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04.03.2026 à 09:19

Chouchou Lazare, le styliste gabonais qui transforme le raphia en trésor de la mode

FRANCE24
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"C'est le raphia du Gabon. Il est particulier, il est tissé très fin, c'est un textile qui mérite d'être montré", explique à l'AFP le designer. Refusant de révéler son âge exact, il lance, souriant : "Je n’ai pas d’âge, comme Karl", en référence à la star planétaire de la haute couture Karl Lagerfeld (1933-2019), l’une de ses idoles. Créatif depuis l’enfance, il aide sa mère dès l’âge de 9 ans quand elle fait des travaux de couture pour arrondir ses fins de mois. Au lycée, il organise son premier défilé. Autodidacte, il n’a jamais suivi d’études de stylisme, mais a tout appris en créant des robes pour les deux femmes qui comptent le plus dans sa vie : sa mère et sa grand-mère. En regardant les pièces de sa dernière collection, préparée pour un défilé récent à Paris, il dit qu'il pense toujours à sa mère: "Elle était très grande, elle représentait pour moi une reine". "Je veux voir des reines" "Quand je prépare mes défilés, je veux voir des reines, des femmes qui s’assument", confie-t-il, les yeux brillants. Tressé, cousu ou collé, le raphia au naturel est présent dans presque toutes ses créations, parfois en forme de bustier, d'autres fois utilisé pour des jupes. Ce matériau naturel, jamais teinté, est omniprésent dans sa collection. Pour les Gabonais, le raphia revêt une signification particulière. Traditionnellement réservé aux nobles et aux chefs du village, "c'est un tissu traditionnel qui rentre dans la spiritualité de notre pays, qui parle aux ancêtres", explique Chouchou Lazare, tout en esquissant le croquis d’une robe. Aujourd’hui encore, ce tissu est utilisé lors des mariages traditionnels et des cérémonies spirituelles bwiti, un culte ancestral au Gabon. "Le raphia représente une richesse naturelle à préserver, contribuant au rayonnement du patrimoine culturel gabonais et africain", rappelait récemment le ministère gabonais du Tourisme durable et de l’Artisanat. Mais pour le designer, "n’importe quelle personne peut porter du raphia, ce n’est pas réservé aux Gabonais ou aux Africains." "C’est ouvert à tout le monde", insiste-t-il tout en caressant un paquet de fibres de raphia posé près de sa machine à coudre, vérifiant qu’elles sont bien sèches. - "Un grand moment" - En 2002, Chouchou Lazare remporte le premier prix du meilleur défilé de mode à la Biennale internationale de Design de Saint-Étienne, en France. 24 ans plus tard, il présente ses créations au président français Emmanuel Macron, au cours d'une visite d’Etat au Gabon fin novembre 2025. Une photo encadrée dans son atelier immortalise ce moment : Chouchou Lazare entouré du président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema et de son homologue français. "Un grand moment", se souvient-il. "Pour un Gabonais qui vit au Gabon, qui a l'habitude de voir le raphia, à un moment donné, on se dit que c'est un textile comme tout autre, on ne le voit pas. Mais lorsque j'ai vu la réaction des présidents et de toutes les personnes qui étaient déjà dans la salle, +Waouh, c'est magnifique !+, j'avais l'impression que c'était du diamant" . Habillé d’une veste de costume rayée couleur or, d’un pagne traditionnel gabonais revisité avec quelques touches de raphia, et coiffé d’un chapeau dans le même tissu, le créateur s’est vu décerner un "Achievement Award" lors du Fashion Annual Show, à Paris le 28 février dernier. - Mentor - Cet événement, organisé depuis plus de 25 ans, met à l'honneur des créateurs et des mannequins africains. Président de l'Association des stylistes et créateurs gabonais, Chouchou Lazare a aussi tracé la voie pour d'autres designers gabonais, comme Oscar Ozimo, créateur de mode depuis plus de 20 ans. Travailler avec M. Lazare lui a permis d'apprendre la technique et la rigueur dans le travail. Présent au défilé parisien, Oscar se dit chanceux d'avoir pu accompagner son mentor. "C’est une grande aubaine pour moi d’avoir fait partie de cette aventure enrichissante", a-t-il dit à l'AFP. Dans son atelier baigné de lumière, Chouchou Lazare dit vouloir poursuivre son travail pour faire reconnaître le raphia comme "une richesse pour le Gabon".

04.03.2026 à 09:13

Moyen-Orient: les Bourses européennes temporisent après deux séances de chute

FRANCE24
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Vers 08H05 GMT, dans les premiers échanges, Paris prenait 0,41%, Francfort 0,44%, Milan 0,23% et Londres 0,12%.
Texte intégral (737 mots)
Vers 08H05 GMT, dans les premiers échanges, Paris prenait 0,41%, Francfort 0,44%, Milan 0,23% et Londres 0,12%.

04.03.2026 à 09:09

Crise oblige, les Chinois craquent pour l'occasion et les prix bas

FRANCE24
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Stimuler la consommation fait partie des objectifs prioritaires des dirigeants chinois à l'occasion des "Deux Sessions" parlementaires, grand-messe politique annuelle qui s'ouvre mercredi à Pékin. Mais la tâche s'annonce ardue. "Les fins de mois sont difficiles, tout le monde cherche des articles moins chers", explique Mme Liu, une quadragénaire de Shanghai qui achète régulièrement des livres de seconde main. L'occasion a longtemps eu mauvaise réputation en Chine. Ces objets étaient perçus comme sales ou associés à la pauvreté. Mais les habitudes évoluent. "Un thé au lait gratuit sera toujours mieux qu'un thé au lait payé plein pot!", résume Mme Liu. En ligne, deux applications dominent le marché florissant de l'occasion: Xianyu (plus de 600 millions d'utilisateurs) du géant du e-commerce Alibaba, et Zhuanzhuan, soutenue par Tencent, l'autre mastodonte chinois de l'internet. Xianyu a ouvert son premier magasin en dur en 2024. Elle en compte aujourd'hui plus d'une vingtaine. Ses points de vente ressemblent aux boutiques caritatives européennes, avec des peluches côtoyant poussettes et baskets plus ou moins usées. Zhuanzhuan a ouvert l'an passé à Pékin un grand magasin physique, avec sacs à main de marque et consoles de jeu. Marchés aux puces Les consommateurs chinois deviennent aussi plus soucieux de l'environnement, avance Li Yujun, fondatrice d'un magasin d'occasion à Shanghai. Mais le principal attrait reste les prix bas, reconnaît-elle, avec des articles 40 voire 70% moins chers que le neuf. "Aujourd'hui, beaucoup de quartiers organisent des petits marchés aux puces", explique Mme Lin, une cliente âgée de 37 ans. "On peut y acheter des choses utiles à très bon prix." Malgré les efforts du gouvernement, la consommation n'a toujours pas retrouvé son niveau d'avant la pandémie. Les vacances du Nouvel An chinois (15-23 février) ont été cette année plus longues que d'habitude, avec neuf jours fériés consécutifs, censés inciter les gens à voyager et à se divertir. Certes, un nombre record de 596 millions de voyages en Chine ont été effectués durant cette période. Mais les dépenses touristiques par habitant étaient inférieures de 8,8% à leur niveau pré-pandémie, et même en baisse de 0,2% sur un an, selon Goldman Sachs. De retour dans sa province natale du Hebei (nord) pour les fêtes, Hua Lei, une Pékinoise de 34 ans, confie à sa descente du train avoir vécu des festivités très sobres. "Quand je rentre en famille, on reste généralement à la maison. Je ne sors pas beaucoup", explique-t-elle. Une autre passagère, Chai Lihong, voyageait pour rejoindre son beau-fils à Baoding, dans le Hebei. "On a pris un train vert, plus lent. Les TGV sont trop chers pour les gens comme nous, qui vivons à la campagne", souligne-t-elle. "Effet limité" Les autorités ont massivement financé ces derniers mois les ventes de certains produits (électronique, meubles, électroménager, automobile), notamment avec des coups de pouce à l'achat et un système de reprise. Mais le système a eu "un effet limité", estime Duncan Wrigley, du cabinet Pantheon Macroeconomics. "Cela a simplement avancé des achats qui auraient été faits de toute façon, et a conduit les gens à réduire leurs autres dépenses", juge-t-il. Dans un grand magasin d'ameublement à Shanghai, une vendeuse dit ne pas voir beaucoup d'effet sur les ventes. "Le marché fait vraiment peur en ce moment", confie-t-elle en montrant les allées presque vides. Le Fonds monétaire international (FMI) a exhorté Pékin à améliorer la couverture santé, les retraites et les aides sociales pour redonner aux Chinois l'envie de consommer. D'autres analystes plaident pour des mesures plus fortes. Les autorités devraient distribuer 4.000 milliards de yuans (près de 500 milliards d'euros) en bons d'achats à l'ensemble de la population, suggère Zhu Tian, économiste à l'Ecole de commerce internationale Chine-Europe (CEIBS) à Shanghai. En octobre, les dirigeants chinois avaient déclaré vouloir "oeuvrer à l'amélioration du niveau de vie tout en augmentant les dépenses de consommation". De nombreux analystes s'attendent à l'annonce de nouvelles mesures cette semaine lors des "Deux Sessions".
Texte intégral (673 mots)
Stimuler la consommation fait partie des objectifs prioritaires des dirigeants chinois à l'occasion des "Deux Sessions" parlementaires, grand-messe politique annuelle qui s'ouvre mercredi à Pékin. Mais la tâche s'annonce ardue. "Les fins de mois sont difficiles, tout le monde cherche des articles moins chers", explique Mme Liu, une quadragénaire de Shanghai qui achète régulièrement des livres de seconde main. L'occasion a longtemps eu mauvaise réputation en Chine. Ces objets étaient perçus comme sales ou associés à la pauvreté. Mais les habitudes évoluent. "Un thé au lait gratuit sera toujours mieux qu'un thé au lait payé plein pot!", résume Mme Liu. En ligne, deux applications dominent le marché florissant de l'occasion: Xianyu (plus de 600 millions d'utilisateurs) du géant du e-commerce Alibaba, et Zhuanzhuan, soutenue par Tencent, l'autre mastodonte chinois de l'internet. Xianyu a ouvert son premier magasin en dur en 2024. Elle en compte aujourd'hui plus d'une vingtaine. Ses points de vente ressemblent aux boutiques caritatives européennes, avec des peluches côtoyant poussettes et baskets plus ou moins usées. Zhuanzhuan a ouvert l'an passé à Pékin un grand magasin physique, avec sacs à main de marque et consoles de jeu. Marchés aux puces Les consommateurs chinois deviennent aussi plus soucieux de l'environnement, avance Li Yujun, fondatrice d'un magasin d'occasion à Shanghai. Mais le principal attrait reste les prix bas, reconnaît-elle, avec des articles 40 voire 70% moins chers que le neuf. "Aujourd'hui, beaucoup de quartiers organisent des petits marchés aux puces", explique Mme Lin, une cliente âgée de 37 ans. "On peut y acheter des choses utiles à très bon prix." Malgré les efforts du gouvernement, la consommation n'a toujours pas retrouvé son niveau d'avant la pandémie. Les vacances du Nouvel An chinois (15-23 février) ont été cette année plus longues que d'habitude, avec neuf jours fériés consécutifs, censés inciter les gens à voyager et à se divertir. Certes, un nombre record de 596 millions de voyages en Chine ont été effectués durant cette période. Mais les dépenses touristiques par habitant étaient inférieures de 8,8% à leur niveau pré-pandémie, et même en baisse de 0,2% sur un an, selon Goldman Sachs. De retour dans sa province natale du Hebei (nord) pour les fêtes, Hua Lei, une Pékinoise de 34 ans, confie à sa descente du train avoir vécu des festivités très sobres. "Quand je rentre en famille, on reste généralement à la maison. Je ne sors pas beaucoup", explique-t-elle. Une autre passagère, Chai Lihong, voyageait pour rejoindre son beau-fils à Baoding, dans le Hebei. "On a pris un train vert, plus lent. Les TGV sont trop chers pour les gens comme nous, qui vivons à la campagne", souligne-t-elle. "Effet limité" Les autorités ont massivement financé ces derniers mois les ventes de certains produits (électronique, meubles, électroménager, automobile), notamment avec des coups de pouce à l'achat et un système de reprise. Mais le système a eu "un effet limité", estime Duncan Wrigley, du cabinet Pantheon Macroeconomics. "Cela a simplement avancé des achats qui auraient été faits de toute façon, et a conduit les gens à réduire leurs autres dépenses", juge-t-il. Dans un grand magasin d'ameublement à Shanghai, une vendeuse dit ne pas voir beaucoup d'effet sur les ventes. "Le marché fait vraiment peur en ce moment", confie-t-elle en montrant les allées presque vides. Le Fonds monétaire international (FMI) a exhorté Pékin à améliorer la couverture santé, les retraites et les aides sociales pour redonner aux Chinois l'envie de consommer. D'autres analystes plaident pour des mesures plus fortes. Les autorités devraient distribuer 4.000 milliards de yuans (près de 500 milliards d'euros) en bons d'achats à l'ensemble de la population, suggère Zhu Tian, économiste à l'Ecole de commerce internationale Chine-Europe (CEIBS) à Shanghai. En octobre, les dirigeants chinois avaient déclaré vouloir "oeuvrer à l'amélioration du niveau de vie tout en augmentant les dépenses de consommation". De nombreux analystes s'attendent à l'annonce de nouvelles mesures cette semaine lors des "Deux Sessions".

04.03.2026 à 08:57

Au milieu des géants du Salon du mobile, des téléphones différents tentent de se démarquer

FRANCE24
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A l'instar du néerlandais Fairphone, dont les smartphones se veulent éthiques et écologiques, d'autres plus petites entreprises essaient de sortir du lot. Light Phone, à utiliser "le moins possible" Un écran noir, quelques lignes de texte, pas de logos d'applications: à première vue, le troisième modèle de la marque américaine Light Phone n'a pas grand chose en commun avec les smartphones les plus vendus. Vendu 699 dollars (602 euros), il est conçu pour être "utilisé le moins possible": comme l'explique à l'AFP le directeur général de l'entreprise, Kaiwei Tang, ces appareils disposent seulement de fonctionnalités de base. Les utilisateurs peuvent ainsi téléphoner, envoyer des messages, accéder à la 5G, mais pas aux réseaux sociaux. Pour Kaiwei Tang, cofondateur de l'entreprise, il s'agit de lutter contre "l'économie de l'attention" qui tente de garder les utilisateurs le plus longtemps possible en ligne. Le dirigeant sent un fort intérêt de la part des 20-30 ans, qui cherchent à trouver des moyens de maîtriser leur rapport aux nouvelles technologies, et décrit le Light Phone comme un simple "outil" dans cette quête. "Pourquoi devrait-on avoir besoin de changer de téléphone tous les deux ans?", s'interroge-t-il. - Jolla, l'européen Treize ans après avoir lancé son premier modèle, le finlandais Jolla a lancé son nouveau téléphone, mis en avant comme étant essentiellement européen, vendu 649 euros. Lancé en décembre, l'appareil présenté à Barcelone, a totalisé quelque 10.000 précommandes, et devrait commencer à être livré en juin. Des chiffres limités par rapport aux géants du secteur, mais qui permettent à l'entreprise d'être rentable, se félicite son directeur général, Sami Pienimäki. Selon lui, le moment est favorable à des initiatives du genre. "Il existe une forte demande, de manière générale, pour les technologies européennes", assure-t-il. L'équipe derrière le téléphone, qui s'est bâtie à partir d'anciens salariés de Nokia, s'est un temps éloignée du marché des téléphones, pour se concentrer sur la partie logicielle. Dans son téléphone, Jolla a ainsi intégré son propre système d'exploitation, ce qui est très rare sur ce marché. "Vous pouvez avoir WhatsApp, Signal, Spotify, peu importe: toutes les applications Android fonctionnent sans les services Google", rassure Sami Pienimäki. Le téléphone lui-même doit être assemblé en Finlande. Mais l'entreprise reste néanmoins dépendante d'approvisionnements étrangers. "Bien sûr, nous nous procurons des composants en Asie", précise le dirigeant. Punkt, un "coffre-fort" Les deux entreprises soeurs Punkt et Apostrophy, toutes deux basées en Suisse, proposent quant à elle un téléphone dont l'écran se scinde en deux parties. En glissant de droite à gauche, l'utilisateur peut basculer vers le "coffre-fort", avec quelques applications sécurisées, notamment issues de l'entreprise Proton. D'un geste, il peut ensuite revenir aux applications classiques. L'appareil "vous donne le contrôle sur votre vie numérique, à l'abri de toute surveillance fondée sur l'exploitation des données", vante l'entreprise. Avec un système d'exploitation basé sur Android, le téléphone propose aux utilisateurs de maîtriser l'accès à leurs données avec un outil centralisé, qui permet de régler le niveau de sécurité désiré sur une échelle de 1 à 5. "Les applications qui ne sont pas ouvertes pendant trois jours basculent automatiquement au niveau" le plus élevé, pour éviter des collectes de données inutiles, précise à l'AFP Yanapi Senaud, chargé des ventes au sein de Punkt. En dehors du téléphone, lui-même vendu 699 euros, son utilisation devient payante après la première année: les utilisateurs doivent alors débourser une dizaine d'euros par mois pour rémunérer le système d'exploitation. "Si vous ne payez pas pour le produit, c'est que vous êtes le produit", défend la marque.
Texte intégral (655 mots)
A l'instar du néerlandais Fairphone, dont les smartphones se veulent éthiques et écologiques, d'autres plus petites entreprises essaient de sortir du lot. Light Phone, à utiliser "le moins possible" Un écran noir, quelques lignes de texte, pas de logos d'applications: à première vue, le troisième modèle de la marque américaine Light Phone n'a pas grand chose en commun avec les smartphones les plus vendus. Vendu 699 dollars (602 euros), il est conçu pour être "utilisé le moins possible": comme l'explique à l'AFP le directeur général de l'entreprise, Kaiwei Tang, ces appareils disposent seulement de fonctionnalités de base. Les utilisateurs peuvent ainsi téléphoner, envoyer des messages, accéder à la 5G, mais pas aux réseaux sociaux. Pour Kaiwei Tang, cofondateur de l'entreprise, il s'agit de lutter contre "l'économie de l'attention" qui tente de garder les utilisateurs le plus longtemps possible en ligne. Le dirigeant sent un fort intérêt de la part des 20-30 ans, qui cherchent à trouver des moyens de maîtriser leur rapport aux nouvelles technologies, et décrit le Light Phone comme un simple "outil" dans cette quête. "Pourquoi devrait-on avoir besoin de changer de téléphone tous les deux ans?", s'interroge-t-il. - Jolla, l'européen Treize ans après avoir lancé son premier modèle, le finlandais Jolla a lancé son nouveau téléphone, mis en avant comme étant essentiellement européen, vendu 649 euros. Lancé en décembre, l'appareil présenté à Barcelone, a totalisé quelque 10.000 précommandes, et devrait commencer à être livré en juin. Des chiffres limités par rapport aux géants du secteur, mais qui permettent à l'entreprise d'être rentable, se félicite son directeur général, Sami Pienimäki. Selon lui, le moment est favorable à des initiatives du genre. "Il existe une forte demande, de manière générale, pour les technologies européennes", assure-t-il. L'équipe derrière le téléphone, qui s'est bâtie à partir d'anciens salariés de Nokia, s'est un temps éloignée du marché des téléphones, pour se concentrer sur la partie logicielle. Dans son téléphone, Jolla a ainsi intégré son propre système d'exploitation, ce qui est très rare sur ce marché. "Vous pouvez avoir WhatsApp, Signal, Spotify, peu importe: toutes les applications Android fonctionnent sans les services Google", rassure Sami Pienimäki. Le téléphone lui-même doit être assemblé en Finlande. Mais l'entreprise reste néanmoins dépendante d'approvisionnements étrangers. "Bien sûr, nous nous procurons des composants en Asie", précise le dirigeant. Punkt, un "coffre-fort" Les deux entreprises soeurs Punkt et Apostrophy, toutes deux basées en Suisse, proposent quant à elle un téléphone dont l'écran se scinde en deux parties. En glissant de droite à gauche, l'utilisateur peut basculer vers le "coffre-fort", avec quelques applications sécurisées, notamment issues de l'entreprise Proton. D'un geste, il peut ensuite revenir aux applications classiques. L'appareil "vous donne le contrôle sur votre vie numérique, à l'abri de toute surveillance fondée sur l'exploitation des données", vante l'entreprise. Avec un système d'exploitation basé sur Android, le téléphone propose aux utilisateurs de maîtriser l'accès à leurs données avec un outil centralisé, qui permet de régler le niveau de sécurité désiré sur une échelle de 1 à 5. "Les applications qui ne sont pas ouvertes pendant trois jours basculent automatiquement au niveau" le plus élevé, pour éviter des collectes de données inutiles, précise à l'AFP Yanapi Senaud, chargé des ventes au sein de Punkt. En dehors du téléphone, lui-même vendu 699 euros, son utilisation devient payante après la première année: les utilisateurs doivent alors débourser une dizaine d'euros par mois pour rémunérer le système d'exploitation. "Si vous ne payez pas pour le produit, c'est que vous êtes le produit", défend la marque.

04.03.2026 à 08:49

Les obsèques de l'ayatollah Ali Khamenei vont se tenir pendant trois jours en Iran

FRANCE 24
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Les obsèques nationales du défunt guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, se tiendront mercredi soir à Téhéran et dureront trois jours. L'ancien dirigeant de 86 ans a été tué samedi par les frappes israélo-américaines. Israël a, de son côté, affirmé que son successeur serait "une cible".
Texte intégral (655 mots)
Les obsèques nationales du défunt guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, se tiendront mercredi soir à Téhéran et dureront trois jours. L'ancien dirigeant de 86 ans a été tué samedi par les frappes israélo-américaines. Israël a, de son côté, affirmé que son successeur serait "une cible".

04.03.2026 à 08:39

Automobile: humain ou autonomie, pour conduire, il faut choisir

FRANCE24
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Faute de demande des clients, Mercedes et BMW, pionniers en Europe des aides à la conduite "de niveau 3", qui permettent au conducteur de lâcher la route des yeux pendant que sa voiture prend les commandes, les retireront des quelques modèles haut de gamme qui les proposaient. Les aides à la conduite, ou ADAS, sont classées par niveaux d'autonomie: le niveau 1 est en quelque sorte "sans les pieds" (la voiture sait freiner seule en cas d'obstacle), le niveau 2 "sans les mains" (on lâche le volant), le niveau 3 "sans les yeux" (on regarder ailleurs que la route) et les niveaux 4 et plus sont "sans conducteur". BMW a annoncé la semaine dernière abandonner les aides de niveau 3 de ses Serie 7 et des modèles basés sur sa nouvelle plateforme "Neue Klasse", dont le premier, la iX3, sort le 7 mars. Mercedes a ôté l'option sur les nouvelles versions de sa Classe S, a relevé la presse spécialisée. Avant eux, le groupe Stellantis a décidé en octobre d'arrêter le développement des systèmes de niveau 3. Premier obstacle, un surcoût de plusieurs milliers d'euros - 6.000 pour le système de BMW - jugé cher pour un usage peu fréquent. La législation européenne est aussi un frein : les aides de niveau 3 nécessitent un lourd processus d'homologation pays par pays. Celles des deux constructeurs allemands n'étaient autorisées qu'en Allemagne, sur certaines autoroutes et à des vitesses limitées. La possibilité de regarder un film pendant que la voiture gère seule un bouchon n'a pas suffisamment séduit. Surveillance d'une caméra "Le niveau 3 permet en théorie de déléguer la conduite à votre voiture pendant que vous regardez vos mails, mais les conducteurs et le marché ne sont pas prêts", a renchéri mardi devant la presse Anne Laliron, directrice de l'innovation de Stellantis. Au volant, lâcher le pouvoir ne va pas de soi : une enquête du Boston Consulting Group pour le groupe Bosch auprès de 3.000 acheteurs de voitures neuves en Allemagne, Chine, Corée du Sud, Etats-Unis, France, Japon et Royaume-Uni montre que quatre sur dix se plaignent d'interventions superflues des ADAS dans leur conduite et que 7% les désactivent. Les Européens, pour qui les voitures autonomes restent futuristes, sont les plus méfiants. Autre frein pour un constructeur, en niveau 3, c'est lui qui est jugé responsable, en cas d'accident si l'aide à la conduite est activée, et non le conducteur, souligne BMW. Stellantis, BMW et Mercedes, mais aussi Volkswagen ou l'américain Ford, privilégient désormais les ADAS de niveau "2+" : la voiture peut freiner ou se diriger seule et le conducteur lâcher le volant, à condition qu'il continue à regarder la route. Sous la surveillance d'une caméra. "On est très enthousiaste sur les aides de niveau 2+, comme donner sur GPS votre lieu d'arrivée et laisser la voiture vous assister, tant que votre attention reste sur la route", commente Anne Laliron. Taxis autonomes Que ce soit aux Etats-Unis, en Europe ou en Chine, les constructeurs rivalisent dans ce domaine : le conducteur peut longuement lâcher le volant sur autoroute, laisser sa voiture effectuer un créneau ou entrer dans un parking. BMW propose même un système qui permet à la voiture de doubler seule, sur confirmation d'un coup d'oeil dans le rétroviseur. Fin 2026, en Allemagne une fonction adresse-à-adresse permettra à ses modèles de se diriger seuls en ville. Les constructeurs européens misent aussi de plus en plus sur le niveau 4, les voitures autonomes sans conducteur, banalité dans beaucoup de grandes villes américaines ou chinoises mais encore interdites en Europe. Ils parient sur une autorisation rapide en Europe. "L'UE accélère énormément dans ce domaine", selon Anne Laliron. "C'est un de nos principaux domaines de recherche", explique la responsable de Stellantis, premier dépositaire de brevets en 2025 en France. "Il y a déjà plus d'un million de trajets par mois avec des robotaxis en Chine ou aux Etats-Unis, et ça augmente". Un chiffre qui témoigne d'une bonne acceptation par les passagers de ces pays. Ainsi Mercedes, Stellantis et Nissan ont annoncé la semaine dernière un gros investissement dans Wayve, start-up britannique de taxis autonomes, rivale du leader Waymo (groupe Alphabet, maison mère de Google). Depuis fin 2025 Stellantis teste aussi des vans autonomes au Luxembourg, avec le chinois Pony.ai.
Texte intégral (739 mots)
Faute de demande des clients, Mercedes et BMW, pionniers en Europe des aides à la conduite "de niveau 3", qui permettent au conducteur de lâcher la route des yeux pendant que sa voiture prend les commandes, les retireront des quelques modèles haut de gamme qui les proposaient. Les aides à la conduite, ou ADAS, sont classées par niveaux d'autonomie: le niveau 1 est en quelque sorte "sans les pieds" (la voiture sait freiner seule en cas d'obstacle), le niveau 2 "sans les mains" (on lâche le volant), le niveau 3 "sans les yeux" (on regarder ailleurs que la route) et les niveaux 4 et plus sont "sans conducteur". BMW a annoncé la semaine dernière abandonner les aides de niveau 3 de ses Serie 7 et des modèles basés sur sa nouvelle plateforme "Neue Klasse", dont le premier, la iX3, sort le 7 mars. Mercedes a ôté l'option sur les nouvelles versions de sa Classe S, a relevé la presse spécialisée. Avant eux, le groupe Stellantis a décidé en octobre d'arrêter le développement des systèmes de niveau 3. Premier obstacle, un surcoût de plusieurs milliers d'euros - 6.000 pour le système de BMW - jugé cher pour un usage peu fréquent. La législation européenne est aussi un frein : les aides de niveau 3 nécessitent un lourd processus d'homologation pays par pays. Celles des deux constructeurs allemands n'étaient autorisées qu'en Allemagne, sur certaines autoroutes et à des vitesses limitées. La possibilité de regarder un film pendant que la voiture gère seule un bouchon n'a pas suffisamment séduit. Surveillance d'une caméra "Le niveau 3 permet en théorie de déléguer la conduite à votre voiture pendant que vous regardez vos mails, mais les conducteurs et le marché ne sont pas prêts", a renchéri mardi devant la presse Anne Laliron, directrice de l'innovation de Stellantis. Au volant, lâcher le pouvoir ne va pas de soi : une enquête du Boston Consulting Group pour le groupe Bosch auprès de 3.000 acheteurs de voitures neuves en Allemagne, Chine, Corée du Sud, Etats-Unis, France, Japon et Royaume-Uni montre que quatre sur dix se plaignent d'interventions superflues des ADAS dans leur conduite et que 7% les désactivent. Les Européens, pour qui les voitures autonomes restent futuristes, sont les plus méfiants. Autre frein pour un constructeur, en niveau 3, c'est lui qui est jugé responsable, en cas d'accident si l'aide à la conduite est activée, et non le conducteur, souligne BMW. Stellantis, BMW et Mercedes, mais aussi Volkswagen ou l'américain Ford, privilégient désormais les ADAS de niveau "2+" : la voiture peut freiner ou se diriger seule et le conducteur lâcher le volant, à condition qu'il continue à regarder la route. Sous la surveillance d'une caméra. "On est très enthousiaste sur les aides de niveau 2+, comme donner sur GPS votre lieu d'arrivée et laisser la voiture vous assister, tant que votre attention reste sur la route", commente Anne Laliron. Taxis autonomes Que ce soit aux Etats-Unis, en Europe ou en Chine, les constructeurs rivalisent dans ce domaine : le conducteur peut longuement lâcher le volant sur autoroute, laisser sa voiture effectuer un créneau ou entrer dans un parking. BMW propose même un système qui permet à la voiture de doubler seule, sur confirmation d'un coup d'oeil dans le rétroviseur. Fin 2026, en Allemagne une fonction adresse-à-adresse permettra à ses modèles de se diriger seuls en ville. Les constructeurs européens misent aussi de plus en plus sur le niveau 4, les voitures autonomes sans conducteur, banalité dans beaucoup de grandes villes américaines ou chinoises mais encore interdites en Europe. Ils parient sur une autorisation rapide en Europe. "L'UE accélère énormément dans ce domaine", selon Anne Laliron. "C'est un de nos principaux domaines de recherche", explique la responsable de Stellantis, premier dépositaire de brevets en 2025 en France. "Il y a déjà plus d'un million de trajets par mois avec des robotaxis en Chine ou aux Etats-Unis, et ça augmente". Un chiffre qui témoigne d'une bonne acceptation par les passagers de ces pays. Ainsi Mercedes, Stellantis et Nissan ont annoncé la semaine dernière un gros investissement dans Wayve, start-up britannique de taxis autonomes, rivale du leader Waymo (groupe Alphabet, maison mère de Google). Depuis fin 2025 Stellantis teste aussi des vans autonomes au Luxembourg, avec le chinois Pony.ai.

04.03.2026 à 08:29

"Demain", "unies" ou "citoyennes": ce que racontent les noms des listes aux municipales

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L'analyse par l'AFP des 50.000 listes candidates aux élections municipales dans les presque 35.000 communes françaises raconte les lieux communs, les tendances partisanes et certaines originalités dans les choix de leurs noms. Quatre mots, "ensemble" et "pour" L'exercice demande d'abord de la concision. Les noms de listes, publiées vendredi par le ministère de l'Intérieur, font en moyenne quatre mots, de l'expéditif "Le Havre !" d'Edouard Philippe (Horizons, Seine-Maritime) à l'exhaustif "Une mairie à l'offensive: 100% services publics, 100% jeunesse, 100% citoyen.ne.s, soutenue par le parti des travailleurs" à Orthez (liste extrême gauche, Pyrénées-Atlantiques). Sur quatre mots, une figure imposée: trois listes sur quatre mentionnent le nom de leur commune, sans compter celles qui en citent le gentilé. Inclure le nom du candidat tête de liste est rare chez les listes sans étiquette (1,3% d'entre elles). Mais plus courant (4,3%) chez les listes des partis, comme l'ont fait Eric Ciotti (UDR) à Nice ou Sébastien Delogu (LFI) à Marseille. Les listes parlent aussi fréquemment "d'avenir" ou de "demain", en particulier chez 12 et 6% des listes sans étiquette. Elles évoquent l'action ("agir", "élan") ou promettent de faire "vivre" leur commune. Mais les mot les plus récurrents sont sans conteste "pour" et "ensemble": ce dernier se retrouve dans 30% des noms de listes du pays, comme "Fenain ensemble" (liste divers gauche, Nord) ou "Ensemble pour Aix" (liste LR, Savoie). Au total, 40% des listes sont "pour", la plupart pour leur commune... avec quelques résultats cocasses, comme à Contre (Somme), où une liste sans étiquette promet d'"Agir ensemble pour Contre". Ancrage territorial Les appels à l'unité sont légion: "unir", "union" et leurs dérivés s'invitent dans 8% des listes. Mais "rassemblement" reste la chasse gardée du Rassemblement national (RN), dont un quart des listes emploie le terme, comme dans "Rassemblons Montélimar" (Drôme) ou "Sainte-Marie rassemblée" (La Réunion). Le parti d'extrême droite l'utilise pourtant moins qu'en 2020 (41% des listes d'alors). Dans une élection où le RN cherche à s'implanter localement, les noms des listes sont désormais moins génériques: "Retrouvons Paris", "Un autre avenir pour Meaux" (Seine-et-Marne). Même changement chez LFI, également en quête d'ancrage territorial. En 2020, le parti de gauche radicale déclinait le nom de son programme de l'époque, "l'avenir en commun", dans un tiers de ses listes. En 2026, ses slogans se diversifient. "Rennes en commun" (Ille-et-Vilaine) et "La Rochelle en commun" (Charente-Maritime) sont devenus "Faire mieux pour Rennes" et "Pour une ville solidaire". "Solidaire" est d'ailleurs caractéristique des listes de gauche, présent dans 6% de leurs noms, comme "citoyens" (7%). Signe distinctif en 2020 de ce côté de l'échiquier politique, le mot "écologique" se raréfie en revanche de moitié cette année. A droite, on préfère afficher son attachement à sa commune. 7% des listes de droite utilisent les mots "aimer", "coeur" ou "passion" comme Jean-Michel Aulas (divers droite) et son "Coeur lyonnais" (Rhône). Enfin, les listes soutenues par les partis du centre se distinguent par le fait de s'adresser directement aux électeurs (9% de listes avec "vous") et le vocabulaire du changement ("nouveau", "autrement"). Ainsi de la maire UDI sortante Karine Franclet en Seine-Saint-Denis: "Aubervilliers change pour vous!" L'AFP a aussi recensé 550 listes avec des mots de langue régionale, dont le corse (360), le basque (120) et le breton (30). S'ajoutent près de 300 listes ultramarines formulées au moins en partie en langue polynésienne, en créole ou en kanak. La langue diffère mais le message reste le même des Pyrénées-Atlantiques à la Guadeloupe: "Isturitze elgarrekin" ("Isturits ensemble") et "Ansanm pou Polwi" ("Ensemble pour Port-Louis").
Texte intégral (601 mots)
L'analyse par l'AFP des 50.000 listes candidates aux élections municipales dans les presque 35.000 communes françaises raconte les lieux communs, les tendances partisanes et certaines originalités dans les choix de leurs noms. Quatre mots, "ensemble" et "pour" L'exercice demande d'abord de la concision. Les noms de listes, publiées vendredi par le ministère de l'Intérieur, font en moyenne quatre mots, de l'expéditif "Le Havre !" d'Edouard Philippe (Horizons, Seine-Maritime) à l'exhaustif "Une mairie à l'offensive: 100% services publics, 100% jeunesse, 100% citoyen.ne.s, soutenue par le parti des travailleurs" à Orthez (liste extrême gauche, Pyrénées-Atlantiques). Sur quatre mots, une figure imposée: trois listes sur quatre mentionnent le nom de leur commune, sans compter celles qui en citent le gentilé. Inclure le nom du candidat tête de liste est rare chez les listes sans étiquette (1,3% d'entre elles). Mais plus courant (4,3%) chez les listes des partis, comme l'ont fait Eric Ciotti (UDR) à Nice ou Sébastien Delogu (LFI) à Marseille. Les listes parlent aussi fréquemment "d'avenir" ou de "demain", en particulier chez 12 et 6% des listes sans étiquette. Elles évoquent l'action ("agir", "élan") ou promettent de faire "vivre" leur commune. Mais les mot les plus récurrents sont sans conteste "pour" et "ensemble": ce dernier se retrouve dans 30% des noms de listes du pays, comme "Fenain ensemble" (liste divers gauche, Nord) ou "Ensemble pour Aix" (liste LR, Savoie). Au total, 40% des listes sont "pour", la plupart pour leur commune... avec quelques résultats cocasses, comme à Contre (Somme), où une liste sans étiquette promet d'"Agir ensemble pour Contre". Ancrage territorial Les appels à l'unité sont légion: "unir", "union" et leurs dérivés s'invitent dans 8% des listes. Mais "rassemblement" reste la chasse gardée du Rassemblement national (RN), dont un quart des listes emploie le terme, comme dans "Rassemblons Montélimar" (Drôme) ou "Sainte-Marie rassemblée" (La Réunion). Le parti d'extrême droite l'utilise pourtant moins qu'en 2020 (41% des listes d'alors). Dans une élection où le RN cherche à s'implanter localement, les noms des listes sont désormais moins génériques: "Retrouvons Paris", "Un autre avenir pour Meaux" (Seine-et-Marne). Même changement chez LFI, également en quête d'ancrage territorial. En 2020, le parti de gauche radicale déclinait le nom de son programme de l'époque, "l'avenir en commun", dans un tiers de ses listes. En 2026, ses slogans se diversifient. "Rennes en commun" (Ille-et-Vilaine) et "La Rochelle en commun" (Charente-Maritime) sont devenus "Faire mieux pour Rennes" et "Pour une ville solidaire". "Solidaire" est d'ailleurs caractéristique des listes de gauche, présent dans 6% de leurs noms, comme "citoyens" (7%). Signe distinctif en 2020 de ce côté de l'échiquier politique, le mot "écologique" se raréfie en revanche de moitié cette année. A droite, on préfère afficher son attachement à sa commune. 7% des listes de droite utilisent les mots "aimer", "coeur" ou "passion" comme Jean-Michel Aulas (divers droite) et son "Coeur lyonnais" (Rhône). Enfin, les listes soutenues par les partis du centre se distinguent par le fait de s'adresser directement aux électeurs (9% de listes avec "vous") et le vocabulaire du changement ("nouveau", "autrement"). Ainsi de la maire UDI sortante Karine Franclet en Seine-Saint-Denis: "Aubervilliers change pour vous!" L'AFP a aussi recensé 550 listes avec des mots de langue régionale, dont le corse (360), le basque (120) et le breton (30). S'ajoutent près de 300 listes ultramarines formulées au moins en partie en langue polynésienne, en créole ou en kanak. La langue diffère mais le message reste le même des Pyrénées-Atlantiques à la Guadeloupe: "Isturitze elgarrekin" ("Isturits ensemble") et "Ansanm pou Polwi" ("Ensemble pour Port-Louis").

04.03.2026 à 08:29

Moyen-Orient: les Bourses européennes devraient faire une pause, après deux séances de chute

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Une quarantaine de minutes avant le début de la séance, le contrat à terme portant sur la Bourse de Paris, qui permet d'anticiper la tendance des marchés à leur ouverture, grappillait 0,19%. Celui de Francfort prenait 0,30%, celui de Londres restait à l'équilibre (+0,06%) et celui de Milan reculait légèrement (-0,20%). Au cinquième jour de la guerre au Moyen-Orient, Israël a lancé mercredi de nouvelles frappes sur l'Iran et le Liban, avec de fortes explosions entendues à Beyrouth. L'Iran continue en représailles de lancer des missiles contre Israël et sur le Golfe. Le conflit a provoqué ces derniers jours un net recul des marchés boursiers, particulièrement en Europe et en Asie. Depuis le début de la semaine, le CAC 40 a perdu plus de 5%, le Dax près de 6% et le FTSE 100 de Londres près de 4%. Les investisseurs s'inquiètent en effet de la forte hausse du prix des hydrocarbures, en raison des perturbations de l'approvisionnement via le détroit d'Ormuz, où transite environ 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié (GNL) mondial. Cette flambée "fait grimper les anticipations d'inflation", relève Ipek Ozkardeskaya, analyste pour Swissquote Bank. Les marchés craignent que cela "n'entraîne un durcissement" de la politique monétaire des "banques centrales", ajoute-t-elle. En Europe, particulièrement dépendante de ses importations de gaz et de pétrole, le spectre de la crise inflationniste, provoquée en 2022 par l'invasion de l'Ukraine par la Russie, plane. Donald Trump a certes assuré que la marine des Etats-Unis pourrait escorter des pétroliers "si nécessaire" à travers le détroit d'Ormuz. Mais les Gardiens de la Révolution iraniens ont eux assuré mercredi avoir le "contrôle total" du point de passage. Mais "pas sûr que cette annonce rassure les investisseurs sur le moyen terme", estime donc John Plassard, responsable de la stratégie d'investissement chez Cité Gestion Private Bank.
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Une quarantaine de minutes avant le début de la séance, le contrat à terme portant sur la Bourse de Paris, qui permet d'anticiper la tendance des marchés à leur ouverture, grappillait 0,19%. Celui de Francfort prenait 0,30%, celui de Londres restait à l'équilibre (+0,06%) et celui de Milan reculait légèrement (-0,20%). Au cinquième jour de la guerre au Moyen-Orient, Israël a lancé mercredi de nouvelles frappes sur l'Iran et le Liban, avec de fortes explosions entendues à Beyrouth. L'Iran continue en représailles de lancer des missiles contre Israël et sur le Golfe. Le conflit a provoqué ces derniers jours un net recul des marchés boursiers, particulièrement en Europe et en Asie. Depuis le début de la semaine, le CAC 40 a perdu plus de 5%, le Dax près de 6% et le FTSE 100 de Londres près de 4%. Les investisseurs s'inquiètent en effet de la forte hausse du prix des hydrocarbures, en raison des perturbations de l'approvisionnement via le détroit d'Ormuz, où transite environ 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié (GNL) mondial. Cette flambée "fait grimper les anticipations d'inflation", relève Ipek Ozkardeskaya, analyste pour Swissquote Bank. Les marchés craignent que cela "n'entraîne un durcissement" de la politique monétaire des "banques centrales", ajoute-t-elle. En Europe, particulièrement dépendante de ses importations de gaz et de pétrole, le spectre de la crise inflationniste, provoquée en 2022 par l'invasion de l'Ukraine par la Russie, plane. Donald Trump a certes assuré que la marine des Etats-Unis pourrait escorter des pétroliers "si nécessaire" à travers le détroit d'Ormuz. Mais les Gardiens de la Révolution iraniens ont eux assuré mercredi avoir le "contrôle total" du point de passage. Mais "pas sûr que cette annonce rassure les investisseurs sur le moyen terme", estime donc John Plassard, responsable de la stratégie d'investissement chez Cité Gestion Private Bank.

04.03.2026 à 08:21

De la maison de campagne à la mairie, les propriétaires de résidences secondaires s'immiscent dans les municipales

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Domiciliés ailleurs que dans leur commune de villégiature, ces résidents occasionnels n'y votent pas, mais sont soumis aux décisions du conseil municipal qui peut, dans les zones jugées tendues en matière de logement, majorer la taxe d'habitation sur les résidences secondaires, jusqu'à +60% de la part communale. "Je ne connais pas une taxe qui soit imposée à des personnes qui n'ont pas pu choisir l'élu qui impose cela", attaque Bernard Olivier, à la tête d'un collectif de propriétaires de résidences secondaires à Argelès-sur-Mer, dans les Pyrénées-Orientales. Dans les zones touristiques, la multiplication des résidences secondaires et locations saisonnières contribue à faire grimper les prix immobiliers, éloignant les travailleurs locaux qui peinent à se loger toute l'année. Mireille Sertout, présidente d'une fédération de résidents de stations de montagne, conseille à ses adhérents "d'inscrire au moins une personne par foyer sur la liste électorale" de la commune de villégiature, pour "être visible" et avoir un droit de vote. Consigne appliquée à Argelès-sur-Mer, où Bernard Olivier estime que 700 résidents occasionnels se sont inscrits sur les listes électorales de la commune d'un peu plus de 10.000 habitants, motivés par le rejet de la surtaxe. Des collectifs se sont créés et se mobilisent dans "plusieurs dizaines de communes", selon lui. "Il y a un ras-le-bol partout", confirme Mireille Sertout qui a organisé une réunion en décembre à Paris, où étaient conviés des collectifs de localités de montagne et du littoral. Certains propriétaires sont prêts à aller encore plus loin et à se porter candidat à l'élection de leur commune de vacances. Pas de "matraquage" Sur la Côte d'Opale, Merlimont (Pas-de-Calais) compte 70% de résidences secondaires parmi ses 5.000 logements et constitue un "joyau" avec ses zones naturelles protégées et ses quartiers pavillonnaires, selon sa maire Mary Bonvoisin, qui brigue un troisième mandat à la tête de la commune de 3.400 habitants permanents. Une liste concurrente avait été constituée par Thierry Pamart, qui détient une résidence secondaire depuis 30 ans, dans laquelle il s'est installé à son départ en retraite, il y a trois ans. Il s'est retiré, pour raisons de santé, au profit d'Alain Boulanger, habitant de la commune depuis 31 ans et nouvelle tête de la liste, composée à 30% de propriétaires de résidences secondaires, dont la plupart prévoit de s'installer à Merlimont dans les prochaines années. Son programme prévoit de "baisser progressivement la majoration de la taxe d'habitation" sur les résidences secondaires en fonction de l'endettement de la commune, et d'autres mesures autour des services publics et du logement des travailleurs saisonniers. La maire sortante assure n'avoir "rien contre les résidences secondaires, au contraire. Mais si on a été classé en zone tendue c'est bien qu'il y a un vrai déséquilibre" dans l'accès au logement. Elle défend son choix de majoration de la taxe d'habitation: "beaucoup de résidences secondaires sont fermées toute l'année. Si les propriétaires voient une hausse de la taxe, ils vont peut-être se poser la question de quoi faire de ce logement: le mettre en location, le rénover, le vendre". La surtaxe représente "en moyenne 168 euros par résidence secondaire" à Merlimont, rappelle Mary Bonvoisin. "Les propriétaires ne sont pas matraqués fiscalement". "On finance la collectivité alors qu'on représente moins de dépenses car on est moins là", estime de son côté Bernard Olivier, qui s'était aussi lancé dans la course aux municipales à Argelès-sur-Mer, avant de se rallier à une autre candidate. Faux, pour Jean-Paul Lebas, du collectif national des habitants permanents. "Les résidences secondaires coûtent cher à la collectivité qui doit dimensionner ses infrastructures à un niveau nettement supérieur à sa population". Où il vit, à Lège-Cap-Ferret (Gironde), "on passe de 8.000 habitants permanents à 100.000 personnes en été. En termes de gestion des eaux usées, par exemple, c'est très important" et cela "légitime la surtaxe" selon lui. "Ce mouvement des résidences secondaires n'est pas légitime, c'est une réaction égoïste d'enfants gâtés", assène Jean-Paul Lebas.
Texte intégral (702 mots)
Domiciliés ailleurs que dans leur commune de villégiature, ces résidents occasionnels n'y votent pas, mais sont soumis aux décisions du conseil municipal qui peut, dans les zones jugées tendues en matière de logement, majorer la taxe d'habitation sur les résidences secondaires, jusqu'à +60% de la part communale. "Je ne connais pas une taxe qui soit imposée à des personnes qui n'ont pas pu choisir l'élu qui impose cela", attaque Bernard Olivier, à la tête d'un collectif de propriétaires de résidences secondaires à Argelès-sur-Mer, dans les Pyrénées-Orientales. Dans les zones touristiques, la multiplication des résidences secondaires et locations saisonnières contribue à faire grimper les prix immobiliers, éloignant les travailleurs locaux qui peinent à se loger toute l'année. Mireille Sertout, présidente d'une fédération de résidents de stations de montagne, conseille à ses adhérents "d'inscrire au moins une personne par foyer sur la liste électorale" de la commune de villégiature, pour "être visible" et avoir un droit de vote. Consigne appliquée à Argelès-sur-Mer, où Bernard Olivier estime que 700 résidents occasionnels se sont inscrits sur les listes électorales de la commune d'un peu plus de 10.000 habitants, motivés par le rejet de la surtaxe. Des collectifs se sont créés et se mobilisent dans "plusieurs dizaines de communes", selon lui. "Il y a un ras-le-bol partout", confirme Mireille Sertout qui a organisé une réunion en décembre à Paris, où étaient conviés des collectifs de localités de montagne et du littoral. Certains propriétaires sont prêts à aller encore plus loin et à se porter candidat à l'élection de leur commune de vacances. Pas de "matraquage" Sur la Côte d'Opale, Merlimont (Pas-de-Calais) compte 70% de résidences secondaires parmi ses 5.000 logements et constitue un "joyau" avec ses zones naturelles protégées et ses quartiers pavillonnaires, selon sa maire Mary Bonvoisin, qui brigue un troisième mandat à la tête de la commune de 3.400 habitants permanents. Une liste concurrente avait été constituée par Thierry Pamart, qui détient une résidence secondaire depuis 30 ans, dans laquelle il s'est installé à son départ en retraite, il y a trois ans. Il s'est retiré, pour raisons de santé, au profit d'Alain Boulanger, habitant de la commune depuis 31 ans et nouvelle tête de la liste, composée à 30% de propriétaires de résidences secondaires, dont la plupart prévoit de s'installer à Merlimont dans les prochaines années. Son programme prévoit de "baisser progressivement la majoration de la taxe d'habitation" sur les résidences secondaires en fonction de l'endettement de la commune, et d'autres mesures autour des services publics et du logement des travailleurs saisonniers. La maire sortante assure n'avoir "rien contre les résidences secondaires, au contraire. Mais si on a été classé en zone tendue c'est bien qu'il y a un vrai déséquilibre" dans l'accès au logement. Elle défend son choix de majoration de la taxe d'habitation: "beaucoup de résidences secondaires sont fermées toute l'année. Si les propriétaires voient une hausse de la taxe, ils vont peut-être se poser la question de quoi faire de ce logement: le mettre en location, le rénover, le vendre". La surtaxe représente "en moyenne 168 euros par résidence secondaire" à Merlimont, rappelle Mary Bonvoisin. "Les propriétaires ne sont pas matraqués fiscalement". "On finance la collectivité alors qu'on représente moins de dépenses car on est moins là", estime de son côté Bernard Olivier, qui s'était aussi lancé dans la course aux municipales à Argelès-sur-Mer, avant de se rallier à une autre candidate. Faux, pour Jean-Paul Lebas, du collectif national des habitants permanents. "Les résidences secondaires coûtent cher à la collectivité qui doit dimensionner ses infrastructures à un niveau nettement supérieur à sa population". Où il vit, à Lège-Cap-Ferret (Gironde), "on passe de 8.000 habitants permanents à 100.000 personnes en été. En termes de gestion des eaux usées, par exemple, c'est très important" et cela "légitime la surtaxe" selon lui. "Ce mouvement des résidences secondaires n'est pas légitime, c'est une réaction égoïste d'enfants gâtés", assène Jean-Paul Lebas.

04.03.2026 à 08:13

Le Japon envisage d'enfouir des déchets nucléaires sur une île isolée du Pacifique

FRANCE24
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A l'heure où l'atome civil a de nouveau le vent en poupe à travers le monde, trouver des sites de stockage définitif pour le combustible usé, potentiellement dangereux pendant des dizaines de milliers d'années, constitue un épineux défi. Le Japon ne fait pas exception, alors qu'il se réoriente vers un "usage maximal de l'énergie nucléaire" en respectant des conditions renforcées de sûreté, selon sa politique énergétique, quinze ans après la catastrophe de Fukushima. Le gouvernement nippon souhaite ainsi mener une étude préliminaire sur Minamitorishima, l'île la plus orientale du territoire du Japon dans le Pacifique, afin de déterminer si elle peut accueillir une installation d'enfouissement. Minamitorishima, propriété de l'État, inhabitée par des civils et interdite aux touristes, dispose d'"une certaine superficie encore inexploitée pouvant accueillir un site", a déclaré mardi à la presse le ministre de l'Industrie, Ryosei Akazawa. L'île, de forme triangulaire et entourée d'un atoll corallien, présente également certains "atouts scientifiques favorables" de par sa géographie, a ajouté le ministre. Une demande a été soumise à la municipalité de Tokyo qui administre l'île afin d'en examiner les conditions géologiques et l'activité volcanique à partir de documents géologiques, première étape d'une enquête en trois phases destinée à sélectionner le site de stockage définitif. Des prospections ont déjà été menées en trois lieux situés sur deux des quatre îles principales –et densément peuplées– du Japon, dont deux à Hokkaido et une autre à Kyushu. Minamitorishima, qui couvre environ 1,5 km2, serait le premier site candidat choisi à l'initiative propre du gouvernement central. En janvier, le Japon a remis en service la plus grande centrale nucléaire du monde, située dans la région de Niigata (centre), pour la première fois depuis la catastrophe de Fukushima en 2011. La Finlande a construit le premier dépôt géologique profond au monde pour le combustible nucléaire usé, l'installation d'Onkalo, où les déchets doivent être isolés à 400 mètres de profondeur.
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A l'heure où l'atome civil a de nouveau le vent en poupe à travers le monde, trouver des sites de stockage définitif pour le combustible usé, potentiellement dangereux pendant des dizaines de milliers d'années, constitue un épineux défi. Le Japon ne fait pas exception, alors qu'il se réoriente vers un "usage maximal de l'énergie nucléaire" en respectant des conditions renforcées de sûreté, selon sa politique énergétique, quinze ans après la catastrophe de Fukushima. Le gouvernement nippon souhaite ainsi mener une étude préliminaire sur Minamitorishima, l'île la plus orientale du territoire du Japon dans le Pacifique, afin de déterminer si elle peut accueillir une installation d'enfouissement. Minamitorishima, propriété de l'État, inhabitée par des civils et interdite aux touristes, dispose d'"une certaine superficie encore inexploitée pouvant accueillir un site", a déclaré mardi à la presse le ministre de l'Industrie, Ryosei Akazawa. L'île, de forme triangulaire et entourée d'un atoll corallien, présente également certains "atouts scientifiques favorables" de par sa géographie, a ajouté le ministre. Une demande a été soumise à la municipalité de Tokyo qui administre l'île afin d'en examiner les conditions géologiques et l'activité volcanique à partir de documents géologiques, première étape d'une enquête en trois phases destinée à sélectionner le site de stockage définitif. Des prospections ont déjà été menées en trois lieux situés sur deux des quatre îles principales –et densément peuplées– du Japon, dont deux à Hokkaido et une autre à Kyushu. Minamitorishima, qui couvre environ 1,5 km2, serait le premier site candidat choisi à l'initiative propre du gouvernement central. En janvier, le Japon a remis en service la plus grande centrale nucléaire du monde, située dans la région de Niigata (centre), pour la première fois depuis la catastrophe de Fukushima en 2011. La Finlande a construit le premier dépôt géologique profond au monde pour le combustible nucléaire usé, l'installation d'Onkalo, où les déchets doivent être isolés à 400 mètres de profondeur.

04.03.2026 à 08:07

Guerre au Moyen-Orient : quels sont les moyens militaires français déployés dans la région ?

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Emmanuel Macron a annoncé mardi le déploiement de moyens militaires vers la Méditerranée orientale, dont son porte-avions Charles de Gaulle et son groupe aéronaval. La France veut apporter son soutien dans la protection de ses alliés face aux "incertitudes des jours à venir" dans la guerre au Moyen-Orient.
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Emmanuel Macron a annoncé mardi le déploiement de moyens militaires vers la Méditerranée orientale, dont son porte-avions Charles de Gaulle et son groupe aéronaval. La France veut apporter son soutien dans la protection de ses alliés face aux "incertitudes des jours à venir" dans la guerre au Moyen-Orient.

04.03.2026 à 08:03

L'Europe a une carte à jouer avec les applications IA pour l'industrie, juge le géant des logiciels SAP

FRANCE24
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"L'Europe peut réussir en grand à l'échelle mondiale" dans ce domaine, a estimé auprès de l'AFP Thomas Saueressig, membre du directoire du plus grand éditeur européen de logiciels. Pour le responsable du groupe allemand, les Européens ont là "le savoir-faire, les données industrielles, et les compétences". Si l'Europe est à la traîne des acteurs majeurs s’agissant des grands modèles de langage comme l'Américain ChatGPT ou le chinois DeepSeek, les applications industrielles sont généralement plus restreintes et moins énergivores. L'effritement des relations commerciales avec Pékin, accusé de pratiques commerciales déloyales, et avec les États-Unis, avec les droits de douanes imposés par Donald Trump, donnent aux Européens une motivation supplémentaire de s'émanciper. Dans l'industrie, les applications d'IA sont conçues pour des tâches spécifiques, de l'élaboration de plans de construction à l'optimisation du câblage électrique dans les appareils. C'est là que "nous pouvons nous différencier en Europe", en "tirant parti de l'expertise industrielle", assure M. Saueressig. "Nous ne devons pas penser qu'aux grands modèles de langage, nous devons aussi parler des modèles spécifiques à chaque secteur", insiste celui qui est également chef de "l'expérience client" au sein de SAP. Robots humanoïdes Les procédés de haute technologie ne sont pas nouveaux dans les usines, mais l'IA promet de les propulser à un autre niveau avec chez certains le rêve d'usines automatisées. De premiers efforts sont faits dans la première économie d'Europe. Fin février, le géant automobile BMW a présenté deux robots humanoïdes dopés à l'IA devant dès 2026 aider à la production des voitures en usine. Le début est modeste, comparé à la démonstration de kung-fu d'un ensemble de robots à laquelle le chancelier Friedrich Merz a assisté en Chine. L'optimisme reste néanmoins de mise. Les progrès des performances des systèmes d'IA ouvrent de nouveaux potentiels pour l'automatisation", a noté à Munich devant les journalistes Milan Nedeljkovic, responsable de la production de BMW. Selon lui, il s'agit d'aller "vers une IA autonome, pouvant être utilisée dans la production pour prendre ses propres décisions". Le géant allemand des télécommunications Deutsche Telekom et le mastodonte américain des puces Nvidia ont, eux, annoncé en novembre 2025 le lancement d'un hub d'IA industrielle, destiné à aider les entreprises européennes à utiliser ces technologies sur leur continent dans des processus allant de la conception à la robotique. L'objectif est, selon eux, d'offrir une "plateforme d'IA souveraine", capable de réduire les "dépendances risquées" vis-à-vis des technologies chinoises et américaines. Opportunités de croissance L'Europe a d'ailleurs fait de sa "souveraineté numérique" une priorité à l'ère de l'IA, d'une part pour ne pas abandonner à d'autres un marché porteur, mais aussi pour protéger les données des Européens en les stockant sur le continent. Selon M. Saueressig, le groupe SAP, qui propose une vaste gamme de logiciels d'entreprise, constate une "augmentation exponentielle de la demande" pour des produits garantissant cette indépendance. Si SAP a fortement chuté en Bourse ces derniers mois, sur fonds d'inquiétudes liées aux solutions d'IA le concurrençant dans son secteur, M. Saueressig se veut rassurant, voyant de nombreuses "opportunités de croissance". Les défis ne manquent pourtant pas. Parmi eux, la puissance de calcul des centres de données européens qui est minime comparée à celle des États-Unis et de la Chine. La concurrence des industries chinoises est une autre épine dans le pied européen, en particulier celui des Allemands qui vivaient de leurs exportations, notamment vers le géant asiatique. Antonio Krüger, directeur du Centre allemand de recherche pour l'intelligence artificielle (DFKI), ne veut pas pour autant être défaitiste. "Nous ne savons pas exactement où tout cela mènera", dit-il à l'AFP, et rien ne permet de dire "que la course est déjà perdue".
Texte intégral (663 mots)
"L'Europe peut réussir en grand à l'échelle mondiale" dans ce domaine, a estimé auprès de l'AFP Thomas Saueressig, membre du directoire du plus grand éditeur européen de logiciels. Pour le responsable du groupe allemand, les Européens ont là "le savoir-faire, les données industrielles, et les compétences". Si l'Europe est à la traîne des acteurs majeurs s’agissant des grands modèles de langage comme l'Américain ChatGPT ou le chinois DeepSeek, les applications industrielles sont généralement plus restreintes et moins énergivores. L'effritement des relations commerciales avec Pékin, accusé de pratiques commerciales déloyales, et avec les États-Unis, avec les droits de douanes imposés par Donald Trump, donnent aux Européens une motivation supplémentaire de s'émanciper. Dans l'industrie, les applications d'IA sont conçues pour des tâches spécifiques, de l'élaboration de plans de construction à l'optimisation du câblage électrique dans les appareils. C'est là que "nous pouvons nous différencier en Europe", en "tirant parti de l'expertise industrielle", assure M. Saueressig. "Nous ne devons pas penser qu'aux grands modèles de langage, nous devons aussi parler des modèles spécifiques à chaque secteur", insiste celui qui est également chef de "l'expérience client" au sein de SAP. Robots humanoïdes Les procédés de haute technologie ne sont pas nouveaux dans les usines, mais l'IA promet de les propulser à un autre niveau avec chez certains le rêve d'usines automatisées. De premiers efforts sont faits dans la première économie d'Europe. Fin février, le géant automobile BMW a présenté deux robots humanoïdes dopés à l'IA devant dès 2026 aider à la production des voitures en usine. Le début est modeste, comparé à la démonstration de kung-fu d'un ensemble de robots à laquelle le chancelier Friedrich Merz a assisté en Chine. L'optimisme reste néanmoins de mise. Les progrès des performances des systèmes d'IA ouvrent de nouveaux potentiels pour l'automatisation", a noté à Munich devant les journalistes Milan Nedeljkovic, responsable de la production de BMW. Selon lui, il s'agit d'aller "vers une IA autonome, pouvant être utilisée dans la production pour prendre ses propres décisions". Le géant allemand des télécommunications Deutsche Telekom et le mastodonte américain des puces Nvidia ont, eux, annoncé en novembre 2025 le lancement d'un hub d'IA industrielle, destiné à aider les entreprises européennes à utiliser ces technologies sur leur continent dans des processus allant de la conception à la robotique. L'objectif est, selon eux, d'offrir une "plateforme d'IA souveraine", capable de réduire les "dépendances risquées" vis-à-vis des technologies chinoises et américaines. Opportunités de croissance L'Europe a d'ailleurs fait de sa "souveraineté numérique" une priorité à l'ère de l'IA, d'une part pour ne pas abandonner à d'autres un marché porteur, mais aussi pour protéger les données des Européens en les stockant sur le continent. Selon M. Saueressig, le groupe SAP, qui propose une vaste gamme de logiciels d'entreprise, constate une "augmentation exponentielle de la demande" pour des produits garantissant cette indépendance. Si SAP a fortement chuté en Bourse ces derniers mois, sur fonds d'inquiétudes liées aux solutions d'IA le concurrençant dans son secteur, M. Saueressig se veut rassurant, voyant de nombreuses "opportunités de croissance". Les défis ne manquent pourtant pas. Parmi eux, la puissance de calcul des centres de données européens qui est minime comparée à celle des États-Unis et de la Chine. La concurrence des industries chinoises est une autre épine dans le pied européen, en particulier celui des Allemands qui vivaient de leurs exportations, notamment vers le géant asiatique. Antonio Krüger, directeur du Centre allemand de recherche pour l'intelligence artificielle (DFKI), ne veut pas pour autant être défaitiste. "Nous ne savons pas exactement où tout cela mènera", dit-il à l'AFP, et rien ne permet de dire "que la course est déjà perdue".

04.03.2026 à 07:53

Marchés en Asie: les Bourses chutent, le pétrole toujours en hausse

FRANCE24
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Les Bourses décrochent, Séoul dévisse de 12% L'ensemble des places asiatiques, à la suite du repli de Wall Street, s'est trouvé dans la tourmente, les investisseurs confrontés à la volatité des cours énergétiques et des devises fuyant les actifs jugés à risque. A Tokyo, l'indice vedette Nikkei a chuté en clôture de 3,61% à 54.245,54 points, l'indice élargi Topix perdant 3,67%. La Bourse de Sydney a cédé 1,94%, Taipei 4,35%. L'indice hongkongais Hang Seng perdait 2,84% vers 06H30 GMT, tandis qu'à Bangkok, les échanges ont été brièvement suspendus après un plongeon de 8%. A Bombay, l'indice Nifty a ouvert en repli de 2%, affolé par les craintes d'inflation accrue. "Lorsque le prix du brut augmente, la facture est particulièrement lourde en Asie où les importations d'énergie constituent une dépendance structurelle", commente Stephen Innes, de SPI Asset Management. "Les économies axées sur l'exportation se retrouvent soudainement contraintes de recalculer leurs marges, face à un baril plus cher qui plane sur chaque chaîne de production et chaque voie maritime", explique-t-il. "Étant donné que Corée du Sud, Japon, Chine et Taïwan dépendent fortement des approvisionnements énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz, tout blocage aurait des répercussions négatives importantes sur ces marchés", indique à l'AFP Chung Hae-chang, analyste chez Daishin Securities. La chute est spectaculaire à Séoul, où la tech domine: l'indice Kospi a dévissé en clôture de 12,06%. Il avait déjà plongé de 7,24% mardi ; c'est sa pire séquence depuis la crise financière de 2008. La Corée du Sud, huitième plus gros consommateur de brut du monde, est très dépendante des hydrocarbures du Moyen-Orient... et son économie repose largement sur ses exportations tech. Les champions des puces mémoires Samsung Electronics a lâché quelque 11% et SK hynix plus de 8%, succombant avec retard au récent refroidissement sur l'IA, dans un marché paniqué. Certains investisseurs ayant acheté des titres tech grâce à de l'endettement sur marge, en pariant sur leur hausse continue, se trouvent désormais piégés et contraints de liquider leurs positions. Les Bourses de Dubaï et d'Abou Dhabi ont rouvert en nette baisse mercredi après deux jours de fermeture. Pétrole consolidé, guettant Ormuz Vers 06H30 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord, référence du marché international, gagnait 2,26% à 83,25 dollars. Il avait dépassé mardi 85 dollars pour la première fois depuis juillet 2024. Le baril de West Texas Intermediate (WTI) nord-américain grimpait de 1,96% à 76,02 dollars. WTI et Brent avaient clôturé la veille en hausse de plus de 4%. Le trafic maritime est toujours paralysé dans le détroit d'Ormuz, goulet d'étranglement par lequel transite environ 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié (GNL) mondiaux. Certes, les cours avaient modéré leurs gains mardi après des déclarations du président américain Donald Trump assurant que la marine des Etats-Unis pourrait escorter des pétroliers "si nécessaire" à travers le détroit d'Ormuz. Mais les Gardiens de la Révolution ont affirmé mercredi avoir le "contrôle total" du détroit. "L'escalade du conflit continue de peser sur le moral et de maintenir les marchés dans une attitude prudente", avertit Lloyd Chan, de MUFG. Certes, "la réaction du marché pétrolier a été jusqu'à présent plus contenue qu'au cours des premières semaines du conflit russo-ukrainien", et la stabilisation du Brent autour des 82 dollars "suggère un certain apaisement des craintes de perturbation", reconnaît-il. Mais pour autant, le Brent enregistre une hausse cumulée d'environ 15% sur la semaine, "ce qui alimente les craintes d'inflation et accentue les freins à la croissance mondiale", insiste-t-il. Le dollar stable, l'or recherché L'or, valeur refuge face aux incertitudes, continue de profiter de la situation: il grimpait de 1,06% à 5.141 dollars l'once vers 06H30 GMT. De son côté, la monnaie américaine se stabilisait à 157,59 yens pour un dollar, après avoir encore monté la veille. Le dollar reste "soutenu par la demande de valeurs refuges et une modération des anticipations de baisse des taux de la Réserve fédérale américaine (Fed) cette année" face à la flambée des prix énergétiques, souligne Lloyd Chan. De son côté, la roupie indienne a trébuché à un nouveau plus bas historique face au dollar.
Texte intégral (720 mots)
Les Bourses décrochent, Séoul dévisse de 12% L'ensemble des places asiatiques, à la suite du repli de Wall Street, s'est trouvé dans la tourmente, les investisseurs confrontés à la volatité des cours énergétiques et des devises fuyant les actifs jugés à risque. A Tokyo, l'indice vedette Nikkei a chuté en clôture de 3,61% à 54.245,54 points, l'indice élargi Topix perdant 3,67%. La Bourse de Sydney a cédé 1,94%, Taipei 4,35%. L'indice hongkongais Hang Seng perdait 2,84% vers 06H30 GMT, tandis qu'à Bangkok, les échanges ont été brièvement suspendus après un plongeon de 8%. A Bombay, l'indice Nifty a ouvert en repli de 2%, affolé par les craintes d'inflation accrue. "Lorsque le prix du brut augmente, la facture est particulièrement lourde en Asie où les importations d'énergie constituent une dépendance structurelle", commente Stephen Innes, de SPI Asset Management. "Les économies axées sur l'exportation se retrouvent soudainement contraintes de recalculer leurs marges, face à un baril plus cher qui plane sur chaque chaîne de production et chaque voie maritime", explique-t-il. "Étant donné que Corée du Sud, Japon, Chine et Taïwan dépendent fortement des approvisionnements énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz, tout blocage aurait des répercussions négatives importantes sur ces marchés", indique à l'AFP Chung Hae-chang, analyste chez Daishin Securities. La chute est spectaculaire à Séoul, où la tech domine: l'indice Kospi a dévissé en clôture de 12,06%. Il avait déjà plongé de 7,24% mardi ; c'est sa pire séquence depuis la crise financière de 2008. La Corée du Sud, huitième plus gros consommateur de brut du monde, est très dépendante des hydrocarbures du Moyen-Orient... et son économie repose largement sur ses exportations tech. Les champions des puces mémoires Samsung Electronics a lâché quelque 11% et SK hynix plus de 8%, succombant avec retard au récent refroidissement sur l'IA, dans un marché paniqué. Certains investisseurs ayant acheté des titres tech grâce à de l'endettement sur marge, en pariant sur leur hausse continue, se trouvent désormais piégés et contraints de liquider leurs positions. Les Bourses de Dubaï et d'Abou Dhabi ont rouvert en nette baisse mercredi après deux jours de fermeture. Pétrole consolidé, guettant Ormuz Vers 06H30 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord, référence du marché international, gagnait 2,26% à 83,25 dollars. Il avait dépassé mardi 85 dollars pour la première fois depuis juillet 2024. Le baril de West Texas Intermediate (WTI) nord-américain grimpait de 1,96% à 76,02 dollars. WTI et Brent avaient clôturé la veille en hausse de plus de 4%. Le trafic maritime est toujours paralysé dans le détroit d'Ormuz, goulet d'étranglement par lequel transite environ 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié (GNL) mondiaux. Certes, les cours avaient modéré leurs gains mardi après des déclarations du président américain Donald Trump assurant que la marine des Etats-Unis pourrait escorter des pétroliers "si nécessaire" à travers le détroit d'Ormuz. Mais les Gardiens de la Révolution ont affirmé mercredi avoir le "contrôle total" du détroit. "L'escalade du conflit continue de peser sur le moral et de maintenir les marchés dans une attitude prudente", avertit Lloyd Chan, de MUFG. Certes, "la réaction du marché pétrolier a été jusqu'à présent plus contenue qu'au cours des premières semaines du conflit russo-ukrainien", et la stabilisation du Brent autour des 82 dollars "suggère un certain apaisement des craintes de perturbation", reconnaît-il. Mais pour autant, le Brent enregistre une hausse cumulée d'environ 15% sur la semaine, "ce qui alimente les craintes d'inflation et accentue les freins à la croissance mondiale", insiste-t-il. Le dollar stable, l'or recherché L'or, valeur refuge face aux incertitudes, continue de profiter de la situation: il grimpait de 1,06% à 5.141 dollars l'once vers 06H30 GMT. De son côté, la monnaie américaine se stabilisait à 157,59 yens pour un dollar, après avoir encore monté la veille. Le dollar reste "soutenu par la demande de valeurs refuges et une modération des anticipations de baisse des taux de la Réserve fédérale américaine (Fed) cette année" face à la flambée des prix énergétiques, souligne Lloyd Chan. De son côté, la roupie indienne a trébuché à un nouveau plus bas historique face au dollar.

04.03.2026 à 07:51

Dans le lagon de Mayotte après Chido, il faudra "10 à 15 ans" pour retrouver des récifs coralliens à l'identique

FRANCE24
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Chido a frappé Mayotte en décembre 2024, cumulant ses effets avec des épisodes de blanchiment - causés par la chaleur - qui avaient déjà fragilisé les récifs la même année. La mortalité corallienne oscille entre 26% et 88% selon les sites, selon le Parc naturel marin de Mayotte. Ce jour de fin février, Nicolas Cortes, plus habitué à faire découvrir aux touristes ce lagon figurant parmi les plus grands du monde avec 1.500 km², transporte une équipe de chercheurs de l'Institut de recherche pour le développement (IRD) et de l'Université de La Réunion. Ils partent vers les récifs du nord du lagon, dans le cadre du programme Future Maore Reefs, lancé en 2021 pour comprendre la résilience des récifs et proposer des solutions durables face aux pressions qui pèsent sur les coraux. Les chercheurs testent notamment le bouturage, en expérimentant différentes associations d'espèces de coraux pour "recommander une méthode de restauration soutenable et résiliente dans le temps" au cas où une politique était menée en ce sens, détaille Aline Tribollet, directrice de recherche à l'IRD. Sur certains sites, le constat est amer. À La Prévoyante, au large du port maritime de Longoni, "aucune reprise". À l'Île Blanche, plus proche du rivage, le récif retourné est désormais visible à marée basse. "Ça repart" Sur le site de La Surprise, les résultats sont plus encourageants: plus de 80% des boutures ont résisté à la houle. À six mètres sous l'eau, Aline Tribollet effectue des prélèvements sur le béton et le basalte qui composent la structure sur laquelle sont plantées les coraux, avant de prélever des échantillons de coraux morts sur un récif naturel à proximité. Elle montre une colonie de 15 cm commençant à pousser sur un corail tabulaire - coraux formant de larges surfaces horizontales - mort, retourné par la tempête. Si tout le haut du récif a été rasé, en contrebas, des colonies ont tenu bon et des coraux dispersés dans le sable repoussent. "Ça repart", se réjouit la chercheuse. Son collègue François Guilhaumon, chargé de recherche à l'IRD, photographie les récifs naturels voisins, au pied desquels git un tapis de coraux branchus emportés par le cyclone. Il utilise la photogrammétrie, une technique de prises de vue multiples sous différents angles, pour produire des imageries 3D des structures coralliennes. Plus celles-ci "sont complexes, plus elles peuvent servir d'habitat pour les poissons et freiner l'énergie de la houle", explique-t-il. Un impact loin d'être négligeable. Pendant Chido, le récif a joué ce rôle de protection: alors que la houle atteignait neuf mètres à l'extérieur du lagon, elle a été réduite à quatre à cinq mètres à l'intérieur, cassée par la barrière. Les relevés scientifiques permettront d'étudier "la dynamique des communautés coralliennes pour voir comment elles évoluent dans le temps", précise Aline Tribollet. Les jeunes pousses coralliennes, elles, "auront besoin de 10 à 15 ans pour former des récifs plus ou moins identiques à avant". Mais toute solution de restauration "ne sera soutenable et durable qu'en réduisant de manière importante les pressions d'origine humaine", prévient la chercheuse, au moment où Mayotte pousse pour faire de son lagon un candidat au patrimoine mondial de l'Unesco.
Texte intégral (564 mots)
Chido a frappé Mayotte en décembre 2024, cumulant ses effets avec des épisodes de blanchiment - causés par la chaleur - qui avaient déjà fragilisé les récifs la même année. La mortalité corallienne oscille entre 26% et 88% selon les sites, selon le Parc naturel marin de Mayotte. Ce jour de fin février, Nicolas Cortes, plus habitué à faire découvrir aux touristes ce lagon figurant parmi les plus grands du monde avec 1.500 km², transporte une équipe de chercheurs de l'Institut de recherche pour le développement (IRD) et de l'Université de La Réunion. Ils partent vers les récifs du nord du lagon, dans le cadre du programme Future Maore Reefs, lancé en 2021 pour comprendre la résilience des récifs et proposer des solutions durables face aux pressions qui pèsent sur les coraux. Les chercheurs testent notamment le bouturage, en expérimentant différentes associations d'espèces de coraux pour "recommander une méthode de restauration soutenable et résiliente dans le temps" au cas où une politique était menée en ce sens, détaille Aline Tribollet, directrice de recherche à l'IRD. Sur certains sites, le constat est amer. À La Prévoyante, au large du port maritime de Longoni, "aucune reprise". À l'Île Blanche, plus proche du rivage, le récif retourné est désormais visible à marée basse. "Ça repart" Sur le site de La Surprise, les résultats sont plus encourageants: plus de 80% des boutures ont résisté à la houle. À six mètres sous l'eau, Aline Tribollet effectue des prélèvements sur le béton et le basalte qui composent la structure sur laquelle sont plantées les coraux, avant de prélever des échantillons de coraux morts sur un récif naturel à proximité. Elle montre une colonie de 15 cm commençant à pousser sur un corail tabulaire - coraux formant de larges surfaces horizontales - mort, retourné par la tempête. Si tout le haut du récif a été rasé, en contrebas, des colonies ont tenu bon et des coraux dispersés dans le sable repoussent. "Ça repart", se réjouit la chercheuse. Son collègue François Guilhaumon, chargé de recherche à l'IRD, photographie les récifs naturels voisins, au pied desquels git un tapis de coraux branchus emportés par le cyclone. Il utilise la photogrammétrie, une technique de prises de vue multiples sous différents angles, pour produire des imageries 3D des structures coralliennes. Plus celles-ci "sont complexes, plus elles peuvent servir d'habitat pour les poissons et freiner l'énergie de la houle", explique-t-il. Un impact loin d'être négligeable. Pendant Chido, le récif a joué ce rôle de protection: alors que la houle atteignait neuf mètres à l'extérieur du lagon, elle a été réduite à quatre à cinq mètres à l'intérieur, cassée par la barrière. Les relevés scientifiques permettront d'étudier "la dynamique des communautés coralliennes pour voir comment elles évoluent dans le temps", précise Aline Tribollet. Les jeunes pousses coralliennes, elles, "auront besoin de 10 à 15 ans pour former des récifs plus ou moins identiques à avant". Mais toute solution de restauration "ne sera soutenable et durable qu'en réduisant de manière importante les pressions d'origine humaine", prévient la chercheuse, au moment où Mayotte pousse pour faire de son lagon un candidat au patrimoine mondial de l'Unesco.

04.03.2026 à 07:33

Tennis: Alcaraz se présente invaincu à Indian Wells

FRANCE24
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. Tenants: Andreeva et Draper sans certitudes Révélation de la saison passée, la jeune Russe Mirra Andreeva avait parfaitement attaqué 2026 avec un succès lors du tournoi WTA 500 d'Adélaïde mi-janvier. L'actuelle huitième joueuse mondiale, 18 ans, a ensuite légèrement déçu avec des éliminations en 8e de finale de l'Open d'Australie puis au 3e tour du WTA 1000 de Doha, avant d'être sortie du WTA 1000 de Dubaï après un très bon match en quarts par l'Américaine Amanda Anisimova. Le Britannique Jack Draper (24 ans), vainqueur surprise l'an passé, vient seulement de faire son retour à la compétition. Le 14e joueur mondial a retrouvé le circuit ATP la semaine passée pour la première fois depuis son forfait au deuxième tour de l'US Open en août dernier, à cause d'une contusion osseuse au bras gauche, celui qui tient sa raquette. Après un succès contre le Français Quentin Halys au premier tour de l'ATP 500 de Dubaï, il a été sorti par un autre tricolore, Arthur Rinderknech, et risque donc de manquer de rythme dans le désert californien où il pourrait perdre gros au classement ATP. . Alcaraz favori, Sinner de retour Le N.1 mondial espagnol Carlos Alcaraz se présente à Indian Wells invaincu cette saison, après avoir remporté l'Open d'Australie en janvier puis le tournoi ATP 500 de Doha mi-février. Il vise à 22 ans un troisième titre en Californie après ses deux succès en 2023 et 2024. Son grand rival Jannik Sinner fait lui son retour sur le tournoi qu'il avait manqué l'an passé à cause d'une suspension de trois mois liée à une longue affaire débutée par un contrôle positif au clostébol dans le cadre de cette même compétition en 2024. Même s'il remporte la compétition, l'Italien ne pourra pas reprendre la place de N.1 mondial à l'issue de la quinzaine, mais peut espérer réduire l'écart sur Alcaraz, actuellement de plus de 3.000 points. Vainqueur de l'Open d'Australie, la Kazakhe Elena Rybakina (26 ans, N.3) vise un deuxième trophée au "Paradis du tennis" après 2023. La N.1 mondiale Aryna Sabalenka n'a jamais remporté ce tournoi, où elle a perdu deux fois en finale, en 2023 justement et l'an passé. . Fils lancé, Monfils invité Après une longue période loin du circuit, blessé au dos, le Français Arthur Fils a retrouvé le sourire en atteignant la finale de l'ATP 500 de Doha il y a deux semaines. Fils a seulement été stoppé par Alcaraz en finale. Il avait atteint les quarts à Indian Wells l'an passé, battu par le Russe Daniil Medvedev. Chouchou du public lancé dans une tournée d'adieux à 39 ans, Gaël Monfils a été invité par les organisateurs après son premier match gagné sur le circuit en 2026 au premier tour à Acapulco la semaine passée. "Les fans américains, à chaque fois, me font un super accueil, avec une sublime énergie", a expliqué Monfils à l'AFP avant de retrouver la Californie. La N.1 française Loïs Boisson, sensation du dernier Roland-Garros, reste absente, comme depuis le début de l'automne 2025.
Texte intégral (524 mots)
. Tenants: Andreeva et Draper sans certitudes Révélation de la saison passée, la jeune Russe Mirra Andreeva avait parfaitement attaqué 2026 avec un succès lors du tournoi WTA 500 d'Adélaïde mi-janvier. L'actuelle huitième joueuse mondiale, 18 ans, a ensuite légèrement déçu avec des éliminations en 8e de finale de l'Open d'Australie puis au 3e tour du WTA 1000 de Doha, avant d'être sortie du WTA 1000 de Dubaï après un très bon match en quarts par l'Américaine Amanda Anisimova. Le Britannique Jack Draper (24 ans), vainqueur surprise l'an passé, vient seulement de faire son retour à la compétition. Le 14e joueur mondial a retrouvé le circuit ATP la semaine passée pour la première fois depuis son forfait au deuxième tour de l'US Open en août dernier, à cause d'une contusion osseuse au bras gauche, celui qui tient sa raquette. Après un succès contre le Français Quentin Halys au premier tour de l'ATP 500 de Dubaï, il a été sorti par un autre tricolore, Arthur Rinderknech, et risque donc de manquer de rythme dans le désert californien où il pourrait perdre gros au classement ATP. . Alcaraz favori, Sinner de retour Le N.1 mondial espagnol Carlos Alcaraz se présente à Indian Wells invaincu cette saison, après avoir remporté l'Open d'Australie en janvier puis le tournoi ATP 500 de Doha mi-février. Il vise à 22 ans un troisième titre en Californie après ses deux succès en 2023 et 2024. Son grand rival Jannik Sinner fait lui son retour sur le tournoi qu'il avait manqué l'an passé à cause d'une suspension de trois mois liée à une longue affaire débutée par un contrôle positif au clostébol dans le cadre de cette même compétition en 2024. Même s'il remporte la compétition, l'Italien ne pourra pas reprendre la place de N.1 mondial à l'issue de la quinzaine, mais peut espérer réduire l'écart sur Alcaraz, actuellement de plus de 3.000 points. Vainqueur de l'Open d'Australie, la Kazakhe Elena Rybakina (26 ans, N.3) vise un deuxième trophée au "Paradis du tennis" après 2023. La N.1 mondiale Aryna Sabalenka n'a jamais remporté ce tournoi, où elle a perdu deux fois en finale, en 2023 justement et l'an passé. . Fils lancé, Monfils invité Après une longue période loin du circuit, blessé au dos, le Français Arthur Fils a retrouvé le sourire en atteignant la finale de l'ATP 500 de Doha il y a deux semaines. Fils a seulement été stoppé par Alcaraz en finale. Il avait atteint les quarts à Indian Wells l'an passé, battu par le Russe Daniil Medvedev. Chouchou du public lancé dans une tournée d'adieux à 39 ans, Gaël Monfils a été invité par les organisateurs après son premier match gagné sur le circuit en 2026 au premier tour à Acapulco la semaine passée. "Les fans américains, à chaque fois, me font un super accueil, avec une sublime énergie", a expliqué Monfils à l'AFP avant de retrouver la Californie. La N.1 française Loïs Boisson, sensation du dernier Roland-Garros, reste absente, comme depuis le début de l'automne 2025.
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