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Chaîne de service public - Actualité internationale.

▸ les 15 dernières parutions

13.03.2026 à 21:47

Gwendal Poullennec : "les chefs expriment de plus en plus leur personnalité à travers leur cuisine"

Achren VERDIAN
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Comme chaque année, sa sortie est attendue avec autant d'excitation que de fébrilité par les grands chefs. Le guide Michelin 2026, référence majeure pour le monde de la gastronomie comme pour le grand public, livrera son verdict lundi prochain. La liste des rétrogradés a déjà été dévoilée; parmi eux le restaurant l'Ambroisie de la Place des Vosges, le plus ancien triplé étoilé de Paris, perd un macaron. Le directeur du Guide Michelin Gwendal Poullennec était l'Invité d'Au Cœur de l'Info.

13.03.2026 à 21:45

Mignoni, manager de Toulon, après sa décompensation: "J'ai dormi cinq jours d'affilée"

FRANCE24
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Q: Que s'est-il passé après la défaite contre Clermont le 14 février ? R: "J'ai eu ce qu'on peut appeler une décompensation. Je l'ai un peu sentie arriver mais on a toujours cette sensation d'être un surhomme. On s'occupe toujours des autres et peu de soi. C'est un métier fabuleux, on ne compte pas ses heures et on se dit que ça va aller. Mais ce n'est pas tant la charge de travail sur le terrain qui est lourde, c'est la charge mentale. Et à un moment, je l'ai vraiment prise dans la gueule. Ce n'est pas la défaite qui m'a mis dans cet état, ça a été la goutte d'eau et mon corps m'a lâché." Q: Quels étaient vos symptômes ? R: "Pierre Dantin (consultant haute performance au RCT, NDLR) m'a aidé à poser les symptômes et m'a dit qu'il fallait vraiment me soigner. Il était important de me mettre sur pause. Je suis quelqu'un qui ne dort pas énormément, environ cinq ou six heures par nuit, mais là j'ai dormi cinq jours d'affilée. J'avais la sensation que ma tête pesait vingt kilos et je ne pouvais plus marcher. Il m'a fallu une semaine pour remarcher, faire le tour de mon jardin. Ensuite, j'ai marché tous les jours. Mais ça a été très dur." Q: Vous l'aviez donc senti arriver ? R: "Déjà contre Montpellier, malgré la victoire, je n'étais pas bien, pas dans mon état normal. J'ai ensuite eu des vertiges toute la semaine avant Clermont. Le docteur pensait même que j'avais fait un AVC. J'ai réalisé une IRM cérébrale après mes cinq jours de sommeil, pour écarter cette hypothèse. Je n'avais jamais autant dormi... Je n'ai ouvert mon ordinateur qu'une seule fois et je l'ai refermé après trois minutes, je ne me sentais pas. Je me suis fait aider pour analyser ce que j'ai eu. C'est une décompensation. Je n'ai pas envie de donner un nom, parce que ça fait toujours... Je n'aime pas les mots anglais (rires)." Q: Comment allez-vous aujourd'hui ? R: "Bien mieux, sinon je n'aurais pas repris. Mais je n'ai plus envie de revivre cela, donc je vais me réorganiser. Je veux faire ce que je faisais déjà, mais mieux. Dans la façon de déléguer, de trier mes journées, de fonctionner au quotidien. Des gens sont bien plus malades que moi, mais à un moment, ton corps te met des alertes. Il faut en tenir compte. C'est un détail, mais je me levais à 5h du matin pour être au bureau à 5h20, jusqu'à 18/20h, parfois 22h. Maintenant je vais m'interdire de me lever à 5h. J'ai déjà repoussé d'une heure. Mais je reste un technicien et je serai toujours sur le terrain. Simplement, je dois faire mieux avec mon staff, leur laisser plus de place. Des choses vont également changer dans le fonctionnement du club, cette saison et la prochaine." Q: Avez-vous pensé à partir ? R: "Je me suis posé la question si j'avais la force et l'envie de continuer. Bernard Lemaître (président de Toulon, NDLR) m'a tout de suite dit qu'il était impensable pour lui que je parte après tout le travail réalisé. Il souhaitait que je prenne du repos, même trois mois s'il le fallait. Accepter que son coach prenne une pause, c'est très rare, donc je le remercie. Est-ce que ça aurait été bien pour l'équipe ? J'ai pensé que si c'était le cas, c'était la vie et je partais. Mais les joueurs m'ont montré que ce n'était pas du tout l'heure et pas la bonne décision." Q: Comment vous êtes-vous remis sur pied ? R: "Par étapes. D'abord, ça a été sortir de ma chambre et descendre au salon pour manger. Ensuite marcher un petit peu, dans mon jardin, puis dans la forêt à côté. Entretemps, je suis resté en famille." Q : Aviez-vous peur du regard des gens ? R: "J'ai recroisé du monde seulement la semaine dernière. Avant je ne voulais pas qu'on me voit. Ce n'est pas une question de honte et j'ai d'ailleurs reçu beaucoup de sympathie. J'étais heureux de revenir, un peu ému et voilà, je suis reparti. Mais je dois faire attention, je reste sous surveillance (rires). Depuis mon retour, je me régale, je me sens plus frais. J'ai coupé pendant trois semaines, je n'avais jamais fait ça, même pendant mes vacances. Les joueurs semblaient heureux de me revoir, avec un peu d'émotion, ça fait plaisir." Q: Quelle conclusion tirez-vous de cette histoire ? R: "Que je ne suis pas Superman, même si je ne le pensais pas. Il y a six mois j'avais dit que si je devais mourir au bord du terrain, je n'en n'avais rien à faire. Je pensais que ça ne pouvait jamais arriver. Maintenant je sais que si. Combien de fois ma femme m'a dit de couper... Je lui répondais de ne pas s'inquiéter. Ce fonctionnement depuis 15 ans n'était pas bien pour ma famille et ma santé. Je vais essayer de mieux m'occuper des autres, mais aussi de mieux m'occuper de moi." Propos recueillis par Lucas BERTOLOTTO

13.03.2026 à 21:41

Mojtaba Khamenei est-il apparu à Téhéran ?

Jules BOITEAU
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Face à l'incertitude sur l'état de santé du nouveau Guide Suprême iranien, certains internautes disent avoir des réponses et affirment que Mojtaba Khamenei aurait fait sa première apparition publique à Téhéran. C'est faux : ces clichés datent d'il y a près de 7 ans. Pourtant, ils ont bien été utilisés pour créer l'un des portraits officiels du nouveau Guide Suprême, à l'aide de l'Intelligence Artificielle. Info Intox avec Jules BOITEAU. 
Texte intégral (878 mots)
Face à l'incertitude sur l'état de santé du nouveau Guide Suprême iranien, certains internautes disent avoir des réponses et affirment que Mojtaba Khamenei aurait fait sa première apparition publique à Téhéran. C'est faux : ces clichés datent d'il y a près de 7 ans. Pourtant, ils ont bien été utilisés pour créer l'un des portraits officiels du nouveau Guide Suprême, à l'aide de l'Intelligence Artificielle. Info Intox avec Jules BOITEAU. 

13.03.2026 à 21:33

À Varces, hommage à Arnaud Frion, militaire "hors norme"

FRANCE24
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"La nouvelle est vraiment toute fraîche. Vous l'avez apprise quasiment en même temps que nous", se désole le colonel François-Xavier de la Chesnais, chef de corps du bataillon dont faisait partie le sous-officier, âgé de 42 ans. L'adjudant-chef Arnaud Frion a été frappé par un drone Shahed, arme de conception iranienne, selon l'officier supérieur. Il est le premier soldat français tué depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, déclenchée par des frappes israélo-américaines sur l'Iran le 28 février et qui s'est propagée dans plusieurs pays de la région. Le président Emmanuel Macron lui a rendu hommage vendredi. Six autres soldats ont été blessés lors de l'attaque de drone, selon le ministère des Armées. Dans la salle de réception de l'un des bâtiments du 7e Bataillon, deux portraits de l'adjudant-chef, déployé pour une mission de contre-terrorisme depuis janvier 2026 dans le cadre de l'opération "Inherent Resolve" en Irak, ont été accrochés. On y voit un grand jeune homme brun debout devant un drapeau tricolore, en tenue de combat des troupes de montagnes, casqué, un fusil à la main. Tchad et Afghanistan Arnaud Frion avait rejoint les chasseurs alpins de Haute-Savoie le 1er décembre 2004, débutant sa carrière comme grenadier-voltigeur. Il avait par la suite été projeté au Tchad, en Côte d'Ivoire, en Afghanistan, au Mali, au Niger et en Estonie. Marié et père d'un enfant, il avait reçu la médaille militaire le 31 décembre 2021. "Il est mort en soldat, en combattant. Et donc, finalement, c'est presque quelque chose qui est normal pour un soldat. (...) On sait que ça fait aussi partie du métier et Arnaud le savait", lui a rendu hommage le colonel, évoquant une "personnalité assez hors norme" et un "beau parcours". Ayant commencé "vraiment tout en bas de l'échelle", il avait "très tôt été remarqué par ses chefs". Il avait une dizaine d'opérations à son actif et avait reçu 4 citations. "C'est quelqu'un qui était ultra compétent, très, très performant. Et donc, comme on dit un peu de façon un peu banale, ce sont les meilleurs qui partent les premiers", conclut-il. L'hôtel de ville de Varces a lui aussi mis son drapeau français en berne. "La commune est en deuil, le bataillon est en deuil", relève le maire de cette commune de 8.500 habitants, Jean-Luc Corbet. "Ici, tout le monde a au minimum un voisin militaire. Et un enfant de militaire dans la classe de son enfant". Varces avait déjà eu à déplorer le décès de Maxime Blasco, tué en opération au Mali en 2021, ainsi que celui d'un autre militaire en Guyane en 2023, rappelle-t-il. "Oui, on est habitué malheureusement, bien malheureusement, on est habitué à ces situations-là. Et c'est une situation où justement, il faut que la société civile soit à leur côté.(...) Mais l'habitude n'enlève pas la peine", souligne-t-il.
Texte intégral (504 mots)
"La nouvelle est vraiment toute fraîche. Vous l'avez apprise quasiment en même temps que nous", se désole le colonel François-Xavier de la Chesnais, chef de corps du bataillon dont faisait partie le sous-officier, âgé de 42 ans. L'adjudant-chef Arnaud Frion a été frappé par un drone Shahed, arme de conception iranienne, selon l'officier supérieur. Il est le premier soldat français tué depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, déclenchée par des frappes israélo-américaines sur l'Iran le 28 février et qui s'est propagée dans plusieurs pays de la région. Le président Emmanuel Macron lui a rendu hommage vendredi. Six autres soldats ont été blessés lors de l'attaque de drone, selon le ministère des Armées. Dans la salle de réception de l'un des bâtiments du 7e Bataillon, deux portraits de l'adjudant-chef, déployé pour une mission de contre-terrorisme depuis janvier 2026 dans le cadre de l'opération "Inherent Resolve" en Irak, ont été accrochés. On y voit un grand jeune homme brun debout devant un drapeau tricolore, en tenue de combat des troupes de montagnes, casqué, un fusil à la main. Tchad et Afghanistan Arnaud Frion avait rejoint les chasseurs alpins de Haute-Savoie le 1er décembre 2004, débutant sa carrière comme grenadier-voltigeur. Il avait par la suite été projeté au Tchad, en Côte d'Ivoire, en Afghanistan, au Mali, au Niger et en Estonie. Marié et père d'un enfant, il avait reçu la médaille militaire le 31 décembre 2021. "Il est mort en soldat, en combattant. Et donc, finalement, c'est presque quelque chose qui est normal pour un soldat. (...) On sait que ça fait aussi partie du métier et Arnaud le savait", lui a rendu hommage le colonel, évoquant une "personnalité assez hors norme" et un "beau parcours". Ayant commencé "vraiment tout en bas de l'échelle", il avait "très tôt été remarqué par ses chefs". Il avait une dizaine d'opérations à son actif et avait reçu 4 citations. "C'est quelqu'un qui était ultra compétent, très, très performant. Et donc, comme on dit un peu de façon un peu banale, ce sont les meilleurs qui partent les premiers", conclut-il. L'hôtel de ville de Varces a lui aussi mis son drapeau français en berne. "La commune est en deuil, le bataillon est en deuil", relève le maire de cette commune de 8.500 habitants, Jean-Luc Corbet. "Ici, tout le monde a au minimum un voisin militaire. Et un enfant de militaire dans la classe de son enfant". Varces avait déjà eu à déplorer le décès de Maxime Blasco, tué en opération au Mali en 2021, ainsi que celui d'un autre militaire en Guyane en 2023, rappelle-t-il. "Oui, on est habitué malheureusement, bien malheureusement, on est habitué à ces situations-là. Et c'est une situation où justement, il faut que la société civile soit à leur côté.(...) Mais l'habitude n'enlève pas la peine", souligne-t-il.

13.03.2026 à 21:16

À quel point la levée des sanctions américaines sur le pétrole russe bénéficie-t-elle à Moscou ?

FRANCE 24
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Washington a annoncé jeudi l'autorisation temporaire de la vente de pétrole russe stocké sur des navires, un nouvel assouplissement salué vendredi par l'émissaire du Kremlin alors que les revenus pétroliers et gaziers de Moscou ont atteint leur plus bas niveau depuis le début de la guerre en Ukraine. 
Texte intégral (504 mots)
Washington a annoncé jeudi l'autorisation temporaire de la vente de pétrole russe stocké sur des navires, un nouvel assouplissement salué vendredi par l'émissaire du Kremlin alors que les revenus pétroliers et gaziers de Moscou ont atteint leur plus bas niveau depuis le début de la guerre en Ukraine. 

13.03.2026 à 21:12

Liban : dans un hôpital de Beyrouth, soigner malgré la guerre

FRANCE24
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Dans un Liban déjà fragilisé par des années de crises, les hôpitaux tentent de tenir face à la guerre qui a débuté le 2 mars. À Beyrouth, l’hôpital du Sacré-Cœur, dans la banlieue sud de la capitale régulièrement bombardée par Israël, continue malgré tout d’accueillir des blessés mais aussi des patients déplacés souffrant de maladies chroniques. Reportage de nos envoyées spéciales.
Texte intégral (504 mots)
Dans un Liban déjà fragilisé par des années de crises, les hôpitaux tentent de tenir face à la guerre qui a débuté le 2 mars. À Beyrouth, l’hôpital du Sacré-Cœur, dans la banlieue sud de la capitale régulièrement bombardée par Israël, continue malgré tout d’accueillir des blessés mais aussi des patients déplacés souffrant de maladies chroniques. Reportage de nos envoyées spéciales.

13.03.2026 à 20:28

Moyen-Orient : frappes sur Téhéran, riposte iranienne, chaos au Liban

Achren VERDIAN
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Au sommaire : les frappes israélo-américaines qui se poursuivent en Iran, notamment sur Téhéran, malgré des déclarations contradictoires de Donald Trump ; l’Iran qui en frappant Israël, les monarchies du Golfe et l'Irak; enfin au Liban, les bombardements israéliens font des centaines de morts et au moins 800 000 déplacés.
Texte intégral (504 mots)
Au sommaire : les frappes israélo-américaines qui se poursuivent en Iran, notamment sur Téhéran, malgré des déclarations contradictoires de Donald Trump ; l’Iran qui en frappant Israël, les monarchies du Golfe et l'Irak; enfin au Liban, les bombardements israéliens font des centaines de morts et au moins 800 000 déplacés.

13.03.2026 à 20:01

Huitièmes de finale retour de la Ligue des champions : à quoi s'attendre ?

Annie GASNIER
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La semaine prochaine, place aux huitièmes de finale retour de la Ligue des champions. Certaines équipes ont pris une option et, selon plusieurs projections statistiques, le PSG ou le Real seraient déjà très proches des quarts de finale. Mais l'histoire européenne regorge de retournements spectaculaires. Le football peut-il encore déjouer les statistiques ?
Texte intégral (504 mots)
La semaine prochaine, place aux huitièmes de finale retour de la Ligue des champions. Certaines équipes ont pris une option et, selon plusieurs projections statistiques, le PSG ou le Real seraient déjà très proches des quarts de finale. Mais l'histoire européenne regorge de retournements spectaculaires. Le football peut-il encore déjouer les statistiques ?

13.03.2026 à 19:53

Aux Etats-Unis, les Haïtiens toujours dans l'incertitude sur leur avenir

FRANCE24
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"On n'avait pas ce genre d'angoisse, du genre: +vont-ils venir me chercher?+", confie à l'AFP cette aide-soignante, jointe au téléphone depuis Boynton Beach, en Floride. "C'est terrifiant". Maryse Balthazar, installée aux Etats-Unis après le séisme dévastateur qui a frappé Haïti en 2010, fait partie des quelque 350.000 ressortissants haïtiens bénéficiant du Statut de protection temporaire (TPS), qui interdit leur expulsion vers des pays jugés dangereux. Pour la plupart d'entre eux, retrouver leur pays, livré aux gangs et à la misère, n'est pas une option. Mais Donald Trump et Kristi Noem, récemment limogée de son poste de ministre de la Sécurité intérieure, ont tenté à plusieurs reprises de mettre fin au TPS pour les Haïtiens. L'administration Trump avait prévu de clore le programme le 3 février, mais la décision a été suspendue la veille par une juge fédérale. Un jugement salué par Colin O'Leary, directeur d'une maison de retraite à Boston qui emploie de nombreux travailleurs haïtiens, comme un grand nombre d'établissements de soins. "Nous pensions perdre une part importante de notre personnel", raconte-t-il. Malgré cette décision judiciaire, les témoignages de pertes d'emploi se multiplient au sein de la diaspora haïtienne aux Etats-Unis, certains employeurs devenant hésitants face aux incertitudes entourant le TPS. Maryse Balthazar raconte ainsi que son fils a perdu son travail de réceptionniste. Doris Etheart, gérante d'une épicerie caribéenne à New York, rapporte quant à elle que deux de ses cousins, arrivés en 2024, ont été licenciés de leurs postes d'agents de sécurité. Quant à l'affluence dans le quartier haïtien de Brooklyn, celle-ci a nettement diminué. "Ils se terrent" "Ils vivent tous dans la peur, ils se terrent", explique cette Américaine, née de parents haïtiens arrivés aux Etats-Unis dans les années 1990. La bataille judiciaire actuelle ravive un combat juridique entamé lors du premier mandat de Donald Trump. Ses tentatives pour mettre fin au TPS s'étaient alors heurtées aux tribunaux. Dans sa décision, la juge Ana Reyes décrit Haïti comme "un pays plongé dans le chaos et la crise", s'appuyant notamment sur des déclarations du secrétaire d'Etat Marco Rubio. Elle relève en outre une "hostilité" du gouvernement "envers les immigrés non-blancs", reprenant des propos de Kristi Noem qui les qualifiait de "tueurs, parasites et profiteurs des aides sociales". Son ordonnance met enfin en avant le rôle de la main-d'œuvre haïtienne dans plusieurs secteurs-clés, dont la santé, générant 5,2 milliards de dollars de recettes fiscales par an. Une initiative a également été lancée au Congrès par la représentante démocrate du Massachusetts Ayanna Pressley, soutenue par plus de 170 personnes, pour imposer le maintien du TPS pour Haïti. Les défenseurs de la communauté ont par ailleurs encouragé les entreprises employant des immigrés haïtiens à faire pression en coulisses sur le gouvernement. "Les entreprises craignent de défendre leurs intérêts (en public) car elles appréhendent des représailles", explique Brian Concannon, directeur exécutif de l'Institut pour la justice et la démocratie en Haïti. La communauté haïtienne reste extrêmement méfiante. D'autant plus que l'administration Trump a déposé mercredi une requête auprès de la Cour suprême pour demander la suspension de l'ordonnance de Mme Reyes. Eno Mondesir, responsable de santé publique dans le Massachusetts et pasteur, conseille ainsi aux ressortissants haïtiens de trouver des amis de confiance pour s'occuper de leurs enfants, en cas de détention. "Je ne m'attendais jamais à voir aux États-Unis un mépris total des droits humains et une pareille violation de la Constitution et de l'état de droit", déclare-t-il. La mobilisation actuelle redonne un peu d'espoir à Maryse Balthazar, qui suit anxieusement l'évolution des procédures. "Nous avons beaucoup de gens qui se battent pour nous", dit-elle. "En groupe, on peut gagner. Seul, c'est difficile".
Texte intégral (673 mots)
"On n'avait pas ce genre d'angoisse, du genre: +vont-ils venir me chercher?+", confie à l'AFP cette aide-soignante, jointe au téléphone depuis Boynton Beach, en Floride. "C'est terrifiant". Maryse Balthazar, installée aux Etats-Unis après le séisme dévastateur qui a frappé Haïti en 2010, fait partie des quelque 350.000 ressortissants haïtiens bénéficiant du Statut de protection temporaire (TPS), qui interdit leur expulsion vers des pays jugés dangereux. Pour la plupart d'entre eux, retrouver leur pays, livré aux gangs et à la misère, n'est pas une option. Mais Donald Trump et Kristi Noem, récemment limogée de son poste de ministre de la Sécurité intérieure, ont tenté à plusieurs reprises de mettre fin au TPS pour les Haïtiens. L'administration Trump avait prévu de clore le programme le 3 février, mais la décision a été suspendue la veille par une juge fédérale. Un jugement salué par Colin O'Leary, directeur d'une maison de retraite à Boston qui emploie de nombreux travailleurs haïtiens, comme un grand nombre d'établissements de soins. "Nous pensions perdre une part importante de notre personnel", raconte-t-il. Malgré cette décision judiciaire, les témoignages de pertes d'emploi se multiplient au sein de la diaspora haïtienne aux Etats-Unis, certains employeurs devenant hésitants face aux incertitudes entourant le TPS. Maryse Balthazar raconte ainsi que son fils a perdu son travail de réceptionniste. Doris Etheart, gérante d'une épicerie caribéenne à New York, rapporte quant à elle que deux de ses cousins, arrivés en 2024, ont été licenciés de leurs postes d'agents de sécurité. Quant à l'affluence dans le quartier haïtien de Brooklyn, celle-ci a nettement diminué. "Ils se terrent" "Ils vivent tous dans la peur, ils se terrent", explique cette Américaine, née de parents haïtiens arrivés aux Etats-Unis dans les années 1990. La bataille judiciaire actuelle ravive un combat juridique entamé lors du premier mandat de Donald Trump. Ses tentatives pour mettre fin au TPS s'étaient alors heurtées aux tribunaux. Dans sa décision, la juge Ana Reyes décrit Haïti comme "un pays plongé dans le chaos et la crise", s'appuyant notamment sur des déclarations du secrétaire d'Etat Marco Rubio. Elle relève en outre une "hostilité" du gouvernement "envers les immigrés non-blancs", reprenant des propos de Kristi Noem qui les qualifiait de "tueurs, parasites et profiteurs des aides sociales". Son ordonnance met enfin en avant le rôle de la main-d'œuvre haïtienne dans plusieurs secteurs-clés, dont la santé, générant 5,2 milliards de dollars de recettes fiscales par an. Une initiative a également été lancée au Congrès par la représentante démocrate du Massachusetts Ayanna Pressley, soutenue par plus de 170 personnes, pour imposer le maintien du TPS pour Haïti. Les défenseurs de la communauté ont par ailleurs encouragé les entreprises employant des immigrés haïtiens à faire pression en coulisses sur le gouvernement. "Les entreprises craignent de défendre leurs intérêts (en public) car elles appréhendent des représailles", explique Brian Concannon, directeur exécutif de l'Institut pour la justice et la démocratie en Haïti. La communauté haïtienne reste extrêmement méfiante. D'autant plus que l'administration Trump a déposé mercredi une requête auprès de la Cour suprême pour demander la suspension de l'ordonnance de Mme Reyes. Eno Mondesir, responsable de santé publique dans le Massachusetts et pasteur, conseille ainsi aux ressortissants haïtiens de trouver des amis de confiance pour s'occuper de leurs enfants, en cas de détention. "Je ne m'attendais jamais à voir aux États-Unis un mépris total des droits humains et une pareille violation de la Constitution et de l'état de droit", déclare-t-il. La mobilisation actuelle redonne un peu d'espoir à Maryse Balthazar, qui suit anxieusement l'évolution des procédures. "Nous avons beaucoup de gens qui se battent pour nous", dit-elle. "En groupe, on peut gagner. Seul, c'est difficile".

13.03.2026 à 19:43

Ashab al-Kahf : qui se cache derrière ce groupe armé qui menace la France en Irak ?

Bahar MAKOOI
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Le groupe armé pro-iranien Ashab al-Kahf a revendiqué l’attaque de drone qui a tué un militaire français au Kurdistan irakien. Derrière cette faction largement virtuelle se cacherait le Hezbollah irakien, proche de Téhéran. Le message adressé jeudi par le nouveau guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, a favorisé leur passage à l’action.
Texte intégral (673 mots)
Le groupe armé pro-iranien Ashab al-Kahf a revendiqué l’attaque de drone qui a tué un militaire français au Kurdistan irakien. Derrière cette faction largement virtuelle se cacherait le Hezbollah irakien, proche de Téhéran. Le message adressé jeudi par le nouveau guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, a favorisé leur passage à l’action.

13.03.2026 à 19:36

Guerre au Moyen-Orient : l'économie mondiale prise en otage

Karina CHABOUR
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Un détroit d’Ormuz paralysé, des terminaux frappés, des tankers sous le feu : au Moyen-Orient, la guerre du pétrole fait rage. Le baril s’envole bien au-delà des 100 dollars. Le déblocage exceptionnel des réserves stratégiques décidé par l’Agence internationale de l’énergie ne parvient pas à calmer la fièvre des marchés. Flambée des prix, ralentissement économique, à quoi faut-il s’attendre ?
Texte intégral (673 mots)
Un détroit d’Ormuz paralysé, des terminaux frappés, des tankers sous le feu : au Moyen-Orient, la guerre du pétrole fait rage. Le baril s’envole bien au-delà des 100 dollars. Le déblocage exceptionnel des réserves stratégiques décidé par l’Agence internationale de l’énergie ne parvient pas à calmer la fièvre des marchés. Flambée des prix, ralentissement économique, à quoi faut-il s’attendre ?

13.03.2026 à 19:31

Premier mort dans l'armée française dans la guerre au Moyen-Orient

FRANCE24
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C'est le premier soldat français tué depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, déclenchée par des frappes israélo-américaines sur l'Iran le 28 février et qui s'étend dans plusieurs pays de la région sous l'effet de tirs de missiles et de drones par Téhéran. "L'adjudant-chef Arnaud Frion du 7ème bataillon de chasseurs alpins de Varces (centre-est) est mort pour la France lors d'une attaque dans la région d'Erbil en Irak", a annoncé dans la nuit le président Emmanuel Macron sur X. Il a été tué dans une "attaque de drone" et six autres militaires ont été blessés et hospitalisés, selon le ministère des Armées, selon lequel "leur rapatriement en France se met en place". Il a été "frappé par un drone Shahed", selon le chef de corps du 7e BCA, le colonel François-Xavier de la Chesnais, qui a salué un "excellent soldat, ultra-compétent". Le Shahed est un engin de conception iranienne de longue portée. Les autorités françaises n'ont pas désigné les responsables de l'attaque. Le porte-parole de l'état-major, le colonel Guillaume Vernet, a jugé "prématuré" d'affirmer quel type de drone a été utilisé ou d'où il avait été tiré, indiquant qu'une "enquête technique" était en cours pour le déterminer. "Camp Tiger" Le drone a frappé jeudi à 19H40 GMT le "Camp Tiger, une base sous l'autorité des combattants kurdes Peshmerga où étaient installés les militaires français. La base est située à une quarantaine de kilomètres au sud-ouest d'Erbil, la capitale de la région autonome du Kurdistan irakien. Le "Camp Tiger", est entourée d'une profonde tranchée de trois mètres de large et l'enceinte surmontée de sacs de sable soigneusement empilés, ont constaté vendredi des journalistes de l'AFP. Un des deux soldats en faction, armés de fusil d'assaut et qui continuent de garder les accès, a assuré à l'AFP que "tout le monde est parti", sans préciser qui, combien, ni quand les occupants avaient levé le camp. "Nous déplaçons régulièrement notre personnel (...) de manière à leur donner les meilleures garanties de sécurité qui reste une priorité pour les armées", selon le colonel Vernet. Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, le Kurdistan irakien et Erbil ont essuyé de multiples attaques imputées à des factions pro-iraniennes, visant notamment les dispositifs militaires américains dans la région. Ces attaques ont été pour la plupart neutralisées par la défense antiaérienne. Des militaires américains, mais aussi français, britanniques ou encore italiens, sont déployés au Kurdistan irakien dans le cadre de la coalition internationale mise en place en 2014 contre le groupe jihadiste Etat islamique. "Lutte contre le terrorisme" En parallèle, un groupe armé pro-iranien nommé Ashab al-Kahf a annoncé vendredi sur Telegram prendre pour cible les intérêts français dans la région après le déploiement du porte-avion français Charles-de-Gaulle en Méditerranée orientale. "Après l'arrivée du porte-avions français dans la zone d'opérations du Commandement central américain (chargé du Moyen-Orient, NDLR) et son engagement dans les opérations, nous annonçons à partir de cette nuit que tous les intérêts français en Irak et dans la région seront pris pour cible", a déclaré le groupe. Cette milice chiite pro-iranienne a exhorté les forces de sécurité à rester à au moins 500 mètres d'une base à Kirkouk (nord) où se trouvent, selon le groupe, des militaires français, sans revendiquer directement la frappe. Pour M. Macron, la guerre en Iran "ne saurait justifier de telles attaques". Le président français a mis en avant ces derniers jours le "rôle défensif" de la France dans la guerre au Moyen-Orient. Paris a renforcé son dispositif dans la région pour "protéger les ressortissants français" dans la zone et apporter un soutien aux partenaires de la France, comme le Liban ou les pays de la péninsule arabique, avec certains desquels Paris a signé des accords de défense.
Texte intégral (701 mots)
C'est le premier soldat français tué depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, déclenchée par des frappes israélo-américaines sur l'Iran le 28 février et qui s'étend dans plusieurs pays de la région sous l'effet de tirs de missiles et de drones par Téhéran. "L'adjudant-chef Arnaud Frion du 7ème bataillon de chasseurs alpins de Varces (centre-est) est mort pour la France lors d'une attaque dans la région d'Erbil en Irak", a annoncé dans la nuit le président Emmanuel Macron sur X. Il a été tué dans une "attaque de drone" et six autres militaires ont été blessés et hospitalisés, selon le ministère des Armées, selon lequel "leur rapatriement en France se met en place". Il a été "frappé par un drone Shahed", selon le chef de corps du 7e BCA, le colonel François-Xavier de la Chesnais, qui a salué un "excellent soldat, ultra-compétent". Le Shahed est un engin de conception iranienne de longue portée. Les autorités françaises n'ont pas désigné les responsables de l'attaque. Le porte-parole de l'état-major, le colonel Guillaume Vernet, a jugé "prématuré" d'affirmer quel type de drone a été utilisé ou d'où il avait été tiré, indiquant qu'une "enquête technique" était en cours pour le déterminer. "Camp Tiger" Le drone a frappé jeudi à 19H40 GMT le "Camp Tiger, une base sous l'autorité des combattants kurdes Peshmerga où étaient installés les militaires français. La base est située à une quarantaine de kilomètres au sud-ouest d'Erbil, la capitale de la région autonome du Kurdistan irakien. Le "Camp Tiger", est entourée d'une profonde tranchée de trois mètres de large et l'enceinte surmontée de sacs de sable soigneusement empilés, ont constaté vendredi des journalistes de l'AFP. Un des deux soldats en faction, armés de fusil d'assaut et qui continuent de garder les accès, a assuré à l'AFP que "tout le monde est parti", sans préciser qui, combien, ni quand les occupants avaient levé le camp. "Nous déplaçons régulièrement notre personnel (...) de manière à leur donner les meilleures garanties de sécurité qui reste une priorité pour les armées", selon le colonel Vernet. Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, le Kurdistan irakien et Erbil ont essuyé de multiples attaques imputées à des factions pro-iraniennes, visant notamment les dispositifs militaires américains dans la région. Ces attaques ont été pour la plupart neutralisées par la défense antiaérienne. Des militaires américains, mais aussi français, britanniques ou encore italiens, sont déployés au Kurdistan irakien dans le cadre de la coalition internationale mise en place en 2014 contre le groupe jihadiste Etat islamique. "Lutte contre le terrorisme" En parallèle, un groupe armé pro-iranien nommé Ashab al-Kahf a annoncé vendredi sur Telegram prendre pour cible les intérêts français dans la région après le déploiement du porte-avion français Charles-de-Gaulle en Méditerranée orientale. "Après l'arrivée du porte-avions français dans la zone d'opérations du Commandement central américain (chargé du Moyen-Orient, NDLR) et son engagement dans les opérations, nous annonçons à partir de cette nuit que tous les intérêts français en Irak et dans la région seront pris pour cible", a déclaré le groupe. Cette milice chiite pro-iranienne a exhorté les forces de sécurité à rester à au moins 500 mètres d'une base à Kirkouk (nord) où se trouvent, selon le groupe, des militaires français, sans revendiquer directement la frappe. Pour M. Macron, la guerre en Iran "ne saurait justifier de telles attaques". Le président français a mis en avant ces derniers jours le "rôle défensif" de la France dans la guerre au Moyen-Orient. Paris a renforcé son dispositif dans la région pour "protéger les ressortissants français" dans la zone et apporter un soutien aux partenaires de la France, comme le Liban ou les pays de la péninsule arabique, avec certains desquels Paris a signé des accords de défense.

13.03.2026 à 19:13

Premier mort dans l'armée française dans la guerre au Moyen-Orient

FRANCE24
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C'est le premier soldat français tué depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, déclenchée par des frappes israélo-américaines sur l'Iran le 28 février et qui s'étend dans plusieurs pays de la région sous l'effet de tirs de missiles et de drones par Téhéran. "L'adjudant-chef Arnaud Frion du 7ème bataillon de chasseurs alpins de Varces (centre-est) est mort pour la France lors d'une attaque dans la région d'Erbil en Irak", a annoncé dans la nuit le président Emmanuel Macron sur X. Il a été tué dans une "attaque de drone" et six autres militaires ont été blessés et hospitalisés, selon le ministère des Armées, selon lequel "leur rapatriement en France se met en place". Déployé en Irak depuis fin janvier, Arnaud Frion, un commando montagne de 42 ans, avait été déployé à de nombreuses reprises au cours de sa carrière, notamment au Tchad, en Afghanistan et à plusieurs reprises au Mali, selon l'armée de Terre. Il a été "frappé par un drone Shahed", selon le chef de corps du 7e BCA, le colonel François-Xavier de la Chesnais, qui a salué un "excellent soldat, ultra-compétent". Le Shahed est un engin de conception iranienne de longue portée. Les autorités françaises n'ont pas désigné les responsables de l'attaque. Le porte-parole de l'état-major, le colonel Guillaume Vernet, a jugé "prématuré" d'affirmer quel type de drone a été utilisé ou d'où il avait été tiré, indiquant qu'une "enquête technique" était en cours pour le déterminer. "Camp Tiger" Le drone a frappé jeudi à 19H40 GMT le "Camp Tiger, une base sous l'autorité des combattants kurdes Peshmerga où étaient installés les militaires français. La base est située à une quarantaine de kilomètres au sud-ouest d'Erbil, la capitale de la région autonome du Kurdistan irakien. Le "Camp Tiger", est entourée d'une profonde tranchée de trois mètres de large et l'enceinte surmontée de sacs de sable soigneusement empilés, ont constaté vendredi des journalistes de l'AFP. Un des deux soldats en faction, armés de fusil d'assaut et qui continuent de garder les accès, a assuré à l'AFP que "tout le monde est parti", sans préciser qui, combien, ni quand les occupants avaient levé le camp. "Nous déplaçons régulièrement notre personnel (...) de manière à leur donner les meilleures garanties de sécurité qui reste une priorité pour les armées", selon le colonel Vernet. Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, le Kurdistan irakien et Erbil ont essuyé de multiples attaques imputées à des factions pro-iraniennes, visant notamment les dispositifs militaires américains dans la région. Ces attaques ont été pour la plupart neutralisées par la défense antiaérienne. Des militaires américains, mais aussi français, britanniques ou encore italiens, sont déployés au Kurdistan irakien dans le cadre de la coalition internationale mise en place en 2014 contre le groupe jihadiste Etat islamique. "Lutte contre le terrorisme" La présence des militaires français en Irak "s’inscrit dans le strict cadre de la lutte contre le terrorisme" auprès des partenaires irakiens, a rappelé Emmanuel Macron. "Après l'arrivée du porte-avions français dans la zone d'opérations du Commandement central américain (chargé du Moyen-Orient, NDLR) et son engagement dans les opérations, nous annonçons à partir de cette nuit que tous les intérêts français en Irak et dans la région seront pris pour cible", a déclaré le groupe. Cette milice chiite pro-iranienne a exhorté les forces de sécurité à rester à au moins 500 mètres d'une base à Kirkouk (nord) où se trouvent, selon le groupe, des militaires français, sans revendiquer directement la frappe. Pour M. Macron, la guerre en Iran "ne saurait justifier de telles attaques". Le président français a mis en avant ces derniers jours le "rôle défensif" de la France dans la guerre au Moyen-Orient. Paris a renforcé son dispositif dans la région pour "protéger les ressortissants français" dans la zone et apporter un soutien aux partenaires de la France, comme le Liban ou les pays de la péninsule arabique, avec certains desquels Paris a signé des accords de défense.
Texte intégral (730 mots)
C'est le premier soldat français tué depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, déclenchée par des frappes israélo-américaines sur l'Iran le 28 février et qui s'étend dans plusieurs pays de la région sous l'effet de tirs de missiles et de drones par Téhéran. "L'adjudant-chef Arnaud Frion du 7ème bataillon de chasseurs alpins de Varces (centre-est) est mort pour la France lors d'une attaque dans la région d'Erbil en Irak", a annoncé dans la nuit le président Emmanuel Macron sur X. Il a été tué dans une "attaque de drone" et six autres militaires ont été blessés et hospitalisés, selon le ministère des Armées, selon lequel "leur rapatriement en France se met en place". Déployé en Irak depuis fin janvier, Arnaud Frion, un commando montagne de 42 ans, avait été déployé à de nombreuses reprises au cours de sa carrière, notamment au Tchad, en Afghanistan et à plusieurs reprises au Mali, selon l'armée de Terre. Il a été "frappé par un drone Shahed", selon le chef de corps du 7e BCA, le colonel François-Xavier de la Chesnais, qui a salué un "excellent soldat, ultra-compétent". Le Shahed est un engin de conception iranienne de longue portée. Les autorités françaises n'ont pas désigné les responsables de l'attaque. Le porte-parole de l'état-major, le colonel Guillaume Vernet, a jugé "prématuré" d'affirmer quel type de drone a été utilisé ou d'où il avait été tiré, indiquant qu'une "enquête technique" était en cours pour le déterminer. "Camp Tiger" Le drone a frappé jeudi à 19H40 GMT le "Camp Tiger, une base sous l'autorité des combattants kurdes Peshmerga où étaient installés les militaires français. La base est située à une quarantaine de kilomètres au sud-ouest d'Erbil, la capitale de la région autonome du Kurdistan irakien. Le "Camp Tiger", est entourée d'une profonde tranchée de trois mètres de large et l'enceinte surmontée de sacs de sable soigneusement empilés, ont constaté vendredi des journalistes de l'AFP. Un des deux soldats en faction, armés de fusil d'assaut et qui continuent de garder les accès, a assuré à l'AFP que "tout le monde est parti", sans préciser qui, combien, ni quand les occupants avaient levé le camp. "Nous déplaçons régulièrement notre personnel (...) de manière à leur donner les meilleures garanties de sécurité qui reste une priorité pour les armées", selon le colonel Vernet. Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, le Kurdistan irakien et Erbil ont essuyé de multiples attaques imputées à des factions pro-iraniennes, visant notamment les dispositifs militaires américains dans la région. Ces attaques ont été pour la plupart neutralisées par la défense antiaérienne. Des militaires américains, mais aussi français, britanniques ou encore italiens, sont déployés au Kurdistan irakien dans le cadre de la coalition internationale mise en place en 2014 contre le groupe jihadiste Etat islamique. "Lutte contre le terrorisme" La présence des militaires français en Irak "s’inscrit dans le strict cadre de la lutte contre le terrorisme" auprès des partenaires irakiens, a rappelé Emmanuel Macron. "Après l'arrivée du porte-avions français dans la zone d'opérations du Commandement central américain (chargé du Moyen-Orient, NDLR) et son engagement dans les opérations, nous annonçons à partir de cette nuit que tous les intérêts français en Irak et dans la région seront pris pour cible", a déclaré le groupe. Cette milice chiite pro-iranienne a exhorté les forces de sécurité à rester à au moins 500 mètres d'une base à Kirkouk (nord) où se trouvent, selon le groupe, des militaires français, sans revendiquer directement la frappe. Pour M. Macron, la guerre en Iran "ne saurait justifier de telles attaques". Le président français a mis en avant ces derniers jours le "rôle défensif" de la France dans la guerre au Moyen-Orient. Paris a renforcé son dispositif dans la région pour "protéger les ressortissants français" dans la zone et apporter un soutien aux partenaires de la France, comme le Liban ou les pays de la péninsule arabique, avec certains desquels Paris a signé des accords de défense.

13.03.2026 à 18:55

Pourquoi les drones iraniens sont difficiles à brouiller

FRANCE24
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La navigation autonome Les interférences sur les signaux GPS sont généralisées autour du Golfe, dans le but de désorienter les armées adverses et les drones, au prix de perturbations majeures de la navigation maritime et de la vie quotidienne. Mais de nombreux drones touchent malgré tout leurs cibles. "En n'utilisant pas le GPS, vous évitez ce brouillage", explique à l'AFP Thomas Withington, chercheur associé au Royal United Services Institute (RUSI). Un gyroscope prend le relais, qui mesure la vitesse, la direction et l'emplacement de l'engin, en fonction de l'endroit d'où il a décollé. C'est la navigation inertielle, en autonomie. Au moment de frapper sa cible, le drone peut rallumer son GPS, ou rester en navigation inertielle, mais au risque d'une frappe moins précise. Les mécanismes anti-brouillage En Ukraine, les drones russes Geran-2 de type Shahed avaient "un système de suppression des interférences d'antenne à la pointe de la technologie, c'est-à-dire qu'il supprime les signaux de brouillage ennemis tout en préservant le signal GPS souhaité", selon le groupe de réflexion américain Institute for science and international security (ISIS) en 2023. Des dispositifs anti-brouillage ont été retrouvés sur des restes de drone à Chypre, dans les premiers jours de la guerre actuelle, rapporte une source industrielle européenne à l'AFP. "C'est assemblé à partir de pièces disponibles dans le commerce, mais il possède bon nombre des capacités dont dispose l'équipement GPS de l'armée américaine", assure à l'AFP Todd Humphreys, professeur à l'Université du Texas à Austin. "Les Shahed ont été modernisés", explique le porte-parole de l'armée de l'air ukrainienne, Ioury Ignat. S'en défendre nécessite donc des équipements de guerre électronique plus sophistiqués et plus nombreux. Les matériaux "Un radar aime les gros avions métalliques, car le métal est une surface conductrice qui renvoie beaucoup d'énergie vers le radar", observe Thomas Withington. Or les drones iraniens sont souvent construits "à partir de matériaux légers absorbant les ondes radar", explique le RUSI dans une note de 2023, tels que plastique ou fibres de verre. Leur taille et leur vol à basse altitude leur permet de passer entre les mailles des systèmes de détection. D'autres systèmes de positionnement? L'Iran utilise-t-il le système de guidage chinois BeiDou, concurrent du GPS? La question agite les observateurs car le recours à plusieurs systèmes permet de mieux résister aux brouillages. "Oui", affirme Serguiï Beskrestnov, conseiller du ministère ukrainien de la Défense pour la technologie, qui ajoute que les versions russes utilisent aussi le GLONASS, l'équivalent russe du GPS. Lutter contre un drone connecté à plusieurs constellations satellites (GPS, BeiDou, GLONASS) nécessite de brouiller plusieurs fréquences. "Certaines transmissions sont plus difficiles à brouiller que d'autres, mais toutes peuvent l'être", recadre auprès de l'AFP Dana Goward, président de Resilient Navigation and Timing, une fondation américaine promouvant la navigation par satellite. D'autres soupçons portent sur Loran, un système de radionavigation sans satellite, développé pendant la Seconde guerre mondiale, et mis en silence après l'émergence du GPS. Les Iraniens avaient annoncé en 2016 relancer ce système alternatif au GPS, mais rien ne permet aujourd'hui de confirmer qu'il est activé, de l'avis de plusieurs experts. Ce type de système nécessite aussi un réseau de gros transmetteurs au sol, moins discrets et a priori à portée de bombardements. Comment faire mieux? Pour se protéger des drones, les armées se concentrent sur une autre option: les abattre, avec des canons, des missiles, des drones intercepteurs voire des lasers, que les Israéliens et les Américains développent le plus. Concernant l'efficacité du brouillage, "tout repose sur la capacité à détecter les émissions radio du drone, s'il en émet", analyse Thomas Withington, citant la phase finale de vol. Les Ukrainiens, eux, ont montré que le brouillage fonctionnait. Ils disent parvenir à brouiller ou pirater ou leurrer ("spoofing") les signaux d'une proportion conséquente des drones russes: entre mi-mai et mi-juillet 2025, Kiev en a neutralisés 4.652 grâce à la "guerre électronique", contre 6.041 abattus, sur un total de 12.851, selon des données de l'armée analysées par l'AFP. Les deux techniques - électroniques et conventionnelles - sont souvent utilisées ensemble.
Texte intégral (718 mots)
La navigation autonome Les interférences sur les signaux GPS sont généralisées autour du Golfe, dans le but de désorienter les armées adverses et les drones, au prix de perturbations majeures de la navigation maritime et de la vie quotidienne. Mais de nombreux drones touchent malgré tout leurs cibles. "En n'utilisant pas le GPS, vous évitez ce brouillage", explique à l'AFP Thomas Withington, chercheur associé au Royal United Services Institute (RUSI). Un gyroscope prend le relais, qui mesure la vitesse, la direction et l'emplacement de l'engin, en fonction de l'endroit d'où il a décollé. C'est la navigation inertielle, en autonomie. Au moment de frapper sa cible, le drone peut rallumer son GPS, ou rester en navigation inertielle, mais au risque d'une frappe moins précise. Les mécanismes anti-brouillage En Ukraine, les drones russes Geran-2 de type Shahed avaient "un système de suppression des interférences d'antenne à la pointe de la technologie, c'est-à-dire qu'il supprime les signaux de brouillage ennemis tout en préservant le signal GPS souhaité", selon le groupe de réflexion américain Institute for science and international security (ISIS) en 2023. Des dispositifs anti-brouillage ont été retrouvés sur des restes de drone à Chypre, dans les premiers jours de la guerre actuelle, rapporte une source industrielle européenne à l'AFP. "C'est assemblé à partir de pièces disponibles dans le commerce, mais il possède bon nombre des capacités dont dispose l'équipement GPS de l'armée américaine", assure à l'AFP Todd Humphreys, professeur à l'Université du Texas à Austin. "Les Shahed ont été modernisés", explique le porte-parole de l'armée de l'air ukrainienne, Ioury Ignat. S'en défendre nécessite donc des équipements de guerre électronique plus sophistiqués et plus nombreux. Les matériaux "Un radar aime les gros avions métalliques, car le métal est une surface conductrice qui renvoie beaucoup d'énergie vers le radar", observe Thomas Withington. Or les drones iraniens sont souvent construits "à partir de matériaux légers absorbant les ondes radar", explique le RUSI dans une note de 2023, tels que plastique ou fibres de verre. Leur taille et leur vol à basse altitude leur permet de passer entre les mailles des systèmes de détection. D'autres systèmes de positionnement? L'Iran utilise-t-il le système de guidage chinois BeiDou, concurrent du GPS? La question agite les observateurs car le recours à plusieurs systèmes permet de mieux résister aux brouillages. "Oui", affirme Serguiï Beskrestnov, conseiller du ministère ukrainien de la Défense pour la technologie, qui ajoute que les versions russes utilisent aussi le GLONASS, l'équivalent russe du GPS. Lutter contre un drone connecté à plusieurs constellations satellites (GPS, BeiDou, GLONASS) nécessite de brouiller plusieurs fréquences. "Certaines transmissions sont plus difficiles à brouiller que d'autres, mais toutes peuvent l'être", recadre auprès de l'AFP Dana Goward, président de Resilient Navigation and Timing, une fondation américaine promouvant la navigation par satellite. D'autres soupçons portent sur Loran, un système de radionavigation sans satellite, développé pendant la Seconde guerre mondiale, et mis en silence après l'émergence du GPS. Les Iraniens avaient annoncé en 2016 relancer ce système alternatif au GPS, mais rien ne permet aujourd'hui de confirmer qu'il est activé, de l'avis de plusieurs experts. Ce type de système nécessite aussi un réseau de gros transmetteurs au sol, moins discrets et a priori à portée de bombardements. Comment faire mieux? Pour se protéger des drones, les armées se concentrent sur une autre option: les abattre, avec des canons, des missiles, des drones intercepteurs voire des lasers, que les Israéliens et les Américains développent le plus. Concernant l'efficacité du brouillage, "tout repose sur la capacité à détecter les émissions radio du drone, s'il en émet", analyse Thomas Withington, citant la phase finale de vol. Les Ukrainiens, eux, ont montré que le brouillage fonctionnait. Ils disent parvenir à brouiller ou pirater ou leurrer ("spoofing") les signaux d'une proportion conséquente des drones russes: entre mi-mai et mi-juillet 2025, Kiev en a neutralisés 4.652 grâce à la "guerre électronique", contre 6.041 abattus, sur un total de 12.851, selon des données de l'armée analysées par l'AFP. Les deux techniques - électroniques et conventionnelles - sont souvent utilisées ensemble.

13.03.2026 à 18:43

Un baron de la drogue uruguayen arrêté en Bolivie et expulsé vers les Etats-Unis

FRANCE24
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M. Marset était en cavale depuis 2023 et soupçonné de se déplacer dans plusieurs pays sud-américains dont le Venezuela, le Brésil et le Paraguay. Le département américain de la Justice, qui le soupçonne de blanchiment d'argent, offrait 2 millions de dollars pour toute information menant à sa capture. Selon les autorités américaines, M. Marset a dirigé un réseau qui a acheminé au moins 16 tonnes de cocaïne vers l'Europe, dont 11 ont été saisies dans le port d'Anvers, en Belgique. Le narcotrafiquant uruguayen a fait l'objet d'une "arrestation et expulsion" vers les Etats-Unis "en vertu d'un mandat judiciaire émis par la justice nord-américaine", a indiqué le ministre bolivien du Gouvernement, Marco Antonio Oviedo, en conférence de presse, aux côtés du président bolivien Rodrigo Paz. Des policiers boliviens ont remis Sebastian Marset à des agents de la DEA, l'agence antidrogue américaine, à l'aéroport de Santa Cruz, et l'ont fait monter, pieds et mains entravés, à bord d'un avion immatriculé aux Etats-Unis, selon des images diffusées par la chaîne publique Bolivia TV. L'opération policière s'est déroulée à l'aube à Santa Cruz (est), où des centaines de policiers ont été mobilisés, a constaté un journaliste de l'AFP. Quatre autres personnes ont été arrêtées lors de cette opération qui n'a pas fait de blessés, à savoir trois hommes et une femme, membres de l'équipe de sécurité du narcotrafiquant. L'Uruguayen de 34 ans "a gardé le silence" tout du long, a déclaré le ministre. Le président Rodrigo Paz a loué de son côté "la coopération d'organisations internationales de différents pays voisins et du continent". Cette capture a lieu quelques jours après le sommet du Bouclier des Amériques, convoqué par le président américain Donald Trump, qui a réuni samedi en Floride les présidents de droite d'Amérique latine afin de coopérer dans la lutte contre le crime organisé. Le département d'Etat américain a d'ailleurs réagi vendredi en saluant sur X la fin du "règne de terreur et de chaos de Sebastian Marset" et le "renforcement rapide de la coopération entre les forces de l'ordre" américaines et boliviennes. "Le Bouclier des Amériques rend notre région plus sûre et plus forte", a-t-il ajouté. Trafiquant de haut vol Sebastian Marset a purgé une peine de prison pour trafic de stupéfiants en Uruguay entre 2013 et 2018. Il a ensuite vécu en Bolivie et au Paraguay, tout en se voyageant dans plusieurs pays sud-américains. En juillet 2023, alors qu'il résidait à Santa Cruz, il avait pris la fuite un jour avant une vaste opération de la police bolivienne visant à l'arrêter. Sa femme, également accusée de narcotrafic, est actuellement détenue au Paraguay, après avoir été interpellée en Espagne. En mai 2025, la justice américaine a accusé Sebastian Marset de blanchiment d'argent provenant du trafic de drogue via des institutions financières américaines. Cartwright Weiland, un haut responsable américain au sein du Bureau pour le trafic de drogue international, avait alors souligné que l'Uruguayen était "l'un des fugitifs les plus recherchés de tout le Cône sud" et "la cible principale d'une importante enquête sur le crime organisé au Paraguay". M. Marset est soupçonné d'avoir commandité l'assassinat en Colombie, en mai 2022, du procureur anti-mafia paraguayen Marcelo Pecci. Fan de football, il a dans le passé joué et dirigé un club qui a disputé des matchs dans le championnat régional de Santa Cruz. Dans plusieurs vidéos publiées depuis la clandestinité, il se vantait d'échapper aux autorités. Le ministre Oviedo a indiqué que le citoyen uruguayen avait fait de Santa Cruz, la ville la plus prospère de Bolivie, la "base opérationnelle" de ses activités illégales. La Bolivie est le troisième producteur mondial de cocaïne, derrière la Colombie et le Pérou.
Texte intégral (673 mots)
M. Marset était en cavale depuis 2023 et soupçonné de se déplacer dans plusieurs pays sud-américains dont le Venezuela, le Brésil et le Paraguay. Le département américain de la Justice, qui le soupçonne de blanchiment d'argent, offrait 2 millions de dollars pour toute information menant à sa capture. Selon les autorités américaines, M. Marset a dirigé un réseau qui a acheminé au moins 16 tonnes de cocaïne vers l'Europe, dont 11 ont été saisies dans le port d'Anvers, en Belgique. Le narcotrafiquant uruguayen a fait l'objet d'une "arrestation et expulsion" vers les Etats-Unis "en vertu d'un mandat judiciaire émis par la justice nord-américaine", a indiqué le ministre bolivien du Gouvernement, Marco Antonio Oviedo, en conférence de presse, aux côtés du président bolivien Rodrigo Paz. Des policiers boliviens ont remis Sebastian Marset à des agents de la DEA, l'agence antidrogue américaine, à l'aéroport de Santa Cruz, et l'ont fait monter, pieds et mains entravés, à bord d'un avion immatriculé aux Etats-Unis, selon des images diffusées par la chaîne publique Bolivia TV. L'opération policière s'est déroulée à l'aube à Santa Cruz (est), où des centaines de policiers ont été mobilisés, a constaté un journaliste de l'AFP. Quatre autres personnes ont été arrêtées lors de cette opération qui n'a pas fait de blessés, à savoir trois hommes et une femme, membres de l'équipe de sécurité du narcotrafiquant. L'Uruguayen de 34 ans "a gardé le silence" tout du long, a déclaré le ministre. Le président Rodrigo Paz a loué de son côté "la coopération d'organisations internationales de différents pays voisins et du continent". Cette capture a lieu quelques jours après le sommet du Bouclier des Amériques, convoqué par le président américain Donald Trump, qui a réuni samedi en Floride les présidents de droite d'Amérique latine afin de coopérer dans la lutte contre le crime organisé. Le département d'Etat américain a d'ailleurs réagi vendredi en saluant sur X la fin du "règne de terreur et de chaos de Sebastian Marset" et le "renforcement rapide de la coopération entre les forces de l'ordre" américaines et boliviennes. "Le Bouclier des Amériques rend notre région plus sûre et plus forte", a-t-il ajouté. Trafiquant de haut vol Sebastian Marset a purgé une peine de prison pour trafic de stupéfiants en Uruguay entre 2013 et 2018. Il a ensuite vécu en Bolivie et au Paraguay, tout en se voyageant dans plusieurs pays sud-américains. En juillet 2023, alors qu'il résidait à Santa Cruz, il avait pris la fuite un jour avant une vaste opération de la police bolivienne visant à l'arrêter. Sa femme, également accusée de narcotrafic, est actuellement détenue au Paraguay, après avoir été interpellée en Espagne. En mai 2025, la justice américaine a accusé Sebastian Marset de blanchiment d'argent provenant du trafic de drogue via des institutions financières américaines. Cartwright Weiland, un haut responsable américain au sein du Bureau pour le trafic de drogue international, avait alors souligné que l'Uruguayen était "l'un des fugitifs les plus recherchés de tout le Cône sud" et "la cible principale d'une importante enquête sur le crime organisé au Paraguay". M. Marset est soupçonné d'avoir commandité l'assassinat en Colombie, en mai 2022, du procureur anti-mafia paraguayen Marcelo Pecci. Fan de football, il a dans le passé joué et dirigé un club qui a disputé des matchs dans le championnat régional de Santa Cruz. Dans plusieurs vidéos publiées depuis la clandestinité, il se vantait d'échapper aux autorités. Le ministre Oviedo a indiqué que le citoyen uruguayen avait fait de Santa Cruz, la ville la plus prospère de Bolivie, la "base opérationnelle" de ses activités illégales. La Bolivie est le troisième producteur mondial de cocaïne, derrière la Colombie et le Pérou.
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