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24.08.2026 à 11:51

FRANCE24
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De l'Iran au Liban en passant par l'énergie et la défense, celui qui est surnommé "MBS" est devenu un interlocuteur incontournable au Moyen-Orient. Paris entend préserver son influence dans la région tout en développant une relation économique appelée à prendre de l'ampleur entre les deux pays. Dimanche, aux côtés du président français, le prince héritier saoudien a assisté à Paris à la finale de l'Esports World Cup, organisée pour la première fois hors d'Arabie saoudite. Lundi, les deux dirigeants présideront la première réunion du Conseil de partenariat stratégique franco-saoudien, créé lors de la visite d'Emmanuel Macron à Riyad fin 2024. Gaza et la solution à deux Etats pour Israël et la Palestine, le Liban, la Syrie ainsi que la recomposition des équilibres au Moyen-Orient seront au coeur des discussions. Paris suit avec attention le renforcement des liens sécuritaires de Riyad avec d'autres puissances, notamment après l'accord de défense conclu début août entre l'Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan. Mohammed ben Salmane, qui dirige de facto le royaume saoudien, a parcouru en quelques années un chemin spectaculaire: marginalisé après l'assassinat en 2018 du journaliste saoudien Jamal Khashoggi au consulat saoudien d'Istanbul, il est désormais un partenaire stratégique courtisé par les grandes puissances. Palestine et Liban En 2021, les services de renseignement américains avaient conclu que le prince héritier avait approuvé une opération visant à capturer ou tuer le journaliste. Celui-ci a toujours nié avoir ordonné son meurtre. Sa réception à l'Elysée en juillet 2022 avait suscité la colère des ONG de défense des droits humains et de plusieurs opposants. La guerre déclenchée par la Russie en Ukraine en février 2022 et les bouleversements énergétiques a alors rappelé le poids de Riyad. L'Arabie saoudite reste un acteur majeur du marché pétrolier, tandis que le royaume cherche à renforcer son autonomie diplomatique en développant ses relations avec Washington, Pékin et Moscou. Sur le plan diplomatique, l'Arabie saoudite et la France ont coprésidé à l'ONU en juillet 2025 une conférence internationale visant à relancer la solution à deux Etats et à créer une dynamique en faveur de la reconnaissance de l'Etat palestinien, avec des engagements sur la réforme de l'Autorité palestinienne, le désarmement du Hamas et la sécurité d'Israël. Les deux pays doivent aussi co-organiser une conférence pour soutenir les forces armées libanaises et l'intégrité territoriale du Liban, qui a été repoussée sine die en mars en raison du déclenchement de la guerre américano-israélienne contre l'Iran. A Paris, lundi, l'autre volet de la visite sera économique. Dragon Ball Un forum réunira grands patrons français et responsables saoudiens autour de secteurs variés: énergie, tourisme, culture, intelligence artificielle, jeu vidéo, quantique, transports ou santé. L'enjeu est de positionner les entreprises françaises sur les gigantesques chantiers de la "Vision 2030", le plan lancé en 2016 par Mohammed ben Salmane pour diversifier l'économie saoudienne et réduire sa dépendance aux hydrocarbures. Les Français souhaitent également participer aux préparatifs de l'Exposition universelle de Riyad en 2030, tandis que Paris cherche à attirer davantage de capitaux saoudiens. "Les choses sont encore en discussions pour certains projets, mais il y aura beaucoup, beaucoup d'accords économiques dans différents secteurs qui seront signés lundi", a assuré vendredi la présidence française. Début août, une source proche du dossier évoquait à l'AFP un projet "très bien avancé" entre les autorités françaises et une société d'investissement saoudienne pour implanter en région parisienne un parc d'attractions inspiré du célèbre manga japonais Dragon Ball. Au niveau ministériel, une réunion se tiendra également lundi pour discuter de la diversification des routes d'approvisionnement énergétique, alors que le détroit d'Ormuz, voie de transit stratégique pour les hydrocarbures, reste verrouillé par l'Iran. Le rapprochement avec Riyad suscite toutefois des critiques: plusieurs syndicats de journalistes français ont condamné dimanche la visite du dirigeant saoudien, la qualifiant de "provocation" envers les défenseurs de la liberté de la presse. Une plainte contre le prince héritier pour "tortures et disparitions forcées", déposée en 2021 par Trial International et Reporters sans frontières concernant l'assassinat de Jamal Khashoggi, est en cours d'instruction, ont-ils rappelé.

24.08.2026 à 11:49

FRANCE24
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Réunis à Kiev à l’occasion de la fête de l’indépendance ukrainienne, les pays de la "coalition des volontaires" doivent réaffirmer leur soutien à l’Ukraine, alors que les attaques russes se multiplient et font un nombre record de victimes civiles. Correspondance d'Emmanuelle Chaze depuis Kiev pour France 24.
Texte intégral (734 mots)
Réunis à Kiev à l’occasion de la fête de l’indépendance ukrainienne, les pays de la "coalition des volontaires" doivent réaffirmer leur soutien à l’Ukraine, alors que les attaques russes se multiplient et font un nombre record de victimes civiles. Correspondance d'Emmanuelle Chaze depuis Kiev pour France 24.

24.08.2026 à 11:49

FRANCE24
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L'UTMB, "c'est la pire semaine de l'année", soupire Molly Lefebvre, Chamoniarde de 19 ans. "Trop de monde, c'est l'enfer", peste auprès de l'AFP la jeune serveuse. A cause des embouteillages, "impossible de faire ses courses, de voir ses amis ou d'aller travailler". Les chiffres donnent le tournis. Pendant une semaine, plus de 10.000 coureurs s'affrontent sur huit courses, dont la majorité se terminent au coeur de la cité de Haute-Savoie. L'épreuve reine, qui s'élance vendredi, attire des amateurs d'ultra-endurance du monde entier: une boucle d'environ 174 km, depuis Chamonix, avec 9.900 m de dénivelé positif autour du mont Blanc, disputée de jour et de nuit. A sa première édition, en 2003, elle était l'unique course organisée avec seulement 300 inscrits. Cette année, 2.500 participants tenteront de la terminer, en moins de 20 heures pour les meilleurs, ou plus de 46 heures pour les derniers. Pour l'occasion, plus de 100.000 spectateurs sont attendus dans les rues de la ville de 9.000 habitants. "Chamonix n'a pas été construit pour accueillir autant de gens", glisse Molly Lefebvre. "Invivable" Certains commerçants baissent même leur rideau pendant l'évènement, leurs clients ne pouvant arriver jusqu'à eux. "C'est une semaine morte", confie-t-on dans un cabinet dentaire. "Avant, l'UTMB c'était la fête. Maintenant, c'est invivable", ajoute la personne sous couvert d'anonymat. Le nouveau maire de Chamonix, François-Xavier Laffin (sans étiquette), se montre lui aussi critique à l'égard de la "croissance phénoménale" d'une compétition qui, faute de "cadre", "dépasse la capacité d'accueil" de la commune. "L'UTMB c'est magique mais c'est trop", poursuit-il. "On est allé trop loin." Désormais, le groupe UTMB pèse 30 millions d'euros de chiffres d'affaires et comptabilise une soixantaine de courses dans une trentaine de pays. Le maire entend également réduire la présence des dizaines de marques, qui organisent souvent des évènements privés tels que des DJ-set en haut des montagnes ou encore des courses "corporates" non-officielles. Pour y avoir lui-même participé, l'édile salue néanmoins un évènement "remarquable"et qui "rend les gens heureux". Les animations en marge de l'UTMB apportent "bonne humeur" et "ambiance" dans le village, appuie Magalie Bruel-Jones, agente immobilière de 45 ans. Et même si la course gagnerait a être "canalisée", elle demeure selon elle bénéfique pour Chamonix : "l'UTMB et le tourisme, c'est ce qui nous fait vivre". Les retombées économiques sont en effet "indéniables", souligne François-Xavier Laffin, sans en préciser le montant exact. Selon Isabelle Viseux-Poletti, directrice de l'UTMB Mont-Blanc, celles-ci s'élèvent à 45 millions d'euros pour l'ensemble des vallées traversées par les épreuves. Réserves naturelles Et certains locaux s'en mettent plein les poches: "Les gens râlent mais louent leur logement une fortune", tance une Chamoniarde, qui n'a pas souhaité donner son nom. Selon Airbnb, 1,4 million d'euros en taxe de séjour a été reversé à Chamonix en 2025. De nombreux commerçants voient également leurs revenus galvanisés par l'afflux de clients ou de juteux partenariats. Jasper Thys, kinésithérapeute, raconte qu'un contrat passé avec Nike a ainsi engendré un bond de 10% de son chiffre d'affaires annuel. L'empreinte écologique de l'UTMB suscite par ailleurs des inquiétudes, quelques courses traversant notamment des réserves naturelles. En réponse, les organisateurs ont interdit les bâtons de marche dans les zones protégées et rendu obligatoires les lumières rouges sur les lampes frontales pour ne pas effrayer la faune. Côté pollution, "60% des coureurs se sont engagés à venir sans voiture", assure Mme Viseux-Poletti, qui précise toutefois que l'UTMB n'est pas l'unique source de fréquentation touristique de Chamonix. Et de pointer du doigt les quelque 75.000 randonneurs qui ont effectué le tour du mont Blanc en 2025. "On assume nos responsabilités, mais pas celles des autres", relève-t-elle.
Texte intégral (641 mots)
L'UTMB, "c'est la pire semaine de l'année", soupire Molly Lefebvre, Chamoniarde de 19 ans. "Trop de monde, c'est l'enfer", peste auprès de l'AFP la jeune serveuse. A cause des embouteillages, "impossible de faire ses courses, de voir ses amis ou d'aller travailler". Les chiffres donnent le tournis. Pendant une semaine, plus de 10.000 coureurs s'affrontent sur huit courses, dont la majorité se terminent au coeur de la cité de Haute-Savoie. L'épreuve reine, qui s'élance vendredi, attire des amateurs d'ultra-endurance du monde entier: une boucle d'environ 174 km, depuis Chamonix, avec 9.900 m de dénivelé positif autour du mont Blanc, disputée de jour et de nuit. A sa première édition, en 2003, elle était l'unique course organisée avec seulement 300 inscrits. Cette année, 2.500 participants tenteront de la terminer, en moins de 20 heures pour les meilleurs, ou plus de 46 heures pour les derniers. Pour l'occasion, plus de 100.000 spectateurs sont attendus dans les rues de la ville de 9.000 habitants. "Chamonix n'a pas été construit pour accueillir autant de gens", glisse Molly Lefebvre. "Invivable" Certains commerçants baissent même leur rideau pendant l'évènement, leurs clients ne pouvant arriver jusqu'à eux. "C'est une semaine morte", confie-t-on dans un cabinet dentaire. "Avant, l'UTMB c'était la fête. Maintenant, c'est invivable", ajoute la personne sous couvert d'anonymat. Le nouveau maire de Chamonix, François-Xavier Laffin (sans étiquette), se montre lui aussi critique à l'égard de la "croissance phénoménale" d'une compétition qui, faute de "cadre", "dépasse la capacité d'accueil" de la commune. "L'UTMB c'est magique mais c'est trop", poursuit-il. "On est allé trop loin." Désormais, le groupe UTMB pèse 30 millions d'euros de chiffres d'affaires et comptabilise une soixantaine de courses dans une trentaine de pays. Le maire entend également réduire la présence des dizaines de marques, qui organisent souvent des évènements privés tels que des DJ-set en haut des montagnes ou encore des courses "corporates" non-officielles. Pour y avoir lui-même participé, l'édile salue néanmoins un évènement "remarquable"et qui "rend les gens heureux". Les animations en marge de l'UTMB apportent "bonne humeur" et "ambiance" dans le village, appuie Magalie Bruel-Jones, agente immobilière de 45 ans. Et même si la course gagnerait a être "canalisée", elle demeure selon elle bénéfique pour Chamonix : "l'UTMB et le tourisme, c'est ce qui nous fait vivre". Les retombées économiques sont en effet "indéniables", souligne François-Xavier Laffin, sans en préciser le montant exact. Selon Isabelle Viseux-Poletti, directrice de l'UTMB Mont-Blanc, celles-ci s'élèvent à 45 millions d'euros pour l'ensemble des vallées traversées par les épreuves. Réserves naturelles Et certains locaux s'en mettent plein les poches: "Les gens râlent mais louent leur logement une fortune", tance une Chamoniarde, qui n'a pas souhaité donner son nom. Selon Airbnb, 1,4 million d'euros en taxe de séjour a été reversé à Chamonix en 2025. De nombreux commerçants voient également leurs revenus galvanisés par l'afflux de clients ou de juteux partenariats. Jasper Thys, kinésithérapeute, raconte qu'un contrat passé avec Nike a ainsi engendré un bond de 10% de son chiffre d'affaires annuel. L'empreinte écologique de l'UTMB suscite par ailleurs des inquiétudes, quelques courses traversant notamment des réserves naturelles. En réponse, les organisateurs ont interdit les bâtons de marche dans les zones protégées et rendu obligatoires les lumières rouges sur les lampes frontales pour ne pas effrayer la faune. Côté pollution, "60% des coureurs se sont engagés à venir sans voiture", assure Mme Viseux-Poletti, qui précise toutefois que l'UTMB n'est pas l'unique source de fréquentation touristique de Chamonix. Et de pointer du doigt les quelque 75.000 randonneurs qui ont effectué le tour du mont Blanc en 2025. "On assume nos responsabilités, mais pas celles des autres", relève-t-elle.

24.08.2026 à 11:44

FRANCE24
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À moins d’un an de la présidentielle, Jean-Luc Mélenchon, Raphaël Glucksmann, Marine Tondelier, Olivier Faure, François Ruffin, Clémentine Autain ou encore Fabien Roussel figurent parmi une dizaine de candidatures déclarées ou envisagées, révélant l’ampleur de la fragmentation de la gauche française. Décryptage de notre journaliste Alexandra Quarini.
Texte intégral (641 mots)
À moins d’un an de la présidentielle, Jean-Luc Mélenchon, Raphaël Glucksmann, Marine Tondelier, Olivier Faure, François Ruffin, Clémentine Autain ou encore Fabien Roussel figurent parmi une dizaine de candidatures déclarées ou envisagées, révélant l’ampleur de la fragmentation de la gauche française. Décryptage de notre journaliste Alexandra Quarini.

24.08.2026 à 11:41

FRANCE24
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"Après cinq épisodes successifs de canicule et un déficit hydrique exceptionnel", les projections de l'UNPT (Union nationale des producteurs de pommes de terre) anticipent "une baisse massive de la production française de l'ordre de -23 % en un an", indiquent-ils lundi dans un communiqué. "Cette campagne pourrait marquer l'un des plus importants décrochages de production jamais enregistrés pour la pomme de terre française", estime l'UNPT. Cette baisse brutale serait marquée par "le plus faible rendement observé depuis plus de 30 ans", avec un rendement moyen national des pommes de terre de consommation de 37,4 tonnes par hectare, contre 43,5 t/ha en 2025 (-14 %) et 43,1 t/ha en moyenne quinquennale (-13 %). Cette chute serait encore plus importante que celle provoquée par la sécheresse historique de 2022, signalent les producteurs. Plan d'accompagnement "Au regard de l'ampleur potentielle des pertes économiques pour les producteurs, évaluées à ce stade par l'UNPT à au moins 400 millions d'euros", les producteurs "demandent à l'État d'anticiper dès maintenant un dispositif exceptionnel de soutien aux producteurs les plus durement touchés", est-il ajouté. Le 5 août, la ministre de l'Agriculture Annie Genevard avait annoncé un "plan global" d'accompagnement face aux conséquences des épisodes caniculaires à répétition en France et en Europe, pour "qu'aucun agriculteur ne soit laissé seul face à cette situation". Elle avait notamment évoqué des mesures d'urgence pour la trésorerie des exploitations, la prise en charge de cotisations sociales, des dispositifs de simplification et de dérogation, ainsi que des mesures destinées à faciliter la remise en production des exploitations les plus durement touchées, mais sans chiffrer le montant des aides envisagées. Le 8 août, Arnaud Rousseau, le président de la FNSEA, syndicat agricole dominant, avait indiqué que l'agriculture avait besoin de "milliards d'euros" pour se remettre de cette "crise climatique d'une ampleur que nous n'avons jamais vue en agriculture sur une telle durée". Le 14 août, Mme Genevard avait indiqué que le calibrage des aides devrait attendre le 27 août, lors d'une réunion des préfets. L'été 2026 est marqué en France par une succession d'épisodes caniculaires et un sévère déficit de pluies depuis la fin mai. Outre une sécheresse des sols déjà à des niveaux historiques, des incendies ont ravagé des hectares de végétation et de cultures dans plusieurs régions françaises. Pas de "double peine" Pour les producteurs de pommes de terre, ce choc climatique intervient alors qu'ils avaient déjà dû réduire leurs surfaces de production, "de 10% en France et -11% en Europe du Nord-Ouest", après la surproduction de 2025. "L'urgence est de mise", déclarent-ils. Car à la baisse des volumes va s'ajouter "une récolte plus hétérogène, avec des calibres plus petits, des teneurs en matière sèche variables et parfois des désordres physiologiques", indique l'UNPT, réclamant une "adaptation" du cahier des charges des acheteurs. Le 18 août, la Fédération du commerce et de la distribution (FCD) a annoncé "des actions concrètes de soutien aux producteurs", indiquant qu'elles seront notamment plus tolérantes sur les calibres et aspects des fruits et légumes, et privilégieront les produits d'origine France pour soutenir les producteurs. "La baisse brutale des rendements et des volumes disponibles devra nécessairement se traduire" sur toute la chaîne de valeur de la filière (producteurs, négociants, industriels, restauration hors foyer, distributeurs et consommateurs). "Elle ne peut conduire à concentrer sur les seuls producteurs les conséquences économiques désastreuses de cette situation exceptionnelle", souligne le communiqué de l'UNPT. Enfin, les producteurs de pommes de terre soulignent que "la baisse des rendements signifie qu'une partie des volumes contractualisés ne pourra tout simplement pas être produite". Ils demandent que les volumes contractuels soient adaptés à la réalité de la récolte et au "gouvernement d'engager un dialogue déterminé", notamment avec ses homologues européens, pour ne pas "subir la double peine" ou risquer des différends commerciaux.
Texte intégral (672 mots)
"Après cinq épisodes successifs de canicule et un déficit hydrique exceptionnel", les projections de l'UNPT (Union nationale des producteurs de pommes de terre) anticipent "une baisse massive de la production française de l'ordre de -23 % en un an", indiquent-ils lundi dans un communiqué. "Cette campagne pourrait marquer l'un des plus importants décrochages de production jamais enregistrés pour la pomme de terre française", estime l'UNPT. Cette baisse brutale serait marquée par "le plus faible rendement observé depuis plus de 30 ans", avec un rendement moyen national des pommes de terre de consommation de 37,4 tonnes par hectare, contre 43,5 t/ha en 2025 (-14 %) et 43,1 t/ha en moyenne quinquennale (-13 %). Cette chute serait encore plus importante que celle provoquée par la sécheresse historique de 2022, signalent les producteurs. Plan d'accompagnement "Au regard de l'ampleur potentielle des pertes économiques pour les producteurs, évaluées à ce stade par l'UNPT à au moins 400 millions d'euros", les producteurs "demandent à l'État d'anticiper dès maintenant un dispositif exceptionnel de soutien aux producteurs les plus durement touchés", est-il ajouté. Le 5 août, la ministre de l'Agriculture Annie Genevard avait annoncé un "plan global" d'accompagnement face aux conséquences des épisodes caniculaires à répétition en France et en Europe, pour "qu'aucun agriculteur ne soit laissé seul face à cette situation". Elle avait notamment évoqué des mesures d'urgence pour la trésorerie des exploitations, la prise en charge de cotisations sociales, des dispositifs de simplification et de dérogation, ainsi que des mesures destinées à faciliter la remise en production des exploitations les plus durement touchées, mais sans chiffrer le montant des aides envisagées. Le 8 août, Arnaud Rousseau, le président de la FNSEA, syndicat agricole dominant, avait indiqué que l'agriculture avait besoin de "milliards d'euros" pour se remettre de cette "crise climatique d'une ampleur que nous n'avons jamais vue en agriculture sur une telle durée". Le 14 août, Mme Genevard avait indiqué que le calibrage des aides devrait attendre le 27 août, lors d'une réunion des préfets. L'été 2026 est marqué en France par une succession d'épisodes caniculaires et un sévère déficit de pluies depuis la fin mai. Outre une sécheresse des sols déjà à des niveaux historiques, des incendies ont ravagé des hectares de végétation et de cultures dans plusieurs régions françaises. Pas de "double peine" Pour les producteurs de pommes de terre, ce choc climatique intervient alors qu'ils avaient déjà dû réduire leurs surfaces de production, "de 10% en France et -11% en Europe du Nord-Ouest", après la surproduction de 2025. "L'urgence est de mise", déclarent-ils. Car à la baisse des volumes va s'ajouter "une récolte plus hétérogène, avec des calibres plus petits, des teneurs en matière sèche variables et parfois des désordres physiologiques", indique l'UNPT, réclamant une "adaptation" du cahier des charges des acheteurs. Le 18 août, la Fédération du commerce et de la distribution (FCD) a annoncé "des actions concrètes de soutien aux producteurs", indiquant qu'elles seront notamment plus tolérantes sur les calibres et aspects des fruits et légumes, et privilégieront les produits d'origine France pour soutenir les producteurs. "La baisse brutale des rendements et des volumes disponibles devra nécessairement se traduire" sur toute la chaîne de valeur de la filière (producteurs, négociants, industriels, restauration hors foyer, distributeurs et consommateurs). "Elle ne peut conduire à concentrer sur les seuls producteurs les conséquences économiques désastreuses de cette situation exceptionnelle", souligne le communiqué de l'UNPT. Enfin, les producteurs de pommes de terre soulignent que "la baisse des rendements signifie qu'une partie des volumes contractualisés ne pourra tout simplement pas être produite". Ils demandent que les volumes contractuels soient adaptés à la réalité de la récolte et au "gouvernement d'engager un dialogue déterminé", notamment avec ses homologues européens, pour ne pas "subir la double peine" ou risquer des différends commerciaux.
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