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16.06.2026 à 06:30

Séverin Lahaye
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Le gouvernement a convié à huis clos des filiales de multinationales au ministère de l'Économie pour écouter leurs recommandations concernant l'implantation rapide de grands projets de centres de données. Le signe que derrière tous les discours du pouvoir exécutif sur la « souveraineté numérique », c'est bien l'attractivité vis-à-vis des grands acteurs économiques internationaux qui reste la priorité, au détriment du droit de l'environnement et des citoyens.
Une conférence à huis clos à (…)

- Profits et pertes : derrière le boom des datacenters en France / , ,
Texte intégral (4169 mots)

Le gouvernement a convié à huis clos des filiales de multinationales au ministère de l'Économie pour écouter leurs recommandations concernant l'implantation rapide de grands projets de centres de données. Le signe que derrière tous les discours du pouvoir exécutif sur la « souveraineté numérique », c'est bien l'attractivité vis-à-vis des grands acteurs économiques internationaux qui reste la priorité, au détriment du droit de l'environnement et des citoyens.

Une conférence à huis clos à Bercy, réunissant des décideurs et les représentants de grandes entreprises internationales, qui recommanderait une série de mesures destinées à contourner les règles démocratiques autour de l'implantation de grands projets comme les datacenters – mesures que le gouvernement s'empresserait ensuite de mettre en œuvre ?

Cela pourrait ressembler à une mauvaise caricature d'affaire de lobbying, mais c'est pourtant ce que nous avons découvert en enquêtant sur l'offensive de lobbying autour de la loi « simplification » et de l'octroi du statut de « projet d'intérêt national majeur » (PINM) aux datacenters (lire le premier volet de cette enquête).

Chaque année, des multinationales sont invitées au ministère de l'Économie pour partager leurs recommandations aux décideurs politiques, dans le cadre de la « Conférence des dirigeants français d'entreprises étrangères ». À l'initiative de Business France et de la Direction générale du Trésor, cet événement réunit plus de 80 chefs de multinationales étrangères et 50 décideurs politiques en toute discrétion. L'édition 2025, qui s'est tenue au mois de septembre, a mis l'accent sur le sujet des infrastructures numériques, et ses recommandations se lisent comme comme une « liste de courses » destinée à favoriser l'accueil de nouveaux grands projets, en passant outre les normes environnementales et le débat public.

Un cabinet très proche des opérateurs de datacenters

Cette « Conférence » est organisée depuis 2013 par le cabinet de conseil DZA, filiale du groupe Arfilia, une holding familiale présidée par Raymond Soubie. Cet ancien conseiller du président de la République Nicolas Sarkozy, « très écouté par les syndicats et le patronat » selon Challenges, possède, via sa holding, plusieurs entreprises de conseil, comme Taddeo, régulièrement sollicité par les entreprises du CAC 40, mais aussi le groupe de médias AEF Info.

DZA travaille régulièrement avec d'autres entreprises de la filière des datacenters, comme Digital Realty, partenaire du Forum d'Aix-Marseille des groupes internationaux.

La liste des participants n'étant pas publique, il n'est possible de connaître que les entreprises partenaires de l'édition 2025 : Pfizer, Shell, Coca-Cola, pour citer les plus connues d'entre elles. Parmi elles, deux sont des opérateurs de datacenters : la société japonaise Telehouse, qui détient trois datacenters en France, pour une puissance de 63 mégawatts, et le géant étasunien de l'immobilier, Prologis, qui détient une quarantaine de datacenters aux États-Unis, et a annoncé la construction de plusieurs datacenters à Paris. DZA travaille régulièrement avec d'autres entreprises de la filière, comme Digital Realty, partenaire du Forum d'Aix-Marseille des groupes internationaux, un salon annuel organisé par DZA et One Provence Promotion, l'agence d'attractivité économique de la métropole Aix-Marseille Provence. Fabrice Coquio, président de Digital Realty France, comptait d'ailleurs parmi les membres invités de l'édition 2024, tout comme Sami Slim, président de Telehouse France, pour l‘édition 2025.

Opacité organisée

En plus de cet événement, DZA organise neuf cercles de rencontres réunissant différents publics, comme des dirigeants de filiales d'entreprises étrangères en France (« Cercle des dirigeants ») ou leurs directeurs des ressources humaines (« Cercle People First »). Ces événements ne sont pas, selon l'entreprise, des « lieux d'influence menant à des actions de lobbying », car réservés au secteur privé. Ce n'est pourtant pas le cas de la Conférence des dirigeants français d'entreprises étrangères, qui accueillent des membres de cabinets ministériels ou des parlementaires. Parmi ceux présents le 9 septembre 2025, on peut citer Mariana Caillaud, ancienne conseillère à Matignon et depuis avril 2026 directrice du cabinet de Mathieu Lefèvre, ministre délégué chargé de la Transition écologique, ou bien encore les députés Ensemble pour la République Charles Rodwell et Marie Lebec.

Alors que le cabinet promet la tenue d'« échanges directs avec les membres de l'administration et du Gouvernement », DZA ne déclare aucune action de lobbying au registre de la HATVP.

Pourtant, DZA ne déclare aucune action de lobbying au registre de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP). Bien que l'objectif de l'événement consiste à « renforcer l'attractivité de la France en fournissant des recommandations aux décideurs politiques », et alors que le cabinet promet à ses membres la tenue d'« échanges directs avec les membres de l'administration et du Gouvernement ».

Seule Business France, l'agence publique chargée d'aider les entreprises françaises à l'export et qui, depuis 2015, s'occupe aussi de l'attractivité de l'Hexagone vis-à-vis des investisseurs étrangers, semble déclarer cette rencontre à la HATVP, sans la nommer. On ne connaît pas non plus la répartition des rôles entre cette agence publique et le cabinet de conseil. Contactés, Business France et DZA n'ont pas répondu à nos sollicitations.

Offensive anti-réglementaire

L'étude des recommandations transmises aux décideurs à l'issue de la Conférence laisse peu de doute quant aux priorités des entreprises invitées. Dès les premières pages, le document affirme « l'absolue nécessité d'une simplification rigoureuse [...]. Très concrètement, pour des projets industriels et numériques se comparant désormais à l'échelle mondiale, la lourdeur administrative, couplée à l'incertitude fiscale suffiraient à bloquer leur concrétisation. » Il salue, sans grande surprise, la destruction des normes européennes engagées par la Commission européenne via les textes de loi dits Omnibus (lire notre article).

Les deux premières recommandations concernent directement les législations encadrant l'implantation des centres de données. La première, intitulée « Dupliquer le modèle « Notre-Dame [de Paris, ndlr] et JO » pour faciliter l'implantation d'infrastructures critiques et prioritaires », ambitionne de « rationaliser les délais légaux d'instructions de dossiers ICPE [installations classées pour la protection de l'environnement, dont les datacenters] », en réduisant la durée d'instruction des dossiers ou de concertation publique. Les dirigeants appellent également à la création d'un « guichet unique national, appuyé d'une task-force interministérielle chargée de lever les blocages administratifs », à « renforcer le droit au raccordement prioritaire pour les projets industriels stratégiques d'intérêt national », et surtout, à « instituer une doctrine nationale opposable, garantissant une application uniforme du principe « silence vaut acceptation » ».

« Silence vaut acceptation »

À travers ce choix de mots aux résonances pour le moins troublantes, on comprend que les entreprises n'ont strictement aucune envie de solliciter ni de respecter le consentement des populations locales. En sous-texte, peut-être commencent-elles aussi à craindre les mobilisations locales qui se multiplient dans le monde, et désormais en France, pour empêcher la construction de centres de données. Selon l'observatoire Data Center Watch, plus de 152 milliards d'investissements dans les datacenters ont été retardés ou bloqués aux États-Unis par les opposants au cours du deuxième semestre de l'année 2025.

À travers ce choix de mots aux résonances pour le moins troublantes, on comprend que les entreprises n'ont strictement aucune envie de solliciter ni de respecter le consentement des populations locales.

La seconde recommandation cite quant à elle explicitement les infrastructures numériques. Elle propose de « réduire significativement les délais d'instruction, y compris pour les sites destinés à l'accueil de datacenters ». Autres mesures notables : « limiter dans le temps les recours et les contentieux administratifs » ou « créer des zones à statut allégé [appelées « Routes de la données » dans la première recommandation, ndlr] [...] sous une gouvernance conjointe État–collectivités–opérateurs, avec procédures rationalisées et délais réduits ». Comprenez : laissez-nous nous implanter là où nous voulons, sans possibilité de contestation, voire en nous laissant gérer certaines parties du territoire selon nos propres envies. Ce qui rappelle en partie les zones d'accélération voulues par la Commission européenne via son texte sur le développement du cloud et de l'IA (« Cloud and AI Development Act », Cada).

Des recommandations déjà appliquées

Pour radicales qui puissent paraître ces mesures, certaines d'entre elles vont être partiellement mises en place grâce à la loi de simplification de la vie économique, votée en avril dernier par les parlementaires. Comme nous l'expliquions dans le premier volet de cette enquête, les opérateurs des centres de données ont appuyé l'obtention du statut de « Projet d'intérêt national majeur » (PINM), qui devrait en théorie raccourcir les délais de traitements de leurs dossiers. La loi instaure également une procédure de raccordement électrique accélérée, bien qu'encore une fois, RTE ne pourra pas du jour au lendemain faire sortir de terre des postes sources et des nouvelles lignes à haute tension.

Une autre recommandation de la Conférence a été appliquée de façon insidieuse via un décret.

Une autre recommandation de la Conférence a été appliquée de façon insidieuse via un décret paru le 22 avril 2026 au Journal officiel, qui instaure un régime de contentieux accéléré pour certains grands projets, dont les PINM, comme le rapporte la Banque des territoires. Concrètement, les recours seront examinés directement par les cours administratives d'appel sans passer par le tribunal administratif, qui devront statuer dans un délai de dix mois. Ce qui prive les associations du premier degré juridique, mais surtout, qui ne leur offre qu'une possibilité de recours au Conseil d'État, où les dossiers requièrent un accompagnement très onéreux qu'elles n'ont pas toutes les moyens de s'offrir.

Task-force nationale

D'après un document que nous avons pu consulter, daté du 7 mars 2025, intitulé « Une stratégie ambitieuse et des investissements pour déployer les centres de données en France », l'État avait déjà créé en amont de la Conférence une « task-force nationale » réunissant le ministère de la Transition écologique, Business France, la DGE et RTE. Bien qu'elle ne corresponde pas entièrement à celle demandée par les entreprises, une partie de ses missions répondent en partie à l'objectif de « lever les blocages administratifs ».

La task-force a notamment pour objet de « recenser les fonciers réunissant les caractéristiques pour l'accueil de centre de données IA » et d'« orienter les porteurs de projet en région », en mobilisant les préfectures et les Agences de développement régionales (ARD). Ce suivi des dossiers passera notamment par le Comité d'orientation et de suivi des projets étrangers (COSPE), une entité de Business France, qui doit veiller à ce que « les Investissements directs de l'étranger (IDE) soient utiles partout, et que notre pays reste le plus attractif, sûr et fiable pour les décideurs économiques du monde entier », selon son directeur, Zacharie B., nommé en février 2025.

Soutien au sommet

Pour la majorité des fonciers identifiés, ce sont les collectivités locales les propriétaires du terrain. Alors pour les convaincre, la task-force affirme leur envoyer un « document exprimant les priorités du Gouvernement en matière de projet de centres de données » pour les « éclairer dans leurs efforts et leurs choix ». La grogne des élus territoriaux face aux nouveaux projets de datacenters apparaît de fait comme un risque important (lire encadré). Mais si d'un côté l'État cherche à les rassurer, il n'hésite pas non plus à aider les opérateurs pour accélérer leurs procédures d'installation. C'est ce que nous révélions dans notre article à propos du lancement d'une concertation préalable par la Commission nationale du débat publique (CNDP) pour le projet de Google à Châteauroux. Dans celle-ci, Jean-Louis Laure, un des garants de la concertation, constatait « un sentiment d'urgence autour du projet » de la part de l'État, qui le porte selon lui « de façon volontaire ».

Le PDG de Telehouse France, Sami Slim, concédait au "Financial Times" avoir réussi à faire accélérer le traitement de ses dossiers grâce à l'intervention du cabinet du président de la République.

Le PDG de Telehouse France, Sami Slim, a concédé au Financial Times, avoir réussi à faire accélérer le traitement de ses dossiers grâce à l'intervention du cabinet du président de la République. Devant les députés de la commission d'enquête sur le numérique, Laurent Choukroun, PDG de la startup Oreus AI, partenaire de l'entreprise DataOne et du fonds émirati G42 pour l'implantation d'un supercalculateur dédié à l'IA près de Grenoble, admettait avoir été reçu par Matthieu Landon, le conseiller technique « industrie, recherche et innovation » du Président et du Premier ministre.

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« Un petit apéritif par rapport à ce que fera le RN »

À en croire ses déclarations publiques, le gouvernement n'entend pas réduire son soutien aux opérateurs de centres de données et à leurs appels à déréglementer. Mathieu Lefèvre, ministre délégué chargé de la Transition écologique, dont la directrice de cabinet, Mariana Caillaud, était présente à la Conférence des dirigeants français d'entreprises étrangères, a déclaré auprès de l'AFP en avril dernier vouloir « engager une réforme du permitting et de la consultation du public, en excluant notamment les projets industriels du champ de la CNDP ». Rien de surprenant pour ce ministre délégué qui n'a que les mots « compétitivité » et « simplification » à la bouche, selon le député écologiste Nicolas Thierry, interrogé par Mediapart. Le gouvernement avait déjà tenté la même opération il y a un an, mais son décret avait été retoqué par le Conseil d'État, comme l'avait révélé le média Contexte.

La CNDP subit depuis plusieurs années des attaques répétées de la part des partis centristes, de droite et d'extrême-droite. « Le peu qu'elle fait est devenu insupportable pour l'État et les acteurs industriels », estime le politiste Guillaume Gourgues, interrogé par Nicolas Celnik et Fabien Benoît dans leur livre Les Assoiffeurs (Les Liens qui libèrent, 2026). Car les débats qu'elle organise peuvent « contribuer à populariser des contestations […] comme ce fut le cas face au projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes », poursuivent les deux journalistes dans leur livre. D'où la volonté de l'État de restreindre au maximum son périmètre, afin de ne pas entraver la construction des centres de données.

Lors d'un déplacement dans l'Allier, Emmanuel Macron a explicitement appelé à la duplication du « modèle Notre-Dame », comme évoqué dans les recommandations de la Conférence.

Emmanuel Macron se pose lui-même en promoteur de cette offensive. Lors d'un déplacement dans l'Allier le 23 avril dernier, celui-ci a explicitement appelé à la duplication du « modèle Notre-Dame », comme évoqué dans les recommandations de la conférence : « Rien ne justifie que nous soyons une nation qui sait faire en cinq ans la reconstruction de Notre-Dame de Paris et qui parfois met plus de cinq ans à faire un projet industriel ou un poulailler. Cette accélération passe par une simplification des procédures, en s'affranchissant de choses inutiles et des bureaucraties tatillonnes pour retrouver l'action », avait-il déclaré, comme le rapporte Le Monde.

Cette stratégie rejoint en grande partie celle que pourrait mettre en place le Rassemblement National (RN), en cas d'arrivée au pouvoir en 2027. Elle a été d'une certaine façon dévoilée par le député RN Matthias Renault lors du vote de la loi de simplification à l'Assemblée nationale, le 14 avril dernier : « Collègues de gauche, je veux vous effrayer. Cette petite loi de simplification, c'est un petit apéritif par rapport à ce que fera le RN si l'on arrive au pouvoir. Ça sera à la puissance dix, et on le fera par ordonnance ! » Comme au Parlement européen, droite et extrême droite partagent le même objectif (lire notre article) : la destruction des normes économiques et environnementales, pour le plus grand bonheur des industriels de tous bords.

Convaincre les élus locaux : un enjeu majeur pour le gouvernement et les opérateurs
Pour convaincre les collectivités locales de faciliter l'implantation de datacenters, la task-force mise en place par le gouvernement déclare leur envoyer un « document exprimant les priorités du Gouvernement en matière de projet de centres de données » pour les « éclairer dans leurs efforts et leurs choix ».

Pourtant, selon le sociologue Clément Marquet, « nombre d'entre elles disent être mal accompagnées pour répondre aux politiques d'accueil décidées par l'État au niveau national ». Ce que corroborent les propos d'Axelle Champagne, directrice adjointe au développement économique de la communauté d'agglomération de Paris-Saclay, tenus lors d'une conférence de l'Institut Paris Région en novembre 2025 : « On a aucun outil d'encadrement, on subit ces implantations. » « On n'a pas d'arme pour refuser l'installation des centres de données », témoignait l'ancien adjoint à l'urbanisme de la ville de Marseille, Sébastien Barles, au Courrier des maires.

L'association France Urbaine, interrogée également par le Courrier des maires, dénonce elle « la volonté d'accélération nationale très centralisée » face à des territoires qui peinent à « accueillir des installations parfois très lourdes en consommation électrique, en usage foncier et en impact environnemental ». Alors pour calmer la grogne des élus locaux, le ministère de l'Économie a publié en novembre dernier un Guide pour l'implantation des centres de données, à destination des élus locaux. Suivi deux mois plus tard par le lobby France Datacenter, avec ses neuf propositions pour les collectivités contenues dans son « Plaidoyer pour un numérique utile, responsable et ancré dans les territoires ».

Cette communication cache néanmoins une stratégie délibérée d'opacité, comme le remarque Clément Marquet : « Il arrive que certains opérateurs fassent signer des clauses de confidentialité aux élus pour protéger leurs intérêts et ne pas dévoiler leur stratégie face à leurs concurrents. » « Les opérateurs n'ont pas l'obligation de prévenir les collectivités locales de leurs promesses d'achat, il m'est déjà arrivé de découvrir des projets de datacenters sur mon territoire au cours d'une discussion avec RTE », ajoute Axelle Champagne, toujours lors de la conférence de l'Institut Paris Région. Cette opacité crée in fine de la « conflictualité démocratique », avance Clément Marquet, au détriment des habitantes et habitants du territoire. C'est précisément ce que nous décrivions dans notre enquête sur le projet de datacenter de Google à Châteauroux, où les militants locaux dénoncent le manque de transparence de la firme et des collectivités locales.
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