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09.05.2022 à 18:34

L’abri souterrain survivaliste : le bunker antiatomique

La Rédaction Issues.fr

L’invasion militaire russe en Ukraine et la réaction rapide de l’OTAN ont relancé les craintes d’une guerre mondiale. Le risque nucléaire est devenu une préoccupation pour de nombreux français qui se renseignent désormais sur un abri souterrain survivaliste comme le bunker antiatomique. Le bunker constitue une solution de repli à regagner rapidement et discrètement en […]
Texte intégral (2032 mots)

L’invasion militaire russe en Ukraine et la réaction rapide de l’OTAN ont relancé les craintes d’une guerre mondiale. Le risque nucléaire est devenu une préoccupation pour de nombreux français qui se renseignent désormais sur un abri souterrain survivaliste comme le bunker antiatomique.

Le bunker constitue une solution de repli à regagner rapidement et discrètement en cas de catastrophe naturelle, nucléaire ou d’une guerre.

La guerre nucléaire en Europe ?

L’opération militaire russe en Ukraine et le soutien des pays occidentaux à la défense ukrainienne font craindre une augmentation des tensions en Europe. La Russie a menacé à plusieurs reprises les pays membres de l’OTAN notamment en invoquant une troisième guerre mondiale qui serait nucléaire.

Ces propos d’officiels russes, notamment ceux du Ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, rappellent au monde que la bombe nucléaire est bel et bien une arme dévastatrice.

Face à cette crainte, nombreux sont les plus riches à investir dans un bunker antiatomique construit par des entreprises professionnelles.

Le bunker : un abri souterrain pas obligatoirement antiatomique

Le bunker est un abri souterrain qui permet de se protéger face à une attaque extérieure. Il s’agit d’une fortification sous le sol pour se prémunir contre les catastrophes ou un bombardement. Cependant il est limité en cas d’attaque nucléaire même si l’acier et le béton diminuent les risques de radiation.

L’abri atomique est équipé pour une protection optimale contre les effets mécaniques et thermiques d’une explosion nucléaire notamment la radioactivité dans l’air.

Un abri souterrain survivaliste est souvent équipé de parois nécessaires pour être protégé contre une attaque ou une explosion nucléaire ou bactériologique. On parle d’un bunker NRBC-E.

La France un pays nucléarisé

La crainte d’une guerre nucléaire a toujours été au cœur des préoccupation des survivalistes. La hausse des tensions entre pays occidentaux et la Russie ne fait que confirmer les inquiétudes quant à un conflit international avec des conséquences dévastatrices.

construire abri souterrain survivaliste bunker antiatomique 3
Le risque nucléaire inquiète les militants écologistes et survivalistes

Mais la bombe nucléaire n’est pas que la seule peur du mouvement néosurvivaliste français puisque la France est l’un des pays les plus nucléarisés. Le pays possède 58 réacteurs nucléaires  en fonctionnement dont certains ont déjà plus d’une quarantaine années.

Les militants écologistes comme survivalistes sont nombreux à dénoncer les risques d’un accident nucléaire comme à Tchernobyl ou Fukushima. Les fuites radioactives de centrales nucléaires sont régulièrement rapportées dans les médias régionaux. Cependant, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a toujours déclaré que ces incidents nucléaires étaient sans danger pour les travailleurs comme pour les populations autour des sites.

Le bunker antiatomique absent des préoccupations des autorités

La France compte seulement 1000 bunkers antiatomiques en cas de catastrophe nucléaire. Autour de 600 abris souterrains appartiennent à l’armée française et 300 à 400 sont des abris privés.

Selon Mathieu Séranne, directeur d’Artémis Protection, « le taux de protection est proche de 0% » en France. Cette situation inquiète de plus en plus de français qui craignent une augmentation des conflits entre grandes puissances dans un monde où les ressources énergétiques se tarissent année après année.

Et ces statistiques sont encore plus effrayantes lorsque l’on sait qu’en Suisse, chaque habitant dispose d’une place protégée dans un abri qu’il peut regagner dans un délai raisonnable. Au total ce sont 300.000 refuges et plus de 5.000 abris publics pour un total de près de 9 millions de places. Le taux de protection est de 100% ! En Allemagne ou encore en Norvège, le taux de protection nucléaire se rapproche de 40% et de 70 % en Chine, en Suède et en Russie.

Pourquoi construire un abri souterrain survivaliste ?

Un bunker antiatomique protège ses habitants du souffle d’une explosion nucléaire et des radiations. La majeure partie des bunkers pour les particuliers est construite à 5 m de profondeur. Selon la qualité du modèle, il permet de survivre à un accident nucléaire majeur grâce à ses normes de protection NRBC-E (nucléaire, radiologique, biologique, chimique et explosif).

Il existe d’autres modèles d’abris survivalistes notamment la panic room (pièce de panique) pour se prémunir contre un cambriolage ou une tentative d’enlèvement. Cette salle fortifiée et discrète sert à se mettre en sécurité en attendant l’arrivée de la police.

D’autres abris de sécurité permettent de se protéger contre une catastrophe climatique telle qu’un ouragan, une tempête ou une avalanche. Ces modèles sont moins complets que le bunker NRBC-E mais permettent de mettre en lieu sûr sa famille.

construire abri souterrain survivaliste bunker antiatomique 2
La survie en pleine rupture de la normalité

Où construire un bunker antiatomique autonome ?

La construction d’un abri souterrain survivaliste n’est pas une décision à prendre à la légère. Votre stratégie variera selon les éléments extérieurs que seul vous connaissez. Parmi les questions à se poser lorsqu’on ne sait pas où construire son bunker figurent :

  • En cas de catastrophe naturelle ou d’accident nucléaire, vais-je avoir le temps de rejoindre mon abri souterrain survivaliste ?
  • Les rues seront-elles sûres pour ma famille et moi en cas de rupture de la normalité ?
  • Est-ce que j’habite près d’un endroit stratégique qui pourrait être ciblé en cas de guerre ?

Ces questions ne sont pas exhaustives mais peuvent vous aiguiller sur la stratégie à prendre pour décider de l’endroit où vous allez construire votre abri survivaliste. Certains préfèreront rejoindre rapidement l’abri sous terrain sans prendre de risque dehors quitte à rester en ville. La construction en dessous de votre maison ou dans votre jardin sera donc recommandée.

Cependant d’autres préfèreront prendre leur sac d’évacuation et se rendre en campagne ou en montagne près d’une source d’eau dans un endroit reculé où est installée leur base autonome durable (BAD). Ce choix vous appartient.

L’abri souterrain survivaliste et les équipements de survie

Face aux craintes d’une guerre ou d’une catastrophe due au nucléaire civil, de plus en plus de français souhaitent construire un bunker personnel. Ces derniers mois, les sociétés de construction de bunkers déclarent avoir rempli leur carnet de commande à cause de la guerre en Ukraine.

L’abri souterrain survivaliste doit être discret et construit entre 7 et 15 mètres sous terre. Il doit répondre aux besoins propres de sa famille et aux normes de protection NRBC-E (nucléaire, radiologique, biologique, chimique et explosif) pour faire face aux menaces les plus extrêmes (accident nucléaire, explosion d’un site Seveso, attentat bactériologique).

En plus du refuge souterrain, les éléments annexes comme la nourriture, l’eau, l’énergie et la communication ne doivent pas être éludés. L’abri antiatomique n’est pas une fin en soi. Il doit être équipé. Les éléments essentiels pour un minimum d’autonomie durant la rupture de normalité :

  • des pastilles d’iode
  • un système de production d’électricité (panneaux solaires ou / et un groupe électrogène)
  • un système de ventilation et de filtration de l’air
  • un système de filtration de l’eau
  • un système d’éclairage en plus de lampes tactiques
  • un stock de nourriture avec des denrées non périssables
  • un système de caméras de surveillance pour évaluer la situation extérieure
  • un système de communication comme des talkies walkies
  • un sac d’évacuation avec les éléments essentiels pour l’hygiène
  • des masques FFP2, des masques à gaz
  • une réserve de médicaments ainsi qu’une trousse à pharmacie
  • etc..

Combien coûte un bunker ou un abri souterrain survivaliste ?

Si le prix d’un bunker personnel a longtemps été réservé aux milliardaires (lire notre article sur les bunkers de luxe en Nouvelle Zélande), aujourd’hui la construction d’un bunker est accessible à un foyer aux revenus élevés.

A l’image d’une maison, le prix d’un bunker varie selon sa dimension, les équipements (électricité, filtration) ou encore la géologie locale pour creuser sous terre. Les dispositifs pour rendre la vie plus agréable ont également un prix.

Un bunker survivaliste devra répondre à de nombreux critères notamment ceux contre une catastrophe nucléaire ou un attentat bactériologique. L’abri souterrain survivaliste le plus connu est le bunker NRBC qui permet de survivre aux pires catastrophes.

Le prix d’un bunker de 20m2 avec les éléments essentiels comme l’eau, un groupe électrogène, un espace cuisine, couchage et une salle de bain peut atteindre 300 000 euros. Cependant, certaines entreprises proposent des prix beaucoup plus attractifs (autour de 50 000 euros) selon les options choisies.

Pour une famille de 6 personnes, les premiers prix sont autour de 80 000 euros mais peuvent rapidement atteindre des sommes faramineuses selon l’entreprise et le dispositif choisi.

19.04.2022 à 19:10

L’énergie du déni de Vincent Mignerot, ou comment ouvrir les yeux sur l’illusion de la transition énergétique

Tamim78Nessa

La nécessité de la transition énergétique est l’une des problématiques les plus foisonnantes à l’heure actuelle. Son bien fondé est incontestable pour l’avenir de la planète… C’est donc que vous n’avez pas lu « L’énergie du déni » de Vincent Mignerot aux éditions Rue de L’échiquier ! Le livre est succinct, 80 pages qui résument un principe […]
Texte intégral (1130 mots)

La nécessité de la transition énergétique est l’une des problématiques les plus foisonnantes à l’heure actuelle. Son bien fondé est incontestable pour l’avenir de la planète… C’est donc que vous n’avez pas lu « L’énergie du déni » de Vincent Mignerot aux éditions Rue de L’échiquier ! Le livre est succinct, 80 pages qui résument un principe foudroyant : non, le déploiement de nouvelles formes d’énergie dites de substitution n’améliore pas nos perspectives futures, bien au contraire. Un livre qui laisse sans voix, étayé par des exemples sur tous les fronts.

L’énergie du déni ou l’illusion comme récit de la transition énergétique

L’ouvrage de Vincent Mignerot est séduisant par la thèse qu’il défend : l’effort de transition énergétique en développant des énergies moins néfastes pour l’environnement, les ENS (énergies renouvelables et hydrocarbures) ne permet pas une réduction des émissions de gaz à effet de serre, au contraire, il les amplifie et les favorise. Plus de dégâts seraient à déplorer que si rien n’avait été entamé.

« Non seulement il n’y aurait pas substitution, mais les différents modes de production d’énergie se renforceraient les uns les autres ».

Notre société a besoin de réconfort et se construit des récits allant dans ce sens. L’idée s’avère audacieuse puisque jamais nous n’aurions interprété la transition énergétique comme un récit, nous l’envisageons justement comme une réalité, certes lacunaire, mais quasiment palpable, mesurable et surtout salutaire. On a été dupes car on aime se complaire dans une pseudo maîtrise de ce qui nous entoure et surtout, on veut se persuader de notre capacité à agir positivement.

« Si sans maîtrise nous filons droit vers l’abîme, l’illusion du contrôle nous y précipiterait plus vite encore. »

Toutefois, il n’est pas seulement question de le dire, il faut aussi le justifier et les exemples ne manquent pas : vente de crédits carbone, « récupération assistée du pétrole », la dépendance menaçante des ENS vis-à-vis des hydrocarbures. Les énergies dites de substitution sont assiégées par les hydrocarbures, elles sont empêtrées dans leur servitude et sont, pour l’heure, incapables de s’auto-gérer.

Vincent Mignerot L'énergie du déni
L’énergie du déni de Vincent Mignerot

Un arbitrage court terme/ long terme poussé par la cupidité

Malgré les idées reçues, la prise de conscience de notre impact négatif sur notre environnement n’est pas récente. Les économistes du XIXe siècle avaient déjà pressenti les effets délétères d’une recherche sans borne d’une croissance qui se voudrait infinie mais qui rencontre de facto les limites de ressources finies.

« Nous devons faire un choix capital entre une grandeur éphémère et une médiocrité prolongée », écrit William Stanley Jevons, économiste et logicien britannique du XIXe siècle.

Notre course à la richesse est une dynamique en mouvement qui s’inscrit dans l’histoire, elle évolue au rythme des avancées. Pourtant, même si on la considère comme quelque chose d’inné, elle fait aussi figure de choix. L’Homme a choisi une voie, celle du court terme en sachant qu’elle ne durerait pas. On a beau avoir foi dans le progrès technologique, pour l’heure, la solution miracle n’existe pas. Ces choix historiques s’ancrent dans une réalité de plus en plus préoccupante.

Vincent Mignerot invite à réfléchir sur le « collapswashing », à l’image du greenwashing, il s’agit de montrer comment le domaine de l' »effondrisme » a été investi en tant que marché à part entière.

Quelles solutions selon Vincent Mignerot ?

L’auteur insiste sur le fait qu’il n’y a pas de transition mais un renforcement des systèmes productifs tels qu’ils existent. La transition énergétique cache un désir pervers de croissance effrénée. Ce n’est donc pas les conséquences qu’il faut traiter mais bien les causes. Il ne faut pas chercher à produire toujours plus avec des moyens plus ou moins « écologiques » mais à consommer le moins possible.

« L’énergie du déni » pointe du doigt la sollicitation de la société thermo-industrielle et les solutions sont pour le moins drastiques puisqu’il faudrait encourager la réintroduction du travail humain (sans animaux), « se délester des garanties de la vie (les assurances) et un meilleur partage des richesses.

Nulle volonté de découragement mais au vu de l’insatiable volonté de consommer et du besoin constant d’un avenir protégé et assuré, l’application de ces méthodes draconiennes risque de peiner…

A l’heure où le Giec définit pour la première fois le terme de sobriété, cet ouvrage fait l’écho d’une prise de conscience dans notre appréhension du monde et de ce qu’il nous offre. Il remet en lumière l’importance du discours développé autour de notre rapport à l’environnement et à son avenir. Quels sont les nouveaux récits qui peuvent émerger dans un monde fragilisé par l’Homme ?

08.03.2022 à 19:51

La fin des exportations en pétrole et gaz russes pourrait provoquer une crise économique mondiale

La Rédaction Issues.fr

Les sanctions économiques contre la Russie se multiplient et pourraient bien toucher le secteur énergétique. Face aux menaces d’embargo, le ministre russe de l’Energie a évoqué la possibilité de fermer le gazoduc Nord Stream 1, essentiel à l’approvisionnement en gaz de l’Europe. La Russie pourrait stopper la livraison de gaz vers l’Europe Le vice-Premier ministre […]
Texte intégral (2600 mots)

Les sanctions économiques contre la Russie se multiplient et pourraient bien toucher le secteur énergétique. Face aux menaces d’embargo, le ministre russe de l’Energie a évoqué la possibilité de fermer le gazoduc Nord Stream 1, essentiel à l’approvisionnement en gaz de l’Europe.

La Russie pourrait stopper la livraison de gaz vers l’Europe

Le vice-Premier ministre russe, Alexander Novak a déclaré que la Russie pourrait couper les livraisons de gaz naturel à l’Allemagne via le gazoduc Nord Stream 1. Le ministre a indiqué qu’il s’agirait d’une « décision proportionnelle » à la lumière de l’arrêt par le gouvernement allemand du gazoduc Nord Stream 2 suite à l’invasion de l’Ukraine par la Russie.

« En rapport avec les accusations infondées portées contre la Russie concernant la crise énergétique en Europe et l’imposition d’un embargo sur Nord Stream 2, nous avons tout à fait le droit de prendre une décision proportionnelle et d’imposer un embargo sur le pompage du gaz par le gazoduc Nord Stream 1 », a déclaré M. Novak à la télévision d’État.

Alexander Novak, ministre chargé de l’Energie, a indiqué que « jusqu’à présent, nous ne prenons pas une telle décision ». Cette déclaration sonne comme un nouvel ultimatum aux occidentaux qui multiplient les sanctions économiques pour punir l’invasion militaire de Moscou.

Si une telle mesure drastique était prise, les prix du gaz naturel en Europe s’envoleraient encore plus haut – après avoir déjà atteint un niveau record. Le TTF Néerlandais a atteint ce mardi 345 euros le mégawattheure.

LIRE AUSSI : Ministre russe des Affaires Etrangères : « Il n’y a pas d’autre alternative aux sanctions qu’une guerre mondiale »

Les Etats-Unis veulent sanctionner le gaz et le pétrole russes

Les menaces russes interviennent alors que les pays occidentaux continuent de pousser pour un embargo du secteur énergétique russe. Washington souhaite interdire l’importation du gaz et du pétrole russes mais fait face au véto allemand.

Moscou a mis en garde contre des « conséquences catastrophiques pour le marché mondial » de la mise en place d’un tel embargo.

« La flambée des prix risque d’être imprévisible et d’atteindre plus de 300 dollars pour un baril, voire plus », a indiqué Alexandre Novak.

L’Allemagne, première puissance économique européenne, dépend à 54% du gaz russe. Berlin a déjà fermé Nord Stream 2 suite à l’invasion russe en Ukraine et ne peut pas se permettre un arrêt brutal de ses importations gazières depuis la Russie.

« Je ne préconiserais pas un embargo sur les importations russes de combustibles fossiles. Je m’y opposerais même », a déclaré le ministre allemand de l’économie, Robert Habeck,

Malgré les craintes économiques et sociales de ses alliés, Washington a annoncé l’interdiction des importations américaines d’énergie russe. Le pétrole et le gaz sont visés par cette mesure qui alimente l’augmentation des prix de l’énergie sur les marchés.

Contrairement aux européens, les Etats-Unis peuvent s’appuyer sur leur secteur de l’énergie déjà autosuffisant. Moins de 4% des importations américaines de pétrole proviennent de Russie. Le gaz de schiste américain, à l’agonie pendant la crise sanitaire, pourrait être le grand gagnant de ces sanctions.

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Les conséquences possibles de l’arrêt du gaz russe en Europe

L’Europe voit d’un très mauvais œil l’éventualité d’un tel scénario qui pourrait provoquer un séisme énergétique et sociale. Les pays européens importent environ 40% de leur gaz à la Russie avec des pics montant jusqu’à 100% pour l’Estonie, la Finlande, la Moldavie ou encore la Macédoine (99,54%).

Dans le scénario où la Russie stopperait ses exportations d’hydrocarbure, le prix du gaz pourrait s’envoler de 70% indique Ano Kuhanathan, économiste chez Euler Hermes dans le média Capital. La facture énergétique des foyers français pourrait atteindre 3800 euros en moyenne !

“Selon nos calculs, même si l’on va chercher des alternatives, comme davantage de gaz algérien ou de gaz liquéfié, nous allons nous retrouver avec des volumes manquants, ce qui devrait créer des tensions importantes sur les prix”, alerte l’économiste.

Face aux craintes de la population allemande, qui a déjà vu sa facture énergétique exploser en 2021, le ministre allemand de l’économie, Robert Habeck, s’est prononcé contre une interdiction des importations d’énergie en provenance de Russie.

« Nous avons besoin de ces approvisionnements énergétiques pour maintenir la stabilité des prix et la sécurité énergétique en Allemagne », a ajouté M. Habeck, avertissant qu' »une pénurie d’approvisionnement pourrait menacer la cohésion sociale en Allemagne. »

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Les sanctions économiques contre la Russie à double tranchant

Les sanctions contre l’économie russe pourraient bien provoquer un séisme social sans précédent en Europe.

« D’un certain point de vue on en fait pas assez mais on n’en a jamais fait autant : livrer des armes, exclusion des banques russes de Swift… C’est pénalisant pour l’Europe. Les pays de l’Union Européenne acceptent de s’appauvrir pour l’Ukraine chaque jour un peu plus », explique Carode Camaret, rédactrice en chef chez France 24.

Les populations européennes subissent depuis la crise sanitaire une augmentation drastique du prix du gaz en pleine période hivernale. Se chauffer en plein hiver est devenu un luxe dans les pays où les prix n’ont pas été gelés pendant cette période de records.

A la pompe à essence la situation est tout autant dramatique. Le prix de l’essence a dépassé la barre symbolique des 2 euros depuis la guerre en Ukraine. Selon les estimations, la situation ne devrait pas s’améliorer et même au contraire s’aggraver. Un prix du baril à moins de 150 dollars est désormais presque inconcevable pour les spécialistes de l’énergie qui évoquent un nouveau « choc pétrolier ».

LIRE AUSSI : Choc pétrolier : « Un baril de pétrole à 150 dollars est un minium »

En pleine campagne électorale, le gouvernement français a déclaré que les prix du gaz allaient être suspendus jusqu’à fin 2022. Pour autant, les dégâts se font déjà sentir notamment dans le secteur industriel et agricole.

La présidente du syndicat agricole majoritaire FNSEA, Christiane Lambert, a déjà fait savoir que les prix des denrées alimentaires allaient augmenter dans les prochains mois.

« Vladimir Poutine a la main sur le robinet du gaz et pour faire des engrais, il faut du gaz », a-t-elle souligné, prédisant « indéniablement » des « répercussions sur les prix de production pour les industries agroalimentaires ».

D’autres, comme le PDG de la Jurasienne de Céramique a décidé de mettre en sommeil son usine face à l’explosion de sa facture de gaz multipliée par dix. L’entreprise est liée à son fournisseur par un contrat précaire sensible aux variations du marché au jour le jour. Les 54 salariés vont être placés en chômage partiel.

« Même appliquer une hausse de nos prix de 400% [..] ne suffirait même pas à couvrir les charges fixes liées aux dépenses d’électricité et de chauffage », regrette Manuel Rodriguez.

Fronde sociale et émeutes de la faim

Fronde sociale en France

L’année 2022 s’annonce déjà comme celle de tous les records. Les prix du pétrole, du gaz, du blé ou encore des métaux connaissent des pics souvent jamais atteints. Les sanctions économiques et les incertitudes autour de l’approvisionnement en pétrole et en gaz russes pourraient entraîner une nouvelle crise économique mondiale et l’explosion de la fronde sociale.

En 2018, la France a découvert le mouvement des gilets jaunes suite à une augmentation des prix de l’essence (1,47 euro à l’époque). Aujourd’hui, le prix du litre du gasoil atteint 2 euros, l’inflation explose (5%), les factures de gaz et électricité s’envolent et le ticket de caisse au supermarché n’a jamais été aussi élevé.

La crise sanitaire a déjà fragilisé les foyers les plus précaires, qu’en sera-t-il de la suite avec des prix à la hausse partout ?

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Emeutes de la faim au Moyen Orient ?

Si le pétrole et le gaz sont les premières préoccupations des pays occidentaux, au Moyen Orient et au Maghreb on craint les crises alimentaires et les déstabilisations politiques. Ces pays sont dépendants du blé russe et ukrainien qui pèse 30% des exportations mondiales par jour.

A l’image de 2008 où plus d’une trentaine de pays avaient été touchés par des émeutes de la faim, la crise actuelle pourrait être catastrophique pour les pays comme l’Egypte qui importe 13 millions de tonnes de blé.

« On ne peut pas exclure que de nouvelles émeutes de la faim éclateront », explique Arthur Portier, expert en marchés agricoles.

Si certains pays importateurs de blé pourront compter sur la hausse du pétrole pour équilibrer leurs dépenses (Algérie), ce n’est pas le cas du Maroc par exemple qui fait face à une sécheresse historique. Le pays, qui n’est pas exportateur de pétrole, importe habituellement 5 millions de tonnes de blé. Cette année, face à une récolte faible, Rabat devra importer davantage dans un contexte économique particulier.

LIRE AUSSI : Ukraine : les européens craignent une crise énergétique et sociale

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