09.02.2026 à 06:00
Human Rights Watch
(Nairobi) – Une frappe apparemment exécutée par un drone militaire nigérien a tué au moins 17 civils, dont quatre enfants, et en a blessé au moins 13 autres sur un marché bondé à l’ouest du Niger le 6 janvier 2026, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui. Cette frappe, qui a également tué trois combattants islamistes, a violé le droit de la guerre, qui interdit les attaques indiscriminées, et pourrait constituer un crime de guerre.
L’attaque a eu lieu dans le village de Kokoloko, dans la région de Tillabéri, à environ 120 kilomètres à l’ouest de Niamey, la capitale, et à moins de trois kilomètres de la frontière avec le Burkina Faso. Les habitants ont raconté que l’État islamique au Sahel (EIS), un groupe armé islamiste, est actif à Kokoloko et dans les environs depuis plusieurs années. Des groupes armés islamistes mènent des attaques contre les militaires et les civils au Niger depuis 2019.
« L’attaque militaire au Niger qui a tué trois combattants islamistes a également tué et blessé un grand nombre de civils sur un marché en violation du droit de la guerre », a déclaré Ilaria Allegrozzi, chercheuse senior sur le Sahel à Human Rights Watch. « Les autorités nigériennes devraient garantir une enquête transparente et impartiale sur cette attaque, poursuivre de manière appropriée les responsables et indemniser de façon adéquate les victimes et leurs familles. »
Human Rights Watch a mené des entretiens avec 15 personnes par téléphone, dont six témoins et neuf membres d’organisations non gouvernementales nationales et internationales, journalistes et habitants de la zone de Kokoloko. Human Rights Watch a également analysé et géolocalisé trois vidéos mises en ligne montrant les conséquences de l’attaque, ainsi que des images satellites du lieu de la frappe.
La junte militaire nigérienne, qui a pris le pouvoir lors d’un coup d’État en juillet 2023, n’a fait aucun commentaire public à la suite de la frappe de drone. Human Rights Watch a envoyé une lettre au cabinet de la junte pour lui communiquer ses conclusions et demander des réponses à des questions précises. Human Rights Watch n’a pas reçu de réponse.
Des témoins ont déclaré qu’entre 10 et 13 heures le 6 janvier, ils ont vu un drone survoler Kokoloko à deux reprises, puis larguer une munition sur le village vers 13 h 30, alors que des centaines de personnes étaient présentes au marché.
« J’ai vu le drone de couleur blanche qui volait, puis j’ai entendu quelque chose comme un sifflement avant une forte explosion », a raconté un marchand de 36 ans qui a échappé de peu à des blessures. « Le marché a été touché, et il était bondé de femmes et d’enfants, de femmes qui vendent du riz cuit, de la soupe à la viande et d’autres aliments ; leurs enfants étaient là, ainsi que de nombreux marchands. »
Les témoins ont également expliqué qu’au moment de la frappe, trois combattants de l’EIS, sans armes et habillés en civil avec des turbans, étaient au marché, tandis que trois autres se trouvaient dans le village. « Ce jour-là, vers 9 h du matin, j’ai vu six combattants de l’EIS, armés de Kalachnikovs [fusils d’assaut] et d’une mitrailleuse, arriver au village et trois d’entre eux se sont rendus au marché », a décrit le marchand. « Les combattants de l’EIS font leurs courses dans tous les marchés de la région, ils font leurs achats et ils s’en vont. »
Des habitants ont raconté que de nombreux corps avaient été déchiquetés et brûlés. « J’ai compté 17 corps, principalement des femmes et des enfants », a indiqué un chef religieux, âgé de 67 ans, qui est retourné au marché vers 18 h ce jour-là. « Les corps étaient carbonisés, ce qui a rendu l’identification très difficile. » D’après les témoignages, les combattants de l’EIS ont aidé les habitants à récupérer les corps, qui ont été enterrés dans le cimetière du village. « Nous avons mis les femmes et les enfants ensemble, dans une fosse commune, et les hommes dans une autre fosse », a expliqué un homme.
Les trois vidéos montrent de la terre calcinée et des dégâts importants aux étals du marché causés par le feu, certains d’entre eux étant encore en train de brûler. Les données de détection des incendies fournies par le système FIRMS (Fire Information for Resource Management System) de la NASA ont recensé des incendies actifs à Kokoloko le 6 janvier à 13 h 31, heure locale. Les images satellites à basse résolution du 7 janvier montrent de nouvelles traces de feux à Kokoloko qui n’apparaissaient pas sur les images du matin précédent.
Les images satellites à haute résolution du 20 janvier montrent des zones brûlées dans différents endroits du village le long de la route principale. Des témoins ont raconté que la munition larguée par le drone a provoqué l’incendie, qui a été renforcé par du carburant présent au marché et par les étals en bois, favorisant la propagation rapide des flammes.
Click to expand Image Image © 2026 Planet Labs PBC. Graphique © 2026 Human Rights WatchHuman Rights Watch n’a pas été en mesure d’identifier le drone ou la munition utilisés. Depuis 2022, l’armée nigérienne aurait acquis divers types de drones de fabrication turque, notamment Bayraktar TB-2, Karayel-SU et Aksungur UCAV. Ces drones peuvent être munis de capteurs qui permettent une surveillance active avec des retransmissions vidéo en direct et être équipés de munitions guidées.
Des vidéos du site publiées sur Internet et examinées par Human Rights Watch font état de dégâts importants aux structures causés par le feu qui auraient pu être provoqués par des explosifs puissants. Des témoins ont rapporté que les blessés présentaient un éventail de blessures, notamment des brûlures et des blessures dues à des fragments de munitions.
À la suite de la frappe, la quasi-totalité des 1 200 habitants de Kokoloko ont fui vers des villages voisins ou ont franchi la frontière vers le Mali. « J’ai passé la première nuit dans un village proche avec mes enfants », a raconté une femme qui a perdu sa cousine, âgée de 50 ans, et son neveu, âgé de 5 ans, dans la frappe. « Ensuite, nous avons traversé la frontière vers le Mali avec presque rien. »
Human Rights Watch a obtenu une liste établie par des habitants avec les noms des 17 civils tués et des 13 blessés. Les personnes tuées incluaient 11 femmes âgées de 29 à 50 ans, 2 hommes âgés de 32 et 55 ans et 4 enfants âgés de 5 à 10 ans. Les personnes blessées incluaient 4 femmes âgées de 28 à 45 ans, 7 hommes âgés de 23 à 62 ans et 2 enfants âgés de 14 et 15 ans.
Des témoins ont indiqué que les habitants ont trouvé les corps des trois combattants et que l’EIS s’est occupé de leur enterrement.
En vertu du droit international humanitaire, également appelé droit de la guerre, les parties à un conflit armé doivent faire la distinction à tout moment entre les combattants et les civils, et ne jamais cibler les civils. Les attaques qui utilisent un moyen ou une méthode de combat dont les effets ne peuvent pas être limités, comme demandé par le droit de la guerre, et qui frappent donc des objectifs militaires et des civils sans distinction, sont des attaques indiscriminées illégales. Même si plusieurs combattants islamistes étaient présents, la frappe de drone sur le marché bondé de Kokoloko avec au moins une arme explosive constitue une attaque indiscriminée. Si ceux qui ont ordonné ou exécuté la frappe l’ont fait avec une intention criminelle, c’est-à-dire délibérément ou imprudemment, ils se rendent coupables de crimes de guerre.
Selon l’organisation non gouvernementale Armed Conflict Location and Event Data (ACLED), en 2025, la région de Tillabéri a enregistré le « plus grand nombre de victimes causées par des attaques contre des civils » dans le centre du Sahel, ces attaques étant menées par l’EIS, par l’armée nigérienne et par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM ou Jama’at Nasr al-Islam wal Muslimin, JNIM), groupe armé lié à Al-Qaïda.
En septembre 2025, les médias ont fait état de frappes aériennes de l’armée nigérienne qui ont touché une marché hebdomadaire dans le village d’Injar, dans la région de Tillabéri, tuant plus de 30 civils dans une attaque contre des combattants présumés. En janvier 2024, des médias avaient signalé que des frappes de drones militaires nigériens contre des groupes armés islamistes avaient tué plusieurs civils dans le village de Tiawa, aussi situé dans la région de Tillabéri.
« Les gouvernements étrangers soutenant l’armée nigérienne devraient faire pression sur les autorités pour les inciter à adopter des mesures visant à éviter tout préjudice aux populations locales », a conclu Ilaria Allegrozzi. « Le gouvernement se doit de fournir des services aux personnes touchées pour les aider à se rétablir des blessures et des traumatismes subis, ainsi que de verser une indemnisation adéquate aux victimes et à leurs familles. »
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Articles
Jeune Afrique
04.02.2026 à 06:01
Human Rights Watch
(Nairobi) – Les abus commis par les forces gouvernementales et les groupes armés à l’encontre des civils sont devenus monnaie courante dans le conflit qui frappe l’est de la République démocratique du Congo, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui dans son Rapport mondial 2026. En Afrique centrale, les gouvernements du Rwanda, du Burundi, de la RD Congo et de la République centrafricaine ont encore restreint les droits civils et politiques.
« Les populations des pays d’Afrique centrale ont été confrontées à des risques croissants au cours de la dernière année, qu’il s’agisse d’attaques ou de déplacements forcés dans l’est de la RD Congo ou de la suppression des droits fondamentaux ailleurs dans la région », a expliqué Lewis Mudge, directeur pour l’Afrique centrale chez Human Rights Watch. « Les organismes régionaux et internationaux doivent inciter les gouvernements d’Afrique centrale à protéger les civils et à défendre l’espace démocratique. »
Dans la 36ème édition de son Rapport mondial, qui comprend 529 pages, Human Rights Watch examine les pratiques en matière de droits humains dans plus de cent pays. Dans son essai introductif, le directeur exécutif Philippe Bolopion estime que briser la déferlante autoritaire qui est en train de s’abattre sur le monde constitue le défi d’une génération. Le système des droits humains se trouvant menacé comme jamais auparavant par l’administration Trump et les autres puissances mondiales, Philippe Bolopion appelle les démocraties respectueuses des droits et la société civile à construire une alliance stratégique afin de défendre les libertés fondamentales.
Le conflit qui oppose le groupe armé M23, soutenu par le Rwanda, aux forces armées congolaises a conduit à de nouvelles atrocités dans l’est de la RD Congo. Le M23 a commis de nombreux crimes de guerre, y compris des meurtres et des violences sexuelles. L’armée congolaise et ses alliés Wazalendo, ainsi que d’autres groupes armés, ont également commis des crimes de guerre.La période précédant les élections locales et législatives au Burundi ainsi que les élections présidentielles en République centrafricaine ont été marquées par des abus. Dans les deux pays, les candidats de l’opposition ont été empêchés de se présenter. Au Burundi, les électeurs ont été intimidés et ont subi des pressions lors du vote.Les autorités des quatre pays ont réprimé les médias, la liberté d’expression et le droit de réunion pacifique. En RD Congo, les autorités et le M23 ont tous deux pris pour cible des journalistes, des détracteurs et des activistes. Un tribunal militaire a condamné l’ancien président Joseph Kabila à la peine capitale par contumace pour des chefs d’inculpation motivés par des raisons politiques. Au Rwanda, la cheffe de l’opposition Victoire Ingabire a de nouveau été arrêtée dans le cadre d’un procès en cours contre des membres de son parti.Les mécanismes de justice internationale ont fait des progrès significatifs dans les affaires concernant l’Afrique centrale en 2025. La Cour pénale internationale a reconnu deux chefs de milices anti-balaka coupables de crimes de guerre et crimes contre l’humanité perpétrés en République centrafricaine. Roger Lumbala, ancien chef rebelle et ministre congolais accusé de crimes contre l’humanité commis en RD Congo, est jugé en France.Les gouvernements d’Afrique centrale devraient défendre l’État de droit et respecter les libertés fondamentales, y compris pendant les conflits armés, a déclaré Human Rights Watch. Une pression internationale concertée est nécessaire pour veiller à ce que les gouvernements protègent leurs populations et respectent leurs obligations en vertu du droit international, notamment en traduisant en justice les responsables de crimes graves.
04.02.2026 à 06:00
Human Rights Watch
(Washington, le 4 février 2026) – Les démocraties respectueuses des droits humains devraient former une alliance stratégique afin de préserver l’ordre international fondé sur des règles, menacé par l’administration Trump ainsi que par les dirigeants de la Chine et de la Russie, a déclaré aujourd’hui Human Rights Watch dans son Rapport mondial 2026.
Dans la 36e édition de son Rapport mondial, qui comprend 529 pages, Human Rights Watch examine les pratiques en matière de droits humains dans plus de cent pays. Dans son essai introductif, le directeur exécutif Philippe Bolopion estime que briser la déferlante autoritaire qui est en train de s’abattre sur le monde constitue le défi d’une génération.
Le président américain Donald Trump et la montée en puissance des autoritarismes ont fait des ravages sur les garanties et les protections des droits humains dans le monde. Les récentes violations commises par les États-Unis – des atteintes à la liberté d’expression aux expulsions de personnes vers des pays tiers où elles risquent d’être torturées – montrent l’ampleur de l’assaut porté par son administration contre l’état de droit. Conjuguées aux efforts déployés de longue date par la Chine et la Russie pour affaiblir l’ordre international fondé sur des règles, les agissements de l’administration Trump ont d’énormes répercussions au niveau international.
« Le système mondial des droits humains est en danger », a déclaré Philippe Bolopion, directeur exécutif de Human Rights Watch. « Sous la pression incessante du président américain Donald Trump et constamment sapé par la Chine et la Russie, l’ordre international fondé sur des règles est en train d’être détruit, menaçant d’emporter avec lui l’édifice sur lequel les défenseurs des droits humains s’appuient pour faire progresser les normes et protéger les libertés. Pour contrer cette tendance, les gouvernements qui attachent encore de l’importance aux droits doivent former, aux côtés des mouvements sociaux, de la société civile et des institutions internationales, une alliance stratégique pour s’y opposer. »
Rapport mondial 2026 Rapport abrégé en françaisLe président américain a sapé la confiance dans l’intégrité des élections et réduit le devoir de rendre des comptes du gouvernement, a déclaré Philippe Bolopion. Trump s’en est pris à l’indépendance de la justice, a défié les décisions judiciaires, réduit brutalement l’aide alimentaire et les subventions en matière de santé, restreint les droits des femmes, entravé l’accès à l’avortement, compromis les recours contre les discriminations raciales, supprimé les protections pour les personnes transgenres et intersexes et porté atteinte à la vie privée. Il a également usé de son pouvoir pour intimider ses adversaires politiques, les médias, des cabinets d’avocats, des universités, la société civile et même des humoristes.
« En invoquant un risque “d’effacement civilisationnel’’ en Europe et en s’appuyant sur des stéréotypes racistes pour présenter des populations entières comme indésirables aux États-Unis, l’administration Trump a adopté des politiques et une rhétorique qui rejoignent l’idéologie nationaliste blanche », a analysé Philippe Bolopion. « La politique étrangère de Trump a bouleversé les fondements de l’ordre international fondé sur des règles, qui vise à promouvoir la démocratie et les droits humains. Trump s’est vanté de n’avoir “pas besoin du droit international”, seulement de sa “propre morale”. »
La politique étrangère de Trump a été caractérisée par un mépris flagrant des obligations des États-Unis en matière de droits humains et par le rejet brutal de tout effort pour en faire un axe important de la diplomatie américaine. L’administration a brutalement mis fin à la quasi-totalité de l’aide étrangère américaine, y compris les financements destinés à l’aide humanitaire vitale. Elle s’est également retirée des institutions multilatérales essentielles à la protection des droits humains dans le monde, notamment le Conseil des droits de l’homme de l’ONU et l’Accord de Paris sur le climat.
L’affaiblissement des institutions multilatérales par les États-Unis a également porté un coup dur aux initiatives internationales pour prévenir ou mettre fin aux graves crimes internationaux. Le mouvement « Plus jamais ça », né des horreurs de l’Holocauste et relancé par les génocides rwandais et bosniaque, avait incité l’Assemblée générale des Nations Unies à adopter le principe de la « responsabilité de protéger » (R2P) en 2005. Aujourd’hui, ce principe est rarement invoqué et la Cour pénale internationale subit des attaques en règle.
Il y a vingt ans, le gouvernement américain et la société civile ont joué un rôle déterminant pour mobiliser une réponse face aux atrocités de masse commises au Darfour. Le Soudan est à nouveau en proie à la violence, mais cette fois, sous la présidence de Trump, dans l’impunité.
Dans le Territoire palestinien occupé, les forces armées israéliennes ont commis des actes de génocide, un nettoyage ethnique et des crimes contre l’humanité, tuant plus de 70 000 personnes depuis les attaques menées par le Hamas contre Israël en octobre 2023 et déplacé de force la grande majorité de la population de Gaza. Ces crimes ont suscité une condamnation internationale disparate, et Trump a poursuivi la politique américaine de longue date de soutien quasi inconditionnel à Israël, alors même que la Cour internationale de Justice était saisie d’allégations de génocide.
En Ukraine, les efforts de paix de Trump ont systématiquement minimisé la responsabilité de la Russie dans les graves violations commises. Au lieu d’exercer une pression réelle sur Poutine pour mettre fin à ces crimes, Trump a publiquement critiqué le président ukrainien Volodymyr Zelensky, exigé un accord minier abusif, fait pression sur l'Ukraine pour qu'elle cède de vastes territoires et proposé une « amnistie totale » pour les crimes de guerre.
Alors que les États-Unis tournent résolument le dos aux droits humains, certains pays qui auraient pu mener la lutte pour les préserver ont été affaiblis par des forces internes illibérales sur leur propre sol, a déclaré Philippe Bolopion. Les gouvernements sont également freinés par la crainte de s’aliéner les États-Unis et la Chine, et beaucoup considèrent les droits et l’état de droit comme un obstacle, plutôt qu’un atout, pour leur sécurité et leur croissance économique.
Mais si ces pays s’unissaient, ils pourraient devenir une force politique puissante et former un bloc économique de taille. Il est essentiel de regarder au-delà du cercle habituel, a affirmé Philippe Bolopion. L’ordre multilatéral a été mis en place petit à petit par des États de toutes les régions. Et le soutien aux droits humains n’est jamais venu seulement de démocraties puissantes ou de pays irréprochables en matière de droits humains.
Cette coalition mondiale de démocraties respectueuses des droits pourrait offrir d’autres incitations pour contrer les politiques de Trump, qui ont sapé la gouvernance commerciale multilatérale et les accords commerciaux réciproques incluant des protections pour les droits. De nouveaux accords commerciaux attractifs, assortis de protections effectives pour les travailleurs, et des accords sécuritaires similaires pourraient être conditionnés au respect de la gouvernance démocratique et des normes relatives aux droits humains.
Cette nouvelle alliance constituerait également un puissant bloc pour voter à l’ONU. Elle pourrait s’engager à défendre l’indépendance et l’intégrité des mécanismes onusiens de protection des droits humains, à apporter un soutien politique et financier, et à bâtir des coalitions capables de promouvoir les normes démocratiques, même face à l’opposition des superpuissances.
Même dans les pires moments, l’idéal de liberté et de droits humains demeure. Le pouvoir du peuple reste le moteur du changement et de la protection des droits des plus vulnérables, a déclaré Philippe Bolopion. Dans ce monde plus hostile, le travail de la société civile est plus crucial que jamais.
« Briser la vague autoritaire et défendre les droits humains est le défi de toute une génération », a conclu le directeur exécutif de Human Rights Watch. « En 2026, il se jouera de manière particulièrement aigue aux États-Unis, avec des conséquences considérables pour le reste du monde. Pour lutter contre cette tendance, il faudra une réaction déterminée, stratégique et coordonnée de la part des électeurs, de la société civile, des institutions multilatérales et des gouvernements respectueux des droits humains à travers le monde. »
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