Lien du flux RSS
Chaîne de service public - Actualité internationale.

▸ les 15 dernières parutions

12.05.2026 à 08:51

FRANCE24
img
Hitler et Mussolini sont-ils à l’origine du Festival de Cannes ? Vous ne le saviez peut-être pas, mais le tapis rouge le plus célèbre du monde est né pour contrer la menace fasciste… Alors, pourquoi et comment ? Tout commence à Venise…
Hitler et Mussolini sont-ils à l’origine du Festival de Cannes ? Vous ne le saviez peut-être pas, mais le tapis rouge le plus célèbre du monde est né pour contrer la menace fasciste… Alors, pourquoi et comment ? Tout commence à Venise…

12.05.2026 à 08:49

FRANCE24
img
Par 3-4°C sous un ciel plombé, le port d'Ushuaïa sur le canal de Beagle, bras de mer glacé reliant Pacifique et Atlantique, vit une lente activité d'hiver. Des bateaux de pêche, quelques cargos, mais pas un des paquebots qui y font 500 escales par an, drainant plus de 150.000 visiteurs. La saison des croisières, de septembre à avril, est bien finie. De petits groupes de touristes pourtant, harnachés contre le froid, profitent des sorties de quelques heures qu'offrent des catamarans, vers les îles proches, l'île aux Oiseaux, l'île des Lions de mer. Sans inquiétude palpable liée à l'hantavirus. Quoique. "Tout ce que je vois est normal, tout à l'air de bien aller", sourit à l'AFP, courbé contre le vent pluvieux, Luis Cardona, Colombien venu en couple pour quelques jours. Qui comme sa femme porte un masque sanitaire. "C'est pour le froid, et pour la situation" de l'hantavirus, avoue-t-il. Le mystère de la décharge "On a bien vu quelques personnes avec des masques, mais très peu", observe Silvina Galarza, Argentine en séjour quatre jours depuis Concordia, à 2.700 km. Qui "bien sûr" était au courant du Hondius, et que "par ici il y a beaucoup de rongeurs. Ca nous a fait un peu peur, mais tout va bien". A bord du catamaran dont elle débarque, avec quelque 40 touristes, "personne ne parlait de ça. Tout (était) normal". Ces derniers jours, les autorités scientifiques, politiques et touristiques de la province de Terre de Feu martèlent à l'envi que la probabilité est "pratiquement nulle" que le passager néerlandais cas zéro ait été infecté à Ushuaïa lors de son séjour de 48 heures avec son épouse avant d'embarquer. Pêle-mêle, elles invoquent le bref délai entre son séjour et ses premiers symptômes apparus en mer, le 6 avril. Elles rappellent l'absence d'hantavirus dans la province depuis que la notification est obligatoire en 1996. Et que le "raton colilargo", rat à longue queue vecteur de la souche Andes du virus (transmissible d'humain à humain) "ne vit pas dans la zone", mais dans des provinces andines bien plus au nord. Même si plane un doute sur une sous-espèce locale, qu'une prochaine mission scientifique de Buenos Aires doit s'attacher à éclaircir. Mais une vaste décharge, à 6-7 km d'Ushuaïa (80.000 habitants), attire les soupçons. C'est là, selon des médias, sans confirmation officielle à ce jour, que pourrait s'être rendu le couple néerlandais, passionné d'oiseaux, pour y observer des espèces locales, comme le Caracara à gorge blanche (daptrius albogularis). La décharge, semi-ordonnée, avec des couches d'enfouissement superposées mais une partie à ciel ouvert, attire quantité de charognards. Elle est grillagée mais des chemins de terre autour permettent d'observer à mi-distance. Mais là encore, les locaux sont sceptiques. Guillermo Deferrari, chercheur du Centre austral d'investigations scientifiques d'Ushuaïa, rappelle à l'AFP que "le rat à longue queue est herbivore, avec un régime de graines et de fruits", d'où sa présence dans des écosystèmes andins boisés "mais pas dans les décharges, au contraire des rats" communs. Rien ne semble y faire, Ushuaïa reste sous soupçons. Lundi, la chambre de tourisme locale s'est agacée, exhortant "la communauté journalistique locale, nationale et internationale à agir avec la plus grande prudence et ne transmettre que des informations dûment vérifiées et/ou officielles". Le "bateau parti d'Ushuaïa" Les autorités de tourisme assurent ne pas avoir constaté à ce jour d'impact sur les réservations de la prochaine saison de croisières, ni en craindre. Un peu tôt? "C'est clairement pas une bonne chose, pour une destination, d'être associée à la transmission d'une maladie", maugrée Angel Brisighelli, gérant d'une entreprise de catamarans. Car bien qu'il n'y ait pas en Terre de Feu d'antécédent d'hantavirus, bien qu'on n'y trouve pas le rat qui le transmet, "la réalité est que tout le monde parle du +bateau qui est parti d'Ushuaïa+", se désole-t-il. Un peu de neige a commencé à tomber sur Ushuaïa lundi. Pas assez pour tenir, mais suffisamment pour poudrer les hauteurs environnantes, dans ce cadre aussi austère que magnifique de montagne et de mer. Avec l'hiver austral viendront d'autres types de touristes que les croisières: les skieurs en quête de glisse à Cerro Castor, station à 26 km de la ville. Luis Cardona n'en sera pas, mais il l'assure: hantavirus ou pas "je n'aurais aucun problème à revenir" à Ushuaïa. "Très jolie."
Texte intégral (753 mots)
Par 3-4°C sous un ciel plombé, le port d'Ushuaïa sur le canal de Beagle, bras de mer glacé reliant Pacifique et Atlantique, vit une lente activité d'hiver. Des bateaux de pêche, quelques cargos, mais pas un des paquebots qui y font 500 escales par an, drainant plus de 150.000 visiteurs. La saison des croisières, de septembre à avril, est bien finie. De petits groupes de touristes pourtant, harnachés contre le froid, profitent des sorties de quelques heures qu'offrent des catamarans, vers les îles proches, l'île aux Oiseaux, l'île des Lions de mer. Sans inquiétude palpable liée à l'hantavirus. Quoique. "Tout ce que je vois est normal, tout à l'air de bien aller", sourit à l'AFP, courbé contre le vent pluvieux, Luis Cardona, Colombien venu en couple pour quelques jours. Qui comme sa femme porte un masque sanitaire. "C'est pour le froid, et pour la situation" de l'hantavirus, avoue-t-il. Le mystère de la décharge "On a bien vu quelques personnes avec des masques, mais très peu", observe Silvina Galarza, Argentine en séjour quatre jours depuis Concordia, à 2.700 km. Qui "bien sûr" était au courant du Hondius, et que "par ici il y a beaucoup de rongeurs. Ca nous a fait un peu peur, mais tout va bien". A bord du catamaran dont elle débarque, avec quelque 40 touristes, "personne ne parlait de ça. Tout (était) normal". Ces derniers jours, les autorités scientifiques, politiques et touristiques de la province de Terre de Feu martèlent à l'envi que la probabilité est "pratiquement nulle" que le passager néerlandais cas zéro ait été infecté à Ushuaïa lors de son séjour de 48 heures avec son épouse avant d'embarquer. Pêle-mêle, elles invoquent le bref délai entre son séjour et ses premiers symptômes apparus en mer, le 6 avril. Elles rappellent l'absence d'hantavirus dans la province depuis que la notification est obligatoire en 1996. Et que le "raton colilargo", rat à longue queue vecteur de la souche Andes du virus (transmissible d'humain à humain) "ne vit pas dans la zone", mais dans des provinces andines bien plus au nord. Même si plane un doute sur une sous-espèce locale, qu'une prochaine mission scientifique de Buenos Aires doit s'attacher à éclaircir. Mais une vaste décharge, à 6-7 km d'Ushuaïa (80.000 habitants), attire les soupçons. C'est là, selon des médias, sans confirmation officielle à ce jour, que pourrait s'être rendu le couple néerlandais, passionné d'oiseaux, pour y observer des espèces locales, comme le Caracara à gorge blanche (daptrius albogularis). La décharge, semi-ordonnée, avec des couches d'enfouissement superposées mais une partie à ciel ouvert, attire quantité de charognards. Elle est grillagée mais des chemins de terre autour permettent d'observer à mi-distance. Mais là encore, les locaux sont sceptiques. Guillermo Deferrari, chercheur du Centre austral d'investigations scientifiques d'Ushuaïa, rappelle à l'AFP que "le rat à longue queue est herbivore, avec un régime de graines et de fruits", d'où sa présence dans des écosystèmes andins boisés "mais pas dans les décharges, au contraire des rats" communs. Rien ne semble y faire, Ushuaïa reste sous soupçons. Lundi, la chambre de tourisme locale s'est agacée, exhortant "la communauté journalistique locale, nationale et internationale à agir avec la plus grande prudence et ne transmettre que des informations dûment vérifiées et/ou officielles". Le "bateau parti d'Ushuaïa" Les autorités de tourisme assurent ne pas avoir constaté à ce jour d'impact sur les réservations de la prochaine saison de croisières, ni en craindre. Un peu tôt? "C'est clairement pas une bonne chose, pour une destination, d'être associée à la transmission d'une maladie", maugrée Angel Brisighelli, gérant d'une entreprise de catamarans. Car bien qu'il n'y ait pas en Terre de Feu d'antécédent d'hantavirus, bien qu'on n'y trouve pas le rat qui le transmet, "la réalité est que tout le monde parle du +bateau qui est parti d'Ushuaïa+", se désole-t-il. Un peu de neige a commencé à tomber sur Ushuaïa lundi. Pas assez pour tenir, mais suffisamment pour poudrer les hauteurs environnantes, dans ce cadre aussi austère que magnifique de montagne et de mer. Avec l'hiver austral viendront d'autres types de touristes que les croisières: les skieurs en quête de glisse à Cerro Castor, station à 26 km de la ville. Luis Cardona n'en sera pas, mais il l'assure: hantavirus ou pas "je n'aurais aucun problème à revenir" à Ushuaïa. "Très jolie."

12.05.2026 à 08:39

FRANCE24
img
Baptisé lundi soir, d'un prénom féminin selon la coutume - en hommage à Saint-Barbe, patronne des mineurs -, cet immense train foreur de 95 mètres de long s'élancera fin mai pour relier Bobigny à Bondy, un des segments de la future ligne 15 Est. Autour de l'énorme machine, au fond de la fosse, des ouvriers s'affairent: ils ne seront pas moins de 25, en équipe de 3/8, à accompagner son avancée 24 heures sur 24. Au fur et à mesure que le tunnelier s'enfoncera dans son trou, des voiturettes seront mises en place pour ramener les ouvriers à leur base de départ. L'engin remorquera des sanitaires et même une cafétéria pour ceux qui disparaîtront avec lui dans plusieurs kilomètres de tunnel. Elus locaux et responsables du chantier sont venus dévoiler le nom de l'engin, cérémonie obligée avant le début de son lent périple souterrain sur 5,2 km. Construit sur mesure en Allemagne par le groupe Herrenknecht et acheminé en décembre sur ce site "Normandie-Niémen", entre Drancy et Bobigny, "Rita" est le 35e tunnelier mis en service depuis le début du chantier pharaonique des lignes du Grand Paris Express, vers 2015. Il a reçu le nom d'une ingénieure du groupement de travaux Corea. Deux ans et demi à creuser Les travaux des quatre nouvelles lignes de métro (15, 16, 17 et 18) s'achèveront en 2031, en ayant fait tourner 42 tunneliers au total - tous allemands, sauf deux chinois - pour creuser 180 km de tunnel sur les 200 km de parcours. Arrivé en pièces détachées, le tunnelier a été assemblé au fond du puits, en commençant par sa grande roue foreuse, sorte de vis plate géante de 10 mètres de diamètre, puis tout son train arrière. Quand Rita "partira", selon le vocabulaire du chantier, il n'y aura ni bruit assourdissant ni sol tremblant: si profondément sous terre, un piéton en surface ne s'apercevra de rien. Contrairement au métro parisien qui n'est parfois qu'à 3 ou 4 mètres sous nos pieds, explique Gaëtan Chelles, directeur de projet pour Corea, groupement mené par Eiffage. Le tunnelier démarrera d'ici fin mai à une allure de 12 mètres par jour et creusera durant deux ans et demi, pour arriver en octobre 2028 à Bondy, sa destination finale, a précisé la Société des grands projets, maître d'ouvrage. Le tronçon 15 Est comprendra 12 gares, dont celle de Bobigny-Picasso, reliée à la ligne 5 du métro parisien. Si le tronçon sud de la ligne 15, déjà creusé, sera mis en service dès avril 2027, les tronçons est (de Saint-Denis-Pleyel à Champigny-sur-Marne) et ouest (de Pont de Sèvres à Saint-Denis-Pleyel) n'ouvriront qu'en 2031. La ligne 15, clé de voûte du projet, fera alors une grande boucle autour de Paris. Ce site de Normandie-Niémen verra aussi arriver en 2027 le tunnelier Marine (du nom d'une collaboratrice de la Société des grands projets), en provenance d'Aubervilliers, après deux ans de forage. Pour le maire de Bobigny, Abdel Sadi, "la ligne 15 va révolutionner notre territoire" car "la ville a la chance d'accueillir trois gares de cette ligne". "Il a fallu batailler, se mobiliser longtemps pour s'assurer de son tracé et de ces gares", s'est souvenu le président du département de Seine-Saint-Denis Stéphane Troussel. La Seine-Saint-Denis accueillera 22 gares du Grand Paris Express, a-t-il rappelé, qui permettront un accès facilité à l'emploi, à la culture, aux autres lignes de transport, aux opportunités de logement ainsi que des durées de transport considérablement raccourcies. "De Bobigny à Pleyel en 8 minutes, de Bobigny à la mairie d'Aubervilliers en 8 minutes. C'est dire à quel point ça va tout changer dans la vie quotidienne des gens et dans l'attractivité du territoire", a-t-il conclu.
Texte intégral (626 mots)
Baptisé lundi soir, d'un prénom féminin selon la coutume - en hommage à Saint-Barbe, patronne des mineurs -, cet immense train foreur de 95 mètres de long s'élancera fin mai pour relier Bobigny à Bondy, un des segments de la future ligne 15 Est. Autour de l'énorme machine, au fond de la fosse, des ouvriers s'affairent: ils ne seront pas moins de 25, en équipe de 3/8, à accompagner son avancée 24 heures sur 24. Au fur et à mesure que le tunnelier s'enfoncera dans son trou, des voiturettes seront mises en place pour ramener les ouvriers à leur base de départ. L'engin remorquera des sanitaires et même une cafétéria pour ceux qui disparaîtront avec lui dans plusieurs kilomètres de tunnel. Elus locaux et responsables du chantier sont venus dévoiler le nom de l'engin, cérémonie obligée avant le début de son lent périple souterrain sur 5,2 km. Construit sur mesure en Allemagne par le groupe Herrenknecht et acheminé en décembre sur ce site "Normandie-Niémen", entre Drancy et Bobigny, "Rita" est le 35e tunnelier mis en service depuis le début du chantier pharaonique des lignes du Grand Paris Express, vers 2015. Il a reçu le nom d'une ingénieure du groupement de travaux Corea. Deux ans et demi à creuser Les travaux des quatre nouvelles lignes de métro (15, 16, 17 et 18) s'achèveront en 2031, en ayant fait tourner 42 tunneliers au total - tous allemands, sauf deux chinois - pour creuser 180 km de tunnel sur les 200 km de parcours. Arrivé en pièces détachées, le tunnelier a été assemblé au fond du puits, en commençant par sa grande roue foreuse, sorte de vis plate géante de 10 mètres de diamètre, puis tout son train arrière. Quand Rita "partira", selon le vocabulaire du chantier, il n'y aura ni bruit assourdissant ni sol tremblant: si profondément sous terre, un piéton en surface ne s'apercevra de rien. Contrairement au métro parisien qui n'est parfois qu'à 3 ou 4 mètres sous nos pieds, explique Gaëtan Chelles, directeur de projet pour Corea, groupement mené par Eiffage. Le tunnelier démarrera d'ici fin mai à une allure de 12 mètres par jour et creusera durant deux ans et demi, pour arriver en octobre 2028 à Bondy, sa destination finale, a précisé la Société des grands projets, maître d'ouvrage. Le tronçon 15 Est comprendra 12 gares, dont celle de Bobigny-Picasso, reliée à la ligne 5 du métro parisien. Si le tronçon sud de la ligne 15, déjà creusé, sera mis en service dès avril 2027, les tronçons est (de Saint-Denis-Pleyel à Champigny-sur-Marne) et ouest (de Pont de Sèvres à Saint-Denis-Pleyel) n'ouvriront qu'en 2031. La ligne 15, clé de voûte du projet, fera alors une grande boucle autour de Paris. Ce site de Normandie-Niémen verra aussi arriver en 2027 le tunnelier Marine (du nom d'une collaboratrice de la Société des grands projets), en provenance d'Aubervilliers, après deux ans de forage. Pour le maire de Bobigny, Abdel Sadi, "la ligne 15 va révolutionner notre territoire" car "la ville a la chance d'accueillir trois gares de cette ligne". "Il a fallu batailler, se mobiliser longtemps pour s'assurer de son tracé et de ces gares", s'est souvenu le président du département de Seine-Saint-Denis Stéphane Troussel. La Seine-Saint-Denis accueillera 22 gares du Grand Paris Express, a-t-il rappelé, qui permettront un accès facilité à l'emploi, à la culture, aux autres lignes de transport, aux opportunités de logement ainsi que des durées de transport considérablement raccourcies. "De Bobigny à Pleyel en 8 minutes, de Bobigny à la mairie d'Aubervilliers en 8 minutes. C'est dire à quel point ça va tout changer dans la vie quotidienne des gens et dans l'attractivité du territoire", a-t-il conclu.

12.05.2026 à 08:25

FRANCE24
img
Qui est concerné et pourquoi légiférer ? "Le travail via une plateforme numérique est un mode de travail relativement nouveau mettant en relation, par l'intermédiaire d'une plateforme en ligne, telle qu'un site web ou une application, une demande de service émanant d'un client avec la fourniture d'un travail rémunéré par une personne", selon une définition du Conseil de l'Union européenne. Les livreurs de repas sont le symbole de l'"ubérisation" du travail, mais en Europe, plusieurs dizaines de millions de personnes collaborent avec ces entreprises. Une analyse de la Commission européenne datant de 2021 dénombre plus de 500 "plateformes de travail numériques" et 28 millions de travailleurs - avec une projection à 43 millions en 2025. Parmi eux, des chauffeurs VTC en majorité (39%), des livreurs de repas ou de courses à domicile, des déménageurs (24%), des aides-ménagères ou artisans (19%). "Environ 5,5 millions de personnes pourraient être classées à tort dans la catégorie des indépendants", estime le Parlement européen pour lequel il existe dans certains cas "une direction et un contrôle" de la part de l'entreprise caractéristiques du salariat. Ainsi l'UE a-t-elle adopté fin 2024 une législation pour renforcer les droits de ces travailleurs, prévoyant de requalifier comme salariés nombre d'entre eux. En France, le débat est vif et focalisé sur les livreurs de repas Uber Eats et Deliveroo. Syndicats, ONG et associations de livreurs dénoncent unanimement des conditions de travail pénibles, excessives et dangereuses, pour un revenu insuffisant. Et des voix s'élèvent contre l'opacité de l'algorithme déterminant le prix des courses et leur attribution, estimant que cela crée un lien de subordination, le livreur ne maîtrisant ni ses revenus ni ses commandes. Où en est la France ? La France a jusqu'au 2 décembre pour transposer la directive européenne, par ordonnances ou voie législative. En attendant, le gouvernement a missionné trois personnalités pour "proposer des orientations de transposition d’ici la fin du troisième trimestre", selon le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou devant des parlementaires la semaine dernière. Aujourd'hui, ce sont les travailleurs qui doivent prouver devant la justice qu'ils sont subordonnés à la plateforme - Deliveroo et Frichti ont déjà été condamnés en France pour travail dissimulé. La directive appelle, en France, un renversement de la charge de la preuve "sans pour autant instaurer une obligation de salariat", estime l'Association des plateformes d'indépendants (API) qui regroupe Uber, Uber Eats et Deliveroo, interrogée par l'AFP. En France, l'"environnement juridique (est) déjà très structuré" et le dialogue social "avancé", juge l'API qui "réaffirme (son) "engagement en faveur d’un modèle de travail indépendant". Que risque la France ? Si l'Union européenne laisse les mains libres aux Etats membres sur la manière d'adapter en droit national les directives, elle peut sanctionner si la transposition a du retard ou est incorrecte. Notamment si elle "détecte une infraction au droit de l'UE" : elle peut alors déclencher "une procédure d'infraction", peut-on lire sur le site gouvernemental Vie Publique. Elle peut même aller jusqu'à saisir la Cour de justice de l'Union européenne, ce qui expose l'Etat membre en défaut à des sanctions financières. Quels enjeux sur le monde du travail ? "C'est l'ensemble du monde du travail qui va impacté" par cette directive, estime le sénateur communiste Pascal Savoldelli, car "tous les métiers sont touchés par la +plateformisation+". Lors d'une conférence de presse à Paris la semaine dernière, le parlementaire a demandé, frondeur : "Trouvez-moi un métier que les plateformes ont inventé... Il n'y en a pas, elles ont juste transformé (des métiers qui existaient déjà)". Pascal Savoldelli juge ainsi cruciale la bonne transposition de la directive, devant faire jurisprudence, sans quoi "le patronat va prendre tous les métiers à faible valeur ajoutée pour en faire du travail de plateforme".
Texte intégral (664 mots)
Qui est concerné et pourquoi légiférer ? "Le travail via une plateforme numérique est un mode de travail relativement nouveau mettant en relation, par l'intermédiaire d'une plateforme en ligne, telle qu'un site web ou une application, une demande de service émanant d'un client avec la fourniture d'un travail rémunéré par une personne", selon une définition du Conseil de l'Union européenne. Les livreurs de repas sont le symbole de l'"ubérisation" du travail, mais en Europe, plusieurs dizaines de millions de personnes collaborent avec ces entreprises. Une analyse de la Commission européenne datant de 2021 dénombre plus de 500 "plateformes de travail numériques" et 28 millions de travailleurs - avec une projection à 43 millions en 2025. Parmi eux, des chauffeurs VTC en majorité (39%), des livreurs de repas ou de courses à domicile, des déménageurs (24%), des aides-ménagères ou artisans (19%). "Environ 5,5 millions de personnes pourraient être classées à tort dans la catégorie des indépendants", estime le Parlement européen pour lequel il existe dans certains cas "une direction et un contrôle" de la part de l'entreprise caractéristiques du salariat. Ainsi l'UE a-t-elle adopté fin 2024 une législation pour renforcer les droits de ces travailleurs, prévoyant de requalifier comme salariés nombre d'entre eux. En France, le débat est vif et focalisé sur les livreurs de repas Uber Eats et Deliveroo. Syndicats, ONG et associations de livreurs dénoncent unanimement des conditions de travail pénibles, excessives et dangereuses, pour un revenu insuffisant. Et des voix s'élèvent contre l'opacité de l'algorithme déterminant le prix des courses et leur attribution, estimant que cela crée un lien de subordination, le livreur ne maîtrisant ni ses revenus ni ses commandes. Où en est la France ? La France a jusqu'au 2 décembre pour transposer la directive européenne, par ordonnances ou voie législative. En attendant, le gouvernement a missionné trois personnalités pour "proposer des orientations de transposition d’ici la fin du troisième trimestre", selon le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou devant des parlementaires la semaine dernière. Aujourd'hui, ce sont les travailleurs qui doivent prouver devant la justice qu'ils sont subordonnés à la plateforme - Deliveroo et Frichti ont déjà été condamnés en France pour travail dissimulé. La directive appelle, en France, un renversement de la charge de la preuve "sans pour autant instaurer une obligation de salariat", estime l'Association des plateformes d'indépendants (API) qui regroupe Uber, Uber Eats et Deliveroo, interrogée par l'AFP. En France, l'"environnement juridique (est) déjà très structuré" et le dialogue social "avancé", juge l'API qui "réaffirme (son) "engagement en faveur d’un modèle de travail indépendant". Que risque la France ? Si l'Union européenne laisse les mains libres aux Etats membres sur la manière d'adapter en droit national les directives, elle peut sanctionner si la transposition a du retard ou est incorrecte. Notamment si elle "détecte une infraction au droit de l'UE" : elle peut alors déclencher "une procédure d'infraction", peut-on lire sur le site gouvernemental Vie Publique. Elle peut même aller jusqu'à saisir la Cour de justice de l'Union européenne, ce qui expose l'Etat membre en défaut à des sanctions financières. Quels enjeux sur le monde du travail ? "C'est l'ensemble du monde du travail qui va impacté" par cette directive, estime le sénateur communiste Pascal Savoldelli, car "tous les métiers sont touchés par la +plateformisation+". Lors d'une conférence de presse à Paris la semaine dernière, le parlementaire a demandé, frondeur : "Trouvez-moi un métier que les plateformes ont inventé... Il n'y en a pas, elles ont juste transformé (des métiers qui existaient déjà)". Pascal Savoldelli juge ainsi cruciale la bonne transposition de la directive, devant faire jurisprudence, sans quoi "le patronat va prendre tous les métiers à faible valeur ajoutée pour en faire du travail de plateforme".

12.05.2026 à 08:12

Jean-Luc MOUNIER
img
La France du football célèbre, mardi, les 50 ans de la finale de coupe d’Europe perdue par l’AS Saint-Étienne face au Bayern Munich. Une épopée verte qui a marqué les esprits et dont a fait partie Patrick Revelli. Souvenirs du match contre Kiev, dédicace à sa femme, la légende des "poteaux carrés"... Entretien exclusif avec l’ancien attaquant stéphanois.
Texte intégral (664 mots)
La France du football célèbre, mardi, les 50 ans de la finale de coupe d’Europe perdue par l’AS Saint-Étienne face au Bayern Munich. Une épopée verte qui a marqué les esprits et dont a fait partie Patrick Revelli. Souvenirs du match contre Kiev, dédicace à sa femme, la légende des "poteaux carrés"... Entretien exclusif avec l’ancien attaquant stéphanois.
10 / 15

 

  GÉNÉRALISTES
Le Canard Enchaîné
La Croix
Le Figaro
France 24
France-Culture
FTVI
HuffPost
L'Humanité
LCP / Senat
Le Media
La Tribune
Time France
 
  EUROPE ‧ RUSSIE
Courrier Europe Ctrale
Desk-Russie
Euractiv
Euronews
Toute l'Europe
 
  Afrique ‧ Asie ‧ Proche-Orient
Haaretz
Info Asie
Inkyfada
Jeune Afrique
Kurdistan au féminin
L'Orient - Le Jour
Orient XXI
Rojava I.C
 
  INTERNATIONAL
Courrier International
Equaltimes
Global Voices
Infomigrants
I.R.I.S
The New-York Times
 
  OSINT ‧ INVESTIGATION
OFF Investigation
OpenFacto°
Bellingcat
Disclose
G.I.J
I.C.I.J
 
  OPINION
Au Poste
Cause Commune
CrimethInc.
Hors-Serie
L'Insoumission
Là-bas si j'y suis
Les Jours
LVSL
Politis
Quartier Général
Rapports de force
Reflets
Reseau Bastille
StreetPress
 
  OBSERVATOIRES
Armements
Acrimed
Catastrophes naturelles
Conspis
Culture
Curation IA
Extrême-droite
Human Rights Watch
Inégalités
Information
Justice fiscale
Liberté de création
Multinationales
Situationnisme
Sondages
Street-Médics
Routes de la Soie
🌞