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27.08.2026 à 07:45

FRANCE24
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Au moins un morceau est enregistré et prêt, à condition de patienter jusqu'en 2045. Dolly Parton a expliqué en 2022 dans plusieurs interviews avoir enfoui à "Dollywood", son parc d'attractions dans son Tennessee natal, une chanson secrète, intitulée "My place in history", dans une capsule destinée à n'être rouverte que pour le centième anniversaire de sa naissance, fin 2045 ou en 2046. "On fait beaucoup de choses à +Dollywood+, racontait-elle alors dans le "Tonight Show" de Jimmy Fallon. On m'a demandé si je voulais écrire une chanson que personne n'entendrait jamais. J'ai écrit une chanson et je l'ai mise dans une boîte, en disant ce que nous faisions avec la musique à cette époque, j'ai laissé toutes les instructions, voilà comment vous pouvez l'écouter..." "Je ne sais pas ce qu'ils en feront, mais j'ai eu des regrets, parce que c'était vraiment une bonne chanson ! Je n'arrête pas de leur demander de me laisser la déterrer et d'y mettre quelque chose d'autre qui ne soit pas aussi bon", plaisantait-elle. "Je me dis que ça va probablement se désintégrer et que personne ne l'entendra jamais, c'est ce qui m'embête, si ça pourrit là-dedans avant qu'on l'ouvre", s'inquiétait-elle dans une émission de la chanteuse Kelly Clarkson. "Centaines, milliers de chansons" Au-delà de ce titre, Dolly Parton déclarait en 2019 avoir écrit "des centaines, même des milliers de chansons", dont beaucoup n'ont pas été enregistrées, dans le podcast "Dolly Parton's America" qui lui était consacré. "Il y a assez de matériel pour continuer indéfiniment avec ma musique. Pour faire des compilations, mais aussi des choses nouvelles, originales", poursuivait-elle. "Et j'essaie justement de préparer des chansons dans ce but précis: avoir une piste rythmique et une piste vocale, avec lesquelles n'importe quel arrangement peut être fait", évoquait l'icône de la country, sans détailler précisément comment. "Comme ça, ça pourra durer éternellement, rêvait-elle. Je fais partie de ces gens qui aiment prévoir." Reste la question de la gestion des droits de sa musique, mais la perspective réjouissante de nouveaux airs de Dolly Parton, au moins, s'entrouvre. Avec ce type d'enregistrement, Dolly Parton peut "faire passer ses intentions, en termes de tempo, de ton et de structure", permettant à des musiciens de synchroniser leur contribution dans un second temps, explique à l'AFP Tina Tallon, professeur d'intelligence artificielle et de composition musicale à l'université d'Ohio State (nord). "Elle a sans doute trouvé un moyen de préserver sa vision artistique tout en invitant les gens à continuer de faire partie de son héritage, analyse-t-elle. Un de ses talents, c'était de savoir créer une communauté et encourager les collaborations. C'est une autre manière de continuer à nous offrir ces cadeaux, même après son décès." La mélodie secrète, elle, n'est qu'à exhumer. "Si certains d'entre vous sont dans le coin quand on ouvrira cette boîte, avait-elle lancé au public du talk-show de Jimmy Fallon en 2022, j'espère que ma chanson vous plaira."

27.08.2026 à 07:27

FRANCE 24
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Les 36 clubs qualifiés en Ligue des champions vont être fixés jeudi avec le tirage au sort de leurs adversaires pour la première phase de la compétition. Double champion en titre, le PSG espère réaliser un triplé qui n'a pas été réussi depuis celui du Real Madrid entre 2016 et 2018. La finale aura lieu le 5 juin à Madrid.
Texte intégral (510 mots)
Les 36 clubs qualifiés en Ligue des champions vont être fixés jeudi avec le tirage au sort de leurs adversaires pour la première phase de la compétition. Double champion en titre, le PSG espère réaliser un triplé qui n'a pas été réussi depuis celui du Real Madrid entre 2016 et 2018. La finale aura lieu le 5 juin à Madrid.

27.08.2026 à 07:27

FRANCE24
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Que s'est-il passé ? Un puissant torrent d'eau, de boue et de débris a dévalé à grande vitesse mercredi matin les deux côtés de la frontière montagneuse du Népal et du Tibet, territoire chinois. Une caméra de surveillance installée côté chinois a filmé une vague marron de plusieurs mètres submerger et engloutir en quelques secondes un bâtiment d'une demi-douzaine d'étages tandis que des personnes tentaient de fuir en courant. Au Népal, la vague a déferlé sur les localités situées dans la vallée des rivières de Trishuli dans le district de Nuwakot au nord de Katmandou, et celle de la Bhotekoshi à l'est de la capitale. Dans un premier temps, les autorités chinoises avaient parlé de glissement de terrain, et les népalaises d'inondations. Quelle en est la cause? Selon l'Institut d'études géologiques des Etats-Unis (USGS), la crue a été provoquée par un effondrement de glacier, d'une violence telle qu'il a provoqué un séisme de magnitude 5,2 et des glissements de terrain. La topographie extrême de l'Himalaya a aggravé les risques. Les scientifiques vont tenter de comprendre si le changement climatique augmente la probabilité de tels événements extrêmes. Au moins 165 morts Les autorités népalaises ont indiqué mercredi avoir récupéré 162 corps et la Chine a fait état de trois personnes décédées, portant le bilan total à au moins 165 morts. Plus d'un millier de disparus Plus d'un millier de personnes sont portées disparues, dont nombre de touristes étrangers au coeur de l'Himalaya, "toit du monde" prisé des randonneurs et alpinistes, et le bilan ne cesse de grandir. En Chine, 558 personnes sont portées disparues, dont 260 étrangers dont les nationalités n'ont pas été précisées. Au Népal, 823 personnes n'ont pas été retrouvées. Parmi elles, 579 sont des touristes, dont 393 de nationalité étrangère, selon un décompte de l'agence de gestion des situations d'urgence. Parmi les touristes étrangers dont les autorités sont sans nouvelles, plus d'une centaine sont Indiens, une cinquantaine Ukrainiens. Des ressortissants de Malaisie, Royaume-Uni, Australie, Corée du Sud, Japon ou des Etats-Unis sont également recherchés, entre autres nombreuses nationalités. Ressortissants français Selon le ministère des Affaires étrangères français, 80 Français ont signalé leur présence au Népal, mais d'autres Français de passage peuvent aussi "être présents dans les zones touchées". Leur sort n'était pas connu pour l'heure. Aide internationale Des moyens d'aide internationaux ont commencé à être envoyés dès mercredi au Népal. Les Etats-Unis se sont engagés à verser 500.000 dollars (environ 429.000 euros) d'aide d'urgence. La Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (IFRC) a débloqué un peu plus d'un million d'euros de fonds d'urgence. L'Union européenne a indiqué avoir activé son système de surveillance par satellite, Copernicus, pour aider les secouristes au Népal, et s'est dite prête à fournir davantage d'aide. L'Inde voisine a envoyé 10 tonnes d'aide humanitaire, incluant des couvertures, des lampes solaires et des médicaments. burs-sah-ega/emp
Texte intégral (529 mots)
Que s'est-il passé ? Un puissant torrent d'eau, de boue et de débris a dévalé à grande vitesse mercredi matin les deux côtés de la frontière montagneuse du Népal et du Tibet, territoire chinois. Une caméra de surveillance installée côté chinois a filmé une vague marron de plusieurs mètres submerger et engloutir en quelques secondes un bâtiment d'une demi-douzaine d'étages tandis que des personnes tentaient de fuir en courant. Au Népal, la vague a déferlé sur les localités situées dans la vallée des rivières de Trishuli dans le district de Nuwakot au nord de Katmandou, et celle de la Bhotekoshi à l'est de la capitale. Dans un premier temps, les autorités chinoises avaient parlé de glissement de terrain, et les népalaises d'inondations. Quelle en est la cause? Selon l'Institut d'études géologiques des Etats-Unis (USGS), la crue a été provoquée par un effondrement de glacier, d'une violence telle qu'il a provoqué un séisme de magnitude 5,2 et des glissements de terrain. La topographie extrême de l'Himalaya a aggravé les risques. Les scientifiques vont tenter de comprendre si le changement climatique augmente la probabilité de tels événements extrêmes. Au moins 165 morts Les autorités népalaises ont indiqué mercredi avoir récupéré 162 corps et la Chine a fait état de trois personnes décédées, portant le bilan total à au moins 165 morts. Plus d'un millier de disparus Plus d'un millier de personnes sont portées disparues, dont nombre de touristes étrangers au coeur de l'Himalaya, "toit du monde" prisé des randonneurs et alpinistes, et le bilan ne cesse de grandir. En Chine, 558 personnes sont portées disparues, dont 260 étrangers dont les nationalités n'ont pas été précisées. Au Népal, 823 personnes n'ont pas été retrouvées. Parmi elles, 579 sont des touristes, dont 393 de nationalité étrangère, selon un décompte de l'agence de gestion des situations d'urgence. Parmi les touristes étrangers dont les autorités sont sans nouvelles, plus d'une centaine sont Indiens, une cinquantaine Ukrainiens. Des ressortissants de Malaisie, Royaume-Uni, Australie, Corée du Sud, Japon ou des Etats-Unis sont également recherchés, entre autres nombreuses nationalités. Ressortissants français Selon le ministère des Affaires étrangères français, 80 Français ont signalé leur présence au Népal, mais d'autres Français de passage peuvent aussi "être présents dans les zones touchées". Leur sort n'était pas connu pour l'heure. Aide internationale Des moyens d'aide internationaux ont commencé à être envoyés dès mercredi au Népal. Les Etats-Unis se sont engagés à verser 500.000 dollars (environ 429.000 euros) d'aide d'urgence. La Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (IFRC) a débloqué un peu plus d'un million d'euros de fonds d'urgence. L'Union européenne a indiqué avoir activé son système de surveillance par satellite, Copernicus, pour aider les secouristes au Népal, et s'est dite prête à fournir davantage d'aide. L'Inde voisine a envoyé 10 tonnes d'aide humanitaire, incluant des couvertures, des lampes solaires et des médicaments. burs-sah-ega/emp

27.08.2026 à 07:19

FRANCE24
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"Wemby" et ses 2,24 m s'étaient déployés au plus haut niveau international et sous les yeux du grand public en ce 10 août 2024, avec 26 points (plus 7 rebonds), meilleure marque de la finale olympique. Insuffisant pour éviter les larmes de la défaite face aux Etats-Unis (87-98), mais pas pour marquer enfin de sa main de géant un tournoi jusque-là sur courant alternatif. Depuis, Bercy a retrouvé ses habits du quotidien, déplumé du décorum olympique, à tel point que Wembanyama la trouve "méconnaissable", de part "l'éclairage, les tribunes, on dirait une toute autre salle". Elle n'en demeure pas moins "ancrée dans (sa) mémoire comme LA salle de l'équipe de France", dont il a arpenté les tribunes étant jeune, puis le parquet avec Boulogne-Levallois ou San Antonio, en janvier 2025, et les Bleus donc. Plus largement, le pivot des Spurs cultive un lien étroit avec ses racines franciliennes, avec d'autant plus d'attention depuis qu'il a rejoint les Etats-Unis à l'été 2023. Il avait ainsi tenu à ce que le commissionnaire de la NBA, Adam Silver, le présente en l'annonçant N.1 de la draft comme "Wembanyama, from Nanterre", son club formateur auquel il est très attaché. "Des heures de qualité" Il est devenu actionnaire de la formation des Hauts-de-Seine en mars et a invité, comme en 2025, certains de ses équipiers des Spurs à profiter des installations début août. Pour une petite semaine de Summer camp parisien, entre tourisme et cohésion d'équipe. "Dès que j'ai l'occasion, qui malheureusement ne s'est pas beaucoup présentée dernièrement, je retourne là d'où je viens. Parce que ce sont des heures de qualité, mais rarement des jours" a déclaré Wembanyama, interrogé sur ses liens avec l'Lle-de-France. Il en est "fier", donc "essaie de (les) montrer à (ses) coéquipiers qui ne connaissent pas beaucoup ou pas du tout". Le pivot de 22 ans avait également profité de son passage en région parisienne pour inaugurer un terrain à Nanterre, rénové en partie grâce au concours de la fondation des Spurs. Avant de participer à la deuxième édition du "Hoop Gambit", tournoi mêlant basket-ball et échecs qu'il a créé au Chesnay-Rocquencourt (Yvelines), sa ville natale. Place jeudi aux choses sérieuses, avec cette confrontation contre la Slovénie pour se rapprocher de la Coupe du monde 2027. En cas de victoire, et d'un nouveau succès dimanche contre la Suède à Stockholm, l'équipe de France aurait déjà un pied et demi au Qatar. Contrairement aux Bleus, les Slovènes seront privés de leur atout majeur Luka Doncic, qui a lui aussi convié ses partenaires des Lakers chez lui, à Ljubljana, après avoir déclaré forfait pour les fenêtres de l'été (juillet et août) afin de donner la priorité à sa famille. Le sélectionneur des Bleus Frédéric Fauthoux a mis en garde contre tout relâchement en l'absence de la star slovène: "Qu'on ne respecte pas cette équipe serait une grosse erreur de notre part." Wembanyama, lui, s'est dit "un peu dégoûté" de ne pas le croiser. "Mais l'occasion se représentera à bien des reprises dans ma vie, donc je ne m'en fais pas."
Texte intégral (542 mots)
"Wemby" et ses 2,24 m s'étaient déployés au plus haut niveau international et sous les yeux du grand public en ce 10 août 2024, avec 26 points (plus 7 rebonds), meilleure marque de la finale olympique. Insuffisant pour éviter les larmes de la défaite face aux Etats-Unis (87-98), mais pas pour marquer enfin de sa main de géant un tournoi jusque-là sur courant alternatif. Depuis, Bercy a retrouvé ses habits du quotidien, déplumé du décorum olympique, à tel point que Wembanyama la trouve "méconnaissable", de part "l'éclairage, les tribunes, on dirait une toute autre salle". Elle n'en demeure pas moins "ancrée dans (sa) mémoire comme LA salle de l'équipe de France", dont il a arpenté les tribunes étant jeune, puis le parquet avec Boulogne-Levallois ou San Antonio, en janvier 2025, et les Bleus donc. Plus largement, le pivot des Spurs cultive un lien étroit avec ses racines franciliennes, avec d'autant plus d'attention depuis qu'il a rejoint les Etats-Unis à l'été 2023. Il avait ainsi tenu à ce que le commissionnaire de la NBA, Adam Silver, le présente en l'annonçant N.1 de la draft comme "Wembanyama, from Nanterre", son club formateur auquel il est très attaché. "Des heures de qualité" Il est devenu actionnaire de la formation des Hauts-de-Seine en mars et a invité, comme en 2025, certains de ses équipiers des Spurs à profiter des installations début août. Pour une petite semaine de Summer camp parisien, entre tourisme et cohésion d'équipe. "Dès que j'ai l'occasion, qui malheureusement ne s'est pas beaucoup présentée dernièrement, je retourne là d'où je viens. Parce que ce sont des heures de qualité, mais rarement des jours" a déclaré Wembanyama, interrogé sur ses liens avec l'Lle-de-France. Il en est "fier", donc "essaie de (les) montrer à (ses) coéquipiers qui ne connaissent pas beaucoup ou pas du tout". Le pivot de 22 ans avait également profité de son passage en région parisienne pour inaugurer un terrain à Nanterre, rénové en partie grâce au concours de la fondation des Spurs. Avant de participer à la deuxième édition du "Hoop Gambit", tournoi mêlant basket-ball et échecs qu'il a créé au Chesnay-Rocquencourt (Yvelines), sa ville natale. Place jeudi aux choses sérieuses, avec cette confrontation contre la Slovénie pour se rapprocher de la Coupe du monde 2027. En cas de victoire, et d'un nouveau succès dimanche contre la Suède à Stockholm, l'équipe de France aurait déjà un pied et demi au Qatar. Contrairement aux Bleus, les Slovènes seront privés de leur atout majeur Luka Doncic, qui a lui aussi convié ses partenaires des Lakers chez lui, à Ljubljana, après avoir déclaré forfait pour les fenêtres de l'été (juillet et août) afin de donner la priorité à sa famille. Le sélectionneur des Bleus Frédéric Fauthoux a mis en garde contre tout relâchement en l'absence de la star slovène: "Qu'on ne respecte pas cette équipe serait une grosse erreur de notre part." Wembanyama, lui, s'est dit "un peu dégoûté" de ne pas le croiser. "Mais l'occasion se représentera à bien des reprises dans ma vie, donc je ne m'en fais pas."

27.08.2026 à 07:15

FRANCE24
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Qu'ils soient en laine de mouton ou en soie, leurs fils sont tissés à la main, teints avec des pigments naturels puis noués sur des métiers traditionnels. En fonction de la complexité du motif, un tapis compte une densité de tissage de 465.000 à des millions de nœuds au mètre carré. Jusqu'aux années 1980, ces tapis réputés dans le monde entier, étaient le principal produit d'exportation de la partie indienne de ce territoire à majorité musulmane, dont la souveraineté est contestée par le Pakistan voisin. Mais depuis, leur part n'a cessé de reculer. "Nos tapis sont exportés à 90%, et les conflits qui secouent actuellement la planète", "mettent le secteur sous pression", explique Zubair Ahmad, le directeur de l'Institut indien de technologie du tapis (IICT) à Srinagar. D'autant que l'activité souffre déjà d'une sérieuse pénurie de main-d'œuvre. "Ça me fend le cœur de voir ça", confie, amer, Bashir Ahmad, un tisserand de 78 ans. "Si plus de jeunes avaient appris ce métier, ils auraient pu en vivre". Mais longues heures de travail, faibles salaires et évolution des aspirations ont rendu cette profession peu attrayante pour les jeunes Cachemiris. Un maître-tisserand ne gagne guère plus de 500 roupies (4,55 euros) par jour, moins que beaucoup d'ouvriers non qualifiés. "Authenticité" "Il n'y a pas d'emplois dans la fonction publique pour tout le monde, et mon enfant, ou n'importe quel enfant, aurait pu se lancer dans ce travail et essayer d'en faire carrière", se désole M. Ahmad. "Mais les temps ont changé." Le savoir-faire ancestral est pourtant resté inchangé. Les artisans continuent de réciter à voix haute le "talim", un langage codé traditionnel consigné à la main sur une bande de papier, qui retranscrit les motifs, couleurs et consignes nécessaires pour nouer les fils un à un. Suivant la taille et la complexité du motif, il faut jusqu'à un an de travail et plusieurs artisans pour tisser une pièce, dont le prix peut atteindre jusqu'à 17.000 euros sur le marché international. L'art du tissage de ces tapis a été introduit dans la vallée himalayenne au XVe siècle par des voyageurs persans et connut son essor sous le règne du sultan Zain-ul-Abidin Budshah (1420-1470). Né à Srinagar, la capitale du Cachemire indien, il s'est ensuite répandu dans d'autres villes et villages. Malgré les difficultés, certains tisserands restent déterminés à perpétuer cette tradition. "Je continuerai tant que j'en aurai la force", assure Mushtaq Ahmad, 75 ans, qui tisse depuis un demi-siècle. Selon les estimations du secteur, environ 30.000 personnes travaillent aujourd'hui dans ce secteur, contre des centaines de milliers il y a trente ans. Les autorités locales affirment que des efforts sont en cours pour attirer de nouveaux artisans et moderniser leur activité, notamment en "fournissant gratuitement des métiers à tisser modernes", explique Zubair Ahmad, directeur de l'IICT. Le gouvernement a également imposé un label d'"indication géographique" pour distinguer les vrais tapis du Cachemire des imitations bon marché. "L'objectif est de garantir leur authenticité, pour pallier le déficit de confiance entre les acheteurs et les vendeurs".
Texte intégral (522 mots)
Qu'ils soient en laine de mouton ou en soie, leurs fils sont tissés à la main, teints avec des pigments naturels puis noués sur des métiers traditionnels. En fonction de la complexité du motif, un tapis compte une densité de tissage de 465.000 à des millions de nœuds au mètre carré. Jusqu'aux années 1980, ces tapis réputés dans le monde entier, étaient le principal produit d'exportation de la partie indienne de ce territoire à majorité musulmane, dont la souveraineté est contestée par le Pakistan voisin. Mais depuis, leur part n'a cessé de reculer. "Nos tapis sont exportés à 90%, et les conflits qui secouent actuellement la planète", "mettent le secteur sous pression", explique Zubair Ahmad, le directeur de l'Institut indien de technologie du tapis (IICT) à Srinagar. D'autant que l'activité souffre déjà d'une sérieuse pénurie de main-d'œuvre. "Ça me fend le cœur de voir ça", confie, amer, Bashir Ahmad, un tisserand de 78 ans. "Si plus de jeunes avaient appris ce métier, ils auraient pu en vivre". Mais longues heures de travail, faibles salaires et évolution des aspirations ont rendu cette profession peu attrayante pour les jeunes Cachemiris. Un maître-tisserand ne gagne guère plus de 500 roupies (4,55 euros) par jour, moins que beaucoup d'ouvriers non qualifiés. "Authenticité" "Il n'y a pas d'emplois dans la fonction publique pour tout le monde, et mon enfant, ou n'importe quel enfant, aurait pu se lancer dans ce travail et essayer d'en faire carrière", se désole M. Ahmad. "Mais les temps ont changé." Le savoir-faire ancestral est pourtant resté inchangé. Les artisans continuent de réciter à voix haute le "talim", un langage codé traditionnel consigné à la main sur une bande de papier, qui retranscrit les motifs, couleurs et consignes nécessaires pour nouer les fils un à un. Suivant la taille et la complexité du motif, il faut jusqu'à un an de travail et plusieurs artisans pour tisser une pièce, dont le prix peut atteindre jusqu'à 17.000 euros sur le marché international. L'art du tissage de ces tapis a été introduit dans la vallée himalayenne au XVe siècle par des voyageurs persans et connut son essor sous le règne du sultan Zain-ul-Abidin Budshah (1420-1470). Né à Srinagar, la capitale du Cachemire indien, il s'est ensuite répandu dans d'autres villes et villages. Malgré les difficultés, certains tisserands restent déterminés à perpétuer cette tradition. "Je continuerai tant que j'en aurai la force", assure Mushtaq Ahmad, 75 ans, qui tisse depuis un demi-siècle. Selon les estimations du secteur, environ 30.000 personnes travaillent aujourd'hui dans ce secteur, contre des centaines de milliers il y a trente ans. Les autorités locales affirment que des efforts sont en cours pour attirer de nouveaux artisans et moderniser leur activité, notamment en "fournissant gratuitement des métiers à tisser modernes", explique Zubair Ahmad, directeur de l'IICT. Le gouvernement a également imposé un label d'"indication géographique" pour distinguer les vrais tapis du Cachemire des imitations bon marché. "L'objectif est de garantir leur authenticité, pour pallier le déficit de confiance entre les acheteurs et les vendeurs".
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