Lien du flux RSS
Observatoire critique des médias né du mouvement social de 1995

▸ les 10 dernières parutions

28.05.2024 à 11:38

Convocations policières pour « apologie du terrorisme » : les médias façon Orwell

Pauline Perrenot

img
Texte intégral (3421 mots)

Alors que l'État durcit sa criminalisation des mobilisations en soutien de la cause palestinienne, le journalisme dominant légitime ce cours autoritaire et décuple la pression. Dans le premier volet de cette série consacrée au maccarthysme, nous revenons sur le traitement journalistique des interdictions de conférences de La France Insoumise et des convocations policières de deux de ses membres – Mathilde Panot et Rima Hassan – pour « apologie du terrorisme ». Une fuite en avant médiatique.

Commençons par dire que de nombreux cas de répression et d'atteintes à la liberté d'expression passent totalement sous les radars médiatiques – une manière, par le silence, de les banaliser. Au cours du mois d'avril, les interdictions de conférences et les convocations policières ayant visé La France insoumise ont, en revanche, fait couler de l'encre.

Dans un futur article, nous verrons avec quel talent Le Monde exerce son rôle de contre-pouvoir dans la conjoncture actuelle : prôner un « équilibre nécessaire » entre « liberté de réunion » et « ordre public » d'une main ; participer sans relâche à la diabolisation de La France insoumise de l'autre. Souffler le chaud et le froid : c'est aussi ce que pratique régulièrement Libération. Un seul exemple : le 23 avril, Thomas Legrand peut bien se navrer d'une « réduction de la sphère de liberté » et de l'« attitude répressive » du gouvernement à l'égard (entre autres) des Insoumis, le positionnement révèle sa consistance lorsque le naturel revient au galop deux semaines plus tard : condamner, chez Jean-Luc Mélenchon, un « dépassement des bornes de la bienséance minimum du débat politique » (2/05). Telles que s'autorise à les fixer tout éditorialiste qui se respecte. Dans sa chronique, l'« état d'esprit répressif à l'œuvre à la tête de l'État » est désormais décrit comme un simple « répondant » que susciterait... la « participation mélenchonienne à la brutalisation de la vie politique », l'un et l'autre qualifiés de « sparring-partners idéaux ». Avec pareils défenseurs – et si fins analystes –, la liberté d'expression politique peut s'attendre au pire...

Basculement politique, routines journalistiques

Ailleurs dans la presse, le durcissement autoritaire n'entrave pas le ronron de la diabolisation. Au contraire... « La liberté d'expression en danger ? Les Insoumis ne doutent vraiment de rien ! » se bidonne Olivier Biscaye dans l'éditorial de Midi Libre (29/04). La convocation de Mathilde Panot ? Un juste retour de bâton pour celle qui « a franchi la ligne rouge de l'indécence » et « ose dénoncer une tentative de censure »... mais un coup de bâton encore insuffisant : « Depuis six mois, on aurait souhaité que la justice s'en prenne plus sévèrement à quelques-uns de ses collègues députés sortis de l'arc des valeurs républicaines. » C'est aussi ce que pense Nicolas Domenach en son for intérieur : « On pourrait s'imaginer soulagés de ce que les juges poursuivent, jusqu'à les embastiller, ces extrémistes qui nous insupportent », écrit-il dans Challenges (2/05) avant de s'auto-réfréner – « illusion dangereuse que d'abandonner ainsi aux magistrats un combat politique » – et de dicter le mot d'ordre du « combat politique » en question : « On doit s'indigner de la banalisation par les Insoumis du pogrom du 7 octobre. » Tel un disque rayé.

Le jour de la convocation de Mathilde Panot – qui ne sera pas couverte dans l'édition papier –, Le Parisien dégaine quant à lui une énième Une pour dénoncer « la stratégie périlleuse de Mélenchon » (23/04), prélude d'une double page juxtaposant un éditorial du directeur des rédactions estimant que le parti cherche à « voir l'emporter la radicalisation et faire voler en éclats la concorde républicaine » ; un article inspirant chargé d'expliquer aux lecteurs comment « Mélenchon joue avec le feu » suivi, enfin, d'un entretien avec le président de la Conférence des imams de France titré « LFI exacerbe les tensions communautaires ».

Même sens de la hiérarchie de l'information au Figaro (24/04), qui traite la convocation en une brève d'une centaine de mots, mais déploie sa campagne contre la gauche sur la double page « Évènement ». Dédiée tantôt à tancer la « surenchère » de LFI, tantôt à qualifier d'« entrisme » ses conférences dans les universités – dont Le Figaro, évidemment, ne dit pas un mot sur le fond. Le tout sous le patronage (rageur) de Guillaume Tabard, agacé que la censure ne vienne pas à bout de cette campagne politique :

Guillaume Tabard : En venant se faire acclamer à Sciences Po après avoir été interdit de réunion à la fac de Lille, le leader des Insoumis a marqué son territoire. [...] Alors qu'il électrifie le débat public, alors qu'il sème le trouble et l'embarras dans le reste de la gauche, le triple candidat à la présidentielle procède à un mélange de démonstration de force et d'intimidation.

Beau renversement. Mais il y a mieux. Dans l'audiovisuel surtout, où les têtes d'affiche se disputent depuis des semaines le prix de l'outrance. Nous croyions « Les informés » de France Info en pole position, où le 30 avril dernier, un éditorialiste d'I24news en pleine crise de complotisme tentait d'expliquer pourquoi LFI devait « remercier le pouvoir ». Las... Ce discours est la norme. Le 27 avril, dans l'émission « Et maintenant » de Public Sénat, Hélène Terzian, journaliste politique à RMC, ne dit pas autre chose : « C'est tout bénéf pour eux ce qui se passe, presque. Ils galvanisent une certaine partie de leur électorat, ils hurlent à la censure ! » Et l'illustre Nicolas Baverez d'aller plus loin :

Nicolas Baverez : Ce qui est dangereux, c'est que finalement, le piège tendu par Jean-Luc Mélenchon sur notre démocratie est en train de se refermer. On le voit avec les interdictions de parole [...] lancés par les militants de LFI sur un certain nombre d'intellectuels. Et c'est en train de s'étendre partout. Et puis, on a ce piège de déclarations ou de communiqués qui sont scandaleux et qui, du coup, amènent des réponses judiciaires alors que ça devrait être des réponses politiques.

Le registre orwellien est également manié avec une précision d'orfèvre sur France 5. Dans « C dans l'air » (23/04), c'est à qui tapera le plus fort sur LFI ; et comme ailleurs les accusations et les procès d'intention sont lancés sans qu'aucun élément de preuve ne vienne les appuyer. Brice Teinturier, d'abord, dans le rôle de l'automate spécialité calomnie : « [Jean-Luc Mélenchon] est sur une grille de lecture dominants/dominés et sur la volonté de radicaliser le vote des banlieues, le vote musulman et le vote des jeunes. [...] Il y ajoute malgré tout le côté pas simplement abrasif, mais le côté, aux yeux des Français, antisémite. » L'autoritarisme ? Il n'inspire qu'une seule chose à la journaliste Nathalie Mauret : « Dès cet après-midi, [les Insoumis] ont essayé d'instrumentaliser cette convocation pour victimiser leur parti. » Un consensus en plateau :

Nathalie Shuck : J'ai le sentiment que ces interdictions de conférences, ce qui s'est produit à Lille, au fond, ça sert [Jean-Luc Mélenchon]. [...] Ça le met au centre du jeu, ça le victimise. Donc du coup, ça permet de dire à son électorat : « Voyez, vous êtes des victimes vous aussi, ben moi aussi, donc je vous représente mieux que quiconque. »

Le niveau de « l'analyse » vous terrasse ? Il n'en faut toutefois pas davantage pour devenir « grand reporter » au Point et bénéficier d'un fauteuil dans « C dans l'air ». Sachons gré à Nathalie Shuck de cet aveu, néanmoins : « Qui aurait parlé de ses conférences, sinon ? » Elle a raison : les chefferies médiatiques n'y auraient pas dépêché la moindre caméra... tant elles se moquent éperdument du pluralisme ! Ce que confirme d'ailleurs la présentatrice, Caroline Roux, visiblement très informée du sujet qu'elle est en train de commenter : « Ce sont des conférences sur quoi ? »

Le leitmotiv de la « victimisation » est aussi revisité à la sauce extrême droite sur Sud Radio, au cours d'une émission réalisée en partenariat avec le média (mort-né) Factuel [1] : « On voit bien, à chaque fois, que La France insoumise essaie de nazifier ou d'extrême droitiser tout ce qui ne pense pas exactement comme La France insoumise. C'est un peu ça, quand même, le discours ambiant. » (4/05)

On continue avec l'émission « 28 Minutes » sur Arte (26/04). Sous les hospices de Renaud Dély, le complotiste bon teint Brice Couturier s'insurge contre « une nouvelle gauche qui drague les islamistes et qui en même temps chantonne la chanson des wokes ». La convocation de Mathilde Panot ? Dans l'ordre des choses :

Brice Couturier : À partir du moment où on fait l'apologie du Hamas qui est considéré par l'Union européenne comme un mouvement terroriste, quand on reprend les slogans du Hamas, effectivement, on fait de l'apologie du terrorisme. Et qu'on soit député ou pas, ça ne permet pas de passer entre les fourches caudines de la justice. C'est l'égalité entre les citoyens.

Et toujours pas l'ombre d'une citation pour étayer ce fatras… Arte et C8, même combat ? Voyons plutôt :

- Jean-Michel Maire : C'était un scandale ce qu'ils avaient dit. Bon, ben ce qui est scandaleux, et ben ça mérite d'être puni. Voilà. Quand c'est une apologie du terrorisme, on punit les gens.

- Valérie Bénaïm : À un moment donné, c'est bien qu'on dise aussi : attention, votre parole qui est une parole publique, elle n'est pas exempte du droit. [...]

- Cyril Hanouna : Je voudrais voir ce qu'en pensent les téléspectateurs. [...] « Les députés LFI sont-ils incontrôlables ? » Oui, 86%. [« Touche pas à mon poste », C8, 24/05]

Incontrôlable plus qu'à son tour, Caroline Fourest peine à cacher sa jubilation face au communiqué de Mathilde Panot dénonçant sa convocation (LCI, 23/04) :

Caroline Fourest : On avait l'impression que vraiment, c'était un fait unique, que ça n'avait jamais existé parce qu'elle est présidente de groupe ! Et c'est vrai que c'est très rare qu'une présidente de groupe soit convoquée pour apologie du terrorisme. Mais il faut avouer aussi qu'il y avait eu peu de présidente de groupe, avant, qui avait eu des positions aussi limite.

L'interdiction d'une conférence à Lille ? Aucun problème non plus pour l'éditocrate, qui paraphrase à sa sauce la réaction du préfet en bonne journaliste de préfecture :

Caroline Fourest : C'est tellement polémique, c'est deux personnalités [Jean-Luc Mélenchon et Rima Hassan] tellement fortes, c'est tellement radical, les organisateurs sont tellement radicaux qu'on risque d'avoir attroupements, affrontements [...] et donc pour protéger l'université, on dit ce n'est pas le lieu. Et honnêtement David [Pujadas] [...], l'université, ce n'est pas n'importe quel lieu [...]. Ça doit être un safe place [...], un endroit où on est en sécurité pour le débat d'idées, [...] pas pour faire des meetings extrêmes.

Que dire d'un plateau avec David Pujadas et Caroline Fourest ? Qu'il est si caricatural et outrancier, que le débat public y est si malmené que ça ne devrait pas être diffusé à la télévision, que « ce n'est pas le lieu » ?

Le « cercle de la raison » aligné sur l'extrême droite

Le bruit médiatique est partout à l'unisson : les chefferies éditoriales légitiment censure et intimidations du pouvoir. Il reste bien quelques digues, mais le barrage est en carton-pâte. Sur France Inter, Yaël Goosz dénonce tout de même « un climat délétère, [un] trop-plein de procédures qui devraient heurter tous les défenseurs des libertés, qu'on déteste, qu'on partage, ou qu'on soit indifférent à ce qui est dit. » Mais de son propre aveu, la position lui coûte : « Poursuite légitime ou dérive illibérale ? Pour bien répondre à la question, il faut d'abord s'extraire du "bruit" et de la "fureur" propres à Jean-Luc Mélenchon. Laisser de côté – en tout cas essayer ! – ses saillies nauséabondes. » Vœux pieux : le chroniqueur ne peut s'empêcher de consacrer une partie de la chronique à un énième et sempiternel rappel à l'ordre à propos du « tout premier communiqué [...] rédigé avec les pieds » et « leur choix sémantique, largement contesté et contestable ». On voit là toute l'hypocrisie des commentateurs, appelant surtout à « ne pas importer davantage le conflit en criminalisant des paroles qui doivent être débattues sur la place publique ».

Sauf que depuis octobre, il n'y a pas de « débat » sur la place publique, mais une criminalisation de toute parole contestataire dans et par les médias dominants. Quant à l'accusation de vouloir « importer le conflit », elle est adressée systématiquement à sens unique : il n'est jamais venu à l'idée d'un journaliste d'émettre ce genre de jugement au moment de couvrir les déplacements en Israël du président de la République, de la présidente de l'Assemblée nationale ou d'autres députés de la majorité. Pas plus lorsqu'il s'est agi de médiatiser, par exemple, le discours du Premier ministre Gabriel Attal au dîner du Crif le 6 mai dernier.

Du côté des médias d'extrême droite, c'est également une campagne de tous les instants. Le 17 avril par exemple, le député LFI Manuel Bompard récapitulait l'agenda monocorde de la rédaction de CNews sur une seule journée :

Au JDD le 12 mai, on n'hésite pas non plus à sortir l'artillerie lourde : un pamphlet signé d'un journaliste de la rédaction assimilant Jean-Luc Mélenchon à un « nouveau Jean-Marie Le Pen ? », suivi d'un entretien avec Pascal Bruckner. L'essayiste y développe le prêt-à-penser médiatique et enchaîne les calomnies : Jean-Luc Mélenchon est dit « plus proche de l'extrême droite que de la gauche universaliste », qualifié de « frère jumeau de Jean-Marie Le Pen », de « disciple de Dieudonné » et de « compagnon de route des salafistes et des Frères musulmans », pour être finalement taxé d'un « antisionisme forcené qui glisse progressivement vers la détestation des Juifs ».

Le même jour, BFM-TV joue la concurrence mimétique avec sa consoeur bolloréenne en compagnie de Raphaël Enthoven... et la chaîne n'a pas réfléchi longtemps avant de fabriquer son visuel de campagne :

Quotidienne depuis huit mois, cette campagne de diffamation médiatique n'a plus aucune limite. À l'heure où les mobilisations s'amplifient contre la guerre génocidaire de l'État israélien – des ONG aux institutions internationales en passant par les manifestations mondiales et massives, étudiantes ou non –, elle est une tentative forcenée de maintenir la crédibilité du récit médiatico-politique dominant énoncé au lendemain du 7 octobre. Cet acharnement insensé contre LFI n'est finalement qu'une grossière manœuvre de diversion visant à empêcher, à recouvrir et à étouffer toute information sérieuse et documentée sur la situation en Palestine, sur le désastre et la dévastation à Gaza comme sur les luttes de solidarité avec le peuple palestinien.

Nous le disions en décembre, et nous y insistons : la question palestinienne cristallise, à la manière d'un redoutable accélérateur, un processus à l'œuvre depuis plus de dix ans dans les champs politique et journalistique consistant à diaboliser la gauche, tout en normalisant et promouvant l'extrême droite. Il faut donc lire cette interminable séquence pour ce qu'elle est : un symptôme de la radicalisation des chefferies médiatiques et de l'alignement des représentants autoproclamés du « cercle de la raison » sur l'extrême droite, tous deux communiant dans une fuite en avant autoritaire et islamophobe.

Le 15 avril sur France 5, un échange entre Christophe Barbier et la présentatrice de « C à vous » en offrait un exemple cristallin. Invité par Anne-Élisabeth Lemoine à présenter son « réquisitoire contre celui que vous désignez comme l'ennemi de la République », soit Jean-Luc Mélenchon, l'éditorialiste en chef de la bourgeoisie s'exécute :

- Christophe Barbier : Le voici depuis quelques années, au moins depuis 2019, sans doute un peu avant, converti à des revendications issues de l'islam politique, qu'on a pu croire dans un premier temps être simplement un calcul électoral pour complaire à un certain électorat – on n'attrape pas les mouches avec du vinaigre – et dont on voit depuis le 7 octobre que peut-être, il y a une racine idéologique plus profonde.

- Anne-Élisabeth Lemoine : C'est-à-dire que quand ils parlent de génocide commis par Israël à Gaza, il est convaincu, tout comme les militants de La France insoumise [...], ils sont convaincus de ce qu'ils disent ?

- Christophe Barbier : Pour une bonne partie de ces militants, oui, je suis convaincu qu'il y a au cœur de leur engagement derrière Jean-Luc Mélenchon cette fibre-là, c'est-à-dire obtenir la disparition de l'État d'Israël, que ce soit par des moyens militaires, terroristes ou par une pression politique.

Rideau.

Pauline Perrenot


[1] Créé par le célèbre producteur d'Ardisson Stéphane Simon, le média Factuel s'est doté de deux parrains à son lancement en avril 2023 : Christine Kelly (CNews), infatigable promotrice d'Éric Zemmour aux manettes de l'émission « Face à l'info »... et Dominique Rizet, consultant « police justice » de BFM-TV et journaliste de préfecture chimiquement pur. Fin avril 2024, le média se déclare en cessation de paiement, d'après Le Figaro.

24.05.2024 à 10:38

Audiovisuel public, « La Terre au carré », Michel Onfray et compagnie : revue de presse de la semaine

Elvis Bruneaux

img

Du 17/05/2024 au 23/05/2024.

- L'actualité des médias
Texte intégral (1899 mots)

Critique des médias : une revue de presse hebdomadaire. Si ce n'est exhaustive, au moins indicative [1]. Au programme : du 17/05/2024 au 23/05/2024.

Critique des médias

« Sur TF1, "Secret Story" voyage (loin, très loin) en Absurdie », Télérama, 17/05 [article complet réservé aux abonnés].

« Michel Onfray : le "gaucho" préféré des riches et des médias », Le Média, 18/05.

« Féminicides : des articles encore trop passionnés », Arrêt sur images, 18/05 [article complet réservé aux abonnés]

« Manifeste #MeToo : Quatennens et Bourdin sont sur un bateau », Arrêt sur images, 18/05.

« Nouméa : « habitants » contre « barbares », par Daniel Schneidermann, Libération, 19/05 [article complet réservé aux abonnés].

« Racisme et medias : un aveuglement coupable, voire complice », Blast, 19/05.

« Le Monde et la répression des « voix propalestiniennes » : anatomie d'un double standard », Blast, 20/05.

« A69 et interpellation d'un militant écologiste, "La Dépêche" critiquée », Arrêt sur images, 21/05 [article complet réservé aux abonnés]

« "Les Kanaks sont des sauvages, c'est la télé qui le dit" : jusqu'où ira le racisme médiatique ? », Le Média, 22/05.

Économie des médias

« Cession de "Paris Match" au géant du luxe LVMH : Lagardère annonce un protocole d'accord préliminaire », Libération, 22/05.

« Marianne : le challenger de Pierre-Édouard Stérin reste en embuscade », La Lettre, 20/05 [article complet réservé aux abonnés].

« Rachat de BFMTV/RMC : l'Arcom appelle à "un renforcement des mesures" pour l'indépendance des rédactions », Le Figaro, 22/05.

« Le groupe Lafont Presse, qui détient "Entreprendre", "Le Foot", "Célébrité magazine", cédé à Danae Group », Le Figaro, 21/05.

« Le monopole des milliardaires en danger ? Révélations sur la "guerre" de la TNT », Le Média, 17/05.

Fusion de l'audiovisuel public

« Audiovisuel public, un regroupement contre l'indépendance ? », Arrêt sur images, 17/05 [article complet réservé aux abonnés].

« Future entreprise unique de l'audiovisuel public : incertitude sur l'inclusion de France Médias Monde », Le Monde, 17/05 [article complet réservé aux abonnés].

« Le Sénat déjà à la manœuvre contre le projet de financement de l'audiovisuel public », La Lettre, 20/05 [article complet réservé aux abonnés].

« "A Radio France, la volonté gouvernementale de fusionner l'audiovisuel public nous semble démagogique, inefficace et dangereuse", Le Monde, 22/05 [tribune complète réservée aux abonnés].

« "Mesdames et messieurs les députés, ne sacrifiez pas la radio et la télé publiques !" », Libération, 22/05.

« Projet de réforme de l'audiovisuel public : "Non, les médias audiovisuels publics ne seront pas plus forts ensemble" », Le Monde, 22/05 [tribune complète réservée aux abonnés].

« Projet de "BBC à la française" : au secours, l'ORTF revient », Libération 22/05 [article complet réservé aux abonnés].

« Réforme de l'audiovisuel public : une arrivée sous haute tension à l'Assemblée », Le Figaro, 22/05 [article complet réservé aux abonnés].

« Fusion de l'audiovisuel public : l'examen du texte de loi reporté » Libération, 23/05.

« Pierre Dharréville : "Ce projet de fusion de l'audiovisuel public, c'est un retour à une ORTF" », L'Humanité, 22/05 [article complet réservé aux abonnés].

« Rachida Dati va-t-elle tuer l'audiovisuel public ? », L'Humanité, 22/05 [article complet réservé aux abonnés].

« Un mariage et un enterrement », L'Humanité, 23/05.

Dans les rédactions

« Radio France : « La Terre au carré » sauvée, l'écologie toujours menacée », Reporterre, 18/05.

« France Inter : "La Terre au carré" finalement maintenue... et tout ce qu'on sait déjà sur la grille de rentrée, Télérama, 21/05.

« Guillaume Meurice, humoriste de France Inter, convoqué en vue d'une « rupture anticipée pour faute grave » », Le Monde, 22/05.

« Prépucegate - Affaire Guillaume Meurice : les syndicats de Radio France demandent à leur direction de ne pas licencier l'humoriste », Libération 23/05.

À signaler, aussi

« CNews écope d'une amende de 50 000 euros pour des propos tenus sur son antenne en 2023 », Libération, 23/05.

« Européennes : Olivier Faure saisit l'Arcom à propos du débat Attal-Bardella au nom du pluralisme », Libération, 18/05.

« Les dessous de la nomination d'Emmanuel Kessler à la tête de la chaîne LCP », Le Figaro, 17/05 [article complet réservé aux abonnés].

« Les journalistes CFDT ne veulent pas regarder monter l'extrême-droite les bras croisés », CFDT Journalistes, 21/05.

« La poésie classée sans suite sur Radio France », Libération, 21/05 [tribune complète réservé aux abonnés].

« Jean-François Achilli, une défense très médiatique », Arrêt sur images, 22/05 [article complet réservé aux abonnés].

« Fréquences de la TNT : "Ouest-France", "L'Express", TF1 et Le Média parmi les 25 candidatures retenus », Le Monde, 22/05.

« Elections européennes : une couverture médiatique en nette baisse », Libération, 23/05.

« Pourquoi il est essentiel de défendre nos médias publics », Fonds pour une presse libre, 23/05.

« Nouvelle-Calédonie : la sécurité des journalistes doit être garantie », RSF, 20/05.

« Pour Julian Assange, une étape judiciaire à quitte ou double à Londres », Libération, 20/05.

Et aussi, dans le monde : Grande-Bretagne, États-Unis, Chine, Arménie, Pakistan, Tunisie...

Retrouver toutes les revues de presse ici.


[1] Précisons-le : référencer un article dans cette revue de presse ne signifie pas forcément que nous y souscrivons sans réserve.

17.05.2024 à 09:58

Commission d'enquête, audiovisuel public, Marianne et compagnie : revue de presse de la semaine

Elvis Bruneaux

img
Texte intégral (2300 mots)

Critique des médias : une revue de presse hebdomadaire. Si ce n'est exhaustive, au moins indicative [1]. Au programme : du 10/05/2024 au 16/05/2024.

Critique des médias

« Nouvelle-Calédonie : à la télé, loyalistes partout, Kanak nulle part », Arrêt sur images, 16/05 [article complet réservé aux abonnés].

« Glucksmann, Bardella, Zemmour, Macron : les candidats préférés des médias », Blast/Acrimed, 14/05.

« Candidats aux élections européennes : le tri des hebdomadaires, Acrimed, 13/05.

« Oubliez la politique ! Savourez plutôt le "fantastique" duel Bardella-Le Pen », Télérama, 10/05 [article complet réservé aux abonnés].

« TF1, le RN et la blanche Colombe », Arrêt sur images, 11/05 [article complet réservé aux abonnés].

« Enthoven, Duhamel et l'antisémitisme : un dimanche soir sur BFMTV », Arrêt sur images, 13/05.

« "Frères musulmans", "hamas", "entrisme" : islamophobie en roue libre dans les médias », Le Média, 15/05.

« La liste #MeToo du cinéma, une anti-boussole médiatique », Arrêt sur images, 10/05 [article complet réservé aux abonnés].

« "La flamme à Marseille", dure épreuve pour le journalisme », Arrêt sur images 12/05.

« Manifestation du C9M : ces médias qui réfutent le terme "ultradroite" », Arrêt sur images, 14/05 [article complet réservé aux abonnés].

« Attaque dans l'Eure : "Livre Noir" ne floute pas les agents touchés », Arrêt sur images, 15/05 [article complet réservé aux abonnés].

« La soumission chimique ne doit plus être un fait divers, selon les assos », Arrêt sur images, 15/05 [article complet réservé aux abonnés].

Économie des médias

« Le milliardaire conservateur Pierre-Edouard Stérin bientôt en négociations exclusives pour racheter "Marianne" », Libération, 14/05 [article complet réservé aux abonnés].

« Cession de Marianne : les salariés demandent à être mieux "associés" au processus », Le Figaro, 15/05.

« Le média 20 Minutes va supprimer un tiers de ses postes et enterrer son journal papier », La Lettre, 16/05 [article complet réservé aux abonnés].

« "L'Express", Le Média, Daniel Kretinsky, "Ouest-France"… Qui sont les nouveaux candidats aux fréquences TNT ? », Libération, 15/05.

« Le Média candidat à une des quinze fréquences de la TNT », Libération, 15/05 [article complet réservé aux abonnés].

« De M6 à CMA Médias, Nicolas de Tavernost, une recrue de poids pour Rodolphe Saadé », Télérama, 15/05.

« En 2023, il a manqué 16 000€ à Rue89 Strasbourg », Rue89 Strasbourg, 12/05.

« Reporterre, une utopie devenue réalité », Reporterre, 16/05.

« La presse joue la carte Christophe Béchu pour garder ses encres », La Lettre, 13/05 [article complet réservé aux abonnés].

« M6 +, la nouvelle plateforme qui court après TF1 + », Télérama, 14/05 [article complet réservé aux abonnés].

Réforme de l'audiovisuel public

« Audiovisuel public : le gouvernement prévoit une fusion au 1ᵉʳ janvier 2026 », Le Monde, 11/05.

« Projet de réforme de l'audiovisuel public : la grande confusion ? », Télérama, 13/05 [article complet réservé aux abonnés].

« Pourquoi la réforme de l'audiovisuel public inquiète les télés et les radios privées », Le Figaro, 13/05 [article complet réservé aux abonnés].

« Fusion de l'audiovisuel public : que contient le projet du gouvernement et pourquoi suscite-t-il des craintes ? », Libération, 13/05 [article complet réservé aux abonnés].

« Audiovisuel public : le député Renaissance Quentin Bataillon imagine la chaîne TV franceinfo "remplacer" France 24 », Franceinfo, 13/05.

« Le projet d'une fusion de l'audiovisuel public passe un cap », Télérama, 15/05 [article complet réservé aux abonnés].

« Ligne éditoriale bousculée, dégradation de la qualité de l'information : ce qui va changer avec la fusion de l'audiovisuel public », L'Humanité, 15/05.

« Réforme de l'audiovisuel public : les syndicats de France Télévisions appellent à la grève », Le Monde, 15/05.

Dans les rédactions

« Purge politique à France Inter », Acrimed, 10/05.

« Écologie : Radio France et France télévisions ne répondent plus », Vert, 14/05.

« Affaire Meurice : l'humoriste est suspendu jusqu'à nouvel ordre », L'Humanité, 16/05.

« Meurice, grille de rentrée, fusion de l'audiovisuel public… A France Inter en grève, la peur de perdre sa raison d'hertz, Libération, 10/05 [article complet réservé aux abonnés].

« Chez France 24, un généreux chèque de départ qui passe mal », La Lettre, 14/05 [article complet réservé aux abonnés].

Commission d'enquête

« Rapport sur l'attribution, le contenu et le contrôle des autorisations de services de télévision à caractère national sur la télévision numérique terrestre », Assemblée nationale, 14/05.

« Le rapport sur la TNT qui veut faire sauter Bolloré », Les Jours, 14/05 [article complet réservé aux abonnés].

« TNT : Le rapport qui veut mettre fin à C8 et CNEWS », Blast, 15/05.

« "La commission d'enquête sur la TNT a confirmé que le macrono-lepénisme est une réalité" », Mediapart, 14/05 [article complet réservé aux abonnés].

« Fréquences TNT : une étrange commission d'enquête en dix épisodes », Libération, 12/05.

« Commission TNT : des propositions choc pour l'avenir de la télé », Télérama, 14/05 [article complet réservé aux abonnés].

« Commission d'enquête sur la TNT : une flopée de propositions pour davantage de contrôles », Le Monde, 14/05 [article complet réservé aux abonnés].

« France : Les recommandations de RSF pour un renforcement du pluralisme et de l'indépendance de l'information sont au cœur du rapport adopté par la commission TNT, RSF, 14/05.

À signaler, aussi

« "À quelle heure et sur quelle chaîne ?" L'astuce pour sauver les audiences de la presse », La Revue des médias de l'INA, 12/05.

« "40 bébés décapités" : le "Monde" décortique la fausse nouvelle », Arrêt sur images, 13/05 [article complet réservé aux abonnés].

« Comment couvrir l'extrême droite quand la société entière le devient ? », Arrêt sur images, 14/05 [article complet et vidéo réservés aux abonnés].

« #MeToo : la force tranquille de l'information », Mediapart, 13/05 [article complet réservé aux abonnés].

« France TV : la CFE-CGC dépose une nouvelle plainte sur les frais des dirigeants à Cannes », La Lettre, 15/05 [article complet réservé aux abonnés].

« France : Le premier prototype du projet d'IA Spinoza lancé par RSF et l'Alliance est entre les mains de journalistes des 12 groupes médias partenaires », RSF, 16/05.

Et aussi, dans le monde : Pérou, Ukraine, Malaisie, la justice s'acharne sur la journaliste britannique à l'origine du scandale 1MDB, Palestine, Tunisie, Afghanistan, Turquie, Irlande du Nord, Géorgie, Inde...

Retrouver toutes les revues de presse ici.


[1] Précisons-le : référencer un article dans cette revue de presse ne signifie pas forcément que nous y souscrivons sans réserve.

14.05.2024 à 08:58

Glucksmann, Bardella, Zemmour, Macron : les candidats préférés des médias (vidéo)

img
Lire plus (108 mots)

Deuxième épisode de « 4e pouvoir », l'émission vidéo d'Acrimed sur Blast. Et pour voir ou revoir le premier volet (« Israël-Palestine : un naufrage médiatique »), c'est là.

13.05.2024 à 18:33

Candidats aux élections européennes : le tri des hebdomadaires

Maxime Friot

img
Texte intégral (821 mots)

La Une d'un journal, en l'occurrence ici d'un hebdomadaire, ne saurait résumer en tout point sa ligne éditoriale, ni effacer les enquêtes qui peuvent, parfois, être publiées en pages intérieures. Mais elle est un fort indicateur de ce qui intéresse les directions éditoriales, et de ce qui mérite, selon elles, d'être mis en valeur. Et, par déduction, de ce qui le mérite moins. Démonstration appliquée à la couverture des différents candidats aux élections européennes...

Depuis le 1er janvier et jusqu'au 13 mai, nous avons relevé toutes les fois où une tête de liste aux élections européennes était affichée en Une d'un hebdomadaire : Le Point, L'Express, Marianne, L'Obs, La Tribune dimanche, le Journal du dimanche, Le Figaro Magazine, Aujourd'hui en France Dimanche, Valeurs actuelles, Franc-Tireur. Quant à Télérama, Challenges, L'Humanité magazine, Politis et Paris Match, ils n'ont mis aucun candidat tête de liste à la Une. Bilan : un gros déséquilibre et de nombreux absents.

Plus ou moins critiques, ce sont les Unes affichant Jordan Bardella (RN) qui sont les plus nombreuses : L'Express, Le Journal du dimanche, Valeurs actuelles, Le Point, Marianne (avec Marine Le Pen pour ces deux derniers) et La Tribune dimanche (avec Gabriel Attal).

Et ce n'est pas tout, puisque Bardella est aussi en Une, aux côtés de Raphaël Glucksmann et de Valérie Hayer, dans La Tribune dimanche (encore) et Aujourd'hui en France Dimanche (avec ce titre : « Bardella toujours plus haut »).

Ou encore dans Le Figaro Magazine, cette fois aux côtés de Marion Maréchal (Reconquête) et François-Xavier Bellamy (LR) :

Derrière Bardella, c'est Raphaël Glucksmann (Place publique - PS) qui tire son épingle du jeu. Deux fois aux côtés du candidat du RN et de Valérie Hayer (cf. supra), il est aussi trois fois seul en Une :

Enfin, les deux autres têtes de listes à apparaître seules sont Valérie Hayer (Renaissance), dans Franc-Tireur

Et Marion Maréchal, dans Valeurs actuelles :

Récapitulons : Bardella apparaît 11 fois ; Glucksmann 5 fois ; Valérie Hayer 3 fois ; Marion Maréchal 2 fois ; et François-Xavier Bellamy 1 fois.

Récapitulons d'une autre façon : Manon Aubry (LFI), Marie Toussaint (EELV), Léon Deffontaines (PCF) ou encore Nathalie Arthaud (LO) n'apparaissent jamais en Une des hebdomadaires. Vous avez dit pluralisme ?

Maxime Friot

10.05.2024 à 16:50

Purge politique à France Inter

Pauline Perrenot

img

Les méfaits d'Adèle Van Reeth, suites.

- En direct de France Inter / ,
Texte intégral (1897 mots)

Dans la lignée de ses prédécesseurs, la directrice de France Inter, Adèle Van Reeth, poursuit le travail de destruction de la radio publique.

D'aucuns diront aigrement qu'il ne restait plus grand-chose à sauver de France Inter, cette « douce machinerie néolibérale » si bien décrite par l'ancien attaché de production Maxime Cochelin, harnachée de sa « vraie-fausse ligne éditoriale : une acceptation sans concession de l'ordre existant », rompue au tempo de l'exécutif et imbibée de ses éléments de langage au point de « créer une anti-réalité », un « anti-réel [...], purgé de toute remise en cause des hiérarchies en place ». Mais il reste encore à casser. Des programmes, des vrais ; des journalistes, des vrais ; des équipes. La directrice Adèle Van Reeth ne consacre que le pire : élargir la surface de la matinale, céder du terrain à l'extrême droite au point que Jordan Bardella puisse saluer publiquement des relations normalisées, ouvrir grand les vannes de l'éditorialisation et orchestrer de faux débats recyclant les éternels mêmes intervenants moyennant quelques cautions...

Sans doute revigorée par la relégation aboutie (sans grève au sein de la rédaction de la radio) de l'émission « C'est encore nous », anciennement « Par Jupiter », de Charline Vanhoenacker, l'autoritaire patronne aurait tort de ne pas poursuivre sa stratégie du choc. Car c'est bien ce que décrivent conjointement la société de producteurs et productrices et celle des journalistes de France Inter dans un communiqué interne que nous avons reproduit. En plus de la convocation de Guillaume Meurice par la direction de Radio France pour faute grave « en vue d'une éventuelle sanction disciplinaire » – à la suite de la réitération d'une blague qui lui avait valu un interrogatoire devant la police et une surréaliste remontrance de la direction –, la liste des politiques envisagées donne le tournis [1] : amputation d'un tiers du budget du « Grand dimanche soir » – l'émission de Charline Vanhoenacker, encore elle – ; remplacement de « La Terre au Carré » par « une émission de sciences et d'écologie plus "narrative" », expurgée de la chronique de Camille Crosnier, du « reportage Grand Format » mensuel de Giv Anquetil et de la chronique « Le Jour où » d'Annaëlle Verzaux ; enfin, disparition pure et simple des « Vies françaises » de Charlotte Perry et de « C'est bientôt demain », d'Antoine Chao – les quatre derniers cités sont d'anciens journalistes de l'équipe de Daniel Mermet. À propos de deux d'entre eux, nous écrivions dans Les médias contre la gauche :

Dans la presse, certains îlots parviennent encore à tirer leur épingle du jeu. Mais peut-on se satisfaire de quelques oasis dans le désert ? Notamment dans l'audiovisuel, où le reportage et l'enquête sociale finissent toujours par disparaître des grilles traditionnelles. Sur France Inter, l'émission « Comme un bruit qui court », qui avait succédé à « Là-bas si j'y suis » – enterrée par Laurence Bloch en 2014 –, a été à son tour éjectée de l'antenne en 2019 par la même directrice, et ce malgré de bons chiffres d'audience [2]. La direction invoquait alors la nécessité de « renouveler l'antenne » avant de se trahir pour de bon : l'émission était « trop militante » [3].

Le saccage se poursuit dans la même veine : la direction s'attaque aux (maigres) espaces restants où peuvent encore s'articuler reportage et critique sociale. Avec, en prime, cette affligeante mesquinerie : l'éviction du répondeur de « La terre au carré », où des anonymes sont habitués à relayer, par exemple, des initiatives militantes.

Les salariés de Radio France dénoncent « une atteinte grave au pluralisme » [4]. « Purge politique » est plus approprié. Sur fond de future cure austéritaire, de surcroît : le 23 avril, la CGT de Radio France alertait une nouvelle fois sur les dangers du projet de holding visant à regrouper les sociétés de l'audiovisuel public, repris à son compte par la ministre de la Culture Rachida Dati. Un « projet de démantèlement en règle de la radio de service public » porteur d'un risque « évident » de « réductions massives d'effectifs et de contenus », « une dégradation des conditions de travail [...] et des productions. » Les organisations syndicales « déposeront des préavis de grève pour les 23 et 24 mai ». La grève appelée le 12 mai pour « la défense de la liberté d'expression » est l'occasion d'y adjoindre des mots d'ordre politiques contre le (nouveau) tour de vis idéologique qu'endosse sans ciller la « première radio de France ».

Interrogée par Le Monde (3/05), la direction de France Inter fait péniblement valoir un « souci de lisibilité de la grille ». Un journaliste avance quant à lui une explication renversante : « Les directions de France Inter et de Radio France, condamne-t-il, "tremblent devant les posts de @MediasCitoyens", le compte X anonyme qui a fait de la station publique, jugée trop critique envers le gouvernement, l'une de ses cibles préférées et de "La Terre au carré", qualifiée "d'extrême gauche", son bouc émissaire. » En d'autres termes, une direction tout ouïe aux aboiements macronistes et à leurs cercles d'influences d'une part ; aux cris d'orfraie de l'extrême droite contre le fort réputé « gauchisme » de la radio publique, d'autre part : les deux (seuls) courants auxquels le duo Adèle Van Reeth-Sibyle Veil ne cesse de donner des gages.

La veille de ces révélations, le professeur d'économie Gilles Raveaud rappelait d'ailleurs qu'une (vieille) revendication ne cesse, quant à elle, de rester lettre morte : « Il n'y a aucune page d'archives de Bernard Maris [économiste assassiné dans les attentats contre Charlie Hebdo, NDLR] sur France Inter. Notamment de sa chronique quotidienne "L'autre économie". Il me semble que ça en dit long sur l'état d'esprit des dirigeants de cette chaîne. » (X, 2/05) « L'esprit Charlie », là encore.

Parce qu'il faut bien rire un peu, terminons avec deux archives récemment déterrées par des internautes. Dans la première, Adèle Van Reeth confie d'un air solennel surjoué son « bien fou » d'être entourée d'« humoristes qui sont irrévérencieux, qui n'ont aucune notion du respect, du sacré ». Dans la seconde, l'indéboulonnable Léa Salamé confesse l'« obsession » qui l'anime aux commandes de la matinale de France Inter : « Pas d'aller chercher, déceler la vérité, [mais] qu'il y ait un moment » : « Le plus important, évidemment que ce n'est pas la question, mais c'est le moment ! Ce n'est même pas la réponse, c'est le moment. C'est-à-dire que peu importe la question, peu importe la réponse, il faut qu'il y ait un moment [...], que l'auditeur soit surpris. Pour moi, un bon journaliste, c'est quelqu'un qui va faire un moment. » Piétiner des salariés, piétiner la pensée critique, piétiner le pluralisme, piétiner toute forme de contre-pouvoir : voilà qui devrait fournir à la vedette du « service public » un joyeux « moment » à médi(a)t(is)er.

***

Post-scriptum. Des pensées à M le magazine du Monde, qui en septembre 2023, alignait les mièvreries journalistiques ordinaires pour mieux tresser les lauriers d'Adèle Van Reeth : une patronne qui « fait entendre sa différence à France Inter ». Pour sûr. Quoiqu'en matière de sape des programmes et de répression de la critique, elle puisse se targuer de faire fructifier un vieil héritage patronal.

Pauline Perrenot


[1] À ce tableau de chasse, il faut ajouter la suppression de l'émission « La Librairie francophone ». L'écrivain et journaliste Sorj Chalandon écrit à ce propos : « Après 18 ans d'antenne aux commandes de la formidable "Librairie francophone" Emmanuel Kherad, son animateur, a été viré par le service public. […] Mépris, indifférence, goujaterie, violence, sottise. Tout ce que la littérature essaie de combattre. »

[2] Depuis 2019, les deux animateurs, Antoine Chao et Charlotte Perry, se sont vus gracieusement confiés deux émissions, respectivement « C'est bientôt demain » (15 minutes le dimanche à 14h40) et « Des vies françaises » (10 minutes le samedi à 6h11). Vous avez dit déclassement ?

[4] Lire aussi les communiqués du SNJ-CGT Radio France (5/05) et du SNJ Radio France (7/05).

10.05.2024 à 15:01

Racisme, France Inter, transphobie et compagnie : revue de presse de la semaine

Elvis Bruneaux

img
Texte intégral (1420 mots)

Critique des médias : une revue de presse hebdomadaire. Si ce n'est exhaustive, au moins indicative [1]. Au programme : du 03/05/2024 au 09/05/2024.

Critique des médias

« "Les grandes gueules" de la démagogie et du racisme ont libre antenne sur RMC Story », Télérama, 3/05 [article complet réservé aux abonnés].

« Selon les médias, le RN n'est plus raciste », Arrêt sur images, 8/05 [article complet réservé aux abonnés].

« Comment les médias Bolloré ont harcelé Nassira El Moaddem », Arrêt sur images, 3/05 [article complet réservé aux abonnés].

« Morandini-Praud-Hanouna, porte-voix de la fachosphère », Acrimed, 6/05.

« La journaliste Nassira El Moaddem harcelée : la machine médiatique, caisse de résonance de la fachosphère », Télérama, 3/05 [article complet réservé aux abonnés].

« Transphobie : la nouvelle panique des médias d'extrême droite », Blast, 6/05.

« "Spectre", "menace" : les mots des médias sur les préavis de grève », Arrêt sur images, 4/05 [article complet réservé aux abonnés].

« Unes de l'Équipe : où sont les femmes ? », Arrêt sur images, 6/05 [article complet réservé aux abonnés].

« CNews a sciemment ignoré l'alerte interne sur son émission anti-IVG », Les Jours, 7/05 [article complet réservé aux abonnés].

« "Radars : 2 milliards de recette", la fausse info relayée partout », Arrêt sur images, 7/05 [article complet réservé aux abonnés].

« Correspondante en Palestine. "Le but est de nous garder hors-jeu" », Orient XXI, 8/05.

« Colombe : le fantasme journalistique qui cochait (presque) toutes les cases », France Inter, 8/05.

« Beligh Nabli sur les plateaux télé : un vrai expert face aux experts en carton », Le Média, 8/05.

Dans les rédactions

« Avis de tempête à France Inter, où la rédaction subit une remise au pas à marche forcée », Mediapart, 3/05 [article complet réservé aux abonnés].

« À France Inter, producteurs et journalistes s'inquiètent du "virage éditorial" qui s'annonce en septembre », Télérama, 3/05 [article complet réservé aux abonnés].

« A France Inter, journalistes et producteurs s'inquiètent pour leur liberté d'expression », Le Monde, 4/05 [article complet réservé aux abonnés].

« À France Inter, un élan de solidarité inédit contre la direction », Mediapart, 8/05 [article complet réservé aux abonnés].

« France Inter coupe le micro à l'écologie et aux luttes », Reporterre, 7/05.

« Inquiétudes à Radio France après l'annonce de nouvelles coupes budgétaires », Télérama, 7/05 [article complet réservé aux abonnés].

À signaler, aussi

« L'UJFP demande un droit de réponse à France 5 suite à des accusations infondées », UJFP, 8/05.

« Après le scandale, "Playboy" rompt avec son éditeur », Arrêt sur images, 6/05 [article complet réservé aux abonnés].

« La controversée commission d'enquête sur la TNT adopte in extremis les conclusions de son rapporteur, le député Aurélien Saintoul », Le Monde, 7/05 [article complet réservé aux abonnés].

« Affaire Cauet : l'animateur accusé de viols perd contre NRJ Group et ne reviendra pas à l'antenne », Le Figaro, 7/05.

« Le Parisien, France 2, Le Point, Que choisir, Franceinfo : le CDJM publie six nouveaux avis », CDJM, 8/05.

Liberté d'expression

« Menaces, pressions et violences se concentrent sur les journalistes traitant d'écologie », Mediapart, 3/05 [article complet réservé aux abonnés].

« Liberté d'expression : les attaques politiques, les fautes du service public », Mediapart, 3/05 [article complet réservé aux abonnés].

« Guillaume Meurice convoqué : fin de la liberté d'expression sur le service public ? », Le Média, 7/05.

« Grève à Radio France dimanche 12 mai pour défendre la liberté d'expression », Télérama, 7/05.

« Classement mondial de la liberté de la presse 2024 : le journalisme sous pressions politiques », RSF, 3/05.

« La liberté d'informer attaquée de toutes parts », Le Monde, 6/05.

« France : RSF proteste contre la venue de Xi Jinping, un des plus grands prédateurs de la liberté de la presse », RSF, 6/05.

Et aussi, dans le monde : Argentine, États-Unis, Ukraine, Israël, Malaisie...

Retrouver toutes les revues de presse ici.


[1] Précisons-le : référencer un article dans cette revue de presse ne signifie pas forcément que nous y souscrivons sans réserve.

06.05.2024 à 09:45

Morandini-Praud-Hanouna, porte-voix de la fachosphère

Maxime Friot

img

TV Bolloré, ou comment illustrer ce qu'on dénonce.

- Racisme, antisémitisme, xénophobie, homophobie / ,
Texte intégral (1234 mots)

Le 30 avril, la journaliste Nassira El Moaddem (Arrêt sur images, ex-i-Télé, ex-France Inter) tweete en réaction à une décision de la Fédération française de football [1] : « Pays de racistes dégénérés. Il n'y a pas d'autres mots. La honte. » Ce qui lui vaut d'être prise pour cible par l'extrême droite sur les réseaux sociaux et de subir menaces et insultes racistes et sexistes. La campagne se déroule ensuite sur les plateaux de la TV Bolloré, qui décuplent le torrent de haine.

Jean-Marc Morandini est le premier à dégainer. Le 1er mai, sur CNews, il introduit le sujet en précisant que ce tweet l'a mis « hors de [lui] », avant de tendre le micro à… Julien Odoul (RN) qui appelle Radio France à la suspendre (alors qu'elle n'y travaille plus) et conclut : « Si elle n'est pas contente, elle se casse. » Problème, comme le révèle Morandini qui s'enorgueillit d'avoir mené l'enquête – une enquête de basse police sur les « origines » de Nassira El Moaddem : « Elle est née dans le Loir-et-Cher, c'est une journaliste française. Ses parents sont marocains, ses parents sont originaires du Maroc. » Courtois avec l'élu RN qui pense comme lui, Jean-Marc Morandini se fait ensuite plus mordant – c'est le moins que l'on puisse dire – avec son autre interlocuteur, Rost, qui se refuse à « condamner » les propos de Nassira El Moaddem, même s'il dit ne pas les reprendre à son compte.

Sélection des injonctions hystériques de Morandini :

Rost, ça vous fait bondir aussi j'espère ? […] Mais vous devriez être vent debout, Rost. « Pays de racistes dégénérés », on accepte que la France soit traitée comme ça par une journaliste française ? […] Dites que c'est honteux alors ! […] Parce que votre réaction c'est de dire « oui, il y a des racistes », c'est pas ça la question, mais c'est honteux d'écrire ça ! C'est honteux ! […] Vous condamnez ce tweet ? […] Est-ce que vous condamnez ce tweet, Rost ? […] Est-ce que vous condamnez ce tweet ? Attendez, je pose la question autrement, est-ce que vous êtes solidaire de ce tweet ? Est-ce que vous êtes solidaire de ce tweet ? Est-ce que vous êtes solidaire de ce tweet ? […] Est-ce que vous validez « pays de racistes dégénérés » ? […] Est-ce que vous validez ? […] Est-ce que vous validez ou pas « pays de racistes dégénérés » ? Vous êtes incapables de condamner ! […] C'est honteux de pas pouvoir condamner ces propos ! C'est honteux de pas pouvoir condamner ces propos ! […] Les yeux dans les yeux : c'est honteux de pas condamner ces propos ! C'est honteux ! […] Vous me faites bondir Rost, là. Ça ne vous ressemble pas. Ça ne vous ressemble pas ! Oui, il y a des racistes en France, mais on n'est pas un pays de racistes dégénérés, vous êtes incapable de dire ça ? […] Mais est-ce qu'elle a raison ou pas ? Est-ce qu'elle a raison ou pas ? […] Est-ce qu'elle a raison ou pas ? […] Incroyable. Incroyable, Rost. Incroyable ce que vous faites. C'est incroyable. Mais vous vous rendez compte de ce que vous dites ? […] Si vous êtes pas capable de dire oui ou non sur « la France est un pays de racistes dégénérés », c'est très grave !

Quoi que l'on puisse penser de ce tweet, on conviendra qu'entre « il y a des racistes en France » et « pays de racistes dégénérés », la nuance n'est pas si grande qu'elle justifie une telle furie. D'autant que CNews, tout en le dénonçant violemment, montre que le racisme est désormais suffisamment assumé pour qu'on puisse, sur ses plateaux de télévision, se targuer d'avoir vérifié l'ascendance d'une journaliste, ou proposer à cette même journaliste, française mais manifestement pas autant que d'autres, de se « casser ». Il est parfaitement clair que ce sont le nom et les « origines » supposées de son autrice, comme le montre d'ailleurs « l'enquête » aussitôt menée par Morandini, qui le rendent insupportable aux yeux du présentateur de CNews : n'est-ce pas là la définition même du racisme ?

Le soir même, c'est Pascal Praud qui prend le relais – sa thèse : « On va à l'affrontement des communautés » –, avant de remettre ça le lendemain matin (2/05)... L'affaire est évidemment traitée par Cyril Hanouna et sa cour dans « Touche pas à mon poste » (C8), le même jour. Le tweet de Nassira El Moaddem ? « La lie de ce qui peut être fait en journalisme » explique-t-il. C'est un expert qui parle.

« Une affaire désormais tristement banale, qui témoigne de l'interconnexion de la fachosphère et d'une mécanique bien huilée où réseaux sociaux, télévision bollorisée et acteurs politiques – dont le Rassemblement national – jouent la même partition. », écrit à juste titre Libération (2/05). Une affaire qui rappelle la spécificité de la TV Bolloré et de ses têtes d'affiche : se faire les porte-voix de la fachosphère... et « une spécialité de jeter [des individus] en pâture [...], déclenchant contre [eux] des torrents de menaces de morts et d'insultes », ainsi que le documentait Mediapart dans le quatrième épisode de la série « Haine et désinformation : CNews vue de l'intérieur » : « Pascal Praud : l'heure des cibles ». Une affaire entendue : comme le relevait Nassira El Moaddem, à qui Acrimed apporte tout son soutien, les vagues de haine raciste qu'elle subit « correspondent toujours aux directs de leurs émissions ».

Maxime Friot


[1] « Laïcité : comment la FFF lutte contre le phénomène du port de collants et de casques dans le foot amateur », RMC, 30/04.

03.05.2024 à 19:19

« Une atteinte grave au pluralisme de l'antenne de France Inter »

img

Communiqué de la SDPI et de la SDJ de France Inter.

- En direct de France Inter / ,
Texte intégral (718 mots)

Nous relayons le communiqué de la SDPI et de la SDJ de France Inter du 3 mai 2024.

A Adèle Van Reeth, Directrice de France Inter

Paris, le 3 mai 2024,

Nous avons appris, jeudi 2 mai, la convocation de Guillaume Meurice par la direction de Radio France à un « entretien préalable en vue d'une éventuelle sanction disciplinaire pouvant aller jusqu'à la rupture anticipée de (son) contrat de travail ». Il lui a également été signifié de « cesser toute activité professionnelle à Radio France » et de « ne pas se présenter à son poste de travail avant ledit entretien ». La SDPI et la SDJ de France Inter voient dans cette décision un signe très inquiétant pour la liberté d'expression, valeur que défend Radio France. Nous demandons le maintien à l'antenne de Guillaume Meurice, sans délai.

Cette convocation inacceptable semble être le symptôme d'un virage éditorial plus large.

L'émission « Le Grand dimanche Soir » portée par Charline Vanhoenacker et qui fait salle comble chaque dimanche, explose les audiences, mais pourrait être amputée d'un tiers de son budget à la rentrée de septembre. Une décision annoncée par la direction de France Inter, qui compte ainsi supprimer les sketches collectifs de l'émission, autant dire son essence-même.

Comment la direction de France Inter, justifie-t-elle cette coupe drastique ? Nous étions nombreux, il y a un an, à dénoncer la disparition de la quotidienne « Par Jupiter », animée par la même équipe et à nous interroger sur les motivations de la direction. Alors que ses audiences étaient excellentes, aucun autre projet n'était avancé au même moment pour la remplacer. L'objectif n'était-il pas, déjà, de se séparer d'une bande d'humoristes devenus trop gênants politiquement ?

Ce qui ressemble à un virage éditorial nous inquiète d'autant plus qu'il ne concerne pas seulement « Le Grand dimanche Soir ».

Nous avons été effarés d'apprendre que « La Terre au Carré » s'arrêtait à la rentrée prochaine pour laisser place à une émission de sciences et d'écologie plus « narrative » toujours présentée par Mathieu Vidard mais sans Camille Crosnier. Un projet incluant une chronique de Camille Crosnier dans cette future émission a été proposé à la direction mais il a été refusé tout comme la présence du répondeur avec les messages des auditeurs.

Comment justifier une telle décision à un moment où les préoccupations environnementales n'ont jamais été aussi importantes ? Radio France a pourtant fait de son « Tournant environnemental » un engagement clef.

Enfin, tous les reportages des programmes vont disparaître de la grille de rentrée : « Le reportage Grand Format » de Giv Anquetil et « Le Jour où » d'Annaëlle Verzaux, tous deux diffusés dans « La Terre au Carré » ; « Des vies françaises », de Charlotte Perry ; et « C'est bientôt demain », d'Antoine Chao. Autant de rendez-vous qui donnent, sur le terrain, la parole à des personnes qu'on n'entend plus ailleurs ; et qui ont en commun une école d'écriture radiophonique riche de sons.

Tous ces rendez-vous constituent pour nous l'identité de France Inter. Ils portent les valeurs du service public, de liberté d'expression, de pluralisme auxquelles nous sommes toutes et tous très attaché.es, et répondent à la mission d'une radio d'offre, qualitative et exigeante.

Cette mission de représenter le pluralisme de la société, la direction de Radio France assure la défendre. Au moment où nos audiences n'ont jamais été aussi fortes – avec pour exemple 542 000 auditeurs supplémentaires en un an pour « Le Grand dimanche Soir » –, les équipes dénoncent des décisions dangereuses pour les valeurs de notre radio.

Nous refusons ce qui nous apparaît une atteinte grave au pluralisme de l'antenne de France Inter.

La Société des Producteurices de France Inter (SDPI), et la Société des Journalistes (SDJ) de France Inter

03.05.2024 à 11:22

Guillaume Meurice, « C ce soir », « Quotidien » et compagnie : revue de presse de la semaine

Elvis Bruneaux

img
Texte intégral (1230 mots)

Critique des médias : une revue de presse hebdomadaire. Si ce n'est exhaustive, au moins indicative [1]. Au programme : du 26/04/2024 au 02/05/2024.

Critique des médias

« "C ce soir", ou quand la bourgeoisie chic organise sa propre cécité », Blast, 28/04.

« Iran-Israël : difficile de suivre une actu complexe avec des flash info », Arrêt sur images, 26/04 [article complet réservé aux abonnés].

« Femmes humiliées chez Ardisson : le revers de sa médaille », Arrêt sur images, 27/04, [article complet réservé aux abonnés].

« Procès médiatique en antisémitisme : peut-on encore défendre les insoumis ? », Blast, 28/04.

« Kendji Girac : "Quotidien" accusée de véhiculer des clichés anti-gitans », Arrêt sur images, 29/04, [article complet réservé aux abonnés].

« Marine Le Pen, Gabriel Attal, JO… "Quotidien" en lice pour la médaille d'or de l'impertinence ?, Samuel Gontier, Télérama, 26/04 [article complet réservé aux abonnés].

« "Quelle époque !" et l'alcool : touche pas à ma franchouillardise », Arrêt sur images, 30/04 [article complet réservé aux abonnés].

« "La domination de la finance juive" : BFMTV mise en demeure par l'Arcom après avoir déformé des propos de Dominique de Villepin », Pure Médias, 30/04.

« Élèves musulmanes : "mensonge" et "stigmatisation" sur LCI », Arrêt sur images, 1/05 [article complet réservé aux abonnés].

« "J'ai infiltré le plateau de BFM" : le récit terrible d'un journaliste indépendant », Le Média, 1/05.

« Une journaliste attaquée par l'extrême droite : la mécanique bien huilée du harcèlement raciste », Libération, 2/05 [article complet réservé aux abonnés].

Économie des médias

« Face à Pierre-Édouard Stérin, le propriétaire de Valeurs actuelles se positionne pour racheter Marianne », La Lettre, 2/05 [article complet réservé aux abonnés].

« Après le départ de Nicolas de Tavernost, quel avenir pour M6 ? », Télérama, 30/04 [article complet réservé aux abonnés].

« Groupe Lagardère : mis en examen pour abus de biens sociaux, Arnaud Lagardère se démet de son mandat de PDG », Libération, 30/04.

« Droits voisins : Mediapart lance la bataille de la transparence contre Google », Mediapart, 28/04.

Dans les rédactions

« Jean-François Achilli licencié par Radio France pour "manquements répétés aux obligations déontologiques", Le Monde, 29/04.

« Journalistes : la tentation de l'extrême droite », Blast, 30/04.

« L'humoriste Guillaume Meurice convoqué à un entretien préalable au licenciement par Radio France », Le Monde, 2/05.

« En soutien à Nassira El Moaddem », Arrêt sur images, 2/05.

« Attaques de Rachida Dati contre "Libération" : notre réponse aux propos indignes d'une ministre », Libération, 26/04.

« RTL en crise d'identité : "On ne sait plus assez exprimer l'air du temps" », Télérama, 30/04 [article complet réservé aux abonnés].

À signaler, aussi

« "On ne parviendra pas à endiguer les flux d'informations incontrôlées si le public ne fait pas preuve lui-même de vigilance" », Le Monde, 27/04 [tribune complète réservée aux abonnés].

« Paris 2024 : la presse écrite s'organise pour une couverture à enjeux », Le Monde, 28/04 [article complet réservé aux abonnés].

« CNews rafle la diffusion de la première messe des Jeux olympiques de Paris », Libération, 30/04.

Et aussi, dans le monde : Sénégal, Niger, Pakistan, Burkina Faso, Russie...

Retrouver toutes les revues de presse ici.


[1] Précisons-le : référencer un article dans cette revue de presse ne signifie pas forcément que nous y souscrivons sans réserve.

10 / 10

 

  GÉNÉRALISTES
Basta
Blast
L'Autre Quotidien
Alternatives Eco.
La Croix
Euronews
Le Figaro
France 24
FTVI
HuffPost
L'Humanité
LCP
Le Media
Le Monde
Libération
Mediapart
La Tribune
 
  EUROPE
Courrier Europe Centle
Euractiv
Toute l'Europe
 
  INTERNATIONAL
Equaltimes
CADTM
Courrier International
Global Voices
Info Asie
Inkyfada
I.R.I.S
Jeune Afrique
Kurdistan au féminin
N-Y Times
Orient XXI
Of AFP
Rojava I.C
 
  OSINT / INVESTIGATION
OFF Investigation
OpenFacto°
Bellingcat
Disclose
G.I.J.N
 
  MÉDIAS D'OPINION
AOC
Au Poste
Cause Commune
CrimethInc.
Issues
Les Jours
Le Monde Moderne
LVSL
Marianne
Médias Libres
Quartier Général
Rapports de force
Reflets
Rézo
StreetPress
 
  OBSERVATOIRES
Armements
Acrimed
Catastrophes naturelles
Conspis
Culture
Extrême-droite
Human Rights
Inégalités
Information
Internet actu ✝
Justice fiscale
Liberté de création
Multinationales
Situationnisme
Sondages
Street-Médics
Routes de la Soie
Vrai ou Fake ?
🌞