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Chaîne de service public - Actualité internationale.

▸ les 15 dernières parutions

18.02.2026 à 08:17

IA: en ordre dispersé, la Silicon Valley bat des records de dépenses politiques aux Etats-Unis

FRANCE24
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L'IA sera l'un des enjeux des scrutins de novembre, à mi-parcours du second mandat de Donald Trump. Les démocrates et les républicains se retrouvent pris en étau entre le riche lobby de la tech, moteur de la croissance économique du pays, et une opinion publique méfiante sur les avancées non régulées de l'IA et hostiles aux centres de données géants. En prévision des élections, qui vont renouveler la Chambre des représentants et un tiers du Sénat, les différentes chapelles de la Silicon Valley mettent la main à la poche: elles abondent des "super PAC" (Political action committee), nom donné à des structures pouvant dépenser des fonds illimités dans des campagnes médiatiques ou d'influence, sans financer directement les candidats. Le camp de l'industrie est mené par "Leading the Future", un super PAC opposé à une régulation trop stricte de l'IA, soutenu par le président d'OpenAI Greg Brockman, le géant du capital-risque Andreessen Horowitz, le cofondateur de Palantir Joe Lonsdale et la start-up Perplexity. Greg Brockman et son épouse Anna figurent par ailleurs parmi les plus importants donateurs récents - 25 millions de dollars - du principal super Pac de soutien à Donald Trump. Leading the Future, qui a récolté 125 millions de dollars au second semestre 2025, est codirigé par Josh Vlasto, ancien conseiller de Fairshake, le super PAC du secteur des cryptomonnaies dont il s'inspire. En 2024, la campagne financée par Fairshake contre les candidats méfiants envers les actifs numériques avait contribué à l'élection de plusieurs législateurs ayant depuis soutenu des assouplissements pour les cryptomonnaies. Inquiète de voir ce scénario se répéter pour l'IA, Anthropic, qui se veut le héraut d'une IA plus sécurisée et régulée avec son modèle Claude, est entrée dans l'arène. L'entreprise, fondée en 2021 par des anciens cadres d'OpenAI, a versé jeudi 20 millions de dollars à un super PAC concurrent, "Public First Action", qui prône l'instauration de garde-fous pour l'IA. Ce groupe, dont les donateurs peuvent rester anonymes, prévoit de soutenir 30 à 50 candidats des deux partis lors des scrutins fédéraux et locaux de 2026. L'administration Trump, très critique des dirigeants d'Anthropic, prône une régulation minimale, pour ne pas brider l'innovation et permettre de lancer de nouveaux modèles sans contrainte de tests de sécurité préalables. Opinion publique Les deux groupes s'affrontent aussi sur les tentatives de l'administration Trump de bloquer toute régulation législative de l'IA au niveau local. En l'absence d'action fédérale, un grand nombre d'États américains examinent des propositions de loi pour encadrer cette révolution technologique et ses impacts sur la santé mentale, l'environnement ou le travail. Moins doté financièrement que Leading the Future, Public First Action met en avant un atout dont manque son adversaire: le soutien de l'opinion publique. Les études d'opinion montrent en effet un large soutien des citoyens américains pour un encadrement plus strict de l'IA et la nécessité de la déployer avec précaution. "Il y a encore peu d'efforts structurés pour encourager la mobilisation des citoyens et des politiciens qui comprennent les enjeux autour du développement de l'IA", affirme Anthropic, qui déplore "les moyens massifs" ayant "convergé vers les organisations politiques qui s'opposent à ces efforts". Certains points chauds de la bataille à venir sont déjà identifiés. Les partisans d'une IA sans frein soutiennent en Floride le candidat au poste de gouverneur Byron Donalds. Et à New York, leurs campagnes publicitaires ciblent Alex Bores, un ancien employé de Palantir devenu partisan de la régulation et qui vise un siège de représentant. Le cofondateur de Palantir Joe Lonsdale avait prévenu dès novembre sur CNBC, en défendant la mission de Leading the Future de combattre les partisans de la sécurité de l'IA: "des populistes déjantés pourraient être sur le point de tout casser, et nous ne pouvons pas laisser faire cela."

18.02.2026 à 08:17

En Inde, le recyclage des e-déchets comme source de terres rares, en attendant mieux

FRANCE24
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Dans une usine de l'Haryana, au nord-ouest de New Delhi, des pelletées de batteries de scooters sont avalées par un broyeur, qui les recrache en une poudre noire destinée à devenir, après traitement, du lithium. "L'or blanc", selon le responsable scientifique de l'entreprise, Exigo Recycling. Avec d'autres métaux rares, le lithium est devenu un composant essentiel à la fabrication des téléphones, des avions ou des batteries de véhicules électriques. Une industrie qui brasse des milliards, et dont l'Inde, qui n'extrait pas encore un gramme de ces minéraux, a décidé de ne pas laisser le monopole à la Chine. Pressé par une forte demande intérieure, le pays le plus peuplé du monde - 1,5 milliard d'habitants - s'en remet au recyclage des montagnes de déchets électroniques. Les batteries usagées regorgent de lithium, cobalt et nickel, les écrans LED de germanium, les circuits imprimés de platine ou de palladium et les disques durs de terres rares. L'Inde produit chaque année près d'un million et demi de tonnes de ces déchets, selon les statistiques officielles, bien plus selon certains experts. Les industriels évaluent le chiffres d'affaire annuel mondial de ce marché à 6 milliards de dollars. "Aiguillon" Une large part des déchets électroniques reste traité de façon informelle dans des ateliers de fortune, qui n'en extraient que les composants les plus facilement revendables comme le cuivre ou l'aluminium. C'est le cas en Inde, dont les capacités industrielles de recyclage restent limitées comparées à celles de la Chine ou de l'Union européenne, qui ont massivement investi dans des technologies dernier-cri. Le pays est pour l'heure "dépendant à 100% des importations" pour ses besoins en lithium, cobalt et nickel, relève l'Institute for Energy Economics and Financial Analysis. Le Premier ministre indien Narendra Modi a alors débloqué 170 millions de dollars pour doper le recyclage, en imposant aux industriels d'y procéder dans des structures certifiées. Ce plan "a agi comme un aiguillon pour toute l'industrie du recyclage", reconnaît Raman Singh, le directeur d'Exigo Recycling. "Avant que (ce plan) ne soit appliqué, 99% des déchets électroniques étaient recyclés dans le secteur informel", rappelle Nitin Gupta, de l'entreprise concurrente Attero Recycling. "Aujourd'hui, près de 60% sont traités dans des structures formelles". Une évaluation jugée exagérée par le Programme des Nations unies pour le développement, qui établit la part de l'informel à 80%. Le centre de réflexion proche du gouvernement indien NITI Aayog a également constaté que l'activité de recyclage industriel restait encore loin des objectifs fixés. Intégrer l'informel" Alors "certains minéraux critiques se perdent", souligne Sandip Chatterjee, conseiller à l'organisation Sustainable Electronics Recycling International. Seelampuri, quartier pauvre de New Delhi, accueille l'une de ces décharges où s'empilent des montagnes de déchets en tous genres. "Les nouvelles entreprises se contentent de traiter le volume minimal nécessaire à leur certification, le reste continue à arriver ici", assure un négociant informel, Shabbir Khan. "Notre activité n'a pas baissé, bien au contraire elle augmente..." Il n'est pas rare non plus que les industriels confient le rebus à leurs "collègues" sans pignon sur rue. "L'intégration des acteurs informels dans une chaîne logistique traçable pourrait réduire" ce phénomène, recommande Sandip Chatterjee. Seul recycleur à but non lucratif autorisé en Inde, Ecowork s'efforce de convaincre par la formation. "Nous les informons des risques, de la valeur des minéraux et des bonnes techniques", indique un de leurs responsables, Devesh Tiwari. Installé en banlieue de New Delhi, Rizwan Saifi, 20 ans, s'y est converti. D'un vieux disque dur, il sait désormais extraire un aimant permanent particulièrement recherché, le dysprosium. "Avant, je ne m'intéressais guère qu'au cuivre et à l'aluminium, car je savais que je pourrais bien les revendre au marché noir", explique-t-il. "Maintenant, je sais combien cet aimant est précieux."

18.02.2026 à 08:09

Japon: Takaichi reconduite Première ministre après son triomphe électoral

FRANCE24
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Mme Takaichi, 64 ans, était devenue en octobre la première femme à occuper ce poste dans l'archipel, avant de convoquer fin janvier des élections législatives anticipées. Le scrutin a permis à la formation qu'elle préside, le puissant Parti libéral-démocrate (PLD, droite conservatrice) de remporter à lui seul une majorité des deux tiers à la chambre basse du Parlement. Ce score est le meilleur de l'histoire du PLD et renforce la dirigeante ultra-conservatrice pour la mise en œuvre de son programme au cours des quatre prochaines années dans l'archipel de 123 millions d'habitants. Mme Takaichi s'est engagée à renforcer les dépenses militaires du pays, à durcir les réglementations sur les étrangers et à doper les mesures de soutien à l'économie dans une conjoncture morose. Dans la foulée d'un colossal plan de relance fin 2025, elle a promis d'exempter de taxe sur la consommation les produits alimentaires sur les deux prochaines années pour soulager les ménages face à une inflation persistante. Sa large victoire inscrit Mme Takaichi dans le sillage de son mentor Shinzo Abe (Premier ministre en 2006-2007 puis 2012-2020) qui avait profondément marqué le pays par ses positions nationalistes et son programme économique comprenant notamment des relances budgétaires. Mais le gouvernement Takaichi fait aussi face à un regain de tensions avec la Chine. Sanae Takaichi avait laissé entendre en novembre que Tokyo pourrait intervenir militairement en cas d'attaque contre Taïwan, dont Pékin revendique la souveraineté, provoquant la colère de son puissant voisin. En réaction, Pékin a déconseillé à ses ressortissants les voyages au Japon et durci ses restrictions commerciales.

18.02.2026 à 07:55

Climat: plus de chaleur est néfaste à la production de café

FRANCE24
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Les cinq principaux pays producteurs de café - Brésil, Vietnam, Colombie, Ethiopie, Indonésie, soit 75% de la production mondiale - ont connu en moyenne ces dernières années 57 jours de plus par an à des niveaux de chaleur excessive pour les caféiers (au-dessus de 30°C), indique le centre de recherche Climate Central. Le Brésil, premier fournisseur mondial, compte 70 jours additionnels de chaleur dommageable pour le café. Les chercheurs, se basant sur leur système de modélisation Climate Shift Index, ont comparé les températures de la période 2021-2025 avec celles qu'auraient pu connaître ces régions tropicales sans réchauffement climatique. Sous l'effet notamment des dérèglements du climat, les prix du café sont volatiles et ont quasiment doublé de 2023 à 2025, atteignant même des records fin 2024 puis en février 2025. Sur 25 pays analysés (97% de la production mondiale), le nombre de journées de chaleur supplémentaires du fait du réchauffement s'élève à 47, d'après le rapport. Les plants d'arabica, cultivés en altitude, y sont particulièrement sensibles. Outre les températures, le changement climatique, généré par les émissions de gaz à effet de serre d'origine humaine, vient bouleverser les régimes de précipitations, autre facteur de perturbation pour la production de café. La flambée des prix à partir de 2023 a notamment été expliquée par la sécheresse au Brésil.

18.02.2026 à 07:43

Le compositeur hongrois György Kurtag fête ses 100 ans avec un nouvel opéra

FRANCE24
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Celui qui confiait dans une rare interview à un hebdomadaire hongrois en 2017 que le travail de composition pouvait s'avérer "pénible" se déplace désormais en fauteuil roulant. Mais il n'a rien perdu de sa vivacité d'esprit ni de sa passion pour la musique, selon son entourage. "Il n'entend plus très bien. Mais en contrepartie, il ressent encore davantage, il perçoit encore plus le monde et la musique", s'émerveille Andras Keller, chef d'orchestre et directeur de Concerto Budapest, lors d'une répétition début février du nouvel opéra en un acte de Kurtag, Die Stechardin. Celui-ci conte l'histoire d'amour entre une marchande de fleurs, Maria Dorothea Stechard, et le philosophe et physicien allemand Georg Christoph Lichtenberg au XVIIIe siècle. Après la mort en 2019 de la pianiste Marta Kurtag, son épouse depuis 1947 et interprète clé de son oeuvre, certains ont craint pour lui, explique Laszló Göz, tromboniste et directeur du Budapest Music Center où réside désormais György Kurtag. Mais il s'est remis à composer, "écrivant des pièces de plus en plus vastes et complexes; il a repris l'enseignement, et aujourd'hui, à 99 ans, il a écrit son deuxième opéra, qui est une sorte de message à Marta", ajoute M. Göz. Né le 19 février 1926 à Lugoj en Roumanie, Kurtag, magyarophone, s'est illustré par ses compositions de forme brève et fragmentée, et son goût pour les mélodies populaires. "Maître des formes miniatures" Il a commencé à apprendre le piano enfant, et étudié à Timisoara, toujours en Roumanie, avant de rejoindre Budapest après la guerre, où il est admis à l'Académie Franz-Liszt (Zeneakadémia) en 1946. Il y suit des cours de piano - notamment avec Pal Kadosa -, de composition - avec Sandor Veress et Ferenc Farkas- et de musique de chambre - avec Leo Weiner. Diplômé en piano et musique de chambre en 1951, puis en composition, il reçoit rapidement des distinctions nationales, avant un séjour déterminant à Paris en 1957-1958, où il travaille avec Marianne Stein et fréquente les classes de Darius Milhaud et Olivier Messiaen. De retour en Hongrie, il est répétiteur de la Société philharmonique de Budapest à partir de 1960, puis enseigne à la Zeneakadémia le piano et la musique de chambre. Parmi ses élèves figurent plusieurs interprètes devenus incontournables, dont Andras Schiff et Zoltan Kocsis. Héritier d'un autre Hongrois, Bela Bartok, proche par certains aspects de l'austérité et de la tension de l'Autrichien Anton Webern, il a fait de la miniature un territoire majeur, notamment avec la série Jatekok (Jeux) pour piano, à la fois laboratoire, carnet intime et matériau pédagogique. Son univers est aussi profondément littéraire: il met en musique poètes et écrivains (Janos Pilinszky, Jozsef Attila, Franz Kafka, Samuel Beckett...), et devient célèbre à l'international avec des oeuvres vocales et chambristes, dont Les messages de feu la demoiselle R. V. Troussova, créés en 1981. Installé près de Bordeaux, en France, à partir de 1993, il revient en Hongrie en 2015. Pour Gergely Fazeakas, historien de la musique, "la musique de Kurtag rayonne d'intensité, même dans ses moments les plus silencieux et raffinés". "György Kurtag est souvent qualifié de maître des formes miniatures. Il est vrai que nombre de ses pièces ne saisissent que quelques minutes, voire moins, d'un fragment d'éternité", dit-il encore à l'AFP lors d'une cérémonie début février à l'Académie Liszt, où Kurtag a reçu un doctorat honorifique avant de diriger une répétition publique de Die Stechardin. Pour rendre hommage au centenaire, qui a un fils également compositeur, György Kurtag Jr., Budapest accueille une série de célébrations — concerts, projection de documentaires, création audiovisuelle — qui entendent dessiner le portrait d'un artiste dont l'oeuvre exigeante a marqué la musique européenne des dernières décennies.

18.02.2026 à 07:41

Ligue des champions : le PSG et Désiré Doué renversent Monaco

L'Equipe TV
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Le Paris Saint-Germain s’est imposé sur la pelouse de l’AS Monaco (3-2) en barrage aller de Ligue des champions. Entré en première période à la place de Ousmane Dembélé, blessé, Désiré Doué a inscrit un doublé.
Texte intégral (658 mots)
Le Paris Saint-Germain s’est imposé sur la pelouse de l’AS Monaco (3-2) en barrage aller de Ligue des champions. Entré en première période à la place de Ousmane Dembélé, blessé, Désiré Doué a inscrit un doublé.

18.02.2026 à 07:31

"Une tentative d'évasion": ruée à Moscou vers les lieux culturels

FRANCE24
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Des salles de concert archicombles, la galerie Tretiakov bondée en pleine semaine, plus aucun billet sur internet pour l'exposition Chagall au Musée Pouchkine... Moscou, qui concentre avec Saint-Pétersbourg la vie culturelle russe et dont l'offre ne s’est pas tarie depuis 2022, a vu la fréquentation de ses musées bondir de 30% en 2025 sur un an, selon la maire-adjointe de la capitale russe, Natalia Sergounina. Valentina Ivakina court, elle, les spectacles. En ce soir de tempête de neige, cette spécialiste en marketing de 45 ans se rend à un opéra de Prokofiev sur la scène historique du Bolchoï, après avoir vu la veille un ballet d'après Tchekhov sur la Nouvelle scène du même établissement. La semaine précédente, elle était dans un autre théâtre. "C'est une certaine tentative d'évasion de la réalité", euphémise-t-elle sur la place Teatralnaïa, qui brille comme un sapin de Noël, évoquant "moins de possibilités d'aller quelque part et de quitter le pays". Le 24 février 2022, Vladimir Poutine lançait une offensive à grande échelle contre l'Ukraine qui a fait des centaines de milliers de morts, le conflit le plus meurtrier en Europe depuis la Deuxième Guerre mondiale. Les échanges avec l'Occident se sont rompus; les applications de messageries étrangères sont bloquées ou restreintes, les médias indépendants en exil, les visas difficiles à obtenir. Parallèlement, le pouvoir exalte les valeurs "patriotiques". En public, les références aux quatre années précédentes se font par allusion, généralement condensées en un : "le contexte". - "Festin en temps de peste" - "Il semblait ne rester que très peu de choses auxquelles se raccrocher", résume Victor Tchéline, un photographe rencontré avec sa femme à la sortie du musée Pouchkine à Moscou, où accourent les chanceux détenteurs d'un billet pour l'exposition Chagall intitulée "La joie de la gravité terrestre". Mais les musées, "c'est une sorte de complot silencieux, quand vous marchez et que vous comprenez que vous êtes unis aux autres par l'admiration d'une certaine beauté". Sollicitée par l'AFP, la direction du musée Pouchkine n'a pas répondu aux demandes de commentaire sur le succès de son exposition temporaire du peintre, né et formé dans l'Empire tsariste mais qui émigra en France quelques années après la révolution de 1917. Les spectacles et expositions proposés par les grandes institutions à Moscou relèvent tous d'un répertoire classique. Les grands artistes russes critiques des autorités sont eux contraints à l'exil ou au silence. Le sociologue Denis Volkov décrypte auprès de l'AFP un "désir de réduire le flux de mauvaises nouvelles, de les filtrer" ou de ne pas en parler avec les proches, "parce qu’il y a le risque de tomber sur une opinion contraire". L’attitude commune, estime M. Volkov, directeur du centre indépendant de sondages Levada déclaré "agent de l'étranger" en Russie, consiste à "ne pas suivre attentivement (les informations), ne pas discuter" pour "préserver sa propre santé psychique et ses relations avec les autres. Peut-être que c’est de là que vient un regain d’intérêt pour la culture…" Pour Victor Tchéline, 30 ans, il s'est passé en Russie "quelque chose d'énorme, dont nous avons tous peur. Sur lequel nous fermons les yeux, mais en essayant de vivre et de conserver une certaine normalité". Il évoque "l'impression, comme on dit, d'un festin en temps de peste", en référence au titre d'une tragédie de Pouchkine, écrite lors d'une épidémie de choléra en Russie en 1831. Victor et sa femme ont vécu deux ans en Géorgie après le début de l’offensive massive contre l'Ukraine, avant de revenir à Saint-Pétersbourg, où ils fréquentent assidûment le musée de l’Ermitage: "Nous n'allons même pas voir des œuvres d'art spécifiques, nous nous ancrons plutôt, comme si nous rejoignions quelque chose de familier". Irina, ex-professeure de piano qui ne donne que son prénom, réfute l'idée d'une échappatoire. Cette femme de 79 ans ceintrée dans un court manteau de fourrure, du rose fluo aux lèvres, affirme d’un air entendu très bien savoir "tout ce qui se passe dans le monde et où se situe le noir et le blanc". "Nous vivons avec ça. Oui, nous vivons avec ça", répète-t-elle, ajoutant: "Nous allons souvent à toutes les expositions qui nous nourrissent et nous mettent de bonne humeur. Et Chagall, c'est tellement coloré qu’il donne envie de vivre".
Texte intégral (782 mots)
Des salles de concert archicombles, la galerie Tretiakov bondée en pleine semaine, plus aucun billet sur internet pour l'exposition Chagall au Musée Pouchkine... Moscou, qui concentre avec Saint-Pétersbourg la vie culturelle russe et dont l'offre ne s’est pas tarie depuis 2022, a vu la fréquentation de ses musées bondir de 30% en 2025 sur un an, selon la maire-adjointe de la capitale russe, Natalia Sergounina. Valentina Ivakina court, elle, les spectacles. En ce soir de tempête de neige, cette spécialiste en marketing de 45 ans se rend à un opéra de Prokofiev sur la scène historique du Bolchoï, après avoir vu la veille un ballet d'après Tchekhov sur la Nouvelle scène du même établissement. La semaine précédente, elle était dans un autre théâtre. "C'est une certaine tentative d'évasion de la réalité", euphémise-t-elle sur la place Teatralnaïa, qui brille comme un sapin de Noël, évoquant "moins de possibilités d'aller quelque part et de quitter le pays". Le 24 février 2022, Vladimir Poutine lançait une offensive à grande échelle contre l'Ukraine qui a fait des centaines de milliers de morts, le conflit le plus meurtrier en Europe depuis la Deuxième Guerre mondiale. Les échanges avec l'Occident se sont rompus; les applications de messageries étrangères sont bloquées ou restreintes, les médias indépendants en exil, les visas difficiles à obtenir. Parallèlement, le pouvoir exalte les valeurs "patriotiques". En public, les références aux quatre années précédentes se font par allusion, généralement condensées en un : "le contexte". - "Festin en temps de peste" - "Il semblait ne rester que très peu de choses auxquelles se raccrocher", résume Victor Tchéline, un photographe rencontré avec sa femme à la sortie du musée Pouchkine à Moscou, où accourent les chanceux détenteurs d'un billet pour l'exposition Chagall intitulée "La joie de la gravité terrestre". Mais les musées, "c'est une sorte de complot silencieux, quand vous marchez et que vous comprenez que vous êtes unis aux autres par l'admiration d'une certaine beauté". Sollicitée par l'AFP, la direction du musée Pouchkine n'a pas répondu aux demandes de commentaire sur le succès de son exposition temporaire du peintre, né et formé dans l'Empire tsariste mais qui émigra en France quelques années après la révolution de 1917. Les spectacles et expositions proposés par les grandes institutions à Moscou relèvent tous d'un répertoire classique. Les grands artistes russes critiques des autorités sont eux contraints à l'exil ou au silence. Le sociologue Denis Volkov décrypte auprès de l'AFP un "désir de réduire le flux de mauvaises nouvelles, de les filtrer" ou de ne pas en parler avec les proches, "parce qu’il y a le risque de tomber sur une opinion contraire". L’attitude commune, estime M. Volkov, directeur du centre indépendant de sondages Levada déclaré "agent de l'étranger" en Russie, consiste à "ne pas suivre attentivement (les informations), ne pas discuter" pour "préserver sa propre santé psychique et ses relations avec les autres. Peut-être que c’est de là que vient un regain d’intérêt pour la culture…" Pour Victor Tchéline, 30 ans, il s'est passé en Russie "quelque chose d'énorme, dont nous avons tous peur. Sur lequel nous fermons les yeux, mais en essayant de vivre et de conserver une certaine normalité". Il évoque "l'impression, comme on dit, d'un festin en temps de peste", en référence au titre d'une tragédie de Pouchkine, écrite lors d'une épidémie de choléra en Russie en 1831. Victor et sa femme ont vécu deux ans en Géorgie après le début de l’offensive massive contre l'Ukraine, avant de revenir à Saint-Pétersbourg, où ils fréquentent assidûment le musée de l’Ermitage: "Nous n'allons même pas voir des œuvres d'art spécifiques, nous nous ancrons plutôt, comme si nous rejoignions quelque chose de familier". Irina, ex-professeure de piano qui ne donne que son prénom, réfute l'idée d'une échappatoire. Cette femme de 79 ans ceintrée dans un court manteau de fourrure, du rose fluo aux lèvres, affirme d’un air entendu très bien savoir "tout ce qui se passe dans le monde et où se situe le noir et le blanc". "Nous vivons avec ça. Oui, nous vivons avec ça", répète-t-elle, ajoutant: "Nous allons souvent à toutes les expositions qui nous nourrissent et nous mettent de bonne humeur. Et Chagall, c'est tellement coloré qu’il donne envie de vivre".

18.02.2026 à 07:28

Conseil de la paix de Trump : ce que l'on sait de la réunion inaugurale à Washington

Barbara GABEL
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Pensé à l’origine pour organiser la reconstruction de la bande de Gaza, le Conseil de la paix voulu par Donald Trump tiendra jeudi sa première réunion à Washington. Un rendez-vous très politique, qui divise les alliés des États-Unis et alimente les accusations de concurrence directe avec l'ONU. Qui sera présent et quel sera l'ordre du jour ? France 24 fait le point.
Texte intégral (782 mots)
Pensé à l’origine pour organiser la reconstruction de la bande de Gaza, le Conseil de la paix voulu par Donald Trump tiendra jeudi sa première réunion à Washington. Un rendez-vous très politique, qui divise les alliés des États-Unis et alimente les accusations de concurrence directe avec l'ONU. Qui sera présent et quel sera l'ordre du jour ? France 24 fait le point.

18.02.2026 à 07:23

Philippines: la vice-présidente Sara Duterte se déclare candidate à la présidentielle de 2028

FRANCE24
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"J'offre ma vie, ma force et mon avenir au service de notre nation", a-t-elle lancé en conférence de presse, tout en critiquant le bilan de l'actuel chef de l'Etat, Ferdinand Marcos Jr. "Je suis Sara Duterte, et je suis candidate à la présidence des Philippines", a-t-elle dit. Visée début février par une troisième plainte en destitution en un peu plus d'une semaine, elle ne pourrait cependant pas concourir en cas de condamnation. L'an dernier, une autre plainte avait abouti à la mise en accusation de Mme Duterte par la Chambre des représentants, mais la Cour suprême avait annulé la décision pour des questions de procédure. Pressentie pour succéder à son père Rodrigo Duterte lors de la présidentielle de 2022, elle s'était alors retirée en faveur de Ferdinand Marcos Jr., à qui elle s'est alliée avant d'être élue à la vice-présidence. L'union entre les deux dynasties rivales a toutefois vite implosé et laissé la place à des affrontements publics récurrents. "Dans les premiers mois de nos mandats, j'ai déjà constaté le manque de sincérité de Bongbong Marcos Jr. quant aux promesses faites pendant la campagne, ainsi que vis-à-vis de son devoir envers la nation", a affirmé la vice‑présidente, en utilisant le surnom de M. Marcos Jr. En novembre 2024, au cours d'une conférence de presse, Mme Duterte avait dit avoir donné l'ordre de tuer le chef de l'Etat si elle était elle-même tuée. Elle a, par la suite, nié avoir proféré une menace de mort, décrivant ses propos comme l'expression de sa "consternation" face à des échecs du président philippin. "Gros risque" Selon Michael Henry Yusingco, chercheur à l'Ateneo Policy Center, Sara Duterte prend un "gros risque" en annonçant son départ en campagne, même si les "sondages sont en sa faveur". Cependant, l'administration du président Marcos Jr, qui ne peut pas se représenter en raison de la limite constitutionnelle d'un seul mandat, "va probablement pousser à sa destitution en coulisses", ajoute l'expert auprès de l'AFP. En vertu de la Constitution philippine, l'adoption d'une plainte en destitution à la Chambre des représentants déclenche un procès au Sénat, qui a ensuite la possibilité de démettre le responsable menacé. Les partisans de Mme Duterte croient généralement que M. Marcos Jr. a orchestré l'arrestation de son père, l'ex-président Rodrigo Duterte (2016-2022), et son transfert ultérieur à la Cour pénale internationale (CPI) aux Pays-Bas pour répondre d'accusations liées aux homicides commis lors d'une répression brutale contre la drogue. L'annonce de mercredi intervient par ailleurs quelques jours avant le début de l'audience préliminaire de M. Duterte à la Haye. Quant au président Marcos Jr., il a récemment échappé à des plaintes en destitution, rejetées par la commission de justice de la chambre basse, qui a dit manquer d'éléments. Il reste néanmoins fragilisé par un vaste scandale de corruption, toujours en cours, autour des projets dits "fantômes" de lutte contre les inondations qui auraient coûté des milliards de dollars au contribuable.
Texte intégral (530 mots)
"J'offre ma vie, ma force et mon avenir au service de notre nation", a-t-elle lancé en conférence de presse, tout en critiquant le bilan de l'actuel chef de l'Etat, Ferdinand Marcos Jr. "Je suis Sara Duterte, et je suis candidate à la présidence des Philippines", a-t-elle dit. Visée début février par une troisième plainte en destitution en un peu plus d'une semaine, elle ne pourrait cependant pas concourir en cas de condamnation. L'an dernier, une autre plainte avait abouti à la mise en accusation de Mme Duterte par la Chambre des représentants, mais la Cour suprême avait annulé la décision pour des questions de procédure. Pressentie pour succéder à son père Rodrigo Duterte lors de la présidentielle de 2022, elle s'était alors retirée en faveur de Ferdinand Marcos Jr., à qui elle s'est alliée avant d'être élue à la vice-présidence. L'union entre les deux dynasties rivales a toutefois vite implosé et laissé la place à des affrontements publics récurrents. "Dans les premiers mois de nos mandats, j'ai déjà constaté le manque de sincérité de Bongbong Marcos Jr. quant aux promesses faites pendant la campagne, ainsi que vis-à-vis de son devoir envers la nation", a affirmé la vice‑présidente, en utilisant le surnom de M. Marcos Jr. En novembre 2024, au cours d'une conférence de presse, Mme Duterte avait dit avoir donné l'ordre de tuer le chef de l'Etat si elle était elle-même tuée. Elle a, par la suite, nié avoir proféré une menace de mort, décrivant ses propos comme l'expression de sa "consternation" face à des échecs du président philippin. "Gros risque" Selon Michael Henry Yusingco, chercheur à l'Ateneo Policy Center, Sara Duterte prend un "gros risque" en annonçant son départ en campagne, même si les "sondages sont en sa faveur". Cependant, l'administration du président Marcos Jr, qui ne peut pas se représenter en raison de la limite constitutionnelle d'un seul mandat, "va probablement pousser à sa destitution en coulisses", ajoute l'expert auprès de l'AFP. En vertu de la Constitution philippine, l'adoption d'une plainte en destitution à la Chambre des représentants déclenche un procès au Sénat, qui a ensuite la possibilité de démettre le responsable menacé. Les partisans de Mme Duterte croient généralement que M. Marcos Jr. a orchestré l'arrestation de son père, l'ex-président Rodrigo Duterte (2016-2022), et son transfert ultérieur à la Cour pénale internationale (CPI) aux Pays-Bas pour répondre d'accusations liées aux homicides commis lors d'une répression brutale contre la drogue. L'annonce de mercredi intervient par ailleurs quelques jours avant le début de l'audience préliminaire de M. Duterte à la Haye. Quant au président Marcos Jr., il a récemment échappé à des plaintes en destitution, rejetées par la commission de justice de la chambre basse, qui a dit manquer d'éléments. Il reste néanmoins fragilisé par un vaste scandale de corruption, toujours en cours, autour des projets dits "fantômes" de lutte contre les inondations qui auraient coûté des milliards de dollars au contribuable.

18.02.2026 à 06:50

Ukraine en direct : Witkoff salue un "progrès significatif" des négociations entre Kiev et Moscou

FRANCE 24
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L'émissaire de la Maison Blanche Steve Witkoff a salué, mercredi, le "progrès significatif" représenté par le processus de négociations rassemblant Russes et Ukrainiens pour essayer de trouver une issue à quatre ans de combats en Ukraine. Les protagonistes doivent reprendre leurs pourparlers à Genève pour le deuxième jour consécutif. Suivez notre direct.
Texte intégral (530 mots)
L'émissaire de la Maison Blanche Steve Witkoff a salué, mercredi, le "progrès significatif" représenté par le processus de négociations rassemblant Russes et Ukrainiens pour essayer de trouver une issue à quatre ans de combats en Ukraine. Les protagonistes doivent reprendre leurs pourparlers à Genève pour le deuxième jour consécutif. Suivez notre direct.

18.02.2026 à 06:14

Diplomatie: Quand l'ambassadeur américain à Bruxelles "sème la zizanie"

Hélène FRADE
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A la Une de la presse, ce mercredi 18 février, la convocation, hier, de l'ambassadeur américain en Belgique,  après que celui-ci a accusé les autorités de poursuivre des Belges juifs, pour des motifs «antisémites». La crise diplomatique entre Washington et Bruxelles, qui n’est pas une première depuis le retour de Trump à la Maison Blanche. Neuf personnes interpellées en France après le meurtre du jeune militant d’extrême-droite Quentin Deranque. Et la «team Marcel Proust».
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A la Une de la presse, ce mercredi 18 février, la convocation, hier, de l'ambassadeur américain en Belgique,  après que celui-ci a accusé les autorités de poursuivre des Belges juifs, pour des motifs «antisémites». La crise diplomatique entre Washington et Bruxelles, qui n’est pas une première depuis le retour de Trump à la Maison Blanche. Neuf personnes interpellées en France après le meurtre du jeune militant d’extrême-droite Quentin Deranque. Et la «team Marcel Proust».

18.02.2026 à 05:49

Le Pérou élit un nouveau président par intérim à deux mois de la présidentielle

FRANCE24
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Les parlementaires choisiront le nouveau président du Parlement, appelé à diriger le pays jusqu'à l'entrée en fonctions du prochain chef de l'État le 28 juillet, comme l'avait fait José Jeri après la destitution de Dina Boluarte en octobre. Prévu à partir de 18H00 (23H00 GMT), le vote mettra fin à une vacance du pouvoir de plus de 24 heures, inédite dans l'histoire récente du pays. Quatre personnes, José Balcazar, Hector Acuna, Edgar Reymundo et Maria del Carmen Alva se sont portées candidates mardi. Ancienne présidente du Parlement en 2021 et actuelle porte-parole parlementaire, cette dernière, membre du parti centriste Accion Popular, apparaît comme l'une des principales prétendantes. L'ancien président intérimaire de droite a été destitué après un peu plus de quatre mois au pouvoir, lors d'un vote du Parlement réuni en session extraordinaire, par 75 voix pour, 24 contre et trois abstentions, bien au-delà du seuil requis de 58 votes. Cette destitution, la dernière en date, illustre une instabilité institutionnelle chronique depuis 2016, caractérisée par un Parlement dominant face à un exécutif fragilisé. Parmi les sept derniers présidents du pays andin, quatre ont été destitués par le Parlement et deux ont démissionné avant de subir le même sort. Un seul a mené à terme son mandat intérimaire. Paula Jimenez, vendeuse à Lima de 22 ans, juge auprès de l'AFP cette nouvelle crise politique "secondaire" face à l'insécurité croissante dans le pays, et accuse le Parlement de se focaliser sur des querelles internes plutôt que sur les préoccupations des Péruviens. "véritable leader" "Au Pérou, on change constamment de président, ça crée une forte instabilité", juge Edgardo Torres, un ingénieur industriel de 29 ans de la capitale, estimant que le pays a besoin "d'un véritable leader". José Jeri était visé par plusieurs demandes de destitution déposées par la minorité de gauche et un bloc de partis de droite, qui l'accusaient d'"inconduite fonctionnelle" et "manque d'aptitude" à exercer ses fonctions. Le parquet a ouvert depuis janvier deux enquêtes préliminaires pour "trafic d'influence" visant l'ancien président par intérim de 39 ans, des procédures qui ont contribué à précipiter sa chute. La première concerne une rencontre secrète avec un homme d'affaires chinois lié à des contrats avec l'État. La seconde, ouverte vendredi, porte sur son intervention présumée dans le recrutement de neuf femmes au sein de son gouvernement. "Je n'ai commis aucun délit. J'ai toute la légitimité morale nécessaire pour exercer la présidence de la République", s'était défendu dimanche José Jeri lors d'un entretien télévisé. Pour le politologue Fernando Tuesta, de l'Université catholique pontificale du Pérou (PUCP), "personne ne bénéficie directement" de cette crise dans la campagne électorale, "même si les partis qui ont soutenu José Jeri "pourraient en payer le prix". En tête des sondages, le candidat de Renovacion Popular Rafael Lopez Aliaga avait appelé à la démission de José Jeri, affirmant que celui-ci était "l'opérateur de dizaines de groupes chinois" au palais présidentiel. Des élections présidentielle et législatives sont prévues le 12 avril, avec un nombre record de plus de 30 candidats en lice pour la magistrature suprême.
Texte intégral (555 mots)
Les parlementaires choisiront le nouveau président du Parlement, appelé à diriger le pays jusqu'à l'entrée en fonctions du prochain chef de l'État le 28 juillet, comme l'avait fait José Jeri après la destitution de Dina Boluarte en octobre. Prévu à partir de 18H00 (23H00 GMT), le vote mettra fin à une vacance du pouvoir de plus de 24 heures, inédite dans l'histoire récente du pays. Quatre personnes, José Balcazar, Hector Acuna, Edgar Reymundo et Maria del Carmen Alva se sont portées candidates mardi. Ancienne présidente du Parlement en 2021 et actuelle porte-parole parlementaire, cette dernière, membre du parti centriste Accion Popular, apparaît comme l'une des principales prétendantes. L'ancien président intérimaire de droite a été destitué après un peu plus de quatre mois au pouvoir, lors d'un vote du Parlement réuni en session extraordinaire, par 75 voix pour, 24 contre et trois abstentions, bien au-delà du seuil requis de 58 votes. Cette destitution, la dernière en date, illustre une instabilité institutionnelle chronique depuis 2016, caractérisée par un Parlement dominant face à un exécutif fragilisé. Parmi les sept derniers présidents du pays andin, quatre ont été destitués par le Parlement et deux ont démissionné avant de subir le même sort. Un seul a mené à terme son mandat intérimaire. Paula Jimenez, vendeuse à Lima de 22 ans, juge auprès de l'AFP cette nouvelle crise politique "secondaire" face à l'insécurité croissante dans le pays, et accuse le Parlement de se focaliser sur des querelles internes plutôt que sur les préoccupations des Péruviens. "véritable leader" "Au Pérou, on change constamment de président, ça crée une forte instabilité", juge Edgardo Torres, un ingénieur industriel de 29 ans de la capitale, estimant que le pays a besoin "d'un véritable leader". José Jeri était visé par plusieurs demandes de destitution déposées par la minorité de gauche et un bloc de partis de droite, qui l'accusaient d'"inconduite fonctionnelle" et "manque d'aptitude" à exercer ses fonctions. Le parquet a ouvert depuis janvier deux enquêtes préliminaires pour "trafic d'influence" visant l'ancien président par intérim de 39 ans, des procédures qui ont contribué à précipiter sa chute. La première concerne une rencontre secrète avec un homme d'affaires chinois lié à des contrats avec l'État. La seconde, ouverte vendredi, porte sur son intervention présumée dans le recrutement de neuf femmes au sein de son gouvernement. "Je n'ai commis aucun délit. J'ai toute la légitimité morale nécessaire pour exercer la présidence de la République", s'était défendu dimanche José Jeri lors d'un entretien télévisé. Pour le politologue Fernando Tuesta, de l'Université catholique pontificale du Pérou (PUCP), "personne ne bénéficie directement" de cette crise dans la campagne électorale, "même si les partis qui ont soutenu José Jeri "pourraient en payer le prix". En tête des sondages, le candidat de Renovacion Popular Rafael Lopez Aliaga avait appelé à la démission de José Jeri, affirmant que celui-ci était "l'opérateur de dizaines de groupes chinois" au palais présidentiel. Des élections présidentielle et législatives sont prévues le 12 avril, avec un nombre record de plus de 30 candidats en lice pour la magistrature suprême.

18.02.2026 à 05:13

Le Gabon annonce la suspension des réseaux sociaux "jusqu'à nouvel ordre"

FRANCE 24
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Dans un communiqué publié mardi soir, la Haute autorité de la communication du Gabon a annoncé la suspension immédiate et "jusqu'à nouvel ordre" des réseaux sociaux, expliquant que des contenus risquaient d'engendrer des conflits sociaux ou de déstabiliser les institutions. Selon une journaliste de l'AFP, la suspension n'était cependant pas effective dans la nuit de mardi à mercredi.
Texte intégral (555 mots)
Dans un communiqué publié mardi soir, la Haute autorité de la communication du Gabon a annoncé la suspension immédiate et "jusqu'à nouvel ordre" des réseaux sociaux, expliquant que des contenus risquaient d'engendrer des conflits sociaux ou de déstabiliser les institutions. Selon une journaliste de l'AFP, la suspension n'était cependant pas effective dans la nuit de mardi à mercredi.

18.02.2026 à 05:13

Le roi du Danemark entame une visite de trois jours au Groenland

FRANCE24
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Cette tournée intervient alors que le Groenland a été récemment au coeur de tensions diplomatiques avec Washington, Donald Trump ayant affirmé vouloir prendre le contrôle de l'immense île arctique, au grand dam des chancelleries européennes. En annonçant sa venue sur le territoire groenlandais fin janvier, le roi du Danemark s'était dit "profondément solidaire" des Groenlandais bouleversés par la convoitise de Donald Trump pour ce territoire autonome danois. "A travers la presse, on peut voir et sentir que les gens ont été très inquiets (...), c'est clair que cela nous préoccupe tous les deux", avait-il ajouté, associant sa femme, la reine Mary. Le souverain de 57 ans, dont le rôle est surtout symbolique, doit se rendre jeudi à Maniitsoq, à quelque 150 km au nord de Nuuk, où il rencontrera des entrepreneurs locaux. Il sera vendredi à Kangerlussuaq, plus au nord, pour visiter le centre d'entraînement arctique des troupes danoises. Malgré un passé colonial difficile du Danemark sur ce territoire autonome, la monarchie jouit depuis longtemps d’une forte popularité au Groenland. Adepte d'activités de plein air, Frederik avait participé en 2000 à une expédition à ski de quatre mois et 3.500 kilomètres à travers le Groenland, au sein de la patrouille d'élite Sirius de la marine danoise. Washington affirme régulièrement que le contrôle du Groenland est indispensable à la sécurité des Etats-Unis et accuse le Danemark, et plus largement les Européens, de ne pas protéger suffisamment cette zone stratégique face aux ambitions russes et chinoises. Donald Trump a toutefois renoncé à ses menaces après la signature d'un accord-cadre avec le secrétaire général de l'Otan, Mark Rutte, visant à renforcer l'influence américaine et ouvrant sur des pourparlers entre le Danemark, le Groenland et les Etats-Unis. En mars 2025, le vice-président américain JD Vance avait violemment critiqué l'inaction supposée du Danemark au Groenland. "Il ne doit y avoir aucun doute sur mon amour pour le Groenland, et mon lien avec le peuple groenlandais est intact", avait alors répondu Frederik X lors d'une rare déclaration. Ces tensions ont engendré l'une des crises les plus graves de l'histoire de l'Alliance atlantique depuis 1949.
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Cette tournée intervient alors que le Groenland a été récemment au coeur de tensions diplomatiques avec Washington, Donald Trump ayant affirmé vouloir prendre le contrôle de l'immense île arctique, au grand dam des chancelleries européennes. En annonçant sa venue sur le territoire groenlandais fin janvier, le roi du Danemark s'était dit "profondément solidaire" des Groenlandais bouleversés par la convoitise de Donald Trump pour ce territoire autonome danois. "A travers la presse, on peut voir et sentir que les gens ont été très inquiets (...), c'est clair que cela nous préoccupe tous les deux", avait-il ajouté, associant sa femme, la reine Mary. Le souverain de 57 ans, dont le rôle est surtout symbolique, doit se rendre jeudi à Maniitsoq, à quelque 150 km au nord de Nuuk, où il rencontrera des entrepreneurs locaux. Il sera vendredi à Kangerlussuaq, plus au nord, pour visiter le centre d'entraînement arctique des troupes danoises. Malgré un passé colonial difficile du Danemark sur ce territoire autonome, la monarchie jouit depuis longtemps d’une forte popularité au Groenland. Adepte d'activités de plein air, Frederik avait participé en 2000 à une expédition à ski de quatre mois et 3.500 kilomètres à travers le Groenland, au sein de la patrouille d'élite Sirius de la marine danoise. Washington affirme régulièrement que le contrôle du Groenland est indispensable à la sécurité des Etats-Unis et accuse le Danemark, et plus largement les Européens, de ne pas protéger suffisamment cette zone stratégique face aux ambitions russes et chinoises. Donald Trump a toutefois renoncé à ses menaces après la signature d'un accord-cadre avec le secrétaire général de l'Otan, Mark Rutte, visant à renforcer l'influence américaine et ouvrant sur des pourparlers entre le Danemark, le Groenland et les Etats-Unis. En mars 2025, le vice-président américain JD Vance avait violemment critiqué l'inaction supposée du Danemark au Groenland. "Il ne doit y avoir aucun doute sur mon amour pour le Groenland, et mon lien avec le peuple groenlandais est intact", avait alors répondu Frederik X lors d'une rare déclaration. Ces tensions ont engendré l'une des crises les plus graves de l'histoire de l'Alliance atlantique depuis 1949.

18.02.2026 à 05:01

Pologne: premier procès d'un évêque jugé pour avoir couvert des actes pédocriminels

FRANCE24
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Andrzej Jez est le premier haut dignitaire de l'Eglise catholique polonaise poursuivi au pénal pour ne pas avoir informé l'autorité judiciaire d'agressions sexuelles commises par des membres du clergé. "C'est une affaire spectaculaire et, dans la réalité polonaise, à dire vrai sans précédent", déclare à l'AFP Artur Nowak, avocat de victimes. Selon le parquet, l'évêque Andrzej Jez, de Tarnów, dans le sud-est de la Pologne, était au courant de deux cas de prêtres ayant agressé des enfants de choeur. L'un d'eux, Stanislaw P., dont le nom de famille est gardé confidentiel en vertu des lois polonaises, aurait agressé 95 enfants. Il s'agit de l'une des plus grandes affaires de ce type au sein de l’Église catholique en Pologne, remontant aux années 1980. Aucun des deux ecclésiastiques n'a été condamné, l'un ayant bénéficié de la prescription, l'autre n'ayant pas encore été jugé. Dans de précédentes affaires, les procureurs avaient refusé d'ouvrir des enquêtes, arguant que l'obligation de signalement n'avait été inscrite dans le code pénal qu'en 2017. La curie locale rejette les accusations contre l’évêque Jez, soulignant dans un communiqué publié mardi que "les autorités du diocèse de Tarnów ont adressé une bonne dizaine de signalements" ces dernières années, conformément à leur politique de "tolérance zéro". Sollicitée par l'AFP, la défense de Mgr Jez a refusé de s'exprimer avant les débats. Commission indépendante Depuis 2020, le Vatican a sanctionné plusieurs évêques polonais soupçonnés de négligence ou d'avoir couvert des agressions sexuelles sur des mineurs. Les scandales au sein de l'Eglise ont même touché l’ancien pape polonais Jean-Paul II. Sa contribution à la chute du régime communiste lui a valu une renommée mondiale, mais des enquêtes menées sur les années 1960 et 1970, l'époque où il exerçait les fonctions d'archevêque de Cracovie, ont jeté une ombre sur le souverain pontife soupçonné d'avoir su et de s'être tu. Selon des chiffres publiés par l'Eglise polonaise en 2021, 368 signalements de violences sexuelles impliquant 292 prêtres et religieux ont été enregistrés entre 2018 et 2020 concernant la période 1958-2020, dont 173 concernent des enfants de moins de 15 ans. Les autorités estiment que ces chiffres sont sous-estimés, la majorité des victimes ne se manifestant que des décennies plus tard. Associations et victimes réclament de longue date la constitution d'une commission d'enquête indépendante. En attendant, les évêques polonais se réuniront en mars à Varsovie pour tenter de créer une commission interne dont le périmètre et les prérogatives restent flous. L'émergence de ces scandales, les réformes de la droite catholique et conservatrice contre le droit à l'avortement et l'opposition à l'implication de l'Église dans la vie politique ont accéléré la sécularisation de la Pologne. L'an dernier, le Centre polonais de recherche sur l'opinion publique (CBOS) a relevé que seulement 34% des Polonais déclarent assister à la messe hebdomadaire, comparé à près de 70% au début des années 1990.
Texte intégral (523 mots)
Andrzej Jez est le premier haut dignitaire de l'Eglise catholique polonaise poursuivi au pénal pour ne pas avoir informé l'autorité judiciaire d'agressions sexuelles commises par des membres du clergé. "C'est une affaire spectaculaire et, dans la réalité polonaise, à dire vrai sans précédent", déclare à l'AFP Artur Nowak, avocat de victimes. Selon le parquet, l'évêque Andrzej Jez, de Tarnów, dans le sud-est de la Pologne, était au courant de deux cas de prêtres ayant agressé des enfants de choeur. L'un d'eux, Stanislaw P., dont le nom de famille est gardé confidentiel en vertu des lois polonaises, aurait agressé 95 enfants. Il s'agit de l'une des plus grandes affaires de ce type au sein de l’Église catholique en Pologne, remontant aux années 1980. Aucun des deux ecclésiastiques n'a été condamné, l'un ayant bénéficié de la prescription, l'autre n'ayant pas encore été jugé. Dans de précédentes affaires, les procureurs avaient refusé d'ouvrir des enquêtes, arguant que l'obligation de signalement n'avait été inscrite dans le code pénal qu'en 2017. La curie locale rejette les accusations contre l’évêque Jez, soulignant dans un communiqué publié mardi que "les autorités du diocèse de Tarnów ont adressé une bonne dizaine de signalements" ces dernières années, conformément à leur politique de "tolérance zéro". Sollicitée par l'AFP, la défense de Mgr Jez a refusé de s'exprimer avant les débats. Commission indépendante Depuis 2020, le Vatican a sanctionné plusieurs évêques polonais soupçonnés de négligence ou d'avoir couvert des agressions sexuelles sur des mineurs. Les scandales au sein de l'Eglise ont même touché l’ancien pape polonais Jean-Paul II. Sa contribution à la chute du régime communiste lui a valu une renommée mondiale, mais des enquêtes menées sur les années 1960 et 1970, l'époque où il exerçait les fonctions d'archevêque de Cracovie, ont jeté une ombre sur le souverain pontife soupçonné d'avoir su et de s'être tu. Selon des chiffres publiés par l'Eglise polonaise en 2021, 368 signalements de violences sexuelles impliquant 292 prêtres et religieux ont été enregistrés entre 2018 et 2020 concernant la période 1958-2020, dont 173 concernent des enfants de moins de 15 ans. Les autorités estiment que ces chiffres sont sous-estimés, la majorité des victimes ne se manifestant que des décennies plus tard. Associations et victimes réclament de longue date la constitution d'une commission d'enquête indépendante. En attendant, les évêques polonais se réuniront en mars à Varsovie pour tenter de créer une commission interne dont le périmètre et les prérogatives restent flous. L'émergence de ces scandales, les réformes de la droite catholique et conservatrice contre le droit à l'avortement et l'opposition à l'implication de l'Église dans la vie politique ont accéléré la sécularisation de la Pologne. L'an dernier, le Centre polonais de recherche sur l'opinion publique (CBOS) a relevé que seulement 34% des Polonais déclarent assister à la messe hebdomadaire, comparé à près de 70% au début des années 1990.
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