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07.05.2026 à 07:51

Dans les coulisses de la course au dépistage de l'hantavirus sur le bateau de croisière

FRANCE24
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Les analyses de ces échantillons ont révélé que cette maladie rare était à l'origine d'une épidémie mortelle ayant déclenché une alerte sanitaire internationale. Mme Blumberg, qui travaille à l'Institut national sud-africain des maladies transmissibles, a raconté à l'AFP comment tout est parti de ce mail envoyé "par un contact personnel". Ce consultant en santé pour les territoires d'outre-mer britanniques lui raconte que le 11 avril dernier, un Néerlandais est mort à bord d'un bateau, le MV Hondius, et que son épouse, débarquée en Afrique du Sud quelques jours plus tard, a été prise d'un malaise à l'aéroport de Johannesburg avant de décéder à l'hôpital, 15 jours plus tard. Le contact parle également d'un ressortissant britannique qui se trouvait sur ce navire, et qui est atteint d'une sorte de pneumonie. Il a été évacué à Johannesburg, s'est retrouvé en soins intensifs, et été testé négatif à toutes les maladies habituelles rencontrées sur des croisières (grippe ou légionellose). "J'ai reçu cet appel à 18H00 le vendredi (1er mai), jour férié, indiquant qu'il était négatif aux maladies fréquentes", explique Mme Blumberg. Elle demande alors une nouvelle batterie de tests avec un prélèvement "provenant des parties les plus profondes des poumons". "Oh mon dieu" A ce moment, Mme Blumberg et d'autres collègues de l'Institut soupçonnent déjà l'hantavirus car plusieurs des passagers de la croisière ont voyagé en Argentine et au Chili, où la maladie est endémique. Dès samedi matin, elle demande donc également un test pour détecter l'hantavirus. Le résultat lui parvient l'après-midi: "La personne qui s'en est chargée a dit: +Oh mon dieu+", raconte-t-elle. Le résultat était positif. Ils ont refait le test plusieurs fois pour s'en assurer. "Alors nous avons informé tout le monde, les hôpitaux, l'OMS", ajoute-t-elle. Et la recherche des cas contact a commencé. Dimanche matin, elle a repensé au cas de l'épouse néerlandaise décédée, plusieurs jours plus tôt. "Je me suis alors demandé si nous avions encore des prélèvements sanguins la concernant". Les laboratoires ne conservent normalement ces échantillons qu'une semaine, et cela faisait plus de sept jours que son décès était intervenu. Fort heureusement, c'était le cas, "probablement en raison du jour férié de vendredi", explique-t-elle. La Néerlandaise devient alors le deuxième cas confirmé de personne infectée à l'hantavirus. "Et c'était un lien important", souligne Mme Blumberg. Un troisième cas confirmé, débarqué du bateau il y a deux semaines, est actuellement traité à Zurich, ont annoncé mercredi les autorités suisses. Selon l'OMS, cinq autres cas suspects ont pour le moment été recensés, avec deux personnes décédées, dont la voyageuse néerlandaise. Les humains contractent généralement le hantavirus par le biais de rongeurs infectés, le plus souvent par contact avec leur urine, leurs excréments ou leur salive. Les patients de Johannesburg et Zurich sont tous atteints de la souche +Andes+ de l'hantavirus, ont annoncé mercredi les gouvernements sud-africain et suisse. C'est la seule souche d'hantavirus qui se transmet entre humains. Mais cette transmission n'est toutefois pas "fréquente", estime Mme Blumberg, qui n'a recensé que deux foyers épidémiques dans toute la littérature médicale, et aucun sur un navire. Manuel Schibler, qui dirige le laboratoire de virologie des hôpitaux universitaires de Genève, et qui supervise le cas du patient infecté et actuellement traité à Zurich, explique à l'AFP que "la prochaine étape consiste à séquencer l'ensemble du génome viral". Cela permettrait "d'établir un lien avec la localisation géographique de la première personne infectée par ce virus", a-t-il déclaré. Mme Blumberg demande, elle, de la patience, afin que les chercheurs puissent conduire les tests nécessaires à la collecte d'informations solides, tout en louant le travail "déterminant" de l'OMS dans la coordination des efforts. "Vous ne pouvez pas faire cela seul", souligne-t-elle.

07.05.2026 à 07:43

Inceste parental : "il est urgent d'écouter correctement" la parole des enfants, estime une députée

FRANCE24
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L'élue (Les Démocrates) du Val-de-Marne préside depuis février à l'Assemblée nationale une commission d'enquête sur la manière dont la justice traite inceste parental et la situation des parents protecteurs. Le rapport final est attendu à ce stade pour juillet. Quel est l'objectif de cette commission d'enquête? "Cette commission a été demandée par des associations de parents dits protecteurs qui se retrouvent confrontés à des difficultés judiciaires pour faire reconnaître des qualifications d'inceste sur leur enfant et qui se voient parfois contraints de remettre l'enfant au parent mis en accusation. L'objectif est d'analyser et de comprendre le traitement judiciaire de ces violences incestueuses, la prise en compte de la parole de l'enfant et la façon dont sont traités les parents dits protecteurs". Que ressort-il des premières auditions? "On observe une série de dysfonctionnements notamment dus à un manque de moyens humains. Il n'y a pas suffisamment de juges et de policiers. Il y a aussi un manque de moyens matériels, il n'y a pas suffisamment de salles Mélanie (conçues pour enregistrer le témoignage d'un enfant dans les meilleures conditions possibles pour lui éviter de répéter le récit d'événements traumatisants, ndlr). Cela contribue malheureusement à ce que la première audition de l'enfant ne se passe pas bien - et si la première audition est ratée, en général tout le reste de la procédure est fichue". L'audition de Coline Berry devant l'Assemblé a divisé. Qu'est-ce que cela dit de la parole des victimes? "C'est assez courant à vrai dire ce qu'il s'est passé avec Coline Berry (qui a réitéré ses accusations d'inceste contre son père Richard Berry - l'enquête a été classée sans suite pour cause de prescription, ndlr). Parfois la société va s'émouvoir, parfois elle va être dans le déni et considérer que la victime fait ça pour se faire remarquer ou pour gagner de l'argent, alors que dans les faits elle gagne des traumas supplémentaires. Cela dit quelque chose sur le déni persistant. On ne peut pas imaginer que quelqu'un de sympathique puisse être un agresseur. Alors que oui, vous pouvez très bien côtoyer au boulot, dans vos proches, quelqu'un de sympathique, de rayonnant, de lumineux qui soit agresseur. Mais comme cela va à l'encontre de la figure du méchant dans les contes pour enfants, le cerveau vrille et certains préfèrent se dire que celui qui se plaint, c'est celui qui raconte des bêtises." Que faut-il faire? "Il y a une vraie urgence à s'attaquer au traitement judiciaire de l'inceste. Personne n'est capable de nous donner des statistiques fiables et identiques. Un chiffre ressort souvent: il n'y aurait qu'1% des auteurs d'inceste qui sont condamnés, ça voudrait dire que 99% des affaires portées devant la justice aboutissent à des non-lieux ou à des classements sans suite. C'est énorme. Mais il ne faut pas oublier qu'un classement sans suite ne veut pas dire qu'il n'y a rien, ça veut simplement dire qu'on n'a pas réussi à caractériser les actes. Or dans les cas d'inceste, si vous vous focalisez sur les preuves matérielles, vous risquez de passer à côté. Vous avez aujourd'hui des pédocriminels qui s'échangent des conseils pour violer un enfant sans laisser de traces. Les magistrates que nous avons entendues appellent à rechercher plutôt un faisceau d'indices, ça va être une enquête de la famille, de l'environnement, aller poser des questions à l'école, aux proches, etc." Quelles sont les pistes de réflexion? "Les magistrats doivent se former chaque année, mais ce n'est pas le cas pour les experts judiciaires ni pour les médecins, cela pose question. Il y a également une réflexion à avoir sur l'ordonnance de sûreté ou de protection de l'enfant, tout comme sur la question des parents protecteurs : ne faudrait-il pas dépénaliser le fait, en cas de séparation, de ne pas présenter l'enfant au parent soupçonné d'inceste par exemple ? Il faut aussi accompagner davantage les victimes."

07.05.2026 à 07:29

"Ceux qui restent": au Sénégal, le deuil "en silence" des enfants de migrants disparus en mer

FRANCE24
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On les appellent "ceux qui restent": ces orphelins doivent composer face à l'attente insoutenable et le deuil impossible des "absents-présents", leurs parents morts en mer ou dont on n'a plus jamais eu de nouvelles après la disparition de leur embarcation. Le nombre de ces morts et disparus - et de leurs enfants - se chiffre au moins "à des milliers" au Sénégal ces dernières années, indique à l'AFP Saliou Diouf, fondateur de l'association "Boza Fii" qui lutte contre l'oubli des personnes migrantes disparues. Dans la ville portuaire de Mbour (ouest), les vies abîmées et la parole sensible de ces enfants s'écoutent derrière les murs des maisons. Le tabou entoure encore le choix de partir de leurs parents. La peur des familles de se confier aussi, dans un contexte où les autorités ont essentiellement une approche répressive pour empêcher les départs de pirogues, arrêter les passeurs, et secourir régulièrement des embarcations à la dérive. "J'ai beaucoup pleuré... et puis après je me suis dit que c'est la volonté divine", souffle à l'AFP dans une diction hachée Fallou, silhouette agitée de spasmes, en évoquant la mort de sa mère. A Tefees, quartier de pêcheurs, aux ruelles de sable et maisonnettes précaires, Fallou et son frère de neuf ans sont heureux de se retrouver, appuyés l'un contre l'autre dans la chambre et seule pièce de vie de leur grand-mère, Ndeye Ndiaye. Leur vie a basculé quand leur mère, Awa, âgée d'une trentaine d'années, est décédée au Maroc en 2024, après le naufrage d'une pirogue. Depuis ce drame, "je suis devenu silencieux", lâche Fallou. Le garçon "n'en parle pas avec sa grand-mère ni avec ses amis", seulement avec son père lors de ses visites. "Il me raconte que ma mère était une bonne personne...". Comme souvent dans les familles où la mère migrante a disparu, la famille s'est disloquée: le père est retourné vivre dans sa famille, les enfants sont restés avec leur grand-mère. Mais acculée par le dénuement, elle a dû séparer les frères, confiant le plus jeune à son parrain. Awa n'avait pas informé sa mère de son projet, mais elle déplorait souvent de la voir "se fatiguer" et voulait lui "venir plus en aide". "Prie pour moi" "Elle m'a simplement dit qu'elle devait aller à Dakar", la capitale, relate Ndeye. Mais un soir, Awa l'appelle: "Maman, j'ai pris une pirogue pour rejoindre l'Europe et je voudrais que tu pries pour moi". Deux semaines d'angoisse plus tard, un appel leur annonce son décès dans un hôpital au Maroc. "On ne m'a pas rapporté son corps et j'en suis toujours là...", murmure Ndeye, qui ne peut retenir ses larmes. "Voir des enfants, des innocents comme eux, devoir vivre sans mère, ça vous affecte au plus profond de vous". En 2024, au moins 10.457 migrants sont morts ou disparus "à la frontière occidentale euro-africaine" en tentant de rejoindre l'Espagne via la périlleuse route Atlantique, selon Caminando Fronteras, le nombre le plus élevé enregistré depuis le début du recensement en 2007 opéré par cette association. Poussés par le désespoir face au manque d'opportunités dans leur pays (chômage, disparition des ressources halieutiques, etc...) et du fait que l'Europe restreint les visas et contrôle drastiquement ses frontières, les candidats à l'exil sont forcés de recourir à des embarcations clandestines, souvent vétustes et surchargées. "Souvent les familles n'obtiennent pas assez d'informations pour faire leur deuil", souligne Saliou Diouf. "L'acceptation de la disparition se fait très difficilement". Les enfants apprennent parfois la nouvelle brutalement dans la rue ou chez des voisins. Certains se débattent entre une attente insupportable, le refus d'accepter le décès, ou la colère. C'est le cas de Sokhna, 11 ans, visage d'ange assombri par un regard douloureux. Sa mère Fatou Ngom, son frère et sa soeur vivotent à Mbour dans une chambre et une cour louée à plusieurs familles. Le père, Assane, est porté disparu depuis que la pirogue qui le transportait a pris feu au large des côtes en 2022. On a simplement rapporté à Fatou qu'il "faisait partie des victimes". Pauvreté aggravée Fatou explique que Sokhna a depuis des moments "d'absence", notamment en classe, et du retard dans sa scolarité. "Des fois la nuit, elle fait des rêves, elle crie +papa" plusieurs fois" dans la chambre où toute la famille vit. Même si leur relation semble complice, Sokhna explique sans détour que sa mère, encore accablée par le chagrin et qui a beaucoup de mal à parler de la disparition de son mari, ne la "comprend pas" quand elle veut lui parler de son père. "Quand je rêve de lui et que j'ai peur parce que j'ai vraiment l'impression qu'il me parle, le lendemain je vais voir ma grand-mère", confie Sokhna. "Elle me raconte quand mon père courtisait ma mère, et des histoires sur lui...". "Je pense toujours à mon père quand je vois la mer", souffle-t-elle. C'est sa grand-mère, voyant son chagrin, qui a dit à Sokhna d'éviter de circuler par la plage et son alignement de pirogues. Contrairement à sa soeur qui garde son chagrin enfoui, Boubacar, 14 ans, a du mal à retenir son émotion en racontant ce jour de 2022: "ma famille est venue trouver ma mère; elle préparait du café. Ils ont dit +Assane est mort dans la pirogue+; elle était en choc, elle s'est mise à pleurer, et nous aussi". "Mon père voulait nous construire une maison. Avant d'y arriver, Dieu a pris son âme...". "Je pense souvent à lui, surtout quand ma mère n'a pas l'argent pour la dépense quotidienne parce que c'est lui qui nous aidait à vivre", sanglote-t-il. A 14 ans, l'adolescent travaille déjà régulièrement après l'école dans un atelier de menuiserie métallique pour aider sa mère. Ces orphelins doivent tenter de se reconstruire dans des familles brisées et qui tombent dans une précarité encore plus prégnante (réduction du nombre de repas, déscolarisation des enfants, endettement...). Nombre d'entre eux grandissent trop vite, éprouvés par les responsabilités. Près de Boubacar, sa soeur Coumba, cinq ans, pieds nus, vêtements élimés, s'amuse à dessiner sur un tableau accroché au mur de la cour. La fillette a grandi sans presque connaître son père. "C'est elle qui me fait pleurer parce qu'elle me demande toujours des nouvelles de son père", confie Fatou. "Je lui réponds qu'il est en voyage". "Elle peut devenir folle si on lui explique maintenant...", renchérit Boubacar. Briser le silence La douce Amy Dramé n'a pas non plus dit la vérité à ses enfants de dix, six et trois ans. Son mari - qui avait vu tous ses collègues pêcheurs acculés par la pauvreté tenter la traversée - l'a appelée depuis un bateau le 10 août 2024. "Il m'a demandé des nouvelles des enfants, et de prier pour lui; c'est la dernière fois que j'ai eu des nouvelles", dit-elle, bouleversée. Un mois après, les autorités les ont informés que la pirogue avait échoué au Cap-Vert, sans survivants. Amy continue à dire à ses enfants que leur père est en campagne de pêche. "Ce sont des enfants...", lâche-t-elle. "Ils prennent tout le temps mon téléphone pour regarder des vidéos de leur père; ils ne vont pas l'oublier...". Tenter de briser ce silence, c'est l'objectif d'un programme pionnier au Sénégal de prise en charge psycho-sociale de ces enfants, débuté en 2024. Une cinquantaine d'orphelins sont accompagnés par l'ONG internationale Délégation diocésaine des migrations (DDM) Sénégal, qui a entamé ce travail après avoir constaté la souffrance des femmes de disparus, particulièrement due au "deuil ambigu" lié à l'incertitude sur le décès. "On a constaté que beaucoup de leurs enfants souffraient aussi, d'une manière différente, plus en silence, avec beaucoup de colère", explique Jordi Balsells, directeur de la DDM. L'ONG fait trois tournées par an dans d'autres régions du Sénégal, et mène des accompagnements à domicile. Dans le centre de Mbour, dans un bâtiment baigné de lumière, alors que leurs mères travaillent dans un atelier de couture pour avoir une source de revenus supplémentaire, les enfants - tous orphelins de pères migrants - sont reçus en thérapie. Si en apparence plusieurs chahutent en patientant, cela masque souvent une attitude fragile. Babacar Ndiaye, 12 ans, submergé par l'émotion, ne parviendra pas à se confier sur la disparition de son père mareyeur en 2024 dans le chavirement d'une pirogue au large de Mbour. "Sache que si tu veux parler, on est là", lui dit doucement Tesa Reimat Corbella, médecin spécialisée dans le deuil, qui s'occupe de l'accompagnement psycho-social. "Stigmatisation" A l'inverse, son frère de neuf ans, Pape Balla, dégage une assurance étonnante. Il se confie tout en ne lâchant pas deux figurines de crocodile et de lama. "Mon père ne voulait pas partir mais c'est celui qui a organisé le voyage qui l'a forcé!", lance-t-il, manière à lui de faire face à cet abandon qu'il ne comprend pas. "Ca me fait mal qu'il ait disparu; je voulais qu'il reste avec nous...". "J'ai des amis au quartier qui ont vécu la même chose mais on n'en discute pas", ajoute Pape, qui raconte aussi des souvenirs aux côtés du père. "Il m'achetait souvent des ballons et ça me manque...". A l'instar de Babacar, Bambi Diop, 10 ans, ne pourra d'abord n'articuler que quelques mots: "je veux pas parler de mon père...". Avec sollicitude, la psychothérapeute Katy Faye prend Bambi par les épaules et tente de calmer son accès de larmes. "Quand je pars en classe je pense à lui", lâche Bambi finalement, expliquant que c'est souvent son père qui la déposait à l'école. La fillette reste en partie dans le déni, affirmant à l'AFP que son père vit dans une autre ville du Sénégal et qu'il va "bien". Des mots qui surprendront sa mère, qui assure que sa fille "sait" que son père est décédé dans un naufrage en 2024. Pour Tesa Reimat Corbella, le principal défi, "c'est de casser le silence" entourant la disparition. "Il faut commencer à donner des mots à ce qui s'est passé, pouvoir parler avec les enfants du souvenir de qui était leur père, et travailler avec le parent qui est resté". Elle se réjouit que l'ONG ait réussi à créer "un espace sûr, où ils peuvent partager avec les autres enfants". "Le fait qu'ils acceptent ce qui est arrivé et qu'ils peuvent en parler sans peur, sans honte, c'est le plus important". Mais il y a "encore beaucoup de travail", reconnaît-elle. "Quand les enfants sortent de cet espace, à l'école ou dans la rue il y a encore de la stigmatisation". Acteur de la société civile et spécialiste depuis 20 ans des questions migratoires, Mamadou Diop Thioune regrette que le soutien économique et psycho-social à ces familles ne soient "pas pris en compte dans (nos) politiques publiques". Il pointe le manque d'information des autorités, d'outils et de personnel formé, alors que les "conséquences sociales" pour le Sénégal de ces disparitions d'exilés "sont dramatiques". Au centre DDM, une lumière douce de fin de journée apaise l'atmosphère. Les enfants alignés sur des matelas au sol sont fascinés par le film d'animation "Kirikou et la Sorcière", sous le regard de Tesa et ses collègues. La société sénégalaise doit être davantage "sensibilisée sur la situation des disparus et de leurs familles", martèle Tesa. "C'est important de redonner une dignité aux personnes disparues, des gens qui étaient partis chercher une vie meilleure", plaide-t-elle. "Il faut qu'on puisse parler de ce sujet sans cacher ces enfants et ces familles".

07.05.2026 à 07:27

Ligue Conférence: pour voir sa première finale, Strasbourg doit mater le Rayo

FRANCE24
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Bastia, Bordeaux, Marseille, Monaco, Paris, Reims, Saint-Étienne... et bientôt Strasbourg? S'il renverse les Espagnols du Rayo Vallecano, le Racing intégrera ce petit groupe français de privilégiés qui a déjà connu une finale de coupe d'Europe. "On peut écrire l'histoire pour le club et avec l'équipe que l'on a aujourd'hui, on peut avoir confiance", croit le gardien Mike Penders, qui veut prendre sa "revanche". "Je sais que c'est un moment particulier pour le club et nous en avons pleinement conscience. Nous devons réaliser une grosse performance", souligne l'entraîneur de Strasbourg Gary O'Neil, confiant et méfiant à la fois. Confiant car le Racing n'a qu'un but à remonter face à une formation qui n'a pas survolé les débats dans son stade du sud-est de Madrid, et méfiant car ses hommes apparaissent de plus en plus éreintés avec les pépins physiques qui s'accumulent à l'heure de disputer leur 51e match de la saison. "Toujours debout" "Nous avons traversé des moments difficiles, des coups durs avec la blessure de +Pani+ (Joaquin Panichelli, NDLR) mais nous sommes toujours debout" pour affronter une équipe qui a "la faim et le désir de défendre quelque chose", affirme Gary O'Neil. Depuis le rachat par BlueCo en juin 2023, Strasbourg a les moyens financiers de viser une qualification européenne mais un effectif pas suffisamment fourni pour jouer sur trois tableaux comme cela s'est présenté de manière inattendue cette saison. Même avec son équipe type, le club alsacien a plié face à Nice (2-0) en demi-finale de la Coupe de France et avec des équipes remaniées en championnat, il n'a pas fait le poids contre Rennes en avril (3-0) et Toulouse dimanche (2-1). "Il nous manque un peu de qualité et surtout de profondeur dans notre effectif", a lâché Gary O'Neil dimanche soir après la onzième défaite de la saison en Ligue 1 contre le Téfécé, qui bouche presque définitivement la route pour l'Europe via le championnat (8e, 46 points). "Mais je ne vois pas un groupe fatigué et d'après ce que j'ai vu aujourd'hui, l'énergie et la faim sont là", nuance tout de même l'Anglais. Emmanuel Emegha absent Pour ne rien arranger, Emmanuel Emegha "est indisponible" pour cette demie cruciale, sans surprise. Blessé aux ischios-jambiers contre Toulouse dimanche, Emegha "ne rejouera plus en Ligue 1" mais "GON" garde l'espoir de pouvoir l'aligner en cas de qualification pour la finale le 27 mai, la blessure n'étant "pas grave". Le Paraguayen Julio Enciso, homme de la qualification contre Mayence en quarts, avec un but et deux passes décisives, devrait retrouver le front de l'attaque avec Sebastian Nanasi en soutien. Strasbourg enregistre aussi les retours de Martial Godo, Guéla Doué et surtout de Valentin Barco, en lice pour être désigné meilleur espoir du championnat par l'UNFP. Absent ces trois dernières semaines, l'international argentin, qui apporte de la "fluidité dans le jeu", a pu souffler et pourra apporter cette fraîcheur qui manque tant aux Strasbourgeois. Face à eux, les Madrilènes s'avancent en pleine confiance à la Meinau après leur succès (2-0) dimanche à Getafe qui les rapproche un peu plus du maintien en Liga. Eux aussi ont pu faire tourner leur équipe. Après la victoire à l'aller, l'entraîneur espagnol Inigo Perez promet "de rester fidèle aux valeurs de Vallecas", ce quartier populaire si fier de la réussite de son équipe, elle aussi pour la première fois en demi-finale d'une coupe d'Europe. "On sait qu'ils vont pousser comme contre Mayence, c'est une superbe équipe, un rival extraordinaire mais demain on va jouer notre football et essayer de gagner", a prévenu le technicien. Sur la scène européenne, Strasbourg a dans le rétroviseur deux quarts de finale européens perdus contre Manchester United lors de la Coupe des Coupes 1965 et face à l'Ajax Amsterdam pendant la Coupe d'Europe des clubs champions 1980, et dans le viseur une finale. Histoire d'entrer dans un cercle très fermé.

07.05.2026 à 07:12

La loi Lamine-Guèye : il y a 80 ans, les "indigènes" des colonies françaises devenaient citoyens

Stéphanie TROUILLARD
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Il y a 80 ans, le 7 mai 1946, la loi Lamine Guèye était promulguée. Portée par le maire de Dakar et député socialiste Lamine Guèye, elle proclamait citoyens français tous les ressortissants des "territoires d'outre-mer", la nouvelle dénomination des colonies françaises en Afrique. Nombre d'historiens sénégalais rappellent que, dans les faits, son exécution a été limitée.
Texte intégral (676 mots)
Il y a 80 ans, le 7 mai 1946, la loi Lamine Guèye était promulguée. Portée par le maire de Dakar et député socialiste Lamine Guèye, elle proclamait citoyens français tous les ressortissants des "territoires d'outre-mer", la nouvelle dénomination des colonies françaises en Afrique. Nombre d'historiens sénégalais rappellent que, dans les faits, son exécution a été limitée.

07.05.2026 à 07:11

Play-offs NBA: les Spurs de Wembanyama se rattrapent et corrigent Minnesota

FRANCE24
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Les Spurs égalisent ainsi à 1-1 dans leur demi-finale de conférence Ouest, au meilleur des sept matches, avant deux déplacements à Minneapolis vendredi et dimanche. Vexés par leur défaite inaugurale devant leur public, les Spurs ont fait souffler la tempête sur les Wolves, sous l'impulsion de Victor Wembanyama (19 points, 15 rebonds, 2 passes, 2 contres). Auteur d'un record NBA en play-offs avec 12 contres mais effacé en attaque lundi, "Wemby" a attaqué la rencontre de façon énergique, marquant rapidement sept points en se projetant au rebond offensif, et à la réception d'un alley-oop acrobatique. "Il y a aussi de l'ego là-dedans, on s'est fait agresser au premier match, on voulait agresser au deuxième", a commenté Wembanyama en conférence de presse. "On était mieux sur tout, mais la plus grande différence c'est qu'on a défendu et couru." Le Français de 22 ans a enfin marqué derrière l'arc (2 sur 7), après son 0 sur 8 de lundi, contribuant à creuser l'écart dans le deuxième quart-temps, pour mener 59 à 35 à la pause, face à des Wolves maladroits et gênés par la défense de fer des locaux. De'Aaron Fox (16 pts), beaucoup plus inspiré que lors du match 1 et Stephon Castle (19 pts) ont contribué au succès des jeunes Spurs, dont la plupart découvrent les play-offs, que la franchise retrouve pour la première fois depuis 2019. Les Timberwolves, deux fois finalistes sortants de la conférence Ouest, ont été trop maladroits (35 sur 88 à 39,8%), aucun de leurs leaders ne parvenant à peser en attaque, ni Julius Randle (12 pts), ni Anthony Edwards (12 pts), toujours en sortie de banc après son retour de blessure. Le pivot tricolore de Minnesota Rudy Gobert a fini avec 5 points et 10 rebonds. Le rookie français Joan Beringer a pu jouer quelques minutes en fin de match pour inscrire 7 points. . Les Knicks maîtrisent les 76ers Les New York Knicks ont de leur côté dominé les Philadelphia 76ers 108-102 et mènent 2-0 leur demi-finale de conférence Est. Dans une rencontre restée très serrée - jamais plus de 7 points d'écart et 25 changements de leader - les Knicks ont su maîtriser les dernières minutes, grâce notamment à leur meneur Jalen Brunson (26 points, 6 passes), et à Karl-Anthony Towns, précieux avec 20 points, 10 rebonds et 7 passes malgré un temps de jeu limité par les fautes. Privés de Joel Embiid (cheville, hanche), les 76ers, écrasés lors du premier match, ont réussi à résister avec Tyrese Maxey (26 points, 6 passes), mais ont manqué d'adresse dans les derniers instants (12 points seulement inscrits dans le dernier quart-temps). Ils auront l'occasion de répondre vendredi en accueillant le troisième match. Les Knicks viennent de remporter leurs cinq dernières rencontres de play-offs, après avoir été menés 2-1 au premier tour par les Atlanta Hawks, de quoi les lancer en direction d'une nouvelle finale de conférence Est après celle perdue en 2025 contre les Indiana Pacers.
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Les Spurs égalisent ainsi à 1-1 dans leur demi-finale de conférence Ouest, au meilleur des sept matches, avant deux déplacements à Minneapolis vendredi et dimanche. Vexés par leur défaite inaugurale devant leur public, les Spurs ont fait souffler la tempête sur les Wolves, sous l'impulsion de Victor Wembanyama (19 points, 15 rebonds, 2 passes, 2 contres). Auteur d'un record NBA en play-offs avec 12 contres mais effacé en attaque lundi, "Wemby" a attaqué la rencontre de façon énergique, marquant rapidement sept points en se projetant au rebond offensif, et à la réception d'un alley-oop acrobatique. "Il y a aussi de l'ego là-dedans, on s'est fait agresser au premier match, on voulait agresser au deuxième", a commenté Wembanyama en conférence de presse. "On était mieux sur tout, mais la plus grande différence c'est qu'on a défendu et couru." Le Français de 22 ans a enfin marqué derrière l'arc (2 sur 7), après son 0 sur 8 de lundi, contribuant à creuser l'écart dans le deuxième quart-temps, pour mener 59 à 35 à la pause, face à des Wolves maladroits et gênés par la défense de fer des locaux. De'Aaron Fox (16 pts), beaucoup plus inspiré que lors du match 1 et Stephon Castle (19 pts) ont contribué au succès des jeunes Spurs, dont la plupart découvrent les play-offs, que la franchise retrouve pour la première fois depuis 2019. Les Timberwolves, deux fois finalistes sortants de la conférence Ouest, ont été trop maladroits (35 sur 88 à 39,8%), aucun de leurs leaders ne parvenant à peser en attaque, ni Julius Randle (12 pts), ni Anthony Edwards (12 pts), toujours en sortie de banc après son retour de blessure. Le pivot tricolore de Minnesota Rudy Gobert a fini avec 5 points et 10 rebonds. Le rookie français Joan Beringer a pu jouer quelques minutes en fin de match pour inscrire 7 points. . Les Knicks maîtrisent les 76ers Les New York Knicks ont de leur côté dominé les Philadelphia 76ers 108-102 et mènent 2-0 leur demi-finale de conférence Est. Dans une rencontre restée très serrée - jamais plus de 7 points d'écart et 25 changements de leader - les Knicks ont su maîtriser les dernières minutes, grâce notamment à leur meneur Jalen Brunson (26 points, 6 passes), et à Karl-Anthony Towns, précieux avec 20 points, 10 rebonds et 7 passes malgré un temps de jeu limité par les fautes. Privés de Joel Embiid (cheville, hanche), les 76ers, écrasés lors du premier match, ont réussi à résister avec Tyrese Maxey (26 points, 6 passes), mais ont manqué d'adresse dans les derniers instants (12 points seulement inscrits dans le dernier quart-temps). Ils auront l'occasion de répondre vendredi en accueillant le troisième match. Les Knicks viennent de remporter leurs cinq dernières rencontres de play-offs, après avoir été menés 2-1 au premier tour par les Atlanta Hawks, de quoi les lancer en direction d'une nouvelle finale de conférence Est après celle perdue en 2025 contre les Indiana Pacers.

07.05.2026 à 07:03

Trump juge un accord "très possible" avec l'Iran, les marchés s'emballent

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"Nous avons eu de très bonnes discussions dans les dernières 24 heures et il est très possible que nous passions un accord", a dit le président américain pendant un échange avec des journalistes dans le Bureau ovale. Le milliardaire républicain avait déjà évoqué dans la journée une fin de l'opération "Fureur épique" en cas d'accord, menaçant autrement l'Iran de nouveaux bombardements à "une intensité bien plus forte qu'avant", en référence à la campagne américano-israélienne menée du 28 février au cessez-le-feu du 8 avril. Le principal négociateur iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a, lui, estimé que Washington cherchait à forcer la "reddition" de Téhéran par une "nouvelle stratégie" visant à "détruire la cohésion du pays". Mais la République islamique s'est gardée de claquer la porte, le porte-parole de sa diplomatie, Esmaïl Baghaï, affirmant que "l'Iran examinait toujours le plan et la proposition américaine". Fête sur les marchés Les marchés financiers ont préféré retenir un scénario optimiste. A Tokyo, l'indice Nikkei bondissait de 5,53% peu après 04H30 GMT jeudi, et Hong Kong ou encore Shanghai évoluaient aussi dans le vert. La veille, l'euphorie avait dominé Wall Street et les Bourses européennes. Le cours du baril de Brent a plongé mercredi de près de 8% à 101,27 dollars, loin du pic des 126 dollars atteint il y a quelques jours. Jeudi en Asie, il évoluait en très légère hausse, à 101,87 dollars. Mardi, M. Trump avait annoncé, compte tenu des "grands progrès accomplis en vue d'un accord" avec l'Iran, la suspension de l'opération américaine lancée juste la veille pour permettre à des centaines de bateaux coincés dans le Golfe de franchir le détroit d'Ormuz. Téhéran verrouille ce passage stratégique pour le commerce mondial des hydrocarbures depuis le début de la guerre, qui a fait des milliers de morts, surtout en Iran et au Liban. Washington maintient son blocus des ports iraniens lancé le 13 avril, et le Pentagone a annoncé mercredi qu'un pétrolier iranien essayant de le forcer avait été "neutralisé" par un tir sur son gouvernail. Possible signe annonciateur d'une évolution sur le terrain, le porte-avions Charles-de-Gaulle va se prépositionner dans la région du Golfe, selon les autorités françaises, au moment où la coalition montée par Londres et Paris se tient prête à sécuriser le détroit d'Ormuz après un éventuel règlement. Le président français Emmanuel Macron a souligné mercredi "l'utilité" que cette mission multinationale aurait, dans un appel à son homologue iranien Massoud Pezeshkian, selon un message sur X. A l'ONU, Washington et les Etats du Golfe ont préparé une résolution au Conseil de sécurité exigeant que Téhéran cesse ses attaques, révèle l'emplacement de ses mines et s'abstienne d'imposer un péage à la navigation, a annoncé le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio. Un vote devrait intervenir dans les prochains jours. Le lancement lundi de l'opération américaine dans le détroit d'Ormuz s'est accompagné d'accrochages en mer entre Iraniens et Américains, et d'attaques contre les Emirats arabes unis imputées à l'Iran mais démenties par lui, après des semaines de calme relatif. L'Iran a nié jeudi toute implication dans l'explosion survenue sur un cargo sud-coréen, le HMM Namu, dans le détroit lundi, via un communiqué de son ambassade à Séoul. "Tous les scénarios" Le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, dont le pays a accueilli des négociations directes jusqu'ici sans lendemain entre l'Iran et les Etats-Unis le 11 avril, a dit avoir "bon espoir" que l'actuelle dynamique aboutisse à une paix durable. Mais en Iran, certains ne cachent pas leur lassitude. "Que vous soyez en Iran ou non, la pression psychologique est intense. Tout le monde est déprimé et sans espoir à cause de ce jeu psychologique", confie Azadeh, une traductrice de 43 ans jointe par une journaliste de l'AFP à Paris. Israël est "prêt à tous les scénarios" face à l'Iran, a prévenu le Premier ministre Benjamin Netanyahu. Et l'armée est prête également à reprendre une opération "forte et puissante", selon son chef. Sur le front libanais, M. Netanyahu a affirmé mercredi soir que l'armée avait visé un commandant de haut rang du Hezbollah à Beyrouth. Un commandant du groupe pro-iranien a bien été tué dans cette frappe - la première sur la banlieue sud de la capitale depuis le cessez-le-feu du 17 avril, a indiqué à l'AFP une source proche du Hezbollah. Le ministère de la Santé libanais a aussi recensé 11 morts dans le sud et l'est du pays dans des bombardements israéliens, malgré la trêve imposée par les Etats-Unis. L'armée israélienne a annoncé l'interception d'une "cible aérienne suspecte" en provenance du Liban après le déclenchement de sirènes dans le nord du pays dans la nuit de mercredi à jeudi. burx-bar/jnd/phs
Texte intégral (840 mots)
"Nous avons eu de très bonnes discussions dans les dernières 24 heures et il est très possible que nous passions un accord", a dit le président américain pendant un échange avec des journalistes dans le Bureau ovale. Le milliardaire républicain avait déjà évoqué dans la journée une fin de l'opération "Fureur épique" en cas d'accord, menaçant autrement l'Iran de nouveaux bombardements à "une intensité bien plus forte qu'avant", en référence à la campagne américano-israélienne menée du 28 février au cessez-le-feu du 8 avril. Le principal négociateur iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a, lui, estimé que Washington cherchait à forcer la "reddition" de Téhéran par une "nouvelle stratégie" visant à "détruire la cohésion du pays". Mais la République islamique s'est gardée de claquer la porte, le porte-parole de sa diplomatie, Esmaïl Baghaï, affirmant que "l'Iran examinait toujours le plan et la proposition américaine". Fête sur les marchés Les marchés financiers ont préféré retenir un scénario optimiste. A Tokyo, l'indice Nikkei bondissait de 5,53% peu après 04H30 GMT jeudi, et Hong Kong ou encore Shanghai évoluaient aussi dans le vert. La veille, l'euphorie avait dominé Wall Street et les Bourses européennes. Le cours du baril de Brent a plongé mercredi de près de 8% à 101,27 dollars, loin du pic des 126 dollars atteint il y a quelques jours. Jeudi en Asie, il évoluait en très légère hausse, à 101,87 dollars. Mardi, M. Trump avait annoncé, compte tenu des "grands progrès accomplis en vue d'un accord" avec l'Iran, la suspension de l'opération américaine lancée juste la veille pour permettre à des centaines de bateaux coincés dans le Golfe de franchir le détroit d'Ormuz. Téhéran verrouille ce passage stratégique pour le commerce mondial des hydrocarbures depuis le début de la guerre, qui a fait des milliers de morts, surtout en Iran et au Liban. Washington maintient son blocus des ports iraniens lancé le 13 avril, et le Pentagone a annoncé mercredi qu'un pétrolier iranien essayant de le forcer avait été "neutralisé" par un tir sur son gouvernail. Possible signe annonciateur d'une évolution sur le terrain, le porte-avions Charles-de-Gaulle va se prépositionner dans la région du Golfe, selon les autorités françaises, au moment où la coalition montée par Londres et Paris se tient prête à sécuriser le détroit d'Ormuz après un éventuel règlement. Le président français Emmanuel Macron a souligné mercredi "l'utilité" que cette mission multinationale aurait, dans un appel à son homologue iranien Massoud Pezeshkian, selon un message sur X. A l'ONU, Washington et les Etats du Golfe ont préparé une résolution au Conseil de sécurité exigeant que Téhéran cesse ses attaques, révèle l'emplacement de ses mines et s'abstienne d'imposer un péage à la navigation, a annoncé le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio. Un vote devrait intervenir dans les prochains jours. Le lancement lundi de l'opération américaine dans le détroit d'Ormuz s'est accompagné d'accrochages en mer entre Iraniens et Américains, et d'attaques contre les Emirats arabes unis imputées à l'Iran mais démenties par lui, après des semaines de calme relatif. L'Iran a nié jeudi toute implication dans l'explosion survenue sur un cargo sud-coréen, le HMM Namu, dans le détroit lundi, via un communiqué de son ambassade à Séoul. "Tous les scénarios" Le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, dont le pays a accueilli des négociations directes jusqu'ici sans lendemain entre l'Iran et les Etats-Unis le 11 avril, a dit avoir "bon espoir" que l'actuelle dynamique aboutisse à une paix durable. Mais en Iran, certains ne cachent pas leur lassitude. "Que vous soyez en Iran ou non, la pression psychologique est intense. Tout le monde est déprimé et sans espoir à cause de ce jeu psychologique", confie Azadeh, une traductrice de 43 ans jointe par une journaliste de l'AFP à Paris. Israël est "prêt à tous les scénarios" face à l'Iran, a prévenu le Premier ministre Benjamin Netanyahu. Et l'armée est prête également à reprendre une opération "forte et puissante", selon son chef. Sur le front libanais, M. Netanyahu a affirmé mercredi soir que l'armée avait visé un commandant de haut rang du Hezbollah à Beyrouth. Un commandant du groupe pro-iranien a bien été tué dans cette frappe - la première sur la banlieue sud de la capitale depuis le cessez-le-feu du 17 avril, a indiqué à l'AFP une source proche du Hezbollah. Le ministère de la Santé libanais a aussi recensé 11 morts dans le sud et l'est du pays dans des bombardements israéliens, malgré la trêve imposée par les Etats-Unis. L'armée israélienne a annoncé l'interception d'une "cible aérienne suspecte" en provenance du Liban après le déclenchement de sirènes dans le nord du pays dans la nuit de mercredi à jeudi. burx-bar/jnd/phs

07.05.2026 à 06:39

Indonésie: le sapu-sapu, un poisson invasif qui prospère malgré la pollution

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L'hypostomus plecostomus ou pléco, appelé sapu-sapu en Indonésie, est un poisson-chat originaire d'Amérique du Sud, introduit il y a des décennies pour débarrasser les aquariums d'Asie du Sud-Est des algues. Ce poisson d'eau douce qui peut mesurer plus de 50 cm s'est installé dans les rivières javanaises, souvent après avoir été relâché car devenu trop grand pour son aquarium. Contrairement au fleuve Amazone où il possède des prédateurs naturels, le sapu-sapu a rapidement envahi Java, s'adaptant étonnamment aux eaux polluées pour supplanter les poissons d'eau douce indigènes. "Le fait qu'il y ait des milliers de poissons (sapu-sapu) dans certains de ces cours d'eau, où les rivières sont d'un noir profond, sentant presque les œufs pourris (...) est complètement fou", témoigne pour l'AFP Gary Bencheghib, militant pour la dépollution des rivières. Eliminer des sapu-sapu ne résout pas le vrai problème, ajoute cet homme qui effectue un périple de 1.200 kilomètres entre Bali et Jakarta afin de collecter des fonds pour le nettoyage des rivières. "La véritable solution consiste à nettoyer les déchets dont (le poisson) se nourrit (...) et que l'on trouve dans ces eaux polluées", ajoute M. Bencheghib, cofondateur de l'ONG Sungai Watch. - "Un snack dangereux"- Selon le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE), plus de la moitié des rivières indonésiennes sont fortement polluées, et deux des principaux réseaux fluviaux du pays figurent parmi les plus sales au monde. A l'échelle nationale, seulement 7,4% des eaux usées sont collectées et traitées convenablement. La région du Grand Jakarta, métropole de 42 millions d'habitants confrontée à un stress hydrique important, est particulièrement touchée. Mais le sapu-sapu est capable de vivre dans des eaux pauvres en oxygène et polluées. Ils creusent de plus des trous dans les berges des rivières pour y déposer leurs œufs, ce qui fragilise les parois et peut entraîner leur effondrement. Ces dernières semaines, Jakarta s'est lancée dans une campagne d'élimination de l'espèce, avec l'aide des habitants, d'agents d'entretien, d'employés du ministère de la Pêche et même de soldats. En deux semaines, quelque 5,3 tonnes de ce poisson ont été retirées des rivières du seul sud de Jakarta, a indiqué le maire Muhammad Anwar à l'AFP lors d'une opération sur le lac Babakan. Les sapu-sapu sont pêchés à l'aide de filets, puis séparés des poissons indigènes rejetés à l'eau. Ils sont ensuite décapités pour s'assurer qu'ils sont bien morts puis enterrés. Certains militants de la cause animale critiquent cette procédure, estimant qu'elle gaspille la ressource. Selon eux, la peau du poisson pourrait être utilisée pour fabriquer des produits en cuir de poisson et le reste transformé en engrais ou en aliments pour animaux. Mais d'autres affirment que les poissons sont trop contaminés pour être utilisables. Et certainement impropres à la consommation humaine. Le sapu-sapu contient en effet "des métaux lourds et est dangereux pour l'homme", souligne M. Anwar. Des analyses ont ainsi révélé la présence dans certains sapu-sapu de traces de plomb et de mercure ainsi que des bactéries E. coli à des niveaux supérieurs aux seuils de sécurité. Ce qui n'empêche pas certains de le mettre à leur menu. "Dans certains endroits, il (le sapu-sapu) est consommé en siomay (boulettes de poisson cuites à la vapeur) et en pempek (beignets de poisson), un snack dangereux", assure le maire de Jakarta. "Je vous en prie, prévient-il. Soyez prudents lorsque vous achetez des croquettes de poisson. Ne vous laissez pas séduire par le prix (bas)".
Texte intégral (630 mots)
L'hypostomus plecostomus ou pléco, appelé sapu-sapu en Indonésie, est un poisson-chat originaire d'Amérique du Sud, introduit il y a des décennies pour débarrasser les aquariums d'Asie du Sud-Est des algues. Ce poisson d'eau douce qui peut mesurer plus de 50 cm s'est installé dans les rivières javanaises, souvent après avoir été relâché car devenu trop grand pour son aquarium. Contrairement au fleuve Amazone où il possède des prédateurs naturels, le sapu-sapu a rapidement envahi Java, s'adaptant étonnamment aux eaux polluées pour supplanter les poissons d'eau douce indigènes. "Le fait qu'il y ait des milliers de poissons (sapu-sapu) dans certains de ces cours d'eau, où les rivières sont d'un noir profond, sentant presque les œufs pourris (...) est complètement fou", témoigne pour l'AFP Gary Bencheghib, militant pour la dépollution des rivières. Eliminer des sapu-sapu ne résout pas le vrai problème, ajoute cet homme qui effectue un périple de 1.200 kilomètres entre Bali et Jakarta afin de collecter des fonds pour le nettoyage des rivières. "La véritable solution consiste à nettoyer les déchets dont (le poisson) se nourrit (...) et que l'on trouve dans ces eaux polluées", ajoute M. Bencheghib, cofondateur de l'ONG Sungai Watch. - "Un snack dangereux"- Selon le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE), plus de la moitié des rivières indonésiennes sont fortement polluées, et deux des principaux réseaux fluviaux du pays figurent parmi les plus sales au monde. A l'échelle nationale, seulement 7,4% des eaux usées sont collectées et traitées convenablement. La région du Grand Jakarta, métropole de 42 millions d'habitants confrontée à un stress hydrique important, est particulièrement touchée. Mais le sapu-sapu est capable de vivre dans des eaux pauvres en oxygène et polluées. Ils creusent de plus des trous dans les berges des rivières pour y déposer leurs œufs, ce qui fragilise les parois et peut entraîner leur effondrement. Ces dernières semaines, Jakarta s'est lancée dans une campagne d'élimination de l'espèce, avec l'aide des habitants, d'agents d'entretien, d'employés du ministère de la Pêche et même de soldats. En deux semaines, quelque 5,3 tonnes de ce poisson ont été retirées des rivières du seul sud de Jakarta, a indiqué le maire Muhammad Anwar à l'AFP lors d'une opération sur le lac Babakan. Les sapu-sapu sont pêchés à l'aide de filets, puis séparés des poissons indigènes rejetés à l'eau. Ils sont ensuite décapités pour s'assurer qu'ils sont bien morts puis enterrés. Certains militants de la cause animale critiquent cette procédure, estimant qu'elle gaspille la ressource. Selon eux, la peau du poisson pourrait être utilisée pour fabriquer des produits en cuir de poisson et le reste transformé en engrais ou en aliments pour animaux. Mais d'autres affirment que les poissons sont trop contaminés pour être utilisables. Et certainement impropres à la consommation humaine. Le sapu-sapu contient en effet "des métaux lourds et est dangereux pour l'homme", souligne M. Anwar. Des analyses ont ainsi révélé la présence dans certains sapu-sapu de traces de plomb et de mercure ainsi que des bactéries E. coli à des niveaux supérieurs aux seuils de sécurité. Ce qui n'empêche pas certains de le mettre à leur menu. "Dans certains endroits, il (le sapu-sapu) est consommé en siomay (boulettes de poisson cuites à la vapeur) et en pempek (beignets de poisson), un snack dangereux", assure le maire de Jakarta. "Je vous en prie, prévient-il. Soyez prudents lorsque vous achetez des croquettes de poisson. Ne vous laissez pas séduire par le prix (bas)".

07.05.2026 à 06:09

L'Australie va réserver 20% de sa production de gaz à la consommation intérieure

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Cette mesure a été décidée afin de protéger l'Australie de la "volatilité des prix mondiaux"dans un marché chahuté par le conflit dans le Golfe, a-t-il souligné. Dans ce contexte, le gouvernement entend conserver "une plus grande partie du gaz dont nous avons besoin sur notre territoire". L'Australie est l'un des plus grands exportateurs mondiaux de gaz naturel liquéfié (GNL), dont les prix ont flambé en raison du blocage du détroit d'Ormuz par où transitait quelque 20% de la production mondiale. Selon l'Association asiatique du gaz naturel et de l'énergie, environ 40% du GNL du Japon provient d'Australie. Le pays est également un important fournisseur de la Chine et de la Corée du Sud. M. Bowen a assuré qu'"aucun contrat existant" ne serait impacté par la mesure. "Nous avons consulté étroitement nos partenaires commerciaux pour nous assurer que le monde entier comprenne bien que l’Australie restera toujours un fournisseur d’énergie fiable", a-t-il affirmé. Mercredi, le Premier ministre australien Anthony Albanese avait indiqué que son pays allait constituer un stock de carburant d'un milliard de litres face à la situation énergétique. L'Australie était jusqu'à présent un des rares membres de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) à ne pas disposer d'un stock national. M. Bowen a également rappelé jeudi que son pays, également grand producteur de charbon, s'efforçait de sortir de la dépendance aux énergies fossiles "en investissant dans des énergies renouvelables fiables et souveraines". Le pays a produit 5.566 pétajoules de gaz lors du dernier exercice (2024/25), soit plus de 900 millions de barils équivalent pétrole, selon l'organisme IEEFA.
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Cette mesure a été décidée afin de protéger l'Australie de la "volatilité des prix mondiaux"dans un marché chahuté par le conflit dans le Golfe, a-t-il souligné. Dans ce contexte, le gouvernement entend conserver "une plus grande partie du gaz dont nous avons besoin sur notre territoire". L'Australie est l'un des plus grands exportateurs mondiaux de gaz naturel liquéfié (GNL), dont les prix ont flambé en raison du blocage du détroit d'Ormuz par où transitait quelque 20% de la production mondiale. Selon l'Association asiatique du gaz naturel et de l'énergie, environ 40% du GNL du Japon provient d'Australie. Le pays est également un important fournisseur de la Chine et de la Corée du Sud. M. Bowen a assuré qu'"aucun contrat existant" ne serait impacté par la mesure. "Nous avons consulté étroitement nos partenaires commerciaux pour nous assurer que le monde entier comprenne bien que l’Australie restera toujours un fournisseur d’énergie fiable", a-t-il affirmé. Mercredi, le Premier ministre australien Anthony Albanese avait indiqué que son pays allait constituer un stock de carburant d'un milliard de litres face à la situation énergétique. L'Australie était jusqu'à présent un des rares membres de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) à ne pas disposer d'un stock national. M. Bowen a également rappelé jeudi que son pays, également grand producteur de charbon, s'efforçait de sortir de la dépendance aux énergies fossiles "en investissant dans des énergies renouvelables fiables et souveraines". Le pays a produit 5.566 pétajoules de gaz lors du dernier exercice (2024/25), soit plus de 900 millions de barils équivalent pétrole, selon l'organisme IEEFA.

07.05.2026 à 04:31

Elections locales au Royaume-Uni, le Labour de Keir Starmer menacé d'un vote sanction

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Depuis son retour au pouvoir en juillet 2024 après 14 années dans l'opposition, le parti travailliste peine à concrétiser ses promesses de croissance, au moment où le conflit au Moyen-Orient accentue la crise du coût de la vie. Ces élections constituent un premier test majeur pour Keir Starmer, 63 ans, dont la popularité a sombré après une série de faux pas, revirements et polémiques, suscitant en interne la tentation de le remplacer à Downing Street. Les bureaux de vote ouvrent à 07H00 locales (06h00 GMT) et ferment à 22H00 (21H00 GMT), avec de premiers résultats attendus dans la nuit, mais surtout au fil de la journée de vendredi. Plus de 5.000 sièges d'élus locaux sont mis en jeu (sur plus de 16.000) en Angleterre, et les électeurs voteront pour renouveler les Parlements gallois et écossais. Les sondages annoncent un recul du Labour, qui pourrait perdre jusqu'à 2.000 sièges en Angleterre, et surtout la majorité au Parlement gallois, ce qui serait une première depuis la création de celui-ci en 1998. Le parti nationaliste de gauche Plaid Cymru y est donné légèrement en tête, selon un sondage Survation dévoilé mercredi, au coude à coude avec Reform UK, au moment où le nombre de migrants clandestins arrivés par la Manche depuis 2018 est sur le point de passer la barre des 200.000. La progression de la formation anti-immigration confirmerait la tendance d'une fragmentation du paysage politique britannique, longtemps dominé par les travaillistes et conservateurs. Les Tories menés par Kemi Badenoch pourraient perdre environ 600 sièges en Angleterre et céder des bastions locaux à Reform. En Angleterre et en particulier à Londres, place forte du Labour, les Verts espèrent d'importants gains, sous l'impulsion de leur nouveau leader Zack Polanski qui a accentué le positionnement à gauche du parti, non sans polémiques. En Ecosse, le parti indépendantiste SNP, au pouvoir depuis 19 ans, compte conserver la majorité, tandis que les travaillistes risquent de perdre du terrain. "Déception" Il y a actuellement "un mécontentement envers les deux partis (historiques), qui sont perçus comme ayant échoué au pouvoir", souligne Tim Bale, professeur de sciences politiques de l'université Queen Mary de Londres. A cela s'ajoute le fait que "Keir Starmer est le réceptacle de la déception, de la désillusion et de la lenteur à concrétiser le changement" promis, note Luke Tryl, directeur du think tank More in Common. Son action en tant que Premier ministre recueille 70% d'opinions négatives, selon un sondage YouGov du 20 avril. A l'offensive, le dirigeant travailliste a appelé mercredi les électeurs à choisir "le progrès (...) contre la division et la colère proposée par Reform ou les promesses vides des Verts". Le Labour a aussi exhumé durant la campagne des propos racistes et complotistes tenus par des candidats de Reform, ainsi que des propos antisémites de certains candidats des Verts. Zack Polanski a dû s'expliquer pour certaines déclarations après une série d'attaques contre la communauté juive ces dernières semaines à Londres. Mais cela pourrait ne pas suffire à empêcher la désaffection de l'électorat travailliste, déçu par les deux premières années du gouvernement. Keir Starmer reste fragilisé par l'affaire Peter Mandelson, nommé ambassadeur à Washington malgré ses liens avec le criminel sexuel américain Jeffrey Epstein. Selon des médias britanniques, des députés Labour envisagent de lui demander de fixer une date pour son départ de Downing Street, sans attendre les législatives prévues en 2029, pour lesquelles Reform domine les intentions de vote. Certains dans la majorité redoutent toutefois le chaos d'un départ à court terme de Keir Starmer, faute de successeur évident parmi les prétendants évoqués: la représentante de l'aile gauche du parti Angela Rayner, le ministre de la Santé Wes Streeting, ou le maire du grand Manchester Andy Burnham.
Texte intégral (646 mots)
Depuis son retour au pouvoir en juillet 2024 après 14 années dans l'opposition, le parti travailliste peine à concrétiser ses promesses de croissance, au moment où le conflit au Moyen-Orient accentue la crise du coût de la vie. Ces élections constituent un premier test majeur pour Keir Starmer, 63 ans, dont la popularité a sombré après une série de faux pas, revirements et polémiques, suscitant en interne la tentation de le remplacer à Downing Street. Les bureaux de vote ouvrent à 07H00 locales (06h00 GMT) et ferment à 22H00 (21H00 GMT), avec de premiers résultats attendus dans la nuit, mais surtout au fil de la journée de vendredi. Plus de 5.000 sièges d'élus locaux sont mis en jeu (sur plus de 16.000) en Angleterre, et les électeurs voteront pour renouveler les Parlements gallois et écossais. Les sondages annoncent un recul du Labour, qui pourrait perdre jusqu'à 2.000 sièges en Angleterre, et surtout la majorité au Parlement gallois, ce qui serait une première depuis la création de celui-ci en 1998. Le parti nationaliste de gauche Plaid Cymru y est donné légèrement en tête, selon un sondage Survation dévoilé mercredi, au coude à coude avec Reform UK, au moment où le nombre de migrants clandestins arrivés par la Manche depuis 2018 est sur le point de passer la barre des 200.000. La progression de la formation anti-immigration confirmerait la tendance d'une fragmentation du paysage politique britannique, longtemps dominé par les travaillistes et conservateurs. Les Tories menés par Kemi Badenoch pourraient perdre environ 600 sièges en Angleterre et céder des bastions locaux à Reform. En Angleterre et en particulier à Londres, place forte du Labour, les Verts espèrent d'importants gains, sous l'impulsion de leur nouveau leader Zack Polanski qui a accentué le positionnement à gauche du parti, non sans polémiques. En Ecosse, le parti indépendantiste SNP, au pouvoir depuis 19 ans, compte conserver la majorité, tandis que les travaillistes risquent de perdre du terrain. "Déception" Il y a actuellement "un mécontentement envers les deux partis (historiques), qui sont perçus comme ayant échoué au pouvoir", souligne Tim Bale, professeur de sciences politiques de l'université Queen Mary de Londres. A cela s'ajoute le fait que "Keir Starmer est le réceptacle de la déception, de la désillusion et de la lenteur à concrétiser le changement" promis, note Luke Tryl, directeur du think tank More in Common. Son action en tant que Premier ministre recueille 70% d'opinions négatives, selon un sondage YouGov du 20 avril. A l'offensive, le dirigeant travailliste a appelé mercredi les électeurs à choisir "le progrès (...) contre la division et la colère proposée par Reform ou les promesses vides des Verts". Le Labour a aussi exhumé durant la campagne des propos racistes et complotistes tenus par des candidats de Reform, ainsi que des propos antisémites de certains candidats des Verts. Zack Polanski a dû s'expliquer pour certaines déclarations après une série d'attaques contre la communauté juive ces dernières semaines à Londres. Mais cela pourrait ne pas suffire à empêcher la désaffection de l'électorat travailliste, déçu par les deux premières années du gouvernement. Keir Starmer reste fragilisé par l'affaire Peter Mandelson, nommé ambassadeur à Washington malgré ses liens avec le criminel sexuel américain Jeffrey Epstein. Selon des médias britanniques, des députés Labour envisagent de lui demander de fixer une date pour son départ de Downing Street, sans attendre les législatives prévues en 2029, pour lesquelles Reform domine les intentions de vote. Certains dans la majorité redoutent toutefois le chaos d'un départ à court terme de Keir Starmer, faute de successeur évident parmi les prétendants évoqués: la représentante de l'aile gauche du parti Angela Rayner, le ministre de la Santé Wes Streeting, ou le maire du grand Manchester Andy Burnham.

07.05.2026 à 04:19

Rubio en émissaire pour apaiser les tensions avec le pape

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Mais en rencontrant Léon XIV jeudi au Vatican, le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio s'efforcera d'apaiser les choses tout en faisant valoir les positions du président Donald Trump. Avant son déplacement, M. Rubio, lui-même fervent catholique, s'est attaché à relativiser ce qui ressemble à des invectives du président américain vis-à-vis du pape, sur fond de guerre au Moyen-Orient et de lutte contre l'immigration. "C'est un voyage que nous avions prévu auparavant et il s'est évidemment passé des choses", a-t-il dit mardi pendant une conférence de presse à la Maison Blanche. "Il y a beaucoup de choses à discuter avec le Vatican", a ajouté le secrétaire d’Etat, évoquant en particulier la liberté de religion. Au premier jour de sa visite en Italie, M. Rubio doit se rendre presque dès son arrivée au Vatican pour une audience privée à huis clos d'environ 45 minutes avec Léon XIV, à 09h30 GMT. Il aura également un entretien avec le secrétaire d’Etat du Vatican, Pietro Parolin, et rencontrera la Première ministre italienne, Giorgia Meloni, vendredi. "On l'écoutera", a déclaré mercredi ce dernier à des journalistes, soulignant que l'entretien est à l'initiative de Washington. "J'imagine qu'on parlera de tout ce qui s'est passé ces derniers jours. On ne peut pas ignorer ces sujets", a-t-il ajouté au Vatican. "Honnêteté" Loin de l'euphorie des premiers jours, alors que l'administration Trump se félicitait de l'élection il y a un an du premier pape américain de l'histoire, les relations avec le Saint-Siège se sont sérieusement dégradées. Le président américain a surpris en s'en prenant à Léon XIV, qu'il a qualifié de "faible" face à la criminalité et "nul" en matière de politique étrangère. Lundi, pendant un entretien avec un podcasteur conservateur, le dirigeant républicain avait estimé que Léon XIV "pense que ce ne serait pas un problème que l'Iran ait l'arme nucléaire", l'accusant de "mettre en danger beaucoup de catholiques et beaucoup de gens". Le pape a répondu en déclarant: "Si quiconque veut me critiquer pour prêcher l'Evangile, qu'il le fasse avec honnêteté. L'Eglise s'oppose depuis des années à toutes les armes nucléaires, il n'y a aucun doute à ce sujet". Le pape et Marco Rubio s'étaient déjà rencontrés au Vatican avec le vice-président américain JD Vance, catholique converti, quelques jours seulement après l'élection de Léon XIV. Le pape, âgé de 70 ans, célébrera vendredi sa première année à la tête des 1,4 milliard de catholiques dans le monde. Premier pape américain de l'histoire, qui plus est originaire de Chicago, fief démocrate, ce dont M. Trump ne se prive pas de souligner, ses paroles ont sans doute pesé plus lourd à Washington que celles de ses prédécesseurs – et il s'en est servi, s'en prenant notamment à la politique d'immigration restrictive de l'actuel gouvernement américain. Mais c'est son discours pacifiste de plus en plus marqué, en particulier après le début des attaques américano-israéliennes contre l'Iran, qui a suscité l'ire de Donald Trump. Léon a ainsi qualifié d'"inacceptable" la menace de ce dernier de détruire l'Iran. Mais s'en prendre au pape "est un peu étrange. Le pape joue au pape", a affirmé Pietro Parolin. Et Cuba L'autre dossier chaud, Cuba, devrait être abordé lors de ces entretiens jeudi. En annonçant le déplacement du secrétaire d'Etat, le département d'Etat y a fait clairement allusion en évoquant "l'hémisphère occidental", le terme désigné aux Etats-Unis pour parler de l'Amérique latine. Le Saint-Siège joue depuis longtemps un rôle actif dans la diplomatie concernant Cuba, où Marco Rubio – dont les parents sont d'origine cubaine – a dirigé les efforts de l'administration Trump pour faire pression sur le gouvernement communiste. Depuis la chute du président vénézuélien, Nicolas Maduro, un allié de La Havane, capturé par les forces américaines début janvier, Washington applique une politique de pression maximale sur l'île déjà soumise à un embargo américain depuis plus de six décennies. Le pape connaît bien l'Amérique latine: il a acquis la nationalité péruvienne en 2015 après y avoir travaillé plus de 20 ans comme missionnaire.
Texte intégral (730 mots)
Mais en rencontrant Léon XIV jeudi au Vatican, le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio s'efforcera d'apaiser les choses tout en faisant valoir les positions du président Donald Trump. Avant son déplacement, M. Rubio, lui-même fervent catholique, s'est attaché à relativiser ce qui ressemble à des invectives du président américain vis-à-vis du pape, sur fond de guerre au Moyen-Orient et de lutte contre l'immigration. "C'est un voyage que nous avions prévu auparavant et il s'est évidemment passé des choses", a-t-il dit mardi pendant une conférence de presse à la Maison Blanche. "Il y a beaucoup de choses à discuter avec le Vatican", a ajouté le secrétaire d’Etat, évoquant en particulier la liberté de religion. Au premier jour de sa visite en Italie, M. Rubio doit se rendre presque dès son arrivée au Vatican pour une audience privée à huis clos d'environ 45 minutes avec Léon XIV, à 09h30 GMT. Il aura également un entretien avec le secrétaire d’Etat du Vatican, Pietro Parolin, et rencontrera la Première ministre italienne, Giorgia Meloni, vendredi. "On l'écoutera", a déclaré mercredi ce dernier à des journalistes, soulignant que l'entretien est à l'initiative de Washington. "J'imagine qu'on parlera de tout ce qui s'est passé ces derniers jours. On ne peut pas ignorer ces sujets", a-t-il ajouté au Vatican. "Honnêteté" Loin de l'euphorie des premiers jours, alors que l'administration Trump se félicitait de l'élection il y a un an du premier pape américain de l'histoire, les relations avec le Saint-Siège se sont sérieusement dégradées. Le président américain a surpris en s'en prenant à Léon XIV, qu'il a qualifié de "faible" face à la criminalité et "nul" en matière de politique étrangère. Lundi, pendant un entretien avec un podcasteur conservateur, le dirigeant républicain avait estimé que Léon XIV "pense que ce ne serait pas un problème que l'Iran ait l'arme nucléaire", l'accusant de "mettre en danger beaucoup de catholiques et beaucoup de gens". Le pape a répondu en déclarant: "Si quiconque veut me critiquer pour prêcher l'Evangile, qu'il le fasse avec honnêteté. L'Eglise s'oppose depuis des années à toutes les armes nucléaires, il n'y a aucun doute à ce sujet". Le pape et Marco Rubio s'étaient déjà rencontrés au Vatican avec le vice-président américain JD Vance, catholique converti, quelques jours seulement après l'élection de Léon XIV. Le pape, âgé de 70 ans, célébrera vendredi sa première année à la tête des 1,4 milliard de catholiques dans le monde. Premier pape américain de l'histoire, qui plus est originaire de Chicago, fief démocrate, ce dont M. Trump ne se prive pas de souligner, ses paroles ont sans doute pesé plus lourd à Washington que celles de ses prédécesseurs – et il s'en est servi, s'en prenant notamment à la politique d'immigration restrictive de l'actuel gouvernement américain. Mais c'est son discours pacifiste de plus en plus marqué, en particulier après le début des attaques américano-israéliennes contre l'Iran, qui a suscité l'ire de Donald Trump. Léon a ainsi qualifié d'"inacceptable" la menace de ce dernier de détruire l'Iran. Mais s'en prendre au pape "est un peu étrange. Le pape joue au pape", a affirmé Pietro Parolin. Et Cuba L'autre dossier chaud, Cuba, devrait être abordé lors de ces entretiens jeudi. En annonçant le déplacement du secrétaire d'Etat, le département d'Etat y a fait clairement allusion en évoquant "l'hémisphère occidental", le terme désigné aux Etats-Unis pour parler de l'Amérique latine. Le Saint-Siège joue depuis longtemps un rôle actif dans la diplomatie concernant Cuba, où Marco Rubio – dont les parents sont d'origine cubaine – a dirigé les efforts de l'administration Trump pour faire pression sur le gouvernement communiste. Depuis la chute du président vénézuélien, Nicolas Maduro, un allié de La Havane, capturé par les forces américaines début janvier, Washington applique une politique de pression maximale sur l'île déjà soumise à un embargo américain depuis plus de six décennies. Le pape connaît bien l'Amérique latine: il a acquis la nationalité péruvienne en 2015 après y avoir travaillé plus de 20 ans comme missionnaire.

07.05.2026 à 04:17

En direct : Donald Trump prédit une fin rapide à la guerre avec l'Iran

FRANCE 24
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Donald Trump a affirmé mercredi soir, lors d'un événement de campagne en Géorgie, que la guerre en Iran serait terminée "rapidement". Quelques heures plus tôt, le président américain avait jugé "très possible" d'arriver à un accord avec Téhéran après la tenue de "très bonnes discussions" dans les dernières 24heures.
Texte intégral (730 mots)
Donald Trump a affirmé mercredi soir, lors d'un événement de campagne en Géorgie, que la guerre en Iran serait terminée "rapidement". Quelques heures plus tôt, le président américain avait jugé "très possible" d'arriver à un accord avec Téhéran après la tenue de "très bonnes discussions" dans les dernières 24heures.

07.05.2026 à 04:01

L'affaire Dany Leprince, condamné pour quadruple meurtre en 1994, revient devant la Cour de révision

FRANCE24
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Formation spécifique de la Cour de cassation, la Cour de révision et de réexamen est susceptible, si elle estime la requête fondée, d'annuler sa condamnation et d'ordonner la tenue d'un nouveau procès sur le fond de l'affaire - une décision toutefois rarissime. En 2011, dans un revers cinglant pour ses défenseurs, elle avait rejeté une précédente demande de Dany Leprince, aujourd'hui libre et âgé de 69 ans, dont 18 passés derrière les barreaux. A l'issue de cette audience publique, la décision de la Cour, composée de 18 magistrats, devrait être mise en délibéré. Dans son avis consultatif rendu en amont de l'audience, que la Cour n'est pas tenue de suivre, l'avocat général s'est prononcé en faveur de la tenue d'un nouveau procès devant la cour d'assises pour l'ex-employé d'une usine de boucherie. "Il apparaît nécessaire de procéder à de nouveaux débats contradictoires en raison des éléments nouveaux et inconnus dont la Cour de révision est désormais saisie, lesquels doivent être confrontés à la persistance des zones d'ombre du dossier", indique Jean-Michel Aldebert dans ses conclusions. Le 4 septembre 1994, Christian Leprince, sa femme et deux de leurs filles, âgées de 7 et 10 ans, sont retrouvés tués à l'arme blanche dans leur pavillon de Thorigné-sur-Dué (Sarthe). Solène, 2 ans, est la seule rescapée. Accusé par sa femme Martine Compain - dont il est depuis divorcé - et sa fille aînée Célia, Dany Leprince, 37 ans au moment des faits, avoue le meurtre de son frère avant de se rétracter. Il clame depuis son innocence. La cour d'assises de la Sarthe l'a condamné en décembre 1997 à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d'une période de sûreté de 22 ans. Dany Leprince ne pouvait pas à l'époque faire appel, ce que la loi n'a rendu possible aux assises qu'à partir de 2001. "Je ne comprends pas" En 2011, la Cour de révision a rejeté une première requête du condamné et ordonné son retour en prison, dont il avait été libéré peu avant à la faveur de la levée de sa peine de sûreté par le tribunal d'application des peines. Dans son arrêt, la juridiction a alors estimé qu'il "n'existe aucun fait nouveau ou élément inconnu de la juridiction au jour du procès de nature à faire naître un doute sur la culpabilité de Dany Leprince", comme l'exige le code de procédure pénale pour une révision. "Je suis innocent, je ne comprends pas", avait protesté l'intéressé à l'énoncé de la décision, écroué à l'audience par les gendarmes, scène exceptionnelle dans l'enceinte feutrée de la Cour de cassation, temple du droit français. En octobre 2012, Dany Leprince a obtenu sa libération conditionnelle et est sorti de prison. Il y est retourné pendant six mois en 2016 pour avoir enfreint son assignation à résidence. Dix ans après son échec devant la Cour de révision, sa défense a déposé en 2021 une seconde requête pour faire annuler sa condamnation. Sans se prononcer sur le fond du dossier, la commission d'instruction de la Cour a notamment relevé qu'une reconstitution organisée en 2023 fait apparaître une possible incohérence dans les déclarations de Célia Leprince, la fille de Dany, qui affirme avoir vu son père frapper son frère le soir des meurtres. "Il nous semble que nous sommes en présence de nombreux faits nouveaux et d'éléments inconnus de la cour d'assises lorsque Dany Leprince a été condamné et qu'ils sont de nature à faire naître un doute sur sa culpabilité en annulant sa condamnation et permettre qu'un nouveau procès puisse avoir lieu", ont déclaré à l'AFP ses avocats Olivier Morice et Missiva Chermak Felonneau. "Ce serait à notre sens à l'honneur de l'institution judiciaire qu'une telle décision soit prise", ont-ils ajouté. Les révisions de condamnations pénales criminelles sont extrêmement rares en France - une douzaine depuis 1945.
Texte intégral (684 mots)
Formation spécifique de la Cour de cassation, la Cour de révision et de réexamen est susceptible, si elle estime la requête fondée, d'annuler sa condamnation et d'ordonner la tenue d'un nouveau procès sur le fond de l'affaire - une décision toutefois rarissime. En 2011, dans un revers cinglant pour ses défenseurs, elle avait rejeté une précédente demande de Dany Leprince, aujourd'hui libre et âgé de 69 ans, dont 18 passés derrière les barreaux. A l'issue de cette audience publique, la décision de la Cour, composée de 18 magistrats, devrait être mise en délibéré. Dans son avis consultatif rendu en amont de l'audience, que la Cour n'est pas tenue de suivre, l'avocat général s'est prononcé en faveur de la tenue d'un nouveau procès devant la cour d'assises pour l'ex-employé d'une usine de boucherie. "Il apparaît nécessaire de procéder à de nouveaux débats contradictoires en raison des éléments nouveaux et inconnus dont la Cour de révision est désormais saisie, lesquels doivent être confrontés à la persistance des zones d'ombre du dossier", indique Jean-Michel Aldebert dans ses conclusions. Le 4 septembre 1994, Christian Leprince, sa femme et deux de leurs filles, âgées de 7 et 10 ans, sont retrouvés tués à l'arme blanche dans leur pavillon de Thorigné-sur-Dué (Sarthe). Solène, 2 ans, est la seule rescapée. Accusé par sa femme Martine Compain - dont il est depuis divorcé - et sa fille aînée Célia, Dany Leprince, 37 ans au moment des faits, avoue le meurtre de son frère avant de se rétracter. Il clame depuis son innocence. La cour d'assises de la Sarthe l'a condamné en décembre 1997 à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d'une période de sûreté de 22 ans. Dany Leprince ne pouvait pas à l'époque faire appel, ce que la loi n'a rendu possible aux assises qu'à partir de 2001. "Je ne comprends pas" En 2011, la Cour de révision a rejeté une première requête du condamné et ordonné son retour en prison, dont il avait été libéré peu avant à la faveur de la levée de sa peine de sûreté par le tribunal d'application des peines. Dans son arrêt, la juridiction a alors estimé qu'il "n'existe aucun fait nouveau ou élément inconnu de la juridiction au jour du procès de nature à faire naître un doute sur la culpabilité de Dany Leprince", comme l'exige le code de procédure pénale pour une révision. "Je suis innocent, je ne comprends pas", avait protesté l'intéressé à l'énoncé de la décision, écroué à l'audience par les gendarmes, scène exceptionnelle dans l'enceinte feutrée de la Cour de cassation, temple du droit français. En octobre 2012, Dany Leprince a obtenu sa libération conditionnelle et est sorti de prison. Il y est retourné pendant six mois en 2016 pour avoir enfreint son assignation à résidence. Dix ans après son échec devant la Cour de révision, sa défense a déposé en 2021 une seconde requête pour faire annuler sa condamnation. Sans se prononcer sur le fond du dossier, la commission d'instruction de la Cour a notamment relevé qu'une reconstitution organisée en 2023 fait apparaître une possible incohérence dans les déclarations de Célia Leprince, la fille de Dany, qui affirme avoir vu son père frapper son frère le soir des meurtres. "Il nous semble que nous sommes en présence de nombreux faits nouveaux et d'éléments inconnus de la cour d'assises lorsque Dany Leprince a été condamné et qu'ils sont de nature à faire naître un doute sur sa culpabilité en annulant sa condamnation et permettre qu'un nouveau procès puisse avoir lieu", ont déclaré à l'AFP ses avocats Olivier Morice et Missiva Chermak Felonneau. "Ce serait à notre sens à l'honneur de l'institution judiciaire qu'une telle décision soit prise", ont-ils ajouté. Les révisions de condamnations pénales criminelles sont extrêmement rares en France - une douzaine depuis 1945.

07.05.2026 à 03:59

Œuvres pillées durant la colonisation: après des années d'attente, ultime étape au Parlement français

FRANCE24
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Les députés ont déjà donné leur feu vert, votant mercredi à l'unanimité pour ce projet de loi, qui vient concrétiser une promesse d'Emmanuel Macron faite à la jeunesse africaine, lors d'un discours à Ouagadougou en 2017. "L'instant est historique", a déclaré à cette occasion la ministre de la Culture, Catherine Pégard, en saluant le choix de la France "d'ouvrir une nouvelle page" de son histoire. Car plus qu'un outil législatif - facilitant la sortie des collections françaises de biens acquis illicitement lorsque réclamés par leur pays ou peuple d'origine - ce texte se veut "une main tendue" vers les pays anciennement colonisés. Avec l'objectif assumé de favoriser "le renouvellement des relations", à un moment où la France a largement perdu son influence sur le continent, en particulier au Sahel, et où le président Emmanuel Macron entreprend à partir de samedi une nouvelle tournée africaine. Les demandes de restitution d'œuvres pillées par la France sont anciennes. Mais elles se sont heurtées à la résistance des grands musées, et ont été longtemps reléguées au second plan politique avant d'être portées à nouveau avec force au début des années 2010, notamment par le Bénin. Après son élection, Emmanuel Macron en fait une promesse politique. Neuf ans plus tard, les restitutions se comptent sur les doigts d'une main. En 2020, la France fait office de pionnière en Europe, avec un premier retour hautement symbolique de 26 trésors d'Abomey au Bénin et du sabre d'El Hadj Omar au Sénégal. Mais il faudra ensuite attendre cinq ans pour qu'un "tambour parleur" confisqué à la Côte d'Ivoire depuis 1916, le "Djidji Ayokwe", soit restitué début 2026. En cause: le principe d'inaliénabilité des collections publiques, qui oblige à faire adopter des lois spécifiques dans un agenda parlementaire surchargé, sur fond d'instabilité politique. Des crédits pour la recherche D'où cette loi-cadre qui permet au gouvernement de restituer des œuvres, par décret, sans devoir recourir à des lois spécifiques au compte-goutte. Elle prévoit plusieurs critères, notamment pour s'assurer du caractère illicite ou non de l'appropriation, et la consultation obligatoire de deux commissions, l'une scientifique, l'autre dans laquelle le Parlement sera représenté, pour avis. Le texte ne vise que les biens ayant été acquis entre 1815 et 1972, marquant le début du second empire colonial français et l'entrée en vigueur d'une convention de l'Unesco. La ministre vante un texte équilibré permettant l'adhésion de toutes les forces politiques, "indispensable, afin que ça soit bien la voix unie de la France qui s'adresse au monde". Un consensus obtenu au prix de compromis de part et d'autre. La gauche aurait voulu élargir les bornes temporelles, pour inclure les périodes antérieures à 1815, en particulier le premier empire ou la conquête de l'Egypte. Des députés ont aussi regretté un texte se tenant à distance du débat mémoriel, où le mot colonisation est absent. De son côté, l'extrême droite se désole que les restitutions ne soient pas conditionnées à des garanties de "bonne conservation" où qu'elles ne soient pas circonscrites aux Etats avec lesquels les relations seraient "cordiales", ciblant en particulier l'Algérie, en froid avec la France. A ce jour, les "demandes" de restitution "ne sont pas nombreuses", une dizaine en tout, selon le ministère, mais devraient commencer à affluer une fois la loi promulguée. Parmi elles, l'Algérie réclame des effets personnels de l'émir Abdelkader, héros anticolonial, et le Mali des pièces du trésor de Ségou. Le Bénin, déjà destinataire de 26 objets ces dernières années, a également transmis d'autres demandes, comme pour une statue du dieu Gou. Le texte voté prévoit l'intégration d'un nouvel objectif aux missions des musées de France, celle de rechercher la provenance de leurs biens. Car pour pouvoir réclamer, encore faut-il savoir ce qui a été pris illicitement, plaide la gauche, réclamant des moyens pour cette mission, sans quoi cette loi serait "une simple posture ou une imposture", selon les mots du député écologiste Jean-Claude Raux.
Texte intégral (699 mots)
Les députés ont déjà donné leur feu vert, votant mercredi à l'unanimité pour ce projet de loi, qui vient concrétiser une promesse d'Emmanuel Macron faite à la jeunesse africaine, lors d'un discours à Ouagadougou en 2017. "L'instant est historique", a déclaré à cette occasion la ministre de la Culture, Catherine Pégard, en saluant le choix de la France "d'ouvrir une nouvelle page" de son histoire. Car plus qu'un outil législatif - facilitant la sortie des collections françaises de biens acquis illicitement lorsque réclamés par leur pays ou peuple d'origine - ce texte se veut "une main tendue" vers les pays anciennement colonisés. Avec l'objectif assumé de favoriser "le renouvellement des relations", à un moment où la France a largement perdu son influence sur le continent, en particulier au Sahel, et où le président Emmanuel Macron entreprend à partir de samedi une nouvelle tournée africaine. Les demandes de restitution d'œuvres pillées par la France sont anciennes. Mais elles se sont heurtées à la résistance des grands musées, et ont été longtemps reléguées au second plan politique avant d'être portées à nouveau avec force au début des années 2010, notamment par le Bénin. Après son élection, Emmanuel Macron en fait une promesse politique. Neuf ans plus tard, les restitutions se comptent sur les doigts d'une main. En 2020, la France fait office de pionnière en Europe, avec un premier retour hautement symbolique de 26 trésors d'Abomey au Bénin et du sabre d'El Hadj Omar au Sénégal. Mais il faudra ensuite attendre cinq ans pour qu'un "tambour parleur" confisqué à la Côte d'Ivoire depuis 1916, le "Djidji Ayokwe", soit restitué début 2026. En cause: le principe d'inaliénabilité des collections publiques, qui oblige à faire adopter des lois spécifiques dans un agenda parlementaire surchargé, sur fond d'instabilité politique. Des crédits pour la recherche D'où cette loi-cadre qui permet au gouvernement de restituer des œuvres, par décret, sans devoir recourir à des lois spécifiques au compte-goutte. Elle prévoit plusieurs critères, notamment pour s'assurer du caractère illicite ou non de l'appropriation, et la consultation obligatoire de deux commissions, l'une scientifique, l'autre dans laquelle le Parlement sera représenté, pour avis. Le texte ne vise que les biens ayant été acquis entre 1815 et 1972, marquant le début du second empire colonial français et l'entrée en vigueur d'une convention de l'Unesco. La ministre vante un texte équilibré permettant l'adhésion de toutes les forces politiques, "indispensable, afin que ça soit bien la voix unie de la France qui s'adresse au monde". Un consensus obtenu au prix de compromis de part et d'autre. La gauche aurait voulu élargir les bornes temporelles, pour inclure les périodes antérieures à 1815, en particulier le premier empire ou la conquête de l'Egypte. Des députés ont aussi regretté un texte se tenant à distance du débat mémoriel, où le mot colonisation est absent. De son côté, l'extrême droite se désole que les restitutions ne soient pas conditionnées à des garanties de "bonne conservation" où qu'elles ne soient pas circonscrites aux Etats avec lesquels les relations seraient "cordiales", ciblant en particulier l'Algérie, en froid avec la France. A ce jour, les "demandes" de restitution "ne sont pas nombreuses", une dizaine en tout, selon le ministère, mais devraient commencer à affluer une fois la loi promulguée. Parmi elles, l'Algérie réclame des effets personnels de l'émir Abdelkader, héros anticolonial, et le Mali des pièces du trésor de Ségou. Le Bénin, déjà destinataire de 26 objets ces dernières années, a également transmis d'autres demandes, comme pour une statue du dieu Gou. Le texte voté prévoit l'intégration d'un nouvel objectif aux missions des musées de France, celle de rechercher la provenance de leurs biens. Car pour pouvoir réclamer, encore faut-il savoir ce qui a été pris illicitement, plaide la gauche, réclamant des moyens pour cette mission, sans quoi cette loi serait "une simple posture ou une imposture", selon les mots du député écologiste Jean-Claude Raux.

07.05.2026 à 03:43

Lula à Washington pour rencontrer Trump, entre dossiers sensibles et enjeu électoral

FRANCE24
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La rencontre entre les deux présidents est prévue jeudi matin, à la Maison Blanche. Les relations diplomatiques entre Brasilia et les Etats-Unis ont été particulièrement houleuses, même si les deux dirigeants aux antipodes sur le plan idéologique admettent une certaine "alchimie" sur le plan personnel. Leur première rencontre officielle, en octobre dernier, en Malaisie, avait été cordiale. Washington avait par la suite levé en grande partie la surtaxe punitive infligée au Brésil en représailles aux déboires judiciaires de l'ex-président brésilien d'extrême droite Jair Bolsonaro, un allié de M. Trump qui purge actuellement une peine de 27 ans de prison pour tentative de coup d'Etat. Mais beaucoup de choses ont changé depuis: les Etats-Unis ont renversé Nicolas Maduro au Venezuela et sont partis en guerre contre l'Iran aux côtés d'Israël. Luiz Inacio Lula da Silva, qui en 2025 a accusé M. Trump de vouloir "devenir l'empereur du monde", a fermement condamné ces deux interventions américaines. "Je suis contre toute ingérence politique, quel que soit le pays", a déclaré le président de gauche le mois dernier. Lula, 80 ans, arrive à Washington affaibli politiquement après de cuisantes défaites au Parlement brésilien. A moins de six mois de la présidentielle, il est au coude-à-coude dans les sondages avec Flavio Bolsonaro, le fils aîné de son prédécesseur. Lula souhaite "renforcer sa relation personnelle avec Trump" afin de réduire le risque d'ingérence américaine dans le scrutin, explique à l'AFP Oliver Stuenkel, professeur de relations internationales à la Fondation Getulio Vargas de Sao Paulo. "Nous sommes optimistes car l'invitation vient de Trump, donc le temps de la belligérance entre les Etats-Unis et le Brésil est révolu", fait valoir le député Rubens Pereira Junior, du Parti des travailleurs de Lula. Crime organisé La sécurité est la principale préoccupation des électeurs brésiliens et le combat contre le crime organisé est en bonne place à l'ordre du jour de la réunion entre les deux présidents. Le ministre brésilien des Finances Dario Durigan, qui fait partie de la délégation, a souligné mercredi que son pays souhaitait renforcer la coopération dans la lutte contre les cartels de la drogue. Brasilia et Washington ont signé en avril un accord pour combattre le trafic d'armes et de stupéfiants, incluant le partage de données issues de contrôles scanner de conteneurs circulant entre le Brésil et les Etats-Unis . Donald Trump a fait du combat contre ce qu'il qualifie de "narcoterrorisme" une priorité de son second mandat, qualifiant des groupes criminels d'organisations terroristes étrangères. Cela lui a permis par exemple de défendre l'intervention militaire au Venezuela pour renverser le président socialiste Nicolas Maduro. Pour Oliver Stuenkel, le Brésil souhaite montrer qu'il joue bien son rôle dans la lutte contre les cartels afin de "réduire le risque" de voir Washington classer les deux principaux gangs du pays dans les organisations terroristes. "Les Etats-Unis considèrent de plus en plus ces groupes comme des organisations criminelles transnationales sophistiquées ayant une portée régionale", juge Rebecca Bill Chavez, la présidente du groupe de réflexion Inter-American Dialogue, dont le siège est à Washington. "Mais, au Brésil, cela suscite de réelles préoccupations quant aux implications juridiques, politiques et en matière de souveraineté." Terres rares La rencontre Lula-Trump devrait également porter sur l'intérêt américain pour les vastes gisements brésiliens de terres rares, des minéraux essentiels à la fabrication de nombreux produits technologiques. Le Brésil possède les deuxièmes réserves de terres rares les plus importantes au monde, derrière la Chine. "Les investissements étrangers sont bienvenus mais nous voulons stimuler l'industrialisation en créant des emplois hautement qualifiés", a souligné le ministre Durigan mercredi. Les Etats-Unis enquêtent en outre sur le Brésil pour pratiques commerciales déloyales, notamment pour déterminer si le système de virement bancaire gratuit Pix sape la compétitivité des entreprises américaines. Inauguré en 2020, le Pix a révolutionné les paiements au Brésil et a dépassé l'utilisation des cartes bancaires, avec sept milliards de transactions rien qu'au mois de janvier, selon la banque centrale.
Texte intégral (726 mots)
La rencontre entre les deux présidents est prévue jeudi matin, à la Maison Blanche. Les relations diplomatiques entre Brasilia et les Etats-Unis ont été particulièrement houleuses, même si les deux dirigeants aux antipodes sur le plan idéologique admettent une certaine "alchimie" sur le plan personnel. Leur première rencontre officielle, en octobre dernier, en Malaisie, avait été cordiale. Washington avait par la suite levé en grande partie la surtaxe punitive infligée au Brésil en représailles aux déboires judiciaires de l'ex-président brésilien d'extrême droite Jair Bolsonaro, un allié de M. Trump qui purge actuellement une peine de 27 ans de prison pour tentative de coup d'Etat. Mais beaucoup de choses ont changé depuis: les Etats-Unis ont renversé Nicolas Maduro au Venezuela et sont partis en guerre contre l'Iran aux côtés d'Israël. Luiz Inacio Lula da Silva, qui en 2025 a accusé M. Trump de vouloir "devenir l'empereur du monde", a fermement condamné ces deux interventions américaines. "Je suis contre toute ingérence politique, quel que soit le pays", a déclaré le président de gauche le mois dernier. Lula, 80 ans, arrive à Washington affaibli politiquement après de cuisantes défaites au Parlement brésilien. A moins de six mois de la présidentielle, il est au coude-à-coude dans les sondages avec Flavio Bolsonaro, le fils aîné de son prédécesseur. Lula souhaite "renforcer sa relation personnelle avec Trump" afin de réduire le risque d'ingérence américaine dans le scrutin, explique à l'AFP Oliver Stuenkel, professeur de relations internationales à la Fondation Getulio Vargas de Sao Paulo. "Nous sommes optimistes car l'invitation vient de Trump, donc le temps de la belligérance entre les Etats-Unis et le Brésil est révolu", fait valoir le député Rubens Pereira Junior, du Parti des travailleurs de Lula. Crime organisé La sécurité est la principale préoccupation des électeurs brésiliens et le combat contre le crime organisé est en bonne place à l'ordre du jour de la réunion entre les deux présidents. Le ministre brésilien des Finances Dario Durigan, qui fait partie de la délégation, a souligné mercredi que son pays souhaitait renforcer la coopération dans la lutte contre les cartels de la drogue. Brasilia et Washington ont signé en avril un accord pour combattre le trafic d'armes et de stupéfiants, incluant le partage de données issues de contrôles scanner de conteneurs circulant entre le Brésil et les Etats-Unis . Donald Trump a fait du combat contre ce qu'il qualifie de "narcoterrorisme" une priorité de son second mandat, qualifiant des groupes criminels d'organisations terroristes étrangères. Cela lui a permis par exemple de défendre l'intervention militaire au Venezuela pour renverser le président socialiste Nicolas Maduro. Pour Oliver Stuenkel, le Brésil souhaite montrer qu'il joue bien son rôle dans la lutte contre les cartels afin de "réduire le risque" de voir Washington classer les deux principaux gangs du pays dans les organisations terroristes. "Les Etats-Unis considèrent de plus en plus ces groupes comme des organisations criminelles transnationales sophistiquées ayant une portée régionale", juge Rebecca Bill Chavez, la présidente du groupe de réflexion Inter-American Dialogue, dont le siège est à Washington. "Mais, au Brésil, cela suscite de réelles préoccupations quant aux implications juridiques, politiques et en matière de souveraineté." Terres rares La rencontre Lula-Trump devrait également porter sur l'intérêt américain pour les vastes gisements brésiliens de terres rares, des minéraux essentiels à la fabrication de nombreux produits technologiques. Le Brésil possède les deuxièmes réserves de terres rares les plus importantes au monde, derrière la Chine. "Les investissements étrangers sont bienvenus mais nous voulons stimuler l'industrialisation en créant des emplois hautement qualifiés", a souligné le ministre Durigan mercredi. Les Etats-Unis enquêtent en outre sur le Brésil pour pratiques commerciales déloyales, notamment pour déterminer si le système de virement bancaire gratuit Pix sape la compétitivité des entreprises américaines. Inauguré en 2020, le Pix a révolutionné les paiements au Brésil et a dépassé l'utilisation des cartes bancaires, avec sept milliards de transactions rien qu'au mois de janvier, selon la banque centrale.
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