Revues

 GÉNÉRALISTES
Ballast Charlie-Hebdo Fakir La Voie du Jaguar Lava Le Diplo Lundi Matin Multitudes La revue des médias Smolny Socialter  The Conversation Usbek & Rica UP'Magazine Le Zéphyr

 CULTURE / IDÉES
  Contretemps A Contretemps Alter-éditions CQFD Le Comptoir Frustration L'Intimiste Jef Klak Lignes de Crêtes NonFiction Période Philo Mag Lettre PhiloMag
Terrestres Vie des Idées

 INTERNATIONAL
Alencontre Alterinfos CETRI ESSF Inprecor Guitinews Kedistan Quatrième Internationale Viewpoint Magazine

 PODCASTS  
Arrêt sur Images LSD Thinkerview

 WTF 
Ulyces Brut

Le média des aventures humaines
▸ les 18 dernières parutions

14.05.2022 à 11:30

Elle héberge une famille ukrainienne : « Cela me rassure de la savoir dans notre cocon »

Philippe Lesaffre

La guerre en Ukraine l'a affectée et elle a voulu apporter son aide. A l'étranger pendant un an, son appartement meublé en région parisienne était disponible. Depuis la mi-mars, elle héberge avec son mari une famille de 5 Ukrainiennes, ayant fui les combats.

L’article Elle héberge une famille ukrainienne : « Cela me rassure de la savoir dans notre cocon » est apparu en premier sur Le Zéphyr.

Texte intégral (1665 mots)

La guerre en Ukraine l’a affectée et elle a voulu apporter son aide. À l’étranger pendant un an, son appartement meublé dans les Yvelines était disponible. Depuis la mi-mars, elle héberge avec son mari une famille de cinq Ukrainiennes, ayant fui les combats. « Dans notre société, on n’a pas l’habitude de faire confiance, de lâcher prise quand on ne contrôle pas le choses… »

Clémence (1) cherche ses mots. « On a besoin de retrouver notre logement, mais cela signifie que les Ukrainiennes que l’on héberge vont devoir trouver un autre refuge. » Une pause, et elle reprend. « Cela va les fragiliser à nouveau, mais on n’a pas le choix… » Dans la voix, on sent l’inquiétude, mais, toutefois, la volonté de bien faire. Comment peut-il en être autrement ? Depuis la mi-mars, elle et son mari ont laissé leur appartement de plus de 70 m², à Saint-Germain-en-Laye dans les Yvelines, à cinq réfugiées, la grand-mère, ses deux filles, ainsi que les deux filles de l’une d’entre elles, trois générations issues de Kyiv, ayant fui ensemble les bombes quelques jours après le lancement de la guerre, le 24 février. Clémence et Christophe, avec leur fils, vivent depuis près d’un an à l’étranger en raison de leur travail. Ils ont laissé, pendant ce laps de temps, leur appartement vacant. Or, en juillet prochain, les trois Yvelinois rentrent au bercail et s’apprêtent à retrouver leur vie d’avant. Ainsi, d’ici là, ils tentent à distance de trouver une solution pour leurs invitées actuelles. Et essaient de dénicher un nouvel hébergeur pour les cinq réfugiées.

« Je ne sais pas si on arrivera à les rencontrer, glisse Clémence, mais ce serait bien qu’on parvienne à leur trouver un nouveau point de chute d’ici notre retour. » Qu’elle espère pas trop éloigné de l’actuel logement, car elle aimerait que les deux filles restent dans l’école primaire du quartier où elles ont été accueillies il y a quelques semaines. « Cela n’a pas été évident à organiser », souffle-t-elle, avec le sourire. Les deux, qui ne sont pas les seuls enfants ukrainiens de l’établissement scolaire, ont été intégrées dans une classe de CP et de CM1. Elles suivent deux fois par semaine des cours de français en langue étrangère, et selon ses dires, « elles progressent bien ». Néanmoins, le traumatisme de l’exil reste présent, comme on peut s’y attendre. « La grande suit une thérapeute, elle entend encore le bruit des sirènes et le fracas des bombes. » Depuis le début, ils ne les ont jamais vues en vrai, mais Clémence et Christophe veillent sur elles.

« On s’est sentis impuissants »

En tant que bénéficiaire du statut de la protection temporaire, la plus âgée, Elina, la grand-mère, a reçu une allocation pour demandeurs d’asile (ADA), 400 euros donnés en une fois sur une carte de paiement, sans oublier une aide alimentaire de la part de l’antenne locale de La Croix rouge (Saint-Germain).

« Elles sont autonomes, mais elles ont besoin d’un autre type de soutien. » Elle et son mari leur ont partagé des adresses de centres de soin ou de grandes surfaces bon marché. Ils ont fait installer une nouvelle box dans le logement. Ils les ont accompagnées dans leur démarche administrative. Ils ont trouvé des personnes prêtes à les conduire là où elles devaient se rendre. En particulier à Versailles dans les locaux de l’association Aurore, qui épaule les familles dans le besoin… Un rendez-vous qui a duré de longues heures…

Se lancer dans ce type d’action solidaire, pour Clémence, cela avait du sens. Elle dit avoir appris « avec sidération » le lancement de l’invasion russe. « On s’est sentis totalement impuissants. » Très vite, le besoin d’agir l’a animée, mais comment s’y mettre ? Qu’entreprendre ? Une amie lui envoie alors le lien d’une plateforme de mise en relation entre exilés et potentiels hébergeurs, UE4UA. Et « sans vraiment réfléchir », sans en parler à son mari dans un premier temps, elle s’inscrit et laisse une annonce. Son appartement meublé est disponible, il peut dépanner.

Un exil long et éprouvant

Très vite, une première famille la contacte, puis une deuxième. « Il y avait une première famille qui ne parlait pas anglais et ne disposait pas de WhatsApp, se souvient Clémence, alors j’ai répondu à l’autre. » Une semaine plus tard, celle-ci arrivera avec quelques affaires dans son logement des Yvelines. Elle et son mari commencent rapidement à converser avec Maryna, la benjamine de la fratrie, la seule à pouvoir s’exprimer dans la langue de Shakespeare, elle qui travaillait dans la mode. Elles s’échangent des messages, partagent des photos, « s’ajoutent » sur Facebook.

Clémence et Christophe comprennent qu’elles ont quitté la capitale ukrainienne en voiture avec le grand-père. Ce dernier, contraint de rester pour se battre contre l’envahisseur, a dû faire demi-tour à la frontière et a laissé les siennes filer vers l’Europe. Pendant quelques jours, elles ont été bloqué dans un camp en Moldavie. « Par pudeur, je n’ai pas demandé exactement comment le voyage s’était passé. Je sais qu’elles ont fini par prendre un train bondé pour la Pologne. Le voyage a été extrêmement long et éprouvant. »

« En arrivant, les petites ont sauté dans le lit, soulagées »

Au bout de quelques jours dans ce pays, Clémence est informée que les cinq ont la possibilité de prendre un billet pour Paris. « Elles m’ont redemandé si on pouvait vraiment les accueillir. » Une angoisse somme toute logique. Au départ, leur avion devait atterrir samedi soir, et le temps de prendre le RER A, direction l’ouest de la capitale, elles allaient arriver après minuit. Or comment se débrouiller pour leur ouvrir les portes ? « Il est difficile de trouver des personnes disponibles à cette heure. » Alors, elle demande à Maryna de changer les billets. « J’ai appris plus tard que cela a occasionné un coût supplémentaire de 400 euros. »

Elles finissent par arriver dans le centre de Saint-Germain-en-Laye un peu plus tôt que prévu initialement. Et la belle-sœur de Clémence leur présente l’appartement. « Elles ont été soulagées et ravies de voir que cela correspondait aux photos, les petites ont sauté sur les lits. On avait tout laissé, il y avait encore les jeux et les peluches de mon enfant. Cela m’a rassurée de les savoir dans ce cocon, par rapport à la violence de l’actualité. »

« ‘Faites attention’, nous a-t-on répété »

Or, elle l’avoue, elle est restée « un peu méfiante » jusqu’au bout. « Tout s’est passé très vite, on n’a pas eu l’occasion de se parler de vive voix… » Allaient-ils vraiment recevoir les Ukrainiennes qu’ils ont vues en photo ? N’y avait-il pas de risque de les faire venir ? « La crainte a existé, admet-elle. Mais, dans ce cas, on aide personne. » Et de poursuivre : « Dans notre société, on n’a pas l’habitude de faire confiance, de lâcher prise quand on ne contrôle pas le choses… » Elle nous explique que certains, dans leur entourage plus ou moins large, leur ont dit de « faire attention ». Accueillir des étrangers fait peur ? « On nous a dit par exemple : ‘Elles pourront changer vos serrures, vous ne pourrez plus rentrer’, ‘des pauvres, il y en a partout, pourquoi ne pas aider un SDF ?’, ou encore ce commentaire basé sur aucun fondement  : ‘Ils vont saccager votre intérieur.’ »

Rien de tout ça ne s’est passé. De toute façon, Clémence n’a jamais abandonné l’idée de rendre service, malgré certains doutes avant leur installation dans le logement. Et elle continue, pour l’heure, de leur chercher un logement de remplacement. « L’idée est aussi de montrer à mes enfants qu’il y a des choses terribles qui déshumanisent, mais qu’il est toujours possible de se battre à son niveau et de garder l’humanité vivante… »

Aujourd’hui, les deux filles envisagent de rester en France et d’y trouver un emploi, leur mère espère rentrer au plus vite et rejoindre son mari, mobilisé contre l’ennemi russe. Elle pensait que ce moment tant attendu pouvait arriver cet été, mais hélas, ses plans devront être repoussés. La faute à un petit monsieur. / Philippe Lesaffre

Tous les prénoms ont été modifiés à leur demande. Retrouvez notre série spéciale sur le conflit en Ukraine.

L’article Elle héberge une famille ukrainienne : « Cela me rassure de la savoir dans notre cocon » est apparu en premier sur Le Zéphyr.

11.05.2022 à 11:45

Pour l’explorateur Gérard Janichon, « le voyage abolit le temps »

Philippe Lesaffre

Entre 1969 et 1973, Gérard Janichon et Jérôme Poncet ont réalisé sur leur voilier Damien un tour du monde spécial, qui restera dans les annales. Une bande dessinée, paru en mai chez Glénat, en retrace les grandes lignes

L’article Pour l’explorateur Gérard Janichon, « le voyage abolit le temps » est apparu en premier sur Le Zéphyr.

Texte intégral (824 mots)

Entre 1969 et 1973, Gérard Janichon et Jérôme Poncet ont réalisé sur leur voilier Damien un tour du monde spécial, qui restera dans les annales. Une bande dessinée, paru en mai chez Glénat, en retrace les grandes lignes… Une ode à la liberté…

Isabelle Autissier l’indique au Monde. « Dès que j’ai rêvé de bateau, ce sont les récits de grands marins qui ont nourri mon imagination. » Parmi eux, un certain Gérard Janichon. Explorateur et auteur, il a réalisé avec son complice Jérôme Poncet un tour de monde entre 1969 et 1973, sans expérience particulière en navigation. Un périple hors du commun, un brin filmé, qui en a fait rêver plus d’un, un voyage initiatique de 55 000 miles à bord de leur mythique monocoque Damien, durant lequel ils ont su défier le vent rebelle et rejoindre les terres dont ils rêvaient, des îles d’Europe du Nord et des pôles arctiques au Grand Sud, en passant par les zones tropicales et, encore, le fleuve Amazone. La vingtaine, à l’époque, ils ont raconté à de multiples reprises cette odyssée, gravée à jamais dans leur mémoire. Et, en mai dernier (chez Glénat), Gérard Janichon a publié l’album Damien, l’empreinte du vent. Une bande dessinée joliment coloriée par Vincent visant à retracer dans ses grandes lignes ce voyage totalement fou, cette ode à la liberté, cette aventure totalement dédiée à la mer.

À la lecture de ces presque 170 pages, on comprend comment les deux hommes ont vécu cette quête vers l’inconnu, on découvre les émotions qu’ils ont ressenties, et ce qu’ils ont appris. « Les terriens pensent que naviguer consiste à aller d’un port à l’autre. » (1) Or, pas du tout. « Le voyage est autre, il commence quand on oublie la géographie, quand on abolit le temps. » Ils l’ont observé durant ces quatre ans loin de tout, sur un bateau, loin des continents, au milieu des vagues, « on perd la notion du temps ». Le rythme diffère. « On entre dans une autre dimension » ; « l’horizon n’est plus une ligne droite nette comme un coup de crayon ».

« Les océans ont pactisé avec les vents terrifiants »

Après ce tour du monde, ils sont revenus changés à jamais, les souvenirs plein la tête, les nombreuses et belles rencontres, et… le comportement de l’océan, pas toujours tranquille, loin de là. « La mer offre beaucoup, mais elle est exclusive, jalouse. » Avant le départ, les deux skippers semblaient penser, à tort, que « le vent et les nuages gouvernaient l’univers, pas la mer ». C’est qu’elle n’invite pas au repos, surtout les eaux du Sud. Ils « ont pactisé avec les vents terrifiants, ils rugissent, ils hurlent à pleins poumons, les vagues se chevauchent en hauteurs parfois surnaturelles », lit-on. En somme, on peut y entrer, mais il faut s’y préparer. « Le marin avance à tâtons en ce monde, la peur au ventre. »

Malgré la difficulté, les barrières, les éléments naturels qui se dressent, il y a ce que retiennent les marins, ce pourquoi, au final, ils ont voulu partir, cette reconnexion avec ce qui les entoure. Ne peut comprendre celui qui n’a jamais choisi de prendre le large. Les paysages, les espèces offrent des vues à couper le souffle, le soleil qui se couche, les albatros qui les accompagnent, les manchots qui les accueillent sur la Terre Adélie, le spectacle est grandiose. Comme le dit l’un des deux marins, « il n’y a que l’instant qui compte. » Au sein du monocoque ou lors de leurs halte sur terre, ils l’ont bien retenu, au fil des années… / Philippe Lesaffre

Vendu à de nombreuses reprises, tombé en désuétude, le voilier Damien, éventré, oublié, est classé monument historique en 2002. Il appartient aujourd’hui au Musée maritime de La Rochelle, où tout a démarré. Il a été restauré et a commencé une seconde vie il y a quelques années.

1) Les citations sont extraites de la bande dessinée

L’article Pour l’explorateur Gérard Janichon, « le voyage abolit le temps » est apparu en premier sur Le Zéphyr.

06.05.2022 à 11:10

S’adapter au changement climatique ? « La France a une capacité à agir élevée »

Philippe Lesaffre

Valérie Masson-Delmotte a présenté, le 4 mai, les trois derniers rapports du Giec. Tant les connaissances du réchauffement climatique que les impacts ainsi que les solutions pour le contenir

L’article S’adapter au changement climatique ? « La France a une capacité à agir élevée » est apparu en premier sur Le Zéphyr.

Texte intégral (1865 mots)

Paléoclimatologue, Valérie Masson-Delmotte, coprésidente du groupe n°1 du Giec, a présenté, le 4 mai à l’Élysée, les trois volets du dernier rapport du Giec. Tant les connaissances du réchauffement climatique que les impacts ainsi que les solutions pour le contenir. « Les politiques publiques peuvent nous permettre d’améliorer notre santé, via la mobilité active, la lutte contre la pollution de l’air, l’alimentation », assure-t-elle.

Le dernier rapport du Giec est sorti en pleine guerre en Ukraine. Après une première partie sur les bases physiques du changement climatique, en août 2021, les scientifiques ont planché, dans les volets suivants, sur les impacts, les vulnérabilités et les adaptations du dérèglement, d’une part, puis sur les solutions pour contenir le réchauffement, de l’autre.

Silence glaçant durant la campagne électorale. Peu ont abordé le sujet… ou très rapidement. Après un mandat jugé « raté » par les associations environnementalistes, Emmanuel Macron a tenté de réparer cette erreur. Pour se faire élire, le président sortant s’est positionné, face à Marine Le Pen, comme le candidat écolo et a promis d’accélérer sur la transition. Quelques jours plus tard, le 4 mai, il a donné rendez-vous à plusieurs scientifiques et experts du climat à l’Élysée. Il le dit lui-même : « Beaucoup reste à faire » dans ce domaine.


Venez tester !

Vous découvrez le média des aventures humaines : la revue Le Zéphyr explore les passions qui nous mobilisent.

le zéphyr, la revue des aventures humaines


Marie-Hélène Le NY, 2015

Présente à cette entrevue, Valérie Masson-Delmotte, coprésidente du groupe n°1 du Giec, a présenté, a-t-elle raconté sur Twitter, les conclusions des trois volets du rapport. En voici un extrait.

+1,1°C entre 1850-1900 et aujourd’hui

« Où en sommes-nous aujourd’hui ? Les changements observés sont généralisés, du haut des montagnes au fond de l’océan, des tropiques aux pôles. Ces changements sont rapides, et s’intensifient. Ils sont sans précédent à l’échelle de milliers d’années – une rupture par rapport à la variabilité naturelle passée du climat. Notre meilleure estimation est que l’intégralité du réchauffement planétaire observé (+1,1°C entre 1850-1900 et la dernière décennie) est due à l’influence humaine.

Les gaz à effet de serre qui pèsent le plus sont les rejets de CO2 (avec un effet cumulatif) et le méthane (gaz à effet de serre puissant mais à durée de vie plus courte, une dizaine d’années, dégradant aussi la qualité de l’air via la formation d’ozone).

Leurs émissions sont liées à l’utilisation des énergies fossiles, à la déforestation, et à la production alimentaire (en particulier l’élevage mondial de ruminants). Leur effet réchauffant est partiellement masqué par l’effet parasol des particules de pollution.

Ce réchauffement est le résultat de plus d’un siècle d’utilisation d’énergie, d’utilisation des terres, de structures de production et consommation, de styles de vie non soutenables.

Des événements extrêmes plus fréquents

Cette influence humaine sur le climat rend plus fréquents et plus sévères les événements extrêmes, notamment les vagues de chaleur (sur terre comme en mer), les pluies extrêmes, et les sécheresses, en France comme partout dans le monde. »

Valérie Masson-Delmotte explique que « le rythme de la montée du niveau de la mer a accéléré au cours des dernières décennies ». On observe également davantage de cyclones tropicaux très intenses. Toutes les régions de la Terre sont affectées. Il est à noter des « des perturbations dangereuses et généralisées, dans la nature, et qui affectent la vie de milliards de personnes, en dépit des efforts d’adaptation ».

Par ailleurs, « la moitié des espèces marines et terrestres étudiées (plantes et animaux) se déplacent (vers les pôles, en latitude) pour préserver des conditions leur permettant de survivre ».

Une vulnérabilité qui peut se réduire

Et de poursuivre :

« Les impacts du réchauffement, en particulier par le stress thermique et hydrique, menacent la sécurité en eau, la sécurité alimentaire, et affectent la santé (santé au travail, mortalité associée aux vagues de chaleur, certaines maladies, santé mentale).

Les enjeux liés à la justice climatique sont importants. De 3,3 à 3,6 milliards de personnes sont aujourd’hui très vulnérables face aux conséquences du changement climatique, dans les petites îles, les régions de montagne, l’Arctique, le pourtour de la Méditerranée, et les pays les moins avancés – avec des moyens de subsistance très sensibles aux aléas climatiques. »

Selon elle, on peut encore s’activer. « Cette vulnérabilité peut être réduite par la mise en place d’infrastructures et de services de base (filets de protection sociale, eau, santé, éducation) ». De manière générale, « l’action en matière d’adaptation monte en puissance, mais les progrès sont inégaux, pas assez rapides, réactifs et pas assez transformatifs. Pourtant, investir dans l’adaptation apporte de nombreux bénéfices : productivité, innovation, santé, bien-être, sécurité alimentaire, revenus et moyens de subsistance, préservation de la biodiversité ».

Prise de conscience accrue dans la société

Plus loin : « En Europe, les obstacles à l’action d’adaptation résultent d’un manque de littératie climatique, d’une faible perception de l’urgence à agir, d’un manque d’engagement des citoyens et du secteur privé, d’un manque de volonté politique, de ressources humaines et financières limitées, mais aussi du poids d’intérêts particuliers, d’habitudes, de normes culturelles et sociales. Ce sont des obstacles à surmonter pour engager réellement une action d’adaptation transformatrice. »

A l’auteur de ces lignes, Valérie Masson-Delmotte, dans un entretien accordé à Mouvement UP (devenu Respect média), fin 2021, elle expliquait que les choses pouvaient évoluer tout de même dans le bon sens.

« J’observe une prise de conscience de plus en plus profonde dans la société. Je note surtout un engagement d’une partie de la jeunesse, en particulier dans les écoles d’ingénieurs », a-t-elle noté à ce moment-là.

Le rôle important des politiques publiques

« Il y a aussi un intérêt croissant dans le secteur des entreprises » et « il y a cette perception que les choses bougent assez vite et qu’il ne faudrait pas être les derniers à s’y mettre, pour ne pas perdre en attractivité ». En revanche, elle observe « une grande difficulté pour certaines sociétés à conserver les talents, les salariés qualifiés qui ont le sens de l’intérêt général et veulent que les choses bougent là où ils travaillent ».

Dans le champ politique, elle remarque que les élus « font face à des difficultés d’identification de leviers d’action ». Et que « de nombreux élus n’ont pas eu l’opportunité de suivre des formations approfondies sur ces enjeux, avec une réelle difficulté à les intégrer dans la prise de décision ».

Alors que faire ?

« Il faut insister, a-t-elle encore dit à Mouvement UP, sur le fait que les politiques publiques peuvent vraiment nous permettre d’améliorer notre santé, via la mobilité active, la lutte contre la pollution de l’air, l’alimentation. Il est également possible d’agir sur la maîtrise de la demande. Nous avons tout intérêt à intégrer les enjeux de sobriété pour l’énergie, les matériaux, la demande alimentaire.


Parrainez vos proches

Le bouche-à-oreille fonctionne, on a besoin de votre aide !

le zéphyr, la revue des aventures humaines


Répondre aux arguments de l’inaction

Il est possible, enfin, de répondre aux arguments des discours d’inaction. Les émissions de gaz à effet de serre de la France ne représentent qu’1 % des rejets mondiaux ? L’empreinte ne concerne pas que les émissions sur le territoire. Il faut prendre en compte les importations. La France est dans le top 10 des pays qui ont émis le plus jusqu’à présent. Toutefois, elle a une capacité à agir élevée, vu qu’elle est membre du G7. » / Philippe Lesaffre

Lire aussi l’entretien-fleuve du photographe Martin Colognoli (et fondateur de Coral Guardian) dans Le Zéphyr 11, à ce sujet de la prise de conscience.

L’article S’adapter au changement climatique ? « La France a une capacité à agir élevée » est apparu en premier sur Le Zéphyr.

Médias

GÉNÉRALISTES
Basta L'Autre Quotidien Blast Capital La Croix Le Figaro Le Monde France 24 FTVI Huffington Post L'Humanité LCP Mediapart La Tribune Le Media Slate Korii

INTERNATIONAL
Bellingcat CADTM Courrier d'Europe Centrale Courrier International Eurojournalist Equaltimes Info Asie Inkyfada Jeune Afrique Orient XXI Rojava I.C NYT Toute l'Europe

MÉDIAS D'OPINION
L'Autre France-Presse Acta AOC Issues Les Jours Le Monde Moderne LVSL Médias Libres Marianne Quartier Général Rapports de force Reflets Rézo StreetPress

OBSERVATOIRES
Acrimed Internet actu Catastrophes naturelles Conspis Culture Extrême-droite Inégalités Information Médias Multinationales Sondages Présidentielle Routes de la Soie Vrai ou Fake ?

---