Les quatre corps ont été découverts samedi après-midi, a indiqué le parquet de Pontoise dans un communiqué, confirmant une information du Parisien.
Près de 24 heures après, Villers-en-Arthies, petite commune du Vexin de 500 habitants, digère le drame que "personne n'imaginait possible ici", selon une habitante, croisée par l'AFP dans une des rues désertes du bourg.
A la sortie du village, la maison moderne au toit en tuiles où ont eu lieu les faits est dissimulée derrière un grand portail en bois, devant lequel des bouquets de fleurs sont déposés depuis la mi-journée.
Laurine, 23 ans, étudiante en droit à Paris mais voisine immédiate, est allée cueillir des roses dans son jardin "en hommage aux petites et à la maman".
"C'était des voisins assez récents que je connais depuis 3-4 ans. Ils sont arrivés en couple avec leurs deux petites filles très gentilles", raconte Laurine, en précisant qu'elle ne sait pas depuis combien de temps le couple était séparé.
"On ne les connaissait pas vraiment. Lui, je le croisais de temps en temps, il travaillait parfois de nuit".
Selon les premiers éléments de l'enquête, confiée à la brigade de recherches de Pontoise et à la section de recherches de Versailles, le policier municipal des Hauts-de-Seine, âgé d'une quarantaine d'années, aurait conservé son arme de service.
Il est suspecté d'être l'auteur des coups de feu mortels et de s'être ensuite donné la mort.
C'est le nouveau compagnon de la femme qui a signalé samedi après-midi que cette dernière ne répondait plus à ses appels, alors qu'ils devaient partir en week-end.
Selon lui, sa compagne, avec qui il est en couple depuis un peu plus d'un mois, s'était rendue la veille au domicile de son ex-concubin, qui travaillait de nuit, pour garder leurs enfants.
"On se connaît tous"
Arrivés sur place, les gendarmes ont remarqué la présence du véhicule de la compagne devant le domicile, dont la porte était verrouillée et les volets baissés.
Un impact de balle était également visible. Une fois entrés à l'intérieur, les gendarmes ont trouvé les quatre corps sans vie.
Le parquet précise qu'il "n'existe aucun antécédent judiciaire de violences conjugales entre les ex-époux".
Des autopsies seront réalisées, a ajouté le parquet, et les investigations se poursuivent pour confirmer les premiers éléments relevés ainsi que pour déterminer les raisons de ce triple homicide.
"Ca me rend triste qu'une de mes meilleures amies finisse comme ça. Elle était gentille et elle était super drôle", soupire un jeune garçon, scolarisé en 5e comme l'aînée des deux filles dans un collège voisin.
A ses côtés, une adolescente de 15 ans essuie ses larmes. "On se connait tous dans le village. On se croise tous, on traîne tous ensemble au stade ou au parc". "Elle avait pas l'air d'avoir une situation familiale compliquée", dit-elle en évoquant la collégienne.
Dans un communiqué publié sur son site internet, la municipalité adresse ses "plus sincères condoléances" aux familles et proches des victimes et ajoute qu'elle "informera la population de toute évolution significative, dans le respect de l'enquête et des familles".
Une cellule psychologique va être mise en place dans l'école primaire où était scolarisée la cadette, âgée de 9 ans, pour accompagner les élèves dans leur rentrée lundi.
Cent-sept femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint en 2024, contre 96 en 2023, selon les dernières données de la Mission interministérielle pour la protection des femmes (Miprof).
En Meurthe-et-Moselle, dans la nuit de samedi à dimanche, un père de famille a tiré sur ses deux fils, tuant l'un âgé de sept ans et blessant grièvement l'autre, 17 ans. Il s'est ensuite suicidé. Les faits sont survenus "dans un contexte de séparation", selon le parquet.