26.03.2026 à 21:05
(New York, 26 mars 2026) – Un mois après le début des hostilités au Moyen-Orient, la régionalisation du conflit, la rapidité de son escalade et le mépris des normes internationales affiché ouvertement par tous les belligérants constituent un test critique pour l’ordre juridique international créé pour protéger les civils lors de conflits armés, a déclaré aujourd’hui Human Rights Watch.
Les déclarations de hauts responsables des États-Unis, d’Israël et de l’Iran témoignent d’une volonté de violer les protections fondamentales du droit international humanitaire, révèlent un mépris flagrant pour la vie et les biens des civils, et montrent que les détenteurs du pouvoir dans ces pays se considèrent au-dessus la loi. Les autres dirigeants mondiaux devraient d’urgence se mobiliser pour défendre les règles qui protègent les civils partout dans le monde, condamner fermement les violations et exiger que les responsables rendent des comptes.
« Alors que le conflit au Moyen-Orient s’est étendu et intensifié, la rhétorique dangereuse des dirigeants de tous les camps s’est aussi accentuée, avec des menaces ouvertes de commettre des crimes de guerre », a déclaré Philippe Bolopion, directeur exécutif de Human Rights Watch. « Cette combinaison explosive, qui s’ajoute à l’incapacité chronique des dirigeants mondiaux à exiger des comptes aux responsables de violations graves du droit international, menace l’ordre fondé sur des règles qui vise depuis longtemps à protéger les civils. »
Middle East Crisis One Month OnOver one month of escalating conflict in the Middle East and dangerous rhetoric by leaders on all sides, Human Rights Watch continues to document threats to civilians across the region amid ongoing serious rights abuses.
Read Our LatestDepuis que les États-Unis et Israël ont lancé leur offensive contre l’Iran le 28 février — et alors que ce pays ripostait et qu’Israël intensifiait ses attaques au Liban —, toutes les parties au conflit se sont rendues coupables de violations graves des lois de la guerre, y compris de possibles crimes de guerre. Les déclarations publiques incendiaires de responsables ont notamment inclus des menaces ouvertes de tuer des civils et de détruire des infrastructures civiles essentielles, des suggestions selon lesquelles les exactions commises par un camp justifieraient celles de l’autre, ainsi qu’un rejet du droit international et des règles d’engagement.
Rien qu’en mars, le président américain Donald Trump et le secrétaire à la Défense Pete Hegseth ont fait de nombreuses déclarations publiques témoignant d’un mépris pour le droit international humanitaire, qui rassemble les lois de la guerre.
Le 13 mars, Pete Hegseth a déclaré : « Nous ne ferons pas de quartier […] à nos ennemis [en Iran] ». Or, « ne pas faire de quartier » signifierait le refus d’épargner la vie des combattants ennemis en acceptant leur reddition, ce qui constitue un crime de guerre.
Le 21 mars, le président Trump a averti, sur les réseaux sociaux, que si l’Iran n’« ouvre pas PLEINEMENT, SANS PROFÉRER DE MENACES, le détroit d’Ormuz dans un délai de 48 HEURES », les États-Unis « frapperont et anéantiront leurs diverses CENTRALES ÉLECTRIQUES, EN COMMENÇANT PAR LA PLUS GRANDE ! » Trump a par la suite repoussé la mise à exécution de sa menace, sans toutefois la révoquer.
Les lois de la guerre protègent les infrastructures civiles ainsi que les biens indispensables à la survie de la population civile — catégorie pouvant inclure les centrales électriques, les installations pétrolières et gazières, ainsi que les usines de dessalement de l’eau ; les attaques dirigées contre ces installations pouvant constituer des crimes de guerre. Même si de telles infrastructures sont utilisées en partie à des fins militaires, une attaque serait vraisemblablement disproportionnée et, par conséquent, illicite.
La réponse de l’Iran à la déclaration de Trump a révélé une volonté de se livrer à une violation similaire. Ebrahim Zolfaqari, porte-parole du quartier général de commandement militaire iranien Khatam al-Anbiya, a réagi à la publication de Trump en avertissant que si les infrastructures iraniennes de carburant et d’énergie étaient attaquées, « alors toutes les centrales électriques, les infrastructures énergétiques et les systèmes informatiques du régime sioniste dans la région seraient frappés à grande échelle... toutes les infrastructures similaires comptant des actionnaires américains seraient totalement détruites... [et] toutes les centrales électriques situées dans les pays de la région accueillant des bases américaines deviendraient des cibles légitimes. »
Les responsables iraniens ont également prétendu que l’ensemble des entreprises, des banques et des navires commerciaux d’un pays constituaient des objectifs militaires, ce qui contrevient à la présomption, établie par les lois de la guerre, selon laquelle ces entités sont des biens civils protégés.
Les autorités iraniennes ont par ailleurs menacé de commettre de nouvelles violations des droits humains à l’encontre de leur propre population — comme elles l’ont fait à maintes reprises, notamment en janvier dernier, lorsque les forces de sécurité ont perpétré, à l’échelle nationale, des massacres de manifestants et de passants.
Le 10 mars, Ahmad-Reza Radan, le commandant des forces de police iraniennes, a déclaré sur la chaîne de télévision d’État que si des personnes descendaient dans la rue « à la solde de l’ennemi », alors « nous ne les considérerions ni comme des manifestants, ni comme quoi que ce soit d’autre ; nous les considérerions comme l’ennemi et les traiterions comme nous traitons l’ennemi. [...] Tous nos hommes sont prêts, le doigt sur la gâchette, pour sauvegarder leur révolution et soutenir leur peuple et leur pays ». Le lendemain, l’Organisation du renseignement du Corps des gardiens de la révolution islamique a publié un communiqué avertissant que toute manifestation subirait « un coup [encore] plus sévère que celui porté le 8 janvier ».
De hauts responsables israéliens et des chefs militaires de ce pays ont également tenu de nombreuses déclarations problématiques, incluant des menaces de mener des attaques illicites en Iran et au Liban. Le 3 mars, le porte-parole arabophone de l’armée israélienne a publié sur X une déclaration appelant les représentants du gouvernement iranien à quitter le Liban avant d’être pris pour cibles.
Les attaques visant des dirigeants politiques ou des responsables gouvernementaux sont interdites, à moins que le dirigeant ne soit membre des forces armées ou un civil participant directement aux hostilités. Attaquer délibérément un civil constitue une violation des lois de la guerre ainsi qu’un crime de guerre.
Les déclarations de responsables israéliens concernant le Liban indiquent également une intention de déplacer de force les résidents, de détruire des habitations civiles et de mener des frappes susceptibles de viser des civils, autant de violations des lois de la guerre.
Lors de conflits armés, de telles menaces et autres rhétoriques dangereuses ont été suivis d’actions militaires violant les lois de la guerre, avec de graves conséquences pour les civils dans toute la région.
Parmi les violations graves des lois de la guerre commises au cours du premier mois du conflit figurent les suivantes :
Une attaque menée par les États-Unis contre une école primaire à Minab, dans le sud de l’Iran, qui a tué des dizaines de civils, dont de nombreux enfants ;L’utilisation par Israël de phosphore blanc au-dessus d’habitations et le ciblage d’institutions financières au Liban ;Des attaques iraniennes contre des hôtels, des bâtiments résidentiels, des centres financiers et des aéroports dans la région du Golfe ;Des attaques iraniennes contre des navires commerciaux dans le détroit d’Ormuz ;Des attaques israéliennes et iraniennes contre des infrastructures pétrolières et gazières ; L’utilisation par l’Iran d’armes à sous-munitions — interdites par le droit international — lors d’attaques contre Israël.Ces attaques, ainsi que les menaces d’attaques, contre les navires commerciaux dans le détroit d’Ormuz et contre les installations pétrolières et gazières en Iran et dans les États du Golfe, semblent également avoir contribué à une hausse significative des coûts énergétiques à l’échelle mondiale. Elles pourraient par ailleurs entraîner une hausse des prix des denrées alimentaires, des engrais essentiels à l’agriculture et des transports dans le monde entier, tout en causant des dommages environnementaux considérables.
Une telle situation pourrait provoquer une catastrophe économique et une insécurité alimentaire pour les civils en Iran et dans toute la région du Golfe, ainsi que pour les populations économiquement marginalisées à travers le monde. Le Programme alimentaire mondial (PAM) estime que près de 45 millions de personnes supplémentaires pourraient basculer dans une insécurité alimentaire aiguë – ou pire – si le conflit se prolongeait jusqu’au milieu de l’année et si les prix du pétrole se maintenaient au-dessus de 100 dollars le baril.
Le bilan du conflit sur les civils à ce jour, ainsi que l’ampleur des violations et des crimes de guerre potentiels, demeurent inconnus, en partie en raison de la censure exercée par les gouvernements impliqués. En Iran, le gouvernement a imposé une coupure totale et illégale d’Internet et arrêté des centaines de personnes pour leurs contacts présumés avec des médias étrangers, pour avoir filmé les sites touchés par des frappes et avoir transmis ces images aux médias.
Aux États-Unis, Donald Trump et Pete Hegseth ont attaqué les médias pour leur couverture de la situation en Iran, et le président de la Commission fédérale des communications (FCC), Brendan Carr, a accusé certains médias de publier de « fausses nouvelles » et menacé de révoquer leurs licences.
Les autorités israéliennes ont interdit la retransmission en direct de certaines vues aériennes de villeset la divulgation des lieux précis d’impact de missiles ou de roquettes ; les autorités ont placé en détention des journalistes ayant, selon elles, enfreint ces restrictions.
Les pays du Conseil de coopération du Golfe — notamment Bahreïn, les Émirats arabes unis, le Koweït, le Qatar et — ont également arrêté des personnes pour avoir prétendument publié sur les réseaux sociaux des images et des vidéos d’attaques.
Au Liban, le Hezbollah, groupe armé soutenu par l’Iran, a interdit tout tournage « en toutes circonstances » dans la banlieue sud de Beyrouth.
Face à ce mépris du droit international humanitaire et aux conséquences potentiellement considérables de ce conflit pour les civils à travers le monde, les dirigeants mondiaux — y compris les alliés des États-Unis, d’Israël et de l’Iran — devraient réaffirmer la nécessité de respecter les droits humains internationaux et le droit international humanitaire, condamner fermement les violations, exiger que les responsables rendent des comptes et veiller à ne pas se rendre complices de violations graves commises par les parties belligérantes.
L’article 1 commun aux Conventions de Genève de 1949 stipule que les États « s’engagent à respecter et à faire respecter » lesdites Conventions « en toutes circonstances ». Cette obligation contraint les parties au conflit au Moyen-Orient à respecter les Conventions et à en assurer le respect par leurs forces armées à tout moment, quelle que soit la conduite des autres parties.
Le commentaire faisant autorité du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) sur les Conventions de Genève précise que l’obligation de « faire respecter » les Conventions exige de tous les États parties qu’ils prennent des « mesures proactives » pour mettre un terme aux violations et « ramener une Partie au conflit qui s’écarte de la règle à une attitude de respect des Conventions, notamment en usant de leur influence sur cette Partie ». Cette obligation inclut le devoir de « prévenir les violations lorsqu’il existe un risque prévisible qu’elles soient commises ». Le droit international dispose également que les États doivent exercer leur influence, dans la mesure du possible, pour faire cesser les violations du droit international humanitaire.
Le conflit actuel au Moyen-Orient s’inscrit dans un contexte de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité et d’actes de génocide en cours à Gaza — commis par Israël avec le soutien substantiel des États-Unis depuis le 7 octobre 2023 — ainsi que de crimes contre l’humanité perpétrés par l’Iran à l’encontre de sa propre population. L’impunité dont jouissent les auteurs, de même que le manquement des États à appliquer systématiquement le droit international humanitaire ailleurs — notamment au Soudan et en Ukraine — ont contribué au dangereux mépris, observé aujourd’hui, des règles conçues pour protéger les civils en temps de guerre.
« Les paroles des dirigeants ont des conséquences particulièrement lourdes en temps de guerre », a conclu Philippe Bolopion. « Une rhétorique qui tourne en dérision ou rejette les lois de la guerre est dangereusement corrosive, et peut être perçue comme encourageant de graves violations qui s’avèrent inévitablement préjudiciables aux civils. Il apparaît de plus en plus clairement que d’autres gouvernements devraient intervenir d’urgence, et faire pression pour mieux protéger les civils. »
Autres déclarations préoccupantesAutres déclarations préoccupantes de hauts responsables américains, dont certaines menacent de violer le droit international humanitaire :
Le 2 mars, Pete Hegseth a déclaré que les États-Unis menaient la guerre en Iran sans se soucier des « règles d’engagement stupides », faisant écho à des commentaires qu’il avait tenus tout au long de l’année 2025 au sujet de règles d’engagement jugées « écrasantes » et « contraignantes » ainsi que d’une « légalité tiède » ; il avait également affirmé en 2024 que les États-Unis « devraient combattre selon leurs propres règles » et non « selon des règles écrites par des hommes ayant une certaine dignité... il y a quatre-vingts ans ».Le 9 mars, Trump a déclaré que la marine américaine avait coulé un navire de guerre iranien au large des côtes du Sri Lanka parce qu’il est « plus amusant » (« more fun ») de couler des navires que de les capturer.Le même jour, Trump a affirmé que les États-Unis pourraient frapper de manière à « rendre pratiquement impossible pour l’Iran de se reconstruire un jour en tant que nation — Mort, Feu et Fureur régneront [sic] sur eux ».Le 13 mars, Trump a déclaré que les États-Unis avaient « démoli » l’île de Kharg — un îlot essentiel pour les infrastructures d’exportation pétrolière de l’Iran — mais qu’ils pourraient frapper « encore quelques fois, juste pour le fun » (« just for fun »).Toujours le 13 mars, Trump a indiqué que, bien que les États-Unis aient « jusqu’à présent... choisi de ne pas le faire », ils pourraient frapper « les centrales électriques qui produisent l’électricité [et] l’eau... Nous pourrions faire des choses si mauvaises qu’ils ne pourraient littéralement plus jamais se reconstruire en tant que nation ».Autres déclarations préoccupantes de hauts responsables iraniens, dont certaines menacent de violer le droit international humanitaire :
Un porte-parole du quartier général central iranien de Khatam al-Anbiya a déclaré le 8 mars que « tout point servant d’origine à une agression contre l’Iran constitue une cible légitime ».Le 14 mars, un média affilié au Corps des gardiens de la révolution islamique a affirmé que les « entreprises » américaines « seraient des cibles légitimes pour les forces armées iraniennes », dressant une liste de plusieurs cabinets américains de conseil en gestion et d’investissement.Également le 14 mars, un porte-parole des Gardiens de la révolution a publié le message suivant : « L’attaque contre des succursales de banques américaines constituait une riposte à l’attaque de l’ennemi contre deux banques iraniennes. Si l’ennemi réitère cet acte, toutes les succursales de banques américaines dans la région deviendront des cibles légitimes pour nous. »Le 16 mars, le général de brigade Ali Mohammad Naini — un porte-parole des Gardiens de la révolution qui aurait été tué lors d’une attaque israélienne le 20 mars — a déclaré que les forces iraniennes avaient pris pour cible tous les navires appartenant à une entité américaine ou israélienne, quel que soit leur pavillon.Autres déclarations préoccupantes de hauts responsables israéliens, dont certaines menacent de violer le droit international humanitaire :
Le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a affirmé le 16 mars que « des centaines de milliers de chiites du sud du Liban [...] ne regagneront pas leurs foyers situés au sud de la zone du fleuve Litani tant que la sécurité des habitants du nord d’Israël ne sera pas garantie ».Dans une vidéo postée le 17 mars sur le compte X du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, ce dernier et l’ambassadeur des États-Unis en Israël, Mike Huckabee, plaisantent au sujet d’une « carte perforée » (« punch card ») , répertoriant les individus que les Israéliens prennent pour cible en Iran. Netanyahu déclare : « Nous sommes en train de les éliminer » (« We are wiping them out »), ce à quoi Huckabee répond : « J’adore ça » (« I love it »).Le 22 mars, Israel Katz a menacé de « frapper l’Iran si durement qu’il sera renvoyé des décennies en arrière » et de mettre en œuvre, dans les villages frontaliers du sud du Liban, des politiques de démolition de maisons similaires à celles observées à Gaza.Le porte-parole arabophone de l’armée israélienne a publié à plusieurs reprises sur X des avertissements à l’attention de la population libanaise, affirmant que l’armée « n’hésiterait pas à prendre pour cible quiconque se trouverait à proximité de membres, d’installations ou de moyens de combat du Hezbollah » dans la banlieue sud de Beyrouth.
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26.03.2026 à 07:00
(Abuja) – Les attentats meurtriers perpétrés à Maiduguri, capitale de l’État de Borno dans le nord-est du Nigeria, ont ravivé les inquiétudes quant à la recrudescence des attaques violentes perpétrées par Boko Haram et au risque croissant pour les civils dans la région, a déclaré aujourd’hui Human Rights Watch. À la suite de ce crime de guerre manifeste, les autorités nigérianes devraient renforcer de toute urgence la protection des civils dans la région.
Les attaques, survenues dans la soirée du 16 mars 2026, ont frappé des lieux publics très fréquentés, notamment un marché, les environs d’un bureau de poste et l’entrée de l’hôpital universitaire de Maiduguri, faisant 23 morts et 108 blessés, selon les autorités policières. Ces attaques semblent avoir été indiscriminées et constituent donc un crime de guerre au regard du droit international. Le gouvernement nigérian est engagé depuis plus d’une décennie dans un conflit armé dans le nord-est du pays contre le groupe insurgé Boko Haram et les factions qui s’en sont séparées.
« Ces dernières attaques montrent que les civils du nord-est du Nigeria restent dangereusement exposés à une violence meurtrière, malgré des années d’efforts du gouvernement en matière de sécurité », a déclaré Anietie Ewang, chercheuse sur le Nigeria à Human Rights Watch. « La recrudescence de telles attaques à Maiduguri est profondément alarmante, et met en évidence la menace persistante que les groupes armés font peser sur la vie quotidienne. »
Human Rights Watch a mené des entretiens avec cinq témoins des attentats à la bombe perpétrés contre le bureau de poste, l’hôpital et le marché. Aucun groupe armé n’a revendiqué ces attentats, mais l’armée nigériane les a décrits comme des tentatives coordonnées menées par des combattants présumés de Boko Haram visant à faire un grand nombre de victimes et à semer la panique. Le groupe armé Jama’atu Ahlis Sunna Lidda’awati wal-Jihad (JAS), plus connu sous le nom de Boko Haram, a déjà perpétré plusieurs attentats-suicides visant des civils.
Le JAS a été considérablement affaibli après la mort de son chef de longue date, Abubakar Shekau, en 2021, lors d’affrontements avec la Province d’Afrique de l’Ouest de l’État islamique, une faction rivale qui s’est séparée du groupe. Cependant, selon les analystes, le JAS semble revenir en force, comme en témoignent plusieurs attaques récentes dans la région.
En décembre 2025, une mosquée de Maiduguri a été visée par un attentat à la bombe qui a fait cinq morts, mettant fin à des années de calme relatif. Bien que la violence liée à Boko Haram ait diminué par rapport à son pic, la poursuite des attaques dans toute la région suggère que l’insurrection reste une menace persistante, et les attentats de Maiduguri suscitent de nouvelles inquiétudes en matière de sécurité.
L'État de Borno est largement considéré comme l'épicentre de l'insurrection, tandis que Maiduguri est la principale plaque tournante opérationnelle pour les interventions de sécurité. C'est également un pôle humanitaire clé, accueillant des agences qui viennent en aide aux populations touchées par la crise.
En 2020, Fatou Bensouda, alors Procureure de la Cour pénale internationale, a affirmé que son bureau d’ s avait trouvé des motifs raisonnables de croire que Boko Haram et ses groupes dissidents, ainsi que les forces de sécurité nigérianes, avaient commis des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité pendant le conflit. Elle a noté que « la grande majorité des actes criminels commis dans le cadre de cette situation [était] imputable à des acteurs non étatiques ». La Procureure Bensouda avait alors décidé de ne pas donner suite à une demande d’ouverture d’une enquête officielle, en partie en raison de ressources limitées, et la situation reste au stade de l’examen préliminaire.
Ibrahim Talba, un tailleur de 35 ans, a déclaré à Human Rights Watch qu’il s’était rendu dans un restaurant local situé en face de l’entrée de l’hôpital universitaire de Maiduguri pour manger après avoir rompu son jeûne pendant le ramadan. Là, il a été témoin d’une altercation entre deux jeunes hommes à bord d’un tricycle commercial et un agent de sécurité, qui leur refusait l’entrée au motif qu’ils n’utilisaient pas un tricycle autorisé. Il a déclaré qu’après un bref échange houleux, l’un des hommes a lancé vers le gardien de sécurité une bouteille, qui a explosé lorsque celui-ci l’a renvoyée vers l’homme. Alors qu’Ibrahim Talba et d’autres personnes se précipitaient vers les lieux, une deuxième explosion s’est produite, le blessant. Il a présenté ses blessures par éclats d’obus au dos, aux jambes et au ventre.
Fatima Sheriff, une vendeuse de nourriture âgée de 25 ans, a déclaré qu'après avoir livré de la nourriture à un membre du personnel de l'hôpital, elle se dirigeait vers la porte lorsqu'elle s'est arrêtée pour répondre à un appel de sa sœur. Elle a brièvement remarqué la dispute, mais l'appel l'a distraite. Quelques instants plus tard, une forte explosion a retenti, des flammes ont envahi les lieux et elle a perdu connaissance. Elle a repris conscience plus tard à l’hôpital, sans aucune blessure physique. Là-bas, elle a vu sept personnes amenées inconscientes à la suite de l’explosion, dont une jeune fille que le médecin a déclarée morte par la suite.
Mustafa Muhammed, un vendeur de casquettes âgé de 45 ans, a déclaré avoir été blessé par des éclats d’obus au dos et sur le côté des côtes à la suite d’une explosion devant l’hôpital. Il a déclaré : « Je me trouvais dans le quartier de Costain, près du cimetière de Gwange, lorsque j’ai entendu une forte explosion provenant du quartier du marché du lundi. Je me suis mis à courir, j’ai enfourché mon vélo pour rentrer chez moi, en empruntant la route menant à l’hôpital universitaire de Maiduguri. Alors que je traversais la route en direction de l’hôpital, il y a eu une autre explosion. Je ne sais même pas ce qui s’est passé. J’ai juste vu un nuage de fumée rougeâtre et noir, puis je me suis retrouvé couvert de sang. La seule chose dont je me souviens ensuite, c’est d’avoir ouvert les yeux et de m’être retrouvé dans un lit d’hôpital. »
Babagana Abubakar, un vendeur de fruits âgé de 39 ans, a déclaré qu’il vendait des pastèques à un client près de la poste, lorsqu’une forte explosion a « tout fait voler en éclats ». Il a poursuivi : « Nous avons tous commencé à courir pour nous mettre à l’abri, sans savoir où nous cacher. Je savais que c’était l’explosion d’une bombe, car j’avais déjà entendu ce bruit à Maiduguri. »
Babagana Abubakar est revenu pour aider les victimes et a vu des gens gisant au sol, mais il était incapable de dire qui était vivant ou mort. « J’ai essayé d’aider l’un des blessés, mais j’ai reculé quand j’ai vu du sang couler de sa poitrine », a-t-il déclaré. « Je n’ai pas pu continuer. C’était trop. Je tremblais et j’avais froid partout. Je ne connaissais pas les victimes, car je vends surtout aux passants, mais j’ai ensuite reconnu parmi les morts un jeune homme qui m’avait acheté des bananes quelques minutes avant l’explosion, grâce à son maillot blanc du Real Madrid. »
Ce vendeur de fruits a ajouté qu’il entendait encore l’écho de l’explosion, dans sa tête. « Chaque fois que je ferme les yeux, je revois la scène, les corps gisant par terre. Ça ne cesse de se rejouer dans mon esprit. J’ai également perdu mon gagne-pain, car tous les fruits que je vendais ont été éparpillés partout par l’explosion et je n’ai rien pu ramasser ni récupérer. »
Un fonctionnaire de 53 ans a déclaré qu’il se rendait en voiture au marché du lundi pour faire ses courses auprès des vendeurs de rue à l’extérieur lorsqu’il a entendu une forte explosion, accompagnée d’une lumière rouge vif dans le ciel. Il a déclaré : « Après l’explosion, les gens se sont mis à courir dans toutes les directions. J’ai laissé ma voiture et j’ai couru à pied, comme l’ont fait d’autres automobilistes. Après avoir couru environ 400 mètres sans entendre d’autres coups de feu, nous nous sommes arrêtés, réalisant que cela signifiait probablement qu’il n’y avait pas d’hommes armés sur les lieux. Cet incident m’a vraiment effrayé. Je n’ai jamais vécu une telle expérience depuis que j’ai emménagé ici. »
Les autorités nigérianes devraient de toute urgence renforcer la protection des civils dans les zones à haut risque, améliorer les mesures d’alerte précoce et d’intervention, et apporter un soutien aux victimes, ainsi qu’aux personnes qui ont perdu leurs moyens de subsistance, a déclaré Human Rights Watch.
« Les attentats à la bombe à Maiduguri mettent en évidence le danger extrême et permanent auquel sont confrontés les civils du nord-est du Nigeria, face aux groupes armés », a conclu Aniete Ewang. « Les autorités nigérianes devraient d’urgence intensifier leurs efforts pour protéger les civils, garantir des enquêtes rapides et transparentes, et traduire les responsables en justice. »
25.03.2026 à 05:00
(Beyrouth) – La résolution adoptée par le Conseil de sécurité des Nations Unies au sujet des revendications du Maroc concernant le Sahara occidental, afin de sortir de cette impasse de longue date, ne garantit pas que le nouveau cadre respectera le droit à l’autodétermination des habitants de ce territoire, ni sa conformité au droit international, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui.
Tout règlement du litige devrait en outre garantir le droit des Sahraouis à recevoir une réparation pour les préjudices subis depuis que le Maroc a pris le contrôle de la plus grande partie du territoire, notamment une indemnisation et le droit au retour pour les personnes déplacées, ainsi que pour leurs descendants, s’ils ont maintenu des liens suffisants avec le territoire.
« Trente-cinq ans après que le Conseil de sécurité des Nations Unies a convenu de la tenue d’un référendum afin de résoudre la situation au Sahara occidental, l’opportunisme politique risque de prendre le dessus sur le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination », a déclaré Hanan Salah, directrice adjointe de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch. « Pour s’assurer du respect de ce droit, le Conseil de sécurité et tous les pays devraient veiller à ce que le peuple sahraoui puisse déterminer librement son statut politique. »
Le 31 octobre 2025, le Conseil de sécurité a adopté la résolution 2797, soutenue par les États-Unis, qui porte sur le Sahara occidental et les revendications du Maroc vis-à-vis de ce territoire. L’objectif déclaré de la résolution est de parvenir à « une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable qui soit fondée sur le compromis et conforme aux buts et principes énoncés dans la Charte des Nations Unies », tout en affirmant le « principe de l’autodétermination » et en reconnaissant qu’« une autonomie véritable pourrait représenter une solution des plus réalisables ».
Cependant, la résolution n’approuve que le plan d’autonomie proposé par le Maroc en 2007 ; or, ce plan n’intègre pas l’option de l’indépendance, n’aborde pas le droit aux réparations et ne définit pas de manière précise les habitants du Sahara occidental ayant droit à l’autodétermination. Human Rights Watch ne prend pas position sur la question de l’indépendance du Sahara occidental.
Le Maroc occupe la majeure partie du Sahara occidental depuis 1975, lorsque l’Espagne a mis fin à son administration coloniale de ce vaste territoire désertique. Depuis, il y a eu un conflit armé entre le Maroc et le Front populaire de libération de la Seguia el-Hamra et du Rio de Oro, un mouvement indépendantiste représentant les Sahraouis, connu sous le nom abrégé de Front Polisario.
En 1991, les Nations Unies ont négocié un cessez-le-feu entre le Maroc et le Front Polisario, et mis en place la Mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental, qui devait assurer le suivi du cessez-le-feu et organiser un référendum permettant aux Sahraouis éligibles de choisir entre l’indépendance et l’intégration au Maroc. Le référendum ne s’est jamais concrétisé. Le Maroc affirmait qu’il était irréalisable d’établir une liste de votants et refusait que l’indépendance soit un choix au référendum, tandis que le Front Polisario insistait sur l’option de l’indépendance. Le conflit armé entre le Polisario et le Maroc a repris en 2020.
Le droit international humanitaire s’applique à ce territoire, étant donné l’existence du conflit armé et l’occupation marocaine. Le Maroc a toujours par ailleurs la responsabilité de respecter ses obligations vis-à-vis de la population, en vertu du droit international relatif aux droits humains.
Au moins 173 000 réfugiés sahraouis résident actuellement dans des camps de réfugiés isolés, situés près de la ville de Tindouf en Algérie et administrés par le Front Polisario. D’après World Population Review, la plus grande partie de la population du Sahara occidental est composée désormais de Marocains qui ont commencé à s’installer dans la région lorsque le territoire est passé sous occupation du Maroc, et de leurs descendants.
Le droit international humanitaire interdit à un pouvoir d’occupation de transférer sa population vers le territoire occupé. De tels transferts constituent par ailleurs un crime de guerre selon le Statut de Rome de la Cour pénale internationale.
Le peuple du Sahara occidental jouit d’un droit à l’autodétermination garanti par le droit international, a rappelé Human Rights Watch. Un avis consultatif de 1975 de la Cour internationale de Justice (CIJ) a réaffirmé le droit des peuples du Sahara occidental à l’autodétermination, conformément à la résolution 1514 (XV) de l’Assemblée générale de 1960, adoptant la Déclaration sur l'octroi de l'indépendance aux pays et aux peuples coloniaux.
La CIJ a conclu que dans les territoires non autonomes, le droit à l’autodétermination pouvait être réalisé par l’une des options suivantes : « deven[ir] un État indépendant et souverain, s’associ[er] librement à un État indépendant, ou s’intégr[er] à un État indépendant », et qu’il devait « être l’expression de la volonté libre et authentique du peuple concerné » Un aspect fondamental de l’exercice du droit à l’autodétermination réside dans « les vœux librement exprimés du peuple concerné ».
Les recherches de Human Rights Watch ont montré que les autorités marocaines faisaient systématiquement obstruction au travail des groupes plaidant pour l’autodétermination au Sahara occidental et qu’elles réprimaient toute manifestation d’opposition au régime marocain. Elles ont appliqué des lois pénalisant l’atteinte à l’« intégrité territoriale » du Maroc, empêché des rassemblements, interdit aux associations de se dire favorables à l’autodétermination des Sahraouis, frappé des activistes en garde à vue et dans la rue, soumis à la torture, emprisonné et condamné des activistes lors de procès entachés de violations des procédures régulières et d’aveux forcés, et entravé leur liberté de déplacement.
En décembre 2025, Human Rights Watch a écrit aux États-Unis, au Royaume-Uni, à la France, au Maroc, à l’Algérie ainsi qu’à l’envoyé spécial du secrétaire général de l’ONU sur le Sahara occidental, Staffan de Mistura, pour recueillir des informations sur le cadre de négociations portant sur l’avenir du Sahara occidental, mais n’a reçu aucune réponse.
Le Conseil de sécurité devrait faire respecter le droit à l’autodétermination et veiller à ce que tout résultat des négociations traduise la véritable volonté du peuple sahraoui. Toute proposition actualisée du Maroc devrait par ailleurs respecter le droit des Sahraouis à recevoir une réparation pour les préjudices subis depuis que le Maroc a pris contrôle de la plus grande partie du territoire en 1976, notamment une indemnisation et le droit au retour pour les personnes déplacées hors du territoire, ainsi que pour leurs descendants, s’ils ont maintenu des liens suffisants avec le territoire.
« Il y a déjà quelques décennies, le Conseil de sécurité s’est engagé à faire respecter le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui, mais n’a que peu avancé à cet égard », a conclu Hanan Salah. « Après 50 ans d’occupation, le Conseil devrait exposer comment il compte faire respecter l’ensemble des droits humains du peuple sahraoui, y compris son droit à l’autodétermination. »
Informations complémentairesLe Sahara occidental est inscrit depuis 1963 sur la liste de territoires non autonomes des Nations Unies. Bien que plusieurs pays aient reconnu la souveraineté marocaine, le statut du territoire n’a pas changé depuis. Il s’agit de l’un des derniers de ce type reconnus par l’ONU, et le seul en Afrique à figurer dans la catégorie des processus de décolonisation incomplets.
Les territoires non autonomes sont définis par la Charte des Nations Unies comme ceux « dont les populations ne s’administrent pas encore complètement elles-mêmes ». L’Union africaine reconnaît la République arabe sahraouie démocratique (RASD) comme État membre. Elle a toujours traité le territoire comme une question de décolonisation exigeant l’expression de la volonté libre et authentique du peuple sahraoui.
Contexte de l’Initiative marocaine et de la résolution 2797 du Conseil de sécurité de l’ONUEn 2007, une Initiative marocaine pour la négociation d’un statut d’autonomie pour la région du Sahara a proposé d’accorder un certain degré d’autonomie à la population du Sahara occidental placé sous la souveraineté du Maroc, en excluant l’option de l’indépendance et en conservant une compétence en matière de sécurité nationale, de défense, d’affaires étrangères et de justice.
Plusieurs États ont reconnu la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental, en particulier les États-Unis en décembre 2020. Bien que l’Union africaine ne l’ait pas reconnu, plusieurs de ses membres ont soutenu le plan marocain d’autonomie, dont le Sénégal et le Kenya.
En 2007, le Front Polisario a proposé son propre plan en vue d’une solution politique, qui prévoit un référendum d’autodétermination. Il a émis une proposition actualisée en 2025.
La résolution 2797 du Conseil de sécurité de l’ONU soutenait le plan marocain d’autonomie de 2007 comme base de négociation et appelait toutes les parties à « participer aux discussions sans conditions préalables et sur la base du plan d’autonomie proposé par le Maroc afin de parvenir à une solution politique définitive et mutuellement acceptable qui assure l’autodétermination du peuple du Sahara occidental », ajoutant qu’« une autonomie véritable pourrait représenter une solution des plus réalisables ». La résolution 2797 ne fait pas référence à l’Avis consultatif de 1975 de la Cour internationale et ne fournit aucune garantie qu’il sera respecté.
Cette résolution ne précise pas qui sont les peuples du Sahara occidental, ni s’ils englobent toutes les personnes sahraouies déplacées depuis le conflit de 1975 ainsi que leurs descendants. Le plan de règlement de 1988, tel qu’accepté par les parties, énonçait lui que « tous les Sahraouis dénombrés dans le recensement organisé en 1974 par les autorités espagnoles, âgés de 18 ans ou plus, auront le droit de voter lors du référendum », y compris « les réfugiés sahraouis [...] recensés ».
Le Polisario a rejeté le postulat de la résolution.
Prenant ses distances avec les positions précédemment adoptées par nombre de ses États membres, l’Union européenne a déclaré en janvier 2026 qu’elle avait unanimement « actualisé sa position vis-à-vis du Sahara occidental, l’alignant avec la résolution 2797 du Conseil de sécurité », et affirmé que les négociations devraient « se baser sur le plan d’autonomie du Maroc ».
De Mistura, l’envoyé spécial du secrétaire général de l’ONU sur le Sahara occidental, a prié le Maroc de fournir un « plan d’autonomie approfondi et actualisé » et déclaré que la résolution 2797 « apportait un cadre de négociation,sans dicter les résultats ».
Dans un communiqué explicatif publié le 31 octobre, l’Algérie a déclaré que cette résolution « était en-deçà des attentes et aspirations légitimes du peuple du Sahara occidental, représenté par le Front Polisario ».
Droit international en matière de droit à l’autodéterminationLe droit à l’autodétermination est entériné par la Charte des Nations Unies et le droit international relatif aux droits humains. Les articles 1 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques et du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels affirment tous deux que « tous les peuples ont le droit de disposer d’eux-mêmes. En vertu de ce droit, ils déterminent librement leur statut politique et assurent librement leur développement économique, social et culturel. »
Le Comité des droits de l’homme des Nations Unies, qui fait autorité pour interpréter le Pacte, a déclaré dans son Observation générale n°12 que tous les États avaient l’obligation de respecter l’autodétermination d’une population et de promouvoir sa réalisation.
La résolution 2625 (1970) de l’Assemblée générale de l’ONU, sur les Principes du droit international touchant les relations amicales et la coopération entre les États conformément à la Charte des Nations Unies, ainsi que la résolution 1514 (XV) de 1960 de l’Assemblée générale, adoptant la Déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux pays et aux peuples coloniaux, affirment le droit à l’autodétermination.
La Charte africaine des droits de l’homme et des peuples affirme que tout peuple « a un droit imprescriptible et inaliénable à l’autodétermination. Il détermine librement son statut politique et assure son développement économique et social selon la voie qu’il a librement choisie. » Lors d’une affaire clé, jugée en 2022 par la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples sur la réintégration du Maroc à l’Union africaine en 2017, la Cour a fait remarquer :
Eu égard au fait qu’une partie du territoire de la RASD [République arabe sahraouie démocratique] est toujours sous occupation marocaine, il va sans dire que les États parties à la Charte ont une obligation individuelle et collective à l’égard du peuple de la RASD, celle de protéger son droit à l’autodétermination, particulièrement en lui portant assistance dans son combat pour la liberté [...]
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