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17.08.2026 à 09:11

FRANCE24
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Dans les premiers échanges, vers 07H05 GMT, Paris était stable (+0,02%), Francfort grappillait 0,09%, et Londres prenait 0,31%. Milan avançait de 0,45%.
Dans les premiers échanges, vers 07H05 GMT, Paris était stable (+0,02%), Francfort grappillait 0,09%, et Londres prenait 0,31%. Milan avançait de 0,45%.

17.08.2026 à 08:53

FRANCE24
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Comme la tempête n'est jamais très loin à Marseille, le dernier match amical, perdu vendredi au Vélodrome face à l'Atlético Madrid, a été marqué par deux petites poussées de fièvre: les sifflets du public envers Leonardo Balerdi et l'épisode du brassard retiré à Pierre-Emile Hojbjerg, que la direction du club espérait voir signer à Newcastle. Ferme et serein, Genesio a désamorcé les deux menaces, prenant la défense de Balerdi et de son groupe en général avant d'expliquer sincèrement que l'épisode Hojbjerg n'était pas de son fait. "C'est une décision dictée par la direction du club. Ça n'est pas une décision que je partage, mais je suis salarié et je dois me soumettre à certaines obligations", a-t-il résumé. L'état-major en a pris acte, ne s'en est pas ému, et tout le monde a pu retourner à ses priorités, le premier match officiel de la saison vendredi contre Strasbourg et la poursuite d'un mercato tourmenté par les exigences de l'UEFA et de la DNCG. "Situation difficile" Alors que les dernières fenêtres de transferts avaient été celles d'un turn-over endiablé, valant à l'OM le surnom de "FC Hall de Gare", aucun joueur n'est encore arrivé cet été. Quelques retours de prêt (Maupay, Harit, Garcia, Angel Gomes...) sont simplement venus remplumer un effectif désormais privé de Rulli, Greenwood, Aubameyang ou Medina. "On s'attendait à une situation difficile, on a beaucoup de restrictions, on est limités, encadrés par la DNCG et l'UEFA. On doit vendre des joueurs pour pouvoir enregistrer des arrivées", a expliqué vendredi le nouveau directeur sportif du club Grégory Lorenzi, interrogé par Ligue 1+. "Il y a des discussions avec des joueurs susceptibles de partir et d'autres qui devraient nous rejoindre en cas de départs. Il y a des clubs qui n'acceptent pas forcément ce que l'on souhaite. Ce n'est pas une situation plaisante, mais on va essayer d'être convaincants et de débloquer ce mercato", a-t-il ajouté. Effaré par les 105 millions d'euros de pertes enregistrées en 2024-2025, le propriétaire Frank McCourt veut en tous cas remettre de l'ordre dans les comptes, tout le monde est à vendre et une agence (Unique Sports Group) a été mandatée pour essayer de trouver des portes de sortie aux plus gros salaires. "C'est un intermédiaire supplémentaire et cela crée des frictions avec les agents des joueurs", relève tout de même une source proche de l'effectif interrogée par l'AFP. Ambitieux malgré tout Genesio, lui, s'accommode de tout. "On le savait. Le onze de départ risque de changer tous les jours jusqu'au 31 août. Il n'y a pas de onze de départ", a-t-il souri après la convaincante victoire des siens il y a une semaine face à l'Athletic Bilbao (3-1). "Ce n'est pas l'idéal mais on doit s'adapter. Je le savais, même si peut-être pas à ce point-là. Moi, je suis entraîneur et je dois tirer 100% du groupe que j'aurai à ma disposition le 1er septembre. C'est mon job. Les finances, ce qui tourne autour du mercato, ce n'est pas mon job. Des gens sont là pour ça et je leur fais confiance", a-t-il ajouté. Chez les joueurs, le style Genesio, apaisé et apaisant, semble en tous cas apprécié, même chez ceux qui étaient à l'abri de l'agitation et de la confusion de la fin de l'ère Longoria-Benatia-De Zerbi. "Il se base sur la communication, il nous parle beaucoup, il apporte énormément de sérénité. C'est la différence avec ce que j'ai pu connaître. Une personne super calme, qui bosse au quotidien tranquillement, sans mettre la pression", a ainsi expliqué Amine Harit vendredi. Mais même transformé, même appauvri, l'OM garde des ambitions sportives. "J'ai parlé d'Europe. Ca va de la première place à la sixième, voire la septième. On va faire du mieux qu'on peut mais je crois que Marseille doit être européen, quelle que soit sa situation financière", assure Genesio.
Texte intégral (683 mots)
Comme la tempête n'est jamais très loin à Marseille, le dernier match amical, perdu vendredi au Vélodrome face à l'Atlético Madrid, a été marqué par deux petites poussées de fièvre: les sifflets du public envers Leonardo Balerdi et l'épisode du brassard retiré à Pierre-Emile Hojbjerg, que la direction du club espérait voir signer à Newcastle. Ferme et serein, Genesio a désamorcé les deux menaces, prenant la défense de Balerdi et de son groupe en général avant d'expliquer sincèrement que l'épisode Hojbjerg n'était pas de son fait. "C'est une décision dictée par la direction du club. Ça n'est pas une décision que je partage, mais je suis salarié et je dois me soumettre à certaines obligations", a-t-il résumé. L'état-major en a pris acte, ne s'en est pas ému, et tout le monde a pu retourner à ses priorités, le premier match officiel de la saison vendredi contre Strasbourg et la poursuite d'un mercato tourmenté par les exigences de l'UEFA et de la DNCG. "Situation difficile" Alors que les dernières fenêtres de transferts avaient été celles d'un turn-over endiablé, valant à l'OM le surnom de "FC Hall de Gare", aucun joueur n'est encore arrivé cet été. Quelques retours de prêt (Maupay, Harit, Garcia, Angel Gomes...) sont simplement venus remplumer un effectif désormais privé de Rulli, Greenwood, Aubameyang ou Medina. "On s'attendait à une situation difficile, on a beaucoup de restrictions, on est limités, encadrés par la DNCG et l'UEFA. On doit vendre des joueurs pour pouvoir enregistrer des arrivées", a expliqué vendredi le nouveau directeur sportif du club Grégory Lorenzi, interrogé par Ligue 1+. "Il y a des discussions avec des joueurs susceptibles de partir et d'autres qui devraient nous rejoindre en cas de départs. Il y a des clubs qui n'acceptent pas forcément ce que l'on souhaite. Ce n'est pas une situation plaisante, mais on va essayer d'être convaincants et de débloquer ce mercato", a-t-il ajouté. Effaré par les 105 millions d'euros de pertes enregistrées en 2024-2025, le propriétaire Frank McCourt veut en tous cas remettre de l'ordre dans les comptes, tout le monde est à vendre et une agence (Unique Sports Group) a été mandatée pour essayer de trouver des portes de sortie aux plus gros salaires. "C'est un intermédiaire supplémentaire et cela crée des frictions avec les agents des joueurs", relève tout de même une source proche de l'effectif interrogée par l'AFP. Ambitieux malgré tout Genesio, lui, s'accommode de tout. "On le savait. Le onze de départ risque de changer tous les jours jusqu'au 31 août. Il n'y a pas de onze de départ", a-t-il souri après la convaincante victoire des siens il y a une semaine face à l'Athletic Bilbao (3-1). "Ce n'est pas l'idéal mais on doit s'adapter. Je le savais, même si peut-être pas à ce point-là. Moi, je suis entraîneur et je dois tirer 100% du groupe que j'aurai à ma disposition le 1er septembre. C'est mon job. Les finances, ce qui tourne autour du mercato, ce n'est pas mon job. Des gens sont là pour ça et je leur fais confiance", a-t-il ajouté. Chez les joueurs, le style Genesio, apaisé et apaisant, semble en tous cas apprécié, même chez ceux qui étaient à l'abri de l'agitation et de la confusion de la fin de l'ère Longoria-Benatia-De Zerbi. "Il se base sur la communication, il nous parle beaucoup, il apporte énormément de sérénité. C'est la différence avec ce que j'ai pu connaître. Une personne super calme, qui bosse au quotidien tranquillement, sans mettre la pression", a ainsi expliqué Amine Harit vendredi. Mais même transformé, même appauvri, l'OM garde des ambitions sportives. "J'ai parlé d'Europe. Ca va de la première place à la sixième, voire la septième. On va faire du mieux qu'on peut mais je crois que Marseille doit être européen, quelle que soit sa situation financière", assure Genesio.

17.08.2026 à 08:49

FRANCE24
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"On a un bilan plutôt satisfaisant. Finalement, c'est ce qu'on était venu chercher. L'objectif, c'était notamment de créer de l'émergence en équipe de France. On l'a fait à la fois avec des individualités et des relais", a apprécié le DTN Denis Auguin. Onze médailles, dont quatre en or - 200 m papillon et 400 m nage libre masculin, 100 m dos féminin et relais 4x100 m 4 nages mixte: la moisson continentale des Bleus est à peu près la même qu'à Rome en 2022 (13 médailles, 3 en or), mais l'équipe de France a dû composer avec "les préparations tronquées" de ses deux chefs de file. . Même affaibli, Marchand irrésistible Comme aux JO-2024, Léon Marchand a fait chavirer de plaisir le public parisien. D'abord en soirée d'ouverture, propulsant le relais 4x200 m nage libre tricolore vers l'argent. Puis sur sa nage fétiche, le 200 m papillon, en remportant son premier titre européen en finale, meilleure performance mondiale de l'année en prime (1 min 51 sec 72). Enfin, sur 400 m nage libre dimanche, qu'il découvrait pourtant au plus haut niveau, survolant la finale pour terminer à plus d'une seconde de tous ses concurrents. "J'ai trouvé mon truc je crois. Le crawl, j'ai vraiment envie de continuer sur cette lancée, j'ai bien bossé ces deux dernières années sur la technique, la puissance, les battements et là c'est un peu une récompense, je vois que je suis dans la bonne direction", a souligné le Toulousain de 24 ans, pourtant blessé à un adducteur moins de deux mois seulement avant le début de la compétition. "Ce garçon est perpétuellement surprenant, c'est un nageur exceptionnel, Il sait faire face à ces difficultés, et au final il s'en sort remarquablement bien", a salué Denis Auguin. Le triple champion du monde Maxime Grousset, l'autre patron de la natation française, a lui aussi dû faire face à une blessure - fracture à un os du pied gauche - quelques semaines avant cet Euro à la maison. En manque de repères, il a tout de même largement contribué à l'or du relais 4x100 m 4 nages mixte, récoltant aussi deux médailles d'argent (50 et 100 m papillon) en individuel. "Pour moi, c'est un bilan parfait, c'est plus que positif", a estimé Grousset qui "ne se voyait pas nager aussi vite" en raison de sa préparation perturbée. . Moluh et les jeunes au rendez-vous Si les patrons des Bleus ont su se dépasser, c'est aussi le cas pour les jeunes pousses, bien aidés par un public toujours animé, dès les séries du matin. "J'ai vécu des émotions de fou, les gens ont été géniaux", a apprécié Mary-Ambre Moluh. La jeune dossiste de 20 ans, étudiante aux Etats-Unis, a été la révélation tricolore de cette semaine, avec une médaille d'argent sur 50 m dos, l'or au sein du relais 4x100 m 4 nages mixte et un premier titre individuel continental sur 100 m dos, record d'Europe à la clef. "Elle a fait une course de taulière", a jugé Denis Auguin. "Elle est à la fois très lucide et a beaucoup d'ambition, ce type de performance apporte, car cela montre aux autres que c'est possible", a-t-il ajouté. Dans la même finale, Pauline Mahieu s'est emparée du bronze, comme sur le 200 m dos en début de semaine. L'autre grande satisfaction de cette génération vient de Sauveur Cristofini, 16 ans, devenu le plus jeune médaillé français aux Championnats d'Europe, en participant activement au relais 4x200 m nage libre. "On a deux ans avant les JO pour densifier encore l'équipe", a dit le DTN. Denis Auguin a tout de même reconnu des "carences", notamment en brasse et en demi-fond féminin : "On ne bouchera pas ces trous d'ici Los Angeles, mais on y travaille pour la suite. L'idée actuellement, c'est d'élever le niveau des nageurs dans les disciplines où on est déjà performant".
Texte intégral (670 mots)
"On a un bilan plutôt satisfaisant. Finalement, c'est ce qu'on était venu chercher. L'objectif, c'était notamment de créer de l'émergence en équipe de France. On l'a fait à la fois avec des individualités et des relais", a apprécié le DTN Denis Auguin. Onze médailles, dont quatre en or - 200 m papillon et 400 m nage libre masculin, 100 m dos féminin et relais 4x100 m 4 nages mixte: la moisson continentale des Bleus est à peu près la même qu'à Rome en 2022 (13 médailles, 3 en or), mais l'équipe de France a dû composer avec "les préparations tronquées" de ses deux chefs de file. . Même affaibli, Marchand irrésistible Comme aux JO-2024, Léon Marchand a fait chavirer de plaisir le public parisien. D'abord en soirée d'ouverture, propulsant le relais 4x200 m nage libre tricolore vers l'argent. Puis sur sa nage fétiche, le 200 m papillon, en remportant son premier titre européen en finale, meilleure performance mondiale de l'année en prime (1 min 51 sec 72). Enfin, sur 400 m nage libre dimanche, qu'il découvrait pourtant au plus haut niveau, survolant la finale pour terminer à plus d'une seconde de tous ses concurrents. "J'ai trouvé mon truc je crois. Le crawl, j'ai vraiment envie de continuer sur cette lancée, j'ai bien bossé ces deux dernières années sur la technique, la puissance, les battements et là c'est un peu une récompense, je vois que je suis dans la bonne direction", a souligné le Toulousain de 24 ans, pourtant blessé à un adducteur moins de deux mois seulement avant le début de la compétition. "Ce garçon est perpétuellement surprenant, c'est un nageur exceptionnel, Il sait faire face à ces difficultés, et au final il s'en sort remarquablement bien", a salué Denis Auguin. Le triple champion du monde Maxime Grousset, l'autre patron de la natation française, a lui aussi dû faire face à une blessure - fracture à un os du pied gauche - quelques semaines avant cet Euro à la maison. En manque de repères, il a tout de même largement contribué à l'or du relais 4x100 m 4 nages mixte, récoltant aussi deux médailles d'argent (50 et 100 m papillon) en individuel. "Pour moi, c'est un bilan parfait, c'est plus que positif", a estimé Grousset qui "ne se voyait pas nager aussi vite" en raison de sa préparation perturbée. . Moluh et les jeunes au rendez-vous Si les patrons des Bleus ont su se dépasser, c'est aussi le cas pour les jeunes pousses, bien aidés par un public toujours animé, dès les séries du matin. "J'ai vécu des émotions de fou, les gens ont été géniaux", a apprécié Mary-Ambre Moluh. La jeune dossiste de 20 ans, étudiante aux Etats-Unis, a été la révélation tricolore de cette semaine, avec une médaille d'argent sur 50 m dos, l'or au sein du relais 4x100 m 4 nages mixte et un premier titre individuel continental sur 100 m dos, record d'Europe à la clef. "Elle a fait une course de taulière", a jugé Denis Auguin. "Elle est à la fois très lucide et a beaucoup d'ambition, ce type de performance apporte, car cela montre aux autres que c'est possible", a-t-il ajouté. Dans la même finale, Pauline Mahieu s'est emparée du bronze, comme sur le 200 m dos en début de semaine. L'autre grande satisfaction de cette génération vient de Sauveur Cristofini, 16 ans, devenu le plus jeune médaillé français aux Championnats d'Europe, en participant activement au relais 4x200 m nage libre. "On a deux ans avant les JO pour densifier encore l'équipe", a dit le DTN. Denis Auguin a tout de même reconnu des "carences", notamment en brasse et en demi-fond féminin : "On ne bouchera pas ces trous d'ici Los Angeles, mais on y travaille pour la suite. L'idée actuellement, c'est d'élever le niveau des nageurs dans les disciplines où on est déjà performant".

17.08.2026 à 08:21

FRANCE24
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Vêtus de costumes noirs, des dizaines d'hommes et d'adolescents scandent "Shabbat!" aux abords du café Basimta, situé non loin de leur quartier. En face, fort contraste avec les pancartes roses des juifs laïcs. Les contre-manifestants sifflent pour couvrir les cris de leurs opposants, l'un brandissant un carton sur lequel on lit : "Notre droit sacré de boire du café". Dans le centre de Jérusalem, le café est depuis deux mois au coeur d'un conflit entre laïcs et ultra-orthodoxes: ces derniers en réclament la fermeture pendant le shabbat, repos hebdomadaire observé par les juifs du vendredi soir au samedi soir. Pendant cette période, la religion juive interdit de travailler, de circuler en voiture, d'allumer ou d'éteindre l'électricité. Chargée de tensions, la scène illustre deux facettes de la société israélienne, appelée aux urnes le 27 octobre, pour des élections législatives qui constitueront un référendum pour le Premier ministre Benjamin Netanyahu. "Atteinte à la foi" Le dirigeant israélien, lui-même laïc, s'appuie sur le soutien des juifs ultra-orthodoxes depuis près de deux décennies. A la tête du gouvernement le plus à droite de l'histoire du pays, il a permis à cette communauté de renforcer son influence. Aya Lewkowicz, membre du mouvement "Pink Front" venue de Tel-Aviv pour aider samedi à protéger le café de Jérusalem, estime qu'il appartient à chaque Israélien de respecter ou non le shabbat. "Chacun devrait être libre de se reposer comme il le souhaite et ne pas se voir imposer (une conduite) par une petite minorité soutenue par le gouvernement", dit-elle. "Les orthodoxes sont des parasites (...) Tout ce qu'ils veulent, c'est l'argent du gouvernement", fustige Amit Yair, 77 ans, en attendant sa commande, ajoutant craindre une théocratie. "Ils disent que nous sommes sur la terre de Dieu mais veulent tuer tout ce qui s'y trouve pour en faire un Etat halakhique", un terme désignant un Etat soumis à la loi juive. "Je ne veux pas que mes enfants voient un café ouvert en sortant de la maison" pendant le shabbat, lance un juif orthodoxe à un de ses opposants. "Ce n'est pas que je ne te respecte pas, mais cela porte atteinte à la foi de ma famille. Quand on dit qu'on est juif, cela implique un engagement", ajoute-t-il. Les manifestants ultra-orthodoxes approchés par les journalistes ont refusé de s'exprimer, expliquant que cela contreviendrait aux règles du shabbat. Nombre d'Israéliens laïcs supportent mal le fait que les juifs ultra-orthodoxes bénéficient d'allocations pour leurs études religieuses et, grâce au soutien de M. Netanyahu, sont exemptés de service militaire. L'armée du pays, engagé sur plusieurs fronts depuis l'attaque sans précédent en Israël du mouvement palestinien Hamas le 7 octobre 2023, a pourtant besoin de davantage de soldats. "Colère" "Je ressens de la colère au fond de moi à l'idée que seules certaines personnes soient obligées d'accomplir leur service militaire", explique Alma Ronen, qui a combattu à Gaza et dans le sud du Liban. La question de la conscription est devenue un thème phare de la campagne électorale, les principaux rivaux de M. Netanyahu s'étant engagés à mettre fin à l'exception faite aux ultra-orthodoxes. Parmi les juifs israéliens, 53% se considèrent comme totalement ou en partie laïcs, selon une étude publiée l'année dernière par le centre Jewish People Policy Institute. Le traumatisme de l'attaque du 7 octobre 2023, la plus meurtrière de l'histoire du pays, a toutefois poussé davantage d'Israéliens vers la religion. Mais selon Shlomit Ravitsky Tur Paz, directrice du programme "Religion et Etat" de l'Institut israélien pour la démocratie (IDI), la société israélienne s'est progressivement sécularisée, avec davantage de services disponibles pendant le shabbat. Dans le même temps, elle note que les juifs pratiquants représentant une part de plus en plus importante de la population, du fait d'une forte natalité chez les juifs ortodoxes. Ceux-ci représentent 14,3% de la population d'Israël, selon une étude de l'IDI. Après plusieurs heures, les manifestants ultra-orthodoxes ont quitté les lieux. Ils seront de retour la semaine prochaine, et la file d'attente au café, chaque samedi plus longue que la précédente, aussi.
Texte intégral (714 mots)
Vêtus de costumes noirs, des dizaines d'hommes et d'adolescents scandent "Shabbat!" aux abords du café Basimta, situé non loin de leur quartier. En face, fort contraste avec les pancartes roses des juifs laïcs. Les contre-manifestants sifflent pour couvrir les cris de leurs opposants, l'un brandissant un carton sur lequel on lit : "Notre droit sacré de boire du café". Dans le centre de Jérusalem, le café est depuis deux mois au coeur d'un conflit entre laïcs et ultra-orthodoxes: ces derniers en réclament la fermeture pendant le shabbat, repos hebdomadaire observé par les juifs du vendredi soir au samedi soir. Pendant cette période, la religion juive interdit de travailler, de circuler en voiture, d'allumer ou d'éteindre l'électricité. Chargée de tensions, la scène illustre deux facettes de la société israélienne, appelée aux urnes le 27 octobre, pour des élections législatives qui constitueront un référendum pour le Premier ministre Benjamin Netanyahu. "Atteinte à la foi" Le dirigeant israélien, lui-même laïc, s'appuie sur le soutien des juifs ultra-orthodoxes depuis près de deux décennies. A la tête du gouvernement le plus à droite de l'histoire du pays, il a permis à cette communauté de renforcer son influence. Aya Lewkowicz, membre du mouvement "Pink Front" venue de Tel-Aviv pour aider samedi à protéger le café de Jérusalem, estime qu'il appartient à chaque Israélien de respecter ou non le shabbat. "Chacun devrait être libre de se reposer comme il le souhaite et ne pas se voir imposer (une conduite) par une petite minorité soutenue par le gouvernement", dit-elle. "Les orthodoxes sont des parasites (...) Tout ce qu'ils veulent, c'est l'argent du gouvernement", fustige Amit Yair, 77 ans, en attendant sa commande, ajoutant craindre une théocratie. "Ils disent que nous sommes sur la terre de Dieu mais veulent tuer tout ce qui s'y trouve pour en faire un Etat halakhique", un terme désignant un Etat soumis à la loi juive. "Je ne veux pas que mes enfants voient un café ouvert en sortant de la maison" pendant le shabbat, lance un juif orthodoxe à un de ses opposants. "Ce n'est pas que je ne te respecte pas, mais cela porte atteinte à la foi de ma famille. Quand on dit qu'on est juif, cela implique un engagement", ajoute-t-il. Les manifestants ultra-orthodoxes approchés par les journalistes ont refusé de s'exprimer, expliquant que cela contreviendrait aux règles du shabbat. Nombre d'Israéliens laïcs supportent mal le fait que les juifs ultra-orthodoxes bénéficient d'allocations pour leurs études religieuses et, grâce au soutien de M. Netanyahu, sont exemptés de service militaire. L'armée du pays, engagé sur plusieurs fronts depuis l'attaque sans précédent en Israël du mouvement palestinien Hamas le 7 octobre 2023, a pourtant besoin de davantage de soldats. "Colère" "Je ressens de la colère au fond de moi à l'idée que seules certaines personnes soient obligées d'accomplir leur service militaire", explique Alma Ronen, qui a combattu à Gaza et dans le sud du Liban. La question de la conscription est devenue un thème phare de la campagne électorale, les principaux rivaux de M. Netanyahu s'étant engagés à mettre fin à l'exception faite aux ultra-orthodoxes. Parmi les juifs israéliens, 53% se considèrent comme totalement ou en partie laïcs, selon une étude publiée l'année dernière par le centre Jewish People Policy Institute. Le traumatisme de l'attaque du 7 octobre 2023, la plus meurtrière de l'histoire du pays, a toutefois poussé davantage d'Israéliens vers la religion. Mais selon Shlomit Ravitsky Tur Paz, directrice du programme "Religion et Etat" de l'Institut israélien pour la démocratie (IDI), la société israélienne s'est progressivement sécularisée, avec davantage de services disponibles pendant le shabbat. Dans le même temps, elle note que les juifs pratiquants représentant une part de plus en plus importante de la population, du fait d'une forte natalité chez les juifs ortodoxes. Ceux-ci représentent 14,3% de la population d'Israël, selon une étude de l'IDI. Après plusieurs heures, les manifestants ultra-orthodoxes ont quitté les lieux. Ils seront de retour la semaine prochaine, et la file d'attente au café, chaque samedi plus longue que la précédente, aussi.

17.08.2026 à 08:19

FRANCE24
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"Ce lieu a toujours été appelé la vallée d'Homère par les habitants. Des voyageurs du monde entier venaient autrefois voir la grotte où Homère aurait composé ses poèmes", raconte le chercheur Altan Altin qui vient de publier un livre à ce sujet. Pourtant en l'absence de preuve tangible, l'histoire de la grotte d'Homère est longtemps demeurée un mythe. "Les Smyrniotes ont le fleuve Mélès, avec ses eaux délicieuses, et à sa source se trouve la grotte où, dit-on, Homère a composé ses poèmes", avait écrit au 2e siècle le géographe grec Pausanias, alimentant un débat qui se poursuit encore aujourd'hui sur la vie d'Homère et sur l'emplacement du fleuve auprès duquel le poète serait né au 8e siècle avant J.-C. Etonnante précision Si d'autres lieux, notamment l'île grecque de Chios, revendiquent aussi son origine, l'ancienne Smyrne, aujourd'hui Izmir, et son arrière-pays, où se trouve Bornova, sont étroitement associés au poète. "Pour moi, il n'y a pas de doute, Homère est de Bornova, il est d'Izmir. Il est en tout cas de l'Ionie, comprenant Smyrne et Chios. Il est de ces terres", estime Altan Altin. Pour étayer sa thèse, Altan Altin s'appuie notamment sur un bas-relief du 3e siècle avant J.-C. représentant la déification d'Homère. Selon lui, la scène reproduit avec une étonnante précision la grotte de Bornova. "Ce bas-relief était connu, mais personne ne s'était rendu compte des détails identiques avec la grotte d'Homère. Pour la première fois une description géographique aussi détaillée fait surface", raconte le chercheur. L'accès à la grotte, encombrée de rochers, reste difficile. Ses parois portent des inscriptions et des graffitis dont l'ancienneté demeure inconnue. "Les découvertes issues des fouilles, notamment les pièces de monnaie comportant la figure d'Homère, nous indiquent que les habitants de l'ancienne Smyrne considéraient le poète comme un des leurs", précise de son côté l'archéologue Mehmet Akif Erdem. "L'Iliade et l'Odyssée ont été écrites en dialectes ionien et éolien, ce qui laisse penser que l'ancienne Smyrne et Bornova pourraient être une des terres natales d'Homère", ajoute-t-il. Homère omniprésent Au-delà du débat académique, la figure d'Homère est omniprésente à Bornova. Au tumulus de Yesilova, site remontant au Néolithique et considéré comme le plus ancien établissement humain d'Izmir, un buste d'Homère accompagné d'une inscription proclamant "J'ai composé l'Iliade et l'Odyssée sur cette terre. J'ai vécu à Bornova", accueille les visiteurs. En plus de la vallée d'Homère et un salon du livre dédié au poète, la municipalité de Bornova a érigé une statue d'Hector, le héros de la guerre de Troie, dans un parc central de la ville et prévoit de réaménager la grotte d'Homère pour l'ouvrir aux visiteurs. "Préserver l'héritage d'Homère est un devoir envers l'humanité. Il est l'un des pères fondateurs de la littérature. Les histoires qu'il raconte sont celles de cette terre. La question n'est pas de savoir s'il faut ou non revendiquer Homère. Son histoire est aussi la nôtre", affirme le maire d'opposition de Bornova Omer Eski. Cette vision ne fait toutefois pas l'unanimité. En 2024, des élus municipaux du parti du président turc Recep Tayyip Erdogan ont proposé de rebaptiser la vallée d'Homère du nom d'un combattant turc, estimant que le site ne devait pas porter un nom grec. "Effacer le nom d'Homère serait l'un des pires méfaits qu'on puisse infliger à Bornova", a alors rétorqué le maire qui souhaite "faire connaître Homère au monde entier comme étant de Bornova" et d'en faire un atout touristique. "Fière d'être sa compatriote" Le succès du film "L'Odyssée" a provoqué un regain d'intérêt pour Homère et dopé les ventes de ses épopées, confie Mustafa Kocyigit de la librairie Gargantua à Izmir. "Je savais qu'Homère était d'ici, mais pas précisément d'Izmir. Je me sens fière et profondément privilégiée d'être sa compatriote", lance Safak Tosun, enseignante, âgée de 58 ans, devant un des cinémas de la ville où le film demeure un blockbuster. "Quand on se plonge dans l'Iliade, on comprend véritablement qu'Homère était un Anatolien. On y découvre des anecdotes ou traces culturelles totalement inconnues ailleurs", estime Altan Altin. Pour le chercheur, les origines d'Homère ne devraient pas susciter une rivalité entre la Turquie et la Grèce. "Homère a 2800 ans, tandis que la frontière turco-grecque n'a qu'un siècle", estime-t-il. "Homère est grec. Homère est anatolien. Aucun de nous n'est plus ancien que lui, pas même les Etats".
Texte intégral (822 mots)
"Ce lieu a toujours été appelé la vallée d'Homère par les habitants. Des voyageurs du monde entier venaient autrefois voir la grotte où Homère aurait composé ses poèmes", raconte le chercheur Altan Altin qui vient de publier un livre à ce sujet. Pourtant en l'absence de preuve tangible, l'histoire de la grotte d'Homère est longtemps demeurée un mythe. "Les Smyrniotes ont le fleuve Mélès, avec ses eaux délicieuses, et à sa source se trouve la grotte où, dit-on, Homère a composé ses poèmes", avait écrit au 2e siècle le géographe grec Pausanias, alimentant un débat qui se poursuit encore aujourd'hui sur la vie d'Homère et sur l'emplacement du fleuve auprès duquel le poète serait né au 8e siècle avant J.-C. Etonnante précision Si d'autres lieux, notamment l'île grecque de Chios, revendiquent aussi son origine, l'ancienne Smyrne, aujourd'hui Izmir, et son arrière-pays, où se trouve Bornova, sont étroitement associés au poète. "Pour moi, il n'y a pas de doute, Homère est de Bornova, il est d'Izmir. Il est en tout cas de l'Ionie, comprenant Smyrne et Chios. Il est de ces terres", estime Altan Altin. Pour étayer sa thèse, Altan Altin s'appuie notamment sur un bas-relief du 3e siècle avant J.-C. représentant la déification d'Homère. Selon lui, la scène reproduit avec une étonnante précision la grotte de Bornova. "Ce bas-relief était connu, mais personne ne s'était rendu compte des détails identiques avec la grotte d'Homère. Pour la première fois une description géographique aussi détaillée fait surface", raconte le chercheur. L'accès à la grotte, encombrée de rochers, reste difficile. Ses parois portent des inscriptions et des graffitis dont l'ancienneté demeure inconnue. "Les découvertes issues des fouilles, notamment les pièces de monnaie comportant la figure d'Homère, nous indiquent que les habitants de l'ancienne Smyrne considéraient le poète comme un des leurs", précise de son côté l'archéologue Mehmet Akif Erdem. "L'Iliade et l'Odyssée ont été écrites en dialectes ionien et éolien, ce qui laisse penser que l'ancienne Smyrne et Bornova pourraient être une des terres natales d'Homère", ajoute-t-il. Homère omniprésent Au-delà du débat académique, la figure d'Homère est omniprésente à Bornova. Au tumulus de Yesilova, site remontant au Néolithique et considéré comme le plus ancien établissement humain d'Izmir, un buste d'Homère accompagné d'une inscription proclamant "J'ai composé l'Iliade et l'Odyssée sur cette terre. J'ai vécu à Bornova", accueille les visiteurs. En plus de la vallée d'Homère et un salon du livre dédié au poète, la municipalité de Bornova a érigé une statue d'Hector, le héros de la guerre de Troie, dans un parc central de la ville et prévoit de réaménager la grotte d'Homère pour l'ouvrir aux visiteurs. "Préserver l'héritage d'Homère est un devoir envers l'humanité. Il est l'un des pères fondateurs de la littérature. Les histoires qu'il raconte sont celles de cette terre. La question n'est pas de savoir s'il faut ou non revendiquer Homère. Son histoire est aussi la nôtre", affirme le maire d'opposition de Bornova Omer Eski. Cette vision ne fait toutefois pas l'unanimité. En 2024, des élus municipaux du parti du président turc Recep Tayyip Erdogan ont proposé de rebaptiser la vallée d'Homère du nom d'un combattant turc, estimant que le site ne devait pas porter un nom grec. "Effacer le nom d'Homère serait l'un des pires méfaits qu'on puisse infliger à Bornova", a alors rétorqué le maire qui souhaite "faire connaître Homère au monde entier comme étant de Bornova" et d'en faire un atout touristique. "Fière d'être sa compatriote" Le succès du film "L'Odyssée" a provoqué un regain d'intérêt pour Homère et dopé les ventes de ses épopées, confie Mustafa Kocyigit de la librairie Gargantua à Izmir. "Je savais qu'Homère était d'ici, mais pas précisément d'Izmir. Je me sens fière et profondément privilégiée d'être sa compatriote", lance Safak Tosun, enseignante, âgée de 58 ans, devant un des cinémas de la ville où le film demeure un blockbuster. "Quand on se plonge dans l'Iliade, on comprend véritablement qu'Homère était un Anatolien. On y découvre des anecdotes ou traces culturelles totalement inconnues ailleurs", estime Altan Altin. Pour le chercheur, les origines d'Homère ne devraient pas susciter une rivalité entre la Turquie et la Grèce. "Homère a 2800 ans, tandis que la frontière turco-grecque n'a qu'un siècle", estime-t-il. "Homère est grec. Homère est anatolien. Aucun de nous n'est plus ancien que lui, pas même les Etats".

17.08.2026 à 07:58

David RICH
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Innovation africaine (3/3). Styliste franco-congolais, Alvin Junior Mak a marqué de son empreinte le Mondial de football en concevant le très remarqué costume de l'équipe de la République du Congo. Un succès fulgurant accueilli avec enthousiasme mais sans triomphalisme par le jeune prodige de la mode, qui perçoit son travail comme une course de fond et non un sprint.  
Texte intégral (822 mots)
Innovation africaine (3/3). Styliste franco-congolais, Alvin Junior Mak a marqué de son empreinte le Mondial de football en concevant le très remarqué costume de l'équipe de la République du Congo. Un succès fulgurant accueilli avec enthousiasme mais sans triomphalisme par le jeune prodige de la mode, qui perçoit son travail comme une course de fond et non un sprint.  

17.08.2026 à 07:51

FRANCE24
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Sous ses pieds, des morceaux de bois et de tissus se mélangent au sable, ultimes vestiges de maisons englouties par les vagues, certaines il y a plusieurs années, d'autres quelques mois à peine. Depuis le début des années 2000, l'érosion côtière s'est progressivement intensifiée à Ayetoro, selon les experts. Sous l'effet du changement climatique, l'océan Atlantique gagne du terrain, emportant tout sur son passage. Le littoral d'Ayetoro a reculé en moyenne de 15,6 mètres par an entre 1987 et 2022, selon une étude de l'urbaniste nigérian Barnabas Ogirima James. Les travaux d'une équipe de chercheurs publiés dans la revue Scientific Reports en 2024 indiquent que le rythme actuel de l'élévation du niveau de la mer le long des côtes du golfe de Guinée est d'environ 3,89 millimètres par an, soit environ 10,5% de plus que la moyenne mondiale. "J'ai pris cette photo il y a 14 ans. Aujourd'hui, si vous vous placez à l'endroit même où je me tenais, vous verrez qu'il n'y a plus de bâtiments", explique à l'AFP Oluwambe Ojagbohunmi, roi traditionnel d'Ayetoro, au pied de son palais, dont le rez-de-chaussée est en grande partie inondé. Derrière lui, les fondations d'un pylône de télécommunications piqueté d'antennes paraboliques baignent dans l'eau. Sur les anciens clichés brandis par les habitants, celui-ci se trouvait sur la terre ferme, devant plusieurs maisons désormais englouties. "Mon palais comptait autrefois 100 pièces. Il n'en reste qu'une douzaine environ", indique le roi. "C'est notre terre, ici. Où pouvons-nous aller ? C'est compliqué", soupire-t-il. Familles déplacées En avril, une tempête a fait monter les eaux, empêchant les occupants du palais de sortir pendant une semaine entière, selon M. Ojagbohunmi et des habitants. Surnommée "The Happy Place", Ayetoro, qui compte environ 10.000 habitants selon le roi, a été fondée en 1947 par un groupe de chrétiens souhaitant créer une société avec une mise en commun des biens inspirée du communisme. "Je suis devenu un réfugié dans ma propre communauté depuis que j'ai perdu la maison de mon père en 2019, envahie et détruite par l'océan. J'ai pu sauver uniquement mon diplôme universitaire", confie Akingboye Thompson, assistant personnel du roi et pêcheur. "Certaines familles ont dû changer de maison trois fois ou plus à cause de la catastrophe que nous vivons", se désole-t-il dans une rue jonchée de déchets en plastique d'Ayetoro, aux maisons de bois et de tôle souvent reliées entre elles par des passerelles surélevées. Le roi et d'autres habitants interrogés par l'AFP affirment ne pas avoir été informés de décès par noyade jusqu'à présent. Pourtant, pour Joke Edawole, 33 ans, vendeuse de poisson, la montée des eaux a eu des conséquences dramatiques: "Cet océan m'a tellement pris, il a tué mon père", raconte-t-elle à l'AFP, précisant que ce dernier est mort peu de temps après avoir été retrouvé inconscient dans l'eau. Selon Oluwasegun Babatunde Esan, chercheur en architecture du paysage à l'Université de Lagos (Nigeria) et collaborateur de l'université américaine de Harvard, l'érosion sur les 850 kilomètres de littoral nigérian risque de se poursuivre si la pression foncière et les activités polluantes ne sont pas davantage réglementées. "Il existe une demande croissante de terrains, que ce soit pour construire des logements ou pour des activités industrielles", explique-t-il. M. Esan recommande également le développement de barrières naturelles, comme les mangroves et les cocotiers, pour réduire l'érosion. Santé et éducation fragilisées Ayetoro a reçu ponctuellement des aides matérielles d'agences gouvernementales et d'ONG, que ses habitants jugent insuffisantes. L'unique centre de santé de la communauté n'est pas épargné par la montée des eaux. "Parfois, l'eau atteint le niveau des fenêtres et nous devons continuer à travailler. Nous devons aider les femmes à accoucher dans ces conditions. Nous n'avons pas le choix", décrit Omomiye Oluwaseum, 26 ans, une soignante. Et plus les inondations sont fréquentes, plus le nombre de patients pris en charge par le centre augmente. "Les gens souffrent d'hypertension artérielle et de toutes sortes de maladies, de typhoïde, de diarrhée, à cause de l'eau qu'ils utilisent", détaille-t-elle. Selon Sunday Akinjoye, 45 ans, enseignant, l'érosion côtière a aussi un impact conséquent sur la scolarité des enfants. "Les écoles ont été déplacées plusieurs fois, tout comme leurs maisons. Psychologiquement, cela les affecte. Leur capacité de concentration pendant les heures de classe diminue considérablement", déplore-t-il. Ainsi s'assombrit simultanément l'avenir de plusieurs générations, à mesure que l'Atlantique gagne du terrain.
Texte intégral (790 mots)
Sous ses pieds, des morceaux de bois et de tissus se mélangent au sable, ultimes vestiges de maisons englouties par les vagues, certaines il y a plusieurs années, d'autres quelques mois à peine. Depuis le début des années 2000, l'érosion côtière s'est progressivement intensifiée à Ayetoro, selon les experts. Sous l'effet du changement climatique, l'océan Atlantique gagne du terrain, emportant tout sur son passage. Le littoral d'Ayetoro a reculé en moyenne de 15,6 mètres par an entre 1987 et 2022, selon une étude de l'urbaniste nigérian Barnabas Ogirima James. Les travaux d'une équipe de chercheurs publiés dans la revue Scientific Reports en 2024 indiquent que le rythme actuel de l'élévation du niveau de la mer le long des côtes du golfe de Guinée est d'environ 3,89 millimètres par an, soit environ 10,5% de plus que la moyenne mondiale. "J'ai pris cette photo il y a 14 ans. Aujourd'hui, si vous vous placez à l'endroit même où je me tenais, vous verrez qu'il n'y a plus de bâtiments", explique à l'AFP Oluwambe Ojagbohunmi, roi traditionnel d'Ayetoro, au pied de son palais, dont le rez-de-chaussée est en grande partie inondé. Derrière lui, les fondations d'un pylône de télécommunications piqueté d'antennes paraboliques baignent dans l'eau. Sur les anciens clichés brandis par les habitants, celui-ci se trouvait sur la terre ferme, devant plusieurs maisons désormais englouties. "Mon palais comptait autrefois 100 pièces. Il n'en reste qu'une douzaine environ", indique le roi. "C'est notre terre, ici. Où pouvons-nous aller ? C'est compliqué", soupire-t-il. Familles déplacées En avril, une tempête a fait monter les eaux, empêchant les occupants du palais de sortir pendant une semaine entière, selon M. Ojagbohunmi et des habitants. Surnommée "The Happy Place", Ayetoro, qui compte environ 10.000 habitants selon le roi, a été fondée en 1947 par un groupe de chrétiens souhaitant créer une société avec une mise en commun des biens inspirée du communisme. "Je suis devenu un réfugié dans ma propre communauté depuis que j'ai perdu la maison de mon père en 2019, envahie et détruite par l'océan. J'ai pu sauver uniquement mon diplôme universitaire", confie Akingboye Thompson, assistant personnel du roi et pêcheur. "Certaines familles ont dû changer de maison trois fois ou plus à cause de la catastrophe que nous vivons", se désole-t-il dans une rue jonchée de déchets en plastique d'Ayetoro, aux maisons de bois et de tôle souvent reliées entre elles par des passerelles surélevées. Le roi et d'autres habitants interrogés par l'AFP affirment ne pas avoir été informés de décès par noyade jusqu'à présent. Pourtant, pour Joke Edawole, 33 ans, vendeuse de poisson, la montée des eaux a eu des conséquences dramatiques: "Cet océan m'a tellement pris, il a tué mon père", raconte-t-elle à l'AFP, précisant que ce dernier est mort peu de temps après avoir été retrouvé inconscient dans l'eau. Selon Oluwasegun Babatunde Esan, chercheur en architecture du paysage à l'Université de Lagos (Nigeria) et collaborateur de l'université américaine de Harvard, l'érosion sur les 850 kilomètres de littoral nigérian risque de se poursuivre si la pression foncière et les activités polluantes ne sont pas davantage réglementées. "Il existe une demande croissante de terrains, que ce soit pour construire des logements ou pour des activités industrielles", explique-t-il. M. Esan recommande également le développement de barrières naturelles, comme les mangroves et les cocotiers, pour réduire l'érosion. Santé et éducation fragilisées Ayetoro a reçu ponctuellement des aides matérielles d'agences gouvernementales et d'ONG, que ses habitants jugent insuffisantes. L'unique centre de santé de la communauté n'est pas épargné par la montée des eaux. "Parfois, l'eau atteint le niveau des fenêtres et nous devons continuer à travailler. Nous devons aider les femmes à accoucher dans ces conditions. Nous n'avons pas le choix", décrit Omomiye Oluwaseum, 26 ans, une soignante. Et plus les inondations sont fréquentes, plus le nombre de patients pris en charge par le centre augmente. "Les gens souffrent d'hypertension artérielle et de toutes sortes de maladies, de typhoïde, de diarrhée, à cause de l'eau qu'ils utilisent", détaille-t-elle. Selon Sunday Akinjoye, 45 ans, enseignant, l'érosion côtière a aussi un impact conséquent sur la scolarité des enfants. "Les écoles ont été déplacées plusieurs fois, tout comme leurs maisons. Psychologiquement, cela les affecte. Leur capacité de concentration pendant les heures de classe diminue considérablement", déplore-t-il. Ainsi s'assombrit simultanément l'avenir de plusieurs générations, à mesure que l'Atlantique gagne du terrain.

17.08.2026 à 07:50

L'Equipe TV
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Le RC Lens a remporté le Trophée des champions face au Paris Saint-Germain (1-0). Sous les yeux de Zinédine Zidane, les Lensois ont tenu une heure en infériorité numérique.
Texte intégral (790 mots)
Le RC Lens a remporté le Trophée des champions face au Paris Saint-Germain (1-0). Sous les yeux de Zinédine Zidane, les Lensois ont tenu une heure en infériorité numérique.

17.08.2026 à 07:43

FRANCE24
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Le Produit intérieur brut (PIB) de la quatrième économie mondiale a progressé de 0,3% sur la période avril-juin par rapport au trimestre précédent, selon des chiffres officiels publiés lundi. C'est toutefois un ralentissement par rapport à la croissance de 0,5% enregistrée au premier trimestre, et une performance inférieure aux prévisions des analystes sondés par l'agence Bloomberg, qui tablaient sur une croissance stable à 0,5%. "Les chiffres (du PIB) sont plus mauvais que prévu. La consommation comme l'investissement sont faibles", a déclaré à l'AFP Taro Saito, économiste à l'institut de recherche NLI. "La croissance n'est pas due à la vigueur de l'économie mais à une baisse des importations, car les importations de pétrole sont difficiles" en raison des problèmes de circulation dans le détroit d'Ormuz, a ajouté Taro Saito. De son côté, Taro Kimura, expert de Bloomberg Economics, constate que "le PIB du Japon a progressé au deuxième trimestre à un rythme supérieur à son potentiel, mais le détail des chiffres affaiblit l'argument en faveur d'un relèvement des taux par la Banque du Japon dès septembre, une perspective de plus en plus intégrée par les marchés". "La consommation des ménages est elle aussi restée faible malgré la progression des salaires réels et la baisse de la fiscalité sur les automobiles", a-t-il ajouté. L'inflation (hors produits frais) a encore accéléré à 1,6% sur un an en juin, dopée par la flambée des cours de l'énergie alors que le Japon est extrêmement dépendant de ses importations d'hydrocarbures. Et la chute du yen, tombé à son plus bas niveau depuis 40 ans face au dollar avant la récente intervention conjointe des Etats-Unis et du Japon pour le renforcer, augmente également le coût des importations. Ce yen affaibli est en revanche un atout pour les groupes exportateurs nippon, devenus plus attractifs à l'international. Ainsi, les exportations du pays ont connu en juin leur croissance la plus rapide depuis novembre 2022, grimpant de 19,3% sur un an, portées par les ventes d'équipements pour semi-conducteurs et le yen bas. Mesures de soutien Et sur le plan intérieur, Tokyo s'est employé à contrer les pressions inflationnistes. Après un plan de relance massif adopté fin 2025 et de vastes rabais fiscaux sur l'énergie, de nouvelles aides ont été adoptées au printemps pour soutenir la consommation des ménages. La Première ministre Sanae Takaichi a aussi annoncé fin juillet que la taxe sur la consommation des produits alimentaires allait être ramenée de 8% à 1% à partir d'avril 2027 pour atténuer les effets de l'inflation. Autre facteur favorable au deuxième trimestre: la croissance des salaires est restée soutenue, portée par de solides résultats d'entreprises et un marché du travail tendu. "Les effets défavorables des prix élevés du pétrole brut devraient s'estomper et le cercle vertueux reliant les revenus aux dépenses devrait progressivement s'intensifier", a d'ailleurs prédit fin juillet la Banque du Japon (BoJ). Vers des hausses de taux ? La banque centrale s'était prononcée fin juillet pour un statu quo sur ses taux d'intérêt, après avoir relevé en juin son taux directeur à 1%, au plus haut niveau depuis plus de trois décennies. Mais les experts s'attendent à de nouvelles hausses à l'automne, sur fond d'inflation persistante et alors que l'écart avec les taux bien plus élevés de la Réserve fédérale américaine (Fed) contribue à plomber le yen face au dollar. La devise nippone pâtit toutefois aussi des inquiétudes croissantes sur la politique budgétaire expansive de Tokyo à coup de plans de relance et de rabais fiscaux, alors que la dette du pays représente plus du double de son PIB. "L'absence d'identification claire des sources de financement pour la baisse de la taxe sur la consommation, prévue pour avril 2027, pourrait également susciter des préoccupations", jugent les experts d'UBS.
Texte intégral (661 mots)
Le Produit intérieur brut (PIB) de la quatrième économie mondiale a progressé de 0,3% sur la période avril-juin par rapport au trimestre précédent, selon des chiffres officiels publiés lundi. C'est toutefois un ralentissement par rapport à la croissance de 0,5% enregistrée au premier trimestre, et une performance inférieure aux prévisions des analystes sondés par l'agence Bloomberg, qui tablaient sur une croissance stable à 0,5%. "Les chiffres (du PIB) sont plus mauvais que prévu. La consommation comme l'investissement sont faibles", a déclaré à l'AFP Taro Saito, économiste à l'institut de recherche NLI. "La croissance n'est pas due à la vigueur de l'économie mais à une baisse des importations, car les importations de pétrole sont difficiles" en raison des problèmes de circulation dans le détroit d'Ormuz, a ajouté Taro Saito. De son côté, Taro Kimura, expert de Bloomberg Economics, constate que "le PIB du Japon a progressé au deuxième trimestre à un rythme supérieur à son potentiel, mais le détail des chiffres affaiblit l'argument en faveur d'un relèvement des taux par la Banque du Japon dès septembre, une perspective de plus en plus intégrée par les marchés". "La consommation des ménages est elle aussi restée faible malgré la progression des salaires réels et la baisse de la fiscalité sur les automobiles", a-t-il ajouté. L'inflation (hors produits frais) a encore accéléré à 1,6% sur un an en juin, dopée par la flambée des cours de l'énergie alors que le Japon est extrêmement dépendant de ses importations d'hydrocarbures. Et la chute du yen, tombé à son plus bas niveau depuis 40 ans face au dollar avant la récente intervention conjointe des Etats-Unis et du Japon pour le renforcer, augmente également le coût des importations. Ce yen affaibli est en revanche un atout pour les groupes exportateurs nippon, devenus plus attractifs à l'international. Ainsi, les exportations du pays ont connu en juin leur croissance la plus rapide depuis novembre 2022, grimpant de 19,3% sur un an, portées par les ventes d'équipements pour semi-conducteurs et le yen bas. Mesures de soutien Et sur le plan intérieur, Tokyo s'est employé à contrer les pressions inflationnistes. Après un plan de relance massif adopté fin 2025 et de vastes rabais fiscaux sur l'énergie, de nouvelles aides ont été adoptées au printemps pour soutenir la consommation des ménages. La Première ministre Sanae Takaichi a aussi annoncé fin juillet que la taxe sur la consommation des produits alimentaires allait être ramenée de 8% à 1% à partir d'avril 2027 pour atténuer les effets de l'inflation. Autre facteur favorable au deuxième trimestre: la croissance des salaires est restée soutenue, portée par de solides résultats d'entreprises et un marché du travail tendu. "Les effets défavorables des prix élevés du pétrole brut devraient s'estomper et le cercle vertueux reliant les revenus aux dépenses devrait progressivement s'intensifier", a d'ailleurs prédit fin juillet la Banque du Japon (BoJ). Vers des hausses de taux ? La banque centrale s'était prononcée fin juillet pour un statu quo sur ses taux d'intérêt, après avoir relevé en juin son taux directeur à 1%, au plus haut niveau depuis plus de trois décennies. Mais les experts s'attendent à de nouvelles hausses à l'automne, sur fond d'inflation persistante et alors que l'écart avec les taux bien plus élevés de la Réserve fédérale américaine (Fed) contribue à plomber le yen face au dollar. La devise nippone pâtit toutefois aussi des inquiétudes croissantes sur la politique budgétaire expansive de Tokyo à coup de plans de relance et de rabais fiscaux, alors que la dette du pays représente plus du double de son PIB. "L'absence d'identification claire des sources de financement pour la baisse de la taxe sur la consommation, prévue pour avril 2027, pourrait également susciter des préoccupations", jugent les experts d'UBS.

17.08.2026 à 07:39

FRANCE 24
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L'actrice américaine Hayden Panettiere, connue pour ses rôles dans les séries télévisées "Heroes" et "Nashville", est morte à l'âge de 36 ans. Son décès a été annoncé par des médias dans la nuit de dimanche à lundi.
Texte intégral (661 mots)
L'actrice américaine Hayden Panettiere, connue pour ses rôles dans les séries télévisées "Heroes" et "Nashville", est morte à l'âge de 36 ans. Son décès a été annoncé par des médias dans la nuit de dimanche à lundi.

17.08.2026 à 07:15

FRANCE24
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"Nous sommes livrés à nous-mêmes ici", lâche à l'AFP depuis son île de Florès sinistrée cet homme de 32 ans qui, comme beaucoup d'Indonésiens, n'a qu'un seul nom. Il se tient devant sa tente bricolée à la main avec des bâches et des piquets, où se tasse une trentaine de personnes déplacées de la petite localité de Mbay, dans le nord du district central de Nagekeo, proche de l'épicentre. "Nos maisons ne sont plus habitables, car beaucoup se sont effondrées et sont pleines de fissures ; nous ne pouvons donc plus y entrer", a abondé Junaidin. Il ne s'y rend que pour "aller chercher de l'eau, des vêtements, des oreillers", avant de regagner l'abri de fortune. Le séisme de magnitude 7,7 survenu samedi en matinée a fait plus de cinquante morts, une centaine de blessés, et endommagé plus de 900 bâtiments, selon l'agence indonésienne de gestion des catastrophes. Le nombre de personnes incapables de regagner leur domicile a doublé de dimanche à lundi, s'élevant désormais à 12.800 personnes, a indiqué à l'AFP Berton Suar Pelita Panjaitan, porte-parole de cette agence nationale. Alors que le pays célèbre en grande pompe la fête de l'indépendance à Jakarta, coeur du pouvoir politique, Junaidin se sent délaissé. "L'aide du gouvernement, il n'y en a pas eu : pas de tentes, pas de médicaments, pas de nourriture, pas d'eau potable, rien", liste-t-il. "Gouvernement, s'il te plaît, ouvre les yeux. Nous sommes votre peuple, nous faisons partie de vous. Alors, s'il vous plaît, prenez soin de nous." "En colère et déçus" L'armée de l'air indonésienne a indiqué acheminer 13 tonnes d'aide d’urgence par les airs, à bord de deux avions de transport Hercules et d'un Boeing. Elle déploie également des hélicoptères pour livrer directement de l'équipement d'urgence aux survivants des communautés isolées, a rapporté l’agence de presse officielle Antara en citant le commandant de la base aérienne d'El Tari à Kupang (sud-est). Cette aide comprend de la nourriture, des vêtements, de l'eau potable et du matériel médical d'urgence. Mais pour les rescapés, le temps presse davantage. "Nous avons fui sans rien. Juste les vêtements que nous portions sur le dos. Nous sommes des victimes ; nous traversons une catastrophe", clame Siti Saudah Daso, une habitante de Mbay âgée de 31 ans. "Ils ont dit qu'ils nous donneraient quelque chose, mais nous n'en avons aucune preuve. Honnêtement, nous sommes un peu en colère et déçus", expose cette mère de trois enfants. Dans la zone sinistrée, les secouristes poursuivent leurs recherches "terrestres et aériennes à partir d'hélicoptères. Aucune personne n'a été signalée comme disparue, mais nous continuons à passer la zone au peigne fin par mesure de précaution", a indiqué lundi matin à l'AFP Fathur Rahman, responsable de ces opérations. En plus des centaines de logements, des dizaines de bâtiments publics, notamment des établissements scolaires et de santé ainsi que des administrations, ont été touchés. Plus de 8.000 enfants se trouvent confrontés à "des risques pour leur sécurité et à des perturbations dans leur scolarité", d'après l'ONG Save the Children. Située sur la "ceinture de feu" du Pacifique, l'Indonésie connaît une forte activité sismique. En 2004, un séisme de magnitude 9,1 avait frappé au large de la grande île de Sumatra (ouest), déclenchant un terrible tsunami responsable de la mort de 170.000 personnes en Indonésie et d'environ 50.000 autres dans des pays voisins.
Texte intégral (598 mots)
"Nous sommes livrés à nous-mêmes ici", lâche à l'AFP depuis son île de Florès sinistrée cet homme de 32 ans qui, comme beaucoup d'Indonésiens, n'a qu'un seul nom. Il se tient devant sa tente bricolée à la main avec des bâches et des piquets, où se tasse une trentaine de personnes déplacées de la petite localité de Mbay, dans le nord du district central de Nagekeo, proche de l'épicentre. "Nos maisons ne sont plus habitables, car beaucoup se sont effondrées et sont pleines de fissures ; nous ne pouvons donc plus y entrer", a abondé Junaidin. Il ne s'y rend que pour "aller chercher de l'eau, des vêtements, des oreillers", avant de regagner l'abri de fortune. Le séisme de magnitude 7,7 survenu samedi en matinée a fait plus de cinquante morts, une centaine de blessés, et endommagé plus de 900 bâtiments, selon l'agence indonésienne de gestion des catastrophes. Le nombre de personnes incapables de regagner leur domicile a doublé de dimanche à lundi, s'élevant désormais à 12.800 personnes, a indiqué à l'AFP Berton Suar Pelita Panjaitan, porte-parole de cette agence nationale. Alors que le pays célèbre en grande pompe la fête de l'indépendance à Jakarta, coeur du pouvoir politique, Junaidin se sent délaissé. "L'aide du gouvernement, il n'y en a pas eu : pas de tentes, pas de médicaments, pas de nourriture, pas d'eau potable, rien", liste-t-il. "Gouvernement, s'il te plaît, ouvre les yeux. Nous sommes votre peuple, nous faisons partie de vous. Alors, s'il vous plaît, prenez soin de nous." "En colère et déçus" L'armée de l'air indonésienne a indiqué acheminer 13 tonnes d'aide d’urgence par les airs, à bord de deux avions de transport Hercules et d'un Boeing. Elle déploie également des hélicoptères pour livrer directement de l'équipement d'urgence aux survivants des communautés isolées, a rapporté l’agence de presse officielle Antara en citant le commandant de la base aérienne d'El Tari à Kupang (sud-est). Cette aide comprend de la nourriture, des vêtements, de l'eau potable et du matériel médical d'urgence. Mais pour les rescapés, le temps presse davantage. "Nous avons fui sans rien. Juste les vêtements que nous portions sur le dos. Nous sommes des victimes ; nous traversons une catastrophe", clame Siti Saudah Daso, une habitante de Mbay âgée de 31 ans. "Ils ont dit qu'ils nous donneraient quelque chose, mais nous n'en avons aucune preuve. Honnêtement, nous sommes un peu en colère et déçus", expose cette mère de trois enfants. Dans la zone sinistrée, les secouristes poursuivent leurs recherches "terrestres et aériennes à partir d'hélicoptères. Aucune personne n'a été signalée comme disparue, mais nous continuons à passer la zone au peigne fin par mesure de précaution", a indiqué lundi matin à l'AFP Fathur Rahman, responsable de ces opérations. En plus des centaines de logements, des dizaines de bâtiments publics, notamment des établissements scolaires et de santé ainsi que des administrations, ont été touchés. Plus de 8.000 enfants se trouvent confrontés à "des risques pour leur sécurité et à des perturbations dans leur scolarité", d'après l'ONG Save the Children. Située sur la "ceinture de feu" du Pacifique, l'Indonésie connaît une forte activité sismique. En 2004, un séisme de magnitude 9,1 avait frappé au large de la grande île de Sumatra (ouest), déclenchant un terrible tsunami responsable de la mort de 170.000 personnes en Indonésie et d'environ 50.000 autres dans des pays voisins.

17.08.2026 à 07:15

FRANCE24
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D'une main légère mais précise, Sonia Henry, maître de conférences à l'Université de Lorraine IUT de Thionville, sème des graines dans les sillons de ce "jardin de transformation". "Il s'agit d'une espèce végétale appelée Miscanthus x Giganteus, qui a la capacité de se développer sur des sols de friche industrielle impactés par la présence de polluants", explique la scientifique. "On va l'utiliser dans le cadre de la dépollution des sols pour cibler les polluants organiques qui [s'y] trouvent", précise-t-elle. Cette graminée, aussi appelée "herbe à éléphant", stimule les micro-organismes présents autour de ses racines. Ceux-ci contribuent à immobiliser les métaux et à limiter leur dispersion, tout en favorisant leur dégradation, notamment en modifiant le pH ou leur forme chimique, afin de les "faire disparaître" du sol. Gagner du temps Depuis 2022, Uckange, longtemps exploité pour la production de fonte, est devenu un laboratoire à ciel ouvert de la phytoremédiation, dans le cadre d'une initiative portée par la Communauté d'agglomération du Val de Fensch avec notamment l'université de Lorraine et l'Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement (Inrae). Cette technique exploite les capacités naturelles de certaines plantes pour absorber, transformer, stabiliser ou dégrader des polluants, une méthode moins invasive et moins coûteuse que l'excavation ou les traitements chimiques. La particularité de ce site pilote, "c'est qu'on travaille en association d'espèces végétales", explique Sonia Henry. En plus de Miscanthus, "on a mis en alternant une autre espèce qui va elle plutôt cibler les polluants métalliques, notamment le zinc. L'idée, c'est de travailler sur ces associations, de trouver les bonnes associations, les complémentarités pour permettre de gagner du temps en termes de dépollution et de gérer plusieurs polluants", explique Sonia Henry. Cette autre plante, dont la scientifique refuse pour l'heure de dévoiler le nom, "va prélever les polluants dans les sols et les capter et les concentrer dans les parties aériennes" du végétal. Cette biomasse contaminée, qui ne se disperse pas dans l'air, sera ensuite récoltée afin que les scientifiques d'un autre laboratoire puissent récupérer les métaux qu'elle contient et les réutiliser. A Uckange, deux catégories de polluants sont présentes: des polluants organiques (contenant du carbone), comme les hydrocarbures, et des polluants minéraux — nickel, chrome, zinc ou cuivre — répartis de manière hétérogène sur le site. "L'utilisation de plantes quand elles sont bien sélectionnées peut être extrêmement efficace et on peut gérer en plus différents polluants en même temps, ce qui n'est pas toujours le cas d'autre méthodes physiques ou chimiques". Efficacité à long terme ? Pour quelle efficacité ? Il est encore un peu tôt pour le dire, mais les premiers résultats sont encourageants. "C'est la deuxième année qu'on expérimente ça. Ce qu'on a vu sur la première année, c'est que ça fonctionnait, avec notamment des choses qui étaient plutôt positives en termes de dépollution", explique Mme Henry. "Maintenant, on va prendre un petit peu de temps aussi pour essayer de matérialiser ça sur le long terme et avoir une idée du temps nécessaire pour la dépollution de la parcelle", ajoute-t-elle. En effet, le temps de dépollution "dépend des teneurs en polluants", de leur diversité et "de ce qu'on appelle aussi leur biodisponibilité. Parfois, on peut avoir des polluants qui sont fortement bloqués sur les particules de sol, donc qui ne rentrent pas en contact avec les micro-organismes ou les systèmes racinaires des plantes, ce qui fait que ce n'est pas efficace". L'expérimentation d'Uckange doit permettre de vérifier si les tests réalisés en laboratoire sont efficaces sur un terrain grandeur nature, avant à terme, de modéliser le procédé pour l'exporter.
Texte intégral (671 mots)
D'une main légère mais précise, Sonia Henry, maître de conférences à l'Université de Lorraine IUT de Thionville, sème des graines dans les sillons de ce "jardin de transformation". "Il s'agit d'une espèce végétale appelée Miscanthus x Giganteus, qui a la capacité de se développer sur des sols de friche industrielle impactés par la présence de polluants", explique la scientifique. "On va l'utiliser dans le cadre de la dépollution des sols pour cibler les polluants organiques qui [s'y] trouvent", précise-t-elle. Cette graminée, aussi appelée "herbe à éléphant", stimule les micro-organismes présents autour de ses racines. Ceux-ci contribuent à immobiliser les métaux et à limiter leur dispersion, tout en favorisant leur dégradation, notamment en modifiant le pH ou leur forme chimique, afin de les "faire disparaître" du sol. Gagner du temps Depuis 2022, Uckange, longtemps exploité pour la production de fonte, est devenu un laboratoire à ciel ouvert de la phytoremédiation, dans le cadre d'une initiative portée par la Communauté d'agglomération du Val de Fensch avec notamment l'université de Lorraine et l'Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement (Inrae). Cette technique exploite les capacités naturelles de certaines plantes pour absorber, transformer, stabiliser ou dégrader des polluants, une méthode moins invasive et moins coûteuse que l'excavation ou les traitements chimiques. La particularité de ce site pilote, "c'est qu'on travaille en association d'espèces végétales", explique Sonia Henry. En plus de Miscanthus, "on a mis en alternant une autre espèce qui va elle plutôt cibler les polluants métalliques, notamment le zinc. L'idée, c'est de travailler sur ces associations, de trouver les bonnes associations, les complémentarités pour permettre de gagner du temps en termes de dépollution et de gérer plusieurs polluants", explique Sonia Henry. Cette autre plante, dont la scientifique refuse pour l'heure de dévoiler le nom, "va prélever les polluants dans les sols et les capter et les concentrer dans les parties aériennes" du végétal. Cette biomasse contaminée, qui ne se disperse pas dans l'air, sera ensuite récoltée afin que les scientifiques d'un autre laboratoire puissent récupérer les métaux qu'elle contient et les réutiliser. A Uckange, deux catégories de polluants sont présentes: des polluants organiques (contenant du carbone), comme les hydrocarbures, et des polluants minéraux — nickel, chrome, zinc ou cuivre — répartis de manière hétérogène sur le site. "L'utilisation de plantes quand elles sont bien sélectionnées peut être extrêmement efficace et on peut gérer en plus différents polluants en même temps, ce qui n'est pas toujours le cas d'autre méthodes physiques ou chimiques". Efficacité à long terme ? Pour quelle efficacité ? Il est encore un peu tôt pour le dire, mais les premiers résultats sont encourageants. "C'est la deuxième année qu'on expérimente ça. Ce qu'on a vu sur la première année, c'est que ça fonctionnait, avec notamment des choses qui étaient plutôt positives en termes de dépollution", explique Mme Henry. "Maintenant, on va prendre un petit peu de temps aussi pour essayer de matérialiser ça sur le long terme et avoir une idée du temps nécessaire pour la dépollution de la parcelle", ajoute-t-elle. En effet, le temps de dépollution "dépend des teneurs en polluants", de leur diversité et "de ce qu'on appelle aussi leur biodisponibilité. Parfois, on peut avoir des polluants qui sont fortement bloqués sur les particules de sol, donc qui ne rentrent pas en contact avec les micro-organismes ou les systèmes racinaires des plantes, ce qui fait que ce n'est pas efficace". L'expérimentation d'Uckange doit permettre de vérifier si les tests réalisés en laboratoire sont efficaces sur un terrain grandeur nature, avant à terme, de modéliser le procédé pour l'exporter.

17.08.2026 à 07:07

FRANCE24
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"Chronique d'un royaume perdu", qui sort mercredi en librairie, s'annonce comme l'un des poids lourds de la rentrée littéraire, présenté par son éditeur Grasset comme "le chef-d'oeuvre" de l'autrice mauricienne de 69 ans. Ce roman est "un cri d'amour pour l'île Maurice, le pays où je suis née et qui m'habite depuis toujours", témoigne Ananda Devi, qui demeure depuis de longues années à Ferney-Voltaire (Ain), près de la frontière franco-suisse. C'est en faisant des recherches pour son doctorat d'anthropologie dans les années 1980 qu'elle visite Le Bouchon, un village côtier du sud de l'île de l'océan Indien. Un "petit paradis" isolé, qui a vécu longtemps en autarcie. Son roman raconte comment Le Bouchon a été fondé vers 1860 par cinq jeunes partageant le même père, qui, chassés d'une grande propriété sucrière, y trouvent refuge. Ils vont se battre pour y survivre malgré une succession de calamités naturelles et humaines. "Je n'ai pas voulu écrire un roman historique", explique Ananda Devi à l'AFP. "Je joue avec l'Histoire et avec l'imaginaire, qui a toujours été très présent dans mon oeuvre", ajoute l'autrice d'une trentaine d'ouvrages depuis qu'elle a commencé à publier à 19 ans. Avec des parents d'origine indienne installés à Maurice, son inspiration a été nourrie "dès l'enfance par le fantastique, les mythes, les contes", qu'ils soient indiens, africains ou européens. C'est ainsi que, dans le roman, une femme morte renait en déesse protectrice, un moulin est hanté par des fantômes ou un enfant parle aux oiseaux. Picaresque Cette dimension picaresque et allégorique se rapproche de la tradition littéraire du "réalisme magique", popularisé par l'écrivain colombien Gabriel Garcia Marquez avec son chef d'oeuvre "Cent ans de solitude". Elle est aussi l'une des caractéristiques de la riche littérature de l'île Maurice, une terre de brassage d'où sont issus le Prix Nobel Jean-Marie Gustave Le Clézio ou Nathacha Appanah, récompensée par plusieurs prix littéraires en 2025 pour "La nuit au coeur". "Même si j'habite surtout en France, Maurice reste au coeur de mon inspiration. L'important, pour un écrivain, ce n'est pas le lieu où il réside, mais le lieu qui l'habite au moment de l'écriture", affirme Ananda Devi. Elle souligne que "Chronique d'un royaume perdu" peut être perçu comme "un reflet du monde actuel" car il démontre comment une communauté peut survivre "par la solidarité" en "résistant aux forces contraires". C'est aussi, selon elle, l'une des leçons de la mobilisation inédite des auteurs publiés par Grasset après l'éviction au printemps d'Olivier Nora de son poste de PDG de la prestigieuse maison d'édition détenue par le groupe Hachette, dont le premier actionnaire est l'homme d'affaires conservateur Vincent Bolloré. "La liberté d’écrire est la dernière frontière. Ceux qui veulent museler la pensée l'ont compris, ont compris avant nous à quel point elle peut être dangereuse pour eux", a averti Ananda Devi dans une tribune publiée par le quotidien Libération le 14 mai.
Texte intégral (524 mots)
"Chronique d'un royaume perdu", qui sort mercredi en librairie, s'annonce comme l'un des poids lourds de la rentrée littéraire, présenté par son éditeur Grasset comme "le chef-d'oeuvre" de l'autrice mauricienne de 69 ans. Ce roman est "un cri d'amour pour l'île Maurice, le pays où je suis née et qui m'habite depuis toujours", témoigne Ananda Devi, qui demeure depuis de longues années à Ferney-Voltaire (Ain), près de la frontière franco-suisse. C'est en faisant des recherches pour son doctorat d'anthropologie dans les années 1980 qu'elle visite Le Bouchon, un village côtier du sud de l'île de l'océan Indien. Un "petit paradis" isolé, qui a vécu longtemps en autarcie. Son roman raconte comment Le Bouchon a été fondé vers 1860 par cinq jeunes partageant le même père, qui, chassés d'une grande propriété sucrière, y trouvent refuge. Ils vont se battre pour y survivre malgré une succession de calamités naturelles et humaines. "Je n'ai pas voulu écrire un roman historique", explique Ananda Devi à l'AFP. "Je joue avec l'Histoire et avec l'imaginaire, qui a toujours été très présent dans mon oeuvre", ajoute l'autrice d'une trentaine d'ouvrages depuis qu'elle a commencé à publier à 19 ans. Avec des parents d'origine indienne installés à Maurice, son inspiration a été nourrie "dès l'enfance par le fantastique, les mythes, les contes", qu'ils soient indiens, africains ou européens. C'est ainsi que, dans le roman, une femme morte renait en déesse protectrice, un moulin est hanté par des fantômes ou un enfant parle aux oiseaux. Picaresque Cette dimension picaresque et allégorique se rapproche de la tradition littéraire du "réalisme magique", popularisé par l'écrivain colombien Gabriel Garcia Marquez avec son chef d'oeuvre "Cent ans de solitude". Elle est aussi l'une des caractéristiques de la riche littérature de l'île Maurice, une terre de brassage d'où sont issus le Prix Nobel Jean-Marie Gustave Le Clézio ou Nathacha Appanah, récompensée par plusieurs prix littéraires en 2025 pour "La nuit au coeur". "Même si j'habite surtout en France, Maurice reste au coeur de mon inspiration. L'important, pour un écrivain, ce n'est pas le lieu où il réside, mais le lieu qui l'habite au moment de l'écriture", affirme Ananda Devi. Elle souligne que "Chronique d'un royaume perdu" peut être perçu comme "un reflet du monde actuel" car il démontre comment une communauté peut survivre "par la solidarité" en "résistant aux forces contraires". C'est aussi, selon elle, l'une des leçons de la mobilisation inédite des auteurs publiés par Grasset après l'éviction au printemps d'Olivier Nora de son poste de PDG de la prestigieuse maison d'édition détenue par le groupe Hachette, dont le premier actionnaire est l'homme d'affaires conservateur Vincent Bolloré. "La liberté d’écrire est la dernière frontière. Ceux qui veulent museler la pensée l'ont compris, ont compris avant nous à quel point elle peut être dangereuse pour eux", a averti Ananda Devi dans une tribune publiée par le quotidien Libération le 14 mai.

17.08.2026 à 07:05

FRANCE24
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Mais ces corps athlétiques se font de plus en plus rares: plus d’un adulte sur deux et un adolescent sur quatre sont obèses en Polynésie française. "J’essaie de diminuer les quantités, mais je mange trop à chaque repas", reconnaît Terai Hatitio. A 15 ans, ce lycéen pèse 140 kilos. Encore loin des 210 kilos de son père. "Le surpoids a beaucoup d'inconvénients, je ne peux pas faire certains mouvements, donc certains sports sont difficiles pour moi", explique le jeune homme qui maintient son dynamisme en faisant de la musculation. Et "c’est difficile de trouver des vêtements, je dois aller aux Etats-Unis", souligne-t-il. La plupart des Polynésiens n’en ont pas les moyens. Plusieurs boutiques locales se sont donc spécialisées dans les vêtements de grandes tailles. "On propose jusqu’à 5XL, mais on réfléchit à monter jusqu’à 6 ou 7XL", explique Mehani Teato, une vendeuse du magasin Bamboo Kultur. La proportion d’adultes souffrant d'obésité est passée de 40% à 51% de la population en l'espace de 11 ans. Cette pathologie en favorise d’autres, comme le diabète et les maladies cardio-vasculaires. Plus de 46.000 Polynésiens (17% des 280.000 habitants) sont en longue maladie, ce qui coûte 335 millions d’euros à la Sécurité sociale locale chaque année. Le gouvernement polynésien veut travailler sur tous les facteurs de ces maladies chroniques : sédentarité, tabac, alimentation, mais aussi la précarité. Le ministère de la Santé prépare ainsi un vaste plan de prévention (2026-2031) et de mise en avant des produits sains et locaux, tout en taxant les produits gras, salés et sucrés et en favorisant l'activité physique pour tous, notamment au sein des entreprises. "La norme" Encore faut-il vouloir perdre du poids. En Polynésie, un "beau bébé" est souvent très joufflu et un fort surpoids n’entrave en rien les carrières publiques, comme en témoignent d’imposants présentateurs de journal télévisé ou encore le massif président de la Polynésie française. "Ici, c’est banal d’être obèse, on oublie que ça peut aller loin dans les problèmes organiques : ça a des effets articulaires, parfois digestifs. L’éducation, dès l’école primaire, est donc essentielle", estime la ministre de la Santé, le Dr Raihei Ansquer, interrogée par l'AFP. Les 84 "écoles en santé" se chargent de cette prévention et notamment de la chasse aux goûters trop sucrés. S’il faut agir dès l’enfance, c’est que "dans le regard polynésien, manger beaucoup, être en surpoids, c’est positif", confirme l’anthropologue Daniel Monconduit, directeur de l’établissement de santé Ora Ora (Vie vie, en tahitien). Il propose à plus de 300 patients chaque année une reprise en main de leur mode de vie. Et de changer de regard sur leur propre corps. "On a eu des patients de 180 ou 200 kilos qui s’adaptaient très bien morphologiquement, qui restaient autonomes, ce qui donnait une impression de normalité : ici, être obèse, c’est la norme", explique M. Monconduit. La méthode Ora Ora donne des résultats spectaculaires la première année, mais beaucoup de patients abandonnent ensuite, retournant à leurs anciennes habitudes, déplore-t-il. Et les îles isolées ne sont pas équipées pour accompagner les personnes en surpoids. "Problème comportemental" Malbouffe et sédentarité ne sont pas propres à la Polynésie. Pourtant, les îles polynésiennes au sens large (Polynésie française, mais aussi Samoa, Tonga, Tuvalu ou Îles Cook) font toutes parties des pays ou territoires au plus fort taux d’obésité au monde. Longtemps soupçonnée, la génétique n’en serait pas la cause. "De mon point de vue, c’est un problème comportemental et non génétique, avec le lien alimentaire qui s’est rompu", analyse M. Monconduit. "On est passé d’une culture polynésienne à une culture occidentale, avec un choc alimentaire et des addictions nouvelles à des produits comme le sucre, qui n’existaient pas auparavant", abonde le Dr Ansquer, prônant une prévention fondée sur la culture locale. "Un individu, on doit le prendre en compte dans son environnement naturel et culturel, qui est un déterminant de santé", estime la ministre. Il est temps: la Sécurité sociale est exsangue en Polynésie. Et la compagnie aérienne inter-îles Air Tahiti indique même s'être mise à peser ses passagers, l'augmentation continue du poids moyen rendant en effet les atterrissages plus difficiles sur les îles et atolls dotés de courtes pistes.
Texte intégral (778 mots)
Mais ces corps athlétiques se font de plus en plus rares: plus d’un adulte sur deux et un adolescent sur quatre sont obèses en Polynésie française. "J’essaie de diminuer les quantités, mais je mange trop à chaque repas", reconnaît Terai Hatitio. A 15 ans, ce lycéen pèse 140 kilos. Encore loin des 210 kilos de son père. "Le surpoids a beaucoup d'inconvénients, je ne peux pas faire certains mouvements, donc certains sports sont difficiles pour moi", explique le jeune homme qui maintient son dynamisme en faisant de la musculation. Et "c’est difficile de trouver des vêtements, je dois aller aux Etats-Unis", souligne-t-il. La plupart des Polynésiens n’en ont pas les moyens. Plusieurs boutiques locales se sont donc spécialisées dans les vêtements de grandes tailles. "On propose jusqu’à 5XL, mais on réfléchit à monter jusqu’à 6 ou 7XL", explique Mehani Teato, une vendeuse du magasin Bamboo Kultur. La proportion d’adultes souffrant d'obésité est passée de 40% à 51% de la population en l'espace de 11 ans. Cette pathologie en favorise d’autres, comme le diabète et les maladies cardio-vasculaires. Plus de 46.000 Polynésiens (17% des 280.000 habitants) sont en longue maladie, ce qui coûte 335 millions d’euros à la Sécurité sociale locale chaque année. Le gouvernement polynésien veut travailler sur tous les facteurs de ces maladies chroniques : sédentarité, tabac, alimentation, mais aussi la précarité. Le ministère de la Santé prépare ainsi un vaste plan de prévention (2026-2031) et de mise en avant des produits sains et locaux, tout en taxant les produits gras, salés et sucrés et en favorisant l'activité physique pour tous, notamment au sein des entreprises. "La norme" Encore faut-il vouloir perdre du poids. En Polynésie, un "beau bébé" est souvent très joufflu et un fort surpoids n’entrave en rien les carrières publiques, comme en témoignent d’imposants présentateurs de journal télévisé ou encore le massif président de la Polynésie française. "Ici, c’est banal d’être obèse, on oublie que ça peut aller loin dans les problèmes organiques : ça a des effets articulaires, parfois digestifs. L’éducation, dès l’école primaire, est donc essentielle", estime la ministre de la Santé, le Dr Raihei Ansquer, interrogée par l'AFP. Les 84 "écoles en santé" se chargent de cette prévention et notamment de la chasse aux goûters trop sucrés. S’il faut agir dès l’enfance, c’est que "dans le regard polynésien, manger beaucoup, être en surpoids, c’est positif", confirme l’anthropologue Daniel Monconduit, directeur de l’établissement de santé Ora Ora (Vie vie, en tahitien). Il propose à plus de 300 patients chaque année une reprise en main de leur mode de vie. Et de changer de regard sur leur propre corps. "On a eu des patients de 180 ou 200 kilos qui s’adaptaient très bien morphologiquement, qui restaient autonomes, ce qui donnait une impression de normalité : ici, être obèse, c’est la norme", explique M. Monconduit. La méthode Ora Ora donne des résultats spectaculaires la première année, mais beaucoup de patients abandonnent ensuite, retournant à leurs anciennes habitudes, déplore-t-il. Et les îles isolées ne sont pas équipées pour accompagner les personnes en surpoids. "Problème comportemental" Malbouffe et sédentarité ne sont pas propres à la Polynésie. Pourtant, les îles polynésiennes au sens large (Polynésie française, mais aussi Samoa, Tonga, Tuvalu ou Îles Cook) font toutes parties des pays ou territoires au plus fort taux d’obésité au monde. Longtemps soupçonnée, la génétique n’en serait pas la cause. "De mon point de vue, c’est un problème comportemental et non génétique, avec le lien alimentaire qui s’est rompu", analyse M. Monconduit. "On est passé d’une culture polynésienne à une culture occidentale, avec un choc alimentaire et des addictions nouvelles à des produits comme le sucre, qui n’existaient pas auparavant", abonde le Dr Ansquer, prônant une prévention fondée sur la culture locale. "Un individu, on doit le prendre en compte dans son environnement naturel et culturel, qui est un déterminant de santé", estime la ministre. Il est temps: la Sécurité sociale est exsangue en Polynésie. Et la compagnie aérienne inter-îles Air Tahiti indique même s'être mise à peser ses passagers, l'augmentation continue du poids moyen rendant en effet les atterrissages plus difficiles sur les îles et atolls dotés de courtes pistes.

17.08.2026 à 06:41

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M. Kushner, également gendre du président Donald Trump, a rencontré dimanche des dirigeants du mouvement palestinien Hamas en Egypte. Le Hamas a donné son accord fin juillet à une feuille de route américaine, censée lancer la deuxième étape du plan, prévoyant le désarmement du mouvement islamiste et le retrait israélien du territoire palestinien. Benjamin Netanyahu a, lui, rejeté officiellement le texte en exigeant un désarmement "véritable" du Hamas. Selon des sources ayant requis l'anonymat, M. Kushner a, dimanche lors d'une rencontre avec des membres de la direction du Hamas, insisté sur le désarmement du mouvement et appelé à des mesures "vérifiables". Il a fait savoir que "Gaza ne pourra plus jamais être une source de terreur pour Israël", a déclaré une de ces sources. Le Hamas, qui gouverne la bande de Gaza depuis 2007, avait revendiqué l'attaque sanglante du 7 octobre 2023 en territoire israélien, provoquant en retour une guerre meurtrière dans l'enclave. M. Kushner a aussi insisté sur l'absence de tout rôle futur du Hamas dans la gouvernance de Gaza, selon les sources. "Etablir un calendrier" Le mouvement islamiste a annoncé en juillet dissoudre son administration civile et vouloir transférer ses responsabilités au Comité national pour l'administration de Gaza (NCAG) - un organe créé par le "Conseil de Paix" - composé de technocrates palestiniens et chargé d'assurer la transition dans le territoire palestinien. A l'issue de la réunion avec M. Kushner, le Hamas a dit avoir appelé "les médiateurs et le Conseil de Paix à assumer leurs responsabilités et à contraindre l'occupation (Israël, ndlr) (...) à approuver la feuille de route" américaine et "commencer à établir un calendrier pour sa mise en œuvre". Selon Al-Qahera News, un média proche de l'Etat égyptien, Jared Kushner avait auparavant rencontré des responsables des pays médiateurs (Egypte, Qatar et Turquie) ainsi que Nikolaï Mladenov, haut représentant pour Gaza du "Conseil de Paix", un organe créé par Donald Trump pour mettre en œuvre le plan de paix américain. Il s'est aussi entretenu avec le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, alors que le chef du Hamas, Khalil al-Hayya, avait rencontré de son côté le chef du renseignement égyptien, Hassan Rachad. Pendant des années, les Etats-Unis ont refusé tout contact avec le Hamas, qu'ils classent parmi les organisations terroristes. Mais afin de mettre fin à ce conflit dévastateur, l'administration Trump s'est montrée plus ouverte à des contacts directs. Le "Conseil de Paix" avait indiqué vendredi que M. Kushner devait, outre l'Egypte, se rendre la semaine prochaine en Israël avec Nikolaï Mladenov. "Nous allons écouter les préoccupations soulevées", a indiqué une source au sein de cette instance. Dans un communiqué commun, huit pays musulmans, dont l'Egypte, le Qatar et la Turquie, ont condamné le rejet israélien de la dernière feuille de route, estimant qu'il compromettait "les efforts collectifs visant à parvenir à une paix juste et durable". Mort et blessés à Gaza Le Hamas et Israël s'accusent mutuellement de violer le cessez-le-feu d'octobre 2025 dans le territoire palestinien, dévasté par deux ans de guerre. Sur le terrain, plusieurs personnes ont été blessées dimanche après des frappes israéliennes sur une maison près de Nousseirat, dans le centre de la bande de Gaza, a rapporté Mahmoud Bassal, porte-parole de la Défense civile de Gaza, organisation de premiers secours opérant sous l'autorité du Hamas. L'armée israélienne a déclaré qu'elle répondait à une menace émanant du Jihad islamique, un allié du Hamas. D'autres personnes ont été blessées après des tirs israéliens sur des tentes abritant des personnes déplacées près de Khan Younès, dans le sud, où le corps d'un enfant a été retrouvé après qu'il eut été tué samedi par des tirs israéliens, selon la même source. Au moins 1.262 Palestiniens ont été tués à Gaza depuis le début de la trêve, selon le ministère de la Santé du territoire, dont les chiffres sont jugés fiables par l'ONU. Dans le même temps, Israël y a recensé cinq soldats et un contractuel travaillant pour le ministère de la Défense tués.
Texte intégral (711 mots)
M. Kushner, également gendre du président Donald Trump, a rencontré dimanche des dirigeants du mouvement palestinien Hamas en Egypte. Le Hamas a donné son accord fin juillet à une feuille de route américaine, censée lancer la deuxième étape du plan, prévoyant le désarmement du mouvement islamiste et le retrait israélien du territoire palestinien. Benjamin Netanyahu a, lui, rejeté officiellement le texte en exigeant un désarmement "véritable" du Hamas. Selon des sources ayant requis l'anonymat, M. Kushner a, dimanche lors d'une rencontre avec des membres de la direction du Hamas, insisté sur le désarmement du mouvement et appelé à des mesures "vérifiables". Il a fait savoir que "Gaza ne pourra plus jamais être une source de terreur pour Israël", a déclaré une de ces sources. Le Hamas, qui gouverne la bande de Gaza depuis 2007, avait revendiqué l'attaque sanglante du 7 octobre 2023 en territoire israélien, provoquant en retour une guerre meurtrière dans l'enclave. M. Kushner a aussi insisté sur l'absence de tout rôle futur du Hamas dans la gouvernance de Gaza, selon les sources. "Etablir un calendrier" Le mouvement islamiste a annoncé en juillet dissoudre son administration civile et vouloir transférer ses responsabilités au Comité national pour l'administration de Gaza (NCAG) - un organe créé par le "Conseil de Paix" - composé de technocrates palestiniens et chargé d'assurer la transition dans le territoire palestinien. A l'issue de la réunion avec M. Kushner, le Hamas a dit avoir appelé "les médiateurs et le Conseil de Paix à assumer leurs responsabilités et à contraindre l'occupation (Israël, ndlr) (...) à approuver la feuille de route" américaine et "commencer à établir un calendrier pour sa mise en œuvre". Selon Al-Qahera News, un média proche de l'Etat égyptien, Jared Kushner avait auparavant rencontré des responsables des pays médiateurs (Egypte, Qatar et Turquie) ainsi que Nikolaï Mladenov, haut représentant pour Gaza du "Conseil de Paix", un organe créé par Donald Trump pour mettre en œuvre le plan de paix américain. Il s'est aussi entretenu avec le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, alors que le chef du Hamas, Khalil al-Hayya, avait rencontré de son côté le chef du renseignement égyptien, Hassan Rachad. Pendant des années, les Etats-Unis ont refusé tout contact avec le Hamas, qu'ils classent parmi les organisations terroristes. Mais afin de mettre fin à ce conflit dévastateur, l'administration Trump s'est montrée plus ouverte à des contacts directs. Le "Conseil de Paix" avait indiqué vendredi que M. Kushner devait, outre l'Egypte, se rendre la semaine prochaine en Israël avec Nikolaï Mladenov. "Nous allons écouter les préoccupations soulevées", a indiqué une source au sein de cette instance. Dans un communiqué commun, huit pays musulmans, dont l'Egypte, le Qatar et la Turquie, ont condamné le rejet israélien de la dernière feuille de route, estimant qu'il compromettait "les efforts collectifs visant à parvenir à une paix juste et durable". Mort et blessés à Gaza Le Hamas et Israël s'accusent mutuellement de violer le cessez-le-feu d'octobre 2025 dans le territoire palestinien, dévasté par deux ans de guerre. Sur le terrain, plusieurs personnes ont été blessées dimanche après des frappes israéliennes sur une maison près de Nousseirat, dans le centre de la bande de Gaza, a rapporté Mahmoud Bassal, porte-parole de la Défense civile de Gaza, organisation de premiers secours opérant sous l'autorité du Hamas. L'armée israélienne a déclaré qu'elle répondait à une menace émanant du Jihad islamique, un allié du Hamas. D'autres personnes ont été blessées après des tirs israéliens sur des tentes abritant des personnes déplacées près de Khan Younès, dans le sud, où le corps d'un enfant a été retrouvé après qu'il eut été tué samedi par des tirs israéliens, selon la même source. Au moins 1.262 Palestiniens ont été tués à Gaza depuis le début de la trêve, selon le ministère de la Santé du territoire, dont les chiffres sont jugés fiables par l'ONU. Dans le même temps, Israël y a recensé cinq soldats et un contractuel travaillant pour le ministère de la Défense tués.
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