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15.02.2026 à 16:05

Ligue 1: Après De Zerbi, Benatia: l'OM s'enfonce dans la crise

FRANCE24
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Tout est parti il y a trois semaines du but insensé d'Anatoli Troubine, gardien de but du Benfica Lisbonne, face au Real Madrid, qui a précipité l'élimination de Marseille de la Ligue des champions. Les Marseillais venaient d'être corrigés à Bruges (3-0) et depuis, dans un étrange effet papillon, le club tombe en morceaux: après la raclée infligée par le Paris SG (5-0), Roberto De Zerbi est parti et, dimanche, Medhi Benatia en a fait de même. "Je pars avec le sentiment d'avoir fait le maximum sur le plan professionnel, mais avec le regret de ne pas avoir réussi à apaiser l'environnement autour du groupe qui, selon moi, a largement les capacités d'atteindre les objectifs demandés", a écrit Benatia sur Instagram et sur X pour expliquer sa démission. "Malgré les récentes déconvenues et certains scénarios cruels sportivement, le projet avance. Mais je ne peux ignorer le climat actuel. Je ressens une insatisfaction croissante, une rupture que je regrette profondément. À Marseille, le résultat est le seul juge de paix", a ajouté Benatia. Le dirigeant franco-marocain était arrivé à l'OM en novembre 2023 en tant que conseiller sportif du président Pablo Longoria. En janvier 2025, il avait ensuite pris le titre de directeur du football, chargé de tout le secteur sportif du club. épargné par les supporters Il était aux côtés de Longoria l'architecte des derniers mercatos, souvent frénétiques. Il a à son crédit quelques beaux succès, notamment les arrivées en début de saison dernière de Mason Greenwood ou Adrien Rabiot. Mais il y a eu des échecs aussi, avec la gestion discutable du départ de ce même Rabiot en août dernier après une bagarre dans le vestiaire, ou les passages express de plusieurs joueurs choisis par lui et qui ne se sont pas imposés (Wahi, O'Riley, Gomes, Brassier...). Benatia (38 ans) restait malgré tout soutenu par les supporters, qui l'ont d'ailleurs épargné samedi avant le match contre Strasbourg au Vélodrome, où des banderoles ont visé Longoria et le propriétaire du club Frank McCourt. Les fans appréciaient notamment son discours récurrent sur la nécessaire professionnalisation d'un club qu'il jugeait encore loin du Bayern Munich ou de la Juventus Turin, deux clubs fréquentés lors de sa remarquable carrière de joueur. Cette volonté de "défendre l'institution" l'a poussé à écarter plusieurs employés du club et à placer des proches à tous les échelons (direction sportive, direction de la communication...). Son départ marque donc une nouvelle aggravation de la crise que vit l'OM, club à l'instabilité chronique, pour ne pas dire structurelle. "C’est un métier épuisant, où l’on laisse beaucoup de soi. Je ne sais pas si je pourrais le faire sur le long terme", avait-il d'ailleurs prévenu au mois de décembre. un coach attendu Puis en janvier, il avait de nouveau laissé entendre qu'il ne s'accrocherait pas indéfiniment. "Dans pas longtemps, vous verrez qu’il y aura d’autres personnes à notre place. Il faudra encore leur laisser le temps de travailler", avait-il dit. Pendant l'automne, plusieurs médias avaient par ailleurs évoqué une relation devenue moins idyllique entre Benatia et Longoria, sans que cela soit confirmé au sein du club. Le président espagnol a en tous cas pris un peu de recul cette saison sur les dossiers sportifs, pilotés en priorité par Benatia. Il se retrouve à nouveau en première ligne, seul, même si l'influence du directeur général italien Alessandro Antonello a grandi ces dernières semaines. Alors que l'OM est 4e du championnat, toujours en course pour une nouvelle qualification en Ligue des champions et encore en lice en Coupe de France, il faut en priorité doter l'équipe d'un entraîneur. Une source interrogée dimanche par l'AFP a estimé que le dossier pourrait aboutir "en milieu de semaine" et a confirmé que l'une des pistes explorées menait à Habib Beye, ancien capitaine de l'OM récemment écarté de son poste d'entraîneur à Rennes.

15.02.2026 à 15:57

Le Français Michel Portal, pionnier du free jazz européen, est mort à 90 ans

FRANCE 24
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Clarinettiste virtuose, saxophoniste, compositeur pour le cinéma et figure majeure du jazz contemporain, Michel Portal est décédé à 90 ans, a annoncé dimanche une agente. Artiste inclassable, lauréat de multiples récompenses, il avait contribué dès les années 1960 à affranchir le jazz européen des canons américains.
Texte intégral (687 mots)
Clarinettiste virtuose, saxophoniste, compositeur pour le cinéma et figure majeure du jazz contemporain, Michel Portal est décédé à 90 ans, a annoncé dimanche une agente. Artiste inclassable, lauréat de multiples récompenses, il avait contribué dès les années 1960 à affranchir le jazz européen des canons américains.

15.02.2026 à 15:41

Gaza : 12 morts dans des frappes israéliennes à travers le territoire, selon la Défense civile

FRANCE 24
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La Défense civile de Gaza a fait état de 12 morts, dimanche, dans des frappes israéliennes à travers le territoire palestinien, tandis que l’armée israélienne affirme avoir riposté à une "violation flagrante" du cessez-le-feu. Israël et le Hamas s’accusent mutuellement de rompre la trêve, alors que la crise humanitaire se poursuit dans l’enclave.
Texte intégral (687 mots)
La Défense civile de Gaza a fait état de 12 morts, dimanche, dans des frappes israéliennes à travers le territoire palestinien, tandis que l’armée israélienne affirme avoir riposté à une "violation flagrante" du cessez-le-feu. Israël et le Hamas s’accusent mutuellement de rompre la trêve, alors que la crise humanitaire se poursuit dans l’enclave.

15.02.2026 à 15:39

Le musicien Michel Portal, figure inclassable du jazz contemporain, est mort à 90 ans

FRANCE24
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Reconnu pour sa polyvalence de genres et d'instruments - il jouait aussi du saxophone, du bandonéon argentin, du taragot hongrois -, ce natif de Bayonne excellait en musique classique, sa formation initiale, mais il était aussi considéré comme l'un des pionniers du free jazz et composait pour le cinéma. Il était "un monument immense pour le jazz moderne, pour le jazz européen, totalement ouvert sur énormément de musiques et d'expériences", a salué pour l'AFP l'une de ses agentes artistiques, Marion Piras, qui a précisé que son décès est survenu jeudi. "Cet immense clarinettiste, ami des plus grands musiciens de son temps, excellait dans le classique comme le jazz", lui a aussi rendu hommage sur les réseaux sociaux le maire de Bayonne, Jean-René Etchegaray. "Je suis un dispersé", admettait pour sa part le musicien aux cheveux blancs, regard perçant et tout de noir vêtu sur scène. Pas de routine Lauréat de trois César de la meilleure musique de film ("Le retour de Martin Guerre" en 1983, "Les cavaliers de l'orage" en 1985, "Champ d'honneur" en 1988), deux Sept d'or de musiques de films, du grand prix national 1983 de la musique, et de Victoires du jazz en 2007 et 2021, entre autres prix, il revendiquait l'idée de mouvement perpétuel à travers les genres musicaux et les influences. Amoureux des métissages, chercheur d'une "nouvelle sorte de langage", il se disait ennemi de "la routine", privilégiant la musique festive à l'harmonie. "J'ai beaucoup travaillé, jusqu'à devenir dingue", rappelait le compositeur, reconnu aussi pour ses talents d'improvisation, dans un entretien à l'AFP en 2021, à l'occasion de la sortie du dernier opus d'une longue discographie, MP85. Né le 27 novembre 1935 à Bayonne (Pyrénées-Atlantiques), il pratique assidûment la clarinette dès huit ans. Les groupes de folklore local et orchestres de chambre font alors son quotidien. Du free jazz au tango Premier prix de clarinette au conservatoire de Paris en 1959, il acquiert une solide réputation de soliste et participe aux créations de musique contemporaine de Pierre Boulez, Luciano Berio ou Karlheinz Stockhausen. En 1965, il pose les fondations d'un jazz nouveau avec le disque "Free Jazz", libérant le jazz européen des canons américains. Avec son propre groupe, le "Michel Portal Unit", il triomphe lors de concerts mémorables, à Châteauvallon ou Uzeste. Mais il se passionne aussi pour le tango, et se frotte aux musiciens funk de Prince pour un disque qui fait date, "Minneapolis". "Enfant, j'étais toujours en train de penser aux gens qui allaient au fin fond du monde pour voir comment on vivait là-bas", disait-il. "Qu'on l'étiquette instrumentiste classique et il s'empresse de souffler jazzy. Qu'on le définisse jazzman et le voilà parti en rhythm'n'blues, en world, en fusion", saluait Libération en 2006. Pour réaliser son dernier disque, "MP 85", Bojan Z, son pianiste depuis les années 1990, avait monté un groupe de musiciens de diverses origines et générations. "Moi, je suis Basque, lui (Bojan Z) il est Serbe, l'autre (le tromboniste Nils Wogram) Allemand, l'autre encore (le batteur Lander Gyselinck) Belge. Chevillon (Bruno, contrebassiste), il est du Sud", s'amusait Michel Portal. "On a du mal à comprendre l'état de fraîcheur dans lequel il est à 85 ans", confiait alors Bojan Z. Le disque avait été couronné du titre de meilleur album jazz instrumental aux Victoires du jazz.
Texte intégral (566 mots)
Reconnu pour sa polyvalence de genres et d'instruments - il jouait aussi du saxophone, du bandonéon argentin, du taragot hongrois -, ce natif de Bayonne excellait en musique classique, sa formation initiale, mais il était aussi considéré comme l'un des pionniers du free jazz et composait pour le cinéma. Il était "un monument immense pour le jazz moderne, pour le jazz européen, totalement ouvert sur énormément de musiques et d'expériences", a salué pour l'AFP l'une de ses agentes artistiques, Marion Piras, qui a précisé que son décès est survenu jeudi. "Cet immense clarinettiste, ami des plus grands musiciens de son temps, excellait dans le classique comme le jazz", lui a aussi rendu hommage sur les réseaux sociaux le maire de Bayonne, Jean-René Etchegaray. "Je suis un dispersé", admettait pour sa part le musicien aux cheveux blancs, regard perçant et tout de noir vêtu sur scène. Pas de routine Lauréat de trois César de la meilleure musique de film ("Le retour de Martin Guerre" en 1983, "Les cavaliers de l'orage" en 1985, "Champ d'honneur" en 1988), deux Sept d'or de musiques de films, du grand prix national 1983 de la musique, et de Victoires du jazz en 2007 et 2021, entre autres prix, il revendiquait l'idée de mouvement perpétuel à travers les genres musicaux et les influences. Amoureux des métissages, chercheur d'une "nouvelle sorte de langage", il se disait ennemi de "la routine", privilégiant la musique festive à l'harmonie. "J'ai beaucoup travaillé, jusqu'à devenir dingue", rappelait le compositeur, reconnu aussi pour ses talents d'improvisation, dans un entretien à l'AFP en 2021, à l'occasion de la sortie du dernier opus d'une longue discographie, MP85. Né le 27 novembre 1935 à Bayonne (Pyrénées-Atlantiques), il pratique assidûment la clarinette dès huit ans. Les groupes de folklore local et orchestres de chambre font alors son quotidien. Du free jazz au tango Premier prix de clarinette au conservatoire de Paris en 1959, il acquiert une solide réputation de soliste et participe aux créations de musique contemporaine de Pierre Boulez, Luciano Berio ou Karlheinz Stockhausen. En 1965, il pose les fondations d'un jazz nouveau avec le disque "Free Jazz", libérant le jazz européen des canons américains. Avec son propre groupe, le "Michel Portal Unit", il triomphe lors de concerts mémorables, à Châteauvallon ou Uzeste. Mais il se passionne aussi pour le tango, et se frotte aux musiciens funk de Prince pour un disque qui fait date, "Minneapolis". "Enfant, j'étais toujours en train de penser aux gens qui allaient au fin fond du monde pour voir comment on vivait là-bas", disait-il. "Qu'on l'étiquette instrumentiste classique et il s'empresse de souffler jazzy. Qu'on le définisse jazzman et le voilà parti en rhythm'n'blues, en world, en fusion", saluait Libération en 2006. Pour réaliser son dernier disque, "MP 85", Bojan Z, son pianiste depuis les années 1990, avait monté un groupe de musiciens de diverses origines et générations. "Moi, je suis Basque, lui (Bojan Z) il est Serbe, l'autre (le tromboniste Nils Wogram) Allemand, l'autre encore (le batteur Lander Gyselinck) Belge. Chevillon (Bruno, contrebassiste), il est du Sud", s'amusait Michel Portal. "On a du mal à comprendre l'état de fraîcheur dans lequel il est à 85 ans", confiait alors Bojan Z. Le disque avait été couronné du titre de meilleur album jazz instrumental aux Victoires du jazz.

15.02.2026 à 15:07

JO: Federica Brignone, c'est géant!

FRANCE24
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Un double statut auquel aspire sans doute Mikaela Shiffrin, souvent considérée comme la meilleure skieuse de l'histoire mais qui n'a pas retrouvé la clé du succès lors de JO: l'Américaine aux 108 victoires en Coupe du monde a terminé 11e et voit se rapprocher le spectre d'un nouveau zéro pointé, comme à Pékin-2022, avant sa discipline de prédilection, le slalom, mercredi. Dix mois après une grave blessure, à peine revenue à la compétition, la "tigresse" Federica Brignone croule, elle, sous les lauriers. Et c'est amplement mérité. A 35 ans, elle a survolé le slalom géant, remporté avec 62/100e d'avance sur un duo ex-aequo composé de la Suédoise Sara Hector, tenante du titre, et de la Norvégienne Thea Louise Stejernesund. Toutes deux en argent, elles se sont aussitôt inclinées devant la patronne dans l'aire d'arrivée. "Pas seulement pour cette médaille d'or, mais aussi pour le super-G, et pour son retour" de blessure, a argué la Norvégienne. "Elle occupe tellement une grande place sur le circuit. Et c'est une telle personnalité." Brignone, elle, a livré aux médias son "secret pour réussir". "Ne pas avoir de pression, être simplement heureuse d'être aux JO", a-t-elle déclaré. "Quand j'ai vu sur le grand écran que j'étais encore en tête, je me suis dit +Mama mia!+", avait d'abord commenté à chaud la championne olympique -pardon double championne olympique!- la plus âgée de l'histoire de son sport. "Sur sa planète" Son doublé apparait d'autant plus insensé que la skieuse du Val d'Aoste a reconnu au début des Jeux avoir encore de vives douleurs, dix mois après une double fracture du tibia-péroné de la jambe gauche. "Parfois, le matin je lui demande si ça va, elle me dit +oui+, et je la vois partir en boitant!", avait expliqué son frère et entraîneur Davide après son sacre en super-G. Championnats du monde, gros globe, petits globes, et désormais (double) championne olympique... "Elle a tout gagné!", s'était encore exclamé Davide. Que dire de plus? Que Brignone, porte-drapeau de la délégation italienne lors de la cérémonie d'ouverture du 6 février a aussi été celle qui a permis dimanche à l'Italie d'égaler -avant de le battre- son record de 20 médailles pour des Jeux d'hiver, qui datait de 1994. Pour cela, "Fede" a encore fait parler sa classe avec un ski soyeux dès la première manche qui lui a permis de refermer le portillon avec une solide avance pour la seconde. "Elle était sur sa planète", a résumé Stejernesund. "Tellement cool à regarder" L'Italienne, qui a notamment reçu les félicitations d'Alberto Tomba, autre légende du ski italien, irradie et ses rivales sont reléguées dans son ombre. Pas tant Sara Hector et Thea Louise Stejernesund, qui font de belles dauphines ex aequo, mais toutes les autres stars de la discipline, éjectées du podium. L'Autrichienne Julia Scheib, quatre succès cet hiver en géant, est 5e à 69/100e, la Néo-Zélandaise Alice Robinson, 8e à 80/100e... Il est vrai que ce géant olympique a été d'une densité incroyable, un point relevé par Mikaela Shiffrin, seulement 11e, malgré un second tracé dessiné par son entraîneuse. "Le plus beau spectacle de slalom géant qu'on ait eu depuis très longtemps", a argué l'Américaine. "Quand j'y pense, je suis à trois dixièmes du podium, 10e ou quelque chose comme ça. C'était tellement du haut niveau", a souligné la skieuse de Vail, qui va tout de même avoir du mal à ne pas ressasser son cauchemar de Pékin d'ici sa dernière chance, le slalom de mercredi. L'Américaine de 30 ans est devenue championne olympique de slalom dès 2014 à Sotchi, puis de géant en 2018 à Pyeongchang. Mais aucune autre médaille olympique depuis. Mercredi, elle retrouvera sa discipline de prédilection, où elle compte sept succès en huit épreuves de Coupe du monde cette saison. Mais elle reste sur une très mauvaise impression avec son gros raté du combiné mardi, où elle n'a réalisé que le 15e temps entre les piquets serrés. "Je sais ce qui m'attend. Je vais continuer de pousser", a-t-elle juré. En attendant, Mikaela Shiffrin a été reléguée au rang de spectatrice des exploits de "Fede". "Sa blessure était tellement grave (...). Elle a skié de manière incroyable. C'était tellement +cool+ à regarder", a-t-elle salué. Pour les Françaises, après l'argent de Romane Miradoli en super-G, le géant n'a donné lieu à aucune heureuse surprise. Seule Doriane Escané a terminé, à la 22e place.
Texte intégral (784 mots)
Un double statut auquel aspire sans doute Mikaela Shiffrin, souvent considérée comme la meilleure skieuse de l'histoire mais qui n'a pas retrouvé la clé du succès lors de JO: l'Américaine aux 108 victoires en Coupe du monde a terminé 11e et voit se rapprocher le spectre d'un nouveau zéro pointé, comme à Pékin-2022, avant sa discipline de prédilection, le slalom, mercredi. Dix mois après une grave blessure, à peine revenue à la compétition, la "tigresse" Federica Brignone croule, elle, sous les lauriers. Et c'est amplement mérité. A 35 ans, elle a survolé le slalom géant, remporté avec 62/100e d'avance sur un duo ex-aequo composé de la Suédoise Sara Hector, tenante du titre, et de la Norvégienne Thea Louise Stejernesund. Toutes deux en argent, elles se sont aussitôt inclinées devant la patronne dans l'aire d'arrivée. "Pas seulement pour cette médaille d'or, mais aussi pour le super-G, et pour son retour" de blessure, a argué la Norvégienne. "Elle occupe tellement une grande place sur le circuit. Et c'est une telle personnalité." Brignone, elle, a livré aux médias son "secret pour réussir". "Ne pas avoir de pression, être simplement heureuse d'être aux JO", a-t-elle déclaré. "Quand j'ai vu sur le grand écran que j'étais encore en tête, je me suis dit +Mama mia!+", avait d'abord commenté à chaud la championne olympique -pardon double championne olympique!- la plus âgée de l'histoire de son sport. "Sur sa planète" Son doublé apparait d'autant plus insensé que la skieuse du Val d'Aoste a reconnu au début des Jeux avoir encore de vives douleurs, dix mois après une double fracture du tibia-péroné de la jambe gauche. "Parfois, le matin je lui demande si ça va, elle me dit +oui+, et je la vois partir en boitant!", avait expliqué son frère et entraîneur Davide après son sacre en super-G. Championnats du monde, gros globe, petits globes, et désormais (double) championne olympique... "Elle a tout gagné!", s'était encore exclamé Davide. Que dire de plus? Que Brignone, porte-drapeau de la délégation italienne lors de la cérémonie d'ouverture du 6 février a aussi été celle qui a permis dimanche à l'Italie d'égaler -avant de le battre- son record de 20 médailles pour des Jeux d'hiver, qui datait de 1994. Pour cela, "Fede" a encore fait parler sa classe avec un ski soyeux dès la première manche qui lui a permis de refermer le portillon avec une solide avance pour la seconde. "Elle était sur sa planète", a résumé Stejernesund. "Tellement cool à regarder" L'Italienne, qui a notamment reçu les félicitations d'Alberto Tomba, autre légende du ski italien, irradie et ses rivales sont reléguées dans son ombre. Pas tant Sara Hector et Thea Louise Stejernesund, qui font de belles dauphines ex aequo, mais toutes les autres stars de la discipline, éjectées du podium. L'Autrichienne Julia Scheib, quatre succès cet hiver en géant, est 5e à 69/100e, la Néo-Zélandaise Alice Robinson, 8e à 80/100e... Il est vrai que ce géant olympique a été d'une densité incroyable, un point relevé par Mikaela Shiffrin, seulement 11e, malgré un second tracé dessiné par son entraîneuse. "Le plus beau spectacle de slalom géant qu'on ait eu depuis très longtemps", a argué l'Américaine. "Quand j'y pense, je suis à trois dixièmes du podium, 10e ou quelque chose comme ça. C'était tellement du haut niveau", a souligné la skieuse de Vail, qui va tout de même avoir du mal à ne pas ressasser son cauchemar de Pékin d'ici sa dernière chance, le slalom de mercredi. L'Américaine de 30 ans est devenue championne olympique de slalom dès 2014 à Sotchi, puis de géant en 2018 à Pyeongchang. Mais aucune autre médaille olympique depuis. Mercredi, elle retrouvera sa discipline de prédilection, où elle compte sept succès en huit épreuves de Coupe du monde cette saison. Mais elle reste sur une très mauvaise impression avec son gros raté du combiné mardi, où elle n'a réalisé que le 15e temps entre les piquets serrés. "Je sais ce qui m'attend. Je vais continuer de pousser", a-t-elle juré. En attendant, Mikaela Shiffrin a été reléguée au rang de spectatrice des exploits de "Fede". "Sa blessure était tellement grave (...). Elle a skié de manière incroyable. C'était tellement +cool+ à regarder", a-t-elle salué. Pour les Françaises, après l'argent de Romane Miradoli en super-G, le géant n'a donné lieu à aucune heureuse surprise. Seule Doriane Escané a terminé, à la 22e place.
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