Pour sa première édition depuis 2019, la Rencontre annuelle des musulmans de France (RAMF) a loué l'un des halls du parc des expositions du Bourget (Seine-Saint-Denis), berceau historique du rassemblement organisé par Musulmans de France (MF).
Le long de l’allée où les exposants finissent d’installer leur stand, Nassima Bouheraoua, une exposante, arbore un sourire radieux, malgré le retard de plusieurs heures de l'ouverture des portes en raison d'une inspection de la commission de sécurité.
"On était convaincus qu’on allait pouvoir ouvrir parce qu’il n’y a pas tant d’enjeux que ça", assure à l'AFP la commerçante de 38 ans, emmitouflée dans un long manteau de laine, devant son étal d’huile d’olives et conserves d’épicerie fine.
L'incertitude a plané jusqu'au dernier moment sur la tenue du salon que le préfet de police voulait interdire au nom de la sécurité de la communauté musulmane. La justice administrative a donné son feu vert vendredi midi, estimant que les risques de troubles à l'ordre public n'étaient "pas établis".
"Je n'étais pas inquiète mais patiente", explique à l'AFP Amina, 57 ans, frigorifiée par les heures d'attente à l'extérieur.
"On m'a appris dans la file d'attente pourquoi il y avait tout ce retard mais je ne suis pas inquiète de menaces, ils sont bien organisés avec la sécurité", ajoute cette femme qui préfère, comme les visiteurs cités par leur seul prénom, taire son nom de famille.
Samia, 62 ans, est ravie de revenir au salon. "J'y achète tout ce qui est important pour moi. Des vêtements, des livres et aussi de la nourriture", explique cette grande habituée qui ignorait tout de l'arrêté d'interdiction. "Je préfère laisser la politique de côté..."
Dans la salle s'installent des stands clairsemés. Produits alimentaires, voiles ou tapis, mais aussi corans, livres pour enfants et BD didactiques...
Plusieurs ONG humanitaires ont fait le déplacement, appelant au soutien de la Palestine ou du Sénégal. De nombreux stands arborent des drapeaux palestiniens.
Curiosité
Souhir, 29 ans, est un peu déçue devant les premiers stands devant lesquels elle passe.
"Tout ça pour ça," soupire la jeune femme venue avec une amie par curiosité "après avoir vu passer des posts sur les réseaux." Elle va "quand même trouver de quoi acheter pour des anniversaires comme celui de (sa) mère le mois prochain".
Avec un volet de débats, le congrès du Bourget devrait rassembler aussi auteurs, imams, philosophes et entrepreneurs.
Une table ronde s'interrogera sur "Loi séparatisme vs liberté religieuse et associative, l'Etat de droit en danger?", alors que le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a annoncé vendredi un nouveau projet de loi contre le séparatisme. Une autre abordera "la religiosité des jeunes Français musulmans", à l'heure où le ramadan suscite un engouement croissant.
Dans l’immense hall d’exposition, Nordine Rahmoune, 60 ans, est impatient de retrouver le public après sept ans d'interruption.
"Je suis né en France, ces histoires d’extrême droite me passent au-dessus de la tête", témoigne le producteur de dattes habitué des salons en tous genres.
"Au quotidien, je n'en ai jamais rencontrés (de problèmes, ndlr), par contre le gros problème c’est la télé avec leur rabâchage 24h sur 24, musulmans terrorisme tout ça... C’est triste, surtout pour eux", affirme-t-il.
La 40e édition marque le retour de ce Congrès du Bourget interrompu par le Covid et des difficultés rencontrées par Musulmans de France, fédération d'associations musulmanes ayant succédé en 2017 à l'Union des organisations islamiques de France (UOIF).
Le Congrès avait, selon les organisateurs, attiré jusqu'à 170.000 personnes pour son édition 2013, mais depuis sa fréquentation a décliné.
Texte intégral (642 mots)
Pour sa première édition depuis 2019, la Rencontre annuelle des musulmans de France (RAMF) a loué l'un des halls du parc des expositions du Bourget (Seine-Saint-Denis), berceau historique du rassemblement organisé par Musulmans de France (MF).
Le long de l’allée où les exposants finissent d’installer leur stand, Nassima Bouheraoua, une exposante, arbore un sourire radieux, malgré le retard de plusieurs heures de l'ouverture des portes en raison d'une inspection de la commission de sécurité.
"On était convaincus qu’on allait pouvoir ouvrir parce qu’il n’y a pas tant d’enjeux que ça", assure à l'AFP la commerçante de 38 ans, emmitouflée dans un long manteau de laine, devant son étal d’huile d’olives et conserves d’épicerie fine.
L'incertitude a plané jusqu'au dernier moment sur la tenue du salon que le préfet de police voulait interdire au nom de la sécurité de la communauté musulmane. La justice administrative a donné son feu vert vendredi midi, estimant que les risques de troubles à l'ordre public n'étaient "pas établis".
"Je n'étais pas inquiète mais patiente", explique à l'AFP Amina, 57 ans, frigorifiée par les heures d'attente à l'extérieur.
"On m'a appris dans la file d'attente pourquoi il y avait tout ce retard mais je ne suis pas inquiète de menaces, ils sont bien organisés avec la sécurité", ajoute cette femme qui préfère, comme les visiteurs cités par leur seul prénom, taire son nom de famille.
Samia, 62 ans, est ravie de revenir au salon. "J'y achète tout ce qui est important pour moi. Des vêtements, des livres et aussi de la nourriture", explique cette grande habituée qui ignorait tout de l'arrêté d'interdiction. "Je préfère laisser la politique de côté..."
Dans la salle s'installent des stands clairsemés. Produits alimentaires, voiles ou tapis, mais aussi corans, livres pour enfants et BD didactiques...
Plusieurs ONG humanitaires ont fait le déplacement, appelant au soutien de la Palestine ou du Sénégal. De nombreux stands arborent des drapeaux palestiniens.
Curiosité
Souhir, 29 ans, est un peu déçue devant les premiers stands devant lesquels elle passe.
"Tout ça pour ça," soupire la jeune femme venue avec une amie par curiosité "après avoir vu passer des posts sur les réseaux." Elle va "quand même trouver de quoi acheter pour des anniversaires comme celui de (sa) mère le mois prochain".
Avec un volet de débats, le congrès du Bourget devrait rassembler aussi auteurs, imams, philosophes et entrepreneurs.
Une table ronde s'interrogera sur "Loi séparatisme vs liberté religieuse et associative, l'Etat de droit en danger?", alors que le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a annoncé vendredi un nouveau projet de loi contre le séparatisme. Une autre abordera "la religiosité des jeunes Français musulmans", à l'heure où le ramadan suscite un engouement croissant.
Dans l’immense hall d’exposition, Nordine Rahmoune, 60 ans, est impatient de retrouver le public après sept ans d'interruption.
"Je suis né en France, ces histoires d’extrême droite me passent au-dessus de la tête", témoigne le producteur de dattes habitué des salons en tous genres.
"Au quotidien, je n'en ai jamais rencontrés (de problèmes, ndlr), par contre le gros problème c’est la télé avec leur rabâchage 24h sur 24, musulmans terrorisme tout ça... C’est triste, surtout pour eux", affirme-t-il.
La 40e édition marque le retour de ce Congrès du Bourget interrompu par le Covid et des difficultés rencontrées par Musulmans de France, fédération d'associations musulmanes ayant succédé en 2017 à l'Union des organisations islamiques de France (UOIF).
Le Congrès avait, selon les organisateurs, attiré jusqu'à 170.000 personnes pour son édition 2013, mais depuis sa fréquentation a décliné.