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06.07.2022 à 10:00

Vers une alimentation plus durable : « En valorisant les alternatives, on embarque les citoyens »

Philippe Lesaffre

Trois étudiantes de l'ESCP Business School ont voulu montrer que des alternatives existent en Europe pour assurer une alimentation plus durable. Cela donne le documentaire From Farm to fork

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Texte intégral (1338 mots)

TÉMOIGNAGE – Les jeunes se mobilisent. Trois étudiantes de l’ESCP Business School ont voulu montrer que des alternatives en Europe permettent d’assurer une alimentation plus durable. Cela donne le documentaire From Farm to fork dans lequel on les voit échanger avec de nombreux acteurs en Europe. « Pour donner envie de se mobiliser, on peut mettre en avant ce qui existe », indique Juliette Fournier Le Ray, l’une des réalisatrices, qui revient sur cette expérience enrichissante.


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Elles avaient la possibilité de prendre le large. Pendant sept mois, en 2021, trois étudiantes de l’ESCP Business School ont sillonné les routes européennes dans le but de déchiffrer les enjeux de l’alimentation de demain. En 2050, la planète aura à nourrir près de 10 milliards de personnes selon les projections. Or, l’agriculture fait partie des secteurs dans le monde les plus émetteurs en gaz à effet de serre, notamment en raison de l’élevage de bovins et d’ovins. Conscientes du changement climatique, Julie Deshayes, Juliette Fournier Le Ray et Lucie Renard avaient l’intention, en partant, de mieux comprendre comment notre consommation pouvait s’adapter.

« On entend souvent que le monde va mal, qu’on va droit dans le mur, remarque Juliette, l’une des trois autrices, avec qui Le Zéphyr a échangé. Or, ce discours un brin catastrophiste, estime-t-elle, peut effrayer et ne donne pas envie de s’engager. » Pour autant, il est urgent d’agir à tous les niveaux, comme l’expliquent l’ensemble des scientifiques experts du climat, tels que Valérie Masson-Delmotte, paléoclimatologue et membre du Giec (ultra-pédagogique sur Twitter), ou d’autres à l’instar de Christophe Cassou (très présent sur Twitter également), récemment à l’origine de l’opération « MandatClimatBiodiversité », une session de formations aux enjeux du changement climatique, à deux pas de l’Assemblée nationale à destination des élus volontaires pendant trois jours, en compagnie d’autres chercheurs.

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Ainsi, pour inspirer, et puis « apporter une touche d’optimisme », comme Juliette le raconte, elles se sont lancées. Munies d’une caméra, elles sont allées frapper à la porte de citoyens et d’acteurs économiques, qui trouvent des solutions sur le sujet (épineux) de l’alimentation. « Pour donner envie de se mobiliser, on peut mettre en avant ce qui existe, valoriser les alternatives durables.  » En clair : montrer que « le changement a déjà lieu » un peu partout au sein de nos contrées européennes. « Pour moi, ça permet de motiver, et on peut ainsi vraiment embarquer les gens », ajoute-t-elle.

Expérience bénévole pour se sentir utiles

But de l’opération : se rendre utiles, et analyser l’ensemble des phases de conception d’un produit alimentaire, de la production à la ferme à la gestion de déchets et du recyclage, en passant par la distribution et la restauration. Les trois réalisatrices ont décidé, en même temps, de s’investir bénévolement auprès de structures engagées, en leur apportant pendant six semaines, leurs connaissances apprises en école de commerce (communication, marketing, finance, comptabilité, conseil en stratégie). D’abord, elles ont proposé leur service à l’association The Real Junk Food Berlin, qui récupère des invendus dans des marchés de gros et des magasins bio pour les valoriser dans l’assiette. On les retrouve ensuite – toujours pendant six semaines – en compagnie d’une start-up danoise commercialisant des escargots en boîte de conserve. Elles ont travaillé à la ferme et ont épaulé l’entreprise sur le lancement d’un nouveau produit.

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Les trois étudiantes ont également accompagné un restaurant végan à Stockholm, Fern & Fica, notamment sur l’aspect marketing et business plan. « Le restaurant voulait ouvrir une nouvelle adresse », précise Juliette, souvent « en cuisine » pendant cette période, elle qui a également suivi, il y a peu, une formation à l’école Ferrandi. Une sacrée aventure, qui les ont aussi emmenée au cœur d’une ferme en Écosse. Qui leur a en tout cas permis de « sortir de (leur) zone de confort », et de rencontrer de nombreux acteurs du changement, comme disent certains.

« Garder l’image globale de la situation »

Après ce voyage, elles se sont rendu compte à quel point il ne fallait pas « rester dogmatique », dit-elle. « Il faut toujours penser à garder l’image globale de la situation, tant l’aspect environnemental que solidaire par exemple. » En particulier, on a besoin d’atténuer les émissions de gaz à effet de serre, limiter l’empreinte écologique, mais il ne faut pas non plus oublier d’assurer « l’accessibilité des bons produits à tout le monde », y compris aux personnes en situation de précarité, notamment, et de ne laisser personne au bord de la route, en quelques sortes. Ou encore d’assurer une « meilleure rémunération des agriculteurs ». « Rien n’est simple, il faut se questionner, dialoguer avec les spécialistes, prendre du recul, ne jamais arrêter », précise Juliette, qui entamera son stage de fin d’année à la BPI après l’été.


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Les trois réalisatrices, les études désormais derrière elles, ont présenté en juin leur documentaire From Farm to fork (ici pour découvrir le trailer) à l’ESCP Business School, à Paris, ou encore à l’Académie du climat, dans le cadre du festival Mieux manger, de la ville de Paris. Une deuxième projection sera organisée dans leur école à la rentrée, peut-être d’autres suivront plus tard… / Philippe Lesaffre

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24.06.2022 à 17:11

« Des bêtes magnifiques” : des apiculteurs se mobilisent contre la disparition des abeilles

Jérémy Felkowski

Les abeilles disparaissent sans bruit. Une disparition qui, en sous-main, pourrait engendrer des conséquences catastrophiques

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Texte intégral (1024 mots)

Si discrètes et pourtant essentielles… Les abeilles disparaissent sans bruit. Une disparition qui, en sous-main, pourrait engendrer des conséquences bien plus réelles que la raréfaction du pot de miel que l’on ouvre au petit-déjeuner. Des professionnels se mobilisent partout en France pour enrayer le phénomène. Nous en avons rencontré quelques-uns. Ils sont en colère.

Cet article est un extrait de l’entretien, publié dans Le Zéphyr n°11 – Sauver les animaux. Découvrez son sommaire, passez commande pour soutenir le média des aventures humaines. Lisez et offrez le magazine !

Si « les abeilles disparaissent de la surface du globe, l’homme n’aurait plus que quatre années à vivre…” Si la citation faussement attribuée à Albert Einstein a de quoi faire frémir par son catastrophisme, il n’empêche que le péril encouru par nos amies hyménoptères pourrait nous retomber dessus sans crier gare. Entre 1985 et 2005, plus de 25 % des populations d’abeilles ont purement et simplement disparu des jardins européens. Et, au vu du développement des produits chimiques comme de l’artificialisation des sols, il y a tout lieu de penser que la situation va continuer de se détériorer pendant les prochaines années. Certaines sources évoquent même 30 % de taux de mortalité dans les colonies. 

En cause, l’activité humaine, bien entendu. Mais une activité plurielle. Dans l’agriculture, les exploitants continuent de déverser des hectolitres de pesticides et de fertilisants sur leurs parcelles. Il en résulte un appauvrissement des terres et une intoxication des plantes. Parmi les insectes, c’est l’hécatombe. Ajoutons à cela la raréfaction des zones sauvages et l’urbanisation croissante, et le paysage est complet.

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« Je n’ai pas signé pour ça »

Face à ce que l’on annonce comme inéluctable, des professionnels se mobilisent pour poursuivre leur activité et, surtout, renouer avec une apiculture plus saine et respectueuse de la nature. L’enjeu est double pour eux. Au-delà du maintien d’une profession qui, de facto, est en danger, ils entendent garantir la qualité d’un produit (le miel) directement impacté par les conditions de sa production. 

“Moi, en vrai, j’ai pas signé pour ça.” Benoît a 33 ans. Il vit sur les hauteurs alpines et ce “ça” qu’il dénonce avec véhémence, c’est l’afflux de miels “trafiqués” d’un peu partout. Roumanie, République tchèque, Pologne, Portugal… « Des miels qui n’ont rien à voir les uns avec les autres et qu’on apporte parce que la production française ne peut plus suivre. Je ne sais pas comment ils fabriquent le leur, dit-il, mais ils ne le font sûrement pas comme moi.” 

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Lancé dans l’apiculture il y a dix ans tout juste, il s’est fixé pour objectif d’avoir une production propre, comme il le dit. Cela implique des méthodes de travail douces, un rythme calqué sur celui de ses précieuses associées, l’abandon pur et simple de tout produit chimique dans la préparation et la conservation des bocaux. “C’est sûr que ce n’est pas aussi facile que de balancer des produits dans tout et n’importe quoi. Mais je peux donner mon miel à mes enfants sans risques.”

“Un massacre organisé, c’est terrible”

La disparition des abeilles, Benoît la voit se produire sous ses yeux. Depuis une décennie, il a perdu des insectes en une quantité innombrable. Entre les maladies venues de l’extérieur, l’influence des polluants et, maintenant, les dangers venus d’espèces invasives, il a perdu près de la moitié de son exploitation. “Sur le chiffre d’affaires, c’est évidemment terrible. 50 % de perte, c’est concret. Ça se chiffre. Ça veut clairement dire quelque chose. Mais, surtout, on parle de bêtes. 50 % de perte, dans mon métier, c’est un massacre organisé. C’est terrible”, glisse-t-il visiblement ému. / Jérémy Felkowski

Vous n’avez lu qu’une partie du récit. Retrouvez l’article complet dans le magazine, commandez la revue via notre boutique en ligne si ce n’est pas fait, pour soutenir Le Zéphyr, le média des aventures humaines. Découvrez aussi les points de vente du Zéphyr.

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22.06.2022 à 11:21

« Nostre Mar » : SOS Racisme organise un festival pour « repenser nos identités plurielles »

Philippe Lesaffre

SOS Racisme organise un festival autour de Perpignan (ville dirigée par le Rassemblement national), Rivesaltes et Argelès afin d' "assumer le combat culturel" et d'apporter un autre éclairage autour de la guerre d'Algérie

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Texte intégral (1268 mots)

SOS Racisme organise du 27 juin au 3 juillet un festival autour de Perpignan (ville dirigée par le Rassemblement national), de Rivesaltes et d’Argelès-sur-Mer, dans les Pyrénées-Orientales. Le but du jeu : « assumer à nouveau le combat culturel » et apporter un autre éclairage sur la guerre d’Algérie, comme l’indique le chercheur Nicolas Lebourg, à l’origine de l’événement.


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Il en a eu l’idée durant la dernière campagne présidentielle. L’historien Nicolas Lebourg, spécialiste de l’extrême droite, interrogé par Le Zéphyr, nous en dit un peu plus sur son intention. Via le festival Nostre Mar, il vise en particulier à questionner « la relation que nous entretenons avec les autres pays méditerranéens« . Au programme : des conférences, des expositions, et du cinéma, aussi.

« Assumer le combat culturel »

Le Zéphyr : Pour quelles raisons avez-vous créé le festival Nostre Mar ? Et pourquoi maintenant ?

Nicolas Lebourg : L’idée est née le week-end du 19 mars, moment rituel de polémiques autour de l’Algérie française, après des mois de polémiques entretenues par Eric Zemmour sur le thème du « Grand remplacement » ou le rôle positif de Philippe Pétain. À Perpignan, plus grande municipalité lepéniste, venait d’être annoncé des mois de commémorations autour de l’Algérie française, avec un évènement de type festival du 23 au 26 juin. On s’est dit qu’il fallait assumer à nouveau le combat culturel. Ne pas aller protester, mais agir après, en faisant une proposition positive avec le thème de l’unité méditerranéenne, dans un cadre non localiste, mais en montant un festival national de SOS Racisme.

« Les passés, les présents et les futurs du monde méditerranéen »

Quels sont les objectifs de Nostre Mar et quel le programme du festival ?

Le slogan du festival, c’est « liberté, égalité, Méditerranée ». Il était question de créer un festival transmédias (d’où le fait qu’il y ait du cinéma, des expos photos, de dessins, etc.) qui traitent des passés, des présents et des futurs du monde méditerranéen. On commence la semaine avec les mémoires, en montrant qu’elles sont multiples et en évolution (au travers notamment de conférences au Mémorial du camp de Rivesaltes, là où est inaugurée une nouvelle exposition pour l’occasion, mais aussi de journées portes ouvertes, tant à ce mémorial qu’à celui d’Argelès).

On continue la semaine avec le visionnage de films, dont un en avant-première qui sort tout juste du Festival de Cannes (Harka), une conférence du meilleur spécialiste du djihadisme, Xavier Crettiez. En somme, on regarde en face les difficultés des présents. On finit, le 3 juillet, en manifestant pour la marche des fiertés à l’appel de LGBT+66, parce qu’il faut construire le futur. Et puis on fait la fête, avec des soirées de DJ, et on mange. Des restaurants proposeront des cartes spéciales et des vins du coin (plus d’infos sur le programme sont à retrouver sur le site d’information Made in Perpignan). 

« L‘antiracisme n’est pas une lubie politique, mais une norme éthique et juridique »

Lire aussi : Un Afghan à Paris : Izhar nous raconte son exil forcé

La date coïncide avec celle d’un autre événement, un événement organisé par la mairie de Perpignan et l’association du cercle algérianiste. S’agit-il d’y répondre, en quelque sorte ?

On peut dire qu’ils nous ont donné l’élan pour se lancer. Ce territoire est parfait pour rappeler que l’antiracisme n’est pas une lubie politique, mais une norme éthique et juridique. Mais on a absolument voulu éviter de nourrir la machine à affrontements physiques et verbaux en n’étant pas en face, au même moment, en faisant une autre offre culturelle et non pas en allant critiquer la leur.

On veut poser la question de notre relation avec les autres pays méditerranéens, dont on ne nous parle que pour fustiger les migrants syriens, ou pour lustrer des mémoires antagonistes, quant on parle d’une civilisation qui a une telle profondeur. Il faut se repenser dans des identités plurielles : je suis perpignanais, français, européen, méditerranéen, ça me va très bien – et en plus je sais grâce à Jaurès que le patriotisme et l’universalisme fonctionnent encore mieux ensemble. / Propos recueillis par Philippe Lesaffre

Pour en savoir plus : retrouvez la page Facebook du festival Nostre Mar


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21.06.2022 à 09:53

« Les rapports des scientifiques sont utiles s’ils sont lus » : des chercheurs forment les députés aux enjeux du climat

Philippe Lesaffre

Une trentaine de scientifiques ont installé un barnum à deux pas de l'Assemblée nationale pour proposer aux élus de tous les bords une formation sur les enjeux climatique et d'érosion de la biodiversité. Une initiative visant à leur rappeler l'urgence d'agir

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Texte intégral (1514 mots)

Une trentaine de scientifiques, dont des auteurs du Giec (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat et de l’IPBES (Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques), ont installé pendant trois jours un barnum à deux pas de l’Assemblée nationale pour proposer aux élus de tous les bords une formation sur les enjeux climatique et d’érosion de la biodiversité. Une initiative visant à leur rappeler l’urgence d’agir.


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Pendant trois jours, ils espèrent voir défiler de nombreux élus. L’ex-député Matthieu Orphelin, à l’origine de cette opération inédite en compagnie du climatologue Christophe Cassou, aimerait que ce soit « le début d’une belle histoire ». Au lendemain du second tour des élections législatives, une trentaine de scientifiques experts du climat et de la biodiversité, épaulés par les bénévoles du mouvement Pour un réveil écologique, se rassemblent pour une noble cause : accueillir, à deux pas de l’Assemblée nationale, les élus volontaires afin de leur apporter une formation d’une trentaine de minutes sur les enjeux du changement climatique et de l’érosion du vivant. « Des faits scientifiques avérés, rien que des faits », rappelle la géographe Magali Reghezza-Zitt, membre du Haut Conseil pour le climat, mobilisée à l’occasion. « L’initiative est totalement apartisane », indique Christophe Cassou. En clair : peu importe leur couleur politique, et qu’ils aient été élus pour la première fois lors de ce scrutin ou reconduits dans leur fonction, les 577 député.e.s sont invité.e.s à venir se former.

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Partager la connaissance : rôle d’un chercheur

Matthieu Orphelin attend les élus… Venez !

L’idée : insister sur la gravité de la situation, sur « les risques qui menacent les sociétés humaines et les écosystèmes ». Sur la nécessité d’engager, aussi rapidement que possible, des actions pour limiter les gaz à effet de serre, en premier lieu. « Chaque tonne de CO2 additionnelle contribue à un réchauffement additionnel, (et) chaque dixième de degré compte ». Comme il le rappelle, « le niveau d’action est très insuffisant, et la France n’est pas dans les clous ». Par ailleurs, outre l’atténuation, ils visent à rappeler aux députés qu’il convient de s’adapter aux effets du dérèglement. Qu’on ressent déjà. Il n’y a qu’à voir la période de canicule qu’on a traversée.

Les auteurs du Giec et les autres chercheurs tirent la sonnette d’alarme depuis longtemps dans leurs travaux. Autant de rapports qui sont « utiles s’ils sont lus », indique Christophe Cassou. « Le rôle d’un scientifique est de produire de la connaissance, mais aussi de la partager. »

Et c’est là que le bât blesse. « Nul n’est censé ignorer la loi, d’accord, mais nul n’est pas censé non plus ignorer les enjeux climatiques », note Matthieu Orphelin. Pourtant, selon l’Ademe, « en 2020, 21% des parlementaires français estimaient que le réchauffement climatique ne faisait pas l’objet d’un consensus scientifique », observe-t-il. Depuis longtemps, lui vise à mettre en relation le monde de la science et celui des politiques. Il avait notamment essayé de convaincre l’ancien président de l’Assemblée nationale Richard Ferrand de présenter, devant l’hémicycle en séance plénière, les principaux enseignements du dernier rapport du Giec. En vain, seule la commission du développement durable, avait organisé en 2021 cet exposé, si crucial.

« On vérifiera leur choix de vote »

« Le manque de connaissance est flagrant », observe aussi également Rémi Luglia, historien et membre de la société nationale de protection de la nature, présent à l’occasion. Lui entend rappeler aux élus qu’il est crucial de « renouer avec le vivant ». « On s’est déconnectés de la nature, à mesure que l’urbanisation a avancé, or, dit-il, elle nous rend d’innombrables services, sans compter le rôle des pollinisateurs« , par exemple. Rémi Luglia entend également rappeler qu’ils peuvent vraiment agir en votant les textes législatifs. Les leviers d’actions sont importants, et, poursuit-il, il est tout à fait possible de mettre en place « des initiatives peu coûteuses« . En particulier l’installation de zones humides, par exemple.


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« En France, le nombre de mares à chuté drastiquement. On en compte 600 000 en France contre plusieurs millions par le passé. Les zones humides, de toutes les tailles, permettent de lutter contre les inondations, de récupérer l’eau de pluie, elles servent d’abreuvoir pour les espèces… Créer une mare, c’est accueillir des libellules, des insectes et même des tritons…« 

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Le premier jour, seule une députée s’est présentée, Danielle Simonnet, élue à Paris (Nupes). On lui a rappelé notamment que, lors de la prochaine décennie, entre 2030 et 2040, il y aura « 23 jours de canicule par an contre 7 aujourd’hui ». D’autres élus devraient se pointer le 21 ou le 22 juin, en tout cas, tous l’espèrent. Et après ? Cela peut-il changer quelque chose ? « On aimerait que cela joue sur leur choix de votes, on vérifiera », assure Matthieu Orphelin, avec un léger sourire. « Au moins, si ce n’est pas le cas, on saura qu’il y a un manque de volonté d’agir, puisqu’ils auront suivi cette formation« , renchérit Léa Falco, membre du collectif Pour un réveil écologique. Une formation qui est nécessaire, mais « pas suffisante », reconnaît-elle. Matthieu Orphelin parlait du « début d’une aventure« . Rémi Luglia abonde dans ce sens : « Les députés pourront nous contacter. On restera à leur service, s’ils le souhaitent, sur tel ou tel thème. » En attendant, le Sénat a indiqué être intéressé... / Philippe Lesaffre

MAJ 22/6 : En trois jours, 154 députés (26,7 %) sont venus. Dans le détail, 80 élus Ensemble! (Agir, LREM, Horizons, Modem), 70 de l’ensemble Nupes (EELV, LFI, Génération.s, Génération Ecologie, PS, PCF), ainsi qu’un élu divers gauche, un élu divers droite, un LR, un RN.

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13.06.2022 à 15:52

Marc Mascetti : « 34 ans de ma vie de maraîcher se sont envolés »

Philippe Lesaffre

Après un incendie qui a ravagé son exploitation de maraîchage en région parisienne, Marc Mascetti a pu bénéficier d'un élan de solidarité remarquable de la part des familles qu'il nourrit

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Texte intégral (2874 mots)

« Je remercie tout ceux qui m’ont aidé » : après un incendie qui a ravagé son exploitation de maraîchage en région parisienne, Marc Mascetti a pu bénéficier d’un élan de solidarité remarquable de la part des familles qu’il nourrit. En quelques jours, il a récolté plus de 60 000 euros via deux cagnottes.

Marco, comme certains l’appellent, et son épouse Arlette, ont beaucoup perdu lors de l’incendie qui s’est déclenché à la mi-mai dernier dans leur exploitation à Marcoussis dans l’Essonne. Après 34 ans d’activité, Marc Mascetti a voulu dire stop, mais il a revu ses plans avec sa femme. C’est que le maraîcher bio, travaillant la terre sans pesticides, sans engrais ni irrigation, bénéficie d’un soutien sans faille de ses clients (notamment via la cagnotte en ligne Leetchi). Il trouve ça « dingue », lui qui estime « ne faire que (son) métier ».

«  Cela va être dur, mais on va tenir, on va continuer de nourrir les familles », explique-t-il dans un entretien accordé au Zéphyr, au cours duquel il revient aussi sur la situation globale de l’agriculture, en ces temps de changement climatique et de réchauffement de l’atmosphère. « On va droit dans le mur, lâche-t-il, en colère. Des événements graves vont se produire. »


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« 34 ans de ma vie se sont envolés »

Le Zéphyr : Votre hangar a pris feu à la mi-mai, que s’est-il passé ?

Marc : La nuit du 14 ou 15 mai, un peu après 2 heures du matin, un voisin m’a appelé pour me prévenir que le hangar de mon exploitation brûlait. Je suis sorti en courant pour aller voir. J’ai essayé de sauver quelque chose. En vain. J’ai tenté d’approcher les flammes. Mais j’ai failli y rester, j’ai pu ressortir via la sortie de secours. C’est 34 ans de ma vie qui se sont envolés. Dans le hangar, il y avait 2 tracteurs, 2 camions, le matériel, les chambres chaudes, les chambres froides, les graines. Il n’y a plus rien.

Savez-vous pourquoi le feu s’est déclaré ?

Pas du tout, les experts ne trouvent pas. Personne ne sait pourquoi, pour l’heure.

Lire aussi : « Les paysans nous rendent des services incroyables »: pourquoi il soutient l’agroécologie

Quelle a été votre réaction, au début ?

Le soir-même, j’ai voulu arrêter. Dire stop. Mais vu l’énorme élan de solidarité qui s’est déclenché dans la foulée, je me suis dit : « Non, on continue. » Les gens ne voulaient pas qu’on arrête.

Un élan de solidarité qui l’a requinqué

Des cagnottes en ligne ont été lancé rapidement, en effet…

Pendant la pandémie, on a nourri la Garde républicaine de la place Monge, à Paris, on préparait des paniers aux militaires. Et des amis que je nourris ont ouvert une cagnotte, sur Leetchi. On verra ce que cela donne, à la fin du mois de juin. Quelques jours après le lancement, on en est déjà à 47 000 euros (l’entretien au eu lieu vendredi 10 juin, en ce 13 juin, plus de 50 000 euros sont au compteur, ndlr). Aussi, le dimanche matin, le maire de la commune est venu me voir, il a lancé une deuxième cagnotte. 12 000 euros ont été récoltés d’ores et déjà par la commune (au moment de l’entretien, ndlr).

Combien d’argent avez-vous perdu ?

En tout, on a estimé les pertes à 290 000 euros dans le hangar. L’assurance va nous rembourser 80 000 euros. Tout ce qui n’est pas matériel roulant n’est pas remboursé. L’assurance rembourse les véhicules, la tondeuse et un élévateur.

L’élan de solidarité a dû vous toucher…

C’est dingue de voir tout ça ! On nous appelle pour nous remonter le moral. Et on s’est dit qu’on ne pouvait pas abandonner, il fallait qu’on reparte pour un tour. Cela va être dur ! Car, sans camion, comment vendre nos légumes aux marchés ? Une personne, dont le hangar avait aussi brûlé, m’a appelé le lundi matin, après le drame, pour me proposer un camion. Il me l’a prêté, et en plus il y avait le plein. Il m’a dit qu’il m’avait vu à la télé et que j’étais son idole. J’ai même eu la visite d’une personne en situation de handicap qui m’a assuré qu’elle pouvait m’apporter son aide, qu’elle pouvait se servir de ses bras.

« Dur de trouver du matériel en France »

La cagnotte dure jusqu’à fin juin. Quand toucherez-vous l’argent ? C’est urgent…

On a déjà touché 15 000 euros. On a racheté des caisses en plastique qu’on n’avait plus, pour stocker les légumes. Un camion, aussi. Et on a pu réparer les bineuses. Or, c’est difficile de trouver du matériel de maraîchage en France. On va faire de la route pour récupérer des caisses de seconde main ou encore une planteuse à poireaux, en Belgique. Car, ce n’est pas évident d’en trouver ici. On commande des biens, mais ça va prendre du temps avant qu’on reçoive tout. Or, en attendant, comment va-t-on s’y prendre ? On est handicapés, on ne peut pas travailler.

Mais le problème le plus important est ailleurs : ce sont les assurances. Cela n’avance pas.

« On risque de travailler une année pour du beurre »

C’est-à-dire ?

On n’a pas encore eu un centime, je ne comprends pas. Et du coup, on ne peut pas reconstruire le hangar. Il faut que ça aille plus vite : on me dit que cela va mettre six mois pour la reconstruction, mais c’est trop long… On va être dans la merde, cet été.

Car comment faire pour stocker les légumes ? On va recevoir les plants qu’on a commandés, sous peu. Cela va pourrir dans les champs… Et, en cas de gelées, un peu plus tard, comment mettre à l’abri la marchandise s’il n’y a pas d’abri ? Et, le matériel, je le range où si je n’ai pas de hangar ? Si je laisse le tout dehors, on va se le faire voler. Alors comment protéger tout ça ? Bref, en gros, on risque de travailler une année pour du beurre.

« Il faut travailler avec les insectes »

Vous n’utilisez pas de pesticides ni d’engrais. Cela vous paraît-il naturel ? Avez-vous eu un déclic ?

J’ai été malade, et mon père, quand il vendait à Rungis, traitait son exploitation. On ne pourra jamais prouver d’où vient le cancer que j’ai eu. Mais j’ai compris qu’il fallait « faire » autrement. Il faut travailler avec les insectes, sinon on va se tuer. Si on détruit la faune, on se détruit. Alors c’est logique ! Et, surtout, j’ai travaillé avec mon grand-père, et il m’expliquait que les produits chimiques n’existaient pas avant. Lui a fait sans.

Lire aussi : Bientôt, des cours d’écologie à l’école ?

Même l’eau, on ne s’en sert pas. On se débrouille autrement. L’agriculture, avec de l’eau, c’est de l’agriculture facile. Durant les années de sécheresse et de canicule, on a de plus beaux légumes que ceux qui irriguent. Par ailleurs, mes légumes et mes fruits ont plus de goûts que dans une exploitation en conventionnel. Ils recherchent davantage dans les profondeurs du sol pour se nourrir. Dans le conventionnel, c’est plus fade, car on donne aux légumes à boire et à manger, soit de l’eau et de l’engrais. Il n’y a aucun intérêt gustatif !


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« Les maraîchers ne comptent pas »

Néanmoins, l’agriculture conventionnelle est subventionnée par la PAC…

Les maraîchers n’existent pas, on compte pour du beurre. L’argent est touché par des industriels céréaliers. Or, ils ne produisent pas vraiment pour nourrir les gens. Il y en a qui spéculent. C’est une agriculture de fous. Pour moi, beaucoup de céréaliers ne sont pas de vrais paysans. J’arrive cependant à discuter avec certains. J’essaye de leur faire comprendre qu’ils ne travaillent plus leur terre, qu’ils la tuent avec l’engrais et les pesticides. D’ailleurs, ce n’est plus de la terre, c’est du substrat. Il faudrait faire des analyses du sol, il n’y a plus rien dedans, elle est inerte, il n’y a plus de matière organique, c’est une horreur. Et les rivières, c’est pareil. Elles sont polluées, et les pesticides en sont la cause !

De manière générale, on détruit la planète à cause de personnes qui veulent gagner de l’argent. Et on nous empoisonne !

Aider les jeunes à se lancer et ouvrir une exploitation

Que faire alors ?

Je veux retrouver l’agriculture qu’on avait dans le temps. Une agriculture des terroirs. Chaque région avait ses spécialités. A Paris, il y avait la ceinture verte, aujourd’hui, elle est plutôt jaune, avec le colza, le maïs. Les maraîchers n’y sont plus, ils ont disparu. C’est dommage ! La terre doit pourtant servir à nous nourrir !

Que faire, vous me demandez ? Les céréaliers ne doivent plus gagner du terrain, ils ne doivent plus étendre leur exploitation (souvent cela se passe comme ça quand ils récupèrent les terres d’un maraîcher, par exemple). Ils sont de plus en plus gros… Et ils ont trop d’argent de la part de la PAC. Cet argent devrait plutôt aider les jeunes à se lancer dans le maraîchage.

L’État, les régions, les départements pourraient récupérer de la terre de céréaliers. Il faut qu’on réussisse à attirer des jeunes pour qu’ils se lancent dans l’aventure et qu’ils puissent nourrir les Français, les habitants des communes, ceux des villes. Par exemple, on pourrait leur offrir deux hectares dans le but de les aider à ouvrir une exploitation. Mais cela ne se ne passe pas ainsi…

Les politiques ne font rien ! Et un agriculteur tous les deux jours se suicide… C’est dramatique pour beaucoup d’entre nous…

« Ils ne savent pas ce qu’ils mangent. Les tomates n’ont pas de goût, et elles sont empoisonnées »

On vous demande des fruits hors saison sur les marchés ? Que leur répondez-vous ?

Je leur dis : vous avez deux possibilités. Soit vous suivez les saisons, et vous me suivez. Soit vous allez acheter ailleurs. Cela ne me gêne pas qu’ils prennent des tomates en janvier. En revanche, ils ne savent pas ce qu’ils mangent. Les tomates n’ont pas de goût, et elles sont empoisonnées. Ce ne sont pas de bons produits. Tout ça va continuer, tant que certains continueront de produire des légumes empoisonnés à un prix dérisoire.

Il faut être patients, suivre les saisons. Ne pas être trop pressés.

« Les élèves venaient dans mes champs et goutaient à l’aveugle, j’adorais »

Faut-il sensibiliser à l’école ? Parler davantage d’alimentation ?

C’est ce que je faisais. J’adorais. On faisait venir des écoles. Des classes venaient dans les champs. J’ai vu des maîtresses qui ne savaient pas bien comment on faisait pousser les légumes. Je m’amusais à faire goûter aux élèves mes produits à l’aveugle. Ils aimaient ça, mais ça ne se fait plus, la faute au Covid-19. C’est plus dur de les faire sortir des écoles.

Le problème, c’est que, la nature, on ne la voit plus : on est scotchés sur nos téléphones (il se trouve que l’auteur de ces lignes passe une bonne partie des journées aussi devant les écrans, ndlr). Les enfants sont de moins en moins dehors, aussi. Le monde change.

Arlette passe à côté et prend la parole : Il faudrait également que les familles se remettent à cuisiner. Qu’elles prennent le temps de le faire, c’est important.

Marc : Cela, aussi, oui.

Arlette : C’est une organisation à trouver, je comprends aussi qu’une infirmière, qui revient chez elle après 12 heures de travail, n’ait pas envie de se mettre à cuisiner ou chercher des légumes.

« Le changement climatique ? Cela va être de plus en plus violent »

Le changement du climat, vous avez dû l’observer…

Le changement, je l’observe. Depuis 2007, surtout. Et hélas, tout cela va empirer, on fonce dans le mur. On avance vers les catastrophes. Pour le moment, ce qu’on vit, c’est léger. Les orages, les grêles… Je m’attends au pire, là c’est de la rigolade, presque ! Les sécheresses, les gros orages, on en a toujours eu. Mais ce sera de plus en plus violent, répétitif.

Dans les champs, je vois des minitornades ! Il y en a de plus en plus. Avant, dans le temps, on disait qu’elles annonçaient les orages. De plus en plus, elles se regroupent, et ainsi grossissent. Personne n’est prévenu, peu de monde s’en inquiètent. Là, on entend ici ou là qu’un village a vu des toitures s’envoler. Cela va devenir de plus en plus fréquent… Au début, des salades, des légumes vont s’envoler. Et puis, un jour, les caisses, les serres, les véhicules, puis les maisons. Les catastrophes vont être de plus en plus nombreuses chaque année. Ce n’est pas réjouissant ! / Propos recueillis par Philippe Lesaffre

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08.06.2022 à 09:41

« Carnets de campagne » : au plus près des candidats à la présidentielle, crayon à la main

Philippe Lesaffre

Peu de temps après la réélection d'Emmanuel Macron, les auteurs Louison, Dorothée de Monfreid, Kokopello, Mathieu Sapin, Lara, Morgan Navarro ont sorti un album de bande dessinée collectif, Carnets de campagne (Dargaud, Seuil)

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Texte intégral (846 mots)

Peu de temps après la réélection d’Emmanuel Macron, les auteurs Louison, Dorothée de Monfreid, Kokopello, Mathieu Sapin, Lara et Morgan Navarro ont sorti la bande dessinée Carnets de campagne (chez Dargaud, Seuil). Pendant plusieurs mois, ils et elles ont suivi (et croqué) les principaux postulants à la fonction suprême pour raconter cette présidentielle si spéciale. On l’a lu. Spoiler : c’est réussi !

Il nous avait confié qu’il souhaitait poursuivre l’aventure. Banco : après avoir suivi les députés pour son album Palais Bourbon, Kokopello, qui avait répondu à nos questions pour un ex-opus du Zéphyr (le n°9), a suivi la dernière campagne présidentielle. Cette fois, avec d’autres auteurs. Et non des moindres. Louison, Dorothée de Monfreid, Mathieu Sapin, Lara et Morgan Navarro ont participé à cette petite aventure. Pendant plusieurs semaines, Kokopello et ses ami.e.s ont suivi les péripéties et les déplacements d’Emmanuel Macron, de Jean-Luc Mélenchon, de Fabien Roussel, d’Anne Hidalgo, de Yannick Jadot, de Valérie Pécresse, de Jean Lassalle, de Marine Le Pen et d’Eric Zemmour.

Et on a plaisir à remonter le fil des événements, les meetings phares, ceux qui allaient tout changer et créer enfin une dynamique (ou pas), les petites phrases des uns, le doigt d’honneur des autres (« Ben voyons »), le salon de l’Agriculture, la célèbre cravate de Jadot, les galères des parrainages, les émissions télé qui fatiguent, les débats parfois inaudibles entre candidats. Mais surtout : la guerre en Ukraine, qui a rendu cette campagne si particulière, si mystérieuse, si imprévisible.

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Venez tester !

Des femmes et des hommes se mobilisent pour la planète, Le Zéphyr raconte leurs histoires

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Ils racontent, rendent compte avec humour

Au commencement, Emmanuel Macron ne s’est pas encore présenté, on n’a pas la liste de tous les prétendants, mais les auteurs, un crayon à la main et avec beaucoup d’autodérision, partent en campagne. Ils suivent les équipes des principaux postulants. On les retrouve dans des cafés, dans les coulisses d’un entretien télévisé, avant un grand meeting, sur la route loin de tout, en compagnie de militants parfois surmotivés, de responsables de communication ou de journalistes politiques, avec qui ils discutent, rient, attendent les candidats en retard, débriefent, commentent les sondages, s’interrogent sur le résultat final du premier tour.

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Ils bougent, ils rencontrent, ils rendent compte. Parfois, tout se passe comme prévu. Parfois, tout est remis en cause. Un virus qui débarque et, patatras, Dorothée, confinée, ne peut se rendre à la marche pour le climat. Un coup de fil de Mathieu Sapin, et, hop, Kokopello doit mettre fin à une conversation avec Jean Lassalle pour « rappliquer » à toute allure à Paris. Priorité au direct. Valérie Pécresse, que le dessinateur suit, s’apprête à débattre avec le candidat Reconquête. Oh joie !

Dans les pages, les dessinateurs se mettent en scène. Ils se retrouvent, échangent et se chambrent. Ils doutent, se questionnent, se moquent gentiment et discrètement. Ils nous le font savoir. Leur témoignage est précieux. Les planches, on les déguste, et, en terminant, on se demande : c’est quand, le prochain ? / Philippe Lesaffre

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