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09.02.2026 à 13:05

Thaïlande: revers historique pour le Pheu Thai, des interrogations sur l'avenir du parti

FRANCE24
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Le Pheu Thai, dernière incarnation de l'organisation fondée par le milliardaire des télécommunications Thaksin, a terminé loin derrière, en troisième position, lors du scrutin de dimanche, selon les chiffres préliminaires de la commission électorale. Plusieurs facteurs ont contribué à son affaiblissement, selon les analystes : la condamnation de son fondateur pour corruption, la gestion maladroite par sa fille Paetongtarn du conflit frontalier avec le Cambodge et la mainmise du parti par la famille fondatrice. Les Shinawatra ont produit pas moins de quatre Premiers ministres depuis le début du siècle, le dernier candidat du Pheu Thai pour ce poste, le professeur de génie biomédical Yodchanan Wongsawat, étant le neveu de Thaksin. Pipat Saeteaw, un retraité de 72 ans vivant à Bangkok, était autrefois un fervent partisan du Pheu Thai et des Shinawatras. "J'aimais Thaksin. J'aimais vraiment le programme de soins universels à 30 bahts de son gouvernement, que j'utilise encore aujourd'hui", a-t-il déclaré à l'AFP lundi. "Mais pourquoi Thaksin a-t-il fui et n'est-il pas revenu pour affronter la justice ? Maintenant, il amène son enfant et son neveu en politique. Je ne suis pas d'accord avec ça", ajoute-il, en assurant ne plus voter Pheu Thai. Le parti a été laminé dans la province natale de Thaksin, Chiang Mai, l'un de ses bastions traditionnels, où il a perdu pour la première fois tous les circonscriptions, ont reconnu des responsables du parti. C'est une chute spectaculaire après que Thaksin a marqué l'histoire de la politique thaïlandaise dans les années 2000: premier Premier ministre à terminer un mandat complet, premier à être réélu, et premier à obtenir une majorité absolue. "C'est la voix du peuple que nous devons respecter. Donc nous acceptons le résultat", a déclaré Julapun Amornvivat, l'une des figures du parti, aux journalistes. Certains observateurs s'interrogent pour savoir si cela pourrait marquer la fin de la dynastie Shinawatra, mais le Pheu Thai pourrait néanmoins intégrer la coalition au pouvoir, en vue de revenir sur la scène politique. "Pour les prochaines années, Thaksin, c'est fini", explique à l'AFP Paul Chambers, chercheur associé principal à l'ISEAS-Yusof Ishak Institute de Singapour. -"Rien n'est fini"- Mais l'expert a avertit toutefois: "Rien n'est jamais +fini+ en Thaïlande". La croissance économique de cette nation d'Asie du Sud-Est est anémique, et il pourrait encore y avoir une opportunité pour le Pheu Thai à l'avenir "si l'économie continue de se dégrader", ajoute-t-il. Thaksin a été élu pour la première fois Premier ministre en 2001 sur la base de promesses populistes de prospérité pour les populations rurales. En quelques années, il a contribué à relancer l'économie, en déclin depuis la crise financière asiatique de 1997. Mais il a ensuite été renversé par un coup d'État militaire et a fui le pays, ne revenant en Thaïlande qu'en 2023, alors que son parti formait un gouvernement, ensuite dirigé par Paetongtarn Shinawatra. Celle-ci a été destituée par la Cour constitutionnelle en août 2025 après des propos jugés trop révérencieux à l'endroit d'un ancien dirigeant du Cambogde, alors que les combats avaient éclaté le mois précédent à la frontière entre les deux pays. Elle a été remplacée par Anutin Charnvirakul, dont le parti Bhumjaithai a remporté une victoire écrasante lors des élections dimanche. Il dispose de plusieurs options pour former une coalition, y compris avec le Pheu Thai, mais les analystes de BMI, filiale de Fitch Solutions, estiment que cette combinaison est désormais moins probable. "Un partenariat serait probablement instable, compte tenu des hostilités ouvertes dans le passé", a noté BMI dans une note de perspective. Avant le scrutin, certains observateurs prédisaient qu'en plus d'un accord politique, Thaksin pourrait être libéré plus tôt que prévu de sa peine d'un an de prison pour corruption. Mais Punchada Sirivunnabood, professeure de sciences politiques à l'Université Mahidol, a souligné que Thaksin était éligible à la libération conditionnelle dès mai, indépendamment de tout accord. "Je ne pense pas que ce soit la fin pour les Shinawatras", a-t-elle estimé.

09.02.2026 à 12:33

La littérature d'Haïti séduit toujours en France

FRANCE24
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"La situation sécuritaire est vraiment terrible à Port-au-Prince, mais elle n'empêche pas une certaine effervescence créatrice", témoigne l'écrivain Lyonel Trouillot. De passage à Paris pour présenter son nouveau livre "Bréviaire des anonymes" (Actes Sud), le romancier de 69 ans habite toujours la capitale haïtienne, au contraire de nombreux intellectuels ayant choisi l'exil. "Haïti a besoin de voix qui osent parler haut et fort de la situation", ajoute Lyonel Trouillot, à la fois romancier, poète, journaliste et professeur de littérature française, dans un entretien à l'AFP. Dans "Bréviaire des anonymes", il donne la parole à des habitants ordinaires d'une petite ville côtière où vient s'installer le narrateur, un jeune homme indécis, envoyé par son oncle ministre inventorier une riche bibliothèque. S'entremêlent les récits d'une jeune femme bossue, d'un patron de bar esseulé et d'un ex-écolier talentueux mais malchanceux. Lyonel Trouillot a relié les destins de ces personnages qui "luttent contre l'oubli" dans une société haïtienne demeurant "extrêmement inégalitaire" et écartelée entre gangs et sectes évangélistes. Pour lui, les oeuvres des écrivains et poètes haïtiens sont "très diverses sur la forme, mais partagent une même conscience sociale", marquée notamment par la défiance vis-à-vis de l'Etat et des institutions internationales. "Nomade enraciné" Le poète James Noël rend ainsi hommage à "la résistance lumineuse" du peuple haïtien dans "Paons" (Au diable vauvert), un recueil de textes évoquant les gangs armés et la capitulation des autorités, mais aussi la beauté qui subsiste. Dans "Fais du feu" (Mémoire d'encrier), Rodney Saint-Eloi veut célébrer, "dans un monde incendié", les "choses simples" comme l'acte d'allumer un feu. Ces auteurs se placent dans la lignée de l'un des plus célèbres poètes haïtiens, René Depestre, dont le centenaire en août prochain est célébré par la sortie d'une anthologie, "Rage de vivre" (Seghers). Vivant en exil depuis 1946, l'auteur multi-primé se présente comme "un nomade enraciné partout" après avoir combattu la dictature et rejoint le Cuba de Fidel Castro avant de quitter l'île et de s'installer dans le sud de la France. Parmi les écrivains reconnus figure aussi Yanick Lahens, récompensée en octobre par le Prix du roman de l'Académie française pour "Passagères de nuit" (Sabine Wespieser), un hommage à deux de ses aïeules ayant lutté pour leur liberté et contre l'esclavage au XIXe siècle. Egalement poète et romancier, Louis-Philippe Dalembert, 63 ans, sort un roman autobiographique, "Je n'ai jamais dit papa" (Robert Laffont), une longue lettre au père qu'il n'a pas connu, ayant disparu alors que Haïti était sous le joug de la dictature de François Duvalier, surnommé "Papa Doc". Plus charnel et fantasque, Néhémy Pierre-Dahomey raconte dans "L'ordre immuable des choses" (Seuil) les premiers émois sexuels d'un jeune Haïtien.

09.02.2026 à 12:29

Eramet: "enquête indépendante" sur des "pratiques de management", le directeur financier suspendu

FRANCE24
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Le directeur financier, qui a rejoint le groupe en septembre 2025, a été "dispensé temporairement d'activité" pour "le bon déroulement de l'enquête indépendante, initiée à la suite d'un signalement émanant de plusieurs collaborateurs", déclare Eramet dans un communiqué. L'entreprise précise que "cette situation est sans lien" avec le départ de son directeur général Paulo Castellari, annoncé tout début février. Eramet, qui publiera ses résultats annuels pour 2025 le 18 février, précise avoir mis en place une "organisation temporaire" pour "assurer la supervision de sa direction financière", à la suite de la "dispense d'activité temporaire" d'Abel Martins-Alexandre. A la Bourse de Paris, le titre Eramet chutait lundi de 8,01% à 62,60 euros, dans un marché stable (-0,04%) vers 12H10, heure de Paris (11H10 GMT). Le départ du directeur général, en fonction depuis mai 2025, avait été décidé par le conseil d'administration pour "divergences avec ce dernier sur les modes de fonctionnement", avait indiqué l'entreprise début février. La présidente du conseil d'administration Christel Bories, PDG du groupe avant l'arrivée de M. Castellari, a repris la fonction de directrice générale, "pour une période intérimaire" en attendant l'arrivée d'un nouveau DG. Le départ de M. Castellari "ne modifie absolument pas la stratégie" d'Eramet, qui avait annoncé début décembre un programme destiné à améliorer sa rentabilité dans les deux ans, pour "faire face aux conditions de marché difficiles et créer de la valeur". Sur les six premiers mois de l'année, le groupe avait enregistré une perte nette de 152 millions d'euros, pour 1,4 milliard d'euros de chiffre d'affaires. L'entreprise produit du manganèse, utile pour la fabrication d'alliages, du nickel qui sert à faire de l'acier inoxydable et des batteries rechargeables, des sables minéralisés et, depuis fin 2024, du lithium également utilisé dans les batteries électriques.

09.02.2026 à 12:27

Le prince William en Arabie saoudite pour trois jours, une visite assombrie par l'affaire Epstein

FRANCE24
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Alors que l'héritier de la couronne s'apprêtait à partir pour Ryad, ses services ont, pour la première fois depuis qu'un nouveau lot de documents sur l'affaire Epstein a été diffusé fin janvier, publié un bref communiqué soulignant que William et son épouse Kate étaient "profondément préoccupés par les révélations qui se succèdent". Le communiqué ne mentionne pas Andrew directement, mais l'affaire a déjà valu au frère du roi Charles III d'être déchu de tous ses titres royaux et de devoir quitter sa résidence de Windsor. Les documents le concernant, qui émergent au compte-gouttes, n'ont fait qu'alimenter les soupçons sur son implication dans le vaste réseau de trafic sexuel dont bénéficiait Jeffrey Epstein. Lundi, il est aussi apparu qu'Andrew pourrait avoir transmis au pédocriminel et financier américain des informations potentiellement confidentielles lorsqu'il était envoyé spécial au Commerce, entre 2001 et 2011. Dans ces conditions, William, de plus en plus visible à l'international, pourrait peiner à se concentrer sur les objectifs affichés de ce voyage. Dès son arrivée, il doit retrouver le prince héritier Mohammed ben Salmane pour une visite privée du site classé d'At-Turaif, avant de s'entretenir avec lui. Mardi, William doit visiter un programme de rénovation urbaine durable à Ryad, et échanger avec des universitaires sur la transition énergétique dans le pays. Il rencontrera également de jeunes femmes élèves d'un centre d'entrainement de football, avant d'assister à un tournoi de e-sport. Enfin, il visitera mercredi une réserve naturelle et une ferme durable dans l'oasis d'Alula, situé dans le nord-ouest du pays, selon le programme dévoilé par ses services. Long terme Cette visite intervient dans le cadre d'une intensification des relations diplomatiques entre Londres et Ryad, après les frictions nées de l'assassinat en 2018 du journaliste dissident Jamal Khashoggi au consulat d'Arabie saoudite à Istanbul. Les services secrets américains ont pointé la responsabilité directe de Mohammed ben Salmane et en 2020, Londres avait sanctionné 20 Saoudiens soupçonnés d'avoir été impliqués. Le Premier ministre britannique Keir Starmer s'est déjà rendu en décembre 2024 dans la monarchie conservatrice, suivi de son ministre des Affaires étrangères d'alors, David Lammy, en janvier 2025, puis de sa ministre des Finances Rachel Reeves en octobre dernier. Les familles royales saoudiennes et britanniques partagent aussi de longue date des relations chaleureuses et la visite de William est, pour Londres, une tentative de "capitaliser sur cette fraternité royale", souligne Simon Mabon, professeur de relations internationales à l'université de Lancaster. En envoyant "le futur roi", le gouvernement britannique souligne qu'il "voit (cette relation) comme une priorité stratégique de long terme", ajoute-t-il à l'AFP. Londres négocie actuellement un accord commercial avec le Conseil de coopération du Golfe (CCG), qui regroupe les six États de la région, dont l'Arabie saoudite. Et la monarchie pétrolière a évoqué son intérêt pour rejoindre le programme du futur avion de combat (GCAP) développé par le Royaume-Uni, l'Italie et le Japon, et amené à remplacer vers 2035 les Eurofighter italiens et britanniques. Si l'exercice s'annonce difficile pour William, le prince de 43 ans a déjà montré qu'il avait des talents diplomatiques, notamment lors de sa rencontre, largement saluée, avec le président américain Donald Trump à Paris en 2024, souligne l'expert royal Richard Fitzwilliams. "Il est très à l'aise sur la scène diplomatique, ce qui est primordial", soulignait-il avant la visite.

09.02.2026 à 12:00

Le résistant Marc Bloch entrera au Panthéon le 23 juin

FRANCE 24
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La date de l'entrée au Panthéon de Marc Bloch au Panthéon est désormais connue. Elle aura lieu le 23 juin prochain, a annoncé dimanche l'entourage d'Emmanuel Macron. Le chef de l'État avait annoncé en novembre dernier la panthéonisation de cet historien, résistant et intellectuel engagé exécuté par la Gestapo, lors des 80 ans de la libération de Strasbourg.
Texte intégral (579 mots)
La date de l'entrée au Panthéon de Marc Bloch au Panthéon est désormais connue. Elle aura lieu le 23 juin prochain, a annoncé dimanche l'entourage d'Emmanuel Macron. Le chef de l'État avait annoncé en novembre dernier la panthéonisation de cet historien, résistant et intellectuel engagé exécuté par la Gestapo, lors des 80 ans de la libération de Strasbourg.

09.02.2026 à 11:53

"Mon intention n'était pas de la mettre en difficulté": en appel, la professeure d'Evaëlle nie tout harcèlement

FRANCE24
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"Il m'arrivait de répondre sèchement à des élèves mais je n'ai jamais ciblé un élève en particulier", a déclaré très calmement à la barre la professeure de français d'Evaëlle, vêtue d'un tailleur marron à rayures. A plusieurs reprises, l'enseignante, aujourd'hui à la retraite, a maintenu sa version des faits: "Mon intention n'était pas de la mettre en difficulté mais de l'aider au contraire". "Oui, je lui ai fait des remarques sur son travail, sur le fait qu'elle faisait autre chose pendant la classe, mais comme je le faisais avec d'autres élèves", a-t-elle poursuivi. "Pire journée" Evaëlle, une élève décrite comme précoce, atypique et ayant du mal à entrer dans le moule, s'est pendue dans sa chambre du pavillon familial à Herblay (Val-d'Oise) en juin 2019. Victime de violences et d'insultes de la part de ses camarades, elle faisait face à des tensions avec sa professeure de français. Elle était rentrée un jour bouleversée chez elle après une journée au collège où l'enseignante avait demandé à tous les élèves de la classe de répondre à la question: "Pourquoi Evaëlle se sent-elle harcelée et exclue?". Face à ses pleurs, l'enseignante s'était énervée et lui avait intimé de répondre aux questions. A ses parents, Evaëlle avait évoqué la "pire journée de (sa) vie". "La mettre au centre de cette séance de vie de classe, vous pensiez que ça allait pouvoir bien se passer?", interroge la présidente de la cour d'appel, interloquée par la méthode de l'enseignante. "Ecoutez, il y a eu des avancées je pense, le but c'était de résoudre les problèmes entre élèves", a-t-elle justifié. -"Elle s'en prend aux faibles"- Pendant de longues minutes, la professeure de français a écouté les nombreuses déclarations des élèves de 6eE, entendus pendant l'enquête et lues à l'audience. Un enfant avait déclaré que l'enseignante "faisait beaucoup de remarques à Evaëlle, elle lui criait souvent dessus". "C'était contre Evaëlle tout le temps, je pense qu'elle s'en prend aux faibles", avait mentionné une autre camarade de classe. Au premier rang, les parents d'Evaëlle écoutent ces récits qu'ils connaissent par coeur, sans quitter des yeux la prévenue. A leurs côtés, deux lycéens qui ont également porté plainte pour harcèlement contre l'enseignante pour son comportement envers eux alors qu'ils étaient en classe de 6e, la même année qu'Evaëlle. "Il faut que la justice fasse son travail qui est de désigner un coupable et de montrer qu'elle peut protéger les personnes qui sont victimes du harcèlement d'un professeur", a déclaré à la presse la mère d'Evaëlle à son arrivée à la cour d'appel de Versailles. En avril 2025, la professeure de français a été relaxée au terme d'un procès éprouvant à Pontoise (Val-d'Oise). Le tribunal avait estimé que les éléments retenus contre l'enseignante étaient jugés "discordants, indirects, peu précis " ou relevant simplement de " comportements appropriés et légitimes pour l’exercice de l’autorité d’un enseignant en classe ". Le ministère public, qui avait requis 18 mois de prison avec sursis contre la professeure d'Evaëlle, avait fait appel du jugement. Le procès en appel doit se poursuivre avec le témoignage des parents de la collégienne décédée et d'experts en harcèlement scolaire. Depuis une loi de mars 2022, le harcèlement scolaire est reconnu comme un délit.
Texte intégral (601 mots)
"Il m'arrivait de répondre sèchement à des élèves mais je n'ai jamais ciblé un élève en particulier", a déclaré très calmement à la barre la professeure de français d'Evaëlle, vêtue d'un tailleur marron à rayures. A plusieurs reprises, l'enseignante, aujourd'hui à la retraite, a maintenu sa version des faits: "Mon intention n'était pas de la mettre en difficulté mais de l'aider au contraire". "Oui, je lui ai fait des remarques sur son travail, sur le fait qu'elle faisait autre chose pendant la classe, mais comme je le faisais avec d'autres élèves", a-t-elle poursuivi. "Pire journée" Evaëlle, une élève décrite comme précoce, atypique et ayant du mal à entrer dans le moule, s'est pendue dans sa chambre du pavillon familial à Herblay (Val-d'Oise) en juin 2019. Victime de violences et d'insultes de la part de ses camarades, elle faisait face à des tensions avec sa professeure de français. Elle était rentrée un jour bouleversée chez elle après une journée au collège où l'enseignante avait demandé à tous les élèves de la classe de répondre à la question: "Pourquoi Evaëlle se sent-elle harcelée et exclue?". Face à ses pleurs, l'enseignante s'était énervée et lui avait intimé de répondre aux questions. A ses parents, Evaëlle avait évoqué la "pire journée de (sa) vie". "La mettre au centre de cette séance de vie de classe, vous pensiez que ça allait pouvoir bien se passer?", interroge la présidente de la cour d'appel, interloquée par la méthode de l'enseignante. "Ecoutez, il y a eu des avancées je pense, le but c'était de résoudre les problèmes entre élèves", a-t-elle justifié. -"Elle s'en prend aux faibles"- Pendant de longues minutes, la professeure de français a écouté les nombreuses déclarations des élèves de 6eE, entendus pendant l'enquête et lues à l'audience. Un enfant avait déclaré que l'enseignante "faisait beaucoup de remarques à Evaëlle, elle lui criait souvent dessus". "C'était contre Evaëlle tout le temps, je pense qu'elle s'en prend aux faibles", avait mentionné une autre camarade de classe. Au premier rang, les parents d'Evaëlle écoutent ces récits qu'ils connaissent par coeur, sans quitter des yeux la prévenue. A leurs côtés, deux lycéens qui ont également porté plainte pour harcèlement contre l'enseignante pour son comportement envers eux alors qu'ils étaient en classe de 6e, la même année qu'Evaëlle. "Il faut que la justice fasse son travail qui est de désigner un coupable et de montrer qu'elle peut protéger les personnes qui sont victimes du harcèlement d'un professeur", a déclaré à la presse la mère d'Evaëlle à son arrivée à la cour d'appel de Versailles. En avril 2025, la professeure de français a été relaxée au terme d'un procès éprouvant à Pontoise (Val-d'Oise). Le tribunal avait estimé que les éléments retenus contre l'enseignante étaient jugés "discordants, indirects, peu précis " ou relevant simplement de " comportements appropriés et légitimes pour l’exercice de l’autorité d’un enseignant en classe ". Le ministère public, qui avait requis 18 mois de prison avec sursis contre la professeure d'Evaëlle, avait fait appel du jugement. Le procès en appel doit se poursuivre avec le témoignage des parents de la collégienne décédée et d'experts en harcèlement scolaire. Depuis une loi de mars 2022, le harcèlement scolaire est reconnu comme un délit.

09.02.2026 à 11:51

IA: le nouveau modèle de création de vidéo de Bytedance envahit les réseaux

FRANCE24
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Bytedance, connue comme créatrice du réseau social TikTok, est aussi un acteur majeur de l'IA en Chine, la deuxième économie mondiale. Son nouveau modèle de création de vidéo, baptisé Seedance 2.0, a été lancé en mode de test limité en Chine — mais des images synthétiques hyperréalistes inondent déjà les réseaux sociaux du monde entier. Le cabinet de conseil CTOL Digital Solutions, basé en Suisse, l’a salué comme "le modèle de génération vidéo par IA le plus avancé disponible... surpassant Sora 2 d’OpenAI et Veo 3.1 de Google lors de tests pratiques". Il "représente un changement fondamental dans les capacités de génération vidéo — non seulement en termes de qualité visuelle, mais aussi en automatisant le jugement éditorial auparavant réservé aux professionnels formés", a-t-il indiqué. L’engouement a fait grimper les actions des entreprises chinoises du divertissement et du jeu vidéo lundi, avec notamment une hausse de 20% pour l’éditeur COL Group et de 10% pour Shanghai Film Co, selon Bloomberg News. De longues scènes de combat de fantasy façon blockbuster et des plans avec zoom plongeant dévoilant des surfaces détaillées figuraient parmi les clips publiés en ligne par les utilisateurs. Certains les ont comparés aux productions de l’application texte-vers-vidéo Sora 2 d’OpenAI, qui a suscité l’an dernier des inquiétudes en matière de droit d’auteur pour sa représentation de personnages issus de célèbres dessins animés et jeux comme South Park et Pokémon. "Cette catégorie évolue incroyablement vite. Et la Chine semble en tête", a commenté Iñaki Berenguer, du fonds de capital-risque LifeX. "C’est incroyable ce qu’on peut créer avec de simples prompts (scènes, multi-plans, effets sonores, voix…)", a-t-il dit, en référence aux vidéos Seedance. ByteDance a récemment évité une interdiction de TikTok aux Etats-Unis pour des raisons de sécurité nationale, où l’application compte 200 millions d’utilisateurs. Il y a un peu plus de deux semaines, TikTok a annoncé avoir créé une coentreprise majoritairement détenue par des Américains pour exploiter ses activités aux États-Unis. ByteDance a conservé une participation de 19,9 % dans la coentreprise, maintenant sa part en dessous du seuil de 20% stipulé par la loi. Trois investisseurs — Silver Lake, Oracle et MGX, un fonds d’investissement en IA basé à Abou Dhabi — détiennent chacun 15%. Le président exécutif d’Oracle, Larry Ellison, est un allié de longue date du président américain Donald Trump.
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Bytedance, connue comme créatrice du réseau social TikTok, est aussi un acteur majeur de l'IA en Chine, la deuxième économie mondiale. Son nouveau modèle de création de vidéo, baptisé Seedance 2.0, a été lancé en mode de test limité en Chine — mais des images synthétiques hyperréalistes inondent déjà les réseaux sociaux du monde entier. Le cabinet de conseil CTOL Digital Solutions, basé en Suisse, l’a salué comme "le modèle de génération vidéo par IA le plus avancé disponible... surpassant Sora 2 d’OpenAI et Veo 3.1 de Google lors de tests pratiques". Il "représente un changement fondamental dans les capacités de génération vidéo — non seulement en termes de qualité visuelle, mais aussi en automatisant le jugement éditorial auparavant réservé aux professionnels formés", a-t-il indiqué. L’engouement a fait grimper les actions des entreprises chinoises du divertissement et du jeu vidéo lundi, avec notamment une hausse de 20% pour l’éditeur COL Group et de 10% pour Shanghai Film Co, selon Bloomberg News. De longues scènes de combat de fantasy façon blockbuster et des plans avec zoom plongeant dévoilant des surfaces détaillées figuraient parmi les clips publiés en ligne par les utilisateurs. Certains les ont comparés aux productions de l’application texte-vers-vidéo Sora 2 d’OpenAI, qui a suscité l’an dernier des inquiétudes en matière de droit d’auteur pour sa représentation de personnages issus de célèbres dessins animés et jeux comme South Park et Pokémon. "Cette catégorie évolue incroyablement vite. Et la Chine semble en tête", a commenté Iñaki Berenguer, du fonds de capital-risque LifeX. "C’est incroyable ce qu’on peut créer avec de simples prompts (scènes, multi-plans, effets sonores, voix…)", a-t-il dit, en référence aux vidéos Seedance. ByteDance a récemment évité une interdiction de TikTok aux Etats-Unis pour des raisons de sécurité nationale, où l’application compte 200 millions d’utilisateurs. Il y a un peu plus de deux semaines, TikTok a annoncé avoir créé une coentreprise majoritairement détenue par des Américains pour exploiter ses activités aux États-Unis. ByteDance a conservé une participation de 19,9 % dans la coentreprise, maintenant sa part en dessous du seuil de 20% stipulé par la loi. Trois investisseurs — Silver Lake, Oracle et MGX, un fonds d’investissement en IA basé à Abou Dhabi — détiennent chacun 15%. Le président exécutif d’Oracle, Larry Ellison, est un allié de longue date du président américain Donald Trump.

09.02.2026 à 11:45

Japon: nouvel essai de redémarrage de la plus grande centrale nucléaire du monde

FRANCE24
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"A 14H00, nous avons procédé au retrait des barres de contrôle du réacteur N°6 de la centrale nucléaire de Kashiwazaki-Kariwa, mettant ainsi le réacteur en marche", a indiqué Tokyo Electric Power Company (Tepco) dans un communiqué. Les opérations pour relancer la centrale, à l'arrêt depuis la catastrophe de Fukushima en 2011, avaient commencé le 21 janvier. Mais ce redémarrage avait été interrompu quelques heures seulement après le début du processus en raison du déclenchement d'une alarme. En raison d'une erreur de configuration, l'alarme avait détecté de légères variations du courant électrique dans un câble, bien qu'elles soient restées dans une plage jugée sûre, avait annoncé vendredi Takeyuki Inagaki, directeur de la centrale, lors d'une conférence de presse. Tepco a modifié les paramètres de l'alarme, permettant au réacteur d'être activé en toute sécurité, avait-il insisté, précisant que l'exploitation commerciale commencerait au plus tôt le 18 mars. La centrale, la plus grosse du monde en termes de puissance installée, avait été mise hors service lorsque le Japon avait fermé tous ses réacteurs nucléaires, après le triple désastre - séisme, tsunami et catastrophe nucléaire - de Fukushima en mars 2011. La population exprimait alors son inquiétude face à cette source d'énergie. Mais le pays, pauvre en ressources et cinquième pays émetteur de dioxyde de carbone au monde, veut réduire sa dépendance aux combustibles fossiles, atteindre la neutralité carbone d'ici 2050 et répondre à la demande croissante d'électricité liée à l'intelligence artificielle (IA). Au total, 14 réacteurs ont ainsi été remis en service dans l'archipel après un strict durcissement des normes de sécurité. La centrale de Kashiwazaki-Kariwa s'étend sur 400 hectares sur la côte de la mer du Japon face à la péninsule coréenne. Il s'agit du premier redémarrage dans une centrale nucléaire par Tepco, également opérateur de celle de Fukushima Daiichi. L'opinion publique dans la région entourant la centrale est profondément divisée: environ 60% des habitants s'opposent au redémarrage, tandis que 37% y sont favorables, selon une enquête menée par le département de Niigata en septembre. En janvier, sept groupes opposés au redémarrage ont soumis une pétition signée par près de 40.000 personnes à Tepco et à l'Autorité de régulation nucléaire du Japon, affirmant que la centrale était située sur une zone de faille sismique active, déjà frappée par un violent séisme en 2007.
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"A 14H00, nous avons procédé au retrait des barres de contrôle du réacteur N°6 de la centrale nucléaire de Kashiwazaki-Kariwa, mettant ainsi le réacteur en marche", a indiqué Tokyo Electric Power Company (Tepco) dans un communiqué. Les opérations pour relancer la centrale, à l'arrêt depuis la catastrophe de Fukushima en 2011, avaient commencé le 21 janvier. Mais ce redémarrage avait été interrompu quelques heures seulement après le début du processus en raison du déclenchement d'une alarme. En raison d'une erreur de configuration, l'alarme avait détecté de légères variations du courant électrique dans un câble, bien qu'elles soient restées dans une plage jugée sûre, avait annoncé vendredi Takeyuki Inagaki, directeur de la centrale, lors d'une conférence de presse. Tepco a modifié les paramètres de l'alarme, permettant au réacteur d'être activé en toute sécurité, avait-il insisté, précisant que l'exploitation commerciale commencerait au plus tôt le 18 mars. La centrale, la plus grosse du monde en termes de puissance installée, avait été mise hors service lorsque le Japon avait fermé tous ses réacteurs nucléaires, après le triple désastre - séisme, tsunami et catastrophe nucléaire - de Fukushima en mars 2011. La population exprimait alors son inquiétude face à cette source d'énergie. Mais le pays, pauvre en ressources et cinquième pays émetteur de dioxyde de carbone au monde, veut réduire sa dépendance aux combustibles fossiles, atteindre la neutralité carbone d'ici 2050 et répondre à la demande croissante d'électricité liée à l'intelligence artificielle (IA). Au total, 14 réacteurs ont ainsi été remis en service dans l'archipel après un strict durcissement des normes de sécurité. La centrale de Kashiwazaki-Kariwa s'étend sur 400 hectares sur la côte de la mer du Japon face à la péninsule coréenne. Il s'agit du premier redémarrage dans une centrale nucléaire par Tepco, également opérateur de celle de Fukushima Daiichi. L'opinion publique dans la région entourant la centrale est profondément divisée: environ 60% des habitants s'opposent au redémarrage, tandis que 37% y sont favorables, selon une enquête menée par le département de Niigata en septembre. En janvier, sept groupes opposés au redémarrage ont soumis une pétition signée par près de 40.000 personnes à Tepco et à l'Autorité de régulation nucléaire du Japon, affirmant que la centrale était située sur une zone de faille sismique active, déjà frappée par un violent séisme en 2007.

09.02.2026 à 11:37

L'UE exige la "libération immédiate" de Jimmy Lai, Pékin juge qu'"il n'y a pas lieu de discuter"

FRANCE 24
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"Raisonnable, légitime et légal" pour Pékin, "attaque de sang-froid contre la liberté d'expression" selon Amnesty International... Voici les principales réactions à travers le monde après la condamnation de l'ancien magnat de la presse et activiste prodémocratie Jimmy Lai à 20 ans de prison par un tribunal de Hong Kong.
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"Raisonnable, légitime et légal" pour Pékin, "attaque de sang-froid contre la liberté d'expression" selon Amnesty International... Voici les principales réactions à travers le monde après la condamnation de l'ancien magnat de la presse et activiste prodémocratie Jimmy Lai à 20 ans de prison par un tribunal de Hong Kong.

09.02.2026 à 11:35

Décès d'une patiente aux urgences: l'AP-HP fixée lundi sur son sort, la relaxe requise

FRANCE24
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Lors du procès fin novembre, le ministère public a estimé que la responsabilité pénale de l'institution ne pouvait être engagée faute de "lien de causalité certain" établi entre les dysfonctionnements du service et le décès de cette patiente. Face à cette position du parquet, les parties civiles espèrent une condamnation. "La famille de Mme Myrtil attend que le tribunal prenne la pleine mesure de la responsabilité pénale de l’AP-HP", a déclaré à l'AFP leur avocat Eddy Arneton. Les faits remontent à la nuit du 17 au 18 décembre 2018. Micheline Myrtil, Martiniquaise de 55 ans, avait été déposée aux urgences par les pompiers vers 19H00, se plaignant de céphalées et de douleurs aux mollets. Malgré une fièvre de 40,1°C notée à son arrivée, elle avait été orientée vers le "circuit court" et installée en salle d'attente. Vers minuit, le personnel l'avait appelée à deux reprises sous une identité erronée ("Myatil" au lieu de "Myrtil") et elle n'avait pas répondu. Considérée à tort comme partie, elle a été enregistrée en "fugue" dans le logiciel de l'hôpital à 01H18. En réalité, la quinquagénaire se trouvait toujours sur un brancard, dans un recoin de la salle, sans surveillance. Elle y a été découverte morte à 06H00 du matin par une aide-soignante de l'équipe de nuit. L'autopsie a ultérieurement révélé un décès dû à une "défaillance respiratoire aiguë" provoquée par une infection invasive à méningocoque. Dans son ordonnance de renvoi, le juge d'instruction avait pointé une "négligence grave" de l'hôpital, accusé d'avoir laissé la patiente "pendant plus de cinq heures" sans prise en charge médicale dans des locaux "sous-dimensionnés" et avec des effectifs "insuffisants". À l'audience, Mario Stasi, l'avocat de l'AP-HP, a plaidé la relaxe en invoquant une situation "exceptionnelle" ce soir-là, marquée par un afflux de patients et l'absence imprévue d'un médecin. Sur le plan médical, la défense conteste formellement le lien direct entre le défaut de soins et la mort. Elle s'appuie sur des expertises soulignant la difficulté de diagnostiquer cette infection aux symptômes atypiques et à l'évolution "foudroyante". Selon l'AP-HP, une prise en charge plus rapide n'aurait offert qu'une chance de survie (estimée à 75% par les experts), ce qui caractérise une "perte de chance" mais ne suffit pas à constituer le délit d'homicide involontaire. Ce drame avait, à l'époque, vivement alimenté le débat sur la crise de l'hôpital public et le manque de moyens dénoncé par les syndicats.
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Lors du procès fin novembre, le ministère public a estimé que la responsabilité pénale de l'institution ne pouvait être engagée faute de "lien de causalité certain" établi entre les dysfonctionnements du service et le décès de cette patiente. Face à cette position du parquet, les parties civiles espèrent une condamnation. "La famille de Mme Myrtil attend que le tribunal prenne la pleine mesure de la responsabilité pénale de l’AP-HP", a déclaré à l'AFP leur avocat Eddy Arneton. Les faits remontent à la nuit du 17 au 18 décembre 2018. Micheline Myrtil, Martiniquaise de 55 ans, avait été déposée aux urgences par les pompiers vers 19H00, se plaignant de céphalées et de douleurs aux mollets. Malgré une fièvre de 40,1°C notée à son arrivée, elle avait été orientée vers le "circuit court" et installée en salle d'attente. Vers minuit, le personnel l'avait appelée à deux reprises sous une identité erronée ("Myatil" au lieu de "Myrtil") et elle n'avait pas répondu. Considérée à tort comme partie, elle a été enregistrée en "fugue" dans le logiciel de l'hôpital à 01H18. En réalité, la quinquagénaire se trouvait toujours sur un brancard, dans un recoin de la salle, sans surveillance. Elle y a été découverte morte à 06H00 du matin par une aide-soignante de l'équipe de nuit. L'autopsie a ultérieurement révélé un décès dû à une "défaillance respiratoire aiguë" provoquée par une infection invasive à méningocoque. Dans son ordonnance de renvoi, le juge d'instruction avait pointé une "négligence grave" de l'hôpital, accusé d'avoir laissé la patiente "pendant plus de cinq heures" sans prise en charge médicale dans des locaux "sous-dimensionnés" et avec des effectifs "insuffisants". À l'audience, Mario Stasi, l'avocat de l'AP-HP, a plaidé la relaxe en invoquant une situation "exceptionnelle" ce soir-là, marquée par un afflux de patients et l'absence imprévue d'un médecin. Sur le plan médical, la défense conteste formellement le lien direct entre le défaut de soins et la mort. Elle s'appuie sur des expertises soulignant la difficulté de diagnostiquer cette infection aux symptômes atypiques et à l'évolution "foudroyante". Selon l'AP-HP, une prise en charge plus rapide n'aurait offert qu'une chance de survie (estimée à 75% par les experts), ce qui caractérise une "perte de chance" mais ne suffit pas à constituer le délit d'homicide involontaire. Ce drame avait, à l'époque, vivement alimenté le débat sur la crise de l'hôpital public et le manque de moyens dénoncé par les syndicats.

09.02.2026 à 11:29

Détection des PFAS, une nouvelle ligne dans la facture d'eau

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La directive prévoit 100 nanogrammes maximum par litre d'eau du robinet (200 ng pour l'eau brute, avant traitement) pour la somme des concentrations de 20 PFAS, norme retenue par la France. "Avec cette nouvelle réglementation, on aura des résultats dans toute la France", se réjouit Olivier Andrault d'UFC-Que Choisir tout en regrettant des seuils réglementaires moins stricts que ceux retenus par d'autres pays d'Europe ou les Etats-Unis. -Que disent les scientifiques ? La direction générale de la santé (DGS), branche du ministère, répond que subsistent "des incertitudes scientifiques" sur la dangerosité réelle de ces substances et se veut rassurante: des analyses menées sur 35 PFAS différents entre 2023 et 2026 n'ont relevé que 2% de non-conformité. Nicolas Thierry, député écologiste à l'origine de la loi de février 2025 sur les "polluants éternels", s'insurge : "Il n'y a aucune incertitude scientifique sur les PFAS. Plus de 10.000 sont recensés. Ils ont été créés par l'industrie pour être quasiment indestructibles. Leur persistance extrême permet de tous les considérer comme dangereux." En plus du seuil de 100 ng/L pour 20 PFAS, le Haut Conseil de la santé publique (HCSP), instance indépendante qui conseille le ministère de la Santé, recommandait en 2024 de retenir "(un) seuil de 20 ng/L pour la somme des concentrations de quatre PFAS (PFOA, PFOS, PFNA et PFHxS)" dont la surveillance est considérée comme prioritaire. L'instance conseille aussi d'adapter localement les analyses si "une pollution particulière et significative de l'eau est détectée". - Des fréquences de contrôles variables En France, la recherche des PFAS est effectuée dans le cadre du contrôle sanitaire réglementaire relevant des Agences régionales de Santé (ARS). Chacune sélectionne par appel d'offres un ou plusieurs laboratoires d'analyses agréés par l'Anses. La fréquence de ces analyses, réalisées dans les eaux brutes et au point de mise en distribution ou au robinet, peut varier très fortement, selon le volume d'eau distribué et l'origine de l'eau: d'une mesure tous les deux ans à une par mois, voire plus si nécessaire, selon la FNCCR, une fédération de collectivités qui représente, pour la gestion de l'eau, plus de 51 millions d'habitants. Les résultats des analyses sont communiqués aux collectivités ou leurs exploitants et compilés par le ministère de la Santé, qui les publie sur un site en cours de refonte. - Un coût supplémentaire mais qui tend à baisser Cet ajout dans le contrôle sanitaire de l'eau représente un surcoût "de 40 à 50 euros hors taxe par analyse de la somme des 20 PFAS (tous réalisés en même temps)", selon Régis Taisne, chef du département cycle de l'eau à la FNCCR. "Très loin des 300 à 600 euros (...) pratiqués il y a quelques années alors que les process analytiques n'étaient pas encore industrialisés et que les analyses étaient réalisées au coup par coup", ajoute-t-il. Cela n'inclut pas les analyses spécifiques pour les PFAS à chaîne courte, comme l'acide trifluoroacétique (TFA), dont l'Anses a mis en évidence l'omniprésence dans l'eau (92% des échantillons analysés) au cours d'une campagne de recherche récente. Sur ses recommandations, ce PFAS dont la toxicité est en cours d'évaluation a été inclus dans la liste des polluants éternels à contrôler dans l'eau du robinet mais à partir du 1er janvier 2027. "Plus on retarde la surveillance, plus on retarde l'action", déplore Pauline Cervan, toxicologue à Générations Futures, pour qui "ce retard est inacceptable". La DGS explique ce décalage par la nécessité de "laisser le temps aux laboratoires de monter en compétence et aux ARS de compléter leurs marchés publics de prélèvement d'analyses". Selon elle, la détection du TFA induit un coût supplémentaire de "quelques dizaines d'euros par analyse". "Les coûts sont encore élevés (plus de 100 euros) mais devraient être réduits dans les mêmes ordres de grandeur que la somme des 20 PFAS" lorsqu'ils seront systématisés en 2027, indique pour sa part Régis Taisne.
Texte intégral (696 mots)
La directive prévoit 100 nanogrammes maximum par litre d'eau du robinet (200 ng pour l'eau brute, avant traitement) pour la somme des concentrations de 20 PFAS, norme retenue par la France. "Avec cette nouvelle réglementation, on aura des résultats dans toute la France", se réjouit Olivier Andrault d'UFC-Que Choisir tout en regrettant des seuils réglementaires moins stricts que ceux retenus par d'autres pays d'Europe ou les Etats-Unis. -Que disent les scientifiques ? La direction générale de la santé (DGS), branche du ministère, répond que subsistent "des incertitudes scientifiques" sur la dangerosité réelle de ces substances et se veut rassurante: des analyses menées sur 35 PFAS différents entre 2023 et 2026 n'ont relevé que 2% de non-conformité. Nicolas Thierry, député écologiste à l'origine de la loi de février 2025 sur les "polluants éternels", s'insurge : "Il n'y a aucune incertitude scientifique sur les PFAS. Plus de 10.000 sont recensés. Ils ont été créés par l'industrie pour être quasiment indestructibles. Leur persistance extrême permet de tous les considérer comme dangereux." En plus du seuil de 100 ng/L pour 20 PFAS, le Haut Conseil de la santé publique (HCSP), instance indépendante qui conseille le ministère de la Santé, recommandait en 2024 de retenir "(un) seuil de 20 ng/L pour la somme des concentrations de quatre PFAS (PFOA, PFOS, PFNA et PFHxS)" dont la surveillance est considérée comme prioritaire. L'instance conseille aussi d'adapter localement les analyses si "une pollution particulière et significative de l'eau est détectée". - Des fréquences de contrôles variables En France, la recherche des PFAS est effectuée dans le cadre du contrôle sanitaire réglementaire relevant des Agences régionales de Santé (ARS). Chacune sélectionne par appel d'offres un ou plusieurs laboratoires d'analyses agréés par l'Anses. La fréquence de ces analyses, réalisées dans les eaux brutes et au point de mise en distribution ou au robinet, peut varier très fortement, selon le volume d'eau distribué et l'origine de l'eau: d'une mesure tous les deux ans à une par mois, voire plus si nécessaire, selon la FNCCR, une fédération de collectivités qui représente, pour la gestion de l'eau, plus de 51 millions d'habitants. Les résultats des analyses sont communiqués aux collectivités ou leurs exploitants et compilés par le ministère de la Santé, qui les publie sur un site en cours de refonte. - Un coût supplémentaire mais qui tend à baisser Cet ajout dans le contrôle sanitaire de l'eau représente un surcoût "de 40 à 50 euros hors taxe par analyse de la somme des 20 PFAS (tous réalisés en même temps)", selon Régis Taisne, chef du département cycle de l'eau à la FNCCR. "Très loin des 300 à 600 euros (...) pratiqués il y a quelques années alors que les process analytiques n'étaient pas encore industrialisés et que les analyses étaient réalisées au coup par coup", ajoute-t-il. Cela n'inclut pas les analyses spécifiques pour les PFAS à chaîne courte, comme l'acide trifluoroacétique (TFA), dont l'Anses a mis en évidence l'omniprésence dans l'eau (92% des échantillons analysés) au cours d'une campagne de recherche récente. Sur ses recommandations, ce PFAS dont la toxicité est en cours d'évaluation a été inclus dans la liste des polluants éternels à contrôler dans l'eau du robinet mais à partir du 1er janvier 2027. "Plus on retarde la surveillance, plus on retarde l'action", déplore Pauline Cervan, toxicologue à Générations Futures, pour qui "ce retard est inacceptable". La DGS explique ce décalage par la nécessité de "laisser le temps aux laboratoires de monter en compétence et aux ARS de compléter leurs marchés publics de prélèvement d'analyses". Selon elle, la détection du TFA induit un coût supplémentaire de "quelques dizaines d'euros par analyse". "Les coûts sont encore élevés (plus de 100 euros) mais devraient être réduits dans les mêmes ordres de grandeur que la somme des 20 PFAS" lorsqu'ils seront systématisés en 2027, indique pour sa part Régis Taisne.

09.02.2026 à 11:21

SpaceX donne la priorité à la Lune pour y établir une base, devant Mars

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"A ceux qui ne sont pas au courant: SpaceX a déjà réorienté sa stratégie vers la construction d'une ville autonome sur la Lune car nous pouvons potentiellement y parvenir en moins de 10 ans, alors que Mars pendrait plus de 20 ans", a écrit M. Musk sur X, réseau social qu'il a acquis en 2022. Parmi les difficultés posées par Mars, le fait qu'"il est seulement possible" d'y voyager "lorsque les planètes s'alignent, tous les 26 mois", a-t-il décrit. Alors que "nous pouvons effectuer un lancement vers la Lune tous les 10 jours", a ajouté l'homme le plus riche du monde selon le classement du magazine américain Forbes. L'accès plus facile au satellite naturel de la Terre "signifie que nous pouvons multiplier (les lancements) bien plus rapidement pour finir une ville lunaire que pour une ville martienne", a ajouté Elon Musk. Néanmoins, SpaceX n'abandonne pas son projet pour la planète rouge et s'efforcera "de construire une ville sur Mars" et de commencer à le faire "dans environ cinq à sept ans", assure M. Musk. L'entreprise du milliardaire est aujourd'hui un acteur incontournable du secteur spatial, grâce à ses contrats avec la Nasa. Mais certains observateurs ont considéré que le projet d'Elon Musk en faveur d'une colonisation de Mars était trop ambitieux. Ce changement d'optique aligne SpaceX avec Donald Trump, qui avait confirmé en décembre vouloir renvoyer au plus vite des Américains sur la Lune, "d'ici 2028 dans le cadre du programme Artémis" de l'agence spatiale américaine, et reléguer Mars au second plan. Ce retour permettra "d'affirmer le rôle de leader des Etats-Unis dans l'espace, de jeter les bases du développement économique lunaire, de préparer le voyage vers Mars et d'inspirer la prochaine génération d'explorateurs américains", était-il aussi écrit dans son décret présidentiel. Aujourd'hui prévue pour la mi-2027, la mission Artémis 3 prévoyant l'alunissage devrait être reportée à nouveau. L'alunisseur développé par SpaceX n'est pas prêt selon des experts du secteur spatial, ce qui pourrait avantager le programme spatial chinois, Pékin souhaitant lui aussi envoyer des êtres humains sur la Lune.
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"A ceux qui ne sont pas au courant: SpaceX a déjà réorienté sa stratégie vers la construction d'une ville autonome sur la Lune car nous pouvons potentiellement y parvenir en moins de 10 ans, alors que Mars pendrait plus de 20 ans", a écrit M. Musk sur X, réseau social qu'il a acquis en 2022. Parmi les difficultés posées par Mars, le fait qu'"il est seulement possible" d'y voyager "lorsque les planètes s'alignent, tous les 26 mois", a-t-il décrit. Alors que "nous pouvons effectuer un lancement vers la Lune tous les 10 jours", a ajouté l'homme le plus riche du monde selon le classement du magazine américain Forbes. L'accès plus facile au satellite naturel de la Terre "signifie que nous pouvons multiplier (les lancements) bien plus rapidement pour finir une ville lunaire que pour une ville martienne", a ajouté Elon Musk. Néanmoins, SpaceX n'abandonne pas son projet pour la planète rouge et s'efforcera "de construire une ville sur Mars" et de commencer à le faire "dans environ cinq à sept ans", assure M. Musk. L'entreprise du milliardaire est aujourd'hui un acteur incontournable du secteur spatial, grâce à ses contrats avec la Nasa. Mais certains observateurs ont considéré que le projet d'Elon Musk en faveur d'une colonisation de Mars était trop ambitieux. Ce changement d'optique aligne SpaceX avec Donald Trump, qui avait confirmé en décembre vouloir renvoyer au plus vite des Américains sur la Lune, "d'ici 2028 dans le cadre du programme Artémis" de l'agence spatiale américaine, et reléguer Mars au second plan. Ce retour permettra "d'affirmer le rôle de leader des Etats-Unis dans l'espace, de jeter les bases du développement économique lunaire, de préparer le voyage vers Mars et d'inspirer la prochaine génération d'explorateurs américains", était-il aussi écrit dans son décret présidentiel. Aujourd'hui prévue pour la mi-2027, la mission Artémis 3 prévoyant l'alunissage devrait être reportée à nouveau. L'alunisseur développé par SpaceX n'est pas prêt selon des experts du secteur spatial, ce qui pourrait avantager le programme spatial chinois, Pékin souhaitant lui aussi envoyer des êtres humains sur la Lune.

09.02.2026 à 11:18

Le Super Bowl pour Seattle, le PSG bulldozer, l'or pour le biathlon : les infos sport du week-end

Stéphanie TROUILLARD
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Le biathlon français a offert à la France sa première médaille d'or lors des Jeux d'hiver 2026. Le PSG a écrasé l'OM en Ligue 1 sur le score de 5-0. Le Super Bowl a été remporté par les Seattle Seahawks face aux New England Patriots.
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Le biathlon français a offert à la France sa première médaille d'or lors des Jeux d'hiver 2026. Le PSG a écrasé l'OM en Ligue 1 sur le score de 5-0. Le Super Bowl a été remporté par les Seattle Seahawks face aux New England Patriots.

09.02.2026 à 10:52

Fin des combats au Kurdistan syrien : des milliers de déplacés dans l’attente

Marie-Charlotte ROUPIE
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En Syrie, l’accord entre les forces kurdes et Damas, signé la semaine dernière comprend un onglet humanitaire : il doit permettre, à terme, aux réfugiés de rentrer chez eux. Ces familles ont fui les combats qui se sont succédé depuis la chute de Bachar Al-Assad. Et il y aurait à présent plus de 100 000 déplacés internes dans la région de Qamishli, dans l’extreme nord-est syrien. Reportage de Marie Charlotte Roupie et Abdulrahman Daoud.
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En Syrie, l’accord entre les forces kurdes et Damas, signé la semaine dernière comprend un onglet humanitaire : il doit permettre, à terme, aux réfugiés de rentrer chez eux. Ces familles ont fui les combats qui se sont succédé depuis la chute de Bachar Al-Assad. Et il y aurait à présent plus de 100 000 déplacés internes dans la région de Qamishli, dans l’extreme nord-est syrien. Reportage de Marie Charlotte Roupie et Abdulrahman Daoud.

09.02.2026 à 10:46

Collections mode masculine automne-hiver 2026/2027 : réagir aux injonctions toxiques

Pascal MOURIER
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Contre vents et marées, certains designers veulent encore conserver leur liberté d’expression, loin des esprits délétères. Pour elles et pour eux, vêtir est un acte social, politique. Ils, elles, refusent de se soumettre aux injonctions d’un ordre soi-disant moral, prônent le mélange des genres et la diversité, luttent contre les dérives fascistes. Jeanne Friot, Walter van Beirendonck, Ahmed Hassan, Louis-Gabriel Nouchi, Yohji Yamamoto et Willy Chavarria en sont les exemples les plus marquants.
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Contre vents et marées, certains designers veulent encore conserver leur liberté d’expression, loin des esprits délétères. Pour elles et pour eux, vêtir est un acte social, politique. Ils, elles, refusent de se soumettre aux injonctions d’un ordre soi-disant moral, prônent le mélange des genres et la diversité, luttent contre les dérives fascistes. Jeanne Friot, Walter van Beirendonck, Ahmed Hassan, Louis-Gabriel Nouchi, Yohji Yamamoto et Willy Chavarria en sont les exemples les plus marquants.
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