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15.02.2026 à 10:23

Union africaine : "L'extermination" du peuple palestinien "doit cesser"

FRANCE24
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"L'extermination" du peuple palestinien "doit cesser", a lancé samedi le président de la Commission de l'Union africaine (UA), le Djiboutien Mahamoud Ali Youssouf, à l'ouverture du 39e sommet annuel de l'organisation continentale.
"L'extermination" du peuple palestinien "doit cesser", a lancé samedi le président de la Commission de l'Union africaine (UA), le Djiboutien Mahamoud Ali Youssouf, à l'ouverture du 39e sommet annuel de l'organisation continentale.

15.02.2026 à 10:21

En Zambie, promesses et périls de la ruée vers l'"or rouge"

FRANCE24
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La course à l'intelligence artificielle, aux énergies renouvelables et à la défense ont dopé la demande pour ce métal indispensable aux réseaux électriques, centres de données et véhicules électriques. La Chine, les États-Unis, le Canada, l'Europe, l'Inde et les États du Golfe luttant pour sécuriser leurs approvisionnements, leurs rivalités géopolitiques se manifestent dans la convoitise du cuivre zambien. "Les investisseurs sont de retour", a lancé le président Hakainde Hichilema à l'assistance de la principale conférence minière du continent, le Mining Indaba, lundi au Cap, en Afrique du Sud. Plus de 12 milliards de dollars (environ 10 milliards d'euros) ont afflué vers le secteur depuis 2022, d'après lui. Politiquement stable, à l'image de sa transition politique en douceur en 2021, la Zambie est le deuxième producteur de cuivre d'Afrique, derrière la République démocratique du Congo en proie aux conflits, et le huitième au monde, selon l'Institut d'études géologiques des États-Unis (USGS). Ce métal, utilisé pour les panneaux solaires et éoliennes, génère environ 15% du PIB de la Zambie et plus de 70% des recettes d'exportation. La production a augmenté de 8% l'an dernier et le gouvernement veut la tripler pour atteindre 890.000 tonnes annuelles d'ici une décennie. Le secteur minier tire une croissance que le Fonds monétaire international prévoit à 5,8% cette année, faisant de la Zambie une des économies croissant le plus vite du continent. "Les graines germent et la récolte arrive", a assuré le président Hichilema. Mais l'expansion rapide de cette industrie très polluante suscite des mises en garde sur les risques pour les populations locales. La crainte est aussi celle d'un modèle exclusivement extractif, sans valeur ajoutée sur place. "Nouveau chapitre spectaculaire" "Il faut avoir en tête que l'histoire peut se répéter", avertit Daniel Litvin, du groupe Resource Resolutions. Le fondateur de ce think-tank britannique spécialisé dans la résolution des conflits fait référence à la ruée des Européens sur les ressources africaines à l'époque coloniale. Il existe un risque que les élites s'enrichissent au détriment de la population, d'après lui. Quant aux "récits de partenariat" mis en avant par les grandes puissances, ils peuvent masquer des intérêts sous-jacents, prévient-il. Les entreprises chinoises dominent depuis longtemps le secteur en Zambie, avec des participations majeures dans des mines et des fonderies clés. Un autre acteur majeur est le canadien First Quantum Minerals, premier contribuable de Lusaka. Des investisseurs indiens et du Golfe étendent leur présence, et les États-Unis reviennent après un retrait opéré il y a des décennies. Washington, qui a constitué des stocks de cuivre, a lancé ce mois-ci le projet "Vault" ("Chambre forte"), une initiative public-privé de 12 milliards de dollars (10 milliards d'euros) pour sécuriser les matières premières stratégiques et réduire sa dépendance envers la Chine. "On est au début d'un nouveau chapitre spectaculaire à venir dans la manière dont le +monde libre+ s'approvisionne et échange les matières premières stratégiques", a déclaré Mike Kopp, conseiller du secrétaire à l'énergie des États-Unis, au Mining Indaba. Les droits de douane américains l'an dernier ont contribué à propulser les prix du cuivre à des niveaux record, les entreprises se ruant pour acheter des stocks. Le coût de la ruée "Le risque, c'est que cette compétition entre grandes puissances se transforme en une course pour sécuriser l'approvisionnement à des conditions servant les marchés et non les populations des pays producteurs", analyse Deprose Muchena, directeur de programme à l'Open Society Foundation, l'organisation philanthropique du milliardaire américain George Soros. Malgré la richesse de son sous-sol, plus de 70% des 21 millions d'habitants de la Zambie vivent dans la pauvreté, selon la Banque mondiale. "Le monde découvre le cuivre de la Zambie. Mais le pays vit avec le cuivre et ses conséquences depuis un siècle", souligne Deprose Muchena. Les dommages environnementaux de l'extraction minière gangrènent de longue date la ceinture de cuivre zambienne. En février 2025, des dizaines de millions de litres de déchets acides ont été déversés dans la nature par la rupture d'un bassin de résidus d'une mine détenue par une entreprise chinoise près de Kitwe, à environ 285 kilomètres au nord de Lusaka. Des polluants ont atteint un affluent alimentant le fleuve Kafue, le plus long de Zambie et une source majeure d'eau potable. Des agriculteurs zambiens ont intenté une action en justice, demandant 80 milliards de dollars d'indemnisation et de réhabilitation. "Est-ce que ce nouveau boom sera différent ? Il faudrait que la gouvernance et la place accordée aux droits des populations locales soient centrales", juge Deprose Muchena. "Qu'il ne soit pas seulement question de sécurité des chaînes d'approvisionnement."
Texte intégral (811 mots)
La course à l'intelligence artificielle, aux énergies renouvelables et à la défense ont dopé la demande pour ce métal indispensable aux réseaux électriques, centres de données et véhicules électriques. La Chine, les États-Unis, le Canada, l'Europe, l'Inde et les États du Golfe luttant pour sécuriser leurs approvisionnements, leurs rivalités géopolitiques se manifestent dans la convoitise du cuivre zambien. "Les investisseurs sont de retour", a lancé le président Hakainde Hichilema à l'assistance de la principale conférence minière du continent, le Mining Indaba, lundi au Cap, en Afrique du Sud. Plus de 12 milliards de dollars (environ 10 milliards d'euros) ont afflué vers le secteur depuis 2022, d'après lui. Politiquement stable, à l'image de sa transition politique en douceur en 2021, la Zambie est le deuxième producteur de cuivre d'Afrique, derrière la République démocratique du Congo en proie aux conflits, et le huitième au monde, selon l'Institut d'études géologiques des États-Unis (USGS). Ce métal, utilisé pour les panneaux solaires et éoliennes, génère environ 15% du PIB de la Zambie et plus de 70% des recettes d'exportation. La production a augmenté de 8% l'an dernier et le gouvernement veut la tripler pour atteindre 890.000 tonnes annuelles d'ici une décennie. Le secteur minier tire une croissance que le Fonds monétaire international prévoit à 5,8% cette année, faisant de la Zambie une des économies croissant le plus vite du continent. "Les graines germent et la récolte arrive", a assuré le président Hichilema. Mais l'expansion rapide de cette industrie très polluante suscite des mises en garde sur les risques pour les populations locales. La crainte est aussi celle d'un modèle exclusivement extractif, sans valeur ajoutée sur place. "Nouveau chapitre spectaculaire" "Il faut avoir en tête que l'histoire peut se répéter", avertit Daniel Litvin, du groupe Resource Resolutions. Le fondateur de ce think-tank britannique spécialisé dans la résolution des conflits fait référence à la ruée des Européens sur les ressources africaines à l'époque coloniale. Il existe un risque que les élites s'enrichissent au détriment de la population, d'après lui. Quant aux "récits de partenariat" mis en avant par les grandes puissances, ils peuvent masquer des intérêts sous-jacents, prévient-il. Les entreprises chinoises dominent depuis longtemps le secteur en Zambie, avec des participations majeures dans des mines et des fonderies clés. Un autre acteur majeur est le canadien First Quantum Minerals, premier contribuable de Lusaka. Des investisseurs indiens et du Golfe étendent leur présence, et les États-Unis reviennent après un retrait opéré il y a des décennies. Washington, qui a constitué des stocks de cuivre, a lancé ce mois-ci le projet "Vault" ("Chambre forte"), une initiative public-privé de 12 milliards de dollars (10 milliards d'euros) pour sécuriser les matières premières stratégiques et réduire sa dépendance envers la Chine. "On est au début d'un nouveau chapitre spectaculaire à venir dans la manière dont le +monde libre+ s'approvisionne et échange les matières premières stratégiques", a déclaré Mike Kopp, conseiller du secrétaire à l'énergie des États-Unis, au Mining Indaba. Les droits de douane américains l'an dernier ont contribué à propulser les prix du cuivre à des niveaux record, les entreprises se ruant pour acheter des stocks. Le coût de la ruée "Le risque, c'est que cette compétition entre grandes puissances se transforme en une course pour sécuriser l'approvisionnement à des conditions servant les marchés et non les populations des pays producteurs", analyse Deprose Muchena, directeur de programme à l'Open Society Foundation, l'organisation philanthropique du milliardaire américain George Soros. Malgré la richesse de son sous-sol, plus de 70% des 21 millions d'habitants de la Zambie vivent dans la pauvreté, selon la Banque mondiale. "Le monde découvre le cuivre de la Zambie. Mais le pays vit avec le cuivre et ses conséquences depuis un siècle", souligne Deprose Muchena. Les dommages environnementaux de l'extraction minière gangrènent de longue date la ceinture de cuivre zambienne. En février 2025, des dizaines de millions de litres de déchets acides ont été déversés dans la nature par la rupture d'un bassin de résidus d'une mine détenue par une entreprise chinoise près de Kitwe, à environ 285 kilomètres au nord de Lusaka. Des polluants ont atteint un affluent alimentant le fleuve Kafue, le plus long de Zambie et une source majeure d'eau potable. Des agriculteurs zambiens ont intenté une action en justice, demandant 80 milliards de dollars d'indemnisation et de réhabilitation. "Est-ce que ce nouveau boom sera différent ? Il faudrait que la gouvernance et la place accordée aux droits des populations locales soient centrales", juge Deprose Muchena. "Qu'il ne soit pas seulement question de sécurité des chaînes d'approvisionnement."

15.02.2026 à 10:20

Lyon : Quentin, le militant identitaire agressé à Lyon, est décédé

FRANCE24
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Le parquet de Lyon a annoncé samedi à l'AFP le décès de Quentin, un étudiant de 23 ans qui était hospitalisé depuis jeudi à Lyon dans un état grave, après une violente agression en marge d'une conférence de l'eurodéputée LFI Rima Hassan à Sciences Po.
Texte intégral (811 mots)
Le parquet de Lyon a annoncé samedi à l'AFP le décès de Quentin, un étudiant de 23 ans qui était hospitalisé depuis jeudi à Lyon dans un état grave, après une violente agression en marge d'une conférence de l'eurodéputée LFI Rima Hassan à Sciences Po.

15.02.2026 à 10:19

Les éleveurs bovins américains, pris en étau entre coûts élevés et consommateurs prudents

FRANCE24
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Malgré la flambée des prix du boeuf, et un cheptel bovin américain au plus bas depuis 75 ans, les éleveurs sont sous pression, confrontés à une augmentation drastique de leurs coûts, une clientèle plus attentive à son budget et aux conséquences de la politique commerciale de Donald Trump. "Les coûts d'exploitation dépassent presque (notre capacité) à continuer d'élever du bétail", déplore auprès de l'AFP Chris Stem qui possède environ 250 bêtes dont 15% seront vendues dans sa propre boucherie. "De la coupe du foin à l'alimentation du bétail, en passant par l'entretien du matériel, le personnel et les aliments, tout a augmenté", assure l'éleveur de 40 ans. "Quand cela va-t-il se stabiliser et s'arrêter?" La flambée des prix du boeuf lui a permis d'augmenter son chiffre d'affaires, mais ses frais aussi. Et il lui est impossible d'augmenter indéfiniment les prix sur ses étals pour maintenir sa marge. "Les clients ne dépenseront pas plus qu'une certaine somme pour une pièce de boeuf, surtout quand on trouve de la viande importée 50 à 60% moins chère dans les grands magasins", explique l'éleveur. Selon lui, le prix du faux-filet a plus que doublé en quelques années, passant de 14,99 dollars la livre (454 g) en 2019, à 32,99 dollars. Ses ventes ont chuté de 30%. Pour compenser, il s'est alors diversifié, en se lançant dans la production de vin, et accueille désormais des événements comme des mariages sur sa propriété. "Secteur en crise" En janvier, les prix du boeuf et du veau aux Etats-Unis ont augmenté de 15% sur un an, les experts assurant que la tendance devrait se prolonger. La demande des consommateurs américains reste forte mais il faudra des années pour reconstituer les troupeaux décimés par des sécheresses à répétition et les restrictions à l'importation liées à un parasite. Cette flambée des prix du boeuf est devenue le symbole du coût de la vie élevé dans la première économie mondiale, alimentant la frustration des électeurs. À l'automne dernier, Donald Trump avait exigé des éleveurs une baisse des prix avant d'exempter le boeuf brésilien de droits de douane élevés et de faciliter les importations de boeuf argentin. Une décision prise au grand dam des agriculteurs américains, pourtant une base électorale clé du président républicain à l'approche des élections de mi-mandat. "Nous devons nourrir les Américains", commente Chris Stem. "Mais nous ouvrons une brèche qui, à mon avis, va nuire considérablement aux éleveurs". "Je soutiens l'administration républicaine" mais "pas les inconnues auxquelles nous sommes confrontés actuellement", ajoute-t-il. Un organisme important de défense des intérêts des éleveurs américains, a récemment sonné l'alarme: "Notre secteur est en crise et a besoin d'être protégé contre les importations qui font baisser les prix." Achats plus mesurés Pour Lance Lillibridge, agriculteur dans l'Iowa (nord), les éleveurs de bétail "vivent avec des marges très faibles" depuis des années. "Les gens en ont assez de travailler si dur pour rien", explique-t-il à l'AFP. Selon lui, "à l'heure actuelle, les prix de notre bétail sont exactement là où ils devraient être." Un avis que ne partagent pas tous les Américains. "Nous avons beaucoup réduit nos dépenses" en raison de la hausse du prix du boeuf, souligne Endawnson Nungo, 56 ans, originaire de Caroline du Sud (est) et travaillant dans le secteur ferroviaire. Rencontré dans une boucherie de Washington, Caleb Svezia, 28 ans, scientifique, explique lui aussi devoir économiser pour acheter de la viande de meilleure qualité. Boucher dans la capitale, Jamie Stachowski regrette de voir les clients délaisser son échoppe. Comme Chris Stem, il a dû augmenter ses prix, d'environ 30% l'année passée. En conséquence, ses ventes ont reculé de 15%. "L'industrie bovine représente des milliards et des milliards de dollars (...) pourtant, tout le monde ne gagne que quelques centimes par kilo", se désole-t-il.
Texte intégral (668 mots)
Malgré la flambée des prix du boeuf, et un cheptel bovin américain au plus bas depuis 75 ans, les éleveurs sont sous pression, confrontés à une augmentation drastique de leurs coûts, une clientèle plus attentive à son budget et aux conséquences de la politique commerciale de Donald Trump. "Les coûts d'exploitation dépassent presque (notre capacité) à continuer d'élever du bétail", déplore auprès de l'AFP Chris Stem qui possède environ 250 bêtes dont 15% seront vendues dans sa propre boucherie. "De la coupe du foin à l'alimentation du bétail, en passant par l'entretien du matériel, le personnel et les aliments, tout a augmenté", assure l'éleveur de 40 ans. "Quand cela va-t-il se stabiliser et s'arrêter?" La flambée des prix du boeuf lui a permis d'augmenter son chiffre d'affaires, mais ses frais aussi. Et il lui est impossible d'augmenter indéfiniment les prix sur ses étals pour maintenir sa marge. "Les clients ne dépenseront pas plus qu'une certaine somme pour une pièce de boeuf, surtout quand on trouve de la viande importée 50 à 60% moins chère dans les grands magasins", explique l'éleveur. Selon lui, le prix du faux-filet a plus que doublé en quelques années, passant de 14,99 dollars la livre (454 g) en 2019, à 32,99 dollars. Ses ventes ont chuté de 30%. Pour compenser, il s'est alors diversifié, en se lançant dans la production de vin, et accueille désormais des événements comme des mariages sur sa propriété. "Secteur en crise" En janvier, les prix du boeuf et du veau aux Etats-Unis ont augmenté de 15% sur un an, les experts assurant que la tendance devrait se prolonger. La demande des consommateurs américains reste forte mais il faudra des années pour reconstituer les troupeaux décimés par des sécheresses à répétition et les restrictions à l'importation liées à un parasite. Cette flambée des prix du boeuf est devenue le symbole du coût de la vie élevé dans la première économie mondiale, alimentant la frustration des électeurs. À l'automne dernier, Donald Trump avait exigé des éleveurs une baisse des prix avant d'exempter le boeuf brésilien de droits de douane élevés et de faciliter les importations de boeuf argentin. Une décision prise au grand dam des agriculteurs américains, pourtant une base électorale clé du président républicain à l'approche des élections de mi-mandat. "Nous devons nourrir les Américains", commente Chris Stem. "Mais nous ouvrons une brèche qui, à mon avis, va nuire considérablement aux éleveurs". "Je soutiens l'administration républicaine" mais "pas les inconnues auxquelles nous sommes confrontés actuellement", ajoute-t-il. Un organisme important de défense des intérêts des éleveurs américains, a récemment sonné l'alarme: "Notre secteur est en crise et a besoin d'être protégé contre les importations qui font baisser les prix." Achats plus mesurés Pour Lance Lillibridge, agriculteur dans l'Iowa (nord), les éleveurs de bétail "vivent avec des marges très faibles" depuis des années. "Les gens en ont assez de travailler si dur pour rien", explique-t-il à l'AFP. Selon lui, "à l'heure actuelle, les prix de notre bétail sont exactement là où ils devraient être." Un avis que ne partagent pas tous les Américains. "Nous avons beaucoup réduit nos dépenses" en raison de la hausse du prix du boeuf, souligne Endawnson Nungo, 56 ans, originaire de Caroline du Sud (est) et travaillant dans le secteur ferroviaire. Rencontré dans une boucherie de Washington, Caleb Svezia, 28 ans, scientifique, explique lui aussi devoir économiser pour acheter de la viande de meilleure qualité. Boucher dans la capitale, Jamie Stachowski regrette de voir les clients délaisser son échoppe. Comme Chris Stem, il a dû augmenter ses prix, d'environ 30% l'année passée. En conséquence, ses ventes ont reculé de 15%. "L'industrie bovine représente des milliards et des milliards de dollars (...) pourtant, tout le monde ne gagne que quelques centimes par kilo", se désole-t-il.

15.02.2026 à 10:15

A New York, le coût exorbitant de la vie contraint les artistes à l'exil

FRANCE24
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Le coût exorbitant de la vie, dont le nouveau maire Zohran Mamdani a fait son cheval de bataille, contraint les professionnels de l'art et de la création à quitter l'une des capitales culturelles mondiales. Selon un rapport publié en décembre par l'organisation indépendante de politiques publiques Center for an Urban Future, le nombre de New-Yorkais travaillant dans les secteurs créatifs, de l'audiovisuel à la mode en passant par le design ou la publicité, a diminué de 6,1% depuis 2019. "Mon espoir était de voir un fort rebond après les heures les plus sombres de la pandémie, sachant que les artistes avaient été frappés plus durement" mais cela ne s'est pas vérifié, a expliqué à l'AFP l'un des auteurs de ce rapport, Eli Dvorkin. Depuis, "les coûts augmentent beaucoup plus rapidement que les revenus, et les artistes ressentent vraiment cette pression". Le secteur culturel et créatif emploie 326.000 personnes à New York, mais la capitale économique des Etats-Unis perd de son attractivité au profit d'autres villes du sud du pays, comme Miami, Dallas ou Nashville. "Manque de travail" Dans la mégapole, les travailleurs de ce secteur gagnent 23% de moins que le salaire horaire médian national, en tenant compte du coût de la vie, contre 15% de moins il y a dix ans. En cause, l'inflation, bien sûr, mais surtout les loyers. Au cours de la dernière décennie, le loyer médian à New York a augmenté de 42%, tandis que le revenu médian dans les industries créatives n'a augmenté que de 25%, bien en dessous de la hausse moyenne de 44% pour l'ensemble de la ville. Témoignant début février devant le comité du conseil municipal chargé des affaires culturelles, Noël Jacoboni a aussi déploré "le manque de travail dû à la hausse des coûts de production, alors qu'on essaie encore de se remettre de la pandémie". Depuis 2020, les emplois dans le cinéma et la télévision à New York ont diminué de 19,1%, selon le rapport. Il en va de même dans la publicité (-15,7%), le design (-14,3%) ou les arts du spectacle (-6,4%). La production audiovisuelle se déplace à Atlanta, Austin, Budapest ou Prague, qui proposent des incitations financières. Séoul, Shanghai ou Copenhague comptent de plus en plus dans la mode. Par ailleurs, près de 50 théâtres, établissements musicaux, musées et galeries ont fermé depuis 2020, a comptabilisé le Center for an Urban Future, plombés par des coûts (loyers, salaires, assurances...) en forte hausse et concurrencés par le streaming et la vente en ligne. Même les mastodontes ne sont pas épargnés. Seules quatre comédies musicales lancées à Broadway ces six dernières années ont généré des profits. Le musée Guggenheim et le Met Opera ont annoncé des licenciements ces derniers mois. "Capitale mondiale de la création" Élu sur un programme axé sur le coût de la vie (dont l'encadrement des loyers), le démocrate Zohran Mamdani, dont l'épouse est illustratrice, s'est rapidement emparé du sujet. Son responsable des médias et du divertissement, Rafael Espinal, nommé mi-janvier, veut "s'employer à faire que New York demeure la capitale mondiale de la création, non seulement un lieu où de grandes oeuvres voient le jour, mais aussi où celles et ceux qui les produisent peuvent vivre". Cet ancien élu local démocrate et responsable d'un syndicat de travailleurs indépendants s'est donné pour priorité "les emplois syndiqués bien rémunérés" et "l'accès à la formation, aux opportunités (...) et aux ressources" pour les communautés moins bien représentées. La présidente démocrate du conseil municipal de New York, Julie Menin, est elle favorable à réserver davantage de logements aux loyers encadrés à des artistes. Autant de mesures recommandées par le Center for an Urban Future, qui prône également la création d'un grand festival culturel à l'échelle des cinq arrondissements de la ville.
Texte intégral (670 mots)
Le coût exorbitant de la vie, dont le nouveau maire Zohran Mamdani a fait son cheval de bataille, contraint les professionnels de l'art et de la création à quitter l'une des capitales culturelles mondiales. Selon un rapport publié en décembre par l'organisation indépendante de politiques publiques Center for an Urban Future, le nombre de New-Yorkais travaillant dans les secteurs créatifs, de l'audiovisuel à la mode en passant par le design ou la publicité, a diminué de 6,1% depuis 2019. "Mon espoir était de voir un fort rebond après les heures les plus sombres de la pandémie, sachant que les artistes avaient été frappés plus durement" mais cela ne s'est pas vérifié, a expliqué à l'AFP l'un des auteurs de ce rapport, Eli Dvorkin. Depuis, "les coûts augmentent beaucoup plus rapidement que les revenus, et les artistes ressentent vraiment cette pression". Le secteur culturel et créatif emploie 326.000 personnes à New York, mais la capitale économique des Etats-Unis perd de son attractivité au profit d'autres villes du sud du pays, comme Miami, Dallas ou Nashville. "Manque de travail" Dans la mégapole, les travailleurs de ce secteur gagnent 23% de moins que le salaire horaire médian national, en tenant compte du coût de la vie, contre 15% de moins il y a dix ans. En cause, l'inflation, bien sûr, mais surtout les loyers. Au cours de la dernière décennie, le loyer médian à New York a augmenté de 42%, tandis que le revenu médian dans les industries créatives n'a augmenté que de 25%, bien en dessous de la hausse moyenne de 44% pour l'ensemble de la ville. Témoignant début février devant le comité du conseil municipal chargé des affaires culturelles, Noël Jacoboni a aussi déploré "le manque de travail dû à la hausse des coûts de production, alors qu'on essaie encore de se remettre de la pandémie". Depuis 2020, les emplois dans le cinéma et la télévision à New York ont diminué de 19,1%, selon le rapport. Il en va de même dans la publicité (-15,7%), le design (-14,3%) ou les arts du spectacle (-6,4%). La production audiovisuelle se déplace à Atlanta, Austin, Budapest ou Prague, qui proposent des incitations financières. Séoul, Shanghai ou Copenhague comptent de plus en plus dans la mode. Par ailleurs, près de 50 théâtres, établissements musicaux, musées et galeries ont fermé depuis 2020, a comptabilisé le Center for an Urban Future, plombés par des coûts (loyers, salaires, assurances...) en forte hausse et concurrencés par le streaming et la vente en ligne. Même les mastodontes ne sont pas épargnés. Seules quatre comédies musicales lancées à Broadway ces six dernières années ont généré des profits. Le musée Guggenheim et le Met Opera ont annoncé des licenciements ces derniers mois. "Capitale mondiale de la création" Élu sur un programme axé sur le coût de la vie (dont l'encadrement des loyers), le démocrate Zohran Mamdani, dont l'épouse est illustratrice, s'est rapidement emparé du sujet. Son responsable des médias et du divertissement, Rafael Espinal, nommé mi-janvier, veut "s'employer à faire que New York demeure la capitale mondiale de la création, non seulement un lieu où de grandes oeuvres voient le jour, mais aussi où celles et ceux qui les produisent peuvent vivre". Cet ancien élu local démocrate et responsable d'un syndicat de travailleurs indépendants s'est donné pour priorité "les emplois syndiqués bien rémunérés" et "l'accès à la formation, aux opportunités (...) et aux ressources" pour les communautés moins bien représentées. La présidente démocrate du conseil municipal de New York, Julie Menin, est elle favorable à réserver davantage de logements aux loyers encadrés à des artistes. Autant de mesures recommandées par le Center for an Urban Future, qui prône également la création d'un grand festival culturel à l'échelle des cinq arrondissements de la ville.
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