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Journal d'investigation en ligne et d'information‑hacking

Abonnés Directrice de publication : Valérie Champagne

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20.03.2025 à 14:59

Plongée dans l’histoire de l’apnée

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Mais depuis combien de temps les humains tentent-ils de repartir sous l’eau ?

Partir à l’attaque des 30 mètres en apnée ne peut se faire sans se retourner et regarder qui nous a précédé. L’humain ne vient-il pas de la mer ? Tentons-nous en fait des retours maladroits vers nos origines ? Qui sont les figures tutélaires de la discipline ?

En route vers le fond - pxhere.com - CC

La théorie selon laquelle la Terre a été « colonisée » par des animaux marins qui sont peu à peu sortis de l’eau tient la corde. Nous aurions donc un passé lointain d’habitants des mers. Et puis, ne passons-nous pas nos neuf premiers moins dans un élément liquide ? Cela ne peut que laisser quelques traces. Est-ce en souvenir de tout cela, comme une sorte de nostalgie prégnante, que certains d’entre nous tentent ce qui est physiquement impossible : descendre sous l’eau sans moyen de respirer ?

Respirer... Le souffle. On a tendance à l’oublier, surtout dans un monde stressé comme le nôtre. Pourtant, c’est le cœur de la vie. La respiration est un acte naturel, quasiment involontaire. Nous ne nous appliquons pas à respirer, cela se fait sans que nous ayons à y penser. Et pourtant, si l’on commence à y réfléchir, on s’enfonce dans un espace sans limites. Les grands pratiquants de yoga le savent. Mais pas seulement eux. Tous les grands sportifs travaillent leur souffle, c’est-à-dire la manière dont ils respirent. Les boxeurs, les pratiquants d’arts martiaux apprennent à maîtriser leur respiration. C’est absolument essentiel pour remporter un combat. De fait, lors d’un combat, le « réflexe » de l’apnée arrive tout de suite chez les débutants.

Je me souviens d’un exercice que nous avait fait pratiquer mon maître d’arts martiaux. Il nous avait mis par paires dans un coin d’une pièce, dos aux deux murs face à notre opposant. L’opposant devait nous frapper pendant deux minutes et...

13.03.2025 à 11:04

OQTF en sortie d’audiences à Bobigny

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La justice instrumentalisée illégalement par la préfecture pour expulser des étrangers ?

Ils sortent libres du tribunal puis semblent s’évaporer, à peine l’audience terminée. Depuis plus d’un an, avocats et juges constatent la disparition inexpliquée de certains justiciables. Un seul point commun : ils sont tous étrangers. Que se passe-t-il dans les coulisses du tribunal de Bobigny ?

Des OQTF délivrée par surprise au tribunal...

« Nos clients disparaissent tout simplement ». Le constat d’Agathe Grenouillet, avocate et membre du Syndicat des Avocats de France (SAF) est partagé par ses confrères et par des juges de Bobigny. Dans cette juridiction, des étrangers en situation irrégulière, convoqués pour des affaires sans lien avec leur statut administratif, ne ressortent pas du tribunal. Entre la salle d'audience et les portes du palais de justice, les policiers les retiennent sous de faux prétextes et les conduisent au dépôt, l'espace de rétention du tribunal. L'objectif caché ? Les expulser. Avocats et juges s'accordent sur un point : ces interpellations sont parfaitement illégales. La préfecture utiliserait le tribunal pour y faire la chasse aux étrangers.

Ils m’ont dit : venez récupérer vos affaires

En cherchant un de ses clients, un avocat l’a retrouvé au Centre de Rétention Administrative (CRA) du Mesnil-Amelot, une prison administrative pour étrangers en situation irrégulière, ultime antichambre avant l'expulsion. C’est ce qui est arrivé à Ibrahim Dosso. Installé en France depuis 2017, ce coiffeur comparaît mi septembre pour une affaire de violences conjugales. Son procès est reporté, il ressort donc libre aux côtés de son avocat. Mais à cet instant, des policiers l'invitent à les suivre au dépôt sous prétexte de récupérer ses affaires. Sur place, on lui remet une Obligation de Quitter le Territoire Français (OQTF), la mesure administrative qui enjoint à un...

12.03.2025 à 11:56

Chronique syrienne : retour à Alep #3

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Le prix de la liberté

Cela fait douze ans que Talal n’a pas vu son cousin Farès. Il vit en Turquie et, comme Talal, veut retourner vivre à Alep. Au milieu de la joie des retrouvailles, il lui livre le récit de ses années de détention sous l’ancien régime.

Vues d'Alep - © Reflets

Depuis la libération, on se téléphone beaucoup avec Farès et on s’est enfin donné rendez-vous ici, à Alep. J’étais encore jeune à l’époque, mais je me rappelle qu’il avait été arrêté puis libéré avant de fuir Alep. Je suis très heureux de le retrouver et de discuter avec lui, mais, avant de refaire le monde, nous partons nous balader à pied. Comme moi il a eu envie, en arrivant, de faire le tour de la ville, et aussi de repasser devant le tribunal militaire où il a passé des nuits.

Arrivés à la maison, il nous raconte ses années d’emprisonnement. Le jour de son arrestation revient à ma mémoire : c’était en 2008, six ou sept voitures des services secrets ont débarqué dans notre quartier pour venir l’arrêter. Des hommes armés en sont descendus et ont perquisitionné chez ses parents, fouillant les papiers, dans les ordinateurs, même les CD de musique. Ils sont restés plusieurs jours à quadriller le secteur à sa recherche, mais il se cachait dans un autre quartier de la ville. Il a quand même été fait prisonnier quelques semaines plus tard. Il lui était reproché de diffuser des idées « troublant l’ordre public ».

En réalité, ses amis et lui se retrouvaient régulièrement pour parler politique, il était très à l’aise pour critiquer publiquement la dictature, et il rassemblait des jeunes autour de ses idées. Il a été dénoncé par un voisin, qui assistait souvent aux discussions, un imam en lequel il avait confiance, mais qui les surveillait en sous-main…

Le bâtiment des agents des transports, où les barrages policiers ont disparu et où flotte le drapeau de la libération - © Reflets
Le bâtiment des agents...

09.03.2025 à 15:57

La Thermite ouvre ses portes

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Un nouveau squat à Montpellier dans le contexte difficile de la loi Kasbarian

L'occupation s'est installée au cœur du quartier des beaux-arts dans une ancienne salle de sport. Un lieu que la mairie et la chambre de commerce entendaient transformer en halle culturelle, avant que le promoteur ne jette l'éponge en mai dernier face aux inquiétudes des habitants.

Visite nocturne du bâtiment par les membres du collectif présent sur place depuis plusieurs jours. - La Thermite

Depuis le 28 juillet 2023 et la publication au journal officiel de la loi contre l’occupation illicite, dite « Kasbarian », le milieu du squat est en crise. Au printemps dernier, le temps d’un festival, Intersquat Île de France se réunissait pour essayer de trouver des solutions face à la nouvelle donne sécuritaire. À l’occasion, le collectif UNIBETON tentait d’ouvrir un nouveau lieu, le Squat Baudin. La nouvelle occupation ne tiendra finalement que quelques jours.

Car si la loi Kasbarian avait valeur de symbole, la répression, elle, avait débuté bien avant. Sur Montpellier, une première vague d’expulsion des squats a lieu au printemps 2020, au sortir du confinement. Le journal Le Poing raconte : « Dans cette ville "de gauche", les forces de l’ordre s’enfoncent dans les squats comme dans du beurre, chacun son tour, sur fond d’une terrifiante indifférence quasi générale. Et épuisement militant ».

En juillet 2021, un jeu de chaise musicale a lieu à la préfecture mais les militants locaux n’y gagnent pas au change. Pour remplacer le préfet Witkowski envoyé en Seine-Saint-Denis, Montpellier hérite de Hugues Moutouh, un sarkozyste qui obtiendra très vite le surnom de « préfet bulldozer ». La ZAD du L.I.E.N à Grabels est rapidement expulsée avant que Moutouh ne tourne son attention sur les bidonvilles rapidement effacés du tableau.

Dans son manifeste, le collectif a l’origine de la Thermite témoigne :

« Le "bon" sens est...

08.03.2025 à 11:09

Soupçons de favoritisme au centre Hélène Borel

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Le centre de rééducation de Raimbeaucourt (Nord) visé par deux plaintes

Seize dossiers sont regroupés dans ces deux plaintes. Dénoncés par l'association anti-corruption AC !!, les faits concernent d’éventuelles irrégularités dans les marchés publics, des soupçons d’escroquerie, de favoritisme ou de recel.

La tour du château de Lez à Raimbeaucourt - Copie d'écran du site du centre Hélène Borel

De mémoire d’habitants, jamais le centre Hélène Borel, qui est un centre d’hébergement, de soins et d’accompagnement pour adultes en situation de handicap, à Raimbeaucourt (Nord) n’avait fait autant parler de lui que ces derniers jours. Fin février, la petite commune de 4.000 âmes voit débarquer la brigade financière venue perquisitionner, entre autres, les services informatique et comptabilité du centre.

Malgré la présence des policiers pendant presque huit heures et leur recherche de documents, certains salariés ne se disent pas du tout « étonnés ». « Je n’ai pas du tout été surpris par cette descente », confie Sébastien*, exerçant depuis quelques années à Raimbeaucourt. « Il y a des tensions dans les équipes, le management est très dur et il n’y a pratiquement aucune transparence dans les décisions ».

Pour Nicolas*, arrivé plus récemment, l’ambiance est « pesante ». « Quand on a le malheur de demander des comptes, on ne les obtient jamais. Pire, on est pris à parti. C’est la loi du silence qui règne ici ».

Une perquisition de la brigade financière

Des « allégations sans fondement », balaie la dirigeante Caroline Nio. Dans un entretien accordé à Reflets, celle qui est, depuis 2004, à la tête des trois établissements nordistes que compte le centre Hélène Borel (Arleux, Lomme et Raimbeaucourt), voit dans le passage de la brigade financière « un règlement de comptes de deux ex-salariés que nous avons licenciés et que nous...

05.03.2025 à 14:49

Plongée dans l'apnée : objectif 30 mètres

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T'es pas un peu vieux pour ces conneries ?

Tombé dans la marmite de la plongée en apnée quand j'étais petit, je me lance un défi : atteindre les 30 mètres en mer en poids constant, en juin prochain. Soit 10 mètres de plus que ce que je peux faire aujourd'hui. Pour un touriste de cette pratique, c'est un gros challenge. Dix mètres, c'est l'équivalent de 3 étages.

En route pour les 30 mètres - Photo xphere - CC

Je sors du cours préparatoire. Ma vie va changer. Je quitte la région parisienne pour vivre sur une petite île de la Méditerranée. D'un seul coup, il fait beau à peu près tout le temps et la mer est turquoise, cristalline. J'ai vite fait de recevoir un masque. Un de ces vieux machins fabriqués dans un plastique qui vieillit vite, avec deux trous sous le nez, pour le pincer quand on descend sous l'eau et éviter la pression sur les tympans, qui fait très mal. On m'a même offert un tuba surmonté d'un mécanisme avec une balle de ping-pong blanche comme la neige. En descendant, la balle est censée bloquer l'entrée de l'eau dans le tube. C'est rudimentaire, mais suffisant pour découvrir un autre monde. Près de 71% de la planète est recouverte d'eau. Et sous l'eau, tout un univers évolue. Il y a deux manières de le découvrir. Avec des bouteilles ou avec l'air que l'on peut contenir dans ses poumons et en retenant sa respiration. J'ai choisi la deuxième.

Aujourd'hui, désormais bien plus près de la retraite que du CP, je me fixe l'objectif de descendre à 30 mètres, soit à peu près l'équivalent d'un immeuble de 10 étages.

Que l'on se comprenne bien, je suis un touriste de l'apnée. Plongé par hasard dans cette pratique depuis tout petit, je ne m'entraine pas, je n'ai jamais fait partie d'un quelconque club et j'ai tout appris seul en pratiquant avec des amis. D'abord pour regarder les...

03.03.2025 à 16:49

Chronique syrienne : retour à Alep #2

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Bachar est parti, et maintenant ?

Talal est maintenant depuis quelques jours à Alep. Il retrouve sa famille et ses amis les plus proches, qui lui racontent l’espoir de pouvoir enfin vivre normalement et leurs inquiétudes face à un nouveau régime issu de rangs islamistes.

Place Saad Allah Al Jabery à Alep. Première manifestation nationale pour fêter la libération du pays - © Reflets

J’ai 35 ans. J’ai vécu vingt-trois ans de ma vie dans un pays sous dictature. J’ai vécu aussi trois ans de guerre, de 2011 à 2013. Ces dernières années, depuis 2021, j’ai pu retourner trois fois en Syrie.

La première fois que je suis revenu, après huit ans d'absence, j’étais tellement pressé de retrouver ma mère que je n’ai pas prêté attention à ce qui m’entourait. Avec aussi l’émotion de retourner dans notre maison, là où mon père était décédé quelques années plus tôt sans que je ne puisse le revoir. Ce n’est que le lendemain, en allant voir mes amis d’enfance, que je me suis rendu compte que rien n’avait vraiment changé depuis la guerre. Les ruines des bâtiments détruits par les bombes du régime étaient toujours là. Les habitants semblaient tous épuisés, résignés. La ville n’avait pas bougé, comme figée dans le temps depuis 2013. Un détail m’avait frappé : il n’y avait aucune voiture de nouvelle génération.

Aujourd’hui, je reviens à Alep pour la quatrième fois, et tout est différent. Lorsque J’arrive en ville à la nuit, il n’y a presque pas de lumière. Le stress monte, sans vraie raison. A nouveau je cherche fébrilement ma carte d’identité et mon passeport, les réflexes ont la vie dure et le temps des barrages militaires est encore frais dans ma mémoire. Le chauffeur rigole. Il a parfaitement compris mon début de panique. Ça m’a pris quelques secondes pour réaliser que je n’en avais plus besoin. Le chauffeur hoche la tête : « il y a des habitudes qu’on va...

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