Ce document "révèle le coût humain de l'usage de drogues, les derniers chiffres annuels faisant état d'au moins 7.600 décès par surdose" dans 29 pays dont les 27 de l'UE, selon Magnus Brunner, commissaire européen chargé des Affaires intérieures et de la Migration, cité dans un communiqué publié avec le rapport.
Lorraine Nolan, directrice exécutive de l'EUDA, ajoute que "les marchés des drogues évoluent à un rythme effréné, et la diversité des substances dans les rues européennes devient de plus en plus imprévisible. Il en résulte un risque: les consommateurs peuvent prendre des drogues très puissantes, souvent sans en avoir conscience".
"La polyconsommation est également courante, les personnes associant différentes drogues d'une manière qui accroît les risques", souligne l'agence, qui appelle à investir dans la prévention, le traitement et la réinsertion sociale des consommateurs.
"Nous constatons que le trafic de drogue n'est plus un domaine isolé de la criminalité", a déclaré mardi Magnus Brunner lors d'une visioconférence de presse organisée depuis Bruxelles, ajoutant qu'il est lié au "blanchiment d'argent", à "la corruption" et à "la traite d'êtres humains".
Une nouvelle substance par semaine
Le rapport analyse l'évolution de la consommation et du marché des stupéfiants dans les 27 pays de l'UE, ainsi qu'en Norvège et en Turquie.
"De nouvelles substances psychoactives (NSP) continuent d'être détectées à un rythme d'environ une par semaine", pointent ces travaux, ajoutant "qu'en 2025, 50 NSP ont été signalées pour la première fois en Europe, portant à 1.050 le nombre total de substances surveillées par l'EUDA".
La "diversification" de l'offre de produits à base de cannabis soulève notamment des inquiétudes en matière de santé publique.
"L'adultération de produits à base de cannabis par des cannabinoïdes de synthèse puissants et la grande disponibilité des cannabinoïdes semi-synthétiques augmentent les risques d'effets nocifs", alerte l'EUDA.
"Ces deux types de substances sont vendus sous forme de cigarettes électroniques et de produits comestibles, ce qui inquiète quant à leur adoption par de nouveaux utilisateurs, potentiellement plus jeunes", complète l'agence.
Les nouveaux opioïdes de synthèse sont également un sujet de préoccupation majeur. "Rien qu'en 2025, sept nouveaux opioïdes de synthèse ont été signalés via le système d'alerte précoce de l'UE, parmi lesquels des nitazènes et des orphines", dénombre l'EUDA.
Envois fragmentés
La kétamine, médicament utilisé en anesthésie, fait l'objet d'un "usage détourné de plus en plus fréquent". Si sa consommation globale reste "relativement faible", "elle se généralise dans certains milieux fréquentés par des jeunes et dans des lieux de vie nocturne".
Le rapport montre que la consommation de cocaïne reste "élevée" dans toute l'Europe, avec environ 4,3 millions d'Européens de 15 à 64 ans qui en ont consommé au cours de l'année écoulée.
Concernant l'acheminement, les criminels "ont diversifié leurs itinéraires et leurs méthodes pour échapper à la détection", et ont "de plus en plus souvent recours à des ports de moindre importance, à des transferts en mer effectués à l'aide de vedettes rapides et d’autres embarcations, ainsi qu'à des semi-submersibles, des drones et des techniques de dissimulation sophistiquées".
Selon l'EUDA, de plus en plus de cannabis est acheminé du Canada et des Etats-Unis, et, dans une moindre mesure, de Thaïlande.
Concernant la cocaïne, après des années de saisies record, le volume intercepté en Europe est tombé à 330 tonnes en 2024, contre 419 tonnes en 2023. Le nombre de saisies est toutefois passé à 97.000 (contre 95.000 en 2023), "ce qui laisse penser que les trafiquants s'orienteraient vers des envois plus petits et plus fragmentés afin d'échapper à la détection", suggère l'EUDA.
"Le trafic se diversifie vers de plus petits ports", a relevé Lorraine Nolan. "L'Alliance européenne des ports doit accompagner ces nouveaux ports, en formant le personnel et en sensibilisant autour de cette problématique".
"La Commission européenne doit adopter une approche globale", a estimé Magnus Brunner, ajoutant que "cette stratégie doit agir à la fois sur l'offre et la demande, en adoptant une politique à la fois préventive et répressive".
Texte intégral (702 mots)
Ce document "révèle le coût humain de l'usage de drogues, les derniers chiffres annuels faisant état d'au moins 7.600 décès par surdose" dans 29 pays dont les 27 de l'UE, selon Magnus Brunner, commissaire européen chargé des Affaires intérieures et de la Migration, cité dans un communiqué publié avec le rapport.
Lorraine Nolan, directrice exécutive de l'EUDA, ajoute que "les marchés des drogues évoluent à un rythme effréné, et la diversité des substances dans les rues européennes devient de plus en plus imprévisible. Il en résulte un risque: les consommateurs peuvent prendre des drogues très puissantes, souvent sans en avoir conscience".
"La polyconsommation est également courante, les personnes associant différentes drogues d'une manière qui accroît les risques", souligne l'agence, qui appelle à investir dans la prévention, le traitement et la réinsertion sociale des consommateurs.
"Nous constatons que le trafic de drogue n'est plus un domaine isolé de la criminalité", a déclaré mardi Magnus Brunner lors d'une visioconférence de presse organisée depuis Bruxelles, ajoutant qu'il est lié au "blanchiment d'argent", à "la corruption" et à "la traite d'êtres humains".
Une nouvelle substance par semaine
Le rapport analyse l'évolution de la consommation et du marché des stupéfiants dans les 27 pays de l'UE, ainsi qu'en Norvège et en Turquie.
"De nouvelles substances psychoactives (NSP) continuent d'être détectées à un rythme d'environ une par semaine", pointent ces travaux, ajoutant "qu'en 2025, 50 NSP ont été signalées pour la première fois en Europe, portant à 1.050 le nombre total de substances surveillées par l'EUDA".
La "diversification" de l'offre de produits à base de cannabis soulève notamment des inquiétudes en matière de santé publique.
"L'adultération de produits à base de cannabis par des cannabinoïdes de synthèse puissants et la grande disponibilité des cannabinoïdes semi-synthétiques augmentent les risques d'effets nocifs", alerte l'EUDA.
"Ces deux types de substances sont vendus sous forme de cigarettes électroniques et de produits comestibles, ce qui inquiète quant à leur adoption par de nouveaux utilisateurs, potentiellement plus jeunes", complète l'agence.
Les nouveaux opioïdes de synthèse sont également un sujet de préoccupation majeur. "Rien qu'en 2025, sept nouveaux opioïdes de synthèse ont été signalés via le système d'alerte précoce de l'UE, parmi lesquels des nitazènes et des orphines", dénombre l'EUDA.
Envois fragmentés
La kétamine, médicament utilisé en anesthésie, fait l'objet d'un "usage détourné de plus en plus fréquent". Si sa consommation globale reste "relativement faible", "elle se généralise dans certains milieux fréquentés par des jeunes et dans des lieux de vie nocturne".
Le rapport montre que la consommation de cocaïne reste "élevée" dans toute l'Europe, avec environ 4,3 millions d'Européens de 15 à 64 ans qui en ont consommé au cours de l'année écoulée.
Concernant l'acheminement, les criminels "ont diversifié leurs itinéraires et leurs méthodes pour échapper à la détection", et ont "de plus en plus souvent recours à des ports de moindre importance, à des transferts en mer effectués à l'aide de vedettes rapides et d’autres embarcations, ainsi qu'à des semi-submersibles, des drones et des techniques de dissimulation sophistiquées".
Selon l'EUDA, de plus en plus de cannabis est acheminé du Canada et des Etats-Unis, et, dans une moindre mesure, de Thaïlande.
Concernant la cocaïne, après des années de saisies record, le volume intercepté en Europe est tombé à 330 tonnes en 2024, contre 419 tonnes en 2023. Le nombre de saisies est toutefois passé à 97.000 (contre 95.000 en 2023), "ce qui laisse penser que les trafiquants s'orienteraient vers des envois plus petits et plus fragmentés afin d'échapper à la détection", suggère l'EUDA.
"Le trafic se diversifie vers de plus petits ports", a relevé Lorraine Nolan. "L'Alliance européenne des ports doit accompagner ces nouveaux ports, en formant le personnel et en sensibilisant autour de cette problématique".
"La Commission européenne doit adopter une approche globale", a estimé Magnus Brunner, ajoutant que "cette stratégie doit agir à la fois sur l'offre et la demande, en adoptant une politique à la fois préventive et répressive".