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22.10.2021 à 16:57

Vaccin COVID19 : la troisième dose pour tous est en marche

Le Monde Moderne

Que nous la voulions ou non, qu’elle se justifie ou non, nous aurons tous notre troisième dose, je vous le dis. Ne cherchez pas à discuter, l’histoire est d’ores et déjà écrite, depuis le mois d’avril 2021, où comme le révélait le Parisien le 16 avril 2021, plus de deux milliards de doses du vaccin […]

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Texte intégral 2378 mots

Que nous la voulions ou non, qu’elle se justifie ou non, nous aurons tous notre troisième dose, je vous le dis.


Ne cherchez pas à discuter, l’histoire est d’ores et déjà écrite, depuis le mois d’avril 2021, où comme le révélait le Parisien le 16 avril 2021, plus de deux milliards de doses du vaccin Pfizer pour l’ensemble de l’Europe auraient été commandées pour 2022 et 2023.

Et le récent communiqué de presse du laboratoire Pfizer vient rassurer sur une efficacité à plus de 95% de sa troisième dose « booster », recommandée pour tous. Comme un air de déjà-vu, lorsque le labo vantait les mérites de son vaccin avant son utilisation à grande échelle.

« Vaccine overload »


Deux milliards de doses.


Je me suis souvent amusé à booster mes personnages de jeux vidéo de toute sorte de bonus avant de m’en aller affronter un boss récalcitrant, idéalement gorgé jusqu’aux limites. Bondé de potions, de magie à outrance, mon personnage devient une sorte de grosse bête dopée aux amphétamines et autres turbo-boosters à la limite de la triche. Le mal que je suis supposé affronter n’a aucune chance.
En tout cas, sur le papier.

Parce qu’il y a toujours un facteur déterminant dans l’anéantissement de n’importe quel seigneur des ténèbres, c’est ma capacité à appuyer sur les boutons de la manette de manière coordonnée afin de libérer tout ce stock accumulé de façon efficace. On appelle ça dans le jargon : « bien jouer ».

Ce que les jeux vidéo nous enseignent, c’est que même si tu es blindé, appuyer sur A au lieu de B, et libérer ta rage destructrice en visant le mur, globalement, ça mène au « Game Over ».

Tout cela serait bien marrant si, dans la vraie vie, on avait la capacité de sauvegarder avant de faire n’importe quoi. Surtout que je ne vous apprendrais rien en rappelant que votre nombre de vies se limite à un.

Alors deux milliards de doses, pour un vaccin dont la formule se repose essentiellement sur les premières versions d’un virus apparu en 2019 et qui a connu moult mutations au point qu’on s’en amuse à compter les variants, c’est quel genre de stratégie ? On nous promet tout de même une adaptation aux prochains variants, comme si la science pouvait avoir une garantie de résultat.

Si on s’amuse à faire un produit en croix tout bête, deux milliards de doses, vu que nous sommes 450 millions en Europe, ça fait un peu plus de quatre doses par personne. Bébés compris. Même si certaines de ces doses ont vocation à être données aux pays en développement, dans le cadre du programme covax.

Et c’est sans compter les personnes déjà vaccinées, avec une ou deux doses, voire déjà trois pour certains, auxquelles les deux milliards viennent se rajouter.

La commande est passée, le budget est engagé, les contrats sont signés, Pfizer à volonté pour tous. Reste à appuyer sur les boutons de la manette correctement. Et viser juste.

De l’ail sur la porte


Vous vous souvenez sûrement de ce concept médical rendu populaire depuis l’apparition de ces vaccins l’an dernier : la balance bénéfice-risque.

Si l’on met de côté les études conçues, produites et publiées par Pfizer eux-mêmes dans le but d’obtenir une autorisation de mise sur le marché, idéalement avec remboursement, l’observation actuelle du monde rend difficile l’appréciation de l’efficacité du vaccin, tant le nombre de biais est considérable.

Personne aujourd’hui, ne peut répondre à la question suivante : la fin de la 4e vague est-elle plus due au vaccin qu’au cycle naturel du virus, comme observé lors de la fin des trois précédentes vagues ?

Tenter de répondre à cette question, c’est essayer de répondre à la question suivante : « J’ai mis de l’ail sur ma porte, et je n’ai reçu aucune visite de vampires. L’ail est-il efficace contre les vampires » ?

C’est possible. Ça n’a peut-être pourtant rien à voir.

Tout au mieux, ce que l’on peut dire, et c’est ce que disent les professionnels de santé du terrain, c’est qu’à ce jour, le vaccin « semble » efficace.
C’est hélas encore aujourd’hui, rien de plus qu’une croyance. Allez, disons un espoir.

D’autant plus qu’en regard des chiffres, le taux d’incidence le plus bas mesuré à 43,4 le 6 octobre 2021 en fin de vague alors qu’on commence à parler de légère reprise depuis cette date, est sensiblement plus important que celui de la fin de la troisième vague, où le taux d’incidence descendait à 18,8 le 27 juin 2021.

Difficile de parler d’un effet « vaccin » en ces conditions.

Pour être clair, je ne dis pas que le vaccin est inefficace, et pire, je souhaite qu‘il soit efficace. Mais comme depuis le début de la vaccination, il est encore trop tôt pour le dire assurément. Le bénéfice reste donc, sur la transmission du virus, hypothétique.

En revanche, la balance s’alourdit du côté des risques, au point que la HAS a publié un avis le 15 octobre 2021 en déconseillant le vaccin Moderna pour le rappel de troisième dose, en justifiant sa décision par « un risque accru de cas de myocardites et de péricardites liés à ce vaccin ».

Si les causes de ces effets secondaires restent à confirmer, il est bon de rappeler que le vaccin de Moderna repose sur la même technologie à ARN messager que le vaccin Pfizer. De quoi relancer la suspicion des esprits critiques.

C’est le problème avec l’ail : à force d’en abuser, ça pique.

La lecture des signaux faibles


Avec ce gouvernement de girouettes, dont les annonces se contredisent au fur et à mesure qu’on avance, pour toujours aller dans le sens du pire, il est désormais acté de se focaliser sur les signaux faibles qu’ils envoient pour anticiper ce que sera leur politique dans quelques mois.

De fait, cela s’est avéré vrai avec le Pass Sanitaire qu’on avait prévu pour durer et s’installer au quotidien, quand ils prétendaient et juraient leurs grands dieux que non, il n’en sera jamais question. On a vu où nous en sommes désormais, divisés comme jamais, entre les vaccinés pro-pass, les vaccinés anti-pass, les anti-vaccins pro-pass (rares), les anti-vaccins anti-pass… Du grand n’importe quoi, dans le seul but de se décharger de sa responsabilité en cas de problème lié à l’administration d’une substance dont on attend toujours l’autorisation de mise sur le marché définitive, vers les citoyens, en leur pourrissant la vie, quitte à attaquer la République, notre constitution, nos valeurs et notre cohésion en tant que peuple. Et vive la start-up nation !

Les nouveaux signaux, nous viennent, comme d’habitude, de nos chers médias aux mains des industriels, qui semblent préparer nos esprits à devoir recevoir inévitablement une troisième dose, en invitant tous les spécialistes les plus convaincus, prenant leur ton le plus paternaliste, voire condescendant possible, et même Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement, qui annonce sur RTL le 19 octobre qu’un « aménagement du Pass Sanitaire pour inciter les plus fragiles à recourir à une dose de rappel vaccinal n’était pas exclu ». Cette petite phrase, d’expérience, nous permet de comprendre que c’est donc exactement ce qui va arriver. Nous allons perdre notre Pass Sanitaire, à moins de nous faire gentiment administrer une dose de plus, et tant pis pour la balance bénéfice-risque. On a deux milliards de Pfizer à administrer, vous comprenez. Ce ne sont pas deux ou trois myocardites qui vont nous arrêter.

On se rappelle en revanche que l’amendement déposé par Joachim Son-Forget, député ex-LREM problématique à bien des égards et troll sur les réseaux sociaux, qui visait à exclure l’utilisation du Pass Sanitaire dans les bureaux de vote a bien été refusé lors du vote à l’assemblé instaurant ce dit « Pass de la honte » au prétexte « qu’il était mal rédigé ». Techniquement, le recours au tri des citoyens sur des critères de santé lors de l’élection présidentielle de 2022 n’est donc pas non plus… exclu.

Dans les faits, les emails commencent déjà à arriver. Le personnel soumis à l’obligation vaccinale commence à être sollicité pour aller gentiment se faire piquer une troisième fois. Vous savez ce qui vous attend en cas de refus, vous ne voudriez pas vous faire virer comme vos collègues, sans aucune indemnité, n’est-ce pas ? Le bâton, sans carotte. De la belle ouvrage. Insidieux, malicieux… Pervers.

Le Ségur du Bulldo(Pfi)zer


Dans le même temps, rien.

Aucune autre stratégie claire concernant la sortie, ou au pire, l’accompagnement de cet épisode infectieux à rallonge. Aucun investissement dans la recherche de traitement. Aucun soutien aux soignants virés comme des malpropres pour avoir osé émettre un avis éclairé à la lumière de leur expérience et de leur niveau de connaissance. Aucun réel investissement dans les hôpitaux, aucun plan de formation à plus ou moins long terme de nouveaux médecins. Ils nous parlent de leur « Ségur de la Santé », dont les applications se limiteront à du rachat de dette, et remettre un coup de peinture pour masquer la crasse. Vous me direz, c’est au moins ça. Je vous dirais que c’est la moindre des choses quand on a fermé des milliers de lits depuis le début du quinquennat. Dans ce Ségur d’ailleurs, aucun lit supplémentaire. Rien, aucune autre stratégie que celle dite du bulldozer Pfizer.

Pour l’anecdote, la mode étant de nommer des projets en fonction du nom de la rue où on les a initiés, Philippe Henri de Ségur est notamment connu pour avoir rédigé l’Édit de Ségur, interdisant aux roturiers l’accès à une carrière supérieure d’officier et commandement de l’armée, la réservant exclusivement… à la noblesse. En ces temps de retour de la lutte des classes, tout un symbole.

La démesure du néant

Chargés n’importe comment d’ARN messager, nous fonçons vers un mur porteur, celui de notre République.

Toujours grimés de fausses bonnes intentions, ils prévoient de nous endormir du mieux possible pour écouler les stocks faramineux d’une potion magique, en cherchant sans cesse à justifier de son efficacité, comme pour se rassurer eux-mêmes. La méthode Coué.

Objectivement, il était difficile d’en espérer plus, venant de ce gouvernement de faux geeks immatures, à l’imagination proche de zéro, car n’ayant aucun socle de valeur sur lequel s’appuyer, ne pouvant donc pas faire autre chose que de répartir ses milliards d’euros comme des points d’expérience, sans aucune finesse, ni aucun talent, sur une seule compétence, créant un monstre déséquilibré et mal préparé.

Ils envoient Kratos dans Hitman, Terminator dans Arabesque. Ça fera forcément des dégâts.

Quel dommage que toute leur intelligence ne s’exprime que dans la manipulation perverse du peuple !

Mais pire que tout cela, ils font comme si on ne les voyait pas venir. Ils font comme s’ils n’entendaient pas les reproches, les critiques légitimes, et les accusations qu’on leur porte pour avoir sciemment attaqué notre République, qu’ils prétendent défendre, alors qu’ils ne la comprennent pas.

Ils avancent comme si de rien. Comme si la Martinique ne venait pas de renoncer au Pass Sanitaire de son CHU. Comme si les élus locaux ne venaient pas de signer une tribune dans Le Figaro pour demander le retrait du Pass Sanitaire. Comme si les Gilets Jaunes n’étaient pas en train de revenir sur les ronds-points. Comme si les manifestations dominicales anti-pass n’existaient pas.

Cette troisième dose généralisée est une absurdité. Les voix dissidentes commencent à se faire entendre. On ne compte plus les double-vaccinés qui affirment qu’on ne les y prendra plus.

Ajouté à la conjoncture, explosive, qui commence à ressembler de plus en plus à une poudrière, en cette veille d’élection présidentielle, regardons-les nous ignorer et allumer le feu de la colère. Le pays n’a plus aucun repère, et ils continuent quand même de s’enfoncer, croyant à leur propre fable des sondages qui les maintiennent invariablement à 25%. Comme si c’était possible.

Ils ont écrit leur propre histoire à l’avance.

Il est temps de leur raconter la nôtre qui commencerait par une phrase toute simple : la partie est finie.

Franck Noir

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17.10.2021 à 12:24

Le roi s’amuse en notre palais

Alexis Poulin

Heureux d’avoir marqué un but devant sa cour, pour une association caritative, le président de la République célébrait sa victoire en grande pompe, au son disco de « I will survive » jeudi soir à l’Elysée. Et il y avait de quoi être heureux! Ce match contre des soignants a rapporté 50000 euros, pour un hôpital à […]

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Texte intégral 1436 mots


Heureux d’avoir marqué un but devant sa cour, pour une association caritative, le président de la République célébrait sa victoire en grande pompe, au son disco de « I will survive » jeudi soir à l’Elysée. Et il y avait de quoi être heureux! Ce match contre des soignants a rapporté 50000 euros, pour un hôpital à Kaboul, selon Brigitte Macron.


Le soir même, des Afghans devaient effectivement être très heureux de voir que le butteur de l’Élysée festoyait en leur honneur et leur remettrait 50 000 euros, sachant que la sauterie caritative aura coûté un certain prix, peut être plus utile à l’aide internationale. Passons.

Il y a maintenant deux mondes qui s’ignorent, deux mondes qui s’éloignent et se détachent. Celui, idéal (pour ceux qui peuvent se l’offrir), harmonieux, tranquille et insouciant du bloc bourgeois, pour qui la fête est un mode de vie, et celui, triste, angoissé et sans avenir des sans-voix. Les 1O millions de Français passé sous le seuil de la pauvreté, les familles moyennes anxieuse du déclassement programmé. Tous ceux, de bonne volonté et sages, qui jusqu’ici avaient cru à la légende de la méritocratie républicaine se rendent bien compte de la supercherie et de la sécession des élites auto-proclamées d’avec la plèbe.

La République française a eu ce défaut originel de singer les décors de la monarchie, pour assoir son pouvoir. La Ve République, travestie en régime d’opérette par le quinquennat, a fini de nous emmener dans une caricature grossière de monarchie bourgeoise, sous substances.


Jusqu’à la nausée


Cet amusement, anodin et banal, résonne pourtant comme un coup de matraque de plus sur la tête de tous ceux qui peinent à la sortir de l’eau. Quel indécence assumée de la part du couple Macron de recevoir avec faste les amis du Variety Football Club, comme pour célébrer la victoire en finale de coupe du monde de l’équipe de France.

Mais ce faste, cette fierté d’être en dehors du mal et de la souffrance, c’est la célébration d’une toute autre victoire.

La victoire d’un monarque de pacotille à la légitimité minuscule, dont les politiques anti-sociales maltraitent notre pays depuis 4 ans et demi. La victoire en majesté d’une classe sur une autre, à coup de presse de cour, de coups de matraque, de lacrymogènes, de mensonges d’Etat et de précarité financière imposée.

La victoire du néo-management des cabinets de conseil anglo-saxons sur la République et l’Etat français.

La victoire de la post-vérité sur le réel. Oui, la politique d’Emmanuel est bien la meilleure, à force de manipulation des chiffres, les Français comprendront que leur pouvoir d’achat a bien augmenter, contre leur constatation quotidienne de la dégradation de leur niveau de vie.

Aussi, la victoire de la médiocrité, de la manipulation sur le courage.

En un mot, notre défaite.


Un vaccin contre la pauvreté


Les millions de Français sous le seuil de pauvreté, les millions de chômeurs, les enfants qui dorment à la rue, les bannis, fautes de pass sanitaire, les mutilés des manifestations, tous ceux là sont invisibles pour Emmanuel et Brigitte Macron et leur cour. Ce sont des chiffres, des courbes, des idées un peu floues, jamais ce ne sont des visages, des destins, des vies brisées à jamais.

Ces messieurs et ces élégantes sont vaccinés contre le réel, ils vivent dans un monde à part, où seul compte le dernier sondage, la dernière flatterie d’un courtisan idiot ou rusé, le dernier conseil d’un philosophe de plateau, le dernier coup de téléphone d’un grand patron milliardaire, la dernière création d’un artiste protégé.

Nos vies, ne comptent pas. D’ailleurs, le projet est assumé, c’est le travail jusque 67 ans, pour commencer, l’aliénation par le pass et par le travail à la chaîne, une magie quotidienne, aux yeux de l’énarque ministre ravie de la crèche Agnès Pannier-Runacher.

Rien de ce qui fait la vie, le bonheur, l’amour et la solidarité des humbles ne comptent aux yeux de ces fous de pouvoir, incapables de vivre avec moins de 5000 euros par mois (et c’est une misère), selon Luc Ferry, ancien ministre de Nicolas Sarkozy et célèbre philosophe de plateau, qui demandait à la police de tirer à vue sur les gilets jaunes.


Un barrage anti-populaire


La caste des bien-nés et des heureux bourgeois peut compter sur un système de protection fiable : cordon sanitaire maintenu par une police aux ordres pour éviter un débordement des « qu’ils viennent me chercher » et cordon psychologique avec un matraquage médiatique aux frontières du réel pour nier le malheur, la catastrophe et la corruption.

Pandora Papers? Oubliés. Procès Benalla? Oublié. Ministres mis en examen? Oubliés. Ancien président condamné pour association de malfaiteurs ? Oublié. Les millions accumulés par Macron pendant son passage en banque d’affaire ? Volatilisés en travaux dans la maison du Touquet! Et alors, madame à très bon goût en déco intérieure.

Mieux encore, voilà un nouveau candidat surprise issu de leurs rangs, plus raciste et xénophobe que le clan Le pen, qui va hypnotiser les foules avec une histoire de France falsifiée et des diatribes faciles sur la grandeur française et la guerre des civilisations. Eric Zemmour est en ce sens, un candidat anti-populiste, et bien un candidat de plus des milliardaires. Hélas, pour certain, la supercherie germanopratine fonctionne à merveille.

Sa dernière sortie contre la justice à Béziers, ne manque pas de faire écho aux déboires de son ancien employeur Vincent Bolloré, avec la justice pour corruption au Togo.«Nous devons enlever le pouvoir aux contre-pouvoirs […] Les juges doivent se taire, c’est le peuple qui règne»

On comprend bien que « le peuple » pour Eric Zemmour se résume à la caste d’argent, car pour les miséreux, les petits délinquants, la justice se doit être expéditive.


La lutte finale?


La lutte des classes existe, elle est plus que jamais d’actualité.

Les armes du bloc bourgeois sont légions et sont des armes de sécession massive : hurlements apeurés sur le wokisme, chasse à l’islamogauchiste, scandale sur la violence des pauvres etc, enfermement dans la peur de l’autre.

Alors que le bloc bourgeois tente de se poser en clan de la raison, alors que ses délires emmènent le monde dans l’abîme et la société à la guerre civile, il est urgent de s’organiser contre la propagande du pire que la campagne nous promet.

Ne soyons pas dupes, laissons Macron marquer des faux buts, intensifions la lutte.

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26.09.2021 à 16:13

Guinée : Chute d’Alpha Condé et collusion avec Jeune Afrique?

Le Monde Moderne

En 2010, à la suite d’une transition militaire qui a duré 2 ans, Alpha Condé est élu Président de la République. La presse internationale le décrit alors comme premier Président démocratiquement élu du « jeune » Etat guinéen. Avec cette élection, les guinéens et les amis de la Guinée pensaient tourner la page des meurtres […]

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Texte intégral 5084 mots

En 2010, à la suite d’une transition militaire qui a duré 2 ans, Alpha Condé est élu Président de la République. La presse internationale le décrit alors comme premier Président démocratiquement élu du « jeune » Etat guinéen. Avec cette élection, les guinéens et les amis de la Guinée pensaient tourner la page des meurtres gratuits et des expéditions punitives qui existent dans le pays depuis un demi-siècle, notamment sous les régimes de Sékou Touré et Lansana Conté. Respectivement premier Président de la République populaire révolutionnaire de Guinée et deuxième Président de la République libérale de Guinée.

L’élection d’Alpha Condé en 2010 a suscité de vives critiques et de sérieuses interrogations. Arrivé deuxième au premier tour de la présidentielle avec 18% des voix contre 44% pour Cellou Dalein Diallo (ancien premier ministre sous le régime de Lansana Conté), il est donné vainqueur au second tour avec 52,5% des voix. En violation systématique des lois électorales du pays, quatre mois s’écoulèrent entre le premier et le second tour de l’élection présidentielle.

C’était l’homme nouveau, qu’on aimait surnommer à Conakry, « l’homme aux mains propres » (une allusion faite à son refus de travailler avec Sékou Touré et Lansana Conté. Deux présidents, deux régimes qu’il a combattus politiquement pendant quarante ans). Très vite, les doutes qui ont entouré son élection ont été enterrés. Carte blanche lui a été donnée. Car son parcours politique, son militantisme et les valeurs qu’il a défendues, étaient en harmonie avec les attentes de la population. Il incarnait le renouveau, le changement et l’espoir. Il faisait l’objet d’un grand mythe en raison de toute une vie passée en exil forcé et parfois choisi en France. Il suscitait aussi l’admiration, on parle de lui dans les marchés de Conakry comme un grand intellectuel capable de redresser le pays.

Kouchner était perçu comme le vice-président de la Guinée

Toutefois, Alpha Condé n’a aucune expérience connue en dehors de son combat politique. Cela s’est rapidement senti dans sa façon de gouverner et même de s’entourer. Comme le rapporte France Info1, Bernard Kouchner, ami proche d’Alpha Condé voyageait tous les mois à Conakry et avait le statut de No Borders Consultants. Dans les cercles intellectuels et au sein de l’administration guinéenne, Kouchner était perçu comme le vice-président de la Guinée, tels ses déplacements donnaient l’allure d’un chef qui bénéficie de toutes les faveurs du palais. Aussi, Alpha Condé a reconduit majoritairement les anciens hauts cadres de Lansana Conté. Certains étaient des proches conseillers, d’autres des ministres.

Après son premier mandat de 5 ans, en 2015, il brigue un deuxième mandat qui aurait dû être le second. D’ailleurs, le président de la cour constitutionnelle d’alors, Kèlèfa Sall a donné le ton dans son discours lors de la prestation de serment d’Alpha Condé, le 14 décembre 2015. Discours aujourd’hui qualifié de prémonitoire, le magistrat guinéen interpelle le concerné en des termes clairs et avec une éloquence toute saisissante : « Évitez toujours les dérapages vers les chemins interdits en démocratie et en bonne gouvernance. Gardez-vous de succomber à la mélodie des sirènes révisionnistes. Car, si le peuple de Guinée vous a donné et renouvelé sa confiance, il demeure cependant légitimement vigilant »2. En coulisse, Alpha Condé reprochait au magistrat son discours et lui demandait constamment s’il était représentatif du peuple de Guinée pour affirmer que son second mandat en serait le dernier. Trois ans plus tard, en automne 2018, le magistrat perd sa qualité de président de la cour constitutionnelle. Le 3 octobre de la même année, un décret présidentiel entérine son exclusion. Ce qui peut s’apparenter à un règlement de compte, rend beaucoup d’acteurs de la société civile médusés.

En juin 2017, lors du Forum de l’Etudiant guinéen, organisé par le Ministère de l’Enseignement supérieur, Alpha Condé est l’invité d’honneur. Une fois dans la salle et à l’entame de son discours, il est interrompu par des étudiants, qui réclament à forge déployée les tablettes qu’il leur avait promises. En colère derrière son pupitre, il saute sur place à pieds joints et lance : « J’ai été étudiant avant vous. Nous avons rendu l’Afrique fière de nous. Vous êtes comme des cabris, tablettes, tablettes, tablettes »3. La réaction colérique du Président qualifiant les étudiants de « mal éduqués » notamment, n’a pas été bien accueillie dans les universités de Conakry. Même au Ministère de tutelle, on fulminait qu’il n’avait pas à réagir ainsi. Première brouille mineure.

Les opposants… entrent en résistance et se radicalisent

Alpha Condé, ancien élève du lycée Turgot de Paris centre (autrefois 3e arrondissement) et étudiant en droit de Science Po Paris puis de la Sorbonne était aveuglé par la Guinée qu’il aimait tant et dont il finit par en faire sa chose. Dès 2018, connaissant ses intentions pour briguer un troisième mandat et conscient du risque qu’il pourrait encourir, notamment pour son régime et sa sécurité personnelle, il crée une nouvelle unité au sein de l’armée guinéenne appelée Groupement des Forces spéciales. Laquelle sera commandée par Mamady Doumbouya, un légionnaire de l’armée française à la retraite. Cette unité sera dotée de tous les équipements matériels et logistiques notamment des blindés. Chargée officiellement de la lutte contre le terrorisme, l’unité des forces spéciales est décrite comme capable de « mener des missions de façon autonome, après infiltration ou parachutage en profondeur dans le dispositif adverse ». Elle est aussi compétente dans la « recherche et la transmission de renseignement sur la nature, les moyens et les intentions de l’ennemi ». Officieusement, c’est l’unité de dernier recours dans le scénario d’une attaque du palais présidentiel ; chargée de vite exfiltrer le Président de la République. Mais ironie de l’histoire, c’est tout le contraire qui se produira.


Le Lieutenant-Colonel Mamady Doumbouya est au centre. Photo prise à l’ambassade des Etats-Unis en Guinée. Publiée sur la page Facebook de l’ambassade, la photo a été retirée.

En 2019, alors que l’opposition et la société civile le soupçonnaient de vouloir faire sauter le verrou sur la limitation des mandats et de se représenter une troisième fois, Alpha Condé nargue tous les critiques. Il évite les questions sur ses véritables intentions, le mobile de ses actions et joue dans le clair-obscur. Pourtant, en décembre 2019, dans une allocution sur les antennes de la télévision d’Etat, la RTG (Radiodiffusion Télévision Guinéenne), il confirme sa volonté de faire modifier la constitution4. Quelques jours après, le projet de nouvelle constitution5 est diffusé par les médias. Plus le temps passe, plus l’horizon s’éclaire et les intentions se précisent.

Alpha Condé, cet animal politique se dirige droit dans la gueule du loup sans le savoir. Le 22 mars 2020, malgré tous les signaux faibles, des élections législatives couplées d’un référendum constitutionnel se tiennent dans une violence sans nom. Bureaux de vote et matériels électoraux saccagés. Des militaires, gendarmes et policiers répriment les contestataires dans le sang. De Conakry [la Capitale] en passant par Mamou [ville carrefour du pays] jusqu’en Nzérékoré [région située au sud-est], presque tout le pays s’embrase. Les opposants à un 3e mandat d’Alpha Condé, composés de militants de l’opposition et d’activistes de la société civile mais aussi de journalises entrent en résistance et se radicalisent. Le pays est au bord du précipice. Des morts dont on se passerait de donner des chiffres sont dénombrés.

Ni les manifestations géantes à Conakry et dans quelques villes, aussi bien à l’intérieur du pays qu’à l’étranger, notamment à Paris, Bruxelles, Québec, New York et Dakar n’ont découragé le régime d’Alpha Condé de faire un troisième mandat. La « communauté internationale » (une appellation propre à l’Afrique pour désigner un ensemble très réduit, à savoir la Cédéao6, l’Union africaine, l’ONU, l’OIF7, la France et les Etats-Unis), les camarades et amis du Président guinéen lui en ont dissuadé. Bouffi d’orgueil, Alpha Condé en avait cure des conseils et des mises en garde. Il a travaillé à ce que ses désirs et son aversion ne connaissent point d’obstacle. Il pensait en effet avoir une propension infaillible…

Une révolte de la population est redoutée

Le 2 septembre 2020, il annonce officiellement sa candidature pour un 3e mandat. Cela crée des scènes de violences dans la majorité des grandes villes du pays. Adolescents, jeunes, hommes et femmes furent tués dans le silence terrifiant d’une communauté internationale sonnée par la crise de coronavirus mais aussi par le multilatéralisme en souffrance. Alpha Condé déroule toute sa stratégie au prix du sang et des arrestations sommaires. Le 18 octobre de la même année, la présidentielle s’est tenue à Conakry dans une situation très tendue. Cela, en raison de propos à relent communautaire distillés notamment par le parti au pouvoir dont ses éminents ténors : Alpha Condé et son « épouse », Hadja Djenè Kaba.

Durant la campagne présidentielle, le parti au pouvoir et tout le gouvernement se sont employés à stigmatiser une partie de la population (la stratégie du diviser pour mieux régner) et empêcher l’opposition de battre normalement campagne. Des propos impropres dans la bouche d’un président furent tenus par Alpha Condé. Il indique dans une de ses allocations (mêlée de maninka [une des principales langues du pays] et du français) depuis le palais présidentiel Sékoutoureyah, d’où il faisait sa campagne en visioconférence et retransmise par le média de service public, la RTG. D’abord à Kankan le 19 septembre puis à Siguiri le 23 septembre. Il affirme respectivement : « Les jeunes de la Haute-Guinée, particulièrement ceux de Kankan, je vous demande d’observer un peu l’ossature de cette élection. Le Foutah n’a présenté aucun candidat à part Cellou Dalein Diallo, ce qui implique que tous les autres candidats sont venus contre moi. Alors, ne votez pour personne si ce n’est pas le RPG. Les malinkés, comprenez que quiconque vote pour un autre candidat, a voté pour Cellou Dalein

Alpha Condé avait perdu en popularité et en crédibilité, tant il a passé 11 ans au pouvoir à promettre la construction d’usines de bonbons, de transformation de la pomme de terre en purée ou encore de doter chaque étudiant d’une tablette et chaque tailleur d’une machine. Pour galvaniser son électorat, sa seule arme était d’avoir recours aux propos communautaires et bellicistes. Après avoir créé la psychose au sein de la communauté, Alpha Condé ordonne le 27 septembre en pleine campagne électorale, la fermeture des frontières avec la Guinée-Bissau, le Sénégal et la Sierra Léone. Cette fermeture intervient au moment où, le principal parti d’opposition, l’UFDG [Union des Forces Démocratiques de Guinée] dirigé par Cellou Dalein Diallo, acheminait du matériel de campagne10, dont des tee-shirts et des gadgets. Deuxième brouille, parce que cette fermeture des frontières a engendré des conséquences économiques importantes, en l’occurrence pour la population.

A l’origine de cette fermeture des frontières, plusieurs hypothèses.

La première. Les trois pays entretiennent de bons rapports avec Cellou Dalein Diallo. Aussi, à en juger des résultats des dernières élections en Guinée, il y détient un électorat presque majoritaire, même s’il est très marginal. Il fallait donc empêcher ces guinéens de l’étranger de voter en faveur du président de l’UFDG mais surtout de rejoindre le pays. Puisqu’officieusement, ils pourraient venir à soutenir les partisans de l’opposition lors de protestations électorales et postélectorales.

La deuxième. Le soutien affiché et totalement assumé du Président Umaro Sissoco Embaló (très apprécié des jeunes ouest-africains pour son franc-parler) à Cellou Dalein Diallo et la proximité de ce dernier avec le vice-président sierra-léonais, Mohamed Juldeh Jalloh, mais aussi son amitié connue avec le Président Macky Sall. Au demeurant, le Secrétaire général de la présidence de la République de Guinée, Naby Youssouf Kiridi Bangoura, justifie cette fermeture par des « faits graves qui se sont produits en Sierra-Léone, à Kambia exactement dans le secteur de Maboué dans un hôtel… pour planifier des actions qui peuvent toucher à l’ordre public et à la sécurité publique en Guinée »11.

Le 18 octobre 2020, l’élection présidentielle s’est tenue dans un calme précaire. Le 24 octobre, Alpha Condé sera donné vainqueur par la Ceni [Commission électorale nationale indépendante] avec 59,4% des suffrages exprimés, contre 33,5% pour son principal adversaire Cellou Dalein Diallo. Mais ce dernier s’était déjà proclamé victorieux de l’élection, le lendemain même du vote. Le samedi 7 novembre 2020, la cour constitutionnelle déclare Alpha Condé victorieux de l’élection et rejette les recours des candidats de l’opposition. L’arrêt de la cour constitutionnelle ayant l’autorité absolue de la chose jugée, donc insusceptible de recours, la crise s’installe définitivement et les bras de fer commencent.

Alors que le domicile de Cellou Dalein Diallo est encerclé par des camions de la Police et des pickups de la Gendarmerie nationale ; le siège de son parti investi et les mobiliers qui s’y trouvaient saccagés ; que le militant anti troisième mandat et membre du FNDC, Oumar Sylla dit Foniké Menguè est arrêté et en prison depuis le 27 septembre 2020, plus d’une centaine de militants d’opposition, de responsables politiques ou encore des membres de la société civile seront arrêtés et emprisonnés. D’autres réussiront à s’en fuir et d’exiler au Sénégal. Parmi les opposants détenus dans des conditions carcérales qualifiées de « suspectes » par Amnesty internationale12, des morts seront à regretter. Le 16 décembre 2020, Roger Bamba, membre du conseil national des jeunes de l’UFDG est déclaré mort en détention. Cela va choquer et émouvoir une grande partie de la population, visiblement impuissante face au régime d’Alpha Condé. Le témoignage glaçant de son épouse racontant ses dernières heures est relayé sur les réseaux sociaux.

Malgré le tissu social complètement effiloché, une précarité galopante et un isolement international de mieux en mieux visible, le régime d’Alpha Condé ne reculera devant rien. Interdiction de voyage pour les cadres de l’UFDG. Fragilisation totale de l’ancienne troisième force politique guinéenne, le parti UFR [Union des Forces Républicaines] dirigé par Sidya Touré. Intimidation d’opérateurs économiques nationaux. Création de médias parallèles pour contrôler l’opinion.

Plus de manifestations en Guinée. Indiscutablement, Alpha Condé a mis tout le monde au pas. A Conakry, on entend les mouches voler. Toutefois, derrière ce silence, une révolte de la population est redoutée, comme ce fut le cas des événements de janvier et février 200713. En outre, espérant avoir un répit en procédant à des arrestations sommaires, le régime n’en connaîtra aucun.

La chute du Tsar

Entre avril et août 2021, plusieurs grèves sont constatées à Conakry. En avril déjà, les huissiers de justice soutenus par des avocats entament une grève pour dénoncer le non-respect des décisions de justice. En juillet, grève du secteur des télécommandassions pour protester contre la surtaxation du secteur des postes, télécommunications et assimilées. En août, grève des transports contre l’augmentation du prix du carburant.

A rappeler que le 1er septembre 2020, la veille même de l’annonce par Alpha Condé pour être candidat à un troisième mandat, s’est tenue une réunion dans la préfecture de Dubraka. C’est-à-dire, au domicile du kountigui [sage] Elhadj Sekhouna Soumah, personne morale représentant la région de la Basse-Guinée. Etaient conviés et présents à cette réunion, les trois autres sages des régions de la Haute-Guinée, la Moyenne-Guinée et la Guinée-Forestière. Ces sages, considérés comme des autorités morales et traditionnelles, étaient réunis pour adopter une position commune face au troisième mandat d’Alpha Condé. Etonnamment, ils ont été gazés par les forces de l’ordre. C’était un acte d’une rare gravité. Une audace triste. Un pas de trop venait d’être franchi. Une troisième brouille qui sape totalement l’image du régime et creuse le fossé avec le peuple.

Dans ce climat de méfiance et de rupture de confiance entre les acteurs guinéens, intervient le dimanche 5 septembre 2021, à la surprise générale, un coup d’Etat contre le Président Alpha Condé. C’est la chute du Tsar.

Ce coup d’Etat, une première en Guinée, est commanditée par le lieutenant-colonel Mamady Doumbouya, le patron du Groupement des Forces spéciales guinéennes. Selon Aliou Barry, directeur du Centre d’analyse et d’études stratégiques de Guinée, spécialiste des questions de défense et de sécurité en Afrique : « l’unité des forces spéciales a été créée par Alpha Condé sur les conseils du Président Idriss Deby Itno14. Au départ, cette unité était chargée de lutter contre le terrorisme, les actes de pirateries maritimes »15. La manière dont le coup d’Etat s’est déroulé est digne d’un film de guerre d’Hollywood, où on met en scène l’influence militaire américaine.

Le récit du coup d’Etat est raconté doublement et différemment, une version plus crédible se dégage et heureusement. Par Jeune Afrique qui raconte les événements sous un angle d’opinion et de commentaires. Par Africaguinee qui fait témoigner un « rescapé », et à ce titre reste dans l’exercice du journalisme.

Jeune Afrique a montré… qu’il est un hebdomadaire de connivence

Tout le contenu de l’article de Jeune Afrique qui traite du sujet, par ailleurs signé par François Soudan, laisse entrevoir une action de communication et non d’information. Démonstration.

Décrivant ce que Jeune Afrique appelle la « capture facile d’Alpha Condé », François Soudan affirme dans un article16 qui aurait simplement dû être un éditorial parce que rempli d’approximations, ce qui suit : « En ce début de matinée du dimanche 5 septembre, les petits détachements de bérets rouges qui gèrent les trois checkpoints disposés le long de l’avenue qui mène jusqu’à la grille d’entrée du palais sommeillent encore ». Plus loin, il poursuit « Venu de sa base de Kaleya à Forécariah, en Basse- Guinée […] le lieutenant-colonel Mamady Doumbouya fonce droit sur Kalouma, où il fait son entrée aux alentours de 8h du matin ». Première bonne fausse information. Il faut savoir que les éléments des forces spéciales ont opéré entre 2h et 4h du matin. Cette information a été rapportée par Africaguinee. Le site d’information guinéen a recueilli le témoignage d’un garde d’Alpha Condé, présent dans le palais cette nuit-là et blessé par les assaillants. Aucune source crédible n’indique l’heure précise à laquelle ils se sont introduits dans le palais.

L’éditorialiste poursuit : « Les soldats du BASP [Bataillon autonome de sécurité présidentiel] sont des fidèles du président ». Première approximation. L’armée guinéenne, quelques soient les critiques qu’on pourrait lui porter, est une armée républicaine et non une armée régulière dont la vocation est d’être fidèle à un homme et non aux institutions. On aurait dit cela de l’armée ivoirienne par exemple, on comprendrait, au regard de sa configuration actuelle.

François Soudan avance encore que « pendant ce temps, si l’on en croit un témoin qui a pu se rendre sur les lieux après les faits, le palais aurait été entièrement « visité » par les hommes de Doumbouya et nul doute que les sacs de cash qu’à l’instar de la plupart de ses homologues du continent Alpha Condé conservait dans sa chambre et son bureau n’ont pas dû échapper à leur convoitise. Un peu partout dans la capitale, mais particulièrement dans les quartiers acquis à l’opposition, des scènes de liesse succèdent à l’apparition des premières photos sur les téléphones portables ». Une autre fausse information. Le fait de dire « sans nul doute » et tirer plus tard une conséquence en vue de faire passer une suspicion en une vérité est journalistiquement étonnant. Attendu que le journal affiche d’ores et déjà sa prise de position, d’autant que rien ne certifie encore aujourd’hui cette information. Aussi, la réalité est que les scènes de liesse étaient spontanées et ont commencé d’abord à Kaloum [centre-ville, qui accueille les sièges des institutions], ensuite dans les communes de Ratoma, de Matoto jusqu’à l’intérieur du pays : N’Nzérékoré, Kankan, etc. Limiter les scènes de joie aux seuls quartiers acquis à l’opposition est une insulte à l’intelligence.


Conakry, 5 septembre 2021, euphorie après le coup d’Etat contre le Président Alpha Condé. Source : http://urlr.me/5wyrW

L’article de Jeune Afrique parle de l’armée guinéenne ou encore de la Guinée comme une propriété privée d’Alpha Condé. Or, il n’en est rien. Les adjectifs possessifs qui remplissent ce récit en sont la démonstration. Mais connaissant les liens entre l’auteur de l’article et le régime d’Alpha Condé, cela ne peut pas surprendre.

Aussi, s’il n’y a pas d’armée « ordinaire » en Guinée comme l’affirme François Soudan, il est doublement faux de dire que le Président Condé « a toujours évité d’affronter les officiers supérieurs dont son fidèle Mohamed Diané lui signalait le comportement problématique, préférant les éloigner ». Les faits.

En juillet 2011, le domicile privé du Président Condé fut attaqué par des éléments de l’armée guinéenne. Après cet événement, ce qui ressemble à une chasse à l’homme a été organisée. Plusieurs officiers guinéens seront arrêtés et condamnés à de la prison ferme. Beaucoup parmi eux n’auraient aucun lien avec l’attaque de la résidence privée d’Alpha Condé. C’est ce que confie dans une interview, l’ancien président de la transition (décembre 2009 à décembre 2010), le Général de brigade Sékouba Konaté dit « El Tigre » : « Tous ces gens [allusion faite aux officiers de l’armée comme le Général Nouhou Thiam17, aux commandants Julien, Saliou Diallo18, le colonel Sidiki Camara dit « De Gaulle »] qui ont participé à l’avènement de la démocratie en Guinée ; les gens ont profité pour faire des règlements de comptes »19. En conclusion, Alpha Condé a bien affronté les officiers de l’armée guinéenne.

En sus de cela, les articles traitant du coup d’Etat en Guinée, produits par le magazine, sont dans leur majorité orientés et résistent pas à la réalité. Il est à noter l’absence de tout parallélisme des formes, de vérité des faits tronquées, de manque de contextualisation, on en passe et des meilleurs. En produisant cet article, le magazine enverrait-il un signal de soutien au régime d’Alpha Condé, tout en pensant que la situation allait s’inverser ?

Autrement, Jeune Afrique a montré durant les 11 ans de pouvoir d’Alpha Condé, qu’il est un hebdomadaire de connivence qui prête allégeance aux autoritaires du continent et qui produit des éditoriaux à flux tendu souvent signés par François Soudan. Jeune Afrique nous dit comment Alpha Condé a chuté mais pas le pourquoi.

Pour faire une analyse sur les situations quelque peu honorables qui secouent la Guinée, il faut avoir une lecture équilibrée, la justesse de l’analyse est à ce prix. Prendre en compte la situation globale et revenir au fondement de la crise sociale et politique constitue l’arrière-plan essentiel de la compréhension du coup d’Etat et son lot de soutiens populaires.

Le lieutenant-colonel Mamady Doumbouya a réussi son coup d’Etat simplement parce que le pays était au bord de l’implosion et lui-même était dans le collimateur du régime. En effet, les services de renseignement guinéens soupçonnaient sa proximité avec le Colonel président Assimi Goita, patron des forces spéciales maliennes. Selon toute vraisemblance, son arrestation était imminente. Il a donc anticipé et mené ce coup de grâce.

Blaise Pascale (Pensée sur la politique n°32), citant Walter Benjamin, s’interroge sur ce qui ressemble curieusement à la situation guinéenne : « Comment se soustraire et répondre à la violence du droit qui décrète illégitime tout ce qui ne le reconnait pas – sinon par un autre coup de force ? ».

Kossa CAMARA

1 « Interrogé sur ses activités en Guinée, Kouchner congédie un journaliste », France Info, 7 décembre 2011.17 Ancien Chef d’Etat-Major des armées, de janvier à décembre 2010.
2 « Le discours du Président Keléfa Sall (Cour Constitutionnelle) », You Tube, 19 décembre 2015. 3 « Alpha Condé traite des étudiants de ‘’cabris et mal éduqués’’ », Africaguinee, 2 juin 2017.
3 « Alpha Condé traite des étudiants de ‘’cabris et mal éduqués’’ », Africaguinee, 2 juin 2017.
4 « Alpha Condé annonce une nouvelle Constitution », BBC Afrique, 20 décembre 2019.
5 « Projet de nouvelle constitution » Guineematin, 2019, https://guineematin.com/wp- content/uploads/2019/12/NOUVELLE-CONSTITUTION-VOICI-LE-PROJET.pdf
6 La CEDEAO désigne la communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest. Une organisation qui réunit les pays de la région de l’Afrique occidentale.
7 L’OIF, entendez Organisation internationale de la Francophonie. Une organisation qui réunit les pays ayant pour langue officielle, au moins le français.
8 Mohamed BANGOURA, « Alpha Condé : « tout malinké qui vote pour un autre candidat, a voté pour Cellou Dalein Diallo », Mosaique guinee, septembre 2020.
9 « Alpha Condé appelle ses partisans à faire bloc autour de lui », voaafrique, le 23 septembre 2020.
10 Alhassane BAH, « Frontière Guinée-Sénegal : six camions contenant du matériel de campagne de l’UFDG bloqués », Guineenews, le 29 septembre 2020.
11 Mohamed BANGOURA, « Fermeture des frontières terrestres de la Guinée avec la Sierra Leone: les raisons selon Kiridi », Mosaiqueguinee, 29 septembre 2020.
12 « GUINÉE : DES OPPOSANTS SONT MORTS EN DÉTENTION DANS DES CONDITIONS SUSPECTES », Amnesty International, 8 février 2021.
13 Des manifestations géantes se tiennent dans tout le pays. Menées par des syndicalistes téméraires, elles sont très sévèrement réprimées. L’armée guinéenne ouvra le feu sur les jeunes de l’axe Hamdallaye, Bambeto, Cosa.
14 Ancien président de la République du Tchad.
15 « Guinée – Aliou Barry : « Cette force spéciale créée par Alpha Condé s’est retournée contre lui », RFI, 6 septembre 2021.
16 François SOUDAN, « Exclusif – Guinée : l’histoire secrète de la chute d’Alpha Condé, par François Soudan », Jeune Afrique, le 8 septembre 2021.
18 Ancien commandant du Camp Camayenne, autrefois camp Boiro.
19 Guinee matin, « Général Sékouba Konaté, ancien président de la transition avec Lamine Guirassy sur Espace », YouTube, 26 juin 2018.

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