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19.05.2026 à 09:57

FRANCE24
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Hanoï figure certains jours en tête du classement des villes les plus polluées au monde et doit en grande partie cette triste distinction à ses deux-roues, qui roulent presque tous aux carburants fossiles. Le gouvernement communiste avait annoncé l'an dernier un plan visant à bannir les deux-roues à essence d'une zone de 26 km² dans le centre historique. Face à l'opposition des usagers et aux retards dans la construction de stations de recharge électriques, les autorités ont réduit le projet à 11 rues, couvrant 0,5 km², seulement le vendredi soir et certains week-ends. Un recul qui illustre la difficile transition vers les véhicules électriques, même dans un pays autoritaire peu enclin à tolérer la dissidence. "Quasiment tout le monde s'oppose à l'interdiction", estime Phuong Anh Nguyen, une habitante de Hanoï propriétaire d'un scooter à essence. Cette chercheuse de 24 ans souffre de congestion chronique, qu'elle attribue à la pollution, mais refuse de passer à l'électrique. VinFast and furious Les responsables municipaux n'ont pas approuvé ce mois-ci la version réduite du projet, reportant la décision à juin et mettant en doute son application, prévue au 1er juillet. "C'est rare, mais ça arrive", commente l'analyste Nguyen Khac Giang. "Le gouvernement a tendance à reculer lorsque sa légitimité est menacée et je pense que c'est ce qui motive l'assouplissement des règles". Les deux-roues sont incontournables à Hanoï, que ce soit pour se rendre au travail, se déplacer en famille ou même transporter des marchandises. La ville en compte près de sept millions, soit sept fois plus que de voitures. Les transports publics sont limités dans le pays et de nombreuses personnes n'ont pas les moyens de s'acheter une voiture. Lorsque le projet d'interdiction a été annoncé en juillet dernier, les fabricants de deux-roues à essence ont fait front, laissant planer le risque de pertes d'emplois dans leurs usines vietnamiennes. Le constructeur local VinFast, spécialisé dans l'électrique, a vu ses ventes bondir depuis l'annonce, et certains analystes suggèrent que l'interdiction visait en partie à le favoriser. Mais VinFast n'a vendu que 400.000 deux-roues environ l'an dernier au Vietnam, contre 2,6 millions pour Honda. Précipitation "déroutante" Le gouvernement a proposé des subventions allant jusqu'à 5 millions de dongs (165 euros) pour encourager les usagers à acheter des scooters électriques. "Ce n'est pas suffisant, surtout pour une jeune diplômée comme moi", estime Hanh Nguyen, 24 ans, qui pointe également le manque de stations de recharge. D'autres usagers sont rebutés par des témoignages de pannes et d'incendies de batteries, qui ont poussé certains immeubles de Hanoï à interdire les deux-roues électriques. Les autorités oeuvrent à sécuriser les stations de recharge, mais construire des infrastructures prend du temps, tout comme sevrer la population des carburants fossiles. L'Union européenne a abandonné l'an passé son interdiction de vente de voitures neuves essence et diesel prévue pour 2035, et l'Inde s'est donnée un demi-siècle pour basculer vers l'électrique. Nguyen Minh Dong, ancien ingénieur chez Volkswagen devenu conseiller en électrification, qualifie de "déroutante" la précipitation des autorités vietnamiennes. "Le changement demande beaucoup de temps en raison des limites structurelles", explique-t-il. "La feuille de route visée par le Vietnam n'est pas adaptée".

19.05.2026 à 09:21

FRANCE24
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"S'ils ferment les pelouses du parc, où notre communauté pourra-t-elle exister? ", s'inquiète Jalisa Settles-Bey, 36 ans. La vendeuse ambulante oscille doucement au son des bongos et djembés qui rythment, chaque dimanche, ce rassemblement hérité du mouvement des droits civiques, après l'assassinat en 1965 du militant de la cause afro-américaine Malcolm X. "Cette colline est historiquement entourée de populations afro-américaines, retrace Mikey, originaire d'Ethiopie, un instrument en main. Malgré la gentrification, la communauté afro-américaine de DC (Washington), du Maryland, de Virginie continue de s'y rassembler lors du cercle de percussions". Mais en ce dimanche de printemps, les musiciens présents au Meridian Hill Park, le nom officiel du site, jouent face à des pelouses désertées, barrées par de longues bâches vertes portant le message: "Nous rendons DC sûr et beau ". Si, dans la partie basse du parc, la fontaine monumentale a été remise en eau et les espaces verts aménagés, la partie supérieure où le groupe se réunit depuis des décennies est toujours en travaux. "Exclure les habitants" En prévision du 250e anniversaire des Etats-Unis, Donald Trump s'est donné pour mission "d'embellir " la capitale fédérale. Mobilisant plusieurs milliards de dollars, le plan du président américain prévoit de rénover les monuments, nettoyer les fontaines ou renforcer la lutte contre les campements de sans-abri. Pour ses partisans, il s'agit de restaurer le prestige de la capitale. Mais pour nombre d'habitants, l'opération ressemble davantage à une reprise en main. Setha Low, anthropologue spécialiste des espaces publics à l'université de New York, assure que l'enjeu dépasse largement l'entretien paysager: " L'embellissement d'un espace a souvent signifié son aseptisation ou son hyper-sécurisation.  On revitalise, mais on contrôle qui peut être visible, qui peut se rassembler, et quelles histoires restent présentes". "On ne rend pas une ville sûre et belle en excluant ses habitants!", s'indigne Jesse Bogdan, coordinateur de la coalition Keep Malcolm X Open, créée en réaction. Il craint notamment "la minimisation du rôle des Afro-Américains" sur les panneaux historiques du parc, voire "que Trump lui donne son nom, comme il l'a fait avec le Kennedy Center", la salle de spectacles emblématique de la capitale. Le collectif a recueilli plus de 4.000 signatures, dénonçant l'absence de consultation publique et le calendrier des travaux,prévus quand les concerts, manifestations et rassemblements sont les plus nombreux. Intrusion politique "Contrairement aux villes européennes dotées de grandes places centrales, le plan urbain de Washington dispose de peu d'espaces ouverts", rappelle Setha Low. Les parcs sont donc "des foyers privilégiés d'activité politique", qu'il s'agisse des manifestations anti-Trump "No Kings" ou de celles ayant suivi la mort de George Floyd, un Afro-Américain tué par un policier blanc en 2020. Or, à Washington, près de 90 % des espaces verts relèvent du gouvernement fédéral, offrant un levier d'action unique à un président désireux de façonner la capitale. Après avoir décrit la ville comme "sale " et "dangereuse ", Donald Trump y multiplie les projets spectaculaires: nouvelle salle de bal à la Maison Blanche ou projet d'arc de triomphe monumental. La maire démocrate, Muriel Bowser, évolue quant à elle sur une ligne de crête : coopérer avec l'administration fédérale sur certains chantiers tout en défendant l'autonomie de Washington face à ce que nombre d'habitants perçoivent comme une intrusion politique. Même parmi les riverains favorables aux rénovations - qui ont accueilli la réouverture de la partie rénovée avec entrain - les motivations du gouvernement interrogent. "La fontaine était hors service, les pelouses très abîmées, c'était nécessaire. Mais beaucoup pensent que les financements n'arrivent que parce que certains veulent une ville impeccable pour les festivités" du 250e anniversaire, relève Dina Smith, qui promène son chien. Le Service des parcs nationaux (NPS) assure de son côté que les principales restaurations, achevées mi-mai, ont permis "d'améliorer la sécurité, la propreté et l'apparence du site". L'agence dit être consciente de l'intense vie communautaire du parc, sans toutefois arrêter une date de réouverture complète, estimée à "l'été 2026". D'ici là, la coalition de riverains prévoit, pinceaux en main, de détourner les panneaux "DC sûr et beau", en les recouvrant "d'oeuvres reflétant la diversité des usagers du parc ".

19.05.2026 à 09:17

FRANCE24
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Pour cette Cubaine de 56 ans, gardienne dans une entreprise d'Etat, la priorité est de survivre au jour le jour, sur une île qui traverse sa pire crise économique et énergétique depuis des décennies, aggravée par un blocus américain sur le pétrole en vigueur depuis janvier et qui n'a permis l'arrivée dans le pays que d'un seul pétrolier russe. "Nous essayons de ne pas penser à ça (la guerre), parce que nous avons tant de problèmes", explique cette habitante en montrant à l'AFP son réfrigérateur presque vide, avec à peine quelques bouteilles d'eau dans le congélateur pour une famille de sept personnes, dont trois enfants. La tension, raconte-t-elle, se vit déjà fortement au quotidien, entre les coupures de courant et les pénuries de nourriture et d'eau. "J'essaie de mettre (...) un peu de musique" pour ne pas "devenir folle". Les spéculations se multiplient sur d'éventuelles actions militaires de Washington contre l'île communiste dans un climat de fortes tensions entre les deux ennemis idéologiques. Le gouvernement cubain a réaffirmé lundi son droit à la légitime défense et averti qu'une éventuelle agression militaire américaine provoquerait un "bain de sang". "Pour moi, le mieux serait que les deux gouvernements parviennent à un accord", souffle Mme de la Cruz. "La même menace" Dans les rues de La Havane, nombreux sont ceux qui partagent ce mélange d'inquiétude et de scepticisme. Même si le ton entre La Havane et Washington est encore monté d'un cran ces derniers jours, la possibilité d'une guerre ne semble pas imminente pour les habitants interrogés par l'AFP. "Je ne pense pas que ça arrive", affirme Olaida Pozo, 52 ans, une femme au foyer qui rappelle que "la même menace" des Etats-Unis pèse sur Cuba depuis des décennies sans qu'elle ne se soit concrétisée en un conflit. "C'est toujours la même menace et, jusqu'à présent, jamais de la vie on n'a vu un bombardement ou une guerre", devise la quinquagénaire, assise à l'entrée de l'immeuble où elle vit, dans le centre historique de la ville. Près du port de La Havane, Alexis Pérez, 28 ans, un ouvrier du bâtiment, reconnaît qu'"une guerre ne sera jamais une bonne chose". A son avis, l'urgence est d'un autre ordre: "Ce qui est clair, c'est qu'il doit y avoir un changement" sur l'île, explique le jeune homme, tout en déplorant que beaucoup de jeunes Cubains considèrent l'émigration comme la seule issue face à l'absence de "solution" à leurs problèmes. Concernant les recommandations de la Défense civile diffusées ces jours derniers de préparer un sac à dos avec des aliments, des médicaments et des fournitures en prévision d'une éventuelle guerre, Alexi Perez assure avoir stocké "quelques produits". Mais il ne pense pas que "quelque chose d'aussi dramatique" qu'une guerre va se produire. "Nous avons quelques ressources prêtes, mais pas de façon aussi extrême, dramatique, qu'un sac à dos avec tout ce qu'il faut pour fuir", dit-il. L'île de 9,6 millions d'habitants fait face à une inflation galopante, ce qui complique aussi l'accès aux denrées de base pour la plupart des Cubains. D'autres habitants rejettent l'idée même d'une intervention militaire contre Cuba. "L'issue ce n'est pas une invasion", estime Osvaldo Mendoza, 61 ans, un maçon qui affirme que "ce dont nous avons besoin, c'est que le pays se développe économiquement pour pouvoir avoir de meilleures conditions de vie". "Les Américains ne sont pas fous", ajoute-t-il, avant de conclure: "Ce qui doit changer ici, c'est le système". Beatriz, une militaire retraitée de 40 ans qui a demandé à ne pas révéler son nom de famille, ne se prépare pas non plus à une guerre. "Je ne pense pas que nous devions en arriver à ces extrémités", dit-elle, même si elle estime qu'il doit y avoir des changements "pour le bien du peuple". "Une agression en tant que telle, des bombes, des coups de feu, ça non. Mais que les États-Unis interviennent et que ce soit pour une amélioration, ça me paraît bien", affirme-t-elle.

19.05.2026 à 09:17

FRANCE24
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Ce club d'apiculteurs, amateurs comme professionnels, se réunit régulièrement pour apprendre de nouvelles techniques et discuter des problèmes auxquels ils font face. L'un des principaux: une espèce d'acariens parasites, qui ravagent les ruches. Apiculteur chevronné, Roy Funkhouser devrait gérer environ 1.200 ruches. Mais cette année, il en a moins de 200. "C'est un vrai combat", explique-t-il à l'AFP. "Les parasites, les acariens, les virus, l'exposition aux pesticides et aux produits chimiques... Tout est devenu plus difficile qu'avant." Il n'est pas seul à dresser ce constat. Les apiculteurs américains traversent une grave crise. Ils ont perdu plus de la moitié de leurs colonies entre avril 2024 et avril 2025, selon les dernières estimations de l'association Apiary Inspectors of America, la plus forte baisse annuelle depuis que le groupe a commencé à mener des enquêtes auprès des apiculteurs. L'un des responsables de ces pertes est Varroa destructor, un acarien parasite de 1,5 mm ressemblant à un crabe, que le ministère américain de l'Agriculture (USDA) qualifie de "nuisible le plus redoutable pour les abeilles domestiques". Les parasites dévastent les colonies en se nourrissant des tissus des abeilles et en transmettant un virus qui déforme leurs ailes. Budget réduit Dans sa lutte contre ces nuisibles, Roy Funkhouser peut compter sur le soutien de Zac Lamas, chercheur au centre de recherche agricole de Beltsville, qui abrite le plus ancien laboratoire apicole du pays, à la pointe de la recherche dans ce domaine depuis plus d'un siècle. Son équipe "est venue une fois et on a tout échantillonné", raconte l'apiculteur. "Ils ont ramené des abeilles au labo pour les élever et ont mis en culture le pollen, la cire et beaucoup d'autres choses", ajoute-t-il. Le chercheur et ses collègues élaborent ensuite des recommandations destinées aux apiculteurs du pays. "Il ne s'agit pas seulement d'aider un seul apiculteur. On peut travailler avec des colonies ou des services de pollinisation valant plusieurs millions de dollars, qui pourraient disparaître parce que ces colonies sont menacées", explique Zac Lamas à l'AFP, entre deux démonstrations menées bras nus au-dessus des ruches. Le ministère américain de l'Agriculture, qui cherche à réduire les coûts, a pourtant décidé de fermer le centre de recherche où il travaille pour faire des économies, mettant l'avenir de son laboratoire en péril. Un porte-parole du ministère a indiqué à l'AFP que cette décision avait été prise en raison d'une réduction de plus de 32 millions de dollars du budget, alloué par le Congrès, pour la recherche agricole. Le laboratoire apicole de Zac Lamas, qui emploie une vingtaine de scientifiques, "coûte 3,2 millions de dollars par an" mais permet d'apporter des solutions à un problème évalué "à 600 millions de dollars", défend le chercheur. "Dire que nous sommes superflus et coûteux n'est pas une bonne façon de résumer la valeur de ce laboratoire ni son coût", tranche-t-il. Interrogé par l'AFP à propos de l'avenir du laboratoire apicole, notamment pour savoir s'il pourrait être déplacé ailleurs, le ministère n'a pas répondu. "Une grande perte" A cause de l'incertitude qui pèse sur le sort de l'installation, Zac Lamas a accepté un poste dans une université locale. Il craint que le démentèlement du laboratoire ne mène à une perte de savoir. "Vous avez une dizaine de personnes animées par le service public, dont l'unique objectif est de contribuer à la sécurité alimentaire des Américains", explique-t-il. Réunies au sein d'un laboratoire, ces personnes, dont les compétences sont "complémentaires", peuvent travailler ensemble à résoudre des problèmes. Les apiculteurs aussi sont inquiets. "Ce sera une grande perte", regrette Roy Funkhouser. "Nous avons obtenu des résultats grâce à de nombreux tests et identifié beaucoup de dysfonctionnements." "Le problème, malheureusement, c'est qu'on a à peine réglé un souci qu'un autre apparaît l'année suivante."

19.05.2026 à 09:15

FRANCE24
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Les effluents d'élevage (fumier, lisier), tels qu'ils sont en général entassés en bordure de champ avant d'être épandus plus tard dans l'année, fermentent naturellement et émettent du méthane, alors pourquoi ne pas recueillir ce gaz pour le vendre? D'autant que la Haute-Garonne fait partie des départements au revenu agricole parmi les plus faibles de France, explique Bertrand Loup, l'éleveur bovin qui a porté ce projet de méthaniseur, en service depuis un an, avec dix autres agriculteurs. "C'est passionnant, mais c'est regrettable qu'on soit obligés de faire des métiers différents pour survivre", explique-t-il en consultant des écrans où s'affichent notamment quantité et composition du gaz ainsi capté. "Danger" Face à une filière d'élevage "en danger", "avec une crise des vocations et possiblement à terme beaucoup de fermes qui allaient fermer", la méthanisation permet de retrouver de la rentabilité sans avoir "besoin de s'agrandir et de bouffer les voisins", explique-t-il. Le procédé, qui apparaît dès la fin du XVIIIe siècle principalement pour du chauffage, s'est beaucoup développé dans les années 2010 sous une forme nouvelle visant à épurer le méthane pour pouvoir l'envoyer dans les réseaux de distribution, raconte Pascal Grouiez, professeur d'économie écologique à l'Université Paris Cité. Une dynamique que l'Etat français - qui voit dans ce biométhane une énergie renouvelable et une alternative au gaz d'origine fossile, notamment russe - a encouragée en apportant des subventions et en fixant des tarifs d'achat garantis pour 15 ans. A Blajan, le méthaniseur a été bien accueilli, estime Bertrand Loup, mais d'autres projets rencontrent ailleurs l'opposition des riverains, inquiets d'éventuelles nuisances olfactives, d'embouteillages liés au transport des intrants ou de risques environnementaux. Le choix de la méthanisation représente une "industrialisation" de l'élevage qui "répond surtout à une souffrance agricole", estime Cécile Argentin, présidente de France Nature Environnement Occitanie Pyrénées. "Si les agriculteurs étaient moins mal en termes de revenu, pouvaient prendre trois semaines de vacances et avaient un revenu digne de ce nom, certains ne se tourneraient pas vers la méthanisation", assure-t-elle. Cette façon de diversifier les revenus est effectivement appréciée dans un secteur vulnérable aux aléas climatiques et variations des prix du marché. "Du jour au lendemain, tout bascule, (...) rien n'est fixé sur plusieurs années, alors que pour la +métha+, on a un prix de vente sur 15 ans", se félicite Baptiste Sarraute, 26 ans, l'un des 11 éleveurs associés. Gain de temps Un employé vient chaque semaine chercher fumier et lisier directement dans les exploitations, évitant aux agriculteurs de devoir gérer ces effluents. Pour Baptiste Sarraute, qui a repris la ferme familiale en 2020, c'est le principal avantage de la méthanisation: "On passait à peu près deux mois de l'année à épandre et transporter ces effluents." Puis, fumier, lisier et ensilage (fourrage issu de la culture de céréales) sont brassés dans des cuves de 3.000 m3, où la température est maintenue autour de 60°C, explique Bertrand Loup. Quelque 27.000 tonnes de biomasse sont ainsi traitées à l'année, et 20 MWh de biométhane injectés dans le réseau de GRDF, soit la consommation de la ville voisine de Saint-Gaudens (12.000 habitants), selon l'éleveur. La matière digérée par les bactéries, le digestat, peut ensuite, grâce à l'azote qu'il contient, remplacer tout ou partie des engrais chimiques. Une ressource précieuse, car le coût des engrais les plus utilisés en France a bondi de 30 à 40% depuis le début de la guerre déclenchée au Moyen-Orient par les Etats-Unis et le blocage du détroit d'Ormuz par l'Iran, selon le média spécialisé Argus Media. Fin 2023, la France comptait 1.911 unités de méthanisation, selon un rapport de la Cour des comptes publié en 2025. Il s'en installe moins qu'avant, mais "il y a quand même encore de l'avenir pour la méthanisation", note Pascal Grouiez. Le gouvernement y compte bien, pour "quadrupler (l)a production de biogaz d'ici à 2030" et "décarboner complètement la consommation de gaz d'ici à 2050", selon la Cour des comptes. Des objectifs "inatteignables", estime M. Grouiez. Mais pour Bertrand Loup, pas le choix: "Il faut décarboner. Et si c'est pas nous, ce sera Total."
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