"On voit bien que la Vème République est à bout de souffle. C'est terminé", assure à l'AFP l'un de ces royalistes convaincus, Sébastien Piffard.
Ce chauffeur routier de 44 ans, père de six enfants, brigue la mairie de sa petite commune du Maine-et-Loire, Les Hauts-d'Anjou.
Mais ce qu'il voudrait surtout, c'est observer l'avènement d'"une royauté des temps modernes".
Nostalgique d'une époque qu'il ne connaît que par les livres d'Histoire, Sébastien Piffard est convaincu que c'était mieux avant: "La France, comme royauté, elle a brillé".
Pour lui, la monarchie évoque la puissance, la stabilité et l'unité. Tandis que le pluralisme politique républicain, au contraire, serait "fait pour diviser les Français".
"Farfelu"
Sébastien Piffard se présente sous les couleurs du Lys Royal de France, petit parti royaliste créé il y a un an.
Il l'a découvert sur le réseau social TikTok sur lequel une de ses responsables diffuse des vidéos vantant les mérites de la monarchie.
Malgré ces efforts, le courant royaliste reste ultraminoritaire, dénué de poids politique. L'objectif pour ces municipales est donc surtout de se faire connaître.
Conscient que l'étiquette de son mouvement "effraie", Sébastien Piffard cherche encore à compléter sa liste électorale avant la date butoir de dépôt des candidatures, le 26 février.
"Quand on dit qu'on est royalistes, on est des marginaux", renchérit un autre candidat à Rodez (Aveyron), Ulrich Bailleul, qui admet passer pour un "farfelu".
Cet aide-soignant trentenaire, grand passionné d'Histoire, peine lui aussi à attirer des colistiers et ne se fait pas d'illusion sur ses chances de victoire.
Louis de Bourbon
La nébuleuse royaliste concentre plusieurs mouvements, dont le groupe d'extrême droite Action Française.
Un autre parti, l'Alliance Royale, assure qu'il présentera aussi des candidats aux municipales, mais aucun en tête de liste.
Si tous ces groupes veulent le retour d'un roi, ils ne s'accordent pas sur son identité. Leurs militants sont divisés en plusieurs branches, dont les plus importantes sont les orléanistes et les légitimistes.
Le poulain de ces derniers s'appelle Louis de Bourbon, descendant direct des Capétiens.
La crise politique suscitée par les récents changements de gouvernements lui a offert une porte d'entrée dans les médias, notamment ceux du milliardaire conservateur Vincent Bolloré.
En octobre, dans une tribune pour le JDD, Louis de Bourbon a esquissé le portrait d'une République "au bord de l'effondrement", et invité les Français à s'inspirer de leur "héritage monarchique".
Fin décembre encore, rebondissant sur la mobilisation contre un accord UE-Mercosur, il a reproché à l'Etat d'"abandonner" ses agriculteurs dans les pages de l'hebdomadaire de droite conservatrice Valeurs actuelles.
Anti-UE
"Il y a de plus en plus de Français dégoûtés par la politique de la République", estime Damien Pennes, fondateur du Lys Royal de France.
Les personnages politiques "se ressemblent tous", lance ce commerçant de Corrèze âgé de 39 ans, qui dit avoir toujours été fasciné par la monarchie.
Son parti ne se revendique "ni de gauche, ni de droite". Mais il défend un contrôle ferme des frontières, une sortie de l'Union européenne, une baisse des impôts et la primauté de la religion catholique.
Si participer à une élection peut paraître contradictoire quand on veut voir chuter la République, Damien Pennes juge qu'ils n'ont pas d'autre choix que d'utiliser "les armes à (leur) disposition".
A terme, il espère que des maires royalistes pourraient aider à rassembler les 500 parrainages nécessaires pour déposer une candidature à la présidentielle. L'objectif, très lointain, est conçu comme un tremplin pour propulser leur roi au pouvoir.
Le retour d'une monarchie, "il ne faut pas croire que c'est un doux rêve", maintient néanmoins le candidat Sébastien Piffard.
Il voit son engagement politique comme temporaire, le temps que ce but ultime soit atteint.
"Le jour où le roi est remis sur le trône de France, moi je disparais, je reprends ma petite vie tranquille", dit-il, sans se risquer à avancer une date.
Texte intégral (690 mots)
"On voit bien que la Vème République est à bout de souffle. C'est terminé", assure à l'AFP l'un de ces royalistes convaincus, Sébastien Piffard.
Ce chauffeur routier de 44 ans, père de six enfants, brigue la mairie de sa petite commune du Maine-et-Loire, Les Hauts-d'Anjou.
Mais ce qu'il voudrait surtout, c'est observer l'avènement d'"une royauté des temps modernes".
Nostalgique d'une époque qu'il ne connaît que par les livres d'Histoire, Sébastien Piffard est convaincu que c'était mieux avant: "La France, comme royauté, elle a brillé".
Pour lui, la monarchie évoque la puissance, la stabilité et l'unité. Tandis que le pluralisme politique républicain, au contraire, serait "fait pour diviser les Français".
"Farfelu"
Sébastien Piffard se présente sous les couleurs du Lys Royal de France, petit parti royaliste créé il y a un an.
Il l'a découvert sur le réseau social TikTok sur lequel une de ses responsables diffuse des vidéos vantant les mérites de la monarchie.
Malgré ces efforts, le courant royaliste reste ultraminoritaire, dénué de poids politique. L'objectif pour ces municipales est donc surtout de se faire connaître.
Conscient que l'étiquette de son mouvement "effraie", Sébastien Piffard cherche encore à compléter sa liste électorale avant la date butoir de dépôt des candidatures, le 26 février.
"Quand on dit qu'on est royalistes, on est des marginaux", renchérit un autre candidat à Rodez (Aveyron), Ulrich Bailleul, qui admet passer pour un "farfelu".
Cet aide-soignant trentenaire, grand passionné d'Histoire, peine lui aussi à attirer des colistiers et ne se fait pas d'illusion sur ses chances de victoire.
Louis de Bourbon
La nébuleuse royaliste concentre plusieurs mouvements, dont le groupe d'extrême droite Action Française.
Un autre parti, l'Alliance Royale, assure qu'il présentera aussi des candidats aux municipales, mais aucun en tête de liste.
Si tous ces groupes veulent le retour d'un roi, ils ne s'accordent pas sur son identité. Leurs militants sont divisés en plusieurs branches, dont les plus importantes sont les orléanistes et les légitimistes.
Le poulain de ces derniers s'appelle Louis de Bourbon, descendant direct des Capétiens.
La crise politique suscitée par les récents changements de gouvernements lui a offert une porte d'entrée dans les médias, notamment ceux du milliardaire conservateur Vincent Bolloré.
En octobre, dans une tribune pour le JDD, Louis de Bourbon a esquissé le portrait d'une République "au bord de l'effondrement", et invité les Français à s'inspirer de leur "héritage monarchique".
Fin décembre encore, rebondissant sur la mobilisation contre un accord UE-Mercosur, il a reproché à l'Etat d'"abandonner" ses agriculteurs dans les pages de l'hebdomadaire de droite conservatrice Valeurs actuelles.
Anti-UE
"Il y a de plus en plus de Français dégoûtés par la politique de la République", estime Damien Pennes, fondateur du Lys Royal de France.
Les personnages politiques "se ressemblent tous", lance ce commerçant de Corrèze âgé de 39 ans, qui dit avoir toujours été fasciné par la monarchie.
Son parti ne se revendique "ni de gauche, ni de droite". Mais il défend un contrôle ferme des frontières, une sortie de l'Union européenne, une baisse des impôts et la primauté de la religion catholique.
Si participer à une élection peut paraître contradictoire quand on veut voir chuter la République, Damien Pennes juge qu'ils n'ont pas d'autre choix que d'utiliser "les armes à (leur) disposition".
A terme, il espère que des maires royalistes pourraient aider à rassembler les 500 parrainages nécessaires pour déposer une candidature à la présidentielle. L'objectif, très lointain, est conçu comme un tremplin pour propulser leur roi au pouvoir.
Le retour d'une monarchie, "il ne faut pas croire que c'est un doux rêve", maintient néanmoins le candidat Sébastien Piffard.
Il voit son engagement politique comme temporaire, le temps que ce but ultime soit atteint.
"Le jour où le roi est remis sur le trône de France, moi je disparais, je reprends ma petite vie tranquille", dit-il, sans se risquer à avancer une date.