Lien du flux RSS
Chaîne de service public - Actualité internationale.

▸ les 15 dernières parutions

23.01.2026 à 13:19

La présidente de la BCE Christine Lagarde remercie "ceux qui dénigrent" l'Europe

FRANCE24
img
"L'Europe a pas mal été dénigrée ces derniers jours mais au fond, c'est plutôt une bonne chose et nous devrions remercier ceux qui la dénigrent", a lancé Mme Lagarde lors d'une discussion en clôture du forum dans les Alpes suisses. "Parce que cela nous a fait pleinement prendre conscience que (...) nous devons nous concentrer davantage sur l'innovation, l'amélioration de la productivité et tout le reste", a-t-elle détaillé. Dans un discours très scruté à Davos, le président américain Donald Trump avait notamment pointé du doigts les faiblesses de l'Europe, critiquant violemment ses alliés. Son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky a regretté de son côté à Davos que l'Europe se montre "fragmentée" plutôt que de s'afficher comme "une vraie puissance mondiale". "Nous avons entendu beaucoup de bruit cette semaine" mais "nous devons distinguer les signaux du bruit", a poursuivi Christine Lagarde, insistant sur l'importance de dire "la vérité". "La confiance et la vérité vont ensemble. Bâtir la confiance prend du temps, mais la saper beaucoup moins", a-t-elle développé, et "la confiance a été sapée un peu, peut-être beaucoup". La banquière centrale a dit avoir "une immense confiance et affection pour le peuple américain. Et je sais qu'en fin de compte, les valeurs les plus profondes l'emporteront". Christine Lagarde a également appelé à "être attentif à la manière dont les richesses sont réparties et au creusement des inégalités". "Si nous ne prenons pas cela au sérieux, nous allons droit vers de vraies difficultés. (...) Il faut aussi garder à l’esprit que, dans certains pays, les conditions sont mauvaises et empirent", a-t-elle ajouté. De son côté, la directrice générale du Fonds monétaire international, Kristalina Georgieva, a rappelé que même si la prévision de croissance mondiale venait d'être relevée à 3,3% en 2026 malgré les tensions persistantes, c'est "insuffisant". "Ne cédons pas à la complaisance. La croissance n’est pas assez solide. Et parce qu’elle ne l’est pas, la dette qui pèse sur nous, qui atteint 100% du PIB, va devenir un fardeau particulièrement lourd", a-t-elle mis en garde.

23.01.2026 à 13:07

Crise du cacao en Côte d’Ivoire : le gouvernement compte racheter les stocks qui s'entassent

FRANCE24
img
L'État ivoirien va acheter l'entièreté des immenses volumes de cacao qui s'entassent dans les coopératives du pays pour permettre aux producteurs d'être enfin payés, déclare le ministre de l'Agriculture devant la presse.
Lire plus (366 mots)
L'État ivoirien va acheter l'entièreté des immenses volumes de cacao qui s'entassent dans les coopératives du pays pour permettre aux producteurs d'être enfin payés, déclare le ministre de l'Agriculture devant la presse.

23.01.2026 à 13:07

"La Femme qui n'aimait pas Rabbi Jacob", la tragédie méconnue dans l'ombre de la comédie culte

FRANCE24
img
"J'ai été touché par cette Don Quichotte des temps modernes", raconte à l'AFP le dramaturge Jean-Philippe Daguerre, qui met en scène cette pièce inédite au Théâtre Montparnasse à Paris jusqu'au 19 avril. "Je me suis attaché au personnage et au romanesque de cette femme qui va jusqu'à détourner un avion pour qu'un film ne sorte pas." Cette femme s'appelait Danielle Cravenne. Militante pacifiste, soutien absolu de la cause palestinienne en pleine guerre israélo-arabe du Kippour, elle s'était opposée avec force aux "Aventures de Rabbi Jacob" dès le tournage, estimant que le film réalisé par Gérard Oury, avec des dialogues de sa fille Danièle Thompson, était "pro-sioniste". Son époux ? Georges Cravenne, chargé de la communication du film et créateur, par la suite, des cérémonies César du cinéma et des Molières du théâtre. La sortie en salles des "Aventures de Rabbi Jacob", que Danielle Cravenne n'a pas vu, est prévue pour le 18 octobre 1973. Ce jour-là, la mère de famille de 35 ans embarque à Orly dans un Boeing d'Air France à destination de Nice, un pistolet d'alarme et une carabine cachés dans le sac de son chien. Une fois en vol, elle prend en otage l'équipage et les 110 passagers avec comme principale revendication "l'annulation de la sortie du film et la mise sous scellés des bobines". L'avion finit par se poser à l'aéroport de Marseille, où elle libère les passagers. Danielle Cravenne ne sortira pas vivante de l'appareil. Elle est tuée par la police après quelque temps de négociations, abattue par un tireur d'élite déguisé en steward venu apporter des plateaux-repas. - "Pièce humaniste"- "Au-delà du fait divers terrible et exceptionnel, j’ai voulu rendre hommage à la bouleversante Danielle Cravenne qui veut réconcilier les Arabes et les Juifs", explique Jean-Philippe Daguerre, dont le roman "La Femme qui n'aimait pas Rabbi Jacob" (Albin Michel) est sorti ce mois-ci. Récompensé en avril dernier par cinq Molières pour "Du charbon dans les veines" (2024), toujours à l'affiche, le directeur de la compagnie Le Grenier de Babouchka revendique "une pièce humaniste, comme +Rabbi Jacob+ est un film humaniste". Son texte plaide pour la réouverture de l'enquête, malgré la prescription. Georges Cravenne, décédé en 2009, avait été débouté du procès qu'il avait intenté à l'Etat français. Dans une tribune publiée dans Le Nouvel Obs en 2022, l'écrivaine Sylvie Matton, amie de Danielle Cravenne, avait dénoncé "un crime d'Etat", estimant que la famille "a droit à des excuses officielles". Pour le dramaturge et metteur en scène, cette pièce est aussi l'occasion de saluer Louis de Funès, ami intime des Cravenne, incarné sur les planches par Julien Cigana. Rediffusées régulièrement à la télévision après avoir attiré en France près de 7,3 millions de spectateurs en salles, "Les Aventures de Rabbi Jacob" mettent en scène un industriel empli de préjugés racistes, antisémites et xénophobes. Poursuivi par des barbouzes aux trousses d'un homme politique d'un pays arabe, il se déguise en rabbin pour leur échapper, à la veille du mariage de sa fille. La scénariste et dialoguiste Danièle Thompson avait envisagé une suite, "Rabbi Jacqueline", présentée comme "une comédie virevoltante sur les contradictions de notre société contemporaine". Avant d'abandonner le projet en 2023, considérant que l'humour n'était aujourd'hui plus le même qu'à l'époque.
Texte intégral (590 mots)
"J'ai été touché par cette Don Quichotte des temps modernes", raconte à l'AFP le dramaturge Jean-Philippe Daguerre, qui met en scène cette pièce inédite au Théâtre Montparnasse à Paris jusqu'au 19 avril. "Je me suis attaché au personnage et au romanesque de cette femme qui va jusqu'à détourner un avion pour qu'un film ne sorte pas." Cette femme s'appelait Danielle Cravenne. Militante pacifiste, soutien absolu de la cause palestinienne en pleine guerre israélo-arabe du Kippour, elle s'était opposée avec force aux "Aventures de Rabbi Jacob" dès le tournage, estimant que le film réalisé par Gérard Oury, avec des dialogues de sa fille Danièle Thompson, était "pro-sioniste". Son époux ? Georges Cravenne, chargé de la communication du film et créateur, par la suite, des cérémonies César du cinéma et des Molières du théâtre. La sortie en salles des "Aventures de Rabbi Jacob", que Danielle Cravenne n'a pas vu, est prévue pour le 18 octobre 1973. Ce jour-là, la mère de famille de 35 ans embarque à Orly dans un Boeing d'Air France à destination de Nice, un pistolet d'alarme et une carabine cachés dans le sac de son chien. Une fois en vol, elle prend en otage l'équipage et les 110 passagers avec comme principale revendication "l'annulation de la sortie du film et la mise sous scellés des bobines". L'avion finit par se poser à l'aéroport de Marseille, où elle libère les passagers. Danielle Cravenne ne sortira pas vivante de l'appareil. Elle est tuée par la police après quelque temps de négociations, abattue par un tireur d'élite déguisé en steward venu apporter des plateaux-repas. - "Pièce humaniste"- "Au-delà du fait divers terrible et exceptionnel, j’ai voulu rendre hommage à la bouleversante Danielle Cravenne qui veut réconcilier les Arabes et les Juifs", explique Jean-Philippe Daguerre, dont le roman "La Femme qui n'aimait pas Rabbi Jacob" (Albin Michel) est sorti ce mois-ci. Récompensé en avril dernier par cinq Molières pour "Du charbon dans les veines" (2024), toujours à l'affiche, le directeur de la compagnie Le Grenier de Babouchka revendique "une pièce humaniste, comme +Rabbi Jacob+ est un film humaniste". Son texte plaide pour la réouverture de l'enquête, malgré la prescription. Georges Cravenne, décédé en 2009, avait été débouté du procès qu'il avait intenté à l'Etat français. Dans une tribune publiée dans Le Nouvel Obs en 2022, l'écrivaine Sylvie Matton, amie de Danielle Cravenne, avait dénoncé "un crime d'Etat", estimant que la famille "a droit à des excuses officielles". Pour le dramaturge et metteur en scène, cette pièce est aussi l'occasion de saluer Louis de Funès, ami intime des Cravenne, incarné sur les planches par Julien Cigana. Rediffusées régulièrement à la télévision après avoir attiré en France près de 7,3 millions de spectateurs en salles, "Les Aventures de Rabbi Jacob" mettent en scène un industriel empli de préjugés racistes, antisémites et xénophobes. Poursuivi par des barbouzes aux trousses d'un homme politique d'un pays arabe, il se déguise en rabbin pour leur échapper, à la veille du mariage de sa fille. La scénariste et dialoguiste Danièle Thompson avait envisagé une suite, "Rabbi Jacqueline", présentée comme "une comédie virevoltante sur les contradictions de notre société contemporaine". Avant d'abandonner le projet en 2023, considérant que l'humour n'était aujourd'hui plus le même qu'à l'époque.

23.01.2026 à 12:53

Situation "volatile" dans le plus grand camp de familles de jihadistes en Syrie, selon l'ONU

FRANCE24
img
Sous la pression militaire, les forces kurdes se sont retirées mardi d'al-Hol, le plus grand camp de familles de membres du groupe Etat islamique (EI), dans le nord-est de la Syrie. Les forces du pouvoir islamiste de Damas, déterminé à étendre son contrôle sur l'ensemble du territoire syrien, y sont entrées le lendemain. Al-Hol abrite quelque plus de 23.000 personnes, en grand nombre des femmes et des enfants, dont près de 15.000 Syriens et plus de 2.200 Irakiens. Outre les Irakiens, les étrangers sont au nombre 6.280, dont des Occidentaux que leurs pays respectifs refusent de rapatrier, selon l'administration précédente. Le Haut-Commissariat aux Réfugiés (HCR) "a pu se rendre à al-Hol au cours des trois derniers jours mais n'a pas pu y entrer en raison de la sécurité volatile", a déclaré à l'AFP la porte-parole en Syrie de l'agence onusienne, Céline Schmitt. Eau et pain Jeudi, le HCR et l'Unicef "ont pu livrer des camions d'eau au camp", a-t-elle précisé. "Le HCR retourne aujourd'hui à al-Hol, dans l'espoir de reprendre la distribution de pain qui avait été interrompue ces trois derniers jours". L'agence a pris en charge la gestion du camp le 1er janvier, avant le début des hostilités entre Damas et les forces kurdes, a indiqué Céline Schmitt. Les Forces Démocratiques Syriennes (FDS), dominées par les Kurdes, avaient été le fer de lance de la lutte contre l'EI en Syrie, avec l'appui de la coalition multinationale dirigée par les Etats-Unis, et avaient défait le groupe en 2019. Mais ces forces, lâchées par les Etats-Unis, se sont retirées cette semaine de large pans du nord et du nord-est, sous la pression de l'armée syrienne. Un cessez-le-feu entre les deux parties tient globalement depuis mardi soir. Les FDS avaient appréhendé des milliers de jihadistes incarcérés dans des prisons, et détenu leurs familles dans deux camps, al-Hol et celui, plus petit, de Roj. Roj, proche de la frontière turque, qui abrite aujourd'hui 2.328 personnes, pour la plupart des étrangers dont des Occidentaux, parmi lesquels des Français, demeure sous le contrôle des FDS. Combattants évacués Un employé d'une organisation humanitaire a indiqué à l'AFP que "pendant le vide sécuritaire entre le retrait des FDS et l'entrée de l'armée syrienne à al-Hol, des évasions ont été signalées, mais le nombre exact est inconnu". "Plus personne ne peut quitter le camp après l'entrée des forces syriennes qui ont établi un contrôle militaire", a-t-il cependant ajouté. Selon lui, "les organisations humanitaires qui opéraient à l'intérieur du camp se sont désormais complètement retirées, et certains de leurs centres ont été incendiés" par les détenus. Soutenant les nouvelles autorités syriennes mais inquiets de la situation, les Etats-Unis ont commencé à transférer des prisonniers de l'EI depuis la Syrie vers l'Irak voisin, une opération qui doit concerner à terme 7.000 d'entre eux. Bagdad a annoncé jeudi avoir entamé des procédures judiciaires contre les prisonniers transférés. A son apogée, le groupe jihadiste contrôlait une partie de l'Irak et de la Syrie où il avait instauré un "califat" et imposait un règne de terreur. Dans le même temps, quelque 800 combattants kurdes qui étaient retranchés dans la prison d'Al-Aqtan à Raqa, où ils gardaient des prisonniers de l'EI, ont été évacués sous la garde des forces syriennes. Un journaliste de l'AFP à Raqa a vu des cars et des voitures quitter la prison dans la nuit de jeudi à vendredi, escortés par des véhicules des forces syriennes, qui ont pris le contrôle de la prison.
Texte intégral (617 mots)
Sous la pression militaire, les forces kurdes se sont retirées mardi d'al-Hol, le plus grand camp de familles de membres du groupe Etat islamique (EI), dans le nord-est de la Syrie. Les forces du pouvoir islamiste de Damas, déterminé à étendre son contrôle sur l'ensemble du territoire syrien, y sont entrées le lendemain. Al-Hol abrite quelque plus de 23.000 personnes, en grand nombre des femmes et des enfants, dont près de 15.000 Syriens et plus de 2.200 Irakiens. Outre les Irakiens, les étrangers sont au nombre 6.280, dont des Occidentaux que leurs pays respectifs refusent de rapatrier, selon l'administration précédente. Le Haut-Commissariat aux Réfugiés (HCR) "a pu se rendre à al-Hol au cours des trois derniers jours mais n'a pas pu y entrer en raison de la sécurité volatile", a déclaré à l'AFP la porte-parole en Syrie de l'agence onusienne, Céline Schmitt. Eau et pain Jeudi, le HCR et l'Unicef "ont pu livrer des camions d'eau au camp", a-t-elle précisé. "Le HCR retourne aujourd'hui à al-Hol, dans l'espoir de reprendre la distribution de pain qui avait été interrompue ces trois derniers jours". L'agence a pris en charge la gestion du camp le 1er janvier, avant le début des hostilités entre Damas et les forces kurdes, a indiqué Céline Schmitt. Les Forces Démocratiques Syriennes (FDS), dominées par les Kurdes, avaient été le fer de lance de la lutte contre l'EI en Syrie, avec l'appui de la coalition multinationale dirigée par les Etats-Unis, et avaient défait le groupe en 2019. Mais ces forces, lâchées par les Etats-Unis, se sont retirées cette semaine de large pans du nord et du nord-est, sous la pression de l'armée syrienne. Un cessez-le-feu entre les deux parties tient globalement depuis mardi soir. Les FDS avaient appréhendé des milliers de jihadistes incarcérés dans des prisons, et détenu leurs familles dans deux camps, al-Hol et celui, plus petit, de Roj. Roj, proche de la frontière turque, qui abrite aujourd'hui 2.328 personnes, pour la plupart des étrangers dont des Occidentaux, parmi lesquels des Français, demeure sous le contrôle des FDS. Combattants évacués Un employé d'une organisation humanitaire a indiqué à l'AFP que "pendant le vide sécuritaire entre le retrait des FDS et l'entrée de l'armée syrienne à al-Hol, des évasions ont été signalées, mais le nombre exact est inconnu". "Plus personne ne peut quitter le camp après l'entrée des forces syriennes qui ont établi un contrôle militaire", a-t-il cependant ajouté. Selon lui, "les organisations humanitaires qui opéraient à l'intérieur du camp se sont désormais complètement retirées, et certains de leurs centres ont été incendiés" par les détenus. Soutenant les nouvelles autorités syriennes mais inquiets de la situation, les Etats-Unis ont commencé à transférer des prisonniers de l'EI depuis la Syrie vers l'Irak voisin, une opération qui doit concerner à terme 7.000 d'entre eux. Bagdad a annoncé jeudi avoir entamé des procédures judiciaires contre les prisonniers transférés. A son apogée, le groupe jihadiste contrôlait une partie de l'Irak et de la Syrie où il avait instauré un "califat" et imposait un règne de terreur. Dans le même temps, quelque 800 combattants kurdes qui étaient retranchés dans la prison d'Al-Aqtan à Raqa, où ils gardaient des prisonniers de l'EI, ont été évacués sous la garde des forces syriennes. Un journaliste de l'AFP à Raqa a vu des cars et des voitures quitter la prison dans la nuit de jeudi à vendredi, escortés par des véhicules des forces syriennes, qui ont pris le contrôle de la prison.

23.01.2026 à 12:49

Pluie, vent et fortes vagues en Bretagne avec le passage de la dépression Ingrid

FRANCE24
img
Le Finistère est en vigilance orange vent depuis 10H00. Météo-France a par ailleurs a maintenu les vigilances orange pluie-inondation et vagues-submersion pour le Finistère et le Morbihan toute la journée. Des rafales entre 100 et 130 km/h ont déjà été relevées dans la nuit sur la côte et les cumuls de pluie atteignent "20 à 40 mm, localement 50 mm sur la totalité de l'épisode pluvieux", selon son bulletin de 10H00. Selon le site Vigicrues, des tronçons sur trois cours d'eau sont en vigilance: la Laïta (dans le Finistère), le Blavet (dans le Morbihan) et l'Oust (Morbihan, Côtes-d'Armor, Ille-et-Vilaine). Des "débordements dommageables sont observés ou attendus" sur les trois rivières. Avec le passage de la dépression Ingrid et des pluies qui doivent s'intensifier dans la journée, "de nouvelles réactions modérées à importantes des cours d'eau sont attendues", selon le bulletin de 10H00. Un quai en centre-ville, qui correspond à une route départementale et est inondé, reste par conséquent fermé et des barrières anti-crues sont en place. Quatorze riverains ont été évacués, a précisé l'élu. Dans le Morbihan, les liaisons maritimes entre Quiberon et les îles de Houat, Hoëdic et Belle-Île-en-Mer sont annulées pour vendredi. Des compétitions de football amateur sont annulées ce week-end. En Ille-et-Vilaine, département fortement touché par des inondations il y a un an, plusieurs villes prennent leurs dispositions pour éviter de nouveaux dégâts. Rennes a activé son plan communal de sauvegarde dès mercredi, même si les cours d'eau traversant la ville ne sont pas concernés par la vigilance orange crue. Au sud de Rennes, la mairie de Noyal-Chatillon-sur-Seiche a fermé ses parcs, le niveau de la rivière la Seiche étant "actuellement élevé" avec "des débordements". En aval sur la Vilaine, la ville de Saint-Nicolas-de-Redon va renforcer les protections d'un quartier où plusieurs dizaines de logements et d'entreprises avaient été inondés en janvier 2025. Cette commune a été en partie construite sur des marais et certains quartiers sont régulièrement inondés.
Lire plus (360 mots)
Le Finistère est en vigilance orange vent depuis 10H00. Météo-France a par ailleurs a maintenu les vigilances orange pluie-inondation et vagues-submersion pour le Finistère et le Morbihan toute la journée. Des rafales entre 100 et 130 km/h ont déjà été relevées dans la nuit sur la côte et les cumuls de pluie atteignent "20 à 40 mm, localement 50 mm sur la totalité de l'épisode pluvieux", selon son bulletin de 10H00. Selon le site Vigicrues, des tronçons sur trois cours d'eau sont en vigilance: la Laïta (dans le Finistère), le Blavet (dans le Morbihan) et l'Oust (Morbihan, Côtes-d'Armor, Ille-et-Vilaine). Des "débordements dommageables sont observés ou attendus" sur les trois rivières. Avec le passage de la dépression Ingrid et des pluies qui doivent s'intensifier dans la journée, "de nouvelles réactions modérées à importantes des cours d'eau sont attendues", selon le bulletin de 10H00. Un quai en centre-ville, qui correspond à une route départementale et est inondé, reste par conséquent fermé et des barrières anti-crues sont en place. Quatorze riverains ont été évacués, a précisé l'élu. Dans le Morbihan, les liaisons maritimes entre Quiberon et les îles de Houat, Hoëdic et Belle-Île-en-Mer sont annulées pour vendredi. Des compétitions de football amateur sont annulées ce week-end. En Ille-et-Vilaine, département fortement touché par des inondations il y a un an, plusieurs villes prennent leurs dispositions pour éviter de nouveaux dégâts. Rennes a activé son plan communal de sauvegarde dès mercredi, même si les cours d'eau traversant la ville ne sont pas concernés par la vigilance orange crue. Au sud de Rennes, la mairie de Noyal-Chatillon-sur-Seiche a fermé ses parcs, le niveau de la rivière la Seiche étant "actuellement élevé" avec "des débordements". En aval sur la Vilaine, la ville de Saint-Nicolas-de-Redon va renforcer les protections d'un quartier où plusieurs dizaines de logements et d'entreprises avaient été inondés en janvier 2025. Cette commune a été en partie construite sur des marais et certains quartiers sont régulièrement inondés.

23.01.2026 à 12:43

Pakistan: arrestation d'une célèbre avocate en droits humains

FRANCE24
img
Âgée de 32 ans, Imaan Mazari, connue pour son engagement en faveur des réfugiés afghans, des journalistes et des minorités religieuses, est mise en cause dans une douzaine d'affaires dont toutes les charges n'ont pas été rendues publiques. Le motif de son interpellation vendredi et de celle de son mari Hadi Ali Chattha, également avocat, n'a pas été précisé. En les interpellant, la police a eu recours à la violence, a affirmé Syed Wajid Ali Shah Gillani, président de l'association du barreau de la Haute Cour d'Islamabad. Shireen Mazari, ancienne ministre des Droits humains et mère de l'avocate, a confirmé l'arrestation de sa fille dans un message sur X. Le couple, célèbre pour s'être saisi d'affaires de blasphème - question incendiaire au Pakistan où même des allégations non prouvées d'offense à l'islam peuvent entraîner assassinats et lynchages publics -, avait été libéré mardi sous caution dans une affaire de "cyberterrorisme". Mais Imaan Mazari avait dit à l'AFP redouter une nouvelle arrestation et s'était depuis confinée dans les locaux de la Haute Cour d'Islamabad avant de quitter le bâtiment vendredi matin pour comparaître lors d'une audience. Des vidéos partagées sur les réseaux sociaux montrent des voitures de police escortant le véhicule d'Imaan Mazari peu avant que le couple soit arrêté. "Arrêter des avocats (..) et les emmener dans un commissariat dont l'emplacement n'a pas été divulgué constitue un grave abus de pouvoir et un mépris de la procédure légale", a réagi dans l'après-midi la Commission pakistanaise des droits humains (HRCP). "L'utilisation successive de faux rapports d'enquête préliminaire comme moyen de harcèlement, d'intimidation et de musellement de la dissidence, en violation flagrante des garanties constitutionnelles de liberté d'expression et de procédure régulière, doit cesser", a ajouté la principale ONG de défense des libertés du pays. "La vérité semble très difficile à défendre dans ce pays mais nous le savions déjà en choisissant cette profession, nous sommes prêts à faire face et ne reculerons pas", avait déclaré mardi à l'AFP Imaan Mazari devant un tribunal d'Islamabad. En novembre 2025, une réforme constitutionnelle prévoyant une refonte du système judiciaire avait été dénoncée par l’opposition comme un "coup de grâce porté à la démocratie".
Lire plus (404 mots)
Âgée de 32 ans, Imaan Mazari, connue pour son engagement en faveur des réfugiés afghans, des journalistes et des minorités religieuses, est mise en cause dans une douzaine d'affaires dont toutes les charges n'ont pas été rendues publiques. Le motif de son interpellation vendredi et de celle de son mari Hadi Ali Chattha, également avocat, n'a pas été précisé. En les interpellant, la police a eu recours à la violence, a affirmé Syed Wajid Ali Shah Gillani, président de l'association du barreau de la Haute Cour d'Islamabad. Shireen Mazari, ancienne ministre des Droits humains et mère de l'avocate, a confirmé l'arrestation de sa fille dans un message sur X. Le couple, célèbre pour s'être saisi d'affaires de blasphème - question incendiaire au Pakistan où même des allégations non prouvées d'offense à l'islam peuvent entraîner assassinats et lynchages publics -, avait été libéré mardi sous caution dans une affaire de "cyberterrorisme". Mais Imaan Mazari avait dit à l'AFP redouter une nouvelle arrestation et s'était depuis confinée dans les locaux de la Haute Cour d'Islamabad avant de quitter le bâtiment vendredi matin pour comparaître lors d'une audience. Des vidéos partagées sur les réseaux sociaux montrent des voitures de police escortant le véhicule d'Imaan Mazari peu avant que le couple soit arrêté. "Arrêter des avocats (..) et les emmener dans un commissariat dont l'emplacement n'a pas été divulgué constitue un grave abus de pouvoir et un mépris de la procédure légale", a réagi dans l'après-midi la Commission pakistanaise des droits humains (HRCP). "L'utilisation successive de faux rapports d'enquête préliminaire comme moyen de harcèlement, d'intimidation et de musellement de la dissidence, en violation flagrante des garanties constitutionnelles de liberté d'expression et de procédure régulière, doit cesser", a ajouté la principale ONG de défense des libertés du pays. "La vérité semble très difficile à défendre dans ce pays mais nous le savions déjà en choisissant cette profession, nous sommes prêts à faire face et ne reculerons pas", avait déclaré mardi à l'AFP Imaan Mazari devant un tribunal d'Islamabad. En novembre 2025, une réforme constitutionnelle prévoyant une refonte du système judiciaire avait été dénoncée par l’opposition comme un "coup de grâce porté à la démocratie".

23.01.2026 à 12:41

🔴 Lecornu engage par un deuxième 49.3 sa responsabilité sur la partie "dépenses" du budget

FRANCE24
img
Lire plus (404 mots)

23.01.2026 à 12:31

En Israël, l'amertume d'une localité bédouine après une opération de police meurtrière

FRANCE24
img
Trois ans plus tard, ce village déshérité du désert du Néguev (sud d'Israël) de plus d'un millier d'habitants est bouleversé après une opération policière de deux semaines, au cours de laquelle un père de six enfants âgé de 36 ans a été abattu par la police, dans des circonstances non encore élucidées. Tout au long de l'opération, les forces de l'ordre ont dressé des barrages, tiré des gaz lacrymogènes et fouillé méthodiquement des maisons, des scènes rappelant les raids de l'armée israélienne en Cisjordanie occupée. Mais à la différence des Palestiniens de Cisjordanie, les habitants de Tarabine sont des citoyens israéliens. Et lors des dernières élections, en novembre 2022, environ 60% des électeurs y avaient voté pour le Likoud (droite) de M. Netanyahu. "Ce qui s'est passé n'était jamais arrivé auparavant", déclare à l'AFP Abed Tarabine, membre du conseil local. "Nous sommes des citoyens, nous n'avons rien fait qui justifie cette intervention", estime-t-il, accusant la police d'avoir "puni tout le village". Le 27 décembre, les policiers ont commencé à mener des arrestations pour une histoire d'armes volées et de violences. Après avoir accusé les résidents d'avoir incendié, en représailles, des véhicules dans une localité juive voisine, ils ont encerclé Tarabine. "Nouvel ordre" Bien que les barrages aient été levés le 11 janvier, les habitants disent que l'opération se poursuit. Près de l'école délabrée, deux garçons se promènent au milieu de monticules de débris, de parpaings écrasés et d'une voiture incendiée. "Les enfants ici sont traumatisés" et certains ne sont pas retournés en classe, note Moundher Tarabine, un habitant. Descendants de bergers musulmans qui parcouraient autrefois les étendues désertiques bien au-delà des frontières actuelles d'Israël et des Territoires palestiniens, les Bédouins forment une composante de la minorité arabe d'Israël. Comme le reste de cette minorité, ils dénoncent régulièrement des discriminations. Environ 300.000 d'entre eux vivent dans des villages non reconnus par l'Etat. Faisant face à un horizon de chances limité, ce pan de la société connaît un taux de criminalité plus élevé que la moyenne. "Des dizaines de suspects ont été arrêtés ou verbalisés pour diverses infractions, notamment la détention illégale d'armes, des délits liés à la drogue, des mandats en suspens et des infractions au code de la route", détaille un communiqué de la police. Cette dernière affirme que son opération s'inscrit dans une autre, plus large, baptisée "Nouvel ordre", visant à "retirer les armes illégales de la circulation, empêcher les activités criminelles et faire respecter la loi". Elections Derrière un enclos à chameaux, à la lisière du village, Moundher Tarabine montre l'endroit où M. Netanyahu, alors en campagne électorale, a prononcé un discours en 2021. "Il a dit qu'il rendrait le Néguev meilleur", se souvient ce trentenaire, "et les gens l'ont soutenu". Lui-même a voté pour le Likoud, mais ne le fera plus. Lors d'une autre visite dans la région le 7 janvier, M. Netanyahu a affirmé que les autorités allaient "rendre le Néguev à l'Etat d'Israël", dénonçant une criminalité "hors de contrôle". Beaucoup de Bédouins estiment que la police n'en fait pas assez pour les aider. Moundher Tarabine accuse ainsi le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, figure de l'extrême droite qui s'est rendue sur place à cinq reprises en deux semaines, de vouloir faire un coup de communication électorale alors que des législatives doivent avoir lieu au plus tard en novembre. Pour Houda Abou Obaïd, une habitante de Lakiya, ville bédouine voisine où la police a aussi brièvement installé des barrages en novembre, "ils veulent montrer à la droite qu'ils font leur travail". Cette directrice de l'association de défense des droits de la communauté bédouine, le Forum de coexistence du Néguev pour l'égalité civique, la clé réside dans l'éducation et l'emploi. Mais elle craint que les autorités cherchent à faire de sa communauté un bouc émissaire: "si aujourd'hui ils bouclent des villes et utilisent la police armée contre les habitants", dit-elle, "je ne sais pas ce qu'ils feront dans les années à venir".
Texte intégral (731 mots)
Trois ans plus tard, ce village déshérité du désert du Néguev (sud d'Israël) de plus d'un millier d'habitants est bouleversé après une opération policière de deux semaines, au cours de laquelle un père de six enfants âgé de 36 ans a été abattu par la police, dans des circonstances non encore élucidées. Tout au long de l'opération, les forces de l'ordre ont dressé des barrages, tiré des gaz lacrymogènes et fouillé méthodiquement des maisons, des scènes rappelant les raids de l'armée israélienne en Cisjordanie occupée. Mais à la différence des Palestiniens de Cisjordanie, les habitants de Tarabine sont des citoyens israéliens. Et lors des dernières élections, en novembre 2022, environ 60% des électeurs y avaient voté pour le Likoud (droite) de M. Netanyahu. "Ce qui s'est passé n'était jamais arrivé auparavant", déclare à l'AFP Abed Tarabine, membre du conseil local. "Nous sommes des citoyens, nous n'avons rien fait qui justifie cette intervention", estime-t-il, accusant la police d'avoir "puni tout le village". Le 27 décembre, les policiers ont commencé à mener des arrestations pour une histoire d'armes volées et de violences. Après avoir accusé les résidents d'avoir incendié, en représailles, des véhicules dans une localité juive voisine, ils ont encerclé Tarabine. "Nouvel ordre" Bien que les barrages aient été levés le 11 janvier, les habitants disent que l'opération se poursuit. Près de l'école délabrée, deux garçons se promènent au milieu de monticules de débris, de parpaings écrasés et d'une voiture incendiée. "Les enfants ici sont traumatisés" et certains ne sont pas retournés en classe, note Moundher Tarabine, un habitant. Descendants de bergers musulmans qui parcouraient autrefois les étendues désertiques bien au-delà des frontières actuelles d'Israël et des Territoires palestiniens, les Bédouins forment une composante de la minorité arabe d'Israël. Comme le reste de cette minorité, ils dénoncent régulièrement des discriminations. Environ 300.000 d'entre eux vivent dans des villages non reconnus par l'Etat. Faisant face à un horizon de chances limité, ce pan de la société connaît un taux de criminalité plus élevé que la moyenne. "Des dizaines de suspects ont été arrêtés ou verbalisés pour diverses infractions, notamment la détention illégale d'armes, des délits liés à la drogue, des mandats en suspens et des infractions au code de la route", détaille un communiqué de la police. Cette dernière affirme que son opération s'inscrit dans une autre, plus large, baptisée "Nouvel ordre", visant à "retirer les armes illégales de la circulation, empêcher les activités criminelles et faire respecter la loi". Elections Derrière un enclos à chameaux, à la lisière du village, Moundher Tarabine montre l'endroit où M. Netanyahu, alors en campagne électorale, a prononcé un discours en 2021. "Il a dit qu'il rendrait le Néguev meilleur", se souvient ce trentenaire, "et les gens l'ont soutenu". Lui-même a voté pour le Likoud, mais ne le fera plus. Lors d'une autre visite dans la région le 7 janvier, M. Netanyahu a affirmé que les autorités allaient "rendre le Néguev à l'Etat d'Israël", dénonçant une criminalité "hors de contrôle". Beaucoup de Bédouins estiment que la police n'en fait pas assez pour les aider. Moundher Tarabine accuse ainsi le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, figure de l'extrême droite qui s'est rendue sur place à cinq reprises en deux semaines, de vouloir faire un coup de communication électorale alors que des législatives doivent avoir lieu au plus tard en novembre. Pour Houda Abou Obaïd, une habitante de Lakiya, ville bédouine voisine où la police a aussi brièvement installé des barrages en novembre, "ils veulent montrer à la droite qu'ils font leur travail". Cette directrice de l'association de défense des droits de la communauté bédouine, le Forum de coexistence du Néguev pour l'égalité civique, la clé réside dans l'éducation et l'emploi. Mais elle craint que les autorités cherchent à faire de sa communauté un bouc émissaire: "si aujourd'hui ils bouclent des villes et utilisent la police armée contre les habitants", dit-elle, "je ne sais pas ce qu'ils feront dans les années à venir".

23.01.2026 à 12:23

A Nanterre, l'infernale promiscuité et l'insalubrité d'une prison française

FRANCE24
img
Dans cet espace conçu pour deux, mal ventilé et assombri par un caillebotis devant la fenêtre, entre deux lits superposés, une table minuscule accueille cinq assiettes. Ce soir, un maigre matelas la remplacera. La nuit tombée, ses compagnons descendront de leur lit dépourvu d'échelle, puis l'enjamberont, avant d'atteindre des toilettes guère dissimulées par un drap tendu. Ici, elles fuient un peu. Dans une autre, le robinet de l'évier goutte en continu sous une tablette peinant à accueillir les cinq verres à dents. Contre le froid et l'humidité qui se lit sur les moisissures des fenêtres, les plaques de cuisson resteront allumées, une poêle vide chauffée à blanc faisant office de radiateur, explique un détenu. Envahies de corps, de linge étendu, de provisions cantinées et de modestes effets, des cellules comme celles-ci, l'AFP en a vu plusieurs en accompagnant mi-janvier la députée des Hauts-de-Seine Elsa Faucillon, venue exercer son droit de visite parlementaire dans cette prison ouverte en 1991, enchâssée entre la Seine et l'autoroute, à deux encablures de l'université. D'autres, plus petites, accueillent trois détenus dans des conditions aussi indignes. Télévision allumée en permanence, dans une atmosphère parfois enfumée par les cigarettes, on tue le temps en rabâchant les mêmes débats, en se racontant la vie dehors, en lisant, en somnolant pour rattraper des nuits hachées, ou en jouant aux cartes au risque d'exacerber les inévitables tensions, racontent les détenus. Deux heures de promenade Et puis il y a les cafards, selon des occupants qui montrent le carton colmatant les fissures, tentative dérisoire d'affronter l'invasion. La bétonisation des pieds de bâtiments, juste achevée, a permis d'éloigner les rats, assure à la parlementaire le directeur Thomas Benesty. Le progrès est récent: un certificat médical établi en novembre, dont l'AFP a eu connaissance, évoque sur le pied d'un détenu qui dormait par terre, des "lésions compatibles avec une morsure de rongeur", peut-être arrivé par les toilettes. De ces cagibis, on s'échappe durant les deux heures de promenade quotidienne, ou au gré des micro-événements qui scandent des jours sans fin: trois parloirs hebdomadaires dans des cabines vitrées offertes aux regards, douches (là encore trois par semaine), rendez-vous médicaux, activités... Cela représente "quatre, cinq, six heures par semaine", estime un détenu. Après une visite fin 2023, le Contrôleur général des prisons (CGLPL) avait estimé que l'établissement n'était pas en mesure "d'assurer des conditions d'hébergement dignes". Mais, relevait-il, il est "parvenu à éviter les matelas au sol depuis 2020". Signe d'une dégradation générale, ce rare satisfecit appartient au passé: 202 matelas sont comptabilisés au moment de la visite, indique à l'élue Thomas Benesty, avec, pour 592 places, 1.226 prisonniers, dont 60% en attente de procès, les autres étant condamnés à des peines courtes ou plus longues en attente d'affectation. Solidement installée au-dessus des 200%, la densité "est montée jusqu'à 213%" fin 2025, glisse le directeur. "Carencés" Malgré une abnégation saluée par le CGLPL, comment demander aux agents d'assurer convenablement l'ordre, de repérer les fragilités psychologiques, les tensions émergentes, de répondre aux doléances, comme cet appareil d'assistance respiratoire nocturne défaillant, cette rage de dents ou cette demande d'activité pendante? "On ne sait plus s'il faut écrire, si on va nous répondre", soupire un détenu. "On sait pourquoi on est là et on le comprend. Mais là, on a l'impression d'une peine sur une peine sur une peine..." Un tableau d'honneur a été installé à l'entrée de la zone de détention pour récompenser l'engagement des surveillants. Certains, raconte le directeur, renoncent à des jours de repos pour assurer le maintien d'activités de réinsertion ou des extractions médicales. Mais l'absentéisme atteint 25%, signe d'épuisement des corps et des esprits. Dans ces conditions "contraires à nos principes fondamentaux", demande Elsa Faucillon, comment prévenir la récidive, une des missions de la prison avec la punition et la protection de la société ? Cette dernière a récemment "été privilégiée", "choix politique qu'un représentant de l'administration pénitentiaire n'a pas à commenter", répond M. Benesty. "Ce qui est certain, c’est qu'actuellement à Nanterre, pour pouvoir répondre aux trois missions en même temps, nous sommes carencés." Les conseillers pénitentiaires d'insertion et de probation (Cpip) gèrent 90 dossiers chacun, quand le chiffre référence c'est 60, détaille leur responsable Virginie Nouaille. "Il y a forcément une connaissance moindre" des détenus "qui fragilise notre mission d'évaluation et de prise en charge." Pour mener cette mission, manquent actuellement six postes de conseillers pénitentiaires. Ainsi que deux assistantes sociales. "Sur deux", ironise-t-elle.
Texte intégral (815 mots)
Dans cet espace conçu pour deux, mal ventilé et assombri par un caillebotis devant la fenêtre, entre deux lits superposés, une table minuscule accueille cinq assiettes. Ce soir, un maigre matelas la remplacera. La nuit tombée, ses compagnons descendront de leur lit dépourvu d'échelle, puis l'enjamberont, avant d'atteindre des toilettes guère dissimulées par un drap tendu. Ici, elles fuient un peu. Dans une autre, le robinet de l'évier goutte en continu sous une tablette peinant à accueillir les cinq verres à dents. Contre le froid et l'humidité qui se lit sur les moisissures des fenêtres, les plaques de cuisson resteront allumées, une poêle vide chauffée à blanc faisant office de radiateur, explique un détenu. Envahies de corps, de linge étendu, de provisions cantinées et de modestes effets, des cellules comme celles-ci, l'AFP en a vu plusieurs en accompagnant mi-janvier la députée des Hauts-de-Seine Elsa Faucillon, venue exercer son droit de visite parlementaire dans cette prison ouverte en 1991, enchâssée entre la Seine et l'autoroute, à deux encablures de l'université. D'autres, plus petites, accueillent trois détenus dans des conditions aussi indignes. Télévision allumée en permanence, dans une atmosphère parfois enfumée par les cigarettes, on tue le temps en rabâchant les mêmes débats, en se racontant la vie dehors, en lisant, en somnolant pour rattraper des nuits hachées, ou en jouant aux cartes au risque d'exacerber les inévitables tensions, racontent les détenus. Deux heures de promenade Et puis il y a les cafards, selon des occupants qui montrent le carton colmatant les fissures, tentative dérisoire d'affronter l'invasion. La bétonisation des pieds de bâtiments, juste achevée, a permis d'éloigner les rats, assure à la parlementaire le directeur Thomas Benesty. Le progrès est récent: un certificat médical établi en novembre, dont l'AFP a eu connaissance, évoque sur le pied d'un détenu qui dormait par terre, des "lésions compatibles avec une morsure de rongeur", peut-être arrivé par les toilettes. De ces cagibis, on s'échappe durant les deux heures de promenade quotidienne, ou au gré des micro-événements qui scandent des jours sans fin: trois parloirs hebdomadaires dans des cabines vitrées offertes aux regards, douches (là encore trois par semaine), rendez-vous médicaux, activités... Cela représente "quatre, cinq, six heures par semaine", estime un détenu. Après une visite fin 2023, le Contrôleur général des prisons (CGLPL) avait estimé que l'établissement n'était pas en mesure "d'assurer des conditions d'hébergement dignes". Mais, relevait-il, il est "parvenu à éviter les matelas au sol depuis 2020". Signe d'une dégradation générale, ce rare satisfecit appartient au passé: 202 matelas sont comptabilisés au moment de la visite, indique à l'élue Thomas Benesty, avec, pour 592 places, 1.226 prisonniers, dont 60% en attente de procès, les autres étant condamnés à des peines courtes ou plus longues en attente d'affectation. Solidement installée au-dessus des 200%, la densité "est montée jusqu'à 213%" fin 2025, glisse le directeur. "Carencés" Malgré une abnégation saluée par le CGLPL, comment demander aux agents d'assurer convenablement l'ordre, de repérer les fragilités psychologiques, les tensions émergentes, de répondre aux doléances, comme cet appareil d'assistance respiratoire nocturne défaillant, cette rage de dents ou cette demande d'activité pendante? "On ne sait plus s'il faut écrire, si on va nous répondre", soupire un détenu. "On sait pourquoi on est là et on le comprend. Mais là, on a l'impression d'une peine sur une peine sur une peine..." Un tableau d'honneur a été installé à l'entrée de la zone de détention pour récompenser l'engagement des surveillants. Certains, raconte le directeur, renoncent à des jours de repos pour assurer le maintien d'activités de réinsertion ou des extractions médicales. Mais l'absentéisme atteint 25%, signe d'épuisement des corps et des esprits. Dans ces conditions "contraires à nos principes fondamentaux", demande Elsa Faucillon, comment prévenir la récidive, une des missions de la prison avec la punition et la protection de la société ? Cette dernière a récemment "été privilégiée", "choix politique qu'un représentant de l'administration pénitentiaire n'a pas à commenter", répond M. Benesty. "Ce qui est certain, c’est qu'actuellement à Nanterre, pour pouvoir répondre aux trois missions en même temps, nous sommes carencés." Les conseillers pénitentiaires d'insertion et de probation (Cpip) gèrent 90 dossiers chacun, quand le chiffre référence c'est 60, détaille leur responsable Virginie Nouaille. "Il y a forcément une connaissance moindre" des détenus "qui fragilise notre mission d'évaluation et de prise en charge." Pour mener cette mission, manquent actuellement six postes de conseillers pénitentiaires. Ainsi que deux assistantes sociales. "Sur deux", ironise-t-elle.

23.01.2026 à 12:00

🔴 Budget 2026 : le gouvernement Lecornu échappe à la motion de censure du RN

FRANCE24
img
Texte intégral (815 mots)

23.01.2026 à 11:59

Attention chantier ! Ou quand la mode change de décor

FRANCE24
img
"Il y a une vraie tendance ces dernières années à exploiter des lieux bruts dans lesquels il n'y a que les murs porteurs et rien d'autre", observe auprès de l'AFP Rod Reynolds, chasseur d'espaces à la tête de la société Records Collection. Depuis 2017, il déniche pour des maisons comme Chloé, Victoria Beckham ou Stella McCartney des lieux atypiques. Parmi ses clients fidèles: la griffe Dries Van Noten. Jeudi soir, en pleine semaine de la mode masculine, la marque belge a présenté sa collection au premier étage d'un immeuble en chantier, au sud de Paris — un lieu déniché par Rod Reynolds. Quelques jours plus tôt, l'espace n'était qu'un plateau vide de 1.500 m², de 80 mètres de long et cinq mètres de hauteur, avec poutres en béton apparentes, murs abîmés et sol fissuré. Le jour J, plus grand-chose à voir. De grands rideaux noirs ont été accrochés de chaque côté, l'un masquant les fenêtres, l'autre délimitant les backstages. Deux rangées de chaises pour border le podium et des projecteurs au plafond. Les irrégularités dans le sol, elles, persistent. "Attention aux trous!", prévient l'un des invités. Esthétique et efficacité Depuis le Covid, les demandes pour ce type de lieux ont "explosé", assure Rod Reynolds. Un constat que partage son confrère Benjamin Roussel, fondateur de Subspaces, créé en 2024. En juin dernier, il a mis à disposition un parking en attente de transformation pour le défilé du créateur israélien Hed Mayner. Selon eux, le succès de ces décors austères tient autant à leur esthétique qu'à leur efficacité. Avec cette imagerie "très dépouillée, les créations sont très valorisées", analyse Rod Reynolds. "Ce qui est sympa, c'est vraiment le contraste du très propre avec du un peu sale, un peu brut", complète Benjamin Roussel. Avec un avantage pratique: des lieux sans décor préexistant, donc sans contraintes lourdes. Ils sont également moins onéreux. "Par rapport au Palais Brongniart (qui accueille samedi le défilé Hermès, ndlr), qui a une jauge similaire de 500 à 600 personnes, on est deux fois moins cher", détaille le spécialiste. Les tarifs oscillent entre 8.000 et 13.000 euros par jour, hors coût de production, "mais in fine, cela reste moins cher", assure-t-il. - "Théâtralité fondamentale" - La foncière Covivio propose en location depuis deux ans et demi des immeubles en travaux ou inoccupés, une manière de les revaloriser en attendant leur transformation. Dries Van Noten a été leur premier client. En avril 2023, le créateur belge — qui a depuis quitté la griffe — visite l'un de leurs bâtiments. Il a le coup de cœur pour cet ancien immeuble du groupe de télécoms Orange. Il décide de "créer une collection totalement inspirée par la façade de l'immeuble et d'y organiser son défilé" de juin, se souvient Céline Leonardi, directrice marketing et expérience client de la foncière. Depuis, l'entreprise a ouvert d'autres sites, comme un ancien centre de tri postal construit dans les années 1900 au cœur de Paris, qui a accueilli 23 défilés en un an et demi. La griffe française AMI y a organisé un concert pour son défilé de janvier 2025 et Lacoste y a installé sable, filets de tennis et écrans géants lors de la Fashion Week d'octobre 2024. Pour la sociologue Émilie Coutant, cette tendance s'inscrit dans une continuité. "Margiela avait défilé dans une station de métro, John Galliano sur les ronds-points du pont Alexandre-III… Le lieu a toujours été une pièce maîtresse du show", souligne-t-elle. Les défilés de mode reposent sur une "théâtralité fondamentale" qui impose aux créateurs de "se renouveler en allant chercher des lieux nouveaux", rappelle-t-elle. Une dynamique plus éloignée des ténors du luxe: si Matthieu Blazy chez Chanel a récemment investi le métro new-yorkais pour son défilé Métiers d'art, sa haute couture reviendra la semaine prochaine au Grand Palais. Chez Dior, Jonathan Anderson défilera lui dans les jardins du musée Rodin, comme sa prédécesseure Maria Grazia Chiuri.
Texte intégral (717 mots)
"Il y a une vraie tendance ces dernières années à exploiter des lieux bruts dans lesquels il n'y a que les murs porteurs et rien d'autre", observe auprès de l'AFP Rod Reynolds, chasseur d'espaces à la tête de la société Records Collection. Depuis 2017, il déniche pour des maisons comme Chloé, Victoria Beckham ou Stella McCartney des lieux atypiques. Parmi ses clients fidèles: la griffe Dries Van Noten. Jeudi soir, en pleine semaine de la mode masculine, la marque belge a présenté sa collection au premier étage d'un immeuble en chantier, au sud de Paris — un lieu déniché par Rod Reynolds. Quelques jours plus tôt, l'espace n'était qu'un plateau vide de 1.500 m², de 80 mètres de long et cinq mètres de hauteur, avec poutres en béton apparentes, murs abîmés et sol fissuré. Le jour J, plus grand-chose à voir. De grands rideaux noirs ont été accrochés de chaque côté, l'un masquant les fenêtres, l'autre délimitant les backstages. Deux rangées de chaises pour border le podium et des projecteurs au plafond. Les irrégularités dans le sol, elles, persistent. "Attention aux trous!", prévient l'un des invités. Esthétique et efficacité Depuis le Covid, les demandes pour ce type de lieux ont "explosé", assure Rod Reynolds. Un constat que partage son confrère Benjamin Roussel, fondateur de Subspaces, créé en 2024. En juin dernier, il a mis à disposition un parking en attente de transformation pour le défilé du créateur israélien Hed Mayner. Selon eux, le succès de ces décors austères tient autant à leur esthétique qu'à leur efficacité. Avec cette imagerie "très dépouillée, les créations sont très valorisées", analyse Rod Reynolds. "Ce qui est sympa, c'est vraiment le contraste du très propre avec du un peu sale, un peu brut", complète Benjamin Roussel. Avec un avantage pratique: des lieux sans décor préexistant, donc sans contraintes lourdes. Ils sont également moins onéreux. "Par rapport au Palais Brongniart (qui accueille samedi le défilé Hermès, ndlr), qui a une jauge similaire de 500 à 600 personnes, on est deux fois moins cher", détaille le spécialiste. Les tarifs oscillent entre 8.000 et 13.000 euros par jour, hors coût de production, "mais in fine, cela reste moins cher", assure-t-il. - "Théâtralité fondamentale" - La foncière Covivio propose en location depuis deux ans et demi des immeubles en travaux ou inoccupés, une manière de les revaloriser en attendant leur transformation. Dries Van Noten a été leur premier client. En avril 2023, le créateur belge — qui a depuis quitté la griffe — visite l'un de leurs bâtiments. Il a le coup de cœur pour cet ancien immeuble du groupe de télécoms Orange. Il décide de "créer une collection totalement inspirée par la façade de l'immeuble et d'y organiser son défilé" de juin, se souvient Céline Leonardi, directrice marketing et expérience client de la foncière. Depuis, l'entreprise a ouvert d'autres sites, comme un ancien centre de tri postal construit dans les années 1900 au cœur de Paris, qui a accueilli 23 défilés en un an et demi. La griffe française AMI y a organisé un concert pour son défilé de janvier 2025 et Lacoste y a installé sable, filets de tennis et écrans géants lors de la Fashion Week d'octobre 2024. Pour la sociologue Émilie Coutant, cette tendance s'inscrit dans une continuité. "Margiela avait défilé dans une station de métro, John Galliano sur les ronds-points du pont Alexandre-III… Le lieu a toujours été une pièce maîtresse du show", souligne-t-elle. Les défilés de mode reposent sur une "théâtralité fondamentale" qui impose aux créateurs de "se renouveler en allant chercher des lieux nouveaux", rappelle-t-elle. Une dynamique plus éloignée des ténors du luxe: si Matthieu Blazy chez Chanel a récemment investi le métro new-yorkais pour son défilé Métiers d'art, sa haute couture reviendra la semaine prochaine au Grand Palais. Chez Dior, Jonathan Anderson défilera lui dans les jardins du musée Rodin, comme sa prédécesseure Maria Grazia Chiuri.

23.01.2026 à 11:51

L’UE face à Trump : une déroute annoncée par le Kremlin

Elena VOLOCHINE
img
À Davos, Donald Trump a finalement annoncé ne pas vouloir recourir à "la force" pour annexer le Groenland. De quoi soulager, sans totalement rassurer, les Européens. De son côté, la propagande russe prédit avec enthousiasme la fin de l’Union européenne et de l’Otan, face à un président américain qui ne semble pas se soucier davantage du droit international que Vladimir Poutine lui-même.
Texte intégral (717 mots)
À Davos, Donald Trump a finalement annoncé ne pas vouloir recourir à "la force" pour annexer le Groenland. De quoi soulager, sans totalement rassurer, les Européens. De son côté, la propagande russe prédit avec enthousiasme la fin de l’Union européenne et de l’Otan, face à un président américain qui ne semble pas se soucier davantage du droit international que Vladimir Poutine lui-même.

23.01.2026 à 11:45

Compter les oiseaux pour mieux les protéger

FRANCE24
img
L'an dernier, près de 600.000 données ont été collectées lors des différentes opérations de comptage - dont 171.000 sur le seul dernier week-end de janvier - soit 23% de plus qu'en 2024. Depuis 2012, année de mise en place de ces opérations, plus de 6 millions de données ont ainsi été rassemblées, par plus de 100.000 observateurs, "ce qui constitue un record pour une opération de science participative grand public en France", se félicite Rishane Colas, chargée de projet à la LPO Ile-de-France. 41% en déclin "Ces informations sont précieuses, car elles viennent compléter certaines données scientifiques pour comprendre sur le long terme l'état des populations des oiseaux communs, et ensuite après analyse, permettre de mettre en place des plans d'actions destinés à préserver certaines espèces", explique Mme Colas. "Ça permet de comparer des données que l'on a déjà - par exemple celles dans les milieux naturels - avec celles que l'on n'a pas, notamment dans les espaces occupés par l'Homme pour voir les impacts des activités humaines sur les oiseaux", notamment en milieu urbain. Cet observatoire, en partenariat avec le Museum national d'histoire naturelle, a déjà permis de constater que 41% des espèces d'oiseaux des parcs et jardins ont vu leurs populations diminuer entre 2012 et 2022. "Depuis 10 ans, le déclin est très marqué, notamment dû à la perte d'habitats, au manque de ressources alimentaires", ou encore au changement climatique. "C'est une tendance inquiétante", pointe la responsable. La majorité des oiseaux communs sont insectivores, et la baisse des populations d'insectes, liée notamment aux pesticides, diminue leurs sources de nourriture, influant sur leur survie ou leur reproduction. Par ailleurs, l'urbanisation et la disparition des haies entraînent la raréfaction des sites de nidification et de refuge, explique Mme Colas. Ces chiffres confirment les tendances observées au niveau mondial. En octobre, l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) a publié des données d'experts montrant que dans le monde, six espèces d'oiseaux sur 10 sont en déclin (contre 44% en 2016) et une sur 10 menacée d'extinction. En France, ce sont plus de 280 espèces d'oiseaux qui sont menacées. Parmi elles, le moineau friquet dont les effectifs ont diminué de 60% au niveau national, signale Mme Colas. "En Ile-de-France, nos comptages citoyens montrent qu'on est passé de 30.000 couples en 1995 à seulement 150 en 2023". Attention aux doublons "Les oiseaux les plus menacés sont ceux qui se nourrissent exclusivement d'insectes. Au printemps on retrouve ainsi un déclin particulièrement dramatique pour le martinet noir et les hirondelles". A l'inverse, les espèces comme le moineau commun, qui est omnivore, restent parmi les plus observées lors des comptages dans les parcs et jardins, car elles peuvent plus facilement s'adapter. Des observatoires citoyens existent aussi en Belgique ou au Royaume-Uni. En France, outre le comptage des 24 et 25 janvier, utile aussi pour observer les oiseaux migrateurs, un autre week-end d'observation est prévu fin mai pour comptabiliser les oiseaux au moment de la nidification. Le protocole se veut à la fois très précis, pour que les données soient réellement exploitables scientifiquement, et simple: il faut choisir un endroit d'observation - par exemple son balcon en ville, son jardin depuis sa fenêtre ou bien un endroit dans un parc public - et compter pendant une heure exactement tous les oiseaux qui se posent à cet endroit en tentant de reconnaître les espèces. On rentre ensuite toutes ces observations sur le site oiseauxdesjardins.fr, sur lequel on s'est préalablement inscrit. "Attention aux doublons", prévient Rishane Colas. "On ne comptabilise que le nombre maximal d'oiseaux de la même espèce qui se posent au même endroit pendant l'heure d'observation, on n'additionne pas chaque fois que l'un deux se présente, car ça peut être deux fois le même", explique-t-elle.
Texte intégral (653 mots)
L'an dernier, près de 600.000 données ont été collectées lors des différentes opérations de comptage - dont 171.000 sur le seul dernier week-end de janvier - soit 23% de plus qu'en 2024. Depuis 2012, année de mise en place de ces opérations, plus de 6 millions de données ont ainsi été rassemblées, par plus de 100.000 observateurs, "ce qui constitue un record pour une opération de science participative grand public en France", se félicite Rishane Colas, chargée de projet à la LPO Ile-de-France. 41% en déclin "Ces informations sont précieuses, car elles viennent compléter certaines données scientifiques pour comprendre sur le long terme l'état des populations des oiseaux communs, et ensuite après analyse, permettre de mettre en place des plans d'actions destinés à préserver certaines espèces", explique Mme Colas. "Ça permet de comparer des données que l'on a déjà - par exemple celles dans les milieux naturels - avec celles que l'on n'a pas, notamment dans les espaces occupés par l'Homme pour voir les impacts des activités humaines sur les oiseaux", notamment en milieu urbain. Cet observatoire, en partenariat avec le Museum national d'histoire naturelle, a déjà permis de constater que 41% des espèces d'oiseaux des parcs et jardins ont vu leurs populations diminuer entre 2012 et 2022. "Depuis 10 ans, le déclin est très marqué, notamment dû à la perte d'habitats, au manque de ressources alimentaires", ou encore au changement climatique. "C'est une tendance inquiétante", pointe la responsable. La majorité des oiseaux communs sont insectivores, et la baisse des populations d'insectes, liée notamment aux pesticides, diminue leurs sources de nourriture, influant sur leur survie ou leur reproduction. Par ailleurs, l'urbanisation et la disparition des haies entraînent la raréfaction des sites de nidification et de refuge, explique Mme Colas. Ces chiffres confirment les tendances observées au niveau mondial. En octobre, l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) a publié des données d'experts montrant que dans le monde, six espèces d'oiseaux sur 10 sont en déclin (contre 44% en 2016) et une sur 10 menacée d'extinction. En France, ce sont plus de 280 espèces d'oiseaux qui sont menacées. Parmi elles, le moineau friquet dont les effectifs ont diminué de 60% au niveau national, signale Mme Colas. "En Ile-de-France, nos comptages citoyens montrent qu'on est passé de 30.000 couples en 1995 à seulement 150 en 2023". Attention aux doublons "Les oiseaux les plus menacés sont ceux qui se nourrissent exclusivement d'insectes. Au printemps on retrouve ainsi un déclin particulièrement dramatique pour le martinet noir et les hirondelles". A l'inverse, les espèces comme le moineau commun, qui est omnivore, restent parmi les plus observées lors des comptages dans les parcs et jardins, car elles peuvent plus facilement s'adapter. Des observatoires citoyens existent aussi en Belgique ou au Royaume-Uni. En France, outre le comptage des 24 et 25 janvier, utile aussi pour observer les oiseaux migrateurs, un autre week-end d'observation est prévu fin mai pour comptabiliser les oiseaux au moment de la nidification. Le protocole se veut à la fois très précis, pour que les données soient réellement exploitables scientifiquement, et simple: il faut choisir un endroit d'observation - par exemple son balcon en ville, son jardin depuis sa fenêtre ou bien un endroit dans un parc public - et compter pendant une heure exactement tous les oiseaux qui se posent à cet endroit en tentant de reconnaître les espèces. On rentre ensuite toutes ces observations sur le site oiseauxdesjardins.fr, sur lequel on s'est préalablement inscrit. "Attention aux doublons", prévient Rishane Colas. "On ne comptabilise que le nombre maximal d'oiseaux de la même espèce qui se posent au même endroit pendant l'heure d'observation, on n'additionne pas chaque fois que l'un deux se présente, car ça peut être deux fois le même", explique-t-elle.

23.01.2026 à 11:39

REPLAY - Lecornu affronte deux motions de censure, avant un nouveau 49.3

FRANCE24
img
"Coup de force", "reniement" : Éric Coquerel (LFI) et Marine Le Pen (RN) s'en sont pris avec force vendredi 23 janvier à la décision de Sébastien Lecornu de recourir au 49.3 pour faire passer le budget. Mais les motions de censure de la gauche hors PS et de l'extrême droite sont promises à l'échec, faute de soutien de LR et du PS. "Trop nombreux n'ont pas voulu décider", a déploré le Premier ministre français. Nous en parlons avec Roselyne Febvre, notre chroniqueuse politique, et Johan Bodin.
Lire plus (90 mots)
"Coup de force", "reniement" : Éric Coquerel (LFI) et Marine Le Pen (RN) s'en sont pris avec force vendredi 23 janvier à la décision de Sébastien Lecornu de recourir au 49.3 pour faire passer le budget. Mais les motions de censure de la gauche hors PS et de l'extrême droite sont promises à l'échec, faute de soutien de LR et du PS. "Trop nombreux n'ont pas voulu décider", a déploré le Premier ministre français. Nous en parlons avec Roselyne Febvre, notre chroniqueuse politique, et Johan Bodin.

23.01.2026 à 11:37

🔴 Budget 2026 : le gouvernement Lecornu échappe à la motion de censure de LFI

FRANCE24
img
Lire plus (90 mots)
15 / 15

 

  GÉNÉRALISTES
Le Canard Enchaîné
La Croix
Le Figaro
France 24
France-Culture
FTVI
HuffPost
L'Humanité
LCP / Public Senat
Le Media
La Tribune
Time France
 
  EUROPE ‧ RUSSIE
Courrier Europe Centrale
Desk-Russie
Euractiv
Euronews
Toute l'Europe
 
  Afrique du Nord ‧ Proche-Orient
Haaretz
Info Asie
Inkyfada
Jeune Afrique
Kurdistan au féminin
L'Orient - Le Jour
Orient XXI
Rojava I.C
 
  INTERNATIONAL
CADTM
Courrier International
Equaltimes
Global Voices
I.R.I.S
The New-York Times
 
  OSINT ‧ INVESTIGATION
OFF Investigation
OpenFacto°
Bellingcat
Disclose
Global.Inv.Journalism
 
  MÉDIAS D'OPINION
Au Poste
Cause Commune
CrimethInc.
Hors-Serie
L'Insoumission
Là-bas si j'y suis
Les Jours
LVSL
Politis
Quartier Général
Rapports de force
Reflets
Reseau Bastille
StreetPress
 
  OBSERVATOIRES
Armements
Acrimed
Catastrophes naturelles
Conspis
Culture
Curation IA
Extrême-droite
Human Rights Watch
Inégalités
Information
Justice fiscale
Liberté de création
Multinationales
Situationnisme
Sondages
Street-Médics
Routes de la Soie
🌞