13.04.2026 à 10:16

"La démocratie a triomphé" en Hongrie, résume l'hebdomadaire allemand Die Zeit. Dimanche 12 avril, "le conservateur pro-européen Péter Magyar [a détrôné] le nationaliste Viktor Orbán" lors d'élections législatives particulièrement scrutées en Europe [Le Figaro]. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, "n'a attendu que 17 minutes pour se réjouir de la lourde […]
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"La démocratie a triomphé" en Hongrie, résume l'hebdomadaire allemand Die Zeit. Dimanche 12 avril, "le conservateur pro-européen Péter Magyar [a détrôné] le nationaliste Viktor Orbán" lors d'élections législatives particulièrement scrutées en Europe [Le Figaro].
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, "n'a attendu que 17 minutes pour se réjouir de la lourde défaite d'Orbán", relève Politico. "La Hongrie a choisi l'Europe. L'Europe a toujours choisi la Hongrie. L'Union s'en trouve renforcée", a réagi l'Allemande.
Les résultats sont sans appel. "Le parti de Péter Magyar, Tisza, a remporté plus de 53 % des voix, loin devant le Fidesz du Premier ministre, qui en décroche à peine 38 %. Tisza devrait obtenir 138 des 199 sièges du Parlement [contre 55 pour le Fidesz, ndlr], ce qui lui assure une supermajorité constitutionnelle", écrit Le Monde ce lundi matin. Et de souligner : "ce résultat est d'autant plus spectaculaire qu'il intervient après une participation record de près de 80 % des électeurs, du jamais-vu depuis la chute du communisme".
"Fidèle à sa réputation de ville libérale et fêtarde, Budapest a dansé et exulté jusqu'au bout de la nuit" à l'annonce des résultats [Le Monde]. Ces dernières semaines, le scrutin "s'était transformé en un vaste référendum pour M. Orbán et sa diplomatie prorusse", contraint de tirer "sa révérence après 16 ans au pouvoir" [Le Figaro].
"Concrètement, la Hongrie avait le choix entre l'autoritarisme et la démocratie, entre le regard tourné vers Moscou ou vers Bruxelles. Un enjeu crucial, qui s'est avéré mobilisateur", analyse l'envoyée spéciale du Temps à Budapest, Valérie de Graffenried. "Les urnes ont parlé : la majorité des Hongrois ne veulent plus de la 'démocratie illibérale' revendiquée par Viktor Orbán, plus des affaires de connivences avec la Russie".
Celui qui briguait un cinquième mandat consécutif (le sixième au total) n'a pas tardé à "appeler Magyar pour le féliciter de sa victoire. Il s'est ensuite présenté devant ses partisans pour reconnaître sa 'douloureuse' défaite", souligne El País. "Un résultat déterminant non seulement pour la Hongrie, mais aussi pour l'ensemble de l'Union européenne", poursuit le quotidien espagnol.
Le départ d'Orbán "sera un immense soulagement pour l'UE, dont il a mis en évidence et exploité les faiblesses systémiques pendant des années, notamment en aidant récemment [Vladimir] Poutine à bloquer une aide européenne de 90 milliards d'euros destinée à l'Ukraine", écrit Politico dans un autre article. "Péter Magyar n'a pas précisé s'il lèverait le veto hongrois sur cette aide financière à l’Ukraine, mais il a évoqué de manière plus générale, dimanche soir, la nécessité de clarifier les 'questions en suspens' avec les voisins européens", ajoute le média européen.
Pour rappel, "le prêt à l'Ukraine est bloqué depuis des mois en raison d'un différend entre le président ukrainien Volodymyr Zelenskyy et Viktor Orbán au sujet de l'oléoduc Droujba, que la Hongrie accuse Kiev de refuser de réparer après qu'il a été endommagé lors d'une attaque russe" [Politico].
De manière générale, "les dirigeants de l'UE se réjouissent de la victoire de Péter Magyar" [The Guardian], eurodéputé rattaché au groupe du Parti populaire européen. "Les félicitations affluent de toute l'Union européenne, les dirigeants d'Espagne, de Pologne, de France, de Grande-Bretagne, du Danemark, de Roumanie, de Suède et d'ailleurs saluant l'ouverture d'un nouveau chapitre". "La défaite de Viktor Orbán est au contraire une mauvaise nouvelle pour la Russie, qui comptait [notamment] sur Budapest pour bloquer ou ralentir les sanctions contre le Kremlin" [Les Echos].
Selon Die Zeit, ces élections marquent un tournant. "Une nouvelle ère s'ouvre pour les Hongrois, qui offrent à l'Europe un cadeau inestimable. Il est temps à présent d'en tirer pleinement parti".
Fraîchement élu, Péter Magyar s'est exprimé dans le centre de Budapest devant des milliers de partisans : "la Hongrie sera à nouveau un allié solide représentant les intérêts hongrois, car la place de notre pays est en Europe", a-t-il prononcé [Euronews], "donnant le ton de la nouvelle législature". "Avec plus des deux tiers des députés, la nouvelle majorité devrait avoir les mains libres pour modifier la Constitution. Cette dernière a été systématiquement réformée, ces dernières années, pour favoriser le parti de Viktor Orbán", observent Les Échos.
Si l'identité du vainqueur ne "fait guère de doute" [hvg 360], le résultat du scrutin n'est pas définitif. "Les votes des électeurs ayant changé de circonscription et ceux déposés dans les bureaux de vote à l'étranger puis rapatriés ne seront comptabilisés que le 18 avril. Dans les circonscriptions individuelles où les résultats sont serrés, cela pourrait même […] modifier quelques sièges sur les 199", précise le média hongrois. Il faudra ensuite "épuiser toutes les voies de recours, les résultats de chaque circonscription pouvant être contestés".
Il n'empêche. "Cette élection a remodelé l'intégralité de l'élite politique, analyse Rudolf Metz, chercheur en sciences politiques à l'université ELTE de Budapest", dans les colonnes des Échos. "Il n'y a jamais eu autant de nouveaux députés entrant au Parlement depuis 1990".
L'avenir dira si Péter Magyar propose une réelle politique de rupture avec son prédécesseur, notamment sur l'état de droit ou la question des minorités. Une chose est néanmoins certaine, selon Le Monde : "avec la victoire de Péter Magyar, Budapest va désormais perdre son statut de phare de l'internationale réactionnaire, que Viktor Orbán avait patiemment bâti à coups de groupes de réflexion et d'invitations de figures de l'extrême droite mondiale".
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10.04.2026 à 12:04

"Une 'taupe' au sein de l'UE", alerte 20 Minutes. "La Commission européenne a réclamé jeudi [9 avril] dans les 'plus brefs délais' des explications à la Hongrie, après des informations faisant état de conversations téléphoniques avec la Russie au sujet de documents internes de l’Union européenne", détaille Le Devoir. "Depuis quelques jours, des médias révèlent des […]
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"Une 'taupe' au sein de l'UE", alerte 20 Minutes. "La Commission européenne a réclamé jeudi [9 avril] dans les 'plus brefs délais' des explications à la Hongrie, après des informations faisant état de conversations téléphoniques avec la Russie au sujet de documents internes de l’Union européenne", détaille Le Devoir.
"Depuis quelques jours, des médias révèlent des conversations téléphoniques qui attestent du soutien apporté par le ministre hongrois des Affaires étrangères, Péter Szijjártó, à son homologue russe, Sergueï Lavrov, quand il siège à Bruxelles", écrit Le Parisien. "Ils ont publié une conversation téléphonique entre les deux hommes datant de juillet 2024 et dans laquelle le Hongrois assure au Russe qu’il va 'immédiatement' lui transmettre un document concernant les négociations d’adhésion de l’Ukraine à l’UE", rapporte 20 Minutes.
Le consortium de médias "composé de The Insider, Vsquare et Delfi" ainsi que le "Washington Post avant lui" [Le Parisien] avaient déjà fait des révélations sur ce sujet. "[Les médias ont] affirmé le mois dernier que le ministre hongrois des Affaires étrangères, Péter Szijjártó, avait fourni à Moscou un accès 'direct' à des 'informations stratégiques sur des questions cruciales'", relate la chaîne de télévision et de radio nationale irlandaise RTÉ. Selon les médias, le chef de la diplomatie hongroise a notamment "agi à la demande de Sergueï Lavrov pour obtenir la radiation de la sœur du milliardaire russe Alicher Ousmanov des listes de sanctions de l’Union européenne" [Le Parisien].
Ces révélations ont provoqué de vives réactions au sein de l'Union européenne. "Ursula von der Leyen prévoit de soulever la question des allégations de fuites d'informations de la Hongrie vers la Russie au plus haut niveau de la direction européenne", a annoncé Paula Pinho, porte-parole de la Commission européenne [Euronews]. "Ces informations sont 'extrêmement préoccupantes' avec la 'possibilité alarmante qu'un gouvernement d'un État membre ait coordonné ses actions avec la Russie […] contre la sécurité et les intérêts de l'Union européenne'", a-t-elle ajouté, selon France info. "L'implication directe de la présidente de la Commission européenne met en lumière l'indignation et le malaise généralisés suscités par les liens exceptionnellement étroits de Budapest avec Moscou, de plus en plus perçus comme une menace pour la sécurité intérieure", estime Euronews.
À la suite des premières révélations le mois dernier, la Hongrie avait tout de suite réagi. "Péter Szijjártó avait nié ces affirmations, évoquant des 'fake news', ainsi qu’un 'très grand scandale'. Il avait aussi fustigé 'l’interception de ses appels par des services secrets étrangers, qui les ont rendus publics', estimant que c’était 'dans l’intérêt de l’Ukraine'", rappelle Le Parisien. En plus de "Bruxelles", le gouvernement de Viktor Orbán a fait de "Kiev" l'une de ses cibles préférées ces dernières semaines, maintenant son veto sur un prêt exceptionnel de 90 milliards d'euros destiné à l'Ukraine et s'opposant à l'ouverture de toute nouvelle étape dans le processus d'adhésion du pays à l'UE.
Face aux nouvelles révélations, Péter Szijjártó a choisi une autre stratégie. Le ministre hongrois "n'a pas nié le contenu des révélations. Il a en revanche présenté le flot de témoignages comme une tentative clandestine d'ingérence dans les élections du 12 avril", raconte Euronews. Dimanche, les Hongrois sont appelés aux urnes pour des élections législatives sous tensions. Le Premier ministre actuel, Viktor Orbán pourrait briguer un cinquième mandat, mais son opposant conservateur Péter Magyar est en tête dans les sondages.
Par ailleurs d'autres scandales sous-jacents entourent cette élection. "Durant l’été 2025, révèle le média d’investigation Direkt36, les services secrets hongrois ont tenté de 'paralyser les systèmes informatiques du parti Tisza' de l’opposant Peter Magyar et des policiers ont 'effectué une descente sur de fausses accusations' de pédopornographie 'chez deux informaticiens proches du parti qui avaient programmé de divulguer cette affaire'", expliquait Courrier international fin mars.
"Des eurodéputés s'inquiètent d'une possible ingérence russe dans les élections hongroises", note The Guardian. Un groupe de parlementaires transpartisan "souhaite une évaluation urgente 'avant et immédiatement après' le jour du scrutin, afin de déterminer si les conditions d'une concurrence libre et loyale sont compromises par la désinformation, la manipulation étrangère, le détournement des ressources de l'État", ajoute le quotidien britannique.
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09.04.2026 à 13:35

"Mark Rutte est arrivé discrètement en milieu d'après-midi et en est reparti tout aussi discrètement deux heures et demie plus tard", souligne la chaîne d'information BFM TV. Prévue "de longue date" selon un responsable de l'Alliance atlantique, la rencontre entre le secrétaire général de l'Otan et le président américain ce mercredi visait à "tirer parti […]
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"Mark Rutte est arrivé discrètement en milieu d'après-midi et en est reparti tout aussi discrètement deux heures et demie plus tard", souligne la chaîne d'information BFM TV. Prévue "de longue date" selon un responsable de l'Alliance atlantique, la rencontre entre le secrétaire général de l'Otan et le président américain ce mercredi visait à "tirer parti du succès du sommet de l'Otan à La Haye" l'an dernier. Les pays membres s'y étaient engagés, sous la pression de Donald Trump, à augmenter fortement leurs dépenses militaires.
Or dans le nouveau contexte de la guerre au Moyen-Orient, ce dernier a réitéré ses critiques vis-à-vis des alliés européens. "L'Otan n'était pas là quand nous avions besoin d'eux, et ils ne seront pas là si nous avons de nouveau besoin d'eux. Rappelez-vous du Groenland, ce gros morceau de glace mal géré", a-t-il écrit sur sa plateforme Truth Social dans la soirée [RFI]. Le milliardaire avait notamment réclamé l'aide des Européens pour sécuriser le stratégique détroit d'Ormuz, bloqué par l'Iran en réponse aux attaques israélo-américaines depuis le 28 février.
En amont de la rencontre, la porte-parole de la Maison-Blanche Karoline Leavitt avait déclaré que les Européens "ont été mis à l'épreuve, et ils ont échoué", citant directement le président [France 24]. "J'ajouterais qu'il est assez triste que l'Otan ait tourné le dos aux Américains au cours des six dernières semaines, quand ce sont les Américains qui financent leur défense".
Interrogée sur la perspective d'un retrait américain de l'Otan, dont Donald Trump menace les Européens depuis des mois, Karoline Leavitt a confirmé que "[c'est] quelque chose dont [il] discute et je pense qu’il en discutera tout à l’heure avec le secrétaire général" [Le Monde]. Selon le Wall Street Journal, l'administration Trump réfléchirait notamment à "retirer des troupes américaines" stationnées dans des pays qui n'ont pas soutenu l'offensive militaire contre l'Iran, pour les déplacer "vers des pays jugés plus coopératifs".
Le secrétaire général de l'Otan a également rencontré le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio. D'après un communiqué du département d'État américain, leurs discussions "ont porté sur les opérations militaires contre l’Iran, la guerre en Ukraine et le renforcement de la coordination et du 'transfert de charges' avec les alliés de l’Otan", résume Le Devoir.
Interrogé sur la chaîne CNN à l'issue de son entrevue, Mark Rutte s'est quant à lui livré à un "exercice d'équilibriste" [BFM TV] pour ne pas froisser les Américains sans causer de tort aux Européens. Au journaliste lui demandant si les pays de l'Otan avaient failli à leur mission dans la guerre au Moyen-Orient, le Néerlandais a répondu : "Quelques-uns, oui, mais une large majorité de pays européens, et c’est ce dont nous avons discuté aujourd’hui, ont fait ce qu’ils avaient promis" [La Presse].
Également questionné pour savoir si le monde était plus sûr aujourd'hui qu'avant le début de la guerre, Mark Rutte a affirmé : "Absolument, parce que - et c'est grâce au leadership du président Trump - il est très, très important de dégrader [les capacités militaires de l'Iran]" [BFM TV].
Mais "la 'daddy diplomacy' de [Mark] Rutte s’essouffle, même après le recul de Trump sur l’Iran", estime Euractiv. En effet, "cet exercice est devenu particulièrement difficile avec le lancement des frappes américano-israéliennes contre l'Iran fin février, en raison de la frustration du président américain face à ce qu'il considère comme une dérobade des Européens en Iran", poursuit RFI. Et ce bien que Mark Rutte soit toujours perçu par le locataire de la Maison-Blanche comme "un type formidable, génial" [Le Soir].
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