La plage où est organisé en ce premier week-end d'avril le "Barkfest" - un festival du ouaf - est pleine.
Des chiens s'ébrouent en sortant de la mer devant les transats matelassés, paradent pour les concours, posent pour la photo devant une machine soufflant des bulles de savon. D'autres cavalent entre les stands vendant croquettes, mini casquettes et lunettes de soleil adaptées à leur museau.
Un jet-ski passe au loin.
"Pour l'instant tout va bien", assure Poppy, Britannique de 27 ans qui travaille dans l'import-export de faux cils et n'a pas souhaité donner son nom de famille.
Elle est ici avec son conjoint, coach sportif sur internet tatoué du cou aux poignets, et l'un de leurs bouledogues français. L'autre souffre d'une otite et a dû rester à la maison, explique la jeune femme, legging sculptant et brassière.
"Bruits entendus"
Pour maintenir les Emirats arabes unis dans cette bulle et faire oublier les attaques quotidiennes, les autorités ont mis les moyens.
D'abord en matière de défense: la plupart des 2.191 drones et 531 missiles tirés par l'Iran depuis fin février ont été interceptés selon les chiffres officiels. Les débris de projectiles ont toutefois fait 10 morts dans le pays.
Mais aussi pour préserver l'impression de normalité. Si les habitants aperçoivent encore parfois un missile dans le ciel, une colonne de fumée au loin ou des vitres brisées, les photos ne circulent plus sur les réseaux sociaux depuis que plusieurs personnes ont été arrêtées.
"Réfléchissez avant de partager. Diffuser des rumeurs est un crime" puni d'au moins 200.000 dirhams (47.000 euros) d'amende et deux ans de prison, prévient la police de Dubaï sur X. Un autre post encourage à être "l'oeil" des forces de l'ordre en rapportant les "comportements ou actions négatives qui menacent la sécurité de la communauté".
Sur X aussi, les autorités relatent les "incidents", préviennent que les "bruits entendus" - jamais des "explosions" - sont le résultat d'interceptions réussies.
"J'en profite encore plus"
Installée sur un transat avec Barbie et Claudia, ses deux jeunes chiennes sans poil du Pérou protégées du soleil par des t-shirt anti-UV, Maria est "ravie" que ces événements continuent à être organisés.
Malgré "la situation", comme tout le monde ici appelle la guerre.
"C'est très sûr dans ce pays", "plus qu'à Londres" où elle habitait avant, même en ce moment, soutient cette Lettone de 35 ans dirigeant une clinique de fertilité, qui reprend l'argumentaire de beaucoup d'expatriés restés à Dubaï.
Certains pourtant, notamment les résidents avec enfants, continuent de quitter la ville. Ou parfois leur quartier, au gré d'avertissements iraniens conseillant les voisins de telle ou telle entreprise américaine de s'en éloigner.
Pendant le Barkfest, aucune des alertes stridentes qui font sonner quotidiennement les téléphones pour prévenir de "menaces potentielles de missiles" n'est venue troubler l'événement.
Et Sarah, 40 ans, en robe longue, lunettes noires et chapeau de paille, assure que le conflit qui a fait des dizaines de morts dans le Golfe n'affecte en rien son mode de vie - voire l'améliore.
Comme tous ici, celle qui vit à Dubaï en hiver et en Allemagne en été a remarqué que la ville s'est vidée.
Sans les embouteillages et lieux bondés de touristes, avec les promos de commerces et restaurants qui désespèrent d'attirer les clients, "j'en profite encore plus", sourit Sarah, ses deux caniches nains dans les bras.
Texte intégral (592 mots)
La plage où est organisé en ce premier week-end d'avril le "Barkfest" - un festival du ouaf - est pleine.
Des chiens s'ébrouent en sortant de la mer devant les transats matelassés, paradent pour les concours, posent pour la photo devant une machine soufflant des bulles de savon. D'autres cavalent entre les stands vendant croquettes, mini casquettes et lunettes de soleil adaptées à leur museau.
Un jet-ski passe au loin.
"Pour l'instant tout va bien", assure Poppy, Britannique de 27 ans qui travaille dans l'import-export de faux cils et n'a pas souhaité donner son nom de famille.
Elle est ici avec son conjoint, coach sportif sur internet tatoué du cou aux poignets, et l'un de leurs bouledogues français. L'autre souffre d'une otite et a dû rester à la maison, explique la jeune femme, legging sculptant et brassière.
"Bruits entendus"
Pour maintenir les Emirats arabes unis dans cette bulle et faire oublier les attaques quotidiennes, les autorités ont mis les moyens.
D'abord en matière de défense: la plupart des 2.191 drones et 531 missiles tirés par l'Iran depuis fin février ont été interceptés selon les chiffres officiels. Les débris de projectiles ont toutefois fait 10 morts dans le pays.
Mais aussi pour préserver l'impression de normalité. Si les habitants aperçoivent encore parfois un missile dans le ciel, une colonne de fumée au loin ou des vitres brisées, les photos ne circulent plus sur les réseaux sociaux depuis que plusieurs personnes ont été arrêtées.
"Réfléchissez avant de partager. Diffuser des rumeurs est un crime" puni d'au moins 200.000 dirhams (47.000 euros) d'amende et deux ans de prison, prévient la police de Dubaï sur X. Un autre post encourage à être "l'oeil" des forces de l'ordre en rapportant les "comportements ou actions négatives qui menacent la sécurité de la communauté".
Sur X aussi, les autorités relatent les "incidents", préviennent que les "bruits entendus" - jamais des "explosions" - sont le résultat d'interceptions réussies.
"J'en profite encore plus"
Installée sur un transat avec Barbie et Claudia, ses deux jeunes chiennes sans poil du Pérou protégées du soleil par des t-shirt anti-UV, Maria est "ravie" que ces événements continuent à être organisés.
Malgré "la situation", comme tout le monde ici appelle la guerre.
"C'est très sûr dans ce pays", "plus qu'à Londres" où elle habitait avant, même en ce moment, soutient cette Lettone de 35 ans dirigeant une clinique de fertilité, qui reprend l'argumentaire de beaucoup d'expatriés restés à Dubaï.
Certains pourtant, notamment les résidents avec enfants, continuent de quitter la ville. Ou parfois leur quartier, au gré d'avertissements iraniens conseillant les voisins de telle ou telle entreprise américaine de s'en éloigner.
Pendant le Barkfest, aucune des alertes stridentes qui font sonner quotidiennement les téléphones pour prévenir de "menaces potentielles de missiles" n'est venue troubler l'événement.
Et Sarah, 40 ans, en robe longue, lunettes noires et chapeau de paille, assure que le conflit qui a fait des dizaines de morts dans le Golfe n'affecte en rien son mode de vie - voire l'améliore.
Comme tous ici, celle qui vit à Dubaï en hiver et en Allemagne en été a remarqué que la ville s'est vidée.
Sans les embouteillages et lieux bondés de touristes, avec les promos de commerces et restaurants qui désespèrent d'attirer les clients, "j'en profite encore plus", sourit Sarah, ses deux caniches nains dans les bras.