Les autorités iraniennes ont dans le même temps organisé mercredi pour les médias une tournée des dégâts causés par ce qu'elles qualifient d'"émeutiers", alors que les arrestations se poursuivent tout comme les restrictions d'accès à internet.
Voici les derniers développements:
"Embraser leur monde"
L'Iran et les Etats-Unis, ennemis jurés depuis la Révolution islamique de 1979, ne cessent d'échanger menaces et invectives.
"J'ai donné des ordres très clairs. Si quoi que ce soit arrive, ils les rayeront de la surface terrestre", a déclaré mardi M. Trump dans une interview.
Plus tôt dans la journée, le général iranien Abolfazl Shekarchi avait menacé le chef d'Etat américain de mort si Washington s'en prenait à la personne de l'ayatollah Ali Khamenei.
"Trump sait que si on porte la main sur notre dirigeant, nous ne couperons pas seulement cette main, et ce ne sont pas des paroles en l'air", avait-il averti. "Nous embraserons leur monde et ne leur laisserons aucun refuge sûr dans la région".
Dans une tribune publiée par le Wall Street Journal, le chef de la diplomatie Abbas Araghchi a lui aussi agité la menace.
"Contrairement à la retenue dont l'Iran a fait preuve en juin 2025" - lors de la guerre de 12 jours déclenchée par Israël et à laquelle les Etats-Unis s'étaient associés -, "nos puissantes forces armées n'auront aucun scrupule à riposter de toutes leurs forces en cas d'attaque", écrit-il.
Mais il a laissé une porte ouverte au dialogue si Washington traitait l'Iran avec "respect".
Donald Trump a pour sa part envoyé des signaux contradictoires ces dernières semaines.
Après avoir temporisé, remerciant Téhéran pour avoir, selon lui, renoncé à exécuter des protestataires, il a ces derniers jours durci ses propos envers le guide suprême de 86 ans, au pouvoir depuis 1989.
"Il est temps de chercher un nouveau dirigeant en Iran", a-t-il déclaré auprès du site Politico. "Cet homme est un homme malade qui devrait diriger son pays correctement et cesser de tuer des gens".
Bilan humain
Le mouvement de contestation, initialement déclenché à Téhéran le 28 décembre par des commerçants devant la cherté de la vie et la dépréciation de la monnaie, s'est mué le 8 janvier en un mouvement d'ampleur défiant ouvertement la République islamique.
Il a été étouffé dans le sang: au moins 3.428 manifestants ont été tués selon l'ONG Iran Human Rights (IHR), basée en Norvège, dont les chiffres sont cités par l'ONU.
Son directeur, Mahmood Amiry-Moghaddam, a déclaré en début de semaine que le nombre de manifestants tués pourrait même "dépasser les estimations médiatiques les plus élevées" allant jusqu'à 20.000 morts, et dénoncé "l'un des plus grands massacres de manifestants de notre époque".
Aucun décompte officiel n'a été donné.
Le chef du pouvoir judiciaire Gholamhossein Mohseni Ejei a contesté ces chiffres, promettant "un vrai bilan" prochainement.
Alors que la police a donné lundi trois jours aux personnes impliquées dans les "émeutes" pour qu'elles se livrent, il a répété que les autorités ne feraient preuve "d'aucune indulgence".
Tour officiel
La municipalité de Téhéran a organisé mercredi un tour pour montrer aux journalistes, dont une équipe de l'AFP, les dégâts causés pendant les manifestations.
Dans un dépôt de la capitale, environ une dizaine de bus calcinés sont alignés sur un parking.
Selon Iraj Lotfizadeh, responsable des opérations dans un arrondissement de Téhéran, "22 bus ont été complètement incendiés à travers la capitale" le 8 janvier, quand les manifestations ont pris de l'ampleur.
Dans les environs, de la suie recouvre la mosaïque bleue à l'entrée d'une mosquée. A l'intérieur, des murs noircis, des livres religieux abîmés et des motos brûlées.
L'agence de presse Tasnim a dressé un nouveau bilan des dommages: selon les chiffres avancés, 350 mosquées ont été vandalisées, 314 bâtiments gouvernementaux attaqués ainsi que des centaines de banques et de magasins.
burs-sw-anb/cab
Texte intégral (697 mots)
Les autorités iraniennes ont dans le même temps organisé mercredi pour les médias une tournée des dégâts causés par ce qu'elles qualifient d'"émeutiers", alors que les arrestations se poursuivent tout comme les restrictions d'accès à internet.
Voici les derniers développements:
"Embraser leur monde"
L'Iran et les Etats-Unis, ennemis jurés depuis la Révolution islamique de 1979, ne cessent d'échanger menaces et invectives.
"J'ai donné des ordres très clairs. Si quoi que ce soit arrive, ils les rayeront de la surface terrestre", a déclaré mardi M. Trump dans une interview.
Plus tôt dans la journée, le général iranien Abolfazl Shekarchi avait menacé le chef d'Etat américain de mort si Washington s'en prenait à la personne de l'ayatollah Ali Khamenei.
"Trump sait que si on porte la main sur notre dirigeant, nous ne couperons pas seulement cette main, et ce ne sont pas des paroles en l'air", avait-il averti. "Nous embraserons leur monde et ne leur laisserons aucun refuge sûr dans la région".
Dans une tribune publiée par le Wall Street Journal, le chef de la diplomatie Abbas Araghchi a lui aussi agité la menace.
"Contrairement à la retenue dont l'Iran a fait preuve en juin 2025" - lors de la guerre de 12 jours déclenchée par Israël et à laquelle les Etats-Unis s'étaient associés -, "nos puissantes forces armées n'auront aucun scrupule à riposter de toutes leurs forces en cas d'attaque", écrit-il.
Mais il a laissé une porte ouverte au dialogue si Washington traitait l'Iran avec "respect".
Donald Trump a pour sa part envoyé des signaux contradictoires ces dernières semaines.
Après avoir temporisé, remerciant Téhéran pour avoir, selon lui, renoncé à exécuter des protestataires, il a ces derniers jours durci ses propos envers le guide suprême de 86 ans, au pouvoir depuis 1989.
"Il est temps de chercher un nouveau dirigeant en Iran", a-t-il déclaré auprès du site Politico. "Cet homme est un homme malade qui devrait diriger son pays correctement et cesser de tuer des gens".
Bilan humain
Le mouvement de contestation, initialement déclenché à Téhéran le 28 décembre par des commerçants devant la cherté de la vie et la dépréciation de la monnaie, s'est mué le 8 janvier en un mouvement d'ampleur défiant ouvertement la République islamique.
Il a été étouffé dans le sang: au moins 3.428 manifestants ont été tués selon l'ONG Iran Human Rights (IHR), basée en Norvège, dont les chiffres sont cités par l'ONU.
Son directeur, Mahmood Amiry-Moghaddam, a déclaré en début de semaine que le nombre de manifestants tués pourrait même "dépasser les estimations médiatiques les plus élevées" allant jusqu'à 20.000 morts, et dénoncé "l'un des plus grands massacres de manifestants de notre époque".
Aucun décompte officiel n'a été donné.
Le chef du pouvoir judiciaire Gholamhossein Mohseni Ejei a contesté ces chiffres, promettant "un vrai bilan" prochainement.
Alors que la police a donné lundi trois jours aux personnes impliquées dans les "émeutes" pour qu'elles se livrent, il a répété que les autorités ne feraient preuve "d'aucune indulgence".
Tour officiel
La municipalité de Téhéran a organisé mercredi un tour pour montrer aux journalistes, dont une équipe de l'AFP, les dégâts causés pendant les manifestations.
Dans un dépôt de la capitale, environ une dizaine de bus calcinés sont alignés sur un parking.
Selon Iraj Lotfizadeh, responsable des opérations dans un arrondissement de Téhéran, "22 bus ont été complètement incendiés à travers la capitale" le 8 janvier, quand les manifestations ont pris de l'ampleur.
Dans les environs, de la suie recouvre la mosaïque bleue à l'entrée d'une mosquée. A l'intérieur, des murs noircis, des livres religieux abîmés et des motos brûlées.
L'agence de presse Tasnim a dressé un nouveau bilan des dommages: selon les chiffres avancés, 350 mosquées ont été vandalisées, 314 bâtiments gouvernementaux attaqués ainsi que des centaines de banques et de magasins.
burs-sw-anb/cab