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05.11.2026 à 12:38

Ugo Bertet
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"Un pays est dans la dernière ligne droite de l’adhésion à l’UE", a déclaré la commissaire à l’Élargissement, Marta Kos [Les Échos]. Les négociations du Monténégro "pourraient même s’achever avant la fin de l’année", précise le journal économique. La Commission européenne considère ainsi que le pays des Balkans est "en bonne voie" pour rejoindre le […]

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Texte intégral (2580 mots)
La commissaire à l’Élargissement, Marta Kos, présentant le rapport 2026, mercredi 4 novembre - Crédits : Claudio Centonze / Commission européenne

"Un pays est dans la dernière ligne droite de l’adhésion à l’UE", a déclaré la commissaire à l’Élargissement, Marta Kos [Les Échos]. Les négociations du Monténégro "pourraient même s’achever avant la fin de l’année", précise le journal économique. La Commission européenne considère ainsi que le pays des Balkans est "en bonne voie" pour rejoindre le bloc en 2028, souligne Le Figaro.

Dans son rapport annuel présenté mercredi 4 novembre, l'exécutif européen "dessine des trajectoires concrètes pour quatre candidats" : le Monténégro, l’Albanie, la Moldavie et l’Ukraine [Les Échos]. Ceux-ci se voient fixer "des objectifs précis à atteindre l’an prochain, censés faciliter les discussions", précise Le Figaro.

Des feuilles de route qui restent "indicatives", souligne Le Monde, les États membres ne souhaitant pas s'engager sur des calendriers d'adhésion fermes. Car les prochaines étapes de l'élargissement "restent conditionnées aux réformes et aux décisions des États membres" [Les Échos]. La Haute représentante et vice-présidente de la Commission, Kaja Kallas, affirme ainsi que "l'adhésion se rapproche pour les pays qui concrétisent leurs réformes" [The Kyiv post].

Le processus d’élargissement a "récemment repris un nouvel élan, principalement pour des raisons géopolitiques", indique Die Welt, pour qui l’inclusion d’autres pays devrait "renforcer l’influence de l’UE  et empêcher les pays de conclure des partenariats plus étroits avec la Russie ou la Chine par déception face à un manque de perspective d’adhésion". "Longtemps conjuguée au futur lointain, l’adhésion de nouveaux pays entre désormais dans le calendrier politique immédiat", écrivent Les Échos.

Quatre "frontrunners" qui visent une adhésion avant 2030

Parmi les quatre candidats qualifiés par la Commission de "frontrunners" (plus avancés) [Euronews], le Monténégro "voit déjà la ligne d’arrivée", notent Les Échos. Le pays a provisoirement clôturé 21 des 33 chapitres de négociation ouverts, et la Commission s’attend à ce que son traité "puisse d’abord être négocié et signé en juin 2027" [Die Welt]. Le pays doit cependant résoudre plusieurs différends avec la Croatie, qui a formulé "une série d'attentes" à son égard concernant notamment les frontières et l'héritage des guerres en ex-Yougoslavie.

L’Albanie est quant à elle "en mesure de terminer dès l’an prochain ses négociations avec Bruxelles", relève Le Figaro. Un objectif envisageable "si le gouvernement albanais maintient son rythme actuel de réformes", explique un haut fonctionnaire européen cité par Le Monde. La Commission lui demande de poursuivre "les réformes judiciaires, la lutte contre la corruption et un dialogue politique inclusif", énumèrent Les Échos.

Pour la Moldavie, la conclusion des négociations est attendue pour "début 2028" [Die Zeit], un objectif "jugé réalisable, sous conditions", selon Les Échos. "La Moldavie est en train de rattraper l'Albanie", estime un haut fonctionnaire européen cité par Le Monde, qui évoque une possible adhésion en 2029.

Enfin, "l'Ukraine cherche également à conclure ses négociations d'ici la fin de 2028", indique Die Zeit. "Alors que les bombes tombent sur vous, vous continuez à avancer vers l’adhésion à l’UE", a félicité Marta Kos [Les Échos]. Mais contrairement aux trois autres candidats, la Commission "renonce" à donner une échéance précise pour l'Ukraine "sous pression des États membres", relève Le Monde.  

Un plan pour une "intégration progressive" des candidats

Pour les six autres candidats et candidats potentiels (à savoir la Serbie, la Bosnie-Herzégovine, la Macédoine du Nord, la Turquie, la Géorgie et le Kosovo), "il n’existe pas de calendrier d’adhésion", précise Die Welt. Les négociations turques "restent au point mort depuis 2018", écrivent Les Échos. "Nous en avons quelques-uns où [les pays candidats] reculent, notamment la Turquie, la Géorgie [et la Serbie]", a déclaré un haut responsable de l’UE [Euronews].

La situation pourrait néanmoins évoluer en Serbie après les élections législatives du 25 octobre, qui ont conduit à un revers électoral majeur pour le pouvoir jusque-là en place. Marta Kos voit dans ce résultat une "opportunité de repartir sur de nouvelles bases" [Le Figaro].

L’UE prévoit de "réformer la façon dont elle récompense les candidats au fur et à mesure qu’ils progressent", en offrant "un accès progressif au marché intérieur de l’UE" ainsi que, par exemple, "l’inclusion dans l’espace unique de paiement en euros (SEPA)" [Euronews]. Mais cette "intégration progressive […] n’est pas […] sans conditions", prévient un responsable de l’UE. Elle "reste fondée sur le mérite, conditionnelle et réversible", avec "un alignement progressif sur les règles de l’UE et les priorités stratégiques" attendu des candidats.

De potentiels obstacles à venir

"De plus en plus de dirigeants européens comprennent pourquoi l’élargissement compte aujourd’hui", a affirmé la commissaire à l'Élargissement [The Kyiv post]. Mais "tout est suspendu à l’accord unanime des 27, et à une ratification de chacun des traités d’adhésion par la voie parlementaire ou après un référendum", rappelle Le Figaro. Or "la ribambelle d’élections prévues en 2027 inquiète les défenseurs d’une Europe à 30 ou 35 États membres".

La France, où "la Constitution fait du référendum la voie de principe pour ratifier les futures adhésions", pourrait voir l’élargissement devenir "un piège politique, à l’approche de la présidentielle du printemps 2027", précisent Les Échos. Contrairement aux trois dernières adhésions, celles des candidats plus récents seraient soumises à cette nouvelle disposition constitutionnelle, même si les deux chambres du Parlement peuvent encore approuver cette procédure à la majorité des trois cinquièmes.

Lukas Macek, de l’Institut Jacques Delors, y voit "une bombe à retardement, potentiellement fatale pour le processus d’élargissement" [Les Échos]. Marine Le Pen, candidate à l'élection présidentielle, a de son côté promis qu’elle "s’opposerait, si elle était élue, à tout élargissement de l’Union européenne" [Le Figaro].

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04.11.2026 à 12:30

Manon Mazuir
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La contestation contre la hausse du coût de la vie prend une dimension européenne. "Des syndicats et associations de droit au logement issus de sept pays européens ont appelé mardi à Paris à 'des manifestations coordonnées dans toute l’Europe' contre la vie chère les 20, 21 et 22 novembre", informe le média belge RTL info. […]

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Texte intégral (2091 mots)
Les manifestations du 17 octobre ont mobilisé 550 000 à 800 000 personnes partout en France - Crédits : Jules* / Wikimedia Commons CC BY-SA 4.0
Les manifestations du 17 octobre ont mobilisé 550 000 à 800 000 personnes partout en France - Crédits : Jules* / Wikimedia Commons CC BY-SA 4.0

La contestation contre la hausse du coût de la vie prend une dimension européenne. "Des syndicats et associations de droit au logement issus de sept pays européens ont appelé mardi à Paris à 'des manifestations coordonnées dans toute l’Europe' contre la vie chère les 20, 21 et 22 novembre", informe le média belge RTL info.

"Après des manifestations disparates dans plusieurs pays européens, des représentants d’organisations espagnoles, françaises, italiennes, britanniques, portugaises, grecques et belges […] ont dit espérer réunir 'des millions' de personnes dans les rues" durant ces trois jours [Sud-Ouest].

Le site espagnol elDiario note que cet appel est lancé "à deux jours d'une grève nationale prévue en France le jeudi 5 novembre, à la veille de la grève générale du 11 novembre en Espagne" et que la mobilisation aurait lieu "exactement une semaine avant les élections espagnoles du 29 novembre".

Logement, inflation, salaires, retraites…

Dans un "moment crucial" de crise de pouvoir d'achat en Europe, "nous avons décidé de nous coordonner pour avancer ensemble", a déclaré lors d'un point presse Carme Arcarazo, porte-parole de la Confédération des syndicats de locataires espagnols, à l'origine de cette rencontre [BFM TV].

"Les organisations européennes dénoncent une 'hausse effrénée du coût de la vie' et un manque de mesures prises de la part des gouvernements", rapporte RFI. Parmi leurs principales revendications, relevées par France info, figurent la "garantie du droit au logement" ainsi que "le contrôle des prix du logement, de l’alimentation et de l’énergie".

Le logement occupe en effet une place centrale dans les doléances. "Dans l’Union européenne, les prix des logements ont augmenté de plus de 60 % entre 2010 et 2025, et les loyers d’environ 29 %", explique 20 Minutes. Le quotidien français précise qu'"en 2024, plus de 16,5 millions de ménages, soit 8,2 % des ménages européens, consacraient plus de 40 % de leurs revenus à se loger".

Les revendications "comprennent aussi des demandes sociales et politiques plus générales comme l’augmentation des salaires et des pensions de retraite" [France info]. Il s'agit également de "garantir des services publics, notamment l'éducation, la santé et des logements publics", le "droit au travail" sans "exclure les migrants", de promouvoir "la taxation des riches" et de réclamer "la fin des politiques de réarmement" et de développement "des énergies fossiles", a énuméré Carme Arcarazo, cité par RFI.

Côté français, "les syndicats CGT et Solidaires participent aussi à l’appel, tout comme l’association Droit au logement (DAL)", souligne RTL info.

De l'Espagne au Portugal…

Pour Teresa Mamede du syndicat des locataires de Lisbonne, citée par le média portugais RTP Notícias, la réunion de mardi entre partenaires européens était "très [intéressante], car il y avait de très grands mouvements venus de divers endroits, chacun avec ses luttes particulières". Le mouvement de protestation a bel et bien gagné tout le continent.

"En Espagne, l’expulsion en septembre de Maricarmen Abascal, une retraitée madrilène de 87 ans décédée quelques jours plus tard, a suscité une importante vague de manifestations et a remis la crise du logement au centre du débat public", rappelle Le Monde. "Au point de pousser le Premier ministre socialiste, Pedro Sánchez, à convoquer des élections législatives anticipées le 29 novembre".

"En écho aux protestations espagnoles, des campements ont fleuri en octobre dans les villes portugaises de Lisbonne et Porto. Le 20 novembre, une 'grève de la jeunesse' dans 20 pays sera coordonnée par une association portugaise d’étudiants contre les énergies fossiles" [Le Monde].

… en passant par la France, l'Italie et l'Allemagne

"En Italie, le mouvement est parti des travailleurs portuaires […] avant de s'étendre et d'aboutir à une grève générale le 30 octobre, où des centaines de milliers d'étudiants et de travailleurs ont manifesté" [RFI].

"En France, ce sont les lycéens qui ont lancé la mobilisation pour demander plus de moyens dans l'éducation et dénoncer le système d'orientation Parcoursup, avant des manifestations contre la vie chère regroupant aussi des syndicats et des gilets jaunes", souligne Radio Canada.

Le mouvement français a résonné dans plusieurs autres pays européens : "en Grèce, par exemple, plus de 10 000 personnes ont manifesté dans plusieurs villes, certains arborant des banderoles en grec et en français proclamant 'l’espoir est dans la lutte des peuples'" [Radio Canada]. En Allemagne, "des dizaines de milliers de jeunes sont descendus dans la rue", précise Le Monde.

Présent à la réunion du 3 novembre, Benjamin Ball, membre de la coordination des gilets jaunes, a ainsi résumé le leitmotiv de ces mobilisations : "par millions, nous allons prendre les rues et montrer que les peuples doivent diriger et non les milliardaires" [France info].

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03.11.2026 à 12:05

Valentin Ledroit
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"Moins de deux ans après sa prestation de serment, voilà le Premier ministre courant au palais pour remettre sa démission au roi [à la suite de] l’échec des négociations budgétaires", observe Le Soir. Dans la nuit du dimanche 1er au lundi 2 novembre, le Premier ministre Bart De Wever (N-VA, nationaliste flamand) a convoqué une […]

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Texte intégral (1828 mots)
Bart de Wever est Premier ministre de la Belgique depuis le mois de février 2025
Bart de Wever est Premier ministre de la Belgique depuis le mois de février 2025 - Crédits : Conseil européen

"Moins de deux ans après sa prestation de serment, voilà le Premier ministre courant au palais pour remettre sa démission au roi [à la suite de] l’échec des négociations budgétaires", observe Le Soir. Dans la nuit du dimanche 1er au lundi 2 novembre, le Premier ministre Bart De Wever (N-VA, nationaliste flamand) a convoqué une réunion d'urgence pour tenter de parvenir à un accord sur le budget 2027, après plusieurs semaines de négociations infructueuses.

"Peu après 1 heure du matin, [ce dernier] a dû constater qu'il n'était (toujours) pas parvenu à un accord dans sa recherche de 10 milliards d'euros d'ici 2029", relate De Standaard. Quelques heures plus tard, le chef de l'exécutif, en poste depuis février 2025, a remis la démission de son gouvernement au roi Philippe.

"Cette démission n'a pas été acceptée. Elle n'a pas été rejetée non plus. Le roi tient sa décision en suspens" et devrait se prononcer vendredi 6 novembre après avoir consulté les leaders des différents partis de la coalition, résume la RTBF. Dans ce contexte, "Bart De Wever se retrouve dans la situation de celui qui met sa tête sur le billot, sans savoir si la guillotine sera actionnée" [Le Temps].

Quatre mois de négociations et de divergences irréconciliables

Le Soir revient en détail sur "les quatre mois qui ont fait trébucher Bart De Wever". Après avoir rappelé que la crise avait "été évitée de justesse" l'an dernier, le quotidien francophone souligne les difficultés rencontrées dès le mois de juillet lors des négociations budgétaires entre les cinq partis de la coalition "Arizona".

En septembre, le Premier ministre avait proposé un effort global de 14 milliards d'euros, "de quoi donner un peu 'de mou' lors de la négociation vers les dix milliards", affirme Le Soir. "Mais rapidement, on s'étrangle à tous les étages de l'Arizona : une TVA imbuvable pour les libéraux, des efforts en santé 'indigestes' pour Les Engagés [centristes wallons]. Et si le CD&V [démocrates-chrétiens flamands] et Vooruit [sociaux-démocrates flamands] gardent davantage le silence, en coulisses, ils calent aussi. Le sacro-saint 'équilibre' n'y est pas".

Début novembre, Bart De Wever n'a donc pas réussi à surmonter ces différends. "À droite, on veut réduire les taxes, à gauche, on veut plus d’effort de la part des épaules les plus larges. Bref, on est clairement dans une situation de blocage", constate toujours RTL Info. "De Wever n'est (pour l'instant) pas parvenu à concilier l'inconciliable", abonde De Standaard.

"Cela montre que ce gouvernement est bien moins soudé qu’on ne le pensait au cours des premiers mois de 2025", affirme le politologue Carl Devos dans les colonnes de 7sur7.be.

Une crise politique aux conséquences incertaines

"Dans le cadre des négociations, De Wever voulait montrer aux marchés financiers que la Belgique était en bonne voie pour respecter ses obligations européennes", indique Politico. Le pays affichait "un déficit de 5,2 % du PIB en 2025, qui devrait encore augmenter l'année prochaine", précise le média en ligne.

Reuters rappelle également que la dette publique belge devrait atteindre 110,5 % du PIB en 2026 selon les prévisions de la Commission européenne de mai et que le rendement des obligations belges à dix ans était de 4,39 % le 2 novembre, contre 3,48 % quatre mois auparavant. Conscient de cette situation économique, "Bart De Wever a averti à plusieurs reprises d'un 'effet boule de neige des intérêts'".

Pour sortir de l'impasse, "plusieurs options sont possibles", explique la RTBF. "Refuser la démission pourrait, par exemple, signifier qu'il y a encore un espoir de remettre autour de la table les partenaires de la majorité dans l'optique de trouver un accord sur le budget, soit directement, soit après d'autres consultations ou en passant par un facilitateur, un démineur, un médiateur ou tout autre intermédiaire dont le Palais Royal a déjà fait usage dans le passé, notamment avec de précédents gouvernements", liste l'audiovisuel public francophone. Autre scénario : l'organisation d'élections anticipées, lors desquelles "le pays pourrait se tourner vers les partis extrêmes" [Politico].

Pour Carl Devos, "c'est pourquoi il est bon que le roi entre désormais en scène. C'est une image très forte, car elle montre que nous sommes véritablement en crise. Espérons que cela remettra tout le monde au pas" [7sur7.be].

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