Elle a beau venir du nord, la patronne du RN a le décompte généreux: "Un million de Marseillais comptent sur toi", lance-t-elle à son candidat dans la deuxième ville de France, peuplée d'un peu moins de 900.000 âmes.
La cheffe de file de l'extrême droite a beau jouer son avenir devant la justice à Paris, le parti à la flamme rêve grand à Marseille. A deux pas du stade Vélodrome, l'auditorium du parc Chanot et ses 1.200 places étaient remplis à ras-bord pour "l'invitée d'honneur" des voeux de la tête de liste nationaliste. Une cérémonie aux airs de meeting électoral, où Marine Le Pen a exhorté ses sympathisants à "aller voter en masse en faveur de l'alternance".
Après "six années de gauchisme" sous l'égide du maire sortant Benoit Payan - hué comme de rigueur - "l'heure est au sursaut", a-t-elle insisté, à peine interrompue par un militant antifasciste infiltré dans la salle et rapidement évacué.
Avec ce qu'il faut de "plein soutien" et de "confiance", la triple candidate présidentielle a aussi mis une petite dose de pression à son poulain marseillais, censé lui ouvrir rien moins que les portes de l'Elysée: "Lorsque tu auras obtenu (ce) premier résultat, Franck, dans un an l'heure sera alors venue pour une autre alternance, qu'attendent des dizaines de millions de Français".
Ce quand bien même son procès en appel (dans l'affaire des assistants parlementaires européens du Front national, ancien nom du RN) qui s'est ouvert cette semaine à Paris pourrait la contraindre à renoncer à une quatrième tentative, au profit de son dauphin Jordan Bardella.
Pas de quoi altérer son aura auprès des militants, comme Lucas, 32 ans, pour qui elle "reste la candidate numéro un", ou Valérie, 60 ans, électrice de longue date et qui "votera RN quoi qu'il arrive, quoi qu'il en soit".
"Parti anti-Marseille"
Cette base solide se retrouve dans le dernier sondage Ipsos pour La Marseillaise paru cette semaine, où M. Allisio fait jeu égal avec M. Payan avec 30% des intentions de vote chacun. Un niveau équivalent aux score atteints l'an dernier par le RN dans la cité phocéenne, tant aux européennes (30,14%) qu'au premier tour des législatives (33,16%), et qui installe un duel au sommet, devant la présidente du département Martine Vassal (alliance droite-centre) distancée à 23%, et le député LFI Sébastien Delogu relégué à 14%.
De quoi donner des ailes à l'extrême droite, qui peut s'imaginer l'emporter si les quatre favoris se maintiennent au second tour, voire même dans une triangulaire en se posant comme le vote utile pour faire basculer la mairie prise par la gauche il y a six ans.
Dans la peau du challenger, le député RN des Bouches-du-Rhône a d'ailleurs promis à ses troupe un "moment de bascule" pour "tourner la page socialo-macroniste", prélude à "une alternance nationale en 2027". Car "c'est de Marseille que le mistral va souffler, jusqu'à la victoire", a-t-il ajouté.
En miroir, cette stratégie de nationalisation de l'enjeu marseillais permet aussi au maire sortant de se présenter en rempart face au risque de victoire de l'extrême droite. "Le Rassemblement national, c'est le parti anti-Marseille", a ainsi déclaré M. Payan à l'AFP plus tôt dans la journée, signifiant que Mme Le Pen n'était pas vraiment la bienvenue sur ses terres.
"Tout dans l'ADN de la ville dit le contraire de ce que ces gens racontent. Tout dans l'histoire de la ville dit le contraire de ce qu'est le Rassemblement national".
Signe que le match sera disputé, à l'extérieur du parc Chanot quelque 500 opposants - parmi lesquels M. Delogu - ont manifesté sous bonne garde policière. Entre fumigènes, drapeaux rouges et jets de farine, Valérie, 37 ans, s'inquiétait de voir que les idées du RN "gagnent du terrain et le vivre ensemble (en) perd", dans une ville bâtie "sur la rencontre de plusieurs populations en harmonie".
Texte intégral (663 mots)
Elle a beau venir du nord, la patronne du RN a le décompte généreux: "Un million de Marseillais comptent sur toi", lance-t-elle à son candidat dans la deuxième ville de France, peuplée d'un peu moins de 900.000 âmes.
La cheffe de file de l'extrême droite a beau jouer son avenir devant la justice à Paris, le parti à la flamme rêve grand à Marseille. A deux pas du stade Vélodrome, l'auditorium du parc Chanot et ses 1.200 places étaient remplis à ras-bord pour "l'invitée d'honneur" des voeux de la tête de liste nationaliste. Une cérémonie aux airs de meeting électoral, où Marine Le Pen a exhorté ses sympathisants à "aller voter en masse en faveur de l'alternance".
Après "six années de gauchisme" sous l'égide du maire sortant Benoit Payan - hué comme de rigueur - "l'heure est au sursaut", a-t-elle insisté, à peine interrompue par un militant antifasciste infiltré dans la salle et rapidement évacué.
Avec ce qu'il faut de "plein soutien" et de "confiance", la triple candidate présidentielle a aussi mis une petite dose de pression à son poulain marseillais, censé lui ouvrir rien moins que les portes de l'Elysée: "Lorsque tu auras obtenu (ce) premier résultat, Franck, dans un an l'heure sera alors venue pour une autre alternance, qu'attendent des dizaines de millions de Français".
Ce quand bien même son procès en appel (dans l'affaire des assistants parlementaires européens du Front national, ancien nom du RN) qui s'est ouvert cette semaine à Paris pourrait la contraindre à renoncer à une quatrième tentative, au profit de son dauphin Jordan Bardella.
Pas de quoi altérer son aura auprès des militants, comme Lucas, 32 ans, pour qui elle "reste la candidate numéro un", ou Valérie, 60 ans, électrice de longue date et qui "votera RN quoi qu'il arrive, quoi qu'il en soit".
"Parti anti-Marseille"
Cette base solide se retrouve dans le dernier sondage Ipsos pour La Marseillaise paru cette semaine, où M. Allisio fait jeu égal avec M. Payan avec 30% des intentions de vote chacun. Un niveau équivalent aux score atteints l'an dernier par le RN dans la cité phocéenne, tant aux européennes (30,14%) qu'au premier tour des législatives (33,16%), et qui installe un duel au sommet, devant la présidente du département Martine Vassal (alliance droite-centre) distancée à 23%, et le député LFI Sébastien Delogu relégué à 14%.
De quoi donner des ailes à l'extrême droite, qui peut s'imaginer l'emporter si les quatre favoris se maintiennent au second tour, voire même dans une triangulaire en se posant comme le vote utile pour faire basculer la mairie prise par la gauche il y a six ans.
Dans la peau du challenger, le député RN des Bouches-du-Rhône a d'ailleurs promis à ses troupe un "moment de bascule" pour "tourner la page socialo-macroniste", prélude à "une alternance nationale en 2027". Car "c'est de Marseille que le mistral va souffler, jusqu'à la victoire", a-t-il ajouté.
En miroir, cette stratégie de nationalisation de l'enjeu marseillais permet aussi au maire sortant de se présenter en rempart face au risque de victoire de l'extrême droite. "Le Rassemblement national, c'est le parti anti-Marseille", a ainsi déclaré M. Payan à l'AFP plus tôt dans la journée, signifiant que Mme Le Pen n'était pas vraiment la bienvenue sur ses terres.
"Tout dans l'ADN de la ville dit le contraire de ce que ces gens racontent. Tout dans l'histoire de la ville dit le contraire de ce qu'est le Rassemblement national".
Signe que le match sera disputé, à l'extérieur du parc Chanot quelque 500 opposants - parmi lesquels M. Delogu - ont manifesté sous bonne garde policière. Entre fumigènes, drapeaux rouges et jets de farine, Valérie, 37 ans, s'inquiétait de voir que les idées du RN "gagnent du terrain et le vivre ensemble (en) perd", dans une ville bâtie "sur la rencontre de plusieurs populations en harmonie".