Cette décision, conforme aux anticipations du marché, intervient à la suite de récents resserrements monétaires de la Banque centrale européenne (BCE) et de la Banque d'Indonésie, et avant une réunion de la Réserve fédérale américaine (Fed).
Après avoir été hanté par la déflation, le Japon connaît depuis le printemps 2022 une hausse soutenue des prix à la consommation au-delà de 2%, ce qui a poussé la BoJ à resserrer progressivement depuis 2024 ses taux longtemps restés nuls ou négatifs.
Mais la spirale inflationniste s'est accentuée ces derniers mois, à mesure que flambaient les prix de l'énergie face à la paralysie des acheminements d'hydrocarbures du Golfe - dont le Japon importait avant la guerre 90% de son pétrole.
Washington et Téhéran sont parvenus lundi à un accord pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, qui a fait plonger les cours du pétrole. Pour autant, la réouverture du détroit d'Ormuz et le redémarrage de la production d'hydrocarbures devraient prendre du temps.
"La répercussion de la hausse des prix du pétrole brut s'opère à un rythme relativement soutenu dans les transactions entre entreprises, ce qui pourrait entraîner une augmentation des prix pour un large éventail de produits", avertit la banque centrale.
"A première vue, cette position ferme de la BoJ est difficile à concilier avec une inflation (japonaise) n'atteignant guère que 1,4% en avril grâce au plafonnement des prix des carburants", très en-deçà du niveau-cible de 2%, observe Marcel Thieliant de Capital Economics.
Mais l'institution anticipe une nette accélération de l'inflation d'ici l'année prochaine, insiste-t-il. "Compte tenu des avertissements de la Banque concernant les risques inflationnistes, nous anticipons un nouveau relèvement des taux lors de sa réunion d'octobre et une remontée à 2,0% d'ici fin 2027", ajoute M. Thieliant.
Inquiétudes sur le yen
Si le gouvernement de Sanae Takaichi s'est inquiété des risques économiques d'un durcissement monétaire prématuré, la BoJ a relativisé mardi, notant "le niveau élevé des bénéfices des entreprises et l'amélioration de la situation de l'emploi et des revenus", tout comme l'impact des subventions sur l'énergie.
La croissance "devrait ralentir car la hausse des prix du pétrole brut devrait peser sur les bénéfices des entreprises et le revenu réel des ménages", mais la quatrième économie mondiale continuera de croître "bien qu'à un rythme ralenti", soutenue par les mesures de soutien gouvernementales et des conditions financières accommodantes, complète l'institution.
Cependant, les difficultés du Japon sont aggravées par la chute du yen, exacerbée par la hausse des prix du pétrole et l'écart entre les taux d'intérêt américains et japonais - une dépréciation qui renchérit le prix des produits importés.
"Dans un contexte marqué par des inquiétudes croissantes concernant l'inflation et par les anticipations d'un éventuel relèvement des taux de la Réserve fédérale américaine (Fed) cette année, la BoJ ne peut se permettre de différer" un tour de vis, insistait avant la décision Shigeto Nagai, analyste d'Oxford Economics.
La Fed se réunit mardi et mercredi, et si un statu quo est attendu, les marchés anticipent des hausses de taux dans l'année sur fond d'inflation américaine au plus haut depuis trois ans. Tout relèvement des taux de la Fed renforce le dollar, accroissant la pression sur le yen.
Le mois dernier, le gouvernement japonais a dépensé environ 11.700 milliards de yens (63 milliards d'euros) pour soutenir sa devise - mais avec un impact très éphémère, rapidement estompé par les anticipations d'un durcissement de la Fed.
La BoJ a par ailleurs annoncé mardi poursuivre la réduction progressive de son programme d'achat de dette nippone jusqu'en avril 2027, avant de stabiliser après cette date son volume mensuel d'achats.
Les annonces de la Banque, largement attendues, n'ont guère fait bouger le yen, mais le rendement des obligations japonaises à 10 et 30 ans a grimpé sensiblement, reflétant le durcissement monétaire.
De son côté, la banque centrale australienne a laissé mardi ses taux inchangés après les avoir déjà relevés par trois fois cette année.
Texte intégral (720 mots)
Cette décision, conforme aux anticipations du marché, intervient à la suite de récents resserrements monétaires de la Banque centrale européenne (BCE) et de la Banque d'Indonésie, et avant une réunion de la Réserve fédérale américaine (Fed).
Après avoir été hanté par la déflation, le Japon connaît depuis le printemps 2022 une hausse soutenue des prix à la consommation au-delà de 2%, ce qui a poussé la BoJ à resserrer progressivement depuis 2024 ses taux longtemps restés nuls ou négatifs.
Mais la spirale inflationniste s'est accentuée ces derniers mois, à mesure que flambaient les prix de l'énergie face à la paralysie des acheminements d'hydrocarbures du Golfe - dont le Japon importait avant la guerre 90% de son pétrole.
Washington et Téhéran sont parvenus lundi à un accord pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, qui a fait plonger les cours du pétrole. Pour autant, la réouverture du détroit d'Ormuz et le redémarrage de la production d'hydrocarbures devraient prendre du temps.
"La répercussion de la hausse des prix du pétrole brut s'opère à un rythme relativement soutenu dans les transactions entre entreprises, ce qui pourrait entraîner une augmentation des prix pour un large éventail de produits", avertit la banque centrale.
"A première vue, cette position ferme de la BoJ est difficile à concilier avec une inflation (japonaise) n'atteignant guère que 1,4% en avril grâce au plafonnement des prix des carburants", très en-deçà du niveau-cible de 2%, observe Marcel Thieliant de Capital Economics.
Mais l'institution anticipe une nette accélération de l'inflation d'ici l'année prochaine, insiste-t-il. "Compte tenu des avertissements de la Banque concernant les risques inflationnistes, nous anticipons un nouveau relèvement des taux lors de sa réunion d'octobre et une remontée à 2,0% d'ici fin 2027", ajoute M. Thieliant.
Inquiétudes sur le yen
Si le gouvernement de Sanae Takaichi s'est inquiété des risques économiques d'un durcissement monétaire prématuré, la BoJ a relativisé mardi, notant "le niveau élevé des bénéfices des entreprises et l'amélioration de la situation de l'emploi et des revenus", tout comme l'impact des subventions sur l'énergie.
La croissance "devrait ralentir car la hausse des prix du pétrole brut devrait peser sur les bénéfices des entreprises et le revenu réel des ménages", mais la quatrième économie mondiale continuera de croître "bien qu'à un rythme ralenti", soutenue par les mesures de soutien gouvernementales et des conditions financières accommodantes, complète l'institution.
Cependant, les difficultés du Japon sont aggravées par la chute du yen, exacerbée par la hausse des prix du pétrole et l'écart entre les taux d'intérêt américains et japonais - une dépréciation qui renchérit le prix des produits importés.
"Dans un contexte marqué par des inquiétudes croissantes concernant l'inflation et par les anticipations d'un éventuel relèvement des taux de la Réserve fédérale américaine (Fed) cette année, la BoJ ne peut se permettre de différer" un tour de vis, insistait avant la décision Shigeto Nagai, analyste d'Oxford Economics.
La Fed se réunit mardi et mercredi, et si un statu quo est attendu, les marchés anticipent des hausses de taux dans l'année sur fond d'inflation américaine au plus haut depuis trois ans. Tout relèvement des taux de la Fed renforce le dollar, accroissant la pression sur le yen.
Le mois dernier, le gouvernement japonais a dépensé environ 11.700 milliards de yens (63 milliards d'euros) pour soutenir sa devise - mais avec un impact très éphémère, rapidement estompé par les anticipations d'un durcissement de la Fed.
La BoJ a par ailleurs annoncé mardi poursuivre la réduction progressive de son programme d'achat de dette nippone jusqu'en avril 2027, avant de stabiliser après cette date son volume mensuel d'achats.
Les annonces de la Banque, largement attendues, n'ont guère fait bouger le yen, mais le rendement des obligations japonaises à 10 et 30 ans a grimpé sensiblement, reflétant le durcissement monétaire.
De son côté, la banque centrale australienne a laissé mardi ses taux inchangés après les avoir déjà relevés par trois fois cette année.