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04.02.2026 à 20:27

Argentine: le sabre du Libérateur, et de la discorde

FRANCE24
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L'élégant sabre courbé de 95 cm de fabrication anglaise, à la poignée d'ébène mais sans fioritures, est un joyau du Musée historique national de Buenos Aires, auquel il avait été donné en 1897. Il est surtout une pièce chérie du patrimoine historique argentin, emblème des guerres menant à l'indépendance (1816) et au-delà, des campagnes de Jose de San Martin (1778-1850) pour la libération du Chili et du Pérou. Un décret présidentiel mardi a ordonné que le sabre passe désormais "sous la garde permanente" du Régiment des Grenadiers à cheval, fondé par San Martin, et sis à Palermo, quartier de la capitale à 12 km du musée historique. Le régiment a son propre musée, en travaux. L'annonce a entraîné la démission indignée de la directrice du Musée historique national, Maria Inés Rodriguez, mais aussi une requête de mesure conservatoire auprès de la justice de la part des héritiers du "Libérateur". Ils estiment qu'un transfert du sabre violerait les conditions de la donation, et modifierait "le régime d'exposition publique d'un bien patrimonial unique, affectant le droit collectif d'accès au patrimoine culturel de la Nation". Le sabre a connu une histoire mouvementée. Légué par San Martin à sa mort (en exil en France) à l'homme fort de la Confédération argentine (1835-1852) Juan Manuel de Rosas, les héritiers l'ont ensuite cédé à l'Etat argentin, et il a été exhibé au Musée national pendant 70 ans, en deux occasions volé, puis récupéré. Jusqu'à ce qu'une des dictatures d'Argentine, celle du général Ongania (1966-70) ne l'enlève pour la confier, déjà, aux Grenadiers. Le sabre avait été restitué au musée national sous la présidence péroniste de Cristina Kirchner en 2015. La remise du sabre aux Grenadiers devrait se faire lors d'une cérémonie samedi à San Lorenzo (300 km de Buenos Aires), commémorant une bataille décisive sur place en 1813 de San Martin face aux troupes royalistes espagnoles. La controverse sur des reliques de héros national n'est pas sans précédent en Amérique latine. Au Venezuela, l'ancien président socialiste Hugo Chavez avait ordonné l'exhumation des restes de Simon Bolivar (1783-1830), divisant le pays. Mais sans fournir de conclusion sur les causes de la mort, le but alors invoqué.

04.02.2026 à 20:12

Ukraine : dialogue ou écran de fumée ?

Stéphanie ANTOINE
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Un second cycle de négociations entre émissaires russes et ukrainiens s'est ouvert à Abou Dhabi, sous l’égide des États-Unis. Donald Trump a déclaré hier devant des journalistes vouloir que Vladimir Poutine « mette fin au conflit ». Alors que, les frappes russes menées sur Kiev dans la nuit de lundi à mardi figurent parmi les plus massives depuis le début de l’invasion de l’Ukraine.
Lire plus (399 mots)
Un second cycle de négociations entre émissaires russes et ukrainiens s'est ouvert à Abou Dhabi, sous l’égide des États-Unis. Donald Trump a déclaré hier devant des journalistes vouloir que Vladimir Poutine « mette fin au conflit ». Alors que, les frappes russes menées sur Kiev dans la nuit de lundi à mardi figurent parmi les plus massives depuis le début de l’invasion de l’Ukraine.

04.02.2026 à 20:11

Deux Chinois suspectés d'espionnage en France au profit de Pékin

FRANCE24
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Après quatre jours de garde à vue, ces quatre personnes sont présentées mercredi à un juge d'instruction en vue de leur éventuelle mise en examen, a indiqué le parquet de Paris, confirmant une information du Parisien. La détention provisoire est requise par le parquet pour deux d'entre elles. Selon le ministère public, la venue de ces deux ressortissants chinois en France était destinée à "effectuer une mission de captation de données satellitaires du réseau Starlink et des données provenant d'entités d'importance vitale, notamment militaires, afin de les retransmettre à leur pays d'origine, la Chine". L'enquête, dirigée par la section de lutte contre la cybercriminalité du parquet de Paris, a été confiée à la DGSI (direction générale de la sécurité intérieure). Logés dans un Airbnb Le 30 janvier, la police est ainsi avisée que deux personnes de nationalité chinoise sont suspectées de procéder à des opérations de captation satellitaire, depuis leur Airbnb loué en Gironde. A l'origine de l'affaire: des riverains ayant constaté le déploiement d'une parabole d'environ 2 mètres de diamètre, corrélée à une déconnexion internet. Lors d'une perquisition menée le lendemain, les enquêteurs ont découvert "un système d'ordinateurs reliés à des antennes paraboliques permettant la captation de données satellitaires", qui a été saisi pour exploitation. Les deux Chinois ont été placés en garde à vue. L'agence nationale des fréquences radios, requise, a constaté "l'utilisation illégale de fréquences, l'utilisation non conforme d'équipements radio, le brouillage de fréquences, la détention illégale de dispositifs techniques de captation de données informatiques". Le dispositif permettait "d'intercepter illégalement le flux descendant des satellites, notamment des échanges entre entités militaires d'importance vitale", a souligné le parquet. Ces deux Chinois avaient, pour leur demande de visa, déclaré travailler comme ingénieurs pour une entreprise spécialisée dans la recherche et le développement d'équipements et de systèmes de communication sans fil, et proposant des produits destinés à de multiples secteurs, notamment l'éducation, a-t-il relaté. Cette entreprise coopère avec des universités établissant des projets à vocation militaire, selon la même source. "Menace quotidienne" Deux autres personnes ont été interpellées lorsqu'elles se sont présentées dans le logement, suspectées d'avoir procédé à l'importation illégale du matériel, a précisé le parquet. "Dans leur commerce a été découverte une antenne Starlink usagée et un boîtier permettant d'afficher la réception satellitaire", a-t-il indiqué, en précisant que d'après leur témoignage, les deux Chinois "cherchaient à comprendre la technologie Starlink". Mi-décembre, un enseignant-chercheur à l'institut d'ingénierie et de mécanique de Bordeaux, préfecture du département de la Gironde, avait été mis en examen, soupçonné d'ingérence au profit de la Chine, en ayant fait pénétrer une délégation chinoise dans des zones sensibles interdites. Ce professeur, laissé libre sous contrôle judiciaire, est poursuivi notamment pour "livraison d'information à une puissance étrangère", "intelligence avec une puissance étrangère" et "complicité d'intrusion dans un local ou terrain clos intéressant la défense nationale". Plusieurs affaires d'espionnage en lien avec la Chine ont secoué l'Europe ces derniers mois. Le 22 janvier, la police tchèque a ainsi annoncé avoir arrêté une personne "soupçonnée de travailler pour les services de renseignement chinois". Un citoyen américain, ex-employé civil des forces américaines en Allemagne, est jugé depuis novembre à Coblence pour avoir proposé ses services à un service de renseignement chinois. Fin septembre, le tribunal de Dresde a par ailleurs condamné un ex-collaborateur d'un député d'extrême droite au Parlement européen, Jian Guo, à quatre ans et neuf mois de prison ferme pour espionnage au profit de Pékin. Le chef des services secrets britanniques, Ken McCallum, a alerté de son côté en octobre sur la "menace quotidienne" que fait peser l'espionnage chinois sur le Royaume-Uni.
Texte intégral (674 mots)
Après quatre jours de garde à vue, ces quatre personnes sont présentées mercredi à un juge d'instruction en vue de leur éventuelle mise en examen, a indiqué le parquet de Paris, confirmant une information du Parisien. La détention provisoire est requise par le parquet pour deux d'entre elles. Selon le ministère public, la venue de ces deux ressortissants chinois en France était destinée à "effectuer une mission de captation de données satellitaires du réseau Starlink et des données provenant d'entités d'importance vitale, notamment militaires, afin de les retransmettre à leur pays d'origine, la Chine". L'enquête, dirigée par la section de lutte contre la cybercriminalité du parquet de Paris, a été confiée à la DGSI (direction générale de la sécurité intérieure). Logés dans un Airbnb Le 30 janvier, la police est ainsi avisée que deux personnes de nationalité chinoise sont suspectées de procéder à des opérations de captation satellitaire, depuis leur Airbnb loué en Gironde. A l'origine de l'affaire: des riverains ayant constaté le déploiement d'une parabole d'environ 2 mètres de diamètre, corrélée à une déconnexion internet. Lors d'une perquisition menée le lendemain, les enquêteurs ont découvert "un système d'ordinateurs reliés à des antennes paraboliques permettant la captation de données satellitaires", qui a été saisi pour exploitation. Les deux Chinois ont été placés en garde à vue. L'agence nationale des fréquences radios, requise, a constaté "l'utilisation illégale de fréquences, l'utilisation non conforme d'équipements radio, le brouillage de fréquences, la détention illégale de dispositifs techniques de captation de données informatiques". Le dispositif permettait "d'intercepter illégalement le flux descendant des satellites, notamment des échanges entre entités militaires d'importance vitale", a souligné le parquet. Ces deux Chinois avaient, pour leur demande de visa, déclaré travailler comme ingénieurs pour une entreprise spécialisée dans la recherche et le développement d'équipements et de systèmes de communication sans fil, et proposant des produits destinés à de multiples secteurs, notamment l'éducation, a-t-il relaté. Cette entreprise coopère avec des universités établissant des projets à vocation militaire, selon la même source. "Menace quotidienne" Deux autres personnes ont été interpellées lorsqu'elles se sont présentées dans le logement, suspectées d'avoir procédé à l'importation illégale du matériel, a précisé le parquet. "Dans leur commerce a été découverte une antenne Starlink usagée et un boîtier permettant d'afficher la réception satellitaire", a-t-il indiqué, en précisant que d'après leur témoignage, les deux Chinois "cherchaient à comprendre la technologie Starlink". Mi-décembre, un enseignant-chercheur à l'institut d'ingénierie et de mécanique de Bordeaux, préfecture du département de la Gironde, avait été mis en examen, soupçonné d'ingérence au profit de la Chine, en ayant fait pénétrer une délégation chinoise dans des zones sensibles interdites. Ce professeur, laissé libre sous contrôle judiciaire, est poursuivi notamment pour "livraison d'information à une puissance étrangère", "intelligence avec une puissance étrangère" et "complicité d'intrusion dans un local ou terrain clos intéressant la défense nationale". Plusieurs affaires d'espionnage en lien avec la Chine ont secoué l'Europe ces derniers mois. Le 22 janvier, la police tchèque a ainsi annoncé avoir arrêté une personne "soupçonnée de travailler pour les services de renseignement chinois". Un citoyen américain, ex-employé civil des forces américaines en Allemagne, est jugé depuis novembre à Coblence pour avoir proposé ses services à un service de renseignement chinois. Fin septembre, le tribunal de Dresde a par ailleurs condamné un ex-collaborateur d'un député d'extrême droite au Parlement européen, Jian Guo, à quatre ans et neuf mois de prison ferme pour espionnage au profit de Pékin. Le chef des services secrets britanniques, Ken McCallum, a alerté de son côté en octobre sur la "menace quotidienne" que fait peser l'espionnage chinois sur le Royaume-Uni.

04.02.2026 à 20:03

Le foot au coeur de la campagne d'Aulas à Lyon

FRANCE24
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Une enceinte capable d'accueillir 10 à 12.000 spectateurs, mais aussi un pôle de loisirs, des bureaux, et un tramway pour y arriver, le candidat adoubé par la droite et le centre a dévoilé un grand projet pour le quartier de La Duchère. Cela "permettrait de créer un certain nombre d'infrastructures (...) pour faire un appel d'air en matière de créativité, d'emplois", a-t-il déclaré lors d'une visite sur place, expliquant vouloir s'appuyer sur "ce qui a été fait à Décines-Meyzieu". Une référence au grand stade de l'Olympique Lyonnais (d'environ 60.000 places) inauguré il y a dix ans dans la banlieue est de Lyon. Un projet porté par Jean-Michel Aulas quand il dirigeait l'OL (1987 à 2023) et qu'il a un jour qualifié de "plus beau" de sa vie. A La Duchère, le stade pourrait profiter au club local Lyon-La Duchère et accueillir des matchs de la 3e division professionnelle tout juste créée, a ajouté le chef d'entreprise qui a rappelé au passage être toujours, à 76 ans, vice-président de la Ligue de football professionnel (LFP). Mentionnant aussi sa proximité avec la patronne de l'OL Michelle Kang, il a espéré que la nouvelle enceinte puisse accueillir l'équipe féminine d'OL Lyonnes, même si "les choses ne sont pas réglées" pour le moment. A ses côtés, l'ancien ministre de la Ville Jean-Louis Borloo (2002-2004) a loué le "leadership" de Jean-Michel Aulas, venant s'ajouter, sur la liste des soutiens du candidat, mais dans un tout autre registre, à deux grands noms de l'OL: Karim Benzema et Bafétimbi Gomis. "Ca nous influence" "Il faut qu'il devienne maire de Lyon parce que c'est sa place", avait déclaré dès décembre dans L'Equipe le Ballon d'or, né et formé à Lyon où il a joué jusqu'à son transfert au Real Madrid en 2009. En janvier sur LCI, Karim Benzema a redit être "de tout coeur" avec Jean-Michel Aulas. Mardi, "Bafé" Gomis a fait de même dans une vidéo mise en ligne sur les réseaux sociaux du favori des sondages. "Je pense qu'il fera un très, très grand maire et qu'il redonnera de la fierté et de la sécurité" à la ville, y déclare l'ancien international français, qui a évolué de 2009 à 2014 au sein du club lyonnais. Ces déclarations ont fait mouche auprès des jeunes de La Duchère qui, comme tous les amateurs de foot de la ville, savent gré à Jean-Michel Aulas d'avoir fait passer l'OL de la 2e division à la place de champion de France, sans discontinuer de 2002 à 2008. "Depuis tout petit, on le connaît M. Aulas", explique à l'AFP Mahrez, 20 ans, qui ne souhaite pas communiquer son patronyme. Ravi d'avoir eu un selfie avec "JMA", il est prêt à voter pour lui en mars. S'il gagne face au maire écologiste sortant Grégory Doucet, "on espère du changement dans Lyon et dans le quartier". A la sortie du lycée, Asirem Moumeni, 17 ans, reconnaît que l'intervention "de joueurs comme Benzema qui nous représentent, ça nous influence". Karim Benzema, qui vient de signer un contrat avec le club saoudien Al-Hilal, reste très populaire dans les banlieues de Lyon et dispose d'une immense fresque à son effigie sur un immeuble le long du périphérique. "Etant donné la grandeur du personnage de Jean-Michel Aulas dans la ville, quand on est loin de la vie politique, ça peut nous en rapprocher", ajoute son camarade Jessime Bousnina, 17 ans.
Texte intégral (582 mots)
Une enceinte capable d'accueillir 10 à 12.000 spectateurs, mais aussi un pôle de loisirs, des bureaux, et un tramway pour y arriver, le candidat adoubé par la droite et le centre a dévoilé un grand projet pour le quartier de La Duchère. Cela "permettrait de créer un certain nombre d'infrastructures (...) pour faire un appel d'air en matière de créativité, d'emplois", a-t-il déclaré lors d'une visite sur place, expliquant vouloir s'appuyer sur "ce qui a été fait à Décines-Meyzieu". Une référence au grand stade de l'Olympique Lyonnais (d'environ 60.000 places) inauguré il y a dix ans dans la banlieue est de Lyon. Un projet porté par Jean-Michel Aulas quand il dirigeait l'OL (1987 à 2023) et qu'il a un jour qualifié de "plus beau" de sa vie. A La Duchère, le stade pourrait profiter au club local Lyon-La Duchère et accueillir des matchs de la 3e division professionnelle tout juste créée, a ajouté le chef d'entreprise qui a rappelé au passage être toujours, à 76 ans, vice-président de la Ligue de football professionnel (LFP). Mentionnant aussi sa proximité avec la patronne de l'OL Michelle Kang, il a espéré que la nouvelle enceinte puisse accueillir l'équipe féminine d'OL Lyonnes, même si "les choses ne sont pas réglées" pour le moment. A ses côtés, l'ancien ministre de la Ville Jean-Louis Borloo (2002-2004) a loué le "leadership" de Jean-Michel Aulas, venant s'ajouter, sur la liste des soutiens du candidat, mais dans un tout autre registre, à deux grands noms de l'OL: Karim Benzema et Bafétimbi Gomis. "Ca nous influence" "Il faut qu'il devienne maire de Lyon parce que c'est sa place", avait déclaré dès décembre dans L'Equipe le Ballon d'or, né et formé à Lyon où il a joué jusqu'à son transfert au Real Madrid en 2009. En janvier sur LCI, Karim Benzema a redit être "de tout coeur" avec Jean-Michel Aulas. Mardi, "Bafé" Gomis a fait de même dans une vidéo mise en ligne sur les réseaux sociaux du favori des sondages. "Je pense qu'il fera un très, très grand maire et qu'il redonnera de la fierté et de la sécurité" à la ville, y déclare l'ancien international français, qui a évolué de 2009 à 2014 au sein du club lyonnais. Ces déclarations ont fait mouche auprès des jeunes de La Duchère qui, comme tous les amateurs de foot de la ville, savent gré à Jean-Michel Aulas d'avoir fait passer l'OL de la 2e division à la place de champion de France, sans discontinuer de 2002 à 2008. "Depuis tout petit, on le connaît M. Aulas", explique à l'AFP Mahrez, 20 ans, qui ne souhaite pas communiquer son patronyme. Ravi d'avoir eu un selfie avec "JMA", il est prêt à voter pour lui en mars. S'il gagne face au maire écologiste sortant Grégory Doucet, "on espère du changement dans Lyon et dans le quartier". A la sortie du lycée, Asirem Moumeni, 17 ans, reconnaît que l'intervention "de joueurs comme Benzema qui nous représentent, ça nous influence". Karim Benzema, qui vient de signer un contrat avec le club saoudien Al-Hilal, reste très populaire dans les banlieues de Lyon et dispose d'une immense fresque à son effigie sur un immeuble le long du périphérique. "Etant donné la grandeur du personnage de Jean-Michel Aulas dans la ville, quand on est loin de la vie politique, ça peut nous en rapprocher", ajoute son camarade Jessime Bousnina, 17 ans.

04.02.2026 à 19:59

Merz dans les pays du Golfe pour de nouveaux partenariats stratégiques

FRANCE24
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Accompagné d'une importante délégation de chefs d'entreprises, le dirigeant conservateur Friedrich Merz se rend en Arabie saoudite, au Qatar et aux Emirats arabes unis, dont il espère davantage d'investissements dans son pays. Après le Brésil en octobre, l'Afrique du Sud en novembre et l'Inde début janvier, la visite de M. Merz s'inscrit dans un contexte de diversification des coopérations de la première économie européenne, très exportatrice et par conséquent particulièrement ébranlée par la politique douanière de Washington et les volontés hégémoniques de Pékin. "Nous avons plus que jamais besoin de tels partenariats à une époque où les grandes puissances déterminent de plus en plus la politique", a martelé juste avant son départ le chancelier allemand, dans une allusion à peine voilée aux Etats-Unis et à la Chine. Premier partenaire commercial de la région du Golfe parmi les pays de l'UE, l'Allemagne espère des débouchés pour son industrie automobile et chimique notamment. En matière "d'exportations d'armes, le gouvernement allemand a décidé d'être moins restrictif qu'auparavant et surtout de prendre des décisions plus prévisibles que ces dernières années", a déclaré M. Merz avant son envol. -- "Pétrole et gaz" -- Les partenariats avec les pays du Golfe "nous offrent aussi la possibilité de diversifier nos chaînes d'approvisionnement en pétrole et en gaz", a-t-il ajouté. Première étape, l'Arabie saoudite qui souhaite massivement développer son gaz naturel liquéfié (GNL). Jusqu'à présent, l'Allemagne se fournit principalement auprès des Etats-Unis, mais elle voudrait réduire sa dépendance pour ne pas répéter l'erreur faite avec le gaz naturel russe, abandonné après l'invasion de l'Ukraine en 2022. Le chancelier se rendra ensuite au Qatar, un des grands fournisseurs mondiaux de GNL, où l'ancien ministre de l'Économie, l'écologiste Robert Habeck s'était déjà rendu en 2022 pour négocier des contrats de fourniture de cette source d'énergie. L'un des problèmes était alors la courte durée (15 ans) des contrats exigée par Berlin, tandis que le Qatar souhaitait le double. Cette fois, Berlin pourrait se montrer plus conciliant quant à la durée de ces contrats de livraison éventuels. La loi allemande sur la protection du climat, qui impose l'abandon des énergies fossiles d'ici 2045, constitue toutefois une limite claire dans le temps. Le Qatar est en outre un actionnaire clé de grandes entreprises allemandes, dont Volkswagen, le groupe énergétique RWE et la Deutsche Bank. Friedrich Merz doit achever sa tournée par les Emirats arabes unis, l'un des premiers exportateurs de pétrole brut au monde et théâtre mercredi et jeudi des pourparlers Ukraine-Russie-USA. -- "Nous cherchons le dialogue" -- La volonté de renforcer les partenariats économiques semble reléguer au second plan d'éventuels sujets de discorde bilatéraux. Interrogé au sujet de l'assassinat en 2018 du journaliste saoudien dissident Jamal Khashoggi, dans lequel les services secrets américains avaient pointé la responsabilité directe du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, un porte-parole du gouvernement a répondu mercredi que "les sujets sur lesquels nous avons des opinions divergentes" seraient "certainement" abordés. "Lorsque nous constatons des problèmes, nous cherchons le dialogue et abordons les sujets", a promis M. Merz, tout aussi prudent, avant son envol. Le déplacement du chancelier allemand dans les pays du Golfe survient dans un contexte de fortes tensions autour de l'Iran, pays qui a réprimé dans le sang les manifestations qui le secouaient depuis plusieurs semaines. "Ce sujet va jouer un rôle central dans mes entretiens", a dit M. Merz avant son départ, appelant Téhéran à "cesser la violence", "arrêter son programme nucléaire militaire et ses activités déstabilisatrices dans la région". Toujours hantée par sa culpabilité dans la Shoah, l'Allemagne est un allié indéfectible d'Israël, même si elle l'a récemment critiqué pour son offensive à Gaza. Selon M. Merz, Berlin vise à promouvoir "un nouvel ordre de paix dans la région". "Un jour", a-t-il ajouté, "Israël devrait faire partie intégrante de cet ordre".
Texte intégral (705 mots)
Accompagné d'une importante délégation de chefs d'entreprises, le dirigeant conservateur Friedrich Merz se rend en Arabie saoudite, au Qatar et aux Emirats arabes unis, dont il espère davantage d'investissements dans son pays. Après le Brésil en octobre, l'Afrique du Sud en novembre et l'Inde début janvier, la visite de M. Merz s'inscrit dans un contexte de diversification des coopérations de la première économie européenne, très exportatrice et par conséquent particulièrement ébranlée par la politique douanière de Washington et les volontés hégémoniques de Pékin. "Nous avons plus que jamais besoin de tels partenariats à une époque où les grandes puissances déterminent de plus en plus la politique", a martelé juste avant son départ le chancelier allemand, dans une allusion à peine voilée aux Etats-Unis et à la Chine. Premier partenaire commercial de la région du Golfe parmi les pays de l'UE, l'Allemagne espère des débouchés pour son industrie automobile et chimique notamment. En matière "d'exportations d'armes, le gouvernement allemand a décidé d'être moins restrictif qu'auparavant et surtout de prendre des décisions plus prévisibles que ces dernières années", a déclaré M. Merz avant son envol. -- "Pétrole et gaz" -- Les partenariats avec les pays du Golfe "nous offrent aussi la possibilité de diversifier nos chaînes d'approvisionnement en pétrole et en gaz", a-t-il ajouté. Première étape, l'Arabie saoudite qui souhaite massivement développer son gaz naturel liquéfié (GNL). Jusqu'à présent, l'Allemagne se fournit principalement auprès des Etats-Unis, mais elle voudrait réduire sa dépendance pour ne pas répéter l'erreur faite avec le gaz naturel russe, abandonné après l'invasion de l'Ukraine en 2022. Le chancelier se rendra ensuite au Qatar, un des grands fournisseurs mondiaux de GNL, où l'ancien ministre de l'Économie, l'écologiste Robert Habeck s'était déjà rendu en 2022 pour négocier des contrats de fourniture de cette source d'énergie. L'un des problèmes était alors la courte durée (15 ans) des contrats exigée par Berlin, tandis que le Qatar souhaitait le double. Cette fois, Berlin pourrait se montrer plus conciliant quant à la durée de ces contrats de livraison éventuels. La loi allemande sur la protection du climat, qui impose l'abandon des énergies fossiles d'ici 2045, constitue toutefois une limite claire dans le temps. Le Qatar est en outre un actionnaire clé de grandes entreprises allemandes, dont Volkswagen, le groupe énergétique RWE et la Deutsche Bank. Friedrich Merz doit achever sa tournée par les Emirats arabes unis, l'un des premiers exportateurs de pétrole brut au monde et théâtre mercredi et jeudi des pourparlers Ukraine-Russie-USA. -- "Nous cherchons le dialogue" -- La volonté de renforcer les partenariats économiques semble reléguer au second plan d'éventuels sujets de discorde bilatéraux. Interrogé au sujet de l'assassinat en 2018 du journaliste saoudien dissident Jamal Khashoggi, dans lequel les services secrets américains avaient pointé la responsabilité directe du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, un porte-parole du gouvernement a répondu mercredi que "les sujets sur lesquels nous avons des opinions divergentes" seraient "certainement" abordés. "Lorsque nous constatons des problèmes, nous cherchons le dialogue et abordons les sujets", a promis M. Merz, tout aussi prudent, avant son envol. Le déplacement du chancelier allemand dans les pays du Golfe survient dans un contexte de fortes tensions autour de l'Iran, pays qui a réprimé dans le sang les manifestations qui le secouaient depuis plusieurs semaines. "Ce sujet va jouer un rôle central dans mes entretiens", a dit M. Merz avant son départ, appelant Téhéran à "cesser la violence", "arrêter son programme nucléaire militaire et ses activités déstabilisatrices dans la région". Toujours hantée par sa culpabilité dans la Shoah, l'Allemagne est un allié indéfectible d'Israël, même si elle l'a récemment critiqué pour son offensive à Gaza. Selon M. Merz, Berlin vise à promouvoir "un nouvel ordre de paix dans la région". "Un jour", a-t-il ajouté, "Israël devrait faire partie intégrante de cet ordre".
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