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05.06.2026 à 06:07

FRANCE24
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Les deux candidats tenaient leur dernier rassemblement de campagne à Lima, dans un contexte de hausse de la criminalité et d'instabilité politique chronique. Tous deux présentent cette élection comme un tournant pour un pays qui a vu se succéder huit présidents en une décennie. Les sondages donnent les deux candidats au coude-à-coude, avec encore près d'un électeur sur cinq indécis à quelques jours du vote. "Nous représentons le progrès, eux le recul", a ajouté la fille de l'ancien président autocrate Alberto Fujimori, appelant les électeurs indécis à "choisir, au-delà de nos différences". Agitant drapeaux et banderoles, ses partisans scandaient "Keiko présidente !" tandis que les haut-parleurs diffusaient une chanson répétant : "Voici la Chinoise ! La voilà qui arrive en force", reprenant le surnom sous lequel elle est connue au Pérou, hérité de son père d'origine japonaise. "Nous ne pouvons pas les laisser gagner avec le communisme et le terrorisme", affirme dans la foule Mérida Delgado Pérez, 65 ans, exprimant sa crainte qu'une victoire de la gauche n'entraîne le Pérou sur la voie empruntée selon elle par le Venezuela ou Cuba. "La sécurité s'est fortement dégradée au Pérou et nous espérons que la personne qui prendra le pouvoir pourra améliorer la situation", explique Jeanette Cordon, une infirmière de 32 ans, qui votera pour Keiko Fujimori. Lima a enregistré 23 homicides pour 100.000 habitants en 2025, soit trois fois plus que cinq ans plus tôt, selon les données officielles. "La fin du chaos" Les partisans de Keiko Fujimori saluent le rôle joué par son père dans la défaite des guérillas des années 1980 et 1990, et dans la stabilisation de l'économie, tandis que ses détracteurs rappellent sa condamnation pour corruption et violations des droits humains. Roberto Sanchez, 57 ans, allié de l'ancien président emprisonné Pedro Castillo, se présente comme le candidat du changement pour les régions pauvres et rurales et accuse les élites et le Parlement d'être responsables d'années d'instabilité. "Le 7 juin, le peuple se lèvera pour réclamer la démocratie, les droits humains, la justice sociale et la paix sociale", a lancé le candidat de gauche, sous les feux d'artifice et au son de la musique andine. "Ce sera la fin du chaos, la fin de Madame K, la fin des assassinats, de la corruption et de l'impunité. A bas la dame mafieuse, à bas le fujimorisme!" a-t-il poursuivi, coiffé du chapeau paysan offert par Pedro Castillo, devenu l'un des symboles de sa campagne. L'ancien instituteur devenu président a été emprisonné après sa tentative avortée de dissoudre le Parlement en 2022. Roberto Sanchez a promis, s'il accède à la présidence, de gracier son mentor. "Dire que le communisme arrive est un slogan de la droite", estime Victor Huapaya, un avocat de 34 ans, coiffé lui aussi d'un chapeau paysan. Près de 27 millions d'électeurs sont appelés aux urnes dimanche dans ce pays où le vote est obligatoire.

05.06.2026 à 05:11

FRANCE 24
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La Chambre américaine des représentants a approuvé jeudi une résolution prévoyant une aide à l'Ukraine et de nouvelles sanctions à l'encontre de la Russie, un nouveau revers pour le président Donald Trump. Le président Vladimir Poutine doit prendre la parole vendredi à Saint-Pétersbourg lors d'un important forum d'investissements rassemblant responsables russes et étrangers. Suivez notre direct sur la guerre en Ukraine.
Texte intégral (514 mots)
La Chambre américaine des représentants a approuvé jeudi une résolution prévoyant une aide à l'Ukraine et de nouvelles sanctions à l'encontre de la Russie, un nouveau revers pour le président Donald Trump. Le président Vladimir Poutine doit prendre la parole vendredi à Saint-Pétersbourg lors d'un important forum d'investissements rassemblant responsables russes et étrangers. Suivez notre direct sur la guerre en Ukraine.

05.06.2026 à 04:59

FRANCE24
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Le créateur des modèles Claude évoque notamment le risque d'une "perte de contrôle" pour expliquer sa proposition, qui prend à contre-pied la course aux performances engagées entre les géants du secteur à coups d'investissements faramineux, en dépit des questions éthiques, sociales et environnementales. "Nous pensons qu'il serait bon pour le monde d'avoir la possibilité de ralentir ou de suspendre temporairement le développement de l'IA de pointe, afin de permettre aux structures sociétales et à la recherche sur l'alignement de suivre le rythme des progrès de la technologie", plaide l'entreprise, dans un texte publié par son centre de réflexion, l'Anthropic Institute. L'entreprise, en compétition acharnée avec OpenAI, Google ou encore le Chinois DeepSeek, plaide pour la création d'un système de coordination mondiale afin qu'aucun rival n'en profite pour prendre les devants. Faute de tel mécanisme, "les entreprises et les gouvernements devront prendre des décisions de sécurité difficiles, sous la pression de la concurrence et des enjeux géopolitiques", écrit-elle. "Pédale de frein" Anthropic cite le précédent du traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI). Il souligne que ce cadre a mis des décennies à s'établir, mais que le temps est plus pressant pour l'IA, jugée "bien plus facile à dissimuler que des silos de missiles". Interrogé sur la BBC, Jack Clark, cofondateur de l'entreprise avec Dario et Daniela Amodei, a de son côté dressé le parallèle avec le boom pétrolier du début du XXe siècle, accompagné selon lui de règles apportant "la confiance" de la population et évitant de devoir "se préoccuper de la personnalité des dirigeants de ces entreprises." "En ce moment, c'est comme si le secteur de l'IA avait une pédale d'accélérateur mais pas de pédale de frein", a-t-il averti. Cette proposition intervient en pleine frénésie financière autour de cette révolution technologique, marquée par la récente annonce par SpaceX, le groupe d'Elon Musk qui comprend notamment le laboratoire d'intelligence artificielle xAI, de son projet d'introduction en Bourse qui s'annonce comme la plus grande de l'Histoire. Anthropic, dont la valorisation a quasi triplé en trois mois, a également posé début juin le premier jalon en vue d'une entrée en Bourse. "Auto-amélioration" Son idée de pause devrait se heurter à de fortes résistances aux Etats-Unis, où nombre de responsables et dirigeants de la tech refusent tout ralentissement qui offrirait à la Chine un avantage décisif. Donald Trump a toutefois affirmé avoir évoqué la possibilité d'une coopération avec la Chine sur la sûreté de l'IA, lors d'une récente visite à Pékin. Le président américain, après avoir tergiversé, a par ailleurs signé cette semaine un décret très attendu sur la régulation du secteur, qui permet un contrôle gouvernemental des modèles les plus avancés, au nom de la cybersécurité, mais uniquement "sur la base du volontariat". Anthropic, fondé par des dissidents d'OpenAI, s'est construit une image de laboratoire mettant l'éthique et la sécurité au centre. Mais le laboratoire fait l'objet de critiques de l'industrie et de responsables de la Maison Blanche, qui l'accusent d'exagérer les risques, voire de mener une stratégie de "marketing de la peur". Depuis deux mois, Anthropic restreint la diffusion de Mythos, son modèle le plus avancé, afin d'établir des correctifs de cybersécurité avant de le rendre public. Anthropic a annoncé la sortie de modèles aux performances équivalentes "dans les prochaines semaines" et des systèmes comparables sont attendus chez ses concurrents. L'entreprise justifie sa proposition en dévoilant des données internes illustrant la possibilité d'atteindre un jour l'"auto-amélioration récursive", c'est-à-dire le point où des systèmes d'IA deviendront capables d'entraîner leurs successeurs, avec un rôle humain réduit. "Rien ne garantit qu'une telle bascule soit à l'horizon", relativise l'entreprise, mais "si les tendances actuelles se poursuivent", cela deviendrait "plausible". L'entreprise y voit autant un bond pour la médecine, la technologie et l'économie qu'un risque de "perte de contrôle".
Texte intégral (703 mots)
Le créateur des modèles Claude évoque notamment le risque d'une "perte de contrôle" pour expliquer sa proposition, qui prend à contre-pied la course aux performances engagées entre les géants du secteur à coups d'investissements faramineux, en dépit des questions éthiques, sociales et environnementales. "Nous pensons qu'il serait bon pour le monde d'avoir la possibilité de ralentir ou de suspendre temporairement le développement de l'IA de pointe, afin de permettre aux structures sociétales et à la recherche sur l'alignement de suivre le rythme des progrès de la technologie", plaide l'entreprise, dans un texte publié par son centre de réflexion, l'Anthropic Institute. L'entreprise, en compétition acharnée avec OpenAI, Google ou encore le Chinois DeepSeek, plaide pour la création d'un système de coordination mondiale afin qu'aucun rival n'en profite pour prendre les devants. Faute de tel mécanisme, "les entreprises et les gouvernements devront prendre des décisions de sécurité difficiles, sous la pression de la concurrence et des enjeux géopolitiques", écrit-elle. "Pédale de frein" Anthropic cite le précédent du traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI). Il souligne que ce cadre a mis des décennies à s'établir, mais que le temps est plus pressant pour l'IA, jugée "bien plus facile à dissimuler que des silos de missiles". Interrogé sur la BBC, Jack Clark, cofondateur de l'entreprise avec Dario et Daniela Amodei, a de son côté dressé le parallèle avec le boom pétrolier du début du XXe siècle, accompagné selon lui de règles apportant "la confiance" de la population et évitant de devoir "se préoccuper de la personnalité des dirigeants de ces entreprises." "En ce moment, c'est comme si le secteur de l'IA avait une pédale d'accélérateur mais pas de pédale de frein", a-t-il averti. Cette proposition intervient en pleine frénésie financière autour de cette révolution technologique, marquée par la récente annonce par SpaceX, le groupe d'Elon Musk qui comprend notamment le laboratoire d'intelligence artificielle xAI, de son projet d'introduction en Bourse qui s'annonce comme la plus grande de l'Histoire. Anthropic, dont la valorisation a quasi triplé en trois mois, a également posé début juin le premier jalon en vue d'une entrée en Bourse. "Auto-amélioration" Son idée de pause devrait se heurter à de fortes résistances aux Etats-Unis, où nombre de responsables et dirigeants de la tech refusent tout ralentissement qui offrirait à la Chine un avantage décisif. Donald Trump a toutefois affirmé avoir évoqué la possibilité d'une coopération avec la Chine sur la sûreté de l'IA, lors d'une récente visite à Pékin. Le président américain, après avoir tergiversé, a par ailleurs signé cette semaine un décret très attendu sur la régulation du secteur, qui permet un contrôle gouvernemental des modèles les plus avancés, au nom de la cybersécurité, mais uniquement "sur la base du volontariat". Anthropic, fondé par des dissidents d'OpenAI, s'est construit une image de laboratoire mettant l'éthique et la sécurité au centre. Mais le laboratoire fait l'objet de critiques de l'industrie et de responsables de la Maison Blanche, qui l'accusent d'exagérer les risques, voire de mener une stratégie de "marketing de la peur". Depuis deux mois, Anthropic restreint la diffusion de Mythos, son modèle le plus avancé, afin d'établir des correctifs de cybersécurité avant de le rendre public. Anthropic a annoncé la sortie de modèles aux performances équivalentes "dans les prochaines semaines" et des systèmes comparables sont attendus chez ses concurrents. L'entreprise justifie sa proposition en dévoilant des données internes illustrant la possibilité d'atteindre un jour l'"auto-amélioration récursive", c'est-à-dire le point où des systèmes d'IA deviendront capables d'entraîner leurs successeurs, avec un rôle humain réduit. "Rien ne garantit qu'une telle bascule soit à l'horizon", relativise l'entreprise, mais "si les tendances actuelles se poursuivent", cela deviendrait "plausible". L'entreprise y voit autant un bond pour la médecine, la technologie et l'économie qu'un risque de "perte de contrôle".

05.06.2026 à 04:27

FRANCE24
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Après trois semaines de débats devant le tribunal correctionnel de Marseille, le ministère public a réclamé la peine la plus sévère - 16 ans de prison - contre Bingui, 35 ans, extradé par le Maroc en janvier et que le ministre de la Justice Gérald Darmanin avait alors qualifié d'"un des plus gros narcotrafiquants du pays". Jugé pour trafic de stupéfiants, association de malfaiteurs et blanchiment, le tout en récidive légale, il encourt 20 ans de prison. La décision de justice est prévue à 16h00. Outre "Fé", alias "Le Chat", les peines les plus lourdes ont été réclamées contre Mohamed Hussein Saleh, qualifié de "bras droit" (12 ans de prison), et Zine Eddine Belkai, "grand gérant" des points de vente du réseau, en fuite (10 ans). Le procureur a demandé que ces peines soient assorties d'une période de sûreté des deux tiers, et réclamé des amendes allant jusqu'à 500.000 euros pour Félix Bingui. "Si on les écoute, personne n'a rien fait, n'a rien vu", mais "la réalité, ce sont des quantités astronomiques de drogues proposées à la population marseillaise, des sommes astronomiques qui génèrent des profits colossaux par des circuits organisés", a lancé dans son réquisitoire le représentant du ministère public, soulignant que "les enquêteurs ont travaillé des mois pour atteindre les chefs de réseau". "Le but de la procédure n'était pas la manifestation de la vérité, mais de faire tomber M. Bingui", a rétorqué Me Philippe Ohayon, qui dans sa plaidoirie a dénoncé "un réquisitoire politique, prononcé au nom d'une politique pénale", et "une inversion des valeurs" avec une peine requise équivalente à celle d'un violeur multirécidiviste ou d'un meurtrier. Paris sportifs et poker Très concentré tout au long des débats, Bingui, qui compte 13 inscriptions à son casier, a nié toute implication dans le trafic qu'on lui reproche, affirmant être installé depuis 2021 à l'étranger, d'abord en Espagne, puis aux Emirats et enfin au Maroc. Son train de vie dispendieux entre vols en classe affaires et séjours en hôtels de luxe, il le justifie essentiellement par son "don" pour les paris sportifs, et sa réussite au poker ou à la "barboute" (dés). Une source de revenus "évoquée de manière récurrente dans le dossier", ironisera la présidente du tribunal. D'autres prévenus - convoyeurs, ravitailleurs ou conditionneurs - ont reconnu les faits qui leur étaient reprochés, tout en minimisant leur rôle dans le réseau et surtout en refusant d'en identifier les chefs. Pendant deux ans, d'août 2021 à juin 2023, les enquêteurs ont surveillé, écouté, suivi les prévenus, mis en cause pour la gestion de plusieurs points de vente des quartiers Nord, principalement celui de "La Fontaine", situé à l'entrée de la cité de la Paternelle et considéré à l'époque comme l'un des plus juteux de Marseille. Les trafics de cette cité, qui généraient des dizaines de milliers d'euros de chiffre d'affaires quotidien, seront début 2023 au cœur de la guerre de territoires entre le gang des Yoda et la future DZ Mafia, qui prendra le dessus au bout de plusieurs mois et au prix de dizaines de morts et de blessés à Marseille. alc/smk/cbn/alh
Texte intégral (565 mots)
Après trois semaines de débats devant le tribunal correctionnel de Marseille, le ministère public a réclamé la peine la plus sévère - 16 ans de prison - contre Bingui, 35 ans, extradé par le Maroc en janvier et que le ministre de la Justice Gérald Darmanin avait alors qualifié d'"un des plus gros narcotrafiquants du pays". Jugé pour trafic de stupéfiants, association de malfaiteurs et blanchiment, le tout en récidive légale, il encourt 20 ans de prison. La décision de justice est prévue à 16h00. Outre "Fé", alias "Le Chat", les peines les plus lourdes ont été réclamées contre Mohamed Hussein Saleh, qualifié de "bras droit" (12 ans de prison), et Zine Eddine Belkai, "grand gérant" des points de vente du réseau, en fuite (10 ans). Le procureur a demandé que ces peines soient assorties d'une période de sûreté des deux tiers, et réclamé des amendes allant jusqu'à 500.000 euros pour Félix Bingui. "Si on les écoute, personne n'a rien fait, n'a rien vu", mais "la réalité, ce sont des quantités astronomiques de drogues proposées à la population marseillaise, des sommes astronomiques qui génèrent des profits colossaux par des circuits organisés", a lancé dans son réquisitoire le représentant du ministère public, soulignant que "les enquêteurs ont travaillé des mois pour atteindre les chefs de réseau". "Le but de la procédure n'était pas la manifestation de la vérité, mais de faire tomber M. Bingui", a rétorqué Me Philippe Ohayon, qui dans sa plaidoirie a dénoncé "un réquisitoire politique, prononcé au nom d'une politique pénale", et "une inversion des valeurs" avec une peine requise équivalente à celle d'un violeur multirécidiviste ou d'un meurtrier. Paris sportifs et poker Très concentré tout au long des débats, Bingui, qui compte 13 inscriptions à son casier, a nié toute implication dans le trafic qu'on lui reproche, affirmant être installé depuis 2021 à l'étranger, d'abord en Espagne, puis aux Emirats et enfin au Maroc. Son train de vie dispendieux entre vols en classe affaires et séjours en hôtels de luxe, il le justifie essentiellement par son "don" pour les paris sportifs, et sa réussite au poker ou à la "barboute" (dés). Une source de revenus "évoquée de manière récurrente dans le dossier", ironisera la présidente du tribunal. D'autres prévenus - convoyeurs, ravitailleurs ou conditionneurs - ont reconnu les faits qui leur étaient reprochés, tout en minimisant leur rôle dans le réseau et surtout en refusant d'en identifier les chefs. Pendant deux ans, d'août 2021 à juin 2023, les enquêteurs ont surveillé, écouté, suivi les prévenus, mis en cause pour la gestion de plusieurs points de vente des quartiers Nord, principalement celui de "La Fontaine", situé à l'entrée de la cité de la Paternelle et considéré à l'époque comme l'un des plus juteux de Marseille. Les trafics de cette cité, qui généraient des dizaines de milliers d'euros de chiffre d'affaires quotidien, seront début 2023 au cœur de la guerre de territoires entre le gang des Yoda et la future DZ Mafia, qui prendra le dessus au bout de plusieurs mois et au prix de dizaines de morts et de blessés à Marseille. alc/smk/cbn/alh

05.06.2026 à 04:15

FRANCE24
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Mercredi, à l'ouverture de l'événement dans l'ancienne Leningrad soviétique, ville natale de M. Poutine, des drones ukrainiens avaient frappé une installation pétrolière et un site militaire à proximité. Les invités arrivant au forum ont été accueillis avec un panache de fumée noire en arrière-plan. A la veille de son discours, point d'orgue de la rencontre annuelle, Vladimir Poutine a été interpellé par Volodymyr Zelensky qui a réitéré sa proposition de cessez-le-feu "complet" et lui a proposé une rencontre en tête-à-tête. "Vos ressources diminuent considérablement. Vous n'aurez pas assez d'argent ni de capital politique pour continuer à acheter la loyauté des Russes comme vous l'avez fait ces 26 dernières années", a averti le président ukrainien dans une lettre ouverte. Plus de quatre ans après le début de la guerre contre l'Ukraine, la Russie fait face à de multiples sanctions occidentales, une inflation élevée, des coûts d'emprunt prohibitifs et des pénuries de main-d'oeuvre, qui placent son économie dans une situation délicate. Alors que la situation sur le front est proche de l'impasse, l'Ukraine multiplie les frappes sur les dépôts, raffineries de pétrole et oléoducs russes pour priver Moscou de l'une de ses principales sources de revenus. Dans la nuit de jeudi à vendredi, le ministère russe a encore indiqué avoir abattu 123 drones ukrainiens, y compris au dessus de la région de Moscou mais pas dans celle de Saint-Pétersbourg où se déroule le forum. De leur côté, les autorités ukrainiennes ont fait état de bombardements russes, tuant trois personnes au total jeudi soir et vendredi au petit matin dans les régions de Zaporijjia et Dnipropetrovsk (est) ainsi que celle de Kherson (sud). "Lente dégradation" Vladimir Poutine a jusqu'à présent minimisé les difficultés de l'économie russe, préférant insister sur sa résilience face aux sanctions occidentales. Interrogé par l'AFP au sujet des difficultés économiques de la Russie, le dirigeant russe a cité l'auteur américain Mark Twain jeudi, lors d'une rencontre avec des responsables d'agences de presse internationales. "Les rumeurs sur ma mort sont grandement exagérées", a lancé M. Poutine, rejetant l'idée que la Russie soit au bord d'une crise majeure. Le PIB russe s'est contracté de 0,2% au cours des trois premiers mois de l'année, selon les statistiques officielles — la première baisse trimestrielle en trois ans. Et l'Etat a affiché un déficit budgétaire de 80 milliards de dollars au cours des quatre premiers mois de 2026 — soit l'équivalent de 2,5% du PIB annuel et plus que ce qui était prévu pour l'ensemble de l'année. "L'économie russe entre dans une phase de stagnation, marquée par des taux d'intérêt élevés et une forte pression inflationniste", relève jeudi Alexandre Koliandre, économiste russe basé à Londres. Pour autant, la Russie ne risque selon lui pas un retour à la crise chaotique des années 1990. "Il s'agit simplement d'une lente dégradation de tous les secteurs", explique-t-il à l'AFP. Ancien "Davos russe" La Russie est l'un des pays développés les moins endettés au monde (environ 15% du PIB fin 2025) et dispose d'un fonds souverain d'environ 156 milliards d'euros. Ses exportations d'hydrocarbures connaissent une hausse considérable depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, qui a bouleversé les marchés énergétiques. Le Forum économique international de Saint-Pétersbourg (SPIEF) était autrefois surnommé le "Davos russe" et les investisseurs occidentaux s'y pressaient pour conclure des accords et côtoyer l'élite russe. Depuis le début de la guerre en Ukraine, il est devenu une illustration de la nouvelle place de la Russie dans le monde. Les invités viennent désormais de Chine et d'Arabie saoudite et les Américains et Européens se font plus rares. Cette année, des personnalités telles que l'ancien acteur hollywoodien Steven Seagal, devenu partisan de Poutine, la figure complotiste américaine Candace Owens ou des députés du parti d'extrême droite allemand AfD ont été conviés. Coupures d'internet Les Russes sont, eux, de plus en plus nombreux à souffrir de la hausse du coût de la vie. Des petites et moyennes entreprises interrogées par l'AFP ont affirmé qu'elles risquaient de fermer. "Les gens ont moins d'enfants, se serrent la ceinture, et les coûts augmentent", explique Svetlana, propriétaire d'une marque de vêtements à Khabarovsk, une ville de l'Extrême-Orient russe. Les coupures d'internet — imposées officiellement pour contrer les frappes de drones ukrainiens — font que son terminal de paiement par carte est souvent hors service. Vera, 42 ans, propriétaire d'un salon de beauté dans la région de Moscou, a vu le prix de ses fournitures "doubler" cette année. Mais après avoir survécu à une "quasi-faillite" en 2022, elle est convaincue que "ces difficultés ne sont que des désagréments".
Texte intégral (827 mots)
Mercredi, à l'ouverture de l'événement dans l'ancienne Leningrad soviétique, ville natale de M. Poutine, des drones ukrainiens avaient frappé une installation pétrolière et un site militaire à proximité. Les invités arrivant au forum ont été accueillis avec un panache de fumée noire en arrière-plan. A la veille de son discours, point d'orgue de la rencontre annuelle, Vladimir Poutine a été interpellé par Volodymyr Zelensky qui a réitéré sa proposition de cessez-le-feu "complet" et lui a proposé une rencontre en tête-à-tête. "Vos ressources diminuent considérablement. Vous n'aurez pas assez d'argent ni de capital politique pour continuer à acheter la loyauté des Russes comme vous l'avez fait ces 26 dernières années", a averti le président ukrainien dans une lettre ouverte. Plus de quatre ans après le début de la guerre contre l'Ukraine, la Russie fait face à de multiples sanctions occidentales, une inflation élevée, des coûts d'emprunt prohibitifs et des pénuries de main-d'oeuvre, qui placent son économie dans une situation délicate. Alors que la situation sur le front est proche de l'impasse, l'Ukraine multiplie les frappes sur les dépôts, raffineries de pétrole et oléoducs russes pour priver Moscou de l'une de ses principales sources de revenus. Dans la nuit de jeudi à vendredi, le ministère russe a encore indiqué avoir abattu 123 drones ukrainiens, y compris au dessus de la région de Moscou mais pas dans celle de Saint-Pétersbourg où se déroule le forum. De leur côté, les autorités ukrainiennes ont fait état de bombardements russes, tuant trois personnes au total jeudi soir et vendredi au petit matin dans les régions de Zaporijjia et Dnipropetrovsk (est) ainsi que celle de Kherson (sud). "Lente dégradation" Vladimir Poutine a jusqu'à présent minimisé les difficultés de l'économie russe, préférant insister sur sa résilience face aux sanctions occidentales. Interrogé par l'AFP au sujet des difficultés économiques de la Russie, le dirigeant russe a cité l'auteur américain Mark Twain jeudi, lors d'une rencontre avec des responsables d'agences de presse internationales. "Les rumeurs sur ma mort sont grandement exagérées", a lancé M. Poutine, rejetant l'idée que la Russie soit au bord d'une crise majeure. Le PIB russe s'est contracté de 0,2% au cours des trois premiers mois de l'année, selon les statistiques officielles — la première baisse trimestrielle en trois ans. Et l'Etat a affiché un déficit budgétaire de 80 milliards de dollars au cours des quatre premiers mois de 2026 — soit l'équivalent de 2,5% du PIB annuel et plus que ce qui était prévu pour l'ensemble de l'année. "L'économie russe entre dans une phase de stagnation, marquée par des taux d'intérêt élevés et une forte pression inflationniste", relève jeudi Alexandre Koliandre, économiste russe basé à Londres. Pour autant, la Russie ne risque selon lui pas un retour à la crise chaotique des années 1990. "Il s'agit simplement d'une lente dégradation de tous les secteurs", explique-t-il à l'AFP. Ancien "Davos russe" La Russie est l'un des pays développés les moins endettés au monde (environ 15% du PIB fin 2025) et dispose d'un fonds souverain d'environ 156 milliards d'euros. Ses exportations d'hydrocarbures connaissent une hausse considérable depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, qui a bouleversé les marchés énergétiques. Le Forum économique international de Saint-Pétersbourg (SPIEF) était autrefois surnommé le "Davos russe" et les investisseurs occidentaux s'y pressaient pour conclure des accords et côtoyer l'élite russe. Depuis le début de la guerre en Ukraine, il est devenu une illustration de la nouvelle place de la Russie dans le monde. Les invités viennent désormais de Chine et d'Arabie saoudite et les Américains et Européens se font plus rares. Cette année, des personnalités telles que l'ancien acteur hollywoodien Steven Seagal, devenu partisan de Poutine, la figure complotiste américaine Candace Owens ou des députés du parti d'extrême droite allemand AfD ont été conviés. Coupures d'internet Les Russes sont, eux, de plus en plus nombreux à souffrir de la hausse du coût de la vie. Des petites et moyennes entreprises interrogées par l'AFP ont affirmé qu'elles risquaient de fermer. "Les gens ont moins d'enfants, se serrent la ceinture, et les coûts augmentent", explique Svetlana, propriétaire d'une marque de vêtements à Khabarovsk, une ville de l'Extrême-Orient russe. Les coupures d'internet — imposées officiellement pour contrer les frappes de drones ukrainiens — font que son terminal de paiement par carte est souvent hors service. Vera, 42 ans, propriétaire d'un salon de beauté dans la région de Moscou, a vu le prix de ses fournitures "doubler" cette année. Mais après avoir survécu à une "quasi-faillite" en 2022, elle est convaincue que "ces difficultés ne sont que des désagréments".
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