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01.02.2026 à 10:37

À Rafah, point de passage entre l'Égypte et la bande de Gaza, une réouverture limitée

FRANCE24
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Israël rouvre dimanche le point de passage de Rafah entre l'Égypte et la bande de Gaza, fermé quasiment hermétiquement depuis mai 2024, mais cette ouverture sera limitée aux personnes uniquement, dans des conditions drastiques.
Israël rouvre dimanche le point de passage de Rafah entre l'Égypte et la bande de Gaza, fermé quasiment hermétiquement depuis mai 2024, mais cette ouverture sera limitée aux personnes uniquement, dans des conditions drastiques.

01.02.2026 à 10:35

La passion norvégienne pour le ski à l'épreuve du changement climatique

FRANCE24
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En Norvège, un dicton veut que les bébés naissent avec des skis aux pieds. De fait, avant le début des JO de Milan Cortina vendredi, le pays scandinave trône en tête du classement des nations les plus titrées de l'histoire des Jeux d'hiver. Mais cela durera-t-il? Des hivers plus courts et moins enneigés permettront-ils aux Scandinaves de continuer à pratiquer leur passe-temps préféré et à leurs athlètes de rester au plus haut niveau? D'ici la fin du siècle, les hivers norvégiens seront de 2 à 3°C plus chauds et la saison de ski (au moins 25 centimètres d'enneigement) écourtée d'un à trois mois en fonction des endroits, selon un publié en octobre. "La majeure partie de la population norvégienne vit dans les zones côtières. A l'avenir, dans ces régions, de nombreuses villes n'auront plus d'hiver tel que nous le connaissons", explique à l'AFP Hans Olav Hygen, climatologue à l'Institut météorologique national. Sport délaissé A Oslo, l'hiver est aujourd'hui un mois plus court qu'il y a une trentaine d'années. L'habituelle piste de neige dans le voisinage n'est plus toujours blanche, et les sorties scolaires pour s'initier au ski se font plus rares. "Autrefois sport de masse en Norvège, le ski est de plus en plus délaissé par des personnes qui n'y sont pas habituées et ne l'utilisent plus comme loisir hivernal", affirme M. Hygen. De 2014 à 2024, le nombre de licenciés dans les clubs de ski a chuté de près de 37%, selon les chiffres de la Fédération de ski. La faute aussi à d'autres facteurs: la culture de l'écran, les prix ou la concurrence d'autres sports portés par d'illustres Norvégiens comme Erling Braut Haaland (football), Casper Ruud (tennis) et Viktor Hovland (golf). "Avec le défi climatique, beaucoup se reportent vers d'autres activités, jugées plus prévisibles et plus faciles d'accès", note Marit Gjerland, une responsable de la fédération. Afin d'être parée, la Norvège a lancé il y a près de dix ans le projet "Snow for the future" ("Neige pour l'avenir") pour explorer des solutions durables de production de neige artificielle. "Pour préserver la culture du ski, il est essentiel d'avoir accès à la neige là où les gens vivent. Il y en a bien sûr toujours en altitude, mais cela crée une grande distance avec les gens. Nous voulons donc en amener là où ils sont", explique Mme Gjerland. Un avantage? Les actuels canons à neige nécessitent généralement une température de -2 à -3°C pour que leurs gouttelettes d'eau gèlent. A Trondheim, l'institut de recherche Sintef a planché sur des solutions fonctionnant à des températures positives, sur le modèle d'un réfrigérateur. "Le défi avec ce type de technologie, c'est qu'elle est très énergivore", souligne le chercheur Ole Marius Moen. "Nous essayons donc de trouver des solutions pour la rendre plus économe en énergie, comme la valorisation de la chaleur excédentaire produite par ce type d'équipements, qui pourrait par exemple être utilisée pour chauffer des piscines ou des bureaux", dit-il. C'est le cas dans le centre de ski indoor de Lørenskog. Son excédent de chaleur sert, selon les saisons, à chauffer ou rafraîchir les logements alentour. "Cela peut paraître un peu fou: qui aurait imaginé un dôme de ski en Norvège alors que nous avons de tels hivers?", concède le directeur, Ole Christian Mork. "Mais l'objectif est aussi de proposer une expérience hivernale stable toute l'année". Qu'en pensent les champions de haut niveau? Redoutent-ils que des hivers plus courts et moins enneigés entameront la domination de leur pays dans les sports de glisse? "Plutôt l'inverse, je pense", explique l'ex-superstar du biathlon Johannes Thingnes Bø à l'AFP. "La préparation se fait surtout en été. On coupe désormais à cet automne froid où l'on ne peut ni skier ni faire de ski à roulettes". "Quand j'étais actif, je ne commençais à skier que la première semaine de novembre, et seule une petite partie de l'entraînement se faisait sur la neige".
Texte intégral (708 mots)
En Norvège, un dicton veut que les bébés naissent avec des skis aux pieds. De fait, avant le début des JO de Milan Cortina vendredi, le pays scandinave trône en tête du classement des nations les plus titrées de l'histoire des Jeux d'hiver. Mais cela durera-t-il? Des hivers plus courts et moins enneigés permettront-ils aux Scandinaves de continuer à pratiquer leur passe-temps préféré et à leurs athlètes de rester au plus haut niveau? D'ici la fin du siècle, les hivers norvégiens seront de 2 à 3°C plus chauds et la saison de ski (au moins 25 centimètres d'enneigement) écourtée d'un à trois mois en fonction des endroits, selon un publié en octobre. "La majeure partie de la population norvégienne vit dans les zones côtières. A l'avenir, dans ces régions, de nombreuses villes n'auront plus d'hiver tel que nous le connaissons", explique à l'AFP Hans Olav Hygen, climatologue à l'Institut météorologique national. Sport délaissé A Oslo, l'hiver est aujourd'hui un mois plus court qu'il y a une trentaine d'années. L'habituelle piste de neige dans le voisinage n'est plus toujours blanche, et les sorties scolaires pour s'initier au ski se font plus rares. "Autrefois sport de masse en Norvège, le ski est de plus en plus délaissé par des personnes qui n'y sont pas habituées et ne l'utilisent plus comme loisir hivernal", affirme M. Hygen. De 2014 à 2024, le nombre de licenciés dans les clubs de ski a chuté de près de 37%, selon les chiffres de la Fédération de ski. La faute aussi à d'autres facteurs: la culture de l'écran, les prix ou la concurrence d'autres sports portés par d'illustres Norvégiens comme Erling Braut Haaland (football), Casper Ruud (tennis) et Viktor Hovland (golf). "Avec le défi climatique, beaucoup se reportent vers d'autres activités, jugées plus prévisibles et plus faciles d'accès", note Marit Gjerland, une responsable de la fédération. Afin d'être parée, la Norvège a lancé il y a près de dix ans le projet "Snow for the future" ("Neige pour l'avenir") pour explorer des solutions durables de production de neige artificielle. "Pour préserver la culture du ski, il est essentiel d'avoir accès à la neige là où les gens vivent. Il y en a bien sûr toujours en altitude, mais cela crée une grande distance avec les gens. Nous voulons donc en amener là où ils sont", explique Mme Gjerland. Un avantage? Les actuels canons à neige nécessitent généralement une température de -2 à -3°C pour que leurs gouttelettes d'eau gèlent. A Trondheim, l'institut de recherche Sintef a planché sur des solutions fonctionnant à des températures positives, sur le modèle d'un réfrigérateur. "Le défi avec ce type de technologie, c'est qu'elle est très énergivore", souligne le chercheur Ole Marius Moen. "Nous essayons donc de trouver des solutions pour la rendre plus économe en énergie, comme la valorisation de la chaleur excédentaire produite par ce type d'équipements, qui pourrait par exemple être utilisée pour chauffer des piscines ou des bureaux", dit-il. C'est le cas dans le centre de ski indoor de Lørenskog. Son excédent de chaleur sert, selon les saisons, à chauffer ou rafraîchir les logements alentour. "Cela peut paraître un peu fou: qui aurait imaginé un dôme de ski en Norvège alors que nous avons de tels hivers?", concède le directeur, Ole Christian Mork. "Mais l'objectif est aussi de proposer une expérience hivernale stable toute l'année". Qu'en pensent les champions de haut niveau? Redoutent-ils que des hivers plus courts et moins enneigés entameront la domination de leur pays dans les sports de glisse? "Plutôt l'inverse, je pense", explique l'ex-superstar du biathlon Johannes Thingnes Bø à l'AFP. "La préparation se fait surtout en été. On coupe désormais à cet automne froid où l'on ne peut ni skier ni faire de ski à roulettes". "Quand j'étais actif, je ne commençais à skier que la première semaine de novembre, et seule une petite partie de l'entraînement se faisait sur la neige".

01.02.2026 à 10:21

A Prague, une péniche pour accueillir des sans-abri de plus en plus nombreux

FRANCE24
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Pour Jaromir Cervenka, l'Hermes, devenu le plus grand dortoir pour sans-abri de République tchèque, est plus qu'un foyer temporaire. Les statistiques sont rares mais selon un rapport de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), datant de 2024, la République tchèque en compte près de 105.000. Avec donc 0,97% de sa population concernée, cela fait du pays de 10,9 millions d'habitants le troisième le plus touché parmi les membres de l'OCDE, derrière la Nouvelle-Zélande et la Slovaquie. Toujours en 2024, l'Office tchèque des statistiques indiquait que 154.000 personnes étaient concernées par une "crise aiguë du logement", dont 61.000 enfants contraints de vivre en dortoir. Face à ce phénomène alarmant, le Parlement tchèque avait adopté en juin 2025 une loi pour soutenir l'accès au logement. Mais le gouvernement nationaliste d'Andrej Babis, arrivé au pouvoir en décembre, ne fait pas mention des sans-abri dans son programme. Sollicité, le ministère du Travail et des Affaires sociales n'a pas répondu aux questions de l'AFP. "Bons d'hébergement" Pour tenter d'impliquer la population dans l'aide aux sans-abri, l'Armée du salut a lancé une initiative originale il y a dix ans : chaque habitant peut acheter des "bons d'hébergement" virtuels d'une valeur nominale de 100 couronnes tchèques (4 euros environ) pour aider à couvrir les coûts non pris en charge par l'Etat, comme par exemple les repas. Cet hiver, elle en a vendu 25.000. "Beaucoup de gens, surtout dans les grandes villes et lors des nuits glaciales, se présentent sans argent, et nous voulons être sûrs que cela ne les empêche pas de dormir dans un dortoir de l'Armée du salut", a souligné M. Krupa. Comme chaque soir, l'Hermes ouvre ses portes à 19H30 et peut accueillir jusqu'à 180 personnes, dont 30 femmes et 150 hommes qui devront libérer leurs lits à 6H30 du matin. "Le taux d'occupation des lits est plus faible l'été, sous la barre des 100 personnes, tandis que juste avant l'hiver le bateau est plein", souligne Katerina Prochazkova, responsable des services sociaux à bord de l'Hermes. Les personnes accueillies doivent être sobres et capables d'emprunter l'escalier raide qui mène à l'embarcation, dont le fonctionnement est financé par la mairie de Prague. Après leur inscription, elles ont la possibilité de prendre une douche et boire une tasse de thé, mais n'ont pas le droit de cuisiner de repas chaud à cause du risque d'incendie. Avant d'être réaménagée en dortoir, la péniche transportait du sable et du gravier sur l'Elbe, raconte Katerina Prochazkova. Aujourd'hui, "c'est le plus grand dortoir pour sans-abri du pays", affirme-t-elle à l'AFP. Une demi-heure après son ouverture, le lieu grouille d'activité. David Mudroch y a trouvé refuge pour la première fois en octobre, car il n'arrivait plus à payer son loyer. Il en est parti en novembre après avoir décroché un emploi avec logement. "Mais ils m'ont licencié en janvier à cause d'une blessure à la main, alors je suis revenu. J'espère que ce ne sera pas pour longtemps", dit le jeune homme de 22 ans, à la recherche d'un poste d'ambulancier.
Texte intégral (518 mots)
Pour Jaromir Cervenka, l'Hermes, devenu le plus grand dortoir pour sans-abri de République tchèque, est plus qu'un foyer temporaire. Les statistiques sont rares mais selon un rapport de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), datant de 2024, la République tchèque en compte près de 105.000. Avec donc 0,97% de sa population concernée, cela fait du pays de 10,9 millions d'habitants le troisième le plus touché parmi les membres de l'OCDE, derrière la Nouvelle-Zélande et la Slovaquie. Toujours en 2024, l'Office tchèque des statistiques indiquait que 154.000 personnes étaient concernées par une "crise aiguë du logement", dont 61.000 enfants contraints de vivre en dortoir. Face à ce phénomène alarmant, le Parlement tchèque avait adopté en juin 2025 une loi pour soutenir l'accès au logement. Mais le gouvernement nationaliste d'Andrej Babis, arrivé au pouvoir en décembre, ne fait pas mention des sans-abri dans son programme. Sollicité, le ministère du Travail et des Affaires sociales n'a pas répondu aux questions de l'AFP. "Bons d'hébergement" Pour tenter d'impliquer la population dans l'aide aux sans-abri, l'Armée du salut a lancé une initiative originale il y a dix ans : chaque habitant peut acheter des "bons d'hébergement" virtuels d'une valeur nominale de 100 couronnes tchèques (4 euros environ) pour aider à couvrir les coûts non pris en charge par l'Etat, comme par exemple les repas. Cet hiver, elle en a vendu 25.000. "Beaucoup de gens, surtout dans les grandes villes et lors des nuits glaciales, se présentent sans argent, et nous voulons être sûrs que cela ne les empêche pas de dormir dans un dortoir de l'Armée du salut", a souligné M. Krupa. Comme chaque soir, l'Hermes ouvre ses portes à 19H30 et peut accueillir jusqu'à 180 personnes, dont 30 femmes et 150 hommes qui devront libérer leurs lits à 6H30 du matin. "Le taux d'occupation des lits est plus faible l'été, sous la barre des 100 personnes, tandis que juste avant l'hiver le bateau est plein", souligne Katerina Prochazkova, responsable des services sociaux à bord de l'Hermes. Les personnes accueillies doivent être sobres et capables d'emprunter l'escalier raide qui mène à l'embarcation, dont le fonctionnement est financé par la mairie de Prague. Après leur inscription, elles ont la possibilité de prendre une douche et boire une tasse de thé, mais n'ont pas le droit de cuisiner de repas chaud à cause du risque d'incendie. Avant d'être réaménagée en dortoir, la péniche transportait du sable et du gravier sur l'Elbe, raconte Katerina Prochazkova. Aujourd'hui, "c'est le plus grand dortoir pour sans-abri du pays", affirme-t-elle à l'AFP. Une demi-heure après son ouverture, le lieu grouille d'activité. David Mudroch y a trouvé refuge pour la première fois en octobre, car il n'arrivait plus à payer son loyer. Il en est parti en novembre après avoir décroché un emploi avec logement. "Mais ils m'ont licencié en janvier à cause d'une blessure à la main, alors je suis revenu. J'espère que ce ne sera pas pour longtemps", dit le jeune homme de 22 ans, à la recherche d'un poste d'ambulancier.

01.02.2026 à 10:19

Pour des Afghans chassés d'Iran, le soulagement d'une maison, mais si loin de tout

FRANCE24
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Depuis septembre 2023, l'Iran et le Pakistan ont poussé plus de cinq millions d'Afghans à retourner dans leur pays, selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM). Originaires d'un district pauvre et montagneux de Bamiyan, au centre de l'Afghanistan, Nimatullah Rahesh, 38 ans, et sa femme Marzia ont travaillé cinq ans en Iran, pays à l'économie plus prospère, lui dans la construction, elle comme couturière. "Les Iraniens nous ont forcés à partir" en 2024 en "refusant d'admettre notre fils à l'école et en nous demandant de payer une somme impossible à réunir pour prolonger la validité de nos papiers", raconte-t-il à l'AFP. Au retour, ils ne peuvent rester que temporairement chez un membre de la famille. "On vivait deux mois dans une maison puis le loyer augmentait, on n'arrivait plus à payer", raconte Nimatullah qui travaille désormais comme journalier au marché. Seuls 11% des adultes ont retrouvé un emploi à temps plein à leur retour en Afghanistan, selon une enquête de l'OIM. Sept mille Afghans sont revenus depuis 2021 à Bamiyan (ville d'environ 70.000 habitants), selon le responsable local du ministère taliban des réfugiés, Fazil Omar Rahmani. "Stress des fins de mois" Nimatullah se dit "heureux" d'avoir enfin, depuis mi-janvier, une maison à soi: "Nous vivons calmement ici. Nous n'avons plus le stress des fins de mois pour le loyer." Trente familles de réfugiés renvoyées principalement d'Iran (83%), mais aussi du Pakistan (17%), soit 174 personnes au total, ont bénéficié d'une maison neuve de 50 mètres carrés, en dur, financée par le Haut Commissariat de l'ONU aux réfugiés (HCR) sur une parcelle donnée par les autorités talibanes. Chaque foyer a participé à la construction et reçu une contribution financière du HCR en échange du travail fourni. Parmi les bénéficiaires, une dizaine de mères seules comme Arefa Ibrahimi, 45 ans. Rentrée d'Iran, cette femme abandonnée par son mari a elle aussi connu la peur de finir à la rue. "Je suis heureuse aujourd'hui car cette maison est à moi, même si toutes les installations de base ne sont pas là", dit-elle dans son salon spartiate où ses quatre enfants se serrent autour du poêle. Les familles possèdent le bâtiment et la terre. "C'était crucial pour nous car les droits de propriété donnent à ces gens une sécurité", souligne Amaia Lezertua, assistante de direction au HCR en Afghanistan. Arefa montre les deux pièces tout juste terminées, et un hall vide qui devrait servir de cuisine. "Mais il n'y a pas de salle de bains", regrette-t-elle. Ces maisons neuves ne disposent que de toilettes sommaires, à l'extérieur, trop petites pour ajouter une douche. Responsable du projet pour le HCR, Ajay Singh répond que le design de ces habitations dépend des autorités locales et affirme que les familles peuvent construire elles-mêmes une salle de bain. A ce jour, il n'y a ni raccordement à l'eau ni puits, dans une zone appelée par les locaux "le versant sec" (Jar-e- Khushk) et dépourvue d'autres habitations ou commerces. Deux heures de marche Les parcelles attribuées par le gouvernement pour ce nouveau quartier sont loin des limites de la ville de Bamiyan, où les talibans pachtouns sunnites avaient détruit, en 2001, deux grandes statues de bouddhas auxquelles tenait la communauté chiite hazara, majoritaire dans cette région. "Nous planifions d'étendre le réseau d'adduction d'eau mais pour l'instant, ces familles doivent assurer elles-mêmes leur approvisionnement", reconnaît M. Rahmani. Les dix litres d'eau potable achetés quand un camion-citerne passe coûtent plus cher qu'à Kaboul, expliquent des habitants à l'AFP. "Merci pour les maisons, nous sommes reconnaissants, mais ne nous oubliez pas pour l'eau, une école, les cliniques, le réseau mobile" qui est aujourd'hui inexistant, a plaidé, au nom des habitants, Nimatullah Rahesh lors de l'inauguration du projet. "Il y a un ordre direct de notre chef suprême (Hibatullah Akhundzada, NDLR) pour construire des écoles et des cliniques", souligne M. Rahmani. En attendant, pour aller travailler au bazar, Nimatullah doit marcher deux heures sur une route de terre cahoteuse entre des montagnes pelées, avant de pouvoir prendre un moyen de transport. Arefa quasiment autant si elle doit emmener ses enfants à l'école la plus proche située à quatre kilomètres, après les vacances d'hiver. "Il faudra que je lève mes enfants très tôt, dans le froid. Je me fais du souci."
Texte intégral (742 mots)
Depuis septembre 2023, l'Iran et le Pakistan ont poussé plus de cinq millions d'Afghans à retourner dans leur pays, selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM). Originaires d'un district pauvre et montagneux de Bamiyan, au centre de l'Afghanistan, Nimatullah Rahesh, 38 ans, et sa femme Marzia ont travaillé cinq ans en Iran, pays à l'économie plus prospère, lui dans la construction, elle comme couturière. "Les Iraniens nous ont forcés à partir" en 2024 en "refusant d'admettre notre fils à l'école et en nous demandant de payer une somme impossible à réunir pour prolonger la validité de nos papiers", raconte-t-il à l'AFP. Au retour, ils ne peuvent rester que temporairement chez un membre de la famille. "On vivait deux mois dans une maison puis le loyer augmentait, on n'arrivait plus à payer", raconte Nimatullah qui travaille désormais comme journalier au marché. Seuls 11% des adultes ont retrouvé un emploi à temps plein à leur retour en Afghanistan, selon une enquête de l'OIM. Sept mille Afghans sont revenus depuis 2021 à Bamiyan (ville d'environ 70.000 habitants), selon le responsable local du ministère taliban des réfugiés, Fazil Omar Rahmani. "Stress des fins de mois" Nimatullah se dit "heureux" d'avoir enfin, depuis mi-janvier, une maison à soi: "Nous vivons calmement ici. Nous n'avons plus le stress des fins de mois pour le loyer." Trente familles de réfugiés renvoyées principalement d'Iran (83%), mais aussi du Pakistan (17%), soit 174 personnes au total, ont bénéficié d'une maison neuve de 50 mètres carrés, en dur, financée par le Haut Commissariat de l'ONU aux réfugiés (HCR) sur une parcelle donnée par les autorités talibanes. Chaque foyer a participé à la construction et reçu une contribution financière du HCR en échange du travail fourni. Parmi les bénéficiaires, une dizaine de mères seules comme Arefa Ibrahimi, 45 ans. Rentrée d'Iran, cette femme abandonnée par son mari a elle aussi connu la peur de finir à la rue. "Je suis heureuse aujourd'hui car cette maison est à moi, même si toutes les installations de base ne sont pas là", dit-elle dans son salon spartiate où ses quatre enfants se serrent autour du poêle. Les familles possèdent le bâtiment et la terre. "C'était crucial pour nous car les droits de propriété donnent à ces gens une sécurité", souligne Amaia Lezertua, assistante de direction au HCR en Afghanistan. Arefa montre les deux pièces tout juste terminées, et un hall vide qui devrait servir de cuisine. "Mais il n'y a pas de salle de bains", regrette-t-elle. Ces maisons neuves ne disposent que de toilettes sommaires, à l'extérieur, trop petites pour ajouter une douche. Responsable du projet pour le HCR, Ajay Singh répond que le design de ces habitations dépend des autorités locales et affirme que les familles peuvent construire elles-mêmes une salle de bain. A ce jour, il n'y a ni raccordement à l'eau ni puits, dans une zone appelée par les locaux "le versant sec" (Jar-e- Khushk) et dépourvue d'autres habitations ou commerces. Deux heures de marche Les parcelles attribuées par le gouvernement pour ce nouveau quartier sont loin des limites de la ville de Bamiyan, où les talibans pachtouns sunnites avaient détruit, en 2001, deux grandes statues de bouddhas auxquelles tenait la communauté chiite hazara, majoritaire dans cette région. "Nous planifions d'étendre le réseau d'adduction d'eau mais pour l'instant, ces familles doivent assurer elles-mêmes leur approvisionnement", reconnaît M. Rahmani. Les dix litres d'eau potable achetés quand un camion-citerne passe coûtent plus cher qu'à Kaboul, expliquent des habitants à l'AFP. "Merci pour les maisons, nous sommes reconnaissants, mais ne nous oubliez pas pour l'eau, une école, les cliniques, le réseau mobile" qui est aujourd'hui inexistant, a plaidé, au nom des habitants, Nimatullah Rahesh lors de l'inauguration du projet. "Il y a un ordre direct de notre chef suprême (Hibatullah Akhundzada, NDLR) pour construire des écoles et des cliniques", souligne M. Rahmani. En attendant, pour aller travailler au bazar, Nimatullah doit marcher deux heures sur une route de terre cahoteuse entre des montagnes pelées, avant de pouvoir prendre un moyen de transport. Arefa quasiment autant si elle doit emmener ses enfants à l'école la plus proche située à quatre kilomètres, après les vacances d'hiver. "Il faudra que je lève mes enfants très tôt, dans le froid. Je me fais du souci."

01.02.2026 à 10:19

Au sommet de l'exécutif, la tentation de se déplacer sans la presse

FRANCE24
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Volonté d'"échanges directs" avec les Français ou stratagème pour échapper à l'impopularité, elle témoigne d'une méfiance réciproque entre le pouvoir et les médias qui crient au scandale. L'Est républicain relate l'événement auquel il n'a pas assisté: à 15H30, Emmanuel Macron entre dans un bar-tabac de Roulans (Doubs) où il discute avec des clients en buvant des expressos. Plusieurs photos, prises et choisies par l'Élysée, avaient auparavant été publiées par la communication présidentielle sur les réseaux sociaux. Un peu plus d'un an plus tard, le 18 mars 2025, le président de la République fait poser l'hélicoptère qui l'emmène vers une base militaire où l'attendent les journalistes et s'installe à nouveau au comptoir d'un bar-tabac de Chaumont (Haute-Marne). "Emmanuel Macron a-t-il été bien accueilli ? Sifflé ? Vous ne le saurez pas car la presse n'était pas là", a tweeté l'Association de la presse présidentielle (APP) lors d'un autre de ces déplacements sans presse, dans l'Aisne cette fois. Juste avant Noël, c'est son Premier ministre, Sébastien Lecornu qui s'est mis à cette pratique. En pleine psychose sur la dermatose nucléaire contagieuse, il se rend, sans prévenir aucun journaliste, dans une exploitation de l'Ariège, au chevet d'éleveurs dont le troupeau a dû être abattu. "Il s'agit de donner un côté plus naturel à des visites d'habitude ultra quadrillées et préparées", explique à l'AFP Pierre-Emmanuel Guigo, maître de conférences en histoire à l'université Paris Est Créteil. "On fait le buzz, paradoxalement en l'absence de journalistes", analyse-t-il. De fait, complète Gaspard Gantzer, ancien communicant du président François Hollande, "on ne parle pas de la même manière avec une caméra en face et une perche au-dessus de la tête". Et Emmanuel Macron n'est pas le premier à utiliser cette technique, rappelle M. Guigo. François Mitterrand, dans une période où il était très impopulaire, au tournant de la rigueur, en usa lors d'un dîner chez des paysans. François Hollande également, au café "Chez Lucette" en 2014 alors qu'il ne pouvait plus sortir sans subir les huées des badauds. Que dire de Michel Rocard qui fit peindre en noir les fenêtres de la salle de presse de Matignon pour que les correspondants sur place ne puissent pas voir ce qui se passait dans la cour ? "Regard contradictoire" Chaque gouvernant établit sa relation avec la presse et réagit plus ou moins bien à la critique, qu'elle vienne du commentaire éditorial ou de manifestants exprimant le rejet de leurs dirigeants à coup de huées ou de concerts de casseroles. Mais "quand un président se déplace, il doit le faire avec la presse, c'est une personne publique, élue par les Français, qui se déplace avec l'argent du contribuable", tranche Gaspard Gantzer. Selon lui, si François Hollande respectait la presse davantage que son successeur, ce dernier est aussi sans doute "plus orgueilleux". Mais ce choix de discrétion ignore le principe démocratique qui veut que "les citoyens puissent suivre l'action du président", s'agace la correspondante d'un grand média à l'Élysée. "Le président peut dialoguer avec des Français sans filtre. On ne peut pas lui reprocher d'être déconnecté et en même temps lui reprocher d'aller prendre le pouls du pays", estime de son côté l'entourage d'Emmanuel Macron. Celui de Sébastien Lecornu a justifié son déplacement dans l'Ariège par sa volonté de "permettre des échanges directs, humains et chaleureux avec les deux éleveurs" dans un communiqué le jour-même détaillant cette visite, pourtant présentée comme "privée". Mais il doit "toujours y avoir un regard contradictoire de la presse, sinon c'est la victoire de la communication politique", critique le président de l'APP, Jean-Rémi Baudot. "Que la communication politique soit le seul message reçu par les Français pose un problème démocratique", poursuit-il. Alors que les journalistes tous médias confondus, battent eux aussi des records d'impopularité, "les politiques sont convaincus qu'il faut leur passer au-dessus pour donner l'image d'une relation directe", analyse Pierre-Emmanuel Guigo, y voyant une pratique "non-démocratique". Quitte à prendre le risque de ne pas pouvoir prouver qu'un événement s'est bien déroulé ou qu'une phrase a bien été prononcée, en plein essor de l'intelligence artificielle et des fausses informations.
Texte intégral (745 mots)
Volonté d'"échanges directs" avec les Français ou stratagème pour échapper à l'impopularité, elle témoigne d'une méfiance réciproque entre le pouvoir et les médias qui crient au scandale. L'Est républicain relate l'événement auquel il n'a pas assisté: à 15H30, Emmanuel Macron entre dans un bar-tabac de Roulans (Doubs) où il discute avec des clients en buvant des expressos. Plusieurs photos, prises et choisies par l'Élysée, avaient auparavant été publiées par la communication présidentielle sur les réseaux sociaux. Un peu plus d'un an plus tard, le 18 mars 2025, le président de la République fait poser l'hélicoptère qui l'emmène vers une base militaire où l'attendent les journalistes et s'installe à nouveau au comptoir d'un bar-tabac de Chaumont (Haute-Marne). "Emmanuel Macron a-t-il été bien accueilli ? Sifflé ? Vous ne le saurez pas car la presse n'était pas là", a tweeté l'Association de la presse présidentielle (APP) lors d'un autre de ces déplacements sans presse, dans l'Aisne cette fois. Juste avant Noël, c'est son Premier ministre, Sébastien Lecornu qui s'est mis à cette pratique. En pleine psychose sur la dermatose nucléaire contagieuse, il se rend, sans prévenir aucun journaliste, dans une exploitation de l'Ariège, au chevet d'éleveurs dont le troupeau a dû être abattu. "Il s'agit de donner un côté plus naturel à des visites d'habitude ultra quadrillées et préparées", explique à l'AFP Pierre-Emmanuel Guigo, maître de conférences en histoire à l'université Paris Est Créteil. "On fait le buzz, paradoxalement en l'absence de journalistes", analyse-t-il. De fait, complète Gaspard Gantzer, ancien communicant du président François Hollande, "on ne parle pas de la même manière avec une caméra en face et une perche au-dessus de la tête". Et Emmanuel Macron n'est pas le premier à utiliser cette technique, rappelle M. Guigo. François Mitterrand, dans une période où il était très impopulaire, au tournant de la rigueur, en usa lors d'un dîner chez des paysans. François Hollande également, au café "Chez Lucette" en 2014 alors qu'il ne pouvait plus sortir sans subir les huées des badauds. Que dire de Michel Rocard qui fit peindre en noir les fenêtres de la salle de presse de Matignon pour que les correspondants sur place ne puissent pas voir ce qui se passait dans la cour ? "Regard contradictoire" Chaque gouvernant établit sa relation avec la presse et réagit plus ou moins bien à la critique, qu'elle vienne du commentaire éditorial ou de manifestants exprimant le rejet de leurs dirigeants à coup de huées ou de concerts de casseroles. Mais "quand un président se déplace, il doit le faire avec la presse, c'est une personne publique, élue par les Français, qui se déplace avec l'argent du contribuable", tranche Gaspard Gantzer. Selon lui, si François Hollande respectait la presse davantage que son successeur, ce dernier est aussi sans doute "plus orgueilleux". Mais ce choix de discrétion ignore le principe démocratique qui veut que "les citoyens puissent suivre l'action du président", s'agace la correspondante d'un grand média à l'Élysée. "Le président peut dialoguer avec des Français sans filtre. On ne peut pas lui reprocher d'être déconnecté et en même temps lui reprocher d'aller prendre le pouls du pays", estime de son côté l'entourage d'Emmanuel Macron. Celui de Sébastien Lecornu a justifié son déplacement dans l'Ariège par sa volonté de "permettre des échanges directs, humains et chaleureux avec les deux éleveurs" dans un communiqué le jour-même détaillant cette visite, pourtant présentée comme "privée". Mais il doit "toujours y avoir un regard contradictoire de la presse, sinon c'est la victoire de la communication politique", critique le président de l'APP, Jean-Rémi Baudot. "Que la communication politique soit le seul message reçu par les Français pose un problème démocratique", poursuit-il. Alors que les journalistes tous médias confondus, battent eux aussi des records d'impopularité, "les politiques sont convaincus qu'il faut leur passer au-dessus pour donner l'image d'une relation directe", analyse Pierre-Emmanuel Guigo, y voyant une pratique "non-démocratique". Quitte à prendre le risque de ne pas pouvoir prouver qu'un événement s'est bien déroulé ou qu'une phrase a bien été prononcée, en plein essor de l'intelligence artificielle et des fausses informations.
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