Devant le plus grand hangar du parc des expositions de Bordeaux, des enfants jouent au ballon, d'autres au badminton. Pour eux, le plus difficile est de faire passer le temps.
La plupart des évacués, venus du bassin d'Arcachon et de communes proches de Bordeaux désormais menacées par le feu, sont arrivés dans la nuit, qu'ils ont passée ensuite sur des lits picot ou des tapis de sol. D'autres n'ont pas fermé l'œil.
Une médecin mobilisée, Marie Decroix, part à la rencontre des familles et note quelques mots sur un calepin. "Je recense les besoins, surtout ceux des enfants, et je rappelle les signes de déshydratation", explique-t-elle.
Un poste de secours et un dispositif pour aller chercher des médicaments à la pharmacie ont été mis en place. Plusieurs bus ont été affrétés pour transporter des personnes âgées, regroupées dans un espace dédié.
D'après le maire de Bordeaux, Thomas Cazenave, entre 5.000 et 6.000 personnes ont trouvé refuge dans ces hangars. Et "aujourd'hui on peut facilement passer de 5.000 à 10.000 (places d'hébergement, NDLR) et faire face à de nombreux cas, si jamais on devait étendre le périmètre d'évacuation sur la métropole", a-t-il asssuré samedi devant la presse.
Des masques sont distribués à la demande. De la fumée flotte toujours dans l'air, plus respirable malgré tout que la veille au soir, où l'odeur âcre de feu s'était répandue sur Bordeaux.
"Comme un volcan"
"On est arrivés hier (vendredi) vers 19 heures. On a mis à peu près quatre heures pour arriver, parce qu'il y avait des bouchons", raconte Frédéric Tavitian, retraité de 70 ans, assis sur son lit de camp, guitare à la main. Il réside à 50 kilomètres.
"À 15 heures, on nous a dit: +il faut évacuer+. On a vu des colonnes de fumée, comme un volcan qui allait exploser. Et on est partis", confie-t-il. "C'est vraiment la galère. C'est comme ça. Il faut faire avec", lâche-t-il, "fatigué faute d'avoir dormi" à cause du "brouhaha incessant".
Derrière lui, dans le hangar surchauffé, des personnes prennent leur petit-déjeuner sur les tables ou font la queue pour un café.
La solidarité s'organise et des habitants de Bordeaux sont venus spontanément apporter de l'aide.
"J'ai une chambre disponible, je peux héberger une famille", propose David Duval, 55 ans. "Ça me prend les tripes quand je vois toutes ces personnes en détresse, il faut penser à ce que chacun peut faire", ajoute cet ingénieur, domicilié à un kilomètre du centre d'accueil.
Les animaux ne sont pas oubliés: plusieurs dizaines de chats et de chiens ont accompagné leurs maîtres jusqu'au centre d'accueil. Sacs de croquettes et de litière sont à disposition. Entre deux portes vitrées, des félins jouent dans une zone qui leur est réservée.
Assise sur une chaise à l'extérieur du hangar principal, Sophie Gapinski, professeure de 54 ans résidant à Pessac, "espère que cet incendie va passer".
Texte intégral (502 mots)
Devant le plus grand hangar du parc des expositions de Bordeaux, des enfants jouent au ballon, d'autres au badminton. Pour eux, le plus difficile est de faire passer le temps.
La plupart des évacués, venus du bassin d'Arcachon et de communes proches de Bordeaux désormais menacées par le feu, sont arrivés dans la nuit, qu'ils ont passée ensuite sur des lits picot ou des tapis de sol. D'autres n'ont pas fermé l'œil.
Une médecin mobilisée, Marie Decroix, part à la rencontre des familles et note quelques mots sur un calepin. "Je recense les besoins, surtout ceux des enfants, et je rappelle les signes de déshydratation", explique-t-elle.
Un poste de secours et un dispositif pour aller chercher des médicaments à la pharmacie ont été mis en place. Plusieurs bus ont été affrétés pour transporter des personnes âgées, regroupées dans un espace dédié.
D'après le maire de Bordeaux, Thomas Cazenave, entre 5.000 et 6.000 personnes ont trouvé refuge dans ces hangars. Et "aujourd'hui on peut facilement passer de 5.000 à 10.000 (places d'hébergement, NDLR) et faire face à de nombreux cas, si jamais on devait étendre le périmètre d'évacuation sur la métropole", a-t-il asssuré samedi devant la presse.
Des masques sont distribués à la demande. De la fumée flotte toujours dans l'air, plus respirable malgré tout que la veille au soir, où l'odeur âcre de feu s'était répandue sur Bordeaux.
"Comme un volcan"
"On est arrivés hier (vendredi) vers 19 heures. On a mis à peu près quatre heures pour arriver, parce qu'il y avait des bouchons", raconte Frédéric Tavitian, retraité de 70 ans, assis sur son lit de camp, guitare à la main. Il réside à 50 kilomètres.
"À 15 heures, on nous a dit: +il faut évacuer+. On a vu des colonnes de fumée, comme un volcan qui allait exploser. Et on est partis", confie-t-il. "C'est vraiment la galère. C'est comme ça. Il faut faire avec", lâche-t-il, "fatigué faute d'avoir dormi" à cause du "brouhaha incessant".
Derrière lui, dans le hangar surchauffé, des personnes prennent leur petit-déjeuner sur les tables ou font la queue pour un café.
La solidarité s'organise et des habitants de Bordeaux sont venus spontanément apporter de l'aide.
"J'ai une chambre disponible, je peux héberger une famille", propose David Duval, 55 ans. "Ça me prend les tripes quand je vois toutes ces personnes en détresse, il faut penser à ce que chacun peut faire", ajoute cet ingénieur, domicilié à un kilomètre du centre d'accueil.
Les animaux ne sont pas oubliés: plusieurs dizaines de chats et de chiens ont accompagné leurs maîtres jusqu'au centre d'accueil. Sacs de croquettes et de litière sont à disposition. Entre deux portes vitrées, des félins jouent dans une zone qui leur est réservée.
Assise sur une chaise à l'extérieur du hangar principal, Sophie Gapinski, professeure de 54 ans résidant à Pessac, "espère que cet incendie va passer".