La patineuse de 30 ans, éloignée de la compétition, a écrit un livre à paraître le 15 janvier ("Pour ne pas disparaître", aux éditions Robert Laffont) dans lequel elle raconte par le menu sa vie et sa carrière.
Cizeron, qui vise à 31 ans une deuxième médaille d'or aux JO de Milan Cortina (6-22 février) avec une nouvelle partenaire, la Franco-Canadienne Laurence Fournier Beaudry, n'a pas attendu la sortie du livre pour donner sa version des faits, dans un entretien au journal L'Equipe jeudi.
Des premiers pas avec Cizeron quand ils ont une dizaine d'années à Clermont-Ferrand - "En dehors de la glace, on est inséparables" -, en passant par les hauts et les bas de leur relation, la jeune femme ne cache rien.
Sa relation compliquée avec sa mère, qui fut leur première coach au caractère bien trempé, son mal-être à l'adolescence, les agressions sexuelles subies de la part de deux hommes, sa commotion cérébrale, un avortement, la dépression...
A ces plaies s'ajoute une relation avec son partenaire de glace qui a fini par se dégrader au fil des ans, en dépit de leurs nombreux succès dont cinq titres de champions de monde entre 2015 et 2022.
"Froideur"
"En public, nous avons l'air d'être meilleurs amis: on fait des blagues, on rit aux larmes. Cependant, s'il reste une forme de complicité entre nous, elle s'efface dès qu'il n'y a plus personne pour la regarder. En privé, (Cizeron) n'est plus le même; il se montre souvent contrôlant, exigeant, critique", raconte la jeune femme.
Papadakis relate "les disputes, la peur permanente, les soucis de santé, le sentiment d'une certaine forme d'emprise".
"L'idée de me retrouver seule avec lui me terrorise", écrit-elle. "Son attitude me désarçonne. Parfois, il m'ignore; parfois, il joue les meilleurs amis, comme si de rien n'était (...) Sa froideur me glace le sang."
Pour Cizeron, Papadakis "a toujours eu une certaine force, mais aussi de grandes fragilités", explique-t-il à L'Equipe, ajoutant que "les fondations se sont lézardées quand Gabriella a commencé à aller plus mal".
"Je me suis occupé de toute la logistique. J'ai dû m'adapter, être fort pour deux. Mais je sentais, malgré mes efforts, que notre relation s'effritait", note-t-il encore.
La patineuse, de son côté, lui reproche une "colère palpable", "une sorte de tension constante" et redoute "l'explosion".
Thérapie de couple
"Quelques semaines avant de partir pour la Chine, où ont lieu les JO-2022, Guillaume se montre de plus en plus exigeant à l'entraînement. Il hausse le ton rapidement, s'agace face à la moindre erreur, est impatient, sec. Il me surveille chaque matin pour vérifier que je m'échauffe correctement, et je dois me cacher pour qu'il me laisse tranquille. Son comportement me stresse considérablement; une ou deux attaques de panique m'empêchent presque de monter sur la glace."
"C'est vrai que je prenais beaucoup de place, plus qu'un patineur masculin normal. (...) Peut-être que ça a été difficile à accepter pour elle", convient Cizeron.
Les deux athlètes - "pas amis, pas amants, pas frère et soeur", souligne Cizeron - ont un temps essayé de reprendre le fil par le biais d'une thérapie de couple. Un "échec total" selon lui.
"J'ai réalisé au fur et à mesure des séances à quel point elle dérivait. Elle en voulait au monde entier, au milieu du patinage, à nos entraîneurs, à moi", se rappelle le patineur. "Derrière ça s'est envenimé, elle ne voulait plus me parler directement."
"A l'évidence on n'était plus sur la même longueur d'ondes. Ce qui n'enlève rien à l'affection que j'ai pour elle, à l'inquiétude que j'ai pour elle. On a été champions olympiques ensemble, personne ne lui enlèvera ça, personne ne nous l'enlèvera", souligne-t-il .
"J'ai fait une croix sur notre relation depuis un moment déjà et n'en attends plus rien", conclut de son côté Papadakis.
Texte intégral (667 mots)
La patineuse de 30 ans, éloignée de la compétition, a écrit un livre à paraître le 15 janvier ("Pour ne pas disparaître", aux éditions Robert Laffont) dans lequel elle raconte par le menu sa vie et sa carrière.
Cizeron, qui vise à 31 ans une deuxième médaille d'or aux JO de Milan Cortina (6-22 février) avec une nouvelle partenaire, la Franco-Canadienne Laurence Fournier Beaudry, n'a pas attendu la sortie du livre pour donner sa version des faits, dans un entretien au journal L'Equipe jeudi.
Des premiers pas avec Cizeron quand ils ont une dizaine d'années à Clermont-Ferrand - "En dehors de la glace, on est inséparables" -, en passant par les hauts et les bas de leur relation, la jeune femme ne cache rien.
Sa relation compliquée avec sa mère, qui fut leur première coach au caractère bien trempé, son mal-être à l'adolescence, les agressions sexuelles subies de la part de deux hommes, sa commotion cérébrale, un avortement, la dépression...
A ces plaies s'ajoute une relation avec son partenaire de glace qui a fini par se dégrader au fil des ans, en dépit de leurs nombreux succès dont cinq titres de champions de monde entre 2015 et 2022.
"Froideur"
"En public, nous avons l'air d'être meilleurs amis: on fait des blagues, on rit aux larmes. Cependant, s'il reste une forme de complicité entre nous, elle s'efface dès qu'il n'y a plus personne pour la regarder. En privé, (Cizeron) n'est plus le même; il se montre souvent contrôlant, exigeant, critique", raconte la jeune femme.
Papadakis relate "les disputes, la peur permanente, les soucis de santé, le sentiment d'une certaine forme d'emprise".
"L'idée de me retrouver seule avec lui me terrorise", écrit-elle. "Son attitude me désarçonne. Parfois, il m'ignore; parfois, il joue les meilleurs amis, comme si de rien n'était (...) Sa froideur me glace le sang."
Pour Cizeron, Papadakis "a toujours eu une certaine force, mais aussi de grandes fragilités", explique-t-il à L'Equipe, ajoutant que "les fondations se sont lézardées quand Gabriella a commencé à aller plus mal".
"Je me suis occupé de toute la logistique. J'ai dû m'adapter, être fort pour deux. Mais je sentais, malgré mes efforts, que notre relation s'effritait", note-t-il encore.
La patineuse, de son côté, lui reproche une "colère palpable", "une sorte de tension constante" et redoute "l'explosion".
Thérapie de couple
"Quelques semaines avant de partir pour la Chine, où ont lieu les JO-2022, Guillaume se montre de plus en plus exigeant à l'entraînement. Il hausse le ton rapidement, s'agace face à la moindre erreur, est impatient, sec. Il me surveille chaque matin pour vérifier que je m'échauffe correctement, et je dois me cacher pour qu'il me laisse tranquille. Son comportement me stresse considérablement; une ou deux attaques de panique m'empêchent presque de monter sur la glace."
"C'est vrai que je prenais beaucoup de place, plus qu'un patineur masculin normal. (...) Peut-être que ça a été difficile à accepter pour elle", convient Cizeron.
Les deux athlètes - "pas amis, pas amants, pas frère et soeur", souligne Cizeron - ont un temps essayé de reprendre le fil par le biais d'une thérapie de couple. Un "échec total" selon lui.
"J'ai réalisé au fur et à mesure des séances à quel point elle dérivait. Elle en voulait au monde entier, au milieu du patinage, à nos entraîneurs, à moi", se rappelle le patineur. "Derrière ça s'est envenimé, elle ne voulait plus me parler directement."
"A l'évidence on n'était plus sur la même longueur d'ondes. Ce qui n'enlève rien à l'affection que j'ai pour elle, à l'inquiétude que j'ai pour elle. On a été champions olympiques ensemble, personne ne lui enlèvera ça, personne ne nous l'enlèvera", souligne-t-il .
"J'ai fait une croix sur notre relation depuis un moment déjà et n'en attends plus rien", conclut de son côté Papadakis.