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17.04.2026 à 08:29

De la coke cachée à la production de MDMA, les laboratoires clandestins gagnent l'Europe

FRANCE24
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Des tissus blancs pour filtrer la drogue et des "chimistes" présumés aiguilleront les enquêteurs vers un projet de laboratoire clandestin en Espagne destiné à traiter la drogue dissimulée avant de l'écouler, un phénomène "inquiétant" et "plus sophistiqué", selon Europol. Ce dossier transnational renvoyé aux assises en France illustre le rôle croissant joué par l'Europe, zone géante de transit de cargos, non seulement dans la transformation de cocaïne mais aussi dans la production de drogues de synthèse. "Il y a une dizaine d'années, on ne voyait pas tellement de laboratoires sur le sol européen", note auprès de l'AFP Jean-Philippe Lecouffe, directeur exécutif adjoint des opérations d'Europol. Il y a "un vrai changement de paradigme". En janvier, l'agence européenne de coopération policière débusque 24 laboratoires illégaux, 1.000 tonnes de précurseurs et des centaines de cuves et bidons empilés sur plusieurs mètres de haut. L'énorme coup de filet confirme la tendance. Rôtisserie Entre 2019 et 2023, les autorités européennes signalent le démantèlement de 4.375 laboratoires clandestins, selon l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC). Près d'un tiers produisaient de la méthamphétamine, 19% de l'amphétamine, 4% de la cocaïne. Les sites vont des "kitchen-labs", unités de production, transformation ou conditionnement de quelques mètres carrés, à des installations "hautement professionnelles", dotées de réacteurs industriels, comme en Belgique, Allemagne et aux Pays-Bas, relève l'ONUDC. Parfois, ils sont près d'une gare ou en ville comme cette fabrique de méthamphétamine démantelée en 2024 dans l'arrière-boutique de la cuisine d'une rôtisserie madrilène. Un trou dissimulé derrière des chaises empilées permettait l'accès. La cuisson des mets camouflait les fortes odeurs dégagées par les réactions chimiques. D'autres, plus spacieux, sont cachés dans des entrepôts sans fenêtre ou en rase campagne comme cette vieille bâtisse nichée entre bois et champs dans le hameau de Chigné (Maine-et-Loire), retrouvée en partie incendiée en 2025. Ces sites permettent plus de stockage et de capacités de distillation, cristallisation, filtration. Si le matériel utilisé (réacteurs métalliques, ballons de verre) est souvent standard, "les opérations sont plus sophistiquées dans le sens où une partie de l'équipe s'occupe de la livraison des précurseurs au laboratoire, une autre de la synthèse, une autre encore de l'élimination des déchets, une autre du traitement et du conditionnement, etc.", explique Rita Jorge de l'Agence de l'Union européenne sur les drogues (EUDA). "Cette sophistication s'observe donc à tous les niveaux, depuis les produits chimiques eux-mêmes jusqu'à leur fabrication, en passant par leur élimination et leur dissimulation." C'est le cas pour la cocaïne, dont le processus de fabrication consiste à extraire la molécule des feuilles de coca cultivée dans les Andes pour obtenir soit de la "cocaïne base", soit du sel de cocaïne (la même molécule mais combinée à un acide, aussi appelé chlorhydrate de cocaïne). C'est sous cette seconde forme qu'elle est massivement importée. La nouveauté est que la cocaïne base et la pâte de coca sont aussi importées. La cocaïne n'est plus seulement physiquement cachée, elle est aussi chimiquement dissimulée ou modifiée, mélangée à de la lessive liquide, imprégnée dans des tissus, dissoute dans des fruits, devenant indétectable pour les capteurs classiques (scanners, chiens, etc.), évitant de fait de corrompre du personnel portuaire. "La cocaïne base a un aspect et une odeur différente du chlorhydrate de cocaïne", résume Mme Jorge. Même moins raffinée, les groupes criminels peuvent la préférer aux pains de cocaïne. "La cocaïne pâte et la cocaïne base ont tendance à être moins chères que le produit fini", d'où un "risque moindre" de perte de chiffres d'affaires en cas de saisie. "Signature" Des groupes criminels ont acquis des productions complètes de bananes en Equateur, ainsi que des compagnies qui en Europe les achètent, afin de "dissimuler dans les cargaisons et dans les conteneurs de la drogue", prend en exemple le général Lecouffe. Certaines entreprises sont aussi "infiltrées" par le crime organisé, en "particulier dans des pays qui sont un peu plus fragiles". On peut y trouver une usine textile où une partie de l'équipe va "travailler la nuit à inclure de la cocaïne dans les vêtements". Cette dissimulation requiert une logistique de transformation, malgré tout profitable aux organisations criminelles au regard des bénéfices considérables tirés du produit fini vendu. Ces manipulations nécessitent "un certain niveau de compétence", selon le général Lecouffe, et sont plutôt assumées par des Sud-Américains dépêchés exprès. Derrière ces "cuisiniers" colombiens, "il y a peut-être des réseaux mexicains. On a aussi, évidemment, des groupes criminels européens, des Balkans, italiens". Ces "experts" peuvent "former des gens aussi sur le sol européen" qui vont appliquer des "recettes", comme autant de "signatures" des différents clans. Le Portugal compte un milier de membres de gangs brésiliens, l'Espagne la présence du puissant Tren de Agua vénézuélien, selon une source policière française. Pour la transformation est notamment utilisé le permanganate de potassium, couramment employé dans l'industrie comme agent blanchissant, désinfectant ou antibactérien. Ces produits chimiques dits précurseurs, qui regroupent une variété de molécules (solvants, acides, etc.) légales ou non, se retrouvent aussi dans la production de drogue de synthèse. Selon l'Observatoire français des drogues et des tendances addictives, les volumes moyens de saisie de précurseurs ont triplé en dix ans dans l'UE (178 tonnes en 2023, 62 tonnes par an en moyenne entre 2012 et 2022), leur essor s'expliquant par "leur rendement important, de petites quantités de précurseurs servant à produire des volumes importants de drogues". Dans ce contexte, les défis de régulation posés par les précurseurs sont énormes. C'est un travail "extrêmement difficile" et "compliqué", résume le général, qui évoque une coopération avec des pays producteurs, en particulier la Chine et l'Inde.

17.04.2026 à 08:07

La première bande-annonce d'"Avengers : Doomsday" dévoilée au CinemaCon de Las Vegas

FRANCE24
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La bande-annonce - diffusée à deux reprises devant un public enthousiaste au Colosseum du Caesars Palace - a offert un premier aperçu de Robert Downey Jr. dans la peau du Docteur Doom, un méchant issu des bandes dessinées Marvel. L'acteur de 61 ans fait ainsi son grand retour au sein de l'univers cinématographique Marvel depuis la mort d'Iron Man dans "Avengers: Endgame" en 2019. Les images laissaient également entrevoir un combat entre Gambit et Shang-Chi - interprétés respectivement par Channing Tatum et Simu Liu - ainsi que le retour de Patrick Stewart dans le rôle du Professeur Xavier des X-Men, lançant cet avertissement: "Quelque chose approche, quelque chose que nous ne pourrons peut-être pas empêcher." A la toute fin de la bande-annonce, Chris Evans reprend son rôle de Steve Rogers, alias Captain America, apparaissant devant un Thor (Chris Hemsworth) visiblement surpris, alors que le marteau Mjolnir du dieu nordique vole dans les mains de Rogers. Chris Evans et Robert Downey Jr. étaient tous deux présents sur scène au CinemaCon pour présenter la bande-annonce aux côtés des réalisateurs du film, les frères Joe et Anthony Russo. "J'avais dit que je ne reviendrais que s'il y avait une véritable raison", a lancé Chris Evans à la foule, et "dans +Doomsday+, il existe une raison bien réelle pour laquelle ces héros ont besoin de Steve Rogers." "Avengers: Doomsday" suit les événements narrés dans "Avengers: Endgame" et rassemble une pléiade de personnages Marvel, anciens comme nouveaux, y compris les X-Men, jusqu'alors exclus de l'univers cinématographique Marvel. Le film sortira d'abord aux Etats-Unis le 18 décembre, soit le même jour que "Dune: Troisième partie" du réalisateur canadien Denis Villeneuve. Les exploitants de salles espèrent que ces deux blockbusters donneront un coup de fouet au box-office, permettant de terminer l'année en beauté malgré la baisse des recettes.

17.04.2026 à 07:47

Affaire Mandelson/Epstein: Starmer de nouveau dans la tourmente

FRANCE24
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Sommé de s'expliquer et accusé d'avoir menti au Parlement, le dirigeant travailliste a décidé, selon les médias britanniques dans la nuit, de limoger le plus haut fonctionnaire à la tête des services diplomatiques, Olly Robbins, principal conseiller et chef des services diplomatiques du Foreign Office. Ce rebondissement intervient alors que Keir Starmer est fragilisé depuis plusieurs mois en raison de sa décision de nommer Peter Mandelson ambassadeur à Washington avant de le limoger en septembre dernier, accusant cette figure du Labour d'avoir "menti de manière répétée" à Downing Street sur l'étendue de ses liens avec le défunt criminel sexuel. Relançant l'affaire, le journal The Guardian a révélé jeudi que le ministère des Affaires étrangères avait accordé une habilitation de sécurité à Peter Mandelson pour ce poste en janvier 2025 malgré un avis défavorable du service chargé de contrôler ses antécédents. Des responsables du Foreign Office ont décidé d'aller "contre la recommandation" de ce service, a confirmé jeudi un porte-parole de Keir Starmer, qui a affirmé que ni le Premier ministre, ni aucun membre de son gouvernement "n'étaient au courant" de ces éléments "avant le début de la semaine". Le cheffe de l'opposition conservatrice, Kemi Badenoch, a estimé sur X que "Starmer a trahi la sécurité nationale" et doit donc "démissionner". Le leader des libéraux-démocrates, Ed Davey, a lui affirmé que "si Keir Starmer a induit le Parlement en erreur et menti au peuple britannique, il doit partir". "Bouc émissaire" Tenir sciemment des propos trompeurs devant les députés est considéré comme très grave dans la démocratie parlementaire britannique. Or, le chef du gouvernement a toujours martelé ne pas connaître l'étendue de la proximité entre l'ancien ministre et le financier américain mort en prison en 2019. Richard Tice, député du parti anti-immigration Reform UK, a de son côté jugé "inconcevable" que le Premier ministre ne pose pas de question sur le processus de contrôle conduisant à une telle nomination. L'ancien chef de la diplomatie conservateur James Cleverly a accusé le gouvernement de faire du haut fonctionnaire limogé un "bouc émissaire", jugeant impossible qu'il ait pu aller à l'encontre d'un avis défavorable sans informer son ministre. En poste au Foreign Office au moment de la nomination, David Lammy, désormais ministre de la Justice et vice-Premier ministre, ne s'est pas exprimé publiquement. Cette nouvelle crise intervient alors que Keir Starmer doit se rendre vendredi à Paris pour une réunion sur la circulation dans le détroit d'Ormuz, bloqué depuis le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient. Elle tombe mal pour le dirigeant travailliste, très impopulaire près de deux ans après son arrivée au pouvoir, et qui s'apprête à affronter début mai des élections locales qui s'annoncent difficiles. L'affaire Mandelson avait été éclipsée ces dernières semaines par la guerre au Moyen-Orient, après avoir déjà poussé en février Keir Starmer à présenter ses excuses, notamment aux victimes de Jeffrey Epstein, et exprimer ses regrets d'avoir nommé Peter Mandelson. Son chef de cabinet comme son directeur de la communication avaient alors démissionné. Son porte-parole a réaffirmé jeudi la détermination du gouvernement à publier les documents relatifs à la nomination de Peter Mandelson au poste le plus prestigieux du réseau diplomatique britannique, dont une première partie a été rendue publique en mars. Ils ont permis d'apprendre que M. Starmer avait été averti du "risque réputationnel" posé par les liens de Peter Mandelson avec Jeffrey Epstein avant de le nommer. La police britannique a ouvert une enquête et perquisitionné deux résidences de l'ex-ambassadeur en février, après la publication de nouveaux documents tirés des dossiers Epstein, publiés fin janvier par le ministère américain de la Justice. Ces derniers suggèrent que Peter Mandelson aurait transmis au financier des informations susceptibles d'influer sur les marchés, notamment lorsqu'il était ministre dans le gouvernement de Gordon Brown, de 2008 à 2010.

17.04.2026 à 07:33

Emmanuel Macron et Keir Starmer en "mission" sur la sécurisation du détroit d'Ormuz

FRANCE 24
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La ⁠France et la Grande-Bretagne ​organisent, vendredi, à Paris, une réunion à laquelle participeront quelque dizaines de pays et ​portant sur la question d'une sécurisation du détroit d'Ormuz une fois que les conditions le permettront.
Texte intégral (684 mots)
La ⁠France et la Grande-Bretagne ​organisent, vendredi, à Paris, une réunion à laquelle participeront quelque dizaines de pays et ​portant sur la question d'une sécurisation du détroit d'Ormuz une fois que les conditions le permettront.

17.04.2026 à 07:25

En Afghanistan, la scolarité de milliers d'élèves brisée par la guerre avec le Pakistan

FRANCE24
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Niché sur un versant de l'Hindou Kouch, dans la province de Kunar, Barikot, 8.000 habitants en temps normal, est resté inaccessible plusieurs semaines en raison des risques de bombardements pakistanais. Avec la récente réouverture de la route, une équipe de l'AFP a pu se rendre dans cette localité frontalière désertée par ses résidents. Les commerces de la rue principale ont leur rideau de fer baissé, certains ne sont plus qu'un tas de gravats. Dans le complexe qui regroupe école primaire, collège et lycée, règne un silence inhabituel. La poussière recouvre cahiers, livres et plannings accrochés au mur, comme figés depuis un bombardement le 2 avril. "C'est l'école où j'ai étudié, je me sens trop triste", lâche Ruhollah Khpalwak, commerçant de 23 ans, en montrant les dommages causés, selon lui, par des obus du Pakistan. Il fait partie des rares personnes encore présentes dans ce village fantôme depuis que le conflit entre les deux pays voisins s'est intensifié le 26 février, faisant des centaines de morts civils en Afghanistan, selon l'ONU. Islamabad accuse son voisin d'accueillir des combattants du mouvement des talibans pakistanais (TTP) qui ont revendiqué des attaques meurtrières au Pakistan. Les autorités talibanes afghanes démentent. Le 27 février, le gouvernement pakistanais a promis une "guerre ouverte". 22 écoles endommagées Depuis, "12.000 élèves déplacés ou affectés par le conflit ont besoin d'espaces sécurisés pour apprendre ou de leçons de rattrapage" en Afghanistan, selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA). Vingt-deux écoles, dont celle de Barikot, ont été endommagées dans la province de Kunar et "doivent être réhabilitées de manière urgente", ajoute l'OCHA. Interrogé pour savoir si des activistes du TTP se trouvaient à Barikot, Ruhollah Khpalwak, comme quelques hommes rencontrés dans le village, affirme ne pas savoir. Faridoon Habibi, pharmacien au centre de santé de Barikot, regrette lui les destructions dans cet établissement désormais fermé qui accueillait des centaines de patients par jour. L'armée pakistanaise n'a pas répondu aux questions de l'AFP au sujet des accusations selon lesquelles ses troupes ont visé l'école et le centre de santé. "Les civils et les infrastructures civiles ne doivent pas être visées, ce conflit doit s'arrêter", rappelle Maisam Shafiey, porte-parole de l'ONG Norwegian Refugee Council (NRC), qui aide des milliers de déplacés dans le pays. - "Besoin de paix" - "Nous avons besoin de paix", plaide aussi Faridoon Habibi, parce qu'ici, "il y un frère d'un côté et un frère de l'autre", ajoute-t-il en faisant référence à la ligne Durand toute proche qui sépare Pakistan et Afghanistan. Tracée à l'époque coloniale britannique, elle divise aussi des communautés pachtounes, partageant la même langue et la même culture. L’Afghanistan ne l'a jamais reconnue. Les habitants de Barikot se considèrent ainsi comme "frères" avec leurs proches voisins pakistanais et blâment Islamabad pour les violences. Malgré des discussions en Chine début avril, les deux pays ne sont convenus d'aucun cessez-le-feu. Si les affrontements ont diminué, les habitants de Barikot comme ceux d'autres localités frontalières craignent toujours de rentrer chez eux. En Afghanistan, 94.000 personnes sont déplacées dont 25.300 dans la seule province de Kunar, selon l'ONU. "La situation humanitaire est terrible", souligne M. Shafiey. Des milliers de personnes vivent au bord de la rivière Kunar, dans des tentes sommaires assemblées avec des toiles du Haut-Commissariat de l'ONU aux réfugiés, des sacs de jute ou des bouts de plastique attachés à des branches d'arbre. La seule source d'eau potable est un puits à une heure de marche aller-retour. "Ca me fait pleurer" "Les femmes ont beaucoup de problèmes. Cela fait un mois et demi qu'elles vivent dans ces tentes, c'est difficile car nous n'avons pas de toilette, pas d'endroit pour se laver", témoigne Asmatullah Malangzay, 26 ans. Cet informaticien vit avec son épouse et ses trois enfants dans une petite tente, avec un tapis au sol, quelques coussins et un simple réchaud à gaz pour cuisiner. "Nous sommes bouleversés parce que les enfants sont privés d'école", ajoute Mohammad Nabi Gujar, ouvrier de 40 ans et père de neuf enfants. Celles de Marawara, où est le campement, et d'Asadabad, chef-lieu provincial, ont déjà atteint leur nombre maximal d'élèves, relève le directeur du département de l'Information de Kunar Najibullah Hanif. Les autorités tentent de trouver des solutions, notamment en transférant des familles vers des camps plus organisés créés pour les victimes d'un tremblement de terre meurtrier l'été dernier. "Ici, les enfants errent dans la saleté et le sable", se lamente Mohammad Amin Shakir, 40 ans, barbe grise soigneusement taillée. L'homme déplacé lui aussi par le conflit dans une minuscule tente, était principal d'une école primaire qui comptait 200 élèves. D'une voix douce, il confie: "Ca me fait pleurer, ces élèves qui étudiaient, et qui aujourd'hui sont privés d'éducation".
Texte intégral (859 mots)
Niché sur un versant de l'Hindou Kouch, dans la province de Kunar, Barikot, 8.000 habitants en temps normal, est resté inaccessible plusieurs semaines en raison des risques de bombardements pakistanais. Avec la récente réouverture de la route, une équipe de l'AFP a pu se rendre dans cette localité frontalière désertée par ses résidents. Les commerces de la rue principale ont leur rideau de fer baissé, certains ne sont plus qu'un tas de gravats. Dans le complexe qui regroupe école primaire, collège et lycée, règne un silence inhabituel. La poussière recouvre cahiers, livres et plannings accrochés au mur, comme figés depuis un bombardement le 2 avril. "C'est l'école où j'ai étudié, je me sens trop triste", lâche Ruhollah Khpalwak, commerçant de 23 ans, en montrant les dommages causés, selon lui, par des obus du Pakistan. Il fait partie des rares personnes encore présentes dans ce village fantôme depuis que le conflit entre les deux pays voisins s'est intensifié le 26 février, faisant des centaines de morts civils en Afghanistan, selon l'ONU. Islamabad accuse son voisin d'accueillir des combattants du mouvement des talibans pakistanais (TTP) qui ont revendiqué des attaques meurtrières au Pakistan. Les autorités talibanes afghanes démentent. Le 27 février, le gouvernement pakistanais a promis une "guerre ouverte". 22 écoles endommagées Depuis, "12.000 élèves déplacés ou affectés par le conflit ont besoin d'espaces sécurisés pour apprendre ou de leçons de rattrapage" en Afghanistan, selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA). Vingt-deux écoles, dont celle de Barikot, ont été endommagées dans la province de Kunar et "doivent être réhabilitées de manière urgente", ajoute l'OCHA. Interrogé pour savoir si des activistes du TTP se trouvaient à Barikot, Ruhollah Khpalwak, comme quelques hommes rencontrés dans le village, affirme ne pas savoir. Faridoon Habibi, pharmacien au centre de santé de Barikot, regrette lui les destructions dans cet établissement désormais fermé qui accueillait des centaines de patients par jour. L'armée pakistanaise n'a pas répondu aux questions de l'AFP au sujet des accusations selon lesquelles ses troupes ont visé l'école et le centre de santé. "Les civils et les infrastructures civiles ne doivent pas être visées, ce conflit doit s'arrêter", rappelle Maisam Shafiey, porte-parole de l'ONG Norwegian Refugee Council (NRC), qui aide des milliers de déplacés dans le pays. - "Besoin de paix" - "Nous avons besoin de paix", plaide aussi Faridoon Habibi, parce qu'ici, "il y un frère d'un côté et un frère de l'autre", ajoute-t-il en faisant référence à la ligne Durand toute proche qui sépare Pakistan et Afghanistan. Tracée à l'époque coloniale britannique, elle divise aussi des communautés pachtounes, partageant la même langue et la même culture. L’Afghanistan ne l'a jamais reconnue. Les habitants de Barikot se considèrent ainsi comme "frères" avec leurs proches voisins pakistanais et blâment Islamabad pour les violences. Malgré des discussions en Chine début avril, les deux pays ne sont convenus d'aucun cessez-le-feu. Si les affrontements ont diminué, les habitants de Barikot comme ceux d'autres localités frontalières craignent toujours de rentrer chez eux. En Afghanistan, 94.000 personnes sont déplacées dont 25.300 dans la seule province de Kunar, selon l'ONU. "La situation humanitaire est terrible", souligne M. Shafiey. Des milliers de personnes vivent au bord de la rivière Kunar, dans des tentes sommaires assemblées avec des toiles du Haut-Commissariat de l'ONU aux réfugiés, des sacs de jute ou des bouts de plastique attachés à des branches d'arbre. La seule source d'eau potable est un puits à une heure de marche aller-retour. "Ca me fait pleurer" "Les femmes ont beaucoup de problèmes. Cela fait un mois et demi qu'elles vivent dans ces tentes, c'est difficile car nous n'avons pas de toilette, pas d'endroit pour se laver", témoigne Asmatullah Malangzay, 26 ans. Cet informaticien vit avec son épouse et ses trois enfants dans une petite tente, avec un tapis au sol, quelques coussins et un simple réchaud à gaz pour cuisiner. "Nous sommes bouleversés parce que les enfants sont privés d'école", ajoute Mohammad Nabi Gujar, ouvrier de 40 ans et père de neuf enfants. Celles de Marawara, où est le campement, et d'Asadabad, chef-lieu provincial, ont déjà atteint leur nombre maximal d'élèves, relève le directeur du département de l'Information de Kunar Najibullah Hanif. Les autorités tentent de trouver des solutions, notamment en transférant des familles vers des camps plus organisés créés pour les victimes d'un tremblement de terre meurtrier l'été dernier. "Ici, les enfants errent dans la saleté et le sable", se lamente Mohammad Amin Shakir, 40 ans, barbe grise soigneusement taillée. L'homme déplacé lui aussi par le conflit dans une minuscule tente, était principal d'une école primaire qui comptait 200 élèves. D'une voix douce, il confie: "Ca me fait pleurer, ces élèves qui étudiaient, et qui aujourd'hui sont privés d'éducation".
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