03.08.2026 à 12:27
Le 28 juillet, le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a ordonné à l’armée israélienne de prendre le contrôle d’un autre camp de réfugiés palestiniens en Cisjordanie, sans préciser lequel. Il a déclaré que l’opération devait suivre le « modèle de Tulkarem, Nur Shams et Jénine ».
Ces propos laissent présager de nouvelles expulsions de Palestiniens de leurs foyers et, par conséquent, un renforcement du nettoyage ethnique et des crimes de guerre.
L’armée israélienne a expulsé les résidents des camps de réfugiés de Tulkarem, Nur Shams et Jénine en janvier et février 2025, dans le cadre de l’opération « Mur de fer », une opération militaire brutale, voire meurtrière, qui a entraîné le plus grand déplacement massif de Palestiniens en Cisjordanie depuis 1967. Katz avait déclaré que ce déplacement durerait un an. Mais vingt mois plus tard, selon les Nations unies, plus de 33 000 réfugiés palestiniens sont toujours déplacés de leurs foyers dans les camps de réfugiés où ils vivaient il y a deux ans.
L’armée israélienne continue d’interdire tout accès aux camps, privant ainsi ces réfugiés du droit de retourner chez eux. Dispersés à travers la Cisjordanie, les réfugiés sont contraints de louer des logements, de séjourner chez des proches ou de solliciter un hébergement temporaire auprès d’organisations caritatives. Non seulement les camps ont été vidés, mais l’armée israélienne a également systématiquement démoli des habitations et des bâtiments pour faire place à un nouveau réseau de routes élargies et de voies d’accès, soi-disant pour des « raisons militaires ».
Human Rights Watch a constaté en novembre 2025 que ces actes de déplacement forcé constituent des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité.
Dans le cadre de notre enquête sur l’opération « Mur de fer », Human Rights Watch a identifié des hauts responsables qui devraient faire l’objet d’une enquête et être poursuivis en justice pour ces crimes de guerre et crimes contre l’humanité, notamment le Premier ministre Benjamin Netanyahou et le ministre de la Défense Israel Katz. Malgré l’abondance des preuves recueillies, les autorités israéliennes n’ont pas enquêté sur les agissements abusifs de leur armée, et les gouvernements étrangers concernés n’ont imposé aucune sanction pour les atrocités commises.
Cette absence de responsabilité envoie le message profondément inquiétant que des crimes graves peuvent être perpétrés en toute impunité. Les gouvernements devraient agir de toute urgence pour empêcher le déplacement forcé potentiel d’un plus grand nombre de réfugiés palestiniens, notamment en imposant des sanctions ciblées à l’encontre des personnes impliquées dans les graves violations en cours, en suspendant les transferts d’armes vers Israël, en interdisant le commerce avec les colonies illégales, en envisageant de suspendre les accords commerciaux préférentiels avec Israël, et en soutenant la Cour pénale internationale et ses enquêtes en cours, notamment en exécutant ses mandats d’arrêt.
L’annonce de Katz montre que lorsque des crimes internationaux graves restent impunis, ils peuvent se reproduire.
03.08.2026 à 06:01
(New York) – Les talibans ont installé en Afghanistan l’une des pires crises des droits humains au monde et ont systématiquement porté atteinte aux droits des femmes et des filles depuis leur prise du pouvoir il y a cinq ans, a déclaré aujourd’hui Human Rights Watch, en publiant une chronologiedes abus commis ces cinq dernières années. L’Afghanistan est également confronté à une grave crise humanitaire, avec près de 40 % de la population ayant un besoin d’aide urgent.
Depuis la prise de Kaboul le 15 août 2021, les autorités talibanes ont imposé des restrictions drastiques aux droits des femmes en matière de travail, de liberté de circulation et de participation à la vie publique, dans le cadre d’un vaste système visant à exercer un contrôle strict sur la société et à réprimer toute dissidence. La police des mœurs des talibans a fait des descentes sur les lieux de travail, surveillé les espaces publics et procédé à des arrestations arbitraires de femmes pour des violations présumées des règles relatives au code vestimentaire. L’Afghanistan reste le seul pays au monde où les filles n’ont pas le droit de poursuivre leurs études au-delà de la sixième.
Afghanistan : Cinq ans sous le régime des talibansLe 15 août 2026 marquera le cinquième anniversaire du retour au pouvoir des talibans en Afghanistan. Ces cinq dernières années, les politiques de plus en plus draconiennes des talibans ont fait de l’Afghanistan l’un des pays où la situation des droits humains est la plus grave au monde, en particulier pour les femmes et les filles.
Une crise des droits humains, une crise humanitaire« Le cinquième anniversaire de la prise de pouvoir des talibans est un sombre rappel des conséquences dévastatrices de l’impunité », a déclaré Fereshta Abbasi, chercheuse sur l’Afghanistan à Human Rights Watch. « Les gouvernements devraient aller au-delà de simples déclarations pour exprimer leur inquiétude et faire pression pour que justice soit rendue pour les crimes graves commis en Afghanistan, notamment le crime contre l’humanité que constitue la persécution fondée sur le genre. »
Les dernières lois adoptées par les talibans ont encore davantage codifié la répression. Le 4 janvier 2026, les talibans ont promulgué un code de procédure pénale qui définit les musulmans exclusivement comme des adeptes de la jurisprudence hanafite et qualifie les autres groupes religieux, notamment les musulmans chiites, d’hérétiques. Ce code prévoit des sanctions sévères pour réduire au silence toute dissidence. Une nouvelle Loi sur les Prédicateurs renforce encore le contrôle sur l’expression religieuse, en exigeant que le clergé adhère exclusivement à la jurisprudence hanafite. Ces deux dispositions ancrent la discrimination fondée sur la religion dans le cadre juridique afghan.
Le code de procédure pénale ne reconnaît désormais plus que les « coups excessifs » comme relevant de la violence conjugale à l’égard des femmes, ce qui prive les victimes d’autres formes de maltraitance de tout recours judiciaire et affaiblit encore davantage les protections juridiques pour les femmes et les filles. Un décret relatif à la séparation judiciaire des époux supprime les dispositions relatives à l’âge minimum requis pour le mariage des filles, accentuant ainsi le risque de mariages précoces.
Les autorités ont également renforcé les restrictions à la liberté d’expression et censuré les médias locaux. Les journalistes, les défenseur·e·s des droits des femmes, les activistes de la société civile, les universitaires, les artistes et d’autres détracteurs ont été victimes de répression, d’arrestations arbitraires, de torture et d’autres mauvais traitements.
La crise humanitaire en Afghanistan s’est aggravée à mesure que les gouvernements donateurs ont réduit leur aide. Plus de 17 millions de personnes, soit 40 % de la population, pourraient être confrontées à une insécurité alimentaire grave, dans un contexte où le Plan d’intervention humanitaire des Nations unies reste largement sous-financé. Les réductions drastiques de l’aide étrangère des États-Unis, ainsi que les coupes budgétaires du Royaume-Uni et d’autres donateurs, ont contraint les organisations humanitaires à réduire leurs programmes et à restreindre leurs services. Les restrictions imposées par les talibans aux travailleuses humanitaires, notamment l’obligation d’être accompagnées d’un tuteur masculin, ont encore davantage limité l’accès des femmes aux moyens de subsistance et à l’aide humanitaire.
L’Iran et le Pakistan ont contraint des millions d’Afghans à rentrer dans leur pays. Depuis la reprise des vols d’expulsion en août 2024, l’Allemagne s’est activement employée à intensifier les expulsions vers l’Afghanistan, malgré les risques graves auxquels les Afghans concernés continuent d’être exposés. Le 22 juin, des responsables de l’Union européenne ont accueilli pour la première fois à Bruxelles une délégation de talibans pour discuter des questions migratoires. Aucun gouvernement ne devrait renvoyer de force un·e Afghan·e exposé·e à des risques de persécutions, de détentions arbitraires, de tortures ou d’autres atteintes graves à ses droits.
La reprise des attaques transfrontalières avec le Pakistan a fait des centaines de victimes dans la population civile. Le 16 mars, une frappe aérienne pakistanaise contre le Centre de désintoxication Omid à Kaboul a tué au moins 269 civils et en a blessé plus de 122, selon l’ONU.
Le 6 octobre 2025, le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies a adopté une résolution sans précédent instituant un mécanisme indépendant chargé d’enquêter sur les violations des droits commises par le passé et celles qui se poursuivent actuellement en Afghanistan, quels qu’en soient les auteurs, y compris l’ancien gouvernement et les forces internationales. Les gouvernements devraient veiller à ce que ce nouveau mécanisme devienne pleinement opérationnel et dispose des ressources nécessaires à l’accomplissement de son mandat, tout en soutenant les autres initiatives de reddition des comptes, notamment l’enquête de la Cour pénale internationale et les procédures nationales engagées au titre de la compétence universelle.
« Les Afghans, en particulier les femmes et les filles, ont subi cinq années de répression et d’abus », a déclaré Fereshta Abbasi. « La réponse internationale devrait enfin être à la hauteur de l’ampleur de la crise en cessant les expulsions vers l’Afghanistan, en protégeant les Afghan·e·s en danger et en maintenant le financement humanitaire pour l’Afghanistan. »
31.07.2026 à 06:00
(Nairobi, le 31 juillet 2026) – L’Africa Corps, contrôlé par le gouvernement russe, a mené des frappes aériennes dans le centre du Mali le 15 juin 2026, qui ont tué huit civils, dont trois enfants, dans une attaque manifestement illégale, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui.
Ce matin-là, un avion identifié par deux sources militaires maliennes comme un Soukhoï Su-24 a largué au moins deux munitions sur le village de Kyrnia, dans la région de Mopti. La première a frappé à l’extérieur de la résidence du chef du village, tuant deux de ses enfants, sa femme et un autre enfant, et blessant une femme. La deuxième a touché un petit marché aux bestiaux situé à une vingtaine de mètres, tuant quatre hommes et en blessant deux autres. Aucun combattant de groupes armés islamistes ne figurait parmi les victimes.
« Un avion d’Africa Corps, contrôlé par le gouvernement russe, a tué des civils dans un village malien au mépris manifeste du droit de la guerre », a déclaré Ilaria Allegrozzi, chercheuse senior sur le Sahel à Human Rights Watch. « En donnant un chèque en blanc aux autorités russes, le gouvernement malien devrait être conscient qu’il est lui aussi responsable des atrocités commises par ses forces alliées. »
Human Rights Watch a interviewé 19 personnes par téléphone entre le 24 juin et le 14 juillet, dont 6 témoins, des membres de la société civile, des leaders communautaires, des sources militaires maliennes et des journalistes locaux. Human Rights Watch a également analysé des images satellites des lieux des frappes, une vidéo des frappes mise en ligne par Africa Corps et des photographies publiées sur les réseaux sociaux par un groupe armé islamiste. Le 23 juillet, Human Rights Watch a adressé un courrier au ministre russe de la Défense, résumant ses conclusions et posant plusieurs questions, mais n’a reçu aucune réponse.
Le 23 juin, Africa Corps a annoncé sur ses comptes Facebook et X que, le 15 juin, il avait mené avec succès une frappe aérienne sur un « lieu de rassemblement de groupes terroristes » dans la région de Mopti, tuant plusieurs commandants de terrain, et a publié une vidéo des frappes et de leurs conséquences. Human Rights Watch a géolocalisé les deux frappes visibles sur la vidéo à Kyrnia.
Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM ou Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin, JNIM) lié à Al-Qaïda contrôle Kyrnia depuis six ans. Des témoins ont déclaré qu’au moins 100 combattants du GSIM, dont un haut commandant, se trouvaient dans le village au moment des frappes, mais qu’ils s’étaient rassemblés principalement à la mosquée du village et devant un magasin près d’un petit marché aux bestiaux. Alors que ni la mosquée ni le magasin n’ont été frappés, une munition a touché le marché aux bestiaux. Le GSIM stocke parfois des armes, des munitions, du carburant et d’autre matériel dans le magasin, qui appartient au chef du village, un riche commerçant. Un pick-up, semblable aux véhicules que le GSIM utilise généralement, était garé devant la maison du chef.
Depuis 2012, les gouvernements successifs du Mali combattent les groupes armés islamistes. Après les coups d’État militaires en 2020 et 2021, le chef de la junte, le général Assimi Goïta, a expulsé les forces françaises et onusiennes et renforcé les liens avec la Russie. Depuis 2021, la junte s’appuie sur l’aide du groupe Wagner lié à la Russie pour gérer la sécurité. Le groupe de mercenaires a été rebaptisé Africa Corps après la mort du fondateur du groupe Wagner, Evgueni Prigojine, en 2023, et est passé sous le contrôle direct de Moscou.
Le ministère russe des Affaires étrangères a reconnu en juin que du personnel militaire russe travaillait avec les forces armées maliennes pour assurer un contrôle total du territoire malien après les attaques du GSIM à travers le pays le 25 avril. Le ministère russe de la Défense a déclaré que ses forces utilisaient des Su-24 pour frapper les combattants du GSIM.
Des reportages des médias et des images satellites indiquent qu’Africa Corps déploie des avions Su-24 au Mali depuis au moins avril 2025 pour soutenir l’armée malienne. Il n’existe aucune archive publique mentionnant le transfert de Su-24 aux autorités maliennes. Ces avions peuvent embarquer un large éventail de munitions aériennes, y compris des armes guidées, qui sont compatibles avec les dommages causés par les munitions qui ont frappé Kyrnia.
Des témoins ont raconté avoir vu un avion de chasse survoler Kyrnia à basse altitude et émettre un bruit assourdissant. « C’était un avion de chasse, très rapide … il volait bas … d’ouest en est », a relaté un commerçant de 35 ans. « Je l’ai vu larguer une bombe ... comme une boule de feu ... et j’ai couru me réfugier sous un arbre. »
Un éleveur de vaches, âgé de 37 ans, a indiqué qu’il était assis au marché aux bestiaux lorsqu’il a entendu un grondement fort, suivi d’une explosion. Il a vu une épaisse fumée noire s’élever des habitations proches de la maison du chef, puis il a entendu une deuxième explosion. « Le marché était en désordre », a-t-il dit, « des étalages emportés sur plusieurs mètres, des bœufs et des moutons déchiquetés ». Il a aidé à dégager les décombres de la maison du chef effondrée aux côtés d’autres habitants, tandis que des combattants du GSIM coordonnaient les opérations de secours. « La deuxième épouse du chef était morte, et elle avait perdu … ses bras », a-t-il expliqué. « Puis [nous avons trouvé] les [corps des] deux enfants ... et un autre garçon qui avait été projeté sur le toit par l’explosion. »
L’analyse de la vidéo d’Africa Corps et des images satellites à partir du 25 juin par Human Rights Watch révèle deux cratères dans la partie sud de Kyrnia, chacun d’environ 12 mètres de large, indiquant deux grandes munitions larguées par avion. Environ neuf étals de marché, visibles sur les images satellites à partir du 7 février, semblent avoir été détruits par la deuxième frappe. La frappe à l’extérieur de la résidence du chef est tombée entre des structures, provoquant l’effondrement d’au moins un bâtiment.
Click to expand Image Une capture d'écran d'une vidéo de l'Africa Corps et des images satellites du 25 juin 2026, montrent deux cratères dans la partie sud de Kyrnia, chacun d'environ 12 mètres de large, indiquant l’utilisation de deux grosses munitions aériennes. © 2026 Planet Labs PBC. Graphics © 2026 Human Rights WatchUn éleveur de chameaux, âgé de 48 ans, a raconté qu’il avait été « projeté [au sol] par le souffle de la première explosion » avant de constater qu’il était « couvert de sable et de débris.… [D]es personnes devant moi étaient blessées, certaines avaient les bras cassés ».
Un homme de 40 ans a indiqué qu’il avait identifié « les corps de trois marchands », touchés « alors qu’ils circulaient sur un tricycle chargé de sacs de dattes » à travers le marché aux bestiaux.
La deuxième frappe a blessé trois hommes, dont un qui est décédé le lendemain. Un témoin a expliqué que l’homme avait été touché par des fragments de bombe et que « [s]es bras avaient été déchiquetés ».
Human Rights Watch a examiné une liste avec les noms des huit victimes, dont trois enfants âgés de 1 à 10 ans, une femme de 24 ans et quatre hommes âgés de 30 à 40 ans.
Des témoins ont raconté que, le 14 juin, un drone vraisemblablement commandé par les forces armées maliennes ou par Africa Corps a survolé Kyrnia, suggérant que le village était sous surveillance. « J’ai vu un drone dans le ciel la veille, entre 16 et 17 heures », a décrit l’éleveur de chameaux. « Il a fait plusieurs tours au-dessus du village avant de quitter. »
Des témoins ont déclaré qu’une centaine de combattants du GSIM se trouvaient dans le village au moment des frappes, la plupart à la mosquée, à environ 150 mètres des sites touchés. Un homme de 40 ans a indiqué qu’au niveau de la mosquée, certains combattants du GSIM étaient sur des motos. « Ils avaient des armes automatiques et ils portaient des uniformes militaires ou des boubous, le visage couvert de turbans », a-t-il expliqué. Le commerçant a également déclaré que de nombreux combattants du GSIM, notamment un de ses hauts commandants, se trouvaient à l’intérieur ou à l’extérieur du magasin du chef du village, situé à côté du marché aux bestiaux frappé par la deuxième munition.
Les frappes ont eu lieu un jour de marché, lorsque Kyrnia était bondée de commerçants, d’acheteurs et de villageois. Les habitants ont indiqué que, depuis que le GSIM a pris le contrôle de la région, Kyrnia est devenue une plaque tournante commerciale avec un important marché aux bestiaux.
Les habitants ont affirmé que le GSIM achetait des fournitures, notamment du carburant et de la nourriture, sur le marché de Kyrnia. Ils ont supposé que les frappes aériennes avaient peut-être visé la résidence du chef du village parce que son pick-up, similaire à ceux utilisés par le GSIM, était garé devant. Ils ont également expliqué que trois des fils du chef étaient des combattants du GSIM, mais qu’ils ne se trouvaient pas à Kyrnia au moment de l’attaque.
Le droit de la guerre, qui s’applique au conflit armé au Mali, interdit les attaques qui visent des civils et des biens de caractère civil, qui ne font pas de distinction entre les civils et les combattants ou qui sont susceptibles de nuire à des civils ou à des biens de caractère civil de manière disproportionnée par rapport à tout avantage militaire attendu.
Les parties belligérantes menant des attaques sont tenues de prendre toutes les précautions possibles pour limiter au maximum les pertes en vies humaines parmi les civils. Les parties devraient s’abstenir de se déployer dans des zones densément peuplées. Les frappes à Kyrnia ne semblaient pas viser des objectifs militaires spécifiques et seraient donc des attaques indiscriminées illégales. Le fait que le chef du village fasse des affaires avec le GSIM ne permet pas de le désigner comme une cible d’attaque. Human Rights Watch n’a découvert aucune information indiquant que la maison du chef était utilisée pour stocker des armes ou des munitions.
Le gouvernement malien a l’obligation d’enquêter sur l’incident et de demander des comptes aux responsables des violations du droit de la guerre, y compris aux membres d’Africa Corps.
« Le gouvernement malien ne peut pas se cacher derrière les violations du droit de la guerre commises par ses alliés russes », a conclu Ilaria Allegrozzi. « La junte doit enquêter de manière impartiale sur tous les crimes de guerre possibles perpétrés sur son territoire, y compris les frappes aériennes à Kyrnia, ou être tenue pour complice de ces abus. »