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Chaîne de service public - Actualité internationale.

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10.04.2026 à 14:11

Titres de séjour: Nuñez veut désengorger les préfectures

FRANCE24
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"L’objectif, c’est de diviser par deux le temps de traitement des titres de séjour: 55 jours en moyenne, contre 117 l’année dernière", explique Laurent Nuñez dans une interview au Figaro vendredi. "Pour un tiers des préfectures, ce délai excède 120 jours", rappelle même une instruction détaillée envoyée jeudi aux préfets. Ce texte de cinq pages souligne "la priorité" que constitue "la lutte contre les ruptures de droits" lors du renouvellement des cartes de séjour, "en particulier pour ceux qui relèvent de l'immigration professionnelle". Parmi les mesures phares pour réduire "drastiquement" les délais: le recrutement de 500 vacataires, "soit une hausse de plus de 20%" des effectifs, ainsi que 2 millions d'euros d'heures supplémentaires pour "organiser dans les plus brefs délais les opérations de déstockage nécessaires". Car il y a aujourd'hui 930.000 dossiers en attente, selon le texte du ministère, qui souligne: "ce sont autant de personnes étrangères dans l'attente que l'administration statue sur leur situation". Avec, pour ceux dont le titre expire, des conséquences majeures pour leurs droits sociaux, au travail et au séjour. A titre de comparaison, 955.000 renouvellements de titres de séjour ont été accordés en 2025, dont 205.000 pour des motifs économiques et 366.000 pour motif familial. Fin 2025, près de 4,5 millions d'étrangers disposaient d'un titre de séjour en cours de validité, soit 8,1% de la population, selon les chiffres de l'Intérieur. "Dysfonctionnements" Pour simplifier les procédures, il est prévu de ne plus demander aux étrangers en situation régulière de déclarer leurs changements d'adresse et d'actualiser la liste des documents nécessaires au renouvellement de leur titre: "aucune exigence supplémentaire ne devra être sollicitée", affirme l'instruction. Le plan prévoit aussi de "faire évoluer" la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France (ANEF), portail en ligne institué en 2021, et très décrié pour ses dysfonctionnements. Des "milliers de personnes étrangères sont chaque année placées, malgré elles, en situation irrégulière, alors qu'elles avaient précédemment un titre de séjour", déplore le Défenseur des droits dans son rapport annuel jeudi. Les droits des étrangers représentent d'ailleurs 45% des saisines de l'institution, avec pour les trois-quarts d'entre eux des difficultés à renouveler un titre de séjour. Dans son instruction, l'Intérieur prône d'assortir cette dématérialisation "d'un accompagnement humain pour les publics les plus fragiles". Car la justice rappelle régulièrement à l'administration ses obligations en matière d'accessibilité du service public, "dans le cadre de contentieux (qui lui sont) défavorables", souligne le texte. Vendredi après-midi, le Conseil d'Etat doit se pencher sur la requête déposée par dix associations, dont le Secours catholique et Emmaüs, contre les dysfonctionnements de la plateforme ANEF. Le ministère de l'Intérieur préconise d'automatiser le renouvellement des récépissés attestant qu'un examen de la situation est en cours - un document suffisant pour maintenir les droits. Parmi les autres mesures, l'allongement à dix ans (au lieu de cinq) de la validité des empreintes biométriques, un effort de continuité dans le traitement des dossiers, et une attention aux expérimentations locales dans le numérique (agents conversationnels, logiciels...). Plus largement, il est prévu que la primo-délivrance de titres de longue durée soit "systématisée lorsque les conditions de fond sont remplies", et de "différencier le degré de contrôle des dossiers" en adaptant les procédures "en fonction de l'exposition à la fraude". Car la lutte contre la fraude et la préservation de la sécurité et de l'ordre publics restent impératifs, insiste le ministère. "Ces objectifs ne toléreront aucune inflexion", affirme-t-il.

10.04.2026 à 14:09

Football : Stéphane Richard, ancien PDG d'Orange, prend la tête de l'Olympique de Marseille

FRANCE 24
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Stéphane Richard est ​le nouveau président du directoire de l'Olympique de Marseille (OM), a annoncé vendredi Frank McCourt, le propriétaire du club phocéen. La nomination de l'ancien PDG ⁠de l'entreprise Orange intervient après des semaines d'instabilité au sein d'un club qui traverse une saison difficile. L'équipe marseillaise reçoit Metz, lanterne rouge de Ligue 1, ce soir au Stade Vélodrome.
Texte intégral (640 mots)
Stéphane Richard est ​le nouveau président du directoire de l'Olympique de Marseille (OM), a annoncé vendredi Frank McCourt, le propriétaire du club phocéen. La nomination de l'ancien PDG ⁠de l'entreprise Orange intervient après des semaines d'instabilité au sein d'un club qui traverse une saison difficile. L'équipe marseillaise reçoit Metz, lanterne rouge de Ligue 1, ce soir au Stade Vélodrome.

10.04.2026 à 13:41

Procès Balkany: le parquet fustige un "démiurge", la défense dénonce une purge

FRANCE24
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Le ministère public a requis deux ans d'emprisonnement, dont un an ferme assorti d'un sursis probatoire de trois ans, 150.000 euros d'amende et dix ans d'inéligibilité et d'interdiction d'exercer toute fonction publique contre l'ancien maire de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), 77 ans, jugé pour détournement de fonds publics. Le procureur a fustigé un édile se comportant comme un "démiurge omnipotent" ayant, "par le fait du prince", détourné trois policiers municipaux de leurs fonctions pour en faire des "larbins", des "hommes à tout faire" et "quasiment des domestiques". "Être maire, ça veut dire qu'on est élu mais pas l'élu", a-t-il tancé, rappelant que le respect du droit devait être une "vertu cardinale". Évoquant le maire de Cannes, David Lisnard, qui avait symboliquement passé des codes de lois à la broyeuse, le magistrat a regretté que la réglementation soit perçue par certains élus comme "une entrave". Rejetant l'image du "maire paternaliste" justifiant d'inviter son personnel en vacances, l'accusation a décrit un élu qui "emmène sa cour, qui le suit", osant un "parallèle avec l'ancien régime" face à une "médiocrité sans nom". Évaluant les frais à "au moins 250.000 euros", le procureur a souligné que "la confiance vis-à-vis du contribuable a été trahie". "Prix Nobel" de l'enquête Appelant à la relaxe lors de sa plaidoirie, l'avocat de la défense, Me Robin Binsard, a dénoncé "une purge" et raillé une instruction longue de 16 ans qui s'était privée de la moindre géolocalisation téléphonique pour prouver ces trajets illicites. "C'est le prix Nobel des pieds nickelés de l'enquête!", a-t-il ironisé, s'étonnant de l'absence de "bornage" alors que cette technique est courante "dans la moindre comparution immédiate de trafic de drogue". Le conseil a martelé que son client n'était "pas un énarque" et qu'il ne pouvait "que croire son directeur de cabinet" et sa directrice générale des services (DGS) quant à la légalité des recrutements. Admettant que "pour les petits-enfants, trois ou quatre fois c'est arrivé", l'avocat a assuré que Patrick Balkany payait "de sa poche" quand il invitait ses collaborateurs à Saint-Martin. Le ton est encore monté lorsque la défense a accusé le représentant du parquet de mener un "acharnement judiciaire" pour faire passer son client "du +mur des cons+ au mur des condamnés". Me Binsard a assumé une comparaison cinglante avec Antoine Fouquier-Tinville, l'accusateur de la Révolution: "Vous m'avez rappelé votre prédécesseur, le procureur révolutionnaire, qui est connu pour cette phrase: +Donnez-moi quelques mots de n'importe qui et je me charge de le faire pendre+". "Mauvaise gueule" Une ire que l'avocat a prolongée avec virulence à l'extérieur de la salle, sitôt l'audience suspendue. "Les réquisitions sont totalement déconnectées de la réalité de ce dossier", a-t-il tempêté devant les journalistes. "On reproche à mon client une dizaine de trajets sur cinq ans de prévention, sur des centaines de milliers de kilomètres parcourus par ses chauffeurs. On lui reproche une dizaine de trajets à titre personnel et on demande à ce titre-là de la prison ferme à une interdiction professionnelle. C'est des réquisitions qui sont en totale inadéquation avec la réalité de ce dossier", s'est-il indigné. Assurant que l'ancien maire avait réagi "vivement" et qu'il le comprenait, il a affirmé que le dossier était "vide". "Il n'y a pas un centime d'argent public qui a été détourné par mon client, mais on essaie de lui faire payer au nom d'une sorte de vindicte contre lui. On essaie de lui faire payer sa mauvaise gueule", a-t-il martelé. Cette semaine judiciaire aura été particulièrement chargée pour le septuagénaire: mercredi, 18 mois de prison ferme avaient déjà été requis contre lui dans une autre affaire d'emploi présumé fictif à Nanterre, tandis que jeudi, la cour d'appel de Rouen a confirmé sa libération conditionnelle concernant ses précédentes condamnations. Le tribunal a mis sa décision en délibéré au 28 mai.
Texte intégral (673 mots)
Le ministère public a requis deux ans d'emprisonnement, dont un an ferme assorti d'un sursis probatoire de trois ans, 150.000 euros d'amende et dix ans d'inéligibilité et d'interdiction d'exercer toute fonction publique contre l'ancien maire de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), 77 ans, jugé pour détournement de fonds publics. Le procureur a fustigé un édile se comportant comme un "démiurge omnipotent" ayant, "par le fait du prince", détourné trois policiers municipaux de leurs fonctions pour en faire des "larbins", des "hommes à tout faire" et "quasiment des domestiques". "Être maire, ça veut dire qu'on est élu mais pas l'élu", a-t-il tancé, rappelant que le respect du droit devait être une "vertu cardinale". Évoquant le maire de Cannes, David Lisnard, qui avait symboliquement passé des codes de lois à la broyeuse, le magistrat a regretté que la réglementation soit perçue par certains élus comme "une entrave". Rejetant l'image du "maire paternaliste" justifiant d'inviter son personnel en vacances, l'accusation a décrit un élu qui "emmène sa cour, qui le suit", osant un "parallèle avec l'ancien régime" face à une "médiocrité sans nom". Évaluant les frais à "au moins 250.000 euros", le procureur a souligné que "la confiance vis-à-vis du contribuable a été trahie". "Prix Nobel" de l'enquête Appelant à la relaxe lors de sa plaidoirie, l'avocat de la défense, Me Robin Binsard, a dénoncé "une purge" et raillé une instruction longue de 16 ans qui s'était privée de la moindre géolocalisation téléphonique pour prouver ces trajets illicites. "C'est le prix Nobel des pieds nickelés de l'enquête!", a-t-il ironisé, s'étonnant de l'absence de "bornage" alors que cette technique est courante "dans la moindre comparution immédiate de trafic de drogue". Le conseil a martelé que son client n'était "pas un énarque" et qu'il ne pouvait "que croire son directeur de cabinet" et sa directrice générale des services (DGS) quant à la légalité des recrutements. Admettant que "pour les petits-enfants, trois ou quatre fois c'est arrivé", l'avocat a assuré que Patrick Balkany payait "de sa poche" quand il invitait ses collaborateurs à Saint-Martin. Le ton est encore monté lorsque la défense a accusé le représentant du parquet de mener un "acharnement judiciaire" pour faire passer son client "du +mur des cons+ au mur des condamnés". Me Binsard a assumé une comparaison cinglante avec Antoine Fouquier-Tinville, l'accusateur de la Révolution: "Vous m'avez rappelé votre prédécesseur, le procureur révolutionnaire, qui est connu pour cette phrase: +Donnez-moi quelques mots de n'importe qui et je me charge de le faire pendre+". "Mauvaise gueule" Une ire que l'avocat a prolongée avec virulence à l'extérieur de la salle, sitôt l'audience suspendue. "Les réquisitions sont totalement déconnectées de la réalité de ce dossier", a-t-il tempêté devant les journalistes. "On reproche à mon client une dizaine de trajets sur cinq ans de prévention, sur des centaines de milliers de kilomètres parcourus par ses chauffeurs. On lui reproche une dizaine de trajets à titre personnel et on demande à ce titre-là de la prison ferme à une interdiction professionnelle. C'est des réquisitions qui sont en totale inadéquation avec la réalité de ce dossier", s'est-il indigné. Assurant que l'ancien maire avait réagi "vivement" et qu'il le comprenait, il a affirmé que le dossier était "vide". "Il n'y a pas un centime d'argent public qui a été détourné par mon client, mais on essaie de lui faire payer au nom d'une sorte de vindicte contre lui. On essaie de lui faire payer sa mauvaise gueule", a-t-il martelé. Cette semaine judiciaire aura été particulièrement chargée pour le septuagénaire: mercredi, 18 mois de prison ferme avaient déjà été requis contre lui dans une autre affaire d'emploi présumé fictif à Nanterre, tandis que jeudi, la cour d'appel de Rouen a confirmé sa libération conditionnelle concernant ses précédentes condamnations. Le tribunal a mis sa décision en délibéré au 28 mai.

10.04.2026 à 13:39

Pourquoi le prodige du cyclisme Paul Seixas peut mettre fin à une malédiction française

Romain HOUEIX
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Depuis Christophe Moreau en 2007 sur le Dauphiné, le cyclisme tricolore court après un sacre sur une course par étapes en World Tour. Avec les performances éclatantes de Paul Seixas sur le Tour du Pays basque, la France du vélo rêve à nouveau.
Texte intégral (673 mots)
Depuis Christophe Moreau en 2007 sur le Dauphiné, le cyclisme tricolore court après un sacre sur une course par étapes en World Tour. Avec les performances éclatantes de Paul Seixas sur le Tour du Pays basque, la France du vélo rêve à nouveau.

10.04.2026 à 13:13

L'actu en dessin : derrière la trêve en Iran, la furie au Liban

FRANCE 24
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Alors qu’un cessez-le-feu de deux semaines a été conclu entre les États-Unis et l’Iran, le Liban reste en proie à une intensification des bombardements. Exclu de l’accord, le pays du Cèdre subit des frappes meurtrières qui fragilisent déjà une trêve aux équilibres précaires.
Texte intégral (673 mots)
Alors qu’un cessez-le-feu de deux semaines a été conclu entre les États-Unis et l’Iran, le Liban reste en proie à une intensification des bombardements. Exclu de l’accord, le pays du Cèdre subit des frappes meurtrières qui fragilisent déjà une trêve aux équilibres précaires.

10.04.2026 à 13:07

Accoucher dans un abri en Israël

FRANCE24
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C'est une petite fille, qui naît par césarienne. "Elle est belle!", s'exclame une sage-femme en la tendant à sa mère pour un premier baiser. "Elle l'est!" répond Sarah, 38 ans, avec un sourire radieux. Yitzhak, son mari, l'air anxieux pendant tout l'accouchement, se détend enfin et explique que le couple attendra une semaine pour donner un nom au bébé. Sarah et Yitzhak ont été accueillis quelques heures plus tôt par le directeur de l'unité obstétrique du Centre médical du Mont Carmel, Reuven Kedar. Ils ont été conduits dans l'abri de l'hôpital, creusé dans la montagne dominant Haïfa, sur laquelle se trouve l'hôpital. En moyenne, dix bébés y naissent chaque jour, selon Clalit, le principal prestataire de soins du pays, gestionnaire de l'hôpital. Au total, 370 nouveaux-nés y ont vu le jour depuis le début de la guerre, déclenchée le 28 février par les frappes américano-israéliennes sur l'Iran qui a riposté en tirant vers Israël. Certes, en ce jeudi 9 avril, un cessez-le-feu fragile est en vigueur la veille entre les Etats-Unis et l'Iran, et aucun missile iranien n'a été tiré sur Israël. Mais à Haïfa, endeuillée dimanche par une frappe sur un immeuble ayant fait quatre morts, les alertes continuent de résonner. Les tirs du mouvement islamiste libanais Hezbollah, allié de Téhéran, n'ont eux pas cessé. Israël considère que le Liban n'est pas couvert par la trêve et a mené la veille des bombardements meurtriers sur son voisin qui ont fait plus de 300 morts. Au total, plus de 20 alertes aux roquettes ont retenti jeudi dans le nord d'Israël, frontalier du Liban.
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C'est une petite fille, qui naît par césarienne. "Elle est belle!", s'exclame une sage-femme en la tendant à sa mère pour un premier baiser. "Elle l'est!" répond Sarah, 38 ans, avec un sourire radieux. Yitzhak, son mari, l'air anxieux pendant tout l'accouchement, se détend enfin et explique que le couple attendra une semaine pour donner un nom au bébé. Sarah et Yitzhak ont été accueillis quelques heures plus tôt par le directeur de l'unité obstétrique du Centre médical du Mont Carmel, Reuven Kedar. Ils ont été conduits dans l'abri de l'hôpital, creusé dans la montagne dominant Haïfa, sur laquelle se trouve l'hôpital. En moyenne, dix bébés y naissent chaque jour, selon Clalit, le principal prestataire de soins du pays, gestionnaire de l'hôpital. Au total, 370 nouveaux-nés y ont vu le jour depuis le début de la guerre, déclenchée le 28 février par les frappes américano-israéliennes sur l'Iran qui a riposté en tirant vers Israël. Certes, en ce jeudi 9 avril, un cessez-le-feu fragile est en vigueur la veille entre les Etats-Unis et l'Iran, et aucun missile iranien n'a été tiré sur Israël. Mais à Haïfa, endeuillée dimanche par une frappe sur un immeuble ayant fait quatre morts, les alertes continuent de résonner. Les tirs du mouvement islamiste libanais Hezbollah, allié de Téhéran, n'ont eux pas cessé. Israël considère que le Liban n'est pas couvert par la trêve et a mené la veille des bombardements meurtriers sur son voisin qui ont fait plus de 300 morts. Au total, plus de 20 alertes aux roquettes ont retenti jeudi dans le nord d'Israël, frontalier du Liban.

10.04.2026 à 12:41

A Delhi, faute de gaz, les travailleurs migrants envisagent de rentrer dans leurs villages

FRANCE24
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Depuis le blocage du détroit d'Ormuz, par lequel transite 60% des besoins en gaz naturel liquéfié (GNL) de l'Inde, le gouvernement a affirmé avoir pris des mesures pour que les plus vulnérables puissent continuer à cuisiner. Mais pour ces migrants venus travailler à New Delhi, faute d'emplois dans leurs villages, la réalité est toute autre. En Inde, la vente de bonbonnes de gaz est règlementée et les consommateurs doivent présenter un document officiel pour obtenir une bonbonne par foyer. Mais les travailleurs migrants, vivant dans les bidonvilles de la mégapole indienne, sont enregistrés dans leurs villages et n'ont pas d'autre choix que de se tourner vers le marché noir. Accroupis dès l'aube autour de feux de petit bois destinés à la cuisson des "chapatis", le pain de base dans le nord de l'Inde, des dizaines d'ouvriers du bâtiment se disent prêts à rentrer chez eux. "Nous partirons dès que nous n'aurons plus d'argent", affirme Milan Kumar Mondal, qui devra alors entreprendre le voyage de 1.100 kilomètres jusqu'à Katihar, dans le Bihar, l'État le plus pauvre du pays. Saisonniers L'Inde compte plus de 450  millions de migrants venus d'autres régions du pays, selon des estimations gouvernementales, qui constituent la colonne vertébrale de son économie informelle. Des millions de personnes migrent de manière saisonnière depuis les États les plus pauvres vers les grandes villes, dans l'espoir de travailler dans la construction, les usines ou comme journaliers. La plupart ont des revenus irréguliers et n'ont aucune épargne, ce qui les rend particulièrement vulnérables aux hausses des prix et aux ruptures d'approvisionnement. Selon le syndicaliste Rajiv Kumar Pandit, une part importante des travailleurs migrants a déjà quitté la capitale, car "les salaires sont irréguliers, le gaz n'est pas disponible et les prix sont très élevés". M. Mondal, qui vit avec une quarantaine d'autres ouvriers dans le quartier défavorisé de Burari, dans la banlieue de New Delhi, gagne entre 600 et 700  roupies (5,50 euros à 6,50 euros) par jour. Les prix du gaz de cuisson ont été multipliés par cinq sur le marché noir, "passant de 80 à 90  roupies (le kilo) au marché noir à 300 à 400  roupies désormais", se désole-t-il. Cuisiner sur des plaques électriques est impossible : la puissance électrique disponible dans chacune des 8 pièces exigües de leur logement suffit à peine à alimenter une ampoule ou à recharger un téléphone. Beaucoup se sont résolus à acheter du petit bois ramassé sur les chantiers ou dans les friches de la capitale mais son prix a presque doublé. "Nous avons cuisiné au bois pendant les 15 premiers jours de la crise", raconte Suresh Kumar, du district de Bhagalpur. Mais quand il pleut, ce n'est pas possible, alors "ce jour-là, nous restons le ventre vide". Petit bois "Un ouvrier a besoin de trois repas par jour pour porter des pierres, travailler sur des immeubles de plusieurs étages", explique Lalu Singh, ouvrier. "Donc si nous gagnons 500 roupies et dépensons presque tout en nourriture, que reste-t-il... Il vaut mieux rentrer à la maison et être avec sa famille". Ramesh Kumar Mahto, 36 ans, du district de Madhepura, dans le Bihar, est prêt à rentrer dès qu'il aura été payé. De retour dans leurs villages, ces travailleurs ont peu de chances de trouver un emploi autre que journalier, mais le coût de la vie y est plus bas et les dépenses sont partagées au sein des familles. Naseema, enceinte de cinq mois, qui vit dans un bidonville de Noor Nagar, dans le sud‑est de la capitale indienne, va chaque jour ramasser du petit bois pour cuisiner pour ses six enfants et son mari. La fumée qui se dégage de son poêle à bois artisanal lui brûle les yeux, ce qui l'inquiète pour la santé de son enfant à naître. "Tant que nous pouvons nous débrouiller avec le bois, nous le faisons", explique‑t‑elle à l'AFP, mais "après, quelle autre option avons‑nous, sinon retourner dans notre village?".
Texte intégral (675 mots)
Depuis le blocage du détroit d'Ormuz, par lequel transite 60% des besoins en gaz naturel liquéfié (GNL) de l'Inde, le gouvernement a affirmé avoir pris des mesures pour que les plus vulnérables puissent continuer à cuisiner. Mais pour ces migrants venus travailler à New Delhi, faute d'emplois dans leurs villages, la réalité est toute autre. En Inde, la vente de bonbonnes de gaz est règlementée et les consommateurs doivent présenter un document officiel pour obtenir une bonbonne par foyer. Mais les travailleurs migrants, vivant dans les bidonvilles de la mégapole indienne, sont enregistrés dans leurs villages et n'ont pas d'autre choix que de se tourner vers le marché noir. Accroupis dès l'aube autour de feux de petit bois destinés à la cuisson des "chapatis", le pain de base dans le nord de l'Inde, des dizaines d'ouvriers du bâtiment se disent prêts à rentrer chez eux. "Nous partirons dès que nous n'aurons plus d'argent", affirme Milan Kumar Mondal, qui devra alors entreprendre le voyage de 1.100 kilomètres jusqu'à Katihar, dans le Bihar, l'État le plus pauvre du pays. Saisonniers L'Inde compte plus de 450  millions de migrants venus d'autres régions du pays, selon des estimations gouvernementales, qui constituent la colonne vertébrale de son économie informelle. Des millions de personnes migrent de manière saisonnière depuis les États les plus pauvres vers les grandes villes, dans l'espoir de travailler dans la construction, les usines ou comme journaliers. La plupart ont des revenus irréguliers et n'ont aucune épargne, ce qui les rend particulièrement vulnérables aux hausses des prix et aux ruptures d'approvisionnement. Selon le syndicaliste Rajiv Kumar Pandit, une part importante des travailleurs migrants a déjà quitté la capitale, car "les salaires sont irréguliers, le gaz n'est pas disponible et les prix sont très élevés". M. Mondal, qui vit avec une quarantaine d'autres ouvriers dans le quartier défavorisé de Burari, dans la banlieue de New Delhi, gagne entre 600 et 700  roupies (5,50 euros à 6,50 euros) par jour. Les prix du gaz de cuisson ont été multipliés par cinq sur le marché noir, "passant de 80 à 90  roupies (le kilo) au marché noir à 300 à 400  roupies désormais", se désole-t-il. Cuisiner sur des plaques électriques est impossible : la puissance électrique disponible dans chacune des 8 pièces exigües de leur logement suffit à peine à alimenter une ampoule ou à recharger un téléphone. Beaucoup se sont résolus à acheter du petit bois ramassé sur les chantiers ou dans les friches de la capitale mais son prix a presque doublé. "Nous avons cuisiné au bois pendant les 15 premiers jours de la crise", raconte Suresh Kumar, du district de Bhagalpur. Mais quand il pleut, ce n'est pas possible, alors "ce jour-là, nous restons le ventre vide". Petit bois "Un ouvrier a besoin de trois repas par jour pour porter des pierres, travailler sur des immeubles de plusieurs étages", explique Lalu Singh, ouvrier. "Donc si nous gagnons 500 roupies et dépensons presque tout en nourriture, que reste-t-il... Il vaut mieux rentrer à la maison et être avec sa famille". Ramesh Kumar Mahto, 36 ans, du district de Madhepura, dans le Bihar, est prêt à rentrer dès qu'il aura été payé. De retour dans leurs villages, ces travailleurs ont peu de chances de trouver un emploi autre que journalier, mais le coût de la vie y est plus bas et les dépenses sont partagées au sein des familles. Naseema, enceinte de cinq mois, qui vit dans un bidonville de Noor Nagar, dans le sud‑est de la capitale indienne, va chaque jour ramasser du petit bois pour cuisiner pour ses six enfants et son mari. La fumée qui se dégage de son poêle à bois artisanal lui brûle les yeux, ce qui l'inquiète pour la santé de son enfant à naître. "Tant que nous pouvons nous débrouiller avec le bois, nous le faisons", explique‑t‑elle à l'AFP, mais "après, quelle autre option avons‑nous, sinon retourner dans notre village?".

10.04.2026 à 12:21

La loi sur le 1er-Mai saute la case des débats à l'Assemblée, la CGT dénonce un "coup de poignard"

FRANCE24
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Déposée par le groupe de Gabriel Attal (Ensemble pour la République), cette motion de rejet tactique a été adoptée par 120 voix contre 105. Les quatre groupes de gauche s'y opposant tout comme le MoDem, hostile à la manoeuvre plus qu'au fond du texte. Insuffisant toutefois contre le reste de l'hémicycle, des macronistes jusqu'au Rassemblement national. Exit donc les quelque 140 amendements à discuter avant la fin des débats à 17H30, le camp gouvernemental s'attendant ce que la gauche enlise à dessein les débats. Le texte est donc renvoyé immédiatement devant une commission mixte députés-sénateurs (CMP), qui selon une source au sein du groupe macroniste pourrait avoir lieu la semaine prochaine. Ses soutiens espèrent ainsi avancer rapidement et appliquer le texte dès le 1er mai 2026. Les quatre groupes de gauche se sont insurgés, tentant de retarder le vote de la motion pour rameuter les troupes, demandant des interruptions de séance. Des députés allant de LFI jusqu'au PS ont même entonné debout La Marseillaise, puis l'Internationale. "Par un 49.3 parlementaire, ils passent en force pour mettre 1,5 million de personnes au travail le seul jour férié et chômé", a dénoncé la cheffe des députés insoumis Mathilde Panot. En marge d'un rassemblement près de l'Assemblée la secrétaire générale de la CGT Sophie Binet a dénoncé "un coup de poignard dans le dos des millions de travailleurs et travailleuses". "C'est une victoire importante", a réagi à l'inverse le chef du groupe Les Républicains Laurent Wauquiez face aux journalistes. "La France insoumise installe le chaos dans cet hémicycle à chaque texte. C'est une honte. On a refusé de céder". Insoumis, socialistes et écologistes ont dit leur intention de saisir le Conseil constitutionnel contre le texte lorsqu'il sera définitivement adopté. La présidente du groupe écologiste Cyrielle Chatelain a elle fustigé la troisième motion de rejet tactique de ce genre depuis le début de la législature, citant des précédents sur la loi Duplomb et une loi concernant l'autoroute A69. "Le volontariat n'existe pas" Le monde syndical est aussi vent debout. Devant l'Assemblée nationale, plusieurs dizaines de manifestants s'étaient rassemblés dans la matinée. Le 1er mai n'est pas un jour férié "comme les autres", c'est "historiquement le jour où on célèbre les travailleurs et les travailleuses", a rappelé vendredi sur TF1 Marylise Léon (CFDT). L'objectif de cette proposition de loi, déjà adoptée au Sénat, est de permettre l'autorisation pour les salariés de certains commerces de travailler le 1er-Mai. Si le code du travail établit que "le 1er-Mai est jour férié et chômé", il admet qu'un artisan boulanger ou un fleuriste puisse ouvrir ce jour-là... mais seul ou presque. Il peut en effet compter sur lui-même ou des membres de sa famille non-salariés, mais pas sur ses employés. Au risque d'une amende de 750 euros par salarié concerné (1.500 euros s'il est mineur). Le débat a été relancé l'an dernier après que des boulangers en Vendée, en Charente et à Paris s'étaient émus de contrôles inopinés suivis d'amendes pour avoir fait travailler des salariés. La proposition de loi doit clarifier les règles et "permettre aux salariés de certains établissements et services de travailler", en l'espèce "des commerces de bouche de proximité" comme les boulangeries, pâtisseries, primeurs, boucheries, fleuristes et établissements culturels (cinémas, théâtres)... Mais exclut la grande distribution ou les magasins d'outillage et travaux, par exemple. Payés double, seuls les salariés "volontaires" seront concernés et "le refus de travailler le 1er-Mai ne constitue pas une faute ou un motif de licenciement", précise le texte. Cette traditionnelle fête a vu le jour le 1er-Mai 1886 avec l'appel à la grève de syndicats américains pour un maximum de huit heures de travail quotidiennes. Durant ce mouvement, plusieurs grévistes et policiers sont morts. sl-sac-bat-ber-cma/hr/sp
Texte intégral (679 mots)
Déposée par le groupe de Gabriel Attal (Ensemble pour la République), cette motion de rejet tactique a été adoptée par 120 voix contre 105. Les quatre groupes de gauche s'y opposant tout comme le MoDem, hostile à la manoeuvre plus qu'au fond du texte. Insuffisant toutefois contre le reste de l'hémicycle, des macronistes jusqu'au Rassemblement national. Exit donc les quelque 140 amendements à discuter avant la fin des débats à 17H30, le camp gouvernemental s'attendant ce que la gauche enlise à dessein les débats. Le texte est donc renvoyé immédiatement devant une commission mixte députés-sénateurs (CMP), qui selon une source au sein du groupe macroniste pourrait avoir lieu la semaine prochaine. Ses soutiens espèrent ainsi avancer rapidement et appliquer le texte dès le 1er mai 2026. Les quatre groupes de gauche se sont insurgés, tentant de retarder le vote de la motion pour rameuter les troupes, demandant des interruptions de séance. Des députés allant de LFI jusqu'au PS ont même entonné debout La Marseillaise, puis l'Internationale. "Par un 49.3 parlementaire, ils passent en force pour mettre 1,5 million de personnes au travail le seul jour férié et chômé", a dénoncé la cheffe des députés insoumis Mathilde Panot. En marge d'un rassemblement près de l'Assemblée la secrétaire générale de la CGT Sophie Binet a dénoncé "un coup de poignard dans le dos des millions de travailleurs et travailleuses". "C'est une victoire importante", a réagi à l'inverse le chef du groupe Les Républicains Laurent Wauquiez face aux journalistes. "La France insoumise installe le chaos dans cet hémicycle à chaque texte. C'est une honte. On a refusé de céder". Insoumis, socialistes et écologistes ont dit leur intention de saisir le Conseil constitutionnel contre le texte lorsqu'il sera définitivement adopté. La présidente du groupe écologiste Cyrielle Chatelain a elle fustigé la troisième motion de rejet tactique de ce genre depuis le début de la législature, citant des précédents sur la loi Duplomb et une loi concernant l'autoroute A69. "Le volontariat n'existe pas" Le monde syndical est aussi vent debout. Devant l'Assemblée nationale, plusieurs dizaines de manifestants s'étaient rassemblés dans la matinée. Le 1er mai n'est pas un jour férié "comme les autres", c'est "historiquement le jour où on célèbre les travailleurs et les travailleuses", a rappelé vendredi sur TF1 Marylise Léon (CFDT). L'objectif de cette proposition de loi, déjà adoptée au Sénat, est de permettre l'autorisation pour les salariés de certains commerces de travailler le 1er-Mai. Si le code du travail établit que "le 1er-Mai est jour férié et chômé", il admet qu'un artisan boulanger ou un fleuriste puisse ouvrir ce jour-là... mais seul ou presque. Il peut en effet compter sur lui-même ou des membres de sa famille non-salariés, mais pas sur ses employés. Au risque d'une amende de 750 euros par salarié concerné (1.500 euros s'il est mineur). Le débat a été relancé l'an dernier après que des boulangers en Vendée, en Charente et à Paris s'étaient émus de contrôles inopinés suivis d'amendes pour avoir fait travailler des salariés. La proposition de loi doit clarifier les règles et "permettre aux salariés de certains établissements et services de travailler", en l'espèce "des commerces de bouche de proximité" comme les boulangeries, pâtisseries, primeurs, boucheries, fleuristes et établissements culturels (cinémas, théâtres)... Mais exclut la grande distribution ou les magasins d'outillage et travaux, par exemple. Payés double, seuls les salariés "volontaires" seront concernés et "le refus de travailler le 1er-Mai ne constitue pas une faute ou un motif de licenciement", précise le texte. Cette traditionnelle fête a vu le jour le 1er-Mai 1886 avec l'appel à la grève de syndicats américains pour un maximum de huit heures de travail quotidiennes. Durant ce mouvement, plusieurs grévistes et policiers sont morts. sl-sac-bat-ber-cma/hr/sp

10.04.2026 à 12:07

L'adieu en rose et blanc à Loana, l'émotion d'une génération

FRANCE24
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Au côté de l'ancien "lofteur", un petit condensé de l'émission pionnière de la téléréalité, il y a 25 ans, qui avait propulsé Loana vers la célébrité: la productrice Alexia Laroche-Joubert, le présentateur Benjamin Castaldi ou le couple Julie et Christophe Mercy, l'autre gagnant de la saison 1 de cette émission controversée devenue culte. Le cercueil rose rehaussé d'un coeur en argent était porté par des employés des pompes funèbres portant des cravates roses et des fleurs blanches à la boutonnière. "Je demande à Marie de prendre soin de mon enfant. On n'a jamais coupé le cordon ombilical. Je te retrouverai ma miette, tu resteras ma miette", commence Violette Petrucciani, sa mère. Face à la disparition de Loana, "c'est avant tout le silence qui s'impose", poursuit le père Frédéric Sanges, curé de la paroisse, en rappelant "sa grande passion" pour les animaux: "elle avait même réussi à élever un pigeon". Ce sont donc ces images-là que ses proches ont voulu que le public, venu nombreux contrairement au monde de la télévision, retienne alors que les dernières années de Loana ont été marquées par la précarité, les violences et les addictions. Le 25 mars, son corps a été découvert dans son petit appartement proche de la gare du Nice, à côté de celui de son chien. Pour Josiane Higuero, retraitée de 65 ans, c'était "une fille bien, une fille simple, qui a tout donné. Elle était proche des gens, elle a gagné de l'argent mais elle a distribué et plus personne n'était là après autour d'elle". "C'est ma génération, j'ai suivi le Loft et tout son parcours. Son décès est triste mais c'était évident, vu comme elle dépérissait. Il aurait fallu mieux l'accompagner", confie Sylvie, 56 ans. La cérémonie religieuse, fermée aux caméras, a été sobre, entre lectures religieuses et interprétation à l'orgue du "rêve bleu" du dessin animé de Disney Aladdin. Laurent Amar, ami de Loana, était également présent comme le mannequin Jérémy Bellet, ainsi qu'Eryl Prayer, arrivé en larmes. "Elle aurait adoré" "Merci d'être venus, elle aurait adoré", a lancé Steevy aux fans avant de confier sa "peine incommensurable" car Loana est "partie trop vite" après "une vie faite de hauts extraordinaires et de bas déchirants". "Le thème floral avec du blanc et du rose", Juliette Meurillon, analyste crédit de 38 ans, a trouvé "ça très angélique et très beau". "Et voilà, qu'elle repose en paix". Après avoir longuement applaudi le cercueil pendant qu'il quittait l'église, le public a accompagné le départ du corbillard aux cris de "Au revoir Loana, on t'aime!". Loana Petrucciani (de son nom complet) devait être ensuite incinérée dans l'intimité. La France l'avait découverte au printemps 2001 lorsqu'elle a vécu avec d'autres anonymes le Loft. Elle avait 21 ans et s'était vite distinguée par sa blondeur, ses ébats dans la piscine mais aussi son évidente vulnérabilité. Après, Loana avait tenté différentes reconversions: mannequin pour Jean-Paul Gaultier, styliste pour une ligne de vêtements portant son nom, animatrice TV sur des chaînes du câble... Mais le conte de fées a rapidement viré au cauchemar. Déjà fragile - victime d'un père incestueux et obligée à 19 ans de confier sa fille Mindy aux services sociaux - Loana avait connu un long déclin personnel, entre violences subies, problèmes de santé, tentatives de suicide, overdoses et épisodes psychiatriques. Quand les pompiers ont découvert son corps, le décès remontait à plusieurs jours. L'hypothèse d'une chute en arrière a été envisagée mais l'autopsie n'a pas permis de déterminer les causes du décès avec certitude. Des analyses pour détecter la présence de produits toxiques ou d'éventuelles pathologies sont encore en cours. "Elle incarnait une innocence brute dans un monde qui ne pardonne rien", avait commenté à l'annonce de son décès Benjamin Castaldi, sur Instagram.
Texte intégral (694 mots)
Au côté de l'ancien "lofteur", un petit condensé de l'émission pionnière de la téléréalité, il y a 25 ans, qui avait propulsé Loana vers la célébrité: la productrice Alexia Laroche-Joubert, le présentateur Benjamin Castaldi ou le couple Julie et Christophe Mercy, l'autre gagnant de la saison 1 de cette émission controversée devenue culte. Le cercueil rose rehaussé d'un coeur en argent était porté par des employés des pompes funèbres portant des cravates roses et des fleurs blanches à la boutonnière. "Je demande à Marie de prendre soin de mon enfant. On n'a jamais coupé le cordon ombilical. Je te retrouverai ma miette, tu resteras ma miette", commence Violette Petrucciani, sa mère. Face à la disparition de Loana, "c'est avant tout le silence qui s'impose", poursuit le père Frédéric Sanges, curé de la paroisse, en rappelant "sa grande passion" pour les animaux: "elle avait même réussi à élever un pigeon". Ce sont donc ces images-là que ses proches ont voulu que le public, venu nombreux contrairement au monde de la télévision, retienne alors que les dernières années de Loana ont été marquées par la précarité, les violences et les addictions. Le 25 mars, son corps a été découvert dans son petit appartement proche de la gare du Nice, à côté de celui de son chien. Pour Josiane Higuero, retraitée de 65 ans, c'était "une fille bien, une fille simple, qui a tout donné. Elle était proche des gens, elle a gagné de l'argent mais elle a distribué et plus personne n'était là après autour d'elle". "C'est ma génération, j'ai suivi le Loft et tout son parcours. Son décès est triste mais c'était évident, vu comme elle dépérissait. Il aurait fallu mieux l'accompagner", confie Sylvie, 56 ans. La cérémonie religieuse, fermée aux caméras, a été sobre, entre lectures religieuses et interprétation à l'orgue du "rêve bleu" du dessin animé de Disney Aladdin. Laurent Amar, ami de Loana, était également présent comme le mannequin Jérémy Bellet, ainsi qu'Eryl Prayer, arrivé en larmes. "Elle aurait adoré" "Merci d'être venus, elle aurait adoré", a lancé Steevy aux fans avant de confier sa "peine incommensurable" car Loana est "partie trop vite" après "une vie faite de hauts extraordinaires et de bas déchirants". "Le thème floral avec du blanc et du rose", Juliette Meurillon, analyste crédit de 38 ans, a trouvé "ça très angélique et très beau". "Et voilà, qu'elle repose en paix". Après avoir longuement applaudi le cercueil pendant qu'il quittait l'église, le public a accompagné le départ du corbillard aux cris de "Au revoir Loana, on t'aime!". Loana Petrucciani (de son nom complet) devait être ensuite incinérée dans l'intimité. La France l'avait découverte au printemps 2001 lorsqu'elle a vécu avec d'autres anonymes le Loft. Elle avait 21 ans et s'était vite distinguée par sa blondeur, ses ébats dans la piscine mais aussi son évidente vulnérabilité. Après, Loana avait tenté différentes reconversions: mannequin pour Jean-Paul Gaultier, styliste pour une ligne de vêtements portant son nom, animatrice TV sur des chaînes du câble... Mais le conte de fées a rapidement viré au cauchemar. Déjà fragile - victime d'un père incestueux et obligée à 19 ans de confier sa fille Mindy aux services sociaux - Loana avait connu un long déclin personnel, entre violences subies, problèmes de santé, tentatives de suicide, overdoses et épisodes psychiatriques. Quand les pompiers ont découvert son corps, le décès remontait à plusieurs jours. L'hypothèse d'une chute en arrière a été envisagée mais l'autopsie n'a pas permis de déterminer les causes du décès avec certitude. Des analyses pour détecter la présence de produits toxiques ou d'éventuelles pathologies sont encore en cours. "Elle incarnait une innocence brute dans un monde qui ne pardonne rien", avait commenté à l'annonce de son décès Benjamin Castaldi, sur Instagram.

10.04.2026 à 12:06

Élections législatives en Hongrie : la Russie mise sur Viktor Orban

Elena VOLOCHINE
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Dimanche 12 avril, les Hongrois se rendent aux urnes pour les élections législatives. Un scrutin crucial pour l’Europe, alors que le Premier ministre sortant, Viktor Orban, aligne ses décisions sur les intérêts du Kremlin. Son credo : un rapprochement avec Moscou, au nom de la "paix". Face à lui, le candidat d’opposition, Peter Magyar, l’accuse d’être aidé par des "agents" russes dans sa campagne. Qu’en disent les Russes ?
Texte intégral (694 mots)
Dimanche 12 avril, les Hongrois se rendent aux urnes pour les élections législatives. Un scrutin crucial pour l’Europe, alors que le Premier ministre sortant, Viktor Orban, aligne ses décisions sur les intérêts du Kremlin. Son credo : un rapprochement avec Moscou, au nom de la "paix". Face à lui, le candidat d’opposition, Peter Magyar, l’accuse d’être aidé par des "agents" russes dans sa campagne. Qu’en disent les Russes ?

10.04.2026 à 11:53

Paris-Roubaix: la Trouée d'Arenberg, au cœur de l'Enfer

FRANCE24
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Dimanche encore, la célèbre tranchée, un bout droit hostile et interminable de 2300 mètres dans la forêt de Raismes-Saint-Amand-Wallers, promet d'être l'endroit où le peloton finit par exploser lors de la Reine des classiques. On a beau être encore à 95 km du vélodrome de Roubaix, c'est ici que s'opère l'impitoyable tri entre les aspirants à la gloire et les candidats à l'abandon, voire à l'hôpital... "Ce pavé est tellement différent des autres. Très rude. Complètement disjoint. Ca tape énormément. Il y a des grands risques de crevaison, de bris de roue ou de bris de vélo. Tant qu'on n'a pas passé la Trouée d'Arenberg, il n'y a aucune garantie d'aller jusqu'à Roubaix", récapitule Thierry Gouvenou, le directeur de l'épreuve, vainqueur de Paris-Roubaix chez les amateurs en 1990 et 7e chez les pros en 2002. Officiellement appelée la Drève des Boules d'Hérin, la Trouée martyrise le peloton depuis 1968, sur proposition de Jean Stablinski, champion de monde 1962, qui avait travaillé dans les mines d'Arenberg avant de devenir cycliste. Depuis, des générations de coureurs s'y sont cassés les dents, ou un fémur. "Plus tu vas vite, plus c'est facile" En 1998, le Belge Johan Museeuw, favori, se brise une rotule et échappe de peu à l'amputation. Trois ans plus tard, Philippe Gaumont se casse la jambe. Et en 2016 c'est au tour de l'Australien Mitchell Docker de faire le tour du monde avec l'image de son visage en sang de haut en bas. "Cette trouée fait peur à tout le monde, explique Julien Jurdie, directeur sportif chez Decathlon CMA CGM. Quand tu entres dedans, tu fermes les yeux et tu fais une prière." Et une fois à l'intérieur, c'est un calvaire. On est secoué dans tous les sens. Les bras plus encore que les jambes sont mis au supplice. On a mal à la tête tellement ça tape. C'est brutal. Pour survivre, pas le choix. "Il faut aller vite. Plus tu vas vite, plus c'est facile. Sinon tu butes contre tous les pavés", explique Cédric Coutouly, cinq Paris-Roubaix au compteur entre 2005 et 2010. "Faut bombarder, bombarder, bombarder", abonde Steve Chainel, 16e en 2012, en repérage mardi dans la Trouée pour Eurosport. Depuis deux ans, l'entrée dans le secteur pavé a pourtant été ralentie. L'approche en faux-plat descendant, permettant aux coureurs d'aborder la tranchée comme des furies, à 75 km/h, a été jugée trop périlleuse. Après une chicane provisoire en 2024, les organisateurs ont organisé, moyennant quelques travaux, un crochet qui longe le site minier d'Arenberg, lieu de tournage au film Germinal, histoire de casser la vitesse des coureurs. Mais la Trouée reste le lieu le plus accidentogène du cyclisme et elle fait peur. "Arenberg ? Effrayant", résume Tadej Pogacar. Les "fétichistes", voleurs de pavés La course femmes continue d'ailleurs à l'éviter soigneusement. Trop dangereux. Quand il pleut, c'est pire. Les pavés en granit, déjà souvent humides à cause de l'environnement forestier, deviennent terriblement glissants, à cause aussi des brins d'herbe qui sommeillent entre les pierres. Le site est classé et la circulation automobile strictement interdite. "Du coup, il n'y a pas de nettoyage fait par les véhicules qui passent. La nature reprend ses droits facilement", souligne Gouvenou. C'est pourquoi cette année encore, des chèvres sont venues désherber l'endroit pendant un mois. Un autre animal, le sanglier, a été moins coopératif. "Les sangliers sont chez eux dans la Trouée d'Arenberg mais ils ont tendance à ramener beaucoup de terre et de feuilles sur les pavés. Il a fallu une gros nettoyage cette année", ajoute Gouvenou. D'ici dimanche, un autre péril menace la Trouée. "Il y a des +fétichistes+ qui volent des pavés, il nous manque une trentaine qu'il faudra remplacer avant la course", explique à l'AFP Pascal Sergent, le président des Amis de Paris-Roubaix, une association dédiée à la préservation et à l'entretien des secteurs pavés. Peut-être le prix à payer pour constituer un mythe du cyclisme. Un paradis pour ses fans. Un enfer pour les coureurs.
Texte intégral (693 mots)
Dimanche encore, la célèbre tranchée, un bout droit hostile et interminable de 2300 mètres dans la forêt de Raismes-Saint-Amand-Wallers, promet d'être l'endroit où le peloton finit par exploser lors de la Reine des classiques. On a beau être encore à 95 km du vélodrome de Roubaix, c'est ici que s'opère l'impitoyable tri entre les aspirants à la gloire et les candidats à l'abandon, voire à l'hôpital... "Ce pavé est tellement différent des autres. Très rude. Complètement disjoint. Ca tape énormément. Il y a des grands risques de crevaison, de bris de roue ou de bris de vélo. Tant qu'on n'a pas passé la Trouée d'Arenberg, il n'y a aucune garantie d'aller jusqu'à Roubaix", récapitule Thierry Gouvenou, le directeur de l'épreuve, vainqueur de Paris-Roubaix chez les amateurs en 1990 et 7e chez les pros en 2002. Officiellement appelée la Drève des Boules d'Hérin, la Trouée martyrise le peloton depuis 1968, sur proposition de Jean Stablinski, champion de monde 1962, qui avait travaillé dans les mines d'Arenberg avant de devenir cycliste. Depuis, des générations de coureurs s'y sont cassés les dents, ou un fémur. "Plus tu vas vite, plus c'est facile" En 1998, le Belge Johan Museeuw, favori, se brise une rotule et échappe de peu à l'amputation. Trois ans plus tard, Philippe Gaumont se casse la jambe. Et en 2016 c'est au tour de l'Australien Mitchell Docker de faire le tour du monde avec l'image de son visage en sang de haut en bas. "Cette trouée fait peur à tout le monde, explique Julien Jurdie, directeur sportif chez Decathlon CMA CGM. Quand tu entres dedans, tu fermes les yeux et tu fais une prière." Et une fois à l'intérieur, c'est un calvaire. On est secoué dans tous les sens. Les bras plus encore que les jambes sont mis au supplice. On a mal à la tête tellement ça tape. C'est brutal. Pour survivre, pas le choix. "Il faut aller vite. Plus tu vas vite, plus c'est facile. Sinon tu butes contre tous les pavés", explique Cédric Coutouly, cinq Paris-Roubaix au compteur entre 2005 et 2010. "Faut bombarder, bombarder, bombarder", abonde Steve Chainel, 16e en 2012, en repérage mardi dans la Trouée pour Eurosport. Depuis deux ans, l'entrée dans le secteur pavé a pourtant été ralentie. L'approche en faux-plat descendant, permettant aux coureurs d'aborder la tranchée comme des furies, à 75 km/h, a été jugée trop périlleuse. Après une chicane provisoire en 2024, les organisateurs ont organisé, moyennant quelques travaux, un crochet qui longe le site minier d'Arenberg, lieu de tournage au film Germinal, histoire de casser la vitesse des coureurs. Mais la Trouée reste le lieu le plus accidentogène du cyclisme et elle fait peur. "Arenberg ? Effrayant", résume Tadej Pogacar. Les "fétichistes", voleurs de pavés La course femmes continue d'ailleurs à l'éviter soigneusement. Trop dangereux. Quand il pleut, c'est pire. Les pavés en granit, déjà souvent humides à cause de l'environnement forestier, deviennent terriblement glissants, à cause aussi des brins d'herbe qui sommeillent entre les pierres. Le site est classé et la circulation automobile strictement interdite. "Du coup, il n'y a pas de nettoyage fait par les véhicules qui passent. La nature reprend ses droits facilement", souligne Gouvenou. C'est pourquoi cette année encore, des chèvres sont venues désherber l'endroit pendant un mois. Un autre animal, le sanglier, a été moins coopératif. "Les sangliers sont chez eux dans la Trouée d'Arenberg mais ils ont tendance à ramener beaucoup de terre et de feuilles sur les pavés. Il a fallu une gros nettoyage cette année", ajoute Gouvenou. D'ici dimanche, un autre péril menace la Trouée. "Il y a des +fétichistes+ qui volent des pavés, il nous manque une trentaine qu'il faudra remplacer avant la course", explique à l'AFP Pascal Sergent, le président des Amis de Paris-Roubaix, une association dédiée à la préservation et à l'entretien des secteurs pavés. Peut-être le prix à payer pour constituer un mythe du cyclisme. Un paradis pour ses fans. Un enfer pour les coureurs.

10.04.2026 à 11:38

Guizmo, la force de la résilience

Juliette FIEVET
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Rendez-vous avec le rappeur Guizmo à l’occasion de son Olympia du 20 mai 2026, déjà complet. Retour sur ses débuts dans la musique, l’explosion de sa carrière à seize ans, son combat contre les addictions, son rôle de père et ses victoires. Dans cet épisode, Livia, sa maman, offre une vidéo surprise.
Texte intégral (693 mots)
Rendez-vous avec le rappeur Guizmo à l’occasion de son Olympia du 20 mai 2026, déjà complet. Retour sur ses débuts dans la musique, l’explosion de sa carrière à seize ans, son combat contre les addictions, son rôle de père et ses victoires. Dans cet épisode, Livia, sa maman, offre une vidéo surprise.

10.04.2026 à 11:35

Bombardés de radiations cosmiques, les astronautes d'Artémis sont examinés des pieds à la tête

FRANCE24
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Bien que partis pour seulement quelques jours, les Américains Christina Koch, Victor Glover et Reid Wiseman et le Canadien Jeremy Hansen ont voyagé bien plus loin dans l'espace qu'aucun humain avant eux, à plus de 406.000 km de la Terre, plus de 1.000 fois plus loin que la Station spatiale internationale (ISS). L'ISS bénéficie de l'effet tampon de la magnétosphère, qui protège la Terre en filtrant certains rayons cosmiques et particules projetées par le Soleil. Un effet qui n'existe pas aux alentours ou sur la Lune. L'agence spatiale américaine a donc installé des capteurs de radiations sur le vaisseau Orion, réalisé des prises de sang avant le vol qui seront comparées à d'autres à l'arrivée, demandé aux astronautes de faire des prélèvements salivaires tout au long de leur mission et leur a fourni des montres connectées pour suivre en continu leur fréquence cardiaque, qualité de sommeil, etc. Elle a également glissé à bord des puces futuristes capables de reproduire certaines fonctions physiologiques comme celles d'un organe. Le choix s'est porté sur la moelle osseuse, responsable de la fabrication des cellules sanguines et qui constitue l'un des tissus "les plus rapidement affectés par les rayonnements et d'autres facteurs de stress", explique à l'AFP Steven Platts, scientifique en chef du Human Research Program de la Nasa. Cocktail de radiations A travers ces multiples bases de données, ses équipes espèrent réussir à mieux comprendre les différences qui existent entre les environs de la Terre, où se trouve l'ISS, et l'espace profond, dit-il. A commencer par "le champ de rayonnement", c'est-à-dire l'ampleur et la nature des radiations auxquelles sont exposés les astronautes. Ces derniers sont soumis à deux types de rayonnements: les rayons cosmiques galactiques, des particules de haute énergie émanant principalement des restes d'étoiles massives ayant explosé en supernova, et les particules énergétiques rejetées par le Soleil. Parmi les risques liés à cette exposition figurent l'"augmentation du risque de développer un cancer, qui est la première chose à laquelle tout le monde pense", mais aussi les risques sur "le système nerveux central et le système cardiovasculaire", explique M. Platts. De précédentes études ont montré que ces radiations pouvaient "entraîner une inflammation du cerveau", un "facteur susceptible d'augmenter le risque de maladie de Parkinson" et affectent également le "système circulatoire", poursuit le spécialiste. "Nous avons observé cela à bord de l'ISS, mais certains s'inquiètent du fait que le type de radiations" auquel les astronautes seront exposés sur la Lune "pourrait avoir des effets différents et c'est ce que nous allons examiner". Isolement et distance Avant de s'empresser de rassurer: "Comme il s'agit d'une mission de courte durée, cela ne nous inquiète pas outre mesure, mais cela nous fournira des données précieuses" pour la suite. En particulier pour les séjours beaucoup plus longs, sur le sol de la Lune, qui n'a aucune atmosphère pour filtrer des rayons. Même si des études médicales avaient déjà été menées sur les astronautes du programme Apollo il y a plus de 50 ans, ce sera "la première fois que nous aurons des études menées grâce à la médecine moderne", relève auprès de l'AFP Bruce Betts, scientifique en chef de la Planetary Society, qui s'attend à des avancées en la matière. L'autre grand volet des expérimentations à bord porte sur le risque psychologique pour les astronautes dans de futures missions lunaires, voire martiennes dans les prochaines décennies. Entre isolement plus important et promiscuité, la santé mentale pourrait représenter le plus grand danger auquel ferait face l'équipage, pointe Steven Platts. D'autant que les conditions seront extrêmes par rapport à l'ISS, où les séjours sont longs (de l'ordre de six mois) mais dans un espace vaste, relève-t-il. "Ils vont donc passer d'une maison de six chambres, une sorte de manoir immense, à un camping-car, très petit", sourit-il.
Texte intégral (674 mots)
Bien que partis pour seulement quelques jours, les Américains Christina Koch, Victor Glover et Reid Wiseman et le Canadien Jeremy Hansen ont voyagé bien plus loin dans l'espace qu'aucun humain avant eux, à plus de 406.000 km de la Terre, plus de 1.000 fois plus loin que la Station spatiale internationale (ISS). L'ISS bénéficie de l'effet tampon de la magnétosphère, qui protège la Terre en filtrant certains rayons cosmiques et particules projetées par le Soleil. Un effet qui n'existe pas aux alentours ou sur la Lune. L'agence spatiale américaine a donc installé des capteurs de radiations sur le vaisseau Orion, réalisé des prises de sang avant le vol qui seront comparées à d'autres à l'arrivée, demandé aux astronautes de faire des prélèvements salivaires tout au long de leur mission et leur a fourni des montres connectées pour suivre en continu leur fréquence cardiaque, qualité de sommeil, etc. Elle a également glissé à bord des puces futuristes capables de reproduire certaines fonctions physiologiques comme celles d'un organe. Le choix s'est porté sur la moelle osseuse, responsable de la fabrication des cellules sanguines et qui constitue l'un des tissus "les plus rapidement affectés par les rayonnements et d'autres facteurs de stress", explique à l'AFP Steven Platts, scientifique en chef du Human Research Program de la Nasa. Cocktail de radiations A travers ces multiples bases de données, ses équipes espèrent réussir à mieux comprendre les différences qui existent entre les environs de la Terre, où se trouve l'ISS, et l'espace profond, dit-il. A commencer par "le champ de rayonnement", c'est-à-dire l'ampleur et la nature des radiations auxquelles sont exposés les astronautes. Ces derniers sont soumis à deux types de rayonnements: les rayons cosmiques galactiques, des particules de haute énergie émanant principalement des restes d'étoiles massives ayant explosé en supernova, et les particules énergétiques rejetées par le Soleil. Parmi les risques liés à cette exposition figurent l'"augmentation du risque de développer un cancer, qui est la première chose à laquelle tout le monde pense", mais aussi les risques sur "le système nerveux central et le système cardiovasculaire", explique M. Platts. De précédentes études ont montré que ces radiations pouvaient "entraîner une inflammation du cerveau", un "facteur susceptible d'augmenter le risque de maladie de Parkinson" et affectent également le "système circulatoire", poursuit le spécialiste. "Nous avons observé cela à bord de l'ISS, mais certains s'inquiètent du fait que le type de radiations" auquel les astronautes seront exposés sur la Lune "pourrait avoir des effets différents et c'est ce que nous allons examiner". Isolement et distance Avant de s'empresser de rassurer: "Comme il s'agit d'une mission de courte durée, cela ne nous inquiète pas outre mesure, mais cela nous fournira des données précieuses" pour la suite. En particulier pour les séjours beaucoup plus longs, sur le sol de la Lune, qui n'a aucune atmosphère pour filtrer des rayons. Même si des études médicales avaient déjà été menées sur les astronautes du programme Apollo il y a plus de 50 ans, ce sera "la première fois que nous aurons des études menées grâce à la médecine moderne", relève auprès de l'AFP Bruce Betts, scientifique en chef de la Planetary Society, qui s'attend à des avancées en la matière. L'autre grand volet des expérimentations à bord porte sur le risque psychologique pour les astronautes dans de futures missions lunaires, voire martiennes dans les prochaines décennies. Entre isolement plus important et promiscuité, la santé mentale pourrait représenter le plus grand danger auquel ferait face l'équipage, pointe Steven Platts. D'autant que les conditions seront extrêmes par rapport à l'ISS, où les séjours sont longs (de l'ordre de six mois) mais dans un espace vaste, relève-t-il. "Ils vont donc passer d'une maison de six chambres, une sorte de manoir immense, à un camping-car, très petit", sourit-il.

10.04.2026 à 11:26

Accord RD Congo-États-Unis, réforme polémique au Gabon, Guelleh favori à Djibouti : l'hebdo Afrique

FRANCE 24
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Texte intégral (674 mots)

10.04.2026 à 11:20

Xi Jinping rencontre à Pékin la cheffe de l'opposition taïwanaise et vante un "avenir commun"

FRANCE 24
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Le président chinois Xi Jinping a déclaré vendredi à la cheffe du principal parti d'opposition taïwanais être "pleinement convaincu" de l'avenir commun entre Chinois et Taïwanais. Cheng Li-wun était la première présidente du parti Kuomintang (KMT) à se rendre en Chine continentale depuis dix ans. Sa formation politique, qui était longtemps au pouvoir à Taïwan, promeut des liens bilatéraux apaisés.
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Le président chinois Xi Jinping a déclaré vendredi à la cheffe du principal parti d'opposition taïwanais être "pleinement convaincu" de l'avenir commun entre Chinois et Taïwanais. Cheng Li-wun était la première présidente du parti Kuomintang (KMT) à se rendre en Chine continentale depuis dix ans. Sa formation politique, qui était longtemps au pouvoir à Taïwan, promeut des liens bilatéraux apaisés.
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