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16.04.2026 à 10:11

Crise chez Grasset: 115 écrivains montent au front contre Bolloré

FRANCE24
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Cette affaire devrait être largement débattue au Festival du Livre de Paris, qui s'ouvre jeudi soir au Grand Palais. Avec 450 exposants et 1.800 auteurs attendus, tout le secteur sera présent, à l'exception notable de la plupart des maisons d'édition, dont Grasset, appartenant à Hachette, le numéro un français de l'édition, contrôlé par le milliardaire conservateur Vincent Bolloré. Dans leur lettre ouverte, publiée en milieu de nuit, les 115 écrivains dénoncent "une atteinte inacceptable à l'indépendance éditoriale" de Grasset après l'annonce mardi du départ d'Olivier Nora, à la tête de Grasset depuis 26 ans. "Nous sommes des auteurs Grasset, nous avons publié chez Grasset, ou nous avons un livre qui va sortir chez Grasset, mais nous ne signerons pas notre prochain livre chez Grasset. Et nous sommes 115", affirment ces écrivains, dont une partie s'était réunie dans un café parisien mardi en fin de journée. "Il y a eu des moments de tension parce qu'il faut s'imaginer qu'à Grasset il y a des gens très à gauche, de l'autre côté, des gens plutôt très à droite", a raconté jeudi la romancière Colombe Schneck à l'AFP. Mais "c'était impossible de ne rien faire. Le départ d'Olivier Nora a été une étincelle. On a vu ce que Bolloré a fait à iTélé, à Europe 1, au JDD, chez Fayard. On ne peut pas laisser toutes les maisons du groupe Hachette devenir des maisons d'extrême droite", selon elle. Le courrier a été signé par de grands noms de la littérature, romanciers comme essayistes: Virginie Despentes, Sorj Chalandon, Bernard-Henri Lévy, Frédéric Beigbeder... "Vincent Bolloré, c'est Attila, il arrive, il détruit à son bon plaisir, il corrompt parce qu'il y a des gens qui restent et qui n'ont pas le choix", a déclaré l'un de ces auteurs, le journaliste Claude Askolovitch, jeudi sur France Inter. "guerre idéologique" Interrogé, le groupe Hachette n'a pas réagi dans l'immédiat à la publication de la lettre ouverte. Il a annoncé mardi que Jean-Christophe Thiery, PDG de Louis Hachette Group et homme de confiance de Vincent Bolloré, allait prendre la direction de Grasset. Les signataires du courrier rendent hommage à l'indépendance d'Olivier Nora, qui ne s'est pas encore expliqué sur les raisons de son départ. "Les éditions Grasset étaient notre maison, particulière, car s'y côtoyaient pacifiquement des autrices et des auteurs qui n'étaient pas d'accord sur grand-chose. Olivier Nora en a été le rempart et le ciment par son élégance morale, sa disponibilité, et son engagement", indique ce texte. "Aujourd'hui, nous avons un point commun: nous refusons d'être les otages d'une guerre idéologique visant à imposer l’autoritarisme partout dans la culture et les médias, affirment les signataires, parmi lesquels figurent aussi Anne Sinclair, Jean-Paul Enthoven ou Anne Berest. Les auteurs envisagent désormais d'engager une procédure pour récupérer leurs droits sur les livres qu'ils ont publiés chez Grasset, ce que souhaitent aussi faire plusieurs dizaines d'écrivains, notamment des historiens, ayant publié chez Fayard, autre maison d'édition de l'orbite Hachette. Selon une source proche du dossier, le départ d'Olivier Nora serait lié à la publication du prochain livre de Boualem Sansal, dont l'arrivée chez Grasset en provenance de Gallimard, son éditeur historique, avait fait grand bruit en mars. Mais l'écrivain franco-algérien a réfuté cette version. "Nora lui-même m'a écrit un très long truc (...) en me disant +tu n'y es pour rien+", a-t-il affirmé mercredi sur TV5Monde, en indiquant qu'il publierait un communiqué sur le sujet. Soucieux de s'éloigner des polémiques, le Festival du livre espère attirer plus de 100.000 visiteurs de vendredi à dimanche en célébrant "la lecture sous toutes ses formes, de la littérature aux albums jeunesse en passant par la new romance", selon son directeur général, Pierre-Yves Bérenguer. Le festival met à l'honneur le thème du "voyage", "littéraire, intérieur et géographique", et consacrera deux grandes expositions à la bande dessinée, dont l'une, "Crush", sur la romance dans le 9e art.

16.04.2026 à 10:03

Stellantis va cesser la production d'automobiles dans son site historique de Poissy après 2028

FRANCE24
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Le groupe italo-franco-américain (marques Peugeot, Citroën, Opel, Fiat, Chrysler...) va investir 100 millions d'euros pour reconvertir ce site et assure que les réductions d'effectifs s'effectueront par des départs naturels ou volontaires. "Le site ne fermera pas, il aura un futur industriel pérenne", a assuré Stellantis dans un communiqué, précisant que la production automobile se poursuivra à Poissy au moins jusqu'à fin 2028. Ensuite, le site va progressivement intégrer "quatre nouvelles activités industrielles, pleinement opérationnelles d'ici à 2030" pour "maintenir 1.000 postes ouvriers", à savoir "la production de pièces automobiles, la valorisation de pièces dans une logique d’économie circulaire, la préparation et la transformation de véhicules et l’impression 3D de pièces pour des petites séries". "Compte tenu de la pyramide des âges, les évolutions d’effectifs se feront de manière progressive", "via des départs naturels ou des mesures individuelles basées sur le volontariat", selon le groupe. Stellantis précise que le site compte aujourd'hui 1.925 ouvriers "sur le papier", mais qu'en réalité 1.580 personnes travaillent réellement sur le site, "compte tenu des absences pour formation, congés, ou maladie". "A horizon 2030, avec les départs naturels, dont les mesures d’âge, le site comptera autour de 1.200 ouvriers actifs", ce qui correspond bien à "1.000 postes ouvriers", car "dans l’industrie, il faut environ 1,2 personne pour tenir un poste", selon le groupe. La fabrication de pièces correspond à un nouveau besoin étant donné le vieillissement continu du parc roulant, avec 40 millions de véhicules de 12 ans en moyenne, explique le groupe. Poissy restera le siège du constructeur avec un centre de recherche et développement et un "green campus" fort de 8.000 personnes. En sursis Dernière usine d’assemblage automobile d’Ile-de-France, le site de Poissy, l'une des cinq usines françaises de Stellantis et l'une des onze usines françaises d'automobiles, produisait 400 véhicules par jour, des Opel Mokka et des DS3. A son apogée, vers 1976, elle a employé jusqu'à 27.000 personnes. L'arrêt de la production automobile à Poissy, usine née en 1938, vient clore une série noire pour les autres grandes usines automobiles franciliennes: les usines Renault de Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine) ont fermé en 1992, puis l'usine PSA d'Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) en 2014. A Flins (Yvelines), l'usine Renault a cessé la production automobile en 2024 pour se reconvertir dans le reconditionnement automobile. Considérablement réduit de taille ces dernières années, le site de Poissy était en sursis depuis octobre et l'annulation par Stellantis du projet de DS3 électrique sans attribuer de nouveau modèle à l'usine. En 2025, des rapports internes montraient un taux d’utilisation de la capacité de seulement 58%. Stellantis garde en France quatre usines de production d'automobiles, sur 42 dans le monde: Mulhouse, Sochaux, Rennes et Hordain pour les véhicules utilitaires, pour une production totale de près de 662.000 véhicules en 2025 dont 13,5% à Poissy. - Marché ralenti - La fermeture de Poissy s’inscrit dans le recul continu de l’emploi automobile en France depuis deux décennies, sous l'effet des délocalisations, puis de la transition vers l'électrique et maintenant de la concurrence chinoise. En outre, les marchés français et européen comptent un quart de ventes de voitures neuves en moins depuis la pandémie de Covid-19. Selon l’Insee, la filière automobile française (constructeurs et fournisseurs) a perdu un tiers de ses effectifs en 20 ans, passant de 425.500 emplois en 2010 à 286.800 en 2023. Les équipementiers ont eux aussi fermé de nombreux sites ces dernières années, une tendance qui s'accentue. La France "a perdu un million de véhicules à la production depuis 2020 et 40.000 emplois depuis 2019. Et 75 000 emplois sont à risque d'ici 2035 si rien n'est fait", a lancé mercredi devant les députés Nicolas Le Bigot, représentant de la Plateforme automobile, qui regroupe les industriels français du secteur.

16.04.2026 à 10:02

Fusillades scolaires en Turquie : 83 arrestations pour apologie en ligne

FRANCE 24
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La police turque a affirmé, jeudi, avoir émis des mandats d'arrêt visant 83 personnes accusées de trouble à l'ordre public pour s'être livrées à l'apologie en ligne de deux fusillades dans des établissements scolaires cette semaine.
Texte intégral (639 mots)
La police turque a affirmé, jeudi, avoir émis des mandats d'arrêt visant 83 personnes accusées de trouble à l'ordre public pour s'être livrées à l'apologie en ligne de deux fusillades dans des établissements scolaires cette semaine.

16.04.2026 à 09:59

Bénéfice trimestriel record pour le géant taïwanais des puces TSMC, porté par l'IA

FRANCE24
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Le bénéfice net du groupe sur les trois premiers mois de l'année a bondi de 58,3 % sur un an, atteignant 572,5 milliards de dollars taïwanais (plus de 15,3 milliards d'euros). Ce résultat dépasse nettement les prévisions des analystes de Bloomberg, qui tablaient sur 540,2 milliards (environ 14,5 milliards d'euros). La très forte demande en équipements pour l'intelligence artificielle (IA) explique ce chiffre record du plus grand fabricant mondial de puces électroniques, utilisées dans de très nombreux secteurs, depuis les téléphones Apple jusqu'aux processeurs de Nvidia. La dépréciation du dollar taïwanais a également dopé les revenus de TSMC à l'export. Le groupe a fait état jeudi d'un chiffre d'affaires de 1.130 milliards de dollars taïwanais (plus de 30,3 milliards d'euros) pour le premier trimestre, en hausse de 35,1% sur un an. TSMC semble "si profondément intégré dans la chaîne d'approvisionnement de l'IA que les vents contraires macroéconomiques peinent à l'affecter", a affirmé peu avant l'annonce des résultats Ian Lyall, journaliste financier pour Proactive. "La production de puces de pointe, une technologie que seul TSMC peut fournir de manière fiable à grande échelle, tourne à plein régime", a-t-il précisé. M. Lyall a aussi rappelé que le groupe "fournit les puces pour les accélérateurs d'intelligence artificielle, les smartphones de nouvelle génération et le déploiement de centres de données, un secteur qui engloutit des capitaux à un rythme qui a surpris même les observateurs les plus optimistes". Le mois dernier, le patron de Nvidia, Jensen Huang, soulignait que l'ensemble des acteurs de la tech pourraient développer leur IA et doper ses revenus "s'ils parvenaient simplement à obtenir davantage de capacités de production". Contraintes d'approvisionnements Dans une note, les analystes d'UBS avaient anticipé de solides résultats trimestriels, tout en avertissant que la demande s'essoufflait. En cause: la hausse des prix provoquée par une pénurie mondiale de puces mémoire, elle-même alimentée par le boom de l'IA. "La demande pour l'IA dans le +cloud+ continue de se renforcer, mais nous pensons que les contraintes d'approvisionnement limiteront toute croissance significative pour TSMC cette année", tempère la banque. Si "les tensions au Moyen-Orient ajoutent une part d'incertitude macroéconomique", UBS estime que "les investissements dans l'IA devraient rester sanctuarisés, à moins d'un conflit prolongé". Les analystes d'UBS prédisent également "une perturbation limitée de la production de TSMC due à l'offre restreinte d'hélium". Le Qatar produit environ un tiers de l'hélium mondial, qui transite habituellement par le détroit d'Ormuz. L'hélium est utilisé par les fabricants de semi-conducteurs pour refroidir l'environnement de travail, mais sert aussi dans les secteurs de la défense, du spatial ou de l'imagerie médicale. Wendell Huang, directeur financier de TSMC, a néanmoins affirmé jeudi ne pas s'attendre, à court terme, à un impact de la guerre au Moyen-Orient sur les activités du groupe. "Nous nous approvisionnons auprès de multiples fournisseurs dans différentes régions et nous disposons de stocks de sécurité", a-t-il tenu à rassurer lors d'une conférence téléphonique.
Texte intégral (523 mots)
Le bénéfice net du groupe sur les trois premiers mois de l'année a bondi de 58,3 % sur un an, atteignant 572,5 milliards de dollars taïwanais (plus de 15,3 milliards d'euros). Ce résultat dépasse nettement les prévisions des analystes de Bloomberg, qui tablaient sur 540,2 milliards (environ 14,5 milliards d'euros). La très forte demande en équipements pour l'intelligence artificielle (IA) explique ce chiffre record du plus grand fabricant mondial de puces électroniques, utilisées dans de très nombreux secteurs, depuis les téléphones Apple jusqu'aux processeurs de Nvidia. La dépréciation du dollar taïwanais a également dopé les revenus de TSMC à l'export. Le groupe a fait état jeudi d'un chiffre d'affaires de 1.130 milliards de dollars taïwanais (plus de 30,3 milliards d'euros) pour le premier trimestre, en hausse de 35,1% sur un an. TSMC semble "si profondément intégré dans la chaîne d'approvisionnement de l'IA que les vents contraires macroéconomiques peinent à l'affecter", a affirmé peu avant l'annonce des résultats Ian Lyall, journaliste financier pour Proactive. "La production de puces de pointe, une technologie que seul TSMC peut fournir de manière fiable à grande échelle, tourne à plein régime", a-t-il précisé. M. Lyall a aussi rappelé que le groupe "fournit les puces pour les accélérateurs d'intelligence artificielle, les smartphones de nouvelle génération et le déploiement de centres de données, un secteur qui engloutit des capitaux à un rythme qui a surpris même les observateurs les plus optimistes". Le mois dernier, le patron de Nvidia, Jensen Huang, soulignait que l'ensemble des acteurs de la tech pourraient développer leur IA et doper ses revenus "s'ils parvenaient simplement à obtenir davantage de capacités de production". Contraintes d'approvisionnements Dans une note, les analystes d'UBS avaient anticipé de solides résultats trimestriels, tout en avertissant que la demande s'essoufflait. En cause: la hausse des prix provoquée par une pénurie mondiale de puces mémoire, elle-même alimentée par le boom de l'IA. "La demande pour l'IA dans le +cloud+ continue de se renforcer, mais nous pensons que les contraintes d'approvisionnement limiteront toute croissance significative pour TSMC cette année", tempère la banque. Si "les tensions au Moyen-Orient ajoutent une part d'incertitude macroéconomique", UBS estime que "les investissements dans l'IA devraient rester sanctuarisés, à moins d'un conflit prolongé". Les analystes d'UBS prédisent également "une perturbation limitée de la production de TSMC due à l'offre restreinte d'hélium". Le Qatar produit environ un tiers de l'hélium mondial, qui transite habituellement par le détroit d'Ormuz. L'hélium est utilisé par les fabricants de semi-conducteurs pour refroidir l'environnement de travail, mais sert aussi dans les secteurs de la défense, du spatial ou de l'imagerie médicale. Wendell Huang, directeur financier de TSMC, a néanmoins affirmé jeudi ne pas s'attendre, à court terme, à un impact de la guerre au Moyen-Orient sur les activités du groupe. "Nous nous approvisionnons auprès de multiples fournisseurs dans différentes régions et nous disposons de stocks de sécurité", a-t-il tenu à rassurer lors d'une conférence téléphonique.

16.04.2026 à 09:41

Pedro Sánchez, propulsé chef de file des progressistes mondiaux en partie grâce à Trump

FRANCE24
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Entre ses clashs répétés avec le président américain, ses virulentes critiques à l'égard d'Israël et une politique ouverte à l'immigration en Espagne, Pedro Sánchez fait figure d'exception au sein d'une Europe qui penche depuis des années vers la droite. Dernier épisode en date: son opposition fermement affichée à la guerre contre l'Iran, malgré la menace de représailles commerciales brandies par Donald Trump lorsque l'Espagne a refusé aux Américains l'usage de bases militaires sur son sol. Pedro Sánchez est aussi l'un des rares dirigeants occidentaux de premier rang à avoir qualifié de "génocide" la guerre menée par Israël à Gaza après l'offensive du Hamas en octobre 2023. Grâce à ces prises de position, l'Espagne "a gagné en leadership, en influence et en visibilité dans de nombreux pays", explique à l'AFP Ignacio Molina, chercheur à l'Institut Real Elcano de Madrid, citant en particulier le monde arabe ou l'Amérique latine. D'autres pays s'opposent aussi à Israël et aux Etats-Unis, mais l'Espagne, en raison de son appartenance à l'Otan et à l'Union européenne, a par exemple plus de poids que l'Irlande ou la Norvège, ajoute-t-il, évoquant les deux pays qui avaient reconnu l'Etat palestinien en même temps que Madrid en mai 2024. "L'Espagne pèse davantage parmi les grands pays de l'Union européenne qu'auparavant", abonde Joan Botella, professeur de science politique à l’Université autonome de Barcelone. "Némésis de Trump" Et de fait, Pedro Sánchez, qui préside actuellement l'Internationale socialiste, semble attirer de plus en plus l'attention des médias internationaux et a par exemple signé des tribunes dans le New York Times ou le Monde diplomatique. "Pedro Sánchez est devenu le porte-étendard de l'opposition politique occidentale au président des États-Unis", écrivait le Wall Street Journal en mars, le Financial Times le dépeignant de son côté en "Némésis de Trump en Europe" (son ennemi juré). Le sommet "Global Progressive Mobilisation" qui se tient vendredi et samedi à Barcelone, pendant deux jours, devrait offrir au leader socialiste une nouvelle occasion de se poser en chef de file de la gauche au niveau international. Les chefs d'Etats brésilien Lula, sud-africain Cyril Ramaphosa et mexicain Claudia Sheinbaum doivent notamment assister à cette rencontre, qui vise, selon ses organisateurs, à mobiliser face à la montée de l'extrême droite. "Nous, les partis et les gouvernements progressistes, devons nous unir, dire aux citoyens que nous appartenons à quelque chose qui va au-delà de la politique intérieure, de nos frontières, et qui consiste à avoir un regard positif et humaniste", a déclaré Pedro Sánchez mardi en Chine, lors de sa quatrième visite en quatre ans dans le pays. Mais alors que l'Espagnol monte en puissance sur la scène internationale, il divise dans son pays, où il n'a jamais disposé de majorité parlementaire depuis son arrivée au pouvoir en 2018, et où plusieurs de ses proches, alliés politiques et membres de sa famille, sont au coeur d'enquêtes et de procès pour corruption. "Plus à y gagner qu'à y perdre" Pedro Sánchez "joue à fond la carte de la politique étrangère, parce que c'est là qu'il est à l'aise et qu'une majorité de l'opinion publique lui est favorable", pointe Joan Botella. Plus de 68% des Espagnols étaient opposés à la guerre contre l'Iran, y compris parmi les électeurs du Parti populaire (PP), principal parti d'opposition, selon un sondage publié en mars dans le quotidien El Pais. "Les Espagnols ont un complexe d'infériorité quand ils sortent de chez eux. Et à ce niveau-là, la figure de Pedro Sánchez fait du bien" à beaucoup de gens, même au-delà de son électorat, poursuit Joan Botella. Le PP l'accuse, lui, de s'être servi de la politique étrangère pour reconquérir les électeurs et détourner l'attention des scandales qui visent ses proches et son parti. "Il utilise cette image de dirigeant progressiste, opposé à Trump, pour capter le vote de gauche", analyse aussi Juan Tovar Ruiz, professeur de relations internationales à l'Université de Burgos. Mais pareille stratégie a "des conséquences au niveau européen" où l'Espagne pourrait perdre le soutien de certains alliés traditionnels dirigés par la droite, comme l'Allemagne et l'Italie, mettent en garde Juan Tovar Ruiz ou Ignacio Molina. "Mais en fin de compte, il y a plus à y gagner qu'à y perdre", juge Ignacio Molina.
Texte intégral (733 mots)
Entre ses clashs répétés avec le président américain, ses virulentes critiques à l'égard d'Israël et une politique ouverte à l'immigration en Espagne, Pedro Sánchez fait figure d'exception au sein d'une Europe qui penche depuis des années vers la droite. Dernier épisode en date: son opposition fermement affichée à la guerre contre l'Iran, malgré la menace de représailles commerciales brandies par Donald Trump lorsque l'Espagne a refusé aux Américains l'usage de bases militaires sur son sol. Pedro Sánchez est aussi l'un des rares dirigeants occidentaux de premier rang à avoir qualifié de "génocide" la guerre menée par Israël à Gaza après l'offensive du Hamas en octobre 2023. Grâce à ces prises de position, l'Espagne "a gagné en leadership, en influence et en visibilité dans de nombreux pays", explique à l'AFP Ignacio Molina, chercheur à l'Institut Real Elcano de Madrid, citant en particulier le monde arabe ou l'Amérique latine. D'autres pays s'opposent aussi à Israël et aux Etats-Unis, mais l'Espagne, en raison de son appartenance à l'Otan et à l'Union européenne, a par exemple plus de poids que l'Irlande ou la Norvège, ajoute-t-il, évoquant les deux pays qui avaient reconnu l'Etat palestinien en même temps que Madrid en mai 2024. "L'Espagne pèse davantage parmi les grands pays de l'Union européenne qu'auparavant", abonde Joan Botella, professeur de science politique à l’Université autonome de Barcelone. "Némésis de Trump" Et de fait, Pedro Sánchez, qui préside actuellement l'Internationale socialiste, semble attirer de plus en plus l'attention des médias internationaux et a par exemple signé des tribunes dans le New York Times ou le Monde diplomatique. "Pedro Sánchez est devenu le porte-étendard de l'opposition politique occidentale au président des États-Unis", écrivait le Wall Street Journal en mars, le Financial Times le dépeignant de son côté en "Némésis de Trump en Europe" (son ennemi juré). Le sommet "Global Progressive Mobilisation" qui se tient vendredi et samedi à Barcelone, pendant deux jours, devrait offrir au leader socialiste une nouvelle occasion de se poser en chef de file de la gauche au niveau international. Les chefs d'Etats brésilien Lula, sud-africain Cyril Ramaphosa et mexicain Claudia Sheinbaum doivent notamment assister à cette rencontre, qui vise, selon ses organisateurs, à mobiliser face à la montée de l'extrême droite. "Nous, les partis et les gouvernements progressistes, devons nous unir, dire aux citoyens que nous appartenons à quelque chose qui va au-delà de la politique intérieure, de nos frontières, et qui consiste à avoir un regard positif et humaniste", a déclaré Pedro Sánchez mardi en Chine, lors de sa quatrième visite en quatre ans dans le pays. Mais alors que l'Espagnol monte en puissance sur la scène internationale, il divise dans son pays, où il n'a jamais disposé de majorité parlementaire depuis son arrivée au pouvoir en 2018, et où plusieurs de ses proches, alliés politiques et membres de sa famille, sont au coeur d'enquêtes et de procès pour corruption. "Plus à y gagner qu'à y perdre" Pedro Sánchez "joue à fond la carte de la politique étrangère, parce que c'est là qu'il est à l'aise et qu'une majorité de l'opinion publique lui est favorable", pointe Joan Botella. Plus de 68% des Espagnols étaient opposés à la guerre contre l'Iran, y compris parmi les électeurs du Parti populaire (PP), principal parti d'opposition, selon un sondage publié en mars dans le quotidien El Pais. "Les Espagnols ont un complexe d'infériorité quand ils sortent de chez eux. Et à ce niveau-là, la figure de Pedro Sánchez fait du bien" à beaucoup de gens, même au-delà de son électorat, poursuit Joan Botella. Le PP l'accuse, lui, de s'être servi de la politique étrangère pour reconquérir les électeurs et détourner l'attention des scandales qui visent ses proches et son parti. "Il utilise cette image de dirigeant progressiste, opposé à Trump, pour capter le vote de gauche", analyse aussi Juan Tovar Ruiz, professeur de relations internationales à l'Université de Burgos. Mais pareille stratégie a "des conséquences au niveau européen" où l'Espagne pourrait perdre le soutien de certains alliés traditionnels dirigés par la droite, comme l'Allemagne et l'Italie, mettent en garde Juan Tovar Ruiz ou Ignacio Molina. "Mais en fin de compte, il y a plus à y gagner qu'à y perdre", juge Ignacio Molina.

16.04.2026 à 09:41

Plus de 180.000 personnes ont bénéficié du remboursement des fauteuils roulants

FRANCE24
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Depuis le 1er décembre 2025, cette réforme a bénéficié "à près de 186.000 personnes", souligne le ministère dans un communiqué publié au lendemain de la tenue d'un comité de suivi de cette réforme, promesse d'Emmanuel Macron qui était attendue de longue date par les personnes concernées. "La dynamique de déploiement se poursuit, avec plus de 280 références désormais disponibles dans les bases de l’Assurance maladie, permettant de couvrir l’ensemble des grandes catégories de besoins", ajoute le ministère. Ce dernier relève toutefois des "difficultés persistantes sur le terrain : rejets de dossiers, complexité de certaines démarches, difficultés d’accès à la prescription". Face à ces obstacles, le ministère promet "une clarification de la doctrine de prise en charge d’ici mai", des "retours individualisés aux fabricants sur les dossiers en attente", une "réaffirmation des règles de renouvellement à l’identique" et "la stabilisation de la nomenclature". Parallèlement, une cartographie nationale des prescripteurs va être mise en place et sera accessible via les agences régionales de santé (ARS) et l'accompagnement des médecins généralistes va être renforcé, précise le ministère. Ces annonces surviennent après les inquiétudes émises en février par des prestataires de santé et distributeurs de matériel qui avaient dénoncé des couacs et avaient appelé à lever "sans délai" les "blocages administratifs, financiers et opérationnels". Environ un million de personnes utilisent un fauteuil roulant en France, dont une majorité de seniors à la mobilité réduite et des personnes en situation de handicap, aux besoins spécifiques. Le prix d'un fauteuil manuel peut atteindre jusqu'à 10.000 euros, celui d'un électrique jusqu'à plusieurs dizaines de milliers d'euros.
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Depuis le 1er décembre 2025, cette réforme a bénéficié "à près de 186.000 personnes", souligne le ministère dans un communiqué publié au lendemain de la tenue d'un comité de suivi de cette réforme, promesse d'Emmanuel Macron qui était attendue de longue date par les personnes concernées. "La dynamique de déploiement se poursuit, avec plus de 280 références désormais disponibles dans les bases de l’Assurance maladie, permettant de couvrir l’ensemble des grandes catégories de besoins", ajoute le ministère. Ce dernier relève toutefois des "difficultés persistantes sur le terrain : rejets de dossiers, complexité de certaines démarches, difficultés d’accès à la prescription". Face à ces obstacles, le ministère promet "une clarification de la doctrine de prise en charge d’ici mai", des "retours individualisés aux fabricants sur les dossiers en attente", une "réaffirmation des règles de renouvellement à l’identique" et "la stabilisation de la nomenclature". Parallèlement, une cartographie nationale des prescripteurs va être mise en place et sera accessible via les agences régionales de santé (ARS) et l'accompagnement des médecins généralistes va être renforcé, précise le ministère. Ces annonces surviennent après les inquiétudes émises en février par des prestataires de santé et distributeurs de matériel qui avaient dénoncé des couacs et avaient appelé à lever "sans délai" les "blocages administratifs, financiers et opérationnels". Environ un million de personnes utilisent un fauteuil roulant en France, dont une majorité de seniors à la mobilité réduite et des personnes en situation de handicap, aux besoins spécifiques. Le prix d'un fauteuil manuel peut atteindre jusqu'à 10.000 euros, celui d'un électrique jusqu'à plusieurs dizaines de milliers d'euros.

16.04.2026 à 09:37

Réel ou généré par IA ? Pourquoi les outils de détection d'image ne sont pas toujours fiables

Nathan GALLO
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Alors qu’il devient de plus en plus difficile de distinguer à l’œil nu une image générée par intelligence artificielle, de nombreux outils de détection en ligne assurent pouvoir les détecter. Mais un test mené par la rédaction des Observateurs de France 24 montre pourquoi leurs résultats doivent être interprétés avec prudence.
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Alors qu’il devient de plus en plus difficile de distinguer à l’œil nu une image générée par intelligence artificielle, de nombreux outils de détection en ligne assurent pouvoir les détecter. Mais un test mené par la rédaction des Observateurs de France 24 montre pourquoi leurs résultats doivent être interprétés avec prudence.

16.04.2026 à 09:31

Le maire d'une commune des Côtes d'Armor écroué après le décès d'une sexagénaire

FRANCE24
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L'édile de cette commune d'environ 1.800 habitants est aussi mis en examen pour "arrestation" arbitraire suivie de mort, tout comme son conseiller municipal. Ce dernier a été placé sous contrôle judiciaire avec notamment l'interdiction de se rendre sur la commune de Plouasne, a précisé dans un communiqué le procureur de Saint-Malo, Fabrice Tremel. Le 7 avril, le maire et le conseiller municipal ont empêché une femme de 66 ans, qu'ils souhaitaient "faire hospitaliser en psychiatrie, suite notamment aux troubles qu'elle aurait occasionnés à son voisinage", de regagner son domicile. L’exploitation de plusieurs vidéos remises par un témoin a mis en évidence que "pendant 15 minutes, quatre personnes étaient intervenues physiquement, avec des degrés d’implication différents, pour contenir fermement la victime au sol en exerçant sur elle une pression", selon le procureur. La sexagénaire a eu également les jambes attachées "à l’aide d’une sangle et d’une corde apportées par deux d’entre eux". Les gardes à vue des deux personnes qui avaient apporté la corde et la sangle ont été quant à elles levées, a indiqué M. Tremel. L'autopsie de la victime a conclu que les hypothèses "les plus susceptibles d'expliquer le décès" de cette femme retenaient "l'existence d'un lien" avec les faits subis par la victime. "Aucun arrêté municipal d'hospitalisation sous contrainte" n'a été pris à l'encontre de la sexagénaire et le certificat médical exigé pour établir un tel arrêté n'a "pas été préalablement délivré", avait relevé M. Tremel. Maire depuis 2008, Michel Daugan avait été réélu en mars au second tour avec une égalité parfaite des voix. Sa liste avait été déclarée victorieuse en vertu de la moyenne d'âge la plus élevée, comme le prévoit le code électoral.
Lire plus (305 mots)
L'édile de cette commune d'environ 1.800 habitants est aussi mis en examen pour "arrestation" arbitraire suivie de mort, tout comme son conseiller municipal. Ce dernier a été placé sous contrôle judiciaire avec notamment l'interdiction de se rendre sur la commune de Plouasne, a précisé dans un communiqué le procureur de Saint-Malo, Fabrice Tremel. Le 7 avril, le maire et le conseiller municipal ont empêché une femme de 66 ans, qu'ils souhaitaient "faire hospitaliser en psychiatrie, suite notamment aux troubles qu'elle aurait occasionnés à son voisinage", de regagner son domicile. L’exploitation de plusieurs vidéos remises par un témoin a mis en évidence que "pendant 15 minutes, quatre personnes étaient intervenues physiquement, avec des degrés d’implication différents, pour contenir fermement la victime au sol en exerçant sur elle une pression", selon le procureur. La sexagénaire a eu également les jambes attachées "à l’aide d’une sangle et d’une corde apportées par deux d’entre eux". Les gardes à vue des deux personnes qui avaient apporté la corde et la sangle ont été quant à elles levées, a indiqué M. Tremel. L'autopsie de la victime a conclu que les hypothèses "les plus susceptibles d'expliquer le décès" de cette femme retenaient "l'existence d'un lien" avec les faits subis par la victime. "Aucun arrêté municipal d'hospitalisation sous contrainte" n'a été pris à l'encontre de la sexagénaire et le certificat médical exigé pour établir un tel arrêté n'a "pas été préalablement délivré", avait relevé M. Tremel. Maire depuis 2008, Michel Daugan avait été réélu en mars au second tour avec une égalité parfaite des voix. Sa liste avait été déclarée victorieuse en vertu de la moyenne d'âge la plus élevée, comme le prévoit le code électoral.

16.04.2026 à 09:29

Radio Nova: Meurice et "La Dernière" rempilent pour la saison présidentielle

FRANCE24
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"On est libres de faire ce qu'on veut. La promesse est tenue et Nova nous défend", s'est félicité auprès de l'AFP l'humoriste, dont l'émission est résolument à gauche. Ce sera la troisième saison pour Guillaume Meurice, qui avait été licencié de France Inter en juin 2024 pour faute grave après avoir comparé le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, à une "sorte de nazi mais sans prépuce". Sa bande, composée de Juliette Arnaud, Aymeric Lompret et Pierre-Emmanuel Barré, est également reconduite sur Radio Nova. Ils font son succès, avec d'autres émissions comme "La Riposte" par Akim Omiri. La station a doublé ses auditeurs de 772.000 à près de 1,6 million quotidiens sur un an, selon Médiamétrie pour début 2026. La tranche de "La Dernière", qui sera toujours en direct et en public de 18H00 à 20H00 le dimanche, a été suivie par 719.000 auditeurs en audience cumulée sur les trois premiers mois de l'année (+79% sur un an). Elle est en tête des stations avec 14,1% de part d'audience à cet horaire, selon Radio Nova. A partir du 16 juin, "La Dernière" va partir pour neuf dates dans six régions, pour deux émissions par semaine, les mardis et samedis en direct. L'accès sera gratuit. "Ce sera sympa, sur des places au grand air", selon Guillaume Meurice. Un appel aux municipalités volontaires pour cet accueil avait été lancé en novembre, et près de 150 ont répondu. Parmi les heureuses élues figurent Mazères-sur-Salat (quelque 600 habitants, Haute-Garonne) et Die (4.800 habitants, Drôme). Sur Radio Nova, "nous exposons des points de vue culturels qui ne sont pas dans les médias +mainstream+" (traditionnels), affirme son directeur, Frédéric Antelme. Pour 2026-2027, "le contexte national et international sera au centre mais avec une manière décalée d'aborder les choses", promet-il. Radio Nova fait partie du groupe Combat, fondé par le banquier d'affaires engagé à gauche Matthieu Pigasse, qui comprend également le magazine Les Inrockuptibles et le festival Rock en Seine. Les médias du groupe sont "toujours plus libres et indépendants, qualités essentielles pour un débat public fort et vivant dans une période pré-présidentielle", souligne son directeur général, Emmanuel Hoog, dans un communiqué.
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"On est libres de faire ce qu'on veut. La promesse est tenue et Nova nous défend", s'est félicité auprès de l'AFP l'humoriste, dont l'émission est résolument à gauche. Ce sera la troisième saison pour Guillaume Meurice, qui avait été licencié de France Inter en juin 2024 pour faute grave après avoir comparé le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, à une "sorte de nazi mais sans prépuce". Sa bande, composée de Juliette Arnaud, Aymeric Lompret et Pierre-Emmanuel Barré, est également reconduite sur Radio Nova. Ils font son succès, avec d'autres émissions comme "La Riposte" par Akim Omiri. La station a doublé ses auditeurs de 772.000 à près de 1,6 million quotidiens sur un an, selon Médiamétrie pour début 2026. La tranche de "La Dernière", qui sera toujours en direct et en public de 18H00 à 20H00 le dimanche, a été suivie par 719.000 auditeurs en audience cumulée sur les trois premiers mois de l'année (+79% sur un an). Elle est en tête des stations avec 14,1% de part d'audience à cet horaire, selon Radio Nova. A partir du 16 juin, "La Dernière" va partir pour neuf dates dans six régions, pour deux émissions par semaine, les mardis et samedis en direct. L'accès sera gratuit. "Ce sera sympa, sur des places au grand air", selon Guillaume Meurice. Un appel aux municipalités volontaires pour cet accueil avait été lancé en novembre, et près de 150 ont répondu. Parmi les heureuses élues figurent Mazères-sur-Salat (quelque 600 habitants, Haute-Garonne) et Die (4.800 habitants, Drôme). Sur Radio Nova, "nous exposons des points de vue culturels qui ne sont pas dans les médias +mainstream+" (traditionnels), affirme son directeur, Frédéric Antelme. Pour 2026-2027, "le contexte national et international sera au centre mais avec une manière décalée d'aborder les choses", promet-il. Radio Nova fait partie du groupe Combat, fondé par le banquier d'affaires engagé à gauche Matthieu Pigasse, qui comprend également le magazine Les Inrockuptibles et le festival Rock en Seine. Les médias du groupe sont "toujours plus libres et indépendants, qualités essentielles pour un débat public fort et vivant dans une période pré-présidentielle", souligne son directeur général, Emmanuel Hoog, dans un communiqué.

16.04.2026 à 09:27

La dénatalité, "symptôme" d'une société fragilisée et inégalitaire, selon un essai féministe

FRANCE24
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Le coût de la vie et des logements, la précarité, le recul des services publics, les inégalités entre les sexes et la peur de l'avenir "rendent la maternité de plus en plus intenable", écrit-elle dans "La Panique Démographique. Une réponse féministe" (éditions Les Petits Matins). La natalité ne cesse de décliner en France. En 2025, 644.000 bébés ont vu le jour, soit 24% de moins qu'en 2010, selon l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). Le nombre de naissances a même été inférieur à celui des décès, une première depuis la fin de la Seconde guerre mondiale. Dans son essai de 130 pages, Anne-Cécile Mailfert qualifie ce repli de la fécondité de "grève des ventres à bas bruit": "Si je parle de grève, c'est d'abord parce que la natalité est un travail", qui consiste notamment à "mettre au monde", "nourrir" et "soigner" un enfant. Or ce travail "reste massivement assigné aux femmes, invisibilisé, peu valorisé et insuffisamment soutenu". "L'enjeu, aujourd'hui, est de faire entrer la reproduction de la vie (...) au cœur de la politique", peut-on lire. Face au déclin de la natalité, le président Emmanuel Macron avait appelé il y a deux ans au "réarmement démographique" du pays, suscitant un tollé dans les rangs féministes, qui y voyaient une tentative de contrôler le corps des femmes. Pour soutenir les familles, le gouvernement a depuis créé un nouveau congé de naissance qui permet aux parents de rester plus longtemps auprès de leur bébé. Mesures de soutien financier, pour concilier vie familiale et professionnelle ainsi que pour mieux intégrer les familles dans l'espace public: un rapport parlementaire publié en janvier listait une trentaine de propositions pour refondre la politique familiale afin d'aider les Français à réaliser leur désir d'enfant. La présidente de la Fondation des femmes appelle, elle, à "replacer les mères au centre et changer le système pour qu'il s'adapte enfin aux rythmes de la vie humaine". L'économie doit notamment être "au service des besoins réels", plutôt que basée sur la recherche du "profit". "Si on part du principe de remettre les mères au centre, peut-être qu'on arriverait à des sociétés différentes", a commenté Mme Mailfert, auprès de l'AFP.
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Le coût de la vie et des logements, la précarité, le recul des services publics, les inégalités entre les sexes et la peur de l'avenir "rendent la maternité de plus en plus intenable", écrit-elle dans "La Panique Démographique. Une réponse féministe" (éditions Les Petits Matins). La natalité ne cesse de décliner en France. En 2025, 644.000 bébés ont vu le jour, soit 24% de moins qu'en 2010, selon l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). Le nombre de naissances a même été inférieur à celui des décès, une première depuis la fin de la Seconde guerre mondiale. Dans son essai de 130 pages, Anne-Cécile Mailfert qualifie ce repli de la fécondité de "grève des ventres à bas bruit": "Si je parle de grève, c'est d'abord parce que la natalité est un travail", qui consiste notamment à "mettre au monde", "nourrir" et "soigner" un enfant. Or ce travail "reste massivement assigné aux femmes, invisibilisé, peu valorisé et insuffisamment soutenu". "L'enjeu, aujourd'hui, est de faire entrer la reproduction de la vie (...) au cœur de la politique", peut-on lire. Face au déclin de la natalité, le président Emmanuel Macron avait appelé il y a deux ans au "réarmement démographique" du pays, suscitant un tollé dans les rangs féministes, qui y voyaient une tentative de contrôler le corps des femmes. Pour soutenir les familles, le gouvernement a depuis créé un nouveau congé de naissance qui permet aux parents de rester plus longtemps auprès de leur bébé. Mesures de soutien financier, pour concilier vie familiale et professionnelle ainsi que pour mieux intégrer les familles dans l'espace public: un rapport parlementaire publié en janvier listait une trentaine de propositions pour refondre la politique familiale afin d'aider les Français à réaliser leur désir d'enfant. La présidente de la Fondation des femmes appelle, elle, à "replacer les mères au centre et changer le système pour qu'il s'adapte enfin aux rythmes de la vie humaine". L'économie doit notamment être "au service des besoins réels", plutôt que basée sur la recherche du "profit". "Si on part du principe de remettre les mères au centre, peut-être qu'on arriverait à des sociétés différentes", a commenté Mme Mailfert, auprès de l'AFP.

16.04.2026 à 09:25

L’affaire "Pelicot du numérique" : en Allemagne, les deepfakes sexuels interrogent le droit

Pauline ROUQUETTE
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L'actrice allemande Collien Fernandes est victime de deepfakes sexuels créés et partagés à d'autres hommes par son mari. En Allemagne comme ailleurs en Europe, ce scandale met à nu les failles d'un droit pénal encore mal armé face à l'IA générative, alors que 98 % des deepfakes sont pornographiques et qu'ils visent quasi exclusivement des femmes.
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L'actrice allemande Collien Fernandes est victime de deepfakes sexuels créés et partagés à d'autres hommes par son mari. En Allemagne comme ailleurs en Europe, ce scandale met à nu les failles d'un droit pénal encore mal armé face à l'IA générative, alors que 98 % des deepfakes sont pornographiques et qu'ils visent quasi exclusivement des femmes.

16.04.2026 à 09:17

Les Bourses européennes en petite forme: Paris +0,12%, Francfort +0,06%, Londres +0,17%

FRANCE24
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Paris progressait (+0,23%) tout comme Londres (+0,24%), Francfort (+0,10%) et Milan (+0,36%) quelques minutes après l'ouverture.
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Paris progressait (+0,23%) tout comme Londres (+0,24%), Francfort (+0,10%) et Milan (+0,36%) quelques minutes après l'ouverture.

16.04.2026 à 09:15

Le poids de la Chine fait pencher la balance, et ce n'est pas de l'économie

FRANCE24
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Avec son indice de masse corporelle de 30, M. Shu est considéré comme obèse, au regard des critères nationaux et de ceux de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). "Boeuf ou pas boeuf, je voulais perdre du poids pour ma santé", dit-il, "cette opportunité est arrivée à point nommé, alors je me suis inscrit". La règle est simple: pour chaque demi-kilo perdu, il recevra l'équivalent en viande de boeuf désossée, ou un kilo et demi de viande avec l'os. C'est l'une des initiatives qui fleurissent avec le soutien des autorités pour endiguer la progression du surpoids et de l'obésité. La surcharge pondérale, avec ses corollaires - maladies chroniques, augmentation des dépenses de santé - est une préoccupation grandissante en Chine. Plus d'un tiers des adultes chinois (37,5%) était en surpoids en 2022, et 8,3% étaient atteints d'obésité, selon l'OMS. La Chine reste loin des Etats-Unis (72,4% des adultes en surpoids, 42% obèses, selon l'OMS). Cependant, le phénomène progresse de manière suffisamment rapide pour causer l'inquiétude. Le nombre de personnes considérées comme obèses a triplé entre 2004 et 2018, selon des données du Centre de contrôle et de prévention des maladies. Si la tendance persiste, la proportion d'adultes en surpoids ou obèses pourrait atteindre 70,5% d'ici à 2030, prédit la Commission nationale de la santé (sur la base de critères plus rigoureux que ceux de l'OMS). Des centaines de millions Lors de la semaine "Perdez du gras..." en mars, les volontaires sont en permanence une dizaine à l'étage qui accueille les femmes comme à celui qui reçoit les hommes. Ils se font peser, mesurer et prendre leur tour de taille. Le personnel en blouse blanche enregistre les données à la main sur un formulaire qu'il remet aux participants, frappé d'un tampon les encourageant à poursuivre leurs efforts. Des opérations similaires ont vu le jour dans tout le pays. Elles sont largement relayées sur les réseaux sociaux. La chaîne de supermarchés Yonghui par exemple incite ses clients à enregistrer leur déperdition pondérale sur 10 jours en se pesant en magasin. Pour chaque kilo et demi perdu, ils peuvent repartir avec un demi-kilo de boeuf, d'écrevisses ou de kiwis. Deuxième pays le plus peuplé au monde avec 1,4 milliard d'habitants, la Chine est celui qui compte le plus grand nombre d'adultes trop gros: 402 millions de personnes, selon une étude publiée dans la revue médicale The Lancet en 2025. Des groupes de soutien En 1982, seuls 7% des Chinois avaient des kilos en trop, rapportait un livre sorti en 2010 et intitulé "Fat China: How Expanding Waistlines Are Changing A Nation" ("La Chine trop grosse: ou comment l'évolution des tours de taille transforme un pays"). Au centre communautaire de Wuxi, le personnel propose aux participants de rejoindre un groupe dédié sur l'application de messagerie instantanée WeChat. Pendant plusieurs mois, les membres du groupe se prodigueront conseils et encouragements pour maigrir. Puis, en janvier 2027, les volontaires passeront à nouveau au pèse-personne. Ceux qui auront alors perdu beaucoup de poids pourront choisir des morceaux délicats, comme de la queue de boeuf. La quantité totale de viande est plafonnée à 10 kilos. Zheng Haihua, 44 ans, dit s'être inscrite pour se pousser à "bouger plus et manger moins". "Le plus dur pour moi, c'est de contrôler mon appétit, car quand je vois de la nourriture délicieuse, j'ai du mal à résister", confie-t-elle en riant. Wu Changyan, médecin local, la comprend: "La pression de la vie quotidienne et le confort moderne nous incitent à manger plus et trop". Li Sheyu, professeur clinicien à l'hôpital de Chine occidentale de l'université du Sichuan, ne croit pas que de telles initiatives "changent fondamentalement la donne". Il ne voit en elles qu'une variation d'incitations classiques à faire attention à sa ligne. "Mais c'est un bon moyen de diffuser dans le grand public des idées sur la perte de poids".
Texte intégral (662 mots)
Avec son indice de masse corporelle de 30, M. Shu est considéré comme obèse, au regard des critères nationaux et de ceux de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). "Boeuf ou pas boeuf, je voulais perdre du poids pour ma santé", dit-il, "cette opportunité est arrivée à point nommé, alors je me suis inscrit". La règle est simple: pour chaque demi-kilo perdu, il recevra l'équivalent en viande de boeuf désossée, ou un kilo et demi de viande avec l'os. C'est l'une des initiatives qui fleurissent avec le soutien des autorités pour endiguer la progression du surpoids et de l'obésité. La surcharge pondérale, avec ses corollaires - maladies chroniques, augmentation des dépenses de santé - est une préoccupation grandissante en Chine. Plus d'un tiers des adultes chinois (37,5%) était en surpoids en 2022, et 8,3% étaient atteints d'obésité, selon l'OMS. La Chine reste loin des Etats-Unis (72,4% des adultes en surpoids, 42% obèses, selon l'OMS). Cependant, le phénomène progresse de manière suffisamment rapide pour causer l'inquiétude. Le nombre de personnes considérées comme obèses a triplé entre 2004 et 2018, selon des données du Centre de contrôle et de prévention des maladies. Si la tendance persiste, la proportion d'adultes en surpoids ou obèses pourrait atteindre 70,5% d'ici à 2030, prédit la Commission nationale de la santé (sur la base de critères plus rigoureux que ceux de l'OMS). Des centaines de millions Lors de la semaine "Perdez du gras..." en mars, les volontaires sont en permanence une dizaine à l'étage qui accueille les femmes comme à celui qui reçoit les hommes. Ils se font peser, mesurer et prendre leur tour de taille. Le personnel en blouse blanche enregistre les données à la main sur un formulaire qu'il remet aux participants, frappé d'un tampon les encourageant à poursuivre leurs efforts. Des opérations similaires ont vu le jour dans tout le pays. Elles sont largement relayées sur les réseaux sociaux. La chaîne de supermarchés Yonghui par exemple incite ses clients à enregistrer leur déperdition pondérale sur 10 jours en se pesant en magasin. Pour chaque kilo et demi perdu, ils peuvent repartir avec un demi-kilo de boeuf, d'écrevisses ou de kiwis. Deuxième pays le plus peuplé au monde avec 1,4 milliard d'habitants, la Chine est celui qui compte le plus grand nombre d'adultes trop gros: 402 millions de personnes, selon une étude publiée dans la revue médicale The Lancet en 2025. Des groupes de soutien En 1982, seuls 7% des Chinois avaient des kilos en trop, rapportait un livre sorti en 2010 et intitulé "Fat China: How Expanding Waistlines Are Changing A Nation" ("La Chine trop grosse: ou comment l'évolution des tours de taille transforme un pays"). Au centre communautaire de Wuxi, le personnel propose aux participants de rejoindre un groupe dédié sur l'application de messagerie instantanée WeChat. Pendant plusieurs mois, les membres du groupe se prodigueront conseils et encouragements pour maigrir. Puis, en janvier 2027, les volontaires passeront à nouveau au pèse-personne. Ceux qui auront alors perdu beaucoup de poids pourront choisir des morceaux délicats, comme de la queue de boeuf. La quantité totale de viande est plafonnée à 10 kilos. Zheng Haihua, 44 ans, dit s'être inscrite pour se pousser à "bouger plus et manger moins". "Le plus dur pour moi, c'est de contrôler mon appétit, car quand je vois de la nourriture délicieuse, j'ai du mal à résister", confie-t-elle en riant. Wu Changyan, médecin local, la comprend: "La pression de la vie quotidienne et le confort moderne nous incitent à manger plus et trop". Li Sheyu, professeur clinicien à l'hôpital de Chine occidentale de l'université du Sichuan, ne croit pas que de telles initiatives "changent fondamentalement la donne". Il ne voit en elles qu'une variation d'incitations classiques à faire attention à sa ligne. "Mais c'est un bon moyen de diffuser dans le grand public des idées sur la perte de poids".

16.04.2026 à 09:13

Flotte fantôme russe : immobilisation à Marseille levée pour le pétrolier Deyna

FRANCE24
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La société propriétaire du navire a été condamnée par le tribunal judiciaire de Marseille mercredi, dans le cadre d'une procédure de comparution sur reconnaissance de culpabilité (CRPC, sorte de plaider coupable), à une amende "de confiscation", "pour avoir omis de justifier de la nationalité du navire (défaut de pavillon)", selon un communiqué conjoint de la préfecture maritime, la préfecture des Bouches-du-Rhône et du parquet de Marseille. Le Deyna naviguait au moment de son interception sous pavillon mozambicain. Cette amende, dont le montant n'a pas été précisé, vient abonder les comptes de l'agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués (Agrasc). D'après les sites Vesselfinder et Marinetraffic, le Deyna était déjà à plus de 300 km au sud des côtes françaises jeudi matin, entre la Sardaigne et les Baléares, et se dirigeait vers la Chine. La société propriétaire, qui n'est pas identifiée mais serait basée à Hong Kong selon les liste de navires concernés par les sanctions dans le cadre du conflit en Ukraine, a pris l'engagement d'obtenir dans les meilleurs délais un nouveau pavillon, selon le communiqué. Dès que la mesure d'immobilisation du navire a été levée par le préfet des Bouches-du-Rhône, le Deyna a quitté les eaux territoriales françaises. Le Deyna, qui venait de Mourmansk en Russie, avait été intercepté le 20 mars en Méditerranée occidentale, au sud des Baléares, par la marine française, qui l'avait signalé au procureur de la République de Marseille après un contrôle de pavillon. Il s'agit du troisième pétrolier présumé de la flotte fantôme russe, qui permet à Moscou de contourner les sanctions liées à la guerre en Ukraine, intercepté par la France. Fin mars, Emmanuel Macron avait assuré que Paris ne "laissera pas faire" ce financement illégal de l'effort de guerre russe. Fin janvier, le pétrolier Grinch avait été intercepté et immobilisé près d'un mois dans les environs du terminal pétrolier du port de Marseille-Fos. Le navire avait pu repartir après paiement, dans le cadre d'une procédure de plaider coupable, d'une amende de "plusieurs millions d'euros" selon le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot. En septembre, un premier pétrolier de cette flotte fantôme, le Boracay, avait été arraisonné au large de la Bretagne alors qu'il naviguait sans pavillon, puis avait hissé un faux pavillon du Bénin. Son commandant, absent lors du jugement, a été condamné le 30 mars à un an de prison et 150.000 euros d'amende. La France a annoncé le 8 avril vouloir doubler les peines applicables aux infractions de défaut de pavillon et de refus d'obtempérer afin de renforcer les moyens de lutte contre les navires de la flotte fantôme russe, selon des sources concordantes.
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La société propriétaire du navire a été condamnée par le tribunal judiciaire de Marseille mercredi, dans le cadre d'une procédure de comparution sur reconnaissance de culpabilité (CRPC, sorte de plaider coupable), à une amende "de confiscation", "pour avoir omis de justifier de la nationalité du navire (défaut de pavillon)", selon un communiqué conjoint de la préfecture maritime, la préfecture des Bouches-du-Rhône et du parquet de Marseille. Le Deyna naviguait au moment de son interception sous pavillon mozambicain. Cette amende, dont le montant n'a pas été précisé, vient abonder les comptes de l'agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués (Agrasc). D'après les sites Vesselfinder et Marinetraffic, le Deyna était déjà à plus de 300 km au sud des côtes françaises jeudi matin, entre la Sardaigne et les Baléares, et se dirigeait vers la Chine. La société propriétaire, qui n'est pas identifiée mais serait basée à Hong Kong selon les liste de navires concernés par les sanctions dans le cadre du conflit en Ukraine, a pris l'engagement d'obtenir dans les meilleurs délais un nouveau pavillon, selon le communiqué. Dès que la mesure d'immobilisation du navire a été levée par le préfet des Bouches-du-Rhône, le Deyna a quitté les eaux territoriales françaises. Le Deyna, qui venait de Mourmansk en Russie, avait été intercepté le 20 mars en Méditerranée occidentale, au sud des Baléares, par la marine française, qui l'avait signalé au procureur de la République de Marseille après un contrôle de pavillon. Il s'agit du troisième pétrolier présumé de la flotte fantôme russe, qui permet à Moscou de contourner les sanctions liées à la guerre en Ukraine, intercepté par la France. Fin mars, Emmanuel Macron avait assuré que Paris ne "laissera pas faire" ce financement illégal de l'effort de guerre russe. Fin janvier, le pétrolier Grinch avait été intercepté et immobilisé près d'un mois dans les environs du terminal pétrolier du port de Marseille-Fos. Le navire avait pu repartir après paiement, dans le cadre d'une procédure de plaider coupable, d'une amende de "plusieurs millions d'euros" selon le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot. En septembre, un premier pétrolier de cette flotte fantôme, le Boracay, avait été arraisonné au large de la Bretagne alors qu'il naviguait sans pavillon, puis avait hissé un faux pavillon du Bénin. Son commandant, absent lors du jugement, a été condamné le 30 mars à un an de prison et 150.000 euros d'amende. La France a annoncé le 8 avril vouloir doubler les peines applicables aux infractions de défaut de pavillon et de refus d'obtempérer afin de renforcer les moyens de lutte contre les navires de la flotte fantôme russe, selon des sources concordantes.

16.04.2026 à 09:13

Edition: 115 auteurs annoncent quitter Grasset en ciblant Vincent Bolloré

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"Nous sommes des auteurs Grasset, nous avons publié chez Grasset, ou nous avons un livre qui va sortir chez Grasset, mais nous ne signerons pas notre prochain livre chez Grasset. Et nous sommes 115", indique ce courrier signé notamment par des poids lourds de la littérature, romanciers comme essayistes (Virginie Despentes, Sorj Chalandon, Bernard-Henri Lévy, Frédéric Beigbeder...). Cette décision inédite par son ampleur a été prise dans l'urgence après l'annonce mardi du départ d'Oliver Nora de la tête de Grasset, maison qu'il dirigeait depuis 26 ans et qui appartient au groupe Hachette contrôlé par le milliardaire conservateur Vincent Bolloré depuis 2023. Les raisons de ce départ surprise n'ont pas été officiellement précisées mais, selon ce collectif, il s'agit d'un "licenciement" marquant une "une atteinte inacceptable à l'indépendance éditoriale et la liberté de création". "Une fois de plus, Vincent Bolloré dit +je suis chez moi et je fais ce que je veux+ au mépris de celles et ceux qui publient, de celles et ceux qui accompagnent, éditent, corrigent, fabriquent, diffusent, distribuent nos livres. Et au mépris de celles et ceux qui nous lisent", indique le texte, dont les initiateurs insistent sur la dimension collective. "Aujourd'hui, nous avons un point commun: nous refusons d'être les otages d'une guerre idéologique visant à imposer l’autoritarisme partout dans la culture et les médias, affirment les signataires. "Nous ne voulons pas que nos idées, notre travail, soient (la) propriété" de M. Bolloré, écrivent-ils aussi. "Rempart" Certains d'entre eux avaient déjà annoncé dans la journée qu'ils claquaient la porte de Grasset au nom de leur fidélité au très respecté Olivier Nora, 66 ans. "J'ai toujours dit que si on touchait un cheveu d'Olivier Nora, je partirais de Grasset et ma position n'a pas changé", avait déclaré à l'AFP Sorj Chalandon. Dans leur courrier commun, les 115 signataires, où figurent également Anne Sinclair, Jean-Paul Enthoven, Anne Berest ou Colombe Schneck, rendent eux aussi hommage à Olivier Nora, décrit comme le "ciment" d'une maison d'édition qui abritait jusque-là des auteurs d'opinions très diverses. "Les éditions Grasset étaient notre maison, particulière, car s'y côtoyaient pacifiquement des autrices et des auteurs qui n'étaient pas d'accord sur grand-chose. Olivier Nora en a été le rempart et le ciment par son élégance morale, sa disponibilité, et son engagement", indique ce texte commun. Son départ marque une nouvelle étape dans la recomposition des maisons contrôlées par Hachette Livre, le numéro un de l'édition française et troisième éditeur mondial, impulsée ces dernières années par Vincent Bolloré. Arnaud Nourry, son PDG pendant 17 ans, et Sophie de Closets, la patronne de Fayard, sont ainsi partis sur des désaccords avec la nouvelle orientation prise par le groupe. Depuis, Fayard, traditionnellement réputé pour ses ouvrages d'histoire, a surtout publié les ouvrages d'auteurs marqués à droite ou à l'extrême droite comme Nicolas Sarkozy, Jordan Bardella et Philippe de Villiers. Selon une source proche du dossier, le départ d'Olivier Nora serait lié à la publication du prochain livre de Boualem Sansal, dont l'arrivée chez Grasset en provenance de Gallimard, son éditeur historique, avait fait grand bruit en mars. "Les deux parties ont fait le constat d'un désaccord" sur l'opportunité de publier cet ouvrage, consacré à la détention de l'écrivain franco-algérien en Algérie, dès juin sans attendre l'automne comme le souhaitait Olivier Nora, indique cette source. Une version contestée par Boualem Sansal dans une interview mercredi à TV5Monde. "Nora lui-même m'a écrit un très long truc (...) en me disant +tu n'y es pour rien+", a insisté l'écrivain. La crise chez Grasset, où Jean-Christophe Thiery, PDG de Louis Hachette Group et homme de confiance de Vincent Bolloré, va succèder à Olivier Nora, devrait être largement débattue au Festival du Livre, qui s'ouvre jeudi soir au Grand Palais.
Texte intégral (665 mots)
"Nous sommes des auteurs Grasset, nous avons publié chez Grasset, ou nous avons un livre qui va sortir chez Grasset, mais nous ne signerons pas notre prochain livre chez Grasset. Et nous sommes 115", indique ce courrier signé notamment par des poids lourds de la littérature, romanciers comme essayistes (Virginie Despentes, Sorj Chalandon, Bernard-Henri Lévy, Frédéric Beigbeder...). Cette décision inédite par son ampleur a été prise dans l'urgence après l'annonce mardi du départ d'Oliver Nora de la tête de Grasset, maison qu'il dirigeait depuis 26 ans et qui appartient au groupe Hachette contrôlé par le milliardaire conservateur Vincent Bolloré depuis 2023. Les raisons de ce départ surprise n'ont pas été officiellement précisées mais, selon ce collectif, il s'agit d'un "licenciement" marquant une "une atteinte inacceptable à l'indépendance éditoriale et la liberté de création". "Une fois de plus, Vincent Bolloré dit +je suis chez moi et je fais ce que je veux+ au mépris de celles et ceux qui publient, de celles et ceux qui accompagnent, éditent, corrigent, fabriquent, diffusent, distribuent nos livres. Et au mépris de celles et ceux qui nous lisent", indique le texte, dont les initiateurs insistent sur la dimension collective. "Aujourd'hui, nous avons un point commun: nous refusons d'être les otages d'une guerre idéologique visant à imposer l’autoritarisme partout dans la culture et les médias, affirment les signataires. "Nous ne voulons pas que nos idées, notre travail, soient (la) propriété" de M. Bolloré, écrivent-ils aussi. "Rempart" Certains d'entre eux avaient déjà annoncé dans la journée qu'ils claquaient la porte de Grasset au nom de leur fidélité au très respecté Olivier Nora, 66 ans. "J'ai toujours dit que si on touchait un cheveu d'Olivier Nora, je partirais de Grasset et ma position n'a pas changé", avait déclaré à l'AFP Sorj Chalandon. Dans leur courrier commun, les 115 signataires, où figurent également Anne Sinclair, Jean-Paul Enthoven, Anne Berest ou Colombe Schneck, rendent eux aussi hommage à Olivier Nora, décrit comme le "ciment" d'une maison d'édition qui abritait jusque-là des auteurs d'opinions très diverses. "Les éditions Grasset étaient notre maison, particulière, car s'y côtoyaient pacifiquement des autrices et des auteurs qui n'étaient pas d'accord sur grand-chose. Olivier Nora en a été le rempart et le ciment par son élégance morale, sa disponibilité, et son engagement", indique ce texte commun. Son départ marque une nouvelle étape dans la recomposition des maisons contrôlées par Hachette Livre, le numéro un de l'édition française et troisième éditeur mondial, impulsée ces dernières années par Vincent Bolloré. Arnaud Nourry, son PDG pendant 17 ans, et Sophie de Closets, la patronne de Fayard, sont ainsi partis sur des désaccords avec la nouvelle orientation prise par le groupe. Depuis, Fayard, traditionnellement réputé pour ses ouvrages d'histoire, a surtout publié les ouvrages d'auteurs marqués à droite ou à l'extrême droite comme Nicolas Sarkozy, Jordan Bardella et Philippe de Villiers. Selon une source proche du dossier, le départ d'Olivier Nora serait lié à la publication du prochain livre de Boualem Sansal, dont l'arrivée chez Grasset en provenance de Gallimard, son éditeur historique, avait fait grand bruit en mars. "Les deux parties ont fait le constat d'un désaccord" sur l'opportunité de publier cet ouvrage, consacré à la détention de l'écrivain franco-algérien en Algérie, dès juin sans attendre l'automne comme le souhaitait Olivier Nora, indique cette source. Une version contestée par Boualem Sansal dans une interview mercredi à TV5Monde. "Nora lui-même m'a écrit un très long truc (...) en me disant +tu n'y es pour rien+", a insisté l'écrivain. La crise chez Grasset, où Jean-Christophe Thiery, PDG de Louis Hachette Group et homme de confiance de Vincent Bolloré, va succèder à Olivier Nora, devrait être largement débattue au Festival du Livre, qui s'ouvre jeudi soir au Grand Palais.
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