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Chaîne de service public - Actualité internationale.

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22.05.2026 à 09:11

FRANCE24
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Dans le comté d'Ouray, il n'y a pas encore de flammes réelles, mais les services de secours locaux s'entraînent, pour la première fois à grande échelle, à protéger les habitants d'une saison des incendies qui s'annonce mauvaise dans l'ouest américain. De l'Arizona au Wyoming, un vaste territoire dépend pour son alimentation en eau de la neige tombée dans les montagnes Rocheuses. Mais cet hiver, il n'a jamais fait aussi chaud dans la région, réduisant le stock de neige à des niveaux historiquement bas. Conséquence: un asséchement des sols et de la végétation très favorable aux incendies. Vingt-sept minutes après le passage du policier, une ambulance arrive chez Amy et embarque Jordan Wyatt et Jennifer Shook, qui jouent le rôle de deux blessés. A quelques maisons de là, sous les pins, des pompiers coiffés de casques jaunes projettent l'eau de leur lance à incendie sur un brasier imaginaire. Jennifer, en fauteuil roulant, se souvient de l'été dernier, quand sa mère a vu, impuissante, un feu de forêt se rapprocher. "Ayant vu son niveau de stress, et sachant qu'il y a d'autres personnes avec des handicaps qui devraient être évacuées, je voulais participer", dit-elle, avant d'être transportée dans l'ambulance. "Tellement peu d'humidité" Ce type d'exercice, indispensable pour repérer les failles dans la coordination des différents services de secours, est de plus en plus courant au Colorado, dans le centre-ouest du pays. Ils permettent aussi d'inciter les habitants à se préparer à devoir partir dans l'urgence, a fortiori pour cet été. "J'ai travaillé ici toute ma vie, et je n'ai jamais rien vu de tel", confirme Aaron Jonke, le chef des pompiers de la petite ville de Salida. "Il faut que les gens comprennent que ce n'est pas une année habituelle", "c'est la pire", insiste-t-il, "il y a tellement peu d'humidité." Le pompier moustachu alerte les habitants depuis janvier. "Avec le changement climatique", dit-il, "la saison des incendies est passée d'événement estival à quelque chose qui court sur toute l'année." Dans le Colorado Fire Camp, qui prépare ce jour là au maniement des tronçonneuses, un outil vital pour créer des trouées dans les forêts, Daniel Pusher s'applique à découper des troncs. Il compte rapporter ce savoir-faire chez lui, dans sa tribu Apache de l'Arizona, afin de travailler à un projet d'élagage destiné à lutter contre le risque d'incendie. Et avec la "mauvaise sécheresse" de cette année, s'inquiète-t-il, "on garde nos yeux grand ouverts." Huit des onze Etats de la région ont enregistré leur plus faible quantité d'eau stockée dans le manteau neigeux depuis le début des mesures. Parmi eux, le Colorado, qui a activé son plan sécheresse dès mars. La région est méconnaissable. Rives asséchées Au col de Loveland, à 3.650 mètres d'altitude, il n'y a plus que quelques plaques de neige sur les pentes herbeuses. Skis en main, Tim Faris cherche quelques virages de glisse. "D'habitude, je peux skier ici jusqu'à fin juin", s'alarme-t-il. "Aujourd'hui, je dois marcher entre les marmottes et les fleurs pour trouver de la neige." Dans la vallée, les pontons en principe flottants d'un petit port de plaisance du lac artificiel de Dillon sont aujourd'hui posés sur la boue: aucun bateau ne s'y amarrera de l'été, le niveau du lac est six mètres trop bas. Moins de saisonniers ont été embauchés. L'accès au lac Antero, repaire de pêcheurs cerclé d'une herbe jaunie, est fermé par un portail cadenassé. "Retenue fermée. Pas de loisirs en raison du manque d'eau", indique un panneau installé pour toute l'année. Ce déficit a ravivé le conflit sur le partage de l'eau du fleuve Colorado, source d'eau potable pour 40 millions d'Américain et qui irrigue les champs de toute la région. La ville de Denver n'avait jamais déclenché de restrictions sur l'usage d'eau aussi tôt dans l'année. Environ 90% de son eau vient de la fonte des neiges, et la tendance est claire: elle baisse d'année en année. Dans le comté d'Ouray, une fois Jennifer et les autres évacués, les lances à incendies rangées, les quelque 175 professionnels et volontaires impliqués dans l'exercice dressent le bilan dans la salle polyvalente. Le réseau téléphonique de secours n'a pas bien fonctionné, le nouveau système radio des pompiers non plus. Mais Diane Moore, une bénévole, en tire une leçon: avoir un sac prêt pour l'évacuation, et penser à prendre son chargeur de téléphone. "On va rentrer à la maison et en préparer un" tout de suite, glisse-t-elle en partant.

22.05.2026 à 09:09

FRANCE24
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Aldana, technicienne minière de 27 ans, ne voit son garçonnet de sept ans que toutes les deux semaines, quand elle redescend à 1.500 m à Villa Calingasta, son village de 2.700 habitants. "Mais le sacrifice en vaut la peine (...) ce travail, moi, je l'adore ! Dès la première fois que je suis montée, j'en suis tombée amoureuse", raconte-t-elle à l'AFP en supervisant les excavatrices qui forent 24/24h, créant un fond sonore incessant. Son travail, c'est Los Azules, l'exploration en vue d'une mine de cuivre dans la province de San Juan (ouest, 1.400 km de Buenos Aires). Un projet pharaonique, des kilomètres de pistes pour engins et camions creusées à flanc de montagne, dans un décor d'immensité rocheuse, entre glaciers couverts et amas de neige. Los Azules est un des récents projets miniers phares en Argentine. Près de 3 milliards de dollars d'investissement de McEwen Copper (Canada), associé à Stellantis et Rio Tinto/Nuton, pour une production prévue, après 2030, de 148.000 tonnes par an sur 20 ans. "Révolution minière" C'est un fleuron de la "révolution minière", mantra de l'ultralibéral Javier Milei, président depuis fin 2023: "L'exploitation minière se déploiera sur toute la Cordillère, générant des centaines de milliers d'emplois", clamait-il en mars au Parlement. Le véhicule, c'est le "RIGI", le Régime d'incitation pour les grands investissements, adopté en 2024, qui vise à récompenser des grosses mises de capitaux étrangers par des avantages fiscaux, douaniers ou de change pendant 30 ans. A ce jour, près de 40 projets ont été présentés, 16 approuvés, pour plus de 20 milliards de dollars d'investissements potentiels. La plus grosse part dans le secteur minier, suivi des hydrocarbures. En 2025, les exportations minières d'Argentine ont augmenté de 27% pour atteindre 6 milliards de dollars, portées par l'or et le lithium, dont elle est cinquième producteur mondial. Selon des projections de la Banque centrale, ce total pourrait tripler d'ici 2030, voire quintupler d'ici dix ans. Michael Meding, directeur général de Los Azules, assure à l'AFP que le RIGI "a envoyé des signaux très importants aux investisseurs au niveau international". Pour l'économiste Nicolas Gadano, "la matrice exportatrice de l'Argentine est en train de se transformer" avec l'essor du secteur minier et des hydrocarbures, par lesquels le pays à l'ADN traditionnellement agricole veut remédier à son manque chronique de dollars. La moitié des exportations minières prévues sont liées au cuivre, stratégique pour la construction, la transition énergétique, le développement de l'intelligence artificielle. L'Argentine n'en produit quasiment plus depuis 2018, mais dispose d'assez de réserves pour figurer au top 10 mondial. Loin du N.1 chilien, voisin que Milei cite en exemple. A Calingasta, près de la frontière chilienne, l'impact sur l'emploi est réel: nombre d'habitants de l'agglomération ont un emploi directement ou indirectement lié à l'activité minière. Comme le père et les deux frères d'Aldana. Ou sa soeur, elle aussi au campement de quelque 200 personnes de Los Azules. Protéger l'eau, ou manger Le boom minier ne s'annonce pas sans inquiétudes pour l'environnement. Le "puits" final de Los Azules devrait couvrir l'équivalent de 840 terrains de football, et plonger à plus de 300 m de profondeur, soit à peu près la Tour Eiffel. Il faudra enlever -"déplacer" est une option à l'étude-, une vega, sorte d'oasis d'altitude à la végétation spongieuse, qui sert d'habitat à une petite faune locale et de régulateur hydrique. Et même si Los Azules promet d'être neutre en carbone en 2038 et revendique une méthode d'extraction utilisant peu d'eau, l'impact à terme interroge. A fortiori alors que le Parlement vient de réformer la loi dite "des Glaciers", qui désormais donne plus grande souplesse aux provinces pour autoriser des projets miniers. "Les gens doivent choisir : +soit je protège l'eau, soit je mange+," se résigne Alejandro, pompiste à Jachal dans la vallée. Où l'on n'a pas oublié la contamination en 2015 de trois cours d'eau locaux, par la fuite d'un million de litres de solution cyanurée d'une mine de Barrick Gold. Sans être opposé à l'activité minière, Alejandro considère qu'"il n'y a pas assez de contrôles" de l'Etat. Mais tout là-haut à Los Azules, où la cumbia aide à oublier le vent glacial, Andres Carrizo, opérateur de foreuse de 27 ans, espère surtout que "tout cela va continuer, qu'on ait tous du travail, et qu'on puisse se développer".

22.05.2026 à 09:07

FRANCE24
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A Marchouch, une commune située à 70 kilomètres au sud de Rabat, des agriculteurs perchés sur une presse à fourrage grinçante, qui recrache la paille en bottes rectangulaires, s'activent dans les champs. Dans cette région rurale et agricole, les pluies tombées cet hiver ont transformé le paysage. Les champs ont reverdi, les moissons repris, et avec elles un regain d'activité dans des campagnes éprouvées par des années de stress hydrique. La récolte céréalière devrait plus que doubler cette année pour atteindre près de 90 millions de quintaux, contre 44 millions lors de la précédente campagne, et la production globale du secteur devrait progresser d'environ 15% par rapport à la saison dernière, selon des données officielles. Mais les cultures de printemps et d'été sont confrontées à une hausse du coût des intrants liée à la situation au Moyen-Orient. "Nous nous sommes réjouis au début de l'arrivée de la pluie", mais "avec la hausse des prix du mazout (gasoil, NDLR), tout a changé", confie à l'AFP M. Maazi. Depuis le début de la guerre fin février, les perturbations du trafic maritime dans le détroit d'Ormuz, artère vitale du commerce mondial par laquelle transite un cinquième du gaz naturel liquéfié et du pétrole brut, ont restreint l'offre d'énergie et d'engrais. Mehdi El Maazi dépensait auparavant quelque 1.200 dirhams (110 euros) de gasoil par hectare pour alimenter son tracteur. Cette facture s'élève désormais à 1.800 dirhams (167 euros), affirme le producteur de lentilles de 32 ans. Pas de bénéfices Dans une commune voisine, Abdelkader Toukati espère que "le prix du gasoil baissera avant le début de la saison des récoltes", d'autant que "le coût de location des moissonneuses a doublé" et que les salaires des ouvriers ont eux aussi augmenté. "Il n'y a plus de bénéfice: nous ne travaillons plus que pour payer le carburant", déplore de son côté Abdelaziz Drissi, loueur d'engins agricoles. La hausse des prix des carburants, utilisés pour le transport, se répercute directement sur le coût des intrants agricoles: semences, engrais, pesticides ou encore le fourrage. L'éleveur de bétail Abdessadaq El Fayd a d'ailleurs constaté la hausse du prix du sac de graine pour animaux. "Nous l'achetions auparavant 90 dirhams" l'unité, environ huit euros, il "coûte aujourd'hui 110 à 120 dirhams" (11 euros), dit-il à l'AFP à Meknès, dans le nord du Maroc, en marge du Salon international de l'Agriculture. Face à cette inflation, le gouvernement a annoncé à la mi-mars une aide aux transporteurs, sans que ce soutien ne permette de stabiliser les prix, d'après les agriculteurs interrogés par l'AFP. Selon Rachid Benali, président de la Confédération marocaine de l'agriculture et du développement rural, "les hausses de prix concernent principalement les carburants et les engrais azotés" mais il n'existe "pas encore d'estimations précises sur l'ampleur" de cette augmentation. Malgré la flambée mondiale des coûts de l'énergie, la croissance au Maroc, où l'agriculture représente environ 12% du PIB et 24,5% des emplois, devrait accélérer à 5% au premier trimestre 2026, après 4,1% au quatrième trimestre 2025, portée notamment par les activités agricoles, selon un récent rapport du Haut-Commissariat au Plan. M. Benali assure que l'augmentation des prix de production "n'aura aucun impact sur le volume ni la qualité" mais "se répercutera automatiquement" sur le coût des produits agricoles dans les marchés. "Nous allons travailler à l'amélioration des chaînes de distribution (...) afin que les prix restent à un niveau raisonnable", a promis fin avril le chef du gouvernement Aziz Akhannouch. Indépendamment des facteurs extérieurs, la commercialisation des produits agricoles au Maroc pâtit d'un problème structurel: la multiplication des intermédiaires, qui tire souvent les prix vers le haut au détriment des producteurs et des consommateurs.

22.05.2026 à 08:57

FRANCE24
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La liste des éléments défavorables au président russe s'allonge. Que ce soit sur le champ de bataille, en matière d'indicateurs économiques ou, plus prosaïquement, dans les témoignages mécontents de Moscovites privés d'internet mobile pour "raisons de sécurité". Après quatre années d'une guerre terriblement meurtrière, l'objectif de Vladimir Poutine, au pouvoir depuis 26 ans, de s'emparer de la totalité de la région industrielle ukrainienne du Donbass, dans l'est, n'est toujours pas atteint. Et pour la première fois depuis l'été 2023, selon une analyse par l'AFP des données de l'Institut pour l'étude de la guerre (ISW), les forces russes ont perdu du terrain en Ukraine entre mars et avril. La Russie occupe aujourd'hui un peu plus de 19% de ce pays voisin, dont environ 7%, en Crimée et dans les zones du Donbass, étaient déjà sous contrôle russe ou prorusse avant la vaste offensive de février 2022. "Seuil psychologique" "On a franchi le seuil psychologique des quatre ans, certains ont compris que tout ne se déroulait pas tout à fait comme prévu", souligne Konstantin Kalatchev, un politologue russe interrogé par l'AFP. Le ministère russe de la Défense, prompt à annoncer la prise de la moindre localité ukrainienne depuis le début de l'invasion, diffuse désormais moins souvent ce type de communiqués triomphalistes. A la veille du 9-Mai, le jour où la Russie célèbre la capitulation de l'Allemagne nazie, la tension est à son comble : la Russie, qui bombarde régulièrement Kiev sans prévenir, appelle cette fois ambassades et population à évacuer la capitale ukrainienne. Elle promet un déluge de feu, sur notamment "les centres de décision", si l'Ukraine ose perturber le traditionnel défilé sur la place Rouge, sans matériel militaire lourd pour la première fois en près de vingt ans. L'escalade n'aura pas lieu : une trêve de trois jours, annoncée in extremis le 8 mai par Donald Trump, est acceptée par les deux parties. Et le président ukrainien Volodmyr Zelensky se fend d'un décret inédit, inimaginable quelques mois auparavant, pour dire à son armée de ne pas lancer de drones sur la place Rouge. Au soir du 9 mai, Vladimir Poutine lâche une formule qui fera les gros titres de la presse internationale : il évoque l'hypothèse d'une "fin" proche de la guerre, tout en reprochant l'aide occidentale à l'Ukraine. Selon des analystes, il s'agit d'un message à l'intention de l'opinion publique dans un difficile exercice d'équilibriste. "Un déclencheur" "Il veut envoyer un message : +je comprends que cette guerre doit bientôt se terminer mais elle doit se finir selon mes conditions+", estime Stefan Meister, analyste au German Council on Foreign Relations, cité dans le New York Times. Les services de renseignement lettons, attentifs à la menace du voisin russe, notent, quant à eux, que les restrictions et les blocages liés à internet ou l'augmentation de la TVA ont aussi eu des répercussions sur "les groupes proches du régime et les élites". Ils relèvent, auprès de l'AFP, que des membres des élites discutent des "personnalités susceptibles de remplacer, à terme, les dirigeants actuels vieillissants par des responsables plus jeunes qu'ils jugent aptes à représenter au mieux leurs intérêts". Le politologue Konstantin Kalatchev se dit, pour sa part, loin de "dramatiser la situation". "Pour qu’il y ait une crise, il faut deux facteurs : un déclencheur et un leader. La coupure d'internet n'est pas devenue ce déclencheur grâce aux VPN, et un leader... Notre système n'est pas de ceux dans lesquels peuvent émerger des leaders non autorisés", juge le politologue. Dans une société travaillée par une propagande sans relâche, où toute critique est passible de lourdes peines judiciaires, Vladimir Poutine, 73 ans, garde une forte emprise sur son pays. Parallèlement, l'économie russe, tournée vers l'effort de guerre et sous le coup de sanctions occidentales, montre de sérieux signes d'essoufflement. Le produit intérieur brut s'est contracté de 0,2% au premier trimestre, enregistrant son premier recul trimestriel en trois ans. "Que se passe-t-il à Moscou ?", interroge dans un article l'expert français Michel Duclos, de l'institut de réflexion Montaigne. "On serait tenté de se référer aux années 1980, écrit-il, lorsqu'au Kremlin les choses commencèrent à bouger : la Russie d'aujourd'hui bute sur l'obstacle ukrainien comme l'URSS jadis +cala+ devant la résistance afghane". burx/bds

22.05.2026 à 08:57

FRANCE24
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Financier redoutable et fervent catholique, le Breton de 74 ans est accusé à gauche de mener bataille pour les idées d'extrême droite. Lui-même s'en défend: "Tout ça, c'est des tartes à la crème. (...). Je n'ai aucun projet idéologique", jurait-il en 2024 lors d'une audition à l'Assemblée nationale. Pour autant, il a lancé un cercle de réflexion, l'Institut de l'Espérance, dont le manifeste est attendu prochainement. Son but: "Ramener du bon sens et de la prospérité pour la France et les Français", a-t-il dit début avril devant la commission parlementaire sur l'audiovisuel public. Via les groupes dans son giron, le magnat est présent dans la télévision (groupe Canal+), la radio (Europe 1), la presse (JDD et magazines du groupe Prisma) et l'édition (Hachette). Un vaste empire qui fait des remous. En avril, des dizaines d'écrivains claquent la porte de l'éditeur Grasset après le limogeage du PDG Olivier Nora, qu'ils imputent à M. Bolloré. Celui-ci réplique dans le JDD en moquant "une petite caste" et en balayant les "attaques" sur son "idéologie": "Je suis chrétien démocrate". Puis, au démarrage du Festival de Cannes, une tribune de professionnels dénonce "l'emprise" d'un "patron d'extrême droite" sur le cinéma français, dont Canal+ est le premier financeur. Une crise éclate et Canal+ menace de ne plus travailler avec les signataires. Papier à rouler Côté médias, CNews, Europe 1 et le JDD sont accusés par la gauche de promouvoir une vision d'extrême droite dans leur traitement des questions d'insécurité ou d'immigration. "CNews est un succès parce que CNews raconte la vérité", rétorquait M. Bolloré devant les députés en 2024. Quinzième fortune de France selon Challenges, il tient fermement les rênes de la holding familiale. Sous son contrôle, deux de ses fils, Cyrille et Yannick, dirigent respectivement les groupes Bolloré et Havas. La source de cette saga est la manufacture de papier d'Odet, dans le Finistère, fondée en 1822 puis reprise par l'aïeul de M. Bolloré. Alors jeune banquier d'affaires à Paris, celui-ci sauve l'entreprise familiale en 1981 en reprenant avec son frère les usines Odet-Cascadec-Bolloré (OCB), à l'agonie. Il passe du papier à cigarettes au film plastique, puis aux condensateurs électriques. Bolloré Technologies entre en Bourse en 1985. Cette aventure lui donne une image de patron sympathique, proche de la jeune droite libérale - François Léotard, Alain Madelin et Gérard Longuet, son beau-frère par alliance. "Diable" Ses affaires se développent, les raids s'enchaînent, ciblant notamment les médias: Bouygues (maison mère de TF1), Pathé, Havas, Ubisoft. "C'est un prédateur. Il se cache puis, comme un diable qui sort de sa boîte, il agit", juge un ex-collaborateur. Au lancement de la télévision numérique terrestre (TNT) en 2005, Vincent Bolloré gagne sa première chaîne, Direct 8. Il la revend à Canal+ contre des parts de sa maison mère Vivendi, dont il prend le contrôle en 2014 et qui est scindée fin 2024. Sous sa houlette, Canal+ change: éviction de cadres, fin du "Zapping" ou des "Guignols". La rédaction d'iTélé (qui deviendra CNews) entame une grève historique, comme celles d'Europe 1 puis du JDD plusieurs années après. Une autre télé de la galaxie Bolloré, C8 (anciennement Direct 8), perd son autorisation d'émettre en 2025, à cause des dérapages de son animateur vedette, Cyril Hanouna. En 2022, le groupe Bolloré se sépare de son emblématique branche logistique en Afrique (ports, entrepôts, etc.). Les activités africaines du milliardaire lui vaudront d'être jugé en décembre à Paris, notamment pour corruption au Togo entre 2009 et 2011. Malgré les critiques, Vincent Bolloré jure qu'il n'est "pas du tout un Attila" et nie "inspirer la terreur": "Je ne l'inspire qu'à des gens qui ne m'ont jamais vu et qui croient un certain nombre de petites lettres me décrivant comme un type épouvantable qui fait des choses horribles".

22.05.2026 à 08:53

FRANCE24
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Des images satellites et des photos prises par l'AFP dans la région, comme les témoignages d'habitants déplacés et de responsables, font état de destructions d'une ampleur inégalée. Les autorités libanaises accusent Israël de commettre un véritable "urbicide" dans le sud du pays, une stratégie militaire visant à oblitérer des villes. Elles ont recensé plus de 50.000 bâtiments détruits ou endommagés depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah pro-iranien le 2 mars, ainsi que quelque 56.000 hectares de terres agricoles. Ecoles, lieux de culte, infrastructures vitales: la destruction n'a rien épargné, dans les zones occupées par Israël comme dans celles qu'il pilonne intensivement. "Tout a été détruit, il ne nous reste que les souvenirs et des photos que nous essayons de compiler avec les voisins pour préserver notre mémoire, et pour pouvoir raconter à nos enfants à quoi ressemblait Yaroun", confie Hala Farah. C'est à l'aide d'images satellites que cette femme de 33 ans, déplacée dans le nord de Beyrouth, a vu il y a deux semaines sa maison réduite en ruines. "J'espérais voir mes filles grandir dans la maison familiale (...) mais la guerre nous a tout pris", ajoute-t-elle, arborant sur son T-shirt noir un pin's à l'effigie de son village, tout près de la frontière avec Israël, où vivaient chrétiens et musulmans. "Ni armes, ni tranchées" Certains déplacés de localités interdites d'accès par l'armée israélienne se cotisent pour acheter des images satellites, au prix de 140 dollars l'une. Les réseaux sociaux foisonnent d'images de bâtiments avant et après leur destruction: un militant anti-Hezbollah regrette la maison à trois étages de son grand-père à Nabatiyé, un écrivain chevronné pleure sa bibliothèque à Bint Jbeil, un internaute déplore la perte de la mosquée de cette ville, dont les pierres, restées intactes depuis quatre siècles, ont été pulvérisées par des frappes. "Israël tente de nous arracher toutes les ressources vitales à notre retour", assène Hala Farah, inconsolable. La poursuite des destructions après l'entrée en vigueur de la trêve le 17 avril "confirme le projet israélien d'urbicide dans tout le sud", affirme-t-elle, faisant défiler les photos et vidéos sur son téléphone portable. Les opérations ont ciblé "la salle paroissiale, un couvent de religieuses et l'école Saint-Georges (..). Il n'y avait certainement pas de tranchées ni d'armes" sous ces bâtiments, s'insurge-t-elle. L'armée israélienne dit viser des objectifs et infrastructures militaires du Hezbollah. Une grande partie de Yaroun semblait déjà détruite début 2025, après la précédente guerre, selon une analyse d'images effectuée par l'AFP. Dans les clichés de mai 2026, les secteurs jusque-là restés debout sont anéantis. - "Urbicide" - A Bint Jbeil, à environ six km de la frontière, aucune destruction majeure n'apparaissait sur les images satellitaires début avril 2026. A peine un mois plus tard, la quasi-totalité de la ville est rasée, y compris son stade où l'ancien chef du Hezbollah Hassan Nasrallah avait prononcé un discours emblématique en 2000, après le retrait israélien. "La plupart des bâtiments de Bint Jbeil ont été détruits", confirme à l'AFP Chadi Abdallah, secrétaire général du Conseil national de la recherche scientifique (CNRS), en projetant sur un écran géant des images Selon lui, "la plupart des opérations de minage et de démolition à l'explosif" ont eu lieu pendant la trêve. "Les Israéliens détruisent la terre, les hommes et la pierre". "Ils tentent d'arracher les populations à leur terre, d'effacer la mémoire des habitants et d'en effacer l'histoire", poursuit l'expert, dont l'équipe travaille jour et nuit à évaluer l'impact des actions israéliennes. D'après une étude du CNRS libanais, les attaques israéliennes dans le sud ont détruit et endommagé depuis la dernière guerre en 2023 plus de 290.000 logements. Dont 61.000 depuis mars et 12.000 pendant la trêve. "C'est la première fois dans son histoire que le Liban connaît une telle destruction", affirme la chercheuse Hana Jaber, originaire de Bint Jbeil, alors que les frappes ont fait plus de 3.000 morts. Les déplacés, qui dépassent un million, majoritairement chiites, vivent "un déracinement (...) qui aura des conséquences effroyables", estime-t-elle. "A l'agonie" Parmi eux, Imad Bazzi, un ingénieur de 60 ans, déplore la destruction récente du siège de sa société à Bint Jbeil. Bâtiments résidentiels, réseaux d'eau et d'électricité, hôpital, écoles et stations-service: "c'est un changement géographique manifeste, une destruction systématique", décrit ce conseiller municipal. La ville a été détruite à plus de 75%, soit l'équivalent de 4.000 unités d'habitation, selon ses estimations. Israël, dont les soldats opèrent à l'intérieur d'un périmètre délimité par une "ligne jaune", se situant à 10 km de la frontière, affirme vouloir mettre sa population à l'abri des menaces du Hezbollah. Le Liban et Israël ont entamé malgré l'opposition du Hezbollah des négociations directes, les premières depuis des décennies,que Hala Farah souhaite voir aboutir. Elle se dit déterminée à rebâtir son village. "Nous espérons que cette guerre sera la dernière, car nos villages du sud sont actuellement à l'agonie", dit-elle. "Nous espérons qu'Israël se retirera de chaque parcelle de notre terre et nous laissera (...) créer de nouveaux souvenirs pour nos enfants".

22.05.2026 à 08:44

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La finale de la Coupe de France entre le RC Lens et l’OGC Nice, disputée vendredi au Stade de France, prendra une dimension politique et symbolique. À l’initiative de RSF et de la Fédération française de football, plusieurs actions de soutien seront organisées pour réclamer la libération du journaliste sportif Christophe Gleizes, détenu en Algérie depuis près d’un an.
Texte intégral (930 mots)
La finale de la Coupe de France entre le RC Lens et l’OGC Nice, disputée vendredi au Stade de France, prendra une dimension politique et symbolique. À l’initiative de RSF et de la Fédération française de football, plusieurs actions de soutien seront organisées pour réclamer la libération du journaliste sportif Christophe Gleizes, détenu en Algérie depuis près d’un an.

22.05.2026 à 08:37

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"Je le fais pour gagner de quoi survivre", témoigne la cinquantenaire, rencontrée par l'AFP dans la mangrove, machette et gants à la main pour arracher les huîtres poussant sur les racines aériennes des palétuviers. "C'est un métier qui est dur physiquement et qui peut être dangereux". Cette cueillette artisanale éprouvante, effectuée essentiellement par des femmes, exige de s'immerger à marée basse, pieds nus et souvent jusqu'à la poitrine, dans les eaux boueuses et la touffeur de la mangrove, afin d'atteindre des rochers ou les palétuviers où sont accrochées les huîtres sauvages. "Après la récolte, généralement on les cuit à la vapeur, en utilisant du bois de mangrove, pour ouvrir les coquilles à la main", explique Mme Turay, qui travaille dans les mangroves de la péninsule où se situe la capitale, Freetown. Huîtres en ragoût Ce mets très apprécié des Sierra-Léonais se déguste en famille ou au restaurant, le plus souvent en ragoût, parfois grillé ou séché. La dégustation des huîtres fraîches est plutôt une habitude des expatriés ou des touristes de passage. Mme Turay affirme pouvoir gagner en période de bonne récolte environ sept dollars (six euros) par jour, qui servent à nourrir sa famille et payer les frais de scolarité de ses enfants. C'est à son adolescence que les femmes de sa communauté l'ont emmenée apprendre cette cueillette pratiquée dans les mangroves de plusieurs pays ouest-africains. Les hommes, eux, ramassent le bois des palétuviers pour en faire du bois de chauffage ou des constructions. La Sierra Leone est dotée d'une biodiversité spectaculaire mais son environnement est menacé de manière dramatique par la déforestation, les activités humaines et l'empiètement illégal de l'urbanisation sur des terres fragiles, fléaux contre lesquels les autorités peinent à lutter. Mme Turay dit avoir constaté une baisse du rendement de la récolte. "Aujourd'hui des gens viennent pour couper les arbres de la mangrove", déplore-t-elle, les bras ballants. "Ils disent que c'est pour prendre la terre... mais la mangrove, c'est notre gagne-pain !" La déforestation affectant la mangrove - pourtant une zone humide riche à l'écosystème vital pour les côtes - à Freetown est due à l'urbanisation, à la collecte de bois de chauffage et aux constructions illégales, qui ont causé une perte de plus de 25% de la couverture depuis 1990, selon les estimations officielles. Et la cueillette des huîtres sauvages, à force de coupes et de récoltes, a contribué à aggraver ce phénomène. "Ferme à huîtres" Des images satellitaires montrent que la superficie de la mangrove le long de la zone côtière de Aberdeen, à la périphérie de Freetown, s'est réduite de 537 hectares en 2017 à 458 en février 2025, selon l'ONG Environmental Justice Foundation (EJF). Aberdeen Creek est un ensemble de zones humides ayant une importance internationale pour les oiseaux d'eau. Les pieds au milieu d'un marécage, des constructions grignotant la zone au loin, Aminata Koroma, 32 ans, décrit la désolation autour d'elle dans la baie de Cockle, près d'Aberdeen Creek: "Vous voyez comme c'est vide... il y avait tellement de mangrove avant et beaucoup de poissons..." Le gouvernement sierra-léonais et des communautés villageoises ont lancé ces dernières années des opérations de replantation de mangrove, pour mieux protéger les côtes et lutter contre le changement climatique. Abubakarr Barrie, 28 ans, cofondateur et coordinateur de projet de l'ONG "Nature for Mangroves", s'active avec des résidents de Kolleh Town, située sur le littoral de la capitale. Au milieu de l'eau marécageuse, le groupe construit une étonnante structure en bambous, sur lesquels pendent des cordes où sont enfilées des coquilles d'huîtres et des écorces de noix de coco pour inciter des huîtres sauvages à se fixer dessus. L'ONG cultive aussi des naissains (bébés huîtres), le tout constituant une "ferme à huîtres", et restaure des mangroves. Ces fermes se veulent une alternative à la technique ancestrale de cueillette des huîtres sauvages et à ses effets néfastes sur les mangroves, explique M. Barrie. L'ONG souhaite "réduire la pression (des communautés) sur l'écosystème des mangroves, en introduisant un moyen de subsistance alternatif grâce à ces fermes à huîtres". "Si nous ne protégeons pas nos mangroves, des millions d'habitants des zones côtières à travers le monde, y compris ceux de Kolleh Town, risquent de ne plus avoir de moyens d'existence durables", plaide-t-il.
Texte intégral (764 mots)
"Je le fais pour gagner de quoi survivre", témoigne la cinquantenaire, rencontrée par l'AFP dans la mangrove, machette et gants à la main pour arracher les huîtres poussant sur les racines aériennes des palétuviers. "C'est un métier qui est dur physiquement et qui peut être dangereux". Cette cueillette artisanale éprouvante, effectuée essentiellement par des femmes, exige de s'immerger à marée basse, pieds nus et souvent jusqu'à la poitrine, dans les eaux boueuses et la touffeur de la mangrove, afin d'atteindre des rochers ou les palétuviers où sont accrochées les huîtres sauvages. "Après la récolte, généralement on les cuit à la vapeur, en utilisant du bois de mangrove, pour ouvrir les coquilles à la main", explique Mme Turay, qui travaille dans les mangroves de la péninsule où se situe la capitale, Freetown. Huîtres en ragoût Ce mets très apprécié des Sierra-Léonais se déguste en famille ou au restaurant, le plus souvent en ragoût, parfois grillé ou séché. La dégustation des huîtres fraîches est plutôt une habitude des expatriés ou des touristes de passage. Mme Turay affirme pouvoir gagner en période de bonne récolte environ sept dollars (six euros) par jour, qui servent à nourrir sa famille et payer les frais de scolarité de ses enfants. C'est à son adolescence que les femmes de sa communauté l'ont emmenée apprendre cette cueillette pratiquée dans les mangroves de plusieurs pays ouest-africains. Les hommes, eux, ramassent le bois des palétuviers pour en faire du bois de chauffage ou des constructions. La Sierra Leone est dotée d'une biodiversité spectaculaire mais son environnement est menacé de manière dramatique par la déforestation, les activités humaines et l'empiètement illégal de l'urbanisation sur des terres fragiles, fléaux contre lesquels les autorités peinent à lutter. Mme Turay dit avoir constaté une baisse du rendement de la récolte. "Aujourd'hui des gens viennent pour couper les arbres de la mangrove", déplore-t-elle, les bras ballants. "Ils disent que c'est pour prendre la terre... mais la mangrove, c'est notre gagne-pain !" La déforestation affectant la mangrove - pourtant une zone humide riche à l'écosystème vital pour les côtes - à Freetown est due à l'urbanisation, à la collecte de bois de chauffage et aux constructions illégales, qui ont causé une perte de plus de 25% de la couverture depuis 1990, selon les estimations officielles. Et la cueillette des huîtres sauvages, à force de coupes et de récoltes, a contribué à aggraver ce phénomène. "Ferme à huîtres" Des images satellitaires montrent que la superficie de la mangrove le long de la zone côtière de Aberdeen, à la périphérie de Freetown, s'est réduite de 537 hectares en 2017 à 458 en février 2025, selon l'ONG Environmental Justice Foundation (EJF). Aberdeen Creek est un ensemble de zones humides ayant une importance internationale pour les oiseaux d'eau. Les pieds au milieu d'un marécage, des constructions grignotant la zone au loin, Aminata Koroma, 32 ans, décrit la désolation autour d'elle dans la baie de Cockle, près d'Aberdeen Creek: "Vous voyez comme c'est vide... il y avait tellement de mangrove avant et beaucoup de poissons..." Le gouvernement sierra-léonais et des communautés villageoises ont lancé ces dernières années des opérations de replantation de mangrove, pour mieux protéger les côtes et lutter contre le changement climatique. Abubakarr Barrie, 28 ans, cofondateur et coordinateur de projet de l'ONG "Nature for Mangroves", s'active avec des résidents de Kolleh Town, située sur le littoral de la capitale. Au milieu de l'eau marécageuse, le groupe construit une étonnante structure en bambous, sur lesquels pendent des cordes où sont enfilées des coquilles d'huîtres et des écorces de noix de coco pour inciter des huîtres sauvages à se fixer dessus. L'ONG cultive aussi des naissains (bébés huîtres), le tout constituant une "ferme à huîtres", et restaure des mangroves. Ces fermes se veulent une alternative à la technique ancestrale de cueillette des huîtres sauvages et à ses effets néfastes sur les mangroves, explique M. Barrie. L'ONG souhaite "réduire la pression (des communautés) sur l'écosystème des mangroves, en introduisant un moyen de subsistance alternatif grâce à ces fermes à huîtres". "Si nous ne protégeons pas nos mangroves, des millions d'habitants des zones côtières à travers le monde, y compris ceux de Kolleh Town, risquent de ne plus avoir de moyens d'existence durables", plaide-t-il.

22.05.2026 à 08:31

FRANCE24
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Aucun migrant n'a été intercepté en Belgique en cherchant à traverser la Manche en 2025. Mais depuis janvier, 425 personnes ont été arrêtées avant de gagner la mer. A en croire les policiers, bourgmestres et ONG contactés par l'AFP, le phénomène s'explique en grande partie par le durcissement des mesures prises par la France pour lutter contre ces traversées de son côté de la frontière. Même si le trajet est plus long. A vol d'oiseau, la Belgique est à plus de 80 kilomètres de l'Angleterre -contre les 30 km qui séparent les plages du nord de la France des côtes anglaises. - La France devenue "plus sévère" - "La France est devenue plus sévère" vis-à-vis des migrants, assure Jean-Marie Dedecker, à la tête de la commune de Middelkerke, bordée par la mer. "Et quand elle est plus sévère, ils viennent en Belgique." Depuis plusieurs mois, l'édile assiste à la mise en place d'un stratagème bien rodé par les passeurs le long de ses plages. "Ils cachent leurs choses, les vestes, le bateau, le moteur dans les dunes", décrit-il à l'AFP. "Le matin, à partir de 05-06H00, ils gonflent les bateaux et les autres arrivent pour sauter dedans", assure le bourgmestre. Une fois à l'eau, les embarcations longent la côte, pour se rapprocher de la France. Certains canots s'arrêtent alors pour "récupérer" des migrants dans les eaux françaises. D'autres embarcations filent directement vers l'Angleterre, avec "15 ou 20" personnes à bord, explique Christiaan De Ridder, adjoint d'une zone de police belge frontalière de la France. Cette nouvelle tendance frustre le gouvernement belge, qui veut tout sauf apparaitre laxiste sur ce dossier. "Il doit être clair que la côte flamande n'est pas une alternative attrayante pour effectuer la traversée vers le Royaume-Uni", a appuyé la ministre de l'Asile et de la Migration, Anneleen Van Bossuyt, dans une déclaration transmise à l'AFP. Ses équipes assurent travailler d'arrache-pied pour mettre fin au phénomène, en multipliant notamment le placement en détention de ces exilés, pour la plupart des jeunes hommes, soudanais, afghans ou irakiens. Colère des ONG Les autorités multiplient quant à elles les patrouilles, mais réclament davantage de moyens pour surveiller la côte. Cette approche fait bondir les ONG, qui exigent plutôt des mesures pour protéger des personnes d'après elles déjà "extrêmement traumatisées" par le voyage jusqu'en Europe. "Elles sont vues comme un danger plutôt que des personnes en danger", déplore Joost Depotter, de l'association flamande Vluchtelingenwerk Vlaanderen. Le responsable martèle que les mesures de sécurité prises par la police ne font pas baisser les flux. Mais qu'elles "professionnalisent les réseaux de passeurs", alors tentés de cacher les migrants, par exemple dans des maisons de vacances le long de la côte flamande, jusqu'à ce que la météo permette de tenter une traversée. L'édile de Middelkerke, Jean-Marie Dedecker, réclame au contraire un grand tour de vis à l'approche de l'été. "On contrôle les dunes, parce qu'on a peur d'avoir des jungles comme à Calais, qu'ils soient des milliers", alerte-t-il. L'an dernier, plus de 41.000 migrants ont entrepris la traversée périlleuse depuis la France. Le bourgmestre de cette commune touristique concède toutefois son impuissance face aux règles actuelles où "99%" des migrants sont à terme relâchés, après "qu'on leur ait donné le café, les croissants". Depuis quelques jours, avec le temps gris, le nombre de tentatives depuis sa commune touristique a légèrement baissé. "Mais je suis persuadé que pendant le week-end de la Pentecôte, quand il fera beau, ils vont réessayer", lance-t-il. "Pourquoi ils ne le feraient pas?"
Texte intégral (636 mots)
Aucun migrant n'a été intercepté en Belgique en cherchant à traverser la Manche en 2025. Mais depuis janvier, 425 personnes ont été arrêtées avant de gagner la mer. A en croire les policiers, bourgmestres et ONG contactés par l'AFP, le phénomène s'explique en grande partie par le durcissement des mesures prises par la France pour lutter contre ces traversées de son côté de la frontière. Même si le trajet est plus long. A vol d'oiseau, la Belgique est à plus de 80 kilomètres de l'Angleterre -contre les 30 km qui séparent les plages du nord de la France des côtes anglaises. - La France devenue "plus sévère" - "La France est devenue plus sévère" vis-à-vis des migrants, assure Jean-Marie Dedecker, à la tête de la commune de Middelkerke, bordée par la mer. "Et quand elle est plus sévère, ils viennent en Belgique." Depuis plusieurs mois, l'édile assiste à la mise en place d'un stratagème bien rodé par les passeurs le long de ses plages. "Ils cachent leurs choses, les vestes, le bateau, le moteur dans les dunes", décrit-il à l'AFP. "Le matin, à partir de 05-06H00, ils gonflent les bateaux et les autres arrivent pour sauter dedans", assure le bourgmestre. Une fois à l'eau, les embarcations longent la côte, pour se rapprocher de la France. Certains canots s'arrêtent alors pour "récupérer" des migrants dans les eaux françaises. D'autres embarcations filent directement vers l'Angleterre, avec "15 ou 20" personnes à bord, explique Christiaan De Ridder, adjoint d'une zone de police belge frontalière de la France. Cette nouvelle tendance frustre le gouvernement belge, qui veut tout sauf apparaitre laxiste sur ce dossier. "Il doit être clair que la côte flamande n'est pas une alternative attrayante pour effectuer la traversée vers le Royaume-Uni", a appuyé la ministre de l'Asile et de la Migration, Anneleen Van Bossuyt, dans une déclaration transmise à l'AFP. Ses équipes assurent travailler d'arrache-pied pour mettre fin au phénomène, en multipliant notamment le placement en détention de ces exilés, pour la plupart des jeunes hommes, soudanais, afghans ou irakiens. Colère des ONG Les autorités multiplient quant à elles les patrouilles, mais réclament davantage de moyens pour surveiller la côte. Cette approche fait bondir les ONG, qui exigent plutôt des mesures pour protéger des personnes d'après elles déjà "extrêmement traumatisées" par le voyage jusqu'en Europe. "Elles sont vues comme un danger plutôt que des personnes en danger", déplore Joost Depotter, de l'association flamande Vluchtelingenwerk Vlaanderen. Le responsable martèle que les mesures de sécurité prises par la police ne font pas baisser les flux. Mais qu'elles "professionnalisent les réseaux de passeurs", alors tentés de cacher les migrants, par exemple dans des maisons de vacances le long de la côte flamande, jusqu'à ce que la météo permette de tenter une traversée. L'édile de Middelkerke, Jean-Marie Dedecker, réclame au contraire un grand tour de vis à l'approche de l'été. "On contrôle les dunes, parce qu'on a peur d'avoir des jungles comme à Calais, qu'ils soient des milliers", alerte-t-il. L'an dernier, plus de 41.000 migrants ont entrepris la traversée périlleuse depuis la France. Le bourgmestre de cette commune touristique concède toutefois son impuissance face aux règles actuelles où "99%" des migrants sont à terme relâchés, après "qu'on leur ait donné le café, les croissants". Depuis quelques jours, avec le temps gris, le nombre de tentatives depuis sa commune touristique a légèrement baissé. "Mais je suis persuadé que pendant le week-end de la Pentecôte, quand il fera beau, ils vont réessayer", lance-t-il. "Pourquoi ils ne le feraient pas?"

22.05.2026 à 08:31

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"Au 1er juin prochain, le gouvernement a décidé que l'enveloppe budgétaire dédiée aux allègements généraux n'augmentera pas. Elle ne baissera pas" non plus, a déclaré sur TF1 David Amiel, par rapport aux quelque 74 milliards d'euros qui figurent dans le budget de cette année. "Nous avons, depuis le début de cette crise, décidé d'engager (...) des aides ciblées et des aides financées", a rappelé le ministre. Il a considéré qu'une augmentation générale des allègements liée à la hausse du Smic, elle-même provoquée par la hausse de l'inflation consécutive à la guerre au Moyen-Orient, "s'élèverait à plus de 2 milliards d'euros", et ne serait pas "ciblée". Elle bénéficierait "à la fois à des entreprises qui vont mal et des entreprises qui vont bien, des entreprises qui sont en première ligne face à la crise (...) et d'autres qui le sont beaucoup moins, des entreprises qui augmentent les salaires et d'autres qui ne le font pas", a-t-il expliqué. Ces nouveaux allègements, en outre, "ne seraient évidemment pas financés puisque ce n'était pas prévu dans le budget, pour un coût très important". L'ensemble des organisations patronales a dénoncé depuis la semaine dernière la perspective de ce gel, évoquant pour les entreprises "une double peine", hausse des salaires et gel des allègements. David Amiel a confirmé que le coût de la guerre, et donc les économies à réaliser par le gouvernement pour y faire face, serait "très certainement davantage que 6 milliards d'euros", ce qui avait été initialement annoncé, "puisqu'on le voit, le conflit a tendance à s'enkyster dans le détroit d'Ormuz". Enfin, alors que le FMI a révisé jeudi sa prévision de croissance pour la France cette année de 0,9% - qui est encore la prévision du gouvernement - à 0,7%, le ministre a considéré que "nous sommes très, très loin d'une récession" et que "nous tenons d'ailleurs mieux que beaucoup d'autres pays européens.
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"Au 1er juin prochain, le gouvernement a décidé que l'enveloppe budgétaire dédiée aux allègements généraux n'augmentera pas. Elle ne baissera pas" non plus, a déclaré sur TF1 David Amiel, par rapport aux quelque 74 milliards d'euros qui figurent dans le budget de cette année. "Nous avons, depuis le début de cette crise, décidé d'engager (...) des aides ciblées et des aides financées", a rappelé le ministre. Il a considéré qu'une augmentation générale des allègements liée à la hausse du Smic, elle-même provoquée par la hausse de l'inflation consécutive à la guerre au Moyen-Orient, "s'élèverait à plus de 2 milliards d'euros", et ne serait pas "ciblée". Elle bénéficierait "à la fois à des entreprises qui vont mal et des entreprises qui vont bien, des entreprises qui sont en première ligne face à la crise (...) et d'autres qui le sont beaucoup moins, des entreprises qui augmentent les salaires et d'autres qui ne le font pas", a-t-il expliqué. Ces nouveaux allègements, en outre, "ne seraient évidemment pas financés puisque ce n'était pas prévu dans le budget, pour un coût très important". L'ensemble des organisations patronales a dénoncé depuis la semaine dernière la perspective de ce gel, évoquant pour les entreprises "une double peine", hausse des salaires et gel des allègements. David Amiel a confirmé que le coût de la guerre, et donc les économies à réaliser par le gouvernement pour y faire face, serait "très certainement davantage que 6 milliards d'euros", ce qui avait été initialement annoncé, "puisqu'on le voit, le conflit a tendance à s'enkyster dans le détroit d'Ormuz". Enfin, alors que le FMI a révisé jeudi sa prévision de croissance pour la France cette année de 0,9% - qui est encore la prévision du gouvernement - à 0,7%, le ministre a considéré que "nous sommes très, très loin d'une récession" et que "nous tenons d'ailleurs mieux que beaucoup d'autres pays européens.

22.05.2026 à 08:29

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Il n'ouvre pas non plus le portail à n'importe qui car, au cours des cinq dernières années, une douzaine d'assassinats ou de tentatives d'assassinat ont visé des exilés, ont dénoncé en mars dans un rapport des experts de l'ONU. "Ils nous surveillent. Nous ne nous sentons pas en sécurité. Cette angoisse est terrible", confie à l'AFP ce professeur de 49 ans, dans une pièce qui tient lieu de salon, de cuisine et de chambre et dominée par une niche abritant une Vierge en plâtre. Le petit appartement abrite sept expatriés qui se connaissent depuis des années et veillent les uns sur les autres. Selon le Groupe d'experts des Nations unies sur les droits de l'homme, le Nicaragua dispose d'un vaste réseau pour surveiller, intimider et attaquer les opposants exilés, impliquant l'armée, la police, des agents de l'immigration et des diplomates. "Ils essaient de réduire au silence les centaines de milliers de Nicaraguayens en exil", commente à l'AFP un de ces experts, Reed Brody, un avocat américain surnommé le "chasseur de dictateurs". Daniel Ortega, 80 ans dont près de deux décennies passées au pouvoir et son épouse Rosario Murillo, avec qui il gouverne, accusent les institutions internationales d'"ingérence" et de "mensonges" et reprochent à leurs opposants d'avoir tenté de les renverser par les manifestations massives de 2018. La répression s'est traduite par la mort de quelque 300 personnes, une cohorte de prisonniers politiques et la constitution d'une diaspora au Costa Rica, aux Etats-Unis et en Espagne, qui comprend environ 400 militants, intellectuels, religieux et journalistes déchus de leur nationalité et privés de leurs biens, pour "trahison de la patrie". C'est en tongs que Gabriel Putoy a traversé clandestinement la frontière vers le Costa Rica en 2019, après avoir été libéré au bout d'un an de prison, où il dit avoir été détenu pour avoir participé aux manifestations et travaillé dans un établissement catholique. – "Motifs idéologiques" – La peur est montée d'un cran pour les exilés après le meurtre du commandant à la retraite Roberto Samcam, qui a reçu huit balles devant la porte de sa résidence dans la capitale costaricienne San José, en juin 2025. Dans son appartement parmi les plantes, les livres et des photos de son mari, Claudia Vargas raconte à l'AFP que le crime de ce militaire a été précédé de "menaces de mort" et d'une "campagne de diffamation sur les réseaux sociaux". Roberto Samcam, 66 ans, s'était exilé avec sa famille en 2018 après avoir dénoncé la répression exercée par l'armée au cours des manifestations. "La dictature l'a fait tuer, son meurtre montre comment fonctionne le renseignement" nicaraguayen, affirme sa veuve. Attaqué dans la rue en plein jour, l'opposant Joao Maldonado, blessé par balle, à survécu à deux attentats en 2021 et 2024. Sa femme se déplace depuis en fauteuil roulant. "La répression ne s'arrête pas simplement une fois la frontière franchie. Je n'ai pas le moindre doute que tout cela est ordonné à partir du Nicaragua", assure son avocat Marlon Medina. Sans mentionner Managua, la police judiciaire costaricienne, qui n'a pas répondu aux questions de l'AFP - les enquêtes étant en cours - a évoqué des "mobiles idéologiques" concernant le meurtre de Roberto Samcam et les attentats contre Joao Maldonado. "C'est un phénomène nouveau" dans un pays doté d'une longue tradition d'asile, souligne Me Medina, qui plaide pour une procédure de plainte facilitée pour ce type d'affaires. – Refuser le silence – Cette répression transnationale a poussé de nombreux exilés à quitter le Costa Rica à la recherche d'un refuge plus sûr et plus lointain. M. Maldonado est parti il y a un an et demi mais d'autres résistent. Dans un studio de télévision improvisé dans la maison qu'ils louent, deux journalistes trentenaires, qui figurent parmi les 300 exilés au Costa Rica depuis 2018, brisent la censure grâce à leur média en ligne Nicaragua Actual, fondé il y a sept ans. "Nous refusons de renoncer à notre droit d'informer", explique à l'AFP Yelsin Espinoza, selon qui 60% de son audience se trouve au Nicaragua. "Les dictatures passent, le journalisme reste", abonde dans le même sens son collègue Gerall Chavez. Pour la veuve de Roberto Samcam, une militante des droits de l'homme, se taire n'est pas une option : "Je ne vais pas laisser la peur me vaincre car c'est ce que le pouvoir cherche à faire : nous réduire au silence".
Texte intégral (759 mots)
Il n'ouvre pas non plus le portail à n'importe qui car, au cours des cinq dernières années, une douzaine d'assassinats ou de tentatives d'assassinat ont visé des exilés, ont dénoncé en mars dans un rapport des experts de l'ONU. "Ils nous surveillent. Nous ne nous sentons pas en sécurité. Cette angoisse est terrible", confie à l'AFP ce professeur de 49 ans, dans une pièce qui tient lieu de salon, de cuisine et de chambre et dominée par une niche abritant une Vierge en plâtre. Le petit appartement abrite sept expatriés qui se connaissent depuis des années et veillent les uns sur les autres. Selon le Groupe d'experts des Nations unies sur les droits de l'homme, le Nicaragua dispose d'un vaste réseau pour surveiller, intimider et attaquer les opposants exilés, impliquant l'armée, la police, des agents de l'immigration et des diplomates. "Ils essaient de réduire au silence les centaines de milliers de Nicaraguayens en exil", commente à l'AFP un de ces experts, Reed Brody, un avocat américain surnommé le "chasseur de dictateurs". Daniel Ortega, 80 ans dont près de deux décennies passées au pouvoir et son épouse Rosario Murillo, avec qui il gouverne, accusent les institutions internationales d'"ingérence" et de "mensonges" et reprochent à leurs opposants d'avoir tenté de les renverser par les manifestations massives de 2018. La répression s'est traduite par la mort de quelque 300 personnes, une cohorte de prisonniers politiques et la constitution d'une diaspora au Costa Rica, aux Etats-Unis et en Espagne, qui comprend environ 400 militants, intellectuels, religieux et journalistes déchus de leur nationalité et privés de leurs biens, pour "trahison de la patrie". C'est en tongs que Gabriel Putoy a traversé clandestinement la frontière vers le Costa Rica en 2019, après avoir été libéré au bout d'un an de prison, où il dit avoir été détenu pour avoir participé aux manifestations et travaillé dans un établissement catholique. – "Motifs idéologiques" – La peur est montée d'un cran pour les exilés après le meurtre du commandant à la retraite Roberto Samcam, qui a reçu huit balles devant la porte de sa résidence dans la capitale costaricienne San José, en juin 2025. Dans son appartement parmi les plantes, les livres et des photos de son mari, Claudia Vargas raconte à l'AFP que le crime de ce militaire a été précédé de "menaces de mort" et d'une "campagne de diffamation sur les réseaux sociaux". Roberto Samcam, 66 ans, s'était exilé avec sa famille en 2018 après avoir dénoncé la répression exercée par l'armée au cours des manifestations. "La dictature l'a fait tuer, son meurtre montre comment fonctionne le renseignement" nicaraguayen, affirme sa veuve. Attaqué dans la rue en plein jour, l'opposant Joao Maldonado, blessé par balle, à survécu à deux attentats en 2021 et 2024. Sa femme se déplace depuis en fauteuil roulant. "La répression ne s'arrête pas simplement une fois la frontière franchie. Je n'ai pas le moindre doute que tout cela est ordonné à partir du Nicaragua", assure son avocat Marlon Medina. Sans mentionner Managua, la police judiciaire costaricienne, qui n'a pas répondu aux questions de l'AFP - les enquêtes étant en cours - a évoqué des "mobiles idéologiques" concernant le meurtre de Roberto Samcam et les attentats contre Joao Maldonado. "C'est un phénomène nouveau" dans un pays doté d'une longue tradition d'asile, souligne Me Medina, qui plaide pour une procédure de plainte facilitée pour ce type d'affaires. – Refuser le silence – Cette répression transnationale a poussé de nombreux exilés à quitter le Costa Rica à la recherche d'un refuge plus sûr et plus lointain. M. Maldonado est parti il y a un an et demi mais d'autres résistent. Dans un studio de télévision improvisé dans la maison qu'ils louent, deux journalistes trentenaires, qui figurent parmi les 300 exilés au Costa Rica depuis 2018, brisent la censure grâce à leur média en ligne Nicaragua Actual, fondé il y a sept ans. "Nous refusons de renoncer à notre droit d'informer", explique à l'AFP Yelsin Espinoza, selon qui 60% de son audience se trouve au Nicaragua. "Les dictatures passent, le journalisme reste", abonde dans le même sens son collègue Gerall Chavez. Pour la veuve de Roberto Samcam, une militante des droits de l'homme, se taire n'est pas une option : "Je ne vais pas laisser la peur me vaincre car c'est ce que le pouvoir cherche à faire : nous réduire au silence".

22.05.2026 à 08:27

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Les accusations d'enrichissement personnel, de trafic d'influence et de clientélisme sont un bruit de fond constant depuis le premier mandat du milliardaire républicain, qui avait estimé en 2016: "Un président ne peut pas avoir de conflit d'intérêt". "Il n'y a jamais eu un tel exemple de corruption présidentielle", a pourtant jugé un groupe d'éditorialistes du New York Times, après l'annonce mardi d'un accord passé par le président américain avec le service fédéral des impôts. Ce compromis, qui solde une plainte de Donald Trump contre le fisc, a été validé par le ministre de la Justice par intérim Todd Blanche, ancien avocat personnel de Donald Trump. Il débouche sur la création d'un fonds d'indemnisation "anti-instrumentalisation" de 1,776 milliards de dollars, - le chiffre renvoie à l'année de l'indépendance des Etats-Unis. La somme doit permettre de "réparer" des préjudices qu'auraient subi des partisans de Donald Trump poursuivis sous la présidence de Joe Biden. "Braquage" Parmi les bénéficiaires figurent potentiellement des assaillants du Capitole, déjà graciés par le républicain de 79 ans le jour de sa seconde investiture en 2025. Deux policiers en poste le 6 janvier 2021, lorsqu'une foule a tenté d'empêcher le Congrès de certifier l'élection de Joe Biden, ont porté plainte, dénonçant un détournement d'argent public afin de "financer (des) insurgés et (des) paramilitaires" à la solde de Donald Trump. Chose rare, même des parlementaires républicains se sont braqués ouvertement. "Ce qui préoccupe les gens est de payer leur hypothèque ou leur loyer, leurs courses ou leur essence, pas d'assembler un fonds d'1,8 milliard de dollars pour le président et ses alliés afin de payer qui ils veulent", a estimé le sénateur Bill Cassidy. L'accord passé avec le fisc met par ailleurs Donald Trump, sa famille et ses entreprises, à l'abri de tout redressement fiscal portant sur ses déclarations passées. "Je n'ai pas été impliqué dans ces discussions (sur l'accord, ndlr). J'aurais pu l'être, mais je n'ai pas choisi de l'être", a-t-il affirmé mercredi à des journalistes. Le chef de file des sénateurs démocrates Chuck Schumer a parlé d'un "braquage dans lequel le voleur possède la banque, dirige la police et s'auto-amnistie au passage." Ce fonds "participe d'un autre projet de Trump: pas seulement s'enrichir personnellement pendant qu'il est dans le Bureau ovale, mais tenter d'utiliser sa présidence pour réécrire l'Histoire", commente pour l'AFP Noah Rosenblum, professeur de droit à la New York University. "Absurde" Les accusations de conflit d'intérêt ont par ailleurs été relancées quand le bureau gouvernemental des affaires idéologiques a publié une déclaration du président américain sur ses récentes transactions boursières, conformément à une obligation légale dont il s'est d'ailleurs acquitté en retard, écopant pour cela d'une amende. Judd Legum, ancien conseiller de campagne d'Hillary Clinton qui publie une newsletter consacrée aux affaires publiques, a expliqué à l'AFP que sa découverte la plus "marquante" dans ce document de plus de 100 pages porte sur le "calendrier". Donald Trump, souligne-t-il, "a dans plusieurs cas acheté des actions juste avant de faire des déclarations publiques faisant la promotion des entreprises" concernées. Sur la liste de transactions figurent plusieurs sociétés dont l'activité et le cours de Bourse ont été influencés par des décisions gouvernementales. "Ni le président Trump, ni sa famille, ni la Trump Organization ne jouent un rôle direct pour choisir, ordonner, approuver, influencer ou réclamer des investissements spécifiques", ces fonctions ayant été confiées à des institutions financières indépendantes, s'est défendu sur X le fils du président, Eric Trump, qui avec son frère aîné Don Jr gère les affaires familiales. Donald Trump "n'est pas assis dans le Bureau ovale derrière son ordinateur (...) en train d'acheter ou de vendre des actions. C'est absurde", a lancé mardi le vice-président JD Vance. "Anesthésiés" Jusqu'ici, les soupçons de malversations en tous genres paraissent glisser sur le président américain, qui les balaye d'un revers de main. "Nous sommes comme anesthésiés par ces questions de conflits d'intérêt et de potentielle corruption, et ce n'est pas sain pour une démocratie", regrette le journaliste Judd Legum. "Ce n'est pas que les Américains soient plus tolérants en matière de corruption venant de Trump", mais "nous avons atteint un stade où tout le monde s'est fait son opinion" du président, juge le professeur de droit Noah Rosenblum. "Certains Américains voient dans ce qu'il fait de la corruption ouverte et de l'enrichissement personnel. (Donald Trump) le sait, et je pense que pour lui ce n'est pas un problème mais une caractéristique qui renforce encore l'attachement de ses vrais partisans", explique-t-il.
Texte intégral (827 mots)
Les accusations d'enrichissement personnel, de trafic d'influence et de clientélisme sont un bruit de fond constant depuis le premier mandat du milliardaire républicain, qui avait estimé en 2016: "Un président ne peut pas avoir de conflit d'intérêt". "Il n'y a jamais eu un tel exemple de corruption présidentielle", a pourtant jugé un groupe d'éditorialistes du New York Times, après l'annonce mardi d'un accord passé par le président américain avec le service fédéral des impôts. Ce compromis, qui solde une plainte de Donald Trump contre le fisc, a été validé par le ministre de la Justice par intérim Todd Blanche, ancien avocat personnel de Donald Trump. Il débouche sur la création d'un fonds d'indemnisation "anti-instrumentalisation" de 1,776 milliards de dollars, - le chiffre renvoie à l'année de l'indépendance des Etats-Unis. La somme doit permettre de "réparer" des préjudices qu'auraient subi des partisans de Donald Trump poursuivis sous la présidence de Joe Biden. "Braquage" Parmi les bénéficiaires figurent potentiellement des assaillants du Capitole, déjà graciés par le républicain de 79 ans le jour de sa seconde investiture en 2025. Deux policiers en poste le 6 janvier 2021, lorsqu'une foule a tenté d'empêcher le Congrès de certifier l'élection de Joe Biden, ont porté plainte, dénonçant un détournement d'argent public afin de "financer (des) insurgés et (des) paramilitaires" à la solde de Donald Trump. Chose rare, même des parlementaires républicains se sont braqués ouvertement. "Ce qui préoccupe les gens est de payer leur hypothèque ou leur loyer, leurs courses ou leur essence, pas d'assembler un fonds d'1,8 milliard de dollars pour le président et ses alliés afin de payer qui ils veulent", a estimé le sénateur Bill Cassidy. L'accord passé avec le fisc met par ailleurs Donald Trump, sa famille et ses entreprises, à l'abri de tout redressement fiscal portant sur ses déclarations passées. "Je n'ai pas été impliqué dans ces discussions (sur l'accord, ndlr). J'aurais pu l'être, mais je n'ai pas choisi de l'être", a-t-il affirmé mercredi à des journalistes. Le chef de file des sénateurs démocrates Chuck Schumer a parlé d'un "braquage dans lequel le voleur possède la banque, dirige la police et s'auto-amnistie au passage." Ce fonds "participe d'un autre projet de Trump: pas seulement s'enrichir personnellement pendant qu'il est dans le Bureau ovale, mais tenter d'utiliser sa présidence pour réécrire l'Histoire", commente pour l'AFP Noah Rosenblum, professeur de droit à la New York University. "Absurde" Les accusations de conflit d'intérêt ont par ailleurs été relancées quand le bureau gouvernemental des affaires idéologiques a publié une déclaration du président américain sur ses récentes transactions boursières, conformément à une obligation légale dont il s'est d'ailleurs acquitté en retard, écopant pour cela d'une amende. Judd Legum, ancien conseiller de campagne d'Hillary Clinton qui publie une newsletter consacrée aux affaires publiques, a expliqué à l'AFP que sa découverte la plus "marquante" dans ce document de plus de 100 pages porte sur le "calendrier". Donald Trump, souligne-t-il, "a dans plusieurs cas acheté des actions juste avant de faire des déclarations publiques faisant la promotion des entreprises" concernées. Sur la liste de transactions figurent plusieurs sociétés dont l'activité et le cours de Bourse ont été influencés par des décisions gouvernementales. "Ni le président Trump, ni sa famille, ni la Trump Organization ne jouent un rôle direct pour choisir, ordonner, approuver, influencer ou réclamer des investissements spécifiques", ces fonctions ayant été confiées à des institutions financières indépendantes, s'est défendu sur X le fils du président, Eric Trump, qui avec son frère aîné Don Jr gère les affaires familiales. Donald Trump "n'est pas assis dans le Bureau ovale derrière son ordinateur (...) en train d'acheter ou de vendre des actions. C'est absurde", a lancé mardi le vice-président JD Vance. "Anesthésiés" Jusqu'ici, les soupçons de malversations en tous genres paraissent glisser sur le président américain, qui les balaye d'un revers de main. "Nous sommes comme anesthésiés par ces questions de conflits d'intérêt et de potentielle corruption, et ce n'est pas sain pour une démocratie", regrette le journaliste Judd Legum. "Ce n'est pas que les Américains soient plus tolérants en matière de corruption venant de Trump", mais "nous avons atteint un stade où tout le monde s'est fait son opinion" du président, juge le professeur de droit Noah Rosenblum. "Certains Américains voient dans ce qu'il fait de la corruption ouverte et de l'enrichissement personnel. (Donald Trump) le sait, et je pense que pour lui ce n'est pas un problème mais une caractéristique qui renforce encore l'attachement de ses vrais partisans", explique-t-il.

22.05.2026 à 08:21

FRANCE24
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Ce quadragénaire natif de Mopti, ville du centre du Mali, a dû renoncer à aller y célébrer cette grande fête musulmane en famille à cause des attaques jihadistes visant les transports en commun. Depuis fin avril, des jihadistes de la branche sahélienne d'Al-Qaïda imposent un blocus routier sur les principaux axes menant à la capitale malienne, brûlant des dizaines de cars et de camions de marchandises. Bien que le blocus reste partiel, les images de véhicules calcinés ont dissuadé de nombreuses compagnies de continuer les dessertes vers Bamako et de nombreux voyageurs de se rendre dans leurs villages pour fêter en famille. Au Mali, la Tabaski dépasse le cadre strictement religieux : elle est une tradition sociale, un moment unique qui permet aux familles, souvent dispersées pendant des mois pour des raisons professionnelles, de se retrouver. Dans les gares routières de Bamako, l'affluence habituelle des veilles de fête a laissé place à un calme plat. Outre l'insécurité, le secteur des transports est frappé par des pénuries de carburant. "Non seulement nous n'avons pas de gazole pour être réguliers sur la route, mais nous avons également perdu des bus dans les récents incidents. C'est une énorme perte économique", déplore le patron d'une agence de voyage locale sous couvert d'anonymat. "En temps normal, nous pouvions transporter en une semaine plus de 50.000 personnes de Bamako vers l'intérieur du pays à l'occasion de la Tabaski. Cette année, nous ne prévoyons aucun déplacement", dit le chef d'exploitation d'une importante compagnie de transport. Chaque année, le rituel était le même pour Wara Bagayoko: charger la voiture familiale et prendre la route de la région de Ségou (centre) pour fêter en communauté. La mort dans l'âme, il brise une tradition vieille de trois décennies, car désormais les véhicules personnels sont eux aussi pris pour cibles. "Ça va être la première fois depuis 30 ans que je ne fêterai pas dans mon village. La route est trop dangereuse", regrette-t-il. Toutefois, si rares sont les grandes compagnies de transport à encore circuler, des minibus entrent dans la ville, soit par des voies détournées, soit sous escorte militaire sur certains axes. Manque de moutons Cette paralysie des transports asphyxie la filière du bétail, essentielle pour le sacrifice rituel de la Tabaski. A cause du blocus, les éleveurs et commerçants des zones pastorales peinent à acheminer leurs bêtes vers Bamako, principal marché du pays. Le coût du transport d'une tête de bétail vers la capitale, habituellement compris entre 2 .500 et 2 .750 francs CFA (environ 4 euros), a grimpé cette année jusqu'à 15 .000 à 18 .000 francs CFA (entre 22 et 27 euros), explique Alassane Maïga, transporteur. Conséquence: le mouton — sacrifié en mémoire du geste d'Abraham prêt à offrir son fils à Dieu — se fait discret et coûte beaucoup plus cher cette année, dans un pays où le salaire minimum est de 40.000 francs CFA (60 euros). "Beaucoup de camions de moutons ont été brûlés par les jihadistes... En temps normal, j'avais plus de 1.000 têtes, mais aujourd'hui, pas une seule", dit Hama Ba, vendeur à Bamako. "Les moutons que nous payions à 75.000 francs CFA (114 euros) sont cédés à 300.000 francs CFA (457 euros) cette année. Avant, on avait une large gamme de choix, mais aujourd'hui le mouton est invisible à Bamako", soupire Iyi, qui cherche désespérément un bélier adapté à son budget. Coupures électriques À la crise sécuritaire s'ajoute une dégradation critique des services de base à Bamako. La capitale subit des délestages électriques massifs et prolongés, doublés de graves pénuries d'eau potable. Le "Selifini", la tenue de fête, se fait encore attendre chez les couturiers, qui parviennent difficilement à honorer les commandes de leur clientèle à cause des coupures d'électricité. La société Énergie du Mali, qui exploite principalement des centrales thermiques au fioul et au diesel, peine à retrouver son niveau d'approvisionnement normal en gazole, à cause du blocus. "On a essayé de trouver un petit panneau solaire. Mais le panneau ne peut pas remplacer le courant", déplore Alou Diallo, couturier à Bamako. En outre, les ménages s'inquiètent de leur capacité à assurer la conservation des produits alimentaires pour la fête. "Comment allons-nous conserver la viande sans électricité ? Acheter un mouton au prix fort pour risquer de perdre la viande en 24 heures à cause des coupures de courant est une hantise", s'inquiète une mère de famille du quartier périphérique de Sirakoro. Ces derniers jours, les autorités maliennes ont annoncé l'arrivée de centaines de camions-citernes de carburant à Bamako.
Texte intégral (780 mots)
Ce quadragénaire natif de Mopti, ville du centre du Mali, a dû renoncer à aller y célébrer cette grande fête musulmane en famille à cause des attaques jihadistes visant les transports en commun. Depuis fin avril, des jihadistes de la branche sahélienne d'Al-Qaïda imposent un blocus routier sur les principaux axes menant à la capitale malienne, brûlant des dizaines de cars et de camions de marchandises. Bien que le blocus reste partiel, les images de véhicules calcinés ont dissuadé de nombreuses compagnies de continuer les dessertes vers Bamako et de nombreux voyageurs de se rendre dans leurs villages pour fêter en famille. Au Mali, la Tabaski dépasse le cadre strictement religieux : elle est une tradition sociale, un moment unique qui permet aux familles, souvent dispersées pendant des mois pour des raisons professionnelles, de se retrouver. Dans les gares routières de Bamako, l'affluence habituelle des veilles de fête a laissé place à un calme plat. Outre l'insécurité, le secteur des transports est frappé par des pénuries de carburant. "Non seulement nous n'avons pas de gazole pour être réguliers sur la route, mais nous avons également perdu des bus dans les récents incidents. C'est une énorme perte économique", déplore le patron d'une agence de voyage locale sous couvert d'anonymat. "En temps normal, nous pouvions transporter en une semaine plus de 50.000 personnes de Bamako vers l'intérieur du pays à l'occasion de la Tabaski. Cette année, nous ne prévoyons aucun déplacement", dit le chef d'exploitation d'une importante compagnie de transport. Chaque année, le rituel était le même pour Wara Bagayoko: charger la voiture familiale et prendre la route de la région de Ségou (centre) pour fêter en communauté. La mort dans l'âme, il brise une tradition vieille de trois décennies, car désormais les véhicules personnels sont eux aussi pris pour cibles. "Ça va être la première fois depuis 30 ans que je ne fêterai pas dans mon village. La route est trop dangereuse", regrette-t-il. Toutefois, si rares sont les grandes compagnies de transport à encore circuler, des minibus entrent dans la ville, soit par des voies détournées, soit sous escorte militaire sur certains axes. Manque de moutons Cette paralysie des transports asphyxie la filière du bétail, essentielle pour le sacrifice rituel de la Tabaski. A cause du blocus, les éleveurs et commerçants des zones pastorales peinent à acheminer leurs bêtes vers Bamako, principal marché du pays. Le coût du transport d'une tête de bétail vers la capitale, habituellement compris entre 2 .500 et 2 .750 francs CFA (environ 4 euros), a grimpé cette année jusqu'à 15 .000 à 18 .000 francs CFA (entre 22 et 27 euros), explique Alassane Maïga, transporteur. Conséquence: le mouton — sacrifié en mémoire du geste d'Abraham prêt à offrir son fils à Dieu — se fait discret et coûte beaucoup plus cher cette année, dans un pays où le salaire minimum est de 40.000 francs CFA (60 euros). "Beaucoup de camions de moutons ont été brûlés par les jihadistes... En temps normal, j'avais plus de 1.000 têtes, mais aujourd'hui, pas une seule", dit Hama Ba, vendeur à Bamako. "Les moutons que nous payions à 75.000 francs CFA (114 euros) sont cédés à 300.000 francs CFA (457 euros) cette année. Avant, on avait une large gamme de choix, mais aujourd'hui le mouton est invisible à Bamako", soupire Iyi, qui cherche désespérément un bélier adapté à son budget. Coupures électriques À la crise sécuritaire s'ajoute une dégradation critique des services de base à Bamako. La capitale subit des délestages électriques massifs et prolongés, doublés de graves pénuries d'eau potable. Le "Selifini", la tenue de fête, se fait encore attendre chez les couturiers, qui parviennent difficilement à honorer les commandes de leur clientèle à cause des coupures d'électricité. La société Énergie du Mali, qui exploite principalement des centrales thermiques au fioul et au diesel, peine à retrouver son niveau d'approvisionnement normal en gazole, à cause du blocus. "On a essayé de trouver un petit panneau solaire. Mais le panneau ne peut pas remplacer le courant", déplore Alou Diallo, couturier à Bamako. En outre, les ménages s'inquiètent de leur capacité à assurer la conservation des produits alimentaires pour la fête. "Comment allons-nous conserver la viande sans électricité ? Acheter un mouton au prix fort pour risquer de perdre la viande en 24 heures à cause des coupures de courant est une hantise", s'inquiète une mère de famille du quartier périphérique de Sirakoro. Ces derniers jours, les autorités maliennes ont annoncé l'arrivée de centaines de camions-citernes de carburant à Bamako.

22.05.2026 à 08:21

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El Niño se produit habituellement tous les deux à sept ans. Son dernier épisode date de 2023-2024. Il s'agit de l'une des phases d'un cycle naturel dans l'océan Pacifique, qui démarre habituellement au printemps, et affecte progressivement dans les mois suivants les températures, les vents et le climat dans le reste du globe. Pour certaines régions, cela se traduit par des sécheresses, pour d'autres par des pluies diluviennes. Les prévisionnistes anticipent de façon croissante un retour d'El Niño cette année, qui pourrait être particulièrement intense. Une mauvaise nouvelle pour les récifs coralliens, le phénomène étant synonyme de hausse de la température de l'eau en mer mais aussi, ça et là, de réduction de la couverture nuageuse. "Tous les événements mondiaux de blanchissement du corail ont eu lieu l'année d'El Niño", rappelle Clint Oakley, spécialiste de l'animal invertébré marin à l'Université Victoria de Wellington. Il dit sa "crainte, mais sans être surpris" de la perspective d'un El Niño puissant, "grave et dévastateur pour de nombreux récifs". La survie des coraux dépend de leur relation avec un type d'algue logeant dans la structure qu'ils bâtissent et qui, en retour, les fournit en nutriments grâce à la photosynthèse. Mais pour des raisons échappant aux chercheurs, ce système s'effondre lorsque l'eau de mer se réchauffe excessivement: l'algue quitte alors le corail... ou est mise à la porte. Or cet organisme donne au corail ses couleurs caractéristiques. Une fois parti, il laisse derrière lui une structure blanchâtre en manque croissant de nutriments, et donc en danger. Danger de mort Si l'eau se refroidit suffisamment vite, le corail peut survivre sur ses réserves jusqu'au retour de l'algue. Mais il sera malnutri, vulnérable aux infections et moins enclin à consacrer toute l'énergie nécessaire à sa reproduction. "Et si les eaux prennent trop longtemps à se refroidir ou que la chaleur est trop extrême, alors il va manquer de nourriture et mourir", explique Jen Matthews, chercheuse à l'Université de technologie de Sydney. Certes, le blanchissement périodique et localisé des coraux est un processus naturel et même sain. Mais il devient problématique lorsqu'il se répète et devient massif - ce qui est désormais la norme, avec la hausse de la température des océans entraînée par le changement climatique. Car si le corail blanchit avant même d'avoir récupéré et d'être à nouveau capable de se reproduire, "la situation ne peut que s'aggraver", expose Clint Oakley. Le dernier épisode massif de blanchissement corallien a été déclaré en 2024. Dans les Caraïbes, certains types de coraux sont maintenant en état d'extinction fonctionnelle. La Grande barrière de corail, au nord-est de l'Australie, a perdu 15 à 40% de sa couverture corallienne en plusieurs emplacements entre 2024 et 2025. Un puissant El Niño accroîtrait les températures en mer, déjà souvent trop élevées pour le corail. "La température moyenne de la mer ces dernières années est la même qu'au pic de l'épisode de blanchissement mondial de 1998", rappelle Clint Oakley. "Gagner du temps" Cartains types de coraux se sont révélés résistants dans des eaux plus chaudes. Mais ils ne peuvent remplacer tous ceux disparus après des épisodes de blanchissement. Les chercheurs expérimentent par ailleurs des techniques pour protéger les récifs, entre gel nutritionnel, méthodes d'ombrage et génie génétique. "Il existe de nombreuses stratégies de gestion vraiment importantes et innovantes", souligne Jen Matthews, "mais elles ne permettent que de gagner du temps". Le retour éventuel d'El Niño, lui, est "probable, mais sa force et sa durée sont encore incertaines", note Kimberley Reid, spécialiste de l'atmosphère à l'Université de Melbourne. "El Niño est une pièce du puzzle qui influence la météo à un endroit, mais il y a d'autres facteurs comme les températures locales de l'océan et les vents soufflant dans l'océan Indien", relève la chercheuse. Même sans El Niño, les perspectives à long terme sont mauvaises. Jusqu'à la moitié des coraux de la planète ont disparu ces dernières décennies, réduisant les écosystèmes servant de refuge et pouponnière à nombre de poissons et aidant à protéger le littoral des ondes de tempête. "Si nous ne nous mobilisons pas concernant le changement climatique, alors tout ce que nous faisons là ne reviendra qu'à gagner du temps jusqu'à ce que nos récifs, tels que nous les connaissons, disparaissent", lance Jen Matthews.
Texte intégral (784 mots)
El Niño se produit habituellement tous les deux à sept ans. Son dernier épisode date de 2023-2024. Il s'agit de l'une des phases d'un cycle naturel dans l'océan Pacifique, qui démarre habituellement au printemps, et affecte progressivement dans les mois suivants les températures, les vents et le climat dans le reste du globe. Pour certaines régions, cela se traduit par des sécheresses, pour d'autres par des pluies diluviennes. Les prévisionnistes anticipent de façon croissante un retour d'El Niño cette année, qui pourrait être particulièrement intense. Une mauvaise nouvelle pour les récifs coralliens, le phénomène étant synonyme de hausse de la température de l'eau en mer mais aussi, ça et là, de réduction de la couverture nuageuse. "Tous les événements mondiaux de blanchissement du corail ont eu lieu l'année d'El Niño", rappelle Clint Oakley, spécialiste de l'animal invertébré marin à l'Université Victoria de Wellington. Il dit sa "crainte, mais sans être surpris" de la perspective d'un El Niño puissant, "grave et dévastateur pour de nombreux récifs". La survie des coraux dépend de leur relation avec un type d'algue logeant dans la structure qu'ils bâtissent et qui, en retour, les fournit en nutriments grâce à la photosynthèse. Mais pour des raisons échappant aux chercheurs, ce système s'effondre lorsque l'eau de mer se réchauffe excessivement: l'algue quitte alors le corail... ou est mise à la porte. Or cet organisme donne au corail ses couleurs caractéristiques. Une fois parti, il laisse derrière lui une structure blanchâtre en manque croissant de nutriments, et donc en danger. Danger de mort Si l'eau se refroidit suffisamment vite, le corail peut survivre sur ses réserves jusqu'au retour de l'algue. Mais il sera malnutri, vulnérable aux infections et moins enclin à consacrer toute l'énergie nécessaire à sa reproduction. "Et si les eaux prennent trop longtemps à se refroidir ou que la chaleur est trop extrême, alors il va manquer de nourriture et mourir", explique Jen Matthews, chercheuse à l'Université de technologie de Sydney. Certes, le blanchissement périodique et localisé des coraux est un processus naturel et même sain. Mais il devient problématique lorsqu'il se répète et devient massif - ce qui est désormais la norme, avec la hausse de la température des océans entraînée par le changement climatique. Car si le corail blanchit avant même d'avoir récupéré et d'être à nouveau capable de se reproduire, "la situation ne peut que s'aggraver", expose Clint Oakley. Le dernier épisode massif de blanchissement corallien a été déclaré en 2024. Dans les Caraïbes, certains types de coraux sont maintenant en état d'extinction fonctionnelle. La Grande barrière de corail, au nord-est de l'Australie, a perdu 15 à 40% de sa couverture corallienne en plusieurs emplacements entre 2024 et 2025. Un puissant El Niño accroîtrait les températures en mer, déjà souvent trop élevées pour le corail. "La température moyenne de la mer ces dernières années est la même qu'au pic de l'épisode de blanchissement mondial de 1998", rappelle Clint Oakley. "Gagner du temps" Cartains types de coraux se sont révélés résistants dans des eaux plus chaudes. Mais ils ne peuvent remplacer tous ceux disparus après des épisodes de blanchissement. Les chercheurs expérimentent par ailleurs des techniques pour protéger les récifs, entre gel nutritionnel, méthodes d'ombrage et génie génétique. "Il existe de nombreuses stratégies de gestion vraiment importantes et innovantes", souligne Jen Matthews, "mais elles ne permettent que de gagner du temps". Le retour éventuel d'El Niño, lui, est "probable, mais sa force et sa durée sont encore incertaines", note Kimberley Reid, spécialiste de l'atmosphère à l'Université de Melbourne. "El Niño est une pièce du puzzle qui influence la météo à un endroit, mais il y a d'autres facteurs comme les températures locales de l'océan et les vents soufflant dans l'océan Indien", relève la chercheuse. Même sans El Niño, les perspectives à long terme sont mauvaises. Jusqu'à la moitié des coraux de la planète ont disparu ces dernières décennies, réduisant les écosystèmes servant de refuge et pouponnière à nombre de poissons et aidant à protéger le littoral des ondes de tempête. "Si nous ne nous mobilisons pas concernant le changement climatique, alors tout ce que nous faisons là ne reviendra qu'à gagner du temps jusqu'à ce que nos récifs, tels que nous les connaissons, disparaissent", lance Jen Matthews.

22.05.2026 à 08:15

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Le secrétaire d'État américain Marco Rubio doit s'entretenir vendredi avec les ministres des Affaires étrangères européens lors d'une réunion de l'OTAN en Suède. Plus tôt, Donald Trump a critiqué la position des alliés de l'OTAN sur le refus de s'engager dans la guerre au Moyen-Orient.
Texte intégral (784 mots)
Le secrétaire d'État américain Marco Rubio doit s'entretenir vendredi avec les ministres des Affaires étrangères européens lors d'une réunion de l'OTAN en Suède. Plus tôt, Donald Trump a critiqué la position des alliés de l'OTAN sur le refus de s'engager dans la guerre au Moyen-Orient.
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