Il raconte à l'AFP que son frère, père de famille de 47 ans, était sous terre au moment du drame survenu vendredi dans la mine de Liushenyu, dans la province du Shanxi (nord de la Chine).
C'est l'accident minier le plus meurtrier dans le pays depuis 2009. Selon les médias d'Etat, un total de 247 mineurs se trouvaient dans les galeries souterraines lors du drame.
Les appels téléphoniques à son frère "ne passent plus", confie l'homme, qui n'a pas le courage d'annoncer la nouvelle à ses parents.
"Je n'ose pas leur dire", affirme-t-il, refusant d'être cité nommément.
"Je n'ai aucune idée de comment l'accident est survenu", souligne-t-il, disant seulement espérer que son frère soit sain et sauf.
Le père de famille de 47 ans est-il un de ces deux mineurs?
"Ils disent que deux personnes sont portées disparues, mais qui sait si c'est exact? Honnêtement, on n'en sait rien", déclare son frère.
En quête d'informations, lui et des proches d'autres mineurs, certains en pleurs, font les cent pas devant un barrage filtrant qui les empêche de poursuivre leur chemin vers la mine.
"Les pires"
Des policiers en poste à proximité demandent aux journalistes de l'AFP d'éviter de parler aux familles et de quitter les lieux.
L'homme de 47 ans travaille dans cette mine depuis trois ou quatre ans et touche un salaire mensuel de 7.000 à 10.000 yuans (de 890 à 1.270 euros), explique son frère. Une rémunération plutôt bonne pour le Shanxi, une province relativement pauvre.
Juste à côté, autorisées à passer, des ambulances et des voitures de police se dirigent vers la mine.
Le Shanxi, province montagneuse, est le coeur de l'industrie charbonnière chinoise.
La sécurité dans les mines chinoises s'est améliorée au cours des dernières décennies, tout comme la couverture médiatique des incidents majeurs, dont beaucoup étaient autrefois passés sous silence.
Mais des accidents surviennent régulièrement, en raison de la dangerosité inhérente au secteur et de l'application parfois laxiste des mesures de sécurité.
Les autorités ont affirmé samedi soir que le groupe privé exploitant la mine, le groupe Tongzhou, avait commis de "graves" infractions. "Les responsables seront sévèrement punis", ont-elles promis.
Des mineurs disant travailler sur le site critiquent dimanche ce qu'ils présentent comme un manque de considération de la part de leur employeur. Deux d'entre eux affirment ainsi ne pas avoir été payés depuis plusieurs mois.
"En matière de gestion, ici, ce sont les pires", déclare à l'AFP un mineur de 58 ans, qui affirme avoir travaillé dans plusieurs mines de charbon au cours des trois dernières décennies.
"Dévasté"
Il ne souhaite pas donner son nom, de peur de perdre son emploi. L'homme affirme par ailleurs que les ouvriers doivent acheter eux-mêmes leurs casques.
Les deux mineurs, qui travaillaient vendredi matin, n'étaient pas sous terre lors de l'explosion.
"Si on avait été là-bas quelques heures plus tard, ça aurait été nous", affirme le quinquagénaire, pensif.
"Je suis vraiment dévasté", souligne-t-il.
L'AFP a sollicité une réaction du groupe Tongzhou sur le drame.
Devant le barrage filtrant, une femme assise sous un arbre attend des nouvelles de son mari, lui aussi mineur.
"Se faire du souci, ça ne sert à rien", affirme-t-elle, refusant elle aussi de donner son nom. "On est déjà malade d'inquiétude, mais être angoissé ne va rien changer".
Son époux, avec qui elle est mariée depuis plus de 20 ans, parlait rarement de son travail. La femme dit n'avoir pas réussi à le joindre depuis l'explosion.
"Je n'ai vraiment pas le coeur à parler de ça", conclut-elle, demandant à rester seule.
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Il raconte à l'AFP que son frère, père de famille de 47 ans, était sous terre au moment du drame survenu vendredi dans la mine de Liushenyu, dans la province du Shanxi (nord de la Chine).
C'est l'accident minier le plus meurtrier dans le pays depuis 2009. Selon les médias d'Etat, un total de 247 mineurs se trouvaient dans les galeries souterraines lors du drame.
Les appels téléphoniques à son frère "ne passent plus", confie l'homme, qui n'a pas le courage d'annoncer la nouvelle à ses parents.
"Je n'ose pas leur dire", affirme-t-il, refusant d'être cité nommément.
"Je n'ai aucune idée de comment l'accident est survenu", souligne-t-il, disant seulement espérer que son frère soit sain et sauf.
Le père de famille de 47 ans est-il un de ces deux mineurs?
"Ils disent que deux personnes sont portées disparues, mais qui sait si c'est exact? Honnêtement, on n'en sait rien", déclare son frère.
En quête d'informations, lui et des proches d'autres mineurs, certains en pleurs, font les cent pas devant un barrage filtrant qui les empêche de poursuivre leur chemin vers la mine.
"Les pires"
Des policiers en poste à proximité demandent aux journalistes de l'AFP d'éviter de parler aux familles et de quitter les lieux.
L'homme de 47 ans travaille dans cette mine depuis trois ou quatre ans et touche un salaire mensuel de 7.000 à 10.000 yuans (de 890 à 1.270 euros), explique son frère. Une rémunération plutôt bonne pour le Shanxi, une province relativement pauvre.
Juste à côté, autorisées à passer, des ambulances et des voitures de police se dirigent vers la mine.
Le Shanxi, province montagneuse, est le coeur de l'industrie charbonnière chinoise.
La sécurité dans les mines chinoises s'est améliorée au cours des dernières décennies, tout comme la couverture médiatique des incidents majeurs, dont beaucoup étaient autrefois passés sous silence.
Mais des accidents surviennent régulièrement, en raison de la dangerosité inhérente au secteur et de l'application parfois laxiste des mesures de sécurité.
Les autorités ont affirmé samedi soir que le groupe privé exploitant la mine, le groupe Tongzhou, avait commis de "graves" infractions. "Les responsables seront sévèrement punis", ont-elles promis.
Des mineurs disant travailler sur le site critiquent dimanche ce qu'ils présentent comme un manque de considération de la part de leur employeur. Deux d'entre eux affirment ainsi ne pas avoir été payés depuis plusieurs mois.
"En matière de gestion, ici, ce sont les pires", déclare à l'AFP un mineur de 58 ans, qui affirme avoir travaillé dans plusieurs mines de charbon au cours des trois dernières décennies.
"Dévasté"
Il ne souhaite pas donner son nom, de peur de perdre son emploi. L'homme affirme par ailleurs que les ouvriers doivent acheter eux-mêmes leurs casques.
Les deux mineurs, qui travaillaient vendredi matin, n'étaient pas sous terre lors de l'explosion.
"Si on avait été là-bas quelques heures plus tard, ça aurait été nous", affirme le quinquagénaire, pensif.
"Je suis vraiment dévasté", souligne-t-il.
L'AFP a sollicité une réaction du groupe Tongzhou sur le drame.
Devant le barrage filtrant, une femme assise sous un arbre attend des nouvelles de son mari, lui aussi mineur.
"Se faire du souci, ça ne sert à rien", affirme-t-elle, refusant elle aussi de donner son nom. "On est déjà malade d'inquiétude, mais être angoissé ne va rien changer".
Son époux, avec qui elle est mariée depuis plus de 20 ans, parlait rarement de son travail. La femme dit n'avoir pas réussi à le joindre depuis l'explosion.
"Je n'ai vraiment pas le coeur à parler de ça", conclut-elle, demandant à rester seule.