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05.07.2026 à 10:47

FRANCE24
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Malgré sa popularité, peu d'analystes avaient anticipé la victoire écrasante du rappeur devenu maire de Katmandou, 36 ans, aux élections législatives du 5 mars. Mais la colère des jeunes de la Génération Z contre la corruption et le chômage qui a fait tomber le gouvernement six mois plus tôt a balayé la classe politique qui se partageait le pouvoir depuis plusieurs décennies. Dans ses rares prises de parole publiques, "Balen" Shah avait indiqué son intention d'agir vite. Dès le lendemain de sa prestation de serment, son prédécesseur KP Sharma Oli a été arrêté par la police et interrogé plusieurs jours sur son rôle dans la répression des manifestations des 8 et 9 septembre 2025, qui ont fait au moins 76 morts et plus de 2.600 blessés. Dans la semaine qui a suivi, son équipe a dévoilé un catalogue ambitieux de 100 engagements sur la gouvernance, la lutte contre la corruption, l'économie, l'éducation ou le système de santé. Le gouvernement est "lancé à pleine vitesse sur une autoroute", a répété la semaine dernière le Premier ministre devant les cadres de son parti. "Nous n'appuierons sur le frein que lorsque nous serons arrivés à destination". "Beaucoup reste à faire" Pour une partie de l'opinion toutefois, sa course au changement a viré à la précipitation. Après dix jours de garde à vue, M. Oli, qui a toujours nié avoir ordonné à la police d'ouvrir le feu sur les émeutiers de l'an dernier, a été remis en liberté sans qu'aucune poursuite ne soit, à ce jour, engagée contre lui. Le Premier ministre "a répondu aux exigences exprimées lors de la contestation", observe Nimesh Shrestha, 32 ans, un des manifestants de septembre. "Mais beaucoup reste à faire pour que justice soit rendue aux victimes". Sur le front des réformes, le gouvernement a assuré samedi que deux tiers d'entre elles avaient été menées à bien. Le Parti communiste népalais (CPN-UML) de M. Oli a jugé son travail "très faible, immature et controversé". Mais plus que ses performances, c'est le style de "Balen" Shah qui pose question. Hormis un... clip de rap posté sur les réseaux sociaux à la veille de son investiture, le Premier ministre n'a toujours pas prononcé de discours public, ni même accordé d'entretien aux médias. "En trois mois, nous en avons très peu appris sur l'homme que nous avons élu", déplore le journaliste Pranaya Rana, "il va désormais falloir qu'il s'ouvre un peu". Discret dans son pays, Balendra Shah est même absent de la scène internationale. Contrairement aux traditions, c'est le patron de son Parti national indépendant (RSP, centre) ou son ministre des Affaires étrangères qui ont été dépêchés dans les capitales étrangères. "Rester vigilant" Lui a promis de ne pas quitter son pays pendant un an pour se concentrer sur la situation intérieure... Quant à sa façon de mettre en oeuvre sa politique, elle étonne. Malgré sa majorité écrasante à la Chambre, il lui préfère les ordonnances par, dit-il, souci d'efficacité. "C'est bien que le gouvernement veuille obtenir des résultats", juge un des émeutiers de 2025, Yujan Rajbhandari, 23 ans, "mais si les réformes ne sont pas mises en place dans les règles, elles ne dureront pas". "Du travail a été accompli mais selon des méthodes semble-t-il différentes", s'inquiète l'analyste politique Anusha Khanal, "il va falloir rester vigilant". Une réforme en particulier a fait lever quelques sourcils. Celle qui autorise le Conseil constitutionnel à prendre des décisions, dont les nominations de magistrats, à la majorité simple, au risque de menacer leur indépendance. La décision de faire intervenir les bulldozers pour détruire les bidonvilles de Katmandou et expulser leurs habitants a en outre été jugée brutale par de nombreuses ONG. "Il est encore tôt" pour juger, relève le journaliste Pranaya Rana. "Le gouvernement a bénéficié de la bienveillance de tous pendant ses cent premiers jours, c'est maintenant que les premières critiques pourraient poindre".

05.07.2026 à 10:46

FRANCE24
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Souleymane Mbodj, conteur et percussionniste, auteur de "Les Larmes du Crocodile", éd. Les Editions des Eléphants, est notre invité.
Texte intégral (683 mots)
Souleymane Mbodj, conteur et percussionniste, auteur de "Les Larmes du Crocodile", éd. Les Editions des Eléphants, est notre invité.

05.07.2026 à 10:43

FRANCE24
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Ces dernières semaines, ceux de Mohammad Mannan, 25 ans, sont entièrement tournés vers le Japon. En septembre, il y participera aux Jeux asiatiques, fer de lance d'une équipe de jeunes surfeurs bangladais qui tente d'exister avec des moyens dérisoires, contre le cricket ou le football rois et pas mal de préjugés. "J'ai déjà participé aux championnats d'Asie en 2023, 2024 et 2025", prévient Mohammad Mannan. Il n'y a rien gagné mais se souvient d'une "expérience extraordinaire, (...) un grand moment de fierté". "Cette année, on s'est bien préparé", ajoute le jeune homme. "Les vagues au Japon sont assez proches de celles d'ici, on devrait pouvoir s'adapter." Plus que les rouleaux, c'est un temps de chien que le surfeur affronte ce matin-là. Battus par le vent et la pluie, le sable et la mer se fondent dans le même gris. Quant aux vagues, elles frôlent à peine le mètre de hauteur, très loin des rouleaux de Hawaï. Un peu juste pour s'entraîner, maugrée Mohammad Mannan, ou espérer rivaliser avec ses adversaires. "Pas assez riche" "Ils ont de meilleures planches, des vagues plus hautes et ils vont à l'étranger pour se frotter à d'autres océans", observe-t-il. "Si on pouvait s'entraîner en Indonésie ou au Sri Lanka, on aurait de meilleurs résultats. Mais le club n'est pas assez riche." Son fondateur Rashed Alam l'admet volontiers. "Nous n'avons malheureusement pas de sponsor pour nous payer des entraînements à l'étranger". Rien d'inhabituel pour ce promoteur du surf au Bangladesh, dont l'histoire s'est pour l'essentiel nourrie de hasards, de générosité et de débrouille. La légende dit que la discipline est apparue en 2004 à Cox's Bazar avec quatre touristes américains attirés par sa plage ininterrompue de 120 km de long, la plus grande au monde se targuent ses habitués. "Quatre grands gars de Hawaï, avec leurs mini-shorts et leurs gros appareils photo venus chevaucher nos vagues", précise Rashed Alam. D'autres étrangers les ont suivis et laissé derrière eux leurs planches à quelques autochtones qui n'ont pas tardé à les imiter. "C'est comme ça que je suis tombé amoureux du surf", dit-il. A tel point qu'il décide de s'installer en Californie, l'une des Mecque de la discipline. Moniteur de surf, maître nageur, il y épouse une Américaine. Quand le couple revient au pays en 2013, il crée le tout premier club de surf du Bangladesh. Pionnières Contre les préventions religieuses, Rashed Alam décide de l'ouvrir aux filles, et d'initier les adolescentes qui vendent de l'eau ou des babioles sur la plage. "Un vrai défi" dans un pays musulman, concède-t-il. "Venir surfer sous le regard des autres, porter des leggings, des shorts (...) et puis les familles, pauvres, qui exigeaient que ces filles renoncent au surf pour continuer à vendre et ramener l'argent." Ces pionnières sont aujourd'hui rentrées dans le rang, mariées ou mères de famille, et ont renoncé à la glisse. Mais d'autres ont suivi. Comme Fatima Akhter, 16 ans. Qualifiée elle aussi pour les Jeux asiatiques, elle porte tous les espoirs de son moniteur. "J'ai un rêve", confie la jeune femme avec un large sourire, "je veux laisser ma marque dans ce sport". D'autres filles ont essuyé les plâtres avant elle, mais Fatima Akhter a dû batailler pour imposer sa passion. "Les gens regardent les surfeurs de haut. On m'apostrophe souvent. On me demande ce qu'une fille fait à la plage, (...) que ça devrait être réservé aux garçons", dit-elle. "Ma mère aussi a souffert. On lui a dit qu'elle devait me marier. Mais je m'en fiche." Et contrairement à d'autres, elle a résisté. Pour protéger son indépendance, Rashed Alam - surfeur bénévole mais salarié d'une ONG - lui paie ses études. Encore des rêves Le patron du club met d'ailleurs souvent la main à la poche, tant le club est démuni. Et superbement ignoré. "On fait du porte-à-porte auprès de tout le monde mais personne ne répond", se désespère le porte-parole de l'Association bangladaise de surf, Saifullah Sifat. "Le surf coûte cher (...) et on ne peut compter que sur les dons", ajoute-t-il. "La seule note positive, c'est que le public commence enfin à nous connaître. Pas au point d'être un sport populaire mais il y a du mieux." L'autre raison d'espérer, ce sont ces gamins qui dorment toutes les nuits à-même le sol du club, enroulés dans d'épaisses couvertures. Des vendeurs de plage, encore, à qui Rashed Alam offre le gîte, le couvert et des cours de surf. La relève. Le benjamin Mehedi Hasan n'a que 10 ans. Abandonné par son père, malade, et sa mère, remariée. "Je chante pour les touristes, je prends 50 takas (35 centimes d'euro) par chanson." Et depuis quelques mois, il surfe. "Je suis petit et parfois les vagues me passent au-dessus de la tête. Mais quand j'arrive à les dominer, c'est fantastique." "Ce sont ces émotions-là que je veux transmettre", opine Rashed Alam. "Je veux aider d'autres filles et d'autres garçons à réaliser leurs rêves. Parce que parfois, les rêves se réalisent."
Texte intégral (878 mots)
Ces dernières semaines, ceux de Mohammad Mannan, 25 ans, sont entièrement tournés vers le Japon. En septembre, il y participera aux Jeux asiatiques, fer de lance d'une équipe de jeunes surfeurs bangladais qui tente d'exister avec des moyens dérisoires, contre le cricket ou le football rois et pas mal de préjugés. "J'ai déjà participé aux championnats d'Asie en 2023, 2024 et 2025", prévient Mohammad Mannan. Il n'y a rien gagné mais se souvient d'une "expérience extraordinaire, (...) un grand moment de fierté". "Cette année, on s'est bien préparé", ajoute le jeune homme. "Les vagues au Japon sont assez proches de celles d'ici, on devrait pouvoir s'adapter." Plus que les rouleaux, c'est un temps de chien que le surfeur affronte ce matin-là. Battus par le vent et la pluie, le sable et la mer se fondent dans le même gris. Quant aux vagues, elles frôlent à peine le mètre de hauteur, très loin des rouleaux de Hawaï. Un peu juste pour s'entraîner, maugrée Mohammad Mannan, ou espérer rivaliser avec ses adversaires. "Pas assez riche" "Ils ont de meilleures planches, des vagues plus hautes et ils vont à l'étranger pour se frotter à d'autres océans", observe-t-il. "Si on pouvait s'entraîner en Indonésie ou au Sri Lanka, on aurait de meilleurs résultats. Mais le club n'est pas assez riche." Son fondateur Rashed Alam l'admet volontiers. "Nous n'avons malheureusement pas de sponsor pour nous payer des entraînements à l'étranger". Rien d'inhabituel pour ce promoteur du surf au Bangladesh, dont l'histoire s'est pour l'essentiel nourrie de hasards, de générosité et de débrouille. La légende dit que la discipline est apparue en 2004 à Cox's Bazar avec quatre touristes américains attirés par sa plage ininterrompue de 120 km de long, la plus grande au monde se targuent ses habitués. "Quatre grands gars de Hawaï, avec leurs mini-shorts et leurs gros appareils photo venus chevaucher nos vagues", précise Rashed Alam. D'autres étrangers les ont suivis et laissé derrière eux leurs planches à quelques autochtones qui n'ont pas tardé à les imiter. "C'est comme ça que je suis tombé amoureux du surf", dit-il. A tel point qu'il décide de s'installer en Californie, l'une des Mecque de la discipline. Moniteur de surf, maître nageur, il y épouse une Américaine. Quand le couple revient au pays en 2013, il crée le tout premier club de surf du Bangladesh. Pionnières Contre les préventions religieuses, Rashed Alam décide de l'ouvrir aux filles, et d'initier les adolescentes qui vendent de l'eau ou des babioles sur la plage. "Un vrai défi" dans un pays musulman, concède-t-il. "Venir surfer sous le regard des autres, porter des leggings, des shorts (...) et puis les familles, pauvres, qui exigeaient que ces filles renoncent au surf pour continuer à vendre et ramener l'argent." Ces pionnières sont aujourd'hui rentrées dans le rang, mariées ou mères de famille, et ont renoncé à la glisse. Mais d'autres ont suivi. Comme Fatima Akhter, 16 ans. Qualifiée elle aussi pour les Jeux asiatiques, elle porte tous les espoirs de son moniteur. "J'ai un rêve", confie la jeune femme avec un large sourire, "je veux laisser ma marque dans ce sport". D'autres filles ont essuyé les plâtres avant elle, mais Fatima Akhter a dû batailler pour imposer sa passion. "Les gens regardent les surfeurs de haut. On m'apostrophe souvent. On me demande ce qu'une fille fait à la plage, (...) que ça devrait être réservé aux garçons", dit-elle. "Ma mère aussi a souffert. On lui a dit qu'elle devait me marier. Mais je m'en fiche." Et contrairement à d'autres, elle a résisté. Pour protéger son indépendance, Rashed Alam - surfeur bénévole mais salarié d'une ONG - lui paie ses études. Encore des rêves Le patron du club met d'ailleurs souvent la main à la poche, tant le club est démuni. Et superbement ignoré. "On fait du porte-à-porte auprès de tout le monde mais personne ne répond", se désespère le porte-parole de l'Association bangladaise de surf, Saifullah Sifat. "Le surf coûte cher (...) et on ne peut compter que sur les dons", ajoute-t-il. "La seule note positive, c'est que le public commence enfin à nous connaître. Pas au point d'être un sport populaire mais il y a du mieux." L'autre raison d'espérer, ce sont ces gamins qui dorment toutes les nuits à-même le sol du club, enroulés dans d'épaisses couvertures. Des vendeurs de plage, encore, à qui Rashed Alam offre le gîte, le couvert et des cours de surf. La relève. Le benjamin Mehedi Hasan n'a que 10 ans. Abandonné par son père, malade, et sa mère, remariée. "Je chante pour les touristes, je prends 50 takas (35 centimes d'euro) par chanson." Et depuis quelques mois, il surfe. "Je suis petit et parfois les vagues me passent au-dessus de la tête. Mais quand j'arrive à les dominer, c'est fantastique." "Ce sont ces émotions-là que je veux transmettre", opine Rashed Alam. "Je veux aider d'autres filles et d'autres garçons à réaliser leurs rêves. Parce que parfois, les rêves se réalisent."

05.07.2026 à 10:43

FRANCE24
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Un reportage signé M. E. Constance.
Texte intégral (878 mots)
Un reportage signé M. E. Constance.

05.07.2026 à 10:40

FRANCE24
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Les conditions météorologiques perturbent samedi les principales célébrations des 250 ans des Etats-Unis à Washington, retardant le discours attendu en soirée de Donald Trump, bien décidé à s'accaparer le premier rôle malgré tout.
Texte intégral (878 mots)
Les conditions météorologiques perturbent samedi les principales célébrations des 250 ans des Etats-Unis à Washington, retardant le discours attendu en soirée de Donald Trump, bien décidé à s'accaparer le premier rôle malgré tout.
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