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17.06.2026 à 09:00

Au Poste
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Handicapée, avocate, militante, Elisa Rojas signe un plaidoyer implaccable contre la loi d’aide à mourir dans la dignité. Pour l’autrice de Pour mourir, tapez 1 (Détour), la loi ne ne serait rien d’autre que de la nécropolitique. Loin des considérations catho-réacs, Elisa nous met face à nos contradictions : notre soif d’autodétermination de nos corps doit elle se faire sur l’autel du validisme ?
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La rencontre avec Elisa Rojas

Avocate et militante antivalidiste, autrice de « Pour mourir, tapez 1 » (Editions du Détour), Elisa Rojas décortique la proposition de loi sur l'aide à mourir, qu'elle examine sous l'angle du validisme, ce système d'oppression qui fait des personnes valides « la norme, l'idéale à atteindre ». Elle rappelle que les lois Claeys-Leonetti existent déjà et qu'« on laisse mourir pour le moment, mais on ne provoque pas la mort »: ce texte, lui, « ce serait le basculement vers le fait de provoquer la mort ».

Elle dénonce le flou volontaire du texte : « pronostic vital engagé » sans échéance, « phase avancée » sans consensus médical. Pour elle, la comparaison avec la victoire de l'autodétermination des corps, symbolisée par l'IVG, est fallacieuse : « expliquez-moi qui meurt au moment d'un IVG ?».

Elisa établit un parallèle historique glaçant avec l'opération T4 sous le nazisme, soulignant que « le vent du fascisme souffle très très très fort sur nos têtes ».

Elle accuse une partie de la gauche, LFI et EELV en tête, de trahison : « c'est une trahison totale de toutes les valeurs de la gauche ». Et de lancer, à l'adresse des parlementaires hésitants : « est-ce que demain, vous arriverez à vous regarder dans une glace? ».

Sur le volet financier, elle pointe une « aubaine » budgétaire pendant que la moitié des malades n'ont pas accès aux soins palliatifs. Épuisée par deux ans de combat face à « un mur médiatique », elle invite les parlementaires à suivre l'exemple écossais, où le texte a été rejeté.

15.06.2026 à 07:00

Au Poste
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Un syndicaliste piégé par la DGSI sur numéro prépayé désactivé, une loi contre les violences sexuelles mise au placard jusqu'à la mort d’une enfant : France Déter reçoit ce matin deux invités qui, chacun à leur façon, instruisent le procès d’un État qui sait très bien choisir ses cibles.
Texte intégral (722 mots)

Chaque lundi matin, Au Poste tente de mettre un peu de trouble dans l’ordre médiatique dominant.

La rencontre avec Tayeb Khouira et Céline Thiébault-Martinez

Tayeb Khouira: secrétaire national de Solidaires, ancien porte-parole de Sud-Aérien est agent de piste à Roissy-Charles-de-Gaulle, il raconte une convocation qui ressemble à tout sauf à ce qu'on lui avait annoncé. Le 20 janvier 2024, un samedi à 18h, un numéro inconnu l'appelle: le commissariat du Blanc-Mesnil veut lui parler. Il se présente, se fait fouiller, monte au premier étage. Deux agents lui posent leur première question: vous savez pourquoi vous êtes là? Il répond: le vol d'un carte bancaire dont il est victime. Réponse: «Ah non, c'est une histoire plus grave.» Ce qu'on lui reproche: «glorifier le Hamas» et inciter ses collègues à «tout faire exploser sur l'aéroport». S'enchaînent deux heures de questions sur son militantisme, son soutien à la Palestine, et --- révélateur --- quelle mosquée il fréquente et s'il envoie de l'argent à l'étranger. Aucun PV, aucun droit notifié, aucun avocat. En sortant, il rappelle le numéro: désactivé.

Ce n'était pas des agents du commissariat qui l'interrogeaient mais ceux de la DGSI. Les caméras de surveillance ont prouvé sa présence. L'IGPN, saisie, s'est dessaisie. La DGSI a mené sa propre enquête sur elle-même. Lors d'une seconde convocation, une agente lâche: «Même nous, on n'a pas accès au dossier. C'est classé secret défense. Ça vient de très haut, et quelqu'un de très bien placé vous en veut.» Dans les dépositions récupérées après le classement de sa plainte, les agents évoquent «une alerte sur un attentat imminent» le jour même. Tayeb Khouira démonte: «On n'appelle pas quelqu'un qui doit commettre un attentat à 18 heures.» Aucun badge bloqué, aucun collègue interrogé à Roissy. Pour lui, le mobile est politique: figure des blocages de l'aéroport pendant la réforme des retraites, soutien affiché à la Palestine, à l'approche des JO. «C'était un cocktail de répression syndicale, c'était de la barbouillerie tout simplement.» Avec Solidaires et la Ligue des droits de l'homme, il saisit le tribunal administratif pour engager la responsabilité de l'État.

Céline Thiebault-Martinez: députée PS de Seine-et-Marne, elle, a déposé le 2 décembre 2025 une proposition de loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles transpartisane, portée avec des élus communistes, écologistes et du bloc central, adossée aux associations féministes et enfantistes, la loi a dormi. L'affaire Lyhanna l'a ressortie du tiroir: elle sera discutée à partir du 15 juillet --- mais pas sous la forme voulue par ses auteurs, Lecornu ayant choisi un véhicule législatif plus étroit.

Thiébault-Martinez commence par les chiffres: 160 000 enfants victimes de VSS par an, un toutes les trois minutes. 270 000 femmes victimes de violences conjugales en 2023, en hausse de 10%. 94% des plaintes pour viol classées sans suite. 1% des violeurs punis. Elle dénonce le «pointillisme législatif» des gouvernements successifs --- des petites lois qui ne font pas système face à des violences qui, elles, font système. Sa proposition: une juridiction spécialisée sur le modèle espagnol, des magistrats et policiers formés au psychotrauma, la fin des alternatives aux poursuites pour VSS, une aide juridictionnelle sans conditions de ressources, la prescription glissante étendue aux majeurs. Sur Macron qui a dit que ce n'est pas une question de moyens: «Le budget a augmenté, mais qu'en a-t-on fait? On a surtout construit des places de prison.» Sur les 70 000 plaintes que Darmanin promet de réexaminer: «Cette annonce en elle-même n'a pas de sens parce qu'on ne sait pas à quoi elle sert en réalité.»

"France Déter" accueille des invité·e·s, tient des revues de presse particulières, donne le temps des nuages et des luttes, explore le passé, étrille le présent.

Sans oublier la météo des luttes, notre revue de presse antifa, les convocations de la semaine, radio police, revue de presse de la maison poulaga.

C’est en direct, c’est fait maison. Préparez le café!

09.06.2026 à 20:00

Au Poste
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Trois heures, dix invités, un seul nom : Bolloré. De Grasset à Cannes en passant par CNews, la Bollo Night a réuni la « dream team de la riposte » pour nommer les mécanismes d’un empire et tracer les voies du démantèlement.
Texte intégral (800 mots)

La rencontre avec Sarah Legrain, Laurent Binet, Nicolas Norrito, Anaïs Massola, Arié Alimi, Marine Rio, Joseph Paris, Christophe Cognet, François Bonnet et Thibaut Bruttin

Premier plateau -- L'édition

Laurent Binet (auteur Grasset) revient sur la déflagration du printemps : le licenciement d'Olivier Nora, directeur de Grasset depuis 25 ans, après son refus de publier un texte d'extrême droite. «Ce premier soir, 130 auteurs qui claquent la porte d'une maison d'édition en une seule fois -- c'est quelque chose qu'on n'avait jamais vu, je crois, dans le monde.» Il reconnaît la critique de la naïveté antérieure : «Ça s'est pas passé il y a trois ans, ça se passe maintenant, c'est tout.»

Nicolas Norrito (éditions Libertalia) assume une franchise plus abrasive : «Ça fait des années qu'on vous dit de partir. L'avantage avec Bolloré, c'est qu'il avance franchement. Il n'y a pas de masque. C'est de l'extrême droite, c'est la croisade d'extrême droite.» Il souligne la concentration verticale : Hachette contrôle l'édition, la diffusion, la distribution et les points de vente (relais) depuis un siècle et demi, «le nerf de la guerre». Et reconnait que ses librairies dépendent d'Hachette, distributeur capable de livrer les livres plus vite que son ombre.

Anaïs Massola (syndicat de la librairie française) pointe la récurrence du problème : «Notre richesse est notre écurie d'auteurs» -- un vocabulaire qu'elle juge «particulièrement étrange» et révélateur d'un système de dépendance structurel.

Sarah Legrain (députée LFI, rapporteure de la future loi anti-concentration si LFI venait à prendre le pouvoir) formule le diagnostic politique : «Bolloré incarne l'alliance de l'ultralibéralisme et de l'extrême droite réactionnaire.» Sur les subventions publiques : «90% du marché du livre sont détenus par 10 groupes. Quatre d'entre eux contrôlent 70% du marché et 80% de la distribution. Si, en plus, c'est eux qui captent les aides publiques aux livres, là il y a un sujet.»

Deuxième plateau -- Le cinéma

Marine Rio (collectif Zappé Bolloré, programmatrice) explique l'origine de la tribune Cannes : «On a utilisé ce dernier festival avant l'élection présidentielle de 2027 en se disant que c'était peut-être le dernier festival de Cannes sans l'extrême droite au pouvoir.» Elle révèle que Jean-Pascal Zadi n'a jamais retiré sa signature de la tribune : «Cette information vient du JDD. Aucun autre journaliste n'est allé vérifier en appelant Jean-Pascal Zadi. C'était un mensonge.»

Arié Alimi (avocat, CGT Spectacle, Ligue des droits de l'homme) détaille la procédure judiciaire contre Canal+ pour discrimination : «À partir du moment où [le directeur de C+] Saada dit "on ne travaillera plus avec ces gens-là", la discrimination est déjà en œuvre. Il n'a même pas besoin de faire quoi que ce soit. Il suffit qu'il l'ait dit.» Il exhorte : «On ne peut pas lutter contre Bolloré et aller sur CNews nourrir la bête.»

Joseph Paris (SRF) prévient d'un glissement : après la déclaration de Saada sur les signataires, ce dernier a franchi un cran supplémentaire en annonçant des clauses pénalisant «les porteurs de projet dont la parole aurait porté préjudice à Canal Plus» -- soit l'ensemble des cinéastes. «Ce n'est plus simplement les signataires. C'est une modalité précise de mise en œuvre d'un contrôle sur leurs paroles.»

Sur la logique Bolloré dans le cinéma, Arié Alimi tranche : «Il veut acheter des vecteurs de la culture, les vider de leur substance et en faire des véhicules, des armes de guerre idéologiques. C'est disparaître maintenant ou disparaître à petit feu. Il n'y a pas d'alternative.»

Troisième plateau -- Les médias

François Bonnet (Fonds pour une Presse Libre) résume le danger en une phrase : «Le danger, il est immédiat. C'est l'installation en France d'un régime autoritaire, xénophobe, fondé sur l'inégalité.»

Thibaut Bruttin (RSF) détaille la stratégie de Bolloré/CNews : faire du pluralisme une neutralité mathématique, contourner les obligations de la loi de 1986 en invitant uniquement des journalistes d'extrême droite, des think-tanks idéologiquement marqués, tout en ciblant systématiquement des journalistes dans des campagnes hebdomadaires de harcèlement à l'antenne. Une décision de l'Arcom sur le pluralisme de CNews est imminente : «Si on gagne, on va s'en prendre plein la poire. Si on perd, aussi.»

Une folle soirée en partenariat avec Césure

09.06.2026 à 08:00

Au Poste
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La prison selon Sarkozy : mensonges, privilèges, 100 000 lecteurs. La prison selon l’OIP : 88 000 oubliés.
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Nicolas Sarkozy a passé 20 jours à la prison de la Santé, en a tiré un livre vendu à 100 000 exemplaires, et s'est offert une tribune nationale sur ce que c'est qu'être détenu en France. Laélia Véron, linguiste et enseignante en milieu carcéral depuis dix ans, et Julien Fischmeister, de l'OIP, qui reçoit 4 500 témoignages de détenus chaque année, publient la réponse : Ce que Sarkozy n'a pas dit sur la prison. Il ne s'agit pas seulement de corriger des contre-vérités sur la taille d'une cellule , mais de savoir qui a le droit de parler de la prison en France, et pour quoi faire.

08.06.2026 à 07:00

Au Poste
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L'État a déployé 8 000 policiers pour accueillir la joie des supporters du PSG - et transformé une nuit de fête en machine à réprimer. Mineurs tabassés, comparutions sans juge, extrême droite cartographiée : Au Poste fait la matinale.
Texte intégral (702 mots)

A 7h30: Antoine Champagne et Ricardo Parreira. Ils sont la cheville ouvrière du projet Linked, la cartographie de l'extrême droite française la plus complète à ce jour. Personnalités, organisations, médias, groupuscules: ils ont croisé et recroisé toute la nébuleuse.

A 8h30 : Romane Bartoli, avocate au barreau de Paris, membre du Collectif d’Action Judiciaire. Elle a assisté un bon nombre de garçons interpellés après la victoire du PSG. Comparutions immédiates, justice expéditive, brutalité policière, elle va nous raconter ce qu’elle a vu et entendu.

La rencontre avec Antoine Champagne et Ricardo Parreira

Antoine Champagne et Ricardo Parreira, de la rédaction Reflets.info, présentent LinkedED, la cartographie la plus complète à ce jour de la nébuleuse d'extrême droite française. Quatre mois de travail, quatre personnes, 450 fiches rédigées par des journalistes - sans IA. Le projet couvre personnalités, organisations, médias et groupuscules, et propose trois niveaux de navigation: fiches sourcées, réseau graphique interactif, et «stories» narratives. Champagne assume le choix éditorial: «L'étendue de cette nébuleuse nous a paru tellement énorme qu'on s'est dit il faudrait pouvoir la voir dans un seul truc ou fouiller dedans facilement.» Parreira insiste sur la dimension historique: «L'extrême droite, elle n'est pas d'aujourd'hui, elle a une histoire qui est vraiment contre-révolutionnaire, anti-démocrate, anti-républicaine.» Sur la légalité des fiches nominatives, Champagne est net: «Les personnes qui sont dans cette cartographie, il y a un intérêt public à parler d'elles.» Et Parreira précise le cœur du projet: «Les fascistes essayent de cacher un maximum leur racisme, leur homophobie, leur transphobie et leur haine - et donc c'est très intéressant le travail qu'on fait parce qu'on met quand même en avant leur vie un peu qui est cachée.» L'outil est aussi pensé pour les journalistes non spécialisés qui veulent comprendre les réseaux locaux. Les dons sont ouverts pour pérenniser le projet.

La rencontre avec Romane Bartoli

Romane Bartoli, avocate au barreau de Paris, militante à Révolution Permanente et au Collectif d'action judiciaire, revient sur les audiences des comparutions immédiates après la finale PSG-Arsenal. Elle replace d'emblée la répression dans son contexte: «L'État a mis en place des dispositifs hors normes - 8 000 policiers déployés à Paris, interdiction de fan zone, et c'est ça qui explique ce niveau de répression.» Sur les 890 interpellations, elle dénonce une mécanique d'humiliation: «On a des dossiers vides et on les défère quand même au tribunal pour faire durer l'humiliation et faire en sorte que les gens sortent le plus traumatisés possible.» Elle décrit le cas d'un motard condamné à une ordonnance pénale - «une peine sans voir de juge, inscrite au casier judiciaire» - pour entrave à la circulation sur le périphérique. Sur les violences en garde à vue, elle rapporte le témoignage d'un mineur de 13 ans: «Pendant 24 heures, ça a été une opération d'humiliation, des insultes racistes, des insultes homophobes parce qu'il avait le malheur de porter un t-shirt du PSG rose.» Sa conclusion est tranchante: «Les classes dominantes n'ont pas besoin de raison pour criminaliser les jeunes des quartiers populaires - leur joie suffit.»

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04.06.2026 à 09:00

Au Poste
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Au soir de la dissolution surprise, grenade dégoupillée lancée par Macron dans les jambes de la démocratie, le souvenir du Front populaire de 1936 s’invitait déjà sur les pancartes du rassemblement place de la République à Paris. Il était minuit moins le quart en ce mois de juin 2024, l’angoisse du présent poussait à chercher réassurance dans le passé, et le Front populaire ça voulait dire l’union des gauches contre la menace fasciste. De fait, ça raisonnait avec le présent.
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Aujourd’hui, les 90 ans du Front populaire aidant, la réactualisation de sa mémoire aussi, plusieurs livres, des documentaires, sont sortis pour éclairer cette période. Donc, allons-y : c’est quoi le Front populaire, ou plutôt les Fronts populaires ? Car il n’y a pas eu que la France, mais l’Espagne aussi, le Chili, le Mexique ! Quels mots d’ordre ? Quels résultats ? Quels débats ? Quelles réactions ? Quels acteurs, quelles actrices ? Quels rendez-vous manqués ?
Convocation pour en parler le lundi 4 juin, à 9h de Jean Vigreux et Serge Wolikow qui publient chez Libertalia un ouvrage collectif : Les Fronts populaires, une perspective mondiale, 1934-36.

02.06.2026 à 18:00

Au Poste
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Le cinéma, un art devenu bourgeois, fait par les bourgeois, pour les bourgeois ? C’est ce que nous démontre Rob Grams, rédacteur en chef adjoint de Frustration Magazine, dans son livre Bourgeois Gaze, la domination de classe au cinéma.
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Ce concept de « bourgeois gaze », inspiré du « male gaze » (ou « regard masculin »), accompagne la critique ferme d’un mépris de classe qui se trouve autant dans la comédie populaire que dans un cinéma d’auteur dit « social ». Entre sociologie des cinéastes, décryptage des moyens de production et analyse esthétique des œuvres, on vous propose de déceler ensemble ce regard et ce récit bourgeois omniprésents dans les films, de La loi du marché (Stéphane Brizé, 2015) à Athena (Romain Gavras, 2022) en passant, outre-atlantique, par Nomadland (Chloe Zhao, 2020), pour ne citer que quelques cas. Dans ce deuxième épisode de Silence Plato, on dressera le portrait de ce cinéma moralisateur, fataliste, bref, dépolitisant, pour ensuite réfléchir aux regards alternatifs et propositions artistiques déjà existantes, qui tentent de rendre au 7ème art sa vocation populaire.

Le festival de Cannes est un espace qui incarne tout aussi bien cette domination de classe. C’est pourquoi nous parlerons en fin d’émission de l’édition 2026 du « plus grand événement cinématographique du monde », clôturée une semaine avant l’émission. Nous accueillerons pour cela Paf le Meilleur, streamer et critique ciné, ainsi que Yuna, créatrice du podcast L’un a vu tous les films, l’autre pas. Tous les deux étaient présents à Cannes et ont vu les films en compétition. Sortez les pop corns, ils vous racontent tout.

01.06.2026 à 07:00

Au Poste
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Florent Calvez, auteur de la BD « L’embrasement » (Delcourt), dessine Gaza en 150 ans de cases pendant que les chaînes d’info passent à autre chose -- et Coline Wiatrowski, co-secrétaire fédérale de SUD éducation, rappelle que 145 000 AESH attendent toujours leur statut dans une école qui surchauffe, au propre comme au figuré.
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Chaque lundi matin, Au Poste tente de mettre un peu de trouble dans l’ordre médiatique dominant.

"France Déter" accueille des invité·e·s, tient des revues de presse particulières, donne le temps des nuages et des luttes, explore le passé, étrille le présent.

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29.05.2026 à 09:00

Au Poste
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« L’eau fait partie du patrimoine commun de la nation. Sa protection, sa mise en valeur et le développement de la ressource utilisable, dans le respect des équilibres naturels, sont d’intérêt général. » Ce n’est pas le discours d’un dangereux aquaterroriste antibassines, mais l’article L210-1 du code de l’environnement français. Pourtant, de la Drôme au Chili, l’eau est plus que jamais privatisée, marchandisée. En France, elle est tantôt polluée (Pfas), tantôt contaminée (Nestlé), tantôt accaparée (mégabassines).
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Comment est-elle gérée ? Qui la possède ? La guerre de l’eau est-elle inéluctable ou une démocratie de l’eau est-elle possible ? Pour ce nouvel épisode de "Bouffe de là", Nora Bouazzouni reçoit les journalistes Nicolas Celnik (Libé, Le Monde, Reporterre, France Culture) et Fabien Benoit (également réalisateur, entre autres de The Last Town pour ARTE), auteurs de Les assoiffeurs. Enquête sur ces entreprises qui accaparent notre eau (Les liens qui libèrent, 2026) et Simon Porcher, économiste, chercheur et auteur de Nous sommes faits d’eau (Les Corps conducteurs, 2026).

27.05.2026 à 20:00

Au Poste
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Manuel Bompard, coordinateur de la France Insoumise, 40 ans, député marseillais, 3e convocation Au Poste, vient débattre sans filet : programme, stratégie présidentielle, médias aux mains des milliardaires, ingérences étrangères --- deux heures d’une causerie où rien n’est éludé.
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La rencontre avec Manuel Bompard

Le numéro 2 de LFI arrive Au Poste avec une mission: convaincre que la candidature Mélenchon n'est pas le pari d'un homme, mais d'une équipe. Sur la question de l'alliance à gauche, il est tranchant --- Roussel et Tondelier ont dit non, mais il maintient l'offre: «Mais... avec une date de péremption. Si c'est pour qu'il y ait des gens qui trois jours avant le premier tour de l'élection présidentielle se disent ah j'ai rien fait de toute la campagne, mais je vois que Mélenchon il est bien placé, donc je vais le soutenir... ça en fait: pas question.»

A propos du Rassemblement national, Bompard refuse le fatalisme. Il juge l'argument du «vote de barrage» épuisé et périlleux: «la vérité est que le RN a une peur bleue d'un affrontement contre nous au second tour.» Il accuse frontalement ceux qui ciblent Mélenchon plutôt que Bardella: «Tous les coups que vous aurez mis à Mélenchon au premier tour, Bardella pourra ensuite les utiliser.»

Sur la fiscalité, Bompard décrypte la logique de la taxe Zucman, de la flat tax à supprimer, d'une réforme de l'héritage: «Aujourd'hui, le principal propagateur des inégalités sociales en France, c'est la transmission. C'est le patrimoine.»

Concernant les médias, il nomme et assume: «Bernard Arnaud, Patrick Drahi, Saadé... S'ils lnvestissent dans les médias, ce n'est pas par intérêt économique, mais par intérêt idéologique.» L'une des premières mesures d'un gouvernement LFI serait, selon lui, de démanteler les trusts de presse privés. Vient la question des ingérences étrangères ciblant des élus LFI --- attribuées à l'entreprise Blackcore, soupçonnée d'être proche des services israéliens --- il exige une réponse politique: «Vouloir perturber le processus électoral d'un autre pays, c'est un acte hostile. Comment on répond à cet acte hostile?»

Enfin, sur la Sixième République, le coordinateur refuse de donner des «garanties» et retourne la question: «Ne me demandez pas des garanties et créez les conditions populaires pour empêcher tout gouvernement de reculer.»

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