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29.01.2026 à 07:59

Au Mali, un secteur touristique plombé qui tente de renaître

FRANCE24
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Pendant une dizaine d'années, il a été guide touristique à Djenné, ville du centre du Mali inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco et célèbre mondialement pour sa majestueuse mosquée en banco, la plus grande construction en terre crue au monde. Un métier qu'il dit exercer pour "nourrir" ses enfants, tout en souhaitant "qu'ils se souviennent que leur père était un guide, un homme de culture." "Comme guide, je pouvais te parler pendant trois heures de la lignée des familles, des minarets des mosquées, de pourquoi le banco ne tombe jamais malgré la pluie...", se souvient-il. "Les touristes m'écoutaient avec des yeux ronds, ils notaient tout dans leurs petits carnets. J'avais l'impression d'être quelqu'un d'important". "Plus rien" Depuis 2012, le Mali est plongé dans une profonde crise sécuritaire, alimentée par les attaques de groupes jihadistes affiliés à Al-Qaïda ou à l'Etat islamique, mais aussi par des groupes rebelles et des réseaux criminels. Deux coups d'Etat en 2020 et 2021 menés par des militaires souverainistes, accusés de réduire l'espace civique et de réprimer les voix critiques et la récente dégradation encore des conditions sécuritaires, n'ont rien arrangé. La ville historique de Tombouctou, le tombeau des Askia à Gao, "vestige le plus important et le mieux conservé du puissant et riche empire Songhoy" selon l'Unesco, les remarquables habitats troglodytes des falaises du pays dogon, célèbre pour ses masques, ainsi que la spectaculaire traversée des boeufs à Diafarabé et Dialoubé, au coeur du delta du Niger, sont privés de touristes depuis près de 15 ans. "Les Occidentaux visitaient Tombouctou et les dunes de sables. Les princes arabes venaient chasser l'outarde, prenaient des permis et des guides. Plus rien", regrette Sidy Kéita, directeur de Mali Tourisme, l'agence nationale de promotion touristique. La crise sécuritaire a entraîné "l'abandon de la destination, la fermeture de certains établissements de tourisme, la destruction d'autres, le licenciement ou la mise en chômage technique des agents", explique sur son site Mali Tourisme. "De Ségou, au centre du Mali, à Tombouctou ou Gao au nord, beaucoup d'hôtels ont fermé, faute de clients. Pire, les promoteurs sont endettés", dit à l'AFP un membre de l'Association malienne des hôteliers. "Depuis 2019, les recettes touristiques ont disparu de notre tableau des opérations", confie un agent de la direction nationale du Tourisme et de l'Hôtellerie. Selon Mali Tourisme, "entre 200 et 300.000" touristes visitaient le Mali les meilleures années, générant de l'ordre de 183 millions d'euros par an. La contribution du secteur au PIB est passée de "près de 3%" à "seulement 1%", déplorait en juillet le ministre malien du Tourisme, Mamou Daffé. "L'espoir renaît" Ces dernières années, le pays tente de relancer le secteur en mettant l'accent notamment sur le tourisme domestique comme alternative aux visiteurs étrangers. Des programmes incitant les fonctionnaires et le public à explorer leur pays, avec des circuits subventionnés à Bamako et dans les régions, ont par exemple été lancés. En décembre 2025, pour la première fois depuis plus d'une décennie, des touristes étrangers ont pu visiter Tombouctou, à l'occasion de la biennale artistique et culturelle organisée pour clôturer 2025, "année de la culture." "Des protocoles de sécurité stricts étaient en place, tous les étrangers devant être escortés par la police. Cela a permis aux agences de voyages locales d'attirer des voyageurs d'aussi loin que la Californie ou l'Allemagne pendant la biennale", témoigne Ulf Laessing, directeur du programme Sahel de la Fondation Konrad Adenauer, qui était présent à la biennale. "L'espoir renaît... Nous avons reçu une centaine de touristes russes. C'est une clientèle nouvelle. Nous espérons qu'il y en aura d'autres, et que ce sera la relance de l'industrie du tourisme", se réjouit Sidy Kéïta. Le régime militaire malien a tourné le dos à la France, l'ex-puissance coloniale, pour se rapprocher de la Russie, désormais son principal allié.

29.01.2026 à 07:59

Un documentaire présenté à Sundance aux Etats-Unis fait écho à la mobilisation à Minneapolis

FRANCE24
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"Everybody to Kenmure Street", un documentaire présenté au festival du film de Sundance, dans l'Utah, raconte une mobilisation d'habitants de Glasgow. Elle rappelle celle des manifestants de Minneapolis, dans le Minnesota, révoltés par les opérations répressives de la police américaine de l'immigration (ICE) et la dureté de la politique migratoire du président Donald Trump. Certes, le niveau de violence n'est pas le même: le 13 mai 2021 à Glasgow, personne n'est mort et les personnes arrêtées ont été relâchées, alors qu'à Minneapolis en janvier 2026, deux manifestants ont été tués par des agents fédéraux. A Glasgow aussi, des habitants s'étaient rassemblés en nombre. Ils se sont amassés devant un fourgon de police où étaient détenus deux hommes sikhs d'origine indienne, pour demander leur libération. "On n'était que cinq. Et puis très vite, on était dix, puis vingt. Et petit à petit, on était tellement nombreux qu'on ne voyait plus le bout de Kenmure Street", témoigne auprès de l'AFP Tabassum Niamat. Cette habitante préparait la fête de l'Aïd el-Fitr, la rupture du jeûne après le mois de ramadan, quand elle a reçu des messages appelant à descendre dans la rue pour stopper les descentes de police à Pollockshields, une banlieue multiculturelle de Glasgow. "Seul moyen d'avancer" Puis, les habitants ont été rejoints par un avocat des droits humains qui a réussi à négocier la libération des deux hommes. Le réalisateur du documentaire, Felipe Bustos Sierra, explique à l'AFP avoir recueilli pour son film des archives vidéo et photo d'environ 2.500 personnes qui étaient sur place, répondant à des appels à manifester sur les réseaux sociaux. Un des manifestants s'est glissé sous le fourgon, où il est resté plus de huit heures pour l'empêcher de bouger. "Van Man", comme il a été baptisé, "a saisi une chance", dit le réalisateur. "N'importe qui aurait pu le faire. N'importe qui doit le faire. C'est le seul moyen d'avancer", estime Felipe Bustos Sierra, qui a présenté son film en avant-première au festival de Sundance, deux jours avant qu'Alex Pretti, un infirmier de 37 ans, ne soit tué par la police fédérale à Minneapolis. La mort de cet Américain, survenu peu après celle de Renee Good, une mère de famille, également abattue par la police fédérale, a enflammé les tensions et suscité une vague d'indignation à travers tous les Etats-Unis. Malgré la différence de contexte, les policiers britanniques ne sont pas par exemple généralement armés, Tabassum Niamat juge qu'il y a des parallèles. "Si on s'engage pour ses semblables, si on s'engage pour le bien de l'humanité, si on s'engage parce que l'on pense que ce qui se passe est injuste, on ressent immédiatement une connexion et on a envie d'être debout ensemble". Le festival du film de Sundance se déroule jusqu'au 1er février.

29.01.2026 à 07:57

Au Costa Rica, les quartiers pauvres endeuillés par l'essor du narcotrafic

FRANCE24
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La violence croissante est au cœur de l'élection présidentielle de dimanche au Costa Rica, pays pourtant considéré pendant des décennies comme l'un des plus sûrs d'Amérique latine. La candidate du pouvoir et favorite du scrutin, Laura Fernandez, rend les autorités judiciaires responsables du fait que les délinquants ne sont pas en prison et propose des mesures de fermeté similaires à celles adoptées par le Salvador de Nayib Bukele. Ses rivaux y voient une menace pour les droits humains et l'accusent de vouloir mettre le pays sur la voie de l'autoritarisme. Mauren Jiménez, dirigeante communautaire de 54 ans, mère de trois enfants, veut seulement que cessent les assassinats. "Enterrer un proche tué à 14, 15 ans, c'est très difficile", confie-t-elle à l'AFP. Rien que l'an dernier, cette bénévole qui vit de ménages et de soins aux malades a aidé à mettre en terre une vingtaine de garçons "qui malheureusement s'égarent par manque d'opportunités", ainsi que des victimes collatérales. Des jeunes dont les familles manquent souvent de moyens pour la sépulture. Son accompagnement commence à la morgue, où parfois les parents ne savent "ni lire ni écrire". Elle négocie les prix avec les pompes funèbres et organise des collectes sur les réseaux sociaux. "Pain quotidien" Sept homicides sur dix sont liés au trafic de drogue au Costa Rica, où le taux d'homicides est passé de 11,2 pour 100.000 habitants en 2019 à 17 en 2025. La violence "est le pain quotidien", observe Mme Jiménez près de la colline où s'élèvent plusieurs quartiers informels à Alajuelita, dans la banlieue de San José, l'un des secteurs les plus violents du pays. Ces morts sont la conséquence des différends entre bandes rivales, dans un Costa Rica passé du rôle de simple corridor à celui de centre logistique du narcotrafic sous l'influence des cartels colombiens et mexicains, souligne le directeur de l'Organisme d'enquête judiciaire (OIJ), Michael Soto, interrogé par l'AFP. Des groupes criminels locaux stockent la cocaïne puis la dissimulent dans des conteneurs pour la faire sortir du pays, bordé par le Pacifique et les Caraïbes. L'effusion de sang touche les plus modestes dans ce pays de 5,2 millions d'habitants, l'un des plus inégalitaires d'Amérique latine. Les "cercles de pauvreté" dans les villes du Costa Rica ont "favorisé l'enracinement du crime organisé", affirme M. Soto. Le chef de l'OIJ se souvient avoir été "frappé" par un enfant de 13 ans, qui après une opération dans la province de Limon, lui avait dit vouloir devenir "narcotrafiquant" parce que les vendeurs de son quartier s'en sortaient "très bien". Peur généralisée Pour M. Soto, la solution passe par une amélioration des conditions de vie des populations les plus précaires. Un thème peu présent dans la campagne électorale. La candidate conservatrice Laura Fernandez prévoit plutôt une méga-prison inspirée de celle pour membres de gangs de Bukele, ainsi que des états d'exception dans les zones les plus violentes. Ses adversaires proposent de renforcer la surveillance policière et maritime, et d'enrayer les coupes budgétaires en matière de sécurité opérées par le mentor de Mme Fernandez, le président sortant Rodrigo Chaves. En attendant, à Alajuelita, les habitants vivent dans l'angoisse de recevoir une balle perdue, comme ce fut le cas pour un enfant tué chez lui en 2024. "Il m'est arrivé de célébrer des funérailles avec appréhension parce que le garçon (enterré) fréquentait peut-être ces bandes" et qu'une "fusillade" pouvait éclater, confie à l'AFP Gabriel Corrales, un prêtre local. Habituée à surmonter sa peur, Mauren Jiménez a dû recevoir une aide psychologique après une vague de crimes, dont celui d'un jeune criblé de plusieurs dizaines de balles. "Imaginez l'état de ce corps", glisse-t-elle, encore marquée. Contre la volonté de sa famille, la quinquagénaire compte poursuivre ce qu'elle considère être une vocation. Sa détermination reste intacte. Elle "n'arrive pas à concevoir" que le président Chaves ait minimisé la violence en relayant des propos selon lesquels "ce sont eux (les délinquants) qui s'entretuent". "Tout le monde mérite une chance dans la vie", plaide-t-elle.

29.01.2026 à 07:39

A Hong Kong, l'argent séduit les épargnants face à l'or jugé "trop cher"

FRANCE24
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Dans le quartier d'affaires de Central, des murmures de déception se font entendre dans la file d'attente devant le courtier Lee Cheong: malgré une augmentation de son approvisionnement pour répondre à la forte demande, le marchand de métaux précieux a vu ses centaines de lingots s'envoler en un peu plus d'une heure. Ken Wong, un retraité de 65 ans, a commencé à faire la queue devant la boutique vers 05H00. Il a réussi à se procurer cinq lingots gris. L'achat d'argent lui offre la possibilité d'investir rapidement dans une valeur refuge, alors que l'or est devenu "trop cher", confie-t-il à l'AFP. L'or s'est hissé pour la première fois jeudi au-delà de 5.500 dollars l'once. L'argent a plus que doublé en moins de quatre mois et évoluait autour de 117,70 dollars l'once le même jour. Les métaux précieux bénéficient d'un nouvel accès de tensions géopolitiques avec l'arrivée de nouveaux navires de guerre américains au Moyen-Orient et des propos du président Donald Trump quant à la possibilité d'une intervention en Iran. Plus loin dans la file du négociant, Meran Jawad, résident de Hong Kong d'origine pakistanaise, explique attendre depuis 06H00 du matin. "Si vous avez de l'argent ou de l'or, c'est bon pour votre patrimoine", affirme ce livreur de 38 ans, ajoutant que l'impact géopolitique des décisions de Donald Trump affecte "la situation de tout le monde". "Tout est cher", poursuit-il, ajoutant que les salaires stagnent dans cette région administrative spéciale de la Chine, rétrocédée par le Royaume-Uni en 1997, alors que le coût de la vie continue de grimper. "Une véritable garantie" Chen, un entrepreneur en joaillerie de 40 ans basé à Shenzhen, ville chinoise frontalière de la région de Hong Kong, affirme à l'AFP que ses ventes de produits en argent ont été dix fois plus élevées en janvier qu'en novembre. Sa société, qui emploie près de 20 personnes, a réduit ses stocks de bijoux en or, les commandes s'orientant de plus en plus vers l'argent, principalement à destination de grossistes. "Tout cela dépend des réactions du marché (...) ces évolutions sont inextricablement liées aux marchés européens et américains, et à Trump", indique l'homme d'affaires. Les tensions géopolitiques et la hausse de l'inflation ont entraîné une forte augmentation des investissements dans les métaux précieux, selon Samuel Tse, économiste à la DBS Bank. "Les banques centrales diversifient désormais leur portefeuille en faveur de l'or" et "les investisseurs particuliers aussi bien qu'institutionnels (...) allouent davantage d'actifs aux métaux précieux", a-t-il développé auprès de l'AFP. Devant un autre marchand d'or, des dizaines de personnes attendent pour vendre leurs précieux bijoux. Vivian Lam, une employée du secteur financier âgée d'une quarantaine d'années, qualifie l'or de "ressource rare" et concède qu'elle ne s'attendait pas à une telle flambée des cours. Non loin, Michael Ko, 55 ans, fixe les fluctuations des cours sur son téléphone, impatient d'échanger l'or qu'il a acheté il y a plusieurs années et conservé depuis dans un coffre-fort chez lui. "C'est une véritable garantie", selon lui, en cas de crise politique ou économique. Le jeune retraité du secteur de l'investissement veut néanmoins prendre ses bénéfices pour financer d'autres projets.

29.01.2026 à 07:16

Souveraineté numérique (1/3) : face à la menace Donald Trump, le réveil des pays européens ?

Sébastian SEIBT
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Après un laissez-faire de plusieurs décennies, les expérimentations se multiplient pour rendre les États européens moins dépendants des technologies américaines. Alors que Donald Trump menace de couper les vivres numériques à l'Europe, à quel point le recours à des outils fabriqués et gérés aux États-Unis est-il dangereux ?
Texte intégral (560 mots)
Après un laissez-faire de plusieurs décennies, les expérimentations se multiplient pour rendre les États européens moins dépendants des technologies américaines. Alors que Donald Trump menace de couper les vivres numériques à l'Europe, à quel point le recours à des outils fabriqués et gérés aux États-Unis est-il dangereux ?
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