cachent derrière cette agression servant clairement à intimider.
Avec ce dossier, on plonge dans les bas-fonds de l’industrie nucléaire française, sur fond de « raison d’État », petites lâchetés et grandes compromissions des responsables politiques. On y croise l’intermédiaire Alexandre Djouhri, d’autres acteurs de la Sarkozie. les dirigeants d’Areva et d’EDF Anne Lauvergeon et Henri Proglio, des ministres socialistes, et CGN, une grande entreprise chinoise d’électricité… Un véritable thriller.
Justement, en 2022, le cinéma français va s’emparer de toute cette histoire en sortant le film La Syndicaliste du réalisateur Jean-Paul Salomé, inspiré du travail d’enquête de la journaliste Caroline Michel-Aguirre de l’Obs. À l’écran, Maureen Kearney est interprétée par Isabelle Huppert. Ce film a été l’occasion de permettre à un plus large public de découvrir ce scandale.
L’occasion pour moi d’interroger Maureen Kearney sur son rôle de lanceuse d’alerte, sur les limites en France de la justice et du journalisme, sur la corruption dans les secteurs stratégiques, et sur l’intérêt de la fiction pour questionner le réel et faire de la pédagogie.
En 2022, lors de l’avant-première parisienne de La Syndicaliste, le producteur du film, Bertrand Faivre, s’est justement étonné d’un pays dans lequel la « raison d’État » s’impose souvent sur nombreux dossiers amenant les journalistes et lanceurs d’alerte à naviguer d’une manière bien solitaire : « C’est étrange de constater que dans notre démocratie, pour faire vivre les contre pouvoirs, comme les syndicats, la presse, la notion de « courage » doit intervenir ».
Marc Endeweld.
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26.03.2025 à 20:14
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Avec Odile Maurin, activiste antivalidiste, membre de l’association Handi-Social, conseillère métropolitaine d'opposition à Toulouse, par ailleurs fort favorablement connue de nos services.
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Essayons d’identifier quelles formes prend la domination validiste et quels sont les moyens de lutte des personnes handicapées pour combattre cette mise au ban de la société.
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26.03.2025 à 07:34
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Des dictatures militaires d’Amérique latine à la transition écologique d’aujourd’hui, une ligne invisible relie les stratégies de domination des grandes puissances. Les fantomes de l'Opération Condor, ce plan secret des États-Unis pour éradiquer les opposants aux régimes autoritaires dans les années 1970-80, planent encore.
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A la frontière entre le Paraguay et le Brésil, on assassine toujours des défenseurs de la terre. Anna Recalde Miranda, avec son film De la guerre froide à la guerre verte, qui sort ce mercredi, met en lumière une continuité troublante : hier, la première multinationale de la répression s’abattait contre les militants et les alternatives politiques, aujourd’hui, toute transition écologique douce est saccagée par des géants de l’agro-business et des États qui perpétuent leur modèle d’exploitation.
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25.03.2025 à 07:49
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Savant mélange de climatoscepticisme, de fascisme et d'ultralibéralisme, le "carbofascisme" a aujourd'hui pignon sur rue de part et d'autre du globe. Le retour fracassant de Donald Trump à la Maison Blanche n'est que l'affirmation décomplexée d'une dynamique déjà à l'œuvre : celle d'une violente radicalisation du capitalisme.
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Et à ce jeu, les grands gagnants sont les leaders du secteur pétrolier, qu’importe que leur hégémonie s’acquiert au prix de la destruction des conditions de survie du Vivant.
« La menace carbofasciste, or noir et peste brune », c’est le dossier qu’a choisi de traiter, pour son deuxième numéro, la revue Fracas, nouvelle arrivée dans le paysage des médias indépendants écolos. Philippe Vion-Dury, directeur de publication du magazine, se rend sur le canapé d’Au Poste pour nous en parler. Au programme de la discussion : lobbys fossiles, pétromasculinisme et antifascisme écologique.
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22.03.2025 à 00:30
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Cette proposition de loi --- initiée par la droite sénatoriale, soutenue par le gouvernement, votée à l'unanimité (gauche comprise!) au Sénat, introduit des mesures de surveillance massive sous couvert de lutte contre le trafic de drogue. Extension du champ de la criminalité organisée, usage de logiciels espions, mise en place de « boîtes noires », accès facilité au fichier TAJ, censure administrative, utilisation des drones en prison: on suit et on commente en direct les débats.
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21.03.2025 à 18:09
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Rémi Carayol, auteur de Mayotte, Département Colonie (La Découverte).
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Nos PV de synthèse sont des remontages de -30 minutes au gré des semaines.
Retrouvez la causerie intégrale ici
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21.03.2025 à 11:05
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« Gaza, le génocide et les médias ». Ce sous-titre claque comme un défi : celui que lance Meriem Laribi, journaliste indépendante, dans Ci-gît l’humanité (Éditions Critiques). Invitée d’Au Poste, elle raconte son engagement radical — au sens étymologique — dans une année de feu. Dès le 7 octobre 2023, elle documente chaque jour ce que la plupart des médias français taisent ou minimisent. Mieux : elle va confronter les porte-paroles du pouvoir sur leur propre terrain, à l’Élysée, au Quai d’Orsay, face caméra. Et si c’était ça, le vrai journalisme politique ?
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« Je ne viens pas à l’Élysée pour faire la cour à un porte-parole. Je viens poser des questions. » Meriem Laribi n’a pas de bureau à Matignon, pas de badge presse permanent, pas d’oreillette reliée à une chaîne info. Ce qu’elle a, c’est une carte de presse, un courage têtu, et une colère froide face à ce qu’elle décrit comme « la faillite morale et professionnelle de la presse française » dans sa couverture du massacre de Gaza. Et surtout : une volonté farouche de ne pas se taire.
Dans Ci-gît l’humanité, elle raconte à la première personne une année de guerre, d’effondrement médiatique et de dissidence journalistique. Un journal de bord précis, documenté, porté par un regard anticolonial assumé. Dans l’émission, l’échange avec David Dufresne est dense, frontal, émouvant, souvent révoltant — et toujours salutaire.
Tout commence le 12 décembre 2023. Meriem Laribi, poussée par l’urgence de la situation et inspirée par l’exemple d’un journaliste palestino-américain à Washington, s’accrédite au point presse de l’Élysée. Elle y entre sans illusion, mais avec la ferme intention de faire son travail : poser des questions précises, documentées, tenaces.
« Vous venez ici que pour faire des capsules vidéo », lui lancera plus tard une consœur excédée. À cela, elle répond simplement : « Ce n’est pas un talk-show, c’est une conférence de presse. » Dufresne applaudit : au fond, c’est ça, sa vraie prise de parole politique.
Avec Cemil Şanlı, autre journaliste indépendant elle va former un duo détonant. Relances, confrontations, refus du gloubi-boulga gouvernemental. Et rapidement, les représailles : remarques acerbes, regards noirs, caméras coupées. « Un ami m’a écrit : “On ne vous voit plus.” C’est là qu’on a compris : ils ont débranché l’image. »
Ce que l’émission révèle, c’est ce gouffre. Ce deux poids, deux mesures. Ce double standard médiatique et politique que Meriem Laribi démonte méthodiquement : « Ce n’est pas la complexité du conflit qui empêche de parler de Gaza, c’est la volonté d’invisibiliser. »
Elle rappelle ce moment où le gouvernement interdit toute manifestation pro-palestinienne au nom d’un « délai de décence ». Deux mois plus tard, 30 000 morts gazaouis. Toujours rien. « Quelle indécence que ce délai de décence », lâche-t-elle, la voix tremblante.
Son émotion culmine au Quai d’Orsay, face au porte-parole. Ce jour-là, après le « massacre de la farine », elle s’effondre. « Je n’ai pas pu parler. Trop, c’était trop. » Un moment déchirant, humain, qui tranche avec la mécanique froide de la réponse : « Israël a le droit de se défendre. »
« On n’a pas à choisir entre être journaliste et avoir une conscience. »
Meriem Laribi
À mesure que ses passages à l’Élysée se répètent, l’ambiance se tend. Une journaliste lui lâche : « Vous êtes désagréable. Vous ne faites pas le même métier que nous. » Elle, elle observe, note, encaisse. « C’est un journalisme de cour, oui. Mais moi, je ne suis pas une courtisane. »
Ce n’est pas tant la confrontation avec le pouvoir qui la blesse. C’est l’hostilité de certains collègues. Leur volonté de préserver une forme de ronron, comme le dira l’un d’eux, lucide : « Avant vous, c’était plié en 20 minutes. »
Et puis il y a cette photo. La porte-parole du gouvernement français, tout sourire, dans les bras d’un ex-porte-parole de l’armée israélienne. Meriem voit rouge : « Comment voulez-vous croire à leur impartialité après ça ? »
Son livre est aussi celui d’un silence. Celui d’une voix absente des plateaux télé, d’un récit « désoccidentalisé », comme elle l’écrit. À l’écran : Enthoven, Fourest, Aram, Pina. Mais qui donne la parole aux Rony Brauman, Alain Gresh, Norman Finkelstein ou aux journalistes palestiniens ?
« Qui représentait nos voix cette année-là ? », demande-t-elle. À ce moment de l’émission, le tchat explose de messages : « Merci pour votre courage », « Vous êtes indispensable », « On a besoin de vous ».
« Tout est en direct. On voit les images, les enfants, les hôpitaux. Et pourtant, rien ne change. » Dufresne s’interroge : pourquoi l’effet Vietnam ne fonctionne-t-il pas ? Pourquoi l’image ne provoque-t-elle pas la rupture cette fois-ci ? La réponse est cruelle : « Il ne s’agit pas de vérité, mais de post-vérité. »
La stratégie israélienne, dit-elle, a un nom : Hasbara, littéralement « explication ». Une communication huilée, reprise en chœur. « À chaque fois qu’on braque le projecteur sur les Palestiniens, ils le déplacent sur les Israéliens. »
« La Shoah est instrumentalisée pour justifier l’injustifiable. Ça ne l’honore pas. »
Meriem Laribi
Elle parle aussi d’elle, souvent. De ses parents nés dans l’Algérie colonisée. De son enfance dans une culture anticolonialiste. De son basculement, à partir du 7 octobre. « J’ai compris qu’un génocide allait se dérouler sous nos yeux et que le journalisme, ici, n’était pas à la hauteur. »
Alors elle a pris sa plume sa voix et son micro.
Avec Ci-gît l’humanité, Meriem Laribi livre plus qu’un journal de guerre. C’est une archive, une charge une tentative de réparation.
« Une autre vision du monde existe », dit-elle. Elle est là, sur ce plateau, fragile et déterminée.
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Parce que l’usage même du mot est immédiatement retourné contre ceux qui l’emploient. Il devient une accusation de « franchissement d’un seuil moral », selon les mots du ministre français. L’effet : un silence généralisé.
Oui, et Meriem Laribi en fait une démonstration éclatante. Ce n’est pas seulement une question de connivence, mais de rituel, de confort et de non-dérangement. Elle et d’autres en sont les perturbateurs.
Parce qu’elle parle depuis un « point de vue désoccidentalisé », assumé, anticolonial. Elle ne cherche pas la nuance molle mais la précision politique. Elle documente, contextualise, confronte.
Parce qu’elle interroge les fondements de notre propre narration occidentale. Parce qu’elle bouleverse les repères, les alliances, les affects. Et parce qu’elle montre que le journalisme peut encore être un acte politique.
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Cet article est le fruit d’un travail humain, d’une retranscription automatique de l’émission par notre AuBotPoste revue et corrigée par la rédaction.
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