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Chaîne de service public - Actualité internationale.

▸ les 15 dernières parutions

02.03.2026 à 05:01

Un déluge de feu s'abat sur l'Iran, le conflit s'amplifie

FRANCE24
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Dimanche, de puissantes détonations ont été entendues dans et autour de Téhéran, le Pentagone assure avoir détruit le QG des Gardiens de la Révolution. En réponse, la République islamique a lancé une nouvelle salve de missiles en direction d'Israël - des débris faisant des victimes. Téhéran continue de viser les bases américaines chez ses voisins, les pays du Golfe, et des navires ont été attaqués dans le détroit d'Ormuz.

02.03.2026 à 04:19

Modi reçoit le Premier ministre canadien pour relancer le commerce

FRANCE24
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Les discussions à New Delhi doivent porter sur "de nouveaux partenariats ambitieux dans les domaines du commerce, de l'énergie, de la technologie et de l'intelligence artificielle (IA), des talents et de la culture, ainsi que de la défense", selon les bureaux des deux parties. Un axe majeur sera la relance des négociations en vue d'un accord de partenariat économique global, évoqué de longue date. Le chef du gouvernement canadien souhaite plus que doubler les échanges commerciaux avec l'Inde d'ici 2030, à 70 milliards de dollars canadiens (43 milliards d'euros). L'Inde cherche de son côté à attirer davantage d'investissements étrangers et affirme que les fonds de pension et les fonds souverains canadiens ont déjà investi 73 milliards de dollars. Grand consommateur d'énergie et pays le plus peuplé du monde avec 1,4 milliard d'habitants, l'Inde espère également que le Canada pourra soutenir son ambitieux plan d'expansion de la capacité de production d'énergie nucléaire. Commerce et réconciliation Pour Mark Carney, l'accord envisagé, qu'il espère pouvoir conclure cette année, pourrait doubler le commerce entre le Canada et l'Inde d'ici 2030. "Cette visite marque la fin d'une période difficile et, plus important encore, le début d'un nouveau partenariat plus ambitieux entre deux nations confiantes et complémentaires", a-t-il déclaré devant des chefs d'entreprises à Bombay, centre économique du pays, samedi. Le ministère indien des Affaires étrangères a de son côté souligné que cette visite constituait une étape importante dans le renforcement des liens bilatéraux. "Le partenariat Inde-Canada repose sur des valeurs démocratiques partagées, des liens humains étroits et une coopération croissante dans divers secteurs", a écrit sur X le porte-parole du ministère, Randhir Jaiswal. Le voyage de Mark Carney constitue également la dernière tentative en date pour rétablir des relations bilatérales abîmées quand Ottawa a accusé New Delhi d'avoir orchestré l'assassinat à Vancouver d'un séparatiste sikh naturalisé canadien. Avant l'entrée en fonction de Mark Carney en mars, Ottawa avait accusé le gouvernement du Premier ministre Narendra Modi d'être directement impliqué dans le meurtre, en 2023, de Hardeep Singh Nijjar, un citoyen canadien naturalisé qui militait pour la création d'un Etat sikh indépendant. Le gouvernement de l'ex-Premier ministre Justin Trudeau avait en outre accusé l'Inde d'avoir mené une campagne d'intimidation contre les militants sikhs à travers le Canada. L'Inde avait démenti ces allégations. Les relations se sont néanmoins améliorées depuis l'entrée en fonction de M. Carney. Diversification "Nous pouvons être le partenaire stratégique de l'Inde pour les minéraux essentiels destinés à l'industrie manufacturière, aux technologies propres et aux industries nucléaires du pays", a encore soutenu M. Carney à Bombay. "Et l'Inde peut nous aider à doubler la capacité de notre réseau électrique avec de l'énergie propre d'ici 2040." Les économies avancées ont intensifié leurs efforts pour approfondir leur coopération dans le domaine des minéraux essentiels, notamment pour la transformation des terres rares, éléments incontournables à l'alimentation de nombreux produits de haute technologie. La Chine exerce un contrôle prépondérant sur les chaînes d'approvisionnement en terres rares, une situation que le Canada a soulignée tout au long de sa présidence du G7 qui vient de s'achever. Par ailleurs M. Carney a fait de la réduction de la forte dépendance du Canada à l'égard de l'économie américaine la pièce maîtresse de sa politique économique extérieure. "Construire une véritable autonomie stratégique exige la diversification, pas l'isolement", a déclaré M. Carney à Bombay. "Cela crée d'énormes opportunités pour l'Inde et le Canada de travailler ensemble, de limiter les risques, d'accroître la prospérité et de renforcer notre souveraineté". En 2024, avant que le président américain Donald Trump ne revienne au pouvoir et ne bouleverse le commerce mondial par une rafale de droits de douane, plus de 75% des exportations canadiennes étaient destinées aux Etats-Unis. Jusqu'à présent, M. Trump a globalement respecté l'accord de libre-échange nord-américain qu'il a signé durant son premier mandat, et environ 85% des échanges entre les Etats-Unis et le Canada restent exempts de droits de douane. Le Premier ministre canadien doit se rendre ensuite en Australie et au Japon.

02.03.2026 à 04:11

Melania Trump va présider un Conseil de sécurité de l'ONU, en pleine opération contre l'Iran

FRANCE24
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A la surprise générale, les services de la Première dame ont annoncé il y a quelques jours qu'elle tiendrait le marteau lundi à 15H00 (20H00 GMT) lors d'un Conseil sur le thème de l'éducation et des enfants dans les conflits. Un sujet cher à Melania Trump qui a notamment négocié avec Moscou pour obtenir la libération d'enfants ukrainiens enlevés par la Russie. Celle que son mari a qualifiée de "star de cinéma" en référence au documentaire "Melania" sorti en salle fin janvier, va ainsi "entrer dans l'Histoire", ont commenté ses services, alors que les Etats-Unis assurent en mars la présidence tournante du Conseil. Selon l'ONU, c'est la première fois que l'épouse ou l'époux d'un président ou présidente en exercice dans le monde préside une telle réunion. Cette visite "est un signe de l'importance que les Etats-Unis accordent au Conseil de sécurité et au sujet" de l'éducation, avait estimé la semaine dernière Stéphane Dujarric, porte-parole du secrétaire général de l'ONU. Un commentaire fait avant le début des frappes israélo-américaines contre l'Iran, qui ont tué le guide suprême iranien, l'ayatollah Khamenei. Alors que Donald Trump a récemment répété que l'ONU "a un grand potentiel" mais ne l'a "jamais réalisé", son ambassadeur aux Nations unies, Mike Waltz, s'en est pris samedi directement au Conseil de sécurité, incapable de faire respecter ses multiples résolutions sur l'Iran, notamment son programme nucléaire. La présence samedi à la réunion d'urgence du Conseil quelques heures après le début des frappes contre l'Iran "tourne cet organe en dérision, mais là où l'ONU manque de clarté morale, les Etats-Unis la maintiennent", avait-il lancé. "Contradictions" Daniel Forti, analyste pour International Crisis Group, doute que la visite de la Première dame marque un changement d'attitude de l'administration Trump envers les Nations unies. Cela va "seulement renforcer les contradictions inhérentes à la politique américaine sur la guerre et la paix", indique-t-il à l'AFP, notant que la guerre va en plus "faire de l'ombre" à cette présidence inédite de Melania Trump. Et si l'analyste estime que la plupart des membres du Conseil vont veiller à préserver leurs relations avec Washington, "il est difficile d'imaginer que d'autres membres prennent au sérieux les mots américains sur les enfants, l'éducation et la paix, en particulier après la frappe d'une école pour filles dans le sud de l'Iran", qui a fait plus de 100 morts selon des autorités iraniennes, souligne-t-il. "Certains vont même peut-être critiquer l'administration Trump pour boycotter des bureaux onusiens travaillant sur des sujets similaires", ajoute-t-il. Depuis un an, les Etats-Unis se sont notamment retirés de l'Unesco, en charge de l'éducation, de la science et de la culture et ils ont décidé de ne plus travailler avec la représentante spéciale de l'ONU pour les enfants dans les conflits armés. Certains estiment aussi que le "Conseil de paix" créé par le président américain cherche à court-circuiter le Conseil de sécurité et les arriérés de paiement américains pèsent largement sur les finances de l'ONU en crise. Alors qu'un projet de réforme de l'institution a été lancé, Washington a toutefois payé il y a quelques jours 160 millions de dollars au budget général de l'ONU, dont ils sont en principe le premier contributeur, après n'avoir rien versé pendant toute l'année 2025. Mais leurs impayés se montent encore à 2,036 milliards de dollars pour le budget général et 2,2 milliards pour celui des opérations de maintien de la paix, selon un responsable de l'ONU.

02.03.2026 à 04:05

Saisie record de drogue: l'ex-chef des "stups" et ses méthodes devant la justice

FRANCE24
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Dix-huit prévenus, un mois d'audience, 70 tomes de procédure, plusieurs livres et un film... Cette affaire retentissante que le tribunal correctionnel doit démêler jusqu'au 31 mars, avec une suspension ces jeudi et vendredi, a mis en lumière les relations troubles entre "flics" et "indics" et conduit à une réforme de la lutte antistupéfiants. "C'est quand même un dossier très particulier. Ce n'est pas tous les jours qu'on a ce genre de prévenus devant le tribunal", relève Me Julie Elduayen, avocate de l'informateur Sophiane Hambli. Ce trafiquant de très grande envergure est actuellement détenu au Maroc. François Thierry, lui, a dirigé l'Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (Ocrtis) de 2010 à 2016, avec des méthodes jugées troubles. Aujourd'hui âgé de 57 ans, il misait sur l'infiltration des filières de narcotrafic à l'aide de cet informateur, quitte à laisser entrer la drogue sur le territoire dans le cadre de "livraisons surveillées", aux fins d'appréhender les têtes de réseau. Pour mener l'une de ces opérations baptisées "Myrmidon", du nom d'intrépides guerriers de la mythologie grecque, le policier avait notamment organisé une garde à vue fictive de Sophiane Hambli en 2012. Il a été acquitté pour ces faits, en 2024, par la cour criminelle du Rhône. Saisie record Le dossier jugé à Bordeaux - dépaysement oblige - débute en octobre 2015 avec la découverte de 7,1 tonnes de résine de cannabis par les douanes dans plusieurs fourgonnettes stationnées boulevard Exelmans, dans le XVIe arrondissement de Paris, au pied d'un appartement luxueux loué alors par M. Hambli. Une saisie record mais un gros hic, sur fond de guerre des services: la marchandise provenait d'un chargement de plus d'une dizaine de tonnes importées du Maroc via l'Espagne dans le cadre d'une livraison censée être "surveillée" par l'Ocrtis. Le commissaire divisionnaire François Thierry qui dirige aujourd'hui le service de la transformation numérique de la police nationale, après avoir été banni de la PJ, est soupçonné d'avoir favorisé l'importation de la drogue sans avoir informé totalement l'autorité judiciaire. Lui martèle, au contraire, que les magistrats étaient au courant de ses méthodes. En 2023, le parquet de Bordeaux avait requis un non-lieu en sa faveur mais les juges l'ont renvoyé devant le tribunal pour "complicité" de trafic de stupéfiants et destruction de preuve. "Nous affronterons ce procès avec beaucoup de sérénité. Mon client n'a fait que son travail", affirme Me Angélique Peretti, avocate du fonctionnaire, voyant dans sa comparution "le reflet d'une mécanique qui consiste à tout prix à justifier une procédure qui a duré près de 10 ans". Film sur l'affaire Pour les magistrats instructeurs, les limites ont été "très largement franchies" dans la relation entre François Thierry et Sophiane Hambli, qu'il avait approché dans une prison espagnole à la fin des années 2000. Né à Mulhouse, surnommé "La Chimère", il est accusé d'avoir été le "seul commanditaire" de la drogue saisie en 2015. Lui soutient être intervenu comme "logisticien" d'une opération validée par l'Ocrtis. Récidiviste, il encourt 20 ans de prison. Ce quinquagénaire, qui purge déjà une longue peine au Maroc, devrait être absent à l'audience malgré une demande de remise temporaire adressée aux autorités de ce pays. Son avocate, Me Julie Elduayen, veut solliciter un renvoi à ce titre, évoquant un dossier "extrêmement complexe qui mériterait qu'il soit présent". Outre la chute de François Thierry, l'affaire a conduit à réformer la lutte antidrogue: une loi de 2019 a encadré les "livraisons surveillées", tandis que voyait le jour un nouvel office antistupéfiants, l'Ofast. En 2021, elle a également inspiré le film "Enquête sur un scandale d'État" de Thierry de Peretti - avec Pio Marmaï, Roschdy Zem et Vincent Lindon - lui-même tiré du livre "L'Infiltré" de feu l'ex-agent Hubert Avoine et du journaliste de Libération Emmanuel Fansten.

02.03.2026 à 03:59

Macron très attendu lundi sur la dissuasion française et l'Europe

FRANCE24
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Un enjeu brusquement remis en lumière par l'offensive israélo-américaine en Iran ce weekend, avec en arrière-plan la crise du nucléaire iranien, qui secoue tout le Moyen-Orient et par ricochet la communauté internationale. Le chef de l'Etat prendra la parole à 15H15 dans le sanctuaire de la dissuasion nucléaire française, l'Île Longue, qui abrite les quatre sous-marins nucléaires lanceurs d'engins (SNLE) de la Force océanique stratégique, face à Brest (Finistère). Chaque mot sera scruté de près alors que la France demeure, avec le Royaume-uni, l'une des deux seules puissances nucléaires d'Europe et que les doutes grandissent quant à l'engagement américain sur le continent. Rien n'a filtré de ce que le président pourrait dire et qui constituera la nouvelle pierre angulaire de la doctrine française, cinq ans après son dernier discours sur le feu nucléaire, le 7 février 2020. "Ce sera un moment important du mandat", avec "sans doute des bascules et des évolutions assez significatives", a-t-on tout au plus esquissé dans son entourage. Avec en toile de fond une constante réaffirmée en 2020: la "dimension authentiquement européenne" des intérêts vitaux français mais aussi "l'unicité de la décision" dans l'emploi de la force. Depuis son origine, la dissuasion française voulue par le général de Gaulle se veut complètement indépendante et repose sur l'appréciation d'un seul homme, le président, d'une menace contre les intérêts vitaux du pays. "Coopérations spéciales" Emmanuel Macron a lancé en 2025 une discussion stratégique avec ses principaux partenaires, notamment l'Allemagne et la Pologne, sur "la protection de nos alliés du continent européen" par la dissuasion française. Le 13 février, il a suggéré à Munich des "coopérations spéciales, des exercices communs, et des intérêts de sécurité communs avec certains pays-clés". En mai 2025, le chef de l'Etat s'était déjà dit prêt à discuter du stationnement d'avions français porteurs de la bombe atomique dans d'autres pays européens, ce qui marquerait un premier pas vers un parapluie nucléaire français à l'image du parapluie américain. Les Etats-Unis stationnent des bombes dans cinq pays de l'Otan (Italie, Allemagne, Pays-Bas, Belgique et Turquie), dont l'emploi relève de leur seule décision. La marge de manoeuvre du chef de l'Etat s'annonce étroite alors qu'une partie de l'opposition en France l'accuse régulièrement de vouloir brader l'arme nucléaire. Mais la nécessité d'actualiser la doctrine s'impose aussi tout autant face à la "brutalisation du monde", aux conflits qui se multiplient et à la disparition des cadres de contrôle de la course aux armements, souligne l'Elysée. Plusieurs bouleversements majeurs sont intervenus depuis le discours de 2020: une "Russie agressive", la montée en puissance nucléaire de la Chine et une "période propice à la prolifération", pointe la présidence française. Les Etats-Unis, qui ont assumé pendant des décennies la protection de l'Europe tandis que les pays du Vieux Continent réduisaient leurs dépenses de défense, exigent désormais de leurs alliés qu'ils se prennent en main. "Pas le démolir 25 fois" Dans ce contexte, les pays européens manifestent un intérêt croissant pour la dissuasion française tout en restant viscéralement attachés au parapluie américain. Le président nationaliste polonais Karol Nawrocki s'est même déclaré partisan d'un "projet nucléaire polonais", sans développer plus avant. "Ce que les Alliés attendent, c'est une augmentation du nombre de têtes pour être plus crédible" face aux nouvelles menaces, relève Florian Galleri, spécialiste de la dissuasion française actuellement post-doctorant au Massachusetts Institute of Technology (MIT). La France dispose de 290 têtes nucléaires, qu'elle considère comme la "stricte suffisance" pour infliger des "dommages inacceptables" à l'adversaire. La Russie en détient 4.300, les Etats-Unis 3.700, la Chine 600 et le Royaume-uni 225, selon le centre de réflexion suédois SIPRI. "Ca va être forcément une question (...) Le mouvement est quand même à l'augmentation des arsenaux", souligne l'amiral Bernard Rogel, ancien chef d'état-major particulier (CEMP) d'Emmanuel Macron. "On doit avoir ce dont on a besoin pour faire peser la menace de dommages inacceptables sur l'adversaire, pas pour le démolir 25 fois. Il n'y a pas de raison qu'il y ait une augmentation spectaculaire", pointe-t-il toutefois. Pour toutes ces questions, le président pourrait aussi choisir de rester délibérément flou au nom de la nécessaire "ambiguïté stratégique".

02.03.2026 à 03:59

L'islamologue Tariq Ramadan jugé à Paris pour des viols sur trois femmes

FRANCE24
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Le prédicateur de 63 ans, déjà condamné par la justice helvète pour un viol sur une autre femme, doit comparaître jusqu'au 27 mars devant une cour composée uniquement de juges professionnels. Il encourt jusqu'à vingt ans de réclusion criminelle. Dès l'ouverture du procès, l'une des victimes, Christelle (prénom d'emprunt), va demander le huis clos, "afin de protéger son identité et d'éviter de revivre l'acharnement, les menaces et le harcèlement qu'elle a subis durant l'information judiciaire, l'accusé n'ayant pas hésité à divulguer et exposer publiquement son identité à de multiples reprises", ont indiqué à l'AFP ses avocates, Mes Laura Ben Kemoun et Laure Heinich. Selon les conseils, ce procès, qui intervient "après plus de huit années de procédure particulièrement difficiles et plus de seize ans après les faits", représente "une forme d'aboutissement longtemps attendu" et "un moment essentiel" pour leur cliente. "Ce procès n'est ni un complot ni un combat politique mais l'histoire tristement ordinaire du viol de trois femmes sous emprise", résume avant l'ouverture des débats Me Sarah Mauger-Poliak, avocate de Henda Ayari. Après plusieurs rebondissements procéduraux, la cour d'appel de Paris a ordonné en juin 2024 un procès contre cette figure contestée de l'islam européen pour des viols sur trois femmes: un viol aggravé, avec violences et sur personne vulnérable, commis sur Christelle à Lyon en octobre 2009; un autre viol qui aurait eu lieu en 2012 à Paris sur Henda Ayari, une ex-salafiste devenue militante laïque qui avait déclenché l'affaire en portant plainte en octobre 2017; et un autre sur une troisième femme, remontant à 2016. Initialement, les juges d'instruction chargés des investigations l'avaient aussi renvoyé en procès pour des viols sur une quatrième femme, Mounia Rabbouj. Mais l'islamologue avait saisi la cour d'appel, qui a finalement écarté le cas de cette dernière. Elle avait aussi balayé la notion d'"emprise" qui avait imprégné jusqu'alors le dossier, jugeant que ce concept, "au sens d'un stratagème aboutissant à la privation nécessairement totale du libre arbitre", ne pouvait être retenu à aucun stade de la relation entre M. Ramadan et les parties civiles. Relations brutales Pour la cour d'appel, c'est au contraire "la violence qui est principalement mise en avant dans les différents récits" des victimes. Les plaignantes ont en effet décrit des relations sexuelles particulièrement brutales, résumées ainsi par les juges d'instruction dans leur ordonnance: "la main qui tient et force la tête, le bras qui empêche de bouger ou de se retourner, le poids du corps, le regard de fou, les paroles de domination et de soumission, les ordres, les gestes, cette attitude pour imposer les pénétrations". L'intellectuel avait d'abord nié avoir eu des rapports sexuels avec ces femmes, puis admis à la mi-2018 l'existence de relations adultères, empreintes "de domination", rudes mais "consenties", un tournant majeur dans ce dossier. M. Ramadan a multiplié les offensives procédurales pour réclamer une reprise des investigations et repousser la tenue d'un procès, arguant disposer de nouvelles expertises prouvant selon lui son innocence. "L'obstination de l'autorité judiciaire à maintenir l'audience aux dates initialement prévues ne semble pas permettre la tenue d'un procès équitable", ont estimé auprès de l'AFP ses avocats, Mes Marie Burguburu, Sarah May Vogelhut, Nabila Asmane et Ouadie Elhamamouchi. Ils ont souligné que depuis un an, leur client avait déposé "pas moins de cinq requêtes pour verser des éléments nouveaux essentiels", mais qu'il s'était heurté au "silence" de la présidente de la cour criminelle. Les conseils ont aussi fait valoir que M. Ramadan souffrait de sclérose en plaques et n'était "pas en état de comparaître sans danger pour sa santé". En Suisse, après avoir été acquitté en première instance, il a été condamné en appel en septembre 2024 à trois ans de prison dont un an ferme pour le viol d'une femme dans la nuit du 28 au 29 octobre 2008 dans un hôtel à Genève. Il a annoncé saisir la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) et a par ailleurs déposé une demande en révision du procès, en cours de traitement selon la justice genevoise.

02.03.2026 à 03:57

Municipales à Nice: débat Estrosi-Ciotti capital pour l'avenir de la droite

FRANCE24
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"C'est l'affrontement ultime, qui couve depuis 15 ans", résume-t-on au sein de l'équipe de M. Ciotti, député UDR allié au RN, crédité par plusieurs sondages d'au moins 10 points d'avance sur le maire sortant encarté Horizons, son ancien patron. "C'est le débat que la droite attend. L'issue de l'élection décidera de son avenir", assure la même source. Dans les Alpes-Maritimes, de nombreux élus LR, déjà plus ou moins sur le départ, pourraient franchir le pas en cas de victoire de M. Ciotti, et possiblement au-delà. Devant les caméras, Christian Estrosi tentera de refaire son retard sur son principal concurrent qui, dans un sondage OpinionWay publié samedi, affiche 18 points d'avance sur le candidat soutenu par Renaissance, Horizons et Les Républicains, à 45% contre 27% au premier tour. Les deux poids-lourds de la droite débattront avec les deux têtes de liste de gauche: Juliette Chesnel-Le Roux (PS-PCF-Verts) et Mireille Damiano (LFI-Viva). Animé par BFMTV, Le Figaro et Nice Matin à partir de 20H50, il sera suivi d'un autre débat mercredi sur France 3. "Cour de maternelle" Depuis des mois, MM. Estrosi et Ciotti s'affrontent à coups d'accusations, de petites phrases, de "bilan noir" de l'adversaire, de transfuges d'une équipe à l'autre, de vidéos désobligeantes... qui font passer au second plan leur programme. "Ça vole très bas, on dirait une cour de maternelle", commente-t-on dans le camp de Mme Damiano. Une enquête a été ouverte samedi par le procureur de Nice après la découverte d'une tête de cochon et d'une affiche outrageante déposées devant le domicile de M. Estrosi. Qui a reçu le "soutien entier" de M. Ciotti. Sur le fond, M. Estrosi promet une nouvelle gouvernance, des mesures concrètes pour simplifier la vie... et de passer de 6.800 à 10.000 caméras de surveillance, tandis que son entourage s'emploie à présenter M. Ciotti comme "le candidat d'extrême droite", pour qui Nice ne serait qu'un marche-pied vers des ambitions nationales au sein d'un gouvernement RN. En face, le député UDR s'est constitué une liste éclectique, où les RN restent discrets, tous comme les sujets trop marqués comme l'immigration. Son message: après trois mandats de M. Estrosi, dont il fut le plus proche collaborateur, la cité des Anges a besoin d'un nouvel élan. La gauche, elle, veut profiter du débat pour mettre les deux hommes devant leur bilan commun, l'un à la mairie, l'autre au département, en particulier sur le plan social dans une ville où beaucoup n'ont plus les moyens de se loger et où, derrière la carte postale, plus d'un habitant sur cinq vit sous le seuil de pauvreté. Pas de barrage républicain Face à ce constat, les deux listes sont claires: il n'y aura pas de désistement pour faire barrage à M. Ciotti au second tour. "Ils ont le même projet, ils ont fait la même politique", explique-t-on dans l'équipe de Juliette Chesnel-Le Roux. "Il y a une différence de degrés dans la xénophobie et le libéralisme, mais pas de nature, c'est la même matrice", assure un proche de Mme Damiano. Avant ce débat, le patron du Rassemblement national, Jordan Bardella, tiendra une conférence de presse sur le scrutin à venir, lundi matin au siège du parti dans le XVIe arrondissement de Paris, après un chassé-croisé entre lui et Jean-Luc Mélenchon ce weekend à Perpignan. Le premier a appelé la gauche "dite modérée" à rompre avec LFI, tandis que le second a appelé les électeurs à choisir "entre les fascistes et nous". À Bordeaux, l'ex-candidat à la présidentielle Philippe Poutou, conseiller municipal sortant dans l'opposition au maire écologiste Pierre Hurmic, tiendra lui un meeting lundi soir dans un restaurant en bord de Garonne, avec le soutien d'Olivier Besancenot. À Strasbourg, la député LFI Mathilde Panot participera au meeting du candidat du parti, Florian Kobryn.

02.03.2026 à 03:57

Procès Paty en appel: après cinq semaines de débats, la cour rend son verdict

FRANCE24
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Un père d'élève, Brahim Chnina, 54 ans, et un militant islamiste, Abdelhakim Sefrioui, 66 ans, répondent de leur campagne de haine contre le professeur d'histoire-géographie: elle ne s'était arrêtée que le 16 octobre 2020, quand un jihadiste tchétchène de 18 ans l'avait décapité pour avoir montré des caricatures du Prophète Mahomet dans son cours sur la liberté d'expression au collège du Bois d'Aulne à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines). Deux proches du tueur, Naïm Boudaoud, 24 ans, et Azim Epsirkhanov, 25 ans, sont poursuivis pour complicité d'assassinat: ils ont véhiculé Abdoullakh Anzorov et l'ont aidé à se procurer des armes. Le parquet général a réclamé vingt ans de réclusion contre MM. Chnina et Sefrioui, qui ne connaissaient pas M. Anzorov mais seraient "à l'origine du Mal". En première instance, ils avaient été condamnés à 13 et 15 ans pour association de malfaiteurs terroriste. Les avocates générales ont demandé 16 ans d'emprisonnement pour MM. Boudaoud et Epsirkhanov. Tous contestent avoir poursuivi une intention criminelle, nécessaire pour condamner. Brahim Chnina et Abdelhakim Sefrioui ont parfois divergé en se renvoyant la responsabilité première de la cabale, ou dans leur posture: M. Chnina a exprimé sa "honte", M. Sefrioui est resté droit dans ses bottes militantes, au risque de paraître manquer d'empathie. Mais ils affirment n'avoir jamais souhaité ou imaginé que leur vindicte en ligne pût mettre en péril Samuel Paty. Azim Epsirkhanov et Naïm Boudaoud, qui ne présentent pas des profils d'islamistes radicaux, assurent n'avoir pas eu conscience du projet criminel d'Abdoullakh Anzorov, abattu par la police qu'il menaçait après son crime. Les condamner pour complicité d'assassinat sans avoir prouvé l'inverse, marquerait la poursuite d'un "glissement irréversible", "une marche en avant répressive dont il sera de plus en plus difficile de (se) départir", prévient l'avocat Martin Méchin pour M. Boudaoud. Vies fracassées L'assassinat atroce de Samuel Paty avait jeté l'effroi alors que se tenait le procès des attentats de janvier 2015. Le jihadisme avait déjà frappé l'institution scolaire. A l'école toulousaine Ozar Hatorah, Mohammed Merah avait tué en 2012 trois enfants et le professeur Jonathan Sandler parce qu'ils étaient juifs. Abdoullakh Anzorov a traumatisé les enseignants en ciblant Samuel Paty comme professeur. Le parquet général a relevé ces "enjeux sociétaux" et la nécessité d'un verdict protégeant l'école. "C'est un piège qu'on vous tend", "la pression populaire, j'espère que vous n'y êtes pas sensibles", a répondu Me Méchin à l'adresse des sept juges professionnels. Durant cinq semaines, les vies fracassées par le crime d'Abdoullakh Anzorov se sont côtoyées. Celles de la famille Paty d'abord, écrasée de douleur, qui a dû défendre encore l'image de leur fils et frère face aux allégations de discrimination. Il y eut aussi cet homme qui n'a jamais réussi à dire à son père avant son décès, que c'était lui ce policier municipal évoqué dans les médias, tétanisé face au tueur, incapable de réaliser que ce corps et cette tête n'étaient pas ceux d'un mannequin; ces collègues exprimant leurs regrets pour ce tennis annulé avec Samuel Paty, pour ne pas l'avoir raccompagné en voiture l'après-midi de sa mort, au terme de plusieurs jours de menaces vécues dans la terreur au collège; ce collégien devenu jeune majeur, silhouette désarticulée par la honte intacte d'avoir désigné le professeur au tueur... A chaque suspension, les proches se sont approchés du box des accusés pour un sourire, un signe, un regard, quelques mots, sous l'oeil de gendarmes compréhensifs. A l'annonce de réquisitions très dures, un sanglot s'élève de la famille Chnina; quand plaide une avocate de M. Boudaoud, son petit frère, portrait craché si stoïque jusqu'alors, baisse la tête et pleure sans bruit. Les débats ont été marqués par des incidents procéduraux exceptionnels: deux magistrates écartées après la mise en cause de leur impartialité; un ministre, Laurent Nuñez, qui écrit directement à la présidente de la cour pour rectifier son témoignage. Souvent tendu, avec une défense pugnace et une accusation âpre, le procès a avancé sur une ligne de crête. Mais il est resté sur les rails, la dignité réclamée par la famille Paty a été protégée par la présidente, dont la "loyauté", l'humanité et la conduite maîtrisée des débats ont été saluées par les parties.

02.03.2026 à 03:37

Israël bombarde le Liban après des tirs du Hezbollah

FRANCE24
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Un journaliste de l'AFP à Beyrouth a entendu de fortes explosions dans la nuit, au moment où l'armée israélienne annonçait frapper des cibles du Hezbollah "à travers le Liban". Selon l'agence de presse officielle libanaise, des frappes ont visé la banlieue chiite sud de la capitale ainsi que le sud du pays, et les populations des zones touchées ont entamé un "déplacement massif" pour se mettre à l'abri. Une porte-parole de l'armée israélienne a enjoint aux habitants d'une cinquantaine de localités à travers le Liban de quitter leurs maisons et de s'éloigner "d'au moins 1.000 mètres" de toute zone habitée, en prévision de bombardements. L'armée israélienne a dit avoir visé plusieurs dirigeants du Hezbollah dans la région de Beyrouth, ainsi qu'un autre dans le sud du Liban. Elle a affirmé agir "en réponse aux tirs de projectiles du Hezbollah" qui ont déclenché les sirènes d'alerte dans plusieurs zones d'Israël dans la nuit de dimanche à lundi. Le mouvement libanais soutenu par Téhéran a confirmé avoir lancé une attaque sur Israël, la première depuis le déclenchement de l'offensive américano-israélienne de grande envergure contre l'Iran qui a coûté la vie au guide suprême iranien Ali Khamenei et à d'autres hauts-responsables. Dans un communiqué, le Hezbollah a dit avoir lancé "une salve de missiles et un essaim de drones" dans la nuit "en représailles au sang pur (...) d'Ali Al-Husseini Khamenei (...) et pour défendre le Liban et son peuple, ainsi qu'en réaction aux attaques répétées d'Israël". L'armée israélienne, de son côté, a dit avoir intercepté l'un des projectiles, tandis que d'autres sont tombés "dans des zones dégagées" sans faire ni victime ni dégât. "L'organisation terroriste Hezbollah agit pour le compte du régime iranien", a-t-elle affirmé. Outre le changement de pouvoir en Iran, Etats-Unis et Israël veulent anéantir avec leur offensive contre Téhéran "l'axe de la résistance" de l'Iran qui s'appuie sur des forces alliées dans la région qu'il arme et qu'il finance: les groupes islamistes Hezbollah au Liban et Hamas à Gaza, les rebelles Houthis au Yémen et les milices en Irak. Beyrouth condamne La formation libanaise est sortie affaiblie d'une guerre avec Israël dans laquelle elle s'est engagée unilatéralement en octobre 2023 pour soutenir le Hamas palestinien, son allié. Israël continue de la viser malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis novembre 2024, et l'accuse de se réarmer. Samedi, peu avant le déclenchement de l'offensive contre l'Iran, Israël avait bombardé ce que son armée avait appelé des infrastructures du Hezbollah dans le sud du Liban. "Le Hezbollah a lancé une campagne contre Israël pendant la nuit et est entièrement responsable de toute escalade", a déclaré sur Telegram le chef d'état-major israélien, le général Eyal Zamir. "Tout ennemi qui menace notre sécurité en paiera le prix fort". Les tirs en direction d'Israël ont été condamnés par le Premier ministre libanais Nawaf Salam comme constituant "un acte irresponsable et suspect qui met en danger la sécurité du Liban et donne à Israël des excuses pour continuer ses attaques". En Iran, les Gardiens de la Révolution ont affirmé sur Telegram que le Hezbollah, mouvement chiite soutenu par Téhéran, avait "attaqué Haïfa (port du nord d'Israël, NDLR) avec six missiles". "Le Yémen entrera aussi dans la bataille dans quelques heures", ont ajouté les Gardiens, en référence à leurs alliés houthis yéménites, qui tirent régulièrement des missiles en direction d'Israël. Lors des raids israéliens et américains sur l'Iran en juin 2025, le Hezbollah n'était pas intervenu. Une conférence internationale était prévue cette semaine à Paris en soutien aux forces armées et aux forces de sécurité intérieure libanaises, dont la mission est de désarmer le Hezbollah après l'engagement pris en ce sens par Beyrouth l'an dernier. Le président libanais Joseph Aoun et son homologue français Emmanuel Macron ont annoncé dimanche le report de la rencontre.

02.03.2026 à 03:32

"Le dôme de fer n'est pas infaillible", des explosions entendues à Jérusalem

FRANCE24
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"Le dôme de fer n'est pas infaillible", interceptant - selon les experts - 93 % des missiles. Ce dimanche, des frappes de missiles balistiques ont ainsi touché des zones civiles à Jérusalem, en Israël. "Mais il faut le relativiser (...) Pour l'instant, Israël a toujours la suprématie du ciel et de la défense", relate claire Duhamel, correspondante pour France 24 à Jérusalem.
Texte intégral (711 mots)
"Le dôme de fer n'est pas infaillible", interceptant - selon les experts - 93 % des missiles. Ce dimanche, des frappes de missiles balistiques ont ainsi touché des zones civiles à Jérusalem, en Israël. "Mais il faut le relativiser (...) Pour l'instant, Israël a toujours la suprématie du ciel et de la défense", relate claire Duhamel, correspondante pour France 24 à Jérusalem.

02.03.2026 à 03:13

Frappes en Iran: le pétrole flambe à plus de 80 dollars le baril

FRANCE24
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Vers 01H45 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord s'envolait de 5,15% à 76,62 dollars, modérant ses gains après avoir ouvert en hausse de 13% à 82 dollars après le week-end. Le baril de WTI nord-américain gagnait 4,82% à 70,24 dollars. Le Brent, référence internationale de l'or noir, avait déjà progressivement intégré une prime de risque géopolitique pour s'afficher à 72 dollars vendredi, loin des 61 dollars du début d'année. Après l'attaque de deux navires dimanche au large des Emirats arabes unis et d'Oman, l'Organisation maritime internationale (OMI) a appelé les compagnies maritimes à "éviter" la région. Le prix des assurances devient prohibitif, et les principales compagnies ont confirmé suspendre leur passage. Conséquence, le transport maritime via le détroit d'Ormuz, par où transite quelque 20% de la consommation mondiale de pétrole (environ 20 millions de barils par jour) est de facto suspendu. Vers 100 dollars? En théorie, les pays importateurs de pétrole disposent de réserves, les membres de l'OCDE devant maintenir 90 jours de stocks. Mais "en cas d'interruption prolongée des livraisons via Ormuz, le pétrole brut pourrait rapidement grimper jusqu'à 100 dollars le baril (...) notamment en cas d'attaques contre les installations pétrolières dans la région", souligne Eurasia Group. La dernière fois que les prix du brut ont dépassé les 100 dollars c'était au début de la guerre en Ukraine, à l'unisson des prix du gaz, contribuant à un cycle inflationniste prolongé. Réagissant au conflit, l'Arabie saoudite, la Russie et six autres membres de l'alliance de pays exportateurs Opep+ ont augmenté dimanche leurs quotas de production de 206.000 barils par jour pour le mois d'avril. "Même sans arrêt total de la production, la hausse des primes liées au conflit, les modifications d'itinéraires et la réévaluation des assurances peuvent maintenir les coûts du pétrole et du fret à un niveau élevé", observe cependant Charu Chanana, de Saxo Markets. Certes, des "infrastructures alternatives au Moyen-Orient peuvent être utilisées pour contourner les flux transitant par le détroit, mais l'impact net demeure une perte effective de 8 à 10 millions de barils d'offre de brut", complète Jorge Leon, analyste chez Rystad Energy. L'Iran lui-même figure parmi les dix plus grands producteurs mondiaux avec environ 3,1 millions de barils/jour, et le pays disposerait des troisièmes réserves mondiales de brut: des frappes américaines sur ses infrastructures pourraient avoir des conséquences durables. Dans l'immédiat, les raffineurs chinois seraient particulièrement impactés par une perturbation prolongée des approvisionnements en pétrole iranien, dont ils achètent la très grande majorité --l'Iran représente environ 13% des importations chinoises de pétrole brut par voie maritime. Et de façon générale, plus de 80% du pétrole et gaz transitant par Ormuz est destiné aux marchés asiatiques, selon l'Agence internationale de l'Energie. Avec l'Iran, "la Chine perdrait une source de pétrole bon marché. La Russie pourrait en bénéficier, la demande indienne et chinoise se tournant vraisemblablement vers le pétrole de l'Oural", soulignent les experts de TD Securities, cités par Bloomberg. "Talon d'Achille" de Trump "Le talon d'Achille du (président américain Donald) Trump, ce sont les prix pétroliers élevés", ajoute Michelle Brouhard, analyste chez Kpler. Selon elle, l'Iran pourrait chercher à maintenir hauts les prix du brut pour faire plier Donald Trump qui a promis à son électorat des prix bas, en amont des élections de mi-mandat en fin d'année. Les prix du gaz risquent de bondir également: un cinquième du commerce mondial de gaz naturel liquéfié transite aussi par Ormuz, principalement en provenance du Qatar. "Des dizaines" de pétroliers chargés se trouvent à proximité d'Ormuz, "la plupart amarrés ou ancrés dans des zones couvertes par des systèmes de défense aérienne" et si la crise s'apaise, "ces navires pourraient rapidement reprendre l'approvisionnement du marché mondial", relève cependant Eurasia Group.
Texte intégral (664 mots)
Vers 01H45 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord s'envolait de 5,15% à 76,62 dollars, modérant ses gains après avoir ouvert en hausse de 13% à 82 dollars après le week-end. Le baril de WTI nord-américain gagnait 4,82% à 70,24 dollars. Le Brent, référence internationale de l'or noir, avait déjà progressivement intégré une prime de risque géopolitique pour s'afficher à 72 dollars vendredi, loin des 61 dollars du début d'année. Après l'attaque de deux navires dimanche au large des Emirats arabes unis et d'Oman, l'Organisation maritime internationale (OMI) a appelé les compagnies maritimes à "éviter" la région. Le prix des assurances devient prohibitif, et les principales compagnies ont confirmé suspendre leur passage. Conséquence, le transport maritime via le détroit d'Ormuz, par où transite quelque 20% de la consommation mondiale de pétrole (environ 20 millions de barils par jour) est de facto suspendu. Vers 100 dollars? En théorie, les pays importateurs de pétrole disposent de réserves, les membres de l'OCDE devant maintenir 90 jours de stocks. Mais "en cas d'interruption prolongée des livraisons via Ormuz, le pétrole brut pourrait rapidement grimper jusqu'à 100 dollars le baril (...) notamment en cas d'attaques contre les installations pétrolières dans la région", souligne Eurasia Group. La dernière fois que les prix du brut ont dépassé les 100 dollars c'était au début de la guerre en Ukraine, à l'unisson des prix du gaz, contribuant à un cycle inflationniste prolongé. Réagissant au conflit, l'Arabie saoudite, la Russie et six autres membres de l'alliance de pays exportateurs Opep+ ont augmenté dimanche leurs quotas de production de 206.000 barils par jour pour le mois d'avril. "Même sans arrêt total de la production, la hausse des primes liées au conflit, les modifications d'itinéraires et la réévaluation des assurances peuvent maintenir les coûts du pétrole et du fret à un niveau élevé", observe cependant Charu Chanana, de Saxo Markets. Certes, des "infrastructures alternatives au Moyen-Orient peuvent être utilisées pour contourner les flux transitant par le détroit, mais l'impact net demeure une perte effective de 8 à 10 millions de barils d'offre de brut", complète Jorge Leon, analyste chez Rystad Energy. L'Iran lui-même figure parmi les dix plus grands producteurs mondiaux avec environ 3,1 millions de barils/jour, et le pays disposerait des troisièmes réserves mondiales de brut: des frappes américaines sur ses infrastructures pourraient avoir des conséquences durables. Dans l'immédiat, les raffineurs chinois seraient particulièrement impactés par une perturbation prolongée des approvisionnements en pétrole iranien, dont ils achètent la très grande majorité --l'Iran représente environ 13% des importations chinoises de pétrole brut par voie maritime. Et de façon générale, plus de 80% du pétrole et gaz transitant par Ormuz est destiné aux marchés asiatiques, selon l'Agence internationale de l'Energie. Avec l'Iran, "la Chine perdrait une source de pétrole bon marché. La Russie pourrait en bénéficier, la demande indienne et chinoise se tournant vraisemblablement vers le pétrole de l'Oural", soulignent les experts de TD Securities, cités par Bloomberg. "Talon d'Achille" de Trump "Le talon d'Achille du (président américain Donald) Trump, ce sont les prix pétroliers élevés", ajoute Michelle Brouhard, analyste chez Kpler. Selon elle, l'Iran pourrait chercher à maintenir hauts les prix du brut pour faire plier Donald Trump qui a promis à son électorat des prix bas, en amont des élections de mi-mandat en fin d'année. Les prix du gaz risquent de bondir également: un cinquième du commerce mondial de gaz naturel liquéfié transite aussi par Ormuz, principalement en provenance du Qatar. "Des dizaines" de pétroliers chargés se trouvent à proximité d'Ormuz, "la plupart amarrés ou ancrés dans des zones couvertes par des systèmes de défense aérienne" et si la crise s'apaise, "ces navires pourraient rapidement reprendre l'approvisionnement du marché mondial", relève cependant Eurasia Group.

02.03.2026 à 01:58

En direct : Israël frappe des cibles du Hezbollah au Liban, en riposte à des tirs du mouvement

FRANCE24
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Texte intégral (664 mots)

02.03.2026 à 01:10

Bombardement présumé sur une école en Iran : voici ce que l'on sait

FRANCE 24
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L'armée israélienne a déclaré dimanche "ne pas être au courant" d'une frappe américaine ou israélienne contre l'école Minab, dans le sud de l'Iran qui, selon les autorités iraniennes, a fait plus de 100 morts samedi. Washington a assuré enquêter sur ces informations. Voici ce que l’on sait.
Texte intégral (664 mots)
L'armée israélienne a déclaré dimanche "ne pas être au courant" d'une frappe américaine ou israélienne contre l'école Minab, dans le sud de l'Iran qui, selon les autorités iraniennes, a fait plus de 100 morts samedi. Washington a assuré enquêter sur ces informations. Voici ce que l’on sait.

02.03.2026 à 00:42

Multiplication des attaques sur le territoire irakien

FRANCE24
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Sur le territoire irakien, les attaques se multiplient. "Le Sud-Est a été visé par des attaques de drones non-identifiées, selon les sources sécuritaires", explique Marie-Charlotte Roupie, correspondante de France 24 à Bagdad. Dans le nord du pays, les positions américaines sont fortement ciblées : des drones en ont visé près de l'aéroport d'Erbil, déclenchant plusieurs explosions. "On ne connaît pas encore l'ampleur des dégâts mais la situation inquiète fortement les habitants."
Lire plus (81 mots)
Sur le territoire irakien, les attaques se multiplient. "Le Sud-Est a été visé par des attaques de drones non-identifiées, selon les sources sécuritaires", explique Marie-Charlotte Roupie, correspondante de France 24 à Bagdad. Dans le nord du pays, les positions américaines sont fortement ciblées : des drones en ont visé près de l'aéroport d'Erbil, déclenchant plusieurs explosions. "On ne connaît pas encore l'ampleur des dégâts mais la situation inquiète fortement les habitants."

02.03.2026 à 00:36

Les activités économiques à l'arrêt en Iran

FRANCE24
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Les administrations, comme les banques et les boutiques, sont fermées. "Toutes les activités économiques sont à l'arrêt pendant au moins sept jours en Iran", rapporte Siavosh Ghazi, le correspondant de France 24 à Téhéran. "En cette période de pré-nouvel an iranien, où les commerçants font d'habitude beaucoup d'affaire, de nombreuses pertes sont à prévoir alors qu'il y a déjà une forte inflation, ce qui provoque beaucoup de mécontentement."
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Les administrations, comme les banques et les boutiques, sont fermées. "Toutes les activités économiques sont à l'arrêt pendant au moins sept jours en Iran", rapporte Siavosh Ghazi, le correspondant de France 24 à Téhéran. "En cette période de pré-nouvel an iranien, où les commerçants font d'habitude beaucoup d'affaire, de nombreuses pertes sont à prévoir alors qu'il y a déjà une forte inflation, ce qui provoque beaucoup de mécontentement."
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