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Chaîne de service public - Actualité internationale.

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17.02.2026 à 22:27

Le "culte du climat" a fragilisé l'économie européenne (secrétaire américain à l'Energie à l'AFP)

FRANCE24
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"L'expérience menée ces 17 dernières années, que l'on peut à juste titre qualifier de culte du climat, n'a fait qu'augmenter le prix de l'énergie. L'Europe dans son ensemble produit aujourd'hui moins d'énergie qu'il y a 17 ans, et les prix ont considérablement augmenté", a lancé M. Wright, après avoir participé à une conférence au siège de l'Institut français des relations internationales (IFRI) à Paris. Selon le ministre américain, ces politiques ont "ont simplement délocalisé les emplois vers l'Asie. Elles ont réduit les opportunités économiques pour les Européens. Elles ont rendu plus difficile le paiement de leurs factures et ont rendu l'Europe très dépendante de la Russie". Depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche en 2025, les Etats-Unis ont engagé un vigoureux retour en arrière en matière de politiques climatiques. Le président américain a annoncé jeudi abroger un texte adopté sous Barack Obama en 2009 et servant de fondement à la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre aux Etats-Unis, après avoir en janvier annoncé le retrait d'un traité de référence sur le climat. Donald Trump s'était aussi retiré dès son accession au pouvoir de l'Accord de Paris sur le climat, pour la seconde fois après l'avoir déjà fait lors de son premier mandat. "L'impact réel (du changement climatique) est que le monde est un peu plus chaud, un peu plus vert, un peu plus humide", a aussi dit mardi Chris Wright, ajoutant que les politiques pro-climat "n'ont même pas d'incidence sur ça". L'accord de Paris, adopté en 2015, a pour objectif de limiter le réchauffement "bien en dessous" de 2°C, et les années 2023, 2024 et 2025 ont été les plus chaudes jamais enregistrées, d'après l'institut européen Copernicus. Groenland Sur la relation entre les Etats-Unis et l'Europe, soumise à de puissants vents contraires depuis que Donald Trump a affirmé vouloir acquérir le Groenland, Chris Wright a évoqué la "fermeté affectueuse" imposée par Washington. "Les États-Unis sont un allié solide de l'Union européenne. En fait, toute la fermeté affectueuse des États-Unis vise à inciter l'Europe à se doter d'une armée plus forte, d'un système énergétique plus solide, d'une économie plus forte", a-t-il détaillé. "Il n'y a jamais eu aucune possibilité que les États-Unis envahissent le Groenland", a aussi tenté de rassurer le ministre, alors que la Première ministre danoise Mette Frederiksen a affirmé samedi que Donald Trump "désire" toujours s'emparer du Groenland, territoire autonome danois. Production pétrolière au Venezuela Interrogé sur le pétrole au Venezuela, le ministre qui a effectué ces derniers jours une visite à Caracas, a martelé que "l'objectif est d'augmenter considérablement la production pétrolière", celle-ci ayant déjà rapporté selon lui un milliard de dollars depuis l'arrestation du président venezuelien Nicolas Maduro. "Tout l'argent retourne à Caracas", a-t-il également dit, détaillant le circuit de financement qui passe par des comptes du Trésor américain. "Toutes les filières de corruption qui siphonnaient le pétrole vénézuélien sont également en train d'être étouffées", a aussi affirmé M. Wright. L'AIE en examen Présent à Paris mardi à l'occasion d'une conférence ministérielle de l'Agence Internationale de l'Energie (AIE) mercredi et jeudi, Chris Wright est par ailleurs revenu sur le fonctionnement de cette filiale de l'OCDE créée en 1974, au sujet de laquelle il avait menacé de s'en retirer en juillet, faute de pouvoir la réformer notamment au sujet de la protection du climat. "De premiers pas ont été faits, mais il reste encore beaucoup à faire. Une grande partie du travail de l'AIE est axée sur le changement climatique et le +truc+ net zéro de l'Accord de Paris", a-t-il lancé, en référence à la modélisation par l'institution du chemin à suivre pour atteindre en 2050 la neutralité carbone nécessaire pour freiner le réchauffement.

17.02.2026 à 22:10

Paris - New Delhi : amis à tout prix ?

Anthony SAINT-LÉGER
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C'est la quatrième fois qu'il s'y rendait depuis qu'il est à l'Elysée. Le président français Emmanuel Macron a été reçu par le Premier ministre indien Narendra Modi, alors qu'il effectue une visite de trois jours en Inde. Les deux hommes ont vanté la solidité de l'amitié franco-indienne, la robustesse de leur partenariat alors que doivent être signés plusieurs contrats dont celui actant l'achat par New Delhi de 114 Rafale. 
Texte intégral (664 mots)
C'est la quatrième fois qu'il s'y rendait depuis qu'il est à l'Elysée. Le président français Emmanuel Macron a été reçu par le Premier ministre indien Narendra Modi, alors qu'il effectue une visite de trois jours en Inde. Les deux hommes ont vanté la solidité de l'amitié franco-indienne, la robustesse de leur partenariat alors que doivent être signés plusieurs contrats dont celui actant l'achat par New Delhi de 114 Rafale. 

17.02.2026 à 21:45

Avec Anne et Laurine, dans les couloirs sombres du RER francilien

FRANCE24
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"Pour rentrer de Paris à Fontenay-sous-Bois, je conseille toujours à mes deux filles de 20 et 24 ans de s'arrêter d'abord à Vincennes et de continuer en bus, plutôt que d'avoir à traverser cette station", dit Anne, habitante de Fontenay-sous-bois (Val-de-Marne) qui requiert l'anonymat. Elle dit tout net face à de hauts responsables de la RATP, de la SNCF et de Valérie Pécresse, la présidente d'Ile-de-France Mobilités qui organise les transports de la région capitale: Elle a peur. Avec eux et onze autres utilisatrices des transports franciliens, Anne a participé mardi à une "marche exploratoire" dans les couloirs de cette gare. Elle espère que son message sera entendu. L'exercice est destiné à lister tous les aménagements possibles pour améliorer la sécurité des lieux: Ajouter une glace ici pour voir si on est suivi, augmenter l'éclairage là dans un coin sombre. Chaque participante a soigneusement rempli un cahier détaillant chaque recoin des abords, des couloirs et des quais de cette gare. Car les chiffres sont accablants. Sept femmes sur 10 ont déjà été victimes de violences sexistes ou sexuelles dans les transports franciliens au cours de leur vie. Huit sur dix pour les 15-18 ans, et neuf sur dix pour les 19-25 ans, selon une enquête menée en 2022 par la RATP, qui organise quatre marches exploratoires par an pour essayer d'améliorer la situation. Pour la première fois, celle-ci était organisée conjointement avec la SNCF (Transilien) et Ile-de-France Mobilité (IDFM), l'autorité organisatrice des transports de la région capitale. Dans cette gare née à la fin des années 70 pour desservir de grands ensembles urbains directement sortis de terres agricoles, se croisent le RER A, géré par la RATP, et le RER E, géré par la SNCF. Une nouvelle gare attenante, encore plus grande, est en construction pour accueillir la future ligne 15 du Grand Paris Express, et la prolongation de la plus ancienne ligne de métro, la 1, qui traverse Paris d'ouest en est, confie le maire de Fontenay-sous-Bois, Jean-Philippe Gautrais. "Tout le temps sous stress" "Depuis que les travaux de la nouvelle gare ont commencé, on ne s'y retrouve plus, il n'y a aucune indication, on ne sait plus où sont les points d'arrêt des bus" déplore une des douze marcheuses, Laurine Thaunoo, 27 ans, vendeuse dans le prêt à porter à Paris. "Je ne demande pas une gare grandiose, je veux juste me sentir mieux, plus de lumière sur les quais du RER E qui sont trop sombres, plus de signalisation, des agents sur les quais, pas seulement aux heures de pointe" ajoute-t-elle. À l'âge de huit ans, alors qu'elle était avec son grand frère dans le métro, un "monsieur" lui a fait des gestes "déplacés" et "insistants". Presque vingt ans plus tard, elle en est encore "perturbée", avouant être "tout le temps sous stress le soir dans cette station". "Je me demande toujours si on va me suivre" dit-elle. De la marche exploratoire, elle a appris l'existence du numéro d'appel d'urgence 3117, pourtant créé depuis 2010 pour dénoncer des actes de violence dans les transports. Une campagne de publicité va bientôt le promouvoir, annonce Valérie Pécresse. Ramener de la sécurité, "c'est un travail de fourmi, station après station, rame après rame", il faut "essayer de faire baisser le taux d'agression" qui "honnêtement n'est pas satisfaisant", admet Xavier Piechaczyk, le nouveau PDG de la RATP qui fait de ce combat une priorité. Sandrine Charnoz, responsable du programme de lutte contre les violences sexistes et sexuelles dans le groupe RATP, essaie de voir le verre à moitié plein. Elle salue "une évolution positive dans l'augmentation du dépôt de plainte", passé de 2% de victimes qui portaient plainte sur ces sujets-là en 2016, à 7% en 2026. En cas d'agression, elle voudrait que tous les témoins connaissent la méthode des "5D" pour "intervenir sans se mettre en danger": distraire l'agresseur, dialoguer avec la victime, déléguer dans la recherche d'aide, diriger en s'adressant directement au harceleur pour lui demander d'arrêter, et enfin documenter en gardant des preuves filmées (sans les publier sur les réseaux).
Texte intégral (700 mots)
"Pour rentrer de Paris à Fontenay-sous-Bois, je conseille toujours à mes deux filles de 20 et 24 ans de s'arrêter d'abord à Vincennes et de continuer en bus, plutôt que d'avoir à traverser cette station", dit Anne, habitante de Fontenay-sous-bois (Val-de-Marne) qui requiert l'anonymat. Elle dit tout net face à de hauts responsables de la RATP, de la SNCF et de Valérie Pécresse, la présidente d'Ile-de-France Mobilités qui organise les transports de la région capitale: Elle a peur. Avec eux et onze autres utilisatrices des transports franciliens, Anne a participé mardi à une "marche exploratoire" dans les couloirs de cette gare. Elle espère que son message sera entendu. L'exercice est destiné à lister tous les aménagements possibles pour améliorer la sécurité des lieux: Ajouter une glace ici pour voir si on est suivi, augmenter l'éclairage là dans un coin sombre. Chaque participante a soigneusement rempli un cahier détaillant chaque recoin des abords, des couloirs et des quais de cette gare. Car les chiffres sont accablants. Sept femmes sur 10 ont déjà été victimes de violences sexistes ou sexuelles dans les transports franciliens au cours de leur vie. Huit sur dix pour les 15-18 ans, et neuf sur dix pour les 19-25 ans, selon une enquête menée en 2022 par la RATP, qui organise quatre marches exploratoires par an pour essayer d'améliorer la situation. Pour la première fois, celle-ci était organisée conjointement avec la SNCF (Transilien) et Ile-de-France Mobilité (IDFM), l'autorité organisatrice des transports de la région capitale. Dans cette gare née à la fin des années 70 pour desservir de grands ensembles urbains directement sortis de terres agricoles, se croisent le RER A, géré par la RATP, et le RER E, géré par la SNCF. Une nouvelle gare attenante, encore plus grande, est en construction pour accueillir la future ligne 15 du Grand Paris Express, et la prolongation de la plus ancienne ligne de métro, la 1, qui traverse Paris d'ouest en est, confie le maire de Fontenay-sous-Bois, Jean-Philippe Gautrais. "Tout le temps sous stress" "Depuis que les travaux de la nouvelle gare ont commencé, on ne s'y retrouve plus, il n'y a aucune indication, on ne sait plus où sont les points d'arrêt des bus" déplore une des douze marcheuses, Laurine Thaunoo, 27 ans, vendeuse dans le prêt à porter à Paris. "Je ne demande pas une gare grandiose, je veux juste me sentir mieux, plus de lumière sur les quais du RER E qui sont trop sombres, plus de signalisation, des agents sur les quais, pas seulement aux heures de pointe" ajoute-t-elle. À l'âge de huit ans, alors qu'elle était avec son grand frère dans le métro, un "monsieur" lui a fait des gestes "déplacés" et "insistants". Presque vingt ans plus tard, elle en est encore "perturbée", avouant être "tout le temps sous stress le soir dans cette station". "Je me demande toujours si on va me suivre" dit-elle. De la marche exploratoire, elle a appris l'existence du numéro d'appel d'urgence 3117, pourtant créé depuis 2010 pour dénoncer des actes de violence dans les transports. Une campagne de publicité va bientôt le promouvoir, annonce Valérie Pécresse. Ramener de la sécurité, "c'est un travail de fourmi, station après station, rame après rame", il faut "essayer de faire baisser le taux d'agression" qui "honnêtement n'est pas satisfaisant", admet Xavier Piechaczyk, le nouveau PDG de la RATP qui fait de ce combat une priorité. Sandrine Charnoz, responsable du programme de lutte contre les violences sexistes et sexuelles dans le groupe RATP, essaie de voir le verre à moitié plein. Elle salue "une évolution positive dans l'augmentation du dépôt de plainte", passé de 2% de victimes qui portaient plainte sur ces sujets-là en 2016, à 7% en 2026. En cas d'agression, elle voudrait que tous les témoins connaissent la méthode des "5D" pour "intervenir sans se mettre en danger": distraire l'agresseur, dialoguer avec la victime, déléguer dans la recherche d'aide, diriger en s'adressant directement au harceleur pour lui demander d'arrêter, et enfin documenter en gardant des preuves filmées (sans les publier sur les réseaux).

17.02.2026 à 21:29

La Berlinale embourbée dans la polémique sur Gaza et le cinéma "politique"

FRANCE24
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La déclaration, coordonnée par le groupe Film workers for Palestine qui l'a transmise à l'AFP, condamne le "silence" du festival du cinéma de Berlin sur le "génocide des Palestiniens". Les signataires se disent "consternés par l'implication persistante de la Berlinale dans la censure d'artistes qui s'opposent au génocide en cours perpétré par Israël contre les Palestiniens à Gaza et par le rôle clé de l'Etat allemand dans son soutien" à Israël. Ils se présentent comme "des participants passés et actuels à la Berlinale". En 2025, Tilda Swinton y avait été honorée d'un Ours d'or honneur et avait dénoncé à cette occasion "l'inhumain perpétré sous nos yeux". Outre l'actrice britannique, figurent parmi les signataires de la lettre ouverte des réalisateurs renommés comme l'Américain Adam McKay, le Brésilien Fernando Meirelles et le Britannique Mike Leigh. Les noms des Françaises Blanche Gardin et Adèle Haenel figurent aussi dans la liste. "Profond désaccord" Tous appellent la Berlinale à "déclarer clairement son opposition au génocide, aux crimes contre l'humanité et aux crimes de guerre perpétrés par Israël contre les Palestiniens". Contactée par l'AFP, la direction du festival n'a pas répondu dans l'immédiat. La polémique trouve son origine dans la conférence de presse du jury jeudi, à l'ouverture de la Berlinale. Interrogé sur la position du festival sur Israël et la bande de Gaza, le président du jury Wim Wenders avait dit que le cinéma devait "rester en dehors de la politique" dont il est "l'opposé". "Choquée et écoeurée" par cette réponse, l'écrivaine indienne Arundhati Roy avait le lendemain annoncé l'annulation de sa venue au festival. Mardi, les plus de 80 personnalités se disent en "profond désaccord avec la déclaration" de Wim Wenders. Pour eux, "on ne peut pas dissocier l'un de l'autre", à savoir le cinéma de la politique. Samedi, la directrice du festival Tricia Tuttle avait tenté de clore la polémique, estimant que les artistes pouvaient "exercer leur droit à la liberté d'expression de la manière dont ils le décident". Il ne faut pas attendre d'eux "qu'ils s'expriment sur chaque sujet politique qu'on leur soumet, à moins qu'ils n'en aient envie", a poursuivi Tricia Tuttle. Keffieh de Ben Russell En raison de sa responsabilité historique dans la Shoah, l'Allemagne est l'un des principaux soutiens d'Israël, ce qui lui vaut de nombreuses critiques compte tenu, notamment, de la situation dans la bande de Gaza. Une commission mandatée par l'ONU et plusieurs ONG, dont Amnesty International et Human Rights Watch, accusent Israël de perpétrer un génocide dans ce territoire palestinien. Israël qualifie ces allégations de "mensongères" et d'"antisémites". Depuis l'attaque du Hamas contre Israël, le 7 octobre 2023 à partir de la bande de Gaza, et l'offensive israélienne en représailles, le conflit n'a cessé d'ébranler le festival, perçu comme progressiste et soutenu par le gouvernement allemand. Pendant l'édition 2024, plusieurs cinéastes avaient fustigé ces représailles israéliennes. Keffieh sur les épaules, le réalisateur américain Ben Russell avait accusé les Israéliens de commettre un "génocide". Le cinéaste palestinien Basel Adra, auteur avec l'Israélien Yuval Abraham du documentaire "No Other Land" sur la colonisation en Cisjordanie, avait ajouté, sous les applaudissements du public, que les Gazaouis étaient massacrés par Israël. Si le conflit embarrasse de nouveau la Berlinale cette année, aucune manifestation ou action majeure n'a jusqu'ici perturbé les arrivées sur tapis rouge ou les projections dans le quartier moderne de la Potsdamer Platz.
Texte intégral (616 mots)
La déclaration, coordonnée par le groupe Film workers for Palestine qui l'a transmise à l'AFP, condamne le "silence" du festival du cinéma de Berlin sur le "génocide des Palestiniens". Les signataires se disent "consternés par l'implication persistante de la Berlinale dans la censure d'artistes qui s'opposent au génocide en cours perpétré par Israël contre les Palestiniens à Gaza et par le rôle clé de l'Etat allemand dans son soutien" à Israël. Ils se présentent comme "des participants passés et actuels à la Berlinale". En 2025, Tilda Swinton y avait été honorée d'un Ours d'or honneur et avait dénoncé à cette occasion "l'inhumain perpétré sous nos yeux". Outre l'actrice britannique, figurent parmi les signataires de la lettre ouverte des réalisateurs renommés comme l'Américain Adam McKay, le Brésilien Fernando Meirelles et le Britannique Mike Leigh. Les noms des Françaises Blanche Gardin et Adèle Haenel figurent aussi dans la liste. "Profond désaccord" Tous appellent la Berlinale à "déclarer clairement son opposition au génocide, aux crimes contre l'humanité et aux crimes de guerre perpétrés par Israël contre les Palestiniens". Contactée par l'AFP, la direction du festival n'a pas répondu dans l'immédiat. La polémique trouve son origine dans la conférence de presse du jury jeudi, à l'ouverture de la Berlinale. Interrogé sur la position du festival sur Israël et la bande de Gaza, le président du jury Wim Wenders avait dit que le cinéma devait "rester en dehors de la politique" dont il est "l'opposé". "Choquée et écoeurée" par cette réponse, l'écrivaine indienne Arundhati Roy avait le lendemain annoncé l'annulation de sa venue au festival. Mardi, les plus de 80 personnalités se disent en "profond désaccord avec la déclaration" de Wim Wenders. Pour eux, "on ne peut pas dissocier l'un de l'autre", à savoir le cinéma de la politique. Samedi, la directrice du festival Tricia Tuttle avait tenté de clore la polémique, estimant que les artistes pouvaient "exercer leur droit à la liberté d'expression de la manière dont ils le décident". Il ne faut pas attendre d'eux "qu'ils s'expriment sur chaque sujet politique qu'on leur soumet, à moins qu'ils n'en aient envie", a poursuivi Tricia Tuttle. Keffieh de Ben Russell En raison de sa responsabilité historique dans la Shoah, l'Allemagne est l'un des principaux soutiens d'Israël, ce qui lui vaut de nombreuses critiques compte tenu, notamment, de la situation dans la bande de Gaza. Une commission mandatée par l'ONU et plusieurs ONG, dont Amnesty International et Human Rights Watch, accusent Israël de perpétrer un génocide dans ce territoire palestinien. Israël qualifie ces allégations de "mensongères" et d'"antisémites". Depuis l'attaque du Hamas contre Israël, le 7 octobre 2023 à partir de la bande de Gaza, et l'offensive israélienne en représailles, le conflit n'a cessé d'ébranler le festival, perçu comme progressiste et soutenu par le gouvernement allemand. Pendant l'édition 2024, plusieurs cinéastes avaient fustigé ces représailles israéliennes. Keffieh sur les épaules, le réalisateur américain Ben Russell avait accusé les Israéliens de commettre un "génocide". Le cinéaste palestinien Basel Adra, auteur avec l'Israélien Yuval Abraham du documentaire "No Other Land" sur la colonisation en Cisjordanie, avait ajouté, sous les applaudissements du public, que les Gazaouis étaient massacrés par Israël. Si le conflit embarrasse de nouveau la Berlinale cette année, aucune manifestation ou action majeure n'a jusqu'ici perturbé les arrivées sur tapis rouge ou les projections dans le quartier moderne de la Potsdamer Platz.

17.02.2026 à 21:05

Isabelle Huppert, vampire flamboyante dans la Vienne éternelle

FRANCE24
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Avec des dialogues coécrits avec Elfriede Jelinek, dont Michael Haneke a adapté le roman La Pianiste, le film porte la griffe de l'Autrichienne, prix Nobel de littérature 2004, en ce qu'il est "brut, croustillant, mordant. C'est ce qu'on peut attendre d'elle", a répondu Isabelle Huppert à l'AFP, mardi lors d'un entretien avec quelques journalistes. "Tout en étant ensoleillé", a-t-elle aussitôt ajouté. "Parce que j'ai toujours pensé que La Pianiste", qu'elle a incarné en 2001, "naviguait souvent entre quelque chose de très sombre, mais aussi parfois un certain sens de l'humour, comme dans la bonne tradition autrichienne". Dans La Comtesse sanglante, les répliques écrites par Jelinek "renvoient à des références précises à la culture et à l'histoire autrichiennes", explique Ulrike Ottinger, 83 ans, figure de l'avant-garde artistique allemande qui a commencé l'écriture du scénario au début des années 2000. Contactée à cette époque, Isabelle Huppert explique avoir eu envie de suivre la "folie" d'une réalisatrice "anticonformiste" et qui "apporte aussi une certaine dose de poésie à l'écran". Lac souterrain Véritable carte postale, cette comédie noire entraîne le spectateur dans la ville d'aujourd'hui qui est toujours celle d'hier, entre architecture baroque et ruelles pavées, et dans les provinces de l'ancien empire austro-hongrois. "Je suis venue à Vienne tant de fois depuis l'âge de cinq ans, en réalité, et j'ai donc tellement de strates de souvenirs autour de cette ville, que ce soit pour des tournages" ou "quand j'étais sur scène", a rappelé Isabelle Huppert, interrogée lundi par l'AFP en conférence de presse. Elisabeth Bathory, comtesse hongroise de la Renaissance accusée du meurtre de très nombreuses femmes, d'où sa légende de vampire tirant sa jeunesse du sang de ses victimes, veut retrouver un grimoire potentiellement fatal à son espèce. Son retour à la vie prend la forme d'une lente croisière à la proue d'une péniche-tombeau rouge écarlate, naviguant dans la Seegrotte, un lac souterrain viennois prisé des touristes. Elle parcourt ensuite l'empire dans un carrosse tout aussi impérial. Outre le "bel hommage" à la ville, Isabelle Huppert souligne l'aspect "intemporel" du film dont "on ne peut pas savoir exactement quand il est censé se dérouler" car il a cette "manière de naviguer entre les époques, et du passé vers le futur". Conchita Wurst carnivore Entre un vampire végétarien et un "dîner" constitué d'hommes attractifs rasés par des femmes aux yeux bandés, et qui finissent donc logiquement par les faire saigner, Ulrike Ottinger offre un film bien plus léger que sanguinolent, avec la présence aussi vocale et visuelle de la drag queen Conchita Wurst. "Un très bon acteur et chanteur", estime Isabelle Huppert à propos du vainqueur de l'Eurovision 2014. Plus que sa dimension queer, tangible dans la fascination qu'exerce la comtesse auprès des belles jeunes femmes qu'elle croise et tue sur son chemin, Isabelle Huppert veut retenir la symbolique sociale d'une noblesse de vampires qui tire son pouvoir en se nourrissant du commun des mortels. "Le monde n'est pas juste, et (Ulrike Ottinger) le dit d'une manière très drôle, mais c'est aussi de cela qu'il s'agit. Vous prenez tant de choses à tant de gens", dit-elle. Interrogée par l'AFP, la légende du cinéma français, âgée de 72 ans, refuse en tout cas de se voir à travers son personnage: "Je ne vois jamais le moindre parallèle entre moi et ce que je joue." Quant à l'immortalité, elle n'est "pas sûre" d'en vouloir. Lundi après-midi lors la présentation hors compétition du film, son style - lunettes de soleil opaques, robe toge et gants blancs - rappelait son statut de légende a minima.
Texte intégral (628 mots)
Avec des dialogues coécrits avec Elfriede Jelinek, dont Michael Haneke a adapté le roman La Pianiste, le film porte la griffe de l'Autrichienne, prix Nobel de littérature 2004, en ce qu'il est "brut, croustillant, mordant. C'est ce qu'on peut attendre d'elle", a répondu Isabelle Huppert à l'AFP, mardi lors d'un entretien avec quelques journalistes. "Tout en étant ensoleillé", a-t-elle aussitôt ajouté. "Parce que j'ai toujours pensé que La Pianiste", qu'elle a incarné en 2001, "naviguait souvent entre quelque chose de très sombre, mais aussi parfois un certain sens de l'humour, comme dans la bonne tradition autrichienne". Dans La Comtesse sanglante, les répliques écrites par Jelinek "renvoient à des références précises à la culture et à l'histoire autrichiennes", explique Ulrike Ottinger, 83 ans, figure de l'avant-garde artistique allemande qui a commencé l'écriture du scénario au début des années 2000. Contactée à cette époque, Isabelle Huppert explique avoir eu envie de suivre la "folie" d'une réalisatrice "anticonformiste" et qui "apporte aussi une certaine dose de poésie à l'écran". Lac souterrain Véritable carte postale, cette comédie noire entraîne le spectateur dans la ville d'aujourd'hui qui est toujours celle d'hier, entre architecture baroque et ruelles pavées, et dans les provinces de l'ancien empire austro-hongrois. "Je suis venue à Vienne tant de fois depuis l'âge de cinq ans, en réalité, et j'ai donc tellement de strates de souvenirs autour de cette ville, que ce soit pour des tournages" ou "quand j'étais sur scène", a rappelé Isabelle Huppert, interrogée lundi par l'AFP en conférence de presse. Elisabeth Bathory, comtesse hongroise de la Renaissance accusée du meurtre de très nombreuses femmes, d'où sa légende de vampire tirant sa jeunesse du sang de ses victimes, veut retrouver un grimoire potentiellement fatal à son espèce. Son retour à la vie prend la forme d'une lente croisière à la proue d'une péniche-tombeau rouge écarlate, naviguant dans la Seegrotte, un lac souterrain viennois prisé des touristes. Elle parcourt ensuite l'empire dans un carrosse tout aussi impérial. Outre le "bel hommage" à la ville, Isabelle Huppert souligne l'aspect "intemporel" du film dont "on ne peut pas savoir exactement quand il est censé se dérouler" car il a cette "manière de naviguer entre les époques, et du passé vers le futur". Conchita Wurst carnivore Entre un vampire végétarien et un "dîner" constitué d'hommes attractifs rasés par des femmes aux yeux bandés, et qui finissent donc logiquement par les faire saigner, Ulrike Ottinger offre un film bien plus léger que sanguinolent, avec la présence aussi vocale et visuelle de la drag queen Conchita Wurst. "Un très bon acteur et chanteur", estime Isabelle Huppert à propos du vainqueur de l'Eurovision 2014. Plus que sa dimension queer, tangible dans la fascination qu'exerce la comtesse auprès des belles jeunes femmes qu'elle croise et tue sur son chemin, Isabelle Huppert veut retenir la symbolique sociale d'une noblesse de vampires qui tire son pouvoir en se nourrissant du commun des mortels. "Le monde n'est pas juste, et (Ulrike Ottinger) le dit d'une manière très drôle, mais c'est aussi de cela qu'il s'agit. Vous prenez tant de choses à tant de gens", dit-elle. Interrogée par l'AFP, la légende du cinéma français, âgée de 72 ans, refuse en tout cas de se voir à travers son personnage: "Je ne vois jamais le moindre parallèle entre moi et ce que je joue." Quant à l'immortalité, elle n'est "pas sûre" d'en vouloir. Lundi après-midi lors la présentation hors compétition du film, son style - lunettes de soleil opaques, robe toge et gants blancs - rappelait son statut de légende a minima.
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