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31.08.2026 à 09:05

FRANCE24
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Un budget "réversible" A moins de huit mois de l'élection présidentielle, le Premier ministre, qui réunit lundi ses ministres en séminaire pour parler notamment des questions budgétaires, a promis dans Le Parisien un budget avec des mesures qui seront "pour beaucoup, réversibles par la nouvelle majorité qui sortira des urnes". Elles seront "difficiles" mais pas "brutales", sans "grandes réformes", selon lui. Un déficit qui ne devra pas dépasser 5,1% Le Premier ministre n'a pas fixé à ce stade d'objectif de déficit public. Mais le ministre des Comptes publics David Amiel a souligné vendredi que le déficit pour 2027 ne pourrait pas être "pire que celui de 2025", qui s'était établi à 5,1%. L'équation est compliquée par les mauvais chiffres de la croissance, sous l'effet de la guerre au Moyen-Orient et des canicules. Elle a été nulle au deuxième trimestre, après un recul du produit intérieur brut de 0,2% au premier trimestre, compromettant la cible du gouvernement de 0,7% de croissance et 5% de déficit en 2026. Le poids de la charge de la dette, qui ne cesse d'augmenter avec l'envolée des taux d'intérêt, pèse aussi sur le budget et le déficit. Pas de hausses d'impôts Sébastien Lecornu l'a réaffirmé : le gouvernement ne proposera aucune hausse d'impôts en 2027 par rapport à 2026. "Il y a une présidentielle, ce n'est pas à ce gouvernement de toucher aux grands leviers fiscaux", a-t-il estimé. Coup de frein dans les dépenses En 2027, l'effort devra prioritairement porter sur les dépenses, en particulier celles de l'Etat, a réaffirmé le Premier ministre. Celles-ci "continueront d'augmenter, mais moins que l'inflation", a-t-il ajouté, comme prévu par le projet de dépenses du gouvernement publié mi-juillet. Les ministères "régaliens" ne seront cependant pas concernés par les coupes budgétaires. Seront préservés la Défense (+6,4 milliards d'euros), la Justice (+400 millions), l'Intérieur (+600 millions), l'Education (+800 millions), la Recherche (+500 millions), l'Ecologie (+1,1 milliard), ou encore les politique du logement social et de l'apprentissage, a réaffirmé le Premier ministre. En revanche, seraient en baisse les budgets de la mission "travail", de l'aide publique au développement et des missions "agriculture" et "santé", selon le document de juillet. Surtaxe sur les grandes entreprises à l'étude Le gouvernement étudie la reconduction pour une troisième année de la contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises. Le ministre de l'Economie Roland Lescure va cependant "plaider" pour une baisse de cette surtaxe. Sébastien Lecornu a également estimé que la reproduire à l'identique "enverrait un très mauvais signal aux investisseurs internationaux". Toujours pour les entreprises, Roland Lescure a promis que ni le crédit d'impôt recherche (CIR) ni le pacte Dutreil, qui permet un fort abattement dans le cadre des transmissions familiales, ne seraient touchés. Le crédit d'impôt industrie verte serait quant à lui élargi à de nouveaux secteurs, dont les terres rares et les aimants permanents qui en contiennent. Désindexation des plus fortes pensions Parmi les pistes étudiées pour les ménages, le gouvernement a exclu un gel du RSA (revenu de solidarité active) ou des "petites retraites", mais étudie la piste d'une moindre revalorisation des pensions des plus aisées. Leur désindexation par rapport à l'inflation est "sur la table", a indiqué Sébastien Lecornu. Sur le volet social, de manière générale, les dépenses seront "mécaniquement au-dessus de l'inflation", mais des efforts de "bonne gestion" seront demandés, a souligné le Premier ministre. D'autres mesures pourraient concerner le déremboursement de certains médicaments. Le Premier ministre a indiqué qu'il entendait "poser la question" quand le bénéfice thérapeutique est "faible". Le gouvernement entend enfin "lancer une vraie réforme avec les partenaires sociaux" au sujet des "abus" des arrêts maladie.

31.08.2026 à 09:00

FRANCE 24
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Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a annoncé dimanche vouloir rétablir l'application de la peine de mort contre les pyromanes, après les incendies meurtriers qui ont ravagé l'est et le nord du pays. L'Algérie observe un moratoire sur la peine de mort depuis 1993.
Texte intégral (647 mots)
Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a annoncé dimanche vouloir rétablir l'application de la peine de mort contre les pyromanes, après les incendies meurtriers qui ont ravagé l'est et le nord du pays. L'Algérie observe un moratoire sur la peine de mort depuis 1993.

31.08.2026 à 08:49

FRANCE24
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"Nous avons reçu 1.924 demandes depuis mars 2022", résume à l'AFP Marie Derain de Vaucresson, la présidente de l'Instance nationale indépendante de réparation et de réparation (Inirr), qui "humblement" se dit "très fière de ce qu'on a réalisé". Cette instance avait été créée par l'épiscopat français en 2021 dans le sillage du rapport de la Ciase, qui estimait à 330.000 le nombre de mineurs victimes de violences sexuelles dans l’Église depuis 1950. L'Inirr a été pensée pour les faits commis dans les diocèses (une autre instance toujours active, la CRR, concerne les congrégations). L'idée était de mettre en place une démarche restaurative d'écoute et de reconnaissance menant à une réparation soit symbolique (pose d'une plaque, demande de pardon...), soit financière (les victimes pouvant recevoir jusqu'à 60.000 euros). "L'Inirr a été créée pour apporter une réponse quand aucune autre n'était possible", notamment judiciaire, résume Mme Derain, en se félicitant "qu'on ait placé la personne victime au cœur du fonctionnement de l'instance". "Pour que ça fonctionne, il fallait un bon niveau de confiance", ajoute-t-elle. Après un fort afflux initial, le rythme a ralenti en 2024 avant de repartir à la hausse, en écho à la médiatisation de certaines affaire touchant l’Église -- abbé Pierre, écoles catholiques telles que Bétharram... Son activité avait augmenté de 35% l'an dernier, et l'Inirr a encore reçu 26 demandes au cours des trois premières semaines d'août. L'approche de la fin du mandat a-t-elle poussé les victimes à lancer des démarches de dernière minute? Il semble surtout "que l'Inirr est mieux repérée", explique Mme Derain. L'instance, créée pour trois ans, puis prolongée, verra bien son mandat arriver à échéance lundi 31 août. Elle n'acceptera plus ensuite de nouvelles saisines, même si elle finira d'accompagner les dossiers en cours, sur une période de dix-huit mois. "On a aujourd'hui à peu près 150-160 personnes à accompagner", explique Mme Derain. "Indépendance" Celles et ceux qui voudraient obtenir réparation s'adresseront à partir du 1er septembre à une structure, présentée en mars par les évêques, et baptisée Renaître. "Une nouvelle équipe se met en place pour poursuivre l'accompagnement des victimes, y compris le volet financier", promet-t-on à la Conférence des évêques de France (CEF), en garantissant "l'indépendance" de l'instance. Dans la nouvelle architecture, les victimes saisiront des cellules d'écoute dans les diocèses, qui les orienteront ensuite, pour les démarches restauratives, vers un réseau local d'accompagnants constitués en organisme national indépendant. "Ce n'est en rien une rupture, mais une continuité", ajoute-t-on à la CEF. Mais les victimes regardent cette évolution avec méfiance, et les critiques ont été nombreuses dès sa présentation. Le nouveau dispositif est "une coquille vide", affirme Michèle Le Reun-Gaigné, présidente du collectif Ampaseo, pour qui la fin de l'Inirr "est une catastrophe" car "c'est un organe indépendant et compétent qui disparaît." Elle s'inquiète notamment de dispositifs "très inégaux" dans les diocèses. Le nom -- Renaître -- paraît aussi très mal choisi à beaucoup de collectifs. Ces critiques "sont intégrées dans la réflexion de la nouvelle équipe", assure-t-on à la CEF. La question est d'autant plus scrutée que le pape Léon XIV rencontrera des victimes de violences sexuelles le 27 septembre à Lourdes, lors de son voyage en France. Plusieurs dizaines de personnes ont demandé à être reçues, mais le groupe reçu sera "forcément très réduit", ajoute-t-on à la CEF qui ne communiquera pas le nom des victimes retenues. Léon XIV "souhaite avoir le temps d'échanger, pour entendre les personnes qu'il reçoit dire "+voilà ce que j'ai vécu et ce que j'attends de vous+", explique-t-on de même source.
Texte intégral (650 mots)
"Nous avons reçu 1.924 demandes depuis mars 2022", résume à l'AFP Marie Derain de Vaucresson, la présidente de l'Instance nationale indépendante de réparation et de réparation (Inirr), qui "humblement" se dit "très fière de ce qu'on a réalisé". Cette instance avait été créée par l'épiscopat français en 2021 dans le sillage du rapport de la Ciase, qui estimait à 330.000 le nombre de mineurs victimes de violences sexuelles dans l’Église depuis 1950. L'Inirr a été pensée pour les faits commis dans les diocèses (une autre instance toujours active, la CRR, concerne les congrégations). L'idée était de mettre en place une démarche restaurative d'écoute et de reconnaissance menant à une réparation soit symbolique (pose d'une plaque, demande de pardon...), soit financière (les victimes pouvant recevoir jusqu'à 60.000 euros). "L'Inirr a été créée pour apporter une réponse quand aucune autre n'était possible", notamment judiciaire, résume Mme Derain, en se félicitant "qu'on ait placé la personne victime au cœur du fonctionnement de l'instance". "Pour que ça fonctionne, il fallait un bon niveau de confiance", ajoute-t-elle. Après un fort afflux initial, le rythme a ralenti en 2024 avant de repartir à la hausse, en écho à la médiatisation de certaines affaire touchant l’Église -- abbé Pierre, écoles catholiques telles que Bétharram... Son activité avait augmenté de 35% l'an dernier, et l'Inirr a encore reçu 26 demandes au cours des trois premières semaines d'août. L'approche de la fin du mandat a-t-elle poussé les victimes à lancer des démarches de dernière minute? Il semble surtout "que l'Inirr est mieux repérée", explique Mme Derain. L'instance, créée pour trois ans, puis prolongée, verra bien son mandat arriver à échéance lundi 31 août. Elle n'acceptera plus ensuite de nouvelles saisines, même si elle finira d'accompagner les dossiers en cours, sur une période de dix-huit mois. "On a aujourd'hui à peu près 150-160 personnes à accompagner", explique Mme Derain. "Indépendance" Celles et ceux qui voudraient obtenir réparation s'adresseront à partir du 1er septembre à une structure, présentée en mars par les évêques, et baptisée Renaître. "Une nouvelle équipe se met en place pour poursuivre l'accompagnement des victimes, y compris le volet financier", promet-t-on à la Conférence des évêques de France (CEF), en garantissant "l'indépendance" de l'instance. Dans la nouvelle architecture, les victimes saisiront des cellules d'écoute dans les diocèses, qui les orienteront ensuite, pour les démarches restauratives, vers un réseau local d'accompagnants constitués en organisme national indépendant. "Ce n'est en rien une rupture, mais une continuité", ajoute-t-on à la CEF. Mais les victimes regardent cette évolution avec méfiance, et les critiques ont été nombreuses dès sa présentation. Le nouveau dispositif est "une coquille vide", affirme Michèle Le Reun-Gaigné, présidente du collectif Ampaseo, pour qui la fin de l'Inirr "est une catastrophe" car "c'est un organe indépendant et compétent qui disparaît." Elle s'inquiète notamment de dispositifs "très inégaux" dans les diocèses. Le nom -- Renaître -- paraît aussi très mal choisi à beaucoup de collectifs. Ces critiques "sont intégrées dans la réflexion de la nouvelle équipe", assure-t-on à la CEF. La question est d'autant plus scrutée que le pape Léon XIV rencontrera des victimes de violences sexuelles le 27 septembre à Lourdes, lors de son voyage en France. Plusieurs dizaines de personnes ont demandé à être reçues, mais le groupe reçu sera "forcément très réduit", ajoute-t-on à la CEF qui ne communiquera pas le nom des victimes retenues. Léon XIV "souhaite avoir le temps d'échanger, pour entendre les personnes qu'il reçoit dire "+voilà ce que j'ai vécu et ce que j'attends de vous+", explique-t-on de même source.

31.08.2026 à 08:45

FRANCE24
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Alors que les professionnels du secteur dressent leur bilan à la veille de la rentrée scolaire, la saison s'annonce meilleure qu'attendu au printemps, lorsque les tensions au Moyen-Orient avaient fortement pesé sur les réservations. Serge Papin, le ministre du Tourisme, a même évoqué récemment "une très belle année", après une saison estivale 2025 déjà solide. "On va faire au moins aussi bien, voire mieux", a-t-il affirmé, avant la publication des chiffres définitifs, attendus à la mi-septembre. C'est un net contraste avec l'inquiétude qui dominait dans le secteur depuis fin février, lorsque le conflit au Moyen-Orient - et ses répercussions sur les prix du carburant notamment - avaient lesté les réservations. Sans aller jusqu'à partager l'optimisme ministériel, les professionnels évoquent une bonne résistance du secteur. L'été "a marqué une belle résilience, dans cette période où on pouvait craindre des problèmes de pétrole, de contexte politique, de cherté", souligne auprès de l'AFP Dominique Marcel, le président de l'Alliance France Tourisme, groupe de réflexion qui réunit de grandes entreprises du secteur du tourisme. La saison "devrait s'achever autour de moins 5% en termes de départs du 1er mai au 31 octobre par rapport à l'an dernier. Est-ce que c'est catastrophique ? Non, on aurait signé tout de suite si on nous avait dit ça au mois d'avril dernier", estime de son côté Patric Caradec, président du Syndicat des entreprises du tour operating (Seto). Montagnes plébiscitées "Les étrangers et les Français qui avaient envisagé de partir à l'étranger et qui sont restés en France sauvent la saison", résume Didier Arino, directeur général de la société de conseil Protourisme. Selon la plateforme de réservation Airbnb, les voyageurs français ont très largement choisi de rester dans l'Hexagone, avec 70% de réservations en France contre 65% en 2025. L'attentisme lié à la météo et à la situation internationale a en outre favorisé les départs de dernière minute. "Comme on le dit sous forme de boutade, on a le droit de tout rater dans sa vie, sauf ses vacances", souligne M. Arino. Le spécialiste note une hausse de la clientèle étrangère, notamment américaine, essentiellement sur la Côte d'Azur et à Paris. Car les canicules n'ont pas dissuadé de partir dans la moitié sud du pays, à l'exception de certaines zones pénalisées par les incendies, comme la Gironde. Après deux saisons record en 2024 et 2025, la région Provence-Alpes-Côte d'Azur a ainsi connu cet été "une saison quasi similaire", selon François de Canson, président du comité régional de tourisme, grâce en particulier à la clientèle étrangère, dont les Allemands et les Américains. Même son de cloche en Corse. Roxane Piriottu, présidente de l'office de tourisme de Bonifacio, souligne "une belle fréquentation malgré un pouvoir d'achat clairement en baisse". Le Grand Paris a enregistré lui aussi une dynamique touristique "légèrement positive" en juillet, selon son Office du tourisme, avec un taux d'occupation hôtelier à 85,1%, en hausse de 1,4 point sur un an. Dans le même temps, les destinations plus fraîches ont clairement attiré. Selon la Fédération nationale des résidences de tourisme (FNRT), les stations de montagne sont même "les grandes gagnantes de l'été" avec un taux d'occupation global en hausse de 2,3 points sur un an. D'autres régions ont aussi bénéficié de leur relative fraîcheur, avec une forte progression du taux d'occupation sur le littoral de la Manche, selon l'Alliance France Tourisme. Si les hébergements tirent leur épingle du jeu, la situation est plus contrastée pour les restaurants et commerces, soulignent les spécialistes. En Corse, "la canicule a impacté l'activité économique, particulièrement la restauration", souligne auprès de l’AFP Christelle Combette, présidente de l'office du tourisme du pays ajaccien. Bernard Marty, président de l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie des Bouches-du-Rhône, confie aussi n'avoir "eu personne le midi" sur la terrasse de son établissement marseillais, en raison de la chaleur accablante.
Texte intégral (702 mots)
Alors que les professionnels du secteur dressent leur bilan à la veille de la rentrée scolaire, la saison s'annonce meilleure qu'attendu au printemps, lorsque les tensions au Moyen-Orient avaient fortement pesé sur les réservations. Serge Papin, le ministre du Tourisme, a même évoqué récemment "une très belle année", après une saison estivale 2025 déjà solide. "On va faire au moins aussi bien, voire mieux", a-t-il affirmé, avant la publication des chiffres définitifs, attendus à la mi-septembre. C'est un net contraste avec l'inquiétude qui dominait dans le secteur depuis fin février, lorsque le conflit au Moyen-Orient - et ses répercussions sur les prix du carburant notamment - avaient lesté les réservations. Sans aller jusqu'à partager l'optimisme ministériel, les professionnels évoquent une bonne résistance du secteur. L'été "a marqué une belle résilience, dans cette période où on pouvait craindre des problèmes de pétrole, de contexte politique, de cherté", souligne auprès de l'AFP Dominique Marcel, le président de l'Alliance France Tourisme, groupe de réflexion qui réunit de grandes entreprises du secteur du tourisme. La saison "devrait s'achever autour de moins 5% en termes de départs du 1er mai au 31 octobre par rapport à l'an dernier. Est-ce que c'est catastrophique ? Non, on aurait signé tout de suite si on nous avait dit ça au mois d'avril dernier", estime de son côté Patric Caradec, président du Syndicat des entreprises du tour operating (Seto). Montagnes plébiscitées "Les étrangers et les Français qui avaient envisagé de partir à l'étranger et qui sont restés en France sauvent la saison", résume Didier Arino, directeur général de la société de conseil Protourisme. Selon la plateforme de réservation Airbnb, les voyageurs français ont très largement choisi de rester dans l'Hexagone, avec 70% de réservations en France contre 65% en 2025. L'attentisme lié à la météo et à la situation internationale a en outre favorisé les départs de dernière minute. "Comme on le dit sous forme de boutade, on a le droit de tout rater dans sa vie, sauf ses vacances", souligne M. Arino. Le spécialiste note une hausse de la clientèle étrangère, notamment américaine, essentiellement sur la Côte d'Azur et à Paris. Car les canicules n'ont pas dissuadé de partir dans la moitié sud du pays, à l'exception de certaines zones pénalisées par les incendies, comme la Gironde. Après deux saisons record en 2024 et 2025, la région Provence-Alpes-Côte d'Azur a ainsi connu cet été "une saison quasi similaire", selon François de Canson, président du comité régional de tourisme, grâce en particulier à la clientèle étrangère, dont les Allemands et les Américains. Même son de cloche en Corse. Roxane Piriottu, présidente de l'office de tourisme de Bonifacio, souligne "une belle fréquentation malgré un pouvoir d'achat clairement en baisse". Le Grand Paris a enregistré lui aussi une dynamique touristique "légèrement positive" en juillet, selon son Office du tourisme, avec un taux d'occupation hôtelier à 85,1%, en hausse de 1,4 point sur un an. Dans le même temps, les destinations plus fraîches ont clairement attiré. Selon la Fédération nationale des résidences de tourisme (FNRT), les stations de montagne sont même "les grandes gagnantes de l'été" avec un taux d'occupation global en hausse de 2,3 points sur un an. D'autres régions ont aussi bénéficié de leur relative fraîcheur, avec une forte progression du taux d'occupation sur le littoral de la Manche, selon l'Alliance France Tourisme. Si les hébergements tirent leur épingle du jeu, la situation est plus contrastée pour les restaurants et commerces, soulignent les spécialistes. En Corse, "la canicule a impacté l'activité économique, particulièrement la restauration", souligne auprès de l’AFP Christelle Combette, présidente de l'office du tourisme du pays ajaccien. Bernard Marty, président de l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie des Bouches-du-Rhône, confie aussi n'avoir "eu personne le midi" sur la terrasse de son établissement marseillais, en raison de la chaleur accablante.

31.08.2026 à 08:43

FRANCE24
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Une guitare sur sept vendue dans le monde est produite dans cette cité de la province du Guizhou, dans le sud. Pourtant, cette industrie n'y existait pas il y a encore 10 ans. La Chine compte des centaines de villes ou bourgs spécialisés dans la fabrication d'un produit spécifique, du vélo aux chaussettes. L'essor spectaculaire de Zheng'an illustre l'efficacité de la stratégie industrielle chinoise quand investissements locaux et centraux s'allient pour optimiser les atouts du territoire. Longtemps, ses habitants sont allés travailler plus au sud dans les usines du Guangdong, principal pôle industriel de la Chine. Zheng Chuanjiu en a fait partie, avant d'y monter sa propre entreprise de fabrication de guitares, à Canton, la capitale provinciale. "Les affaires tournaient plutôt bien à l'époque, et la plupart de nos employés à Canton étaient des gens de Zheng'an", raconte M. Zheng, fondateur de Shenqu Guitar. En 2012, les autorités de Zheng'an ont lancé un programme pour inciter les ouvriers qualifiés à rentrer et créer leur entreprise. "Ils voulaient qu'on revienne et qu'on développe l'industrie", se souvient Zheng Chuanjiu. Climat "parfait" Shenqu est devenu le premier fabricant à s'installer dans la nouvelle zone économique de Zheng'an. "Ce retour a apporté une main d'œuvre plus stable et de meilleures perspectives de développement", explique le fondateur. "Après plusieurs années ici, beaucoup d'amis ont vu que je réussissais et sont venus me rejoindre pour développer la filière." Des rangées interminables de guitares terminées attendent entre les murs de Shenqu un dernier contrôle avant leur expédition. "Pourquoi partir au loin quand on peut travailler au pays ?", interroge une banderole dans l'usine. En une décennie, 87 marques locales sont nées sur le pôle industriel. Les autorités ont attiré les entreprises avec des incitations financières, des facilités fiscales et des aides à l'emploi. Certaines ont obtenu trois ans d'exonération d'impôts et dix ans de loyer gratuit. Zheng'an a bénéficié de ses avantages naturels: le climat y est parfait pour fabriquer des guitares, selon le maître luthier Zhang Weiyi, qui y a transféré son entreprise de Canton en 2019. "Que le secteur soit grand ou petit, qu'il ait un impact ou non, peu m'importe", assure l'artisan de 50 ans en ponçant soigneusement un morceau d'os de bœuf, l'ajustant à la guitare sur mesure qu'il fabrique à la main. Dans la rue aussi "Mes clients sont tous des habitués", souligne-t-il. Zhang Weiyi crée environ 150 instruments par an. Zheng'an dans son ensemble en produit quelque 2,5 millions, selon les autorités. Une véritable "capitale des guitares", clament les bannières dans les rues. Zheng'an a exporté en 2025 pour environ 248 millions de yuans (32 millions d'euros) de guitares dans plus de 40 pays. La simplification des procédures de remboursement des taxes à l'exportation fait partie des avantages offerts aux entreprises locales. Entre janvier et juillet 2025, les entreprises locales ont bénéficié de 147 millions de yuans (19 millions d'euros) d'allègements et d'exonérations fiscales. Des partenaires commerciaux de la Chine comme les Etats-Unis et l'Union européenne critiquent comme déloyales les subventions et autres aides d'Etat chinoises, en particulier dans des secteurs comme les véhicules électriques et les panneaux solaires. Mais, selon Dong Xuebing, économiste à l'université du Zhejiang, la promotion de filières régionales comme à Zheng'an est essentielle pour freiner la fuite des populations vers les métropoles et dynamiser des territoires longtemps négligés. Pour les habitants, les retombées dépassent le simple aspect économique. "L'ambiance qui règne ici est vraiment agréable", estime Zhang Weiyi, le maître luthier, en évoquant les mélodies qui résonnent sur la place principale. "Partout dans les rues, on voit pas mal de gens, grands et petits, porter des étuis à guitare, probablement en route pour leur cours."
Texte intégral (648 mots)
Une guitare sur sept vendue dans le monde est produite dans cette cité de la province du Guizhou, dans le sud. Pourtant, cette industrie n'y existait pas il y a encore 10 ans. La Chine compte des centaines de villes ou bourgs spécialisés dans la fabrication d'un produit spécifique, du vélo aux chaussettes. L'essor spectaculaire de Zheng'an illustre l'efficacité de la stratégie industrielle chinoise quand investissements locaux et centraux s'allient pour optimiser les atouts du territoire. Longtemps, ses habitants sont allés travailler plus au sud dans les usines du Guangdong, principal pôle industriel de la Chine. Zheng Chuanjiu en a fait partie, avant d'y monter sa propre entreprise de fabrication de guitares, à Canton, la capitale provinciale. "Les affaires tournaient plutôt bien à l'époque, et la plupart de nos employés à Canton étaient des gens de Zheng'an", raconte M. Zheng, fondateur de Shenqu Guitar. En 2012, les autorités de Zheng'an ont lancé un programme pour inciter les ouvriers qualifiés à rentrer et créer leur entreprise. "Ils voulaient qu'on revienne et qu'on développe l'industrie", se souvient Zheng Chuanjiu. Climat "parfait" Shenqu est devenu le premier fabricant à s'installer dans la nouvelle zone économique de Zheng'an. "Ce retour a apporté une main d'œuvre plus stable et de meilleures perspectives de développement", explique le fondateur. "Après plusieurs années ici, beaucoup d'amis ont vu que je réussissais et sont venus me rejoindre pour développer la filière." Des rangées interminables de guitares terminées attendent entre les murs de Shenqu un dernier contrôle avant leur expédition. "Pourquoi partir au loin quand on peut travailler au pays ?", interroge une banderole dans l'usine. En une décennie, 87 marques locales sont nées sur le pôle industriel. Les autorités ont attiré les entreprises avec des incitations financières, des facilités fiscales et des aides à l'emploi. Certaines ont obtenu trois ans d'exonération d'impôts et dix ans de loyer gratuit. Zheng'an a bénéficié de ses avantages naturels: le climat y est parfait pour fabriquer des guitares, selon le maître luthier Zhang Weiyi, qui y a transféré son entreprise de Canton en 2019. "Que le secteur soit grand ou petit, qu'il ait un impact ou non, peu m'importe", assure l'artisan de 50 ans en ponçant soigneusement un morceau d'os de bœuf, l'ajustant à la guitare sur mesure qu'il fabrique à la main. Dans la rue aussi "Mes clients sont tous des habitués", souligne-t-il. Zhang Weiyi crée environ 150 instruments par an. Zheng'an dans son ensemble en produit quelque 2,5 millions, selon les autorités. Une véritable "capitale des guitares", clament les bannières dans les rues. Zheng'an a exporté en 2025 pour environ 248 millions de yuans (32 millions d'euros) de guitares dans plus de 40 pays. La simplification des procédures de remboursement des taxes à l'exportation fait partie des avantages offerts aux entreprises locales. Entre janvier et juillet 2025, les entreprises locales ont bénéficié de 147 millions de yuans (19 millions d'euros) d'allègements et d'exonérations fiscales. Des partenaires commerciaux de la Chine comme les Etats-Unis et l'Union européenne critiquent comme déloyales les subventions et autres aides d'Etat chinoises, en particulier dans des secteurs comme les véhicules électriques et les panneaux solaires. Mais, selon Dong Xuebing, économiste à l'université du Zhejiang, la promotion de filières régionales comme à Zheng'an est essentielle pour freiner la fuite des populations vers les métropoles et dynamiser des territoires longtemps négligés. Pour les habitants, les retombées dépassent le simple aspect économique. "L'ambiance qui règne ici est vraiment agréable", estime Zhang Weiyi, le maître luthier, en évoquant les mélodies qui résonnent sur la place principale. "Partout dans les rues, on voit pas mal de gens, grands et petits, porter des étuis à guitare, probablement en route pour leur cours."
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