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27.11.2025 à 07:00

Quels lobbies les eurodéputés d'extrême droite (et les autres) rencontrent-ils à Bruxelles ?

Anne-Sophie Simpere
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L'extrême droite est en position de force au Parlement européen depuis les élections de 2024. Si ses eurodéputés rencontrent encore relativement moins de représentants d'intérêts que la plupart des autres groupes, les données disponibles sur leurs rendez-vous montrent un penchant pour les lobbies de l'agroindustrie et de l'énergie, ainsi que pour des think tanks trumpistes ou proche du pouvoir hongrois.
Le 13 novembre dernier, les députés européens de la droite (Parti populaire européen, (…)

- FAF40. Enquêtes sur l'extrême droite, les grandes fortunes et les milieux d'affaires / , , ,
Texte intégral (4236 mots)

L'extrême droite est en position de force au Parlement européen depuis les élections de 2024. Si ses eurodéputés rencontrent encore relativement moins de représentants d'intérêts que la plupart des autres groupes, les données disponibles sur leurs rendez-vous montrent un penchant pour les lobbies de l'agroindustrie et de l'énergie, ainsi que pour des think tanks trumpistes ou proche du pouvoir hongrois.

Le 13 novembre dernier, les députés européens de la droite (Parti populaire européen, PPE) et ceux de l'extrême droite votaient ensemble pour vider de leur substance deux directives qui devait améliorer les performances environnementales et sociales des grandes entreprises [1]. C'est la première fois que le cordon sanitaire entre un parti traditionnel et l'extrême droite saute pour un texte d'importance. Une évolution majeure dans un Parlement européen qui, depuis les élections de juin 2024, compte 187 députés d'extrême droite, un nombre suffisant pour former une majorité absolue avec la droite « classique » du Parti populaire européen (PPE).

Alors que l'extrême droite a acquis ce pouvoir de bascule dans une institution clé de l'Union européenne, nous avons voulu nous pencher sur leurs activités à Bruxelles.

Alors que l'extrême droite a acquis ce pouvoir de bascule dans une institution clé de l'Union européenne, nous avons voulu nous pencher sur leurs activités à Bruxelles. Et notamment sur les entreprises et groupes d'intérêts qu'ils rencontrent. Ou déclarent rencontrer. Car depuis 2023, le code de conduite des eurodéputés leur impose de divulguer toutes leurs réunions avec des représentants d'intérêts ou représentants de pays tiers. Des données plus fournies que ce qui est exigé en France et pour lesquelles l'ONG Transparency International a créé un outil de suivi, IntegrityWatch.eu. Malgré des lacunes et limites (voir notre encadré méthodologique), les informations recueillies permettent de donner un aperçu des fréquentations de nos eurodéputés à Bruxelles, et donc des discours et influences auxquels ils sont exposés.

Premier constat : l'extrême droite ne déclare pas grand chose

Sur les huit groupes politiques du Parlement européen, ce sont les trois groupes classés à l'extrême droite qui, au 17 novembre dernier, avaient déclaré le moins de rencontres, que ce soit avec des entreprises, des ONG, des syndicats, des représentants de pays tiers ou d'autres personnalités. En valeur absolue, le PPE (droite) est en tête, avec plus de 13 000 rendez-vous déclarés, soit environ 70 par député (le groupe étant composé de 188 membres). Quand on rapporte le nombre de réunions déclarées au nombre de députés du groupe, c'est Renew, le groupe auquel les partis Renaissance et centristes français sont ralliés, qui est en haut du classement (104 réunions par député), suivi des Verts puis des Socialistes. Le Groupe pour la gauche unitaire européenne (Gue), où siège la France insoumise, arrive en cinquième position avec un peu plus de 47 rencontres déclarées par eurodéputé.

En valeur absolue, le PPE (droite) est en tête, avec plus de 13 000 rendez-vous déclarés

Côté extrême droite, les députés issus du RN français siègent dans le groupe des Patriotes pour l'Europe, présidé par Jordan Bardella. Au 17 novembre, ils avaient rendus publiques 1748 rencontres, soit à peine plus de 20 par députés, leur groupe comptant 84 membres. Parmi les français, Thierry Mariani fait figure d'hyperactif avec 97 rendez-vous déclarés, contre seulement 13 pour Jordan Bardella. Pour les 78 membres du groupe Conservateurs et réformistes européens (CRE), où siègent trois anciens Zemmouriens (Marion Maréchal, Nicolas Bay et Guillaume Peltier), 2749 rendez-vous ont été déclarés, soit un peu plus de 35 par député. Marion Maréchal est au dessus de cette moyenne, avec 44 rencontres déclarées, contre seulement 9 pour Nicolas Bay et 4 pour Guillaume Peltier.

Enfin, le groupe Europe des Nations Souveraines (ESN), plus petit groupe du Parlement européen avec 25 eurodéputés et 8 pays représentés, déclarait seulement 170 réunions, soit moins de 7 par membre en moyenne. Les eurodéputés allemands de l'AfD (Alternative pour l'Allemagne) dominent très largement cette petite formation où on ne retrouve qu'une française, l'élue de Reconquête Sarah Knafo. Celle-ci a déclaré 19 rencontres (toujours au 17 novembre 2025).

Nous avons interrogé les groupes concernés sur cette faible activité, qui ne nous ont pas répondu. Elle pourrait être liée à des défauts de déclaration, ou à une plus faible activité parlementaire. « Jusqu'ici les eurodéputés des groupes d'extrême droite avaient moins de chance d'avoir des rôles de rapporteurs, ce qui peut faire baisser le nombre de leurs réunions », explique Raphaël Kergueno, de Transparency international. Certains représentants d'intérêts peuvent aussi appliquer un cordon sanitaire en refusant de les rencontrer. « Mais maintenant qu'on voit que le PPE peut s'allier aux groupes d'extrême droite pour former une majorité, il est possible que les lobbyistes se mettent à les solliciter davantage, car ils deviennent importants pour faire pencher la balance. »

La droite rencontre les entreprises, la gauche les ONG et syndicats

Si l'on se penche sur les acteurs rencontrés par les différents partis politiques, il n'y a pas de grande surprise du côté des partis traditionnels. Dans le top 20 des rendez-vous déclarés par le PPE, on retrouve neuf entreprises, dix groupes d'intérêts industriels et patronaux, et une fondation – la Fondation Konrad Adenauer du parti allemand CDU. Les entreprises qui cumulent le plus de rendez-vous appartiennent au secteur de la Tech (Google, Meta, Apple, Amazon), des énergies fossiles (ExxonMobil, TotalEnergies), de la chimie (Bayer, BASF) et du tabac (Philip Morris). Côté groupes d'intérêts privés, les Chambre de commerce des États-Unis ou de l'Autriche sont bien placés (40 et 35 réunions déclarées), tout comme le lobby du commerce de détail et de gros EuroCommerce (31 réunions déclarées). Pour ce qui est des eurodéputés PPE français (issus des Républicains), la FNSEA arrive en tête des réunions déclarées (sept), suivi par Airbus, l'ambassade d'Egypte, la CGA-CGM et Eurodom (association d'entreprises des DOM-TOM), avec cinq rendez-vous déclarés chacun. Une seule association se hisse dans le top 20 des réunions déclarées par les députés PPE français, Oeuvre d'Orient (aide aux chrétiens d'Orient). À l'échelle du groupe dans son ensemble, aucune ONG ni aucun syndicat n'atteint le haut du classement. Bien sûr, ces députés ont quand même quelques rendez-vous avec ce type d'organisations, mais dans des proportions bien moindre que les acteurs économiques privés.

Les réunions des centristes de Renew sont un peu plus variées, avec huit entreprises, neuf organisations industrielles, patronales ou de lobbying privé, mais quand même trois ONG environnementales (European Environmental Bureau, Transport et environnement, WWF Europe) dans le top 20. Chez les treize Français de Renew, le Medef, Airbus, Transport et environnement (ONG), Renault, la Société générale, le WWF Europe et TotalEnergies ont obtenu le plus de rendez-vous (déclarés) – de 23 pour le Medef à 13. Le top 20 du groupe socialiste se diversifie encore un peu plus, avec seulement trois entreprises (Apple, ArcelorMittal et Google), cinq organisations patronales ou d'industriels, cinq ONG, trois syndicats, une fondation, une organisation de protection des consommateurs et une de protection animale.

Quand on arrive dans le haut du tableau des rendez-vous déclarés par les Verts, il n'y a plus aucune entreprise, et seize ONG environnementales, de défense des droits humains ou de lutte contre la corruption. Chez les français, un lobby de startups (France Digitale) arrive quand même dans le « top 20 » grâce à quatre rendez-vous déclarés avec David Cormand. Là encore, les eurodéputés ont quand même rencontré des entreprises ou groupes d'intérêt privés (FNSEA, CPME, Banque de France, Toyota…), mais très peu de rendez-vous avec ce type d'acteurs sont déclarés. Quant aux eurodéputés de la GUE, ils déclarent le plus grand nombre de rendez-vous avec la Confédération des syndicats, et leur top 20 regroupe des syndicats, des entreprises, des fédérations professionnelles et des ONG. Même liste variée chez les français, avec la CGT largement en tête – 19 rendez-vous, dont 18 avec l'eurodéputé Anthony Smith, inspecteur du travail et syndicaliste.

Patriotes pour l'Europe : lobbies hongrois et tabac

Plus gros groupe d'extrême droite du Parlement européen, avec 84 membres dont 29 Français, les Patriotes pour l'Europe (PfE) déclarent relativement moins de rendez-vous que les autres partis. À l'échelle du groupe, c'est la Fondation pour une Hongrie civique, du parti Fidesz de Viktor Orbán, qui arrive en tête des rencontres déclarées. Selon le registre, ils ne voient que des eurodéputés hongrois. Numéro un ex aequo avec vingt rencontres déclarées, une autre organisation proche du pouvoir en place à Budapest : le Mathias Corvinus Collegium (MCC) Bruxelles (lire notre enquête). Les rendez-vous avec ces entités concernent très majoritairement des eurodéputés hongrois et, à la marge, polonais et autrichiens. Mais pas de français, alors même que les députés RN du groupe Virginie Joron, Angeline Furet et Mathilde Androüet ont bien participé à des événements du think tank proche d'Orbán et des réseaux trumpiens, qui a présenté en mars dernier à Washington un plan pour démanteler l'Union européenne. En troisième place des réunions déclarées des Patriotes, le cigarettier Philip Morris, avec 19 rencontres déclarées, dont une avec la française Marie-Luce Brasier-Clain, membre de la Commission de la santé publique et opposée à la hausse des taxes sur le tabac. Au total, le top 20 des « Patriotes » comprend six entreprises, tabac mais aussi largement dans le secteur de l'énergie (pétrole – notamment le pétrolier hongrois MOL, donc MCC est actionnaire, gaz, hydrogène) et huit groupes d'intérêts professionnels. Mais aussi Heartland Institute, think tank climato-sceptique venu des États-Unis, ancien partenaire du réseau Atlas, qui a rencontré le député autrichien Harald Vilimsky à sept reprises.

Jordan Bardella ne déclare que 13 rendez-vous, surtout avec des lobby agricoles (FNSEA, Jeunes agriculteurs, semenciers), mais aussi avec l'entreprise Renault

Les PfE français, à l'image du groupe, ont moins de rendez-vous déclarés que la moyenne des eurodéputés. C'est la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) qu'ils auraient rencontré le plus (sept réunions déclarées), devant l'entreprise Primagaz, puis Corteva Agriscience (entreprise de production de pesticides et de semences) TotalEnergies, Eurodom, la Représentation de la Chine auprès de l'UE, la Coordination rurale, l'Union française des semenciers, puis le lobby du porc Inaporc. Le président du groupe et du RN, Jordan Bardella, ne déclare que 13 rendez-vous, surtout avec des lobby agricoles (FNSEA, Jeunes agriculteurs, semenciers), mais aussi avec l'entreprise Renault, avec qui il a échangé sur l'avenir de la filière automobile le 5 novembre dernier.

ECR : des entreprises et des évangélistes étatsuniens

Le groupe des anciens de Reconquête ne déclare pas non plus beaucoup de rencontres, et c'est l'entreprise de gestion de l'eau italienne Acea (dont le groupe français Suez détient 23%) qui arrive en tête des réunions listées publiquement, ce qui est moins étonnant si l'on considère que la délégation est dominée par les Frères d'Italie, le parti de Giorgia Meloni. Leur top 20 (de 19 à 8 rendez vous) comprend dix entreprises du secteur du pétrole, du nucléaire, de la tech, de l'eau, du tabac, de la défense… et MacDonald's, pour parler emballages ou franchises. Ils ont aussi vu à plusieurs reprises sept lobbys patronaux ou industriels (FuelsEurope, Chambre américaine de commerce, Croplife Europe…) et leur membre finlandais, Sebastian Tynkkynen, a déclaré plusieurs réunions avec la commissaire européenne finlandaise et le bureau de l'UE à Helsinki. En septième position, on trouve tout de même une association : Alliance Defending Freedom (ADF). Cette organisation évangéliste venue des États-Unis, qui combat le droit à l'avortement et les droits LGBT+, a été vue par des députés ECR croates, polonais, roumains et néerlandais. Aucun des trois députés français du groupe n'a indiqué l'avoir rencontré. L'eurodéputée RN Virginie Joron (groupe PfE) ne l'a pas non plus mentionnée dans ses réunions, alors même qu'elle a co-organisé un événement avec ADF en mai 2025, avec le Croate Stephen Bartulica, d'ECR (qui lui, a déclaré deux rencontres avec ADF)

Marion Maréchal a rencontré aux États-Unis la Heritage Foundation, qui a coordonné le « Project 2025 »

Si on s'en tient aux trois Français d'ECR, les noms qui arrivent en tête de leurs réunions déclarées sont le lobby de la défense Gifas, TotalEnergies, le lobby anti-taxe Contribuables associés (lire notre enquête) et la Banque de France, avec deux rendez-vous chacun. Toutes ces rencontres sont le fait de Marion Maréchal, qui a aussi vu, parmi les entreprises, Dassault Aviation, Arverne group (géothermie) et Verso Energy (hydrogène). Aux États-Unis, elle a rencontré la Heritage Foundation, ancien membre du réseau Atlas, qui a coordonné le « Project 2025 », un programme ultra-consevateur et pro-fossiles pour préparer la présidence de Donald Trump (lire notre article). Elle a aussi vu Americans for Tax Reform, un lobby anti-impôt américain lié aux frères Koch, des magnats de l'industrie pétrolière, et à leur galaxie de think tanks conservateurs. Une inspiration pour nourrir ses discours anti-taxe en France ?

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Les penchants trumpistes de Sarah Knafo

Sarah Knafo, eurodéputée Reconquête, déclare aussi trois rendez-vous aux États-Unis, avec Donald Trump et le parti Républicain. Passée par le Claremont Institute, l'un des premiers think tanks à soutenir le président américain (voir notre entretien avec Maya Kandel), l'élue du parti d'Éric Zemmour ne cache pas sa proximité avec le trumpisme. Chargée d'un rapport sur la souveraineté technologique européenne, elle a rencontré plusieurs interlocuteurs et entreprises du secteur. Hors de ce travail et de ses accointances avec les conservateurs étatsuniens, elle a aussi rapporté des réunions avec Meta sur la modération des réseaux sociaux, avec la Coordination rurale, et avec Thierry Baudet, un homme politique néerlandais anti-UE, climato-sceptique, pro-russe et complotiste.

Si on prend les trois groupes d'extrême-droite du Parlement européen ensemble, on retrouve sur le podium des entreprises qu'ils déclarent le plus rencontrer Philip Morris à la première place

Dans sa globalité, le groupe ESN, principalement constitué des allemands de l'AfD, ne déclare que très peu de rencontres. Un groupe de défense des cryptomonnaies et l'ambassade Bélarus en Russie figurent en tête de leur reporting, avec cinq rendez-vous chacun avec des députés polonais d'une part et slovaques de l'autre. Des Bulgares et un Allemand ont vu Republican for National Renewal, une association nationale-populiste des États Unis, soutien de Donald Trump et soutenue par Viktor Orbán, qui vise à radicaliser le parti républicain, notamment sur l'immigration.

Si on prend les trois groupes d'extrême-droite du Parlement européen ensemble, on retrouve sur le podium des entreprises qu'ils déclarent le plus rencontrer Philip Morris à la première place (29 rendez-vous), devant le lobby des producteurs de carburant FuelsEurope (27) et l'entreprise de gestion de l'eau italienne Acea (25). Chez les français, TotalEnergies et la CPME arrivent en tête avec sept rendez-vous chacun, devant la Coordination rurale, Primagaz, Eurodom, Corteva Agriscience, la représentation de la Chine auprès de l'UE, l'Union française des semenciers, le lobby du porc Inaporc et la multinationale américaine Meta. L'échantillon est limité par le peu de réunions déclarées, mais il indique que les eurodéputés venus de RN et de Reconquête parlent majoritairement avec des représentants d'entreprises et d'intérêts industriels, notamment celles de secteurs à risques pour la santé et l'environnement (pétrole, gaz et agro-industrie). Ce qui pourrait expliquer pourquoi, dans l'hémicycle, ils joignent leurs voix à celles du PPE pour revenir sur les normes protégeant les citoyens contre les activités de ces sociétés.

Méthodologie
En utilisant le site Integritywatch.eu de Transparency international, nous avons analysé les rendez-vous déclarés par les eurodéputés depuis le début de la 10e législature du Parlement européen, qui a commencé le 16 juillet 2024, jusqu'au 17 novembre 2025 (soit une période de 16 mois). Il est possible qu'entre temps, quelques chiffres aient évolué, puisque des eurodéputés ont pu ajouter des rendez-vous après le 17 novembre.
IntegrityWatch se base sur les déclarations publiées par les eurodéputés sur leurs rencontres avec des représentants d'intérêts (entreprises, cabinets de lobbying et représentants d'intérêts professionnels (chambres de commerce, lobby sectoriel…), syndicats patronaux ou de travailleurs, associations et organisations non gouvernementales (ONG) et des représentants de pays tiers.
Les informations disponibles sont imparfaites, car elles ne reposent donc que sur les réunions déclarées par les élus. Nous avons par exemple noté que certains eurodéputés d'extrême droite avaient omis de rapporter des rencontres, par exemple avec le think tank pro-Orban MCC Brussels, ou avec l'organisation évangéliste conservatrice Alliance Defending Freedom. Si la déclaration de ces réunions est obligatoire, c'est un comité consultatif composé d'eurodéputés qui est en charge de contrôler le respect du code de conduite. « Vu le grand nombre de déclarations, beaucoup de députés prennent cette obligation au sérieux, mais en cas de manquement, le risque de sanction reste faible », estime Raphaël Kergueno, de Transparency International EU.
Autre limite : en l'absence d'uniformisation sur les modalités de reporting, le suivi automatisé est parfois difficile. Par exemple, l'organisation patronale de la Confédération des petites et moyennes entreprises sera parfois indiquée sous son nom complet, parfois sous son acronyme (CPME), créant deux entrées. Nous avons corrigé les cas que nous avons pu identifier.
Nous nous sommes principalement penchés sur les représentants d'intérêts avec lesquels les eurodéputés ont eu le plus de rendez-vous, quantitativement (« top 20 »). Moins les eurodéputés déclarent de réunions, plus cette approche quantitative présente de limites. Les résultats peuvent notamment être influencés quand un député est en charge d'un rapport sur un sujet spécifique, ce qui va automatiquement augmenter ses réunions avec le secteur (cas de Sarah Knafo sur la souveraineté technologique). Certains groupes d'intérêts multiplient les rencontres, mais avec un seul eurodéputé ou les eurodéputés d'un seul pays. Nous l'avons indiqué, par exemple dans le cas de la Fondation pour une Hongrie civique, du parti de Viktor Oran, qui ne rencontre que des eurodéputés hongrois.

Si vous souhaitez nous transmettre des informations, vous pouvez nous contacter à cette adresse : assimpere [at] multinationales.org.


[1] Voir nos articles sur le sujet ici, ici et .

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