Lien du flux RSS
Chaîne de service public - Actualité internationale.

▸ les 15 dernières parutions

22.02.2026 à 11:29

Groenland : Trump annonce l’envoi d’un navire-hôpital, le Danemark rejette toute nécessité sanitaire

FRANCE 24
img
Le président américain Donald Trump a affirmé vouloir dépêcher un navire-hôpital au Groenland pour soigner des habitants de l'île, relançant les tensions autour de ce territoire autonome danois convoité par Washington. Copenhague rappelle que la population bénéficie déjà d’un accès gratuit aux soins et nie tout besoin d’intervention spéciale de la part des États-Unis.
Le président américain Donald Trump a affirmé vouloir dépêcher un navire-hôpital au Groenland pour soigner des habitants de l'île, relançant les tensions autour de ce territoire autonome danois convoité par Washington. Copenhague rappelle que la population bénéficie déjà d’un accès gratuit aux soins et nie tout besoin d’intervention spéciale de la part des États-Unis.

22.02.2026 à 11:25

Dans les zones inondées du Maroc, un ramadan loin des célébrations traditionnelles

FRANCE24
img
"On prépare le ftour (repas de rupture du jeûne) avec les moyens du bord", confie à l'AFP ce plâtrier de 37 ans, debout devant une des tentes bleues du camp provisoire de la région de Kénitra, installé par les autorités du fait de pluies exceptionnelles qui ont frappé la région fin janvier et début février. Quelques dizaines de toiles restent dressées, alignées sur la terre humide. A l'approche du coucher du soleil, des femmes s'affairent autour de petits réchauds. Sans eau courante, elles improvisent, pendant qu'une odeur de poisson grillé se répand. A la nuit tombée, la lumière vacillante des bougies supplée l'électricité, absente. Les familles se replient sous leur tente, s'attablant pour le ftour du mois sacré musulman dans des conditions précaires. La plupart des habitants de la région ont été autorisés à regagner leurs foyers. Pour Ahmed El Habachi et ses enfants, retourner à Ouled Amer, à 35 kilomètres de là, n'est pas une option. "Où dormir? Il y a encore de la boue jusqu'au genou", explique-t-il, en montrant sur son téléphone des vidéos de sa maison, dont la moitié des murs a été emportée par les crues de la rivière voisine. "C'est la débrouille jusqu'à ce que nous puissions rentrer chez nous", dit-il. "Il faudra deux ou trois mois pour retrouver une vie normale". Les responsables du camp distribuent de l'eau et un sac de riz par jour, mais pour Fatima Laaouj, 60 ans, "le ramadan n'a rien à voir avec ce que nous vivons d'habitude". "Nous manquons de tout: de pain, de harira (soupe traditionnelle), même de lait. Comment en acheter alors que nous n'avons pas d'argent? Nous ne travaillons plus. Les terres agricoles sont détruites", se désole cette cueilleuse de framboises. "Au jour le jour" Plus de 180.000 personnes ont été évacuées du fait des inondations, qui ont fait quatre morts, selon les autorités. A quelques kilomètres du camp de Kénitra, dans la commune de Mograne située à la confluence du fleuve Sébou, les habitants avancent encore dans la boue. Plusieurs maisons visitées par l'AFP portent des stigmates: murs éventrés, sols détrempés. Malgré le grand soleil, les familles ont laissé leurs affaires perchées sur des armoires ou des commodes, par crainte de voir l'eau remonter. Pour la première fois, Yamna Chtata, femme au foyer de 42 ans, s'apprête à vivre le ramadan hors de sa maison où elle a vécu pendant 20 ans. Rentrée deux jours plus tôt après 15 nuits passées dans le camp, elle fond en larmes. Sa petite maison, dont les murs menacent de s'effondrer, est devenue inhabitable. Elle a dû se réfugier chez des voisins. "Nous ne célébrons pas le ramadan (...) J'ai deux filles qui sont actuellement souffrantes à cause de la gravité de la situation", affirme-t-elle, la voix brisée par les sanglots. Mansour Amrani, 59 ans, s'apprête à se rendre à la mosquée du village pour remplir des bidons d'eau potable. Avec sa femme Zohr et leurs trois filles, il veut malgré tout préparer le couscous du vendredi. "D'habitude, il y avait de la joie quand on préparait le couscous. Aujourd'hui, ce n'est plus comme avant", regrette cet agent de sécurité dans une usine de câblage, inquiet de l'affaissement des sols. "Nous avons peur que la maison s'écroule sur nos têtes", souffle-t-il. Dans l'une des pièces, il avait installé une petite épicerie, aujourd'hui endommagée. Pour Abdelmajid Lekihel, marchand ambulant de 49 ans, s'ajoute à la détresse "la fatigue" accumulée après des nuits difficiles dans le camp. De retour chez lui, il constate que "les produits alimentaires ne sont plus disponibles comme avant": le marché du village fonctionne au ralenti, rendant désormais difficile la préparation du traditionnel repas de rupture du jeûne. Et "la boue empêche d'aller voir un voisin, un membre de la famille ou un ami", soupire-t-il. Cette année, "nous vivons (le ramadan) au jour le jour."
Texte intégral (690 mots)
"On prépare le ftour (repas de rupture du jeûne) avec les moyens du bord", confie à l'AFP ce plâtrier de 37 ans, debout devant une des tentes bleues du camp provisoire de la région de Kénitra, installé par les autorités du fait de pluies exceptionnelles qui ont frappé la région fin janvier et début février. Quelques dizaines de toiles restent dressées, alignées sur la terre humide. A l'approche du coucher du soleil, des femmes s'affairent autour de petits réchauds. Sans eau courante, elles improvisent, pendant qu'une odeur de poisson grillé se répand. A la nuit tombée, la lumière vacillante des bougies supplée l'électricité, absente. Les familles se replient sous leur tente, s'attablant pour le ftour du mois sacré musulman dans des conditions précaires. La plupart des habitants de la région ont été autorisés à regagner leurs foyers. Pour Ahmed El Habachi et ses enfants, retourner à Ouled Amer, à 35 kilomètres de là, n'est pas une option. "Où dormir? Il y a encore de la boue jusqu'au genou", explique-t-il, en montrant sur son téléphone des vidéos de sa maison, dont la moitié des murs a été emportée par les crues de la rivière voisine. "C'est la débrouille jusqu'à ce que nous puissions rentrer chez nous", dit-il. "Il faudra deux ou trois mois pour retrouver une vie normale". Les responsables du camp distribuent de l'eau et un sac de riz par jour, mais pour Fatima Laaouj, 60 ans, "le ramadan n'a rien à voir avec ce que nous vivons d'habitude". "Nous manquons de tout: de pain, de harira (soupe traditionnelle), même de lait. Comment en acheter alors que nous n'avons pas d'argent? Nous ne travaillons plus. Les terres agricoles sont détruites", se désole cette cueilleuse de framboises. "Au jour le jour" Plus de 180.000 personnes ont été évacuées du fait des inondations, qui ont fait quatre morts, selon les autorités. A quelques kilomètres du camp de Kénitra, dans la commune de Mograne située à la confluence du fleuve Sébou, les habitants avancent encore dans la boue. Plusieurs maisons visitées par l'AFP portent des stigmates: murs éventrés, sols détrempés. Malgré le grand soleil, les familles ont laissé leurs affaires perchées sur des armoires ou des commodes, par crainte de voir l'eau remonter. Pour la première fois, Yamna Chtata, femme au foyer de 42 ans, s'apprête à vivre le ramadan hors de sa maison où elle a vécu pendant 20 ans. Rentrée deux jours plus tôt après 15 nuits passées dans le camp, elle fond en larmes. Sa petite maison, dont les murs menacent de s'effondrer, est devenue inhabitable. Elle a dû se réfugier chez des voisins. "Nous ne célébrons pas le ramadan (...) J'ai deux filles qui sont actuellement souffrantes à cause de la gravité de la situation", affirme-t-elle, la voix brisée par les sanglots. Mansour Amrani, 59 ans, s'apprête à se rendre à la mosquée du village pour remplir des bidons d'eau potable. Avec sa femme Zohr et leurs trois filles, il veut malgré tout préparer le couscous du vendredi. "D'habitude, il y avait de la joie quand on préparait le couscous. Aujourd'hui, ce n'est plus comme avant", regrette cet agent de sécurité dans une usine de câblage, inquiet de l'affaissement des sols. "Nous avons peur que la maison s'écroule sur nos têtes", souffle-t-il. Dans l'une des pièces, il avait installé une petite épicerie, aujourd'hui endommagée. Pour Abdelmajid Lekihel, marchand ambulant de 49 ans, s'ajoute à la détresse "la fatigue" accumulée après des nuits difficiles dans le camp. De retour chez lui, il constate que "les produits alimentaires ne sont plus disponibles comme avant": le marché du village fonctionne au ralenti, rendant désormais difficile la préparation du traditionnel repas de rupture du jeûne. Et "la boue empêche d'aller voir un voisin, un membre de la famille ou un ami", soupire-t-il. Cette année, "nous vivons (le ramadan) au jour le jour."

22.02.2026 à 11:23

Japon: le yukigassen, une bataille de boules de neige qui rêve d'olympisme

FRANCE24
img
Le championnat qui se déroule ce week-end a lieu chaque année à Sobetsu, sur l'île septentrionale d'Hokkaido, où ce jeu entre la bataille de boules de neige et le ballon prisonnier est devenu sport il y a 37 ans. Sur le terrain, la force brute ne suffit pas: la fédération japonaise de yukigassen insiste sur le "défi cérébral" que pose ce jeu, où les joueurs des deux équipes canardent l'adversaire en se retranchant derrière des abris. Le but: toucher les sept joueurs de l'équipe adverse à l'aide des boules parfaitement sphériques confectionnées dans une machine spéciale, ou s'emparer de leur drapeau. "Quand on est touché, ça fait mal, mais c'est surtout notre orgueil qui en prend un coup", sourit Toshihiro Takahashi, un fonctionnaire de 48 ans suant à grosses gouttes après son match. L'idée de faire du yukigassen un sport est née d'une crise à Sobetsu: alors que les visiteurs s'y pressaient pour profiter des sources thermales, l'éruption du mont Usu en 1977 met un coup d'arrêt au tourisme dans la localité. "Le plus ancien sport de l'humanité" Les habitants à la recherche d'idées pour replacer leur ville sur les cartes touristiques ont un déclic en voyant un groupe de touristes s'amuser à coup de boules de neige: et si ce jeu d'enfants pouvait sauver la commune? "C'est un sport primitif, presque instinctif pour l'être humain", souligne auprès de l'AFP Yuji Ano, le président du comité organisateur du tournoi. Nos ancêtres "faisaient sûrement la même chose. C'est le plus ancien sport d'hiver de l'humanité: bien avant le patinage ou le ski, les humains se lançaient déjà des boules de neige. C'est son plus gros attrait." Il ne reste alors plus qu'à coucher des règles sur papier, mettre au point des casques spécifiques et inventer des moules à boules de neige: le yukigassen (bataille de boules de neige en japonais) est né, et un premier tournoi international a lieu en 1989. Le virus gagne l'Australie trois ans plus tard, puis la Finlande qui se dote d'une fédération nationale dès 1995: de là le jeu gagne le reste de la Scandinavie puis s'étend de la Russie à l'Amérique du Nord. Il est aujourd'hui pratiqué dans 13 pays selon M. Ano. Lui et les autres responsables voudraient profiter de cette expansion internationale pour que le yukigassen devienne une discipline olympique. Actuellement, aux JO d'hiver comme ceux de Milan Cortina qui se terminent dimanche, "il n'y a pratiquement que le hockey sur glace comme sport d'équipe", note-t-il. Cette année, plus d'un millier de joueurs sont venus s'affronter à Sobetsu, mais aucune formation étrangère ne figure parmi les 118 équipes, regrette Atasu, un joueur de 55 ans pratiquant le yukigassen depuis plus de 30 ans, qui n'a souhaité donner que son pseudonyme. Il regrette aussi la difficulté à recruter des participants: "La population (japonaise) recule et il y a aussi moins de gens qui jouent. Il faut faire la promotion du yukigassen et essayer d'attirer du monde. C'est ce qui est le plus compliqué aujourd'hui." Pour augmenter le nombre de licenciés et tenter de convaincre le Comité international olympique, la discipline a dû paradoxalement s'affranchir de la neige. Des balles artificielles ont été développées pour permettre la pratique en gymnase ou sur la plage, transformant une bataille saisonnière en sport mondial praticable toute l'année. Mais un autre problème majeur se dresse sur la route olympique, reconnaît M. Ano: un arbitrage trop complexe qui rend ardue la formation de nouveaux juges. "Huit arbitres observent chaque match, où 180 boules de neige peuvent voler pendant trois minutes", explique-t-il. "Juger tout cela avec précision est quasiment impossible. Tant que nous n'aurons pas réglé ce point, ce sera difficile" de prétendre aux JO.
Texte intégral (644 mots)
Le championnat qui se déroule ce week-end a lieu chaque année à Sobetsu, sur l'île septentrionale d'Hokkaido, où ce jeu entre la bataille de boules de neige et le ballon prisonnier est devenu sport il y a 37 ans. Sur le terrain, la force brute ne suffit pas: la fédération japonaise de yukigassen insiste sur le "défi cérébral" que pose ce jeu, où les joueurs des deux équipes canardent l'adversaire en se retranchant derrière des abris. Le but: toucher les sept joueurs de l'équipe adverse à l'aide des boules parfaitement sphériques confectionnées dans une machine spéciale, ou s'emparer de leur drapeau. "Quand on est touché, ça fait mal, mais c'est surtout notre orgueil qui en prend un coup", sourit Toshihiro Takahashi, un fonctionnaire de 48 ans suant à grosses gouttes après son match. L'idée de faire du yukigassen un sport est née d'une crise à Sobetsu: alors que les visiteurs s'y pressaient pour profiter des sources thermales, l'éruption du mont Usu en 1977 met un coup d'arrêt au tourisme dans la localité. "Le plus ancien sport de l'humanité" Les habitants à la recherche d'idées pour replacer leur ville sur les cartes touristiques ont un déclic en voyant un groupe de touristes s'amuser à coup de boules de neige: et si ce jeu d'enfants pouvait sauver la commune? "C'est un sport primitif, presque instinctif pour l'être humain", souligne auprès de l'AFP Yuji Ano, le président du comité organisateur du tournoi. Nos ancêtres "faisaient sûrement la même chose. C'est le plus ancien sport d'hiver de l'humanité: bien avant le patinage ou le ski, les humains se lançaient déjà des boules de neige. C'est son plus gros attrait." Il ne reste alors plus qu'à coucher des règles sur papier, mettre au point des casques spécifiques et inventer des moules à boules de neige: le yukigassen (bataille de boules de neige en japonais) est né, et un premier tournoi international a lieu en 1989. Le virus gagne l'Australie trois ans plus tard, puis la Finlande qui se dote d'une fédération nationale dès 1995: de là le jeu gagne le reste de la Scandinavie puis s'étend de la Russie à l'Amérique du Nord. Il est aujourd'hui pratiqué dans 13 pays selon M. Ano. Lui et les autres responsables voudraient profiter de cette expansion internationale pour que le yukigassen devienne une discipline olympique. Actuellement, aux JO d'hiver comme ceux de Milan Cortina qui se terminent dimanche, "il n'y a pratiquement que le hockey sur glace comme sport d'équipe", note-t-il. Cette année, plus d'un millier de joueurs sont venus s'affronter à Sobetsu, mais aucune formation étrangère ne figure parmi les 118 équipes, regrette Atasu, un joueur de 55 ans pratiquant le yukigassen depuis plus de 30 ans, qui n'a souhaité donner que son pseudonyme. Il regrette aussi la difficulté à recruter des participants: "La population (japonaise) recule et il y a aussi moins de gens qui jouent. Il faut faire la promotion du yukigassen et essayer d'attirer du monde. C'est ce qui est le plus compliqué aujourd'hui." Pour augmenter le nombre de licenciés et tenter de convaincre le Comité international olympique, la discipline a dû paradoxalement s'affranchir de la neige. Des balles artificielles ont été développées pour permettre la pratique en gymnase ou sur la plage, transformant une bataille saisonnière en sport mondial praticable toute l'année. Mais un autre problème majeur se dresse sur la route olympique, reconnaît M. Ano: un arbitrage trop complexe qui rend ardue la formation de nouveaux juges. "Huit arbitres observent chaque match, où 180 boules de neige peuvent voler pendant trois minutes", explique-t-il. "Juger tout cela avec précision est quasiment impossible. Tant que nous n'aurons pas réglé ce point, ce sera difficile" de prétendre aux JO.

22.02.2026 à 11:15

La France décroche trois nouvelles médailles avant la dernière journée des JO 2026

L'Equipe TV
img
Océane Michelon a remporté la médaille d'or dans la mass start, dernière épreuve de biathlon des Jeux olympiques, devançant sa coéquipière Julia Simon. Avec le titre en relais mixte des ski-alpinistes Emily Harrop et Thibault Anselmet plus tôt dans la journée, la France compte huit médailles d'or avant la dernière journée des Jeux.
Texte intégral (644 mots)
Océane Michelon a remporté la médaille d'or dans la mass start, dernière épreuve de biathlon des Jeux olympiques, devançant sa coéquipière Julia Simon. Avec le titre en relais mixte des ski-alpinistes Emily Harrop et Thibault Anselmet plus tôt dans la journée, la France compte huit médailles d'or avant la dernière journée des Jeux.

22.02.2026 à 11:08

Salut nazi et propos homophobes signalés à la marche pour Quentin Deranque

FRANCE24
img
Plusieurs milliers de personnes ont défilé dans les rues de Lyon en hommage au militant identitaire Quentin Deranque. Si la manifestation s’est déroulée dans le calme, elle a été ponctuée de saluts nazis et de cris à caractère raciste. Quel impact cette mobilisation pourrait-elle avoir sur la politique française, à moins d’un mois des municipales et à un an de la présidentielle ? Emmanuel Echivard, politologue et professeur à Sciences Po Reims, nous éclaire sur les enjeux.
Lire plus (83 mots)
Plusieurs milliers de personnes ont défilé dans les rues de Lyon en hommage au militant identitaire Quentin Deranque. Si la manifestation s’est déroulée dans le calme, elle a été ponctuée de saluts nazis et de cris à caractère raciste. Quel impact cette mobilisation pourrait-elle avoir sur la politique française, à moins d’un mois des municipales et à un an de la présidentielle ? Emmanuel Echivard, politologue et professeur à Sciences Po Reims, nous éclaire sur les enjeux.

22.02.2026 à 11:07

En Australie, des "moutons solaires" pionniers de l'agrivoltaïsme

FRANCE24
img
Pour rien au monde l'éleveur australien, installé à environ 400 kilomètres à l'ouest de Sydney, ne reviendrait sur sa décision de les faire cohabiter. Lorsqu'il a été approché par l'entreprise Neoen, il y a d'abord vu une nouvelle source de revenus "qui ne dépend ni de la météo, ni du prix de la laine", explique-t-il sur son exploitation à Dubbo, qui compte plus de 30.000 panneaux sur une cinquantaine d'hectares. Et depuis, "les loyers que je perçois sont plus importants que tous les revenus que je pourrais tirer de l'agriculture dans cette région, que je fasse paître des moutons ou pas sous ces panneaux", se félicite-t-il. L'éleveur a insisté pour que les installations de Neoen n'empêchent pas ses bêtes de brouter en dessous et très vite vu les bénéfices. "Tout d'abord, les moutons apprécient beaucoup l'ombre qu'apportent les panneaux, même en hiver. Et puis au cours de la nuit, de la buée se dépose sur les panneaux, elle coule sur la terre et crée des petites lignes d'herbe verte à l'extrémité des rangées de panneaux". Un petit détail qui change tout. "La laine produite est de meilleure qualité et plus propre, car la terre est moins sèche et nous avons relevé une hausse de 15% de nos recettes issues de l'élevage des moutons qui paissent sous les panneaux solaires", assure Tom Warren, qui a réalisé une étude comparative avec des ovins qu'il fait pâturer sur un terrain adjacent dépourvu de panneaux. "Meilleure qualité" A une cinquantaine de kilomètres de là, dans la ville de Wellington, Tony Inder fait le même constat, avec un cheptel bien plus important de 6.000 moutons, qui broutent sur deux terrains répartis sur 4.000 ha. "Pour produire de la laine de façon uniforme, il faut fournir une alimentation régulière. Sur un terrain vierge, en ce moment, il fait très chaud et c'est très sec", souligne-t-il. "Puis il va y avoir une forte averse et d'un coup, tout sera vert, ce qui fait que la qualité de la laine ne sera pas la même sur toute sa longueur. Alors que sous des panneaux solaires, il y a toujours de l'herbe, et elle reste verte, ce qui permet de produire de la laine de meilleure qualité". Lui n'est pas propriétaire des terrains où sont installés les panneaux solaires, mais ceux qui les possèdent le laissent les utiliser gratuitement. En échange de quoi "ils n'ont pas à faucher aussi souvent" pour permettre le bon fonctionnement des panneaux. Mais c'est aussi et surtout pour respecter les normes en matière de prévention des feux de brousse. Sur le terrain le plus petit, de 1.500 ha, "chaque tonte (de l'herbe) leur coûte 90.000 dollars et avant qu'on se mette d'accord, ils devaient le faire six fois par an. Maintenant ce n'est plus qu'une ou deux fois, cela fait de belles économies", relève Tony Inder. "Plus vraiment possible de découpler" La ferme de Dubbo, premier exemple en Australie de l'agrivoltaïsme, est devenue la norme pour Neoen. "Il y a des moutons qui paissent dans toutes nos centrales solaires", confirme ainsi Emily Walker, directrice de l'entreprise pour la Nouvelle-Galles-du-Sud. "Le secteur dans son ensemble bouge très vite sur ce sujet, dans un monde où il n'est plus vraiment possible de découpler l'usage agricole historique de la terre de la production d'énergie solaire", affirme-t-elle. Si, pour l'instant, ces usages combinés sont limités à l'élevage en Australie, le solaire pourrait à l'avenir être mêlé à d'autres activités agricoles. Ainsi, des panneaux solaires ont été déployés sur des vignes dans l'État du Victoria et en Australie-Occidentale à titre expérimental, pour étudier le potentiel impact de l'ombre générée sur le rendement. Pour Karin Stark, directrice du cabinet de conseil Farm Renewables, il devrait être négligeable. "Dans un pays comme l'Australie, six à huit heures d'exposition au soleil sont suffisantes pour le développement des plantes, si elles sont partiellement à l'ombre, cela ne réduit pas leur capacité à photosynthétiser", dit-elle. Une perspective prometteuse pour les agriculteurs australiens. Selon un rapport du Clean Energy Council publié en 2024, grâce aux énergies renouvelables, ils pourraient ainsi dégager 600 millions d'euros de revenus supplémentaires d'ici à 2030, et jusqu'à 6,5 milliards d'euros d'ici à 2050.
Texte intégral (738 mots)
Pour rien au monde l'éleveur australien, installé à environ 400 kilomètres à l'ouest de Sydney, ne reviendrait sur sa décision de les faire cohabiter. Lorsqu'il a été approché par l'entreprise Neoen, il y a d'abord vu une nouvelle source de revenus "qui ne dépend ni de la météo, ni du prix de la laine", explique-t-il sur son exploitation à Dubbo, qui compte plus de 30.000 panneaux sur une cinquantaine d'hectares. Et depuis, "les loyers que je perçois sont plus importants que tous les revenus que je pourrais tirer de l'agriculture dans cette région, que je fasse paître des moutons ou pas sous ces panneaux", se félicite-t-il. L'éleveur a insisté pour que les installations de Neoen n'empêchent pas ses bêtes de brouter en dessous et très vite vu les bénéfices. "Tout d'abord, les moutons apprécient beaucoup l'ombre qu'apportent les panneaux, même en hiver. Et puis au cours de la nuit, de la buée se dépose sur les panneaux, elle coule sur la terre et crée des petites lignes d'herbe verte à l'extrémité des rangées de panneaux". Un petit détail qui change tout. "La laine produite est de meilleure qualité et plus propre, car la terre est moins sèche et nous avons relevé une hausse de 15% de nos recettes issues de l'élevage des moutons qui paissent sous les panneaux solaires", assure Tom Warren, qui a réalisé une étude comparative avec des ovins qu'il fait pâturer sur un terrain adjacent dépourvu de panneaux. "Meilleure qualité" A une cinquantaine de kilomètres de là, dans la ville de Wellington, Tony Inder fait le même constat, avec un cheptel bien plus important de 6.000 moutons, qui broutent sur deux terrains répartis sur 4.000 ha. "Pour produire de la laine de façon uniforme, il faut fournir une alimentation régulière. Sur un terrain vierge, en ce moment, il fait très chaud et c'est très sec", souligne-t-il. "Puis il va y avoir une forte averse et d'un coup, tout sera vert, ce qui fait que la qualité de la laine ne sera pas la même sur toute sa longueur. Alors que sous des panneaux solaires, il y a toujours de l'herbe, et elle reste verte, ce qui permet de produire de la laine de meilleure qualité". Lui n'est pas propriétaire des terrains où sont installés les panneaux solaires, mais ceux qui les possèdent le laissent les utiliser gratuitement. En échange de quoi "ils n'ont pas à faucher aussi souvent" pour permettre le bon fonctionnement des panneaux. Mais c'est aussi et surtout pour respecter les normes en matière de prévention des feux de brousse. Sur le terrain le plus petit, de 1.500 ha, "chaque tonte (de l'herbe) leur coûte 90.000 dollars et avant qu'on se mette d'accord, ils devaient le faire six fois par an. Maintenant ce n'est plus qu'une ou deux fois, cela fait de belles économies", relève Tony Inder. "Plus vraiment possible de découpler" La ferme de Dubbo, premier exemple en Australie de l'agrivoltaïsme, est devenue la norme pour Neoen. "Il y a des moutons qui paissent dans toutes nos centrales solaires", confirme ainsi Emily Walker, directrice de l'entreprise pour la Nouvelle-Galles-du-Sud. "Le secteur dans son ensemble bouge très vite sur ce sujet, dans un monde où il n'est plus vraiment possible de découpler l'usage agricole historique de la terre de la production d'énergie solaire", affirme-t-elle. Si, pour l'instant, ces usages combinés sont limités à l'élevage en Australie, le solaire pourrait à l'avenir être mêlé à d'autres activités agricoles. Ainsi, des panneaux solaires ont été déployés sur des vignes dans l'État du Victoria et en Australie-Occidentale à titre expérimental, pour étudier le potentiel impact de l'ombre générée sur le rendement. Pour Karin Stark, directrice du cabinet de conseil Farm Renewables, il devrait être négligeable. "Dans un pays comme l'Australie, six à huit heures d'exposition au soleil sont suffisantes pour le développement des plantes, si elles sont partiellement à l'ombre, cela ne réduit pas leur capacité à photosynthétiser", dit-elle. Une perspective prometteuse pour les agriculteurs australiens. Selon un rapport du Clean Energy Council publié en 2024, grâce aux énergies renouvelables, ils pourraient ainsi dégager 600 millions d'euros de revenus supplémentaires d'ici à 2030, et jusqu'à 6,5 milliards d'euros d'ici à 2050.

22.02.2026 à 10:55

En Floride, la diaspora cubaine continue d'envoyer des colis malgré les débats et les restrictions

FRANCE24
img
"Là-bas, c'est terrible. Ils meurent de faim, il n'y a rien", affirme cette femme de 72 ans, qui a quitté Cuba il y a quatre décennies. L'île fait face à une très grave crise économique et énergétique qui s'est empirée à cause de l'arrêt des livraisons de pétrole vénézuélien et des menaces de Washington de frapper de droits de douane tout pays lui vendant du pétrole. Cette situation a ravivé un vieux débat au sein de la diaspora cubaine de Floride: poursuivre l'aide aux proches ou interrompre totalement les envois, perçus par certains comme une soupape de sécurité pour le pouvoir cubain. Mais à Hialeah, le choix est clair. "Ils peuvent tout fermer s'ils veulent, moi, tant que mon frère sera là-bas, je continuerai d'envoyer. Il n'a rien à voir avec le gouvernement et, si je ne lui envoie rien, comment va-t-il se nourrir?", lâche Gisela Salgado. Une dizaine de clients attendent comme elle l'ouverture des bureaux de Cubamax, l'une des principales agences d'envoi de colis vers Cuba, dans cette ville voisine de Miami où près de trois habitants sur quatre sont d'origine cubaine. La plupart portent des sacs ou des chariots remplis d'articles de base, d'autres ont simplement une enveloppe contenant quelques dollars. José Rosell, 81 ans, est venu avec de la nourriture et des produits d'hygiène pour son fils de 55 ans. Celui-ci, chauffeur de taxi à Santiago de Cuba, a perdu son travail en raison de la pénurie de carburant. Son père craint désormais de ne plus pouvoir continuer à l'aider. La crise énergétique a en effet contraint plusieurs agences de livraison à restreindre les envois vers Cuba pour des raisons logistiques. Cubamax a notamment annoncé la suspension des livraisons à domicile sur l'île et a limité les envois à un colis par client. La nouvelle a provoqué de longues files d'attente devant ses agences, alors que les clients craignaient de ne plus pouvoir continuer à aider leurs proches. L'agence a depuis levé une partie de ces restrictions. "Mules" Les envois de colis à des proches sont autorisés malgré l'embargo américain sur Cuba, qui permet les échanges entre membres d'une même famille. Mais ils sont depuis longtemps dans le viseur de certains membres de la diaspora cubaine. Mario Diaz-Balart, Carlos Giménez et Maria Elvira Salazar, trois membres du Congrès américain d'origine cubaine, ont demandé la semaine dernière au gouvernement Trump le retrait des autorisations accordant à certaines entreprises américaines le droit de faire des affaires avec des sociétés cubaines contrôlées par l'État. Le populaire influenceur cubano-américain Alex Otaola défend, de son côté, l'arrêt total de toute aide à Cuba. Sa campagne suscite d'intenses débats sur les réseaux sociaux. Pour Emilio Morales, président du cabinet de conseil Havana Consulting Group, interdire les envois "ne changera rien à l'équation". L'argent arrive rarement dans les caisses du gouvernement cubain, car il est acheminé pour l'essentiel par des "mules". Les envois de colis, quant à eux, ne bénéficient selon lui qu'à un petit nombre de personnes et n'ont que peu d'effet sur la situation générale de l'île. Dans un café de Hialeah, Reina Carvallo, une Cubaine de 59 ans, appelle à distinguer le gouvernement de La Havane des habitants, comme ses deux frères, auxquels elle envoie des médicaments et des produits de première nécessité. "Qu'on coupe la tête au régime, c'est ce qu'il mérite, mais le peuple ne devrait pas avoir à souffrir de privations", lance-t-elle.
Texte intégral (604 mots)
"Là-bas, c'est terrible. Ils meurent de faim, il n'y a rien", affirme cette femme de 72 ans, qui a quitté Cuba il y a quatre décennies. L'île fait face à une très grave crise économique et énergétique qui s'est empirée à cause de l'arrêt des livraisons de pétrole vénézuélien et des menaces de Washington de frapper de droits de douane tout pays lui vendant du pétrole. Cette situation a ravivé un vieux débat au sein de la diaspora cubaine de Floride: poursuivre l'aide aux proches ou interrompre totalement les envois, perçus par certains comme une soupape de sécurité pour le pouvoir cubain. Mais à Hialeah, le choix est clair. "Ils peuvent tout fermer s'ils veulent, moi, tant que mon frère sera là-bas, je continuerai d'envoyer. Il n'a rien à voir avec le gouvernement et, si je ne lui envoie rien, comment va-t-il se nourrir?", lâche Gisela Salgado. Une dizaine de clients attendent comme elle l'ouverture des bureaux de Cubamax, l'une des principales agences d'envoi de colis vers Cuba, dans cette ville voisine de Miami où près de trois habitants sur quatre sont d'origine cubaine. La plupart portent des sacs ou des chariots remplis d'articles de base, d'autres ont simplement une enveloppe contenant quelques dollars. José Rosell, 81 ans, est venu avec de la nourriture et des produits d'hygiène pour son fils de 55 ans. Celui-ci, chauffeur de taxi à Santiago de Cuba, a perdu son travail en raison de la pénurie de carburant. Son père craint désormais de ne plus pouvoir continuer à l'aider. La crise énergétique a en effet contraint plusieurs agences de livraison à restreindre les envois vers Cuba pour des raisons logistiques. Cubamax a notamment annoncé la suspension des livraisons à domicile sur l'île et a limité les envois à un colis par client. La nouvelle a provoqué de longues files d'attente devant ses agences, alors que les clients craignaient de ne plus pouvoir continuer à aider leurs proches. L'agence a depuis levé une partie de ces restrictions. "Mules" Les envois de colis à des proches sont autorisés malgré l'embargo américain sur Cuba, qui permet les échanges entre membres d'une même famille. Mais ils sont depuis longtemps dans le viseur de certains membres de la diaspora cubaine. Mario Diaz-Balart, Carlos Giménez et Maria Elvira Salazar, trois membres du Congrès américain d'origine cubaine, ont demandé la semaine dernière au gouvernement Trump le retrait des autorisations accordant à certaines entreprises américaines le droit de faire des affaires avec des sociétés cubaines contrôlées par l'État. Le populaire influenceur cubano-américain Alex Otaola défend, de son côté, l'arrêt total de toute aide à Cuba. Sa campagne suscite d'intenses débats sur les réseaux sociaux. Pour Emilio Morales, président du cabinet de conseil Havana Consulting Group, interdire les envois "ne changera rien à l'équation". L'argent arrive rarement dans les caisses du gouvernement cubain, car il est acheminé pour l'essentiel par des "mules". Les envois de colis, quant à eux, ne bénéficient selon lui qu'à un petit nombre de personnes et n'ont que peu d'effet sur la situation générale de l'île. Dans un café de Hialeah, Reina Carvallo, une Cubaine de 59 ans, appelle à distinguer le gouvernement de La Havane des habitants, comme ses deux frères, auxquels elle envoie des médicaments et des produits de première nécessité. "Qu'on coupe la tête au régime, c'est ce qu'il mérite, mais le peuple ne devrait pas avoir à souffrir de privations", lance-t-elle.

22.02.2026 à 10:53

Ukraine: quatre existences bouleversées par quatre ans de guerre

FRANCE24
img
Des millions d'Ukrainiens ont été contraints de fuir leurs foyers pour échapper aux combats. Parallèlement, des centaines de Russes qui s'opposaient au conflit ont été condamnés à de lourdes peines, et des centaines de milliers d'autres ont quitté le pays. À l'approche du 24 février – qui marquera le quatrième anniversaire de l'invasion – l'AFP retrace quatre existences bouleversées par la guerre: une famille ukrainienne anéantie par un missile russe, un soldat de Kiev amputé, un comédien pro-Kremlin et une Russe antiguerre. Une famille détruite Kira avait trois mois, sa mère Valeria 28 ans, sa grand-mère Lioudmyla 54 ans. En quelques secondes, un missile russe a anéanti trois générations d'une même famille ukrainienne. C'était le 23 avril 2022. Cinq autres personnes ont été tuées dans cette frappe sur un immeuble résidentiel d'Odessa, ville portuaire du sud très souvent bombardée par Moscou. Mais la tragédie de la famille Glodan a eu un énorme retentissement, dans le pays et au-delà. Le père, Iouriï, était sorti faire des courses au moment du bombardement. Les images de l'époque le montrent, sous le choc, en train de récupérer quelques affaires de sa femme et de son bébé dans les décombres de leur maison. Iouriï et Valeria étaient ensemble depuis une dizaine d'années et formaient un couple très amoureux, selon leurs proches. L'arrivée de Kira avait complété le tableau de famille idyllique. Après le drame, Iouriï, ancien avocat reconverti dans la boulangerie --il travaillait dans un café branché d'Odessa --, s'est engagé dans l'armée en mars 2023. Il mourra en septembre de la même année près de Bakhmout (est), une ville au coeur de l'une des batailles les plus sanglantes du conflit. La cruauté de l'histoire de la famille Glodan en fait l'un des symboles du prix exorbitant payé par les civils ukrainiens. "Il y a des centaines d'histoires comme celles-ci à travers le pays, mais merci de raconter l'histoire de mes amis", déclare Alla Koroliova, la meilleure amie de Valeria, rencontrée par l'AFP à Odessa en février 2026. Cette experte en marketing de 38 ans avait embauché Valeria comme assistante, et les deux femmes étaient devenues inséparables. "Lera (le diminutif de Valeria) était un rayon de soleil. Elle adorait Odessa, la culture ukrainienne, l'opéra... Elle avait un énorme rire, qui me manque tellement", raconte Alla. Au début de l'invasion, Alla était partie avec sa famille dans l'ouest, mais Valeria ne voulait pas quitter Odessa, où "elle se sentait en sécurité". Alla montre sur son téléphone les photos de la petite Kira, envoyées par son amie. Un bébé qu'elle n'aura jamais eu le temps de connaître. - L'amputé qui veut combattre - La Russie a lancé son invasion de l'Ukraine le jour du 32e anniversaire de Volodymyr. Devenu soldat, il est impatient de reprendre le combat même après avoir perdu une jambe et un avant-bras lors d'une frappe de drone russe, en 2024. L'AFP l'avait rencontré dans la région de Kharkiv (nord-est), quelques mois avant cette grave blessure. Il déclarait alors que les drones atteignent leur cible dans 90 % des cas, "si le pilote est bon". En janvier 2026, Volodymyr, courte barbe et cheveux rasés, a raconté le traumatisme de sa blessure. "J'ai levé la tête alors que j'étais allongé, j'ai regardé ma jambe, et un type (...) était en train de me la scier." Il a subi 21 opérations en un mois: "Presque tous les jours, sauf le samedi, jour de repos pour de nombreux médecins." Volodymyr, désormais muni d'une prothèse à la jambe, a rencontré l'AFP lors d'un tournoi de football en salle à Pavlograd, ville où il avait l'habitude de jouer avant son accident. Il se déplace avec aisance, sans béquilles. Déterminé à se réengager, cet homme souriant suit une rééducation constante depuis 18 mois. "Dès le début, j'avais prévu de retourner auprès de mes frères d'armes." Mais, cette fois-ci, à un poste en retrait. Malgré sa détermination à combattre, Volodymyr garde l'espoir d'un accord prochain pour mettre fin à la guerre. Et sa position à ce sujet a évolué. "Il y a deux ans, nous étions fermement convaincus que nous pourrions revenir aux frontières de 1991", avec la Crimée et l'est de l'Ukraine sous le contrôle de Kiev. "Mais, maintenant, en étant dans l'armée et en vivant tout cela de près, je comprends que le prix à payer pour les frontières de 1991 sera très élevé". Le comédien opportuniste Dans les années 1990, l'humoriste Andreï Botcharov, alias "Botcharik", incarnait pour des millions de Russes un "fils à maman" dans une série culte. La guerre en Ukraine lui a permis de réorienter une carrière au point mort. Ce Sibérien était devenu une star de la série "33 m2", où il interprète le dernier d'une famille et séduit le public avec ses sourires, ses maladresses et mimiques candides. S'ensuit une période de relative diète médiatique pour cette vedette du petit écran, qui incarnait les années où la Russie riait de ses propres travers. Le 24 février 2022 a fait rebondir sa carrière. Au moment où la société russe se divisait en camps irréconciliables entre pro et antiguerre, Andreï Botcharov, aujourd'hui âgé de 59 ans, a choisi sans hésiter "sa patrie et ses racines". Dans ses publications et podcasts, il déploie un patriotisme ardent, dénonce toute critique de l'offensive et s'attaque avec un sarcasme mordant à ceux ayant fui le pays en signe de protestation, pour éviter les répressions, ou une mobilisation dans l'armée. Suivi par plus de 350.000 abonnés cumulés sur ses chaînes Telegram et le réseau social russe VK, Botcharik a trouvé un écho médiatique à ses critiques de l'Occident "décadent", où il avait beaucoup voyagé avant 2022. Il anime chaque vendredi une émission à la radio d'Etat Spoutnik. Contrairement à ses nombreux anciens collègues qui ont pris le chemin de l'exil, Botcharik s'exprime haut et fort pour défendre avec passion les intérêts nationaux et les "valeurs traditionnelles", devenues obligatoires pour "les vrais patriotes". Dans une comparaison entre la Russie et l'Occident, il affirme par exemple sur Spoutnik : "Nous sommes les premiers parce qu'on a une âme et pas seulement de l'argent et nos gars au front le prouvent chaque jour." "La Russie gagne toujours: nous sommes Russes, et le bortsch est avec nous!", aime-t-il à répéter en plaisantant, en référence à la soupe traditionnelle dont la recette est revendiquée par Russes et Ukrainiens. L'opposante silencieuse Le 24 février 2022, Varvara (prénom changé) s'est rendue à Moscou à une manifestation contre la guerre. Elle a ensuite perdu son emploi dans une structure publique pour avoir signé une pétition contre le conflit. Quand elle est sortie manifester ce jour-là, elle dit à l'AFP avoir eu "le sentiment diffus de ne pas savoir ce qui allait se passer". Elle a prévenu des proches qu'elle pouvait être arrêtée, a laissé un double de ses clés, et espéré que son chat "ne mourrait pas de faim" en son absence. Mais elle a échappé aux répressions judiciaires. Dans les premiers jours de l'invasion, la Russie a adopté une censure militaire draconienne. Des centaines de personnes ont été condamnées à de lourdes peines de prison et des milliers d'autres ont reçu des amendes ou de courtes peines d'emprisonnement. Nombre d'amis de Varvara ont quitté le pays. Elle y a pensé mais ne l'a pas fait: "Je ne savais pas comment, où, ni de quoi je vivrais". La visite de policiers qu'elle redoutait tant n'est jamais venue. Elle a trouvé un nouvel emploi dans une organisation caritative. Après l'invasion, il lui a fallu deux ans, dit-elle, pour ressentir de la joie sans culpabilité: "Une amie et moi étions sorties nous promener. C'était l’été. Et soudain, j'ai réalisé que c'était juste une belle journée, et que je ne me sentais pas coupable de l’apprécier." Elle s'est mariée et souhaite avoir des enfants. Elle ne veut donc pas prendre le risque d'être arrêtée et a renoncé à s'exprimer publiquement. Comme elle, la plupart des Russes opposés au conflit se sont murés dans le silence. Pourtant, la guerre pèse toujours sur sa vie. Son père, membre des forces de l'ordre, a servi en Ukraine. Elle l'aime, souffle-t-elle, et il lui propose régulièrement une aide financière. Mais elle refuse systématiquement. Varvara ne croit pas qu'il soit possible de changer le régime russe dans la situation actuelle: "Toute résistance venant d'en bas sera écrasée. J'espère simplement que nous survivrons à tout cela, physiquement". burx/jc-rco/pop/ial/
Texte intégral (1490 mots)
Des millions d'Ukrainiens ont été contraints de fuir leurs foyers pour échapper aux combats. Parallèlement, des centaines de Russes qui s'opposaient au conflit ont été condamnés à de lourdes peines, et des centaines de milliers d'autres ont quitté le pays. À l'approche du 24 février – qui marquera le quatrième anniversaire de l'invasion – l'AFP retrace quatre existences bouleversées par la guerre: une famille ukrainienne anéantie par un missile russe, un soldat de Kiev amputé, un comédien pro-Kremlin et une Russe antiguerre. Une famille détruite Kira avait trois mois, sa mère Valeria 28 ans, sa grand-mère Lioudmyla 54 ans. En quelques secondes, un missile russe a anéanti trois générations d'une même famille ukrainienne. C'était le 23 avril 2022. Cinq autres personnes ont été tuées dans cette frappe sur un immeuble résidentiel d'Odessa, ville portuaire du sud très souvent bombardée par Moscou. Mais la tragédie de la famille Glodan a eu un énorme retentissement, dans le pays et au-delà. Le père, Iouriï, était sorti faire des courses au moment du bombardement. Les images de l'époque le montrent, sous le choc, en train de récupérer quelques affaires de sa femme et de son bébé dans les décombres de leur maison. Iouriï et Valeria étaient ensemble depuis une dizaine d'années et formaient un couple très amoureux, selon leurs proches. L'arrivée de Kira avait complété le tableau de famille idyllique. Après le drame, Iouriï, ancien avocat reconverti dans la boulangerie --il travaillait dans un café branché d'Odessa --, s'est engagé dans l'armée en mars 2023. Il mourra en septembre de la même année près de Bakhmout (est), une ville au coeur de l'une des batailles les plus sanglantes du conflit. La cruauté de l'histoire de la famille Glodan en fait l'un des symboles du prix exorbitant payé par les civils ukrainiens. "Il y a des centaines d'histoires comme celles-ci à travers le pays, mais merci de raconter l'histoire de mes amis", déclare Alla Koroliova, la meilleure amie de Valeria, rencontrée par l'AFP à Odessa en février 2026. Cette experte en marketing de 38 ans avait embauché Valeria comme assistante, et les deux femmes étaient devenues inséparables. "Lera (le diminutif de Valeria) était un rayon de soleil. Elle adorait Odessa, la culture ukrainienne, l'opéra... Elle avait un énorme rire, qui me manque tellement", raconte Alla. Au début de l'invasion, Alla était partie avec sa famille dans l'ouest, mais Valeria ne voulait pas quitter Odessa, où "elle se sentait en sécurité". Alla montre sur son téléphone les photos de la petite Kira, envoyées par son amie. Un bébé qu'elle n'aura jamais eu le temps de connaître. - L'amputé qui veut combattre - La Russie a lancé son invasion de l'Ukraine le jour du 32e anniversaire de Volodymyr. Devenu soldat, il est impatient de reprendre le combat même après avoir perdu une jambe et un avant-bras lors d'une frappe de drone russe, en 2024. L'AFP l'avait rencontré dans la région de Kharkiv (nord-est), quelques mois avant cette grave blessure. Il déclarait alors que les drones atteignent leur cible dans 90 % des cas, "si le pilote est bon". En janvier 2026, Volodymyr, courte barbe et cheveux rasés, a raconté le traumatisme de sa blessure. "J'ai levé la tête alors que j'étais allongé, j'ai regardé ma jambe, et un type (...) était en train de me la scier." Il a subi 21 opérations en un mois: "Presque tous les jours, sauf le samedi, jour de repos pour de nombreux médecins." Volodymyr, désormais muni d'une prothèse à la jambe, a rencontré l'AFP lors d'un tournoi de football en salle à Pavlograd, ville où il avait l'habitude de jouer avant son accident. Il se déplace avec aisance, sans béquilles. Déterminé à se réengager, cet homme souriant suit une rééducation constante depuis 18 mois. "Dès le début, j'avais prévu de retourner auprès de mes frères d'armes." Mais, cette fois-ci, à un poste en retrait. Malgré sa détermination à combattre, Volodymyr garde l'espoir d'un accord prochain pour mettre fin à la guerre. Et sa position à ce sujet a évolué. "Il y a deux ans, nous étions fermement convaincus que nous pourrions revenir aux frontières de 1991", avec la Crimée et l'est de l'Ukraine sous le contrôle de Kiev. "Mais, maintenant, en étant dans l'armée et en vivant tout cela de près, je comprends que le prix à payer pour les frontières de 1991 sera très élevé". Le comédien opportuniste Dans les années 1990, l'humoriste Andreï Botcharov, alias "Botcharik", incarnait pour des millions de Russes un "fils à maman" dans une série culte. La guerre en Ukraine lui a permis de réorienter une carrière au point mort. Ce Sibérien était devenu une star de la série "33 m2", où il interprète le dernier d'une famille et séduit le public avec ses sourires, ses maladresses et mimiques candides. S'ensuit une période de relative diète médiatique pour cette vedette du petit écran, qui incarnait les années où la Russie riait de ses propres travers. Le 24 février 2022 a fait rebondir sa carrière. Au moment où la société russe se divisait en camps irréconciliables entre pro et antiguerre, Andreï Botcharov, aujourd'hui âgé de 59 ans, a choisi sans hésiter "sa patrie et ses racines". Dans ses publications et podcasts, il déploie un patriotisme ardent, dénonce toute critique de l'offensive et s'attaque avec un sarcasme mordant à ceux ayant fui le pays en signe de protestation, pour éviter les répressions, ou une mobilisation dans l'armée. Suivi par plus de 350.000 abonnés cumulés sur ses chaînes Telegram et le réseau social russe VK, Botcharik a trouvé un écho médiatique à ses critiques de l'Occident "décadent", où il avait beaucoup voyagé avant 2022. Il anime chaque vendredi une émission à la radio d'Etat Spoutnik. Contrairement à ses nombreux anciens collègues qui ont pris le chemin de l'exil, Botcharik s'exprime haut et fort pour défendre avec passion les intérêts nationaux et les "valeurs traditionnelles", devenues obligatoires pour "les vrais patriotes". Dans une comparaison entre la Russie et l'Occident, il affirme par exemple sur Spoutnik : "Nous sommes les premiers parce qu'on a une âme et pas seulement de l'argent et nos gars au front le prouvent chaque jour." "La Russie gagne toujours: nous sommes Russes, et le bortsch est avec nous!", aime-t-il à répéter en plaisantant, en référence à la soupe traditionnelle dont la recette est revendiquée par Russes et Ukrainiens. L'opposante silencieuse Le 24 février 2022, Varvara (prénom changé) s'est rendue à Moscou à une manifestation contre la guerre. Elle a ensuite perdu son emploi dans une structure publique pour avoir signé une pétition contre le conflit. Quand elle est sortie manifester ce jour-là, elle dit à l'AFP avoir eu "le sentiment diffus de ne pas savoir ce qui allait se passer". Elle a prévenu des proches qu'elle pouvait être arrêtée, a laissé un double de ses clés, et espéré que son chat "ne mourrait pas de faim" en son absence. Mais elle a échappé aux répressions judiciaires. Dans les premiers jours de l'invasion, la Russie a adopté une censure militaire draconienne. Des centaines de personnes ont été condamnées à de lourdes peines de prison et des milliers d'autres ont reçu des amendes ou de courtes peines d'emprisonnement. Nombre d'amis de Varvara ont quitté le pays. Elle y a pensé mais ne l'a pas fait: "Je ne savais pas comment, où, ni de quoi je vivrais". La visite de policiers qu'elle redoutait tant n'est jamais venue. Elle a trouvé un nouvel emploi dans une organisation caritative. Après l'invasion, il lui a fallu deux ans, dit-elle, pour ressentir de la joie sans culpabilité: "Une amie et moi étions sorties nous promener. C'était l’été. Et soudain, j'ai réalisé que c'était juste une belle journée, et que je ne me sentais pas coupable de l’apprécier." Elle s'est mariée et souhaite avoir des enfants. Elle ne veut donc pas prendre le risque d'être arrêtée et a renoncé à s'exprimer publiquement. Comme elle, la plupart des Russes opposés au conflit se sont murés dans le silence. Pourtant, la guerre pèse toujours sur sa vie. Son père, membre des forces de l'ordre, a servi en Ukraine. Elle l'aime, souffle-t-elle, et il lui propose régulièrement une aide financière. Mais elle refuse systématiquement. Varvara ne croit pas qu'il soit possible de changer le régime russe dans la situation actuelle: "Toute résistance venant d'en bas sera écrasée. J'espère simplement que nous survivrons à tout cela, physiquement". burx/jc-rco/pop/ial/

22.02.2026 à 10:41

Pour Charles III, trois ans de règne dans la douleur

FRANCE24
img
"Qu'il s'agisse de son fils cadet, Harry, de sa mauvaise santé, de celle de Kate, ou encore des problèmes (...) avec Andrew, Charles III a été confronté à une succession de difficultés et de crises" depuis qu'il est roi, résume le commentateur royal et auteur Ed Owens, dans une interview à l'AFP. Après avoir longtemps attendu son tour, Charles III est monté sur le trône en septembre 2022, au décès de sa mère, la reine Elizabeth II, qui a régné 70 ans et était adorée des Britanniques. Il a été couronné le 6 mai 2023, lors d'une cérémonie marquée par tout le faste dont la monarchie britannique est capable. Mais quatre mois plus tôt, l'horizon s'était déjà assombri pour le nouveau monarque, aujourd'hui âgé de 77 ans. Son fils Harry a publié en janvier 2023 ses mémoires explosifs, "Spare" ("Le Suppléant"), dans lesquels il multiplie les attaques contre la famille royale et étale leurs querelles devant le monde entier. Volontairement exilé depuis 2020 en Californie avec son épouse Meghan, il a été accusé de salir la vénérable institution à des fins mercantiles. Harry a tenté depuis de se rapprocher de son père, sans parvenir à faire oublier la brouille. Charles a aussi annoncé en février 2024 se battre contre un cancer - sans en préciser la nature - ce qui l'a contraint à réduire ses ambitions. Arrestation historique Quelques semaines après, nouveau coup dur : la très populaire princesse Kate, l'épouse du prince-héritier William, a révélé souffrir elle aussi d'un cancer. Si elle a indiqué depuis être en rémission, et si Charles lui-même a pu annoncer en décembre un allègement de son traitement, la maladie reste très présente : Charles rend régulièrement visite à des malades du cancer, notamment pour encourager la prévention. Mais la plus grosse tempête est venue des Etats-Unis et des liens de son frère Andrew avec le financier et pédocriminel américain Jeffrey Epstein. Dès 2011, la presse a publié une photo montrant Andrew tenir par la taille Virginia Giuffre, la principale accusatrice d'Epstein. Bien qu'elles arrivent par bourrasques irrégulières, les informations compromettantes pour Andrew se sont multipliées ces derniers mois. En octobre, Charles espérait avoir éloigné la tourmente en retirant tous ses titres à Andrew. Mais la publication de nouveaux documents par le ministère américain de la Justice fin janvier a encore davantage entaché l'ex-prince. Il a été arrêté et gardé des heures en garde à vue jeudi, soupçonné d'avoir transmis des informations confidentielles à Epstein. Face à cette disgrâce historique, Charles III a affirmé, dans un rare communiqué, que "la justice doit suivre son cours", tout en soulignant sa "plus profonde inquiétude". "Regagner l'affection" Depuis, les experts royaux comparent la situation aux graves crises qu'a traversées la monarchie britannique au XXe siècle : 1936, l'abdication du roi Edouard VIII, ou 1997, la mort de la princesse Diana, ex-épouse de Charles. Dans les deux cas, il a fallu à la famille royale "plus d'une décennie pour stabiliser l'institution et regagner l'affection et la loyauté du grand public", explique Ed Owens. Pour Pauline Maclaran, professeure à l'université Royal Holloway et spécialiste de la famille royale, il y a "une part de malchance" dans les difficultés de Charles. Mais concernant Andrew, le roi a hérité d'un dossier négligé par Elizabeth II. "La reine le protégeait", dit-elle. "Donc une partie de ce que nous voyons aujourd'hui vient du fait qu'Andrew n'a plus aucune protection". Pour Ed Owens, Charles aurait dû s'occuper de "cette bombe non explosée" dès le début de son règne. "Cet épisode pourrait causer un préjudice considérable à l'institution monarchique", "nuire à son autorité morale" comme à celle de Charles, poursuit-il. La monarchie passe par "une période assez instable", mais "cela devait arriver après le décès de la reine", qui avait donné "un grand sentiment de continuité", nuance Pauline Maclaran. Pour elle, Charles mais aussi William doivent travailler à "rétablir la confiance du public, qui a été ébranlée". "William a affirmé qu'il allait changer les choses, être un roi plus moderne à l'image d'autres monarchies européennes. Il doit vraiment insister là-dessus maintenant", dit-elle.
Texte intégral (723 mots)
"Qu'il s'agisse de son fils cadet, Harry, de sa mauvaise santé, de celle de Kate, ou encore des problèmes (...) avec Andrew, Charles III a été confronté à une succession de difficultés et de crises" depuis qu'il est roi, résume le commentateur royal et auteur Ed Owens, dans une interview à l'AFP. Après avoir longtemps attendu son tour, Charles III est monté sur le trône en septembre 2022, au décès de sa mère, la reine Elizabeth II, qui a régné 70 ans et était adorée des Britanniques. Il a été couronné le 6 mai 2023, lors d'une cérémonie marquée par tout le faste dont la monarchie britannique est capable. Mais quatre mois plus tôt, l'horizon s'était déjà assombri pour le nouveau monarque, aujourd'hui âgé de 77 ans. Son fils Harry a publié en janvier 2023 ses mémoires explosifs, "Spare" ("Le Suppléant"), dans lesquels il multiplie les attaques contre la famille royale et étale leurs querelles devant le monde entier. Volontairement exilé depuis 2020 en Californie avec son épouse Meghan, il a été accusé de salir la vénérable institution à des fins mercantiles. Harry a tenté depuis de se rapprocher de son père, sans parvenir à faire oublier la brouille. Charles a aussi annoncé en février 2024 se battre contre un cancer - sans en préciser la nature - ce qui l'a contraint à réduire ses ambitions. Arrestation historique Quelques semaines après, nouveau coup dur : la très populaire princesse Kate, l'épouse du prince-héritier William, a révélé souffrir elle aussi d'un cancer. Si elle a indiqué depuis être en rémission, et si Charles lui-même a pu annoncer en décembre un allègement de son traitement, la maladie reste très présente : Charles rend régulièrement visite à des malades du cancer, notamment pour encourager la prévention. Mais la plus grosse tempête est venue des Etats-Unis et des liens de son frère Andrew avec le financier et pédocriminel américain Jeffrey Epstein. Dès 2011, la presse a publié une photo montrant Andrew tenir par la taille Virginia Giuffre, la principale accusatrice d'Epstein. Bien qu'elles arrivent par bourrasques irrégulières, les informations compromettantes pour Andrew se sont multipliées ces derniers mois. En octobre, Charles espérait avoir éloigné la tourmente en retirant tous ses titres à Andrew. Mais la publication de nouveaux documents par le ministère américain de la Justice fin janvier a encore davantage entaché l'ex-prince. Il a été arrêté et gardé des heures en garde à vue jeudi, soupçonné d'avoir transmis des informations confidentielles à Epstein. Face à cette disgrâce historique, Charles III a affirmé, dans un rare communiqué, que "la justice doit suivre son cours", tout en soulignant sa "plus profonde inquiétude". "Regagner l'affection" Depuis, les experts royaux comparent la situation aux graves crises qu'a traversées la monarchie britannique au XXe siècle : 1936, l'abdication du roi Edouard VIII, ou 1997, la mort de la princesse Diana, ex-épouse de Charles. Dans les deux cas, il a fallu à la famille royale "plus d'une décennie pour stabiliser l'institution et regagner l'affection et la loyauté du grand public", explique Ed Owens. Pour Pauline Maclaran, professeure à l'université Royal Holloway et spécialiste de la famille royale, il y a "une part de malchance" dans les difficultés de Charles. Mais concernant Andrew, le roi a hérité d'un dossier négligé par Elizabeth II. "La reine le protégeait", dit-elle. "Donc une partie de ce que nous voyons aujourd'hui vient du fait qu'Andrew n'a plus aucune protection". Pour Ed Owens, Charles aurait dû s'occuper de "cette bombe non explosée" dès le début de son règne. "Cet épisode pourrait causer un préjudice considérable à l'institution monarchique", "nuire à son autorité morale" comme à celle de Charles, poursuit-il. La monarchie passe par "une période assez instable", mais "cela devait arriver après le décès de la reine", qui avait donné "un grand sentiment de continuité", nuance Pauline Maclaran. Pour elle, Charles mais aussi William doivent travailler à "rétablir la confiance du public, qui a été ébranlée". "William a affirmé qu'il allait changer les choses, être un roi plus moderne à l'image d'autres monarchies européennes. Il doit vraiment insister là-dessus maintenant", dit-elle.

22.02.2026 à 10:31

Face aux fortes intempéries, des agriculteurs en première ligne

FRANCE24
img
Il passe, résigné, dans son champ de carottes aux allures de rizière. "J'ai déjà perdu entre 10 et 15% de ma récolte, potentiellement 30% si je n'arrive pas à ramasser ce qui reste", soupire-t-il, les bottes engluées dans la boue à Roz-sur-Couesnon (Ille-et-Vilaine). Dans le Lot-et-Garonne, Jean-Pierre Sanz se désole de voir au moins la moitié de sa production inondée, notamment ses kiwis, une espèce qui "ne supporte pas l'eau". Terrains impraticables, légumes pourris, bâtiments inondés... Ces fortes précipitations ont "causé des dégâts importants surtout chez les maraîchers. Le phénomène de crues touche aussi les céréales d'hiver et les vergers", énumère Nicolas Fortin, secrétaire national de la Confédération paysanne, troisième syndicat agricole. Le trop-plein d'eau provoque l'asphyxie des cultures dans les champs, y compris celles déjà prêtes à être récoltées. Près de Saint-Malo (Ille-et-Vilaine), Richard Fontaine, maraîcher, regarde impuissant ses choux pourrir sur pieds: le sol trop meuble à cause des pluies empêche son tracteur de passer. "En ce moment, un collègue ramasse même ses céleris à la main pour limiter les pertes", affirme-t-il. Environ 20% de la production de légumes d'hiver sera perdue faute de pouvoir être récoltée, selon la chambre d'agriculture de Bretagne, une des premières régions agricoles de France. Plus intense "Le comble c'est que là ça déborde, mais on n'est pas à l'abri d'un arrêté sécheresse au mois de juin", ironise Richard Fontaine. Avec le changement climatique, les épisodes de pluies et de sécheresses seront potentiellement plus intenses que par le passé, avertit l'hydroclimatologue Florence Habets, chercheuse au CNRS. Pour autant, ces pluies hivernales font "moins de dégâts par rapport à de potentielles inondations en mai ou en juin", tempère Nicolas Fortin. En cette saison, outre les vergers, seuls les légumes d'hiver et quelques rares céréales sont déjà plantés, poursuit le syndicaliste. "Une partie des champs n'est pas encore ensemencée, mais les inondations vont provoquer des retards", redoute-t-il. Pour le président de la chambre d'agriculture de Nouvelle-Aquitaine, Jean-Samuel Eynard, l'urgence désormais pour les maraîchers "est de rebâcher les serres qui ont été détruites par le coup de vent, parce que si jamais il y a un coup de gel, les cultures en dessous seront détruites". Dans cette région, l'inquiétude s'étend aussi aux éleveurs. En déplacement dans un élevage ovin à Cabanac-et-Villagrain (Gironde), il a souligné que "les brebis sont dans l'eau à la veille de la mise bas". L'éleveuse redoute "beaucoup d'avortements", a précisé Jérôme Fréville, président de la FDSEA 33, branche locale du premier syndicat agricole. Autre crainte pour l'ensemble des agriculteurs concernés par le sinistre, l'absence de compensation financière. "La plupart des paysans affectés n'ont droit à rien, très peu sont assurés", souligne Nicolas Fortin. Interrogée vendredi, la ministre de l'Agriculture Annie Genevard a assuré que "la solidarité nationale sera(it) au rendez-vous", annonçant que le dispositif des calamités agricoles avait été déclenché pour les plus touchés. "Il faut attendre la décrue et évaluer les dégâts à ce moment-là", a-t-elle toutefois temporisé.
Texte intégral (555 mots)
Il passe, résigné, dans son champ de carottes aux allures de rizière. "J'ai déjà perdu entre 10 et 15% de ma récolte, potentiellement 30% si je n'arrive pas à ramasser ce qui reste", soupire-t-il, les bottes engluées dans la boue à Roz-sur-Couesnon (Ille-et-Vilaine). Dans le Lot-et-Garonne, Jean-Pierre Sanz se désole de voir au moins la moitié de sa production inondée, notamment ses kiwis, une espèce qui "ne supporte pas l'eau". Terrains impraticables, légumes pourris, bâtiments inondés... Ces fortes précipitations ont "causé des dégâts importants surtout chez les maraîchers. Le phénomène de crues touche aussi les céréales d'hiver et les vergers", énumère Nicolas Fortin, secrétaire national de la Confédération paysanne, troisième syndicat agricole. Le trop-plein d'eau provoque l'asphyxie des cultures dans les champs, y compris celles déjà prêtes à être récoltées. Près de Saint-Malo (Ille-et-Vilaine), Richard Fontaine, maraîcher, regarde impuissant ses choux pourrir sur pieds: le sol trop meuble à cause des pluies empêche son tracteur de passer. "En ce moment, un collègue ramasse même ses céleris à la main pour limiter les pertes", affirme-t-il. Environ 20% de la production de légumes d'hiver sera perdue faute de pouvoir être récoltée, selon la chambre d'agriculture de Bretagne, une des premières régions agricoles de France. Plus intense "Le comble c'est que là ça déborde, mais on n'est pas à l'abri d'un arrêté sécheresse au mois de juin", ironise Richard Fontaine. Avec le changement climatique, les épisodes de pluies et de sécheresses seront potentiellement plus intenses que par le passé, avertit l'hydroclimatologue Florence Habets, chercheuse au CNRS. Pour autant, ces pluies hivernales font "moins de dégâts par rapport à de potentielles inondations en mai ou en juin", tempère Nicolas Fortin. En cette saison, outre les vergers, seuls les légumes d'hiver et quelques rares céréales sont déjà plantés, poursuit le syndicaliste. "Une partie des champs n'est pas encore ensemencée, mais les inondations vont provoquer des retards", redoute-t-il. Pour le président de la chambre d'agriculture de Nouvelle-Aquitaine, Jean-Samuel Eynard, l'urgence désormais pour les maraîchers "est de rebâcher les serres qui ont été détruites par le coup de vent, parce que si jamais il y a un coup de gel, les cultures en dessous seront détruites". Dans cette région, l'inquiétude s'étend aussi aux éleveurs. En déplacement dans un élevage ovin à Cabanac-et-Villagrain (Gironde), il a souligné que "les brebis sont dans l'eau à la veille de la mise bas". L'éleveuse redoute "beaucoup d'avortements", a précisé Jérôme Fréville, président de la FDSEA 33, branche locale du premier syndicat agricole. Autre crainte pour l'ensemble des agriculteurs concernés par le sinistre, l'absence de compensation financière. "La plupart des paysans affectés n'ont droit à rien, très peu sont assurés", souligne Nicolas Fortin. Interrogée vendredi, la ministre de l'Agriculture Annie Genevard a assuré que "la solidarité nationale sera(it) au rendez-vous", annonçant que le dispositif des calamités agricoles avait été déclenché pour les plus touchés. "Il faut attendre la décrue et évaluer les dégâts à ce moment-là", a-t-elle toutefois temporisé.

22.02.2026 à 10:19

JO: "J'ai gagné tout ce que je voulais gagner", savoure Julia Simon

FRANCE24
img
Malgré un début de saison retardé par une suspension d'un mois, conséquence de sa condamnation pour vol et fraude à la carte bancaire, la Savoyarde de 29 ans se savait capable de "répondre présente dans les grands rendez-vous", assure-t-elle dans un entretien accordé à l'AFP. "L'objectif était le mois de février. Il y avait pas mal de pression quand je suis arrivée. Je suis humaine, donc j'ai par moments des doutes. Après, je sais répondre présente sur les grands rendez-vous", affirme Julia Simon. A Anterselva, site olympique du biathlon à 1.600 m d'altitude, la Française a su s'appuyer sur son mental hors du commun pour réaliser son rêve ultime, un titre de championne olympique (individuel 15 km), deux médailles d'or dans les relais (mixte et féminin) et l'argent de la mass start au bout d'une course incroyable. "A certains moments, il faut débrancher un petit peu le cerveau. J'ai laissé parler mon côté animal et mon instinct, pour aller vraiment chercher au bout de moi-même", assure la redoutable finisseuse. "Le contrat est rempli. C'était vraiment une quinzaine incroyable", savoure Julia Simon sous les épais flocons, ses quatre médailles autour du cou. Sa saison olympique n'a pourtant pas été un long fleuve tranquille, avec une préparation perturbée par sa double sanction, judiciaire puis disciplinaire, à l'automne dans l'affaire des cartes de crédit qui l'opposait notamment à sa coéquipière Justine Braisaz-Bouchet. En se constituant une carapace pour revenir progressivement, malgré un mois de compétition en moins, elle est parvenue à surmonter ces épreuves et revenir à son meilleur niveau. "Croire en ses rêves" Désormais, la biathlète des Saisies a tout gagné: trois médailles d'or olympique, dix titres de championne du monde (dont quatre fois individuellement), le gros globe de cristal (2023), ce qui fait d'elle la meilleure biathlète française de l'histoire. "Je suis quelqu'un qui a mis du temps à arriver à maturité, mais je suis vraiment contente de mon chemin. Ca m'a demandé beaucoup de travail, de remettre beaucoup de choses en perspective, de recommencer le tir presque à zéro", raconte-t-elle. Deux années de dur labeur entre le printemps 2020 et l'été 2022 avec son coach en tir Jean-Paul Giachino, pour tout reconstruire et gagner en régularité sur le tir couché, qui lui a permis ensuite de jouer les premiers rôles dans les grands rendez-vous et en Coupe du monde. "Je suis vraiment très contente aujourd'hui d'en être arrivée là, ça fait un beau palmarès et j'ai gagné tout ce que je souhaitais gagner quand j'étais petite fille", se réjouit la native d'Albertville. La Julia Simon de 2026 dirait justement à la petite fille qu'elle était, née dans une famille d'agriculteurs, de "croire en ses rêves", ce dont elle est le plus "fière" aujourd'hui. "C'est tellement éphémère qu'on veut toujours revivre ces émotions, encore et encore", apprécie-t-elle. Désormais, la Française veut juste rentrer chez elle et "qu'on lui foute la paix", plaisante-t-elle. Le biathlon la fait encore rêver et elle se voit bien continuer encore une ou deux saisons, "après on verra". "Tant que je prends du plaisir et que je m'amuse je vais continuer là-dedans. Ca demande beaucoup de choix de vie et de temps aussi, mais pour le moment le biathlon c'est tellement des émotions incroyables", confie-t-elle.
Texte intégral (574 mots)
Malgré un début de saison retardé par une suspension d'un mois, conséquence de sa condamnation pour vol et fraude à la carte bancaire, la Savoyarde de 29 ans se savait capable de "répondre présente dans les grands rendez-vous", assure-t-elle dans un entretien accordé à l'AFP. "L'objectif était le mois de février. Il y avait pas mal de pression quand je suis arrivée. Je suis humaine, donc j'ai par moments des doutes. Après, je sais répondre présente sur les grands rendez-vous", affirme Julia Simon. A Anterselva, site olympique du biathlon à 1.600 m d'altitude, la Française a su s'appuyer sur son mental hors du commun pour réaliser son rêve ultime, un titre de championne olympique (individuel 15 km), deux médailles d'or dans les relais (mixte et féminin) et l'argent de la mass start au bout d'une course incroyable. "A certains moments, il faut débrancher un petit peu le cerveau. J'ai laissé parler mon côté animal et mon instinct, pour aller vraiment chercher au bout de moi-même", assure la redoutable finisseuse. "Le contrat est rempli. C'était vraiment une quinzaine incroyable", savoure Julia Simon sous les épais flocons, ses quatre médailles autour du cou. Sa saison olympique n'a pourtant pas été un long fleuve tranquille, avec une préparation perturbée par sa double sanction, judiciaire puis disciplinaire, à l'automne dans l'affaire des cartes de crédit qui l'opposait notamment à sa coéquipière Justine Braisaz-Bouchet. En se constituant une carapace pour revenir progressivement, malgré un mois de compétition en moins, elle est parvenue à surmonter ces épreuves et revenir à son meilleur niveau. "Croire en ses rêves" Désormais, la biathlète des Saisies a tout gagné: trois médailles d'or olympique, dix titres de championne du monde (dont quatre fois individuellement), le gros globe de cristal (2023), ce qui fait d'elle la meilleure biathlète française de l'histoire. "Je suis quelqu'un qui a mis du temps à arriver à maturité, mais je suis vraiment contente de mon chemin. Ca m'a demandé beaucoup de travail, de remettre beaucoup de choses en perspective, de recommencer le tir presque à zéro", raconte-t-elle. Deux années de dur labeur entre le printemps 2020 et l'été 2022 avec son coach en tir Jean-Paul Giachino, pour tout reconstruire et gagner en régularité sur le tir couché, qui lui a permis ensuite de jouer les premiers rôles dans les grands rendez-vous et en Coupe du monde. "Je suis vraiment très contente aujourd'hui d'en être arrivée là, ça fait un beau palmarès et j'ai gagné tout ce que je souhaitais gagner quand j'étais petite fille", se réjouit la native d'Albertville. La Julia Simon de 2026 dirait justement à la petite fille qu'elle était, née dans une famille d'agriculteurs, de "croire en ses rêves", ce dont elle est le plus "fière" aujourd'hui. "C'est tellement éphémère qu'on veut toujours revivre ces émotions, encore et encore", apprécie-t-elle. Désormais, la Française veut juste rentrer chez elle et "qu'on lui foute la paix", plaisante-t-elle. Le biathlon la fait encore rêver et elle se voit bien continuer encore une ou deux saisons, "après on verra". "Tant que je prends du plaisir et que je m'amuse je vais continuer là-dedans. Ca demande beaucoup de choix de vie et de temps aussi, mais pour le moment le biathlon c'est tellement des émotions incroyables", confie-t-elle.

22.02.2026 à 10:11

Un "guichet unique" pour "harmoniser" l'installation des jeunes agriculteurs

FRANCE24
img
Jusque-là, un jeune qui voulait s'installer en agriculture faisait face "à de trop nombreux acteurs, même si les chambres d'agriculture" concentrent les principaux services pour obtenir les aides à l'installation, explique Pierrick Horel lors d'un entretien avec l'AFP. Avec la FNSEA, les JA ont formé une alliance syndicale qui a remporté 46,7% des voix aux élections pour les chambres d'agriculture de janvier 2025. S'ils ont perdu la majorité absolue, ils ont gardé la présidence de l'immense majorité de ces établissements publics chargés notamment de conseiller les agriculteurs et de piloter les politiques agricoles. Promise lors du mouvement de colère des agriculteurs de l'hiver 2023-2024, la loi d'orientation agricole votée début 2025 prévoit un guichet unique pour accueillir, orienter puis accompagner les aspirants agriculteurs mais aussi les exploitants souhaitant transmettre leur ferme. Expérimenté depuis le début de l'année, le dispositif sera généralisé en 2027 par les chambres départementales. "Pas de Bill Gates" en agriculture L'année 2024, exceptionnelle tant sur le plan des manifestations d'agriculteurs que sur le plan climatique pour les cultures, mais aussi sanitaire pour l'élevage, a vu 12.661 agriculteurs s'installer, un chiffre en chute libre, proche de son niveau de 2020 pendant la pandémie de Covid, selon les dernières statistiques de la Mutualité sociale agricole (MSA). Le taux de remplacement, c'est-à-dire de nouveaux arrivants par rapport aux départs, a chuté à 70,5%, son pire niveau en dix ans, selon des données de la MSA compilées par l'AFP. Et le rebond post-confinement, avec ses quelques reconversions, n'a pas duré. "On est dans un moment qui est compliqué, mais il faut savoir prendre un peu de hauteur parce que, si on se pose les bonnes questions, on peut vivre correctement, si tant est qu'on ne veuille pas devenir le Bill Gates de l'agriculture", affirme Pierrick Horel. Selon lui la colère a soulevé des sujets "très profonds" et le modèle d'installation qui privilégiait l'agrandissement des fermes pour augmenter la rentabilité a "atteint certaines limites": "au lieu de perdre sur quelques hectares les mauvaises années, on perd sur 200-300 parce qu'on est trop contraint par le climat et par la géopolitique". "On n'a plus simplement besoin d'aide à l'installation et à la transmission, mais au changement de pratiques, à la diversification des cultures, à l'adaptation aux changements climatiques", prône le syndicat notamment au travers de sa proposition de "plans et contrats d'avenir". "Gommer les disparités" Selon Pierrick Horel, la décentralisation a créé des disparités entre les régions, qui décident d'accorder la principale aide à l'installation, la dotation jeunes agriculteurs, financée par des fonds européens et régionaux. L'aide moyenne en Auvergne-Rhône-Alpes dépasse largement celle de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, par exemple. L'Auvergne-Rhône-Alpes était d'ailleurs la troisième région à compter le plus d'installation en 2024 (1.825), selon la MSA, derrière l'Occitanie (1.934) et la Nouvelle-Aquitaine (1.916), pourtant en première ligne des changements climatiques. Le guichet unique a vocation à "gommer les disparités et harmoniser les aides tout en gardant l'accompagnement local" pour conseiller à un candidat désireux de faire du houblon de s'installer plutôt dans le Bas-Rhin que dans les Pyrénées-Orientales et à candidat à la reprise d'un vignoble du Sud-Ouest d'envisager les cultures de pistachiers ou d'oliviers, explique Pierrick Horel. Il souligne toutefois la nécessité de "présenter tous les acteurs" pouvant accompagner une installation "sans parti pris", en incluant aussi par exemple les coopératives et le réseau Adear (Associations pour le développement de l'emploi agricole et rural, surtout composées de membres de la Confédération paysanne, qui promeut les petits modèles et l'agroécologie), "pour toucher un public large". Pour que "ça fonctionne, il faut transférer sur le nouveau dispositif les fonds actuels de l'Accompagnement à l'Installation-Transmission en Agriculture et les porter à 20 millions d'euros". Le sujet dépasse toutefois "les frontières françaises" et son objectif est de faire passer de 6 à 10% les fonds européens dédiés à l'accompagnement de l'installation des jeunes agriculteurs.
Texte intégral (676 mots)
Jusque-là, un jeune qui voulait s'installer en agriculture faisait face "à de trop nombreux acteurs, même si les chambres d'agriculture" concentrent les principaux services pour obtenir les aides à l'installation, explique Pierrick Horel lors d'un entretien avec l'AFP. Avec la FNSEA, les JA ont formé une alliance syndicale qui a remporté 46,7% des voix aux élections pour les chambres d'agriculture de janvier 2025. S'ils ont perdu la majorité absolue, ils ont gardé la présidence de l'immense majorité de ces établissements publics chargés notamment de conseiller les agriculteurs et de piloter les politiques agricoles. Promise lors du mouvement de colère des agriculteurs de l'hiver 2023-2024, la loi d'orientation agricole votée début 2025 prévoit un guichet unique pour accueillir, orienter puis accompagner les aspirants agriculteurs mais aussi les exploitants souhaitant transmettre leur ferme. Expérimenté depuis le début de l'année, le dispositif sera généralisé en 2027 par les chambres départementales. "Pas de Bill Gates" en agriculture L'année 2024, exceptionnelle tant sur le plan des manifestations d'agriculteurs que sur le plan climatique pour les cultures, mais aussi sanitaire pour l'élevage, a vu 12.661 agriculteurs s'installer, un chiffre en chute libre, proche de son niveau de 2020 pendant la pandémie de Covid, selon les dernières statistiques de la Mutualité sociale agricole (MSA). Le taux de remplacement, c'est-à-dire de nouveaux arrivants par rapport aux départs, a chuté à 70,5%, son pire niveau en dix ans, selon des données de la MSA compilées par l'AFP. Et le rebond post-confinement, avec ses quelques reconversions, n'a pas duré. "On est dans un moment qui est compliqué, mais il faut savoir prendre un peu de hauteur parce que, si on se pose les bonnes questions, on peut vivre correctement, si tant est qu'on ne veuille pas devenir le Bill Gates de l'agriculture", affirme Pierrick Horel. Selon lui la colère a soulevé des sujets "très profonds" et le modèle d'installation qui privilégiait l'agrandissement des fermes pour augmenter la rentabilité a "atteint certaines limites": "au lieu de perdre sur quelques hectares les mauvaises années, on perd sur 200-300 parce qu'on est trop contraint par le climat et par la géopolitique". "On n'a plus simplement besoin d'aide à l'installation et à la transmission, mais au changement de pratiques, à la diversification des cultures, à l'adaptation aux changements climatiques", prône le syndicat notamment au travers de sa proposition de "plans et contrats d'avenir". "Gommer les disparités" Selon Pierrick Horel, la décentralisation a créé des disparités entre les régions, qui décident d'accorder la principale aide à l'installation, la dotation jeunes agriculteurs, financée par des fonds européens et régionaux. L'aide moyenne en Auvergne-Rhône-Alpes dépasse largement celle de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, par exemple. L'Auvergne-Rhône-Alpes était d'ailleurs la troisième région à compter le plus d'installation en 2024 (1.825), selon la MSA, derrière l'Occitanie (1.934) et la Nouvelle-Aquitaine (1.916), pourtant en première ligne des changements climatiques. Le guichet unique a vocation à "gommer les disparités et harmoniser les aides tout en gardant l'accompagnement local" pour conseiller à un candidat désireux de faire du houblon de s'installer plutôt dans le Bas-Rhin que dans les Pyrénées-Orientales et à candidat à la reprise d'un vignoble du Sud-Ouest d'envisager les cultures de pistachiers ou d'oliviers, explique Pierrick Horel. Il souligne toutefois la nécessité de "présenter tous les acteurs" pouvant accompagner une installation "sans parti pris", en incluant aussi par exemple les coopératives et le réseau Adear (Associations pour le développement de l'emploi agricole et rural, surtout composées de membres de la Confédération paysanne, qui promeut les petits modèles et l'agroécologie), "pour toucher un public large". Pour que "ça fonctionne, il faut transférer sur le nouveau dispositif les fonds actuels de l'Accompagnement à l'Installation-Transmission en Agriculture et les porter à 20 millions d'euros". Le sujet dépasse toutefois "les frontières françaises" et son objectif est de faire passer de 6 à 10% les fonds européens dédiés à l'accompagnement de l'installation des jeunes agriculteurs.

22.02.2026 à 10:09

Au pays du reblochon, l'installation compliquée mais passionnée de jeunes éleveurs

FRANCE24
img
"Je ne pensais pas m'installer un jour en agriculture", raconte Manon Pastol qui, adolescente, a vu son père se lancer dans l'élevage de porcs dans le Sud-Ouest et abandonner quatre ans après, faute de revenus et d'accompagnement suffisants. Mais pendant ses études agricoles, elle tombe sous le charme de François Angelloz-Nicoud et du reblochon. Son père à lui, agriculteur près d'Annecy, est mort lorsqu'il avait deux ans. Il découvre le métier avec ses oncles, éleveurs de chèvres et de vaches. C'est la ferme de l'un d'eux qu'il a achetée en avril 2024 avec Manon, les infrastructures de son père étant trop vieilles pour les faire revivre. Pour lui, l'installation était une "évidence", mais le couple a mis plusieurs années à concrétiser son projet, mené de front avec la naissance de Séraphin, deux ans et demi aujourd'hui et déjà capable de déposer les pastilles vertes, typiques du reblochon fermier, sur les fromages à peine moulés. Le but initial était de racheter l'étable d'hiver, à La Clusaz, et l'étable d'été dans les alpages. Mais la capacité d'emprunt des deux jeunes, avec un apport de 20.000 euros était insuffisante. A la faveur d'une baisse des taux, ils décident de ne reprendre que le bâtiment d'alpage et de le moderniser pour y vivre toute l'année, malgré les 170 cm de neige qui l'entourent en cette fin février. "Habitation 450.000 euros, bâtiment agricole attenant 300.000, trois hectares de pâturage 150.000, 30 vaches 40.000, matériel pour les foins 100.000 et... 200.000 pour les travaux. Total 1,2 million", énumère Manon. "Quand on entend ça, enceinte à 22 ans, ça fait peur, mais aujourd'hui, on s'en sort." Accumulation d'obstacles En janvier, ils se sont versé 1.200 euros chacun, dont 1.000 pour chacun sont partis directement dans le remboursement du prêt personnel dédié à la future habitation. Pour environ 70 heures de travail hebdomadaire, 7 jours sur 7 et deux jours de repos pris depuis avril. A La Clusaz, la pression immobilière pour le tourisme et les prix sont tels que la dernière installation agricole remonte à 10 ans, alors que les départs ont eux été nombreux, illustration du difficile renouvellement des générations d'agriculteurs. Un jeune éleveur de chèvres est arrivé en janvier, quelques mois après eux. Devant Manon s'empilent quatre classeurs contenant les dossiers pour obtenir les nombreuses autorisations nécessaires, mais aussi la "dotation jeunes agriculteurs" (50.000 euros chacun), principale aide publique à l'installation. "Heureusement qu'on a été aidés par une conseillère de gestion et par la chambre d'agriculture pour les dossiers" car les obstacles se sont accumulés, racontent-ils. Mauvaise nouvelle après une inspection l'été dernier: pour respecter les normes sanitaires et de bien-être animal, ils doivent faire des travaux supplémentaires dans la fromagerie et l'étable, où presque rien n'a changé depuis les années 1970. Manon sort une photo sépia de la grand-mère de François, jeune, au milieu des reblochons: "pas de tablier, pas de gants, des rideaux aux fenêtres, aujourd'hui ce n'est plus possible". Les travaux commenceront à l'automne, si leur dossier de subvention est validé à temps. En attendant, ils louent le bâtiment d'hiver à l'oncle de François. Dermatose et Jeux olympiques En juin dernier, trois mois après leurs premiers reblochons en tant que propriétaires des vaches, la dermatose nodulaire contagieuse arrive à vingt kilomètres de leurs pâturages. "On a eu très peur pour nos vaches, c'est toute notre vie, mais c'était trop tard pour reculer (...) la solidarité entre éleveurs nous a impressionnés, en deux jours on a vacciné les 900 de la commune." Une péripétie en cachant une autre, ils s'inquiètent désormais de l'impact des travaux pour les Jeux olympiques d'hiver 2030: "On risque de ne pas pouvoir monter en alpages pendant la restauration des pistes sur nos pâturages, mais on trouvera une solution." Après le moulage des reblochons grâce à la traite du soir, Manon enfile son pull des Jeunes Agriculteurs. Ce soir-là, elle va prendre la tête du "groupe installation" de la section départementale du syndicat agricole. "On a eu un parcours tellement compliqué que ça me tient à cœur d'aider", déclare-t-elle devant la quinzaine de jeunes agriculteurs du groupe.
Texte intégral (714 mots)
"Je ne pensais pas m'installer un jour en agriculture", raconte Manon Pastol qui, adolescente, a vu son père se lancer dans l'élevage de porcs dans le Sud-Ouest et abandonner quatre ans après, faute de revenus et d'accompagnement suffisants. Mais pendant ses études agricoles, elle tombe sous le charme de François Angelloz-Nicoud et du reblochon. Son père à lui, agriculteur près d'Annecy, est mort lorsqu'il avait deux ans. Il découvre le métier avec ses oncles, éleveurs de chèvres et de vaches. C'est la ferme de l'un d'eux qu'il a achetée en avril 2024 avec Manon, les infrastructures de son père étant trop vieilles pour les faire revivre. Pour lui, l'installation était une "évidence", mais le couple a mis plusieurs années à concrétiser son projet, mené de front avec la naissance de Séraphin, deux ans et demi aujourd'hui et déjà capable de déposer les pastilles vertes, typiques du reblochon fermier, sur les fromages à peine moulés. Le but initial était de racheter l'étable d'hiver, à La Clusaz, et l'étable d'été dans les alpages. Mais la capacité d'emprunt des deux jeunes, avec un apport de 20.000 euros était insuffisante. A la faveur d'une baisse des taux, ils décident de ne reprendre que le bâtiment d'alpage et de le moderniser pour y vivre toute l'année, malgré les 170 cm de neige qui l'entourent en cette fin février. "Habitation 450.000 euros, bâtiment agricole attenant 300.000, trois hectares de pâturage 150.000, 30 vaches 40.000, matériel pour les foins 100.000 et... 200.000 pour les travaux. Total 1,2 million", énumère Manon. "Quand on entend ça, enceinte à 22 ans, ça fait peur, mais aujourd'hui, on s'en sort." Accumulation d'obstacles En janvier, ils se sont versé 1.200 euros chacun, dont 1.000 pour chacun sont partis directement dans le remboursement du prêt personnel dédié à la future habitation. Pour environ 70 heures de travail hebdomadaire, 7 jours sur 7 et deux jours de repos pris depuis avril. A La Clusaz, la pression immobilière pour le tourisme et les prix sont tels que la dernière installation agricole remonte à 10 ans, alors que les départs ont eux été nombreux, illustration du difficile renouvellement des générations d'agriculteurs. Un jeune éleveur de chèvres est arrivé en janvier, quelques mois après eux. Devant Manon s'empilent quatre classeurs contenant les dossiers pour obtenir les nombreuses autorisations nécessaires, mais aussi la "dotation jeunes agriculteurs" (50.000 euros chacun), principale aide publique à l'installation. "Heureusement qu'on a été aidés par une conseillère de gestion et par la chambre d'agriculture pour les dossiers" car les obstacles se sont accumulés, racontent-ils. Mauvaise nouvelle après une inspection l'été dernier: pour respecter les normes sanitaires et de bien-être animal, ils doivent faire des travaux supplémentaires dans la fromagerie et l'étable, où presque rien n'a changé depuis les années 1970. Manon sort une photo sépia de la grand-mère de François, jeune, au milieu des reblochons: "pas de tablier, pas de gants, des rideaux aux fenêtres, aujourd'hui ce n'est plus possible". Les travaux commenceront à l'automne, si leur dossier de subvention est validé à temps. En attendant, ils louent le bâtiment d'hiver à l'oncle de François. Dermatose et Jeux olympiques En juin dernier, trois mois après leurs premiers reblochons en tant que propriétaires des vaches, la dermatose nodulaire contagieuse arrive à vingt kilomètres de leurs pâturages. "On a eu très peur pour nos vaches, c'est toute notre vie, mais c'était trop tard pour reculer (...) la solidarité entre éleveurs nous a impressionnés, en deux jours on a vacciné les 900 de la commune." Une péripétie en cachant une autre, ils s'inquiètent désormais de l'impact des travaux pour les Jeux olympiques d'hiver 2030: "On risque de ne pas pouvoir monter en alpages pendant la restauration des pistes sur nos pâturages, mais on trouvera une solution." Après le moulage des reblochons grâce à la traite du soir, Manon enfile son pull des Jeunes Agriculteurs. Ce soir-là, elle va prendre la tête du "groupe installation" de la section départementale du syndicat agricole. "On a eu un parcours tellement compliqué que ça me tient à cœur d'aider", déclare-t-elle devant la quinzaine de jeunes agriculteurs du groupe.

22.02.2026 à 09:27

La bataille pour Paris : des boulets aux pieds, Emmanuel Grégoire fait de son mieux pour surnager

Romain BRUNET
img
Le candidat de l’union de la gauche hors La France insoumise fait face à de nombreux handicaps dans cette campagne des municipales à Paris : Emmanuel Grégoire est peu connu, hérite du bilan d’Anne Hidalgo et est confronté au scandale des violences sexuelles dans le périscolaire. De quoi rendre difficilement audible un projet qui se veut à la fois dans la continuité de l’équipe sortante tout en étant différent. La bataille pour Paris, épisode 4.
Texte intégral (714 mots)
Le candidat de l’union de la gauche hors La France insoumise fait face à de nombreux handicaps dans cette campagne des municipales à Paris : Emmanuel Grégoire est peu connu, hérite du bilan d’Anne Hidalgo et est confronté au scandale des violences sexuelles dans le périscolaire. De quoi rendre difficilement audible un projet qui se veut à la fois dans la continuité de l’équipe sortante tout en étant différent. La bataille pour Paris, épisode 4.

22.02.2026 à 09:26

Nouvelle escalade entre le Pakistan et l’Afghanistan après des frappes aériennes d'Islamabad

FRANCE24
img
Islamabad a indiqué dimanche avoir mené des frappes "sélectives" contre des groupes armés en Afghanistan après plusieurs attentats, dont une attaque meurtrière dans une mosquée à Islamabad. Kaboul accuse le Pakistan d’avoir visé des civils dans les provinces de Nangarhar et de Paktika. Les précisions de notre correspondante à Islamabad.
Texte intégral (714 mots)
Islamabad a indiqué dimanche avoir mené des frappes "sélectives" contre des groupes armés en Afghanistan après plusieurs attentats, dont une attaque meurtrière dans une mosquée à Islamabad. Kaboul accuse le Pakistan d’avoir visé des civils dans les provinces de Nangarhar et de Paktika. Les précisions de notre correspondante à Islamabad.
15 / 15

 

  GÉNÉRALISTES
Le Canard Enchaîné
La Croix
Le Figaro
France 24
France-Culture
FTVI
HuffPost
L'Humanité
LCP / Public Senat
Le Media
La Tribune
Time France
 
  EUROPE ‧ RUSSIE
Courrier Europe Centrale
Desk-Russie
Euractiv
Euronews
Toute l'Europe
 
  Afrique du Nord ‧ Proche-Orient
Haaretz
Info Asie
Inkyfada
Jeune Afrique
Kurdistan au féminin
L'Orient - Le Jour
Orient XXI
Rojava I.C
 
  INTERNATIONAL
Courrier International
Equaltimes
Global Voices
Infomigrants
I.R.I.S
The New-York Times
 
  OSINT ‧ INVESTIGATION
OFF Investigation
OpenFacto°
Bellingcat
Disclose
Global.Inv.Journalism
I.C.I.J
 
  MÉDIAS D'OPINION
Au Poste
Cause Commune
CrimethInc.
Hors-Serie
L'Insoumission
Là-bas si j'y suis
Les Jours
LVSL
Politis
Quartier Général
Rapports de force
Reflets
Reseau Bastille
StreetPress
 
  OBSERVATOIRES
Armements
Acrimed
Catastrophes naturelles
Conspis
Culture
Curation IA
Extrême-droite
Human Rights Watch
Inégalités
Information
Justice fiscale
Liberté de création
Multinationales
Situationnisme
Sondages
Street-Médics
Routes de la Soie
🌞