Au 31 décembre 2025, 1.789 personnes au total avaient adressé une demande à l'Instance nationale indépendante de reconnaissance et de réparation (Inirr), "dont 270 en 2025", affirme dans un communiqué l'instance créée en 2021.
Loin d'un tassement avec le temps, l'Inirr a connu l'an dernier une hausse de 35% de son activité, "en écho aux violences sexuelles révélées dans le cadre de l'enseignement catholique".
Car les révélations se sont succédé ces derniers mois, de Notre-Dame de Bétharram aux écoles catholiques lasalliennes, ce qui a pu réactiver le souvenir du traumatisme chez l'ensemble des victimes.
Un phénomène similaire s'était produit après les révélations sur l'abbé Pierre, dont la médiatisation avait poussé des victimes d'autres agresseurs à se manifester.
En quatre ans d'activité, 1.611 personnes ont donc obtenu une réponse de l'Inirr, et 1.225 ont été accompagnées par un référent. Les réparations financières se sont élevées en moyenne à 36.739 euros l'an dernier, dans la moyenne des années précédentes (le maximum étant de 60.000 euros).
L'instance précise que 33% des victimes sont des femmes, et que dans la moitié des cas (49%) elles avaient entre 11 et 15 ans au moment des faits. Dans 4% des cas, la victime avait moins de six ans.
Quant à l'âge où les victimes se décident à saisir l'instance, il baisse: de 64 ans en 2022, on est passé à 56 l'an dernier.
"une nécessité"
L'Inirr, destinée aux victimes dans les diocèses, avait été créée par l'épiscopat français dans le sillage du rapport de la Ciase qui estimait à 330.000 le nombre de mineurs victimes de violences sexuelles dans l’Église.
Initialement créée pour trois ans, puis prolongée, elle verra finalement son mandat arriver à échéance fin août.
Que se passera-t-il ensuite? Les évêques n'ont pas encore tranché.
Ils se réunissent de mardi à vendredi à Lourdes pour leur traditionnelle assemblée plénière de printemps, et ils prévoient de plancher mercredi sur le "dispositif mineurs" mis en place par l’Église.
"Aujourd'hui encore, l'existence d'une instance indépendante demeure une nécessité", martèle Marie Derain de Vaucresson, la présidente de l'Inirr.
Car l'heure n'est pas encore à la fin des révélations, chaque victime parlant à son rythme, parfois des décennies plus tard, rappelle l'instance,qui plaide pour une réponse "pérenne" apportée via une instance "indépendante".
Le président de l'épiscopat Jean-Marc Aveline a déjà dit son souhait de transformer l'Inirr en "structure pérenne", sans donner de détails.
Les collectifs de victimes sont très vigilants sur ce point.
"Il faut que ce quelque chose de pérenne soit absolument indépendant", affirme Brigitte Navail du collectif Foi et résilience, en arguant que cette indépendance a été une des clés du "travail remarquable" de l'Inirr.
"C'est vraiment pour nous un point non négociable", ajoute-elle, mettant en garde contre toute tentation de confier le futur dispositif au niveau des diocèses: "il est inimaginable que la réparation financière, par exemple, soit donnée par l'évêque".
Mme Navail appelle aussi l’Église à continuer à associer les victimes au processus de réparation.
Les évêques doivent aussi se pencher, lors de leur assemblée plénière, sur le dispositif pour les adultes victimes de violences sexuelles, un thème déjà abordé mais qui a laissé les collectifs sur leur faim.
La Conférence des évêques de France avait opté en mars 2025 pour un "processus" d'écoute et d'accompagnement organisé au niveau des diocèses.
Autre sujet au programme: les catéchumènes (futurs baptisés), dont le nombre n'a cessé d'augmenter ces dernières années. Les chiffres sont généralement dévoilés à l'approche de Pâques qui est la période de baptême de ces nouveaux fidèles.
Les évêques commémoreront également le 30e anniversaire des 19 "bienheureux martyrs" en Algérie, des catholiques assassinés durant la guerre civile (1992-2002), dont les sept moines de Tibhirine en 1996.
Texte intégral (684 mots)
Au 31 décembre 2025, 1.789 personnes au total avaient adressé une demande à l'Instance nationale indépendante de reconnaissance et de réparation (Inirr), "dont 270 en 2025", affirme dans un communiqué l'instance créée en 2021.
Loin d'un tassement avec le temps, l'Inirr a connu l'an dernier une hausse de 35% de son activité, "en écho aux violences sexuelles révélées dans le cadre de l'enseignement catholique".
Car les révélations se sont succédé ces derniers mois, de Notre-Dame de Bétharram aux écoles catholiques lasalliennes, ce qui a pu réactiver le souvenir du traumatisme chez l'ensemble des victimes.
Un phénomène similaire s'était produit après les révélations sur l'abbé Pierre, dont la médiatisation avait poussé des victimes d'autres agresseurs à se manifester.
En quatre ans d'activité, 1.611 personnes ont donc obtenu une réponse de l'Inirr, et 1.225 ont été accompagnées par un référent. Les réparations financières se sont élevées en moyenne à 36.739 euros l'an dernier, dans la moyenne des années précédentes (le maximum étant de 60.000 euros).
L'instance précise que 33% des victimes sont des femmes, et que dans la moitié des cas (49%) elles avaient entre 11 et 15 ans au moment des faits. Dans 4% des cas, la victime avait moins de six ans.
Quant à l'âge où les victimes se décident à saisir l'instance, il baisse: de 64 ans en 2022, on est passé à 56 l'an dernier.
"une nécessité"
L'Inirr, destinée aux victimes dans les diocèses, avait été créée par l'épiscopat français dans le sillage du rapport de la Ciase qui estimait à 330.000 le nombre de mineurs victimes de violences sexuelles dans l’Église.
Initialement créée pour trois ans, puis prolongée, elle verra finalement son mandat arriver à échéance fin août.
Que se passera-t-il ensuite? Les évêques n'ont pas encore tranché.
Ils se réunissent de mardi à vendredi à Lourdes pour leur traditionnelle assemblée plénière de printemps, et ils prévoient de plancher mercredi sur le "dispositif mineurs" mis en place par l’Église.
"Aujourd'hui encore, l'existence d'une instance indépendante demeure une nécessité", martèle Marie Derain de Vaucresson, la présidente de l'Inirr.
Car l'heure n'est pas encore à la fin des révélations, chaque victime parlant à son rythme, parfois des décennies plus tard, rappelle l'instance,qui plaide pour une réponse "pérenne" apportée via une instance "indépendante".
Le président de l'épiscopat Jean-Marc Aveline a déjà dit son souhait de transformer l'Inirr en "structure pérenne", sans donner de détails.
Les collectifs de victimes sont très vigilants sur ce point.
"Il faut que ce quelque chose de pérenne soit absolument indépendant", affirme Brigitte Navail du collectif Foi et résilience, en arguant que cette indépendance a été une des clés du "travail remarquable" de l'Inirr.
"C'est vraiment pour nous un point non négociable", ajoute-elle, mettant en garde contre toute tentation de confier le futur dispositif au niveau des diocèses: "il est inimaginable que la réparation financière, par exemple, soit donnée par l'évêque".
Mme Navail appelle aussi l’Église à continuer à associer les victimes au processus de réparation.
Les évêques doivent aussi se pencher, lors de leur assemblée plénière, sur le dispositif pour les adultes victimes de violences sexuelles, un thème déjà abordé mais qui a laissé les collectifs sur leur faim.
La Conférence des évêques de France avait opté en mars 2025 pour un "processus" d'écoute et d'accompagnement organisé au niveau des diocèses.
Autre sujet au programme: les catéchumènes (futurs baptisés), dont le nombre n'a cessé d'augmenter ces dernières années. Les chiffres sont généralement dévoilés à l'approche de Pâques qui est la période de baptême de ces nouveaux fidèles.
Les évêques commémoreront également le 30e anniversaire des 19 "bienheureux martyrs" en Algérie, des catholiques assassinés durant la guerre civile (1992-2002), dont les sept moines de Tibhirine en 1996.