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01.08.2026 à 07:35

FRANCE24
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Les désaccords sur ce qui s'est passé et sur qui porte la responsabilité de ces massacres de Volhynie assombrissent depuis longtemps les liens entre ces deux voisins par ailleurs proches. Entre 1943 et 1945, quelque 70.000 à 100.000 civils ont été tués par l'Armée insurrectionnelle ukrainienne (UPA) sur un territoire occupé par l'Allemagne nazie, selon la partie polonaise. Varsovie parle de "génocide" contre la minorité polonaise, tandis que l'Ukraine, qui célèbre l'UPA comme des combattants de la liberté, considère ces événements comme une "tragédie" en temps de guerre et souligne que des Ukrainiens ont été tués en représailles. "Nous voulons restituer leurs noms et prénoms (…) pour remplir le devoir qui nous incombe en tant qu'héritiers de ceux qui ont été assassinés ici", a déclaré à la presse Karol Polejowski, vice-président de la direction de l'Institut polonais de la mémoire nationale (IPN), présent sur le site de travaux. Les restes de plus de 50 personnes ont été retrouvés lors d'une série d'exhumations menées dans la région, mais ils n'ont pas encore été identifiés. Une croix en bois de bouleau faite à la main, plantée près des tombes, est l'un des rares signes que ces villages ont jamais existé. Les dirigeants politiques des deux pays estiment que les exhumations peuvent constituer une première étape pour rétablir les relations, qui se sont tendues cette année à la suite d'une polémique déclenchée lorsque le président ukrainien Volodymyr Zelensky a donné à une unité militaire le nom de l'UPA. - "Population civile" - Sous une tente blanche, plantée à une dizaine de kilomètres de la frontière polonaise, des experts étalent méticuleusement les squelettes des victimes, mesurent les os et s'emploient avec soin à associer les fragments de crânes brisés. Un petit nombre d'autres artefacts – chapelets, médailles religieuses et chaussures – ont également été mis au jour. "Les restes étaient disposés de manière extrêmement désordonnée. La plupart des corps avaient été amenés à la fosse d'inhumation et simplement jetés dedans", a déclaré sur place à l'AFP Olga Mineiko, anthropologue au Centre ukrainien de la mémoire et de la recherche. Les victimes ont été "conduites pieds nus et sans effets personnels vers le champ de la mort", a déclaré M. Polejowski. Le matériel génétique est recueilli, et l'IPN appelle les Polonais qui pensent avoir perdu des proches lors du massacre à fournir leur ADN afin d'aider à trouver des correspondances. Des spécialistes médico-légaux et des anthropologues examineront également les ossements pour déterminer l'âge approximatif, le sexe et la cause de la mort de chacun d'eux. On estime qu'entre 30 à 40% des 50 corps découverts jusqu'à présent sur le site étaient des enfants, selon M. Polejowski. - Querelle diplomatique - Les massacres sont un sujet récurrent de discorde entre Varsovie et Kiev. L'UPA était une organisation paramilitaire liée au mouvement indépendantiste ukrainien qui combattait l'Armée rouge soviétique. Mais elle a parfois collaboré avec les nazis, s'est heurtée à la résistance polonaise et a tué des Polonais, des Juifs et d'autres civils. Depuis l'invasion de la Russie en 2022, l'UPA est honorée en Ukraine comme une force qui a combattu pour l'indépendance vis-à-vis de Moscou à l'époque de l'Union soviétique. Kiev a insisté sur le fait que le choix, par M. Zelensky, de ce nom pour une unité militaire n'était pas dirigé contre Varsovie. Mais, en guise de représailles, le président nationaliste polonais Karol Nawrocki lui a retiré la plus haute distinction nationale. En Pologne, la question est devenue encore plus politisée, les partis nationalistes et d'extrême droite cherchant à galvaniser leur base avant les élections législatives de l'an prochain – dans le cadre d'une campagne visant à attiser le sentiment anti‑ukrainien. La Pologne accueille des centaines de milliers de réfugiés ukrainiens – et le rejet de leur présence s'est fortement accru durant une campagne présidentielle particulièrement clivante l'an dernier, remportée par M. Nawrocki. La Pologne reste le principal centre de transit des livraisons d'aide militaire et humanitaire à l'Ukraine, et le gouvernement pro-européen du Premier ministre Donald Tusk a appelé à plusieurs reprises à une désescalade. Varsovie a salué les efforts de Zelensky pour apaiser les tensions, notamment la promesse d'ouvrir des documents de renseignement classifiés. Alors que Tusk et Zelensky tentent désormais d'enterrer la hache de guerre, dans les champs ukrainiens proches de la frontière polonaise, des préparatifs sont en cours pour offrir, fin août, une véritable cérémonie d'adieu à ceux qui y ont été découverts. "Nous voulons qu'ils soient enterrés ici, là où ils ont vécu, où chacun d'eux avait ses rêves et ses projets, et souhaitait que sa vie s'y déroule, a déclaré M. Polejowski, c'est dans cette terre qu'ils doivent reposer".

01.08.2026 à 07:27

FRANCE24
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"Les médias ont compris que la seule issue positive était de s'opposer au président et de défendre leurs journalistes et leurs rédactions", remarque Ken Paulson, directeur du centre de la liberté d'expression de la Middle Tennessee State University. Le ministère de la Justice a annulé fin juillet les citations à comparaître de journalistes du New York Times, auteurs d'articles sur la sécurité du nouvel avion présidentiel, après qu'un juge fédéral a dénoncé le travail juridique bâclé de l'administration et estimé qu'elle enfreignait les protections accordées aux journalistes et à leurs sources. Des procédures en diffamation visant le New York Times pour des articles et un livre — sur l'origine de la fortune du milliardaire — et le Wall Street Journal — pour un article sur une lettre salace adressée à Jeffrey Epstein — peinent par ailleurs à progresser. "Si vous êtes prêt à tenir tête à Donald Trump, vous vous en sortirez probablement plutôt bien devant les tribunaux, compte tenu du manque de fondement des actions en justice qu'il a engagées", observe Dan Kennedy, professeur de journalisme à l'université Northeastern de Boston. "Pas une assurance" Les procédures impliquant ABC, poursuivie en diffamation pour des propos sur une condamnation au civil de Donald Trump dans une affaire d'agression sexuelle, et CBS, accusé d'avoir trompé ses téléspectateurs en diffusant des extraits différents d'une même réponse de la candidate démocrate à la présidentielle de 2024 Kamala Harris, se sont terminées en décembre 2024 et juillet 2025 par la promesse de verser respectivement 15 et 16 millions de dollars. Mais la plupart des juristes s'accordent à dire que la justice aurait débouté le président américain et son gouvernement dans ces dossiers. La maison mère de CBS, Paramount Global, qui cherchait à obtenir le feu vert réglementaire pour sa fusion avec Skydance, et le réseau ABC, appartenant au groupe Disney, ont conclu ces accords "pour des raisons commerciales", estime Dan Kennedy. "Mais cela n'est absolument pas une assurance pour le futur, comme ABC l'a constaté", rebondit Ken Paulson. Ayant décidé de maintenir à l'antenne l'animateur de talk-show Jimmy Kimmel, critique du président américain et de la sphère MAGA, et de ne pas diffuser en direct un discours de Donald Trump sur de supposées fraudes électorales, le réseau est menacé de voir certaines des licences de ses chaînes locales révoquées. Dans une autre affaire, la BBC, à laquelle le président américain réclame 10 milliards de dollars pour un montage vidéo de l'un de ses discours jugé trompeur, a adopté une stratégie que les experts voient prendre de l'ampleur: lui demander de produire des documents financiers afin de chiffrer les dommages subis. "C'est de loin le plus important facteur de dissuasion pour un homme qui a constamment résisté aux tentatives d'examiner son empire et sa situation financière", commente Ken Paulson. "Discréditer les médias" Le véritable objectif du président américain n'est toutefois pas de gagner ces procès, s'accordent les experts. "Si l'on remonte au début de sa carrière politique, discréditer les médias d'information et se présenter lui-même comme la seule source fiable d'informations, du moins aux yeux de ses partisans, a toujours été au coeur de sa stratégie", retrace Dan Kennedy. "Il y parvient en les insultant, en les traitant de +fake news+, en les qualifiant d'+ennemis du peuple+, et en intentant des procès", poursuit-il. "Lui et ses avocats n'ont absolument aucune illusion quant à leurs chances de l'emporter un jour devant un tribunal. Mais cela peut prendre des années et coûter des millions de dollars, et Trump, fort de son expérience dans les affaires, sait que s'il exerce suffisamment de pression, quelqu'un finira par signer un chèque", ajoute Ken Paulson. Dan Kennedy s'inquiète davantage d'une éventuelle offensive contre l'arrêt de la Cour suprême protégeant les journaux contre les poursuites pour diffamation par des responsables publics sauf si une "malveillance réelle" est prouvée. "Heureusement, rien n'indique que la Cour suprême soit disposée à envisager cette idée", note-t-il.

01.08.2026 à 07:21

FRANCE24
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Le week-end dernier, les maîtres-nageurs du comté de Los Angeles ont réalisé 1.950 sauvetages, un record historique. Des chiffres "stupéfiants", confie à l'AFP le capitaine Pono Barnes, sur la plage de Manhattan Beach. "Pour mettre cela en perspective, lors d'un week-end d'été très fréquenté, on compte généralement environ 300 sauvetages, voire 500 dans les cas les plus extrêmes." Depuis le début du mois de juillet, la Californie souffre de vagues de chaleur à répétition. Le mercure oscille régulièrement entre 30 et 35 degrés à Los Angeles, pendant que l'intérieur des terres suffoque parfois sous plus de 40°C. Pas de quoi battre des records, mais la chaleur est anormalement humide et plus difficile à supporter, à cause de la canicule marine qui frappe l'océan Pacifique depuis six mois. Résultat, les Californiens se ruent sur les plages pour se rafraîchir, au plus mauvais moment: de fortes houles tropicales, créées par les ouragans Elida, Fausto et Geneviève au large du Mexique, frappent les côtes depuis deux semaines. Sur de nombreuses plages, les vagues avoisinent les deux mètres. Un rêve pour les surfeurs, qui peut rapidement virer au cauchemar pour certains baigneurs, happés par les forts courants. "Très éprouvant" Samedi dernier, Maximus Oberto a réalisé trente sauvetages à lui seul. "C'était probablement la journée la plus chargée de toute ma carrière de sauveteur", raconte le maître-nageur de 24 ans. "Ça n'a pratiquement pas cessé du lever au coucher du soleil", insiste-t-il dans son short rouge. "Physiquement, c'était très éprouvant. J'étais un peu fatigué, mais j'ai continué à tenir le coup." Ce week-end, un nouveau dôme de chaleur promet de faire transpirer encore des millions de personnes dans l'Ouest américain, de l'Utah à la Californie, en passant par l'Arizona et le Nevada. Avec une forte houle prévue jusqu'à samedi soir, les sauveteurs s'attendent donc à un nouveau week-end dangereux. Mais pas question pour eux d'interdire la baignade. "Venez à la plage, c'est l'esprit de Los Angeles", exhorte le capitaine Barnes. "Mais quand vous venez, veillez à votre sécurité. Nagez près d'une tour de surveillance ouverte, renseignez-vous auprès du maître-nageur sur les conditions actuelles de la mer et les dangers présents dans cette zone." Risque d'incendies Après des semaines de températures élevées, la nouvelle canicule attendue ce week-end fait aussi craindre un regain du risque d'incendies. Les autorités ont pré-positionné des pompiers dans plusieurs comtés du sud et du centre de l'Etat, a annoncé vendredi le gouverneur démocrate, Gavin Newsom. "Je m'attends à une forte recrudescence des incendies en Californie", a averti cette semaine Daniel Swain, spécialiste des événements extrêmes à l'université UCLA. "Pendant cette vague de chaleur, nous allons voir des paysages beaucoup plus inflammables dans le nord de la Sierra (Nevada), dans les montagnes du nord, ainsi que dans les montagnes du sud de la Californie." S'il se concrétise, ce scénario aggraverait une situation déjà inquiétante dans l'Ouest américain. Des milliers de pompiers sont actuellement mobilisés sur plus d'une quarantaine de grands feux dans les Etats voisins de Washington et de l'Oregon. La situation est particulièrement alarmante en Oregon, bien parti pour vivre sa pire saison des incendies. Les flammes, souvent déclenchées par la foudre, y ont ravagé plus de 405.000 hectares ces deux dernières semaines, et provoqué l'évacuation de quelques milliers d'habitants de zones rurales. Aucune grande ville n'est menacée et ces incendies ne font pas la une des médias nationaux aux Etats-Unis, contrairement aux mégafeux qui touchent actuellement la France et l'Espagne. Mais dans la réserve amérindienne de Warm Springs, qui a du mal à loger ses habitants et où six maisons ont été détruites cette semaine, cela reste un désastre, selon le chef Edward Henderson. "Nous sommes déjà à court de logements, chaque maison perdue représente donc une perte énorme", a-t-il confié à la chaîne de télé locale KOIN6. "Certaines de ces maisons abritent plusieurs générations, (...) on parle de la famille, des enfants et des petits-enfants."

01.08.2026 à 04:33

FRANCE24
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Dès jeudi, l'Italie avait annoncé vouloir suspendre l'Espagne de l'espace Schengen, une mesure pour laquelle Rome a obtenu le soutien de la Finlande et du Danemark. Mais la proposition a été qualifiée de "démagogique" par l'Espagne. La portée de cette proposition reste incertaine, des juristes consultés par l'AFP assurant qu'il est impossible de l'appliquer dans le cadre légal actuel. Par ailleurs, à compter de samedi selon le ministère italien de l'Intérieur, des contrôles aux frontières aériennes et maritimes avec l'Espagne sont établis sur les ressortissants non européens arrivant d'Espagne. En France, le nombre de policiers et gendarmes déployés en renfort à la frontière franco-espagnole est multiplié par cinq à compter de samedi, a annoncé vendredi le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez. Cette annonce faisait suite à la demande du président Emmanuel Macron de "renforcer les contrôles à la frontière avec l'Espagne". De son côté, le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez a déclaré sur X: "ce n'est pas le moment de se diviser. C'est le moment de continuer à construire une Union européenne forte et unie". Les images de cette crise ont déclenché une montée au créneau de la droite et de l'extrême droite européenne autour des contrôles aux frontières de l'espace Schengen. "Pas de futur" "Environ 60.000 personnes sont entrées dans notre ville", a déclaré le président du gouvernement local de Ceuta, Juan Vivas lors d'une conférence de presse vendredi, soit "70% de la population de Ceuta", et déplorant la mort de 34 migrants, dont beaucoup par noyades. La plupart de ces migrants - en très grande majorité des Marocains, et principalement des jeunes hommes et des adolescents - seraient cependant retournés au Maroc, selon les autorités espagnoles. Ceuta, petit territoire de 84.000 habitants situé à la pointe nord du Maroc, bordant le Détroit de Gibraltar, forme l'une des deux frontières terrestres entre l'Afrique et l'Europe (avec l'autre enclave espagnole de Melilla). Dans la nuit de vendredi à samedi, des groupes de jeunes erraient dans les rues et le long de la plage de Ceuta, où sont déployés de nombreux militaires, notamment autour du port d'où partent les ferries pour le continent européen. Vendredi soir, de nombreux policiers patrouillaient dans les rues de la ville, certains à moto poursuivant des groupes de jeunes hommes pour les disperser, ont constaté des journalistes de l'AFP. Sur une plage, des dizaines d'hommes dormaient dans le sable, et certains ont allumé des feux, à quelques mètres d'un véhicule de police. "Ils viennent car ils n'ont pas de futur au Maroc, ils tentent le rêve européen", selon Mohamed, 35 ans chauffeur de taxi à Ceuta qui n'a pas souhaité donner son nom de famille. Au poste-frontière aux alentours de minuit, devant un important déploiement policier et militaire, de nombreux jeunes rebroussaient chemin. Certains saluent les militaires qui leur indiquent la porte d'un "adiós!", ou "good bye!" avant de retraverser la frontière. "La prochaine fois, je viens avec le passeport!", lance Oussam aux militaires, en se dirigeant vers la frontière. Le jeune homme de 25 ans, qui tient un salon de coiffure, dit avoir voulu quitter son pays car "c'est la misère au Maroc, on n'a pas de futur". Il est venu en nageant "trois kilomètres" : il rêve lui aussi de l'Europe mais en attendant, il rentre chez lui "pour prendre une douche et manger", car comme beaucoup, il n'a rien avalé depuis deux jours. Crise migratoire Le ministère espagnol de l'Intérieur a annoncé l'envoi immédiat de plusieurs dizaines de membres de la Garde civile et policiers, parmi lesquels huit plongeurs, ainsi qu'un bateau et des drones. A Washington, le président américain Donald Trump, qui a fait de la lutte contre l'immigration illégale une de ses priorités, a jugé que les images de l'enclave espagnole de Ceuta ressemblaient à "l'invasion d'un pays", accusant sur X l'Espagne de mener des "efforts délibérés" ayant favorisé cette immigration clandestine. Cette crise migratoire à Ceuta rappelle la précédente de 2021, lorsque des milliers de personnes avaient traversé la frontière à la faveur d'un assouplissement des contrôles par Rabat lors d’un différend diplomatique avec l'Espagne. Plus de 10.000 migrants avaient alors atteint Ceuta depuis le Maroc en deux jours.

01.08.2026 à 03:27

FRANCE24
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L'amélioration s'est en revanche confirmée vendredi en Gironde, où le mégafeu est contenu, autorités et pompiers espérant une maîtrise prochaine des flammes grâce à une météo favorable. Dans le Var, le feu du massif du Gros Bessillon est reparti et a pris "de l'ampleur", a annoncé le préfet Simon Babre. Il avait pourtant été fixé il y a quatre jours après avoir ravagé 4.500 hectares. Les flammes en ont parcouru 1.000 de plus en six heures. "Il y a eu un phénomène de rafales de mistral avec des vents orageux qui ont attisé les braises encore incandescentes", a expliqué le préfet à la presse, décrivant un feu "qui va plus vite qu'un cheval au galop (et) défie l'entendement". Samedi, il a annoncé dans un communiqué l'arrivée de renforts pour soutenir les 720 pompiers déjà à pied d'oeuvre. D'importants moyens aériens sont également déployés: six hélicoptères bombardier d'eau, six Canadair et deux Dash. Environ 2.500 habitants ont été évacués, notamment à Correns et Montfort-sur-Argens. D'épaisses fumées grises, voilant le ciel bleu, sont visibles, a constaté une équipe de l'AFP. - "Réparer les vivants" Dans les environs de Bordeaux, les communes de Saumos - d'où est parti le mégafeu -, du Temple, du Porge et Lège-Cap-Ferret restent vidées de leur habitants. Sur les 220.000 évacués au début de l'incendie le 22 juillet, 90% ont pu rentrer chez eux. Deux zones sont encore particulièrement surveillées, le long du littoral sur la commune du Porge et au sud de Lacanau. Le trafic SNCF, interrompu le 26 juillet au sud de Bordeaux, doit reprendre samedi. Au total, 3.300 pompiers de toute la France, dont 267 ont été blessés à ce jour, 1.500 militaires, 1.250 policiers et gendarmes, forestiers, agriculteurs et une cohorte de bénévoles ont conjugué leurs efforts, épaulés par 24 moyens aériens dont sept fournis par l'Union européenne. Et sur le terrain, toujours la même solidarité et la même gratitude envers les pompiers. A Lège-Cap-Ferret, une équipe de kinés, qui a investi le dojo adossé au gymnase où viennent se reposer les soldats du feu, s'est affairée bénévolement pour retaper les corps endoloris. "J'essaie de réparer les vivants, au mieux (...). Les pompiers, ce sont des héros", a témoigné auprès de l'AFP Louise Henrard, kiné de 37 ans. Les autorités dénombrent toujours 240 habitations détruites, un bilan à "consolider lors des prochaines visites de reconnaissance" des zones sinistrées par ce feu, le plus dévastateur depuis 1949. "Millions d'animaux affectés" Si aucune perte humaine n'est à déplorer, les sauveteurs ont la "hantise" de trouver des animaux morts, qu'il s'agisse des animaux de compagnie que leurs propriétaires n'ont pu emporter avec eux en évacuant dans l'urgence mais aussi, bien sûr, de la faune sauvage. "On sait déjà que c'est par millions que les animaux ont été affectés", a déclaré sur RMC Allain Bougrain-Dubourg, président de la Ligue de protection des oiseaux. Les forêts s'enflamment d'autant plus facilement que la végétation et les sols sont très secs depuis des mois, un phénomène accentuée par le changement climatique et les récentes canicules exceptionnelles. En Haute-Corse, après 18 jours de mobilisation, la situation est maîtrisée dans la vallée touristique de la Restonica, où plus de 1.000 hectares ont été dévastés. Sur la France entière, 308 interpellations ont été réalisées dans des enquêtes sur des départs de feux dont "deux tiers" sont susceptibles d'être volontaires et elles se sont traduites par 33 détentions, a indiqué le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez.
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