Publié par l’association Alter-médias / Basta !
05.02.2026 à 11:40
Multinationales et enseignement supérieur. La place des entreprises dans les grandes écoles continue de susciter des remous. Fin janvier, certains d'entre eux ont protesté, comme le raconte Reporterre, contre l'invitation du PDG de TotalEnergies Patrick Pouyanné à une soirée-débat organisée par des associations d'élèves d'écoles des Mines et de Polytechnique. Quelques jours plus tôt, des étudiants d'AgroParisTech occupaient leur école pour dénoncer ses liens avec l'agro-industrie protester (…)
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Multinationales et enseignement supérieur. La place des entreprises dans les grandes écoles continue de susciter des remous. Fin janvier, certains d'entre eux ont protesté, comme le raconte Reporterre, contre l'invitation du PDG de TotalEnergies Patrick Pouyanné à une soirée-débat organisée par des associations d'élèves d'écoles des Mines et de Polytechnique. Quelques jours plus tôt, des étudiants d'AgroParisTech occupaient leur école pour dénoncer ses liens avec l'agro-industrie protester contre la signature de l'accord de libre-échange avec le Mercosur. Il y a quelques mois, la direction avait annulé le « forum » traditionnel dédié aux entreprises, parce que les étudiants avaient introduit des critères stricts visant à en exclure les groupes infréquentables. Un collectif s'est même monté récemment pour dénoncer les partenariats de HEC, la plus grande école de commerce française, à commencer par celui avec... Capgemini. Sur ce sujet, on relira notre enquête de septembre dernier Polytechnique, une école d'État sous emprise et on consultera les données du collectif « Entreprises illégitimes dans l'enseignement supérieur » dont l'Observatoire des multinationales est partenaire.
(Non-)recyclage du plastique. Mediapart a mené l'enquête, dans le cadre d'un partenariat avec d'autres médias européens, sur le recyclage chimique du plastique – une technologie très prisée de l'industrie mais dont l'efficacité est douteuse au mieux, et dans laquelle l'Europe a investi des millions d'argent public. Le journal se penche en détail sur ratés du procédé prétendument « innovant » mis en place par TotalEnergies dans sa raffinerie de Grandpuits en Normandie. Pendant ce temps, les industriels qui utilisent des emballages plastiques ont pu se prévaloir tranquillement d'utiliser du « plastique recyclé ».
Pétrole et gaz outre-mer. Le 29 janvier, le Sénat a adopté à une large majorité une proposition de loi visant à réautoriser l'exploitation de pétrole et de gaz dans les territoires ultra-marins, ce qui est interdit depuis l'adoption de la loi Hulot en 2017. Particulièrement en ligne de mire : le pétrole qu'abriteraient les fonds sous-marins au large de la Guyane française, et le gaz qui pourrait être pompé dans l'océan autour de Mayotte (non loin des gisements offshore du Mozambique où TotalEnergies vient de relancer ses activités). L'intérêt économique de ces gisements reste très hypothétique et les risques écologiques sont avérés. Nous avions consacré une enquête approfondie au lobbying dont la loi Hulot avait fait l'objet en coulisses et révélé, notamment, les pressions de l'entreprise Vermilion menaçant de faire appel à l'arbitrage international. La réouverture de ce dossier est un nouveau signe de l'influence du trumpisme et de son imaginaire pétrolier sur la droite française.
EDF continue de faire affaire en Russie. Il n'y a pas que TotalEnergies qui continue à faire affaire avec la Russie via ses intérêts dans Yamal LNG (lire notre enquête en 2025 15 millions de tonnes de gaz naturel liquéfié vers l'Europe, et avant tout vers la France, générant plus de 7 milliards d'euros de recettes pour le Kremlin. Côté nucléaire cette fois, une enquête de Greenpeace montre qu'EDF continue à s'approvisionner – bien qu'en quantités décroissantes – en uranium russe, via un partenariat avec Rosatom. Partenariat qui résulte non pas de la nécessité mais d'un choix straétgique délibéré du groupe français, qui pourrait s'expliquer en partie par le souci de se débarrasser plus facilement de son uranium de retraitement en l'envoyant en Russie.
Gabegie et copinage. Dans la foulée d'autres titres, Mediapart revient sur la faillite d'Ynsect, une entreprise de production d'aliments à base de larves un temps érigée en modèle de la « start-up nation ». Une enquête qui souligne à quel point Ynsect a été gavée inconsidérément d'aides publiques, notamment de Bpifrance, et a dépensé des millions d'euros en consultances diverses, tout en rémunérant grassement ses dirigeants que le gouvernement emmenait parader à Davos. Le tout avec un chiffre d'affaires microscopique. Cerise sur le gâteau, on apprend qu'une partie de l'entreprise a été rachetée pour une bouchée de pain par son ex patron, en association avec... l'ex ministre Julien Denormandie. Tout un symbole.