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▸ les 15 dernières parutions

22.04.2026 à 11:23

Tim Schafer, l'infatigable artisan du jeu vidéo

FRANCE24
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Jeu de combat convivial et coloré, "Kiln" propose dans un premier temps au joueur de créer sa propre céramique (tasse, pot, assiette...) avant de l'envoyer au combat face aux créations de ses adversaires, dans des matches par équipe. Tout juste six mois après "Keeper", étrange errance d'un phare doté de jambes parcourant un univers inspiré de tableaux impressionnistes, le studio revient avec un titre aux antipodes du précédent. "Notre principal objectif, c'est de trouver des idées créatives et les concrétiser, aussi farfelues soient-elles", a expliqué à l'AFP le directeur du studio de 58 ans à l'air jovial, quelques jours avant la sortie du jeu sur PC et consoles Xbox Series et PlayStation 5. Désormais affublé d'une imposante barbe blanche, Tim Schafer s'était fait connaître dans les années 90 en tant qu'auteur sur la série Monkey Island et plusieurs autres jeux d'aventure estampillés LucasArts, studio de jeux vidéo du créateur de la saga Star Wars, George Lucas. Des titres aux graphismes rudimentaires mais bourrés d'humour, dans lesquels le joueur doit trouver des objets et résoudre des énigmes pour faire avancer l'intrigue, mais déjà guidés par l'envie de "créer quelque chose que personne n'avait fait auparavant", se souvient Tim Schafer "Créatifs et loufoques" C'est cet esprit qu'il a souhaité perpétuer en fondant en 2000 le studio californien Double Fine, qui compte aujourd'hui près de 80 employés et une trentaine de titres à son actif. Sa réputation est telle qu'il réalise en 2012 la première levée de fonds d'envergure dans le jeu vidéo via un financement participatif, en récoltant plus de 3,3 millions de dollars auprès des joueurs sur la simple promesse d'un nouveau jeu d'aventure : "Broken Age". Alors qu'il planche sur "Psychonauts 2", dont le long et difficile développement est relaté dans une passionnante série documentaire, le studio est finalement racheté en 2019 par Xbox, la branche gaming de Microsoft. A côté de la saga militaire Call of Duty ou de science-fiction Halo, Double Fine apporte à la marque "des petits jeux originaux, créatifs et loufoques, adaptés à toute la famille", veut croire le directeur du studio. Avec cette opération, "je n'ai pas à me préoccuper quotidiennement de l'état de mon compte en banque" et "c'est plus agréable de créer sans avoir ce poids sur les épaules", confie-t-il, alors que le secteur traverse un trou d'air au niveau mondial, marqué par des vagues de licenciements et des fermetures de studios. Ni suite, ni remake L'industrie fait également face à l'arrivée des outils d'intelligence artificielle générative, qui se répandent de plus en plus dans les studios malgré la réticence d'une bonne partie de la profession et des joueurs. "Dès qu'un nouvel outil apparaît, on est toujours curieux et on va l'essayer", explique Tim Schafer, "mais Double Fine a toujours été un studio réputé pour ses graphismes et ses scénarios faits maison, et ça ne va pas changer". S'il est désormais moins impliqué dans les projets du studio qu'à l'époque de "Psychonauts 2" - il teste toutefois régulièrement les jeux et fait des retours à ses chefs de projet - Tim Schafer assure travailler sur "des projets secrets" et promet "du neuf". Pas de suite ni de remake en préparation : "on s'est vraiment amusés avec +Keeper+ et +Kiln+, qui sont des titres complètement nouveaux et originaux. Et je pense que c'est ce qu'on fait de mieux : inventer des trucs". Après plus de 35 ans de carrière dans une industrie "parfois éprouvante", le créateur ne compte pas reposer la manette de sitôt. "J'ai encore quelques idées de jeux en tête", sourit-il, et "tant que je n'aurai pas épuisé toutes ces idées, je continuerai."

22.04.2026 à 11:15

La Corée du Nord soupçonnée d'un vol de 290 millions de dollars en cryptomonnaies

FRANCE24
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Le média spécialisé dans les cryptoactifs Coindesk a rapporté qu'une attaque informatique a été commise samedi sur le coffre-fort de KelpDAO, une plateforme de finance décentralisée (DeFi) spécialisée dans le restaking (le réinvestissement des cryptomonnaies placées, permettant de toucher des intérêts). Au cours du piratage, deux serveurs hébergés par une autre application, LayerZero, ont été compromis, a précisé KelpDAO ce mardi. Cette faille a permis de "vider" des jetons (tokens) liés à ethereum, la deuxième plus grande cryptomonnaie en terme de capitalisation après le bitcoin. "Le 18 avril 2026, KelpDAO a été victime d’une attaque qui a entraîné une perte d’environ 290 millions de dollar", a déclaré LayerZero dans un communiqué. "Les premiers indices laissent à penser que cette attaque est le fait d’un acteur étatique hautement sophistiqué, probablement le groupe nord-coréen Lazarus", a ajouté l'application. Ce vol "rendra l'entrée dans le monde de la DeFi plus effrayante pour les nouveaux arrivants", a averti Henri Arslanian, cofondateur de Nine Blocks Capital Management. Pour lui, "c'est clairement l'oeuvre du groupe Lazarus de Corée du Nord". "Aucun autre groupe au monde ne dispose de l'expertise et de la puissance nécessaires pour mener un tel piratage", a-t-il souligné mercredi dans une note. En 2024, un groupe d'experts de l'ONU avait estimé que la Corée du Nord avait notamment volé plus de 3 milliards de dollars en cryptomonnaies depuis 2017 pour financer son programme d'armes nucléaires. L'Equipe multilatérale de surveillance des sanctions (MSMT), chargée de s'assurer de la mise en oeuvre des sanctions des Nations unies relatives à la Corée du Nord, a établi que les pirates informatiques nord-coréens ont dérobé au moins 1,65 milliard de dollars entre janvier et septembre 2025. Sur ce montant, 1,4 milliard a été subtilisé en février 2025, à la plateforme d’échange de cryptomonnaies Bybit.

22.04.2026 à 11:05

Au Sri Lanka, des moines bouddhistes marchent pieds nus "pour la paix"

FRANCE24
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Le groupe de 13 moines basé au Texas s'est élancé mercredi à l'aube depuis un célèbre temple bouddhiste de Dambulla, à quelque 160 kilomètres au nord de Colombo, la capitale. Escortés par des commandos d'élite de l'armée sri‑lankaise, leur mascotte Aloka, un chien errant secouru en Inde, marchait tenu en laisse, salué par des fidèles massés le long du parcours, les mains jointes en signe de respect. Ces moines, avec à leur tête le moine vietnamien Bhikkhu Pannakara, ont accédé à une notoriété internationale au début de l'année après avoir traversé les Etats‑Unis à pied pendant 108 jours, par des températures glaciales, parcourant les 3.700 kilomètres séparant le Texas de la capitale Washington. Au Sri Lanka, c'est au contraire sous une chaleur caniculaire qu'ils accomplissent leur périple. Pour les aider à surmonter les températures pouvant atteindre 40°C, des fidèles ont arrosé la chaussée et disposé des feuilles de bananiers vertes ainsi que des fleurs sur l'asphalte brûlant, tout en les aspergeant d'eau à leur passage. Les marcheurs, qui entendent ainsi diffuser un message de " paix pour tous les êtres, y compris les animaux", sont attendus à Colombo le 28 avril, où le président sri-lankais Anura Kumara Dissanayake devrait les accueillir, selon les organisateurs. Un important dispositif de sécurité a été déployé pour les accompagner, deux commandos de l'armée marchant de chaque côté d'Aloka, qui signifie "radiance". Des maîtres-chiens de la police sont chargés d'empêcher les chiens errants d'attaquer le célèbre bâtard. Aloka avait suivi les moines lors d'une précédente marche pour la paix en Inde et était resté avec eux même après avoir été percuté par une voiture. Il a ensuite accompagné les moines lors de leur périple à travers les Etats‑Unis, devenant célèbre dans le monde entier via les réseaux sociaux et permettant un afflux de dons pour financer leurs voyages. "Le vol d'Aloka entre le Texas et Colombo a été dix fois plus cher que celui d'un passager ordinaire effectuant le même trajet", a expliqué un moine sri-lankais chargé de l'organisation. La page Facebook de cette "marche pour la paix" compte plus de trois millions d'abonnés. Une retransmission en direct de la marche de mercredi a enregistré plus de 51.000 vues au cours de ses cinq premières heures.

22.04.2026 à 11:05

"Nous pratiquons le même sport" : les footballeuses réclament une convention collective

FRANCE 24
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Ce n'est "plus acceptable" : les capitaines des équipes du championnat de France féminin ont dénoncé mardi dans une tribune l'absence d'avancée dans les négociations sur la convention collective des footballeuses professionnelles. Les syndicats se renvoient la responsabilité de cet échec.
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Ce n'est "plus acceptable" : les capitaines des équipes du championnat de France féminin ont dénoncé mardi dans une tribune l'absence d'avancée dans les négociations sur la convention collective des footballeuses professionnelles. Les syndicats se renvoient la responsabilité de cet échec.

22.04.2026 à 11:03

Action en justice de l'association Antoine Alléno pour vente détournée de protoxyde d'azote

FRANCE24
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"Cette action de groupe va nous permettre d'attaquer les producteurs de protoxyde d'azote qui utilisent des biais de communication trompeurs auprès de nos jeunes", a déclaré à l'AFP le chef étoilé Yannick Alléno, président de l'association portant le nom de son fils, mortellement percuté par un chauffard en 2022. "Strawberry Kiwi Ice" ou "Lady Killer": sur le site de Cream Deluxe, une entreprise peut se procurer de grandes quantités de ces bonbonnes de gaz aromatisés, aux visuels colorés rappelant l'univers de la fête et des vacances. Ces bonbonnes de 666 grammes ou de 2 kilogrammes sont destinées à "la création de boissons et cocktails", est-il écrit. Or, le chef étoilé assure n'en avoir "jamais vu" en cuisine. Selon l'association Antoine Alléno, les bonbonnes sont fabriquées par l'entreprise chinoise Zhuzhou Xingye Chemical, et la marque est gérée par IVM Firma Handlowa, une entreprise polonaise qui assure aussi la distribution, grâce à son propre site internet ou des sites de vente en ligne comme Ebay. Sollicitée par l'AFP, IVM Firma Handlowa a réfuté être "le +distributeur+ de Cream Deluxe". "Nous avons cessé toute vente en France et fermé notre boutique en ligne Cream Deluxe, précisément en raison de signes évidents de mésusage non culinaire. Nous n'avons plus aucune activité commerciale liée à cette gamme de produits en France depuis un certain temps déjà", a-t-elle répondu. Zhuzhou Xingye Chemical n'a pas pu être jointe dans l'immédiat. Dans son assignation pour pratiques commerciales déloyales, l'association demande au tribunal judiciaire de Paris de condamner les entreprises à cesser leurs activités en France, sous peine d'une astreinte financière, et à verser 25.000 euros à l'association pour ses frais de justice. Si la vente de contenants de protoxyde d'azote de plus de 8,6 grammes est interdite aux particuliers depuis 2021, Cream Deluxe encourage les entreprises à se fournir sur son site, évoquant un secteur "en expansion permanente", qui "offre de multiples opportunités pour qui décide de devenir grossiste". Un "cynisme certain", a dénoncé auprès de l'AFP Benoît Javaux, avocat associé du cabinet Squadra, qui espère une "sanction par les pouvoirs publics et par le tribunal". Ce genre de procédure peut durer "quasiment deux ans", selon l'avocat, bien conscient du risque sur "l'effet utile" d'une action judiciaire visant un réseau aussi "opaque". Le protoxyde d'azote "a des effets importants sur la santé publique: des jeunes perdent la mobilité, il y a des brûlures, des accidents", a déclaré M. Alléno qui a en outre appelé le gouvernement à publier le décret établissant la liste des substances psychoactives constitutives du délit d'homicide routier, dont le protoxyde d'azote. Plus de 450 accidents routiers graves liés au protoxyde d'azote ont été recensés en 2025 par l'association 40 millions d'automobilistes, soit quarante fois plus qu'il y a six ans. Le "gaz hilarant" est aussi au coeur du projet de loi "Ripost", présenté au Sénat en mai. Il prévoit notamment de faire de son inhalation un délit passible d'une peine allant jusqu'à un an d'emprisonnement et de 3.750 euros d'amende, et de punir jusqu'à trois ans de prison et 9.000 euros d'amende la conduite sous son emprise.
Texte intégral (541 mots)
"Cette action de groupe va nous permettre d'attaquer les producteurs de protoxyde d'azote qui utilisent des biais de communication trompeurs auprès de nos jeunes", a déclaré à l'AFP le chef étoilé Yannick Alléno, président de l'association portant le nom de son fils, mortellement percuté par un chauffard en 2022. "Strawberry Kiwi Ice" ou "Lady Killer": sur le site de Cream Deluxe, une entreprise peut se procurer de grandes quantités de ces bonbonnes de gaz aromatisés, aux visuels colorés rappelant l'univers de la fête et des vacances. Ces bonbonnes de 666 grammes ou de 2 kilogrammes sont destinées à "la création de boissons et cocktails", est-il écrit. Or, le chef étoilé assure n'en avoir "jamais vu" en cuisine. Selon l'association Antoine Alléno, les bonbonnes sont fabriquées par l'entreprise chinoise Zhuzhou Xingye Chemical, et la marque est gérée par IVM Firma Handlowa, une entreprise polonaise qui assure aussi la distribution, grâce à son propre site internet ou des sites de vente en ligne comme Ebay. Sollicitée par l'AFP, IVM Firma Handlowa a réfuté être "le +distributeur+ de Cream Deluxe". "Nous avons cessé toute vente en France et fermé notre boutique en ligne Cream Deluxe, précisément en raison de signes évidents de mésusage non culinaire. Nous n'avons plus aucune activité commerciale liée à cette gamme de produits en France depuis un certain temps déjà", a-t-elle répondu. Zhuzhou Xingye Chemical n'a pas pu être jointe dans l'immédiat. Dans son assignation pour pratiques commerciales déloyales, l'association demande au tribunal judiciaire de Paris de condamner les entreprises à cesser leurs activités en France, sous peine d'une astreinte financière, et à verser 25.000 euros à l'association pour ses frais de justice. Si la vente de contenants de protoxyde d'azote de plus de 8,6 grammes est interdite aux particuliers depuis 2021, Cream Deluxe encourage les entreprises à se fournir sur son site, évoquant un secteur "en expansion permanente", qui "offre de multiples opportunités pour qui décide de devenir grossiste". Un "cynisme certain", a dénoncé auprès de l'AFP Benoît Javaux, avocat associé du cabinet Squadra, qui espère une "sanction par les pouvoirs publics et par le tribunal". Ce genre de procédure peut durer "quasiment deux ans", selon l'avocat, bien conscient du risque sur "l'effet utile" d'une action judiciaire visant un réseau aussi "opaque". Le protoxyde d'azote "a des effets importants sur la santé publique: des jeunes perdent la mobilité, il y a des brûlures, des accidents", a déclaré M. Alléno qui a en outre appelé le gouvernement à publier le décret établissant la liste des substances psychoactives constitutives du délit d'homicide routier, dont le protoxyde d'azote. Plus de 450 accidents routiers graves liés au protoxyde d'azote ont été recensés en 2025 par l'association 40 millions d'automobilistes, soit quarante fois plus qu'il y a six ans. Le "gaz hilarant" est aussi au coeur du projet de loi "Ripost", présenté au Sénat en mai. Il prévoit notamment de faire de son inhalation un délit passible d'une peine allant jusqu'à un an d'emprisonnement et de 3.750 euros d'amende, et de punir jusqu'à trois ans de prison et 9.000 euros d'amende la conduite sous son emprise.

22.04.2026 à 10:57

La recrudescence des chaleurs extrêmes pousse l'agriculture mondiale "à bout"

FRANCE24
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Le phénomène, lié au réchauffement climatique généré par les activités humaines, fait déjà perdre chaque année 500 milliards d'heures de travail à l'agriculture. Assuré de s'intensifier, il menace la sécurité alimentaire mondiale, souligne mercredi le rapport "Chaleur extrême et agriculture". La chaleur extrême désigne des températures "exceptionnellement chaudes" par rapport aux normales, de jour et de nuit. Leur intensité promet de doubler si le monde atteint +2°C de réchauffement par rapport à l'ère préindustrielle (et de quadrupler à +4°C), préviennent les scientifiques. Surtout, elles agissent en cascade, sur l'humidité ou la radiation solaire, génèrent des pluies diluviennes, des sécheresses "flash"... "C'est dans une certaine mesure LE déclencheur", explique à l'AFP Kaveh Zahedi, directeur du Bureau du changement climatique à la FAO. "On l'a vu il y a deux ans au Brésil: une chaleur extrême prolongée, associée à de la sécheresse, a provoqué des feux en Amazonie et l'assèchement d'affluents de l'Amazone, avec un impact immédiat sur tout le système alimentaire, y compris la pêche et l'aquaculture; plus au sud cela a généré des pluies anormalement intenses. Voila le genre de convergences que nous commençons juste à comprendre: ce n'est pas juste de la chaleur extrême, mais un multiplicateur de risques". Les cas s'accumulent, aux Etats-Unis, en Russie, en Chine... et pas un secteur n'y échappe. Pour le bétail, quand la chaleur extrême ne génère pas des défaillances digestives ou cardiovasculaires, elle réduit la production de lait et le contenu en protéines. Les poissons peuvent voir leur coeur lâcher dans des eaux dont le taux d'oxygène est réduit par des températures élevées. Or en 2024, 91% de l'océan au niveau global a connu au moins une vague de chaleur, dont la moitié jugées "fortes", note le rapport. Pour la plupart des cultures, les rendements commencent à décliner au-delà de 30°C - et avant pour les pommes de terre ou l'orge. Disparition de pollinisateurs, maladies ou manque de nourriture ajoutent aux risques, renforcés par l'uniformité des variétés. Riz indien, crabe de Bering Au Maroc, six ans de sécheresse couronnés par deux vagues de chaleur historiques, en 2023 et 2024, ont réduit les rendements céréaliers de 40% et ruiné les récoltes d'olives et d'agrumes, rappelle M. Zahedi. Cela se passe aussi en montagne, comme au printemps 2025, où des températures de plus de 30°C (10°C au-dessus de la normale) sur la chaîne kirghize de Fergana ont soumis fruits et céréales à un choc thermique et une invasion de criquets. Bilan, 25% de récoltes en moins. Enfin, en mer, dans l'est de la mer de Bering, une vague de chaleur marine en 2018–2019 a fait mourir 90% des crabes des neiges, entraînant la fermeture d'une des pêcheries "les plus profitables" de l'Arctique, note le rapport. Face à cette situation, "nous voyons des exemples d'actions novatrices", souligne M. Zahedi, qui mentionne l'Inde où les agriculteurs testent des variétés de riz plus précoces. Un enjeu énorme dans un pays qui en tire 70% de ses calories et où l'agriculture fait vivre des millions de travailleurs. Les pics de chaleur affectent déjà plus d'un milliard d'humains, d'abord les agriculteurs et leurs familles (santé, productivité...). Ils fragilisent aussi une sécurité alimentaire déjà bien incertaine (en 2024, 2,3 milliards d'humains souffraient de formes d'insécurité alimentaire). Le rapport appelle à adopter des semences et races adaptées aux conditions nouvelles. Et à mettre des systèmes d'alerte à disposition des fermiers, les chaleurs extrêmes comptant parmi les phénomènes météo les plus prévisibles. "Nous voyons des actions, mais ce n'est pas suffisant", insiste le responsable de la FAO, soulignant l'importance "critique" des systèmes d'alerte. Mais sans réduction "ambitieuse" des gaz à effet de serre, "la sévérité des chaleurs extrêmes excédera de plus en plus la capacité à faire face", note le rapport. "Construire la résilience est essentiel, mais ne peut remplacer une action climatique déterminée".
Texte intégral (695 mots)
Le phénomène, lié au réchauffement climatique généré par les activités humaines, fait déjà perdre chaque année 500 milliards d'heures de travail à l'agriculture. Assuré de s'intensifier, il menace la sécurité alimentaire mondiale, souligne mercredi le rapport "Chaleur extrême et agriculture". La chaleur extrême désigne des températures "exceptionnellement chaudes" par rapport aux normales, de jour et de nuit. Leur intensité promet de doubler si le monde atteint +2°C de réchauffement par rapport à l'ère préindustrielle (et de quadrupler à +4°C), préviennent les scientifiques. Surtout, elles agissent en cascade, sur l'humidité ou la radiation solaire, génèrent des pluies diluviennes, des sécheresses "flash"... "C'est dans une certaine mesure LE déclencheur", explique à l'AFP Kaveh Zahedi, directeur du Bureau du changement climatique à la FAO. "On l'a vu il y a deux ans au Brésil: une chaleur extrême prolongée, associée à de la sécheresse, a provoqué des feux en Amazonie et l'assèchement d'affluents de l'Amazone, avec un impact immédiat sur tout le système alimentaire, y compris la pêche et l'aquaculture; plus au sud cela a généré des pluies anormalement intenses. Voila le genre de convergences que nous commençons juste à comprendre: ce n'est pas juste de la chaleur extrême, mais un multiplicateur de risques". Les cas s'accumulent, aux Etats-Unis, en Russie, en Chine... et pas un secteur n'y échappe. Pour le bétail, quand la chaleur extrême ne génère pas des défaillances digestives ou cardiovasculaires, elle réduit la production de lait et le contenu en protéines. Les poissons peuvent voir leur coeur lâcher dans des eaux dont le taux d'oxygène est réduit par des températures élevées. Or en 2024, 91% de l'océan au niveau global a connu au moins une vague de chaleur, dont la moitié jugées "fortes", note le rapport. Pour la plupart des cultures, les rendements commencent à décliner au-delà de 30°C - et avant pour les pommes de terre ou l'orge. Disparition de pollinisateurs, maladies ou manque de nourriture ajoutent aux risques, renforcés par l'uniformité des variétés. Riz indien, crabe de Bering Au Maroc, six ans de sécheresse couronnés par deux vagues de chaleur historiques, en 2023 et 2024, ont réduit les rendements céréaliers de 40% et ruiné les récoltes d'olives et d'agrumes, rappelle M. Zahedi. Cela se passe aussi en montagne, comme au printemps 2025, où des températures de plus de 30°C (10°C au-dessus de la normale) sur la chaîne kirghize de Fergana ont soumis fruits et céréales à un choc thermique et une invasion de criquets. Bilan, 25% de récoltes en moins. Enfin, en mer, dans l'est de la mer de Bering, une vague de chaleur marine en 2018–2019 a fait mourir 90% des crabes des neiges, entraînant la fermeture d'une des pêcheries "les plus profitables" de l'Arctique, note le rapport. Face à cette situation, "nous voyons des exemples d'actions novatrices", souligne M. Zahedi, qui mentionne l'Inde où les agriculteurs testent des variétés de riz plus précoces. Un enjeu énorme dans un pays qui en tire 70% de ses calories et où l'agriculture fait vivre des millions de travailleurs. Les pics de chaleur affectent déjà plus d'un milliard d'humains, d'abord les agriculteurs et leurs familles (santé, productivité...). Ils fragilisent aussi une sécurité alimentaire déjà bien incertaine (en 2024, 2,3 milliards d'humains souffraient de formes d'insécurité alimentaire). Le rapport appelle à adopter des semences et races adaptées aux conditions nouvelles. Et à mettre des systèmes d'alerte à disposition des fermiers, les chaleurs extrêmes comptant parmi les phénomènes météo les plus prévisibles. "Nous voyons des actions, mais ce n'est pas suffisant", insiste le responsable de la FAO, soulignant l'importance "critique" des systèmes d'alerte. Mais sans réduction "ambitieuse" des gaz à effet de serre, "la sévérité des chaleurs extrêmes excédera de plus en plus la capacité à faire face", note le rapport. "Construire la résilience est essentiel, mais ne peut remplacer une action climatique déterminée".

22.04.2026 à 10:35

Inflation en hausse: l'économie britannique rattrapée par la guerre au Moyen-Orient

FRANCE24
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L'indice des prix à la consommation (CPI) est reparti à la hausse le mois dernier, à 3,3% sur un an, contre 3% en février, a annoncé mercredi l'Office national des statistiques (ONS). L'accélération de l'inflation, en ligne avec les attentes des économistes, s'explique "largement par la hausse des prix des carburants, qui ont connu leur plus forte progression en près de trois ans", résume Grant Fitzner, économiste en chef de l'ONS. L'économie britannique avait pourtant semblé amorcer un redressement en début d'année, selon des chiffres publiés récemment par l'institut statistique, avec une hausse surprise de 0,5% du produit intérieur brut (PIB) en février et un recul inattendu du chômage à 4,9%. "Il semblait que les responsables politiques avaient dompté le monstre de l'inflation. Mais les règles du jeu ont changé, révélant la vulnérabilité du Royaume-Uni aux pressions extérieures, et le retour à l’objectif d’inflation de 2% apparaît désormais de plus en plus incertain", affirme Joe Nellis, économiste chez MHA. "Ce n'est pas notre guerre" Le pays, dont le mix énergétique est encore très dépendant du gaz, n'est pourtant pas le seul à voir l'inflation accélérer dans la foulée de la guerre au Moyen-Orient, déclenchée le 28 février par des frappes américaines et israéliennes contre l'Iran, qui a entraîné une flambée des prix du pétrole et du gaz. Les Etats-Unis ont vu l'indice des prix à la consommation (CPI) bondir de 3,3% en mars (contre 2,4% en février). En zone euro, il a augmenté de 2,6% (contre 1,9% le mois précédent). Mais la hausse des prix met une pression supplémentaire sur le gouvernement travailliste de Keir Starmer, déjà en difficulté après un énième rebondissement de l'affaire Mandelson (une déclinaison britannique de l'affaire Epstein). "Ce n'est pas notre guerre, mais elle fait grimper les factures des familles et des entreprises. C'est pourquoi ma priorité numéro un est de maintenir les coûts au plus bas" pour les ménages, a réagi la ministre des Finances Rachel Reeves dans un communiqué. Le gouvernement britannique a notamment annoncé mardi une réforme pour éviter que la hausse des prix du gaz n'influe de manière démesurée sur ceux de l'électricité, en favorisant les énergies renouvelables. "Coûts déjà absorbés" Le Royaume-Uni, dont les finances publiques sont extrêmement serrées, reste pourtant l'un des rares pays occidentaux à n'avoir pas encore annoncé de nouvelles mesures de soutien direct aux ménages face à la hausse des prix à la pompe depuis le début du conflit. Un gel d'une taxe sur les carburants, déjà en place depuis plusieurs années et régulièrement reconduit, doit en principe être supprimé progressivement à partir de septembre. Deux semaines après le 8 avril, date de l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu, celui-ci semble tenir mercredi matin en Iran et dans le Golfe, après l'annonce de la prolongation de la trêve par Donald Trump, qui maintient toutefois le blocus des ports iraniens. "Même en cas de résolution rapide, il n'y aurait pas de forte baisse de l'inflation. Les coûts déjà absorbés par les entreprises mettent du temps à se résorber, et les comportements de fixation des prix ont tendance à s'ajuster lentement à la baisse", prévient Joe Nellis. Selon les analystes, malgré la hausse de l'inflation au Royaume-Uni, la Banque d'Angleterre devrait probablement s'abstenir de relever son principal taux directeur lors de sa réunion de la semaine prochaine.
Texte intégral (601 mots)
L'indice des prix à la consommation (CPI) est reparti à la hausse le mois dernier, à 3,3% sur un an, contre 3% en février, a annoncé mercredi l'Office national des statistiques (ONS). L'accélération de l'inflation, en ligne avec les attentes des économistes, s'explique "largement par la hausse des prix des carburants, qui ont connu leur plus forte progression en près de trois ans", résume Grant Fitzner, économiste en chef de l'ONS. L'économie britannique avait pourtant semblé amorcer un redressement en début d'année, selon des chiffres publiés récemment par l'institut statistique, avec une hausse surprise de 0,5% du produit intérieur brut (PIB) en février et un recul inattendu du chômage à 4,9%. "Il semblait que les responsables politiques avaient dompté le monstre de l'inflation. Mais les règles du jeu ont changé, révélant la vulnérabilité du Royaume-Uni aux pressions extérieures, et le retour à l’objectif d’inflation de 2% apparaît désormais de plus en plus incertain", affirme Joe Nellis, économiste chez MHA. "Ce n'est pas notre guerre" Le pays, dont le mix énergétique est encore très dépendant du gaz, n'est pourtant pas le seul à voir l'inflation accélérer dans la foulée de la guerre au Moyen-Orient, déclenchée le 28 février par des frappes américaines et israéliennes contre l'Iran, qui a entraîné une flambée des prix du pétrole et du gaz. Les Etats-Unis ont vu l'indice des prix à la consommation (CPI) bondir de 3,3% en mars (contre 2,4% en février). En zone euro, il a augmenté de 2,6% (contre 1,9% le mois précédent). Mais la hausse des prix met une pression supplémentaire sur le gouvernement travailliste de Keir Starmer, déjà en difficulté après un énième rebondissement de l'affaire Mandelson (une déclinaison britannique de l'affaire Epstein). "Ce n'est pas notre guerre, mais elle fait grimper les factures des familles et des entreprises. C'est pourquoi ma priorité numéro un est de maintenir les coûts au plus bas" pour les ménages, a réagi la ministre des Finances Rachel Reeves dans un communiqué. Le gouvernement britannique a notamment annoncé mardi une réforme pour éviter que la hausse des prix du gaz n'influe de manière démesurée sur ceux de l'électricité, en favorisant les énergies renouvelables. "Coûts déjà absorbés" Le Royaume-Uni, dont les finances publiques sont extrêmement serrées, reste pourtant l'un des rares pays occidentaux à n'avoir pas encore annoncé de nouvelles mesures de soutien direct aux ménages face à la hausse des prix à la pompe depuis le début du conflit. Un gel d'une taxe sur les carburants, déjà en place depuis plusieurs années et régulièrement reconduit, doit en principe être supprimé progressivement à partir de septembre. Deux semaines après le 8 avril, date de l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu, celui-ci semble tenir mercredi matin en Iran et dans le Golfe, après l'annonce de la prolongation de la trêve par Donald Trump, qui maintient toutefois le blocus des ports iraniens. "Même en cas de résolution rapide, il n'y aurait pas de forte baisse de l'inflation. Les coûts déjà absorbés par les entreprises mettent du temps à se résorber, et les comportements de fixation des prix ont tendance à s'ajuster lentement à la baisse", prévient Joe Nellis. Selon les analystes, malgré la hausse de l'inflation au Royaume-Uni, la Banque d'Angleterre devrait probablement s'abstenir de relever son principal taux directeur lors de sa réunion de la semaine prochaine.

22.04.2026 à 10:29

Les Bourses d'Europe prudentes après le prolongement de la trêve au Moyen-Orient

FRANCE24
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Les indices réagissent autant à la dernière décision de Donald Trump qu'aux résultats des grandes sociétés cotées, dans les nouvelles technologies en particulier. A 08H00 GMT, Paris maintenait un quasi-équilibre (-0,06%), tiraillé entre l'annonce du président américain et les mauvais résultats trimestriels de certaines valeurs (l'entreprise de certification Bureau Veritas, qui plonge de 11,68% et les laboratoires d'analyse Eurofins Scienfic, en repli de près de 9%). Francfort progressait (+0,20%), tout comme Milan (+0,16%) et Londres (+0,10%), une Bourse très sensible au cours du pétrole, qui reculait après une forte hausse la veille. Le Brent s'échangeait à 98,14 dollars (-0,35%), contre 89,13 pour le WTI (-0,60%). Les cours du pétrole avaient fortement augmenté la veille, "soutenus par les incertitudes autour des négociations entre les États-Unis et l’Iran et par la fragilité du cessez-le-feu", relève la société de courtage Aurel BCG. "Ce que nous savons, c’est que les réserves d’énergie se resserrent. On dit que les Européens pourraient n’avoir plus que quelques semaines (environ six semaines) de réserves de pétrole et d’énergie", indique Ipek Ozkardeskaya, analyste senior chez Swissquote. En attendant, le cessez-le-feu semble tenir mercredi matin en Iran et dans le Golfe, après l'annonce de la prolongation de la trêve par Donald Trump, qui maintient toutefois le blocus des ports iraniens. "Le risque n’a pas disparu, il a simplement été repoussé, laissant les investisseurs dans une zone grise", commente John Plassard de la Banque privée Cité Gestion. "Le cessez-le-feu est de nouveau en vigueur, mais il se peut que la bonne nouvelle soit déjà intégrée dans les cours", ajoute Kathleen Brooks, directrice de recherche chez XTB. "Plus le détroit reste fermé, plus on risque de voir de la nervosité sur le marché", ajoute-t-elle. En Asie, l'indice Hang Seng de Hong Kong, lié aux valeurs chinoises, reculait (-1,22%), au contraire du Nikkei à Tokyo, qui a terminé en hausse (+0,40%) et du Kospi à Séoul (+0,46%), très indexés sur les performances de la "tech". Sur les marchés actions, le secteur technologique bénéficie d'un regain d'intérêt, "soutenu par une demande en IA résiliente malgré les tensions au Moyen-Orient et la crise énergétique", souligne Ipek Ozkardeskaya pour Swissquote. "Les fabricants coréens de puces mémoire, en particulier, disposent d’un pouvoir certain de fixation des prix en raison d'une pénurie de l'offre". Aux États-Unis, Tesla doit publier ses résultats mercredi. Les analystes anticipent une croissance du chiffre d’affaires d’environ 13 à 17% par rapport à l’an dernier. Marché obligataire: stabilité des taux malgré l'inflation au Royaume-Uni Les risques de hausse des prix tendent à se concrétiser. Au Royaume-Uni, le taux d'inflation a grimpé à 3,3% sur un an en mars, contre 3% en février, dopé par l'envolée des prix des hydrocarbures due à la guerre au Moyen-Orient. Or, les risques d'inflation impactent les taux d'intérêts liés au financement de la dette des Etats sur le marché obligataire. En effet, l'inflation réduit la valeur réelle des titres de créances des prêteurs, qui se protègent avec des taux d'intérêts (des rendements) plus élevés. Mercredi, le taux britannique à dix ans était quasi-stable (4,86% contre 4,88%). Référence en Europe, le Bund allemand se maintient autour des 3%. Le taux français passait à 3,64% contre 3,65% la veille. "Il est hautement improbable qu’un seul chiffre d’inflation suffise à pousser les responsables de la politique monétaire à modifier le taux directeur de la Banque d’Angleterre la semaine prochaine", estime Emma Wall, cheffe stratégie investissement chez Hargreaves Lansdown.
Texte intégral (614 mots)
Les indices réagissent autant à la dernière décision de Donald Trump qu'aux résultats des grandes sociétés cotées, dans les nouvelles technologies en particulier. A 08H00 GMT, Paris maintenait un quasi-équilibre (-0,06%), tiraillé entre l'annonce du président américain et les mauvais résultats trimestriels de certaines valeurs (l'entreprise de certification Bureau Veritas, qui plonge de 11,68% et les laboratoires d'analyse Eurofins Scienfic, en repli de près de 9%). Francfort progressait (+0,20%), tout comme Milan (+0,16%) et Londres (+0,10%), une Bourse très sensible au cours du pétrole, qui reculait après une forte hausse la veille. Le Brent s'échangeait à 98,14 dollars (-0,35%), contre 89,13 pour le WTI (-0,60%). Les cours du pétrole avaient fortement augmenté la veille, "soutenus par les incertitudes autour des négociations entre les États-Unis et l’Iran et par la fragilité du cessez-le-feu", relève la société de courtage Aurel BCG. "Ce que nous savons, c’est que les réserves d’énergie se resserrent. On dit que les Européens pourraient n’avoir plus que quelques semaines (environ six semaines) de réserves de pétrole et d’énergie", indique Ipek Ozkardeskaya, analyste senior chez Swissquote. En attendant, le cessez-le-feu semble tenir mercredi matin en Iran et dans le Golfe, après l'annonce de la prolongation de la trêve par Donald Trump, qui maintient toutefois le blocus des ports iraniens. "Le risque n’a pas disparu, il a simplement été repoussé, laissant les investisseurs dans une zone grise", commente John Plassard de la Banque privée Cité Gestion. "Le cessez-le-feu est de nouveau en vigueur, mais il se peut que la bonne nouvelle soit déjà intégrée dans les cours", ajoute Kathleen Brooks, directrice de recherche chez XTB. "Plus le détroit reste fermé, plus on risque de voir de la nervosité sur le marché", ajoute-t-elle. En Asie, l'indice Hang Seng de Hong Kong, lié aux valeurs chinoises, reculait (-1,22%), au contraire du Nikkei à Tokyo, qui a terminé en hausse (+0,40%) et du Kospi à Séoul (+0,46%), très indexés sur les performances de la "tech". Sur les marchés actions, le secteur technologique bénéficie d'un regain d'intérêt, "soutenu par une demande en IA résiliente malgré les tensions au Moyen-Orient et la crise énergétique", souligne Ipek Ozkardeskaya pour Swissquote. "Les fabricants coréens de puces mémoire, en particulier, disposent d’un pouvoir certain de fixation des prix en raison d'une pénurie de l'offre". Aux États-Unis, Tesla doit publier ses résultats mercredi. Les analystes anticipent une croissance du chiffre d’affaires d’environ 13 à 17% par rapport à l’an dernier. Marché obligataire: stabilité des taux malgré l'inflation au Royaume-Uni Les risques de hausse des prix tendent à se concrétiser. Au Royaume-Uni, le taux d'inflation a grimpé à 3,3% sur un an en mars, contre 3% en février, dopé par l'envolée des prix des hydrocarbures due à la guerre au Moyen-Orient. Or, les risques d'inflation impactent les taux d'intérêts liés au financement de la dette des Etats sur le marché obligataire. En effet, l'inflation réduit la valeur réelle des titres de créances des prêteurs, qui se protègent avec des taux d'intérêts (des rendements) plus élevés. Mercredi, le taux britannique à dix ans était quasi-stable (4,86% contre 4,88%). Référence en Europe, le Bund allemand se maintient autour des 3%. Le taux français passait à 3,64% contre 3,65% la veille. "Il est hautement improbable qu’un seul chiffre d’inflation suffise à pousser les responsables de la politique monétaire à modifier le taux directeur de la Banque d’Angleterre la semaine prochaine", estime Emma Wall, cheffe stratégie investissement chez Hargreaves Lansdown.

22.04.2026 à 10:21

Tesla attendu au tournant sur le déploiement des véhicules autonomes, entre autres

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"Tesla approche des 10 milliards de miles (16 milliards de kilomètres, ndlr) parcourus avec le FSD", mode de conduite autonome, ont relevé récemment les analystes de Morgan Stanley dans une note. "Ce seuil symbolique renforce l'avance de Tesla dans l'autonomie mais avec, (en 2026,) un doublement des dépenses d'investissement et un flux de liquidités qui devrait devenir négatif, les investisseurs vont avoir besoin d'éléments plus probants sur le fait que l'autonomie sans supervision est toute proche, pour pouvoir soutenir la valorisation boursière", ont-ils prévenu. A la clôture mardi, Tesla valait près de 1.500 milliards de dollars à la Bourse de New York. Les analystes de Wedbush considèrent depuis plusieurs mois que l'autonomie et l'intelligence artificielle pourraient générer, à elles seules, 1.000 milliards de dollars supplémentaires de capitalisation. Dans une note mardi, ils ont énuméré les sujets sur lesquels le patron du groupe, le multimilliardaire Elon Musk, va devoir s'expliquer. Une liste qui, en réalité, s'allonge depuis plusieurs mois. Côté produits, les analystes réclament des détails sur les projets IA puisque qu'environ 20 milliards de dollars d'investissements sont programmés pour 2026, un point sur le tant attendu Cybercab - véhicule qui doit effectuer le service de robotaxi -, l'expansion de ce service de taxi sans chauffeur, la production de Semi - camion électrique en test sur les routes -, mais aussi le robot humanoïde Optimus ou l'avenir des chaînes d'assemblage des Model S et X, dont la production s'arrête. Ils veulent aussi dissiper le flou autour de l'investissement récent de 2 milliards de dollars de Tesla dans xAI, société d'intelligence artificielle ayant englobé le réseau social X (ex-Twitter) en mars 2025, avant que le nouvel ensemble soit racheté par SpaceX en février. Certains évoquent une future absorption de Tesla. Dépassé par BYD L'homme le plus riche du monde est actionnaire de référence de toutes ces entreprises. Il compte mener prochainement la plus grosse introduction en Bourse jamais réalisée, en cotant SpaceX à New York. Il a promis fin janvier une "ère d'abondance" après une année 2025 difficile marquée par sa proximité avec le président américain Donald Trump et par la disparition d'avantages à l'achat de véhicules électriques aux Etats-Unis. Certaines voix déplorent que son intérêt croissant pour la robotique, l'autonomie et l'IA - il vient aussi de lancer la construction d'une usine de puces, terafab -, ainsi que le stockage énergétique, se faisait au détriment, selon elles, de l'activité historique de Tesla: la construction automobile. En la matière, l'entreprise s'est fait ravir sa place historique de numéro un mondial des véhicules tout électriques par le groupe chinois BYD, qui en a vendu 2,26 millions (+28,41% sur un an) contre 1,64 million pour Tesla (-8,38%). La marque souffre également d'une gamme défraîchie. Le dernier véhicule grand public, le Model Y, est sorti en 2020; le pick-up à la silhouette futuriste Cybertruck, sorti fin 2023, a fait un flop; le véhicule bon marché qui devait être une création n'est finalement qu'une version édulcorée des populaires Model 3 et Model Y, et le modèle sportif Roadster de nouvelle génération se fait toujours attendre. Au premier trimestre, Tesla a livré un peu plus de 358.000 véhicules dans le monde mais n'a pas atteint le consensus de Factset (381.000), ni même le sien (365.645). Et il a fabriqué 50.000 véhicules en trop, qu'il va falloir écouler. Les analystes de JPMorgan ont abaissé leurs attentes après cette publication, notamment face au "record d'invendus", et ont "conseillé aux investisseurs d'approcher les actions Tesla avec un niveau élevé de prudence". Concernant les résultats du trimestre, attendus après la fermeture de Wall Street mercredi, le consensus de Factset ressort à 22,27 milliards pour le chiffre d'affaires (contre 19,33 milliards un an plus tôt) et un bénéfice net de 1,30 milliard (contre 934 millions). Celui réalisé par Tesla anticipe respectivement 21,42 milliards et 584 millions de dollars.
Texte intégral (673 mots)
"Tesla approche des 10 milliards de miles (16 milliards de kilomètres, ndlr) parcourus avec le FSD", mode de conduite autonome, ont relevé récemment les analystes de Morgan Stanley dans une note. "Ce seuil symbolique renforce l'avance de Tesla dans l'autonomie mais avec, (en 2026,) un doublement des dépenses d'investissement et un flux de liquidités qui devrait devenir négatif, les investisseurs vont avoir besoin d'éléments plus probants sur le fait que l'autonomie sans supervision est toute proche, pour pouvoir soutenir la valorisation boursière", ont-ils prévenu. A la clôture mardi, Tesla valait près de 1.500 milliards de dollars à la Bourse de New York. Les analystes de Wedbush considèrent depuis plusieurs mois que l'autonomie et l'intelligence artificielle pourraient générer, à elles seules, 1.000 milliards de dollars supplémentaires de capitalisation. Dans une note mardi, ils ont énuméré les sujets sur lesquels le patron du groupe, le multimilliardaire Elon Musk, va devoir s'expliquer. Une liste qui, en réalité, s'allonge depuis plusieurs mois. Côté produits, les analystes réclament des détails sur les projets IA puisque qu'environ 20 milliards de dollars d'investissements sont programmés pour 2026, un point sur le tant attendu Cybercab - véhicule qui doit effectuer le service de robotaxi -, l'expansion de ce service de taxi sans chauffeur, la production de Semi - camion électrique en test sur les routes -, mais aussi le robot humanoïde Optimus ou l'avenir des chaînes d'assemblage des Model S et X, dont la production s'arrête. Ils veulent aussi dissiper le flou autour de l'investissement récent de 2 milliards de dollars de Tesla dans xAI, société d'intelligence artificielle ayant englobé le réseau social X (ex-Twitter) en mars 2025, avant que le nouvel ensemble soit racheté par SpaceX en février. Certains évoquent une future absorption de Tesla. Dépassé par BYD L'homme le plus riche du monde est actionnaire de référence de toutes ces entreprises. Il compte mener prochainement la plus grosse introduction en Bourse jamais réalisée, en cotant SpaceX à New York. Il a promis fin janvier une "ère d'abondance" après une année 2025 difficile marquée par sa proximité avec le président américain Donald Trump et par la disparition d'avantages à l'achat de véhicules électriques aux Etats-Unis. Certaines voix déplorent que son intérêt croissant pour la robotique, l'autonomie et l'IA - il vient aussi de lancer la construction d'une usine de puces, terafab -, ainsi que le stockage énergétique, se faisait au détriment, selon elles, de l'activité historique de Tesla: la construction automobile. En la matière, l'entreprise s'est fait ravir sa place historique de numéro un mondial des véhicules tout électriques par le groupe chinois BYD, qui en a vendu 2,26 millions (+28,41% sur un an) contre 1,64 million pour Tesla (-8,38%). La marque souffre également d'une gamme défraîchie. Le dernier véhicule grand public, le Model Y, est sorti en 2020; le pick-up à la silhouette futuriste Cybertruck, sorti fin 2023, a fait un flop; le véhicule bon marché qui devait être une création n'est finalement qu'une version édulcorée des populaires Model 3 et Model Y, et le modèle sportif Roadster de nouvelle génération se fait toujours attendre. Au premier trimestre, Tesla a livré un peu plus de 358.000 véhicules dans le monde mais n'a pas atteint le consensus de Factset (381.000), ni même le sien (365.645). Et il a fabriqué 50.000 véhicules en trop, qu'il va falloir écouler. Les analystes de JPMorgan ont abaissé leurs attentes après cette publication, notamment face au "record d'invendus", et ont "conseillé aux investisseurs d'approcher les actions Tesla avec un niveau élevé de prudence". Concernant les résultats du trimestre, attendus après la fermeture de Wall Street mercredi, le consensus de Factset ressort à 22,27 milliards pour le chiffre d'affaires (contre 19,33 milliards un an plus tôt) et un bénéfice net de 1,30 milliard (contre 934 millions). Celui réalisé par Tesla anticipe respectivement 21,42 milliards et 584 millions de dollars.

22.04.2026 à 09:57

La Bourse de Paris prudente, Bureau Veritas et Eurofins décrochent

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Vers 09H40, le CAC 40 cédait 0,12% à 8.226,40 points, soit un recul de 9,32 points. Mardi, l'indice vedette de la Bourse de Paris avait perdu 1,14% à 8.235,72 points (-95,33 points). Le président américain Donald Trump s'est résolu mardi soir à prolonger jusqu'à nouvel ordre la trêve observée avec l'Iran depuis le 8 avril, tout en précisant que le blocus américain des ports iraniens allait se poursuivre. Cette nouvelle n'a pas pour autant rassuré les investisseurs. Ces derniers ont "clairement intégré le risque d’un échec des négociations, notamment après la suspension du déplacement du vice-président JD Vance (au Pakistan: NDLR) faute d’engagement crédible de Téhéran", relève l'analyste John Plassard de la banque privée Cité Gestion. "Une nouvelle escalade reste possible à tout moment. Le blocus maritime des États-Unis pourrait contraindre le régime des mollahs à une réaction militaire. La mèche du baril de poudre au Moyen-Orient continue donc de brûler", estime Andreas Lipkow, chez CMC Markets. Autre point d'attention des investisseurs parisiens: une pluie de résultats d'entreprises, qui publient pour la plupart les chiffres d'affaires du premier trimestre 2026. Bureau Veritas décroche L'action du spécialiste des tests, vérifications et certifications décrochait nettement en Bourse, après avoir revu en légère baisse ses perspectives pour 2026. Son titre plongeait 10,31% à 25,50 euros vers 09H30. Eurofins Scientific grippé Le géant français des laboratoires d'analyses a lui annoncé mercredi un chiffre d'affaires de 1,789 milliard d'euros au premier trimestre, en hausse "modérée" de 1,3%, mais inférieur aux attentes des analystes. Son action chutait de 8,56% à 63,42 euros. FDJ recule FDJ United (-6,44% à 24,69 euros), nouveau nom de la Française des Jeux, a enregistré un chiffre d'affaires en retrait de 3,2% au premier trimestre 2026, affecté par la hausse de la fiscalité, et a revu ses prévisions à la baisse. Danone en hausse Le chiffre d'affaires du géant de l'agroalimentaire Danone a reculé de 2% au premier trimestre, à 6,7 milliards d'euros, affecté surtout par l'appréciation de l'euro mais aussi par les rappels de lait infantile et la guerre au Moyen-Orient. Malgré cette baisse attendue, "l’équilibre entre volume et prix", "la croissance positive en organique" dans "les trois divisions et les trois zones géographiques" du groupe sont "bien accueillis", selon les analystes de la banque Oddo BhF. Le titre du groupe gagnait 1,87% à 67,66 euros.
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Vers 09H40, le CAC 40 cédait 0,12% à 8.226,40 points, soit un recul de 9,32 points. Mardi, l'indice vedette de la Bourse de Paris avait perdu 1,14% à 8.235,72 points (-95,33 points). Le président américain Donald Trump s'est résolu mardi soir à prolonger jusqu'à nouvel ordre la trêve observée avec l'Iran depuis le 8 avril, tout en précisant que le blocus américain des ports iraniens allait se poursuivre. Cette nouvelle n'a pas pour autant rassuré les investisseurs. Ces derniers ont "clairement intégré le risque d’un échec des négociations, notamment après la suspension du déplacement du vice-président JD Vance (au Pakistan: NDLR) faute d’engagement crédible de Téhéran", relève l'analyste John Plassard de la banque privée Cité Gestion. "Une nouvelle escalade reste possible à tout moment. Le blocus maritime des États-Unis pourrait contraindre le régime des mollahs à une réaction militaire. La mèche du baril de poudre au Moyen-Orient continue donc de brûler", estime Andreas Lipkow, chez CMC Markets. Autre point d'attention des investisseurs parisiens: une pluie de résultats d'entreprises, qui publient pour la plupart les chiffres d'affaires du premier trimestre 2026. Bureau Veritas décroche L'action du spécialiste des tests, vérifications et certifications décrochait nettement en Bourse, après avoir revu en légère baisse ses perspectives pour 2026. Son titre plongeait 10,31% à 25,50 euros vers 09H30. Eurofins Scientific grippé Le géant français des laboratoires d'analyses a lui annoncé mercredi un chiffre d'affaires de 1,789 milliard d'euros au premier trimestre, en hausse "modérée" de 1,3%, mais inférieur aux attentes des analystes. Son action chutait de 8,56% à 63,42 euros. FDJ recule FDJ United (-6,44% à 24,69 euros), nouveau nom de la Française des Jeux, a enregistré un chiffre d'affaires en retrait de 3,2% au premier trimestre 2026, affecté par la hausse de la fiscalité, et a revu ses prévisions à la baisse. Danone en hausse Le chiffre d'affaires du géant de l'agroalimentaire Danone a reculé de 2% au premier trimestre, à 6,7 milliards d'euros, affecté surtout par l'appréciation de l'euro mais aussi par les rappels de lait infantile et la guerre au Moyen-Orient. Malgré cette baisse attendue, "l’équilibre entre volume et prix", "la croissance positive en organique" dans "les trois divisions et les trois zones géographiques" du groupe sont "bien accueillis", selon les analystes de la banque Oddo BhF. Le titre du groupe gagnait 1,87% à 67,66 euros.

22.04.2026 à 09:53

Utiliser moins de cosmétiques fait baisser rapidement la trace de polluants dans le corps, selon une étude

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Selon cette étude, publiée dans la revue Environment International par des chercheurs de l'Inserm, de l'Université Grenoble Alpes et du CNRS, la moindre utilisation de produits de soins (shampoings, savons ou maquillage) permet de réduire en quelques jours seulement l'exposition du corps à plusieurs substances chimiques, dont des perturbateurs endocriniens. Les chercheurs ont demandé à une centaine d'étudiantes grenobloises âgées de 18 à 30 ans de réduire durant cinq jours le nombre de produits cosmétiques qu'elles utilisaient. Les étudiantes devaient aussi remplacer leurs produits d'hygiène habituels — tels que le savon ou le dentifrice — par des produits alternatifs fournis par les chercheurs, sans phénols synthétiques, parabènes, phtalates et éthers de glycol. Les chercheurs ont ensuite comparé les dosages urinaires réalisés avant et après ces cinq jours de restriction. Résultat: près d'un quart d'exposition en moins (-22%) pour le phtalate de monoéthyle, issu de composés utilisés notamment pour fixer les parfums, ou encore "-30% pour le méthylparabène, un conservateur et possible perturbateur endocrinien, selon les autorités européennes", indique l'Inserm. Les scientifiques ont en outre observé une baisse de 39% de la concentration urinaire de bisphénol A (BPA), classé comme perturbateur endocrinien par l'Agence française de sécurité sanitaire de l'alimentation (Anses). Le bisphénol A est soupçonné d'être lié à de multiples troubles et maladies (cancer du sein, infertilité, etc.). Réglementation "Le bisphénol A n'est plus autorisé en France depuis 2005 comme ingrédient dans les produits de soin et cosmétiques en raison de son caractère reprotoxique. Sa présence pourrait être liée à des contaminations survenues au cours du processus de fabrication ou via les matériaux d'emballage", indique l'Inserm dans un communiqué. Ces résultats "pourraient étayer la mise en œuvre d'une réglementation plus stricte visant la composition des produits de soins (par exemple, les éthers de glycol) ou l'ensemble du processus de production et de conditionnement (bisphénol A)", conclut l'étude. "Parmi toutes les sources d'exposition, l'utilisation de produits de soins et de cosmétiques est une source non négligeable, car lorsque l'on agit sur cette source, on arrive à diminuer de façon nette les expositions", souligne à l'AFP l'une de ses auteurs, Claire Philippat, chercheuse à l'Inserm. "Au niveau individuel, on peut agir sur nos niveaux d'exposition, en tout cas pour les substances que l'on a étudiées. C'est un message qui est encourageant", dit-elle. "Mais on ne peut pas s'appuyer seulement sur le changement de comportement individuel pour modifier ces expositions. Cela sous-entend que la réglementation doit être forte vis-à-vis des substances chimiques dans les produits de soins et cosmétiques", ajoute-t-elle. Cette étude paraît alors que le Parlement européen doit se prononcer fin avril sur un changement de la réglementation européenne sur les cosmétiques. Ce texte, décrié notamment par l'association de défense des consommateur UFC-Que choisir, doit donner aux industriels plus de temps pour retirer de la vente des produits contenant des substances classées cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction.
Texte intégral (523 mots)
Selon cette étude, publiée dans la revue Environment International par des chercheurs de l'Inserm, de l'Université Grenoble Alpes et du CNRS, la moindre utilisation de produits de soins (shampoings, savons ou maquillage) permet de réduire en quelques jours seulement l'exposition du corps à plusieurs substances chimiques, dont des perturbateurs endocriniens. Les chercheurs ont demandé à une centaine d'étudiantes grenobloises âgées de 18 à 30 ans de réduire durant cinq jours le nombre de produits cosmétiques qu'elles utilisaient. Les étudiantes devaient aussi remplacer leurs produits d'hygiène habituels — tels que le savon ou le dentifrice — par des produits alternatifs fournis par les chercheurs, sans phénols synthétiques, parabènes, phtalates et éthers de glycol. Les chercheurs ont ensuite comparé les dosages urinaires réalisés avant et après ces cinq jours de restriction. Résultat: près d'un quart d'exposition en moins (-22%) pour le phtalate de monoéthyle, issu de composés utilisés notamment pour fixer les parfums, ou encore "-30% pour le méthylparabène, un conservateur et possible perturbateur endocrinien, selon les autorités européennes", indique l'Inserm. Les scientifiques ont en outre observé une baisse de 39% de la concentration urinaire de bisphénol A (BPA), classé comme perturbateur endocrinien par l'Agence française de sécurité sanitaire de l'alimentation (Anses). Le bisphénol A est soupçonné d'être lié à de multiples troubles et maladies (cancer du sein, infertilité, etc.). Réglementation "Le bisphénol A n'est plus autorisé en France depuis 2005 comme ingrédient dans les produits de soin et cosmétiques en raison de son caractère reprotoxique. Sa présence pourrait être liée à des contaminations survenues au cours du processus de fabrication ou via les matériaux d'emballage", indique l'Inserm dans un communiqué. Ces résultats "pourraient étayer la mise en œuvre d'une réglementation plus stricte visant la composition des produits de soins (par exemple, les éthers de glycol) ou l'ensemble du processus de production et de conditionnement (bisphénol A)", conclut l'étude. "Parmi toutes les sources d'exposition, l'utilisation de produits de soins et de cosmétiques est une source non négligeable, car lorsque l'on agit sur cette source, on arrive à diminuer de façon nette les expositions", souligne à l'AFP l'une de ses auteurs, Claire Philippat, chercheuse à l'Inserm. "Au niveau individuel, on peut agir sur nos niveaux d'exposition, en tout cas pour les substances que l'on a étudiées. C'est un message qui est encourageant", dit-elle. "Mais on ne peut pas s'appuyer seulement sur le changement de comportement individuel pour modifier ces expositions. Cela sous-entend que la réglementation doit être forte vis-à-vis des substances chimiques dans les produits de soins et cosmétiques", ajoute-t-elle. Cette étude paraît alors que le Parlement européen doit se prononcer fin avril sur un changement de la réglementation européenne sur les cosmétiques. Ce texte, décrié notamment par l'association de défense des consommateur UFC-Que choisir, doit donner aux industriels plus de temps pour retirer de la vente des produits contenant des substances classées cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction.

22.04.2026 à 09:49

Nuñez tourne la page Retailleau et Darmanin, premier volet d'un vaste mouvement préfectoral

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Mercredi, selon des sources proches de l'exécutif, le Conseil des ministres procèdera, sur proposition de Laurent Nuñez, à plusieurs nominations de préfets, premier volet d'un plus vaste mouvement préfectoral, qui devrait être le dernier d'ampleur du quinquennat d'Emmanuel Macron. Depuis son arrivée à Beauvau, le ministre de l'Intérieur a pris soin de mettre ses pas dans ceux de Bruno Retailleau et Gérald Darmanin. Mais les mois passant et l'hypothèse d'un renversement du gouvernement avant l'échéance présidentielle de 2027 s'éloignant, Laurent Nuñez a pris peu à peu ses distances avec ses prédécesseurs. Sauf surprise de dernière minute, le Conseil des ministres devrait ainsi acter le remplacement du secrétaire général du ministère, Hugues Moutouh, par un des proches de M. Nuñez, Etienne Stoskopf, actuel préfet du Val-du-Marne. Etienne Stoskopf était au cabinet de Laurent Nuñez lorsque ce dernier était secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Intérieur d'alors Christophe Castaner. Réputé proche de Bruno Retailleau qui l'avait nommé il y a tout juste un an à ce poste-clé du ministère, Hugues Moutouh devrait être nommé préfet de la région Centre Val-de-Loire, selon une source proche de l'exécutif. Son départ de Beauvau n'est pas une surprise. Tout oppose Laurent Nuñez à Hugues Moutouh. L'inclination politique d'abord: le premier est plutôt de centre-gauche quand le second est un proche d'Eric Ciotti, ancien président de LR, rallié au RN, et nouveau maire de Nice. Le style ensuite: Laurent Nuñez est réputé pour son entregent tandis que Hugues Moutouh est adepte des formules à l'emporte-pièces, quitte à déclencher des polémiques. Dans l'Hérault, l'un de ses précédents postes, il s'était illustré pour une phrase: "La méthode, c'est deux claques et au lit!", lancée lors des violentes émeutes urbaines consécutives à la mort de Nahel fin juin 2023. Dans les Alpes-Maritimes avant de rejoindre Beauvau, cet amateur de krav-maga, une méthode de combat, avait fait de l'immigration une de ses priorités, en ligne avec l'objectif affiché alors par le ministre Bruno Retailleau. Relations exécrables Depuis sa nomination, Laurent Nuñez s'est attaché à arrondir le discours sur l'immigration, ce qui lui a attiré les foudres de préfets. Son insistance, il y a deux semaines, à défendre la nécessité d'accorder des titres de séjour pour les "métiers en tension" a été perçue par certains hauts fonctionnaires comme un assouplissement de la position du gouvernement. Au chapitre des mouvements de préfets, le départ de l'Elysée de Georges-François Leclerc, six mois après son arrivée, pour la préfecture de la région Ile-de-France interviendra en mai, après le départ de l'actuel détenteur du poste, Marc Guillaume, donné favori pour devenir vice-président du Conseil d'Etat. Très apprécié de Gérald Darmanin qui l'avait nommé préfet de la région Paca, Georges-François Leclerc rêvait de devenir préfet de police de Paris. Le poste lui ayant échappé, il a rebondi en octobre dernier comme directeur de cabinet du président Emmanuel Macron. Mais rapidement, ses relations avec Laurent Nuñez se sont tendues, au point d'être décrites comme exécrables par plusieurs hauts fonctionnaires interrogés par l'AFP. Frédéric Rose, actuel préfet des Yvelines, est pressenti pour lui succéder auprès du chef de l'Etat. Tensions également entre le ministre de l'Intérieur et le préfet de police de Paris Patrice Faure. Mais, pas de changement en vue, plusieurs sources proches du dossier estimant que le chef de l'Etat, qui avait choisi M. Faure, ne lui retirera pas son soutien. Dans le cadre du vaste mouvement préfectoral en cours, plusieurs préfectures de région devraient voir leur locataire changer: Nouvelle-Aquitaine, Auvergne-Rhône-Alpes ou Pays de la Loire notamment. Dès mercredi, Frédéric Poisot, secrétaire général de la préfecture des Bouches-du-Rhône, sera nommé préfet de Mayotte où il succèdera à François-Xavier Bieuville.
Texte intégral (697 mots)
Mercredi, selon des sources proches de l'exécutif, le Conseil des ministres procèdera, sur proposition de Laurent Nuñez, à plusieurs nominations de préfets, premier volet d'un plus vaste mouvement préfectoral, qui devrait être le dernier d'ampleur du quinquennat d'Emmanuel Macron. Depuis son arrivée à Beauvau, le ministre de l'Intérieur a pris soin de mettre ses pas dans ceux de Bruno Retailleau et Gérald Darmanin. Mais les mois passant et l'hypothèse d'un renversement du gouvernement avant l'échéance présidentielle de 2027 s'éloignant, Laurent Nuñez a pris peu à peu ses distances avec ses prédécesseurs. Sauf surprise de dernière minute, le Conseil des ministres devrait ainsi acter le remplacement du secrétaire général du ministère, Hugues Moutouh, par un des proches de M. Nuñez, Etienne Stoskopf, actuel préfet du Val-du-Marne. Etienne Stoskopf était au cabinet de Laurent Nuñez lorsque ce dernier était secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Intérieur d'alors Christophe Castaner. Réputé proche de Bruno Retailleau qui l'avait nommé il y a tout juste un an à ce poste-clé du ministère, Hugues Moutouh devrait être nommé préfet de la région Centre Val-de-Loire, selon une source proche de l'exécutif. Son départ de Beauvau n'est pas une surprise. Tout oppose Laurent Nuñez à Hugues Moutouh. L'inclination politique d'abord: le premier est plutôt de centre-gauche quand le second est un proche d'Eric Ciotti, ancien président de LR, rallié au RN, et nouveau maire de Nice. Le style ensuite: Laurent Nuñez est réputé pour son entregent tandis que Hugues Moutouh est adepte des formules à l'emporte-pièces, quitte à déclencher des polémiques. Dans l'Hérault, l'un de ses précédents postes, il s'était illustré pour une phrase: "La méthode, c'est deux claques et au lit!", lancée lors des violentes émeutes urbaines consécutives à la mort de Nahel fin juin 2023. Dans les Alpes-Maritimes avant de rejoindre Beauvau, cet amateur de krav-maga, une méthode de combat, avait fait de l'immigration une de ses priorités, en ligne avec l'objectif affiché alors par le ministre Bruno Retailleau. Relations exécrables Depuis sa nomination, Laurent Nuñez s'est attaché à arrondir le discours sur l'immigration, ce qui lui a attiré les foudres de préfets. Son insistance, il y a deux semaines, à défendre la nécessité d'accorder des titres de séjour pour les "métiers en tension" a été perçue par certains hauts fonctionnaires comme un assouplissement de la position du gouvernement. Au chapitre des mouvements de préfets, le départ de l'Elysée de Georges-François Leclerc, six mois après son arrivée, pour la préfecture de la région Ile-de-France interviendra en mai, après le départ de l'actuel détenteur du poste, Marc Guillaume, donné favori pour devenir vice-président du Conseil d'Etat. Très apprécié de Gérald Darmanin qui l'avait nommé préfet de la région Paca, Georges-François Leclerc rêvait de devenir préfet de police de Paris. Le poste lui ayant échappé, il a rebondi en octobre dernier comme directeur de cabinet du président Emmanuel Macron. Mais rapidement, ses relations avec Laurent Nuñez se sont tendues, au point d'être décrites comme exécrables par plusieurs hauts fonctionnaires interrogés par l'AFP. Frédéric Rose, actuel préfet des Yvelines, est pressenti pour lui succéder auprès du chef de l'Etat. Tensions également entre le ministre de l'Intérieur et le préfet de police de Paris Patrice Faure. Mais, pas de changement en vue, plusieurs sources proches du dossier estimant que le chef de l'Etat, qui avait choisi M. Faure, ne lui retirera pas son soutien. Dans le cadre du vaste mouvement préfectoral en cours, plusieurs préfectures de région devraient voir leur locataire changer: Nouvelle-Aquitaine, Auvergne-Rhône-Alpes ou Pays de la Loire notamment. Dès mercredi, Frédéric Poisot, secrétaire général de la préfecture des Bouches-du-Rhône, sera nommé préfet de Mayotte où il succèdera à François-Xavier Bieuville.

22.04.2026 à 09:27

Parler d'Israël "avec nuance": le pari de l'historien Elie Barnavi

FRANCE24
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"Ce n'est pas le meilleur moment pour écrire un tel livre sur Israël, au milieu d'une nouvelle guerre, mais y a-t-il jamais un bon moment?", s'interroge Elie Barnavi, de passage à Paris pour présenter son nouvel ouvrage. Ce livre volumineux de 600 pages est le dernier en date de la collection à succès "Dictionnaire amoureux de..." publié par Plon depuis 2000. Il est le premier à traiter spécifiquement d'Israël, mais "tout n'est pas amour dans ce Dictionnaire amoureux, loin s'en faut", précise à l'AFP Elie Barnavi, qui l'a écrit à la demande de l'éditeur. Dans l'avant-propos, l'auteur de 80 ans se présente comme "un patriote exécrant le nationalisme, un homme de gauche sans dogmatisme, un juif de culture et d'identité mais sans religion" et "un partisan résolu de la solution à deux Etats". Cet ancien ambassadeur d'Israël en France, de 2000 à 2002, sait qu'il "agace pas mal de gens" au sein de la communauté juive. Mais il revendique "un livre d'historien", où ce qui est écrit "doit être absolument vrai". Son dictionnaire comporte près de 150 entrées, qui dessinent un portrait culturel, social, politique et religieux d'Israël, "l'un des pays les plus complexes et étranges" au monde. "Je suis souvent étonné, abasourdi, par l'ignorance des gens quand ils parlent d'Israël. C'est souvent de manière abrupte, globale et polémique, sans nuance", déplore Elie Barnavi. Il consacre ainsi plusieurs chapitres à expliquer le sionisme, le mouvement national juif, qu'il serait, selon lui "faux d'imaginer comme un bloc monolithique comme ses adversaires le voient de nos jours. Il est pluriel, riche en tendances très diverses et souvent antagonistes". Sans Netanyahu Considérant que la personnalité de l'histoire d'Israël la plus importante a été David Ben Gourion, l'un de ses fondateurs, Elie Barnavi n'a pas voulu écrire sur les dirigeants vivants. "De toute façon, il est difficile d'en trouver qui méritent qu'on en parle. Le seul serait (le Premier ministre) Benjamin Netanyahu, mais je suis content de ne pas avoir à en parler", précise-t-il. "Le Dictionnaire amoureux d'Israël" parait simultanément avec "Le nouveau Dictionnaire amoureux de la Palestine", publié en 2010 et actualisé par son auteur, l'historien et poète Elias Sanbar. Toujours au coeur de l'actualité mondiale, Israël reste aussi omniprésent dans les librairies, à l'image d'"Aimer Jérusalem" (Gallimard), un essai du romancier et philosophe Nathan Devers qui interroge sa judéité après le choc provoqué par les événements du 7 octobre 2023. "Comment un pays peut-il continuer à vivre quand il est confronté au fait de sa disparition possible?", demande-t-il. Dans "Israël: une course vers l'abîme" (Seuil), à paraître le 7 mai, l'historien israélo-américain Omer Bartov, spécialiste de la Shoah, dresse un portrait particulièrement sombre de l'évolution d'Israël. Seule la pression internationale "est capable de sauver Israël des forces néfastes qui, jour après jour, l'envahissent et la transforment en une société autoritaire, messianique, irrationnelle, répressive", écrit-il. Pour leur part, l'historien Vincent Lemire et l'ancien diplomate européen Bernard Philippe voient dans la ville de Jérusalem l'une des clés d'un règlement du conflit israélo-palestinien. "Il est peut-être temps d'opérer une révolution radicale: ne plus attendre la paix pour régler le problème de Jérusalem, mais partir de Jérusalem pour préparer la paix", avancent-ils dans "Jérusalem, l'histoire n'est jamais écrite" (Albin Michel), en librairie le 30 avril.
Texte intégral (580 mots)
"Ce n'est pas le meilleur moment pour écrire un tel livre sur Israël, au milieu d'une nouvelle guerre, mais y a-t-il jamais un bon moment?", s'interroge Elie Barnavi, de passage à Paris pour présenter son nouvel ouvrage. Ce livre volumineux de 600 pages est le dernier en date de la collection à succès "Dictionnaire amoureux de..." publié par Plon depuis 2000. Il est le premier à traiter spécifiquement d'Israël, mais "tout n'est pas amour dans ce Dictionnaire amoureux, loin s'en faut", précise à l'AFP Elie Barnavi, qui l'a écrit à la demande de l'éditeur. Dans l'avant-propos, l'auteur de 80 ans se présente comme "un patriote exécrant le nationalisme, un homme de gauche sans dogmatisme, un juif de culture et d'identité mais sans religion" et "un partisan résolu de la solution à deux Etats". Cet ancien ambassadeur d'Israël en France, de 2000 à 2002, sait qu'il "agace pas mal de gens" au sein de la communauté juive. Mais il revendique "un livre d'historien", où ce qui est écrit "doit être absolument vrai". Son dictionnaire comporte près de 150 entrées, qui dessinent un portrait culturel, social, politique et religieux d'Israël, "l'un des pays les plus complexes et étranges" au monde. "Je suis souvent étonné, abasourdi, par l'ignorance des gens quand ils parlent d'Israël. C'est souvent de manière abrupte, globale et polémique, sans nuance", déplore Elie Barnavi. Il consacre ainsi plusieurs chapitres à expliquer le sionisme, le mouvement national juif, qu'il serait, selon lui "faux d'imaginer comme un bloc monolithique comme ses adversaires le voient de nos jours. Il est pluriel, riche en tendances très diverses et souvent antagonistes". Sans Netanyahu Considérant que la personnalité de l'histoire d'Israël la plus importante a été David Ben Gourion, l'un de ses fondateurs, Elie Barnavi n'a pas voulu écrire sur les dirigeants vivants. "De toute façon, il est difficile d'en trouver qui méritent qu'on en parle. Le seul serait (le Premier ministre) Benjamin Netanyahu, mais je suis content de ne pas avoir à en parler", précise-t-il. "Le Dictionnaire amoureux d'Israël" parait simultanément avec "Le nouveau Dictionnaire amoureux de la Palestine", publié en 2010 et actualisé par son auteur, l'historien et poète Elias Sanbar. Toujours au coeur de l'actualité mondiale, Israël reste aussi omniprésent dans les librairies, à l'image d'"Aimer Jérusalem" (Gallimard), un essai du romancier et philosophe Nathan Devers qui interroge sa judéité après le choc provoqué par les événements du 7 octobre 2023. "Comment un pays peut-il continuer à vivre quand il est confronté au fait de sa disparition possible?", demande-t-il. Dans "Israël: une course vers l'abîme" (Seuil), à paraître le 7 mai, l'historien israélo-américain Omer Bartov, spécialiste de la Shoah, dresse un portrait particulièrement sombre de l'évolution d'Israël. Seule la pression internationale "est capable de sauver Israël des forces néfastes qui, jour après jour, l'envahissent et la transforment en une société autoritaire, messianique, irrationnelle, répressive", écrit-il. Pour leur part, l'historien Vincent Lemire et l'ancien diplomate européen Bernard Philippe voient dans la ville de Jérusalem l'une des clés d'un règlement du conflit israélo-palestinien. "Il est peut-être temps d'opérer une révolution radicale: ne plus attendre la paix pour régler le problème de Jérusalem, mais partir de Jérusalem pour préparer la paix", avancent-ils dans "Jérusalem, l'histoire n'est jamais écrite" (Albin Michel), en librairie le 30 avril.

22.04.2026 à 09:25

Robots humanoïdes, données... l'IA au chevet de l'industrie allemande

FRANCE24
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Le robot, baptisé "Agile One" et développé en Allemagne, ouvre devant le public une petite boite à l'aide de ses mains et y dépose un outil délicatement. Plus loin, un bras articulé visse une roue dentée sur une installation. Dopés à l'intelligence artificielle, ces robots permettent de "résoudre des problèmes industriels" et commenceront à équiper les usines allemandes dès l'an prochain, assure Rory Sexton, directeur exécutif d'Agile Robots, dans une interview à l'AFP. Les usines automobiles, déjà largement équipées en robots industriels, à bras articulés, vont être parmi les premières à adopter ces versions humanoïdes. Ces applications "physiques" de l'IA sont suivies de près en Europe, perçues comme une opportunité stratégique pour combler le retard sur les États-Unis et la Chine. "Robots qui dansent" Plus de 3.000 exposants sont présents à Hanovre, où l'accent est mis sur l'IA "physique", capable d'automatiser des processus habituellement complexes et imprévisibles. Inaugurant ce rendez-vous majeur de l'industrie mondiale, et après sa visite sur le stand d'Agile Robots, le chancelier allemand Friedrich Merz a affirmé lundi son souhait de voir l'IA s'implanter "dans les secteurs clés de notre industrie et surtout dans les PME", afin de créer de la "valeur ajoutée industrielle et des emplois de haute qualité". Les faiblesses accumulées dans le numérique par l'Allemagne au cours des dernières décennies sont importantes, tandis que la Chine a développé ses propres innovations et dépasse aujourd'hui, dans de nombreux domaines, le "Made in Germany" dont elle était autrefois le principal client. Friedrich Merz en a fait l'expérience lors d'une visite en Chine en février, avec une démonstration de kung-fu par des robots humanoïdes du chinois Unitree, également présent à Hanovre. "Le monde n'a pas besoin de robots qui dansent", s'amuse le patron d'Agile Robots, qui vante les tâches réalisées par ses robots dans le câblage de voitures ou l'assemblage de téléphones. Selon une enquête de la fédération du numérique Bitkom, 58% des entreprises industrielles allemandes jugent que ces robots humanoïdes peuvent combattre la pénurie de main-d'œuvre qualifiée, un des nombreux maux du secteur. "Côté obscur de la force" L'industrie de la première économie européenne, qui a perdu ces dernières années des parts de marché à l'international et a des centaines de milliers de travailleurs, dispose encore d'un "écosystème de fournisseurs" et d'une "très forte expertise en génie mécanique et en automatisation", cruciaux dans la course à l'IA, vante Rory Sexton. Un atout repose ainsi dans les "données industrielles", issues de la production des usines, abonde Antonio Krüger, directeur du Centre allemand de recherche pour l'IA (DFKI). Cette manne numérique serait d'une qualité "bien supérieure à celle des États‑Unis ou de la Chine", assure-t-il à l'AFP. Mais l'exploitation par l'IA se fait trop souvent de "manière isolée", regrette Sabine Scheunert, directrice Europe centrale chez l'éditeur de logiciel Dassault Systèmes. Le groupe français a développé une plateforme globale pour simuler un "jumeau numérique" d'usine, ce qui éviterait "à l'avance de nombreuses erreurs", explique-t-elle. Pas de quoi convaincre tout un chacun. Sur le stand de SW Machines, figure du Mittelstand souabe spécialisée dans les machines-outils de haute précision et grande utilisatrice de l'IA, un dirigeant, Jochen Heinz, évoque aussi le "côté obscur de la force" liée à cette technologie, en référence aux "hallucinations" qui ne touchent pas que les chatbots. Avec le risque de mettre en danger les usines, par exemple via de mauvaises consignes de réparations ou une détection d'anomalie erronée, explique-t-il. Ailleurs sur le salon, l'intégration de l'IA dans les procédés industriels reste loin de constituer un eldorado. Les solutions présentées à Hanovre "intéressent peu" la PME du sud-ouest du pays, Ganter Norm, spécialisée dans tous types de poignées à usages industriels. Mais elle prévoit néanmoins de se doter bientôt d'une "stratégie IA".
Texte intégral (692 mots)
Le robot, baptisé "Agile One" et développé en Allemagne, ouvre devant le public une petite boite à l'aide de ses mains et y dépose un outil délicatement. Plus loin, un bras articulé visse une roue dentée sur une installation. Dopés à l'intelligence artificielle, ces robots permettent de "résoudre des problèmes industriels" et commenceront à équiper les usines allemandes dès l'an prochain, assure Rory Sexton, directeur exécutif d'Agile Robots, dans une interview à l'AFP. Les usines automobiles, déjà largement équipées en robots industriels, à bras articulés, vont être parmi les premières à adopter ces versions humanoïdes. Ces applications "physiques" de l'IA sont suivies de près en Europe, perçues comme une opportunité stratégique pour combler le retard sur les États-Unis et la Chine. "Robots qui dansent" Plus de 3.000 exposants sont présents à Hanovre, où l'accent est mis sur l'IA "physique", capable d'automatiser des processus habituellement complexes et imprévisibles. Inaugurant ce rendez-vous majeur de l'industrie mondiale, et après sa visite sur le stand d'Agile Robots, le chancelier allemand Friedrich Merz a affirmé lundi son souhait de voir l'IA s'implanter "dans les secteurs clés de notre industrie et surtout dans les PME", afin de créer de la "valeur ajoutée industrielle et des emplois de haute qualité". Les faiblesses accumulées dans le numérique par l'Allemagne au cours des dernières décennies sont importantes, tandis que la Chine a développé ses propres innovations et dépasse aujourd'hui, dans de nombreux domaines, le "Made in Germany" dont elle était autrefois le principal client. Friedrich Merz en a fait l'expérience lors d'une visite en Chine en février, avec une démonstration de kung-fu par des robots humanoïdes du chinois Unitree, également présent à Hanovre. "Le monde n'a pas besoin de robots qui dansent", s'amuse le patron d'Agile Robots, qui vante les tâches réalisées par ses robots dans le câblage de voitures ou l'assemblage de téléphones. Selon une enquête de la fédération du numérique Bitkom, 58% des entreprises industrielles allemandes jugent que ces robots humanoïdes peuvent combattre la pénurie de main-d'œuvre qualifiée, un des nombreux maux du secteur. "Côté obscur de la force" L'industrie de la première économie européenne, qui a perdu ces dernières années des parts de marché à l'international et a des centaines de milliers de travailleurs, dispose encore d'un "écosystème de fournisseurs" et d'une "très forte expertise en génie mécanique et en automatisation", cruciaux dans la course à l'IA, vante Rory Sexton. Un atout repose ainsi dans les "données industrielles", issues de la production des usines, abonde Antonio Krüger, directeur du Centre allemand de recherche pour l'IA (DFKI). Cette manne numérique serait d'une qualité "bien supérieure à celle des États‑Unis ou de la Chine", assure-t-il à l'AFP. Mais l'exploitation par l'IA se fait trop souvent de "manière isolée", regrette Sabine Scheunert, directrice Europe centrale chez l'éditeur de logiciel Dassault Systèmes. Le groupe français a développé une plateforme globale pour simuler un "jumeau numérique" d'usine, ce qui éviterait "à l'avance de nombreuses erreurs", explique-t-elle. Pas de quoi convaincre tout un chacun. Sur le stand de SW Machines, figure du Mittelstand souabe spécialisée dans les machines-outils de haute précision et grande utilisatrice de l'IA, un dirigeant, Jochen Heinz, évoque aussi le "côté obscur de la force" liée à cette technologie, en référence aux "hallucinations" qui ne touchent pas que les chatbots. Avec le risque de mettre en danger les usines, par exemple via de mauvaises consignes de réparations ou une détection d'anomalie erronée, explique-t-il. Ailleurs sur le salon, l'intégration de l'IA dans les procédés industriels reste loin de constituer un eldorado. Les solutions présentées à Hanovre "intéressent peu" la PME du sud-ouest du pays, Ganter Norm, spécialisée dans tous types de poignées à usages industriels. Mais elle prévoit néanmoins de se doter bientôt d'une "stratégie IA".

22.04.2026 à 09:23

Les Bourses d'Europe ouvrent en petite hausse

FRANCE24
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Tous les grands marchés européens progressaient quelques minutes après l'ouverture, les investisseurs portant également leur attention sur les résultats d'entreprises. Paris avançait de 0,33%, Francfort de 0,50%, Milan de 0,31%. Sensible aux cours du pétrole, qui reculaient mercredi matin, la Bourse de Londres frôlait l'équilibre (+0,07%).
Texte intégral (692 mots)
Tous les grands marchés européens progressaient quelques minutes après l'ouverture, les investisseurs portant également leur attention sur les résultats d'entreprises. Paris avançait de 0,33%, Francfort de 0,50%, Milan de 0,31%. Sensible aux cours du pétrole, qui reculaient mercredi matin, la Bourse de Londres frôlait l'équilibre (+0,07%).
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