
05.10.2026 à 12:00
Julien Le Guet, l’un des porte-parole de Bassines Non Merci, purge six mois sous bracelet électronique. Pour ne pas laisser la répression l’isoler ni le réduire au silence, ses camarades (BNM, antifas, Soulèvements de la Terre) ont monté cette émission hebdomadaire, diffusée en direct depuis son grenier, et retransmise par Au Poste. Avec lui: acteur·ices des luttes écolo, sociales, anticarcérales et antirépressives, flûte à bec et tchat ouvert.
05.10.2026 à 07:00
Ce sont eux qui mènent la danse : des lycéens, des classes à 36, des salles sans chauffage. Ce lundi, France Déter leur donne le micro:
Emma, depuis Tours, part du blocus pour un sitting sur les grandes avenues. Au départ, des profs remplacés et des classes moins chargées ; puis la reconnaissance des violences policières, après Maël, éborgné aux abords de son lycée, le Balzac. Face à la presse : «Est-ce qu'on pourrait arrêter de se foutre de la gueule du monde?» Face à la violence : «Dans l'histoire de France, jamais on a eu nos droits en demandant», «il faut qu'on les arrache, il faut que l'on les prenne». Manipulation par LFI ? Elle renvoie la question au ministre : «il faudrait qu'il se demande pourquoi est-ce que quand on demande des droits c'est pas lui qui nous soutient et c'est les autres».
Ayoub, lycée Mozart au Blanc-Mesnil, est parti d'un blocus lancé jeudi. Classes à 36, pas de prof de maths pendant plusieurs mois, cours particuliers de rattrapage pour ceux qui peuvent. «En hiver, on meurt de froid», dans des préfabriqués sans chauffage, et «c'est vraiment du matériel bas de gamme. Et qui fonctionne une fois sur deux». Le budget ? «On va toujours prioriser les lycées parisiens.» Côté police, jeudi calme, puis lacrymos et fouilles au faciès ; vendredi, un élève percuté par une moto : «c'est la police qui commence en général et qui profite de ça pour se défouler». LFI ? «Les gens ne calculent pas, nous on fait nos blocus, on revendique nos droits.» Il évoque l'idée d'un syndicat des lycéens des quartiers.
Arié Alimi, avocat du lycéen de 17 ans de Belfort, mis en examen puis placé en détention provisoire, a déposé plainte pour tentative de meurtre : tête sous l'eau à deux reprises. «Ce procureur de la République a menti.»
Sébastian Roché : 5000 interpellations, c'est une chaîne logistique, pas le reflet des troubles. «C'est une police d'intimidation.» Pas de suspension du LBD comme sous Hortefeux en 2010, et «le non-port du RIO, c'est le signal de la faillite d'un système».
Nathalie Tehio réunit dix organisations à la LDH et dénonce un État qui ne se soumet plus au droit. La loi casseur-payeur ? «Totalement inconstitutionnel.»
François Piquemal, ancien prof, député LFI, voit dans la répression des lycées une rupture née en 2016 : «Le bordel et le chaos est organisé aujourd'hui par le pouvoir macroniste, clairement.»
02.10.2026 à 19:00
02.10.2026 à 09:00
Trente-six ans de baromètre, un sondage mené en face à face sur un échantillon représentatif, étrangers compris : l'indice de tolérance s'établit à 64 sur 100, l'un des meilleurs scores depuis 1990. D'où vient le grand écart entre la réalité et le débat public ? «Le corps électoral est un miroir déformant», plus âgé, moins tolérant, boudé par les jeunes. Chaque génération est plus ouverte que la précédente. Mais les actes montent : 9 737 faits racistes recensés, sans doute à multiplier par trois ou quatre. Opinions et comportements ne marchent pas du même pas.
Quant à l'argument laïque contre l'islam, il tombe à plat : les plus hostiles aux Musulmans sont aussi les moins attachés à la laïcité et aux droits des femmes ou des LGBT. C'est «un argumentaire, un prétexte qui permet de justifier, de légitimer son préjugé».
Le choc, c'est l'antisémitisme. Sur cinq stéréotypes antisémites (pouvoir, argent, groupe à part, double allégeance…), les sympathisants déclarés de LFI qui en retiennent au moins deux passent de 36 à 47 % en 3 ans, ceux du RN reculent de 54-55 à 48 %. «Il s'est passé quelque chose.»
Précaution : petits effectifs, et à profil égal, la proximité avec LFI ne joue plus, celle avec le RN si. Nonna Mayer dénonce le glissement de la critique d'Israël vers l'amalgame. Elle doute que le mot génocide éclaire le débat, tout en étant claire: chaque jour, Tsahal commet des crimes de guerre. Elle martèle : «Il ne faut jamais refuser de voir ce que vous disent les données et mettre sous le tapis les sujets qui fâchent.»
À l'extrême droite, le vieux fond demeure, de Jean-Marie Le Pen à Soral. Bardella, d'après les révélations de Mediapart, aurait une note élevée sur son échelle.
Une émission passionnante, et passionnée, avec un tchat en effervescence et, parfois, en désaccord. Beauté des débats.
30.09.2026 à 19:00
Pendant ce temps, les multinationales fossiles poursuivent, jusque dans les coulisses des COP, leur travail d'obstruction climatique. Face aux rouages d’un capitalisme pyromane, comment retrouver une prise sur notre avenir climatique ? Des luttes des habitants des "logements bouilloires" aux projets de taxation des milliardaires pour financer la décarbonation, un même constat émerge : la bifurcation climatique devra aussi être une révolution égalitaire.
Invités: Elsa Gautier, rédactrice en chef de Socialter, Clea Chakraverty, rédactrice en chef adjointe de Socialter, Léa Dang, journaliste Socialter, accompagnées de Christophe Bonneuil, historien, qui a cosigné avec Renaud Bécot et Gabrielle Bouleau l'ouvrage Les Natures du productivisme. Une histoire environnementale de la France de 1940 à nos jours (La Découverte) récompensé par le prix du livre d’écologie politique 2026.
Créé en 2013, Socialter est un média indépendant, éditant une revue papier (bimestrielle) et un site internet, consacré à l’analyse des transformations écologiques, sociales et politiques contemporaines.
29.09.2026 à 17:00
Avec également Ugo Palheta, Maboula Soumahoro, Hélène Frappat, Thibaut Bruttin (RSF), Antoine Chuzeville (SNJ), Lucile Berland (Ofalp), Pauline Bock (ASI), Olivia Lévy, François Bonnet (FPL) + dix médias indés
Programme complet
Prises de paroles inédites de...
Éric Vuillard, écrivain et cinéaste, auteur de « L’Ordre du jour »
Magali Lafourcade, secrétaire générale de la Commission nationale consultative des droits de l’Homme (CNCDH)
Antton Rouget, journaliste au pôle « enquêtes » de Mediapart
Sara Trabi, journaliste à Histoires Crépues et sur Le Media
Entrecoupées de deux débats...
« Comment faire perdre le fascisme ? ». Avec : Lumir Lapray, activiste et autrice de « Ces gens-là » et Ugo Palheta, sociologue, Université de Lille et auteur de « Comment le fascisme gagne la France »
« Pourquoi parle-t-on de "bataille culturelle" ? ». Avec : Hélène Frappat, écrivaine et philosophe, autrice de « Nerona », Marine Riou, programmatrice du cinéma l’Écran à Saint-Denis et membre du collectif « Zapper Bolloré »
Et un entretien exclusif avec Maboula Soumahoro, docteure en civilisation américaine à l'Université de Tours, autrice de « Le Triangle et l'Hexagone : réflexions sur une identité noire ».
En début de soirée...
À 17h30, découvrez les coulisses des enquêtes sur l'extrême droite publiées dans plusieurs médias indépendants, racontées par les journalistes qui les ont conduites. Avec : le collectif Hors-Cadre, L’Arrière-Cour, Le Cri, L’Empaillé, Les Jours, Mediacités, Rue89 Strasbourg, StreetPress, The Conversation et Vert
À 18h30, participez au débat : « Réformer la presse, et si on le faisait enfin ? ». Avec Antoine Chuzeville, Lucile Berland, Olivia Lévy, Pauline Bock, Thibaut Bruttin
28.09.2026 à 19:00
« Faites mieux ! » L’invitation lancée en 2022 par Jean-Luc Mélenchon n’a rien perdu de son actualité. Même si le chef de file des Insoumis a par la suite renoncé à prendre sa retraite, on ne peut qu’adhérer à sa conviction que, faute de nous améliorer, nous ne serons pas en mesure de barrer la route du pouvoir à l’extrême-droite.
À quelques mois de l’élection présidentielle, l’inquiétude ne procède pas seulement des sondages qui annoncent la victoire de Marine Le Pen. Elle se nourrit surtout de la perspective d’une entente, parrainée par le patronat et validée par les grands médias, entre toutes les composantes des droites et du centre. Appelé « arc républicain », ce partenariat en formation se donne pour mission de faire passer un basculement inédit depuis 1940 pour une transition à peine perceptible et, ce faisant, de jeter un soupçon de sédition sur celles et ceux qui auront le front de s’en émouvoir.
Dans ce contexte, il ne suffit pas d’espérer que la gauche s’unisse ou que son électorat se reporte sur le candidat le mieux placé pour la représenter. Conjurer le sort que l’air du temps semble nous réserver engage chacun d’entre nous à défier le sens commun que nos adversaires sont parvenus à imposer. Or, pour espérer reprendre la main, on ne peut se borner à dénoncer les injustices et la cruauté distinctives du programme de l’union des droites, et encore moins s’abaisser à transiger avec les phobies qu’il agite au motif qu’un électorat réputé populaire y serait sensible : l’enjeu consiste plutôt à montrer que ce qui nous semble digne d’être revendiqué est aussi plus attirant que l’alliage de morgue et de ressentiment constitutif de l’arc républicain.
Désireux d’apporter leur contribution à cette tâche, Au Poste et Diagrammes se sont associés pour réunir des journalistes, des chercheurs/euses et des activistes dont le travail est de nature à nous permettre de faire mieux.
Avec Mathieu Molard (StreetPress), Céline Massin (Rembobine), Ibrahim Benaissa (Blast), Elsa Gautier (Rédactrice en chef Socialter), animé par David Dufresne
Au menu:
Bardella et ses écrits antisémites
La question policière dans la campagne
Où est le peuple dans la campagne ?
La question sanitaire dans la campagne
La question environnementale dans la campagne
Avec Chowra Makaremi, Somayeh Rostampour et Hamad Gamal, animé par Michel Feher
L’internationalisme a-t-il besoin de nouvelles lunettes ? Jusqu’à une date récente, il en existait deux modèles concurrents. Le premier, d’inspiration libérale, orientait le regard vers les résistances à la mainmise des États sur les sociétés civiles. Le second, porté par les gauches radicales, ouvrait les yeux sur les luttes des peuples contre les bénéficiaires de leur exploitation et le pillage de leurs ressources. Conçus lors de la Guerre froide, ces prismes rivaux offraient un confortable sentiment de continuité à leurs usagers : les uns y puisaient la conviction que la dissolution de l’Union soviétique ne dispensait aucunement de traquer les résurgences du totalitarisme, les autres la certitude que la mondialisation néolibérale ne modifiait en rien les enjeux du combat contre l’impérialisme. En outre, tant les lunettes antitotalitaires que leurs rivales antiimpérialistes étaient taillées pour occulter les causes qui ne correspondaient pas à leurs priorités. Ainsi s’explique leur remarquable longévité.
Cependant, toutes deux peinent désormais à remplir leur office. Que reste-t-il en effet de l’internationalisme libéral lorsque Washington et ses alliés sponsorisent un génocide à Gaza, autorisent leur protégé émirati à en commanditer un autre au Soudan et s’accordent avec Moscou pour promouvoir l’extrême droitisation de Europe ? Et qui défend le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes à l’heure où Vladimir Poutine nie l’existence de l’Ukraine, où Recep Tayyip Erdogan prive les Kurdes de toute autonomie, où Narendra Modi réserve la nationalité indienne aux Hindous, où le régime iranien tire parti des assauts israélo-américains pour réprimer toute contestation du nationalisme persan et où Xi Jinping attend patiemment l’issue des « opérations spéciales » russe et israélienne pour décider de l’opportunité d’une invasion de Taïwan ?
Afin de desserrer l’emprise des brutes qui dominent le monde, l’internationalisme est plus nécessaire que jamais. Mais encore faut-il que celles et ceux qui s’en réclament le délivrent des œillères héritées d’un âge révolu. Il en va de notre lucidité mais surtout de la construction de solidarités entre tous les mouvements de résistance à la dystopie planétaire. Dira-t-on que ce travail de tissage a peu à voir avec une campagne présidentielle ? Il n’est certes pas question d’attendre la lumière d’un nouveau chef de file du « monde libre » ou projeter ses espoirs sur on ne sait quelle « patrie du socialisme ». Pour autant, face au nombre sans cesse croissant de dirigeants aussi hostiles à l’autodétermination des populations tombées sous leur joug qu’aux libertés de leurs propres citoyens, être en mesure de compter sur un gouvernement favorable à la refondation de l’internationalisme ne serait pas du luxe.
28.09.2026 à 12:00
Le teaser de l'émission
Julien le Guet, l'un des porte-parole de Bassines non merci, mouvement de lutte contre les bassines et pour un autre modèle d'irrigation, s'apprête à subir une peine d'enfermement sous bracelet, de six mois vous l'aurez deviné. Face à cela, une équipe s'est montée pour ne pas laisser prise à l'isolement et à la silenciation que charie la répression avec elle. Nous, membres des mouvements BNM, antifa, Soulèvements... allons accompagner notre camarade dans cette peine.
Durant ces six mois, Julien vous accueillera en direct depuis son grenier, pour parler et faire parler des invités de peines politiques, de l'actualité de nos luttes et de luttes alliées, de répression, mais aussi n'en doutons pas, faire des jeux de mots et de la flûte.
L'émission durera 55mn, sera accueillie par le média Au poste, et sera diffusée en direct sur Peertube (avec chat pour celleux qui souhaiterons participer à l'écrit), retransmise sur youtube et twitch. Puis elle sera accessible en rediffusion, en vidéo et audio, sur les plateformes de diffusion direct et chez des radios associatives alliées (liste en constitution). Une "rallonge" est envisagée, pour une deuxième heure de discussion plus libre (vous verrez, on a prévu un programme de chroniques variées et rythmées), avec invité·es et/ou échanges par le chat.
Alors pour six mois, à compter de la pose du bracelet, nous nous dirons À lundi!
28.09.2026 à 07:00
Chaque lundi matin, Au Poste tente de mettre un peu de trouble dans l’ordre médiatique dominant.
"France Déter" accueille des invité·e·s, tient des revues de presse particulières, donne le temps des nuages et des luttes, explore le passé, étrille le présent.
Sans oublier la météo des luttes, notre revue de presse antifa, les convocations de la semaine, radio police, revue de presse de la maison poulaga.
C’est en direct, c’est fait maison. Préparez le café !
25.09.2026 à 09:00
Dans Comme des hommes, femmes politiques génocidaires au Rwanda, l’historienne Juliette Bour retrace la trajectoire de quinze femmes dirigeantes politiques, toutes condamnées pour leur participation au génocide. Une plongée le Rwanda pré génocide qui permet de comprendre les mécanismes qui les ont menées à ces violences extrêmes.