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Humans Right Watch enquête sur les violations des droits humains commises à travers le monde

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13.04.2026 à 17:10

La force internationale en Haïti serait responsable de violences sexuelles

Human Rights Watch

Click to expand Image Un contingent de policiers kenyans arrive à l’aéroport international Toussaint Louverture à Port-au-Prince, en Haïti, le 18 janvier 2025, dans le cadre de la Mission multinationale d’appui à la sécurité (MMAS) dirigée par le Kenya et autorisée par les Nations Unies. © 2025 Clarens Siffroy/AFP via Getty Images

Un rapport des Nations Unies a révélé que des membres d'une force autorisée par l'ONU opérant en Haïti, la Mission multinationale d’appui à la sécurité (MMAS) dirigée par le Kenya, étaient responsables de quatre cas de violences sexuelles dans le pays, dont le viol d'une fille de 12 ans et de deux filles de 16 ans.

Alors que le secrétaire du Cabinet kenyan, Musalia Mudavadi, affirme que ces allégations ont fait l'objet d'une enquête interne et ont été jugées sans fondement, le rapport de l'ONU indique qu'une enquête interne n'a été menée que dans un seul cas. Quoi qu'il en soit, le fait que la MMAS enquête sur son propre comportement soulève des inquiétudes quant à l'indépendance de ces conclusions. Le Bureau des services de contrôle interne de l'ONU examinerait normalement de manière indépendante les allégations concernant les missions de maintien de la paix de l'ONU, mais comme la MMAS n'est pas considérée comme une force de l'ONU, ce bureau n'a pas été sollicité.

Le MMAS est en train de se transformer en une force élargie autorisée par l’ONU, appelée la Force de répression des gangs (FRG), qui remplacera le personnel kenyan par de nouvelles forces internationales. Avant le départ du personnel kenyan, la mission devrait veiller à ce que toutes les allégations, y compris les quatre cas signalés, fassent l’objet d’une enquête approfondie. Si une enquête révèle des preuves de violences sexuelles, les conclusions devraient être transmises aux autorités kenyanes.

Les femmes et les filles en Haïti sont déjà confrontées à des violences sexuelles généralisées. Les forces internationales déployées pour aider à rétablir la sécurité ne doivent pas aggraver les abus qu’elles endurent. La FRG devrait établir des garanties plus solides en matière de droits humains afin de prévenir de nouvelles violations, notamment par le biais de formations standardisées et continues portant sur la violence sexuelle et basée sur le genre, la violence domestique et la violence entre partenaires, ainsi que sur la protection de l’enfance.

Une politique de tolérance zéro envers la violence sexuelle devrait être appliquée, tout personnel impliqué devant être démis de ses fonctions et déféré devant les autorités compétentes en matière de justice pénale. Les contingents devraient également respecter des exigences minimales en matière de participation des femmes et inclure un expert en protection de l’enfance afin d’améliorer l’accompagnement des survivantes, ainsi que la sécurité et la redevabilité au sein de la mission.

Entre-temps, toute allégation d’abus devrait être examinée par un mécanisme indépendant de la chaîne de commandement, doté de personnel formé pour interagir avec les survivantes de violences sexuelles selon une approche sensible aux traumatismes, adaptée aux enfants et respectueuse du contexte culturel. Ce mécanisme devrait être soumis à un contrôle indépendant. Les conclusions devraient être rendues publiques, traduites en créole haïtien et en français, et les victimes devraient être protégées et se voir garantir l’accès à la justice et à des réparations.

La FRG et les agences des Nations Unies devraient renforcer leurs capacités de suivi des allégations de violences sexuelles, notamment en déployant des observateurs des droits humains au-delà de Port-au-Prince, dans toutes les zones de déploiement des troupes en Haïti. Les observateurs devraient être accessibles et disponibles en tout temps, offrir un soutien centré sur les survivantes, et leur présence devrait être médiatisée. Toutes les mesures devraient être guidées par la protection et le respect des survivantes.

13.04.2026 à 04:30

Bahreïn : Décès en détention de Sayed Mohamed Almosawi

Human Rights Watch

Click to expand Image Sayed Mohamed Almosawi. © Privé

(Beyrouth) – Un homme de 32 ans qui a subi une disparition forcée à Bahreïn le 19 mars est décédé en détention plus d’une semaine plus tard, ont déclaré aujourd’hui Human Rights Watch et l’ONG Bahrain Institute for Rights and Democracy (BIRD) ; son corps présentait des traces de torture.

Après que la famille de Sayed Mohamed Almosawi eut perdu tout contact avec lui pendant plus d’une semaine, ses parents ont reçu un appel leur demandant de se rendre à l’hôpital militaire de Bahreïn. À leur arrivée, ils ont récupéré le corps sans vie de Almosawi, qui présentait des signes visibles de torture. Le ministère de l’Intérieur a par la suite déclaré que l’Agence nationale de renseignement (NIA) l’avait placé en détention.

« Des parents ne devraient jamais recevoir un appel leur demandant de venir récupérer le corps de leur fils après l’avoir cherché pendant neuf jours », a déclaré Niku Jafarnia, chercheuse sur le Yémen et Bahreïn à Human Rights Watch. « Le fait que Almosawi soit décédé lors de sa détention par les autorités, et de manière aussi brutale, rend cette affaire d’autant plus horrible. Les autorités bahreïniennes devraient garantir que ce type d’incident ne reproduira plus. » 

Les autorités bahreïniennes devraient mener immédiatement une enquête impartiale sur la mort de Almosawi et rendre publics les résultats de cette enquête, ont déclaré les deux organisations. 

Human Rights Watch et BIRD ont mené des entretiens avec huit personnes, dont des membres de la famille, des amis et des militants des droits humains ayant connaissance de l’affaire. Un expert médical de Physicians for Human Rights (PHR) a examiné des photos et des vidéos montrant les traces de torture sur le corps de Almosawi. Human Rights Watch et BIRD ont également examiné le rapport officiel sur la « cause du décès » fourni par les autorités.

L’expert médical de PHR a conclu que les blessures correspondaient à « des traumatismes contondants répétés infligés sur une longue période, avec une utilisation possible des deux mains et d’instruments, des blessures infligées dans un environnement contrôlé, impliquant potentiellement une contention, [et] des traumatismes contondants ciblés sur des régions anatomiques spécifiques (visage, torse, pieds) ». L’expert médical a déclaré que les preuves issues des photos étaient « tout à fait compatibles avec les allégations de torture », et a écarté les hypothèses d’une blessure accidentelle, ou d’un arrêt cardiaque.

Sayed Mohamed Almosawi, propriétaire d’une petite entreprise et ancien prisonnier politique, a été vu pour la dernière fois tôt dans la matinée du 19 mars dans un café de Tubli, où il s’était rendu pour le suhoor, le repas pris avant l’aube pendant le ramadan. Il s’y trouvait après s’être rendu à la mosquée Imam Mojtaba, dans le village de Sanabis, près de la capitale Manama, en compagnie de son cousin Sayed Ahmed Almosawi et d’un ami, Mustafa Youssef.

Un témoin les a vus quitter le café vers 3 h du matin le 19 mars, en direction de Sanabis, apparemment pour récupérer la voiture de Almosawi avant de retourner à Muharraq, où les trois hommes vivaient. Entre 3 h 10 et 3 h 30 du matin, Almosawi était en communication téléphonique avec un membre de sa famille alors qu’il se trouvait dans la voiture, mais l’appel a été brusquement interrompu. Il s’agit de la dernière communication connue avec l’un des trois hommes avant la mort de Almosawi. 

Entre 8 h et 9 h environ, le compte WhatsApp de Almosawi a été brièvement activé. Ses messages ont été marqués comme lus, ce qui laisse supposer que les autorités avaient accès à son téléphone. Selon les membres de sa famille, il se trouvait près du commissariat de police du quartier sud de Madinat Hamad (« Ville de Hamad » - Hamad Town), au rond-point 17. Sa famille a appelé le commissariat, mais les autorités ont nié qu’il s’y trouvait.

Les familles de son cousin et de son ami ont alors contacté le ministère de l’Intérieur, mais on leur a répondu qu’aucun des trois hommes n’était détenu. L’une des familles a déclaré n’avoir pu officiellement signaler les disparitions que le 25 mars en raison des vacances de l’Aïd, après quoi la police les a appelés à plusieurs reprises pour leur demander si les hommes étaient rentrés chez eux ou si les familles avaient eu de leurs nouvelles. 

Le matin du 27 mars, la famille de Almosawi a reçu un appel de l’hôpital militaire de Bahreïn, lui demandant de se rendre à l’hôpital sans préciser la raison. Ce n’est qu’à leur arrivée que les proches ont appris que Almosawi était décédé. 

Les autorités ont déclaré qu’il avait été amené à l’hôpital suite à une crise cardiaque et qu’elles avaient tenté en vain de le réanimer. Naji Fateel, un militant des droits humains qui a vu le corps avant l’enterrement, a déclaré à Human Rights Watch que le corps était « couvert de contusions » et présentait des « blessures profondes ». Une autre personne ayant vu le corps a indiqué qu’une grande partie de celui-ci était décolorée, voire complètement noire à certains endroits. Le certificat de décès indique qu’il est décédé à 2 h 29 du matin, mais une personne ayant aidé aux procédures d’inhumation et ayant vu le corps à 13 h 30 ce jour-là a déclaré à BIRD que le décès ne semblais pas être aussi récent, et que Almosawi « était mort depuis 24 heures, voire plus ». Il a ajouté qu’« il n’y a aucune preuve ni aucune marque sur le corps de Sayed Mohamed [Almosawi] suggérant qu’il ait reçu une réanimation cardio-pulmonaire, ce qui pourrait indiquer qu’il était déjà mort à son arrivée ».

Le communiqué du ministère de l’Intérieur publié à 21 h cette nuit-là indiquait que « le défunt avait été placé en détention par l’Agence nationale de renseignement [NIA] pour espionnage ». En supposant que la NIA l’ait placé en détention le 19 mars et que les autorités aient refusé de fournir des informations sur le lieu où il se trouvait à sa famille, cela constituerait un crime de disparition forcée. 

Sa famille a nié les accusations d’espionnage, affirmant que Almosawi n’avait participé à aucune activité politique depuis sa sortie de prison en avril 2024.

Le communiqué du ministère de l’Intérieur indiquait que « les images circulant sur les réseaux sociaux et censées montrer les blessures subies par le défunt sont inexactes et trompeuses, et ont été délibérément diffusées pour induire l’opinion publique en erreur ».

Le 30 mars, Sayed Ahmed Almosawi et Mustafa Youssef ont pu appeler leurs familles pour la première fois, mais n’ont pas révélé où ils étaient détenus, ni quelles accusations pesaient contre eux. Ils n’ont pas été autorisés à recevoir la visite de leurs familles ou de leurs avocats, a déclaré un membre de la famille à BIRD. 

Depuis le début de la guerre opposant les États-Unis et Israël à l’Iran, Human Rights Watch et BIRD ont documenté la répression accrue de la liberté d’expression par les autorités bahreïniennes, notamment par la détention de dizaines de personnes pour avoir participé à des manifestations pacifiques, pour avoir protesté contre les attaques américaines et israéliennes en Iran, ou pour avoir publié des images de ces attaques sur les réseaux sociaux. Au 10 avril, BIRD avait recensé la détention d’au moins 286 personnes depuis le début de la guerre.

« Les autorités bahreïniennes devraient rendre des comptes pour la mort de Sayed Mohamed Almosawi, ainsi que pour les nombreuses autres violations du droit international qu’elles continuent de commettre à l’encontre de détenus », a déclaré Sayed Ahmed al-Wadaei, directeur du plaidoyer du Bahrain Institute for Rights and Democracy (BIRD). « Le gouvernement bahreïnien et les organes des Nations unies chargés des droits humains devraient garantir une enquête impartiale et indépendante sur la mort de Sayed Mohamed, afin de rendre justice à sa famille et de demander des comptes aux responsables. » 

13.04.2026 à 04:00

Soudan du Sud : Les deux camps bloquent l'aide humanitaire et déplacent des civils

Human Rights Watch

Click to expand Image Des familles ayant trouvé refuge dans le camp informel de Yolakot, près de Mingkaman, dans l'État des Lacs au Soudan du Sud, photographiées le 14 février 2026 ; de nombreuses personnes avaient fui les combats dans l'État du Jonglei, dans le centre-est du Soudan du Sud. © AFP via Getty Images

(Nairobi) – L’armée et les forces d’opposition au Soudan du Sud bloquent l’accès humanitaire et ordonnent de manière injustifiée aux civils d’évacuer les zones peuplées, a déclaré aujourd’hui Human Rights Watch. Depuis fin 2025, l’armée a émis de nombreux ordres d’évacuation, dont au moins trois de grande ampleur, et les forces d’opposition ont émis au moins trois tels ordre ; des centaines de milliers de civils ont été obligés de fuir leurs foyers. 

« Les pressions répétées exercées sur les civils par les autorités sud-soudanaises ainsi que par les forces d’opposition, afin qu’ils évacuent des zones peuplées, mettent des centaines de milliers de personnes en danger », a déclaré Nyagoah Tut Pur, chercheuse sur le Soudan du Sud à Human Rights Watch. « Les parties belligérantes ne devraient pas forcer les gens à fuir vers d’autres situations de danger et de misère, et ont l’obligation de protéger les civils, qu’ils évacuent ou non les zones d’opérations militaires. » 

Depuis décembre 2025, les affrontements entre l’armée sud-soudanaise, appelée Forces de défense populaires du Soudan du Sud (South Sudan People’s Defense Forces, SSPDF) et l’Armée populaire de libération du Soudan en opposition (Sudan People’s Liberation Army in Opposition, SPLA/IO), ainsi que leurs alliés respectifs, se sont intensifiés dans l’État de Jonglei, dans le nord-est du pays. Au moins 280 000 personnes ont été déplacées, beaucoup fuyant les bombardements du gouvernement, craignant les exactions des forces gouvernementales et de l’opposition, ou obéissant à des ordres d’évacuation. 

D’après des entretiens avec des acteurs humanitaires, des experts des droits humains des Nations Unies et des reportages des médias, Human Rights Watch a conclu que dans les jours et les semaines qui ont suivi les ordres d’évacuation, le gouvernement a mené des bombardements aériens indiscriminés contre des zones visées par ces ordres. Les forces des deux camps auraient commis des exactions, notamment des meurtres de civils, des viols, ainsi que des pillages et des incendies de biens civils, a déclaré Human Rights Watch. Les attaques délibérées et ciblées contre des civils et des biens civils, les homicides illégaux et les violences sexuelles peuvent constituer des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité. 

Le 29 décembre 2025, les forces gouvernementales ont bombardé la ville de Lankien, dans le comté de Nyirol, dans l’État de Jonglei, une zone contrôlée par l’opposition, touchant la piste d’atterrissage ; l’attaque a aussi touché le marché voisin, tuant 11 civils et en blessant 12, dont des enfants et des personnes âgées, selon l’organisation Médecins Sans Frontières (MSF). 

Le 25 janvier 2026, l’armée a ordonné aux civils, aux travailleurs humanitaires et au personnel de l’ONU d’évacuer les zones contrôlées par l’opposition à Nyirol, Uror et Akobo. Cette mesure faisait suite à un ordre plus restreint émis le 30 décembre, enjoignant aux habitants de « quitter les environs des casernes militaires et des points de rassemblement ».

Le 6 mars, l’armée a ordonné aux civils, au personnel de l’ONU et aux organisations humanitaires d’évacuer le comté d’Akobo. Une grande partie des 270 000 personnes présentes dans la région avait déjà été déplacée. Suite à cet ordre, la plupart de la population a fui, dont 110 000 personnes vers l’Éthiopie voisine. Plusieurs groupes humanitaires ont été contraints d’évacuer. 

Le 15 mars, le commissaire du comté de Nasir, dans l’État du Haut-Nil, a ordonné dans un communiqué aux civils et aux travailleurs humanitaires de la ville de Mandeng et des villages environnants, « sous le contrôle de l’opposition », de se déplacer dans les 72 heures, affirmant que la zone serait la prochaine cible de la contre-offensive du gouvernement. Le commissaire a déclaré qu’il s’agissait d’une suite à un ordre similaire datant du 1er mars. 

Le 27 décembre 2025, le SPLA/IO a ordonné aux civils du nord de l’État de Jonglei de fuir vers des villes sous contrôle de l’opposition, notamment Pieri, Motot et Palony. Le SPLA/IO a également demandé aux civils de rester à l’intérieur pendant les bombardements et d’éviter de porter des vêtements associés à l’armée. 

Le 8 janvier 2026, les civils du comté d’Ayod ont fui après que des groupes armés auraient émis un ordre d’évacuation de 72 heures. Le 12 janvier, les forces d’opposition ont ordonné aux travailleurs humanitaires et aux civils de Bor, Ayod, Gaatdiang, Poktap et des zones environnantes de partir immédiatement. Le 16 janvier, elles ont ordonné aux civils et aux travailleurs humanitaires se trouvant dans des « zones désignées », notamment Bor, Duk et Poktap, de quitter les zones proches des bases militaires dans un délai de 72 heures. 

En vertu du droit international humanitaire, également appelé droit de la guerre, les parties à un conflit armé non international ne peuvent ordonner le déplacement de civils pour des raisons liées au conflit, sauf si la sécurité des civils concernés ou des raisons militaires impératives l’exigent. Le déplacement forcé de la population civile constitue un crime de guerre.

Pour qu’un ordre d’évacuation soit légal, le déplacement doit être nécessaire, ne pas être motivé par des considérations de commodité ou d’avantage militaire, être temporaire, et les civils doivent pouvoir retourner chez eux une fois les hostilités terminées. Ceux qui ordonnent une évacuation doivent s’assurer que des mesures de protection sont en place et que le déplacement s’effectue de manière à permettre le retour de la population une fois la menace écartée, tout en respectant la protection des droits humains des civils. 

Les ordres d’évacuation diffèrent des avertissements préalables au sens du droit international humanitaire, ces derniers constituant l’obligation de donner un avertissement préalable et efficace concernant des attaques ciblées imminentes susceptibles d’affecter une population civile, à moins que la situation ne le permette pas. En revanche, les ordres d’évacuation ne sont pas nécessairement liés à une seule action spécifique. 

Les civils qui restent sur place après un ordre d’évacuation ou un avertissement d’actions militaires imminentes ne perdent pas leur statut de civil ni les protections du droit international humanitaire, et ne peuvent faire l’objet d’attaques ciblées ou aveugles, ni subir de représailles pour ne pas être partis.

Des ordres d’évacuation ont également été émis alors que les deux parties et leurs alliés attaquaient les infrastructures humanitaires et imposaient de sérieux obstacles à l’accès humanitaire, aggravant ainsi les souffrances des civils. 

Le 3 février, des bombardements gouvernementaux ont touché un hôpital de MSF à Lankien, dans le comté de Nyirol, blessant un membre du personnel et détruisant l’entrepôt et les fournitures médicales de l’hôpital. MSF a déclaré avoir communiqué les coordonnées de l’hôpital aux parties belligérantes. Le même jour, des combattants armés ont pillé un centre de santé de MSF à Pieri, dans le comté d’Uror. Le Fonds des Nations Unies pour l’enfance a signalé la suspension d’au moins 28 centres de santé et de nutrition ainsi que 17 incidents de pillage de fournitures humanitaires entre janvier et mars. 

Le gouvernement, en particulier, a imposé des restrictions sévères à l’accès des organisations humanitaires aux zones contrôlées par l’opposition. Au cours des deux premiers mois de l’année, le gouvernement a imposé une zone d’exclusion aérienne dans les zones tenues par l’opposition, notamment à Lankien, Pieri et Akobo, empêchant ainsi l’acheminement de fournitures essentielles et l’évacuation vitale de patients gravement malades, ont rapporté l’ONU et MSF. 

Les autorités gouvernementales et celles de l’opposition ont également pris des mesures administratives contradictoires et coercitives qui restreignent de fait la manière et les lieux où l’aide peut être acheminée, a déclaré Human Rights Watch. 

Dans une lettre adressée le 23 mars aux agences humanitaires, le commissaire du comté d’Ulang, dans l’État du Haut-Nil, proche de l’opposition, a averti que les agences humanitaires accédant au centre-ville contrôlé par le gouvernement seraient considérées comme proches du gouvernement et que leur autorisation de se déplacer dans le comté serait suspendue. Le lendemain, le commissaire du comté d’Ulang, allié au gouvernement, a ordonné aux organisations humanitaires de se réinstaller dans la ville d’Ulang avant le 31 mars. Le 8 avril, ce même commissaire a adressé une autre lettre à cinq organisations internationales leur donnant 72 heures pour se réinstaller dans la ville d’Ulang, sous peine d’être considérées comme hostiles au gouvernement et de faire l’objet de « sanctions juridiques et sécuritaires ». 

Les civils contraints de fuir sont confrontés à des conditions humanitaires désastreuses. À Nyatim, dans le comté de Nyirol, par exemple, environ 3 000 personnes déplacées qui ont fui les violences à Lankien et Pieri se sont réfugiées dans des zones marécageuses sans nourriture ni soins médicaux, le gouvernement continuant de bloquer l’accès à l’aide, a déclaré MSF. L’organisation a également indiqué qu’au moins 58 personnes étaient décédées au cours d’une période de quatre semaines. Plusieurs zones touchées par le conflit sont considérées comme menacées par la famine. 

Toutes les parties au conflit sont tenues d’autoriser et de faciliter l’aide humanitaire. 

« Les autorités du Soudan du Sud semblent instrumentaliser l’accès à l’aide pour servir leurs propres intérêts, laissant des centaines de milliers de civils dans une situation de grande détresse », a conclu Nyagoah Tut Pur. « Les acteurs internationaux et régionaux devraient veiller à ce que les responsables de cette crise humanitaire massive d’origine humaine, marquée par des attaques incessantes contre les civils et des restrictions à l’aide humanitaire, rendent des comptes. »

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