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03.02.2026 à 19:07

«Le narcotrafic est organisé comme le capitalisme» — Amine Kessaci

David Dufresne
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Amine Kessaci, 22 ans, et un courage fou. Son nom résonne comme un symbole de résistance dans les quartiers nord de Marseille. Après l’assassinat de deux de ses frères, par des narco-trafiquants, ce jeune écolo a transformé sa douleur en combat. Dans cet entretien sans esquive, il raconte la narcocratie de l’intérieur, démonte l’échec de la répression et plaide pour une réponse globale : justice sociale, dignité, légalisation encadrée. Une parole politique née du deuil, tenue par la détermination. Un témoignage rare.

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Texte intégral (1271 mots)

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Fondateur de l’association Conscience, il accompagne dénonce l’abandon des quartiers populaires. Candidat aux municipales à Marseille sur la liste de Benoît Payan, Amine Kessaci incarne une nouvelle génération d’activistes, à la croisée du personnel et du politique. Son discours, intime et radical, force le respect. Menacé, sous protection policière, Amine Kessaci continue de défier les trafiquants et les sceptiques. Et les critiques. Un honneur de le recevoir.

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La rencontre avec Amine Kessaci

Amine Kessaci raconte sa vie sous protection policière après avoir appris «qu’un contrat avait été placé sur ma tête», conséquence directe de sa dénonciation du narcotrafic et de la publication de son livre « Marseille, essuie tes larmes – Vivre et mourir en Narcocratie»

Il insiste sur l’innocence totale de son frère Mehdi, «assassiné pour rien», uniquement parce qu’il était son petit frère.

Il décrit la narcocratie comme «le pouvoir qu’ont les narcotrafiquants d’influer sur nos vies», capable de se substituer à l’État dans les quartiers populaires.

Il établit un parallèle direct entre narcotrafic et capitalisme : «le narcotrafic est organisé comme le capitalisme», avec des têtes de réseau à l’abri et des exécutants prolétarisés et sacrifiés.

Il dénonce l’hypocrisie d’une guerre à la drogue qui cible «les petits en pied d’immeuble» tout en laissant prospérer les véritables responsables à l’étranger.

Il défend la légalisation du cannabis comme outil de santé publique et de prévention, rappelant que «la prohibition la plus violente d’Europe» coexiste avec une consommation record.

Il affirme que la lutte contre le narcotrafic ne peut être uniquement sécuritaire : emploi, services publics, école, dignité et justice sociale sont centraux.

Il rend hommage aux mères des quartiers populaires, «le dernier rempart», qu’il décrit comme la colonne vertébrale de son engagement politique et associatif.

Il explique son choix de l’engagement municipal comme levier concret, affirmant que les réponses doivent être à la fois immédiates et structurelles sur le long terme.

Il conclut sans ambiguïté sur sa détermination : «je ne me tairai pas face au narcotrafic», même sous la menace directe, parce que le silence tuerait une seconde fois.

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02.02.2026 à 09:42

«Capgemini a vendu le fusil, pas effacé le sang» — Théo Viard (CGT)

David Dufresne
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Presse indépendante, capitalisme numérique et luttes syndicales : cette Matinale explore les lignes de front d’un monde sous tension. Face à l’hégémonie des plateformes et à la concentration médiatique, des journaux papier résistent, s’organisent et se réinventent.
Dans le même temps, un scandale éclate : Capgemini, symbole du CAC 40, collabore avec ICE. Un des artisans de la révélation du scandale est avec nous. Une lutte victorieuse, on prend.

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Texte intégral (3361 mots)

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Au menu ce lundi :

A 7h30, gloire à la Presse Pas Pareille: Fabien Plastre (L’age de faire) et Mačko Dràgàn (Mouais), viennent faire l’état des lieux de ces journaux papier qui pullulent et qui résistent. A 8h30, direction Capgémini. Théo Viard (CGT) est en direct pour causer du contrat de la honte avec ICE et consorts.
Sans oublier la météo des luttes, notre revue de presse antifa, les convocations de la semaine, radio police, revue de presse de la maison poulaga.

Chaque lundi matin, Au Poste tente de mettre un peu de trouble dans l’ordre médiatique dominant. « France Déter » accueille des invité·e·s, tient des revues de presse particulières, donne le temps des nuages et des luttes, explore le passé, étrille le présent. C’est en direct, c’est fait maison. Préparez le café!

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La rencontre avec Théo Viard

Capgemini est accusée d’avoir collaboré depuis des années avec l’ICE, fournissant des outils de «skip tracing», d’optimisation de la détention et de déportation, participant à une traque algorithmique des migrants pour des contrats de plusieurs dizaines de millions de dollars.

Sous la pression syndicale et médiatique, l’entreprise a annoncé hier la vente de sa filiale américaine, mais pour la CGT, «Capgemini a vendu le fusil, pas effacé le sang», la responsabilité morale et politique demeurant entière.

Les syndicats dénoncent une stratégie de communication visant à se défausser sur une filiale étrangère alors que les contrats existent «depuis 2007» et relèvent d’une politique structurelle tournée vers le profit.

Au-delà de l’ICE, Capgemini est impliquée indirectement dans l’industrie de l’armement et de la guerre via des prestations pour Thales ou Safran, créant des cas de conscience chez de nombreux salariés.

La rencontre avec Fabien Plastre et Mačko Dràgàn

La presse papier indépendante continue d’exister malgré les contraintes économiques, logistiques et politiques, portée par des collectifs qui mutualisent l’impression, la diffusion et les luttes, car «le papier n’est pas mort, il résiste» et répond à une demande qui «n’a jamais vraiment disparu».

L’impression et l’acheminement constituent le principal point de fragilité des journaux indépendants, entre dépendance aux imprimeurs dominants et domination de Bolloré sur la distribution, créant une forme de «censure par l’économie».

Le Syndicat de la presse pas pareille naît du besoin de sortir de l’isolement, de partager des outils concrets et de porter des revendications communes, notamment pour peser sur l’attribution des aides publiques et défendre une presse «pas pareille» dans un paysage ultra-concentré.

La question de la rentabilité est centrale : «être rentable en papier, ça me paraît extrêmement peu possible», les journaux survivant grâce aux abonnements, à la solidarité militante et à des aides publiques historiquement pensées pour garantir le pluralisme.

Le choix du papier est assumé comme un acte politique : un objet durable, lisible hors algorithmes, permettant une relation différente au temps, où l’actualité est mise en perspective plutôt que consommée dans le flux.

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30.01.2026 à 11:00

Amandine Gay: «La suprématie blanche est un régime politique»

David Dufresne
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La réalisatrice et afroféministe analyse la suprématie blanche comme un régime politique structurant la société française.
Elle relie santé, capitalisme, racisme et patriarcat à partir d’exemples concrets et documentés.
De l’affaire Naomi Muzenga au pluriversalisme, en passant par son propre parcours, elle propose une lecture située et rigoureuse.
Une belle (et longue) (et franche) conversation exigeante sur la manière de penser et d’organiser les luttes sans effacer les rapports de domination.

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« Comment vivre libre dans un monde façonné par l’oppression raciale ? » Avec Vivre, libre (Éditions La Découverte), Amandine Gay, réalisatrice et militante afroféministe, répond par un manifeste intime, politique, et à succès. À travers son parcours de femme noire, adoptée et bisexuelle, elle déconstruit la suprématie blanche, non comme une idéologie qui serait aux mains de quelques uns (puissants), mais comme un système qui structure nos vies – amitié, sexualité, travail.
Sans concession, elle interpelle : « On peut être complice de la suprématie blanche sans être raciste. » Un livre-vérité, mi-récit autobiographique mi-analyse sociale (de bell hooks à Charles W. Mills), qui force à regarder en face nos privilèges et nos silences. Car pour Gay, la lucidité n’est qu’un début : l’urgence est d’agir.

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La rencontre avec Amandine Gay

Définition structurante de la suprématie blanche comme un cadre politique global, pensée explicitement comme «un régime politique», qui organise durablement les rapports sociaux, économiques et symboliques, bien au-delà des intentions individuelles ou des comportements isolés.

Analyse du racisme comme système matériel et historique, produisant des effets concrets sur les trajectoires de vie, les droits et les possibilités d’action, et non comme une simple question morale ou culturelle.

Critique approfondie de l’universalisme républicain, présenté comme un dispositif qui se prétend neutre mais qui hiérarchise implicitement les expériences, en imposant un point de vue dominant comme horizon commun indiscutable.

Présentation du pluriversalisme comme alternative politique, défini comme «la possibilité de faire coexister plusieurs mondes», permettant de penser l’égalité sans exiger l’effacement des différences ni la soumission à une norme unique.

Mise à distance de la convergence des luttes comme mot d’ordre abstrait, au profit d’une stratégie de coalition fondée sur le réel des rapports sociaux, avec l’idée assumée que «parfois nous ne sommes pas des alliés objectifs».

Analyse des rapports de classe à l’intérieur même des groupes opprimés, montrant comment des intérêts matériels divergents peuvent produire des conflits, notamment lorsque certaines positions sociales bénéficient indirectement des systèmes de domination.

Refus d’une lecture strictement économiciste de l’émancipation, affirmant clairement que «si on me parle d’anticapitalisme sans parler de capitalisme racial, on n’est pas ensemble», et rappelant l’imbrication historique de l’exploitation économique et de la race.

Insistance sur la nécessité de penser ensemble capitalisme, suprématie blanche et patriarcat, non comme des oppressions concurrentes mais comme des systèmes qui se renforcent mutuellement et structurent l’ordre social.

Réflexion assumée sur la position située de l’autrice, rappelant que toute analyse est produite depuis un lieu social précis, et que reconnaître ce point de vue situé est une condition de la rigueur politique et intellectuelle.

Conclusion sur les formes d’action collective, appelant à des luttes capables à la fois de résister aux systèmes de domination existants et de formuler «d’autres formes de faire société», sans délégation ni effacement des rapports de pouvoir internes aux mouvements.

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29.01.2026 à 21:08

La route, une histoire politique à ciel ouvert avec Nayel Zeaiter

David Dufresne
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La route n’est pas qu’un ruban d’asphalte : elle est une construction politique, sociale et culturelle.
De la fuite de Varennes aux gilets jaunes, des voies romaines aux autoroutes concédées, Nayel Zeaiter retrace plusieurs siècles d’histoire française par le prisme de la circulation.
À travers le dessin, la signalétique et l’ingénierie, il révèle comment la route organise les territoires, les conflits et les imaginaires.
Une plongée précise dans ce qui relie, sépare et fait exploser la société.

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Texte intégral (1912 mots)

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Chaque page est une madeleine de Proust, on est sur la route, mais on découvre la guerre, la fiscalité rendue facile par les pavés, on croise des R5 ou des 2CV, on découvre l’histoire du rail, et ses batailles pour notre confort. Dans son roman graphique «La route, une histoire dessinée» (Gallimard), Nayel Zeaiter retrace plusieurs siècles d’histoire de la voirie en France, des charrettes aux autoroutes, en passant par les Gilets jaunes et les œuvres d’art monumentales qui jalonnent nos trajets. D’un trait bi-colore, le marron et le blanc des panneaux touristiques des autoroutes, il révèle comment la route a façonné nos paysages, nos sociétés, et nos luttes sociales.

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La rencontre avec Nayel Zeaiter

La route est antérieure à la voiture et ne lui est pas réductible : « la route préexiste et survivra à la voiture », depuis les sentiers et « les coulées de bestiaux » jusqu’aux infrastructures modernes liées au commerce et à la guerre. Elle est d’abord pensée pour le transport lourd : « la route est proportionnée pour le trafic de camions ».

La construction routière répond à des logiques économiques et militaires constantes : « commerce et guerre » sont les moteurs principaux de la solidification des voies, aujourd’hui encore visibles dans le dimensionnement des autoroutes « faites pour que les camions circulent ».

L’histoire française se lit dans ses routes : la fuite de Varennes montre une organisation étatique du déplacement, avec des relais de poste permettant de parcourir « 240 km en 22 heures », révélant les limites logistiques et politiques du pouvoir monarchique.

Le rail bouleverse la vitesse historique des armées : « la vitesse des armées n’a pas vraiment évolué entre César et Napoléon », jusqu’à l’arrivée du train, capable de « transporter de grands nombres de personnes » et de transformer la guerre comme le travail.

Le vocabulaire de la mobilité est politique : la SNCF parle de « voiture » plutôt que de wagon pour concurrencer l’automobile, puis affirme « À nous de vous faire préférer le train », illustrant une bataille culturelle durable entre route et rail.

L’autoroute est un paysage fabriqué : le tracé, les virages, les perspectives, les falaises artificielles sont conçus pour « garder le conducteur éveillé », avec des procédés visant à produire un décor « qui a l’air naturel, sauf que ça ne l’est pas du tout ».

Les panneaux marron hérités de Jean Widmer forment une grammaire visuelle : une image d’abord, puis sa légende, afin de créer une attente et une narration du paysage, aujourd’hui abandonnée au profit de panneaux immédiats.

La route produit des conflits d’usage récurrents : l’arrivée de la voiture provoque « des histoires de caillassage », de tirs, d’accidents, obligeant à formaliser un code de la route alors que certains usages existaient déjà, comme « la priorité à droite ».

Les ronds-points cristallisent pouvoir et contestation : espaces techniques devenus lieux politiques, ils accueillent les gilets jaunes, les constructions en palettes, et concentrent critiques de l’urbanisme, de l’art public et de la mobilité.

La route est un outil central de lutte sociale : barricades de 1588, pavés de 68, opérations escargot, péages gratuits, palettes, entraves agricoles. « Bloquer la circulation pour être visible » traverse toute l’histoire contestataire française.

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26.01.2026 à 20:01

Bisexualité: angle mort des luttes féministes et queer?

Nora Bouazzouni
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Longtemps ignorée, caricaturée ou niée, la bisexualité reste à la marge de la marge des luttes féministes et queer.
Avec rigueur et précision, Stéphanie Ouillon et Camille Teste retracent l’histoire politique, sociale et médicale de cette identité marginalisée.
Chiffres, archives, expériences vécues : elles dévoilent une réalité marquée par l’invisibilisation, la biphobie et des violences spécifiques.
Un échange essentiel pour comprendre pourquoi les bisexuel·les sont partout… et pourtant si rarement écouté·es.

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Texte intégral (1879 mots)

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Curieuses, indécises, immatures, traîtresses à la cause… Bien que nombreuses (en France, 10% des moins de 30 ans revendiquent cette identité), les personnes bisexuelles sont encore victimes de préjugés même au sein des communautés LGBTQIA+ et d’un manque de représentation, de la pop-culture aux sujets de recherche, en passant par les médias et les politiques de santé publique. Pourquoi ? Que produit la marginalisation et l’effacement de celles et ceux qui n’ont jamais cessé de militer dans les mouvements queer ?

Dans ce nouvel épisode de “Qui va faire la vaisselle ?”, Nora Bouazzouni reçoit Stéphanie Ouillon, autrice de Quelle bisexualité radicale ? Sur les traces de la bisexualité politique en France (1967-2007) (Tahin Party, 2025) et créatrice de la Newsletter bi·e, et Camille Teste, autrice d’Embrasser la bisexualité (Les Renversantes, 2025).

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La rencontre avec Stéphanie Ouillon et Camille Teste

Les deux autrices constatent un manque structurel de ressources en français sur la bisexualité, malgré une présence démographique massive, rappelant que «10% des moins de 30 ans revendiquent cette identité» et que cette absence participe directement à l’invisibilisation politique et culturelle. «On s’est rendu compte qu’il n’y avait presque aucun livre sur la bisexualité en français»

Stéphanie Ouillon explique que la bisexualité est historiquement absente des pensées queer et féministes, malgré leur volonté affichée de déconstruire la binarité sexuelle, soulignant que «la bisexualité est le fantôme de l’identité sexuelle». «La bisexualité a été systématiquement absente, c’est un angle mort»

Camille Teste met en évidence les conséquences matérielles de cette invisibilisation à travers les données de santé mentale, précisant que les personnes bisexuelles sont «surreprésentées dans la dépression, les addictions et la précarité». «Les personnes bisexuelles vont moins bien que les personnes hétérosexuelles mais aussi que les gays et les lesbiennes»

Les invitées reviennent sur l’histoire médicale et psychiatrique de la bisexualité, décrite comme une phase transitoire ou une pathologie, rappelant que «le mot bisexualité a d’abord servi à décrire un état embryonnaire». «La bisexualité n’a jamais été pensée comme une identité adulte stable»

La biphobie au sein même des communautés LGBTQ+ est longuement analysée, notamment à travers les accusations de trahison et d’instabilité. «On nous a dit que la bisexualité était une arnaque politique»

Camille Teste décrit la charge cognitive permanente liée au fait de devoir prouver son identité, rappelant que «la bisexualité est la seule orientation qu’on doit sans cesse pratiquer pour être crue». «On nous demande toujours de prouver qu’on est bi»

Les discriminations spécifiques dans le monde du travail et de la santé sont détaillées, notamment la sexualisation immédiate de l’identité bi. «Quand on dit qu’on est bisexuel·le, on n’entend pas une identité mais une sexualité supposée»

Stéphanie Ouillon insiste sur la notion de passing hétéro ou queer, expliquant que cette assignation extérieure a un coût psychique élevé. «Le passing a un coût émotionnel énorme»

Les autrices montrent que la bisexualité a été effacée des récits militants, y compris lors des grandes mobilisations historiques, soulignant que «les bisexuel·les ont souvent dû se taire pour rester dans les luttes». «Ce n’était pas stratégique de dire qu’on était bi»

En conclusion, elles affirment la nécessité de prises de parole autonomes, rappelant une phrase fondatrice du militantisme bi. «Ce sera fini quand les bisexuel·les auront parlé»

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26.01.2026 à 09:25

De l’Assemblée à Interpol: deux fronts contre l’impunité policière

David Dufresne
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À l’Assemblée nationale comme sur la scène internationale, deux alertes convergent. Le député Pouria Amirshahi raconte comment une proposition de loi sur la légitime défense policière a failli faire basculer l’État de droit, avant d’être stoppée in extremis.
Dans le même temps, le journaliste Mathieu Martinière révèle comment Interpol est instrumentalisée par des régimes autoritaires pour traquer opposants, journalistes et militants. Deux fronts, une même question : jusqu’où laisser l’impunité s’installer au nom de la sécurité ?

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Texte intégral (3008 mots)

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Au menu ce lundi : A 7h30, on convoque Pouria Amirshahi (Député Écologiste et Social de Paris) pour qu’il nous raconte l’incroyable bordel à l’Assemblée nationale, jeudi dernier, autour d’un amendement qui entendait adopter la présomption de légitime défense pour les policiers et les gendarmes. C’était un jour de niche LR, transformé en alliance RN/Droite.

A 8h30: le journaliste d’investigation Mathieu Martinière sera avec nous pour narrer le scandale des Interpol Files, qu’il révèle ce lundi matin même avec Disclose et la BBC: comment les moyens colossaux de l’agence de police internationale sont détournés par les pays les plus répressifs au monde.

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La rencontre avec Pouria Amirshahi et Mathieu Martinière

Pouria Amirshahi décrit la proposition de loi LR comme « une extension du champ de tir à vue des policiers », soulignant qu’elle instaurait une présomption de légitime défense dans un contexte déjà marqué par une augmentation des morts lors d’interpellations depuis 2017. Il rappelle que « cette extension ne pouvait que produire une forme de lâcher-prise, d’impunité par avance ».

Il explique que la mesure centrale du texte reposait sur « une inversion de la charge de la preuve », où « ce n’est plus au policier de prouver qu’il était en situation de légitime défense, mais au parquet de démontrer l’illégalité du tir ». Selon lui, « c’est devenu complètement fou ».

Amirshahi relie cette proposition à une dynamique politique plus large : « on assiste à l’accélération de la fusion entre une partie de la droite et de l’extrême droite », ajoutant que « le corps de la réaction se réorganise autour du RN ».

Il insiste sur la fragilité du contrôle policier en France : « deux tiers des fonctionnaires de police ne répondent pas à leurs obligations de formation continue sur les techniques d’intervention », citant la Cour des comptes, et alerte sur « des pouvoirs exorbitants donnés au pouvoir administratif ».

Revenant sur la riposte parlementaire, il détaille la stratégie collective : « on a multiplié les amendements, les sous-amendements, les suspensions de séance », afin de « tenir le plus longtemps possible » jusqu’à l’expiration de la niche parlementaire.

Mathieu Martinière révèle que son enquête repose sur « des milliers de documents internes à l’organisation policière », montrant que « des pays autoritaires vont instrumentaliser Interpol pour traquer des opposants politiques ».

Il précise que les notices rouges, censées viser des criminels, sont détournées : « la majorité des personnes sur notice rouge vont le découvrir quand elles seront arrêtées », rappelant que « à peine 10 % des notices sont publiques ».

Martinière souligne que « les deux tiers des trente pays qui émettent le plus de notices rouges sont des régimes non démocratiques », avec « la Russie largement en tête », suivie notamment par « le Tadjikistan, un pays de dix millions d’habitants ».

Il cite des conséquences concrètes : arrestations, détentions prolongées, extraditions, affirmant que « les conséquences d’une notice rouge peuvent être énormes ».

Enfin, il pointe l’absence de recours effectif : « il n’y a pas de mécanisme d’appel », expliquant que « c’est un vrai problème démocratique » pour une organisation capable d’affecter directement la liberté de milliers de personnes.

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22.01.2026 à 09:41

Face aux trumperies qui nous gagnent. L’industrialisation du mensonge avec Raphaël Liogier

David Dufresne
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Raphaël Liogier démonte avec une précision redoutable la grande machine contemporaine du succès. Dans une société où l’apparence a remplacé l’existence, le mensonge n’est plus une faute mais une norme.
Du capitalisme au travail, de la science à la politique, tout devient mise en scène et fiction industrielle. Face à ce monde corrélationniste et épuisé, le philosophe appelle à une rupture radicale. Retrouver la grandeur, le désir, et oser la démesure.

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Texte intégral (1719 mots)

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Et si la réussite n’était plus qu’un mirage ? Dans Success, l’industrialisation du mensonge (Les Liens qui libèrent), le philosophe et sociologue Raphaël Liogier démonte la grande machine du “successful”. Avec une lucidité qui fait mal (ou plutôt: du bien), il décrit une société où la vérité ne vaut plus rien face à l’effet produit, où la sincérité cède le pas à l’impression, où l’on “fait impression massivement” plutôt que d’exister véritablement. Où la Trumperie nous guette et nous gagne.

C’est le règne de l’apparence. Le mensonge devient norme, rituel, injonction morale, industrie même. Un monde de dupes s’impose où les “professionnels de la semblance” règnent en maîtres. Liogier ausculte cet univers avec ironie, colère et précision. Et pose une question vertigineuse : que reste-t-il quand tout est faux, même la vérité de soi ?

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La rencontre avec Raphaël Liogier

Analyse du basculement du succès en norme morale et sociale, où «le succès n’est plus d’être heureux mais que ça se sache massivement», et où l’impression produite remplace l’existence réelle, structurée par des seuils d’audience, de richesse et de visibilité.

Définition du mensonge contemporain comme structurel, partagé et assumé collectivement, lorsque «tout le monde sait que tout le monde ment» et que la société impose désormais de «faire semblant de croire».

Description de la société industrialiste comme un show-business généralisé où «la société industrialiste est en tant que telle un grand show business», transformant la vérité en variable secondaire face à l’effet produit.

Analyse du trumpisme comme symptôme et non comme anomalie, Trump étant rendu possible parce que «le système non seulement autorise mais produit Trump» et fabrique des figures de puissance sans limites.

Déconstruction de la fausse qualité issue de la quantité, lorsque «le milliardaire devient une qualité et non plus une quantité», produisant une légitimité artificielle à parler de tout.

Critique du travail contemporain vidé de sa finalité, où l’emploi devient un marqueur d’inclusion symbolique et où la fatigue dominante est une «fatigue de l’être» liée à la perte de sens.

Mise en lumière de la financiarisation comme mensonge majeur, détournant la finance de sa fonction collective pour devenir un instrument de prédation court-termiste et de spéculation déconnectée du réel.

Dénonciation du système scientifique corrélationniste, dominé par le «publish or perish», le facteur d’impact et l’auto-plagiat, où la reconnaissance statistique prime sur la recherche réelle.

Analyse de l’avidité comme symptôme d’un vide existentiel, une société «à vide» qui remplit par la puissance, la domination et l’accumulation faute de transcendance.

Et enfin: proposition d’une issue par la démesure positive, refusant la comparaison quantitative, appelant à «être ambitieux sans se mesurer», et à réinventer des utopies concrètes sous les radars du système.

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19.01.2026 à 11:25

En Iran: le Soulèvement. En France: les librairies attaquées par l’extrême-droite

David Dufresne
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En quelques mois, une dizaine de librairies indépendantes ont été attaquées partout en France. Les acteurs du livre indépendants attribuent ces actions violentes à l’extrême droite. Avec nous, pour en parler, à 7h30, Clémence R. (SUD Culture Solidaires - Branche Métiers du livre). Et à 8h30, l’anthropologue Chowra Makaremi, bien connue de nos services, viendra dresser le bilan, provisoire, et humain, et politique, du nouveau soulèvement révolutionnaire en Iran.

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Sans oublier la météo des luttes, notre revue de presse antifa, les convocations de la semaine, radio police, revue de presse de la maison poulaga.

Chaque lundi matin, Au Poste tente de mettre un peu de trouble dans l’ordre médiatique dominant. « France Déter » accueille des invité·e·s, tient des revues de presse particulières, donne le temps des nuages et des luttes, explore le passé, étrille le présent. C’est en direct, c’est fait maison. Préparez le café!

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La rencontre avec Clémence R. et Chowra Makaremi

Les attaques contre les librairies indépendantes se multiplient depuis plusieurs mois, avec des vitrines brisées, des tags à l’acide, des menaces directes, des tentatives d’intimidation visant explicitement des lieux identifiés comme féministes, LGBTQIA+ ou engagés politiquement, révélant une stratégie d’intimidation organisée et durable.

Clémence R. explique que ces violences sont précédées de harcèlement répété, par téléphone, sur les réseaux sociaux ou directement en librairie, et que «les attaques physiques arrivent souvent après des semaines de pressions», installant un climat de peur quotidien pour les travailleuses et travailleurs du livre.

La publication d’un guide d’autodéfense juridique répond à une nécessité concrète : «donner des outils précis, rappeler le cadre légal, expliquer quoi faire immédiatement après une attaque», afin d’éviter l’isolement et l’abandon face aux agressions.

Les institutions culturelles et les grandes maisons d’édition réagissent faiblement : Clémence R. souligne que les communiqués restent souvent généraux, sans désignation claire des responsabilités ni soutien matériel suffisant aux librairies ciblées.

La perquisition de la librairie Violette & Co marque un tournant inquiétant : une librairie attaquée par l’extrême droite se retrouve ensuite perquisitionnée par l’État, tandis que la plainte pour dégradations «a été perdue», illustrant une inversion préoccupante des priorités.

Seconde invitée, Chowra Makaremi décrit la situation iranienne comme «un massacre à ciel ouvert», avec des milliers de morts en quelques jours, une répression indiscriminée visant manifestants et passants, et un usage systématique de la terreur comme seul mode de gouvernement encore opérationnel.

L’inflation massive en Iran agit comme déclencheur mais révèle un système plus profond : une économie de prédation contrôlée par les Gardiens de la Révolution, où «l’inégalité devient le seuil de l’insupportable» et transforme la colère sociale en révolte politique.

Le pouvoir iranien repose sur un appareil militaro-économique fermé, endogame, où élites religieuses et sécuritaires concentrent richesses et décisions, tandis que la majorité de la population subit la paupérisation et la destruction des protections sociales.

La répression actuelle marque une rupture : forces masquées, usage de milices extérieures, techniques importées de conflits régionaux, donnant aux manifestants le sentiment d’être face à un ennemi militaire plutôt qu’à un pouvoir issu de la société.

Malgré la violence, Chowra Makaremi souligne une transformation majeure : la République islamique a paradoxalement produit une société largement sécularisée, pour laquelle l’islam politique «n’est plus une force de contestation», ouvrant une brèche historique aux conséquences régionales majeures.

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15.01.2026 à 12:00

Thomas Legrand: «Oui à un débat sur la connivence mais pas à l’occasion d’un montage frauduleux, fait par des fachos»

David Dufresne
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Suite aux attaques de la Bollosphère, Thomas Legrand, lui le fervent adepte de la culture du compromis, contre-attaque. Il a déposé plainte contre Europe 1 et CNews. Et accuse : «ce sont une organisation politique dotée de studios dans un but de propagande». Avec lui, on est revenu sur ses accusations, le métier (étrange) de commentateur politique, l'endogamie qui règne chez ses pairs et leur sujet (le monde politique). Et comment la trumpisation du débat public gagne la France.

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Depuis des années, Thomas Legrand commente la vie politique. Aujourd’hui, c’est lui qui se retrouve dans la tempête. Une tempête médiatique, judiciaire, politique. Une conversation privée avec Laurence Bloch, ex-directrice de France Inter, captée à son insu, se retrouve projetée en pleine lumière. Disséquée. Sortie de son contexte. Exploitée. Ce matin, on apprend par la cellule investigation que l’enregistrement illégal porte une signature : Alexis Delafontaine, journaliste à Europe 1.

Au micro d’Au Poste, Legrand tranche: «Oui à débat sur la connivence mais pas à l’occasion d’un montage frauduleux, manipulatoire, fait par des fachos, contre le service public»

Avec nous, il est revenu sur son audition démentielle devant la commission d’enquête de l’Assemblée nationale. Frustrant, parce que trop court (en pleine tempête, Legrand avait, on le comprend, fort à faire), l’entretien dévoile néanmoins l’état de la fabrication de l’opinion.

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14.01.2026 à 20:05

«La Palestine n’est pas un souvenir, elle est au cœur de tout» — Ziad Majed

David Dufresne
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Le Proche-Orient n’est ni une énigme insoluble ni un chaos éternel. Dans cet entretien dense et pédagogique, le politiste Ziad Majed démonte un siècle de récits tronqués, de mythes géopolitiques et de simplifications dangereuses. De la Palestine à l’Iran, du Liban aux révolutions arabes, il restitue les continuités historiques, les ruptures fondatrices et les responsabilités internationales.

Une lecture indispensable pour comprendre pourquoi cette région reste au cœur du basculement mondial.

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On aurait pu intituler cet épisode « Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le Proche-Orient ». Car notre invité, le politiste franco-libanais Ziad Majed, ne fait pas mystère de l’objectif de son dernier ouvrage : en bon professeur, il propose d’offrir une entrée pédagogique à cette région du monde, dont le destin est intimement lié à celui de l’Occident. En remontant au début du siècle dernier, et à travers des escales autour d’événements clés, l’auteur aide à mieux comprendre les enjeux de la nouvelle séquence qui s’est ouverte au lendemain du 7 octobre 2023, et éclaire le rôle que les puissances occidentales ont joué — et continuent de le faire — au Proche-Orient.


Sarra Grira / Orientxxi.info

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La rencontre avec Ziad Majed

Le Proche-Orient agit comme un révélateur mondial : «le droit international a été exclu de notre région», avant d’être progressivement fragilisé ailleurs, faisant de Gaza un miroir de l’ordre international en crise.

La question palestinienne s’inscrit dans une histoire longue amorcée à la fin du XIXe siècle, bien avant 1948, et devient rapidement une question internationale structurante.

L’idée d’un Proche-Orient incompréhensible relève d’un mythe politique : «l’histoire de la Palestine et du Proche-Orient est accessible», à condition de rompre avec la paresse intellectuelle et le refus d’affronter l’histoire coloniale.

La chute de l’Empire ottoman constitue un premier moment fondateur, suivie par la Nakba de 1948, qui «va avoir des conséquences sur toute la région et sur toute la culture politique», bien au-delà du seul cadre israélo-palestinien.

La guerre de 1973 marque un basculement décisif : «c’était la dernière guerre entre États arabes et Israël», ouvrant une ère de conflits non étatiques et la montée en puissance des monarchies pétrolières du Golfe.

La centralité palestinienne s’impose malgré les tentatives répétées de l’effacer : «à chaque moment où on pensait que la Palestine était devenue secondaire, elle revient et s’impose».

L’Iran incarne une trajectoire marquée par des blessures démocratiques anciennes, de 1906 à 1953, puis par une révolution confisquée : «la société iranienne s’exprime politiquement depuis des décennies».

Le régime iranien instrumentalise la Palestine pour sa stratégie régionale tout en écrasant ses oppositions internes : «ils soutiennent des mouvements de résistance, mais pour leur propre hégémonie».

Le confessionnalisme ne suffit pas à expliquer les conflits : «la grille sunnite-chiite n’explique pas grand-chose», les dynamiques étant d’abord politiques, sociales et géostratégiques.

Le Hezbollah a perdu sa prétention protectrice : «ses armes n’ont pas protégé le Sud Liban», et son engagement régional l’a exposé à une défaite militaire majeure.

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