04.02.2026 à 06:00
Human Rights Watch
(Washington) – Le second mandat du président américain Donald Trump a été marqué par des violations généralisées des droits humains et des attaques soutenues contre les piliers fondamentaux d’une gouvernance démocratique et responsable des États-Unis, a déclaré aujourd’hui Human Rights Watch dans son Rapport mondial 2026. Le pays s’est rapidement engagé sur une pente dangereuse vers l’autoritarisme, une tendance que l’impunité pour les abus graves ne fera qu’accélérer.
Rapport mondial 2026 Rapport abrégé en françaisDans la 36e édition de son Rapport mondial, qui comprend 529 pages, Human Rights Watch examine les pratiques en matière de droits humains dans plus de cent pays. Dans son essai introductif, le directeur exécutif Philippe Bolopion estime que briser la déferlante autoritaire qui est en train de s’abattre sur le monde constitue le défi d’une génération. Le système des droits humains se trouvant menacé comme jamais auparavant par l’administration Trump et les autres puissances mondiales, Philippe Bolopion appelle les démocraties respectueuses des droits et la société civile à construire une alliance stratégique afin de défendre les libertés fondamentales.
« Le second mandat de l’administration Trump a été marqué par des attaques continuelles et généralisées contre les droits et les libertés », a déclaré Tanya Greene, directrice du programme États-Unis à Human Rights Watch. « L’administration Trump ne se contente pas de revenir sur les protections durement acquises au cours des dernières décennies ; elle démantèle activement les piliers fondamentaux de la démocratie américaine. »
Voici certains des principaux défis en matière de droits humains qui ont été observés aux États-Unis sur le plan intérieur en 2025 :
L’administration Trump a lancé une campagne brutale et à grande échelle de raids et d’arrestations massives d’immigrants, notamment en procédant à de vastes déploiements d’agents fédéraux qui ont terrorisé des communautés immigrées à travers tout le pays. Elle a expulsé sommairement des individus, dont des demandeurs d’asile, vers des pays tiers dans le cadre d’actions délibérément punitives ; elle a notamment procédé à la disparition forcée de ressortissants vénézuéliens, transférés vers une prison salvadorienne tristement célèbre, où ils ont été détenus de façon arbitraire et torturés.L’administration Trump a entrepris des efforts considérables visant à saper l’obligation du gouvernement de rendre des comptes pour ses actes, ; elle a affaibli le respect des droits civiques, démantelé des mécanismes de protection contre la discrimination. Elle a aussi menacé des organisations de la société civile, désormais confrontées au risque d’enquêtes pénales de manière infondée, et du retrait de leur statut d’organisme caritatif sur la base de motifs politiques.L’administration Trump a porté atteinte au droit à la santé en réduisant drastiquement les subventions dont dépendent des millions de personnes aux États-Unis pour avoir accès à une assurance-maladie. Ces mesures privant des millions de personnes d’une assurance-maladie sont censées financer des réductions d’impôts pour les ménages aisés et les grandes entreprises.Les restrictions à l’accès à l’avortement se sont multipliées dans plusieurs États. L’administration Trump a attaqué l’organisation Planned Parenthood (« Planification familiale »), compromettant l’accès aux soins de santé pour plus d’un million de personnes, et a réduit le financement des programmes, du personnel et de la recherche en matière de santé reproductive.Sur la scène internationale, la politique étrangère américaine a également été marquée par un mépris flagrant des obligations des États-Unis en matière de droits humains, et par un net recul des efforts visant à promouvoir ces droits en tant qu’axe important de leur diplomatie.
En particulier, l’administration Trump a pris les mesures suivantes sur le plan international :
Elle a brusquement mis fin à la quasi-totalité de l’aide étrangère américaine, y compris aux financements destinés aux défenseurs des droits humains, aux organisations de la société civile locale et à l’aide humanitaire vitale.Elle s’est retirée de forums multilatéraux essentiels à la protection des droits humains dans le monde, notamment le Conseil des droits de l’homme de l’ONU, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et l’Accord de Paris sur le climat.Elle a considérablement affaibli les capacités institutionnelles du Département d’État américain en matière de droits humains, ; le rapport annuel de ce Département sur les droits humains dans le monde a présenté une version largement faussée de cette situation.Elle a intensifié son hostilité à l’égard de mécanismes indépendants d’obligation de rendre des comptes, et d’efforts visant à renforcer la justice internationale, notamment en imposant des sanctions à des responsables de la Cour pénale internationale (CPI), à une experte de l’ONU et à trois importantes organisations palestiniennes de défense des droits humains.Enfin, elle a illégalement procédé à de nombreuses frappes militaires létales contre des embarcations dans les Caraïbes et dans des zones de l’océan Pacifique situées à proximité, faisant des dizaines de morts.« La politique étrangère de cette administration reflète son offensive contre les droits humains sur le plan intérieur », a déclaré Sarah Yager, directrice du bureau de Washington de Human Rights Watch et responsable du plaidoyer sur la politique étrangère des États-Unis. « Le même mépris de l’état de droit qui alimente les atteintes aux droits humains à l’intérieur du pays est à l’origine d’exécutions extrajudiciaires en mer, en violation flagrante du droit international. »
04.02.2026 à 06:00
Human Rights Watch
(Bangkok) – Le gouvernement indien, dirigé par le parti nationaliste hindou Bharatiya Janata (BJP), a diffamé les minorités religieuses et expulsé des centaines de musulmans parlant le bengali et de réfugiés rohingyas, qualifiés d’« immigrants illégaux », en 2025, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui dans son Rapport mondial 2026. Les autorités ont intensifié leur répression contre des personnes exprimant des critiques à l’égard du gouvernement et ont fait pression sur les médias pour qu’ils s’autocensurent ; ces actions ont favorisé des exactions de la part d’agents gouvernementaux et de partisans du BJP.
« Le gouvernement indien a normalisé la violence contre les minorités religieuses, les groupes marginalisés et les critiques par le biais de politiques discriminatoires, de discours haineux et de poursuites judiciaires à motivation politique », a déclaré Elaine Pearson, directrice de la division Asie de Human Rights Watch. « Au lieu de revenir sur ses politiques abusives pour promouvoir le pays comme une voix mondiale en matière de droits humains, le gouvernement du BJP a nui à la réputation de l’Inde sur la scène internationale. »
Rapport mondial 2026 Rapport abrégé en françaisDans la 36e édition de son Rapport mondial, qui comprend 529 pages, Human Rights Watch examine les pratiques en matière de droits humains dans plus de cent pays. Dans son essai introductif, le directeur exécutif Philippe Bolopion estime que briser la déferlante autoritaire qui est en train de s’abattre sur le monde constitue le défi d’une génération. Le système des droits humains se trouvant menacé comme jamais auparavant par l’administration Trump et les autres puissances mondiales, Philippe Bolopion appelle les démocraties respectueuses des droits et la société civile à construire une alliance stratégique afin de défendre les libertés fondamentales.
En avril 2025, une attaque meurtrière perpétrée au Jammu-et-Cachemire par des hommes armés qui ont ciblé des touristes hindous a déclenché un conflit armé de quatre jours entre l'Inde et le Pakistan. À la suite à ces événements, les autorités indiennes ont réprimé la dissidence en bloquant brièvement certains médias et commentateurs indépendants, en arrêtant des personnes pour leurs commentaires sur les réseaux sociaux, et en intentant des poursuites contre des universitaires et des satiristes.Les discours de haine, souvent associés à des groupes nationalistes hindous, et les attaques contre les musulmans se sont multipliés. Les autorités ont continué de procéder à des démolitions illégales de maisons et de propriétés appartenant à des musulmans, prétextant qu'elles avaient été construites illégalement, qu'elles appartenaient à de présumés militants ou qu'elles étaient occupées par des « immigrants illégaux », des actions contraires à un arrêt de la Cour suprême.Au Ladakh, en septembre, la police a tué quatre personnes après que des manifestations réclamant l'autonomie ont dégénéré en violences et que des manifestants ont incendié un véhicule de police ainsi que des bureaux du parti BJP. Les autorités ont temporairement coupé l'accès à Internet mobile et arrêté Sonam Wangchuk, un enseignant et activiste climatique, dans une affaire à motivation politique relevant de la Loi sur la sécurité nationale.Plusieurs activistes, dont des étudiants, sont restés emprisonnés sans inculpation en vertu d'une loi antiterroriste abusive. Les autorités ont également utilisé les lois sur le financement étranger, les lois antiterroristes, des enquêtes financières fabriquées de toutes pièces ainsi que d'autres moyens pour harceler et poursuivre des activistes, des organisations de la société civile ainsi que les opposants politiques du BJP.La Commission électorale a fait face à des accusations croissantes de partialité de la part de politiciens de l'opposition et de défenseurs des droits, notamment concernant des fraudes électorales ainsi que des incohérences dans les listes électorales.Human Rights Watch a déclaré que les autorités indiennes devraient mettre fin aux politiques discriminatoires, à l'incitation à la haine et aux actes illégaux à l’encontre des musulmans, des chrétiens ainsi que d’autres minorités religieuses, et garantir la justice pour les victimes. Elles devraient cesser de harceler et de poursuivre en justice les organisations de la société civile, les opposants politiques du BJP ainsi que les manifestants pacifiques, et abandonner immédiatement toutes les accusations à motivation politique portées contre des activistes et d’autres personnes exprimant des critiques à l’égard du gouvernement.
04.02.2026 à 06:00
Human Rights Watch
(Beyrouth) - En 2025, les autorités iraniennes ont procédé à des exécutions à une échelle inédite depuis la fin des années 80, à des massacres en réponse aux manifestations qui ont éclaté dans tout le pays, ainsi qu’à des arrestations arbitraires et de masse, et intensifié la répression sous couvert de sécurité nationale, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui dans son Rapport mondial 2026.
La répression meurtrière des manifestations qui ont éclaté fin décembre s’est fortement intensifiée début 2026, avec le massacre, par les forces de sécurité, de milliers de manifestants et de passants. Le bilan s’élève à des milliers de morts. Human Rights Watch a mis en évidence une escalade coordonnée dans l’usage illégal et meurtrier de la force par les autorités depuis le 8 janvier, notamment des preuves attestant que des manifestants et des passants ont été tués ou blessés par des balles qui les ont touchés à la tête et au torse. Les autorités ont commis ces massacres alors qu’elles avaient imposé une coupure totale d’Internet et des restrictions sur les télécommunications à l’échelle nationale afin de dissimuler l’ampleur réelle des atrocités.
L’année 2025 a été marquée par des violations généralisées et systématiques du droit à la vie, notamment par l’application de la peine de mort. Selon l’organisation de défense des droits humains Abdorrahman Boroumand Center, fin décembre, les autorités iraniennes avaient exécuté plus de 2 000 personnes, soit le nombre le plus élevé d’exécutions connues depuis la fin des années 80.
« En 2025, la spirale de l’impunité et des effusions de sang a entraîné une vague d’exécutions sans précédent depuis des dizaines d’années, ainsi que la répression de manifestation la plus meurtrière, qui a conduit à des massacres sans précédent de manifestants et de passants cette année », a déclaré Bahar Saba, chercheuse senior sur l’Iran à Human Rights Watch. « La communauté internationale devrait d’urgence prendre des mesures concrètes pour demander des comptes aux responsables, en examinant tous les recours à disposition, notamment la compétence universelle. »
Rapport mondial 2026 Rapport abrégé en françaisDans la 36e édition de son Rapport mondial, qui comprend 529 pages, Human Rights Watch examine les pratiques en matière de droits humains dans plus de cent pays. Dans son essai introductif, le directeur exécutif Philippe Bolopion estime que briser la déferlante autoritaire qui est en train de s’abattre sur le monde constitue le défi d’une génération. Le système des droits humains se trouvant menacé comme jamais auparavant par l’administration Trump et les autres puissances mondiales, Philippe Bolopion appelle les démocraties respectueuses des droits et la société civile à construire une alliance stratégique afin de défendre les libertés fondamentales.
Les forces de sécurité iraniennes ont procédé à des massacres de manifestants après l’escalade des manifestations nationales le 8 janvier 2026. Ces massacres commis par les forces de sécurité iraniennes rappellent brutalement que les dirigeants qui massacrent leur propre peuple continueront à commettre des atrocités jusqu’à ce qu’ils soient amenés à rendre des comptes.Plus de la moitié des exécutions concernaient des infractions liées à la drogue, en violation flagrante du droit international. Les exécutions ont été précédées d’atteintes systématiques et manifestes au principe d’équité des procès, et les femmes et les membres de minorités ethniques, dont beaucoup appartiennent également à la minorité religieuse sunnite, ont été de plus en plus souvent condamnées à mort.Les autorités iraniennes ont continué de réprimer brutalement la dissidence et d’exercer une répression transnationale. Des centaines de dissidents, d’avocats, de journalistes, de membres de minorités ethniques et religieuses et de ressortissants binationaux et étrangers sont toujours détenus arbitrairement en Iran. Les autorités ont maintenu et mis en œuvre des lois et des politiques imposant l’obligation discriminante et dégradante du port du voile, et leurs déclarations officielles des derniers mois de l’année laissent présager une nouvelle vague de répression. La torture et d’autres mauvais traitements, notamment le fait de délibérément refuser des soins médicaux aux prisonniers, sont restés des pratiques systématiques et généralisées. Les punitions comprenaient la flagellation et l’amputation, qui constituent des actes de torture. Les autorités ont continué d’exercer une répression contre les minorités ethniques et religieuses, notamment à l’encontre des bahaïs, ce qui constitue un crime contre l’humanité. Human Rights Watch a constaté qu’en juin 2023, les forces israéliennes avaient attaqué illégalement la prison d’Evin à Téhéran, en l’absence de toute cible militaire évidente, tuant et blessant une multitude de civils, ce qui constitue un crime de guerre manifeste. À la suite des frappes, les prisonniers politiques aux mains des autorités iraniennes ont subi des mauvais traitements et fait l’objet de disparitions forcées. Human Rights Watch a également enquêté sur cinq frappes iraniennes de missiles balistiques qui ont touché des régions peuplées d’Israël et tué 20 civils, et a conclu qu’il s’agissait vraisemblablement de crimes de guerre.