Les combats du RN suivent parfois la courbe des températures. Dès la première vague de chaleur fin mai, et a plus forte raison dans l'atmosphère suffocante de cette fin juin, le parti à la flamme a remis sur la table son "plan climatisation".
Une solution aisément compréhensible par tous en pleine fournaise historique, et que Marine Le Pen avait dégainée pour la première fois l'an dernier à la même période. Mais au-delà de l'intitulé, le programme est encore un peu sec.
Son lieutenant Jean-Philippe Tanguy a certes présenté un autre plan "100% rénov" chiffré à 20 milliards d'euros, mais il ne s'agit là que du "fonds dédié à l'isolation des bâtiments", a-t-il précisé mercredi sur France Inter, promettant "un plan plus détaillé sur la climatisation".
Un projet qui n'a donc "pas été arbitré" en interne, mais que le député de la Somme évalue à 40 milliards supplémentaires, moitié pour climatiser les écoles, maisons de retraite et autres bâtiments publics, moitié pour aider les particuliers à s'équiper.
Le tout via un mécanisme de prêts à taux zéro, avec des intérêts pris en charge par l'Etat et un très hypothétique financement par la Banque centrale européenne, faute d'avoir trouvé "de proposition alternative" pour lever les sommes colossales "nécessaires à la transition" écologique.
Au même moment, son camarade Sébastien Chenu suggérait sur franceinfo de réaffecter les quelque "trois milliards de gains de la fameuse journée de solidarité" fléchés vers l'aide aux personnes âgées et handicapées. Le vice-président du RN a listé au passage les économies prônées par son mouvement, qui veut supprimer l'agence de l'environnement (Ademe) et l'office de la biodiversité (OFB).
Sans oublier de couper les subventions aux éoliennes, énergie "intermittente" et "pas du tout à la hauteur des enjeux", contrairement au nucléaire.
La "bêtise" et le "génie"
Des positions pas vraiment en phase avec les préconisations du GIEC, le groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat qui fait référence à l'échelle planétaire. Le RN a toutefois tempéré ses critiques vis-à-vis de l'instance scientifique, que Marine Le Pen elle-même jugeait il y a seulement trois ans "très alarmiste".
Ses troupes avaient abondé, tel l'ex-député du Vaucluse Hervé de Lépinau dénonçant des "propagandistes", ou celui du Loiret Thomas Ménagé appelant à ne pas "suivre bêtement les données" de l'organisme onusien pour ne pas "contrevenir à la qualité de vie des Français".
Une "bêtise" dont ce dernier est depuis revenu, admettant encore dimanche que le travail du GIEC "est incontestable" et qu'il "faudrait être fou pour ne pas s'inquiéter".
A sa propre décharge, Marine Le Pen a expliqué sur France culture que les rapports comportaient "des hypothèses extrêmement alarmistes" et d'autres "qui le sont moins" et que la faute revenait à "l'écho médiatique" qui "prend souvent la plus grave".
Aujourd'hui, "vous ne trouverez pas de remise en cause des analyses", assure M. Chenu, mais "on peut avoir des divergences sur les recommandations"
A commencer par l'arrêt des aides aux énergies fossiles. En effet, il y a six mois, à la première vague de froid début décembre, le RN avait fait feu de tout bois pour réclamer une baisse des prix de l'énergie, en particulier des carburants, prenant pour cible les certificats d'économie d'énergie, mais surtout la fiscalité sur l'essence et le diesel.
Une demande réitérée jusqu'à ce jour, la guerre en Iran ayant accentué la sensibilité du sujet. L'énergie demeure "un bien de première nécessité", justifie Mme Le Pen, qui rejette par principe une "décroissance" honnie.
"Je crois beaucoup au progrès" dit celle qui, pour dépasser ses contradictions, s'en remet au "génie" de l'homme afin de "pouvoir continuer à vivre dans le confort avec le changement climatique".
Texte intégral (675 mots)
Les combats du RN suivent parfois la courbe des températures. Dès la première vague de chaleur fin mai, et a plus forte raison dans l'atmosphère suffocante de cette fin juin, le parti à la flamme a remis sur la table son "plan climatisation".
Une solution aisément compréhensible par tous en pleine fournaise historique, et que Marine Le Pen avait dégainée pour la première fois l'an dernier à la même période. Mais au-delà de l'intitulé, le programme est encore un peu sec.
Son lieutenant Jean-Philippe Tanguy a certes présenté un autre plan "100% rénov" chiffré à 20 milliards d'euros, mais il ne s'agit là que du "fonds dédié à l'isolation des bâtiments", a-t-il précisé mercredi sur France Inter, promettant "un plan plus détaillé sur la climatisation".
Un projet qui n'a donc "pas été arbitré" en interne, mais que le député de la Somme évalue à 40 milliards supplémentaires, moitié pour climatiser les écoles, maisons de retraite et autres bâtiments publics, moitié pour aider les particuliers à s'équiper.
Le tout via un mécanisme de prêts à taux zéro, avec des intérêts pris en charge par l'Etat et un très hypothétique financement par la Banque centrale européenne, faute d'avoir trouvé "de proposition alternative" pour lever les sommes colossales "nécessaires à la transition" écologique.
Au même moment, son camarade Sébastien Chenu suggérait sur franceinfo de réaffecter les quelque "trois milliards de gains de la fameuse journée de solidarité" fléchés vers l'aide aux personnes âgées et handicapées. Le vice-président du RN a listé au passage les économies prônées par son mouvement, qui veut supprimer l'agence de l'environnement (Ademe) et l'office de la biodiversité (OFB).
Sans oublier de couper les subventions aux éoliennes, énergie "intermittente" et "pas du tout à la hauteur des enjeux", contrairement au nucléaire.
La "bêtise" et le "génie"
Des positions pas vraiment en phase avec les préconisations du GIEC, le groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat qui fait référence à l'échelle planétaire. Le RN a toutefois tempéré ses critiques vis-à-vis de l'instance scientifique, que Marine Le Pen elle-même jugeait il y a seulement trois ans "très alarmiste".
Ses troupes avaient abondé, tel l'ex-député du Vaucluse Hervé de Lépinau dénonçant des "propagandistes", ou celui du Loiret Thomas Ménagé appelant à ne pas "suivre bêtement les données" de l'organisme onusien pour ne pas "contrevenir à la qualité de vie des Français".
Une "bêtise" dont ce dernier est depuis revenu, admettant encore dimanche que le travail du GIEC "est incontestable" et qu'il "faudrait être fou pour ne pas s'inquiéter".
A sa propre décharge, Marine Le Pen a expliqué sur France culture que les rapports comportaient "des hypothèses extrêmement alarmistes" et d'autres "qui le sont moins" et que la faute revenait à "l'écho médiatique" qui "prend souvent la plus grave".
Aujourd'hui, "vous ne trouverez pas de remise en cause des analyses", assure M. Chenu, mais "on peut avoir des divergences sur les recommandations"
A commencer par l'arrêt des aides aux énergies fossiles. En effet, il y a six mois, à la première vague de froid début décembre, le RN avait fait feu de tout bois pour réclamer une baisse des prix de l'énergie, en particulier des carburants, prenant pour cible les certificats d'économie d'énergie, mais surtout la fiscalité sur l'essence et le diesel.
Une demande réitérée jusqu'à ce jour, la guerre en Iran ayant accentué la sensibilité du sujet. L'énergie demeure "un bien de première nécessité", justifie Mme Le Pen, qui rejette par principe une "décroissance" honnie.
"Je crois beaucoup au progrès" dit celle qui, pour dépasser ses contradictions, s'en remet au "génie" de l'homme afin de "pouvoir continuer à vivre dans le confort avec le changement climatique".