Dans un reportage vidéo, le New York Times est allé à la rencontre de travailleurs américains qui entraînent des robots à les remplacer, à l'image de Dre Wooden, un coiffeur travaillant près de Dallas, qui enfile chaque jour un gilet équipé de cinq caméras pour enregistrer ce qu'il fait pendant qu'il coupe les cheveux de ses clients. Wooden est plutôt content. Il est rémunéré pour sa coupe par ses clients et par l'entreprise qui collecte ses données. Il n'est pas le seul, explique Natasha Mclemore, qui fournit des équipements d'enregistrement à des travailleurs pour une entreprise technologique appelée Instawork qui propose des équipements à différents types d'activités comme paysagistes, coiffeurs, prothésistes d'ongles ou dans le secteur des télécommunications. Les données sont ensuite annotées pour être transformées en informations exploitables pour l'apprentissage de robots.
Virginia Gutierrez qui pose des faux ongles à ses clientes voit ce travail supplémentaire comme un moyen d'obtenir un revenu supplémentaire. « Certes, la rémunération est supérieure au salaire minimum, mais elle est loin de refléter la valeur réelle de ces données pour l'entreprise. Car ces données servent désormais à entraîner une véritable armée de robots, qui sera là pour durer. Les entreprises cherchent à capter le savoir-faire lié à ces métiers. Une fois qu'elles l'ont obtenu, elles n'ont plus besoin de vous. » Instawork soutient que les robots auront encore besoin d'une supervision humaine et que des nouveaux emplois pour leur maintenance seront nécessaires.