18.06.2026 à 22:37

Exerçant ses « prérogatives présidentielles » en nommant des proches à des postes clés de l’Etat, dans une fin de règne interminable, Emmanuel Macron a créé les conditions d’un accaparement du pouvoir bien au-delà de son mandat présidentiel. L’extrême centre a verrouillé l’appareil d’Etat en nourrissant l’idée que les contre-pouvoirs sont aussi et surtout des menaces contre la démocratie. L’auto-désigné « bloc central » s’est construit pour enjamber le choix électoral, pour faire sans lui. Peut-on encore reprendre le pouvoir à un pouvoir qui au fond méprise le politique et traite en ennemis ceux qui le contestent ? Pour en parler Aude Lancelin et Harold Bernat ont reçu dans un nouveau Quartier Populaire, Alexandre Langlois, ex-agent de renseignement et auteur de « Essayez la démocratie : au bal masqué de la macronie » aux éditions Talma
15.06.2026 à 21:10

Nous vivons une époque de sidération. Le système capitaliste exploite les humains, saccage le vivant, et hypothèque la possibilité même d’un avenir. Pourtant, nous n’arrivons pas à concevoir l’alternative. Face à ce rouleau compresseur, certains décident de rompre avec le système. Ils font le choix de « déserter ». Ces jeunes diplômés de grandes écoles, en quête de sens, renoncent à des carrières toutes tracées pour élever des bêtes, faire de l’artisanat ou travailler dans des tiers-lieux. Comment interpréter ce phénomène ? S’agit-il de trajectoires individuelles isolées ou au contraire, est-ce le signe annonciateur d’un grand basculement à venir ? Pour en parler, François Boulo a reçu Jeanne Mermet, ancienne élève de l’École polytechnique qui a fait le choix de la rupture. Dans son essai, « Désertons » (LLL), elle arrache l’abandon de poste aux mains du développement personnel pour lui donner le sens d’un acte politique d’insubordination.
11.06.2026 à 21:30

« Adaptez-vous, ou disparaissez » Voilà, en quelques mots, le seul conseil que le discours public semble donner aujourd’hui face à la percée fulgurante de l’intelligence artificielle, et aux 3 milliards d’euros dépensés quotidiennement par les géants de la Silicon Valley pour l’imposer à la planète entière. Pour les partisans les plus enthousiastes de l’IA, celle-ci va nous libérer du travail servile, peut-être même de la maladie, et à terme de la mort. Pour les autres, elle est l’instrument d’une dépossession sans précédent — de notre pensée, de notre lien aux autres, de notre liberté. Pour confronter ces différents arguments, Aude Lancelin a reçu Laurent Alexandre, chirurgien, entrepreneur, coauteur de « Vivre 1000 ans : quand l’IA règne et la mort recule : rêve ou cauchemar ? » (Buchet-Chastel), Marie José Mondzain, philosophe, auteure de « Peine Kapital : Monologue avec l’intelligence artificielle » (La Fabrique) et Serge Tisseron, psychiatre, auteur de « Machines maternelles : L’IA peut-elle prendre soin de nous ? » (PUF)