"Je suis très heureux et très fier, car je peux représenter et apporter la culture et la créativité du Vietnam au monde", a assuré le styliste à l'AFP.
Sa dernière collection, dévoilée hors calendrier à Paris en juillet, puisait dans l'esthétique du quotidien rural vietnamien avec des éventails en filets de pêche ou des bottes de paille aux feuilles de bananier.
Pour ce nouveau chapitre, présenté jeudi dans un hôtel particulier du XVIe arrondissement, le créateur remonte le fil de l'histoire et explore l'héritage de la dynastie impériale des Nguyen, notamment de l'empereur Khai Dinh et de la dernière impératrice consort de la lignée, Nam Phương.
"Leurs vies reflètent un moment historique charnière où la culture impériale vietnamienne a croisé l'influence occidentale", explique-t-il dans un communiqué.
En résulte un vestiaire aux robes du soir à la fois structurées et aériennes, où dominent la mousseline et le tulle, agrémentés d'ornements floraux et de perles.
"Un rêve"
Avant de pouvoir dévoiler ces silhouettes, le jeune créateur a dû affronter un contretemps d'envergure: sa collection, expédiée depuis le Vietnam, est restée bloquée plusieurs jours en douane.
"J'étais très nerveux ", confiait-il mardi depuis un petit appartement de l'ouest parisien où il préparait en urgence les essayages, quelques heures seulement après la livraison tant attendue des robes.
"Nous avons eu un problème de paperasse", explique le cofondateur et directeur général de la marque, Steven Doan, 40 ans.
Les deux hommes ont lancé la griffe en 2023. Au démarrage: la collection de fin d’études de Phan Huy à l’université de Hô Chi Minh-Ville, devenue virale. Elle a attiré rapidement l'attention de plusieurs célébrités vietnamiennes, dont les chanteuses My Tam et Ho Ngoc Ha.
"C'était un rêve parce que j'étais un jeune étudiant", se rappelle le créateur, pour qui la mode a toujours été une évidence.
Originaire d'un village de la province centrale de Quang Tri, Phan Huy a grandi dans la ville côtière de Nha Trang, où ses parents tiennent une boutique de rideaux.
Tout petit, il puise déjà dans les nombreuses chutes de tissus pour créer des vêtements pour poupées. "J'étais passionné de mode à six ans. J'ai toujours été très pointilleux sur mes propres tenues", sourit-il.
"Faire de la mode"
Sa collection virale tape également dans l'oeil de Steven Doan, ancien mannequin et styliste à Londres, qui le contacte afin de collaborer.
"J'ai été vraiment impressionné par le talent de Huy. Au Vietnam, le niveau de création est assez homogène, et quand on voit une collection différente, elle se démarque vraiment", assure-t-il.
Les deux hommes, qui ont autofinancé leur entreprise, ont rapidement vu leurs efforts porter leurs fruits.
"La première collection s'est entièrement vendue et nous avons réinvesti à partir de là ", explique Steven Doan. "Nous avons eu beaucoup de chance de recevoir de nombreuses commandes de clients du monde entier, pas seulement du Vietnam."
Propulsés cette semaine dans la cour des grands, aux côtés de ténors du luxe comme Dior, Chanel ou Armani, ils comptent bien mettre en avant leur savoir-faire.
Si le Vietnam est surtout perçu comme un acteur majeur de la production textile pour les marques occidentales, avec ce premier défilé, "nous voulons prouver que nous savons aussi faire de la mode", conclut Steven Doan.
Texte intégral (598 mots)
"Je suis très heureux et très fier, car je peux représenter et apporter la culture et la créativité du Vietnam au monde", a assuré le styliste à l'AFP.
Sa dernière collection, dévoilée hors calendrier à Paris en juillet, puisait dans l'esthétique du quotidien rural vietnamien avec des éventails en filets de pêche ou des bottes de paille aux feuilles de bananier.
Pour ce nouveau chapitre, présenté jeudi dans un hôtel particulier du XVIe arrondissement, le créateur remonte le fil de l'histoire et explore l'héritage de la dynastie impériale des Nguyen, notamment de l'empereur Khai Dinh et de la dernière impératrice consort de la lignée, Nam Phương.
"Leurs vies reflètent un moment historique charnière où la culture impériale vietnamienne a croisé l'influence occidentale", explique-t-il dans un communiqué.
En résulte un vestiaire aux robes du soir à la fois structurées et aériennes, où dominent la mousseline et le tulle, agrémentés d'ornements floraux et de perles.
"Un rêve"
Avant de pouvoir dévoiler ces silhouettes, le jeune créateur a dû affronter un contretemps d'envergure: sa collection, expédiée depuis le Vietnam, est restée bloquée plusieurs jours en douane.
"J'étais très nerveux ", confiait-il mardi depuis un petit appartement de l'ouest parisien où il préparait en urgence les essayages, quelques heures seulement après la livraison tant attendue des robes.
"Nous avons eu un problème de paperasse", explique le cofondateur et directeur général de la marque, Steven Doan, 40 ans.
Les deux hommes ont lancé la griffe en 2023. Au démarrage: la collection de fin d’études de Phan Huy à l’université de Hô Chi Minh-Ville, devenue virale. Elle a attiré rapidement l'attention de plusieurs célébrités vietnamiennes, dont les chanteuses My Tam et Ho Ngoc Ha.
"C'était un rêve parce que j'étais un jeune étudiant", se rappelle le créateur, pour qui la mode a toujours été une évidence.
Originaire d'un village de la province centrale de Quang Tri, Phan Huy a grandi dans la ville côtière de Nha Trang, où ses parents tiennent une boutique de rideaux.
Tout petit, il puise déjà dans les nombreuses chutes de tissus pour créer des vêtements pour poupées. "J'étais passionné de mode à six ans. J'ai toujours été très pointilleux sur mes propres tenues", sourit-il.
"Faire de la mode"
Sa collection virale tape également dans l'oeil de Steven Doan, ancien mannequin et styliste à Londres, qui le contacte afin de collaborer.
"J'ai été vraiment impressionné par le talent de Huy. Au Vietnam, le niveau de création est assez homogène, et quand on voit une collection différente, elle se démarque vraiment", assure-t-il.
Les deux hommes, qui ont autofinancé leur entreprise, ont rapidement vu leurs efforts porter leurs fruits.
"La première collection s'est entièrement vendue et nous avons réinvesti à partir de là ", explique Steven Doan. "Nous avons eu beaucoup de chance de recevoir de nombreuses commandes de clients du monde entier, pas seulement du Vietnam."
Propulsés cette semaine dans la cour des grands, aux côtés de ténors du luxe comme Dior, Chanel ou Armani, ils comptent bien mettre en avant leur savoir-faire.
Si le Vietnam est surtout perçu comme un acteur majeur de la production textile pour les marques occidentales, avec ce premier défilé, "nous voulons prouver que nous savons aussi faire de la mode", conclut Steven Doan.