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Chaîne de service public - Actualité internationale.

▸ les 14 dernières parutions

15.02.2026 à 12:53

Mort de Quentin: quatre choses à savoir sur le collectif Némésis

FRANCE24
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Quentin, étudiant en mathématiques, est décédé samedi après une agression en marge d'une conférence de l'eurodéputée LFI Rima Hassan à Lyon, contre laquelle des membres de Némésis manifestaient. Ses parents ont toutefois indiqué via l'intermédiaire de leur avocat qu'il n'était "ni agent de sécurité, ni membre d'un quelconque service d'ordre". Un collectif identitaire porté par Alice Cordier Alice Cordier (nom d'emprunt), 28 ans, a fondé en 2019 le collectif qu'elle dirige pour représenter, selon elle, les victimes de violences "qui ne se sont pas senties écoutées par d'autres associations, sous réserve d'idéologie". "On s'est lancées sans aucun soutien, à droite personne ne nous connaissait, des militantes ont dû quitter leur travail", avait-elle décrit l'an dernier à l'AFP, affirmant alors que le collectif ne percevait pas de subventions. La militante, très présente dans les médias et sur les réseaux sociaux, est devenue au fil des années le principal visage du collectif. Proche de l'extrême-droite et se revendiquant féministe Némésis, qui emprunte son nom à la déesse grecque de la vengeance, se présente comme une "association de protection des femmes", bien que cette revendication soit remise en question par d'autres associations féministes et des chercheurs. Le collectif évoque la thématique des violences faites aux femmes en la liant systématiquement à l'immigration. "Le féminisme a été pendant des dizaines d'années l'apanage de la gauche et la gauche ne se rend pas compte aujourd'hui qu'il y a des enjeux nouveaux, notamment au niveau de la question migratoire", avait ainsi soutenu Alice Cordier auprès de l'AFP. Un groupuscule très visible Ce groupuscule, qui revendique quelque 300 militantes, tente de mobiliser sur les réseaux sociaux, où il compte environ 110.000 followers sur Instagram et 120.000 sur X. Il y répertorie notamment des affaires de violences sexuelles, insistant souvent sur la nationalité étrangère des suspects. Autre caisse de résonance: des médias comme Radio Courtoisie, où les médias de la galaxie du milliardaire conservateur Vincent Bolloré, CNews ou Europe 1, où intervient Alice Cordier. "Le noyau dur est encore moins nombreux" que les 300 militantes revendiquées, pointait l'an dernier auprès de l'AFP Magali Della Sudda, directrice de recherche au CNRS, soulignant une "visibilité sur les réseaux sociaux et dans les médias inversement proportionnelle à leur capacité d'action dans la rue". Actions coups de poing Depuis sa création, Némésis mène des actions coups de poing, notamment dans les cortèges féministes. L'an dernier, le 8 mars, une cinquantaine de femmes de ce groupe avaient défilé à l'écart du cortège parisien, lors de la Journée internationale des droits des femmes. Parmi leurs mots d'ordre: "la fin de l'immigration de masse" et "l'application des OQTF" (obligation de quitter le territoire français). Des associations féministes et des syndicats les avaient accusé de "bordéliser (les) manifestations". "On est en plein dans l'agitation propagande: l'objectif est de faire beaucoup de bruit avec peu de moyens", avait alors analysé pour l'AFP Tristan Boursier, chercheur associé au centre de recherches politiques (Cevipof). "Aller dans ces manifestations, les parasiter et se faire refouler ou se faire mal accueillir, c'est ce que recherchent ces groupes qui ne représentent pas beaucoup de monde".

15.02.2026 à 12:27

"Plateau" sur la Garonne en alerte rouge crues, neige sur le nord de la France

FRANCE24
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Mais le retour d'un temps humide fait craindre une remontée du niveau des cours d'eau en Gironde et dans le Lot-et-Garonne, qui restent en vigilance rouge dimanche et lundi. Une dizaine d'autres départements sont en alerte orange pour des crues, sur un large arc ouest du pays: l'Eure-et-Loire, l'Ille-et-Vilaine, la Loire-Atlantique, le Maine-et-Loire, l'Indre-et-Loire, la Charente-Maritime, la Charente, la Dordogne et le Tarn-et-Garonne, ainsi que le Lot et le Tarn qui sont passés dimanche en orange. L'alerte concerne aussi la neige avec 4 départements en vigilance orange neige-verglas dimanche, Aisne, Côte-d'Or, Haute-Marne et Nord, plusieurs départements des Hauts-de-France et d'Île-de-France ayant été rétrogradés en vigilance jaune par Météo France dans son bulletin de 12h00. Cinq départements pyrénéens sont aussi en orange pour le risque d'avalanches, outre la Principauté d'Andorre, en attendant lundi trois départements des Alpes. Sur la Garonne, le "niveau maximum a été atteint" samedi dans le Lot-et-Garonne, tandis qu'en Gironde, la crue devait "progresser lentement" dimanche matin "avant de se stabiliser", selon Vigicrues. Le retour des pluies, couplé à un phénomène de grandes marées, risque d'enrayer la baisse, préviennent les autorités, dans un contexte de "crue généralisée" sur tout le territoire, selon Vigicrues, avec des sols saturés qui ne retiennent plus l'eau. "On n'est pas au bout de la crue, et loin de là je pense", a déclaré dimanche à l'AFP Bruno Marty, maire de La Réole (4.500 habitants), l'une des communes les plus touchées par les débordements. "Je vois qu'il pleut énormément, les coefficients de marée sont importants... Restons méfiants." "Maintenir la vigilance" De nouvelles précipitations dans les prochains jours "pourraient continuer d'alimenter les cours d'eau, une deuxième crue est attendue pour le milieu de semaine", a d'ailleurs prévenu la préfecture du Lot-et-Garonne, appelant la population à "maintenir la vigilance". Dans ce département, les évacuations "préventives" ont concerné environ 1.500 personnes. En Gironde, environ 80 personnes ont été évacuées samedi. Plusieurs communes du Maine-et-Loire ont aussi fait l'objet d'évacuations, avec environ 850 à 900 personnes concernées, selon le maire de Saint-Jean-de-la Croix. La directrice du service d'information Vigicrues, Lucie Chadourne-Facon, a évoqué une "situation exceptionnelle" pour la France, dépassant "tous nos records" depuis que l'organisme a été créé en 2006, avec un taux d'humidité des sols jamais vu, a-t-elle insisté samedi dans un entretien à l'AFP. Les cumuls de pluie depuis deux mois ont saturé le sol, ralentissant le rétablissement du trafic ferroviaire, des réseaux électrique et téléphonique malmenés par la tempête Nils, qui a causé au moins deux morts en France et fait de nombreux dégâts matériels. Nils a fait une troisième victime, indirecte cette fois: un homme est décédé samedi à Sarbazan (Landes) des suites d'une intoxication au monoxyde de carbone, après avoir activé un groupe électrogène dans l'attente du raccordement au réseau, selon la préfecture. Samedi soir, le gestionnaire de réseau Enedis évoquait "90% de clients réalimentés", avec encore "90.000 clients privés d'électricité", contre 171.000 à la mi-journée. En Île-de-France, avant la levée de la vigilance orange dimanche midi, l'arrivée d'un épisode neigeux avait conduit les compagnies aériennes à réduire leur programme de vols pour dimanche sur les aéroports parisiens de Paris-Charles de Gaulle et Orly.

15.02.2026 à 12:15

Dossier Epstein : Jack Lang se dit "blanc comme neige" et dénonce "un tsunami de ragots"

FRANCE 24
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L'ex-ministre de la Culture Jack Lang, contraint de quitter la présidence de l'Institut du monde arabe après l'ouverture d'une enquête pour blanchiment, a déclaré dans La Tribune Dimanche être "blanc comme neige", dénonçant "un tsunami de mensonges" médiatique, et affirmant ne rien avoir su des agissements pédocriminels de Jeffrey Epstein. 
Texte intégral (574 mots)
L'ex-ministre de la Culture Jack Lang, contraint de quitter la présidence de l'Institut du monde arabe après l'ouverture d'une enquête pour blanchiment, a déclaré dans La Tribune Dimanche être "blanc comme neige", dénonçant "un tsunami de mensonges" médiatique, et affirmant ne rien avoir su des agissements pédocriminels de Jeffrey Epstein. 

15.02.2026 à 11:49

Guerre à Gaza : frappes meurtrières d'Israël, au moins 11 morts

FRANCE24
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Rami Abou James, notre correspondannt à Gaza, décrypte la situation.
Texte intégral (574 mots)
Rami Abou James, notre correspondannt à Gaza, décrypte la situation.

15.02.2026 à 11:42

Tempête Nils : la Garonne maintenue en alerte rouge pour crues au moins jusqu'à lundi

FRANCE 24
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Maintenue en vigilance rouge en Gironde et dans le Lot-et-Garonne, la Garonne reste dimanche sous haute surveillance sur fond de "crue généralisée" en France. De nouvelles pluies font craindre des débordements de cours d'eau. 
Texte intégral (574 mots)
Maintenue en vigilance rouge en Gironde et dans le Lot-et-Garonne, la Garonne reste dimanche sous haute surveillance sur fond de "crue généralisée" en France. De nouvelles pluies font craindre des débordements de cours d'eau. 

15.02.2026 à 11:33

La cheffe de la diplomatie de l'UE rejette le "dénigrement" américain

FRANCE24
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"A chaque fois que j'entends ce dénigrement anti-européen, qui est très à la mode en ce moment, je pense à tout ce que l'Europe nous a apporté", a déclaré la responsable, au dernier jour de la Conférence de Munich sur la sécurité. "Contrairement à ce que diraient certains, l'Europe n'est pas décadente et woke, et menacée d'un effacement civilisationnel", a-t-elle insisté, une allusion aux critiques en règle du président américain Donald Trump qui estime que l'Europe est menacée, comme les Etats-Unis, par une immigration de masse. Le Secrétaire d'Etat Marco Rubio avait rassuré samedi ses alliés transatlantiques en affirmant que les Etats-Unis souhaitaient une "alliance revigorée" avec l'Europe, tout en relayant ces critiques du président américain. "Le message que nous avons entendu est que l'Amérique et l'Europe sont liées, par le passé comme dans l'avenir, et je pense que c'est important", a souligné Kaja Kallas. "Il est clair cependant que nous ne sommes pas d'accord sur tout, et cela va continuer". La responsable de la diplomatie européenne a par ailleurs prôné la fermeté face à la Russie dans les négociations visant à mettre fin au conflit en Ukraine, insistant sur la nécessité d'arracher des concessions à Moscou. "La plus grande menace que pose désormais la Russie est qu'elle obtienne plus de choses à la table des négociations que sur le champ de bataille", a-t-elle estimé, appelant notamment à limiter la taille de son armée, à l'obliger à payer pour les destructions commises, et à s'assurer qu'elle rende compte de ses crimes de guerre. Le ministre français chargé de l'Europe Benjamin Haddad a lui appelé ses pairs à se concentrer sur le renforcement de l'UE, plutôt que sur les discours des Américains. "Concentrons nous sur ce que nous pouvons contrôler, sur notre réarmement, sur le soutien à l'Ukraine et sur la menace que la Russie représente pour nos démocraties", a-t-il argumenté.
Lire plus (332 mots)
"A chaque fois que j'entends ce dénigrement anti-européen, qui est très à la mode en ce moment, je pense à tout ce que l'Europe nous a apporté", a déclaré la responsable, au dernier jour de la Conférence de Munich sur la sécurité. "Contrairement à ce que diraient certains, l'Europe n'est pas décadente et woke, et menacée d'un effacement civilisationnel", a-t-elle insisté, une allusion aux critiques en règle du président américain Donald Trump qui estime que l'Europe est menacée, comme les Etats-Unis, par une immigration de masse. Le Secrétaire d'Etat Marco Rubio avait rassuré samedi ses alliés transatlantiques en affirmant que les Etats-Unis souhaitaient une "alliance revigorée" avec l'Europe, tout en relayant ces critiques du président américain. "Le message que nous avons entendu est que l'Amérique et l'Europe sont liées, par le passé comme dans l'avenir, et je pense que c'est important", a souligné Kaja Kallas. "Il est clair cependant que nous ne sommes pas d'accord sur tout, et cela va continuer". La responsable de la diplomatie européenne a par ailleurs prôné la fermeté face à la Russie dans les négociations visant à mettre fin au conflit en Ukraine, insistant sur la nécessité d'arracher des concessions à Moscou. "La plus grande menace que pose désormais la Russie est qu'elle obtienne plus de choses à la table des négociations que sur le champ de bataille", a-t-elle estimé, appelant notamment à limiter la taille de son armée, à l'obliger à payer pour les destructions commises, et à s'assurer qu'elle rende compte de ses crimes de guerre. Le ministre français chargé de l'Europe Benjamin Haddad a lui appelé ses pairs à se concentrer sur le renforcement de l'UE, plutôt que sur les discours des Américains. "Concentrons nous sur ce que nous pouvons contrôler, sur notre réarmement, sur le soutien à l'Ukraine et sur la menace que la Russie représente pour nos démocraties", a-t-il argumenté.

15.02.2026 à 11:27

LFI à l'extrême gauche: "Ce n'est pas au président de la République de classer ses opposants", répond Bompard

FRANCE24
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Le chef de l'Etat "fait du Donald Trump, quand on n'est pas d'accord avec lui on est extrémiste", a ajouté M. Bompard sur LCI. Le dirigeant insoumis réagissait à des déclarations de M. Macron estimant "qu'il n'y a pas tellement de mystère pour dire qu'ils sont à l'extrême gauche", dans un entretien diffusé dimanche matin sur Radio J. Début février, le ministre de l'Intérieur Laurent Nunez a décidé, dans une circulaire envoyée aux préfets, de compter LFI parmi les formations d'extrême gauche aux élections municipales des 15 et 22 mars. Une décision vivement contestée par les Insoumis, M. Bompard accusant l'exécutif "d'utiliser ces étiquettes comme un moyen de stigmatisation" - même si de son point de vue ce classement à l'extrême gauche n'est "pas infamant ou insultant (mais) juste faux". Le dirigeant de LFI s'est également défendu des accusations d'antisémitisme relayées par M. Macron, qui a affirmé que sur ce sujet les Insoumis "contreviennent à des principes fondamentaux de la République" et qu'il y a "clairement des expressions antisémites qui émergent" dans leurs rangs. "Aucun militant de La France insoumise n'a jamais été condamné pour antisémitisme, aucun d'entre eux n'a jamais eu d'expressions antisémites", a répliqué M. Bompard. Interrogé sur la volonté du chef de l'Etat d'instaurer une "peine d'inéligibilité obligatoire" pour les élus coupables "d'actes et propos antisémites, racistes et discriminatoires", M. Bompard a indiqué que les députés LFI pourraient voter une telle loi. "Plutôt oui", a-t-il répondu, assurant que les Insoumis ne se considèrent "évidemment pas ciblés par cette possibilité, parce que les programmes (et) les propositions politiques que l'on porte sont à l'exact opposé de toute forme de racisme ou de discrimination".
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Le chef de l'Etat "fait du Donald Trump, quand on n'est pas d'accord avec lui on est extrémiste", a ajouté M. Bompard sur LCI. Le dirigeant insoumis réagissait à des déclarations de M. Macron estimant "qu'il n'y a pas tellement de mystère pour dire qu'ils sont à l'extrême gauche", dans un entretien diffusé dimanche matin sur Radio J. Début février, le ministre de l'Intérieur Laurent Nunez a décidé, dans une circulaire envoyée aux préfets, de compter LFI parmi les formations d'extrême gauche aux élections municipales des 15 et 22 mars. Une décision vivement contestée par les Insoumis, M. Bompard accusant l'exécutif "d'utiliser ces étiquettes comme un moyen de stigmatisation" - même si de son point de vue ce classement à l'extrême gauche n'est "pas infamant ou insultant (mais) juste faux". Le dirigeant de LFI s'est également défendu des accusations d'antisémitisme relayées par M. Macron, qui a affirmé que sur ce sujet les Insoumis "contreviennent à des principes fondamentaux de la République" et qu'il y a "clairement des expressions antisémites qui émergent" dans leurs rangs. "Aucun militant de La France insoumise n'a jamais été condamné pour antisémitisme, aucun d'entre eux n'a jamais eu d'expressions antisémites", a répliqué M. Bompard. Interrogé sur la volonté du chef de l'Etat d'instaurer une "peine d'inéligibilité obligatoire" pour les élus coupables "d'actes et propos antisémites, racistes et discriminatoires", M. Bompard a indiqué que les députés LFI pourraient voter une telle loi. "Plutôt oui", a-t-il répondu, assurant que les Insoumis ne se considèrent "évidemment pas ciblés par cette possibilité, parce que les programmes (et) les propositions politiques que l'on porte sont à l'exact opposé de toute forme de racisme ou de discrimination".

15.02.2026 à 11:16

Lens reprend la tête de la Ligue 1 avec une démonstration contre le Paris FC

L'Equipe TV
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Lens a doublé le Paris Saint-Germain et a repris la tête de la Ligue 1 après un festival de buts contre le Paris FC, samedi soir.
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Lens a doublé le Paris Saint-Germain et a repris la tête de la Ligue 1 après un festival de buts contre le Paris FC, samedi soir.

15.02.2026 à 11:13

Casque polémique aux JO, Sophie Adenot vers l'ISS, la tempête Nils : la semaine en images

FRANCE 24
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Retour sur les temps forts de la semaine : l'Ukrainien Vladislav Heraskevytch disqualifié aux JO pour son casque jugé politique, le chanteur portoricain Bad Bunny enflamme le Super Bowl, Sophie Adenot s'envole vers l'ISS, la tempête Nils fait des dégâts, et le carnaval démarre au Brésil.
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Retour sur les temps forts de la semaine : l'Ukrainien Vladislav Heraskevytch disqualifié aux JO pour son casque jugé politique, le chanteur portoricain Bad Bunny enflamme le Super Bowl, Sophie Adenot s'envole vers l'ISS, la tempête Nils fait des dégâts, et le carnaval démarre au Brésil.

15.02.2026 à 10:57

Japon: le lac "sans dieu", symbole du changement climatique

FRANCE24
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Malgré le saisissant froid hivernal de cette région montagneuse, une poignée de sexagénaires se dirige vers le lac Suwa à la recherche d'un phénomène baptisé "Traversée du dieu", devenu imprévisible au fil des décennies. Connu sous le nom de "Miwatari" en japonais, la "Traversée du dieu" désigne une fissure qui s'ouvre sur la surface gelée de ce lac de 13 km2, laissant des éclats de glace plus fine jaillir et former une crête ressemblant au dos d'un dragon. Depuis des siècles, les prêtres du sanctuaire voisin de Yatsurugi surveillent cette apparition et remplissent un registre témoin des évolutions du climat. Pour Kiyoshi Miyasaka, prêtre local du culte shinto, et ses compagnons, la veille a débuté le 5 janvier cette année. Vêtus de vestes frappées de l'emblème du sanctuaire, ils partent emplis d'espoir, même si la "Traversée du dieu" reste invisible depuis 7 ans maintenant. "Voici le début des 30 jours décisifs", glisse Miyasaka. Mais à l'approche du lac, sombre et agité dans la lumière précédant l'aube, le sourire du prêtre s'efface. "Comme c'est triste", murmure-t-il en plongeant un thermomètre dans l'eau pour noter le résultat sur son registre. Les archives des relevés datent de 1443, même si les prêtres du sanctuaire n'ont pris le relais qu'en 1683. – "Un avertissement de la nature" – "Ces relevés fournissent des données en un même lieu sur plusieurs siècles et, grâce à eux, nous pouvons aujourd'hui comprendre à quoi ressemblait le climat il y a des centaines d'années", explique Naoko Hasegawa, géographe à l'université Ochanomizu. "Il n'existe aucune autre archive météorologique comparable", dit-elle à l'AFP au sujet de ce trésor scientifique. Les climatologues du monde entier y voient un ensemble de données d'observation extrêmement précieux." Une raréfaction du phénomène que scientifiques et croyants attribuent tous deux au changement climatique. "Nous voyons les signes du changement climatique partout dans le monde, et le lac Suwa ne fait pas exception", dit à l'AFP Miyasaka, qui se désespère de revoir "Miwatari". Selon la croyance shintoïste, "Miwatari" est tracé par un dieu traversant le lac pour rendre visite à son épouse. Pour les scientifiques, ce phénomène apparaît lorsque le lac, qui possède une source chaude, gèle entièrement en surface, ce qui nécessite plusieurs jours sous les -10 °C. La chape de glace se contracte et se dilate avec les variations de températures entre la nuit et le jour, ouvrant des fissures qui se remplissent d'éclats d'eau nouvellement gelée. Ces éclats s'entrechoquent en produisant, dans un grondement distinctif, une crête qui peut atteindre plusieurs dizaines de centimètres de haut. Takehiko Mikami se souvient l'avoir vu en 1998. "La surface avait complètement gelé sur environ 15 centimètres d'épaisseur. Nous pouvions traverser le lac à pied", raconte ce professeur émérite de l'Université métropolitaine de Tokyo. Ses recherches montrent que "Miwatari" apparaissait presque chaque hiver jusqu'aux années 1980, mais depuis, les températures matinales tombent rarement suffisamment bas pour que le lac gèle entièrement. "C'est un avertissement de la nature", alerte-t-il. "Mer ouverte" Le 26 janvier dernier, après des semaines d'observations glaciales à l'aube, Miyasaka et ses amis ont cru que "Miwatari" allait se montrer lorsque le lac a entièrement gelé. Las! En quelques jours, la surface avait de nouveau fondu. Et le 4 février, Miyasaka a dû se résoudre: il y avait peu de chances que le dieu apparaisse avant l'année prochaine. Cela porte à huit hivers consécutifs sans apparition, égalant la plus longue période "sans dieu" jamais enregistrée, datant du début du XVIe siècle. Une chose est sûre: le gel intégral du lac est désormais l'exception, alors qu'il était la règle pendant des siècles. Lorsque "Miwatari" apparaît, le prêtre de Yatsurugi célèbre un rituel shinto sur la glace, une cérémonie que Miyasaka n'a pu organiser que 11 fois en plus de quarante ans de service. Pour Mikami, la longue absence divine est un avertissement que "le réchauffement climatique s'accélère". "Si la tendance se poursuit, je crains que nous ne revoyions jamais +Miwatari+", redoute-t-il.
Texte intégral (728 mots)
Malgré le saisissant froid hivernal de cette région montagneuse, une poignée de sexagénaires se dirige vers le lac Suwa à la recherche d'un phénomène baptisé "Traversée du dieu", devenu imprévisible au fil des décennies. Connu sous le nom de "Miwatari" en japonais, la "Traversée du dieu" désigne une fissure qui s'ouvre sur la surface gelée de ce lac de 13 km2, laissant des éclats de glace plus fine jaillir et former une crête ressemblant au dos d'un dragon. Depuis des siècles, les prêtres du sanctuaire voisin de Yatsurugi surveillent cette apparition et remplissent un registre témoin des évolutions du climat. Pour Kiyoshi Miyasaka, prêtre local du culte shinto, et ses compagnons, la veille a débuté le 5 janvier cette année. Vêtus de vestes frappées de l'emblème du sanctuaire, ils partent emplis d'espoir, même si la "Traversée du dieu" reste invisible depuis 7 ans maintenant. "Voici le début des 30 jours décisifs", glisse Miyasaka. Mais à l'approche du lac, sombre et agité dans la lumière précédant l'aube, le sourire du prêtre s'efface. "Comme c'est triste", murmure-t-il en plongeant un thermomètre dans l'eau pour noter le résultat sur son registre. Les archives des relevés datent de 1443, même si les prêtres du sanctuaire n'ont pris le relais qu'en 1683. – "Un avertissement de la nature" – "Ces relevés fournissent des données en un même lieu sur plusieurs siècles et, grâce à eux, nous pouvons aujourd'hui comprendre à quoi ressemblait le climat il y a des centaines d'années", explique Naoko Hasegawa, géographe à l'université Ochanomizu. "Il n'existe aucune autre archive météorologique comparable", dit-elle à l'AFP au sujet de ce trésor scientifique. Les climatologues du monde entier y voient un ensemble de données d'observation extrêmement précieux." Une raréfaction du phénomène que scientifiques et croyants attribuent tous deux au changement climatique. "Nous voyons les signes du changement climatique partout dans le monde, et le lac Suwa ne fait pas exception", dit à l'AFP Miyasaka, qui se désespère de revoir "Miwatari". Selon la croyance shintoïste, "Miwatari" est tracé par un dieu traversant le lac pour rendre visite à son épouse. Pour les scientifiques, ce phénomène apparaît lorsque le lac, qui possède une source chaude, gèle entièrement en surface, ce qui nécessite plusieurs jours sous les -10 °C. La chape de glace se contracte et se dilate avec les variations de températures entre la nuit et le jour, ouvrant des fissures qui se remplissent d'éclats d'eau nouvellement gelée. Ces éclats s'entrechoquent en produisant, dans un grondement distinctif, une crête qui peut atteindre plusieurs dizaines de centimètres de haut. Takehiko Mikami se souvient l'avoir vu en 1998. "La surface avait complètement gelé sur environ 15 centimètres d'épaisseur. Nous pouvions traverser le lac à pied", raconte ce professeur émérite de l'Université métropolitaine de Tokyo. Ses recherches montrent que "Miwatari" apparaissait presque chaque hiver jusqu'aux années 1980, mais depuis, les températures matinales tombent rarement suffisamment bas pour que le lac gèle entièrement. "C'est un avertissement de la nature", alerte-t-il. "Mer ouverte" Le 26 janvier dernier, après des semaines d'observations glaciales à l'aube, Miyasaka et ses amis ont cru que "Miwatari" allait se montrer lorsque le lac a entièrement gelé. Las! En quelques jours, la surface avait de nouveau fondu. Et le 4 février, Miyasaka a dû se résoudre: il y avait peu de chances que le dieu apparaisse avant l'année prochaine. Cela porte à huit hivers consécutifs sans apparition, égalant la plus longue période "sans dieu" jamais enregistrée, datant du début du XVIe siècle. Une chose est sûre: le gel intégral du lac est désormais l'exception, alors qu'il était la règle pendant des siècles. Lorsque "Miwatari" apparaît, le prêtre de Yatsurugi célèbre un rituel shinto sur la glace, une cérémonie que Miyasaka n'a pu organiser que 11 fois en plus de quarante ans de service. Pour Mikami, la longue absence divine est un avertissement que "le réchauffement climatique s'accélère". "Si la tendance se poursuit, je crains que nous ne revoyions jamais +Miwatari+", redoute-t-il.

15.02.2026 à 10:41

Interpol face à l'IA, arme redoutable des cybercriminels

FRANCE24
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L'AFP a pu accéder aux locaux high-tech dédiés à la cybercriminalité de l'agence internationale de police à Singapour. Ses experts y passent en revue des montagnes de données pour tenter de contrer la prochaine attaque massive au rançongiciel, ou éviter une nouvelle affaire d'usurpation d'identité. "Je considère l'utilisation de l'IA comme une arme par les cybercriminels (...) comme la menace la plus importante que nous constatons", résume Neal Jetton, directeur de la division cybercriminalité d'Interpol dans la cité-Etat. "Ils l'utilisent partout où ils peuvent", ajoute M. Jetton, détaché par le Secret Service américain, l'unité d'élite chargée notamment de la protection des présidents. Pour écrire des emails d'arnaque plus crédibles, imiter la voix ou reproduire le visage d'une personnalité reconnue pour donner des conseils en investissement fallacieux, l'IA permet aux criminels de sans cesse affiner leurs tactiques. "Cela ne va faire que s'amplifier, il faut donc diffuser le message", prévient Neal Jetton, expliquant que même des escrocs de seconde zone peuvent acquérir des outils de piratage prêts à l'emploi sur le dark web, et que quiconque avec un smartphone est une victime potentielle. "Chat et souris" Les locaux d'Interpol à Singapour sont le deuxième QG de l'agence après celui de Lyon. Ils accueillent le Centre de cyber fusion, plaque tournante du partage de renseignements sur les menaces en ligne entre les 196 membres de l'organisation. Un autre bureau du complexe étudie les menaces émergentes sur internet, tandis qu'un laboratoire sur la criminalité numérique extrait et analyse des données récupérées dans des ordinateurs portables, des téléphones et même des voitures. Un centre de commandement et de coordination, où des yeux avisés scrutent des écrans géants, surveille en temps réel les événements dans le monde entier pendant les heures de service asiatiques. Les experts du renseignement examinent des millions de données, d'adresses web aux divers types de logiciels malveillants en passant par les noms de codes des pirates, autant d'informations qui pourraient aider des enquêtes en cours. Christian Heggen, coordinateur de l'unité de cyber-renseignement, évoque une lutte contre "un vaste écosystème de cybercriminels" qui utilisent "beaucoup de vecteurs d'attaque différents". "Ils sont assez créatifs. C'est tout un marché noir de l'espionnage et de la vente de données volées, d'achat-vente de logiciels malveillants", dit-il. Pour se renforcer, Interpol travaille en collaboration avec des entreprises privées de la finance, de la cybersécurité et de l'analyse de cryptomonnaies. "C'est toujours un jeu du chat et de la souris, en constante évolution. C'est pour cette raison qu'un département comme celui-ci est plutôt important, parce qu'on peut apporter les renseignements et les informations les plus récentes", poursuit M. Heggen. "L'IA n'a pas d'âme" En 2025, le département du cybercrime d'Interpol a coordonné l'"Opération Secure" en Asie, qui a vu 26 pays s'unir pour débrancher plus de 20.000 adresses IP malveillantes et domaines internet liés à des groupes de voleurs de données. Une autre mission, baptisée "Opération Serengeti 2.0", menée en Afrique mais dirigée depuis Singapour, a abouti à l'arrestation par les autorités de 1.209 cybercriminels qui avaient ciblé près de 88.000 victimes. Plus de 97 millions de dollars ont été récupérés. L'agence internationale a aussi soutenu les récents raids contre des centres de cyberarnaque florissant en Asie du Sud-Est via le partage de renseignements et le développement de ressources. Pour le chef du Centre d'innovation de l'agence, Toshinobu Yasuhira, les progrès des deepfakes sont une source croissante d'inquiétude. Mais cet agent détaché de la police nationale japonaise a une autre crainte, d'une tout autre dimension: que l'IA agisse sans contrôle humain. "Devrions-nous arrêter ceux qui programment l'IA, ceux qui l'utilisent, ou devrions-nous arrêter l'IA elle-même ?", s'interroge-t-il. "C'est très difficile, parce que l'IA n'a ni âme, ni coeur". Paulo Noronha, expert en criminalistique numérique, présente certains des outils permettant aux enquêteurs de garder un coup d'avance. Réalité virtuelle, augmentée, quantique... Des technologies parmi les plus avancées, pour une menace en évolution constante, relève ce policier brésilien: "C'est à nous de rester en avance sur les criminels".
Texte intégral (721 mots)
L'AFP a pu accéder aux locaux high-tech dédiés à la cybercriminalité de l'agence internationale de police à Singapour. Ses experts y passent en revue des montagnes de données pour tenter de contrer la prochaine attaque massive au rançongiciel, ou éviter une nouvelle affaire d'usurpation d'identité. "Je considère l'utilisation de l'IA comme une arme par les cybercriminels (...) comme la menace la plus importante que nous constatons", résume Neal Jetton, directeur de la division cybercriminalité d'Interpol dans la cité-Etat. "Ils l'utilisent partout où ils peuvent", ajoute M. Jetton, détaché par le Secret Service américain, l'unité d'élite chargée notamment de la protection des présidents. Pour écrire des emails d'arnaque plus crédibles, imiter la voix ou reproduire le visage d'une personnalité reconnue pour donner des conseils en investissement fallacieux, l'IA permet aux criminels de sans cesse affiner leurs tactiques. "Cela ne va faire que s'amplifier, il faut donc diffuser le message", prévient Neal Jetton, expliquant que même des escrocs de seconde zone peuvent acquérir des outils de piratage prêts à l'emploi sur le dark web, et que quiconque avec un smartphone est une victime potentielle. "Chat et souris" Les locaux d'Interpol à Singapour sont le deuxième QG de l'agence après celui de Lyon. Ils accueillent le Centre de cyber fusion, plaque tournante du partage de renseignements sur les menaces en ligne entre les 196 membres de l'organisation. Un autre bureau du complexe étudie les menaces émergentes sur internet, tandis qu'un laboratoire sur la criminalité numérique extrait et analyse des données récupérées dans des ordinateurs portables, des téléphones et même des voitures. Un centre de commandement et de coordination, où des yeux avisés scrutent des écrans géants, surveille en temps réel les événements dans le monde entier pendant les heures de service asiatiques. Les experts du renseignement examinent des millions de données, d'adresses web aux divers types de logiciels malveillants en passant par les noms de codes des pirates, autant d'informations qui pourraient aider des enquêtes en cours. Christian Heggen, coordinateur de l'unité de cyber-renseignement, évoque une lutte contre "un vaste écosystème de cybercriminels" qui utilisent "beaucoup de vecteurs d'attaque différents". "Ils sont assez créatifs. C'est tout un marché noir de l'espionnage et de la vente de données volées, d'achat-vente de logiciels malveillants", dit-il. Pour se renforcer, Interpol travaille en collaboration avec des entreprises privées de la finance, de la cybersécurité et de l'analyse de cryptomonnaies. "C'est toujours un jeu du chat et de la souris, en constante évolution. C'est pour cette raison qu'un département comme celui-ci est plutôt important, parce qu'on peut apporter les renseignements et les informations les plus récentes", poursuit M. Heggen. "L'IA n'a pas d'âme" En 2025, le département du cybercrime d'Interpol a coordonné l'"Opération Secure" en Asie, qui a vu 26 pays s'unir pour débrancher plus de 20.000 adresses IP malveillantes et domaines internet liés à des groupes de voleurs de données. Une autre mission, baptisée "Opération Serengeti 2.0", menée en Afrique mais dirigée depuis Singapour, a abouti à l'arrestation par les autorités de 1.209 cybercriminels qui avaient ciblé près de 88.000 victimes. Plus de 97 millions de dollars ont été récupérés. L'agence internationale a aussi soutenu les récents raids contre des centres de cyberarnaque florissant en Asie du Sud-Est via le partage de renseignements et le développement de ressources. Pour le chef du Centre d'innovation de l'agence, Toshinobu Yasuhira, les progrès des deepfakes sont une source croissante d'inquiétude. Mais cet agent détaché de la police nationale japonaise a une autre crainte, d'une tout autre dimension: que l'IA agisse sans contrôle humain. "Devrions-nous arrêter ceux qui programment l'IA, ceux qui l'utilisent, ou devrions-nous arrêter l'IA elle-même ?", s'interroge-t-il. "C'est très difficile, parce que l'IA n'a ni âme, ni coeur". Paulo Noronha, expert en criminalistique numérique, présente certains des outils permettant aux enquêteurs de garder un coup d'avance. Réalité virtuelle, augmentée, quantique... Des technologies parmi les plus avancées, pour une menace en évolution constante, relève ce policier brésilien: "C'est à nous de rester en avance sur les criminels".

15.02.2026 à 10:31

Conférence de Munich : Marco Rubio tente de rassurer les Européens

FRANCE24
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Anne Corpet est à Munich.
Texte intégral (721 mots)
Anne Corpet est à Munich.

15.02.2026 à 10:31

En Inde, l'Etat de l'Andhra Pradesh se rêve en capitale de l'IA

FRANCE24
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Diplômé de l'université américaine de Stanford, le "ministre" des Technologies de l'information de l'Etat, Nara Lokesh, savoure la réussite en connaisseur. "La révolution de l'IA a lieu ici, c'est une évidence", se réjouit-il lors d'un entretien accordé à l'AFP dans la capitale New Delhi. "En tant que pays et plus encore en tant qu'Etat, nous avons décidé de nous l'approprier". Jusque-là plutôt connu pour son agriculture, l'Andhra Pradesh a gagné ses galons de futur "hub" technologique à la faveur de deux annonces fracassantes. En octobre, c'est d'abord Google qui a annoncé l'installation à Visakhapatnam de son plus gros centre de données hors territoire américain. A la clé, 15 milliards d'investissements en cinq ans. Un mois plus tard, c'était au tour de l'Indien Reliance Industries, en coopération avec le Canadien Brookfield et l'Américain Digital Realty, de faire de même dans la même ville, pour 11 milliards de dollars. "Notre Etat a reçu près d'un quart de tous les investissements étrangers directs faits en Inde l'an dernier", salive Nara Lokesh. Le ministre a recensé 760 projets tous secteurs confondus, d'un montant de 175 milliards de dollars. Idéalement placés le long de la côte, tout près des câbles sous-marins qui desservent Singapour, le port de Visakhapatnam et ses 2 millions d'habitants seront le coeur du projet, annonce-t-il. "Démographie" "Un écosystème d'un rayon d'une centaine de kilomètres", que le ministre a déjà rebaptisé "Cyberabad". Dans le reste de l'Inde, les projets liés à l'IA et aux nouvelles technologies ont plu avec la même persistance l'an dernier. Microsoft et Amazon, entre autres champions du secteur, ont promis d'y développer des infrastructures pour 52,5 milliards de dollars supplémentaires. Loin derrière les Etats-Unis et la Chine, l'Inde veut rattraper son retard, riche de son milliard d'internautes. Elle s'est notamment lancée dans un plan ambitieux de fabrication de semi-conducteurs, dix projets d'une valeur annoncée de 18 milliards de dollars. Son Premier ministre Narendra Modi doit vanter ses efforts ce mois-ci lors d'un sommet à New Delhi. Nara Lokesh est convaincu des atouts de son pays dans la course à l'IA. "L'Inde a l'avantage de sa démographie, elle dispose du plus grand réservoir d'utilisateurs de technologies (...) et de la stabilité politique incarnée par le Premier ministre Modi", énumère-t-il. "Tout ça place l'Inde en très bonne position dans la compétition mondiale", insiste le ministre. Et de souligner que par sa seule taille, son pays peut traiter et exporter des données "à des prix incomparables". Pour attirer la crème de la Silicon Valley, les autorités de l'Andhra Pradesh ont livré à leurs concurrentes indiennes une guerre féroce. Devant ceux qui offraient des exemptions d'impôts ou des tarifs de l'énergie préférentiels, l'Etat s'est imposé en bradant aux investisseurs le prix des terrains requis pour leurs installations à... un centime symbolique. "Garde-fous" "Cela nous a permis de faire la différence", se frotte les mains Nara Lokesh, assurant que les futurs emplois balaieront aisément ces largesses foncières. D'un même revers de main, il écarte les inquiétudes sur les immenses besoins en énergie et en eau des centres de données géants que son Etat s'apprête à accueillir. Le ministre assure qu'ils seront refroidis avec l'eau des moussons et que trois des six contrats de fourniture d'électricité prévus sont déjà signés. L'Etat central a lui-même approuvé la construction en Andhra Pradesh de 6 réacteurs nucléaires de 1,2 gigawatt de puissance. Avec la même assurance, il dit ne pas s'inquiéter de la menace que fait peser l'IA sur l'emploi. "Chaque révolution industrielle a toujours créé plus d'emplois qu'elle n'en a détruits", note-t-il, "et elle les a créés dans les pays qui avaient embrassé ces révolutions". Et si Nara Lokesh concède la nécessité d'encadrer l'utilisation de l'IA de "quelques garde-fous", il avertit que "la régulation ne doit pas étrangler l'innovation". Non, vraiment, rien ne doit entraver la marche en avant de l'Inde dans la révolution qui vient, insiste-t-il. "La seule raison" pour laquelle Google et les autres ont jeté leur dévolu sur son Etat, estime le ministre, "c'est la rapidité avec laquelle nous sommes capables de les mettre en œuvre sur le terrain". "Nous y parviendrons", répète Nara Lokesh, "à un rythme que le pays n'a encore jamais vu".
Texte intégral (747 mots)
Diplômé de l'université américaine de Stanford, le "ministre" des Technologies de l'information de l'Etat, Nara Lokesh, savoure la réussite en connaisseur. "La révolution de l'IA a lieu ici, c'est une évidence", se réjouit-il lors d'un entretien accordé à l'AFP dans la capitale New Delhi. "En tant que pays et plus encore en tant qu'Etat, nous avons décidé de nous l'approprier". Jusque-là plutôt connu pour son agriculture, l'Andhra Pradesh a gagné ses galons de futur "hub" technologique à la faveur de deux annonces fracassantes. En octobre, c'est d'abord Google qui a annoncé l'installation à Visakhapatnam de son plus gros centre de données hors territoire américain. A la clé, 15 milliards d'investissements en cinq ans. Un mois plus tard, c'était au tour de l'Indien Reliance Industries, en coopération avec le Canadien Brookfield et l'Américain Digital Realty, de faire de même dans la même ville, pour 11 milliards de dollars. "Notre Etat a reçu près d'un quart de tous les investissements étrangers directs faits en Inde l'an dernier", salive Nara Lokesh. Le ministre a recensé 760 projets tous secteurs confondus, d'un montant de 175 milliards de dollars. Idéalement placés le long de la côte, tout près des câbles sous-marins qui desservent Singapour, le port de Visakhapatnam et ses 2 millions d'habitants seront le coeur du projet, annonce-t-il. "Démographie" "Un écosystème d'un rayon d'une centaine de kilomètres", que le ministre a déjà rebaptisé "Cyberabad". Dans le reste de l'Inde, les projets liés à l'IA et aux nouvelles technologies ont plu avec la même persistance l'an dernier. Microsoft et Amazon, entre autres champions du secteur, ont promis d'y développer des infrastructures pour 52,5 milliards de dollars supplémentaires. Loin derrière les Etats-Unis et la Chine, l'Inde veut rattraper son retard, riche de son milliard d'internautes. Elle s'est notamment lancée dans un plan ambitieux de fabrication de semi-conducteurs, dix projets d'une valeur annoncée de 18 milliards de dollars. Son Premier ministre Narendra Modi doit vanter ses efforts ce mois-ci lors d'un sommet à New Delhi. Nara Lokesh est convaincu des atouts de son pays dans la course à l'IA. "L'Inde a l'avantage de sa démographie, elle dispose du plus grand réservoir d'utilisateurs de technologies (...) et de la stabilité politique incarnée par le Premier ministre Modi", énumère-t-il. "Tout ça place l'Inde en très bonne position dans la compétition mondiale", insiste le ministre. Et de souligner que par sa seule taille, son pays peut traiter et exporter des données "à des prix incomparables". Pour attirer la crème de la Silicon Valley, les autorités de l'Andhra Pradesh ont livré à leurs concurrentes indiennes une guerre féroce. Devant ceux qui offraient des exemptions d'impôts ou des tarifs de l'énergie préférentiels, l'Etat s'est imposé en bradant aux investisseurs le prix des terrains requis pour leurs installations à... un centime symbolique. "Garde-fous" "Cela nous a permis de faire la différence", se frotte les mains Nara Lokesh, assurant que les futurs emplois balaieront aisément ces largesses foncières. D'un même revers de main, il écarte les inquiétudes sur les immenses besoins en énergie et en eau des centres de données géants que son Etat s'apprête à accueillir. Le ministre assure qu'ils seront refroidis avec l'eau des moussons et que trois des six contrats de fourniture d'électricité prévus sont déjà signés. L'Etat central a lui-même approuvé la construction en Andhra Pradesh de 6 réacteurs nucléaires de 1,2 gigawatt de puissance. Avec la même assurance, il dit ne pas s'inquiéter de la menace que fait peser l'IA sur l'emploi. "Chaque révolution industrielle a toujours créé plus d'emplois qu'elle n'en a détruits", note-t-il, "et elle les a créés dans les pays qui avaient embrassé ces révolutions". Et si Nara Lokesh concède la nécessité d'encadrer l'utilisation de l'IA de "quelques garde-fous", il avertit que "la régulation ne doit pas étrangler l'innovation". Non, vraiment, rien ne doit entraver la marche en avant de l'Inde dans la révolution qui vient, insiste-t-il. "La seule raison" pour laquelle Google et les autres ont jeté leur dévolu sur son Etat, estime le ministre, "c'est la rapidité avec laquelle nous sommes capables de les mettre en œuvre sur le terrain". "Nous y parviendrons", répète Nara Lokesh, "à un rythme que le pays n'a encore jamais vu".

15.02.2026 à 10:29

Orban promet de "balayer" les "pseudo-organisations de la société civile"

FRANCE24
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Le Premier ministre hongrois Viktor Orban s'est engagé samedi à poursuivre son offensive contre les "pseudo-organisations civiles, les journalistes, les juges et les politiciens achetés", misant sur une victoire aux élections législatives d'avril.
Texte intégral (747 mots)
Le Premier ministre hongrois Viktor Orban s'est engagé samedi à poursuivre son offensive contre les "pseudo-organisations civiles, les journalistes, les juges et les politiciens achetés", misant sur une victoire aux élections législatives d'avril.
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