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Chaîne de service public - Actualité internationale.

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24.04.2026 à 11:35

Procès de masse au Salvador: des chefs de gangs écoutent en prison les glaçants récits de témoins

FRANCE24
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Dans ce premier procès contre une structure de commandement de gangs, 486 membres au total de la Mara Salvatrucha (MS-13) – considérée comme organisation terroriste par les Etats-Unis – comparaissent virtuellement depuis différentes prisons. Ils sont accusés d'avoir commis plus de 29.000 assassinats, dont ceux de 87 personnes en mars 2022 qui ont poussé le président Nayib Bukele à déclarer une "guerre" contre les gangs qui sévissaient alors dans le pays: la MS13 et le rival Barrio 18 ont à une époque contrôlé 80% du territoire national, selon M. Bukele. Assis de manière parfaitement rectiligne sur des chaises en plastique dans le Centre de Confinement du Terrorisme (Cecot), les co-accusés, menottés aux pieds et aux mains, vêtus d'un tee-shirt et d'un short blancs, écoutent dans un épais silence les voix crachées depuis des hauts-parleurs, a constaté l'AFP. Haut commandement Un juge procède à l'interrogatoire d'un membre du gang qui témoigne: "Nous avons brûlé les organes génitaux et les fesses" de victimes, raconte-t-il avec des détails, affirmant avoir dû torturer et assassiner sur ordre de ses chefs. Deux autres "témoins protégés" présentés jeudi ont raconté comment les responsables du gang ordonnaient la commission d'homicides depuis les prisons. Une pratique appelée "ouverture de vannes", a détaillé plus tard sur X le procureur adjoint contre le crime organisé, Max Muñoz. Parmi les personnes jugées au Cecot, une vingtaine de chefs et des dizaines de lieutenants aux mains, au cou, au visage et jusqu'au crâne tatoués. Certains lancent des regards intimidants aux journalistes. La quinzaine de membres de la "Ranfla Nacional" (la direction) de la MS-13, à qui sont imputés directement quelque 9.000 crimes, étaient répartis dans trois salles plus petites. Parmi les plus importants d'entre eux, Borromeo Henriquez, alias "Diablito de Hollywood", et Carlos Tiberio Ramirez, alias "Snaider de Pasadena". Tous deux ont écouté les accusations sans esquisser le moindre geste. Figurait aussi dans la grande salle Dionisio Aristides Umanzor, le redouté "Sirra", qui dirigeait l'une des "clicas" (cellules) les plus violentes. "Ces individus ont pendant de nombreuses années apporté le deuil et la douleur à notre société", a déclaré à la presse le directeur du Cecot, Belarmino Garcia, à l'issue de l'audience du jour. Les procès de masse se multiplient au Salvador, où environ 91.000 personnes sont détenues sous le régime d'exception mis en place en mars 2022 autorisant des arrestations sans mandat judiciaire. Depuis, des organisations de défense des droits humains dénoncent des arrestations arbitraires, des actes de torture et des morts en détention.

24.04.2026 à 11:33

Scaf: Paris et Berlin vont travailler sur plusieurs "axes" et "sujets", assure Macron

FRANCE24
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"Non, pas du tout", a répliqué le président français à qui une journaliste demandait si le projet Scaf était "mort", à l'issue de sa rencontre avec le chef du gouvernement allemand en marge d'un sommet européen informel à Chypre. "Nous avons eu une bonne discussion ce matin avec monsieur le Chancelier et nous avons donné mandat à nos ministères de la Défense de travailler sur, justement, plusieurs axes, sur différents sujets, pas simplement l'avion de combat du futur, mais différents leviers de coopération entre nos deux pays", a assuré M. Macron. "Nos ministères de la Défense ont ce mandat pour les semaines à venir", a-t-il ajouté. "On continue d'avancer. L'Europe n'a jamais autant eu besoin d'unité, de plus d'indépendance, de plus de souveraineté". Lancé en 2017 par Emmanuel Macron et la chancelière Angela Merkel, rejoints par l'Espagne deux ans plus tard, le Scaf est un système qui comprend non seulement un avion mais aussi des drones reliés entre eux par un système de communication numérique innovant, "un cloud de combat". Mais le projet piétine en raison de désaccords persistants entre Dassault Aviation pour la France et Airbus, qui représente l'Allemagne et l'Espagne. Il est considéré comme un symbole de la coopération en matière de défense et de sécurité entre la France et l'Allemagne, les deux puissances européennes cherchant à présenter un front uni face à une Russie hostile et à un engagement américain de plus en plus hésitant en matière de sécurité européenne. Friedrich Merz, s'est dit fin mars déterminé à sauver le programme Scaf, le président français n'ayant de son côté jamais dévié de cette ligne. La ministre française des Armées, Catherine Vautrin, avait déclaré mardi que les médiateurs franco-allemands chargés de sauver le programme avaient demandé "dix jours de plus", jusqu'au "28 avril", pour rendre leurs conclusions.

24.04.2026 à 11:15

L'entreprenariat des quartiers sans filtre

Ségolène MALTERRE
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24.04.2026 à 11:05

La Bourse de Paris en nette baisse, entre risque géopolitique et résultats d'entreprises

FRANCE24
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Vers 10H45 heure de Paris, l'indice phare de la Bourse de Paris perdait 1,12% soit une perte de 92,03 points, pour s'établir à 8.135,29 Jeudi, l'indice CAC 40 avait gagné 0,87% à 8.227,32 points. "Il n'y a pas de véritable avancée vers la fin du conflit entre les Etats-Unis et l'Iran, même si le cessez-le-feu entre Israël et le Liban a été prolongé de trois semaines", commente Neil Wilson, de Saxo Markets. En conséquence, sur les marchés, "les actions sont en baisse généralisée, l’appétit pour le risque se dégrade et les prix du pétrole sont en hausse, tout comme le dollar américain, valeur refuge, qui a progressé régulièrement toute la semaine", résume-t-il. Côté données macroéconomiques, l'activité du secteur privé a connu en France son plus fort recul depuis 14 mois, témoignant d'une "accélération de la contraction" dans la deuxième économie de la zone euro, selon le baromètre PMI Flash publié jeudi par S&P Global. La confiance des ménages français a enregistré une forte dégradation en avril, sa plus forte baisse depuis mars 2022 et le début de la guerre en Ukraine, a indiqué l'Institut national de la statistique vendredi. Les investisseurs digèrent par ailleurs une nouvelle salve de résultats d'entreprises. Le groupe français d'électroménager Seb (Moulinex, Tefal, Rowenta), lancé dans un vaste plan d'économies, a enregistré un résultat opérationnel d'activité (Ropa) en hausse de 42% à 72 millions d'euros. Le titre Seb grimpait de 6,69% à 48,78 euros vers 10H45 heure de Paris. Les équipementiers dans le rouge Forvia (-4,45% à 10,09 euros) a annoncé un recul de 6,4% de son chiffre d'affaires au premier trimestre 2026, à 5,13 milliards d'euros, jugeant "encourageantes" l'augmentation des ventes en Europe. Valeo (-3,62% à 10,79 euros) a aussi enregistré un chiffre d'affaires en recul de 3,6% au premier trimestre, à 5,1 milliards d'euros, souffrant notamment de la force de l'euro, mais a confirmé ses objectifs financiers pour l'année 2026.
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Vers 10H45 heure de Paris, l'indice phare de la Bourse de Paris perdait 1,12% soit une perte de 92,03 points, pour s'établir à 8.135,29 Jeudi, l'indice CAC 40 avait gagné 0,87% à 8.227,32 points. "Il n'y a pas de véritable avancée vers la fin du conflit entre les Etats-Unis et l'Iran, même si le cessez-le-feu entre Israël et le Liban a été prolongé de trois semaines", commente Neil Wilson, de Saxo Markets. En conséquence, sur les marchés, "les actions sont en baisse généralisée, l’appétit pour le risque se dégrade et les prix du pétrole sont en hausse, tout comme le dollar américain, valeur refuge, qui a progressé régulièrement toute la semaine", résume-t-il. Côté données macroéconomiques, l'activité du secteur privé a connu en France son plus fort recul depuis 14 mois, témoignant d'une "accélération de la contraction" dans la deuxième économie de la zone euro, selon le baromètre PMI Flash publié jeudi par S&P Global. La confiance des ménages français a enregistré une forte dégradation en avril, sa plus forte baisse depuis mars 2022 et le début de la guerre en Ukraine, a indiqué l'Institut national de la statistique vendredi. Les investisseurs digèrent par ailleurs une nouvelle salve de résultats d'entreprises. Le groupe français d'électroménager Seb (Moulinex, Tefal, Rowenta), lancé dans un vaste plan d'économies, a enregistré un résultat opérationnel d'activité (Ropa) en hausse de 42% à 72 millions d'euros. Le titre Seb grimpait de 6,69% à 48,78 euros vers 10H45 heure de Paris. Les équipementiers dans le rouge Forvia (-4,45% à 10,09 euros) a annoncé un recul de 6,4% de son chiffre d'affaires au premier trimestre 2026, à 5,13 milliards d'euros, jugeant "encourageantes" l'augmentation des ventes en Europe. Valeo (-3,62% à 10,79 euros) a aussi enregistré un chiffre d'affaires en recul de 3,6% au premier trimestre, à 5,1 milliards d'euros, souffrant notamment de la force de l'euro, mais a confirmé ses objectifs financiers pour l'année 2026.

24.04.2026 à 11:02

Dans l'est de l'Allemagne, trente ans après, le spectre des "années battes de baseball"

Anne MAILLIET
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Dans les années 1990, alors que le Mur vient de tomber, l'ancienne RDA connaît une explosion de violences racistes et politiques sans équivalent depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Ce sont les "années battes de baseball". Derrière ce nom, une période sombre dont le pays peine encore à se défaire.
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Dans les années 1990, alors que le Mur vient de tomber, l'ancienne RDA connaît une explosion de violences racistes et politiques sans équivalent depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Ce sont les "années battes de baseball". Derrière ce nom, une période sombre dont le pays peine encore à se défaire.

24.04.2026 à 11:01

Géothermie, panneaux solaires: comment vivre avec moins de gaz et de pétrole

FRANCE24
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Dès les premières semaines du conflit les fumées noires du charbon de bois brûlé ont envahi le ciel de New Delhi. Sous les casseroles dans les cuisines ou dans les centrales électriques, de nombreux pays, de l'Italie à la Thaïlande, ont eu un recours accru au charbon pour éviter les coupures d'électricité et limiter les coûts, grâce à un approvisionnement régional ou local. Avec l'impact que l'on connaît sur la santé et l'environnement. D'autres ont choisi d'accélérer leur politique en faveur de l'électrification ou les renouvelables, comme la France ou les Philippines. Mais cela va prendre du temps. Alors que cette crise énergétique consécutive au blocage du détroit d'Ormuz par l'Iran est appelée à durer, les journalistes vidéo de l'AFP ont exploré des alternatives au gaz et au pétrole. En France, se chauffer avec la géothermie Longtemps, des copropriétaires ont rejeté l'idée de passer du chauffage au gaz à la géothermie dans la résidence où habite Anne Chatelain près de Paris. Par peur du coût sans doute. Depuis le 1e janvier finalement, ils se chauffent grâce à des circuits qui captent la chaleur naturelle du sous-sol. "Notre syndic nous annonce une baisse de 20% des charges de chauffage et d'eau chaude pour les exercices de 2026 et 2027", se réjouit cette retraitée de 69 ans alors que partout dans le monde la facture énergétique augmente. Cette technique "permet d'une part de décarboner la chaleur pour les habitants et d'autre part d'avoir une énergie compétitive car on utilise une ressource locale" qui n'est pas "assujettie à la fiscalité et à tous les dérèglements géopolitiques" comme en Iran, explique Grégory Mascarau, directeur des relations institutionnelles ENGIE pour la région parisienne. La géothermie de surface permet de faire du chaud et du froid en utilisant la température du sous-sol à moins de 200 mètres de profondeur. La géothermie profonde consiste à aller chercher de l'eau chaude à 1.000 ou 2.000 mètres de profondeur où sa température varie de 80 à 150°C. Selon Ludovic Feron, de la direction du pilotage stratégique des infrastructures immobilières de l'Université Gustave Eiffel, "depuis 2023, c'est à peu près entre 25 et 30% d'économies" par rapport au coût de la chaleur procurée par des énergies fossiles. Mais il faut un sous-sol approprié. Et la géothermie profonde "reste pénalisée par des investissements initiaux très élevés et des incertitudes sur la ressource géologique", relevait récemment la Cour des comptes. En France, ce type de chauffage ne représente qu'environ 1% de la consommation finale de chaleur. Au Tchad, cuisiner avec du charbon issu de déchets Il ressemble à du charbon de bois mais il est fabriqué avec des déchets végétaux, tiges de mil et de sésame, rafles et palmes de rônier. Les résidus sont triés, broyés, mélangés à une macération de gomme arabique, afin de faciliter l'allumage, et à de l'argile, pour ralentir la combustion. "Ca ne fume pas, ça dure et c'est économique. Et je vois que ça ne noircit pas la marmite et il n'y a même pas d'effet secondaire", montre Sophie Saboura, 24 ans, habitante de N'Djaména. Les briquettes noires qui chauffent sa marmite de haricots durent jusqu'à trois fois plus longtemps que le charbon traditionnel, selon Ousmane Alhadj Oumarou, directeur technique de l'usine de l'Association pour le développement socio-économique Raikina (Adser). "Sur le plan environnemental, le charbon écologique contribue à l'assainissement. Et ça réduit aussi les effets des changements climatiques. Ca aide également contre la déforestation", dit M. Oumarou. L'avantage climatique est que les arbres qui n'ont pas été abattus pour faire ce charbon continuent d'absorber du CO2. Environ 10 tonnes de briquettes, utilisées pour cuisiner, sont produites chaque par jour par l'Adser. Mais on ne peut pas les trouver partout. "Il y a des limites pour l'utilisation. Parce que dans la fabrication même déjà, ça prend du temps (...) ça peut prendre une semaine", dit Pierre Garba, spécialiste en énergie renouvelable. "Le seul problème, c'est qu'il faut qu'il y ait des points de vente partout. Parce que parfois, quand il y a la demande, tu essaies d'appeler, tu attends, attends, attends", confirme Mme Saboura. Au Pakistan, s'éclairer avec des panneaux solaires La vue aérienne d'Islamabad est impressionnante: sur les toits des maisons, des panneaux solaires à perte de vue. La conversion au solaire du Pakistan est "l'une des transitions énergétiques menées par les consommateurs les plus rapides jamais enregistrées", selon une étude récente du groupe de réflexion pakistanais Renewables First et le Centre pour la recherche sur l'énergie et la propreté de l'air (Crea). Contrairement aux économies occidentales, le Pakistan n'a pas imposé de tarifs douaniers sur les technologies solaires chinoises de 2013 à 2025. Les importations ont bondi de 1 gigawatt en 2018 à 51 gigawatts cette année. La hausse des prix du pétrole et du gaz après l'invasion de l'Ukraine par la Russie en février 2022 a également incité les consommateurs à se tourner vers le solaire. Dans les ruelles animées de Lahore (nord-ouest), Aftab Ahmed, commerçant de 49 ans, est à la recherche de panneaux à installer chez lui pour réduire sa facture énergétique. "C'est devenu tellement cher qu'un habitant moyen ne peut plus se permettre d'acheter de l'essence pour sa moto ou sa voiture. Le prix du carburant a aussi un impact sur la facture d'électricité", dit-il. Le solaire, c'est la possibilité de "faire au moins quelques économies". De fait, cette énergie est devenue ces dernières années la source d'électricité la moins chère à peu près partout dans le monde.
Texte intégral (966 mots)
Dès les premières semaines du conflit les fumées noires du charbon de bois brûlé ont envahi le ciel de New Delhi. Sous les casseroles dans les cuisines ou dans les centrales électriques, de nombreux pays, de l'Italie à la Thaïlande, ont eu un recours accru au charbon pour éviter les coupures d'électricité et limiter les coûts, grâce à un approvisionnement régional ou local. Avec l'impact que l'on connaît sur la santé et l'environnement. D'autres ont choisi d'accélérer leur politique en faveur de l'électrification ou les renouvelables, comme la France ou les Philippines. Mais cela va prendre du temps. Alors que cette crise énergétique consécutive au blocage du détroit d'Ormuz par l'Iran est appelée à durer, les journalistes vidéo de l'AFP ont exploré des alternatives au gaz et au pétrole. En France, se chauffer avec la géothermie Longtemps, des copropriétaires ont rejeté l'idée de passer du chauffage au gaz à la géothermie dans la résidence où habite Anne Chatelain près de Paris. Par peur du coût sans doute. Depuis le 1e janvier finalement, ils se chauffent grâce à des circuits qui captent la chaleur naturelle du sous-sol. "Notre syndic nous annonce une baisse de 20% des charges de chauffage et d'eau chaude pour les exercices de 2026 et 2027", se réjouit cette retraitée de 69 ans alors que partout dans le monde la facture énergétique augmente. Cette technique "permet d'une part de décarboner la chaleur pour les habitants et d'autre part d'avoir une énergie compétitive car on utilise une ressource locale" qui n'est pas "assujettie à la fiscalité et à tous les dérèglements géopolitiques" comme en Iran, explique Grégory Mascarau, directeur des relations institutionnelles ENGIE pour la région parisienne. La géothermie de surface permet de faire du chaud et du froid en utilisant la température du sous-sol à moins de 200 mètres de profondeur. La géothermie profonde consiste à aller chercher de l'eau chaude à 1.000 ou 2.000 mètres de profondeur où sa température varie de 80 à 150°C. Selon Ludovic Feron, de la direction du pilotage stratégique des infrastructures immobilières de l'Université Gustave Eiffel, "depuis 2023, c'est à peu près entre 25 et 30% d'économies" par rapport au coût de la chaleur procurée par des énergies fossiles. Mais il faut un sous-sol approprié. Et la géothermie profonde "reste pénalisée par des investissements initiaux très élevés et des incertitudes sur la ressource géologique", relevait récemment la Cour des comptes. En France, ce type de chauffage ne représente qu'environ 1% de la consommation finale de chaleur. Au Tchad, cuisiner avec du charbon issu de déchets Il ressemble à du charbon de bois mais il est fabriqué avec des déchets végétaux, tiges de mil et de sésame, rafles et palmes de rônier. Les résidus sont triés, broyés, mélangés à une macération de gomme arabique, afin de faciliter l'allumage, et à de l'argile, pour ralentir la combustion. "Ca ne fume pas, ça dure et c'est économique. Et je vois que ça ne noircit pas la marmite et il n'y a même pas d'effet secondaire", montre Sophie Saboura, 24 ans, habitante de N'Djaména. Les briquettes noires qui chauffent sa marmite de haricots durent jusqu'à trois fois plus longtemps que le charbon traditionnel, selon Ousmane Alhadj Oumarou, directeur technique de l'usine de l'Association pour le développement socio-économique Raikina (Adser). "Sur le plan environnemental, le charbon écologique contribue à l'assainissement. Et ça réduit aussi les effets des changements climatiques. Ca aide également contre la déforestation", dit M. Oumarou. L'avantage climatique est que les arbres qui n'ont pas été abattus pour faire ce charbon continuent d'absorber du CO2. Environ 10 tonnes de briquettes, utilisées pour cuisiner, sont produites chaque par jour par l'Adser. Mais on ne peut pas les trouver partout. "Il y a des limites pour l'utilisation. Parce que dans la fabrication même déjà, ça prend du temps (...) ça peut prendre une semaine", dit Pierre Garba, spécialiste en énergie renouvelable. "Le seul problème, c'est qu'il faut qu'il y ait des points de vente partout. Parce que parfois, quand il y a la demande, tu essaies d'appeler, tu attends, attends, attends", confirme Mme Saboura. Au Pakistan, s'éclairer avec des panneaux solaires La vue aérienne d'Islamabad est impressionnante: sur les toits des maisons, des panneaux solaires à perte de vue. La conversion au solaire du Pakistan est "l'une des transitions énergétiques menées par les consommateurs les plus rapides jamais enregistrées", selon une étude récente du groupe de réflexion pakistanais Renewables First et le Centre pour la recherche sur l'énergie et la propreté de l'air (Crea). Contrairement aux économies occidentales, le Pakistan n'a pas imposé de tarifs douaniers sur les technologies solaires chinoises de 2013 à 2025. Les importations ont bondi de 1 gigawatt en 2018 à 51 gigawatts cette année. La hausse des prix du pétrole et du gaz après l'invasion de l'Ukraine par la Russie en février 2022 a également incité les consommateurs à se tourner vers le solaire. Dans les ruelles animées de Lahore (nord-ouest), Aftab Ahmed, commerçant de 49 ans, est à la recherche de panneaux à installer chez lui pour réduire sa facture énergétique. "C'est devenu tellement cher qu'un habitant moyen ne peut plus se permettre d'acheter de l'essence pour sa moto ou sa voiture. Le prix du carburant a aussi un impact sur la facture d'électricité", dit-il. Le solaire, c'est la possibilité de "faire au moins quelques économies". De fait, cette énergie est devenue ces dernières années la source d'électricité la moins chère à peu près partout dans le monde.

24.04.2026 à 10:42

Guerre au Soudan : les civils soudanais affluent à Koufra, en Libye

Lilia BLAISE
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Depuis trois ans, la guerre fait rage au Soudan entre les forces armées du pays, l’armée régulière et un groupe de paramilitaires, les Forces de soutien rapide, causant le déplacement de millions de Soudanais. La Libye est leur second pays d’accueil derrière le Tchad. A Kufra, au sud-est libyen, à 250 kilomètres de la frontière soudanaise, entre 40 000 et 60 000 migrants soudanais sont installés, dans des campements ou dans la ville. Nos reporters Lilia Blaise et Hamdi Tlili sont allés sur place. 
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Depuis trois ans, la guerre fait rage au Soudan entre les forces armées du pays, l’armée régulière et un groupe de paramilitaires, les Forces de soutien rapide, causant le déplacement de millions de Soudanais. La Libye est leur second pays d’accueil derrière le Tchad. A Kufra, au sud-est libyen, à 250 kilomètres de la frontière soudanaise, entre 40 000 et 60 000 migrants soudanais sont installés, dans des campements ou dans la ville. Nos reporters Lilia Blaise et Hamdi Tlili sont allés sur place. 

24.04.2026 à 10:39

Tokyo invite les salariés à venir travailler en short pour réduire la facture énergétique

FRANCE 24
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Face à la flambée des coûts de l’énergie liée à la guerre au Moyen-Orient, la ville de Tokyo encourage les salariés à adopter un style vestimentaire plus décontracté. Objectif : limiter le recours à la climatisation, alors que le thermomètre devrait grimper dans les prochaines semaines.
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Face à la flambée des coûts de l’énergie liée à la guerre au Moyen-Orient, la ville de Tokyo encourage les salariés à adopter un style vestimentaire plus décontracté. Objectif : limiter le recours à la climatisation, alors que le thermomètre devrait grimper dans les prochaines semaines.

24.04.2026 à 10:37

Drones ukrainiens: comment le front exporte son savoir-faire en France

FRANCE24
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Une urgence magnifiée depuis mars par le surgissement des drones dans une autre guerre, au Moyen-Orient. L'AFP a rencontré trois fabricants ukrainiens en avril, en marge d'un forum de défense franco-ukrainien très confidentiel et destiné à nouer des partenariats - dans une ambiance digne d’un film d'espionnage: anonymat ou prête-nom requis, entretien sur un banc près des Champs-Elysées, changement de salon dans un hôtel au moindre mot de russe entendu. "Nous voulons voir comment les pays qui nous ont soutenus comme la France peuvent bénéficier de notre expérience", explique à l'AFP Olexandre, un ingénieur de Bavovna qui depuis 2022 produit des drones d'attaque dont "le plus grand drone de frappe" en Ukraine, Perun Max. L’Ukraine cherche à valoriser son expertise dans les drones afin d'obtenir davantage de financements et de soutien politique, mais peine à ouvrir ses exportations sans compromettre la protection de ses technologies et les retombées sur l'Etat. "Quand j'échange avec des Européens ou des Américains, ils savent très peu de choses" sur ces drones, s'étonne Olexandre. Perun Max peut "emporter trois projectiles, les larguer sur des cibles, revenir, se recharger et repartir à nouveau". Jusqu'à 30 sorties par nuit. L'engin peut emporter 32 kg à 25 km: nourriture, eau, médicaments pour des soldats dans les tranchées... ou des tracts expliquant aux Ukrainiens "comment se rendre correctement et rester en vie" dans les zones où les Russes progressent. Quelque 400 salariés dont 70 ingénieurs répartis en dix équipes basées "quelque part en Ukraine" produisent plus de 1.000 drones par mois, qui coûtent entre 7.000 et 20.000 euros. Le système peut passer du GPS à une navigation optique dès que le signal est brouillé: grâce à une caméra, des capteurs et un réseau neuronal, le drone se repère et vole même avec l’antenne coupée, jusqu'à 20 km. Deux bataillons "neutralisés" par 10 dronistes L'histoire d'une autre start-up, Skyfall, a commencé après l'invasion russe en 2022 avec quatre ingénieurs ukrainiens réunis dans un garage pour créer un drone d'observation de ce qui passe au-dessus de Kiev. Rapidement ils décident d'y ajouter une capacité à "larguer". Ainsi naît Vampire, qui bombarde, pose des mines à distance et transporte sang ou générateurs. Vampire aurait participé aux exercices de l’Otan en mai 2025 en Estonie, au cours desquels, selon les informations du Wall Street Journal dévoilées en février, dix opérateurs de drones ukrainiens auraient "neutralisé" 17 blindés et deux bataillons ennemis. Le "ciel de drones" rend transparent le champ de bataille où hommes et blindés deviennent des cibles dès qu'ils s'aventurent dans "un no man's land" d'une vingtaine de kilomètres, ont souligné début avril militaires et experts français au forum Guerres et paix organisé par Le Point. Une situation inédite engendrée par la course technologique entre les belligérants ukrainiens et russes. "Une unité française qui serait engagée aujourd'hui sur le front ukrainien face à l'armée russe se ferait étriller. Il faut imiter l'armée ukrainienne si on veut rester dans le coup", souligne le colonel Michel Goya, ancien officier des troupes de marine et analyste des conflits modernes. Une transformation est certes en cours en France: 5.000 des 77.000 hommes des forces opérationnelles terrestres doivent être réorientés vers des spécialités liées aux drones, selon le général Bruno Baratz, commandant du combat futur. Face aux produits de masse "qui ont vocation à user notre dispositif", "il faut des systèmes tout aussi massifs, peu chers et faciles à produire", ajoute-t-il en pointant le retard de la France et les réticences d'une partie de la hiérarchie militaire. Pour Bastien Mancini, patron du fabricant français de drones Delair, qui a créé une société en Ukraine et "retranscrit" son expérience dans les drones qu'il livre à l'armée française, l’enjeu est de réduire les coûts pour éviter l'asymétrie. "Il y a trois ans, nos drones se faisaient tirer dessus par des missiles russes qui coûtaient beaucoup plus cher, aujourd'hui ils sont abattus par des systèmes beaucoup moins chers", explique-t-il à l'AFP. D’autres start-up comme Alta Ares ou Harmattan AI s’appuient également sur les retours du front ukrainien pour améliorer leurs technologies. Un million par an, 500 dollars pièce Shrike, un autre petit drone FPV (piloté à distance via une caméra embarquée) de Skyfall, coûte 500 dollars et a été le premier à "abattre en vol un hélicoptère Mi-8 à 10 millions". "Ces drones ont détruit des équipements ennemis pour plusieurs milliards (...) Nous avons la capacité d'en produire plus d'un million par an", explique un porte-parole de Skyfall qui requiert l'anonymat. Le troisième, l'intercepteur P1-Sun surnommé Pissioun (zizi) et fabriqué à 50.000 unités par mois, "a déjà détruit quelque 2.500 Shahed et 1.500 autres cibles aériennes", ajoute-t-il. Si "la priorité reste la défense de l'Ukraine" et si toute collaboration internationale doit faire l'objet du feu vert de Kiev, il laisse cependant entendre que le groupe est capable de répondre à la fois aux besoins du front et à d'éventuels partenariats. "Ce serait bien que le monde entier voie que les solutions ukrainiennes ne fonctionnent pas seulement en Ukraine. C'est notre valeur ajoutée", déclare le porte-parole de Skyfall. "Mitrailleuse intelligente" Le module Khyjak (Prédateur), système d’arme télécommandé équipé d'une mitrailleuse de 7,62 mm, a été initialement développé par l'Ukrainien UGV Robotics pour équiper les drones navals de surface Magura. Ces derniers ont coulé et endommagé plusieurs navires de guerre russes en mer Noire. Le principe est de "rendre une simple mitrailleuse intelligente" pour qu'elle abatte un drone en vol, raconte Dmytro Bourakov, responsable des relations internationales d'UGV Robotics. "Nous avons installé le système sur des hélicoptères Mi-8 et Airbus, et c'est ainsi que nous abattons maintenant les Shahed", dit-il. Après un échange avec l’AFP, il court rencontrer Airbus Helicopters, qui développe ses propres drones plus sophistiqués de surveillance et de renseignement, avec une trentaine d’appareils prévus cette année et le double en 2027. "Ere des femmes au foyer" Le patron du géant allemand des chars Rheinmetall Armin Papperger a créé la polémique en qualifiant de peu "innovants" les drones ukrainiens fabriqués selon lui "à la cuisine par des femmes au foyer", dans un entretien au magazine américain The Atlantic en mars. En Ukraine, cette sortie révélatrice d'un certain regard des poids lourds industriels a fait sourire. "Si les drones ukrainiens fabriqués par des femmes au foyer détruisent des chars, c'est que l’ère des femmes au foyer est arrivée", ironise le porte-parole de Skyfall.
Texte intégral (1138 mots)
Une urgence magnifiée depuis mars par le surgissement des drones dans une autre guerre, au Moyen-Orient. L'AFP a rencontré trois fabricants ukrainiens en avril, en marge d'un forum de défense franco-ukrainien très confidentiel et destiné à nouer des partenariats - dans une ambiance digne d’un film d'espionnage: anonymat ou prête-nom requis, entretien sur un banc près des Champs-Elysées, changement de salon dans un hôtel au moindre mot de russe entendu. "Nous voulons voir comment les pays qui nous ont soutenus comme la France peuvent bénéficier de notre expérience", explique à l'AFP Olexandre, un ingénieur de Bavovna qui depuis 2022 produit des drones d'attaque dont "le plus grand drone de frappe" en Ukraine, Perun Max. L’Ukraine cherche à valoriser son expertise dans les drones afin d'obtenir davantage de financements et de soutien politique, mais peine à ouvrir ses exportations sans compromettre la protection de ses technologies et les retombées sur l'Etat. "Quand j'échange avec des Européens ou des Américains, ils savent très peu de choses" sur ces drones, s'étonne Olexandre. Perun Max peut "emporter trois projectiles, les larguer sur des cibles, revenir, se recharger et repartir à nouveau". Jusqu'à 30 sorties par nuit. L'engin peut emporter 32 kg à 25 km: nourriture, eau, médicaments pour des soldats dans les tranchées... ou des tracts expliquant aux Ukrainiens "comment se rendre correctement et rester en vie" dans les zones où les Russes progressent. Quelque 400 salariés dont 70 ingénieurs répartis en dix équipes basées "quelque part en Ukraine" produisent plus de 1.000 drones par mois, qui coûtent entre 7.000 et 20.000 euros. Le système peut passer du GPS à une navigation optique dès que le signal est brouillé: grâce à une caméra, des capteurs et un réseau neuronal, le drone se repère et vole même avec l’antenne coupée, jusqu'à 20 km. Deux bataillons "neutralisés" par 10 dronistes L'histoire d'une autre start-up, Skyfall, a commencé après l'invasion russe en 2022 avec quatre ingénieurs ukrainiens réunis dans un garage pour créer un drone d'observation de ce qui passe au-dessus de Kiev. Rapidement ils décident d'y ajouter une capacité à "larguer". Ainsi naît Vampire, qui bombarde, pose des mines à distance et transporte sang ou générateurs. Vampire aurait participé aux exercices de l’Otan en mai 2025 en Estonie, au cours desquels, selon les informations du Wall Street Journal dévoilées en février, dix opérateurs de drones ukrainiens auraient "neutralisé" 17 blindés et deux bataillons ennemis. Le "ciel de drones" rend transparent le champ de bataille où hommes et blindés deviennent des cibles dès qu'ils s'aventurent dans "un no man's land" d'une vingtaine de kilomètres, ont souligné début avril militaires et experts français au forum Guerres et paix organisé par Le Point. Une situation inédite engendrée par la course technologique entre les belligérants ukrainiens et russes. "Une unité française qui serait engagée aujourd'hui sur le front ukrainien face à l'armée russe se ferait étriller. Il faut imiter l'armée ukrainienne si on veut rester dans le coup", souligne le colonel Michel Goya, ancien officier des troupes de marine et analyste des conflits modernes. Une transformation est certes en cours en France: 5.000 des 77.000 hommes des forces opérationnelles terrestres doivent être réorientés vers des spécialités liées aux drones, selon le général Bruno Baratz, commandant du combat futur. Face aux produits de masse "qui ont vocation à user notre dispositif", "il faut des systèmes tout aussi massifs, peu chers et faciles à produire", ajoute-t-il en pointant le retard de la France et les réticences d'une partie de la hiérarchie militaire. Pour Bastien Mancini, patron du fabricant français de drones Delair, qui a créé une société en Ukraine et "retranscrit" son expérience dans les drones qu'il livre à l'armée française, l’enjeu est de réduire les coûts pour éviter l'asymétrie. "Il y a trois ans, nos drones se faisaient tirer dessus par des missiles russes qui coûtaient beaucoup plus cher, aujourd'hui ils sont abattus par des systèmes beaucoup moins chers", explique-t-il à l'AFP. D’autres start-up comme Alta Ares ou Harmattan AI s’appuient également sur les retours du front ukrainien pour améliorer leurs technologies. Un million par an, 500 dollars pièce Shrike, un autre petit drone FPV (piloté à distance via une caméra embarquée) de Skyfall, coûte 500 dollars et a été le premier à "abattre en vol un hélicoptère Mi-8 à 10 millions". "Ces drones ont détruit des équipements ennemis pour plusieurs milliards (...) Nous avons la capacité d'en produire plus d'un million par an", explique un porte-parole de Skyfall qui requiert l'anonymat. Le troisième, l'intercepteur P1-Sun surnommé Pissioun (zizi) et fabriqué à 50.000 unités par mois, "a déjà détruit quelque 2.500 Shahed et 1.500 autres cibles aériennes", ajoute-t-il. Si "la priorité reste la défense de l'Ukraine" et si toute collaboration internationale doit faire l'objet du feu vert de Kiev, il laisse cependant entendre que le groupe est capable de répondre à la fois aux besoins du front et à d'éventuels partenariats. "Ce serait bien que le monde entier voie que les solutions ukrainiennes ne fonctionnent pas seulement en Ukraine. C'est notre valeur ajoutée", déclare le porte-parole de Skyfall. "Mitrailleuse intelligente" Le module Khyjak (Prédateur), système d’arme télécommandé équipé d'une mitrailleuse de 7,62 mm, a été initialement développé par l'Ukrainien UGV Robotics pour équiper les drones navals de surface Magura. Ces derniers ont coulé et endommagé plusieurs navires de guerre russes en mer Noire. Le principe est de "rendre une simple mitrailleuse intelligente" pour qu'elle abatte un drone en vol, raconte Dmytro Bourakov, responsable des relations internationales d'UGV Robotics. "Nous avons installé le système sur des hélicoptères Mi-8 et Airbus, et c'est ainsi que nous abattons maintenant les Shahed", dit-il. Après un échange avec l’AFP, il court rencontrer Airbus Helicopters, qui développe ses propres drones plus sophistiqués de surveillance et de renseignement, avec une trentaine d’appareils prévus cette année et le double en 2027. "Ere des femmes au foyer" Le patron du géant allemand des chars Rheinmetall Armin Papperger a créé la polémique en qualifiant de peu "innovants" les drones ukrainiens fabriqués selon lui "à la cuisine par des femmes au foyer", dans un entretien au magazine américain The Atlantic en mars. En Ukraine, cette sortie révélatrice d'un certain regard des poids lourds industriels a fait sourire. "Si les drones ukrainiens fabriqués par des femmes au foyer détruisent des chars, c'est que l’ère des femmes au foyer est arrivée", ironise le porte-parole de Skyfall.

24.04.2026 à 10:33

Le salon auto de Pékin ouvre, les électriques chinoises en vedette

FRANCE24
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Des rangées d'influenceurs posent devant des modèles rutilants, se précipitant vers des valises remplies de tenues pour se changer entre les prises. Des managers survoltés tentent, plantés devant d'immenses écrans dans les halls caverneux du centre international des expositions, de séduire les acheteurs sur un marché impitoyable. Les géants occidentaux comme Volkswagen, Toyota et BMW ont dominé le marché chinois pendant des années. Mais ils ont perdu du terrain face aux constructeurs locaux, plus rapides sur la transition vers l'électrique et aux modèles moins chers. Les firmes chinoises comme BYD, Xiaomi et Xpeng sont désormais également à la pointe de l'intégration des logiciels d'intelligence artificielle (IA) et des technologies de conduite autonome dans leurs véhicules électriques. Le salon automobile de Pékin s'étend sur 380.000 mètres carrés - soit l'équivalent de plus de 50 terrains de football. Plus de 1.400 véhicules de centaines de constructeurs étrangers et chinois seront présentés au grand public du 28 avril au 3 mai. Montée en gamme Les visiteurs ont acclamé He Xiaopeng, le PDG de XPeng, quand il est monté sur scène aux côtés du tout dernier véhicule électrique du constructeur chinois: le GX, un imposant SUV à six places qui intègre des technologies d'intelligence artificielle et vise le marché du luxe. Le GX sera suivi par des robots humanoïdes dès cette année, puis par des voitures volantes que XPeng, fondé il y a une décennie à peine, espère commencer à produire à grande échelle l'année prochaine, a promis M. He. Les marques chinoises devraient ainsi se livrer une concurrence acharnée pendant tout le salon pour impressionner les visiteurs, à coups de fonctions de conduite autonome, de vitesse toujours plus élevée de recharge de batterie ou encore de confort à bord. Les constructeurs étrangers, quant à eux, multiplient les collaborations avec des entreprises chinoises afin de ne pas rester à la traîne en matière de progrès technologiques. BMW s'est par exemple associé au géant chinois des batteries CATL. Son compatriote allemand Audi utilise les systèmes d'aide à la conduite de Huawei et Volkswagen développe des véhicules électriques avec Xpeng. Brian Gu, président de XPeng, a déclaré aux journalistes que les entreprises mettent aujourd'hui "à profit leurs atouts respectifs pour collaborer avec la Chine", en Chine comme à l'étranger. Cette tendance, a-t-il ajouté, ne fera que s'accentuer. L'espace d'exposition fera cette année la part belle aux spacieux SUV, segment de croissance pour des clients chinois à la recherche de confort et d'habitabilité. Fidéliser, réguler La Chine "est devenue un marché axé sur la fidélisation de la clientèle" ainsi que sur "la montée en gamme, et ces gros SUV répondent à ce besoin", a écrit cette semaine l'analyste indépendant Lei Xing dans une note. Les constructeurs chinois de voitures électriques ont conquis le marché intérieur ces dernières années grâce à des offres de reprise, proposant d'importantes remises aux clients qui acceptent de céder leur ancien véhicule pour un neuf. Cette féroce guerre des prix a conduit le gouvernement chinois à demander l'année dernière un renforcement du contrôle des prix et une meilleure régulation à long terme de la concurrence. Cela n'empêche toutefois pas de nouvelles marques de véhicules électriques de se créer en Chine, souligne Lei Xing, qui dit en avoir recensées au moins huit durant les deux dernières années. Les constructeurs de voitures électriques profitent également de la flambée des prix du pétrole liée à la guerre au Moyen-Orient qui rend les modèles essence moins attrayants aux yeux de certains conducteurs. Les entreprises s'emploient également à améliorer la distance pouvant être parcourue avec une seule charge. Lei Jun, le patron de Xiaomi - le géant chinois des smartphones désormais constructeur automobile - a récemment parcouru 1.300 km entre Pékin et Shanghai au volant de sa nouvelle berline électrique SU7 Pro, affirmant ne s'être arrêté qu'une seule fois pour recharger en 15 heures de trajet.
Texte intégral (695 mots)
Des rangées d'influenceurs posent devant des modèles rutilants, se précipitant vers des valises remplies de tenues pour se changer entre les prises. Des managers survoltés tentent, plantés devant d'immenses écrans dans les halls caverneux du centre international des expositions, de séduire les acheteurs sur un marché impitoyable. Les géants occidentaux comme Volkswagen, Toyota et BMW ont dominé le marché chinois pendant des années. Mais ils ont perdu du terrain face aux constructeurs locaux, plus rapides sur la transition vers l'électrique et aux modèles moins chers. Les firmes chinoises comme BYD, Xiaomi et Xpeng sont désormais également à la pointe de l'intégration des logiciels d'intelligence artificielle (IA) et des technologies de conduite autonome dans leurs véhicules électriques. Le salon automobile de Pékin s'étend sur 380.000 mètres carrés - soit l'équivalent de plus de 50 terrains de football. Plus de 1.400 véhicules de centaines de constructeurs étrangers et chinois seront présentés au grand public du 28 avril au 3 mai. Montée en gamme Les visiteurs ont acclamé He Xiaopeng, le PDG de XPeng, quand il est monté sur scène aux côtés du tout dernier véhicule électrique du constructeur chinois: le GX, un imposant SUV à six places qui intègre des technologies d'intelligence artificielle et vise le marché du luxe. Le GX sera suivi par des robots humanoïdes dès cette année, puis par des voitures volantes que XPeng, fondé il y a une décennie à peine, espère commencer à produire à grande échelle l'année prochaine, a promis M. He. Les marques chinoises devraient ainsi se livrer une concurrence acharnée pendant tout le salon pour impressionner les visiteurs, à coups de fonctions de conduite autonome, de vitesse toujours plus élevée de recharge de batterie ou encore de confort à bord. Les constructeurs étrangers, quant à eux, multiplient les collaborations avec des entreprises chinoises afin de ne pas rester à la traîne en matière de progrès technologiques. BMW s'est par exemple associé au géant chinois des batteries CATL. Son compatriote allemand Audi utilise les systèmes d'aide à la conduite de Huawei et Volkswagen développe des véhicules électriques avec Xpeng. Brian Gu, président de XPeng, a déclaré aux journalistes que les entreprises mettent aujourd'hui "à profit leurs atouts respectifs pour collaborer avec la Chine", en Chine comme à l'étranger. Cette tendance, a-t-il ajouté, ne fera que s'accentuer. L'espace d'exposition fera cette année la part belle aux spacieux SUV, segment de croissance pour des clients chinois à la recherche de confort et d'habitabilité. Fidéliser, réguler La Chine "est devenue un marché axé sur la fidélisation de la clientèle" ainsi que sur "la montée en gamme, et ces gros SUV répondent à ce besoin", a écrit cette semaine l'analyste indépendant Lei Xing dans une note. Les constructeurs chinois de voitures électriques ont conquis le marché intérieur ces dernières années grâce à des offres de reprise, proposant d'importantes remises aux clients qui acceptent de céder leur ancien véhicule pour un neuf. Cette féroce guerre des prix a conduit le gouvernement chinois à demander l'année dernière un renforcement du contrôle des prix et une meilleure régulation à long terme de la concurrence. Cela n'empêche toutefois pas de nouvelles marques de véhicules électriques de se créer en Chine, souligne Lei Xing, qui dit en avoir recensées au moins huit durant les deux dernières années. Les constructeurs de voitures électriques profitent également de la flambée des prix du pétrole liée à la guerre au Moyen-Orient qui rend les modèles essence moins attrayants aux yeux de certains conducteurs. Les entreprises s'emploient également à améliorer la distance pouvant être parcourue avec une seule charge. Lei Jun, le patron de Xiaomi - le géant chinois des smartphones désormais constructeur automobile - a récemment parcouru 1.300 km entre Pékin et Shanghai au volant de sa nouvelle berline électrique SU7 Pro, affirmant ne s'être arrêté qu'une seule fois pour recharger en 15 heures de trajet.

24.04.2026 à 10:11

Francis Kéré, l'architecte africain à la conquête du monde avec ses constructions durables

FRANCE24
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De double nationalité burkinabè et allemande, il est le seul Africain à avoir remporté le prix Pritzker (2022), la plus prestigieuse distinction en architecture. Le dernier bâtiment de son cabinet berlinois, le Goethe-Institut, centre culturel allemand situé dans la capitale sénégalaise, incarne ses principes architecturaux: des matériaux simples et locaux, une réappropriation des savoirs de l'architecture africaine, et une conception esthétique et fonctionnelle. "Si vous me donnez du sable, de la boue et du bambou, je peux vous garantir que je créerai un projet pour vous. Si vous ajoutez de l'acier, OK, j'irai encore plus loin", a-t-il assuré à l'AFP après l'inauguration du bâtiment mi-avril. Pendant des décennies, M. Kéré a construit sur le continent africain avant de s'étendre en Europe et ailleurs, en appliquant des principes bioclimatiques qui tiennent compte des conditions climatiques et des ressources locales disponibles. Matériaux traditionnels Malgré de nouveaux projets d'envergure menés désormais aussi loin qu'à Las Vegas (États-Unis) et Rio de Janeiro (Brésil), l'architecte africain compte rester fidèle à ses principes en matière de matériaux traditionnels. Originaire du village de Gando, dans la province burkinabè de Boulgou, Francis Kéré s'est rendu en Allemagne grâce à une bourse d'études en menuiserie, avant de s'y installer pour étudier l'architecture. Son premier projet fut l'école primaire de Gando, construite pour pallier le manque d'infrastructures scolaires dans sa communauté. Il a utilisé de l'argile rouge locale et du ciment pour fabriquer des briques offrant une protection thermique, tout en protégeant la structure de la pluie grâce à un toit surélevé qui surplombe le bâtiment plutôt que de reposer dessus et de retenir la chaleur. Plus de 20 ans plus tard, nombre de ces principes sont appliqués au Goethe-Institut, bâtiment ultramoderne de 4 millions de dollars (3,4 millions d'euros) rafraîchi en grande partie grâce à une ventilation naturelle et passive. Les briques sont en argile rouge d'Afrique de l'Ouest, disposées selon un système de murs perforés qui, en plus d'être esthétique, favorise la ventilation transversale. Dans une cour se dresse un grand baobab, symbole du Sénégal et de l'Afrique de l'Ouest. Connu pour son tronc massif, le baobab est ce qu'on appelle un "arbre à palabres" où les communautés se rassemblent traditionnellement pour dialoguer. "Toutes les fonctions du bâtiment s'articuleront autour de ce baobab", explique l'architecte. Il regrette que nombre de personnes estiment encore que le verre et le béton sont les seuls matériaux utilisables pour la construction de bâtiments en milieu urbain et considèrent les autres solutions, comme l'argile, seulement réservées "aux plus démunis". Or, avec le soutien des décideurs politiques et des concepteurs, les techniques bioclimatiques pourraient facilement être intégrées au tissu urbain, plaide-t-il. Projets au Burkina, Bénin et Brésil Pour lui, le monde doit repenser "la manière dont nous construisons nos villes, et réduire notre consommation d'énergie. Un bâtiment en terre bien conçu peut contribuer de manière significative à cela". Son cabinet, Kéré Architecture, mène plusieurs projets d'envergure en Afrique, comme le futur bâtiment de l'Assemblée nationale du Bénin, dont la forme s'inspire de l'arbre à palabres. Dans son pays natal, il a achevé l'année dernière la construction d'un mausolée dédié à Thomas Sankara (1949-1987), ex-dirigeant du Burkina et figure du panafricanisme. Dirigé par une junte depuis 2022, le Burkina lutte contre des groupes jihadistes. Des violences "dévastatrices", déplore M. Kéré. Elles ont fait des dizaines de milliers de morts depuis 2015. Cela n'a pas ralenti son travail dans le pays - il y a construit 11 écoles l'année dernière - mais il regrette de ne plus pouvoir y emmener ses étudiants européens en sécurité. À l'autre bout du monde, son cabinet est à l'origine de la conception du futur musée d'art du centre-ville de Las Vegas. Un projet qui, selon l'architecte, l'a propulsé dans "un monde complètement différent", mais qui utilisera tout de même des ressources disponibles localement. Au Brésil, il a conçu la "Biblioteca dos Saberes", une bibliothèque et un centre culturel qui serviront de "temple du savoir". "Je suis très surpris de voir qui m'appelle pour réaliser des projets", se réjouit-il. "La seule chose que je crains - et je travaille à ce que cela n'arrive pas - serait de m'éloigner de l'Afrique, parce c'est ici que j'ai débuté ma carrière et c'est ici que je sens qu'on a le plus besoin de moi".
Texte intégral (781 mots)
De double nationalité burkinabè et allemande, il est le seul Africain à avoir remporté le prix Pritzker (2022), la plus prestigieuse distinction en architecture. Le dernier bâtiment de son cabinet berlinois, le Goethe-Institut, centre culturel allemand situé dans la capitale sénégalaise, incarne ses principes architecturaux: des matériaux simples et locaux, une réappropriation des savoirs de l'architecture africaine, et une conception esthétique et fonctionnelle. "Si vous me donnez du sable, de la boue et du bambou, je peux vous garantir que je créerai un projet pour vous. Si vous ajoutez de l'acier, OK, j'irai encore plus loin", a-t-il assuré à l'AFP après l'inauguration du bâtiment mi-avril. Pendant des décennies, M. Kéré a construit sur le continent africain avant de s'étendre en Europe et ailleurs, en appliquant des principes bioclimatiques qui tiennent compte des conditions climatiques et des ressources locales disponibles. Matériaux traditionnels Malgré de nouveaux projets d'envergure menés désormais aussi loin qu'à Las Vegas (États-Unis) et Rio de Janeiro (Brésil), l'architecte africain compte rester fidèle à ses principes en matière de matériaux traditionnels. Originaire du village de Gando, dans la province burkinabè de Boulgou, Francis Kéré s'est rendu en Allemagne grâce à une bourse d'études en menuiserie, avant de s'y installer pour étudier l'architecture. Son premier projet fut l'école primaire de Gando, construite pour pallier le manque d'infrastructures scolaires dans sa communauté. Il a utilisé de l'argile rouge locale et du ciment pour fabriquer des briques offrant une protection thermique, tout en protégeant la structure de la pluie grâce à un toit surélevé qui surplombe le bâtiment plutôt que de reposer dessus et de retenir la chaleur. Plus de 20 ans plus tard, nombre de ces principes sont appliqués au Goethe-Institut, bâtiment ultramoderne de 4 millions de dollars (3,4 millions d'euros) rafraîchi en grande partie grâce à une ventilation naturelle et passive. Les briques sont en argile rouge d'Afrique de l'Ouest, disposées selon un système de murs perforés qui, en plus d'être esthétique, favorise la ventilation transversale. Dans une cour se dresse un grand baobab, symbole du Sénégal et de l'Afrique de l'Ouest. Connu pour son tronc massif, le baobab est ce qu'on appelle un "arbre à palabres" où les communautés se rassemblent traditionnellement pour dialoguer. "Toutes les fonctions du bâtiment s'articuleront autour de ce baobab", explique l'architecte. Il regrette que nombre de personnes estiment encore que le verre et le béton sont les seuls matériaux utilisables pour la construction de bâtiments en milieu urbain et considèrent les autres solutions, comme l'argile, seulement réservées "aux plus démunis". Or, avec le soutien des décideurs politiques et des concepteurs, les techniques bioclimatiques pourraient facilement être intégrées au tissu urbain, plaide-t-il. Projets au Burkina, Bénin et Brésil Pour lui, le monde doit repenser "la manière dont nous construisons nos villes, et réduire notre consommation d'énergie. Un bâtiment en terre bien conçu peut contribuer de manière significative à cela". Son cabinet, Kéré Architecture, mène plusieurs projets d'envergure en Afrique, comme le futur bâtiment de l'Assemblée nationale du Bénin, dont la forme s'inspire de l'arbre à palabres. Dans son pays natal, il a achevé l'année dernière la construction d'un mausolée dédié à Thomas Sankara (1949-1987), ex-dirigeant du Burkina et figure du panafricanisme. Dirigé par une junte depuis 2022, le Burkina lutte contre des groupes jihadistes. Des violences "dévastatrices", déplore M. Kéré. Elles ont fait des dizaines de milliers de morts depuis 2015. Cela n'a pas ralenti son travail dans le pays - il y a construit 11 écoles l'année dernière - mais il regrette de ne plus pouvoir y emmener ses étudiants européens en sécurité. À l'autre bout du monde, son cabinet est à l'origine de la conception du futur musée d'art du centre-ville de Las Vegas. Un projet qui, selon l'architecte, l'a propulsé dans "un monde complètement différent", mais qui utilisera tout de même des ressources disponibles localement. Au Brésil, il a conçu la "Biblioteca dos Saberes", une bibliothèque et un centre culturel qui serviront de "temple du savoir". "Je suis très surpris de voir qui m'appelle pour réaliser des projets", se réjouit-il. "La seule chose que je crains - et je travaille à ce que cela n'arrive pas - serait de m'éloigner de l'Afrique, parce c'est ici que j'ai débuté ma carrière et c'est ici que je sens qu'on a le plus besoin de moi".

24.04.2026 à 09:51

YouTube propose à Hollywood un outil de détection de deepfakes

FRANCE24
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Le mois dernier, la plateforme vidéo de Google a lancé son outil de protection de l'image, qui aide à identifier les contenus dans lesquels un visage apparaît modifié, ou généré, à l'aide de technologies d'IA. Le projet visait d'abord responsables gouvernementaux, journalistes et autres personnels politiques. La plateforme étend désormais son accès aux acteurs et musiciens, via les agences de talents, sociétés de management et les stars qu'elles représentent. L'outil permet de "rechercher des contenus générés par l'IA reprenant l'apparence d'un participant, comme un deepfake de son visage, et lui donne le pouvoir de les dénicher et d'en demander la suppression". Célébrités et artistes peuvent y accéder même sans disposer de chaîne sur la plateforme. "Le fait que YouTube ouvre ses capacités de détection de deepfakes aux personnalités publiques marque un tournant dans la manière dont les plateformes abordent la protection de l'identité à l'ère de l'IA générative", estime Alon Yamin, directeur général et cofondateur de Copyleaks, une plateforme de détection de contenus générés par l'IA. "La technologie permettant de reproduire le visage, la voix et les mimiques d'une personne a avancé plus vite que les garde-fous qui l'entourent, créant un fossé que des acteurs malveillants exploitent déjà". - Enjeux majeurs - L'initiative intervient alors que se multiplient les vidéos hyperréalistes de célébrités disparues, créées avec des applications grand public comme Sora, l'outil d'OpenAI. L'application a déclenché un flot de vidéos de Michael Jackson ou d'Elvis Presley. Et le mois dernier, OpenAI a fermé son application Sora. En février dernier, le réalisateur irlandais Ruairí Robinson avait déjà créé un clip d'un réalisme saisissant montrant Brad Pitt se battant avec Tom Cruise sur un toit, à partir d'un prompt de deux phrases. Largement diffusé et provoquant de vives inquiétudes à Hollywood, il a été généré avec Seedance 2.0, un outil appartenant au groupe chinois ByteDance. L'Irlandais a également créé d'autres vidéos. L'une montre Brad Pitt affrontant un ninja zombie armé d'un sabre, une autre le met en scène en train de combattre un robot, flanqué de l'incontournable Tom Cruise. Charles Rivkin, patron de la Motion Picture Association, l'association des grandes sociétés de production américaines, a appelé ByteDance à "cesser immédiatement ses activités de contrefaçons", l'accusant de bafouer le droit d'auteur. YouTube explique pour sa part travailler avec les principales agences de talents pour améliorer la détection des images problématiques et mieux protéger les artistes. "Leur patrimoine" La plateforme "fait ce qu'il faut en fournissant ces outils gratuitement aux talents, afin qu'ils puissent protéger leur patrimoine", se réjouit Jason Newman, de la société de management et de production Untitled Entertainment. "Leur patrimoine, c'est leur visage, leur corps, qui ils sont, ce qu'ils font, leur façon de s'exprimer", ajoute-t-il dans un entretien avec le magazine Hollywood Reporter. Le développement de l'outil fait suite à des plaintes de personnalités américaines de premier plan dénonçant les lourdeurs de la procédure sur YouTube pour signaler et retirer un deepfake. "Les enjeux sont particulièrement élevés car les deepfakes peuvent être utilisés pour diffuser de la désinformation, manipuler les marchés, nuire à des réputations ou laisser croire à un soutien trompeur. Une détection robuste n'est plus optionnelle", explique Alon Yamin. "Les systèmes de détection doivent être extrêmement précis, continuellement mis à jour et associés à des règles claires et à des procédures de retrait rapides pour être efficaces", poursuit-il. "Cela n'éliminera pas totalement les deepfakes, mais peut réduire considérablement leur portée et leur impact, en rendant plus difficile la circulation de contenus manipulés sans être détectés ou contestés", fait valoir le responsable de Copyleaks. ac-sla/dla/sla
Texte intégral (671 mots)
Le mois dernier, la plateforme vidéo de Google a lancé son outil de protection de l'image, qui aide à identifier les contenus dans lesquels un visage apparaît modifié, ou généré, à l'aide de technologies d'IA. Le projet visait d'abord responsables gouvernementaux, journalistes et autres personnels politiques. La plateforme étend désormais son accès aux acteurs et musiciens, via les agences de talents, sociétés de management et les stars qu'elles représentent. L'outil permet de "rechercher des contenus générés par l'IA reprenant l'apparence d'un participant, comme un deepfake de son visage, et lui donne le pouvoir de les dénicher et d'en demander la suppression". Célébrités et artistes peuvent y accéder même sans disposer de chaîne sur la plateforme. "Le fait que YouTube ouvre ses capacités de détection de deepfakes aux personnalités publiques marque un tournant dans la manière dont les plateformes abordent la protection de l'identité à l'ère de l'IA générative", estime Alon Yamin, directeur général et cofondateur de Copyleaks, une plateforme de détection de contenus générés par l'IA. "La technologie permettant de reproduire le visage, la voix et les mimiques d'une personne a avancé plus vite que les garde-fous qui l'entourent, créant un fossé que des acteurs malveillants exploitent déjà". - Enjeux majeurs - L'initiative intervient alors que se multiplient les vidéos hyperréalistes de célébrités disparues, créées avec des applications grand public comme Sora, l'outil d'OpenAI. L'application a déclenché un flot de vidéos de Michael Jackson ou d'Elvis Presley. Et le mois dernier, OpenAI a fermé son application Sora. En février dernier, le réalisateur irlandais Ruairí Robinson avait déjà créé un clip d'un réalisme saisissant montrant Brad Pitt se battant avec Tom Cruise sur un toit, à partir d'un prompt de deux phrases. Largement diffusé et provoquant de vives inquiétudes à Hollywood, il a été généré avec Seedance 2.0, un outil appartenant au groupe chinois ByteDance. L'Irlandais a également créé d'autres vidéos. L'une montre Brad Pitt affrontant un ninja zombie armé d'un sabre, une autre le met en scène en train de combattre un robot, flanqué de l'incontournable Tom Cruise. Charles Rivkin, patron de la Motion Picture Association, l'association des grandes sociétés de production américaines, a appelé ByteDance à "cesser immédiatement ses activités de contrefaçons", l'accusant de bafouer le droit d'auteur. YouTube explique pour sa part travailler avec les principales agences de talents pour améliorer la détection des images problématiques et mieux protéger les artistes. "Leur patrimoine" La plateforme "fait ce qu'il faut en fournissant ces outils gratuitement aux talents, afin qu'ils puissent protéger leur patrimoine", se réjouit Jason Newman, de la société de management et de production Untitled Entertainment. "Leur patrimoine, c'est leur visage, leur corps, qui ils sont, ce qu'ils font, leur façon de s'exprimer", ajoute-t-il dans un entretien avec le magazine Hollywood Reporter. Le développement de l'outil fait suite à des plaintes de personnalités américaines de premier plan dénonçant les lourdeurs de la procédure sur YouTube pour signaler et retirer un deepfake. "Les enjeux sont particulièrement élevés car les deepfakes peuvent être utilisés pour diffuser de la désinformation, manipuler les marchés, nuire à des réputations ou laisser croire à un soutien trompeur. Une détection robuste n'est plus optionnelle", explique Alon Yamin. "Les systèmes de détection doivent être extrêmement précis, continuellement mis à jour et associés à des règles claires et à des procédures de retrait rapides pour être efficaces", poursuit-il. "Cela n'éliminera pas totalement les deepfakes, mais peut réduire considérablement leur portée et leur impact, en rendant plus difficile la circulation de contenus manipulés sans être détectés ou contestés", fait valoir le responsable de Copyleaks. ac-sla/dla/sla

24.04.2026 à 09:37

Play-offs NBA: LeBron James débute fort son duel de légendes avec Kevin Durant

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Annoncés maudits et perdants après les blessures musculaires de Luka Doncic et Austin Reaves, les Los Angeles Lakers ont remporté les deux premiers matches à domicile, et se retrouvent en excellente position dans cette série au meilleur des sept rencontres avant le match 3 vendredi à Houston. Lakers contre Rockets, soit l'occasion d'une quatrième série de play-offs entre deux légendes NBA, LeBron James (41 ans, 23e saison) et Kevin Durant (37 ans, 19e saison). Leurs trois précédents affrontements en play-offs avaient eu lieu exclusivement en finale. LeBron avait triomphé avec Miami face à Oklahoma City en 2012, avant les deux titres de Durant avec Golden State en 2017 et 2018, face aux Cleveland Cavaliers du "King". Forfait pour la première rencontre samedi à cause de son genou droit, Durant a fait son retour mardi, pour une défaite en Californie 101-94. Les deux vieilles gloires ont été les meilleurs marqueurs de leur équipe, et continuent à impressionner malgré le poids des années. La "dureté" de LeBron Durant comptait déjà 20 points à la pause, mais a été limité à 23 points au final par l'excellente défense des or et pourpre, envoyant deux défenseurs sur lui, le forçant à commettre neuf pertes de balle. "J'ai essayé de faire les bons choix de passe, mais j'ai l'impression qu'il me faudra tirer plus souvent. La série est encore longue, je suis capable de tirer par dessus deux défenseurs", a prévenu KD, toutefois annoncé comme incertain pour le 3e match vendredi à Houston à cause d'une cheville gauche douloureuse. LeBron James, lui, a brillé avec 28 points, 8 rebonds et 7 passes décisives, des choix judicieux et une énergie folle, n'hésitant pas à faire le show avec des dunks puissants, sa signature depuis ses débuts il y a 23 ans. "Il apporte sa dureté comme il l'a toujours fait, a apprécié son entraîneur JJ Redick. Il adore jouer ainsi, dos au panier ou bien en drive pour provoquer des fautes." Le patron des Lakers, à la recherche d'un cinquième titre de champion, a su redevenir le leader de son équipe, privée de ses deux meilleurs marqueurs, Doncic et Reaves. En attendant Doncic Victime d'une élongation de grade 2 au niveau des muscles adducteurs côté gauche, Doncic ne sait toujours pas quand il reviendra, tandis que Reaves (obliques) se rapproche des parquets. Chaque match gagné par les Lakers augmente les chances de revoir le magicien slovène balle en main cette saison. Pour cette mission, LeBron est pour l'instant parfaitement assisté par deux joueurs de devoir, Marcus Smart, brillant en défense et de loin mardi, et Luke Kennard, tireur arrivé d'Atlanta en février qui doit se muer en créateur balle en main. Redick a salué la défense de Smart et "l'effort collectif" des siens face à Durant mardi. L'entraîneur des Rockets Ime Udoka a, lui, regretté que ses joueurs n'aient pas su profiter des prises à deux sur Durant: "On a trop tenu le ballon, ils ont pu se replacer et nous faisaient perdre le surnombre" sur la plupart des possessions. "On a un problème pour marquer", a-t-il encore tonné, ciblant des double-pas et de nombreux tirs à trois points ratés. Il compte sur son étoile de 37 ans pour y remédier.
Texte intégral (543 mots)
Annoncés maudits et perdants après les blessures musculaires de Luka Doncic et Austin Reaves, les Los Angeles Lakers ont remporté les deux premiers matches à domicile, et se retrouvent en excellente position dans cette série au meilleur des sept rencontres avant le match 3 vendredi à Houston. Lakers contre Rockets, soit l'occasion d'une quatrième série de play-offs entre deux légendes NBA, LeBron James (41 ans, 23e saison) et Kevin Durant (37 ans, 19e saison). Leurs trois précédents affrontements en play-offs avaient eu lieu exclusivement en finale. LeBron avait triomphé avec Miami face à Oklahoma City en 2012, avant les deux titres de Durant avec Golden State en 2017 et 2018, face aux Cleveland Cavaliers du "King". Forfait pour la première rencontre samedi à cause de son genou droit, Durant a fait son retour mardi, pour une défaite en Californie 101-94. Les deux vieilles gloires ont été les meilleurs marqueurs de leur équipe, et continuent à impressionner malgré le poids des années. La "dureté" de LeBron Durant comptait déjà 20 points à la pause, mais a été limité à 23 points au final par l'excellente défense des or et pourpre, envoyant deux défenseurs sur lui, le forçant à commettre neuf pertes de balle. "J'ai essayé de faire les bons choix de passe, mais j'ai l'impression qu'il me faudra tirer plus souvent. La série est encore longue, je suis capable de tirer par dessus deux défenseurs", a prévenu KD, toutefois annoncé comme incertain pour le 3e match vendredi à Houston à cause d'une cheville gauche douloureuse. LeBron James, lui, a brillé avec 28 points, 8 rebonds et 7 passes décisives, des choix judicieux et une énergie folle, n'hésitant pas à faire le show avec des dunks puissants, sa signature depuis ses débuts il y a 23 ans. "Il apporte sa dureté comme il l'a toujours fait, a apprécié son entraîneur JJ Redick. Il adore jouer ainsi, dos au panier ou bien en drive pour provoquer des fautes." Le patron des Lakers, à la recherche d'un cinquième titre de champion, a su redevenir le leader de son équipe, privée de ses deux meilleurs marqueurs, Doncic et Reaves. En attendant Doncic Victime d'une élongation de grade 2 au niveau des muscles adducteurs côté gauche, Doncic ne sait toujours pas quand il reviendra, tandis que Reaves (obliques) se rapproche des parquets. Chaque match gagné par les Lakers augmente les chances de revoir le magicien slovène balle en main cette saison. Pour cette mission, LeBron est pour l'instant parfaitement assisté par deux joueurs de devoir, Marcus Smart, brillant en défense et de loin mardi, et Luke Kennard, tireur arrivé d'Atlanta en février qui doit se muer en créateur balle en main. Redick a salué la défense de Smart et "l'effort collectif" des siens face à Durant mardi. L'entraîneur des Rockets Ime Udoka a, lui, regretté que ses joueurs n'aient pas su profiter des prises à deux sur Durant: "On a trop tenu le ballon, ils ont pu se replacer et nous faisaient perdre le surnombre" sur la plupart des possessions. "On a un problème pour marquer", a-t-il encore tonné, ciblant des double-pas et de nombreux tirs à trois points ratés. Il compte sur son étoile de 37 ans pour y remédier.

24.04.2026 à 09:17

Pépite chinoise de l'IA, DeepSeek lance un nouveau modèle

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La course à l'IA a intensifié la rivalité entre la Chine et les Etats-Unis. Alors que le lancement du nouveau modèle de DeepSeek était attendu incessamment, la Maison-Blanche a accusé jeudi des entités chinoises de mener un effort massif pour voler des technologies d'intelligence artificielle américaines. Pékin a rejeté des accusations "infondées". En janvier 2025, DeepSeek avait stupéfié le monde et rebattu les cartes de l'IA avec la sortie d'un agent conversationnel rivalisant, à moindre coût, avec ses concurrents américains Gemini (de Google), ChatGPT (d'OpenAI) ou Claude (d'Anthropic). L'industrie mondiale de la tech guettait depuis plusieurs semaines l'annonce de vendredi, baromètre des ambitions chinoises dans le secteur. "Aujourd'hui, la pré-version de notre toute nouvelle série de modèles, DeepSeek-V4, est officiellement mise en ligne et publiée en open source", a indiqué la compagnie dans un communiqué. L'une des principales nouveautés réside dans les capacités de traitement: "DeepSeek-V4 dispose d'un contexte ultra-long", a indiqué la compagnie. Cette nouvelle version prend ainsi en charge une longueur de contexte d'un million de "tokens", de petites unités lexicales, généralement un mot, un bout de mot ou un signe de ponctuation. Cette performance la place au niveau de Gemini. La longueur de "contexte" détermine la quantité d'informations qu'un modèle peut assimiler pour l'aider à accomplir des tâches. Exemple concret: en lui donnant des centaines de pages de texte, l'équivalent de plusieurs romans, DeepSeek-V4 serait capable de répondre à des questions précises sur l'ensemble sans rien oublier entre le début et la fin. "Evénement majeur" Cette capacité est d'ordinaire fortement gourmande en calculs mais DeepSeek assure avoir rendu le procédé plus rapide et moins cher. Les capacités de long contexte du nouveau modèle sont "parmi les meilleures au monde", a affirmé vendredi DeepSeek. "Bienvenue dans l'ère du contexte d'un million (de tokens) à moindre coût", a-t-elle souligné sur le réseau social X. Ce nouveau modèle est proposé en deux versions: DeepSeek-V4-Pro et DeepSeek-V4-Flash, plus économique. La dernière avancée de la start-up chinoise représente un "événement majeur", estime Max Liu, expert reconnu du secteur de l'IA. Selon lui, si le nouveau modèle de la start-up chinoise atteint réellement les performances des meilleurs modèles occidentaux, ce sera "tout aussi fracassant que la sortie initiale de DeepSeek" début 2025. "Cela permettra de proposer de meilleurs modèles aux utilisateurs chinois, et on peut désormais s'attendre à beaucoup de choses: davantage de produits, un marché plus concurrentiel et un taux d'adoption de l'IA plus élevé", dit M. Liu. En janvier 2025, l'agent conversationnel R1 de DeepSeek, doté d'une capacité de raisonnement hors norme, avait fait trembler Wall Street, provoquant une chute des valeurs technologiques américaines. "Totalement infondées" Présenté comme multimodal, c'est-à-dire capable de générer textes, images et vidéos, DeepSeek-V4 a le potentiel de secouer à nouveau les titres de ses rivaux américains, selon des experts du secteur. La société américaine OpenAI, propriétaire de ChatGPT, a dévoilé jeudi son propre nouveau modèle d'IA, qui se veut le plus avancé du marché. GPT-5.5 est la nouvelle génération du modèle sur lequel est construit ChatGPT, interface d'IA générative désormais utilisée par près d'un milliard de personnes. L'annonce de DeepSeek vendredi marque "un véritable point d'inflexion", estime Zhang Yi, fondateur du cabinet iiMedia. "Si la prise en charge des contextes ultra-longs devient une fonctionnalité standard, le traitement des longs textes ne devrait plus rester cantonné aux grands laboratoires de recherche, mais entrer dans le quotidien des applications commerciales grand public", prédit-il. L'IA, jugée cruciale pour l'économie du futur, est source d'intense rivalité entre Pékin et Washington. Dans ce contexte, la Maison Blanche a accusé jeudi des entités chinoises, sans mentionner DeepSeek, de mener des campagnes "à l'échelle industrielle" pour copier clandestinement les modèles d'intelligence artificielle américains. Des allégations "totalement infondées" qui "constituent une campagne de diffamation calomnieuse à l'encontre des réussites de l'industrie chinoise de l'intelligence artificielle", a réagi Guo Jiakun, un porte-parole de la diplomatie chinoise.
Texte intégral (711 mots)
La course à l'IA a intensifié la rivalité entre la Chine et les Etats-Unis. Alors que le lancement du nouveau modèle de DeepSeek était attendu incessamment, la Maison-Blanche a accusé jeudi des entités chinoises de mener un effort massif pour voler des technologies d'intelligence artificielle américaines. Pékin a rejeté des accusations "infondées". En janvier 2025, DeepSeek avait stupéfié le monde et rebattu les cartes de l'IA avec la sortie d'un agent conversationnel rivalisant, à moindre coût, avec ses concurrents américains Gemini (de Google), ChatGPT (d'OpenAI) ou Claude (d'Anthropic). L'industrie mondiale de la tech guettait depuis plusieurs semaines l'annonce de vendredi, baromètre des ambitions chinoises dans le secteur. "Aujourd'hui, la pré-version de notre toute nouvelle série de modèles, DeepSeek-V4, est officiellement mise en ligne et publiée en open source", a indiqué la compagnie dans un communiqué. L'une des principales nouveautés réside dans les capacités de traitement: "DeepSeek-V4 dispose d'un contexte ultra-long", a indiqué la compagnie. Cette nouvelle version prend ainsi en charge une longueur de contexte d'un million de "tokens", de petites unités lexicales, généralement un mot, un bout de mot ou un signe de ponctuation. Cette performance la place au niveau de Gemini. La longueur de "contexte" détermine la quantité d'informations qu'un modèle peut assimiler pour l'aider à accomplir des tâches. Exemple concret: en lui donnant des centaines de pages de texte, l'équivalent de plusieurs romans, DeepSeek-V4 serait capable de répondre à des questions précises sur l'ensemble sans rien oublier entre le début et la fin. "Evénement majeur" Cette capacité est d'ordinaire fortement gourmande en calculs mais DeepSeek assure avoir rendu le procédé plus rapide et moins cher. Les capacités de long contexte du nouveau modèle sont "parmi les meilleures au monde", a affirmé vendredi DeepSeek. "Bienvenue dans l'ère du contexte d'un million (de tokens) à moindre coût", a-t-elle souligné sur le réseau social X. Ce nouveau modèle est proposé en deux versions: DeepSeek-V4-Pro et DeepSeek-V4-Flash, plus économique. La dernière avancée de la start-up chinoise représente un "événement majeur", estime Max Liu, expert reconnu du secteur de l'IA. Selon lui, si le nouveau modèle de la start-up chinoise atteint réellement les performances des meilleurs modèles occidentaux, ce sera "tout aussi fracassant que la sortie initiale de DeepSeek" début 2025. "Cela permettra de proposer de meilleurs modèles aux utilisateurs chinois, et on peut désormais s'attendre à beaucoup de choses: davantage de produits, un marché plus concurrentiel et un taux d'adoption de l'IA plus élevé", dit M. Liu. En janvier 2025, l'agent conversationnel R1 de DeepSeek, doté d'une capacité de raisonnement hors norme, avait fait trembler Wall Street, provoquant une chute des valeurs technologiques américaines. "Totalement infondées" Présenté comme multimodal, c'est-à-dire capable de générer textes, images et vidéos, DeepSeek-V4 a le potentiel de secouer à nouveau les titres de ses rivaux américains, selon des experts du secteur. La société américaine OpenAI, propriétaire de ChatGPT, a dévoilé jeudi son propre nouveau modèle d'IA, qui se veut le plus avancé du marché. GPT-5.5 est la nouvelle génération du modèle sur lequel est construit ChatGPT, interface d'IA générative désormais utilisée par près d'un milliard de personnes. L'annonce de DeepSeek vendredi marque "un véritable point d'inflexion", estime Zhang Yi, fondateur du cabinet iiMedia. "Si la prise en charge des contextes ultra-longs devient une fonctionnalité standard, le traitement des longs textes ne devrait plus rester cantonné aux grands laboratoires de recherche, mais entrer dans le quotidien des applications commerciales grand public", prédit-il. L'IA, jugée cruciale pour l'économie du futur, est source d'intense rivalité entre Pékin et Washington. Dans ce contexte, la Maison Blanche a accusé jeudi des entités chinoises, sans mentionner DeepSeek, de mener des campagnes "à l'échelle industrielle" pour copier clandestinement les modèles d'intelligence artificielle américains. Des allégations "totalement infondées" qui "constituent une campagne de diffamation calomnieuse à l'encontre des réussites de l'industrie chinoise de l'intelligence artificielle", a réagi Guo Jiakun, un porte-parole de la diplomatie chinoise.

24.04.2026 à 09:01

Entre crise et espoir de changement, le marché immobilier frémit à La Havane

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A Cuba, 9,6 millions d'habitants, le marché immobilier a émergé en 2011 lorsque les habitants ont été autorisés à acheter ou vendre leur maison. Auparavant, ils ne pouvaient que l'échanger. Les étrangers ne sont pas autorisés à acheter un logement, sauf à être résidents permanents ou à passer par des prête-noms locaux, et les agences immobilières privées n'existent pas, même si des travailleurs indépendants officient comme intermédiaires. Dans une économie en crise depuis six ans et quasiment paralysée par le blocus pétrolier imposé depuis début 2026 par Washington, des professionnels du secteur relèvent néanmoins un frémissement. Yovanni Cantillo, qui travaille comme intermédiaire, constate depuis quelques mois "une reprise du flux, de la dynamique" à La Havane, avec un impact sur les prix. "Dans des quartiers comme Miramar, Nuevo Vedado et Vedado", les plus cossus de la capitale, "on observe une légère hausse", explique-t-il, même si les prix restent entre 40% et 50% en dessous de ce qu'ils avaient atteint lors du dégel historique entre Cuba et les Etats-Unis à partir de 2015. La reprise des relations diplomatiques entre les deux pays sous la présidence du démocrate Barack Obama (2009-2017) avait donné un coup de fouet au secteur. Les investissements immobiliers dans le tourisme s'étaient multipliés au moment où Airbnb pénétrait sur l'île. "C'est le moment" Mais le renforcement des sanctions sous le premier mandat du républicain Donald Trump (2017-2021) et la pandémie ont mis un coup d'arrêt à cet essor. Une vague d'émigration massive, avec le départ de plus de 1,5 million de Cubains depuis 2020, a fini de faire s'effondrer le marché. Désormais, la pression maximale exercée par Washington, qui ne cache pas son souhait de voir un changement de régime sur l'île située à 150 km de la Floride, fait à nouveau bouger le marché, constatent les professionnels. Certains intermédiaires ont même modifié leur discours à l'égard de potentiels acheteurs. "C'est le moment d'acheter", "ceux qui savent sont en train d'investir", peut-on lire sur leurs annonces postées sur les réseaux sociaux, dans une allusion à peine voilée à de possibles changements sur l'île. "Le marché bouge en raison des expectatives" et non pas de l'offre et la demande, résume Luis Mijail Lopez, propriétaire d'une entreprise privée de construction dans la capitale de 1,7 million d'habitants. "Il y a plus d'acheteurs et beaucoup de vendeurs ont suspendu leur vente" en espérant une hausse prochaine du marché, ou "ont fait monter les prix" de leur bien, confirme Yovanni Cantillo. Selon lui, plusieurs facteurs nourrissent ces attentes: les pourparlers en cours entre Washington et La Havane, et une nouvelle loi cubaine sur le logement en préparation, qui autorise l'hypothèque et permettra aux Cubains de posséder deux logements en ville et un à la campagne. Cette législation, attendue pour juillet, "va permettre de posséder trois maisons (contre deux actuellement), ce qui veut dire qu'il sera possible de faire des affaires avec ces propriétés", confirme un architecte consulté par l'AFP et qui n'a pas souhaité donner son nom. Nationalisations Autres facteurs, selon M. Cantillo, un fort ralentissement de l'émigration, ce qui a fait diminuer l'offre, et la part croissante du secteur privé dans le tissu économique. En plein essor, les petites et moyennes entreprises, autorisées depuis 2021, s'installent dans des maisons ou appartements pour développer leurs activités, dans une capitale où l'immobilier de bureau est quasi inexistant. Enfin, l'arrivée d'entreprises privées du bâtiment, qui gèrent elles-mêmes leurs importations, a fluidifié la disponibilité de matériaux de construction qui ont longtemps souffert de pénuries, et facilitent la rénovation de maisons. Dans ce contexte, l'intérêt pour ce marché des Cubains-américains, dont environ 2 millions résident aux Etats-Unis, est une donnée "essentielle", ajoute Yovanni Cantillo. "Les Cubains-américains qui sont partis et ont gagné un peu d'argent veulent revenir investir sur l'île", confirme l'architecte consulté par l'AFP. Un Cubain de 48 ans a ainsi expliqué sous anonymat à l'AFP depuis Miami, où il réside depuis 32 ans, avoir demandé à un membre de sa famille de lui chercher un appartement à La Havane "car il va y avoir des changements". Cette perspective ravive aussi l'espoir de certains exilés de récupérer leurs propriétés nationalisées par le gouvernement communiste après 1959.
Texte intégral (745 mots)
A Cuba, 9,6 millions d'habitants, le marché immobilier a émergé en 2011 lorsque les habitants ont été autorisés à acheter ou vendre leur maison. Auparavant, ils ne pouvaient que l'échanger. Les étrangers ne sont pas autorisés à acheter un logement, sauf à être résidents permanents ou à passer par des prête-noms locaux, et les agences immobilières privées n'existent pas, même si des travailleurs indépendants officient comme intermédiaires. Dans une économie en crise depuis six ans et quasiment paralysée par le blocus pétrolier imposé depuis début 2026 par Washington, des professionnels du secteur relèvent néanmoins un frémissement. Yovanni Cantillo, qui travaille comme intermédiaire, constate depuis quelques mois "une reprise du flux, de la dynamique" à La Havane, avec un impact sur les prix. "Dans des quartiers comme Miramar, Nuevo Vedado et Vedado", les plus cossus de la capitale, "on observe une légère hausse", explique-t-il, même si les prix restent entre 40% et 50% en dessous de ce qu'ils avaient atteint lors du dégel historique entre Cuba et les Etats-Unis à partir de 2015. La reprise des relations diplomatiques entre les deux pays sous la présidence du démocrate Barack Obama (2009-2017) avait donné un coup de fouet au secteur. Les investissements immobiliers dans le tourisme s'étaient multipliés au moment où Airbnb pénétrait sur l'île. "C'est le moment" Mais le renforcement des sanctions sous le premier mandat du républicain Donald Trump (2017-2021) et la pandémie ont mis un coup d'arrêt à cet essor. Une vague d'émigration massive, avec le départ de plus de 1,5 million de Cubains depuis 2020, a fini de faire s'effondrer le marché. Désormais, la pression maximale exercée par Washington, qui ne cache pas son souhait de voir un changement de régime sur l'île située à 150 km de la Floride, fait à nouveau bouger le marché, constatent les professionnels. Certains intermédiaires ont même modifié leur discours à l'égard de potentiels acheteurs. "C'est le moment d'acheter", "ceux qui savent sont en train d'investir", peut-on lire sur leurs annonces postées sur les réseaux sociaux, dans une allusion à peine voilée à de possibles changements sur l'île. "Le marché bouge en raison des expectatives" et non pas de l'offre et la demande, résume Luis Mijail Lopez, propriétaire d'une entreprise privée de construction dans la capitale de 1,7 million d'habitants. "Il y a plus d'acheteurs et beaucoup de vendeurs ont suspendu leur vente" en espérant une hausse prochaine du marché, ou "ont fait monter les prix" de leur bien, confirme Yovanni Cantillo. Selon lui, plusieurs facteurs nourrissent ces attentes: les pourparlers en cours entre Washington et La Havane, et une nouvelle loi cubaine sur le logement en préparation, qui autorise l'hypothèque et permettra aux Cubains de posséder deux logements en ville et un à la campagne. Cette législation, attendue pour juillet, "va permettre de posséder trois maisons (contre deux actuellement), ce qui veut dire qu'il sera possible de faire des affaires avec ces propriétés", confirme un architecte consulté par l'AFP et qui n'a pas souhaité donner son nom. Nationalisations Autres facteurs, selon M. Cantillo, un fort ralentissement de l'émigration, ce qui a fait diminuer l'offre, et la part croissante du secteur privé dans le tissu économique. En plein essor, les petites et moyennes entreprises, autorisées depuis 2021, s'installent dans des maisons ou appartements pour développer leurs activités, dans une capitale où l'immobilier de bureau est quasi inexistant. Enfin, l'arrivée d'entreprises privées du bâtiment, qui gèrent elles-mêmes leurs importations, a fluidifié la disponibilité de matériaux de construction qui ont longtemps souffert de pénuries, et facilitent la rénovation de maisons. Dans ce contexte, l'intérêt pour ce marché des Cubains-américains, dont environ 2 millions résident aux Etats-Unis, est une donnée "essentielle", ajoute Yovanni Cantillo. "Les Cubains-américains qui sont partis et ont gagné un peu d'argent veulent revenir investir sur l'île", confirme l'architecte consulté par l'AFP. Un Cubain de 48 ans a ainsi expliqué sous anonymat à l'AFP depuis Miami, où il réside depuis 32 ans, avoir demandé à un membre de sa famille de lui chercher un appartement à La Havane "car il va y avoir des changements". Cette perspective ravive aussi l'espoir de certains exilés de récupérer leurs propriétés nationalisées par le gouvernement communiste après 1959.
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