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04.02.2026 à 13:31

Guerre en Ukraine : reprise des discussions entre Kiev et Moscou, un plan européen en préparation

Agathe Grinon
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"À la veille des pourparlers de paix, la Russie frappe des centrales électriques en Ukraine glaciale", titrait hier le New York Times. Des attaques survenues à la veille de nouvelles négociations "[ce] mercredi [4 février] à Abou Dhabi avec les émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner et des représentants des deux pays en guerre" […]

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La Russie a lancé 105 drones dans la nuit de mardi à mercredi en Ukraine, faisant notamment deux morts dans la région de Louhansk. - Crédits : Présidence ukrainienne / FlickR CC0 1.0
La Russie a lancé 105 drones dans la nuit de mardi à mercredi en Ukraine, faisant notamment deux morts dans la région de Louhansk. - Crédits : Présidence ukrainienne / FlickR CC0 1.0

"À la veille des pourparlers de paix, la Russie frappe des centrales électriques en Ukraine glaciale", titrait hier le New York Times. Des attaques survenues à la veille de nouvelles négociations "[ce] mercredi [4 février] à Abou Dhabi avec les émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner et des représentants des deux pays en guerre" [La Libre].

"La Russie a lancé 105 drones dans la nuit de mardi à mercredi" en Ukraine, indique Le Monde, faisant notamment deux morts dans la région de Louhansk. "Des installations énergétiques ont été gravement endommagées en Ukraine [privant] plus d'un millier d'immeubles résidentiels à Kiev et plus de 800 à Kharkiv" de chauffage, complète The Moscow Times

20 minutes relate par ailleurs qu'une alerte aérienne a retenti "pendant la visite du patron de l'Otan à Kiev" durant la journée du 3 février. Le secrétaire général de l'Alliance, Mark Rutte, a jugé que ces frappes "ne témoignaient 'pas d’un réel sérieux envers la paix' de la part de Moscou", rapporte Le Devoir.

Le processus de négociation "sera suivi d’un travail en groupes séparés selon des axes spécifiques, après quoi une synthèse conjointe des positions est prévue", a annoncé sur X Rustem Umerov, chef de la délégation ukrainienne dépêchée à Abou Dhabi [Le Monde].

Que prévoit l'accord en discussion ?

La rencontre de ce mercredi à Abou Dhabi prolonge les discussions menées en janvier entre l'Ukraine et la Russie, avec les États-Unis. L'objectif principal est clair selon le président Donald Trump : "mettre fin à la guerre" [Libération].

Le média français résume les enjeux de cet accord en discussion : "Moscou réclame notamment que les forces ukrainiennes se retirent des zones encore sous leur contrôle dans la région de Donetsk", tandis que "Kiev pousse de son côté pour un arrêt des combats à la ligne de démarcation actuelle et un gel du front". "'Tant que le régime de Kiev n’aura pas pris la décision appropriée, l’opération militaire spéciale se poursuivra'", a déclaré aux journalistes le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov [Le Monde].

L'Humanité note que "la délégation russe aurait cessé d’exiger les parties des régions de Kherson et de Zaporijia qui ne sont pas déjà sous contrôle russe".

Le principal point de friction se trouve être les territoires de l'est ukrainien. Selon Le Figaro, cette demande n'est pas acceptable pour Kiev car "des dizaines de milliers de soldats ukrainiens sont morts pour défendre cette région et [la capitale ukrainienne] estime que sa perte la priverait d’un rempart vital pour prévenir une nouvelle offensive des forces russes".

Un plan européen pour aider l'Ukraine

En parallèle des discussions trilatérales entre la Russie, l'Ukraine et les États-Unis, se tiendrait un autre plan, pensé cette fois-ci avec les Européens et les Américains mais sans les Russes, révèle le Financial Times.

Dans un premier temps, "toute violation du cessez-le-feu par la Russie entraînerait une réponse dans les 24 heures", d'abord diplomatique selon le média anglophone, puis sous la forme d'un appui à l'armée ukrainienne. La Dépêche résume une seconde phase où, "si les violations devaient persister, des soldats issus de la Coalition des volontaires seraient alors déployés sur le terrain".

Toujours du côté européen, la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, se rendra en Ukraine "pour les quatre ans de la guerre", annonce Le Figaro. Le journal français relaie qu'une conférence internationale sur la reconstruction de l'Ukraine est aussi "prévue en juin à Gdansk, dans le nord de la Pologne", à l'initiative de Donald Tusk.

L'économie russe en récession pour 2026 ?

Les résultats économiques de la Russie en 2025 ont été révélés ce mardi 3 février "lors de la partie télévisée d'une réunion avec son gouvernement consacrée à l'économie", soulignent Les Echos.

Selon le média économique, "les clignotants rouges s'allument les uns après les autres pour l'économie russe". Le plus notable reste la croissance 2025 qui "s'est établie à 1 %". "Ce rythme de croissance est bien plus lent qu'en 2024, alors que le pays peine à se redresser sous le poids de la guerre en Ukraine", commente BFM TV.

Le média poursuit en expliquant qu'"au-delà des sanctions, ce sont aussi les dépenses militaires colossales du pays qui, après avoir tiré l'économie, ont fini par freiner l'activité en alimentant l'inflation, laquelle se situe autour de 8 %". Selon Les Echos, "la Russie a encore les moyens pour son 'opération spéciale' en Ukraine, au moins pour toute l'année 2026".

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03.02.2026 à 11:59

République tchèque : des milliers de manifestants dans les rues de Prague pour soutenir le président face au gouvernement populiste

Valentin Ledroit
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"En République tchèque, le bras de fer se tend entre le président et le gouvernement", titre La Croix. Dimanche 1er février, 80 000 personnes ont défilé dans les rues de Prague, convergeant vers Staroměstské náměstí, la plus célèbre place de la capitale, à l'initiative du collectif de citoyens "Un million de moments pour la démocratie". […]

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Texte intégral (2341 mots)
Le président tchèque Petr Pavel (à gauche) refuse de nommer le candidat d'extrême droite, Filip Turek, au poste de ministre de l'Environnement en raison (entre autres) de ses positions racistes misogynes et homophobes
Le président tchèque Petr Pavel (à gauche) refuse de nommer le candidat d'extrême droite, Filip Turek, au poste de ministre de l'Environnement en raison (entre autres) des positions racistes, misogynes et homophobes de ce dernier - Crédits : Daina Le Lardic & Denis Lomme / Parlement européen

"En République tchèque, le bras de fer se tend entre le président et le gouvernement", titre La Croix. Dimanche 1er février, 80 000 personnes ont défilé dans les rues de Prague, convergeant vers Staroměstské náměstí, la plus célèbre place de la capitale, à l'initiative du collectif de citoyens "Un million de moments pour la démocratie". "Brandissant des drapeaux tchèques, européens et ukrainiens" [Le Monde], les manifestants sont venus soutenir le chef de l'État face à son propre gouvernement.

"Nous ne ferons pas la même erreur qu'en Slovaquie. Nous pensons que ce pays a de l'espoir", affirme le président du collectif, Mikuláš Minář, auprès de Novinky. Le site d'information tchèque rappelle que chez le voisin slovaque, "les attaques grossières et les insultes avaient dissuadé [la présidente] Zuzana Čaputová de briguer un deuxième mandat à la tête de l'État [en 2024]”.

Un fossé entre le président et le gouvernement

Le Soir plante le décor : "d’un côté, le président tchèque pro-européen Petr Pavel. De l’autre, le gouvernement du Premier ministre conservateur Andrej Babiš (ANO) et ses alliés d’extrême droite, le SPD et les Automobilistes, issus des élections législatives d’octobre dernier". Le journal belge rappelle que "depuis plusieurs semaines, les deux camps s’opposent publiquement, notamment sur l’aide à l’Ukraine". "Prévisible, vu le fossé qui sépare l’ancien général atlantiste et pro-Ukraine Petr Pavel du milliardaire Andrej Babiš, souvent qualifié de 'Trump tchèque'", juge La Croix.

"Mais c’est un conflit entre le ministre des Affaires étrangères, Petr Macinka, président du petit parti eurosceptique et écolo-sceptique des 'Automobilistes' […] et le chef de l’État qui a envenimé la situation", note Le Soir. Le 27 janvier dernier, Petr Pavel "a indiqué avoir été menacé de représailles par […] Petr Macinka […] s'il refusait de nommer son camarade de formation, Filip Turek, comme ministre de l'Environnement", rapporte Euronews.

Messages racistes et salut nazi

Le profil de Filip Turek soulève une vive indignation. Inconnu du grand public il y a encore trois ans, "cet ex-influenceur tchèque de 40 ans cherche […] à entretenir une image de 'mâle alpha' auprès de ses électeurs, qu’il a conquis sur les réseaux sociaux en seulement quelques mois", écrit Le Parisien qui lui consacre un long portrait. 

"En 2024, des images anciennes le montrant en train de faire des saluts hitlériens ou d’arborer des symboles néonazis, refont surface. Il avait alors invoqué un 'humour noir et grossier' pour se justifier", poursuit le quotidien. "Sur son profil Facebook, de vieux messages racistes, misogynes ou encore homophobes ont été retrouvés et diffusés. Dans l’un d’eux, publié en 2009, il qualifie Barack Obama, alors président des États-Unis, de 'nègre'. Dans un autre, il se réjouit ouvertement d’une agression néonazie survenue sur une jeune Rom, brûlée par ses bourreaux".

Enfin, "ce dernier, ex-député européen, fait [également] l’objet d’une enquête pour violences conjugales et viol après une plainte déposée par son ancienne compagne", complète Le Monde.

Rempart contre l'extrême droite

"Cette longue liste a convaincu Petr Pavel de tenir Turek loin du pouvoir", explique Le Parisien. Le président dénonce également l'attitude de Petr Macinka. "Je considère les propos tenus par le ministre des Affaires étrangères dans ses SMS comme une tentative de chantage", a dénoncé Petr Pavel mardi dernier sur X, dans un message rendant publics ces échanges.

"Il (monsieur le président) aura la paix si j’ai Turek au ministère de l’Environnement. Dans le cas contraire, je brûlerai les ponts d’une manière qui entrera dans les manuels de sciences politiques comme un cas extrême de cohabitation", peut-on lire dans le premier de ces messages cité par Radio Prague. Puis, dans un second : "je suis prêt à me battre contre Petr Pavel pour Turek avec une telle brutalité que cela deviendra un sujet important et durable. Sans scrupules".

"Je juge cela inadmissible et totalement inacceptable dans notre système démocratique" [La Croix], a réagi le président tchèque. Celui-ci, qui a le dernier mot selon la constitution du pays, "se pose en rempart contre le populisme d'extrême droite" en refusant de nommer Filip Turek malgré les pressions, affirme La Libre

Andrej Babiš joue la prudence

Alors qu'une motion de défiance contre le gouvernement, qui a peu de chances d'aboutir, est étudiée ce mardi 3 février au Parlement, le Premier ministre Andrej Babiš joue la prudence. Selon Deník, "la coalition gouvernementale composée de l'ANO, du SPD et des Automobilistes ne souhaite pas aggraver le conflit avec le Château", le nom donné à la résidence du président de la République.

Interrogé par Le Parisien, Jean-Michel De Waele, professeur de sciences politiques à l'Université libre de Bruxelles, estime que le chef du gouvernement "se retrouve dans de beaux draps". Le spécialiste de l'Europe centrale déclare qu'Andrej Babiš "n’a pas le choix que de passer sous les fourches caudines de ce parti des Automobilistes : il en a besoin pour faire sa coalition. Désormais, la question est : est-ce qu’il est capable de résister à la pression de cette extrême droite ? Ou est-il capable de travailler avec le président ? C’est avec lui que l’Union européenne doit essayer de discuter pour sortir la République tchèque de cette crise".

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02.02.2026 à 13:17

L’Iran déclare les armées européennes "terroristes" en riposte aux mesures prises par l'UE contre les Gardiens de la révolution

Manon Mazuir
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"L’Iran a déclaré dimanche 1er février comme 'groupes terroristes' les armées européennes" [Sud-Ouest] : "conformément à l’article 7 de la loi sur les contre-mesures portant sur la désignation du Corps des gardiens de la révolution islamique comme organisation terroriste, les armées des pays européens sont considérées comme groupes terroristes", a déclaré le président du Parlement iranien, Mohammad […]

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Texte intégral (2410 mots)
L'inscription par l'UE des Gardiens de la révolution sur sa liste des organisations terroristes fait suite à la répression sanglante, menée par le régime des Mollahs, du mouvement de contestation débuté fin décembre 2025 - Crédits : Hermsdorf / iStock
L'inscription par l'UE des Gardiens de la révolution sur sa liste des organisations terroristes fait suite à la répression sanglante, menée par le régime des mollahs, du mouvement de contestation débuté fin décembre 2025 - Crédits : Hermsdorf / iStock

"L’Iran a déclaré dimanche 1er février comme 'groupes terroristes' les armées européennes" [Sud-Ouest] : "conformément à l’article 7 de la loi sur les contre-mesures portant sur la désignation du Corps des gardiens de la révolution islamique comme organisation terroriste, les armées des pays européens sont considérées comme groupes terroristes", a déclaré le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, "vêtu comme les députés d’un uniforme des gardiens en signe de solidarité" [20 minutes].

S'adressant aux députés iraniens, l'ancien maire de Téhéran s'appuie "sur une loi de 2019 autorisant l'Iran à prendre des mesures de représailles, législation adoptée après que les États-Unis ont été les premiers à classer le CGRI [Corps des Gardiens de la révolution islamique] comme organisation terroriste, lors du premier mandat de Donald Trump", contextualise Euronews.

"'Mort à l’Amérique !', 'Mort à Israël !', 'Honte à l’Europe', ont scandé les élus dans l’hémicycle", rapporte Sud-Ouest. Des scènes qui se déroulent le "jour du 47e anniversaire du retour d’exil en Iran de l’imam Khomeini, Père fondateur de la République islamique".

La déclaration du président de l'Assemblée iranienne intervient après que l'Union européenne a "inscrit [le 29 janvier] sur la liste des 'organisations terroristes' les Gardiens de la révolution, l'armée idéologique de la République islamique", explique France 24. L'UE s'est ainsi alignée "sur la position des États-Unis, du Canada et de l’Australie, qui l’avaient déjà classé[e] comme organisation terroriste respectivement en 2019, 2024 et 2025" [BFM TV]. "Les Européens 'subiront les conséquences' de leur 'action insensée' contre l’Iran, avait [alors] promis le régime des mollahs", relate Le Huffington Post.

Les Gardiens de la révolution, qui "contrôlent des pans entiers de l'économie iranienne" [Les Échos] sont "accusés d’avoir orchestré la répression du récent mouvement de contestation" débuté le 28 décembre à Téhéran en raison du marasme économique du pays, explique BFM TV. Ces dernières semaines, ceux-ci "ont fait preuve d'une brutalité extrême envers les manifestants", rappelle Euronews. "Les organisations de défense des droits de l'homme estiment que des milliers de personnes ont été tuées, certains ministres des Affaires étrangères de l'UE évoquant récemment un bilan de 30 000 victimes", précise la chaîne.

Une mesure symbolique

Le Figaro décrit cette annonce comme "une sorte de loi du talion diplomatique, même si l’équivalence entre les deux mesures n’est qu’apparente". Si côté européen, désigner les Gardiens de la révolution comme 'terroristes' revient "à les frapper durement au portefeuille : gel de comptes bancaires, parts dans les entreprises, biens immobiliers, interdiction aux entités européennes de financer ou de commercer avec l’organisation", la portée d’une telle mesure côté iranien est "avant tout symbolique", observe le média. 

"'Cette décision n’a aucune portée économique, pour la simple et bonne raison qu’il n’y a plus d’avoirs français ou européens sur place', assure Maneli Mirkhan, stratégiste spécialiste de l’Iran" citée par Le Figaro. "Un seul exemple : il y a une quinzaine d’années, l’Iran représentait 11 % des échanges extérieurs bruts européens. Aujourd’hui, c’est 0,1 %. Cela se limite à quelques produits humanitaires, des médicaments notamment, qui ne sont pas sous sanctions", précise l'experte.

L'Iran a également "annoncé lundi avoir convoqué les ambassadeurs européens en poste à Téhéran", rapporte La Libre. "'Il s'agit là d'une mesure minimale', avant l'annonce prochaine d'autres représailles, a [déclaré le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï], lors d'une conférence de presse".

Entre menace d'une guerre régionale…

"Le président américain Donald Trump entretient depuis plusieurs jours le doute sur une opération militaire contre Téhéran" [Courrier international]. La semaine dernière, le pensionnaire de la Maison-Blanche "a accru la pression sur l'Iran en déployant une 'armada massive' dans la région afin de forcer Téhéran à négocier un accord qui mettrait fin à son programme d'armement nucléaire. 'Elle est prête, disposée et capable de remplir rapidement sa mission, avec rapidité et violence, si nécessaire', [avait] écrit Trump sur Truth Social" [Politico].

"Alors que les États-Unis ont déployé dans le Golfe une dizaine de navires, dont le porte-avions Abraham Lincoln, l'Iran devait débuter dimanche [1er février] un exercice naval dans le détroit d'Ormuz […] point de transit clé pour les approvisionnements énergétiques mondiaux", que Téhéran a menacé de bloquer en cas d’attaque américaine [France info].

"'Les Américains doivent savoir que s'ils déclenchent une guerre, cette fois-ci, ce sera une guerre régionale', a réagi le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei", relate Politico. D'après le média européen, Téhéran a averti que "toute action militaire américaine ordonnée par le président américain Donald Trump déclencherait des représailles contre Israël et les forces américaines stationnées dans la région".

…et recherche d'une voie diplomatique

Les deux parties semblent cependant chercher à privilégier la voie diplomatique ces dernières heures. "J'espère qu'on va trouver un accord", a [indiqué le président américain]", qui a affirmé "que l'Iran conversait avec les États-Unis, sans toutefois donner de précisions", selon Les Échos. "'Si nous n’avons pas d’accord, nous allons voir si [le Guide suprême] avait raison ou non, a-t-il ajouté" [Le Monde]. De son côté "le président iranien Massoud Pezeshkian a déclaré samedi [31 janvier] qu’une guerre n’était dans l’intérêt ni de l’Iran ni des États-Unis, disant vouloir privilégier la diplomatie" [Courrier international].

"Parallèlement, les pays de la région mènent des tractations diplomatiques pour 'ramener autour de la table' des négociations les États-Unis et l’Iran, selon le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi", indiquent Les Échos. Et de préciser que "le Premier ministre et chef de la diplomatie du Qatar, Cheikh Mohammed ben Abdelrahmane al-Thani, s’est pour sa part rendu à Téhéran". L'homme politique a "'réaffirmé le soutien de son pays aux efforts visant à réduire les tensions et à trouver des solutions pacifiques assurant la sécurité et la stabilité de la région', selon un communiqué de son ministère des Affaires étrangères."

"Téhéran a indiqué ce lundi "qu'un 'cadre' de discussions avec Washington doit être ébauché prochainement. 'Nous examinons et finalisons les détails de chaque étape du processus diplomatique', a annoncé un porte-parole de la diplomatie iranienne" [TFI Info]. L'Iran a par ailleurs démenti, d'après le média, "avoir reçu 'un ultimatum' du président américain pour parvenir à un accord nucléaire", alors que ce dernier avait "assuré vendredi qu'il avait fixé à Téhéran une échéance".

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30.01.2026 à 12:27

La Commission européenne licencie un haut fonctionnaire accusé de corruption avec le Qatar

Léa Deseille
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"La Commission européenne licencie son ancien directeur général des transports Henrik Hololei", titre Le Monde. Cette décision rarissime annoncée le 29 janvier vise l'Estonien "qui s'était mis en retrait de [ses fonctions] en mars 2023, quelques mois après l'éclatement du scandale dit du 'Qatargate', qui avait éclaboussé le Parlement européen", complète le journal du soir. Un […]

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Texte intégral (1787 mots)
L'Estonien Henrik Hololei était directeur général chargé des transports à la Commission européenne, quand il a été accusé de corruption avec le Qatar - Crédits : Arno Mikkor / Flickr
L'Estonien Henrik Hololei (ici en septembre 2017) était directeur général chargé des transports à la Commission européenne lorsqu'il a été accusé de corruption avec le Qatar - Crédits : Arno Mikkor / Flickr CC BY 2.0

"La Commission européenne licencie son ancien directeur général des transports Henrik Hololei", titre Le Monde. Cette décision rarissime annoncée le 29 janvier vise l'Estonien "qui s'était mis en retrait de [ses fonctions] en mars 2023, quelques mois après l'éclatement du scandale dit du 'Qatargate', qui avait éclaboussé le Parlement européen", complète le journal du soir. Un haut fonctionnaire présenté comme une "figure de longue date de l’exécutif européen" [Euractiv]. 

"Le membre du personnel concerné a enfreint les règles", a indiqué la vice-présidente exécutive de la Commission européenne chargée de la sécurité, de la démocratie et de la souveraineté technologique, Henna Virkkunen, rapporte ERR. Le média estonien ajoute que le collège avait ainsi décidé "d’appliquer des mesures appropriées et proportionnées".

"Je suis déçu, mais j'accepte la décision de la Commission et je suis heureux que ce long processus soit enfin arrivé à son terme", a confié Henrik Hololei à Politico. "C'est la première fois dans l'histoire de la Commission qu'une telle décision est appliquée à un directeur général", souligne l'agence de presse italienne Ansa. "Il devra quitter la Commission à la mi-février" [La Libre]. 

Plusieurs milliers d'euros de cadeaux en provenance du Qatar 

"[Henrik] Hololei a occupé le poste de directeur [au sein de] la Direction générale de la mobilité et des transports de la Commission européenne jusqu'en mars 2023", rappelle ERR. En avril 2023, Politico révélait que le fonctionnaire chargé des transports avait accepté des voyages payés par le Qatar "en pleine négociation commerciale entre l’Union européenne et l’émirat sur le transport aérien", note Le Monde

Il lui "est notamment reproché […] d'avoir accepté des voyages et des séjours, pour lui et sa famille, pour un montant de plusieurs dizaines de milliers d’euros et de lui avoir remis en échange des documents confidentiels relatifs à la négociation, entre 2016 et 2019, de l’accord dit de 'ciel ouvert' entre l’Union européenne et l’émirat", détaille Libération. "Cette affaire avait éclaté dans la foulée du scandale du 'Qatargate', des soupçons de corruption d'élus européens, impliquant le Qatar et le Maroc" [BFMTV].

À la suite de ces révélations, le haut fonctionnaire estonien a été visé par une enquête de l'organisme antifraude de l'UE, du parquet européen, ainsi que par une enquête interne de la Commission [The Telegraph]. "Les enquêtes portaient sur des accusations selon lesquelles l'Estonien aurait enfreint les règles de l'UE en matière de conflit d'intérêts, de transparence, de cadeaux et de divulgation de documents confidentiels", poursuit le quotidien britannique.

Pas de poursuites devant la justice 

"En tant que directeur général, [Henrik Hololei] était chargé d'examiner les conflits d'intérêts potentiels, même dans les cas le concernant directement", rappelle Die Welt. D'après un porte-parole de la Commission, Henrik Hololei aurait pourtant "respecté toutes les règles applicables". "Suite aux critiques, la Commission a néanmoins renforcé sa réglementation", nuance le quotidien allemand. 

Pendant l'enquête, l'Estonien avait alors officiellement demandé à son administration une mutation et "accepté une rémunération moindre, se limitant à conseiller la Commission sur les partenariats internationaux", avance The Telegraph. "Un placard doré qui lui a permis de parcourir la planète pour représenter la Commission sans perdre son salaire mensuel de 23 000 euros net après impôt" [Libération]. 

Si le haut fonctionnaire a enfreint "quatre infractions au règlement" [Politico], il n'est pas pour autant poursuivi devant la justice belge. "Dans son cas, il n'y avait pas besoin d’enquête pénale et de saisie du parquet belge ou du parquet européen", précise-t-on au sein de la Commission, "alors qu'il existe de forts soupçons de conflit d'intérêts, voire de corruption", conclut Libération

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29.01.2026 à 12:46

Numérique : l'UE tente d'accélérer les solutions européennes pour garantir sa souveraineté

Lou Caubet
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"Et si les États-Unis restreignaient, voire bloquaient nos accès à Gmail, Teams, Amazon Web Services, ou privaient nos industriels de certains composants ou matières premières essentiels ?", s'interroge Le Nouvel Obs. "Après l’épisode groenlandais, la question de la dépendance numérique de l’Europe vis-à-vis des Américains inquiète au plus haut point". "Les ambitions de Donald Trump sur […]

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Texte intégral (1717 mots)
Henna Virkkunnen, la commissaire au Numérique, est en première ligne pour défendre les lois européennes et la souveraineté européenne - Crédits : Union européenne

"Et si les États-Unis restreignaient, voire bloquaient nos accès à Gmail, Teams, Amazon Web Services, ou privaient nos industriels de certains composants ou matières premières essentiels ?", s'interroge Le Nouvel Obs. "Après l’épisode groenlandais, la question de la dépendance numérique de l’Europe vis-à-vis des Américains inquiète au plus haut point".

"Les ambitions de Donald Trump sur le Groenland ont injecté une dose d'urgence dans les réflexions européennes sur l'autonomie stratégique du Vieux Continent", car ses pressions "s'appliquent désormais à des partenaires historiques" [L'Usine Digitale]. Avant cela, les "pannes de services cloud aux États-Unis", qui avaient temporairement bloqué ou perturbé l'an dernier de nombreux services en Europe, ont fait office de signal d’alerte [Euronews].

"Cette dépendance est un facteur de vulnérabilité économique, stratégique et démocratique", abonde La Dépêche. Car "si un territoire peut devenir un objet de pression stratégique, pourquoi une infrastructure critique, un service de cloud, un logiciel de messagerie ou de cybersécurité ne le deviendrait-il pas à son tour ?", questionne L'Usine Digitale.

Domination américaine

"L'Europe, dans certains secteurs comme le cloud, dépend presque intégralement de services américains", explique dans Le Nouvel Obs Mathilde Velliet, chercheuse à l'Ifri. Et se retrouve "coincée" entre les États-Unis et la Chine, "car elle n'a pas fait le pari initial de l'autosuffisance numérique".

Un constat partagé par le Parlement européen, qui "reconnaît de façon explicite dans sa résolution du 22 janvier dernier [que] l'Union européenne dépend de pays tiers pour plus de 80 % de ses produits, services, infrastructures et propriétés intellectuelles" [L'Usine Digitale]. De plus, elle est "absente du matériel informatique", et"représente moins de 10 % de la production mondiale de semi-conducteurs, très loin derrière l'Asie et les États-Unis".

"Outre l’hébergement de données (Amazon, Microsoft et Google), les géants des États-Unis dominent la recherche en ligne (Google), les assistants d’IA (OpenAI, Google et Meta), les environnements mobiles (Google et Apple) et de bureau (Microsoft), les réseaux sociaux et la vidéo (Meta, X et YouTube)", résume Le Monde. Les Américains sont également "centraux dans les liaisons entre les États-Unis et l’Europe", notamment les câbles sous-marins "indispensables au bon fonctionnement d’Internet".

Quelles solutions européennes ?

"Après un laissez-faire de plusieurs décennies, les expérimentations se multiplient pour rendre les États européens moins dépendants des technologies américaines", explique France 24. En Allemagne par exemple, "les autorités du Land de Schleswig-Holstein viennent d’abandonner Microsoft pour des solutions en licence libre", non sans difficultés.

En France, le gouvernement a annoncé lundi 26 janvier que les plateformes américaines de visioconférence Microsoft Teams et Zoom seraient remplacées au sein des administrations par une solution nationale, Visio. Celle-ci sera déployée "dans tous les ministères et services de l'État d'ici 2027" [Euronews]. Le même jour était lancé "un Observatoire de la souveraineté numérique chargé de mesurer les dépendances critiques et d'éclairer les politiques publiques nationales et européennes" [La Dépêche].

L'Union européenne met aussi en avant "ses propres solutions : Digital Networks Act, open source, initiatives 'Made in EU'" [BFM TV]. Le Parlement européen propose même de "réorienter les marchés publics en faveur des fournisseurs européens dans les secteurs stratégiques comme le cloud, les télécoms ou les infrastructures critiques". En outre, "un règlement européen est en discussion pour bannir certains acteurs chinois des technologies à risques, notamment Huawei et ZTE", précise Le Nouvel Obs.

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28.01.2026 à 13:16

Guerre en Ukraine : Moscou poursuit ses bombardements, près de 2 millions de victimes en quatre ans

Agathe Grinon
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"Après une frappe meurtrière sur un train en Ukraine, nouvelle nuit de bombardements russes", titre France 24. Le bilan des civils s'est alourdi en ce début de semaine, notamment "dans l'oblast de Kharkiv" et "près de Kiev" [Le Monde]. D'abord mardi 27 janvier dans la journée, avec "une frappe de drone russe sur un train […]

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Texte intégral (1864 mots)
Près de 4 ans après l'invasion russe en Ukraine, le bilan s'élèverait à 2 millions de personnes blessées, tuées ou disparues, civils et militaires confondus. - Crédits : President of Ukraine / FlickR
Au rythme actuel, le nombre total de soldats russes et ukrainiens blessés ou tués pourrait atteindre 2 millions d'ici au printemps 2026 selon le Center for Strategic and International Studies - Crédits : President of Ukraine / Flickr PDM 1.0

"Après une frappe meurtrière sur un train en Ukraine, nouvelle nuit de bombardements russes", titre France 24. Le bilan des civils s'est alourdi en ce début de semaine, notamment "dans l'oblast de Kharkiv" et "près de Kiev" [Le Monde].

D'abord mardi 27 janvier dans la journée, avec "une frappe de drone russe sur un train de voyageurs dans le nord-est de l'Ukraine" qui a fait au moins cinq morts, note The Guardian. "[Il n'y a pas de] justification militaire pour tuer des civils dans un wagon de train", a réagi le président ukrainien Volodymyr Zelensky sur Telegram [TV5 Monde]. Le média francophone poursuit en indiquant que d'autres frappes dans la région d'Odessa ont eu lieu, où les corps de "trois personnes ont été retrouvés sous les décombres dans la ville même".

"Dans la nuit de mardi à mercredi, l’armée russe a attaqué l’Ukraine avec 146 drones", selon le bilan avancé par Le Monde. L'administration militaire locale fait ici état de 3 personnes tuées et 4 blessées.

Ces nombreuses attaques interviennent alors même que la Russie, l'Ukraine et les États-Unis ont échangé dans une réunion trilatérale à Abou Dhabi, vendredi 23 janvier, et que "des pourparlers doivent reprendre dimanche", selon France info.

Les infrastructures stratégiques, la cible du Kremlin

Les frappes aériennes ont aussi touché des zones sensibles en Ukraine, dans un hiver particulièrement froid. Ainsi, "des coupures de courant d’urgence ont été mises en place dans plusieurs régions ukrainiennes en raison de la situation difficile du système énergétique, causée par les récentes attaques russes sur les infrastructures", relate Le Monde.

Toujours selon le média français, l'armée russe a attaqué "le port Pivdenny dans l’oblast d’Odessa" durant la nuit.

Près de quatre ans après l'invasion, un lourd bilan du côté militaire et civil

"Au rythme actuel, le nombre total de soldats russes et ukrainiens blessés ou tués pourrait atteindre 2 millions d’ici au printemps 2026, estime le Center for Strategic and International Studies" (CSIS), révèle Le Temps. "Le nombre de décès de soldats russes dépasse largement celui des soldats ukrainiens tués au combat", soulignent Les Echos. Le CSIS estime que le nombre de soldats russes touchés atteint "approximativement 1,2 million victimes, dont 325 000 décédés depuis février 2022", contre 600 000 victimes ukrainiennes (dont 100 000 à 140 000 morts tués au combat).

Du côté des civils, selon un rapport de "la mission de surveillance des droits de l'Homme de l'ONU en Ukraine publié début janvier, près de 15 000 civils ukrainiens ont été tués et 40 600 blessés" depuis le début de l'invasion russe [France 24].

L'aide à l'Ukraine des États membres en question

L'aide à l'Ukraine continue de diviser les États membres. Alors que le Parlement européen a voté la semaine dernière en faveur de l'accélération des procédures pour accorder un prêt de 90 millions d'euros à l'Ukraine, "Berlin demande que [ce prêt] profite aux principaux donateurs bilatéraux de Kiev", titre Euractiv.

"Une telle approche avantagerait nettement Berlin, premier contributeur financier à l’Ukraine depuis l’invasion russe à grande échelle lancée en 2022", explique le média, tout en soulignant qu'"à l’inverse, cette proposition risque de susciter des réticences dans des pays comme la France ou l’Italie, dont l’aide bilatérale à Kiev est restée bien inférieure à celle de l’Allemagne".

Dans ce contexte de tensions entre États membres, la Hongrie adopte une position encore plus radicale en lançant "une pétition nationale contre le soutien de l’Union européenne à l’Ukraine", indique La Dépêche.

"Il doit également y avoir une campagne d’affichage ainsi que de communication à la télévision et sur internet", complète 20 minutes. Le média français poursuit en notant que les citoyens pourront exprimer "leur opposition à 'la poursuite du financement de la guerre russo-ukrainienne', au 'financement de l'État ukrainien pour les dix années à venir' et à 'la hausse des prix de l’énergie en raison de la guerre'".

"Cette initiative est la dernière en date d'une série visant à légitimer la politique de Viktor Orbán, qui est resté un partenaire proche du président russe Vladimir Poutine", souligne le média belge La Libre.

Dans un post publié sur X, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a "annoncé [ce mercredi] que son pays souhaitait adhérer à l'Union européenne en 2027" [Euronews].

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27.01.2026 à 12:08

L'Union européenne et l'Inde officialisent la signature d'un accord de libre-échange

Valentin Ledroit
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"C'est l'aboutissement de plus de vingt ans de négociations", annonce France Info. Mardi 27 janvier, l'Union européenne et l'Inde ont officialisé la signature d'un accord qui fera chuter les droits de douane sur de nombreux produits échangés entre les deux puissances économiques. "Alors que la parade du Republic Day [la fête nationale indienne célébrée lundi […]

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Texte intégral (2076 mots)
Le président du Conseil européen António Costa, le Premier ministre indien Narendra Modi et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen à New Delhi le 27 janvier 2026
Le président du Conseil européen, António Costa, le Premier ministre indien, Narendra Modi, et la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, à New Delhi le 27 janvier 2026 - Crédits : Dati Bendo / Commission européenne

"C'est l'aboutissement de plus de vingt ans de négociations", annonce France Info. Mardi 27 janvier, l'Union européenne et l'Inde ont officialisé la signature d'un accord qui fera chuter les droits de douane sur de nombreux produits échangés entre les deux puissances économiques.

"Alors que la parade du Republic Day [la fête nationale indienne célébrée lundi 26 janvier] résonne encore dans les esprits, Ursula von der Leyen ne boude pas son plaisir", écrit Le Point. "L’Europe et l’Inde ont fait l’histoire aujourd’hui. Nous avons créé une zone de libre-échange de 2 milliards de personnes qui va bénéficier aux deux parties", a commenté la présidente de la Commission européenne sur le réseau social X.

"Deux grandes puissances démocratiques ajoutent un chapitre décisif à leur relation", s'est de son côté félicité le Premier ministre indien Narendra Modi, soulignant également les "nombreuses opportunités" offertes par l'accord [Times of India].

D'importantes retombées économiques

La "mère de tous les accords commerciaux" [The Guardian], comme l'a qualifié Ursula von der Leyen, poursuit un double objectif. Le premier est avant tout économique. "Bruxelles espère 'doubler' ses exportations grâce à cet accord qui prévoit une réduction ou une suppression des droits de douane 'sur plus de 90 % des exportations de marchandises'", résume un communiqué de l'exécutif européen relayé par La Nouvelle République.

Selon la Commission européenne, l'accord "devrait permettre à l’UE d’économiser jusqu’à 4 milliards d’euros chaque année, notamment sur des produits emblématiques" [Libération]. "L’UE compte bénéficier du niveau d’accès le plus élevé jamais accordé à un partenaire commercial sur le marché indien traditionnellement protégé", avait indiqué Ursula von der Leyen dès son arrivée dimanche.

The Guardian cite l'exemple des "droits de douane sur les voitures [qui] passeront progressivement de 110 % à 10 %, avec un contingent de 250 000 véhicules par an", tandis que "les droits de douane élevés, pouvant atteindre 44 % sur les machines, 22 % sur les produits chimiques et 11 % sur les produits pharmaceutiques, seront en grande partie supprimés".

S'affranchir des grandes puissances

À ces retombées économiques s'ajoutent des potentiels bénéfices géopolitiques. "Dans le monde d’aujourd’hui, dominé par l’affrontement entre la Chine et les États-Unis, les puissances moyennes n’ont qu’une stratégie possible : rechercher des alliances en dehors de ces deux monstres qui veulent les malmener. […] C’est exactement ce que visent aujourd’hui l’Europe et l’Inde", avance RTL.

L'analyse est similaire dans la presse indienne, le Times of India saluant "une avancée significative pour les exportations indiennes, à un moment où le pays cherche à  se détourner des États-Unis, suite à l'instauration par le président Trump de droits de douane de 50 %".

Le Point précise que "cet accord commercial est adossé à un partenariat de sécurité et de défense signé simultanément ce mardi matin. Dans un contexte géopolitique tendu, l’UE cherche à réduire ses dépendances vis-à-vis de la Chine en diversifiant ses chaînes d’approvisionnement vers l’Inde". Avec cette nouvelle coopération dans des domaines comme le cyber, la lutte contre le terrorisme et la piraterie ou encore le spatial, l'hebdomadaire estime que "les deux plus grandes démocraties du monde font front commun pour maintenir un ordre international fondé sur des règles que d’autres veulent bouleverser".

Un accueil beaucoup plus favorable que pour le Mercosur

"L'accord commercial conclu mardi à New Delhi entre l'Union européenne et l'Inde attire moins les foudres de la société civile et des organisations agricoles que celui signé au début de l'année avec les pays du Mercosur", remarquent Les Echos. Le journal économique avance une raison "assez simple : les enjeux agricoles sont loin d'être aussi problématiques avec l'Inde. Les produits agricoles sensibles devraient même être exclus du champ de l'accord". La Commission européenne avait par exemple affirmé que "la viande bovine, le sucre ou le riz" ne seraient pas concernés [La Nouvelle République].

En revanche, "plusieurs bénéfices entourent cet accord", indique RTL. Outre les éventuels débouchés pour l'industrie automobile, "les droits de douane sur les vins et spiritueux, spécialité française, sont également amenés à baisser". Avec cette annonce, "de nombreux vignerons français vont avoir la banane", s'amuse le HuffPost.

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26.01.2026 à 13:11

Sommet Inde - UE : les deux partenaires en passe de signer un accord de libre-échange "historique" ?

Manon Mazuir
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"Le seizième sommet UE-Inde a commencé à New Delhi. Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission, et António Costa, le président du Conseil, sont arrivés dimanche [25 janvier]" dans la capitale indienne [Le Point]. "Ils sont les invités d’honneur des célébrations de la Fête de la République à New Delhi lundi, avant un […]

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Texte intégral (2658 mots)
Ursula von der Leyen et Antonio Costa, lors de la Fête de la République à New Delhi lundi 26 janvier, avant le sommet UE-Inde mardi 27 janvier - Crédits : Conseil européen
Ursula von der Leyen et António Costa, lors de la Fête de la République à New Delhi lundi 26 janvier, avant le sommet UE-Inde du mardi 27 janvier - Crédits : Conseil européen

"Le seizième sommet UE-Inde a commencé à New Delhi. Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission, et António Costa, le président du Conseil, sont arrivés dimanche [25 janvier]" dans la capitale indienne [Le Point]. "Ils sont les invités d’honneur des célébrations de la Fête de la République à New Delhi lundi, avant un sommet Union européenne-Inde mardi [27 janvier] où ils espèrent sceller un accord de libre-échange", explique Ouest-France.

La possible signature d'un accord commercial entre l’UE et l’Inde couronnerait "près de deux décennies de négociations", rappelle Le Figaro. "Ce 16e sommet sera l’occasion de renforcer le partenariat stratégique UE-Inde et d’intensifier la collaboration dans les principaux domaines d’action", a indiqué le Conseil de l’UE sur X [Ouest-France]. "La présidente de la Commission devrait annoncer demain avec le Premier ministre Narendra Modi la conclusion des négociations", souligne La Matinale Européenne.

"Accord commercial historique"

"Nous sommes au seuil d'un accord commercial historique", a déclaré cette semaine Ursula von der Leyen [Le Figaro], qui l'a même qualifié de "mère de tous les accords commerciaux", comme le relate La Matinale Européenne. "La zone de libre-échange s’étendrait à plus de 2 milliards de personnes", relève la newsletter.

"L'Inde, pays le plus peuplé au monde, est en passe de devenir la quatrième économie mondiale cette année, selon les projections du Fonds monétaire international" [Le Figaro]. Le commerce bilatéral de biens entre l'UE et l'Inde a atteint "120 milliards d’euros en 2024, en hausse de près de 90 % sur la dernière décennie, selon les chiffres de l’UE, avec 60 milliards d’euros supplémentaires pour les services", rappelle Ouest-France.

Ce dimanche 25 janvier, la présidente de la Commission européenne a déclaré "s'attendre à ce que les exportations vers l'Inde doublent. L'an dernier déjà, elle tablait sur un futur accord commercial historique : […] 'Le potentiel est immense. L'Europe est déjà le premier partenaire commercial pour l'Inde'" [France info]. "Alors que l'UE y voit un marché important pour l'avenir, New Delhi considère Bruxelles comme une source clé de technologies et d'investissements dont elle a grand besoin pour accélérer la modernisation de ses infrastructures et créer des millions de nouveaux emplois", explique Le Figaro.

Réduire la dépendance aux États-Unis, à la Russie et à la Chine

"L’UE et l’Inde se rapprochent à un moment où l’ordre international fondé sur des règles subit des pressions sans précédent en raison des guerres, de la coercition et de la fragmentation économique", a souligné la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas [Ouest-France]. De son côté, Ursula von der Leyen, s'adressant au Times of India avant son voyage, a affirmé qu'une coopération plus étroite avec l'Inde était un "rempart contre 'un monde de plus en plus instable, des champs de bataille ukrainiens aux eaux troubles de l'Indo-Pacifique', tout en éludant la question de la neutralité de l'Inde dans la guerre entre la Russie et l'Ukraine" [Politico].

"Pour l’UE comme pour l’Inde, [cet accord a] une vocation politique : c’est une façon de montrer à la face du monde qu’il existe d’autres choix que les États-Unis, au moment où le président américain, Donald Trump, change la donne géopolitique et impose des droits de douane considérables à des pays qui se pensaient jusqu’ici les amis des États-Unis", explicite Le Monde.

"Ce serait une victoire majeure pour Bruxelles et New Delhi, qui cherchent toutes deux à ouvrir de nouveaux marchés face aux droits de douane américains et aux contrôles à l'exportation chinois", analyse Le Figaro. En avril, Donald Trump avait imposé à l'Inde des droits de douane "à hauteur de 25 %. Ils les avaient doublés en juillet pour punir le pays de ses achats de pétrole russe, responsable, selon le président américain, d'alimenter la machine de guerre de Moscou" [France info].

Kaja Kallas se trouve également à New Delhi, où "elle signera un partenariat en matière de défense et de sécurité axé sur la sécurité maritime, la lutte contre le terrorisme et la cyberdéfense", annonce Politico. France info rappelle également que "pour la défense aussi, l'Europe est un partenaire. L'Inde [qui achète traditionnellement ses armes à la Russie] a commandé 26 Rafales à la France l'an dernier pour 6,5 milliards d'euros".

Encore des points de blocage

Sur l'accord commercial, les négociations avec l'Inde ne sont pas encore bouclées, les discussions "se focalisant sur quelques points de blocage, notamment l'impact de la taxe carbone aux frontières de l'UE pour ses importations d'acier, ainsi que les normes de sécurité et de qualité dans les secteurs pharmaceutique et automobile", relève Le Figaro. "L’Inde […] a demandé à être exemptée […] du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières, une demande que Bruxelles a jusqu’à présent catégoriquement rejetée" [Euractiv].

Dans le même temps, Reuters affirme que "le gouvernement du Premier ministre Narendra Modi a accepté de réduire immédiatement les taxes [de 110 % à 40 %] sur un nombre limité de voitures provenant des 27 pays membres de l'Union européenne".

Autre point politiquement sensible pour les deux parties : l’agriculture qui "pourrait être exclue de l’accord de libre-échange [..]. Des sources de la Commission ont refusé vendredi de confirmer ou d’infirmer les rumeurs selon lesquelles Ursula von der Leyen aurait renoncé à une libéralisation des échanges agricoles" [La Matinale Européenne].

"Les contours en sont encore flous et la rumeur circule selon laquelle [l'accord] ne serait pas à la hauteur des espérances des uns et des autres, en raison de réflexes protectionnistes, indissociables de la mobilisation de certaines professions", précise Le Monde. Une information corroborée par Le Point : "'un simple accord politique' serait dans les tuyaux. Mais l’aboutissement demeure 'incertain' à ce stade, confie une source européenne".

Interrogée sur la manière dont les deux parties comptent combler ces divergences, Ursula von der Leyen a déclaré au Times of India que celles-ci"'travaillaient intensément' et que 'le dernier kilomètre [était] toujours le plus difficile, mais [que] cela en vaudra largement la peine'" [Euractiv].

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23.01.2026 à 12:07

Guerre en Ukraine : Donald Trump et Volodymyr Zelensky évoquent des progrès dans les négociations avant un rendez-vous trilatéral à Abou Dhabi

Léa Deseille
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Les négociations en faveur d'une paix étaient "au point mort", selon The Guardian. Pour tenter de les relancer, le président ukrainien Volodymyr Zelensky et son homologue américain, Donald Trump, ont échangé en marge du Forum économique mondial à Davos, jeudi 22 janvier. "Le chef d’État ukrainien a parlé d’une rencontre 'positive' mais d’un dialogue 'pas simple'", […]

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Texte intégral (1681 mots)
La Russie, l'Ukraine et les États-Unis vont tenir une réunion trilatérale, vendredi 23 janvier, à Abu Dhabi aux Émirats arabes uni - Crédits : World Economic Forum / Flickr CC BY-NC-SA 4.0
La Russie, l'Ukraine et les États-Unis vont tenir une réunion trilatérale, vendredi 23 janvier, à Abou Dhabi aux Émirats arabes unis - Crédits : Forum économique mondial / Flickr CC BY-NC-SA 4.0

Les négociations en faveur d'une paix étaient "au point mort", selon The Guardian. Pour tenter de les relancer, le président ukrainien Volodymyr Zelensky et son homologue américain, Donald Trump, ont échangé en marge du Forum économique mondial à Davos, jeudi 22 janvier. "Le chef d’État ukrainien a parlé d’une rencontre 'positive' mais d’un dialogue 'pas simple'", note l'Opinion. De son côté, Donald Trump a déclaré "que la guerre entre la Russie et l'Ukraine devait prendre fin", selon Die Zeit

Malgré leurs désaccords, les deux hommes sont parvenus à s'entendre sur quelques points. "Les garanties de sécurité, c’est prêt", a déclaré Volodymyr Zelensky, ajoutant que "le document [devait] être signé par les parties, par les présidents, et [qu']ensuite il [irait] aux parlements nationaux", relève France 24. "Il a déclaré que le plan en 20 points était 'approuvé à environ 90 %'", selon The Kyiv Independent, et "qu'un accord de sécurité plus large entre les États-Unis, l'Europe et l'Ukraine était en voie d'achèvement".

Certains points ne sont "pas encore résolus

Pendant leur rencontre, les deux chefs d'État ont abordé "la question du renforcement de la défense aérienne face aux frappes russes contre les infrastructures énergétiques", relate The Kyiv Independent. Le président ukrainien a notamment évoqué "un nouveau programme de soutien en systèmes de défense aérienne de la part des alliés de l'Ukraine", complète le quotidien ukrainien. Néanmoins, certains points restent toujours à éclaircir. "Volodymyr Zelensky a en revanche dit que l'épineuse question des territoires de l'est de l'Ukraine revendiqués par Moscou n'est 'pas encore résolue'"[France 24]. 

"Parallèlement à la réunion de Davos, l'envoyé spécial américain Steve Witkoff et le gendre de Donald Trump, Jared Kushner, se sont rendus à Moscou pour s'entretenir avec le président russe Vladimir Poutine", relaie Die Zeit. Ces pourparlers respectifs ont abouti à un sommet exceptionnel. "Il a été convenu que dès aujourd’hui, la première réunion d’un groupe de travail trilatéral chargé des questions de sécurité aura lieu à Abou Dhabi", a déclaré tôt ce vendredi 23 janvier à la presse le conseiller diplomatique du Kremlin, Iouri Ouchakov [L'Opinion]. 

Première réunion trilatérale à Abou Dhabi 

D'après Libération, la Russie sera représentée par le général Igor Kostioukov, haut responsable de l’état-major, tandis que l'Ukraine le sera par "le secrétaire du Conseil de sécurité, Roustem Oumerov, son chef de cabinet, Kyrylo Boudanov, et son chef adjoint, Serguiy Kyslytsia, par le chef du parti présidentiel, David Arakhamia, et par le chef d’état-major des forces armées, le général Andriï Gnatov".

"Ce sera la première réunion trilatérale aux Émirats arabes unis" depuis l'invasion de l'Ukraine par la Russie en 2022, a déclaré Volodymyr Zelensky [The Guardian]. "J'espère que les Émirats sont au courant. On a parfois ce genre de surprises du côté américain". "Alors que les États-Unis ont déclaré qu'un accord était à portée de main, Zelensky s'est montré moins optimiste, affirmant que la Russie devait être 'prête à faire des compromis… et pas seulement concernant l'Ukraine'", ajoute le quotidien britannique. 

Dans son discours à Davos, Volodymyr Zelensky a également adressé quelques mots aux Européens. Il a "déclaré qu'un an s'était écoulé depuis son dernier discours de Davos, dans lequel il avertissait l'Europe qu'elle devait apprendre à se défendre, mais que rien n'avait changé", retrace Euronews. "Au lieu de prendre l'initiative dans la défense de la liberté dans le monde, particulièrement quand l'intérêt de l'Amérique se focalise ailleurs, l'Europe paraît perdue dans ses tentatives pour convaincre le président américain de changer", a-t-il conclu [Les Echos].

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22.01.2026 à 12:57

Sommet européen : quelle riposte face à Donald Trump ?

Lou Caubet
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"À partir de 19 heures, les Vingt-Sept auront-ils le courage politique de s’opposer frontalement à Trump ?", s'interroge Libération. Ce jeudi soir 22 janvier, le président du Conseil européen António Costa reçoit à Bruxelles les chefs d'État et de gouvernement des 27 États membres. Ce sommet informel a été annoncé en urgence dimanche dernier, "pour […]

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Texte intégral (1869 mots)
António Costa, président du Conseil européen, réunira ce soir à Bruxelles les dirigeants des Vingt‑Sept pour un échange approfondi sur l’état des relations entre l’UE et les États‑Unis. - Crédits : Parlement européen

"À partir de 19 heures, les Vingt-Sept auront-ils le courage politique de s’opposer frontalement à Trump ?", s'interroge Libération. Ce jeudi soir 22 janvier, le président du Conseil européen António Costa reçoit à Bruxelles les chefs d'État et de gouvernement des 27 États membres.

Ce sommet informel a été annoncé en urgence dimanche dernier, "pour décider d’une riposte aux droits de douane visant huit pays européens" dont la France [Libération]. Ceux-ci avaient clairement pris position contre le projet d'annexion du Groenland par les États-Unis. Plus précisément, la réunion avait pour objectif "d'évaluer le niveau de soutien politique en faveur de différentes mesures de rétorsion", explique The Irish Times.

"Une première mesure de rétorsion de l'UE, limitée à un ensemble de droits de douane visant jusqu'à 93 milliards d'euros d'échanges commerciaux avec les États-Unis, était à l'ordre du jour" [The Irish Times]. L'instrument anti-coercition était aussi sur la table, rappellent Les Échos. Encore inutilisé, ce dispositif permet de "décider si oui ou non une mesure commerciale d'un État non européen […] revêt un caractère coercitif de nature à obliger un État européen à changer sa législation".

"Les relations transatlantiques dans toutes leurs dimensions"

L'ordre du jour risque toutefois de voir "son contenu [changé] après que Trump, mercredi soir, a déclaré qu’il revenait sur sa décision" [Libération]. "Je n'imposerai pas les droits de douane qui devaient entrer en vigueur le 1er février", a-t-il déclaré [France Info]. Au cours d'une "réunion très productive que j'ai eue avec le secrétaire général de l'Otan Mark Rutte, nous avons conçu le cadre d'un futur accord concernant le Groenland et, en réalité, toute la région arctique", a-t-il précisé pour justifier son revirement.

Mais si les États membres "baignent dans le flou le plus total" après cette annonce [Libération], le sommet est bien maintenu "car il n'a jamais été question uniquement du Groenland ou des droits de douane", rapporte Politico. "Il s'agit des relations transatlantiques dans toutes leurs dimensions", selon un responsable de l'UE cité par le média.

Le Danemark, qui a salué les annonces de Donald Trump, a averti que le président américain avait toujours "une ambition que nous ne pouvons accepter" sur le Groenland [The Irish Times]. Tandis que de nombreux responsables restent "sceptiques" après le revirement de Donald Trump [Politico]. "La Commission a prévu une réunion d’urgence vendredi matin pour agir si les Vingt-Sept parviennent à un accord" [Libération].

Quelles contre-mesures ?

Face aux pressions américaines, "la plupart des dirigeants européens sont sur la même longueur d’onde, avec des nuances bien sûr", explique Libération. "Pour l’instant, seules la Slovaquie, la Hongrie et la Tchéquie, dirigées par des populistes pro-Poutine et pro-Trump, ont fait savoir qu’ils s’opposeraient à toute riposte européenne, ce qui est loin de constituer une minorité de blocage".

Avant le revirement de Donald Trump, "l'Allemagne et la France [ont exhorté] publiquement l'Union européenne à activer son instrument commercial anti-coercition, tandis que d'autres pays, comme l'Italie et la Finlande, [privilégiaient] le dialogue et la désescalade" [EU Observer].

Emmanuel Macron "exhorte les alliés européens à résister au président américain pour ne pas lui offrir des victoires sur le terrain extérieur qui le renforceraient en interne" [Libération]. Tandis qu'"à Berlin, le discours est un peu plus nuancé", les États-Unis étant le "premier débouché de l'Allemagne en termes d'exportations" [Les Échos].

"Le Parlement européen, quant à lui, a décidé [mercredi] de suspendre ses travaux sur l'accord commercial entre l'Union européenne et les États-Unis" pour protester contre les menaces américaines, souligne The Irish Times. "Nous sommes à la croisée des chemins", a déclaré le même jour Ursula von der Leyen face aux députés européens [Der Standard].

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21.01.2026 à 13:22

Forum de Davos : les Européens durcissent le ton face aux menaces de Donald Trump

Agathe Grinon
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"Nous préférons le respect à l'intimidation" : lors de son discours au Forum économique mondial de Davos mardi, le président français "s’est montré ferme et a multiplié les piques à l’encontre de Donald Trump, sans jamais le citer" [France info]. "Ne nous divisons pas, n’acceptons pas un ordre mondial qui serait dicté par ceux qui […]

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Texte intégral (1676 mots)
Emmanuel Macron au Forum économique mondial de Davos en Suisse, durant son discours sur la situation mondiale. - Crédits : World Economic Forum / FlickR CC BY-NC-SA 4.0
Lors de son intervention au Forum économique mondial de Davos en Suisse, Emmanuel Macron a appelé à refuser la "loi du plus fort" - Crédits : World Economic Forum / FlickR CC BY-NC-SA 4.0

"Nous préférons le respect à l'intimidation" : lors de son discours au Forum économique mondial de Davos mardi, le président français "s’est montré ferme et a multiplié les piques à l’encontre de Donald Trump, sans jamais le citer" [France info]. "Ne nous divisons pas, n’acceptons pas un ordre mondial qui serait dicté par ceux qui ont la plus grosse voix, le plus gros bâton", a-t-il déclaré.

Le chef de l'exécutif français a ainsi "répondu à une série d’invectives de son homologue américain", appelant notamment à refuser la "loi du plus fort" et dénonçant une "dérive vers l’autocratie et davantage de violence", "les conflits sont devenus la norme" [Le Monde].

Le matin même, Donald Trump publiait "sur son réseau Truth social des captures d’écran d’un message écrit d’Emmanuel Macron", note Le Figaro. Et déclinait par là même sa proposition "d’organiser un sommet du G7 jeudi à Paris, après Davos".

Unité européenne

Le président français "s’est voulu offensif face aux menaces du président américain d’infliger des surtaxes à certains pays européens, notamment la France, pour le rejet de ses visées sur le Groenland et de son nébuleux 'Conseil de la paix'" [Libération]. Il n'est pas seul pour autant : "plusieurs dirigeants européens et Mark Rutte, secrétaire général de l’Otan, sont à Davos cette semaine. [Ils] espèrent convaincre le président américain de renoncer à ses menaces contre le territoire sous la souveraineté du Danemark" [Le Monde].  

Dans son allocution hier, Ursula von der Leyen a plaidé en faveur d'une plus grande "indépendance européenne". Tout en prévenant l'allié américain que "notre réponse sera […] inébranlable, unie et proportionnelle", la présidente de la Commission européenne a jugé que "les profonds bouleversements qui secouent l'ordre mondial devraient être considérés comme un facteur de changement positif" [Euronews]. Le lendemain à Strasbourg, elle a estimé que les tensions entre les États-Unis et l'Europe sur le Groenland ne feront "qu'encourager" nos "adversaires" [Les Echos].

Outre-Rhin, la précaution reste toutefois de vigueur : "atlantiste assumé", le chancelier allemand "a fait le pari de convaincre le président américain de revenir sur son projet" d'annexion du Groenland, résume Politico. "Lundi, Friedrich Merz a reconnu publiquement que le ton de l’Allemagne différait sensiblement de celui de la France […] parce que Paris était moins exposé aux attaques dans une guerre commerciale avec les États-Unis".

Vers une nouvelle mission de l'Otan au Groenland ?

Au lendemain d'une proposition similaire du Danemark et du Groenland, l'Élysée a indiqué mercredi matin vouloir un "exercice de l'Otan" sur le territoire autonome danois, la France étant "prête à y contribuer" [Les Echos]. Contrairement à la "mission de reconnaissance" ayant impliqué plusieurs pays européens la semaine dernière, "un exercice de l’Otan à proprement parler permettrait d’impliquer Washington et d’afficher le fait que la sécurité en Arctique est prise au sérieux par les Européens, juge-t-on à Paris" [Le Figaro].

Attendu cet après-midi à Davos, le président américain a tenu une conférence de presse surprise à la Maison-Blanche avant son départ. Il s'est alors contenté de dire "vous verrez", lorsqu'on lui a demandé jusqu'où il était prêt à aller pour s'emparer du Groenland [Euronews].

Quant au dossier ukrainien, il pâtit de ces tensions transatlantiques. Selon le Financial Times, cité par Reuters, "l'annonce prévue d'un plan de prospérité de 800 milliards de dollars devant être convenu entre l'Ukraine, l'Europe et les États-Unis [à Davos] cette semaine a été reportée". D'après Politico, le président ukrainien se serait même demandé "si cela valait la peine d’assister au Forum économique mondial".

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20.01.2026 à 12:18

Mercosur : les agriculteurs font pression sur le Parlement européen, à la veille d'un vote crucial sur l'avenir de l'accord de libre-échange

Valentin Ledroit
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"La lutte promet d’être chaude à Strasbourg", avance Le Point. "Des milliers d’agriculteurs européens et 700 tracteurs convergeront ce mardi 20 janvier vers le Parlement européen", rapportent Les Dernières Nouvelles d'Alsace. Trois jours après la signature de l'accord commercial entre l'Union européenne et les pays du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay), "la FNSEA et […]

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Texte intégral (2008 mots)
L'opposition des agriculteurs à l'accord de libre-échange avec les pays du Mercosur n'est pas nouvelle, à l'image de cette précédente mobilisation le 13 novembre 2024 à Bruxelles
L'opposition des agriculteurs à l'accord de libre-échange avec les pays du Mercosur n'est pas nouvelle, à l'image de cette précédente mobilisation le 13 novembre 2024 à Bruxelles - Crédits : FIANBelgium / Flickr CC BY-NC-ND 2.0

"La lutte promet d’être chaude à Strasbourg", avance Le Point. "Des milliers d’agriculteurs européens et 700 tracteurs convergeront ce mardi 20 janvier vers le Parlement européen", rapportent Les Dernières Nouvelles d'Alsace.

Trois jours après la signature de l'accord commercial entre l'Union européenne et les pays du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay), "la FNSEA et ses alliés" veulent "convaincre les eurodéputés de voter une saisine de la Cour de justice européenne (CJUE), qui devrait alors se prononcer sur la conformité de l’accord de libre-échange avec le droit européen", note Libération.

Face aux agriculteurs, les partisans du traité sont également mobilisés. "Les Allemands, ardents défenseurs de l’accord UE-Mercosur, ne sont pas restés les bras ballants. Le ministre des Affaires étrangères, Johann Vandephul, a fait le déplacement en personne, lundi, à Strasbourg pour serrer les rangs du groupe PPE (Parti populaire européen). Le message de l’Allemagne est clair : le Mercosur doit être adopté sans délai, toute saisie de la CJUE retarderait la ratification parlementaire de plusieurs mois" [Le Point].

Un vote crucial au Parlement européen

Mercredi 21 janvier, les eurodéputés se prononceront sur une éventuelle saisine de la Cour de justice de l'Union européenne. "Jugeant qu’une partie de l’accord, appelée 'mécanisme de rééquilibrage', n’est pas conforme aux traités européens, plus de 140 élus de tous bords, dont une bonne partie de Français, ont en effet soumis une proposition de résolution appelant la CJUE à vérifier sa compatibilité avec le droit de l’UE", rappelle Libération.

"Ce dispositif permet aux pays du Mercosur d’exiger une compensation si une réglementation européenne – même conforme à l’accord – réduit leurs exportations", explique Le Point. "Tout le monde s’attend à ce que ce soit actionné par les pays du Mercosur et pas par l’UE, par exemple si l’Europe mettait en place une clause miroir sur un pesticide interdit par les Vingt-Sept ou en cas de retour du règlement contre la déforestation importée", insiste l'eurodéputé Renew Pascal Canfin [Libération].

En cas de succès de cette saisine, le processus de ratification pourrait être retardé de dix-huit mois ou plus. Un délai qui ne passe pas du côté de Berlin et des défenseurs de l'accord. Pour eux, "le contexte d’une nouvelle guerre commerciale avec l’administration Trump rend intolérable toute procrastination : l’Europe a besoin de nouveaux débouchés au sud de l’Amérique. […] Au-delà du suspense du vote de mercredi, Donald Trump aura [donc] été, au cours du dernier week-end, le meilleur 'whip' ('rabatteur de voix') de l’accord UE-Mercosur", conclut Le Point.

Application provisoire

L'accord signé au Paraguay le 17 janvier dernier "prévoit une réduction progressive des droits de douane afin de faciliter les échanges commerciaux, avec pour objectif de supprimer à terme environ 90 % des droits de douane sur les produits échangés", rappelle La Libre. Après l'accord des États membres, le dossier est donc entre les mains du Parlement européen.

"Mais s'il lui faut encore le tampon strasbourgeois pour pouvoir entrer en vigueur, le texte n'aura peut-être pas besoin d'attendre aussi longtemps pour lever les barrières commerciales entre les deux rives de l'Atlantique", relate BFM TV. La chaîne précise que "la Commission européenne est [déjà] en mesure de déclencher [son] application provisoire".

"On a un arrangement interinstitutionnel avec le Parlement qui dit que, normalement, on attend qu’il ait voté pour mettre en œuvre l’accord", tente de rassurer un haut fonctionnaire européen auprès de Libération. "Sauf, précise-t-il, si le Parlement ne votait pas dans un délai 'raisonnable'". Pour l'eurodéputé écologiste David Cormand interrogé par le quotidien, il est toutefois "prématuré de débattre dès maintenant de ce sujet". En cas d'échec de la saisine ce mercredi, la ratification aurait lieu lors de "la session parlementaire de mars" [Le Point].

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