Peine perdue: depuis des années, dirigeants, cadres et porte-parole d'Horizons s'échinaient à chaque intervention à assurer que non, Édouard Philippe n'a jamais prôné la retraite à 67 ans. L'ancien Premier ministre avait, en réalité, évoqué un possible décalage de l'âge de départ "à 65, 66 ou 67 ans" dans un entretien à Challenges en 2021.
Gérald Darmanin n'a semble-t-il pas intégré cette subtilité: "Je suis opposé à la retraite à 67 ans" et Édouard Philippe n'a "pour l'instant pas changé d'avis", a expliqué le Garde des sceaux en annonçant son ralliement dans un entretien à La Voix du Nord.
Soutien empoisonné ? Plutôt une "scénarisation des choses", juge un cadre Horizons. "Gérald anticipe le fait qu'il aura joué, pesé dans cette dimension plus sociale d'une nécessaire réforme des retraites". Et "ça montrera aussi qu'Édouard n'est pas aussi psychorigide que certains veulent bien le dire".
Le candidat se sait attendu sur ce dossier, qu'il a commencé à déminer, à défaut d'avoir présenté son projet précis. Sa réforme veillera à "préserver les ouvriers, les salariés modestes et les indépendants", a-t-il expliqué lors de son meeting début juillet.
Édouard Philippe "a indiqué qu'avoir un âge de départ unique pour tous les Français n'avait pas de sens, en raison de la pénibilité des métiers", a insisté mardi sur LCI l'un de ses porte-parole, Maël de Calan, pour qui "l'enjeu, c'est d'abord d'expliquer aux Français pourquoi il faut travailler plus".
Gérald Darmanin, qui revendique l'étiquette de "droite sociale" et entend être "le Philippe Séguin d’Édouard", allusion à la campagne de Jacques Chirac sur la fracture sociale en 1995, ne s'est pas contenté de marquer ses réserves sur le dossier des retraites. Il a notamment exhorté son candidat à être plus ferme sur les questions d'immigration.
-"L'effort" du rassemblement-
En l'état, et faute de prise en compte des aspirations de l'électorat populaire, analyse le Garde des sceaux, le candidat du bloc central est troisième, derrière Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon.
Et Édouard Philippe, insiste son allié et ami, doit faire "l'effort" de démontrer sa capacité de rassemblement. Avec même une idée de "duo" toute trouvée avec un autre de ses proches: le président de la région Hauts-de-France Xavier Bertrand.
Mais ce dernier, qui ambitionne lui aussi l'Élysée, avait répondu par anticipation dans les colonnes de Corse Matin: "si je cherchais une place, je serais ministre depuis dix ans. Si je n'ai pas été avec Macron, ce n'est pas pour aller avec ses héritiers", a-t-il déclaré le 10 août.
"Tout le monde connaît la proximité de Gérald Darmanin avec Xavier Bertrand. La dynamique de rassemblement se poursuit, c'est l'essentiel", évacue le président du groupe Horizons à l'Assemblée, Laurent Marcangeli.
Édouard Philippe effectue sa rentrée lors d'un déplacement à Mayotte vendredi et samedi, puis à La Réunion jusqu'à mardi. A Mayotte, le candidat consacrera une partie de son séjour à la lutte contre l'immigration clandestine. Les thèmes de l'eau, de l'économie et de la reconstruction, un an et demi après le cyclone Chido, figurent également au programme.
Le maire du Havre sera ensuite présent, comme d'autres candidats à l’Élysée, à l'évènement de rentrée du Medef le 27 août.
Comme il l'avait fait au printemps lors du think tank Les Gracques, il débattra le 29 avec François Hollande, à l'occasion du rassemblement de rentrée du Laboratoire de la République de l'ancien ministre Jean-Michel Blanquer. Avant d'intervenir le lendemain à Tourcoing à la rentrée de Gérald Darmanin.
Plus de soixante parlementaires sont attendus dans le Nord, selon les organisateurs. De quoi plier la concurrence interne au bloc central avec Gabriel Attal ? Dans l'entourage du candidat Renaissance, on ne voit "aucune surprise" dans ce ralliement, M. Darmanin ayant quitté le parti macroniste. Darmanin chez Philippe, "c'est l'UMP qui se reforme dix ans après", ironise un cadre.
Texte intégral (674 mots)
Peine perdue: depuis des années, dirigeants, cadres et porte-parole d'Horizons s'échinaient à chaque intervention à assurer que non, Édouard Philippe n'a jamais prôné la retraite à 67 ans. L'ancien Premier ministre avait, en réalité, évoqué un possible décalage de l'âge de départ "à 65, 66 ou 67 ans" dans un entretien à Challenges en 2021.
Gérald Darmanin n'a semble-t-il pas intégré cette subtilité: "Je suis opposé à la retraite à 67 ans" et Édouard Philippe n'a "pour l'instant pas changé d'avis", a expliqué le Garde des sceaux en annonçant son ralliement dans un entretien à La Voix du Nord.
Soutien empoisonné ? Plutôt une "scénarisation des choses", juge un cadre Horizons. "Gérald anticipe le fait qu'il aura joué, pesé dans cette dimension plus sociale d'une nécessaire réforme des retraites". Et "ça montrera aussi qu'Édouard n'est pas aussi psychorigide que certains veulent bien le dire".
Le candidat se sait attendu sur ce dossier, qu'il a commencé à déminer, à défaut d'avoir présenté son projet précis. Sa réforme veillera à "préserver les ouvriers, les salariés modestes et les indépendants", a-t-il expliqué lors de son meeting début juillet.
Édouard Philippe "a indiqué qu'avoir un âge de départ unique pour tous les Français n'avait pas de sens, en raison de la pénibilité des métiers", a insisté mardi sur LCI l'un de ses porte-parole, Maël de Calan, pour qui "l'enjeu, c'est d'abord d'expliquer aux Français pourquoi il faut travailler plus".
Gérald Darmanin, qui revendique l'étiquette de "droite sociale" et entend être "le Philippe Séguin d’Édouard", allusion à la campagne de Jacques Chirac sur la fracture sociale en 1995, ne s'est pas contenté de marquer ses réserves sur le dossier des retraites. Il a notamment exhorté son candidat à être plus ferme sur les questions d'immigration.
-"L'effort" du rassemblement-
En l'état, et faute de prise en compte des aspirations de l'électorat populaire, analyse le Garde des sceaux, le candidat du bloc central est troisième, derrière Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon.
Et Édouard Philippe, insiste son allié et ami, doit faire "l'effort" de démontrer sa capacité de rassemblement. Avec même une idée de "duo" toute trouvée avec un autre de ses proches: le président de la région Hauts-de-France Xavier Bertrand.
Mais ce dernier, qui ambitionne lui aussi l'Élysée, avait répondu par anticipation dans les colonnes de Corse Matin: "si je cherchais une place, je serais ministre depuis dix ans. Si je n'ai pas été avec Macron, ce n'est pas pour aller avec ses héritiers", a-t-il déclaré le 10 août.
"Tout le monde connaît la proximité de Gérald Darmanin avec Xavier Bertrand. La dynamique de rassemblement se poursuit, c'est l'essentiel", évacue le président du groupe Horizons à l'Assemblée, Laurent Marcangeli.
Édouard Philippe effectue sa rentrée lors d'un déplacement à Mayotte vendredi et samedi, puis à La Réunion jusqu'à mardi. A Mayotte, le candidat consacrera une partie de son séjour à la lutte contre l'immigration clandestine. Les thèmes de l'eau, de l'économie et de la reconstruction, un an et demi après le cyclone Chido, figurent également au programme.
Le maire du Havre sera ensuite présent, comme d'autres candidats à l’Élysée, à l'évènement de rentrée du Medef le 27 août.
Comme il l'avait fait au printemps lors du think tank Les Gracques, il débattra le 29 avec François Hollande, à l'occasion du rassemblement de rentrée du Laboratoire de la République de l'ancien ministre Jean-Michel Blanquer. Avant d'intervenir le lendemain à Tourcoing à la rentrée de Gérald Darmanin.
Plus de soixante parlementaires sont attendus dans le Nord, selon les organisateurs. De quoi plier la concurrence interne au bloc central avec Gabriel Attal ? Dans l'entourage du candidat Renaissance, on ne voit "aucune surprise" dans ce ralliement, M. Darmanin ayant quitté le parti macroniste. Darmanin chez Philippe, "c'est l'UMP qui se reforme dix ans après", ironise un cadre.