21.10.2024 à 15:34
GIJN en français a organisé le 7 novembre 2024 un webinaire durant lequel trois journalistes confirmés ont partagé leurs astuces pour enquêter sur le système agro-industriel.
Que ce soit en termes d’emplois ou de chiffre d’affaires, l’agro-alimentaire est la première industrie de France. Son impact majeur sur de nombreux secteurs (alimentaire, sanitaire, environnemental, social…) en fait une matière riche à enquêtes d’intérêt public.
Pourtant, à la mesure de son poids économique, l’agro-industrie n’est pas un terrain réputé facile pour les journalistes d’investigation. “Opacité”, “silence”, “omerta”, “pression” sont des mots qui reviennent souvent dans la bouche des journalistes couvrant le sujet, en France comme ailleurs.
Pour encourager les enquêtes sur le système agro-industriel et aider les journalistes désireux de creuser le sujet, le département francophone de GIJN, le Réseau international de journalisme d’investigation, a organisé le 7 novembre 2024 un webinaire avec plusieurs journalistes expérimentés, travaillant depuis plusieurs années sur le sujet et qui ont partagé leurs conseils et leurs techniques d’enquête :
Nicolas Legendre. Correspondant pendant plusieurs années du journal Le Monde en Bretagne et également collaborateur de Géo et XXI, il a reçu le Prix Albert Londres en 2023 pour son livre-enquête “Silence dans les champs” (éditions Arthaud), fruit de sept ans de travail et riche de plus de 300 témoignages recueillis sur le terrain.
Inès Léraud. Journaliste indépendante, membre du collectif Disclose, elle a co-cofondé Splann ! ainsi que l’Observatoire français des atteintes à la liberté de la presse (Ofalp), elle a commencé à enquêter sur le phénomène des algues vertes à partir de 2016 pour Radio France. Enquête qui a donné lieu à une BD : “Algues vertes, l’histoire interdite” (éditions Delcourt).
Robert Schmidt. Journaliste indépendant, co-fondateur du collectif We Report, il enquête, entre autres, sur les conflits d’intérêts et les questions d’environnement pour différents médias français mais aussi allemands (Mediapart, Arte…). Il a commencé à travailler sur l’enquête #WaterStories en 2017.
Modération : Alcyone Wemaëre, responsable de GIJN en français et co-encadrante du master data et investigation du CFJ et de Sciences-Po Lyon.
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09.10.2024 à 03:46
Comment les journalistes peuvent-ils enquêter sur les féminicides sans réduire le meurtre de femmes à des statistiques criminelles, et comment produire un récit qui humanise sans sensationnaliser ?
Les articles sur le féminicide – le meurtre délibéré de femmes parce qu’elles sont des femmes – sont souvent axés sur des détails salaces et macabres, ou s’appuient uniquement sur des données concrètes pour illustrer le nombre de femmes tuées.
Alors comment les journalistes peuvent-ils faire mieux lorsqu’ils traitent de cette question cruciale, et utiliser des données sans réduire le meurtre de femmes à des statistiques criminelles, et comment peuvent-ils produire un récit qui humanise mais ne fait pas de sensationnalisme ? Lors d’une table ronde à la 13e Conférence mondiale sur le journalisme d’investigation (#GIJC23), Mago Torres, Rédactrice en chef – responsable data à The Examination, a discuté avec quatre journalistes de la manière de trouver un équilibre entre les statistiques et les récits personnels pour produire une narration puissante sur la question du féminicide.
Problème structurel
Pour l’enquête Justicia Machista ( « Justice sexiste »), Fabiola Torres et son équipe de Salud con Lupa, basée au Pérou, ont déposé des demandes de liberté d’information pour accéder aux dossiers judiciaires et compiler une base de données de 160 décisions de justice sur le féminicide et la tentative de féminicide entre 2018 et 2022.
Ils ont constaté que les phrases extraites des décisions de justice montraient que les justifications des juges reflétaient souvent le récit et les arguments présentés par les avocats de la défense de l’accusé, qui comprenaient des arguments pour réduire les allégations de féminicide, ou de tentative de féminicide, à des crimes moins graves, tels que les blessures physiques. Par exemple, le raisonnement selon lequel les blessures n’étant pas situées dans des zones critiques du corps d’une femme, il n’y avait pas eu d’intention de la tuer.
Les journalistes de Salud con Lupa ont noté que les tribunaux, lorsqu’ils prononçaient des condamnations, n’imposaient souvent pas les peines prévues par le code pénal pour de tels crimes. Certains juges ont estimé que si le condamné était un jeune homme ayant des enfants à charge et qu’il était encore « à un âge productif », son crime ne méritait pas l’emprisonnement à vie.
L’enquête a révélé une « vérité dérangeante », a déclaré Mme Torres. « Le profil [d’une personne qui commet] un féminicide est celui d’un homme ordinaire qui a un comportement sexiste bien ancré ». La société a tendance à réduire le problème de la violence sexiste à un groupe de « mauvais hommes », mais ce n’est pas vrai, a-t-elle ajouté. « Il s’agit d’un problème structurel.
Les conclusions de l’enquête ont été communiquées aux juges péruviens, notamment à la commission de la justice en matière de genre du pouvoir judiciaire, afin de mieux comprendre les lacunes et les incohérences du système judiciaire.
Selon Mme Torres, lorsqu’ils enquêtent sur les féminicides, les journalistes doivent aller au-delà du nombre de femmes tuées et rechercher des tendances. Par exemple, Mme Torres et son équipe ont noté qu’environ une victime de féminicide sur sept en 2021 avait d’abord été déclarée disparue : « Il y a d’abord les disparitions, puis les féminicides », a déclaré Mme Torres.
Pénurie « stupéfiante » de données
Janine Louloudi, journaliste et productrice à l’Institut méditerranéen du journalisme d’investigation (MIIR en anglais), a mené une enquête transfrontalière dans 19 salles de rédaction afin de dresser un état des lieux de la violence et des féminicides en Europe pendant la pandémie de COVID-19. Les féminicides : The Undeclared War on Women in Europe a révélé la pénurie « stupéfiante » de données actuelles sur les féminicides.
Selon l’enquête, il n’existe aucune donnée officielle sur les féminicides au niveau de l’Union Européenne après 2018, et dans toute l’Europe, seule Chypre identifie le crime spécifique de féminicide, distinct de l’homicide, dans son système juridique. Récemment, Malte a introduit une clause d’« intention féminicide » pour les meurtres de femmes. L’équipe a recueilli des données auprès de sources régionales telles que l’Institut européen pour l’égalité entre les hommes et les femmes (EIGE) et de sources nationales telles que les statistiques nationales et les données policières. Des données provenant de sources non officielles, telles que des groupes de surveillance locaux, ont également été incluses.
Lire le Guide d’enquête sur le féminicide du GIJN, qui contient des informations sur la recherche et la compréhension des données. Image : GIJN
Les entretiens avec les survivantes et les membres de la famille des victimes ont été essentiels pour contrer le sensationnalisme des reportages sur les féminicides, qui sont considérés comme des crimes passionnels. « Chaque statistique est un moment où la vie d’une femme change », a déclaré Mme Louloudi.
Mme Louloudi et Thanasis Troboukis – un journaliste de l’organisation à but non lucratif iMEdD Lab, basée à Athènes, qui s’est chargé de l’analyse et de la visualisation des données pour l’histoire transfrontalière – ont partagé des conseils pour la collecte de données et l’établissement de comparaisons significatives.
2. Se concentrer sur les taux, pas seulement sur les chiffres absolus. La collecte de données dans différents pays implique des disparités dans les méthodologies de collecte et les calculs. Calculez les variations en pourcentage pour effectuer des comparaisons significatives.
3. Utilisez des données statistiques générales pour établir des comparaisons. Comparer les données sur les féminicides à des statistiques telles que la population permettra de contextualiser l’incidence des meurtres de femmes par rapport à l’ensemble de la population.
4. Examiner comment les données illustrent le parcours du survivant. Par exemple, une victime peut essayer d’appeler un service d’assistance téléphonique. Essayez de savoir combien d’appels sont enregistrés, a déclaré Troboukis. En outre, une femme peut déposer une plainte, et l’analyse du nombre de plaintes et des types de violence signalés peut illustrer combien d’entre elles aboutissent effectivement à une arrestation et à une condamnation.
5. D’autres questions à se poser : Votre pays reconnaît-il la violence entre partenaires intimes ? Quelles sont les lois existantes qui encadrent la violence à l’égard des femmes ? Quel est l’âge des victimes ? Quel est le sexe des victimes ?
Dans le cas de l’Afrique du Sud, l’absence de données sur les féminicides a été le premier obstacle rencontré par Laura Grant et son équipe du Media Hack Collective ; les données sur la criminalité publiées chaque année ne comptabilisent que le nombre de meurtres, sans répartition entre les hommes et les femmes.
Une présentation PowerPoint du Service de police sud-africain (SAPS) basée sur les données criminelles de 2019-20 comprenait des informations sur la relation entre la victime et le tueur, mais cette information n’était connue que dans environ un cas de meurtre sur cinq – pour les victimes hommes et femmes – cette année-là.
Pour combler les lacunes et raconter certaines de ces histoires, l’équipe de Mme Grant a compilé des articles de presse sur les meurtres de femmes et a créé une carte interactive des lieux où ces meurtres ont eu lieu – mais même certains articles de presse ne contenaient pas d’informations sur les victimes et les causes de leur décès. Ces détails manquants, a expliqué Mme Grant, sont la raison pour laquelle ils ont décidé d’intituler leur enquête #SayHerName : Les visages de l’épidémie de féminicide en Afrique du Sud. (De plus amples détails sur leur méthodologie de recherche d’articles de presse sont disponibles ici).
Selon les données du SAPS citées dans leur enquête, entre 2015 et 2020, un total de 13 815 femmes ont été assassinées, soit environ sept femmes par jour. En examinant les reportages de janvier 2018 à octobre 2020, a expliqué Mme Grant, ils ont constaté que sur le nombre de femmes de 18 ans et plus qui ont été tuées au cours de cette période, seule une petite fraction des cas avait été présentée dans les nouvelles nationales ou locales.
« Les histoires médiatiques [sur les féminicides] concernent souvent des femmes jeunes et jolies, ou des célébrités. Les détails sont salaces ou horribles », a déclaré Mme Grant, qui a ajouté que la plupart des histoires qui sont finalement rendues publiques le sont lors de journées commémoratives appelant à mettre fin à la violence à l’égard des femmes.
« Il y a beaucoup d’histoires de femmes qui ne sont pas racontées. Et le fait que ces histoires ne soient pas racontées est tout aussi important », a ajouté Mme Grant.
03.10.2024 à 15:05
Ce webinaire GIJN qui a eu lieu le 10 octobre 2024 plonge dans le monde des sociétés écrans, explorant comment les journalistes d’investigation peuvent démêler ces réseaux complexes.
Derrière de nombreux scandales financiers majeurs, les sociétés écrans jouent un rôle central en dissimulant les véritables propriétaires et en permettant la circulation de fonds illicites. Qu’il s’agisse de crimes financiers internationaux ou d’affaires de corruption locales, des montages financiers complexes sont fréquemment utilisés pour dissimuler les bénéficiaires d’activités illégales. Comprendre comment traquer et démasquer les sociétés écrans est essentiel pour tout journaliste travaillant sur des enquêtes financières, politiques ou d’entreprise.
Ce webinaire GIJN qui a eu lieu le 10 octobre 2024 plonge dans le monde des sociétés écrans, explorant comment les journalistes d’investigation peuvent démêler ces réseaux complexes. Des experts du Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) et de Organized Crime and Corruption Reporting Project (OCCRP) y ontpartagé des ressources utiles pour aider les journalistes à naviguer dans ce domaine difficile, en se concentrant à la fois sur la stratégie pour enquêter et sur les conseils et outils les plus pertinents.
Karrie Kehoe est la responsable adjointe des données et de la recherche de lCIJ. Elle a commencé à travailler avec ICIJ sur le projet Fatal Extraction en 2015 et a rejoint ICIJ en tant que data-journaliste à temps plein en 2018. Karrie Kehoe a travaillé sur de nombreuses enquêtes menées par ICIJ au fil des ans, notamment Pandora Papers, Uber Files, Ericsson List, Deforestation Inc, FinCEN Files, Solitary Voices, Implant Files et les Mauritius Leaks.
Jan Strozyk est rédacteur en chef data à OCCRP et co-dirige l’équipe de recherche et data de OCCRP avec la responsable de la recherche Karina Shedrofsky. Il travaille en étroite collaboration avec les équipes data et éditoriales de OCCRP, coordonnant l’analyse des données et travaillant sur des enquêtes basées sur du data-journalisme. Avant de rejoindre OCCRP, Jan Strozyk était journaliste à la chaîne d’information publique allemande NDR, où il a travaillé sur les Luxembourg Leaks, les Panama Papers, les Paradise Papers, les FinCEN Files et d’autres enquêtes transfrontalières.
Le modérateur est Simon Bowers, rédacteur en chef des enquêtes à Finance Uncovered. Basé à Londres, il a rejoint l’organisation en novembre 2020 après avoir été pendant quatre ans coordinateur européen du Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ). Auparavant, il a passé 19 ans au Guardian, au Royaume-Uni, où il était grand reporter et travaillait sur des enquêtes fiscales et financières.
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25.09.2024 à 19:34
Note de la rédaction : ce guide a été préparé par Toby McIntosh, conseiller senior auprès de GIJN. De nombreux membres du staff de GIJN y ont également contribué. Merci à Alcyone Wemaëre, Andrea Arzaba, Amel Ghani, Ana Beatriz Assam, Sheikh Sabiha Alam, Holly Pate, Pınar Dağ, Gabriela Manuli, Laura Dixon, Benon Herbert Oluka, Majdoleen Hassan et Tri Joko Her Riadi. Ce guide a été édité entre autres par Nikolia Apostolou, Reed Richardson et Alexa van Sickle.
GIJN tient également à remercier Joe Lo, journaliste au sein de la rédaction de Climate Home News, et Laurie Goering, en charge de la rubrique chaleur extrême de Climate Resilience for All, pour leur contribution.
De nouveaux records de chaleur seront probablement établis cette année, éclipsant 2023, qui fût l’année la plus chaude jamais enregistrée, selon Copernicus, le centre d’observation de la Terre du programme spatial de l’Union européenne. Cela poursuit une tendance alarmante : les 10 années les plus chaudes jamais enregistrées se sont produites au cours de la dernière décennie.
Les effets négatifs de la hausse des températures sont visibles partout et offrent de nombreuses possibilités d’enquête au journalisme d’investigation.
Certains évènements ont fait les gros titres. À l’été 2024, plus de 1 300 personnes sont mortes d’une exposition extrême à la chaleur pendant le Hajj, le pèlerinage à La Mecque en Arabie saoudite. Au Mexique, des singes hurleurs sont morts de déshydratation.
L’ampleur du réchauffement climatique et de ses conséquences est considérable.
Selon un rapport de Climate Central, une ONG américaine, « 6,8 milliards de personnes – soit 78 % de la population mondiale – ont connu au moins 31 jours de chaleur extrême » au cours des 12 mois se terminant en mai 2024. Et les vagues de chaleur devraient faire environ 1,6 million de victimes d’ici à 2050, selon un rapport du Forum économique mondial paru en janvier 2024, qui a également estimé que les sécheresses causeront 3,2 millions de décès d’ici 2050.
Suite à une longue vague de chaleur au Royaume-Uni, des promeneurs assis sur l’herbe sèche de Greenwich Park contemplent le quartier Canary Wharf de Londres et l’orage qui guette. Photo : Alistair Hickson, Flickr Creative Commons
Ces températures plus élevées sont causées par des concentrations accrues de gaz piégeant la chaleur dans l’atmosphère, principalement dues à l’utilisation humaine de combustibles fossiles. Ces émissions ont non seulement élevé les températures, mais aussi entraîné des précipitations plus intenses, des sécheresses plus violentes, des incendies de forêt plus importants et des tempêtes plus fortes.
Ce guide suggère de multiples angles pour enquêter sur les vagues de chaleur extrêmes à l’échelle mondiale.
Les sujets potentiels comprennent :
Les sites d’information locaux et régionaux enquêtent de manière spectaculaire sur ces sujets et bien d’autres encore. De grands médias tels que The Washington Post, Salon et Rolling Stone ont également donné des perspectives plus mondiales du problème.
Pour dire les choses clairement, les exemples présentés ci-dessous ne sont pas des nouvelles sur la météo ou des articles sur les derniers rapports scientifiques, bien qu’une telle couverture soit essentielle. Ce guide ne vise pas non plus à examiner les causes de l’augmentation des températures ou à documenter les impacts généralisés, tels que l’élévation du niveau des mers et le rétrécissement des glaciers. (Pour plus de conseils et de ressources sur le premier point, voir le Guide de GIJN pour enquêter sur l’élévation du niveau de la mer). Nos exemples sont des enquêtes journalistiques sur les effets de l’augmentation de la chaleur sur les humains.
Exemples
Pourquoi le choléra fait-il des milliers de morts en Afrique australe ? – The New Humanitarian
Le tueur qui traque les hommes sri-lankais – The New York Times
La chaleur et la pollution rendent le pollen plus agressif et provoquent une augmentation des allergies en été – elDiario.es (Espagne)
La dengue est de plus en plus répandue à travers le monde. Une planète plus chaude ne fera qu’empirer les choses – The Washington Post
Pour la population vieillissante du Japon, un lien troublant entre la chaleur et la démence – Japan Times
La fumée persistante des feux de forêt érode la santé mentale de l’Amérique rurale – Climate Central
La chaleur au Mexique provoque un nombre record de décès en 2023 – Quinto Elemento Lab
Pic des décès dus à la dengue en 2023 : les facteurs responsables – BBC (Bangladesh)
Comment la chaleur affecte le cerveau – The New York Times
Poursuivre les responsables de désastres climatiques en justice – The Lever
« Quand il fait si chaud, le temps est suspendu » : Survivre à la chaleur extrême en Afrique de l’Ouest – The Guardian
La chaleur fait des milliers de morts aux États-Unis chaque année. Pourquoi est-il si difficile d’établir le nombre exact de décès ? – The New York Times
Les éleveurs du bassin de la rivière Ewaso Ngiro dans le centre du Kenya creusent pour trouver de l’eau. Ils craignent de devoir commencer à déstocker du bétail à grande échelle si les prochaines pluies sont insuffisantes. Photo : Climate Centre, Flickr Creative Commons
Exemples
Les urgences liées à la chaleur augmentent aux États-Unis. Les hôpitaux peuvent-ils gérer l’affluence de patients ? – The New York Times
La vague de chaleur met en danger l’efficacité des médicaments – The Business Standard (Bangladesh)
Les hôpitaux poussent un cri d’alarme : La chaleur, les pannes et l’augmentation du nombre de patients font craquer les infrastructures sanitaires – The Business Standard (Bangladesh)
Le Texas sous-estime probablement le nombre de décès liés à la chaleur – Inside Climate News
Brûlures avec de l’asphalte, délire, sacs mortuaires : la chaleur extrême submerge les services d’urgences à travers les États-Unis – The Guardian
Comment s’assurer que les sans-abri ont assez d’eau dans la grande ville la plus chaude d’Amérique – Context, Fondation Thomson Reuters
Exclusif : Les trois quarts des prisons en Angleterre et au Pays de Galles sont confrontés à un risque « élevé » de surchauffe – CarbonBrief
Comment les villes américaines protègent les personnes isolées lors de vagues de chaleur – The Guardian
Exemples
40 degrés dans l’usine : la santé des ouvriers à l’ère de la chaleur extrême – Reporter Brasil
Les livreurs saoudiens cuisent dans une chaleur estivale « mortelle » – AFP
Ce que c’est que de travailler dans l’une des villes les plus chaudes d’Amérique du Sud – El Surtidor
Mort de chaleur : David est parti travailler sur un chantier de construction français. À la fin de la journée, il était mort – The Guardian
Pour les éboueurs indiens, un travail misérable et dangereux aggravé par une chaleur extrême – AP
Les États-Unis ont un plan pour protéger les travailleurs de la chaleur. Les employeurs le combattent – The Washington Post
Les ouvriers de l’industrie de l’habillement bangladais souffrent de la hausse des températures – Context
Les ouvriers de l’industrie de l’habillement sont parmi les premières victimes du réchauffement climatique – Grist
L’« effet de serre » : comment une solution climatique souvent vantée menace les ouvriers agricoles – AP
Livreur, un métier risqué sur une planète de plus en plus chaude – El Pais
La Californie réduit les contrôles de sécurité alors que les ouvriers agricoles travaillent dans une chaleur extrême – The Los Angeles Times (article payant)
« Travailler ici, c’est l’enfer » : Le décès d’un ouvrier agricole dans une chaleur de 40 degrés choque l’Italie – The Guardian
Chaleurs extrêmes : L’impact sur les vendeurs de rue – Greenpeace
Creuser pour trouver de l’eau dans un lit de rivière sec dans la province orientale du Kenya. Photo : Flore de Preneuf, Banque mondiale, Creative Commons
Exemples
« Inégalités thermiques » – La cartographie thermique du Cap révèle d’énormes différences de température entre différents quartiers – The Daily Maverick
Lors de pics de chaleurs, les habitants des quartiers urbains les plus pauvres souffrent le plus – ecoRI (US)
L’inégalité thermique « provoque des milliers de décès non déclarés dans les pays pauvres » – The Guardian
En raison de l’inaction politique, les résidents à faible revenu de Nashville sont particulièrement confrontés à l’impact du réchauffement climatique – Inside Climate News
Sur les plages de Gaza et de Tel Aviv, deux visions d’une même vague de chaleur – Climate Home News
Luxe ou survie ? Pourquoi le manque de climatisation peut s’avérer mortel – The Telegraph
En raison des mesures de répression saoudiennes en matière de visas, les pèlerins du Hajj frappés par la vague de chaleur ont peur de demander de l’aide – Climate Home News
A Detroit, les enfants noirs asthmatiques sont les plus durement touchés par les allergies saisonnières – Bridge Detroit et Climate Central
Nous avons besoin de données de mortalité qui prennent davantage compte de l’impact du changement climatique – Nonprofit Quarterly
Au Kenya, des fausses couches dûes aux chaleurs élevées – Climate Resilience
« Je dois littéralement tout demander à mon mari » : comment un climat plus chaud change les rôles de genre – CNN (Inde)
« C’est une forme de torture » : la chaleur intense tue des dizaines de détenus dans les prisons du Texas – The Guardian
Exemples
« L’Adriatique devient tropicale » : les pêcheurs italiens luttent pour s’adapter à une mer plus chaude – The Guardian
Quantifier l’impact du changement climatique et de la chaleur extrême sur la culture du riz aux États-Unis – Agricultural and Forest Meteorology
Les agriculteurs des régions montagneuses du Pakistan s’adaptent à la hausse des températures – Dialogue Earth
Alors que la chaleur intense fait tomber les mangues, les agriculteurs s’inquiètent pour leur rendement – Bangla Tribune
La canicule fait craindre des pertes aux producteurs de crevettes – The Daily Star
Le lanceur d’alerte – Le projet Outlaw Ocean
Cinq graphiques : Comment le changement climatique fait flamber les prix des aliments dans le monde entier – CarbonBrief
Changement climatique dans le Beaujolais : le gamay peut-il disparaître ? – Rue89Lyon
Un agriculteur tenant deux épis de maïs malformé et gâchés. La communauté indigène de Kondh Adivasis à Odisha, dans l’est de l’Inde, a été touchée par l’évolution des précipitations, qui a ruiné de larges quantités de maïs. Photo : Aniket Gawade, ClimateVisuals.org
Exemples
Dans le Midwest, les inondations et les vagues de chaleur généralisées sapent les systèmes de transport américains – Inside Climate News
Ponts bloqués, routes endommagées – La chaleur extrême fait des ravages sur l’infrastructure vieillissante des Etats-Unis – The Conversation
Prendre un train pendant une vague de chaleur ? Attention à la déformation des rails – Grist
Le changement climatique augmente les risques pour les sites contenant du matériel radioactif – AP
Des milliers de barrages américains pourraient ne pas résister à des pluies diluviennes – The New Scientist
Exemples
Les villes s’attaquent à la hausse des températures. Encore faut-il qu’elles évitent ce piège – The Guardian
Londres doit s’adapter aux pics de chaleur « dans les plus brefs délais » – Climate Resilience for All
Comment l’ouest américain s’adapte aux températures de plus en plus élevées – BBC
A l’arrivée de la canicule, l’eau devient une ressource précieuse – Dawn
La capitale est pleine d’arbres qui ne conviennent pas à l’environnement – Prothom Alo
La chaleur a toujours été un problème aux Philippines – et le problème va s’empirer – Rappler
En 2010, dix ans de pluie sont tombés en seulement deux semaines au Pakistan, entraînant des inondations extrêmes dans une grande partie du pays. Les secours ont approvisionné des millions de victimes en eau potable et en assainissement. Photo : Département britannique du développement international, Creative Commons
Le changement climatique met les athlètes et leur sport en danger – The Conversation
Pour les athlètes, le changement climatique représente un adversaire de poids – CBC
Aux Jeux olympiques, la chaleur peut rendre les compétitions bien plus dangereuses – Inside Climate News
Une chaleur extrême frappe les Jeux olympiques. En cause : le changement climatique – The Guardian
Comment le changement climatique menace l’avenir des Jeux olympiques d’hiver – The Conversation
Alors que le monde se réchauffe, le débat sur le gazon artificiel se tend – The New Lede
Exemples
Un tiers des décès dus à l’ouragan Beryl au Texas ont été causés par la chaleur – NBC News
De l’assurance aux « jumeaux numériques », l’innovation pour réduire les risques de chaleur prend son envol – Climate Resilience for All
Manger ou rester au frais ? Les villes testent des moyens pour protéger les pauvres contre la chaleur croissante – Fondation Thomson Reuters
Comment la lutte contre les chaleurs extrêmes coûte de plus en plus cher aux Américains – USA Today
Exemples
La chaleur extrême pose un nouveau défi aux agences d’aide à Gaza – Context, Fondation Thomson Reuters
Comment une ère de chaleur extrême transforme les économies – Financial Times (article payant)
La chaleur extrême pose un « risque réel » pour l’industrie espagnole du tourisme de masse – The Guardian
Comment la hausse des températures peut influer sur les élections futures – Nonprofit Quarterly
La chaleur extrême rend les écoles plus chaudes – et l’apprentissage plus difficile – The 19th
Les touristes sont plus à risque lors de pics de chaleur – Inside Climate News
La chaleur tue des milliers de personnes, et les grands événements ne se sont pas adaptés à cette donnée – The New York Times
Les arbres aussi peuvent avoir des coups de chaleur – Sierra Club
Les saumons font face à des eaux de plus en plus chaudes – E&E News
Les vagues de chaleur et les sécheresses sont une aubaine pour les entreprises de malbouffe – tribune dans The New York Times
Le changement climatique remplit les mers grecques d’espèces envahissantes – Efymerida ton Sindakton
Les oliviers brûlent pendant un incendie de forêt en Grèce. Parce que les oliviers brûlent de l’intérieur, il est extrêmement difficile pour les pompiers de contrôler et d’éteindre ces feux. Lorsque les arbres brûlent, ils rejettent dans l’atmosphère le carbone qu’ils ont stocké, ce qui fait des feux de forêt l’un des évènements climatiques les plus redoutés. Photo : Milos Bicanski, ClimateVisuals.org
Le Bureau of Investigative Journalism au Royaume-Uni a parrainé un projet participatif pour montrer « comment la température dans les foyers augmente pendant une vague de chaleur – et ce que cela signifie pour la santé des habitants ». Vous pouvez lire les résultats de l’enquête dans les articles Vivre dans une maison surchauffée ou encore L’impact croissant des canicules estivales sur le logement au Royaume-Uni.
Chaleur et santé – L’Organisation mondiale de la santé.
UNICEF – Un rapport sur le nombre d’enfants touchés par la chaleur extrême.
Organisation internationale du travail – « Travailler sur une planète plus chaude », un rapport paru en 2019.
Climate Shift Index – Une carte mondiale de l’ONG américaine Climate Central.
Global Heat Health Information Network – Des ressources créées par un forum indépendant dirigé bénévolement par ses membres, dont des scientifiques et des politiques.
Sept leçons pour le journalisme à l’ère de la chaleur extrême – Les membres et anciens élèves de l’Oxford Climate Journalism Network se sont rencontrés pour évoquer la chaleur et sa couverture médiatique.
World Weather Attribution – « Travaillant avec des scientifiques du monde entier, WWA quantifie l’effet du changement climatique sur l’intensité et la probabilité d’un événement météorologique extrême qui vient d’avoir lieu, à l’aide d’observations météorologiques et de modélisation informatique. » Voir ce guide à destination des journalistes.
Quantifier l’impact du changement climatique sur la santé humaine – Un rapport de 2024 publié par le Forum économique mondial.
Changement climatique et hausse de la chaleur à l’échelle mondiale – Un rapport de 2024 produit en collaboration avec Climate Central, World Weather Attribution et le Centre climatique de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge.
Vital Signs Project – Recherche sur les décès de travailleurs migrants dans les États du Golfe, y compris un rapport intitulé Killer Heat (‘Chaleur mortelle’).
Précipitations extrêmes dans un climat en voie de réchauffement – Un rapport de l’ONG américaine Climate Central, qui a également produit le guide Extreme Weather Toolkit : Extreme Heat sur la chaleur extrême.
La chaleur extrême et votre santé – Centres américains pour le contrôle et la prévention des maladies
Comment donner la priorité à la santé dans un monde confronté au changement climatique – un rapport de Lancet paru en 2023
Chaleur urbaine persistante – Une étude de 2023 dans Science Advances, une revue qui publie régulièrement les conclusions de scientifiques sur la chaleur.
L’impact du changement climatique sur chaque filière économique – L’Agence de protection de l’environnement (EPA) aux Etats-Unis. Également par l’EPA : L’impact du changement climatique sur la santé humaine.
L’impact du changement climatique sur notre santé et nos systèmes de soins – Le Fonds du Commonwealth
La chaleur extrême bat tous les records : pourquoi ce n’est pas un été comme un autre – The Conversation
Les humains font de plus en plus face à des températures et une humidité trop élevées – Science Advances
La tolérance humaine à la chaleur – Académie nationale des sciences (États-Unis)
La chaleur extrême à Phoenix pourrait rendre le travail en plein air « impossible » pendant près de la moitié de l’année – Climate Analytics
Système national intégré d’information sur la santé thermique
Conseils et meilleures pratiques pour visualiser la chaleur extrême – ClimateVisuals.Org
Société des journalistes environnementaux – Y est régulièrement mise à jour une liste d’articles sur les questions environnementales. Recherchez le mot-clé « chaleur ».
Chaleur extrême – Une rubrique du Guardian
« Vivre et mourir sur une planète en feu » par Jeff Goodell
« La Terre en surchauffe et le déracinement de l’Amérique » par Abrahm Lustgarten
« Comment un climat changeant transforme notre cerveau » par Clayton Page Aldern
« Les coûts cachés d’un monde qui se réchauffe » par R. Parc de Jisung
« Comment le changement climatique change le sport » par Madeleine Orr
« Vague de chaleur : un livre d’images » par Lauren Redniss
Toby McIntosh est conseiller sénior auprès du centre de ressources de GIJN, qui fournit des ressources en ligne aux journalistes du monde entier. Il était rédacteur en chef de FreedomInfo.org (2010-2017), un site Web à but non lucratif basé à Washington qui couvre les lois internationales sur la transparence. Il a travaillé chez Bloomberg BNA pendant 39 ans, a déposé de nombreuses requêtes d’accès aux documents administratifs américains et a couvert les questions de transparence gouvernementale dans le monde entier. Il est membre du comité directeur de FOIANet, un réseau de défenseurs du droit d’accès aux documents administratifs.
27.08.2024 à 16:36
Vous souhaitez vous lancer dans le journalisme d’investigation ? Que vous soyez étudiant ou autodidacte, voici dix conseils que GIJN a recueilli auprès de journalistes d’investigation du monde entier ayant également la casquette d’enseignants dans des formations à l’enquête et au data-journalisme reconnues. L’article comprend aussi des ressources clés pour qui veut devenir un journaliste d’enquête.
Le métier de journaliste d’investigation fait rêver.
Du film « Les hommes du président » – le récit de l’enquête sur le scandale du Watergate – à des long métrages plus récents comme « The Post », « Spotlight » et « She Said », Hollywood a nourri l’image du journaliste d’investigation comme un reporter intrépide qui se bat pour creuser une histoire interdite. Il y a une part de vérité dans ces films, qui ont peut-être suscité des vocations, même si la réalité de la profession est plus riche et plus complexe.
On devient rarement journaliste d’investigation du jour au lendemain. Et si les enquêtes continuent de nécessiter un travail et des méthodes de journalisme “à l’ancienne”, certains outils plus récents ou des techniques innovantes relevant, par exemple, de l’OSINT nécessitent un apprentissage.
Devenir journaliste d’investigation n’est pas hors de portée, à condition d’avoir reçu la formation nécessaire. Celle-ci peut se faire dans une école de journalisme ou en apprentissage, mais aussi, de manière moins académique, en s’appuyant sur des ressources gratuites en ligne. Une autre option consiste à apprendre le métier « sur le tas » en suivant le sillage de journalistes plus expérimentés.
La formation n’est pas tout ce dont vous aurez besoin : comme pour toute trajectoire professionnelle, il vous faudra aussi, sans doute, de la chance, des bonnes rencontres et de bons mentors.
Vous êtes étudiants et vous souhaitez faire une école de journalisme ou une formation au journalisme d’investigation ? Vous êtes déjà journaliste, ou reporter autodidacte, et vous souhaitez apprendre à réaliser des enquêtes plus approfondies ou vous lancer dans le data-journalisme ? GIJN a réuni dans cet article des conseils de journalistes d’investigation qui enseignent tous le journalisme d’enquête ou le data-journalisme. Des conseils que nous complétons par des ressources sur lesquelles vous appuyer :
Une session lors de la conférence interntionale sur le journalisme d’investigation 2023 à Göteborg, en Suède. Image : Wolf France pour GIJN
Dans leur ouvrage « Principes du Journalisme », Tom Rosenstiel et Bill Kovach écrivent que le cœur du journalisme est de fournir au public des informations fiables, pertinentes et véridiques afin que chacun devienne un citoyen informé.
Mais qu’est-ce que le journalisme d’investigation ? GIJN propose une définition de la profession en notant que le terme « investigation » dans le dictionnaire est associé à l’adjectif « systématique » et implique des recherches approfondies et des reportages originaux. Une autre caractéristique du journalisme d’investigation est qu’il révèle des informations que certaines personnes ou institutions préféreraient garder cachées. En effet, si une enquête ne révèle rien d’inédit, ce n’est pas une enquête.
Mais attention, une simple fuite de document n’est pas non plus une enquête… mais peut en être le point de départ. Ainsi, si les enquêtes #PanamaPapers, #LuxLeaks ou #UberFiles ont toutes effectivement commencé par une fuite massive de données. Ces documents ont ensuite été analysés par des journalistes et utilisés pour faire parler des sources.
“Tous les journalistes n’ont pas le tempérament pour devenir journaliste d’investigation”, estime Claudine Blais, professeure de journalisme à l’Université de Montréal. L’ancienne rédactrice en chef de l’émission Enquête à Radio-Canada dit ainsi repérer rapidement, parmi ses étudiants, qui a “le profil” pour faire du journalisme d’investigation. “Ceux qui passent un appel, n’ont pas de retour et en restent là, je sais que cela ne va pas tenir la route pour une enquête”, tranche-t-elle. “Il faut être insistant, passer vingt coups de téléphone, ne pas abandonner rapidement et faire preuve de stratégies pour contourner les difficultés”, poursuit-elle en estimant qu’il faut savoir, avec ses interlocuteurs, s’arrêter à la limite “juste avant le ‘non’”.
“Si on décide de se lancer dans le journalisme d’investigation, il faut prendre cela au sérieux”, estime Hamadou Tidiane Sy, ancien vice-président de la Cellule Norbert Zongo pour le journalisme d’investigation en Afrique de l’Ouest (CENOZO) et directeur de l’école du journalisme E-jicom de Dakar, au Sénégal. “Faire du bon journalisme est difficile… mais faire du journalisme d’investigation est encore plus difficile”, souligne t-il. Avant d’ajouter : “Il ne faut pas penser qu’il va suffire de quelqu’un vous contacte avec “un dossier explosif” et que vous n’aurez qu’à tout balancer. Non, il y a un long travail de recoupements avant la parution d’une enquête”.
Sur le site de GIJN, la rubrique “How they did it”/”Les coulisses de l’enquête” peut vous donner un aperçu du temps et de la rigueur nécessaire pour mener à bien une investigation.
Comme dans tous les genres journalistiques, « la discipline de l’éthique » est vitale, explique Pınar Dağ, rédactrice en chef de GIJN pour la Turquie, qui est également chargée de cours à l’université Kadir Has d’Istanbul. Les journalistes doivent donc être « honnêtes, justes et courageux dans la collecte d’informations, le reportage et le processus d’interprétation », dit-elle. « L’un des codes éthiques du journalisme d’investigation consiste à faire preuve d’une grande prudence et d’une grande sensibilité pour minimiser les dommages et éviter d’impliquer des groupes vulnérables, des enfants, des animaux, des groupes défavorisés et des membres de la famille qui ne sont pas impliqués dans l’histoire », conseille-t-elle.
Au-delà de la question morale, le respect de normes éthiques élevées confère de la crédibilité à votre enquête. GIJN aborde régulièrement ce sujet, comme dans cet article : « Les journalistes ont-ils le droit de mentir pour obtenir un article ? » Le chapitre sur l’éthique de notre Guide des enquêtes citoyennes est également une excellente introduction.
Apprenez en lisant, en regardant ou en écoutant des enquêtes qui changent la donne. Ici, les participants au GIJC23 à Göteborg écoutent des journalistes d’investigation de premier plan. Image : Heino Ollin pour le GIJN
Tout métier procède d’une part, sinon d’imitation, d’inspiration et le journalisme d’investigation ne fait pas exception : les enquêtes que vous lisez ou regardez nourriront celles que vous mènerez dans trois, cinq ou dix ans. Alors que les formats d’enquête n’ont jamais été aussi variés, lire, voir, écouter ces enquêtes sont une étape fondamentale dans l’apprentissage du métier de journalisme d’investigation.
Pour ne pas rater les meilleures enquêtes, inscrivez-vous à la newsletter internationale (en anglais) de GIJN ou à l’une ou l’autre des sept newsletters régionales de GIJN publiées dans différentes langues : vous y trouverez chaque mois une sélection des meilleures enquêtes parues aux quatre coins du monde.
Autres sources d’inspiration : la rubrique « Editor’s picks » pour laquelle les éditeurs régionaux de GIJN sélectionnent chaque fin d’année les meilleures enquêtes de leur région ou encore les prix Global Shining Light de GIJN qui récompensent, tous les deux ans, une enquête dans un pays en développement ou en transition, réalisée sous la menace, la contrainte ou dans des conditions difficiles.
“L’une des clés dans le journalisme d’investigation, c’est l’identification des sujets à traiter”, estime Gaëtan Gras, journaliste indépendant et professeur de journalisme d’enquête à l’IHECS, à Bruxelles. “Pour être force de proposition, il faut être proactif et effectuer une veille sur l’info pour déceler les signaux faibles : au détour d’une conversation dans le cadre de votre vie privée, en discutant avec des collègues de travail, en lisant votre journal, votre site d’information ou la concurrence, en observant le monde qui vous entoure”, détaille-t-il.
Gaëtan Gras invite, par ailleurs, les futurs journalistes d’investigation à ne pas minimiser la lecture des titres de presse étranger : “Certaines bonnes enquêtes sont des adaptations de sujets réalisés ailleurs”. De nombreux articles de GIJN s’appuient sur des études de cas avec des exemples d’enquêtes menées dans un pays qui peuvent très bien être dupliquées ailleurs dans le monde.
Joël Matriche, journaliste d’investigation au quotidien belge Le Soir, conseille de garder en tête qu’un sujet que tout le monde a déjà évoqué et qui est, en quelque sorte, tombé dans “le domaine public” n’est pas, pour autant, un sujet “mort” : “Il peut arriver que le journaliste sente que l’explication n’est pas satisfaisante, que des zones d’ombre demeurent et que cela vaudrait la pein de creuser davantage”, fait-il valoir. Cela donne parfois de bons résultats et dans le pire des cas, en multipliant les coups de téléphone, le journaliste étoffe au moins son carnet d’adresses de nouveaux contacts… qui deviendront peut-être des sources.
Mais comment savoir si vous avez identifié un bon sujet d’enquête ? Damien Brunon, responsable numérique et investigation à l’Ecole supérieure de journalisme de Lille demande toujours à ses étudiants de mener une “pré-enquête” en répondant à trois questions :
Il insiste : “Il n’y a pas de bonne enquête sans bonne pré-enquête.”
Le journaliste d’investigation norvégien, Tarjei Leer-Salvesen, qui enseigne le dans les universités de Bergen et Stavanger recommande à ses étudiants d’essayer de se “faire remarquer”.
« Les rédacteurs en chef dans les rédactions ne cessent de dire aux étudiants d’apprendre un peu de tout, car cela facilite leur propre travail. Mais l’astuce, à mon avis, consiste à désobéir à cette injonction à ‘tout faire’ en réalisant quelques articles exceptionnels que le rédacteur en chef remarquera et qui lui plairont », explique-t-il.
Il illustre son propos avec plusieurs cas de figure concrets :
Lors d’une masterclass organisée par GIJN en français, le journaliste d’investigation, co-responsable du service enquête de Mediapart, Fabrice Arfi a recommandé, lui aussi, d’être « touche à tout” tout en ayant un “port d’attache éditorial”. “Je crois que cet alliage, pour un jeune journaliste, est une façon de se faire remarquer par des chefs de service, des rédactions en chef”, expliquait-il.
Le Centre de ressources de GIJN propose une série de guides et d’articles pour aider les journalistes à apprendre comment enquêter sur des sujets spécifiques comme, par exemple, la traite des êtres humains, les élections, la santé et la médecine, les crimes de guerre, ou à approfondir des techniques spécifiques comme l’interview, la recherche de sources expertes et la recherche avancée en ligne.
L’obtention d’une bourse ou d’un prix peut être une excellente occasion de se faire remarquer et de faciliter son intégration sur le marché du travail. GIJN met régulièrement à jour une liste consacrée aux bourses et aux subventions.
La phrase est un classique dans toutes les écoles de journalisme et rédactions du monde. Une enquête doit rester digeste, attrayante et intéressante pour le lecteur. “Il faut vulgariser, dé-complexifier un sujet sur lequel on passe parfois des mois, pour offrir aux lecteurs l’essentiel. Il faut éviter de le noyer dans des détails insignifiants quitte à jeter à la poubelle des jours ou des mois de travail”, recommande ainsi Gaëtan Gras.
“Quand on fait un papier d’enquête, il faut avoir une forme de sobriété dans l’écriture. (…) Je suis pour une forme de sécheresse factuelle, une sorte de brutalisme factuel dans les enquêtes”, insiste, lui aussi, Fabrice Arfi dans la masterclass organisée par GIJN.
Plusieurs articles-ressources GIJN avec des “conseils pour mieux écrire” sont disponibles sur notre site.
Les réseaux et collectifs de journalistes d’investigation peuvent se révéler très utiles pour nouer des liens en vue de collaborations mais aussi pour trouver des pairs, des mentors, des partenariats et des contacts.
Cela entretient aussi votre connaissance du secteur. Abonnez-vous, sur les réseaux sociaux, à des organisations reconnues pratiquant ou soutenant le journalisme d’investigation. La liste des membres de GIJN dans votre région peut être un bon début.
Les conférences sur le journalisme organisées dans votre région (Dataharvest, Conférence africaine sur le journalisme d’investigation…) sont une excellente façon de rencontrer des journalistes inspirants. Le ticket d’entrée peut-être élevé pour un étudiant mais ces grands événements recherchent parfois des bénévoles pour les aider en contrepartie d’un accès aux tables-rondes : renseignez-vous ! Pensez aussi à la Conférence internationale sur le journalisme d’investigation organisée par GIJN tous les deux ans : c’est le rendez-vous incontournable des journalistes d’investigation du monde entier. Pour chaque conférence, un certain nombre de journalistes des pays en développement peuvent y assister gratuitement, grâce à un programme de bourses.
La conférence internationale sur le journalisme d’investigation réunit des professionnels de premier plan. Des bourses d’études permettent à un certain nombre d’étudiants reporters d’y assister et d’apprendre leur métier. Image : Wolf France pour le GIJN
Si vous avez la chance de bénéficier d’une formation initiale de plusieurs mois, voire plusieurs années : tirez-en parti au maximum ! Mais n’oubliez pas que l’apprentissage du métier se poursuit tout au long de votre vie professionnelle. Parce que le datajournalisme et le journalisme d’investigation nécessitent des savoir-faire techniques (utiliser des images satellites, retrouver des contenus en ligne qui ont disparu, vérifier des contenus, faire des recherches en sources ouvertes, analyser des données…), il est essentiel de se former en permanence, comme l’ont rappelé plusieurs des journalistes interrogés pour cet article.
GIJN propose régulièrement des webinaires gratuits avec des journalistes d’investigation reconnus qui permettent de former et d’inspirer des journalistes dans le monde entier. Une autre source d’inspiration peut être de suivre les conseils et d’utiliser les outils favoris de journalistes d’investigation renommés et primés. Enfin, les étudiants peuvent s’abonner à nos comptes X/Twitter, Facebook, Linkedin ainsi que notre liste de diffusion pour ne pas rater une opportunité.
Alcyone Wemaëre est la responsable francophone de GIJN et une journaliste française, basée à Lyon depuis 2019. Elle est une ancienne journaliste de France24 et Europe1, à Paris. Elle est professeure associée à Sciences Po Lyon, où elle est coresponsable du master de journalisme, spécialité data et investigation, créé avec le CFJ.
29.07.2024 à 12:13
La Conférence internationale sur le journalisme d’investigation aura lieu pour la première fois en Asie l’an prochain. GIJC25 se tiendra, en effet, à Kuala Lumpur, en Malaisie, du 20 au 24 novembre 2025. Découvrez les premiers détails ainsi que le partenaire local de GIJN de cet événement.
La Conférence internationale sur le journalisme d’investigation (GIJC25) se tiendra à Kuala Lumpur, en Malaisie, du 20 au 24 novembre 2025.
Le Réseau international du journalisme d’investigation (GIJN) est heureux de s’associer à Malaysiakini en tant que co-organisateur local de la GIJC25. Malaysiakini est un média en ligne indépendant créé en 1999, qui a été reconnu tant au niveau local qu’international pour sa contribution au paysage médiatique, son engagement en faveur de la liberté de la presse et ses enquêtes approfondies.
La Conférence internationale sur le journalisme d’investigation est le plus grand rassemblement international de journalistes d’investigation et de rédacteurs en chef. GIJC25 en sera la 14ème édition. La Conférence propose des sessions de formations sur les derniers outils et techniques d’investigation, des ateliers de pointe et de nombreuses séances de réseautage et de réflexion. La date précise et le lieu exacte de la conférence en Malaisie seront annoncés un plus tard dans l’année.
C’est la première fois que le GIJN organise sa conférence internationale en Asie. Mais GIJN a déjà organisé avec succès des conférences régionales sur le continent asiatique, notamment à Manille (2014), Katmandou (2016) et Séoul (2018).
« Nous sommes extrêmement heureux d’organiser une conférence internationale en Asie avec Malaysiakini qui attirera des journalistes du monde entier », a déclaré Brant Houston, président du conseil d’administration de GIJN. « Il est crucial pour notre mission mondiale que nous travaillions avec nos collègues de Malaisie pour offrir une formation et des compétences qui seront essentielles au journalisme d’investigation à une époque qui présente tant de défis sérieux pour la pratique du journalisme.»
« Le journalisme d’investigation a mis en lumière la corruption et les abus de pouvoir, ce qui a conduit à des changements spectaculaires ici en Malaisie », a déclaré le co-fondateur de Malaysiakini, Premesh Chandran. « Depuis 25 ans, les enquêtes de Malaysiakini disent la vérité au pouvoir, et nous sommes ravis d’accueillir la plus grande communauté journalistique du monde qui partage le même chemin. La Malaisie est très multiculturelle, nous invitons tout le monde à rester un peu plus longtemps et à explorer !»
« Nous sommes honorés de ce partenariat avec Malaysiakini et ravis d’organiser notre toute première conférence internationale en Asie. Nous sommes impatients de faciliter le partage des connaissances et le travail en réseau entre les journalistes du monde entier lors de notre rassemblement mondial de 2025 en Malaisie », a déclaré Emilia Díaz-Struck, directrice exécutive de GIJN. « Dans le cadre de la mission de GIJN de renforcer les capacités des journalistes d’investigation dans le monde entier, GIJC25 poursuivra la tradition de notre conférence internationale en se concentrant sur les techniques d’enquête pratiques et avancées – partagées par des journalistes courageux qui dénoncent obstinément la corruption et les abus de pouvoir. Ce sera également l’occasion de célébrer une communauté qui continue à demander des comptes aux pouvoirs en place, malgré les menaces croissantes auxquelles les journalistes sont confrontés.»
Fondé en 1999, Malaysiakini sera l’hôte local de GIJC25. Image : Avec l’aimable autorisation de Malaysiakini
GIJN est particulièrement heureux d’organiser la GIJC25 en Malaisie, étant donné qu’une précédente conférence régionale prévue à Kuala Lumpur en 2020 a dû être annulée en raison de la pandémie de COVID-19.
Les précédentes conférences internationales sur le journalisme d’investigation se sont tenues dans dix pays, dont le Brésil, le Danemark, l’Allemagne, la Norvège, l’Afrique du Sud et l’Ukraine. Les rencontres ont lieu tous les deux ans. La dernière GIJC, organisée en 2023 conjointement avec le Fojo Media Institute et le Föreningen Grävande Journalister en Suède, a rassemblé un nombre record de participants : plus de 2.100 personnes venues de plus de 130 pays et territoires.
Comme les années précédentes, GIJC25 proposera un solide programme de bourses pour permettre à des journalistes du Sud et d’autres régions de participer à la conférence. Les donateurs et co-sponsors qui souhaitent soutenir cet événement à fort impact peuvent contacter les organisateurs à l’adresse hello@gijn.org. Abonnez-vous au bulletin de GIJN pour recevoir les dernières mises à jour sur les inscriptions, les bourses, l’appel à propositions de sessions, et plus encore.
La Conférence internationale sur le journalisme d’investigation valorise et soutient la diversité dans le journalisme et accueille les participants sans distinction de race, de couleur, de croyance, de religion, d’identité de genre, d’orientation sexuelle, d’origine nationale, d’ascendance, de statut de citoyen ou de handicap. GIJN prévoit de fournir un environnement sûr et favorable à tous ses membres et participants à la GIJC25 ; en cas de problèmes ou de questions spécifiques, veuillez nous contacter à l’adresse hello@gijn.org. GIJN organisera également des appels téléphoniques pour recueillir les commentaires sur les questions et répondre aux préoccupations.
Article traduit par Alcyone Wemaere, avec l’aide de Deepl
Malaysiakini est un membre du GIJN et un média en ligne basé en Malaisie. Ses politiques et décisions éditoriales restent sous le contrôle total de ses rédacteurs et journalistes qui s’engagent à demander des comptes à ceux qui sont au pouvoir et à fournir les informations et les points de vue qui comptent.
The Global Investigative Journalism Network (GIJN) sert de plaque tournante internationale pour les journalistes d’investigation du monde entier, avec 250 organisations à but non lucratif membres dans 91 pays. Son personnel travaille quotidiennement dans une douzaine de langues, offrant aux journalistes de surveillance les outils, la technologie et la formation nécessaires pour dénoncer les abus de pouvoir et l’absence de responsabilité. Pour plus d’informations, contactez hello@gijn.org.
08.07.2024 à 14:37
Du Mexique au Brésil, du Costa Rica au Chili, en passant par le Pérou, toute cette semaine, GIJN met un coup de projecteur sur le journalisme d’investigation en Amérique latine. À travers des focus sur des enquêtes phare de la région, des interviews de journalistes d’investigation de cette zone ou encore les retours de quelques uns des 25 membres de GIJN actifs dans la région, plongez dans un panorama complet sur le journalisme d’investigation latino-américain, ses spécificités, ses points forts, ses défis et ses perspectives d’avenir.
Le travail d’investigation n’a jamais été facile en Amérique latine. Qu’il s’agisse de réaliser des enquêtes sous des régimes autoritaires, de faire face à des risques de sécurité importants dans une région confrontée au défi supplémentaire de l’impunité, ou encore d’effectuer des reportages dans un contexte de difficultés financières persistantes et de faire face aux réactions négatives qui accompagnent la dénonciation d’actes de corruption, les conditions auxquelles sont confrontés les journalistes d’investigation dans cette region du monde sont depuis longtemps éprouvantes.
Pour (re)voir le webinaire GIJN du 9 juillet 2024 : « Comment l’Amérique latine se connecte à votre enquête – Enquêter sur la portée mondiale de la région en matière d’argent illicite, d’exploitation minière illégale, de trafic de drogue et de destruction de l’environnement » :
Au Pérou, par exemple, Gustavo Gorriti, l’un des plus grands journalistes d’investigation du pays, lutte contre une campagne d’intimidation qui, selon lui, a été lancée en représailles aux enquêtes incessantes menées par son journal sur l’affaire de corruption Odebrecht. Au Guatemala, José Rubén Zamora, journaliste et rédacteur en chef d’El Periódico, a passé près de deux ans enfermé dans une cellule pour des accusations que les groupes de défense de la liberté de la presse estiment motivées par des considérations politiques. À la fin de l’année dernière, la journaliste brésilienne Schirlei Alves a été condamnée à un an de prison et à verser plus de 80 000 dollars pour diffamation après avoir publié un rapport sur l’humiliation subie par une femme au cours d’un procès pour viol. Au Venezuela et au Nicaragua, les médias indépendants sont confrontés à la censure et de nombreux reporters travaillent en exil. Le Mexique est l’un des pays les plus meurtriers pour les journalistes, avec de nombreux meurtres ou disparitions chaque année.
Mais en dépit de cette myriade de défis, les journalistes de la région font entendre leur voix depuis des décennies et font la lumière sur des questions cruciales, grâce à des projets d’investigation qui font ce que les journalistes d’ici font le mieux : révéler « les terribles vérités cachées par le pouvoir économique et politique », comme le dit Camilo Amaya, directeur exécutif de l’association colombienne « Consejo de Redacción ».
Voici quelques exemples des projets dynamiques et diversifiés qui ont été produits récemment : L’enquête de Quinto Elemento Lab sur la façon dont la crise des personnes disparues au Mexique remet en question les récits officiels ; l’approche innovante du journalisme d’investigation d’El Surtidor au Paraguay, qui a permis à l’équipe d’exposer l’impact de la crise climatique sur la santé des travailleurs ; un documentaire Armando.info co-produit avec PBS Frontline sur un scandale de corruption qui touche à la fois le Venezuela et les États-Unis ; une enquête menée par Repórter Brasil sur la chaîne d’approvisionnement qui relie l’élevage de bétail à la déforestation en Amazonie brésilienne et qui a valu au secrétaire exécutif de l’organe, Marcel Gomes, le prix Goldman ; et le travail du Centre latino-américain de journalisme d’investigation (CLIP) sur le projet Digital Mercenaries, qui met en lumière le monde obscur des consultants politiques et leur rôle dans les campagnes de désinformation.
Lors de la COLPIN, la conférence latino-américaine sur le journalisme d’investigation, trois enquêtes ont reçu le prix Javier Valdez : une analyse médico-légale de la violence des forces de l’ordre au Pérou par IDL-Reporteros, une enquête sur la manière dont les gangs ont infiltré les prisons vénézuéliennes par Runrun.es et Connectas, et une enquête sur la mort d’enfants indigènes Yanomami au Brésil par Sumaúma.
L’analyse médico-légale d’IDL-Reporteros sur les violences commises par les forces de sécurité au Pérou a été l’une des trois enquêtes récompensées par le prix Javier Valdez au COLPIN en 2023. Image: Capture d’écran, YouTube / IDL-Reporteros
De tels projets révèlent la capacité d’adaptation et le courage des journalistes de toute la région. Pour célébrer ces réalisations, nous avons créé la semaine « Focus sur l’Amérique latine » à GIJN, la première d’une série en cours de coups de projecteurs sur différentes régions du monde, dans laquelle tout notre contenu pendant une semaine détaillera comment les journalistes d’une région spécifique enquêtent avec les défis qui sont les leurs.
GIJN compte plus de 25 membres actifs dans la région, du Mexique au Brésil, du Costa Rica au Chili. Nous les avons interrogées sur ce qui définit le journalisme d’investigation latino-américain, sur ses points forts et sur ses perspectives d’avenir.
Les rédacteurs en chef et les journalistes nous ont dit que le journalisme d’investigation en Amérique latine est motivé par un engagement en faveur de la vérité, de la responsabilité et de la poursuite de la justice, mais que la collaboration est également au cœur du travail.
Pour Armando.info – dont certains journalistes ont été contraints de quitter le Venezuela, mais continuent de réaliser des enquêtes exil – les éléments qui définissent le journalisme d’investigation sur le continent sont, selon les termes du codirecteur Ewald Scharfenberg, « le courage, la bravoure et la persévérance ».
Teresa Mioli, de la LatAm Journalism Review du Knight Center for Journalism in the Americas, explique que les défis auxquels sont confrontés les journalistes de la région ont donné au journalisme d’investigation latino-américain ses caractéristiques distinctives.
« Là où il y a de la corruption et des abus, les journalistes d’investigation latino-américains ont réagi », souligne Teresa Mioli. « Lorsque des publications ont été reprises par le gouvernement, que des sites web ont été bloqués dans certains pays, que des journalistes ont été tués ou attaqués ou que le journalisme a été réprimé d’une manière ou d’une autre, des voix indépendantes ont répondu dans la région par le journalisme d’investigation pour découvrir qui essayait de les faire taire et d’empêcher la vérité de sortir. De cette manière, la répression a en fait renforcé les pratiques d’investigation ».
Elle cite en exemple le projet Miroslava au Mexique ou le programme Tim Lopes d’Abraji au Brésil, qui ont tous deux « émergé en réponse à l’assassinat de collègues ».
Jazmín Acuña, du journal paraguayen El Surtidor, abonde dans le même sens : « J’ai vu le meilleur journalisme d’investigation se développer malgré le siège du pouvoir politique dans des contextes de capture des médias et de concentration du pouvoir économique ; des journalistes et des médias qui voient des opérations d’influence à leur encontre et qui répondent par un journalisme plus abondant et de meilleure qualité ; des rédactions qui ont déménagé mais qui, depuis l’exil, continuent à raconter les histoires que d’autres préféreraient garder cachées ; et des collaborations radicales entre des médias de tout le continent… dans lesquelles nous dénonçons le crime organisé, les paradis fiscaux, les désinformateurs et les mercenaires qui cherchent à corrompre nos démocraties déjà fragiles. »
Certains de nos membres se sont tournés vers le passé pour expliquer comment l’histoire a façonné les types de journalisme qui ont émergé sur le continent, ainsi que les mécanismes d’adaptation des reporters qui s’entraînent dans certains environnements.
Alejandra Xanic, du Quinto Elemento Lab, basé au Mexique, a déclaré que la bataille même pour pouvoir raconter l’histoire aide les journalistes d’investigation à renforcer leur détermination, leur conférant une certaine « obstination » à mener des enquêtes même lorsque tout semble aller à l’encontre de leur but.
« Pendant longtemps, nous avons travaillé sans disposer de ce qui, dans de nombreuses autres régions, était considéré comme une évidence : l’accès à l’information publique et aux entités mettant à disposition d’énormes collections de données et de documents. Nous savions comment travailler sans accès aux dossiers judiciaires, aux informations législatives transparentes, aux informations sur les entreprises. Pendant des décennies, rien n’était disponible », explique Alejandra Xanic.
D’autres ont souligné que les turbulences politiques qu’ont traversées de nombreux pays ont été un élément déterminant et ont façonné l’attitude des journalistes d’aujourd’hui.
« La mémoire des dictatures sur le continent, comme l’horreur du plan Condor, et les conflits armés en Colombie et en Amérique centrale au siècle dernier, qui ont coûté la vie à des milliers de personnes, ont donné un caractère distinctif au journalisme d’investigation en Amérique latine », explique Jazmín Acuña d’El Surtidor. « Les journalistes latino-américains savent qu’aujourd’hui nous pouvons raconter une histoire, mais nous ne tenons jamais pour acquis que nous nous réveillerons avec cette liberté.
Cette histoire continue d’alimenter le travail d’investigation aujourd’hui. Au Brésil, à l’occasion du 60e anniversaire du coup d’État militaire, des médias tels que Agência Pública ont passé au crible cette période dans une série d’enquêtes, en mettant l’accent sur les entreprises et les organisations accusées d’être des « complices » de la dictature.
Agência Pública a réalisé une série d’enquêtes à l’occasion du 60e anniversaire du coup d’État militaire au Brésil. Image: Capture d’écran, Agência Pública
Le journalisme collaboratif semble s’être imposé relativement facilement en Amérique latine, où il a été utilisé comme un outil pour élargir les enquêtes, établir des liens et s’attaquer à des problèmes tels que la corruption, qui ne se limitent pas à un seul pays. Les grandes enquêtes collaboratives dans des affaires comme Lava Jato ou Operation Car Wash – qui a exploré un réseau tentaculaire de corruption centré sur des entreprises brésiliennes – ont franchi plusieurs frontières. L’année dernière, NarcoFiles a été l’un des plus grands projets de collaboration transfrontalière.
« Nous nous sommes rendu compte que les questions transnationales ne pouvaient pas être couvertes par des journalistes isolés ou par des médias nationaux, et les alliances étaient donc une réponse naturelle pour élargir notre champ d’action », explique Jose Luis Peñarredonda de la CLIP.
Selon Alejandra Xanic, les journalistes de la région savent comment collaborer : « Le manque de ressources a fait que cela s’est fait très naturellement, en particulier entre les médias locaux, les organisations à but non lucratif et les petits médias numériques indépendants.
Au Brésil, une équipe internationale impliquant plus de 50 journalistes de 10 pays a été montée pour enquêter sur les relations entre le gouvernement local et les individus soupçonnés d’avoir assassiné le journaliste britannique Dom Phillips et l’activiste indigène Bruno Pereira dans la région amazonienne en 2022. « Nous avons fait une enquête en Amazonie, sur les lieux du crime, et nous avons fait entendre la voix des peuples indigènes qui subissent l’oppression que Dom et Bruno dénoncent », explique Tatiana Farah, responsable de la communication de l’organisation brésilienne Abraji.
Au Mexique, l’équipe de Periodistas de a Pie est reconnaissante pour « l’héritage de journalistes exceptionnels qui savaient comment construire un savoir collaboratif ». Au Pérou, Adriana León, de l’Instituto Prensa y Sociedad (IPYS), estime que les rencontres internationales telles que COLPIN, la conférence sur le journalisme d’investigation destinée aux reporters d’Amérique latine, favorisent la collaboration entre les journalistes de différents pays.
« Lors de conférences, de webinaires et de petits rassemblements, les journalistes de la région ont souligné l’importance d’une collaboration qui traverse les frontières et les océans », ajoute Teresa Mioli. « Les grands sujets d’enquête en Amérique latine – corruption gouvernementale, crimes financiers, destruction de l’environnement – ne sont pas l’apanage d’un seul pays ou d’une seule région. »
Principales préoccupations : Attaques juridiques, sécurité et difficultés financières
Les défis auxquels sont confrontés les médias de la région sont nombreux, mais beaucoup de nos membres ont tiré la sonnette d’alarme sur les mêmes risques : plusieurs ont mentionné la viabilité financière et le harcèlement judiciaire.
Au Consejo de Redacción de Colombie, l’équipe a également souligné les menaces et la violence générales auxquelles de nombreux journalistes de la région doivent régulièrement faire face dans le cadre de leur travail. Les collègues du Mexique soulignent la menace que représente l’expansion du crime organisé.
« Le journalisme d’investigation en Amérique latine est risqué », déclare Adriana León de l’IPYS. « Les attaques contre les journalistes – menaces, meurtres, harcèlement judiciaire, entre autres – sont l’un des principaux problèmes auxquels la presse est confrontée dans la région.
Les procès intentés par les détenteurs du pouvoir restent un problème récurrent.
« Le journalisme d’investigation a besoin de temps, de ressources et du soutien des dirigeants des médias pour se développer pleinement. Si l’un de ces éléments fait défaut, les journalistes ne peuvent pas faire leur travail correctement », explique Jazmín Acuña d’El Surtidor. Le deuxième défi est l’instrumentalisation de la justice et de la loi pour persécuter et réduire au silence les journalistes, ce que l’on appelle en anglais le « lawfare ». Les détenteurs du pouvoir qui font l’objet d’une surveillance de la part des journalistes montent des dossiers pour diffamation, calomnie et autres affaires juridiques sans fondement solide, dans le but de censurer et de punir ».
Enfin, les équipes du CLIP et de Connectas soulignent un thème qui apparaît dans l’un de nos articles de cette semaine : la régression de la capacité des journalistes à accéder à l’information dans de nombreux pays. « Un autre défi auquel sont confrontés les journalistes d’investigation est de surmonter l’opacité qui règne dans la majorité des pays d’Amérique latine », explique Carlos Huertas, directeur de Connectas. « Nous constatons une tendance générale à la fermeture de l’accès aux sources d’information, en particulier aux sources officielles, ce qui rend très difficile la recherche d’articles révélant des problèmes structurels.
Selon les organisations de la région, les projets d’enquête transnationaux se multiplieront à l’avenir. Cette réaction est naturelle dans une région où la corruption gouvernementale, les crimes financiers et la destruction de l’environnement dépassent les frontières et nécessitent un effort collectif.
Scharfenberg d’Armando.info envisage « une collaboration plus profonde et plus régulière dans les projets d’enquête transnationaux », tandis que Mioli de LatAm Journalism Review voit une voie dans laquelle il y a encore « plus de collaboration entre collègues des Amériques, mais aussi avec des collègues d’Asie, d’Europe, d’Afrique ».
Chez Periodistas de a Pie, l’équipe entrevoit un avenir où les histoires locales ont un impact régional significatif – et où l’engagement intense du public et la collaboration permettent aux publications d’avoir une « connexion plus intense » avec le public.
D’autres s’attendent également à ce que le journalisme d’investigation en Amérique latine continue d’innover en utilisant de nouvelles plateformes et de nouveaux récits pour mieux se connecter avec les audiences, s’engager plus efficacement avec les lecteurs et favoriser une connexion plus profonde avec le public.
« Nous pensons que le journalisme d’investigation doit trouver sa place dans le nouvel environnement médiatique », déclare Amaya au Consejo de Redacción. « Il doit également trouver des moyens de s’engager dans des entreprises transnationales plus collaboratives alors que des dangers imminents menacent toute la région en termes d’environnement, de flux internationaux d’argent douteux et de propagation de la désinformation et de la mésinformation.
En ce qui concerne la technologie et la formation, Adriana León, de l’IPYS, s’attend à une plus grande professionnalisation qui permettra aux journalistes de continuer à enquêter sur ce que les grandes puissances veulent cacher. Peñarredonda, de CLIP, prévoit que la technologie et les outils d’IA marqueront une nouvelle ère de journalisme d’investigation à la pointe de la technologie, qui aidera les journalistes à demander des comptes aux entités puissantes.
« Les journalistes d’investigation utilisent et développent de plus en plus la technologie et les outils d’IA pour améliorer leur productivité, tirer parti de nouvelles sources d’information et faire leur travail en toute sécurité », explique-t-il. « À mesure que la technologie devient une force de plus en plus influente dans nos sociétés, nous évoluerons dans notre compréhension de son fonctionnement, de son interaction avec d’autres pouvoirs, et de ce que nous pouvons – et devons – faire pour que ses créateurs, ses vendeurs et ses colporteurs soient tenus de rendre des comptes. »
Certains espèrent que le meilleur reste à venir. Alejandra Xanic, du Mexique, déclare que les reporters de la région « ont encore beaucoup à enquêter ensemble. Nous n’en sommes qu’au stade de l’échauffement. Jazmín Acuña, d’El Surtidor, abonde dans le même sens : « Je ne sais pas où cela va nous mener, mais j’ai hâte de voir ce que cela va nous apporter.
Andrea Arzaba est la journaliste en charge de l’édition espagnole de GIJN. Elle a couvert l’Amérique latine et les communautés hispaniques des États-Unis. Elle est titulaire d’une maîtrise en études latino-américaines de l’université de Georgetown, est membre de l’International Women’s Media Foundation ainsi que du programme pour jeunes journalistes de Transparency International.
Ana Beatriz Assam est la responsable de l’édition portugaise de GIJN et une journaliste brésilienne. Elle a travaillé comme reporter indépendant pour le journal O Estado de São Paulo, couvrant principalement des sujets relatifs au journalisme de données. Elle travaille également pour l’Association brésilienne de journalisme d’investigation (Abraji) en tant que coordinatrice adjointe des cours de journalisme.
Article traduit par Alcyone Wemaere (avec Deepl)
21.06.2024 à 18:46
Note de la rédaction : La version complète (en anglais) du guide de GIJN, rédigé par Emyle Watkins, est parue en mars 2023. Cette version abrégée a été éditée par Nikolia Apostolou en janvier 2024.
Les 1,3 milliards de personnes handicapées forment la plus importante minorité au monde, selon les Nations Unies, et n’importe qui peut à tout moment rejoindre cette communauté, quelle que soit sa nationalité ou son statut socio-économique. On ajoutera que tous les handicaps ne sont pas visibles.
Tout sujet d’enquête peut potentiellement avoir un angle lié au handicap.
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) fournit peut-être la définition la plus exhaustive : « Le handicap résulte de l’interaction entre les personnes atteintes d’un problème de santé, qu’il s’agisse d’une paralysie cérébrale, du syndrome de Down ou encore d’une dépression, avec des facteurs personnels et environnementaux, y compris des attitudes négatives, des transports et des bâtiments publics inaccessibles, et un soutien social limité ».
Le Centre des Etats-Unis pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) relèvent trois dimensions du handicap :
Les Nations Unies proposent également une liste des lois relatives aux personnes handicapées par pays.
Les pays qui ont signé la Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées (CNUDPH) reconnaissent que « la notion de handicap évolue et que le handicap résulte de l’interaction entre des personnes présentant des incapacités et les barrières comportementales et environnementales qui font obstacle à leur pleine et effective participation à la société sur la base de l’égalité avec les autres ».
Selon le CDC, il existe de nombreux types de handicap, dont ceux qui affectent :
En outre, le CDC note que les handicaps peuvent être associés à des problèmes de développement qui surviennent à mesure que les enfants grandissent (par exemple, le trouble du spectre de l’autisme et le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité, ou TDAH). D’autres handicaps peuvent être liés à un accident ou à une blessure (par exemple, une lésion cérébrale traumatique ou une lésion de la moelle épinière), à une maladie chronique (par exemple, le diabète), comme ils peuvent être progressifs (par exemple, la dystrophie musculaire), liés à l’âge (comme la perte de mobilité ou la vision et la perte auditive), statiques (par exemple, la perte de membres) ou de nature dynamique (certaines formes de sclérose en plaques). L’autisme, le TDAH et la dyslexie sont également des exemples de neurodivergence, où les différences dans le cerveau affectent la façon dont les gens pensent et traitent l’information. Une neurodivergence n’est pas, par définition, un handicap, mais elle peut être associée à un handicap.
Pour d’autres définitions et modèles de handicap, lire la version longue de ce guide (en anglais).
Il s’agit d’une liste non exhaustive. Certains pays peuvent ne pas recueillir ou fournir d’informations pour ces bases de données.
Remarque : Il existe de nombreux groupes, réseaux ou organisations faîtières pour les communautés de personnes handicapées, dont beaucoup ne sont pas inclus ici. La liste ci-dessous est loin d’être exhaustive.
Image : Capture d’écran, Forum africain sur les personnes handicapées
Les organisations internationales dédiés à des handicaps en particulier
Le rapport de l’UNICEF sur les enfants handicapés estime qu’un enfant sur dix dans le monde a un handicap. Image : Capture d’écran, UNICEF
Le National Center on Disability and Journalism (NCDJ), aux Etats-Unis, propose un guide de style complet sur le handicap. A destination des journalistes, il peut aider à éclairer le langage et le ton à employer et vous donner une idée des mots à éviter. Il est disponible en anglais, espagnol, roumain et italien.
Offrir différentes options d’entretien aux personnes handicapées. Certaines personnes préfèrent la communication virtuelle ou la communication téléphonique, soit en raison d’obstacles pour accéder à leur communauté, soit en raison de leur santé mentale ou encore de précautions à prendre pour éviter de contracter une maladie infectieuse. Certaines personnes ont besoin de se préparer, en particulier les personnes ayant de l’anxiété, de la fatigue, un syndrome dysexécutif ou encore des troubles du traitement sensoriel, qui pourraient alors avoir du mal à répondre spontanément. Certaines personnes pourraient avoir besoin de vous voir, soit en personne soit en ligne, afin de lire sur vos lèvres, ou bien utiliser un interprète. Cette liste n’est pas exhaustive.
Carte d’invalidité au Burkina Faso : le sésame de la désillusion (Burkina Faso) 2021. Une plongée inédite dans le programme de cartes d’invalidité de ce pays d’Afrique de l’Ouest révèle les problèmes liés non seulement à l’obtention de la carte, mais aussi à la carte elle-même. Les personnes handicapées attestent des obstacles à l’obtention de la carte, y compris le coût d’évaluations coûteuses pour répondre aux exigences. Les titulaires de cette carte en dénoncent également les “avantages illusoires”.
Comment la police de Delhi a bâclé une enquête sur le viol d’une enfant handicapée (Inde) 2022. Le site d’enquête Newslaundry a réalisé une enquête en deux volets sur le viol d’une enfant de 11 ans ayant de graves troubles cognitifs. Le site a documenté de nombreuses lacunes de la part des forces de l’ordre. La police n’a pas suivi la procédure de traitement des cas de victimes handicapées et a sauté les mesures nécessaires lui permettant de fournir des preuves.
Le décès d’un homme atteint du Covid-19 réveille les pires craintes de nombreuses personnes handicapées (États-Unis) 2020. Joseph Shapiro, journaliste au sein de la rédaction de NPR, s’est penché sur le cas d’un homme quadriplégique de 46 ans qui a été transféré en unité de soins palliatifs alors qu’il était traité pour le Covid-19 et qui est finalement décédé. Sa femme pense qu’on lui a peut-être refusé un traitement qui aurait pu lui sauver la vie en raison de son handicap, et plusieurs groupes craignent que ses droits aient été violés. Cette enquête raconte comment, pendant la pandémie de Covid, de nombreuses préoccupations ont surgi concernant le rationnement des soins de santé et l’expression de préjugés médicaux envers les personnes handicapées.
Handicaps et personnes handicapées (Équateur) 2020. En Équateur, 3 000 cartes d’invalidité, qui donnent accès à certains avantages, y compris des allégements fiscaux sur les importations de véhicules et une retraite anticipée, ont été délivrées illégalement. Le journaliste Fernando Villavicencio Valencia a enquêté sur un médecin et des membres de sa famille, qui ont obtenu des cartes et utilisé les avantages pour importer des véhicules.
Quand le handicap est “à vendre” (France) 2022. Une enquête de six ans sur ces établissements qui font travailler des personnes en situation de handicap, s’éloignant de plus en plus de leur mission médico-sociale en vantant le rendement hors norme de cette main d’œuvre à bas prix. Le journaliste Thibault Petit a examiné les bas salaires et les conditions de travail déplorables de quelque 120 000 personnes handicapées. Il a constaté qu’ils reçoivent la moitié du salaire minimum ainsi que des cotisations de retraite plus faibles.
Pour plus d’études de cas, veuillez consulter la version longue de ce guide.
Emyle Watkins est une journaliste d’investigation primée basée à New York. Depuis 2021, Emyle assure la couverture de la communauté des personnes handicapées pour WBFO, la station NPR de Buffalo. La passion d’Emyle pour la couverture du handicap vient de son expérience personnelle en tant que personne handicapée et neurodivergente. Les reportages d’Emyle ont été publiés par NPR et The Pittsburgh Post-Gazette, et sont apparus dans des fils d’actualité de la BBC World News.