03.04.2025 à 15:58
Marine Le Pen. Depuis la condamnation de Marine Le Pen et de cadres du RN, ses fidèles nervis se précipitent pour défendre les condamnés, jugés et condamnés pour détournement de fonds publics. Parmi eux, on trouve bien sûr des élus et cadres du RN, dont certains usent de comparaison renouant aux origines de leur parti : les Waffen SS.
Derniers exemples en date : le dirigeant du parti dans l’Aveyron qui a osé comparer ses chefs aux victimes des crimes nazis ! Un autre s’est réjoui des menaces subies par les juges, comparés à des fascistes. Un état d’esprit courant à l’extrême droite. « Nous combattons et condamnons les hordes de voyous d’extrême droite qui sont allés menacer la juge du procès de Marine Le Pen à son domicile », a déclaré hier Jean-Luc Mélenchon, en appelant à un 1er mai « de masse et de classe, contre l’extrême droite et la guerre sociale, pour la paix ! ». Notre brève.
Tandis que des organisations comme LFI proposent l’inéligibilité des personnalités politiques condamnées pour corruption, et porte aussi des mesures anticorruption dans son programme municipal, l’extrême droite ment et s’installe dans la victimisation.
Contre la « justice gangrenée par l’extrême gauche », les soutiens du RN se lâchent. Ainsi, le représentant du parti dans l’Aveyron, Jean-Philippe Chartier, estime que les juges ont appliqué une « solution finale » contre Marine Le Pen, une référence directe au génocide des Juifs et Gens du Voyage par les nazis. Un parallèle qui compare Le Pen avec les 6 millions de morts de la Shoah et les juges à des nazis, d’autant plus honteux qu’il vient d’un parti fondé et encore habité par des défenseurs de cette même « Solution Finale ».
Une tendance au RN se confirme : celle de se victimiser en se comparant aux victimes des crimes nazis. En 2024, un élu régional de Besançon (Doubs), Thomas Lutz, a ainsi employé le terme « Untermensch » (« sous-homme » dans le vocabulaire nazi) en plein conseil régional. L’intéressé s’était défendu, prétendant avoir dit « qu’on nous traite comme des untermensch », sur une banale histoire de micro coupé au conseil régional.
En réaction, le maire de Rodez (Aveyron) a saisi le Procureur de la République. De quoi ralentir la carrière locale de Chartier, ancien candidat aux législatives et candidat déclaré aux municipales ? Rien n’est moins sûr quand on voit le laxisme du RN envers ces « dérapages ».
On peut d’ailleurs saluer la fine analyse de la presse mainstream comme Le Parisien, pour qui ces propos révoltants ne sont qu’un « dérapage ». Alors qu’il s’agit d’une stratégie consciente, au moins parmi les cadres locaux lepénistes.
Un autre cadre du RN, en Nouvelle-Calédonie-Kanaky, a volontiers approuvé les menaces subies par les magistrats ayant jugé Marine Le Pen et ses amis, les qualifiant de « saine révolte contre le fascisme gauchisant ». D’une part, s’en prendre à la Justice comme contre-pouvoir est un classique de tout processus fascisant : pourquoi s’encombrer d’un État de droit quand des petits nervis d’extrême droite sont disponibles ?
Pour aller plus loin : Condamnation de Marine Le Pen : la France insoumise rappelle ses principes face à l’hypocrisie du RN
Ensuite, la pirouette est courante au RN : retourner le qualificatif de « fasciste » contre la gauche pour la disqualifier. Parvenir à prôner la mise au pas de la Justice tout en dénonçant le « fascisme » est ainsi un trésor de contradiction.
Or quiconque lit le programme et écoute les discours du RN y verra des idées racistes, xénophobes, antisociales, autoritaires. À l’inverse, quiconque s’intéresse aux propositions des Insoumis verra l’urgence de passer à une Sixième République, sociale, antiraciste et féministe, débarrassée de la corruption et de la peste brune.
Les Insoumis n’ont d’ailleurs pas hésité à soutenir les juges menacés par les soutiens de l’extrême droite. La présidente du groupe parlementaire LFI, Mathilde Panot a ainsi dénoncé ces violences et menaces. Le message est clair : la violence contre la Justice sera toujours du côté de l’extrême droite, tandis que les Insoumis se tiendront toujours du côté de l’État de droit.
Par Alexis Poyard
03.04.2025 à 11:00
Le couperet est tombé ce 1er avril. Une série de mesures antisociales issues du budget de François Bayrou, sauvé par le Rassemblement national et le Parti socialiste, sont entrées en vigueur. Parmi elles, la perte de 5 à 6 jours d’indemnisation, chaque année, pour les personnes privées d’emploi. Soit une perte moyenne de 210 euros. Une mesure absurde et cruelle qui prend l’argent là où il n’y en a déjà pas pour des personnes déjà précarisées.
Deux semaines plus tôt, l’Unédic publiait un rapport accablant sur l’impact des réformes macronistes de l’assurance-chômage de 2019-2021. En 2023, le gouvernement avait fait passer une énième réforme drastique pour les allocataires, sans même avoir attendu le rapport de l’organisme sur les effets des précédentes réformes. L’objectif du gouvernement n’étant pas d’agir pour les chômeurs et la justice sociale, mais de chercher à faire des économies sur le dos des plus précaires en attaquant leurs droits et allocations.
Quatre ans après la réforme 2019-2021, décidée par décrets par la macronie dans un énième déni démocratique de l’avis du Parlement, l’Insoumission analyse pour ses lecteurs le rapport de l’Unédic et sa mise en lumière des réformes macronistes et de leur impact néfaste sur les demandeurs d’emploi et l’absence d’effet sur la relance de l’emploi. Notre article.
De 2019 à 2021, le camp présidentiel a reformé l’assurance chômage autour de quatre grands axes expliqués par l’Unédic : « une augmentation du nombre d’heures travaillées nécessaires pour ouvrir des droits à l’Assurance chômage, une modification du mode de calcul des allocations, une dégressivité des allocations pour les hauts revenus et une modulation des cotisations patronales en fonction de l’usage des contrats courts via un système de bonus-malus ».
Quatre grands axes pour matraquer les chômeurs, avec l’argument fallacieux que cela les motiverait à trouver du travail. Avec ces réformes, la macronie a fait passer les conditions d’indemnisations pour les chômeurs de 4 mois travaillés sur 28 mois à 6 mois sur 24 mois pour avoir droit à l’allocation-chômage. L’ex-premier ministre Attal voulait imposer une énième réforme qui aurait, entre autre, fait passer ces conditions à 8 mois sur les 20 derniers mois.
Cette dernière aurait dû être votée en 2024, ou plutôt passée de force en 49.3 ou par décret, mais la dissolution l’a fait tomber dans les abysses de l’oubli, pour le moment en tout cas. Cette traque aux chômeurs n’a pas réduit son nombre, bien au contraire, mettant ces derniers dans une plus grande précarité. Ces réformes ne sont pas loin de l’adage populaire « travailler plus pour gagner moins », puisqu’en effet, les allocataires doivent travailler plus, pour toucher leur allocation sur une période plus courte.
Pour aller plus loin : Assurance-chômage : ce que contient la dernière réforme sanglante de Macron
Selon L’Unédic, « à la fin du 3e trimestre 2024, la France comptait 6,2 millions de demandeurs d’emploi inscrits à France Travail. Parmi eux, 3,8 millions étaient « allocataires », c’est à-dire avaient un droit ouvert aux allocations chômage ». Soit environ 5,6 % des Français qui bénéficient de l’allocation chômage.
L’organisme lui-même reconnaît que ces réformes ont eu des effets néfastes, ciblant toujours les plus précaires. Dans ses travaux, l’organisme revient sur les effets des quatre axes principaux de la réforme 2019-2021, à la sortie de la crise sanitaire.
« Le durcissement des conditions d’ouverture de droit chômage s’est traduit par un moindre accès à l’indemnisation du chômage, principalement pour les personnes en contrat de courte durée, les plus jeunes et les personnes peu diplômées ». En première ligne, les jeunes, les personnes en CDD et les personnes non ou peu diplômées, soit les catégories de personnes qui peinaient déjà suffisamment à trouver un emploi fixe et stable.
Le mode de calcul de l’allocation chômage est également modifié, revu à la baisse, afin de donner encore moins à ceux qui en ont pourtant le plus besoin. « La durée de droit et le montant de l’allocation dépendent dorénavant de l’intensité de travail pendant la période qui précède l’ouverture de droit. Pour les personnes qui ont effectué des périodes de travail discontinues avant leur chômage, le montant de l’allocation est diminué et la durée du droit allongée ».
L’organisme observe que la modification du calcul de l’allocation « réduit le montant d’allocation pour près d’un million de personnes aux parcours fragmentés, ce qui raccourcit la durée entre la perte d’emploi et le premier emploi retrouvé ». Cependant, ce qui semble être positif est très vite nuancé « cet effet ne porte que sur l’emploi non durable [CDD de moins de 6 mois] et se fait via des concessions sur la qualité de l’emploi ». Un bref retour à l’emploi certes, mais de courte durée et de mauvaise qualité.
Au lieu de taxer les grandes fortunes pour faire rentrer de l’argent dans les caisses de l’État, le camp présidentiel préfère s’attaquer aux anciens travailleurs qui gagnaient bien leur vie et qui se retrouvent sans emploi, potentiellement dans une situation précaire suite à la diminution brutale de leurs revenus. Si ces derniers n’ont pas mis un peu de leur salaire de côté ou ont des frais engagés en cours, avec cette diminution de l’allocation, ils peuvent très vite basculer dans une situation économiquement très instable.
Dernier grand axe, le système bonus malus : « Les cotisations chômage des employeurs sont modulées selon le nombre de séparations de l’entreprise qui donnent lieu à une inscription à France Travail ». Selon le journal Libération, « le bonus-malus était donc la seule mesure mise sur la table pour inciter directement les entreprises à améliorer leurs offres d’emploi ». Soutenu par plusieurs syndicats, le dispositif est toutefois entré en vigueur dans une version très amoindrie, puisque « un peu moins de 30 000 entreprises, soit environ 15 % des entreprises françaises de 11 salariés ou plus, sont actuellement concernées », écrit l’Unédic.
Seuls sept secteurs d’activité ont en effet été sélectionnés du fait de leur nombre important de « séparations », autrement dit de fins de contrats, avec un taux de cotisation chômage qui varie entre 3 % et 5,05 % du fait de l’application d’un bonus ou d’un malus ». La seule mesure qui devait faire en sorte que les entreprises améliorent leurs offres d’emploi s’est vue entièrement réduite, ne concernant que 15 % des entreprises parmi celles ayant 11 salariés ou plus, dans seulement 7 secteurs d’activité. Ce système de bonus-malus à l’effet d’un grain de sable dans le désert et ne bénéficie qu’à une extrême minorité de Français.
Dans l’Avenir en Commun, le programme de La France Insoumise (LFI), dès 2022, ainsi que dans la version actualisée de ce début 2025, on retrouve un point intitulé « rétablir une assurance-chômage protectrice ». Avec une mesure clef « revenir sur les réformes Macron en abrogeant l’éligibilité et les méthodes de calcul du montant et de la durée de l’allocation pour indemniser les chômeurs en fonction de leurs derniers salaires grâce à une assurance calculée à partir du premier jour de travail » et 8 autres mesures pour la protection et la justice sociale des allocataires.
Les deux coordinateurs du programme insoumis, Clémence Guetté et Hadrien Clouet, se sont d’ailleurs exprimés à multiples reprises pour pointer du doigt les dégâts des réformes de l’assurance chômage et la nécessité de faire marche arrière.
Le député insoumis de Haute-Garonne, Hadrien Clouet, a déclaré lors d’une interview pour RMC en mai 2024 que le dernier texte de la réforme proposée par Attal en 2024 était « cruel et injuste ». L’insoumis pointe l’incompétence du gouvernement en soulignant que, malgré les multiples réformes de l’assurance chômage du gouvernement Macron, il y avait toujours autant de chômeurs en France en 2024. Ces réformes n’ont pas permis de relancer l’emploi et de réduire le nombre d’allocataires, mais simplement de faire des économies sur leur dos, en les matraquant toujours plus.
La vice-présidente de l’Assemblée Nationale, Clémence Guetté, a, quant à elle, écrit une note de blog en avril 2024 : « La date de la prochaine saignée est connue, elle arrivera à l’été. Le gouvernement compte s’en prendre une nouvelle fois aux personnes privées d’emploi. Depuis qu’il est à l’Élysée, ils sont sa cible préférée : durcissement des conditions d’ouverture de droits au chômage en 2019, dégressivité des allocations en 2021, réforme du salaire journalier de référence en 2021 pour faire baisser le montant de l’allocation, diminution de la durée d’indemnisation en 2023 ». Elle pointe l’irresponsabilité du gouvernement qui ne fait qu’ « empirer les causes du chômage et de la précarité ».
Dans un thread sur Twitter diffusé en avril 2024, la députée insoumise du Val-de-Marne, explique que la France est « passée de 70% de chômeurs indemnisés en 2008 à 40% aujourd’hui ». Elle insiste sur le fait qu’« aucune étude sérieuse n’a jamais montré de lien entre durcissement des règles d’indemnisation et retour à l’emploi ».
Esther Duflo, qui a reçu en 2019 le Prix Nobel de l’économie, a démontré que « le durcissement de l’assurance chômage n’a aucun effet très clair sur la désincitation au travail ». Donc que les réformes de la macronie de l’assurance chômage n’ont aucun impact réel sur la diminution du nombre de chômeurs. Ces dernières ne sont qu’une marque supplémentaire de la casse sociale qui caractérise le camp présidentiel, qui continue inlassablement de s’en prendre aux plus précaires en prenant leur pouvoir d’achat à la gorge et en réduisant toujours plus leurs droits et allocations.
Par Camille Oulès
02.04.2025 à 18:59
Gaza. Selon l’UNICEF, au moins 322 enfants ont été tués par Netanyahu et ses alliés depuis la reprise des bombardements israéliens, au 18 mars 2025. Sans parler des 609 enfants blessés, soit une moyenne de 100 enfants tués ou mutilés au cours des dix derniers jours. Une rupture définitive du cessez-le-feu sous le regard complice des pays occidentaux et avec l’approbation pleinement affichée de Donald Trump. Ce dernier ne démord pas de sa volonté de transformer la bande de Gaza en une « Côte d’Azur du Moyen-Orient ».
Ce 2 avril, des corps de Palestiniens, la plupart des enfants, ont été retrouvés après une frappe de Tsahal sur une clinique dans un bâtiment de l’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens (UNRWA), abritant une clinique à Jabalia. Notre brève.
Au diable la précieuse trêve de janvier à Gaza, que le redoublement des frappes de Tsahal a définitivement enterré. Depuis le 18 mars 2025, plus de 1 000 personnes ont été tuées par les frappes israéliennes. Parmi elles, 322 enfants. Ce dimanche 30 mars, des enfants ont péri à Khan Younes alors qu’ils célébraient l’Aïd. Des bombardements à l’aveugle, tandis qu’aucune marchandise n’est autorisée à entrer dans l’enclave depuis le 2 mars 2025. 15 secouristes palestiniens, parmi eux un employé de l’UNRWA, ont été tués par Tsahal. « 15 secouristes exécutés, car considérés par l’armée israélienne comme suspects », a déploré également la présidente du groupe parlementaire de LFI, Mathilde Panot.
Pour aller plus loin : À Gaza, un enfant est tué ou blessé toutes les dix minutes
À Gaza, les enfants sont « à nouveau plongés dans un cycle de violences meurtrières et de privations. Toutes les parties au conflit doivent respecter les obligations mises à leur charge par le droit international humanitaire, en particulier celle consistant à protéger les enfants », a déclaré Catherine Russell, Directrice générale de l’UNICEF.
Désapprouvant la guerre menée par le criminel de guerre Netanyahu et son gouvernement, les familles des otages détenus par le Hamas font part de leur profonde inquiétude. « Au lieu de libérer les otages par un accord et de mettre fin à la guerre, le gouvernement israélien envoie davantage de soldats à Gaza, pour combattre dans les mêmes zones où ils se sont battus encore et encore », a déclaré le Forum des familles, la plus grande association de proches d’otages en Israël, rappelle RFI.
02.04.2025 à 17:45
Les annonces se multiplient : projets d’extraction de lithium, relance de la géothermie profonde, promesses de souveraineté énergétique et de réindustrialisation verte. En une semaine à peine, un nouveau document européen classe les projets alsaciens parmi les 47 « projets stratégiques » soutenus par la Commission européenne. Stéphane Séjourné, commissaire européen, est attendu sur place pour en faire la promotion. Mais de débat public ? Aucune trace. De consultation locale ? Aucune initiative. D’étude d’acceptabilité sociale ? Pas davantage.
Dans ce contexte, un événement citoyen est organisé samedi 5 avril à Roeschwoog, dans le Bas-Rhin. Il s’adresse à toutes celles et ceux qui refusent que des décisions aussi structurantes soient prises en leur nom, sans eux. Au programme : tables rondes participatives, exposition scientifique de vulgarisation, interventions d’experts, stands associatifs et temps de débat entre habitant·es.
Les projets industriels avancent à grande vitesse. Mais leur cadrage reste strictement technocratique. Le lithium est présenté comme l’alternative verte incontournable. Les discours sur la relocalisation, les emplois et la transition masquent les réalités : séismes induits, conflits d’usage de l’eau, incertitudes sur les effets à long terme, absence de contrôle démocratique sur les choix technologiques.
La filière est soutenue par des industriels puissants, parfois opaques, capables de produire des bandes dessinées « pédagogiques » à destination des enfants pour vanter les mérites de l’extraction. La communication remplace le débat. Les slogans prennent le pas sur les données. Et pendant ce temps, la voix des habitant·es reste absente.
Pour aller plus loin : Souveraineté énergétique ou illusion extractiviste – L’enjeu caché des projets de lithium en France
Organisé par le collectif Becs Rouges, en lien avec plusieurs collectifs et associations locales, l’événement du 5 avril se veut à la fois exigeant et accessible. Il s’appuie sur une exposition de 8 panneaux pédagogiques conçue par l’hydrologue Guillaume Barjot, pour décrypter les enjeux réels du lithium, ses alternatives, ses externalités, et les stratégies de communication utilisées pour fabriquer le consensus.
Il s’inscrit pleinement dans les objectifs portés par le programme de LFI, L’Avenir en Commun : planification écologique, reconquête démocratique, priorité à la sobriété et au partage équitable des ressources. Car ce qui est en jeu ici dépasse le seul cas de l’Alsace : c’est une certaine idée de la transition, de la démocratie énergétique et de la justice environnementale.
L’Alsace est une terre marquée par l’histoire industrielle. Elle a connu les promesses trahies de Stockamine, les séismes de Vendenheim, la fermeture des bassins miniers sans réparation. Elle est aussi une des régions les plus sismiques de France. L’idée que l’on pourrait y forer à plus de 4 000 mètres sans conséquences durables relève d’une illusion technocratique.
Les luttes environnementales d’aujourd’hui ne sont pas le fait de minorités anti-progrès. Elles sont l’expression d’un désir de démocratie réelle, de maîtrise collective du futur. L’heure n’est pas au fatalisme, mais à la mobilisation.
Toutes celles et ceux qui se reconnaissent dans les combats pour la justice écologique, la démocratie réelle et la souveraineté des territoires y sont chaleureusement invité·es : samedi 5 avril à Roeschwoog (Bas-Rhin), Maison des Œuvres et de la Culture, de 13h30 à 18h30.
Par HydroLooney
Crédits photo : « Une mine de lithium », Crédits : Reinhard Jahn, CC-BY-SA 2.0, pas de modifications apportées.
02.04.2025 à 14:49
Après sa condamnation pour injure raciale la semaine dernière, Éric Zemmour vient d’être condamné pour contestation de crime contre l’Humanité. Ce 2 avril 2025, la cour d’appel de Paris l’a sanctionné d’une amende de 10 000 euros. En 2019 en effet, il affirmait que le Maréchal Pétain, traître à la patrie, avait « sauvé » des juifs français pendant la Seconde Guerre mondiale.
Interrogé par l’inénarrable Bernard-Henri Lévy sur CNEWS sur ses déclarations antérieures (« Un jour (…) vous avez osé dire que Pétain avait sauvé les juifs »), la vedette de CNEWS de l’époque essayait tant bien que mal de se défendre : « Français, précisez, précisez, français », avant d’affirmer sur un ton péremptoire : « C’est encore une fois le réel, je suis désolé ».
Pour rappel, le propagateur de haine avait été relaxé par le tribunal de Paris en 2021, par la cour d’appel en 2022, avant que la Cour de cassation n’annule sa relaxe. Celle-ci ordonna alors un nouveau procès. La justice a rappelé à Éric Zemmour qu’on ne pouvait contester des vérités historiques comme celles-là, fussent-elles marquées du sceau des heures sombres. Cela ne l’empêchera sûrement pas d’être invité sur CNEWS aujourd’hui ou demain pour jouer la victime d’une soi-disant censure, alors qu’il a tout l’espace des chaines bolloriés pour distiller le poison du racisme. Notre brève.
Pour aller plus loin : Zemmour condamné pour racisme : les médias complices par leur silence
02.04.2025 à 11:46
Trump. L’Insoumission et le média espagnol Diario Red (Canal Red) s’associent pour proposer à leurs lecteurs des contenus sur les résistances et les luttes en cours en France, en Espagne et en Amérique du Sud. À retrouver sur tous les réseaux de l’Insoumission et de Diario Red.
Après des années de débats internes, les « primacistes » semblent avoir imposé leur doctrine impériale au sein du Parti républicain. Ils sont partisans d’une projection américaine maintenue dans le monde, avec des réformes pour renforcer le leadership des États-Unis au sein du bloc impérial otanien. S’ils parviennent à la consolider au-delà de 2028, cela marquera un changement radical dans la projection internationale des États-Unis. Notre article.
Les États-Unis traversent une période incertaine, bien que facilement identifiable, depuis la victoire de Donald Trump en 2024. Le virage dans leur approche impériale – et donc dans leur politique étrangère – est profond et nécessitera, pour être effectif, une pérennisation des lignes directrices du mouvement Make America Great Again (MAGA). Reste à savoir si Trump y parviendra, car cela supposera de consolider son pouvoir – et, plus encore, son projet – au-delà de 2028.
Pour systématiser cette politique étrangère trumpiste, Trump a trois options, chacune avec ses avantages et ses complications. Premièrement, il pourrait simplement bien choisir son « successeur » (peut-être son vice-président JD Vance ou Marco Rubio) et remporter les élections en 2028, un scénario plausible au vu des sondages, bien qu’il soit encore trop tôt pour le prédire avec certitude.
Il est évident que la nouvelle doctrine internationale proposée par Trump constitue un point de rupture dans le comment et le quoi de l’impérialisme américain.
Si 2028 s’avère compliqué, le trumpisme devra opter pour l’une des deux alternatives suivantes : soit accélérer le processus de rupture institutionnelle engagé depuis son retour à la Maison-Blanche, au point de se maintenir au pouvoir même en cas de défaite électorale ; soit tenter une « thatchérisation » de ses consensus fondamentaux sur le plan impérial, de sorte que le nouveau Parti démocrate, reconstruit après la crise interne qu’il traverse aujourd’hui, valide la politique étrangère du second mandat de Trump et la poursuive globalement une fois de retour aux affaires.
Pour aller plus loin : « L’après Trump consiste à obéir à ses demandes ? » – L’analyse de Jean-Luc Mélenchon
Quoi qu’il en soit, il est clair que la nouvelle doctrine de Trump marque un tournant dans la nature et les méthodes de l’impérialisme américain. Pour comprendre ce changement, il faut saisir les débats internes qui ont agité le trumpisme – et par extension le Parti républicain – pendant les quatre années d’opposition au gouvernement Biden.
Trois courants principaux se sont disputés la direction de la politique étrangère du « futur » gouvernement Trump en cas de victoire du magnat en novembre 2024 : les isolationnistes, les prioritaires et les primacistes. Ces trois « âmes » de l’impérialisme trumpiste partageaient certains traits communs, comme l’obsession de la Chine ou le mépris des politiques environnementales. Mais elles divergeaient sur des aspects cruciaux. La nomination de Marco Rubio au poste de secrétaire d’État a donné des indices sur une volonté de recentrer les efforts sur le « voisinage naturel » des États-Unis : l’Amérique.
Son éditorial An Americas First Foreign Policy dans le Wall Street Journal, publié le 30 janvier 2025, reflétait la ligne apparemment victorieuse de cette lutte entre les trois factions : les primacistes, une position « intermédiaire » entre l’isolationnisme et le continuisme. Ce « juste milieu » n’a rien de modéré : il rompt avec de nombreux consensus de la politique étrangère américaine depuis la fin de la Guerre froide.
Les primacistes priorisent la rivalité avec la Chine, considérée comme l’enjeu stratégique suprême des États-Unis, et établissent une hiérarchie dans le reste du monde.
D’un côté, les isolationnistes, favorables à la rupture de la plupart des alliances militaires à travers le monde. Leur credo repose sur le « découplage » de Washington des conflits internationaux, incluant un retrait de l’OTAN et un abandon total de l’Ukraine ou de la Syrie. Steve Bannon, l’un des idéologues historiques du mouvement MAGA (Make America Great Again), a longtemps porté cette ligne.
De l’autre, les primacistes, partisans d’une projection américaine maintenue dans le monde, avec des réformes pour renforcer le leadership des États-Unis au sein du bloc impérial otanien. Pour ce courant, incarné par l’ex-candidate Nikki Haley, Washington doit s’engager militairement de manière plus brutale en Ukraine, à Taïwan ou en Corée, considérant ces conflits comme des tentacules de la lutte contre la Chine.
Entre les deux, les prioritaires, dont la perspective semble l’avoir emporté dans l’administration Trump. Ils placent la rivalité avec la Chine au sommet des intérêts stratégiques américains et hiérarchisent le reste du globe. L’implication de Washington dans les affaires internationales dépendra de leur pertinence dans la confrontation avec Pékin. Ainsi, l’Asie-Pacifique reste une région clé, tandis que l’Europe ou l’Afrique devraient être abandonnées, totalement ou partiellement.
Cette décision du nouveau gouvernement Trump est stratégique et constitue un revirement majeur dans l’approche impériale des États-Unis, basée depuis des décennies sur un contrôle total du monde via un système d’alliances plaçant Washington au sommet d’une pyramide collective. Certaines régions comptaient moins, mais aucune n’était laissée à son sort.
Quand les États-Unis partiront, l’Europe sera en première ligne face à Moscou ; Washington se désengagera, et le ton envers la Russie reposera sur les Européens.
Le temps précisera la ligne « primaciste » de Trump, mais ses deux premiers mois au pouvoir en ont déjà clarifié les dynamiques. L’Asie-Pacifique reste central ; l’Amérique gagne en importance dans un « repli » impérialiste incluant des menaces contre le Canada, le Panama, le Mexique ou le Venezuela ; le Moyen-Orient devient une nuisance, car les États-Unis veulent le quitter pour laisser Israël y défendre leurs intérêts, mais les crises provoquées par Tel-Aviv et Washington eux-mêmes empêchent ce retrait. L’Europe, l’Asie centrale et l’Afrique deviennent des zones secondaires.
Pour l’Europe, ce virage impose une refonte des liens avec Washington. D’abord, parce que les États-Unis la voient comme une concurrente économique et entendent défendre leurs intérêts au détriment des économies du Vieux Continent. Ensuite, parce que le retrait américain de l’Europe de l’Est ne sera pas temporaire si les républicains se maintiennent après 2028.
Si le primacisme s’impose, la subordination européenne à la ligne belliciste de Washington contre la Russie passera de l’humiliation au drame. Trump ne compte pas garantir la sécurité de l’Ukraine. Au contraire, il attend que l’Europe définisse seule son rapport à Moscou. Le primacisme américain laisse l’Europe « seule » face à la Russie, rendant urgent un reset des relations pour établir une cordialité diplomatique permettant la paix sur le continent.
Par Eduardo García Granado
Politologue et étudiant en relations internationales. Membre de Descifrando la Guerra. Collaborateur et intervenant dans plusieurs médias écrits et audiovisuels en tant qu’analyste international. Spécialiste de la péninsule coréenne, de l’Argentine et de l’Amérique latine.
Crédits photo : Gage Skidmore from Peoria, AZ, United States of America, CC BY-SA 2.0, via Wikimedia Commons.
01.04.2025 à 18:37
Depuis le 1ᵉʳ janvier 2025, plus de 11 millions de véhicules sont bannis des routes. En cause ? Les Zones à Faibles Émissions (ZFE), imposées aux villes de plus de 150 000 habitants, qui interdisent la circulation des diesels et essences d’avant 2011. Résultat, un gros 4×4 flambant neuf peut continuer de rouler alors qu’un ménage modeste perd son seul moyen de transport. Derrière cette mesure portée par le gouvernement avec la complicité passive de la droite et du RN, se cache donc un nouveau moyen de cibler les plus précaires. Or l’écologie punitive n’a rien d’une solution. C’est un modèle radicalement différent qu’il faut viser, celui d’une écologie populaire, juste et efficace, portée par les insoumis. Notre article.
En France, respirer tue. Ainsi, sur la période 2016-2019, Santé publique France estime que près de 40 000 décès seraient attribuables chaque année à une exposition des personnes âgées de 30 ans et plus aux particules fines. Cette pollution de l’air frappe surtout les grandes villes françaises, le secteur des transports étant l’un de ses principaux responsables. À lui seul, il est responsable de 53 % des émissions d’oxydes d’azote et de 15 % des particules fines en France en 2021.
Développement de cancers, maladies cardiovasculaires et respiratoires, mais aussi de troubles neurologiques ou du développement, l’exposition chronique à la pollution de l’air nous place donc aujourd’hui face à un drame sanitaire. Ce constat, que les insoumis ne cessent de rappeler, est si alarmant qu’il est partagé par un gouvernement pourtant coutumier de la politique du déni.
C’est dans ce contexte de réduction des émissions de polluants qu’ont été pensées les zones à faibles émissions mobilité (ZFE) poursuivant l’objectif d’exclure les véhicules les plus polluants afin de préserver la qualité de l’air. Pour cela, elles ont recours aux fameuses vignettes Crit’Air qui classent les véhicules en fonction de leur niveau d’émission de polluants atmosphériques dans le but d’interdire, à terme, la circulation des véhicules diesel puis essence. Elles ont été définies une première fois en 2019 pour les 11 plus grandes villes de France, puis étendues à 31 agglomérations ne respectant pas les seuils de qualité de l’air dans la loi « climat et résilience » de 2021.
On distingue deux types de ZFE. La première est les « territoires ZFE » qui concernent les villes dont les seuils de qualité de l’air sont régulièrement dépassés, notamment Paris et Lyon qui doivent interdire, au 1er janvier 2025, tous les Crit’Air 3. Pour ces deux métropoles, cela concerne 22,5 % de l’ensemble des 3,2 millions de véhicules répertoriés, soit 720 000 véhicules.
La seconde, nommée « territoires de vigilance » concerne l’ensemble des autres agglomérations devant mettre en place une ZFE, mais dont la qualité de l’air est en deçà des seuils recommandés par l’OMS. Seuls les véhicules non classés, ainsi que les poids lourds d’avant 2001, sont concernés par cette restriction plus souple. Toutefois, toutes les agglomérations peuvent décider d’augmenter arbitrairement ces restrictions et d’anticiper sur les réglementations nationales. Dans le seul cas de Montpellier, qui a déjà d’interdit la circulation des Crit’Air 3, 60 000 personnes sont d’ores et déjà visées par cette mesure.
Mais la mise en place d’un tel dispositif, censé lutter contre la pollution de l’air dont les insoumis connaissent les ravages, n’est qu’une solution de demi-habile. En excluant les plus pauvres et en mettant en œuvre une mesure relevant de l’écologie punitive, le gouvernement est une nouvelle fois aux antipodes des propositions permettant la bifurcation écologique en profondeur que défend la France insoumise.
Cette mesure frappe d’abord celles et ceux qui n’ont d’autre choix que d’utiliser leur voiture pour aller travailler, et en premier lieu les plus précaires. En 2024, 15 millions de personnes en France sont déjà en situation de précarité mobilité, un chiffre qui ne cesse d’augmenter. Et plutôt que d’y remédier, les ZFE ne feront qu’aggraver le problème.
Si le législateur a pensé un « droit à la mobilité », il reste aujourd’hui un vœu pieux. L’enquête menée à ce sujet par l’association Wimoov est sans appel : près d’un tiers des Français n’a pas la liberté de choisir son mode de déplacement. À cette contrainte s’ajoutent d’autres inégalités : faibles revenus, explosion des prix des carburants, longues distances à parcourir, absence d’alternatives à la voiture, de transports en commun adaptés… Et cette précarité touche tous les âges et tous les territoires, des villes aux campagnes, en passant par les banlieues. Pourtant, elle épargne toujours les mêmes.
Car pendant qu’un gros SUV neuf continuera de circuler sans entrave, ce sont les trajets du quotidien qui deviendront impossibles pour des millions de Français. Ceux qui n’ont pas les moyens d’acheter un véhicule neuf seront les premiers frappés. Or, près de 40 % des ménages les plus modestes possèdent une voiture Crit’Air 4 ou 5. Ils sont la cible directe de cette mesure injuste, alors que les 10 % des ménages les plus riches passent entre les mailles du filet.
Une nouvelle fois, le gouvernement a donc trouvé un moyen de faire les poches des classes populaires en épargnant les riches. Et avec le soutien du Rassemblement national, cette mesure ne s’arrêtera pas là, dès 2026, des radars de contrôle viendront sanctionner les contrevenants.
Face à cette injustice, les insoumis restent en première ligne, malgré la répression qu’ils subissent sur le terrain. Les députés du groupe tiennent aussi la tranchée. Sylvain Carrière, avec l’ensemble du groupe LFI, a ainsi déposé une proposition de loi à l’Assemblée nationale.
Pour aller plus loin : « ZFE non, Bayrou démission » – Des militants LFI intimidés par un maire PS pour avoir déployé une banderole
Ses objectifs sont clairs : les ZFE ne doivent pas s’appliquer tant que des alternatives crédibles ne sont pas mises en place. Restreindre la circulation sans garantir des transports en commun suffisants est inacceptable. Les ZFE doivent donc être suspendues partout où les alternatives ne sont pas garanties : bus, métro, tram, pistes cyclables… Un véritable plan de mobilité décarbonée doit voir le jour pour relier les villes aux périphéries. Il est également urgent de revoir le système Crit’Air. Aujourd’hui, un SUV neuf, plus polluant par son poids et son freinage, circule librement tandis qu’une petite voiture ancienne, mais moins polluante, est interdite.
Si cela semble relever du bon sens, cette nouvelle aberration illustre une fois de plus les véritables priorités du gouvernement : préserver les profits de l’industrie automobile, plutôt que l’environnement et la justice sociale. Face à cela, les objectifs de la France Insoumise sont clairs. La transition écologique est une nécessité. Mais elle ne doit pas se faire sur le dos des classes populaires. Cela passe par le fait de taxer les véritables pollueurs, n’en déplaise aux partisans d’une écologie de classe, où seuls les plus riches ont les moyens d’être en règle.
Par Mazarine Albert
01.04.2025 à 16:52
Dans ses colonnes, L’insoumission rappelle les positions de LFI au sujet de la récente condamnation de Marine Le Pen par la justice pour avoir détourné 4,1 millions d’euros d’argent public. Des positions souvent déformées et caricaturées par la classe médiatique, cherchant toujours un moyen de dénigrer les positions du mouvement insoumis pour tenter de le disqualifier. Notre Désintox.
À aucun moment la France insoumise n’a pris la défense de Marine Le Pen ou remis en cause la probité des juges.
Les faits dont Marine Le Pen et 23 membres du RN ont été reconnus coupables en première instance sont d’une gravité exceptionnelle. Marine Le Pen a, selon le jugement, orchestré un système de détournement des assistants parlementaires européens de certains eurodéputés RN au profit du parti, soit 4,1 millions d’euros de préjudice. Ces faits sont dangereux pour la démocratie, car ils ont permis au RN de bénéficier de plus d’argent que les autres et donc de fausser le cours de la vie électorale du pays. Cela a donc valu à Marine Le Pen, au-delà de l’inéligibilité, une peine de quatre ans de prison, dont deux fermes.
La France insoumise a pris acte de la décision de justice. À cet égard, les menaces qui pèsent sur la juge ayant prononcé le jugement sont intolérables et montrent bien le danger que représente l’extrême droite. La France insoumise ne conteste pas non plus le principe d’une peine d’inéligibilité. Le programme « L’Avenir en commun » prévoit par exemple l’inéligibilité pour les personnes condamnées pour corruption.
En revanche, conformément à la position que LFI a toujours exprimée, les insoumis ne sont pas d’accord avec l’exécution immédiate de la peine d’inéligibilité (appelée « exécution provisoire » en droit). Cette dernière semble contestable du point de vue du droit à un recours effectif, principe fondamental de l’État de droit qui découle de l’article 16 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. Cette position est d’ailleurs partagée par la vice-présidente de la LDH et magistrate honoraire Évelyne Sire-Marin. Comme les insoumis, elle sait que les dispositifs juridiques visant à priver les justiciables de leur droit de recours sont souvent utilisés dans la répression contre les syndicalistes, les militants écologistes ou le mouvement social en général. Ce n’est bien sûr pas le cas ici, mais pour les insoumis, les principes en la matière ne peuvent pas être à géométrie variable.
La France insoumise porte dans son programme une justice au nom du peuple, assurant la défense de l’intérêt général et l’égalité entre les justiciables. Les insoumis n’ont pas le droit à géométrie variable et s’opposent au principe de l’exécution immédiate dès lors qu’elle va contre le principe fondamental du droit à un recours effectif. Imaginons en effet qu’une peine d’inéligibilité exécutée provisoirement soit suivie d’une relaxe en appel. Dans cette situation, le peuple aurait été privé de sa souveraineté et du choix de ses représentants.
Au-delà du cas spécifique de cette affaire qui ne semble pas en présenter de signes tant les faits semblent caractérisés, les risques d’instrumentalisation de la justice à des fins politiques peuvent exister. Au Brésil, Lula a par exemple été empêché de se présenter à l’élection présidentielle de 2018 en raison d’une peine d’inéligibilité prononcée alors que tous les recours n’avaient pas été épuisés et que le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU demandait la levée de cette inéligibilité. L’élection s’était soldée par la victoire de Jair Bolsonaro. Lula a finalement été reconnu innocent en appel et il a pu se présenter et remporter les élections de 2022.
Dire cela, ce n’est en aucun cas soutenir Marine Le Pen et les faits qu’elle a commis. Au contraire, alors que LFI reste fidèles à ses principes, même quand cela peut sembler arranger des ennemis politiques, l’hypocrisie de Marine Le Pen et du RN, elle, éclate au grand jour. En 2004, Marine Le Pen disait : « tout le monde a piqué de l’argent dans la caisse sauf le Front national ». En 2013, elle se disait favorable à l’inéligibilité à vie pour toute personne condamnée pour détournement de fonds publics : « J’ai entendu le président de la République dire qu’il faudrait rendre inéligibles à vie ceux qui ont été condamnés, jusque-là j’étais complètement d’accord, c’était dans mon projet présidentiel, pour corruption et fraude fiscale. Et pourquoi pas le reste ? Pourquoi pas pour détournement de fonds publics ? ». Enfin, si le programme de Marine Le Pen était appliqué, elle devrait passer ses deux ans de prison ferme derrière des barreaux et non avec un bracelet électronique.
Marine Le Pen est l’incarnation du système qu’elle prétend dénoncer. Certains de ses lieutenants ont, pour la défendre, estimé que la condamnation de Nicolas Sarkozy, qui a été corrompu par une puissance étrangère, était aussi une atteinte à la démocratie. Ce que le RN veut, c’est l’impunité pour une caste de privilégiés. Il n’a jamais eu un mot pour les Gilets jaunes, syndicalistes et militants associatifs victimes de répression. C’est pour cela que l’internationale réactionnaire, de Poutine à Trump en passant par Orban, s’est bousculée à sa rescousse.
Les insoumis ont aussi mis en garde contre toute illusion qui consisterait à penser qu’une procédure judiciaire pourrait leur éviter de battre politiquement l’extrême droite. Les procès, et même les condamnations dans le passé récent de personnalités comme Donald Trump aux États-Unis ou Silvio Berlusconi en Italie ne les ont pas empêchés de continuer leur œuvre néfaste. Pour vaincre l’extrême droite, il faut se battre pied à pied, proposer une option de rupture avec le système et construire une alternative populaire anti-raciste. Les Insoumis continueront sur ce terrain avec la même détermination.
Cette affaire montre la nécessité de passer à la 6e République pour le respect de la souveraineté populaire. Les citoyens ne doivent pas être tenus à l’écart de la vie publique. C’est le fondement de la démocratie. Face à des faits aussi graves, le peuple doit pouvoir voter et choisir de destituer ou non les élus qui le représentent. C’est ce que permettrait le référendum d’initiative citoyenne, en donnant la possibilité de révoquer des élus dès lors qu’un nombre suffisant de signatures est réuni.
01.04.2025 à 15:36
Jordan Bardella a perdu son procès contre Libération, le 21 mars dernier. Suite à un article paru en septembre 2024 l’accusant d’être un “assistant parlementaire fantôme”, il avait porté plainte pour diffamation sur le titre et non sur le fond. Absent le jour de l’audience, Bardella n’a fait que confirmer sa réputation fantomatique.
La même semaine, deuxième mauvaise nouvelle pour le jeune prodige, à son tour visé par une plainte. Alors qu’il avait jusqu’ici échappé à la justice dans l’affaire des assistants parlementaires fictifs, le parquet a été saisi par l’association anticorruption Adelibe le 25 mars, suite aux révélations publiées par Libération &de faux et usage de faux.
La troisième nouvelle est arrivée ce lundi, puisque le résultat du procès de Marine Le Pen et d’autres cadres du RN a été rendu. La France Insoumise a d’ailleurs réagi à cette condamnation hier.
Pour rappel, la candidate d’extrême droite aux dernières présidentielles a été condamnée à 4 ans de prison dont 2 fermes, 100 000 euros d’amende et 5 ans d’inéligibilité avec exécution provisoire. Cela pourrait constituer un véritable tournant pour le parti d’extrême droite. Notre article.
Jordan Bardella espérait faire condamner Libération, il n’a réussi qu’à prouver son inconsistance. Après un article du journal publié en septembre 2024, il a porté plainte pour diffamation, non pas sur le fond, mais sur son titre : « assistant parlementaire fantôme passé entre les gouttes de la justice ». Comme si changer les mots pouvait effacer la réalité.
Le jour de l’audience, fidèle à sa réputation, Bardella n’a même pas daigné se montrer. Son avocat, livré à lui-même, s’est lancé dans une plaidoirie lunaire : selon lui, le mot fantôme évoquait « l’inexistant, l’irréel », tandis que passer entre les gouttes serait offensant, car « la pluie, de par ses gouttes, mouille ». Un argument qui n’a convaincu personne, pas même la météo.
Résultat ce 21 mars : relaxe pour Libération, ridicule pour Bardella. En cherchant à faire taire les critiques, il a surtout confirmé son absence. Une fois encore, l’homme qui prétend diriger la France a préféré fuir plutôt que d’affronter la réalité.
Après des années à passer entre les gouttes de la justice, Jordan Bardella est visé par une plainte. L’association anticorruption Adelibe a saisi le parquet le 25 mars pour détournement de fonds publics, recel, faux et usage de faux, escroquerie et tentative d’escroquerie.
En cause : son emploi fictif présumé d’assistant parlementaire en 2015. Officiellement salarié par l’eurodéputé Jean-François Jalkh, il était également chargé de mission auprès du vice-président du FN de l’époque, Florian Philippot.
Alors qu’il n’a laissé aucune trace de travail effectif pour le Parlement européen, Jordan Bardella a pourtant perçu 1 200 euros net par mois pendant quatre mois et demi, soit un total de 10 444 euros d’argent public.
Mais le protégé de Marine Le Pen ne s’est pas contenté d’empocher le salaire. En 2017 et 2018, il aurait participé à la fabrication de faux documents pour maquiller son absence d’activité. Une revue de presse, censée prouver son travail, a en réalité été créée deux ans après les faits et annotée de sa main. Autre manipulation : un agenda 2015, acheté en 2018, rempli a posteriori pour simuler un emploi du temps.
La plainte vise aussi Jean-François Jalkh, son pseudo-employeur, qui avait fourni une clé USB censée contenir des preuves de travail. Toujours sous scellé, son contenu pourrait constituer une tentative d’escroquerie au jugement si les faux de Bardella y figurent.
Cette affaire tombe au pire moment pour le Rassemblement national. Lundi, le tribunal rendra son verdict dans le procès des assistants parlementaires fictifs du parti, qui implique douze cadres et ex-députés européens. La somme totale des fonds détournés est estimée à plus de 4,5 millions d’euros.
Une condamnation fragiliserait son avenir politique et plomberait le RN, un parti qui, jadis, se posait en chevalier blanc de la moralisation politique, fustigeant les « tous pourris » et prônant l’« inéligibilité à vie » pour les élus condamnés par la justice. Extrême droite mais pas extrême droiture, visiblement.
Camille Karlin
01.04.2025 à 12:29
Les chiffres sont accablants : à 30 jours du premier tour en 2022, les sondages de Ifop sous-estimaient Jean-Luc Mélenchon de 8 points (14 % prévus vs 22 % réels). Tout au long des 1424 jours de sondages de l’élection présidentielle, une manipulation grossière vise à marginaliser la gauche de rupture et à gonfler à l’hélium le RN. Leur méthode magique ? Sous-estimer systématiquement le leader insoumis. Notre brève.
Leur excuse finale face au fiasco ? Un prétendu « vote utile » de dernière minute. Un mensonge tellement facile à démonter que c’en est presque vexant : les autres gauches étaient surestimés de 3 points, où sont les 5 points manquants ? Des électeurs de Valérie Pécresse auraient subitement décidé de passer du conservatisme forcené des Républicains à la révolution citoyenne ?
Ce n’est pas sérieux. Reste donc l’autre hypothèse : l’Ifop, comme tous les instituts de sondage, a sciemment sous-représenté l’électorat insoumis pour influencer la dynamique de campagne en faveur de la droite et de l’extrême droite. C’est un véritable scandale démocratique : ces millions d’électeurs « invisibles » dans les enquêtes IFOP ont pourtant bien voté. Preuve que l’institut ne sonde pas l’opinion – il la fabrique.
Scandale démocratique renouvelé en 2024. 27 sondages sur 27 annonçaient la victoire du RN aux législatives anticipées. On connait le résultat. Le peuple attend toujours que ces instituts reconnaissent leur duperie.
Pendant que les médias reprennent ces chiffres truqués, rappelons-le : en 2017 comme en 2022, Jean-Luc Mélenchon n’a fait que progresser. Aujourd’hui, malgré un matraquage médiatique à la hauteur de danger qu’il représente pour les privilèges de l’oligarchie qui concentre richesse et pouvoir en France, le leader insoumis n’a jamais été aussi haut dans les sondages bidons.
Par Ulysse