"C'est un soulagement, elle a quand même plus d'expérience que Jordan" Bardella, souffle Laurence, 60 ans, croisée par l'AFP à un arrêt de bus dans le centre de cette ville de l'ancien bassin minier du Pas-de-Calais, gérée par le RN depuis 2014.
"Après, pour le bracelet je suis 50-50... Elle va faire campagne avec un bracelet? En devant respecter des horaires? Je suis partagée", ajoute cette femme au foyer, les cheveux blancs coupés court.
La cour d'appel de Paris a condamné mardi Mme Le Pen pour détournement de fonds dans l'affaire des assistants parlementaires des eurodéputés de son parti, en réduisant sa peine d'inéligibilité à 15 mois ferme, soit l'équivalent de ce qu'elle a déjà purgé depuis sa condamnation en première instance en mars 2025.
Mais comme elle a également été condamnée à un an de prison ferme sous bracelet électronique, et qu'elle avait semblé exclure auparavant de faire campagne dans ces conditions, il n'est pas certain qu'elle décide d'être candidate pour la présidentielle 2027.
En cas de forfait, la député du Pas-de-Calais et cheffe de file des députés RN a prévu de passer le relais à son dauphin Jordan Bardella. Elle doit s'exprimer au journal télévisé de 20H00 sur TF1.
Pierre Pagniez, plaquiste, estime que Mme Le Pen peut se présenter, bracelet ou pas.
"Il faut arrêter de lui tirer dans les pattes, on préfère quand même Marine à Jordan", souligne-t-il, en tenue sur son chantier dans le centre de Hénin-Beaumont, où Mme Le Pen avait récolté 67% des suffrages au second tour de la présidentielle de 2022.
"Qu'elle fasse campagne sous bracelet, ça fait quoi? Sarkozy a fait pire" estime cet homme de 57 ans qui dit avoir toujours voté pour le parti à la flamme.
L'ancien président Nicolas Sarkozy (2007-2012) a été astreint à porter un bracelet électronique en 2025 après une condamnation pour corruption et trafic d'influence.
Le recours Bardella
"Elle n'ira pas" à la présidentielle, prédit néanmoins un commerçant de 62 ans. "Elle a dit qu'avec un bracelet elle n'irait pas, et Marine tient ses paroles".
"Je suis très triste mais Jordan va sauver la mise", assure-t-il sous couvert de l'anonymat: "Ils sont en binôme depuis plusieurs années, ils partagent les mêmes idées au global, c'est la continuité".
Marie-Pierre, 73 ans, ancienne caissière aujourd'hui retraitée, estime aussi que ça risque d'être "compliqué" pour Mme Le Pen d'être candidate avec un bracelet.
"Jordan Bardella, il commence aussi à faire son petit chemin, elle sait qu'elle peut compter sur lui", ajoute-t-elle.
Stéphanie Mulleyre, 46 ans, responsable d'un magasin de prêt-à-porter féminin, se dit "très, très contente de la décision" de la cour d'appel, estimant que "le contraire aurait été injuste".
Elle espère que Marine Le Pen se lancera en campagne car elle "est plus à même d'être présidente de la République que Jordan Bardella", même si faire campagne avec un bracelet électronique "ce n'est pas très bien".
Si elle renonce, "je serai déçue, mais dans ce cas-là, on soutiendra Jordan Bardella" et "la plupart des gens feront la même chose que moi", assure-t-elle.
La possibilité qu'une personne condamnée pour détournements de fonds publics accède à la présidence de la République ne l'inquiète "pas du tout", affirme-t-elle: "Tous les présidents actuels, je pense qu'ils ont tous des trucs dans leur mouchoir (...). Et puis là, on a envie de changement".
Christophe Bouchindhomme, secrétaire général adjoint de la CFDT des Hauts-de-France venu déjeuner mardi avec des amis à Hénin-Beaumont, regrette au contraire que Mme Le Pen puisse être candidate.
"À partir du moment où on a un bracelet électronique, c'est qu'on est coupable de quelque chose. Donc, la laisser légitime pour se présenter aux élections, je trouve ça complètement scandaleux".
Texte intégral (668 mots)
"C'est un soulagement, elle a quand même plus d'expérience que Jordan" Bardella, souffle Laurence, 60 ans, croisée par l'AFP à un arrêt de bus dans le centre de cette ville de l'ancien bassin minier du Pas-de-Calais, gérée par le RN depuis 2014.
"Après, pour le bracelet je suis 50-50... Elle va faire campagne avec un bracelet? En devant respecter des horaires? Je suis partagée", ajoute cette femme au foyer, les cheveux blancs coupés court.
La cour d'appel de Paris a condamné mardi Mme Le Pen pour détournement de fonds dans l'affaire des assistants parlementaires des eurodéputés de son parti, en réduisant sa peine d'inéligibilité à 15 mois ferme, soit l'équivalent de ce qu'elle a déjà purgé depuis sa condamnation en première instance en mars 2025.
Mais comme elle a également été condamnée à un an de prison ferme sous bracelet électronique, et qu'elle avait semblé exclure auparavant de faire campagne dans ces conditions, il n'est pas certain qu'elle décide d'être candidate pour la présidentielle 2027.
En cas de forfait, la député du Pas-de-Calais et cheffe de file des députés RN a prévu de passer le relais à son dauphin Jordan Bardella. Elle doit s'exprimer au journal télévisé de 20H00 sur TF1.
Pierre Pagniez, plaquiste, estime que Mme Le Pen peut se présenter, bracelet ou pas.
"Il faut arrêter de lui tirer dans les pattes, on préfère quand même Marine à Jordan", souligne-t-il, en tenue sur son chantier dans le centre de Hénin-Beaumont, où Mme Le Pen avait récolté 67% des suffrages au second tour de la présidentielle de 2022.
"Qu'elle fasse campagne sous bracelet, ça fait quoi? Sarkozy a fait pire" estime cet homme de 57 ans qui dit avoir toujours voté pour le parti à la flamme.
L'ancien président Nicolas Sarkozy (2007-2012) a été astreint à porter un bracelet électronique en 2025 après une condamnation pour corruption et trafic d'influence.
Le recours Bardella
"Elle n'ira pas" à la présidentielle, prédit néanmoins un commerçant de 62 ans. "Elle a dit qu'avec un bracelet elle n'irait pas, et Marine tient ses paroles".
"Je suis très triste mais Jordan va sauver la mise", assure-t-il sous couvert de l'anonymat: "Ils sont en binôme depuis plusieurs années, ils partagent les mêmes idées au global, c'est la continuité".
Marie-Pierre, 73 ans, ancienne caissière aujourd'hui retraitée, estime aussi que ça risque d'être "compliqué" pour Mme Le Pen d'être candidate avec un bracelet.
"Jordan Bardella, il commence aussi à faire son petit chemin, elle sait qu'elle peut compter sur lui", ajoute-t-elle.
Stéphanie Mulleyre, 46 ans, responsable d'un magasin de prêt-à-porter féminin, se dit "très, très contente de la décision" de la cour d'appel, estimant que "le contraire aurait été injuste".
Elle espère que Marine Le Pen se lancera en campagne car elle "est plus à même d'être présidente de la République que Jordan Bardella", même si faire campagne avec un bracelet électronique "ce n'est pas très bien".
Si elle renonce, "je serai déçue, mais dans ce cas-là, on soutiendra Jordan Bardella" et "la plupart des gens feront la même chose que moi", assure-t-elle.
La possibilité qu'une personne condamnée pour détournements de fonds publics accède à la présidence de la République ne l'inquiète "pas du tout", affirme-t-elle: "Tous les présidents actuels, je pense qu'ils ont tous des trucs dans leur mouchoir (...). Et puis là, on a envie de changement".
Christophe Bouchindhomme, secrétaire général adjoint de la CFDT des Hauts-de-France venu déjeuner mardi avec des amis à Hénin-Beaumont, regrette au contraire que Mme Le Pen puisse être candidate.
"À partir du moment où on a un bracelet électronique, c'est qu'on est coupable de quelque chose. Donc, la laisser légitime pour se présenter aux élections, je trouve ça complètement scandaleux".