27.08.2025 à 17:38
Rowan Philp
Les images satellites sont désormais d’importance capitale pour un grand nombre d’enquêtes. Elles ont notamment permis de mettre au jour la destruction d’habitations à Gaza, des charniers dans les régions ukrainiennes contrôlées par la Russie, ou encore le lien entre la déforestation provoquée par les entreprises en Amazonie et d’importants incendies de forêt.
On associe ce genre d’outils aux grands médias, qui disposent de ressources importantes. L’accès à ces images – ainsi que la liste croissante de fournisseurs d’images et d’options d’analyse avancée – peut intimider les nouveaux venus, en particulier dans les pays du Sud.
Selon les experts, de nombreuses rédactions manquant de ressources ont l’impression que ces images sont soumises à des contrats d’exclusivité ou nécessitent des compétences avancées en matière de données et de recherche. Nombreux sont ceux qui craignent également que les fournisseurs d’imagerie satellite s’opposent forcément aux demandes d’accès gratuit aux données qui émaneraient d’organes de presse qu’ils ne connaissent pas.
La réalité est toute autre. Malgré certaines restrictions, de nombreuses images de qualité sont bel et bien disponibles.
GIJN a interrogé deux journalistes de premier plan qui ont travaillé auparavant pour des fournisseurs privés d’imagerie satellitaire : Laura Kurtzberg, enseignante en visualisation de données à l’Université internationale de Floride et ancienne ingénieure en applications chez Descartes Labs, et Daniel Wolfe, journaliste graphique au Washington Post et ancien ingénieur en visualisation de données chez Planet Labs.
Selon ces journalistes :
« Je pense que, pour le journaliste moyen, Google Earth et EO Browser sont les seuls outils dont vous avez réellement besoin pour obtenir des images satellites gratuites », avance Laura Kurtzberg. « Investir du temps pour s’entraîner et apprendre à utiliser ces deux outils permet donc de couvrir la plupart des besoins. N’hésitez pas à vérifier si ces bases de données contiennent des images très récentes : elles pourraient contenir une image sans couverture nuageuse du lieu qui vous intéresse au cours des deux derniers jours ».
Et d’ajouter : « Cela dit, si vous ne trouvez pas l’image dont vous avez besoin via ces deux outils, il serait bon de connaitre quelqu’un qui travaille pour une société privée d’imagerie ».
Choisir des outils d’imagerie satellitaire gratuits et faciles d’emploi
Un article publié par GIJN en 2019 et traitant du Centre INK pour le journalisme d’investigation, organisation à but non lucratif au Botswana, a permis de souligner l’importance d’un accès gratuit à ce genre de données. Le cofondateur d’INK, Joel Konopo, y a révélé que des journalistes du média ont réduit leurs salaires pourtant déjà modestes afin de réunir les fonds nécessaires pour acheter une seule image satellite privée, dans le but de vérifier les informations de leur enquête sur la maison de campagne du président de l’époque.
Cette image de DigitalGlobe, via la société sud-africaine Swift Geospatial Solutions, montre des aménagements importants dans le domaine privé d’un ancien président du Botswana. Une enquête menée en 2019 par l’organisation à but non lucratif INK, au Botswana, a révélé que des deniers publics ont financé ce développement immobilier.
Selon Laura Kurtzberg, l’image de ce domaine est un exemple type de données qu’aucune rédaction ne devrait aujourd’hui avoir à acheter, ni même demander. En effet, INK n’avait pas besoin d’une image datant d’un jour en particulier, et le domaine contient de grands bâtiments faciles à identifier même avec les images que fournirait un satellite à résolution moyenne et en libre accès, tel que le Sentinel-2 de l’Agence spatiale européenne.
Selon Daniel Wolfe, les nouveaux utilisateurs devraient commencer par évaluer les besoins de leur enquête : la date et la résolution de l’image sont-elles des priorités ?
« En général, votre rédacteur en chef veut l’image parfaite : une image nette ou récente, voire les deux en même temps », explique-t-il. « Imaginons que vous vous penchez sur des stades financés par le gouvernement chinois en Afrique, et que vous voulez savoir où en sont les travaux. Vous aurez fait un grand pas en avant si vous savez quelle période de temps vous intéresse, et quelle doit être la netteté de l’image. Une plaine inondable n’a pas besoin d’être en haute résolution. S’il s’agit d’une image pour montrer la topographie du lieu avant l’évènement qui vous préoccupe – afin de publier un avant / après – l’image peut être tout à fait claire puisque vous n’avez pas à utiliser une image datant d’un jour en particulier ».
Il ajoute : « Les choses se compliquent lorsqu’il s’agit d’un événement très récent. Mais il est souvent possible d’obtenir gratuitement des images suffisamment proches de la période qui vous intéresse.
Les satellites publics que Daniel Wolfe consulte en priorité sont LandSat de la NASA, dont la résolution est faible ou moyenne – « la résolution est à l’échelle d’une ville » – et Sentinel-2, qui a une résolution moyenne d’environ 10 mètres par pixel. Mais il ajoute que les nouveaux venus n’ont probablement pas à s’inquiéter du choix de la source satellitaire, car les outils en sources ouvertes font le travail à leur place : Google Earth présélectionne la meilleure image disponible à partir d’un mélange de satellites, EO Browser choisit par défaut l’excellent service Sentinel-2, et dispose également de LandSat et d’autres bases d’images dans sa bibliothèque que vous pouvez sélectionner d’un simple clic.
« Si vous créez un compte gratuit sur NASA WorldView, vous bénéficiez d’un accès à tous les flux de données de la NASA et utiliser cette base de données aussi simplement que Google Maps », explique-t-il. Le bouton « Add layer » (« Ajouter une couche ») permet de rechercher une catastrophe qui vous intéresse. Vous pouvez également rechercher les données brutes et utiliser des éléments tels que la fonction « Fire and Thermal Anomalies » (« Anomalies thermiques et d’incendie ») pour corroborer des informations sur les incendies ou les explosions.
La fonction « Fire and Thermal Anomalies » de l’outil Worldview de la NASA montre les principaux incendies qui se produisent chaque jour. Image : Capture d’écran, NASA
Daniel Wolfe explique : « Les journalistes n’ont pas forcément besoin d’utiliser toutes les fonctions disponibles. Pour les débutants, je recommanderais Sentinel Hub. »
Outre la facilité d’usage de son tableau de bord EO Browser, l’un des principaux avantages du programme Sentinel Hub, selon lui, est la fréquence des prises de vue par Sentinel-2 : les mêmes lieux sont pris en photo tous les cinq ou six jours.
« Les satellites sont espacés de telle sorte que, jour après jour, chaque région est survolée, plus ou moins, et les images sont prises à peu près au même moment de la journée, pour des raisons d’ombres comparables, etc. »
En résumé, il faut d’abord apprendre à utiliser les interfaces « pointer-cliquer » de Google Earth et d’EO Browser, qui sont excellentes. Quand on n’a pas l’habitude, un outil comme EO Browser n’est pas si facile à manier, surtout quand on a des délais à tenir », explique Laura Kurtzberg.
(Les journalistes ayant des compétences informatiques avancées peuvent approfondir les données de Sentinel Hub grâce à cette collection de codes Javascript et de scripts personnalisés).
Selon Carl Churchill, infographiste au sein du Wall Street Journal, le satellite GOES, exploité par la National Oceanic and Atmospheric Administration des États-Unis, est une source gratuite utile qui ne figure pas dans EO Browser. « Il s’agit d’un satellite géostationnaire qui prend une photo géante de l’ensemble de l’hémisphère occidental toutes les 10 minutes », explique-t-il. Outre les options de téléchargement facile et gratuit de ce satellite via NASA Worldview, Carl Churchill recommande de consulter l’excellente plateforme brésilienne DSAT.
Réglé ici à 80 %, le curseur « Couverture nuageuse maximale » d’EO Browser n’affiche que les images de l’aéroport international Murtala Muhammed de Lagos dont la couverture nuageuse est inférieure à 20 %. Image : Capture d’écran, Sentinel Hub EO Browser
Le calendrier intelligent de Sentinel Hub révèle les dates auxquelles les images d’un lieu ont été prises et sélectionnées. Image : Capture d’écran, EO Browser
L’outil « règle » d’EO Browser, montrant ici la distance (1 700 mètres) entre les pistes de l’aéroport Murtala Muhammed de Lagos, au Nigeria. Image : Capture d’écran, EO Browser
⇒ Assurez-vous d’avoir créé un compte gratuit sur EO Browser.
⇒ Tapez le nom ou les coordonnées de la zone dans la barre de recherche et lancez la recherche.
⇒ Cliquez sur « Visualiser » sur une vignette dans le menu principal pour voir l’image et affiner les limites de temps.
⇒ Faites défiler jusqu’à l’icône montrant une bobine de film puis cliquez sur « Create timelapse », et sélectionnez les dates de début et de fin.
⇒ Désélectionnez les vignettes où les nuages bloquent la vue. Conseil : veillez à ne pas confondre nuages et fumée sur ces petites images, et à ne pas désélectionner par erreur des images de feux de forêt ou de conflits.
⇒ Choisissez le nombre d’images par seconde à l’aide de l’icône « SPEED » située en bas de l’écran. « Vous pouvez contrôler la vitesse à laquelle défilent les images, et vous pouvez faire durer la dernière image pour que votre lecteur se concentre vraiment dessus », explique Daniel Wolfe. « Vous pouvez ensuite exporter la vidéo au format MPEG. »
⇒ Prévisualisez en cliquant sur « Play » et téléchargez la vidéo.
Toutefois, si votre enquête nécessite une image prise à un moment précis ou une vue claire d’un objet de la taille d’un véhicule, vous aurez besoin d’une image à haute résolution, précis jusqu’à un mètre ou moins. Outre les satellites militaires, ces images ne sont recueillies que par des fournisseurs commerciaux tels que Planet Labs, Maxar Technologies, Airbus Earth Observation et BlackSky. Ces fournisseurs peuvent également aider les clients à trouver des images plus anciennes à une date et à une heure données, et à donner aux satellites des objectifs de prise de vue pour des projets futurs.
« Si vous devez vérifier que la voiture du président se trouvait à tel endroit à telle heure, alors, oui, vous devrez peut-être contacter un attaché de presse d’une entreprise privée », explique Daniel Wolfe. « Ces entreprises disposent d’équipes de marketing dont le travail consiste, en partie, à anticiper et à créer des images avant même que les journalistes ne les demandent. Ainsi, s’il s’agit d’un événement comme le tremblement de terre de Taïwan, nous n’avons pas besoin de les solliciter, car ils nous envoient déjà ce matériel par courrier électronique si nous figurons sur leur liste de journalistes.
Daniel Wolfe souligne que le personnel chargé du marketing et de la presse dans les entreprises de satellites a tendance à être ouvert aux demandes d’images gratuites de la part des médias et anticipe souvent les besoins de la presse.
« Les attachés de presse de ces entreprises souhaitent généralement fournir ces données aux journalistes, parce qu’ils savent que les entreprises seront alors citées dans la presse », explique-t-il. « N’oubliez pas qu’un grand nombre de personnes travaillant pour ces fournisseurs se sont lancées dans ce secteur parce qu’elles croient en leur mission, à savoir qu’il ne s’agit pas de surveillance, mais que ces données sont utiles au monde entier lorsqu’elles sont entre de bonnes mains. Lorsque je travaillais chez Planet, il arrivait que des gens nous écrivent : « Nous effectuons une mission de sauvetage, l’avion de notre ami s’est écrasé dans cette forêt, pouvez-vous nous envoyer des images de la zone ? Je peux vous dire que nous laissions tout tomber pour leur venir en aide. L’importance et la nécessité font toute la différence ».
Les rédactions de petite taille doivent absolument rentrer en contact avec ces entreprises.
Daniel Wolfe se souvient : « Quand je recevais des demandes émanant de petits médias, je ne me suis jamais dit : Ils ne sont pas le New York Times, je ne vais donc pas me pencher sur la question. Du point de vue du service de presse, il est facile de télécharger l’image et de l’envoyer par courrier électronique. »
Ces fournisseurs éprouvent une grande fierté à soutenir les enquêtes de presse, comme le révèle cette page du site web de Maxar. Quant à Planet, l’entreprise déclare : « Chaque jour, nos données donnent vie à l’actualité et à des enquêtes dans des endroits isolés et souvent dangereux. »
En outre, le WeatherDesk de Maxar a fourni des cartes de données associées à des conflits, comme cette carte montrant un net déficit dans la plantation de cultures, en rouge, en 2022, par rapport à la période d’avant-guerre. Image : Capture d’écran, Maxar
Laura Kurtzberg souligne que, d’après son expérience de la filière de l’imagerie satellite, il existe une légère tension entre l’envie des responsables du marketing d’aider à la rédaction d’articles et le désir de leurs supérieurs d’y trouver un avantage pour la marque de l’entreprise.
C’est pourquoi elle conseille aux journalistes des rédactions moins connues de décrire brièvement, dans les demandes qu’elles envoient par courrier électronique, la taille de leur lectorat, leur importance relative dans le paysage médiatique, leur indépendance journalistique et les prix qu’elles ont reçu.
Lorsque je travaillais pour une société d’imagerie satellitaire et que j’entendais parler d’un journaliste qui voulait utiliser nos images, je me disais toujours « Super ! Allons-y ! Mais la direction me répondait ensuite : « D’accord, mais que va-t-on en tirer ? » », se souvient-elle. C’est pourquoi il est utile de préciser [au fournisseur d’images satellites] : « Nous avons tant de lecteurs » si vous en avez beaucoup, ou « Nos articles sont repris par de nombreux médias », ou « Nous avons tel impact dans notre pays ». S’il s’agit d’une demande détaillée et que vous dites que vous êtes le média le plus populaire ou le plus primé dans tel petit pays, vous avez plus de chance que l’entreprise vous vienne en aide.
Conseil pour les médias de petite taille : Accompagnez votre première prise de contact d’une demande d’image simple et non urgente, en précisant les coordonnées géographiques, pour illustrer un article sur lequel vous travaillez réellement et qui ne nécessite pas de photo à une date précise. Une fois publié, envoyez à votre contact une copie de l’article avec l’image fournie, accompagnée d’un message de remerciement.
En outre, le WeatherDesk de Maxar a fourni des cartes de données associées à des conflits, comme cette carte montrant un net déficit dans la plantation de cultures, en rouge, en 2022, par rapport à la période d’avant-guerre. Image : Capture d’écran, Maxar
« Essayez de tenir compte de leurs contraintes de temps, comme vous le feriez avec n’importe quelle source », conclut Daniel Wolfe. « Écrivez donc : Voici ce que nous faisons, cette enquête est importante, voici comment nous avons l’intention d’utiliser l’image, avez-vous des images de cet endroit à telle heure ? »
« L’utilisation actuelle de l’imagerie satellite dans le cadre du journalisme d’investigation n’est que la partie émergée de l’iceberg », déclare Andrew Lehren, directeur du journalisme d’investigation à l’école de journalisme CUNY de New York. « Il s’agit d’une forme puissante de preuve qui est largement disponible gratuitement. Nous constatons l’intérêt de ces images pour la couverture des catastrophes naturelles, bien évidemment, mais il y a tellement d’autres reportages qui pourraient s’appuyer sur ces données. La construction et la pollution illicites et presque toutes les activités illégales à grande échelle qui se déroulent derrière une clôture peuvent désormais être observées. Il n’est même plus nécessaire d’avoir recours aux grandes entreprises privées : on peut le faire soi-même, depuis son ordinateur. »
Traduit de l’anglais par Olivier Holmey.
Rowan Philp est grand reporter au sein de la rédaction de GIJN, responsable de la stratégie d’impact. Il a été grand reporter au Sunday Times sud-africain. En tant que correspondant étranger, il a couvert l’actualité politique, économique et militaire d’une vingtaine de pays.
30.05.2025 à 15:52
Maxime Domegni
Bien qu’il existe de nombreuses formations en ligne sur les techniques de recherche avancées, le Réseau international sur le journalisme d’investigation (GIJN) et le pilier de formation de l’iMEdD, Ideas Zone, ont constaté un besoin important de compétences de base en matière de journalisme d’investigation.
C’est pourquoi nous avons élaboré ce guide – qui fait partie du programme « Introduction au journalisme d’investigation » mis en œuvre collaborativement en 2024 – et engagé quelques-uns des meilleurs journalistes d’investigation du monde entier pour le rédiger.
Les chapitres sont rédigés par : Jelena Cosic (ICIJ), Wahyu Dhyatmika (Tempo), Emilia Díaz-Struck (GIJN), Mariam Elba (ProPublica), Will Fitzgibbon (The Examination), Brant Houston (University of Illinois), Karol Ilagan (University of the Philippines), Purity Mukami (OCCRP), Miranda Patrucic (OCCRP), Runa Sandvik (Granitt), Hamadou Tidiane Sy (Ouestaf News), Shereen Youssef (BBC Verify), Marina Walker (Pulitzer Center), et Margot Williams (The Intercept).
Le guide a été édité par Nikolia Apostolou, Jabeen Bhatti, John Dyer, Martha Hamilton, Reed Richardson et Alexa van Sickle. Les chapitres ont été vérifiés par Jabeen Bhatti, Martha Hamilton et Katrina Janco.
Des conseils juridiques ont été fournis par le Cyrus R. Vance Center for International Justice.
Le projet n’aurait pas été possible sans l’aide et le soutien de GIJN et du personnel de l’iMEdD :
De GIJN :
Directrice du centre de ressources : Nikolia Apostolou; Directrice exécutive : Emilia Díaz-Struck; responsables régionaux et associés : Aïssatou Fofana, Maxime Domegni, Benon Oluka; assistance supplémentaire : Leonardo Peralta; Illustrations : Smaranda Tolosano
De l’iMEdD :
Cofondatrice et directrice générale : Anna-Kynthia Bousdoukou; responsable de l’Incubator and Ideas Zone: Dimitris Bounias; chefs de projet : Nikolas Aronis, Nota Vafea et Katerina Voutsina; directeur artistique : Evgenios Kalofolias
La version originale de ce guide est disponible en anglais et en grec.
24.04.2025 à 10:38
Alcyone Wemaere
Les journalistes travaillant au Moyen-Orient et en Afrique du Nord (MENA) sont souvent en première ligne des tragédies qui se déroulent – de Gaza et du Soudan à la Syrie, du Yémen à l’Irak. Dans ces situations de conflit et d’après-conflit, les journalistes peuvent être parmi les premiers à découvrir des preuves potentielles de crimes de guerre. Leur travail peut aller au-delà du témoignage et de l’information du public ; il peut contribuer aux efforts de responsabilisation et aux procédures judiciaires. Mais pour le faire de manière responsable, il faut des compétences spécifiques et une connaissance approfondie de la manière de collecter, de vérifier, de préserver et de stocker des documents sensibles.
Ce webinaire GIJN organisé le 6 mai 2025 explore comment les journalistes d’investigation peuvent documenter les violations des droits de l’homme dans les zones de guerre, en mettant l’accent sur les méthodes permettant de s’assurer que les informations recueillies pourront ensuite être utilisées par les enquêteurs juridiques ou les tribunaux internationaux. S’appuyant sur leur expérience de terrain en Syrie, en Irak et en Palestine, notre panel d’experts a partagé des outils pratiques, des considérations éthiques et des techniques testées sur le terrain pour enregistrer les témoignages, analyser les sources ouvertes et archiver les preuves d’une manière sûre et légale.
Raji Abdul Salam est un analyste d’archives de données juridiques qui possède une grande expertise dans la documentation des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité et des tentatives de génocide en Syrie et en Irak. Son examen médico-légal de centaines de témoignages a permis d’appuyer les poursuites engagées contre des criminels de guerre syriens devant des tribunaux européens. Actuellement archiviste en chef des données juridiques au sein de The Reckoning Project, Salam se spécialise dans le suivi de la provenance des preuves, la vérification des déclarations des témoins et la réalisation d’analyses juridiques des violations des droits de l’homme.
Laila Al-Arian est journaliste et productrice principale pour Al Jazeera English à Washington, DC. Elle est co-auteur, avec Chris Hedges, de « Collateral Damage : America’s War Against Iraqi Civilians », basé sur leur enquête du magazine Nation, The Other War, qui a été sélectionnée comme l’une des histoires les plus importantes de l’année 2008 par Project Censored. Le travail de Mme Al-Arian a été publié dans le Guardian, The Independent, The Nation et d’autres grands médias. Elle est titulaire d’une maîtrise de l’école supérieure de journalisme de l’université de Columbia.
Hadi Al Khatib est le fondateur et directeur des archives syriennes et cofondateur de Mnemonic, une organisation à but non lucratif qui se consacre à la préservation et à la vérification de la documentation de source ouverte sur les violations des droits de l’homme dans les zones de conflit. Grâce à son travail, Hadi Al Khatib a contribué à jeter des ponts entre les journalistes, les professionnels du droit et les organisations de la société civile afin de renforcer l’utilisation des preuves numériques dans les processus de responsabilisation.
La modératrice de ce webinaire est Alia Ibrahim, PDG et cofondatrice de Daraj, une plateforme de médias numériques indépendante basée au Liban. Journaliste chevronnée et ancienne correspondante principale d’Al-Arabiya, Alia Ibrahim a produit des documentaires d’investigation primés et réalisé des reportages pour des médias tels que le Washington Post, Al-Hayat et Al-Arabiya.net. Elle enseigne également le journalisme à la Lebanese American University.
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