L'un des mieux placés dans les sondages pour représenter le camp social-démocrate (autour de 11% des intentions de vote), il dévoile, dans "Nous avons encore envie", de premières propositions, sans jamais vraiment entrer dans les détails : un "nouveau contrat patriotique", une "convention citoyenne sur l'immigration" et "l'instauration d'un service civique obligatoire".
A l’heure où le PS est bloqué dans des négociations internes sur la désignation du candidat pour 2027, Raphaël Glucksmann entend aussi enterrer définitivement l'idée d'une primaire de la gauche défendue par le premier secrétaire Olivier Faure et la cheffe des Ecologistes Marine Tondelier.
Mais le patron du parti Place publique ne dispose pas d'une structure suffisante pour appuyer sa future candidature. Il va donc devoir convaincre une partie des socialistes et des déçus de la macronie de se ranger derrière lui.
Au sein de l'arc social-démocrate, il doit aussi faire face à la concurrence de l'ex-président François Hollande, en embuscade, alors que le leader de LFI Jean-Luc Mélenchon est désormais crédité de 16% des intentions de vote.
En attendant, dans son livre, l'eurodéputé, très identifié sur la défense de l'Ukraine et de l'Europe, présente ses priorités pour le pays.
Celui qui dit vouloir reprendre le drapeau français des mains de l'extrême droite considère que la gauche doit proposer un "nouveau contrat patriotique" pour "rendre à la France sa puissance" et "redonner aux Français la maîtrise de leur destin".
Il égrène une série de propositions, dont certaines ne devraient pas plaire à la totalité de son camp. Mais il le revendique: "je ne parle pas ici de la gauche à la gauche, mais de la France aux Français".
Il propose ainsi l'instauration d'un service civique obligatoire, de 10 mois.
Sans détailler, il entend aussi faire de la sécurité "un axe majeur" de sa campagne, jugeant qu'elle n'est "pas un thème de droite".
Le fils du philosophe André Glucksmann veut également mettre en place une "convention citoyenne sur l'immigration", pour ne pas "fuir le débat migratoire".
"Non, l'immigration zéro n'est ni souhaitable, ni possible. Et non, s'installer en France n'est pas un droit universel", plaide-t-il.
"Nouveau contrat social et fiscal"
Autre proposition, la création d'un "+passeport pour l'émancipation+ garantissant à chaque enfant de partir en séjour collectif", à l'image des colonies de vacances, mises à mal par le désengagement de l'Etat et des collectivités.
Souvent accusé de parisianisme et de déconnexion, le compagnon de la journaliste Léa Salamé s'est vu reprocher récemment la parution d'une note d'un de ses conseillers, lui proposant d'"éviter" certaines cibles électorales comme les banlieues, les faibles revenus et les jeunes. Bien qu'il l'ait renié, ce document risque de conforter l'image d'un homme apte à cultiver un électorat aisé et diplômé.
Lui assure vouloir reparler à "la France des pavillons", dont la gauche "ne cherche plus à comprendre (les) besoins et (les) aspirations, (les) angoisses et (les) désirs".
Érigeant l'école publique parmi ses priorités, il promet de "revaloriser de façon substantielle le salaire des enseignants" et d'"augment(er) le nombre de personnels faisant face aux élèves" tout en diminuant les postes administratifs.
Défenseur de la taxe Zucman sur les hauts patrimoines, il prône aussi un "nouveau contrat social et fiscal favorable aux travailleurs" et un rééquilibrage de la "taxation entre le travail, le capital, la retraite et l'héritage".
Il ne donne pas davantage de détails sur le sujet abrasif des retraites, se contentant de promettre une "réforme juste et ambitieuse" qui prenne en compte les "bouleversements démographiques" et la "pénibilité".
Enfin, déplorant le "renoncement" des dirigeants qui ont laissé "nos joyaux industriels disparaître les uns après les autres", il défend une "nouvelle révolution industrielle française" fondée sur la "transformation écologique".
Prochain rendez-vous pour parachever sa rampe de lancement pour 2027: un meeting aux Docks d’Aubervilliers, près de Paris, le 13 juin.