Posant sous un grand soleil devant le Trésor, creusé dans la roche rose, elle estime que "les pays voisins connaissent des problèmes, mais la Jordanie est un pays très calme et très sûr, et d'une beauté exceptionnelle".
Son billet d'avion lui a coûté "500 dollars, contre 100 avant la guerre, mais honnêtement, cela en valait la peine".
Non loin, la Mexicaine Constanza Venian, accompagnée de sa fille de sept ans, est elle aussi ravie d'éviter les foules habituelles. "J'ai choisi le bon moment", dit-elle alors qu'elle avait hésité à venir.
"J'avais peur (...) puis j'ai posé des questions sur des groupes Facebook, et tout le monde disait que la Jordanie était sûre".
A l'entrée du site, Khalid Saidat et ses collègues vendeurs de souvenirs tuent eux le temps devant leurs échoppes, cigarettes aux lèvres. Chevaux et ânes d'ordinaire prisés des touristes patientent aussi.
Le site classé au patrimoine mondial de l'Unesco incarne "l'effondrement du tourisme" en Jordanie, résume à l'AFP cet homme de 36 ans.
Si "la guerre à Gaza a entraîné une baisse du tourisme de 80 à 90%", celle en Iran a fait chuter le nombre de visiteurs étrangers à "presque zéro".
"Nous ouvrons tous les jours sans savoir si nous gagnerons de quoi vivre", raconte-t-il.
En chute libre
Selon les chiffres officiels, le tourisme représente 14% du PIB jordanien et fait vivre plus de 60.000 personnes directement, 300.000 indirectement.
L'an dernier, plus de sept millions de visiteurs ont généré 7,8 milliards de dollars de recettes.
Outre Petra, la Jordanie abrite de nombreux sites majeurs, dont le désert de Wadi Rum aux paysages lunaires, la mer Morte ou encore Jerash, l'une des anciennes cités romaines de la Décapole.
Pourtant l'année avait débuté sous les meilleurs auspices, "avec 112.000 visiteurs étrangers sur les deux premiers mois", dit à l'AFP le responsable de l'Autorité chargée du développement et du tourisme de la région de Petra, Adnan al-Sawair.
Mais l'offensive américano-israélienne contre l'Iran, lancée le 28 février et qui a déclenché un conflit embrasant la région, a tout changé.
La réaction a été "immédiate": le nombre de visiteurs à Petra en mars et avril a chuté à "entre 28.000 et 30.000 seulement", souligne le responsable.
Dans les hôtels, les annulations massives poussent même certains établissements à envisager la fermeture.
Les autorités ont lancé un dispositif destiné à stimuler le tourisme local, mais son impact reste "négligeable", reconnaît M. Sawair, le secteur dépendant avant tout des visiteurs étrangers venus en groupes.
Une seule visite guidée en 20 jours
Même constat à Jerash, à une cinquantaine de kilomètres au nord d'Amman.
"Nous espérions la meilleure saison depuis 2020, après la pandémie", regrette le guide Amer Nizami, 47 ans.
Quelque 5.000 visiteurs étrangers affluaient chaque jour sur le site avant la guerre, dit-il. Aujourd'hui, ils se comptent sur les doigts d'une main.
En temps normal, un guide "effectue au moins deux visites par jour pendant une bonne saison. La dernière que j'ai effectuée remonte à environ 20 jours".
Il pointe la situation géographique du pays, enclavé au coeur d'un tumultueux Moyen-Orient: à chaque crise régionale, "le tourisme s'arrête ici, même si la Jordanie n'a aucun problème".
Depuis le début du conflit, des débris de drones et de missiles se sont toutefois abattus sur le royaume qui n'abrite pas de bases étrangères, mais des contingents limités de plusieurs pays dans le cadre d'accords de "défense commune" et de coopération.
L'armée jordanienne a recensé au total des tirs de 281 missiles et drones iraniens, dont la très grande majorité interceptés, entre le 28 février et le début du cessez-le-feu le 8 avril.
Selon l'Association des agences de voyages, le carnet de réservations était quasi complet avant la guerre, avant de se vider brutalement, plongeant quelque 1.400 guides agréés dans la crise.
Ibrahim al-Atmeh, 31 ans, guide et vendeur de souvenirs, remballe sa marchandise plus tôt que d'habitude, faute de clients. "Nous espérions une excellente saison printanière, mais (...) nos espoirs se sont envolés".
Texte intégral (693 mots)
Posant sous un grand soleil devant le Trésor, creusé dans la roche rose, elle estime que "les pays voisins connaissent des problèmes, mais la Jordanie est un pays très calme et très sûr, et d'une beauté exceptionnelle".
Son billet d'avion lui a coûté "500 dollars, contre 100 avant la guerre, mais honnêtement, cela en valait la peine".
Non loin, la Mexicaine Constanza Venian, accompagnée de sa fille de sept ans, est elle aussi ravie d'éviter les foules habituelles. "J'ai choisi le bon moment", dit-elle alors qu'elle avait hésité à venir.
"J'avais peur (...) puis j'ai posé des questions sur des groupes Facebook, et tout le monde disait que la Jordanie était sûre".
A l'entrée du site, Khalid Saidat et ses collègues vendeurs de souvenirs tuent eux le temps devant leurs échoppes, cigarettes aux lèvres. Chevaux et ânes d'ordinaire prisés des touristes patientent aussi.
Le site classé au patrimoine mondial de l'Unesco incarne "l'effondrement du tourisme" en Jordanie, résume à l'AFP cet homme de 36 ans.
Si "la guerre à Gaza a entraîné une baisse du tourisme de 80 à 90%", celle en Iran a fait chuter le nombre de visiteurs étrangers à "presque zéro".
"Nous ouvrons tous les jours sans savoir si nous gagnerons de quoi vivre", raconte-t-il.
En chute libre
Selon les chiffres officiels, le tourisme représente 14% du PIB jordanien et fait vivre plus de 60.000 personnes directement, 300.000 indirectement.
L'an dernier, plus de sept millions de visiteurs ont généré 7,8 milliards de dollars de recettes.
Outre Petra, la Jordanie abrite de nombreux sites majeurs, dont le désert de Wadi Rum aux paysages lunaires, la mer Morte ou encore Jerash, l'une des anciennes cités romaines de la Décapole.
Pourtant l'année avait débuté sous les meilleurs auspices, "avec 112.000 visiteurs étrangers sur les deux premiers mois", dit à l'AFP le responsable de l'Autorité chargée du développement et du tourisme de la région de Petra, Adnan al-Sawair.
Mais l'offensive américano-israélienne contre l'Iran, lancée le 28 février et qui a déclenché un conflit embrasant la région, a tout changé.
La réaction a été "immédiate": le nombre de visiteurs à Petra en mars et avril a chuté à "entre 28.000 et 30.000 seulement", souligne le responsable.
Dans les hôtels, les annulations massives poussent même certains établissements à envisager la fermeture.
Les autorités ont lancé un dispositif destiné à stimuler le tourisme local, mais son impact reste "négligeable", reconnaît M. Sawair, le secteur dépendant avant tout des visiteurs étrangers venus en groupes.
Une seule visite guidée en 20 jours
Même constat à Jerash, à une cinquantaine de kilomètres au nord d'Amman.
"Nous espérions la meilleure saison depuis 2020, après la pandémie", regrette le guide Amer Nizami, 47 ans.
Quelque 5.000 visiteurs étrangers affluaient chaque jour sur le site avant la guerre, dit-il. Aujourd'hui, ils se comptent sur les doigts d'une main.
En temps normal, un guide "effectue au moins deux visites par jour pendant une bonne saison. La dernière que j'ai effectuée remonte à environ 20 jours".
Il pointe la situation géographique du pays, enclavé au coeur d'un tumultueux Moyen-Orient: à chaque crise régionale, "le tourisme s'arrête ici, même si la Jordanie n'a aucun problème".
Depuis le début du conflit, des débris de drones et de missiles se sont toutefois abattus sur le royaume qui n'abrite pas de bases étrangères, mais des contingents limités de plusieurs pays dans le cadre d'accords de "défense commune" et de coopération.
L'armée jordanienne a recensé au total des tirs de 281 missiles et drones iraniens, dont la très grande majorité interceptés, entre le 28 février et le début du cessez-le-feu le 8 avril.
Selon l'Association des agences de voyages, le carnet de réservations était quasi complet avant la guerre, avant de se vider brutalement, plongeant quelque 1.400 guides agréés dans la crise.
Ibrahim al-Atmeh, 31 ans, guide et vendeur de souvenirs, remballe sa marchandise plus tôt que d'habitude, faute de clients. "Nous espérions une excellente saison printanière, mais (...) nos espoirs se sont envolés".