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21.08.2026 à 05:01

FRANCE24
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A 77 ans, Dino revient chaque année d'Australie passer l'été dans son village sur l'île de Gökçeada au large des côtes turques, quittée à regret en 1964 à la suite des affrontements communautaires sur Chypre. Plusieurs centaines de membres de la communauté grecque - autrefois majoritaire -, poussés au départ, accourent ainsi d'Athènes, de Thessalonique ou du bout du monde pour célébrer la fête de la Vierge le 15 août. Comme Istanbul, l'île d'Imbros, son nom grec, et sa jumelle Tenedos (Bozcaada, en turc) ont été exemptées de l'échange de populations - chrétiens orthodoxes contre musulmans - ordonné par le Traité de Lausanne en 1923, entre la Grèce et la jeune république turque. Plus d'un million et demi de civils ont alors changé de pays, abandonnant tout derrière eux, des décennies de massacres comme de bon voisinage. A Imbros et Tenedos, seules îles turques en mer Egée, la cohabitation n'a jamais pesé. Mais "la politique", c'est autre chose, relève Kristo Vogiatzis, entrepreneur athénien de 59 ans. Prison ouverte En représailles aux affrontements entre Grecs et Turcs sur Chypre en 1964, Ankara ferme les écoles grecques et ouvre une prison à ciel ouvert sur les terres des villageois expropriés à Dereköy, le plus grand village de l'île: assez pour susciter l'effroi et convaincre les familles de plier bagages. "Les prisonniers venaient en cachette, demandaient de l'alcool, il y a eu des vols, des meurtres... Je ne veux pas trop m'en souvenir", avoue Yorgi Baki, berger sexagénaire dont un cousin a été tué. "Dès lors que vous envoyez le signal que c'est OK de s'en prendre aux Grecs, il s'en trouvera toujours pour les attaquer", reprend Kristo. "+C'est la politique+, disait mon père." "C'était triste, très triste", confirme Dino Haimandos. Parti à 13 ans pour Istanbul, puis Sydney cinq ans plus tard, il garde le lien avec l'île: "J'y suis né, je m'y sens toujours chez moi. J'aime les rues, les gens. J'étais à l'école avec eux. On s'aimait bien." Puis les départs se sont accélérés après 1974 et l'invasion de Chypre par la Turquie, à la suite d'un coup d'État militaire soutenu par Athènes. Le 15 août reste pour tous le rendez-vous de l'année. "Kalimera, Maria!" Salutations et prénoms grecs s'envolent au son des cloches et dans le vent furieux qui fouette la place. Originaire de l'île, le patriarche orthodoxe Bartholomée Ier, 86 ans, revient régulièrement d'Istanbul pour présider aux trois heures de liturgie. Blues grec Dernier chanteur insulaire du choeur, Stelyo Berber, 52 ans, s'évertue à ranimer l'esprit grec et la communauté, mais doute parfois d'y parvenir. Chaque soir, sa voix s'enroule sur les notes de guitare et de bouzouki entre les murs de pierre de sa taverne, dans le village du patriarche, Zeytinliköy. Stelyo et son épouse turque, Pelin, y chantent les airs célèbres de rebetiko, ce blues grec de l'exil, du pays perdu et des amantes enfuies. Passant du grec au turc pour ravir les clients, Stelyo, grandi à Istanbul et à Athènes, est venu vivre au village il y a cinq ans: "Pour la première fois de notre histoire, toute la famille est réunie ici, mes parents, ma soeur et nos enfants." Avec l'ouverture de l'école grecque en 2013, encouragée par l'Union européenne, "environ 600 Grecs sont revenus vivre à l'année. Contre moins de 70 en 2005", rapporte-t-il. Une victoire encore ténue sur une population de 7.000 résidents permanents - et plus de 30.000 en été. "La vie n'est pas facile ici", avoue-t-il. Malgré ses efforts, le temps joue contre lui: "Notre culture s'éteint." Village maudit Les enfants de Kristo Vogiatzis l'ont prévenu: "Ce n'est pas notre histoire, nous on est grecs. Ne garde pas la maison pour nous." Dejà, des amis stambouliotes lui demandent si et quand il compte vendre. "Les prix explosent, tout le monde veut sa maison en pierre." Seul Dereköy, le village maudit, autrefois le plus riche de l'île, reste en ruines, livré aux chèvres de Yorgi. L'histoire se répète sur l'île jumelle de Bozcaada/Tenedos, où ne survivent qu'une quinzaine de Grecs, tous âgés: à trois heures d'Istanbul et accessible en 30 minutes de ferry, elle est encore plus courue et convoitée par les touristes du continent. Arrivé d'Istanbul dans les années 1980, Hakan Guruney a appris le grec et s'est voué à la mémoire de Tenedos: il y entretient un petit musée privé, rassemblant les souvenirs du quotidien, emballages de friandises, dentelles, missels et cartes postales de soldats français stationnés sur l'île, lors de la bataille des Dardanelles en 1915. "On a chassé les Grecs et maintenant on passe leurs chansons dans les restaurants", soupire-t-il, quand monte des terrasses de la rue la voix de Melina Mercouri.

21.08.2026 à 05:01

FRANCE24
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"Je ne peux pas respirer", explique cet homme à la carrure imposante et s'exprimant avec difficulté. John, qui a souhaité être désigné par ce pseudonyme car il est engagé dans une procédure judiciaire contre son ancien employeur, souffre de la pneumoconiose des mineurs de charbon - ou "maladie du poumon noir". Une affection potentiellement mortelle, caractérisée par un essoufflement et une incapacité respiratoire qui s'aggravent progressivement. Dans les Appalaches, l'une des grandes régions minières américaines avec quelque 30.000 mineurs de charbon, John est loin d'être le seul. Une étude de l'Institut américain pour la sécurité et la santé au travail (NIOSH), publiée en août, montre que dans cette région la maladie touche un mineur sur trois ayant au moins 25 ans d'ancienneté. "La situation n'a jamais été aussi grave depuis les années 1970, c'est assez alarmant", constate Scott Laney, co-auteur de l'étude. L'épidémiologiste n'est pourtant "pas surpris". Les courbes de prévalence dans la région n'ont pas cessé de grimper depuis les années 2000, alors qu'elles avaient atteint des niveaux très bas sous l'effet de règles limitant l'exposition à la poussière de charbon. "La maladie de votre fils" Le responsable de cette résurgence? La silice, une matière jusqu'à 20 fois plus toxique que le charbon. Le charbon le plus facile à exploiter étant largement épuisé, les mineurs doivent désormais tailler davantage de roche, ce qui libère de fines particules de silice. Cette exposition accrue explique qu'ils tombent malades plus rapidement et plus gravement qu'autrefois, selon Scott Laney. Dans la clinique spécialisée dirigée par Lisa Emery, à Oak Hill, le plus jeune patient avait seulement 30 ans lorsqu'on lui a diagnostiqué une fibrose massive progressive, la forme la plus grave du "poumon noir". "Ce n'est plus la maladie du grand-père. C'est celle de votre mari. C'est celle de votre fils", assure-t-elle. Cette brune énergique explique que certains de ses patients quadragénaires doivent désormais subir une double greffe pulmonaire. La seule solution dans les cas les plus graves. "On peut traiter les symptômes mais il n'y a pas de remède", dit-elle. Face à cette situation, l'agence américaine chargée de la sécurité dans les mines (MSHA) a adopté en 2024 une règle abaissant le plafond d'exposition à la silice à un niveau jugé plus sûr par les scientifiques. Mais des organisations minières l'ont contestée en justice, lui reprochant d'imposer des méthodes de conformité trop rigides. Jamais appliquée, la règle a été suspendue par une cour d'appel fédérale et reportée "indéfiniment" par la MSHA. "100% évitable" Interrogée par l'AFP, la National Mining Association, principale organisation de défense des intérêts des entreprises minières aux Etats-Unis, dit soutenir "sans réserve" la nouvelle limite d'exposition. "Notre divergence avec la règle de la MSHA porte sur la manière" prévue pour respecter ce plafond, déclare Ashley Burke, une porte-parole. Elle assure que les nouveaux cas de "poumon noir" ne reflètent pas les conditions actuelles dans les mines en raison du délai d'apparition des symptômes, et que ces conditions se sont "nettement" améliorées ces dernières années. Une étude de l'Appalachian Citizens' Law Center (ACLC), ONG qui défend les mineurs, montre pourtant que, parmi les mines testées par la MSHA en 2025, une sur cinq présentait des niveaux dangereux de poussière de silice. Dans une dizaine d'entre elles, ce niveau était même plus de deux fois supérieur au plafond proposé par la nouvelle règle. "Les entreprises savent aussi très bien comment tromper les inspecteurs", alerte Gary Hairston, président d'une association nationale de défense des mineurs malades. "Elles se fichent des mineurs. Pour eux, on n'est qu'un nombre", lance cet ancien mineur de charbon, lui-même atteint de "poumon noir". "Tout ce qui les intéresse, c'est le charbon qu'elles produisent." Pour Debbie Wills, qui a consacré près de quatre décennies à accompagner des mineurs malades, la situation est d'autant plus regrettable que la pneumoconiose est "100% évitable". "Personne n'est obligé d'en souffrir", ajoute-t-elle. "Mais si vous n'appliquez pas les mesures de prévention, les mineurs finiront par l'avoir."

21.08.2026 à 04:59

FRANCE24
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Après une soirée de lancement présentant les principales sorties à venir - avec en point d'orgue le dernier opus de la saga Final Fantasy - le grand rassemblement du jeu vidéo, fréquenté l'an dernier par près de 360.000 visiteurs, ouvrira ses portes mercredi aux professionnels puis jeudi au public, jusqu'à dimanche. "GTA VI", grand absent très présent S'il ne sera pas présenté à la Gamescom, le nouvel opus de la série à succès Grand Theft Auto, en piste pour devenir le 19 novembre le plus gros lancement de l'histoire de l'industrie, donne des cauchemars aux autres éditeurs. Pour éviter de se retrouver en concurrence avec le blockbuster de Rockstar Games, qui connaît des chiffres de précommandes "jamais vus dans l'industrie", selon le PDG de son éditeur Take-Two, de nombreux studios ont concentré leurs sorties en septembre-octobre. Résultat: un embouteillage de plusieurs dizaines de titres majeurs commercialisés d'ici quelques semaines. Face à cette concurrence accrue, "certains jeux ne se vendront pas aussi bien" que prévus cette année, prévient Rhys Elliott, expert au cabinet spécialisé Alinea Analytics. Fin de partie pour le CD C'est sans nul doute le sujet qui sera le plus discuté dans les allées du Koelnmesse, où chaque studio dispose d'un stand pour permettre de tester les dernières nouveautés: l'arrêt par Sony de la production de jeux sur support disque à partir de 2028. Le géant japonais, qui a démocratisé le format disque sur console avec sa première PlayStation dans les années 1990, compte basculer vers le tout-numérique, les achats dématérialisés pesant près de 82 % des ventes de jeux sur PS4 et PS5 au début de 2026. Une décision qui soulève des inquiétudes chez une partie des joueurs, qui redoutent la fin du marché de l'occasion et la disparition d'un pan du patrimoine vidéoludique. Microsoft cherche un cap Si Sony fait à nouveau l'impasse sur la Gamescom, son rival Microsoft - qui fête cette année les 25 ans de sa première Xbox - y présentera plus de 25 jeux, dont "Call of Duty: Modern Warfare 4" et "Gears of War: E-Day". Ce dernier sera finalement exclusif à ses consoles, a annoncé en juin le géant américain, qui s'efforçait depuis deux ans de porter ses principaux titres sur d'autres plateformes afin de rentabiliser des coûts de développement de plus en plus élevés. Selon Rhys Elliott, ce "changement à 180 degrés" de la stratégie de Xbox, impulsé par sa nouvelle direction, s'inscrit dans une volonté de "regagner la confiance" des fidèles de la marque. Mais Xbox, qui a multiplié les acquisitions ces dernières années, a vu son chiffre d'affaires baisser de 7% en 2025. Microsoft a annoncé début juillet la suppression immédiate de 1.600 postes dans sa division jeux vidéo, et 1.600 postes supplémentaires d'ici fin juin 2027. Une industrie à la peine Confrontés à une baisse des investissements, après une période faste liée aux périodes de confinement, de nombreux studios sont aussi passés par des vagues de licenciements: plus de 1.000 salariés chez l'éditeur américain de "Fortnite" Epic Games en mars, près de 300 postes au studio américain Bungie ("Marathon") de Sony en juin... Depuis janvier, près de 10.000 personnes ont perdu leur emploi dans l'industrie, selon le site ASGC Games Industry Layoffs Tracker, qui estime que ce chiffre pourrait avoisiner les 15.000 sur l'année, soit proche du record de 2024. Si le marché mondial du jeu vidéo est toujours en croissance, avoisinant pour la première fois les 200 milliards de dollars en 2025, une poignée de jeux à succès comme "Roblox" et "Fortnite" captent une grande partie du temps des joueurs. En France, de nombreux studios historiques connaissent également des difficultés, comme le géant Ubisoft, en pleine restructuration, ou le groupe Nacon, placé en redressement judiciaire en mars.

21.08.2026 à 04:57

FRANCE24
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Quatre ans après "Les Exportés", un best-seller sur l'histoire de sa famille d'origine roumaine, la journaliste et animatrice sur France Inter et Arte publie son deuxième récit, "Le fabuleux piano" (Robert Laffont), qui sort en pleine rentrée littéraire. "Ce livre part d'une quête qui a échoué", explique Sonia Devillers à l'AFP. En regrettant de n'avoir pas réussi à retrouver le piano qu'avait abandonné sa grand-mère Gabriela en fuyant la Roumanie communiste en 1961. "Ce faisant, j'ai découvert qu'il y avait des milliers de personnes qui cherchent des pianos en Europe. Dont la plupart ont disparu pendant la guerre, volés par les nazis à des familles juives pendant l'Occupation", précise la journaliste. L'un de ces "pianos fantômes" suscite sa curiosité. Il a été fabriqué par une prestigieuse manufacture, Erard, en bois de palissandre. Malgré le fait qu'il porte un numéro de série, cet instrument volé en 1943 n'a jamais pu être localisé par ses anciens propriétaires, les Enoch, une famille parisienne d'éditeurs de musique en bonne partie décimée pendant la guerre. "J'ai eu envie de savoir ce qui était arrivé à ces gens et à leur fabuleux piano", relate Sonia Devillers. "Ils m'ont tout de suite fait confiance et m'ont confié leurs archives, dont le journal intime de Jacques Enoch, l'un des rares survivants". Avis de recherche Durant son enquête, l'autrice découvre l'ampleur du pillage organisé des pianos par les nazis, dont certains dignitaires estimaient que la musique devait être "au cœur de leur projet politique" et "un instrument de propagande". Comme l'Allemagne manque d'instruments de musique, des convois ferroviaires sont organisés pour y acheminer des centaines de pianos. Plus de 2.000 auraient ainsi été spoliés à Paris, selon les estimations données par l'historienne Caroline Piketty dans son livre "Harmonies volées", publié en 2025. Sonia Devillers raconte comment, après la guerre, Jacques Enoch va multiplier les démarches pour tenter de retrouver le piano familial, écrivant "des dizaines de courriers au service des restitutions des instruments". En vain. "J'ai trouvé très beau que, jusqu'au bout de sa vie, cet homme continuera de chercher ce piano en souvenir du passé, pour le transmettre et parce qu'il sait qu'on ne lui rendra jamais ses parents et son frère", morts en déportation. Le livre se termine par un avis de recherche. Car même si l'enquête n'a pas abouti, "mon secret espoir, c'est que le piano soit retrouvé grâce au livre", espère Sonia Devillers. "Il peut être en France dans une famille qui ne connait pas l'histoire de ce piano. Comme en Allemagne, où il a peut-être été pulvérisé sous les bombes, ou bien parti en Europe de l'Est ou dans l'ex-Union soviétique si l'armée rouge a mis la main dessus à la fin de la guerre", indique-t-elle. Avec l'espoir qu'il connaisse le sort d'un violon spolié qui sera restitué à son propriétaire le 7 octobre lors d'une cérémonie organisée à Paris par l'association "Musique et Spoliations".

21.08.2026 à 03:53

FRANCE 24
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Après près de six mois de guerre et faute de percée diplomatique, l'administration Trump veut mobiliser ses alliés et la Chine dans une campagne de pression économique maximale contre Téhéran, quitte à menacer de lourdes conséquences les pays qui continueraient à commercer avec l'Iran.
Texte intégral (512 mots)
Après près de six mois de guerre et faute de percée diplomatique, l'administration Trump veut mobiliser ses alliés et la Chine dans une campagne de pression économique maximale contre Téhéran, quitte à menacer de lourdes conséquences les pays qui continueraient à commercer avec l'Iran.
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