Les rues du bourg limousin sont quasi désertes, mais les cloches de l'église sonnent en l'honneur de la seule première dame à avoir elle-même exercé un mandat politique, celui de conseillère générale de Corrèze, département où elle a été élue sans discontinuer de 1979 à 2015.
Au musée du président Jacques Chirac, situé au coeur du village, les visiteurs se pressent autour d'un registre de condoléances.
"La classe, la discrétion, l'intelligence, une force sympathique et qui a été un honneur pour nous", écrit Corinne Langlade, une retraitée visitant ce musée inauguré en 2000 pour abriter les cadeaux reçus pendant les deux mandats présidentiels.
Au Patati Patata, restaurant-épicerie de Sarran, Monique garde "le souvenir d'une femme forte, qui ne se laissait pas faire".
Le village abrite aussi le château de Bity, acheté en 1969 par le couple Chirac, où Bernadette Chirac a continué à se rendre après la mort, en 2019, de l'ancien président de la République.
"Je l'ai vue la dernière fois il y a deux ans, chez elle. Et je sais qu'elle y retournait régulièrement, plutôt en période estivale", se souvient la maire de Sarran, Agnès Audureau, qui a partagé plusieurs mandatures avec Bernadette Chirac au conseil municipal.
"Fous rires"
"Elle était vraiment corrézienne de cœur. Très proche des Corréziens (...) avec ce que cela représente de caractère, de sincérité, d'honnêteté. Elle aimait ce côté terrien sincère", confie-t-elle.
Et quand elle avait un projet, une idée, elle allait "au bout du bout. Je pense jusqu'à en être pénible pour ceux qui résistaient", sourit l'édile.
Elle se souvient aussi de "fous rires notables" en conseil municipal avec Bernadette Chirac qui a, selon elle, "réussi à marquer les consciences et à imposer sa personnalité à une période où les femmes, c'était plutôt des ombres ou des secondes".
"Alors certainement que d'être l'épouse de Jacques Chirac, ça a facilité l'écoute, mais pas que, je pense. Il y avait le caractère aussi", estime Mme Audureau.
Un avis partagé par Jeannette, une retraitée et habitante d'Egletons, commune voisine de Sarran.
"Ce n'était pas juste la +femme de+, bien au contraire. Elle s'y connaissait en politique, notamment locale. Ses mandats en disent long sur son engagement", dit-elle.
"Bernie"
Pour Julien Fogier, un quadragénaire nostalgique des "apparitions de Bernie à la télé pour les pièces jaunes", Bernadette Chirac "n'a jamais oublié la Corrèze et nous n'avons jamais oublié Bernadette".
C'est dans ce département que Jacques Chirac entame sa carrière politique en 1965, quand il est élu pour la première fois conseiller municipal de Sainte-Féréole, village d'où sa famille est originaire. Deux ans plus tard, il devient député de Corrèze et y sera réélu sans discontinuer jusqu'à son accession à l'Elysée en 1995.
Son épouse, "Corrézienne d'adoption, aura défendu notre département avec force et détermination durant plus de 40 ans", lui a rendu hommage dans un communiqué le président du département, Pascal Coste.
Emmanuel Macron a aussi souligné que Bernadette Chirac avait marqué "la vie de la Corrèze" et l'ancien président de la République François Hollande, qui l'a côtoyée politiquement en Corrèze, a rendu hommage à celle qui a été "au service" de ce département (...) "pendant près de quarante ans".
Son inhumation aura lieu à Paris mais une cérémonie sera organisée en Corrèze après les obsèques, a fait savoir le président du département.
Texte intégral (617 mots)
Les rues du bourg limousin sont quasi désertes, mais les cloches de l'église sonnent en l'honneur de la seule première dame à avoir elle-même exercé un mandat politique, celui de conseillère générale de Corrèze, département où elle a été élue sans discontinuer de 1979 à 2015.
Au musée du président Jacques Chirac, situé au coeur du village, les visiteurs se pressent autour d'un registre de condoléances.
"La classe, la discrétion, l'intelligence, une force sympathique et qui a été un honneur pour nous", écrit Corinne Langlade, une retraitée visitant ce musée inauguré en 2000 pour abriter les cadeaux reçus pendant les deux mandats présidentiels.
Au Patati Patata, restaurant-épicerie de Sarran, Monique garde "le souvenir d'une femme forte, qui ne se laissait pas faire".
Le village abrite aussi le château de Bity, acheté en 1969 par le couple Chirac, où Bernadette Chirac a continué à se rendre après la mort, en 2019, de l'ancien président de la République.
"Je l'ai vue la dernière fois il y a deux ans, chez elle. Et je sais qu'elle y retournait régulièrement, plutôt en période estivale", se souvient la maire de Sarran, Agnès Audureau, qui a partagé plusieurs mandatures avec Bernadette Chirac au conseil municipal.
"Fous rires"
"Elle était vraiment corrézienne de cœur. Très proche des Corréziens (...) avec ce que cela représente de caractère, de sincérité, d'honnêteté. Elle aimait ce côté terrien sincère", confie-t-elle.
Et quand elle avait un projet, une idée, elle allait "au bout du bout. Je pense jusqu'à en être pénible pour ceux qui résistaient", sourit l'édile.
Elle se souvient aussi de "fous rires notables" en conseil municipal avec Bernadette Chirac qui a, selon elle, "réussi à marquer les consciences et à imposer sa personnalité à une période où les femmes, c'était plutôt des ombres ou des secondes".
"Alors certainement que d'être l'épouse de Jacques Chirac, ça a facilité l'écoute, mais pas que, je pense. Il y avait le caractère aussi", estime Mme Audureau.
Un avis partagé par Jeannette, une retraitée et habitante d'Egletons, commune voisine de Sarran.
"Ce n'était pas juste la +femme de+, bien au contraire. Elle s'y connaissait en politique, notamment locale. Ses mandats en disent long sur son engagement", dit-elle.
"Bernie"
Pour Julien Fogier, un quadragénaire nostalgique des "apparitions de Bernie à la télé pour les pièces jaunes", Bernadette Chirac "n'a jamais oublié la Corrèze et nous n'avons jamais oublié Bernadette".
C'est dans ce département que Jacques Chirac entame sa carrière politique en 1965, quand il est élu pour la première fois conseiller municipal de Sainte-Féréole, village d'où sa famille est originaire. Deux ans plus tard, il devient député de Corrèze et y sera réélu sans discontinuer jusqu'à son accession à l'Elysée en 1995.
Son épouse, "Corrézienne d'adoption, aura défendu notre département avec force et détermination durant plus de 40 ans", lui a rendu hommage dans un communiqué le président du département, Pascal Coste.
Emmanuel Macron a aussi souligné que Bernadette Chirac avait marqué "la vie de la Corrèze" et l'ancien président de la République François Hollande, qui l'a côtoyée politiquement en Corrèze, a rendu hommage à celle qui a été "au service" de ce département (...) "pendant près de quarante ans".
Son inhumation aura lieu à Paris mais une cérémonie sera organisée en Corrèze après les obsèques, a fait savoir le président du département.