Pop, rap, électro, bossa nova: le vivier féminin francophone fourmille de nouvelles têtes prêtes à défendre leurs projets, comme le font déjà Camille Yembe, Oklou ou encore Solann. L'AFP a rencontré trois de ces artistes.
. Bianca Costa: "On est plus puissantes qu'on ne le croit"
C'est parce qu'elle est souvent qualifiée de "gringa" ("étrangère") dans son pays d'origine, le Brésil, que Bianca Costa a nommé ainsi son premier album.
L'artiste, qui a émigré au Portugal avant d'atterrir en banlieue parisienne à 10 ans, a su "faire la paix" avec ce sentiment d'être "Partout et nulle part", titre de son premier morceau en français.
Quand cette fonceuse commence à émerger, notamment via ses reprises "Bossa Trap", elle fait face à une industrie "dans la recherche de la nouvelle Angèle ou la nouvelle Louane", retrace-t-elle. Depuis elle a réussi à imposer son côté multi-styles, sans être cantonnée à une étiquette.
Dans cette nouvelle génération, "on est à l'affût de chaque petite meuf qui arrive, on va la suivre, lui donner de la force", explique-t-elle. "Il y a un nouveau souffle: on se rend compte qu'on est plus puissantes qu'on ne le croit."
Bianca Costa rêve de voir les duos féminins se multiplier: "tant que les femmes ne vont pas s'unir, on ne va pas ouvrir plus d'espace. On a quand même des talents, une diversité de fou."
. Marcia: "C'est une très belle génération"
Marcia, petite-fille de Jacques Higelin et fille d'Arthur H, le reconnaît: "mon principal et premier privilège venu avec mon nom de famille, c'est que je n'ai eu à convaincre personne pour dire que je pouvais avoir une carrière" musicale.
Pour le reste, l'artiste trentenaire a mené sa propre quête, s'orientant vers une activité "dans le social", avant d'être rattrapée par la musique.
Le 20 février paraîtra "Mlog", un EP façon journal intime (ou blog) en musique, composé de neuf titres qui oscillent entre sujets personnels et paroles cash, avec un brin de dérision, comme ce titre sans filtre sur les règles et leurs effets secondaires.
"Les injonctions du style il faut être toute polie, toute lisse, toute douce, c'est quelque chose qui est heureusement en voie d'extinction", tranche la chanteuse.
Marcia voit dans cette scène française en ébullition un retour de la prise de risques. "On a envie d'être surpris et en plus il y a ce +girl power+ qui est vraiment chouette, venu avec tout ce travail qu'on fait" autour de propositions singulières, signe d'une "très belle génération", salue-t-elle.
. Myra: "Il faut qu'on se serre plus les coudes"
Dans son premier album aux notes ensoleillées, Myra mêle sa voix chaude à une large palette musicale, entre groove R'n'B, rythmes latino et sonorités grecques, clin d'œil à ses racines paternelles.
Disponible le 30 janvier, "Yapi" évoque ces maisons inachevées qui pullulent en Grèce. Mais ce terme populaire s'applique aussi au fait "d'être en chantier", explique l'artiste de 28 ans, elle-même "en construction".
Actrice dans les séries "Plus belle la vie" et "HPI", elle a choisi de s'engager davantage dans la musique. "Je voulais vraiment être à l'initiative des projets que je défends", confie-t-elle.
L'un des points-clés dans la carrière d'une femme dans la musique réside selon elle dans l'entourage. Or "pour s'entourer de manière saine, quand t'es une fille de 20 ans à peine, il faut écrémer plus de la moitié de la population", déplore Myra.
Dix ans après ses débuts, elle explique travailler avec de nombreuses femmes, en coulisses.
Mais "ça ne sert à rien de faire des équipes 100% féminines pour dire qu'on n'est qu'entre nanas", nuance-t-elle. L'important est "qu'il faut qu'on se serre plus les coudes, qu'on soit plus présentes les unes pour les autres."
Texte intégral (653 mots)
Pop, rap, électro, bossa nova: le vivier féminin francophone fourmille de nouvelles têtes prêtes à défendre leurs projets, comme le font déjà Camille Yembe, Oklou ou encore Solann. L'AFP a rencontré trois de ces artistes.
. Bianca Costa: "On est plus puissantes qu'on ne le croit"
C'est parce qu'elle est souvent qualifiée de "gringa" ("étrangère") dans son pays d'origine, le Brésil, que Bianca Costa a nommé ainsi son premier album.
L'artiste, qui a émigré au Portugal avant d'atterrir en banlieue parisienne à 10 ans, a su "faire la paix" avec ce sentiment d'être "Partout et nulle part", titre de son premier morceau en français.
Quand cette fonceuse commence à émerger, notamment via ses reprises "Bossa Trap", elle fait face à une industrie "dans la recherche de la nouvelle Angèle ou la nouvelle Louane", retrace-t-elle. Depuis elle a réussi à imposer son côté multi-styles, sans être cantonnée à une étiquette.
Dans cette nouvelle génération, "on est à l'affût de chaque petite meuf qui arrive, on va la suivre, lui donner de la force", explique-t-elle. "Il y a un nouveau souffle: on se rend compte qu'on est plus puissantes qu'on ne le croit."
Bianca Costa rêve de voir les duos féminins se multiplier: "tant que les femmes ne vont pas s'unir, on ne va pas ouvrir plus d'espace. On a quand même des talents, une diversité de fou."
. Marcia: "C'est une très belle génération"
Marcia, petite-fille de Jacques Higelin et fille d'Arthur H, le reconnaît: "mon principal et premier privilège venu avec mon nom de famille, c'est que je n'ai eu à convaincre personne pour dire que je pouvais avoir une carrière" musicale.
Pour le reste, l'artiste trentenaire a mené sa propre quête, s'orientant vers une activité "dans le social", avant d'être rattrapée par la musique.
Le 20 février paraîtra "Mlog", un EP façon journal intime (ou blog) en musique, composé de neuf titres qui oscillent entre sujets personnels et paroles cash, avec un brin de dérision, comme ce titre sans filtre sur les règles et leurs effets secondaires.
"Les injonctions du style il faut être toute polie, toute lisse, toute douce, c'est quelque chose qui est heureusement en voie d'extinction", tranche la chanteuse.
Marcia voit dans cette scène française en ébullition un retour de la prise de risques. "On a envie d'être surpris et en plus il y a ce +girl power+ qui est vraiment chouette, venu avec tout ce travail qu'on fait" autour de propositions singulières, signe d'une "très belle génération", salue-t-elle.
. Myra: "Il faut qu'on se serre plus les coudes"
Dans son premier album aux notes ensoleillées, Myra mêle sa voix chaude à une large palette musicale, entre groove R'n'B, rythmes latino et sonorités grecques, clin d'œil à ses racines paternelles.
Disponible le 30 janvier, "Yapi" évoque ces maisons inachevées qui pullulent en Grèce. Mais ce terme populaire s'applique aussi au fait "d'être en chantier", explique l'artiste de 28 ans, elle-même "en construction".
Actrice dans les séries "Plus belle la vie" et "HPI", elle a choisi de s'engager davantage dans la musique. "Je voulais vraiment être à l'initiative des projets que je défends", confie-t-elle.
L'un des points-clés dans la carrière d'une femme dans la musique réside selon elle dans l'entourage. Or "pour s'entourer de manière saine, quand t'es une fille de 20 ans à peine, il faut écrémer plus de la moitié de la population", déplore Myra.
Dix ans après ses débuts, elle explique travailler avec de nombreuses femmes, en coulisses.
Mais "ça ne sert à rien de faire des équipes 100% féminines pour dire qu'on n'est qu'entre nanas", nuance-t-elle. L'important est "qu'il faut qu'on se serre plus les coudes, qu'on soit plus présentes les unes pour les autres."