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24.05.2026 à 14:39

FRANCE24
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Des partisans du chef du Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate), Özgür Özel, tentaient depuis le matin de bloquer l'accès au bâtiment, refusant que le chef de l'opposition turque en soit délogé. Des policiers casqués et équipés de boucliers ont pénétré en début d'après-midi à l'intérieur du bâtiment, après avoir fait usage de gaz lacrymogènes, en vue d'en extraire les dirigeants du parti. "Nous ne sortirons pas d'ici !", avait lancé peu avant M. Özel, féroce opposant au président Recep Tayyip Erdogan, dans une vidéo partagée sur les réseaux sociaux. Jeudi, un tribunal d'Ankara avait invalidé au motif d'irrégularités l'élection fin 2023 de M. Özel à la tête du CHP, ordonnant son remplacement par son ancien patron, Kemal Kiliçdaroglu, tombé en disgrâce au sein de la formation. Des partisans de M. Kiliçdaroglu ont tenté dimanche de forcer l'entrée du siège du parti, avant que les autorités ordonnent à la police d'intervenir. Des scènes similaires avaient eu lieu l'an passé à Istanbul, quand la justice avait nommé un administrateur à la tête de la direction provinciale du CHP. Sorti large vainqueur d'élections locales en 2024, le CHP croule depuis sous les enquêtes et les arrestations. L'an passé, le maire d'Istanbul Ekrem Imamoglu, sa figure la plus populaire, a été arrêté pour "corruption" et placé en détention le jour même de sa désignation comme candidat à la prochaine élection présidentielle, prévue en 2028.

24.05.2026 à 14:19

FRANCE24
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Interrogé dans le cadre d'un oui/non, il a répondu "oui" à la question de savoir s'il demeurerait l'entraîneur de Lens pour y disputer la prochaine Ligue des champions. L'ancien coach de Lyon a vu sa cote grimper grâce à un premier exercice au-delà de toutes les attentes dans le bassin minier (deuxième de Ligue 1, première titre du club en Coupe de France). L'entraîneur a également répondu par la négative au cours de l'émission de TF1 sur le fait de s'imaginer sur le banc de Marseille, qu'Habib Beye, dont il a été l'adjoint au Red Star en 2022-2023, devrait bientôt quitter. "Je pense que Pierre Sage va continuer. Maintenant, Pierre, comme n'importe quel joueur du Racing Club de Lens, sont des gens qui sont aujourd'hui très convoités", avait indiqué pour sa part samedi le président des Sang et Or Joseph Oughourlian. "On ne fera pas de folie et on ne se mettra pas à payer des salaires qui ne correspondent pas à ce qu'on s'est fixé au niveau du club", avait-il poursuivi au lendemain de la finale de Coupe de France remportée contre Nice (3-1). Le profil du technicien de 47 ans, qui a évoqué "de nombreux contacts", intéresserait plusieurs clubs anglais, notamment Crystal Palace, selon la presse. Interrogé sur ses envies éventuelles de Premier League, Sage a confié à Téléfoot son rêve d'entraîner un jour Liverpool. Le club de l'Artois s'attend à laisser filer plusieurs joueurs lors du marché des transferts cet été: Malang Sarr, en fin de contrat, mais aussi les révélations Samson Baidoo et Mamadou Sangaré, ou encore Allan Saint-Maximin pourraient partir.

24.05.2026 à 13:42

FRANCE 24
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Retour sur les temps forts de l'actualité de la semaine : l'épidémie d'Ebola sévit en RD Congo, Vladimir Poutine et Xi Jinping se sont rencontrés à Pékin, l'image insolite de l'actrice Arisa Sasaki habillée en Sirène au festival de Cannes, ou encore l'humiliation des militants de la "Flottille pour Gaza" par le ministre israélien de la Sécurité nationale.
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Retour sur les temps forts de l'actualité de la semaine : l'épidémie d'Ebola sévit en RD Congo, Vladimir Poutine et Xi Jinping se sont rencontrés à Pékin, l'image insolite de l'actrice Arisa Sasaki habillée en Sirène au festival de Cannes, ou encore l'humiliation des militants de la "Flottille pour Gaza" par le ministre israélien de la Sécurité nationale.

24.05.2026 à 13:37

FRANCE24
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Trois jeunes ont été mis en examen pour tentative de meurtre en bande organisée en relation avec une entreprise terroriste, le quatrième pour complicité de cette tentative de meurtre et association de malfaiteurs terroriste criminelle, selon une source judiciaire, qui confirmait des sources proches du dossier. Ils ont été placés en détention provisoire. Ancien officier algérien et journaliste critique du pouvoir, Hichem Aboud est établi depuis les années 90 en France, où il bénéficie d'un titre de séjour. En 2002, il a publié le livre "La mafia des généraux", interdit en Algérie. "Mon client a découvert cette tentative de meurtre par l'AFP, mais cela ne l'étonne pas", a réagi son avocat Dalil Essakali, dénonçant "des tentatives d'assassinat" à Liège et à Paris, ainsi qu'"un enlèvement" à Barcelone en octobre 2024. "La tentative d'assassinat du mois de février 2025 s'inscrit dans la logique des choses après le ratage de l'opération de Barcelone", estime ainsi Hichem Aboud auprès de l'AFP. "Il fallait et il faudrait m'éliminer pour me faire taire". Pour Hichem Aboud, cette ouverture d'information judiciaire antiterroriste montre que la justice française le prend "enfin au sérieux", poursuit son avocat. "Jusqu'à maintenant, ses plaintes n'ont pas abouti". D'après l'une des sources proches du dossier, les enquêteurs ont découvert le "contrat sur la tête" d'Hichem Aboud dans le cadre d'investigations sur le braquage d'un musée en novembre 2024 près de Lyon. Ils ont alors remonté un groupe sur la messagerie cryptée Signal, jusqu'à une équipe d'exécutants présumés, dont celui qui devait tirer pour la somme de 10.000 euros, d'après cette source proche. En février 2025, cette équipe est "montée" à Roubaix (Nord) avec une "consigne de tuer et une adresse". Le plan avorte car la cible ne se trouve pas sur place, d'après les sources proches du dossier. Contactée par l'AFP, l'avocate du tireur présumé, Marie Buisson, n'a pas souhaité s'exprimer à ce stade. - "Tournant" - Samedi, les débats sur le placement en détention provisoire des suspects se sont déroulés à huis clos au tribunal de Paris, le procureur évoquant "de nombreuses investigations encore à effectuer" et "beaucoup de mensonges et d'entraves dans cette enquête". L'AFP a toutefois assisté aux débuts de l'une de ces audiences, avant que le huis clos ne soit ordonné par le juge des libertés et de la détention. L'un des jeunes suspects, cheveux touffus, barbe brune, est apparu calme dans le box, vêtu d'un pull camionneur. Sollicités par l'AFP, ses avocats, Pierre Zientara et Ambroise Palle, ont refusé de commenter. Outre les quatre suspects, une cinquième personne avait été placée en garde à vue dans les locaux de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), d'après une source judiciaire. Mais elle a été relâchée sans poursuite à ce stade, selon une source proche du dossier. Ces mises en examen surviennent quelques jours après la visite à Alger du ministre de la Justice Gérald Darmanin pour acter, avec le président algérien Abdelmadjid Tebboune, d'un apaisement avec l'Algérie en termes de coopération judiciaire, après une crise acrimonieuse de presque deux ans. Des dossiers très sensibles impliquent Alger et Paris, comme celui de Christophe Gleizes, journaliste sportif français arrêté en Algérie dans le cadre d'un reportage et condamné à sept ans de prison pour apologie du terrorisme. Mais aussi celui de l'opposant Amir Boukhors, de son nom de blogueur "Amir DZ", enlevé le 29 avril 2024 en région parisienne, puis relâché le 1er mai. Comme Hichem Aboud, Amir DZ est visé depuis mars 2022 par un mandat d'arrêt international émis par un tribunal d'Algérie, son pays d'origine l'accusant d'appartenance à un groupe terroriste. Pour l'avocat d'Hichem Aboud, ce dossier, où un agent consulaire algérien compte parmi les mis en examen et un mandat d'arrêt international a été émis contre un ancien responsable de l'ambassade d'Algérie, a constitué "un tournant" dans l'appréhension de la justice française de ce type de faits commis à l'encontre d'Algériens sur son territoire. Et Hichem Aboud "n'écarte aucune hypothèse sur les commanditaires" du contrat pour meurtre le visant.
Texte intégral (728 mots)
Trois jeunes ont été mis en examen pour tentative de meurtre en bande organisée en relation avec une entreprise terroriste, le quatrième pour complicité de cette tentative de meurtre et association de malfaiteurs terroriste criminelle, selon une source judiciaire, qui confirmait des sources proches du dossier. Ils ont été placés en détention provisoire. Ancien officier algérien et journaliste critique du pouvoir, Hichem Aboud est établi depuis les années 90 en France, où il bénéficie d'un titre de séjour. En 2002, il a publié le livre "La mafia des généraux", interdit en Algérie. "Mon client a découvert cette tentative de meurtre par l'AFP, mais cela ne l'étonne pas", a réagi son avocat Dalil Essakali, dénonçant "des tentatives d'assassinat" à Liège et à Paris, ainsi qu'"un enlèvement" à Barcelone en octobre 2024. "La tentative d'assassinat du mois de février 2025 s'inscrit dans la logique des choses après le ratage de l'opération de Barcelone", estime ainsi Hichem Aboud auprès de l'AFP. "Il fallait et il faudrait m'éliminer pour me faire taire". Pour Hichem Aboud, cette ouverture d'information judiciaire antiterroriste montre que la justice française le prend "enfin au sérieux", poursuit son avocat. "Jusqu'à maintenant, ses plaintes n'ont pas abouti". D'après l'une des sources proches du dossier, les enquêteurs ont découvert le "contrat sur la tête" d'Hichem Aboud dans le cadre d'investigations sur le braquage d'un musée en novembre 2024 près de Lyon. Ils ont alors remonté un groupe sur la messagerie cryptée Signal, jusqu'à une équipe d'exécutants présumés, dont celui qui devait tirer pour la somme de 10.000 euros, d'après cette source proche. En février 2025, cette équipe est "montée" à Roubaix (Nord) avec une "consigne de tuer et une adresse". Le plan avorte car la cible ne se trouve pas sur place, d'après les sources proches du dossier. Contactée par l'AFP, l'avocate du tireur présumé, Marie Buisson, n'a pas souhaité s'exprimer à ce stade. - "Tournant" - Samedi, les débats sur le placement en détention provisoire des suspects se sont déroulés à huis clos au tribunal de Paris, le procureur évoquant "de nombreuses investigations encore à effectuer" et "beaucoup de mensonges et d'entraves dans cette enquête". L'AFP a toutefois assisté aux débuts de l'une de ces audiences, avant que le huis clos ne soit ordonné par le juge des libertés et de la détention. L'un des jeunes suspects, cheveux touffus, barbe brune, est apparu calme dans le box, vêtu d'un pull camionneur. Sollicités par l'AFP, ses avocats, Pierre Zientara et Ambroise Palle, ont refusé de commenter. Outre les quatre suspects, une cinquième personne avait été placée en garde à vue dans les locaux de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), d'après une source judiciaire. Mais elle a été relâchée sans poursuite à ce stade, selon une source proche du dossier. Ces mises en examen surviennent quelques jours après la visite à Alger du ministre de la Justice Gérald Darmanin pour acter, avec le président algérien Abdelmadjid Tebboune, d'un apaisement avec l'Algérie en termes de coopération judiciaire, après une crise acrimonieuse de presque deux ans. Des dossiers très sensibles impliquent Alger et Paris, comme celui de Christophe Gleizes, journaliste sportif français arrêté en Algérie dans le cadre d'un reportage et condamné à sept ans de prison pour apologie du terrorisme. Mais aussi celui de l'opposant Amir Boukhors, de son nom de blogueur "Amir DZ", enlevé le 29 avril 2024 en région parisienne, puis relâché le 1er mai. Comme Hichem Aboud, Amir DZ est visé depuis mars 2022 par un mandat d'arrêt international émis par un tribunal d'Algérie, son pays d'origine l'accusant d'appartenance à un groupe terroriste. Pour l'avocat d'Hichem Aboud, ce dossier, où un agent consulaire algérien compte parmi les mis en examen et un mandat d'arrêt international a été émis contre un ancien responsable de l'ambassade d'Algérie, a constitué "un tournant" dans l'appréhension de la justice française de ce type de faits commis à l'encontre d'Algériens sur son territoire. Et Hichem Aboud "n'écarte aucune hypothèse sur les commanditaires" du contrat pour meurtre le visant.

24.05.2026 à 13:29

FRANCE24
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"Je servirai le Bénin avec intégrité, avec courage et avec constance. Je servirai avec la conscience permanente que le pouvoir n'est jamais un privilège personnel", a promis le nouveau président dimanche lors de son investiture. Pendant la courte campagne électorale qui l'a porté au pouvoir avec plus de 94% des voix, Romuald Wadagni a cherché à casser son image de technocrate en allant à la rencontre des populations à travers tout le pays. Dans un style décontracté, tel un conférencier, souvent sans cravate ni costume, il a enchaîné les meetings sans note, balayant tous les sujets comme pour sortir de l'image de l'économiste pur jus qui lui colle à la peau. "Pendant cette campagne, il a montré son vrai visage, il a une personnalité proche des gens, c'est sa vraie nature", assure un membre de son entourage. Issu d'une famille d'intellectuels - son père Nestor était un important économiste béninois et sa mère entrepreneure -, "RoW", comme le surnomment ses partisans, est né le 20 juin 1976 à Lokossa, dans le sud-ouest, près du Togo voisin. Il dit être resté proche de son terroir et aime rappeler qu'il possède une exploitation agricole qu'il n'a jamais perdue de vue. Sa première vie se passe toutefois loin du Bénin: après des études en finance à l’École supérieure de commerce de Grenoble (France), il suit une formation à Harvard (États-Unis) et rejoint ensuite le prestigieux cabinet Deloitte, où il deviendra associé et s'occupe notamment des opérations africaines. En avril 2016, à quelques mois de ses 40 ans, Patrice Talon, qui vient d'être élu président, lui confie les rênes du ministère de l’Économie et des Finances pour mettre en place un ambitieux programme de réformes économiques. Sous sa houlette, le Bénin assainit ses finances avec un déficit divisé par trois et ramené à 3% du PIB, se lance dans de grands chantiers d'infrastructures et modernise son économie. En 2021, lorsque M. Talon est réélu, il maintient sa confiance à M. Wadagni et le promeut même ministre d’État. "Continuité" La croissance est au rendez-vous, au-delà de 6% en moyenne sur la décennie, et les investisseurs internationaux plébiscitent ce bon élève ouest-africain. En tant que président, M. Wadagni "va s'inscrire dans la continuité de ce qui a été fait", souligne l'analyste politique Franck Kinninvo. Mais gouverner un pays ne se cantonne pas au développement économique: le président devra aussi affronter les violences jihadistes qui frappent durement l'armée dans le nord du pays. Son entourage est formel: le président Talon l'a associé à toutes les décisions sécuritaires prises ces dernières années et l'a adoubé pour lui succéder. Pour la campagne, il a obtenu le soutien des deux principaux partis de la majorité, et même le ralliement de certains opposants. "C'est un rassembleur", dit un proche. "Certains lui reprochent une relative discrétion politique, mais cela peut aussi être une force dans un contexte où la sobriété et l'efficacité sont recherchées. Pour nous, Wadagni représente une nouvelle génération de leadership, moins dans le discours et plus dans l'impact", estime Lucien Fayomi, un militant qui le soutient. Sur le plan diplomatique, il devrait là aussi jouer la carte de la continuité. S'il ne cache pas sa proximité avec la France, dans une Afrique de l'Ouest où l'ancienne puissance coloniale est de plus en plus impopulaire, il pense pouvoir reprendre le dialogue avec le Niger voisin, où la junte souverainiste au pouvoir est ouvertement hostile au Bénin. La présence du Premier ministre nigérien dimanche à son investiture laisse penser qu'une détente est possible. Maintiendra-t-il le tour de vis donné aux libertés publiques, après 10 années de verrouillage du pays durant lesquelles des opposants ont été condamnés à de lourdes peines pour divers crimes? Élu pour un mandat de sept ans renouvelable une fois, Romuald Wadagni pourrait théoriquement rester au pouvoir jusqu'en 2040.
Texte intégral (669 mots)
"Je servirai le Bénin avec intégrité, avec courage et avec constance. Je servirai avec la conscience permanente que le pouvoir n'est jamais un privilège personnel", a promis le nouveau président dimanche lors de son investiture. Pendant la courte campagne électorale qui l'a porté au pouvoir avec plus de 94% des voix, Romuald Wadagni a cherché à casser son image de technocrate en allant à la rencontre des populations à travers tout le pays. Dans un style décontracté, tel un conférencier, souvent sans cravate ni costume, il a enchaîné les meetings sans note, balayant tous les sujets comme pour sortir de l'image de l'économiste pur jus qui lui colle à la peau. "Pendant cette campagne, il a montré son vrai visage, il a une personnalité proche des gens, c'est sa vraie nature", assure un membre de son entourage. Issu d'une famille d'intellectuels - son père Nestor était un important économiste béninois et sa mère entrepreneure -, "RoW", comme le surnomment ses partisans, est né le 20 juin 1976 à Lokossa, dans le sud-ouest, près du Togo voisin. Il dit être resté proche de son terroir et aime rappeler qu'il possède une exploitation agricole qu'il n'a jamais perdue de vue. Sa première vie se passe toutefois loin du Bénin: après des études en finance à l’École supérieure de commerce de Grenoble (France), il suit une formation à Harvard (États-Unis) et rejoint ensuite le prestigieux cabinet Deloitte, où il deviendra associé et s'occupe notamment des opérations africaines. En avril 2016, à quelques mois de ses 40 ans, Patrice Talon, qui vient d'être élu président, lui confie les rênes du ministère de l’Économie et des Finances pour mettre en place un ambitieux programme de réformes économiques. Sous sa houlette, le Bénin assainit ses finances avec un déficit divisé par trois et ramené à 3% du PIB, se lance dans de grands chantiers d'infrastructures et modernise son économie. En 2021, lorsque M. Talon est réélu, il maintient sa confiance à M. Wadagni et le promeut même ministre d’État. "Continuité" La croissance est au rendez-vous, au-delà de 6% en moyenne sur la décennie, et les investisseurs internationaux plébiscitent ce bon élève ouest-africain. En tant que président, M. Wadagni "va s'inscrire dans la continuité de ce qui a été fait", souligne l'analyste politique Franck Kinninvo. Mais gouverner un pays ne se cantonne pas au développement économique: le président devra aussi affronter les violences jihadistes qui frappent durement l'armée dans le nord du pays. Son entourage est formel: le président Talon l'a associé à toutes les décisions sécuritaires prises ces dernières années et l'a adoubé pour lui succéder. Pour la campagne, il a obtenu le soutien des deux principaux partis de la majorité, et même le ralliement de certains opposants. "C'est un rassembleur", dit un proche. "Certains lui reprochent une relative discrétion politique, mais cela peut aussi être une force dans un contexte où la sobriété et l'efficacité sont recherchées. Pour nous, Wadagni représente une nouvelle génération de leadership, moins dans le discours et plus dans l'impact", estime Lucien Fayomi, un militant qui le soutient. Sur le plan diplomatique, il devrait là aussi jouer la carte de la continuité. S'il ne cache pas sa proximité avec la France, dans une Afrique de l'Ouest où l'ancienne puissance coloniale est de plus en plus impopulaire, il pense pouvoir reprendre le dialogue avec le Niger voisin, où la junte souverainiste au pouvoir est ouvertement hostile au Bénin. La présence du Premier ministre nigérien dimanche à son investiture laisse penser qu'une détente est possible. Maintiendra-t-il le tour de vis donné aux libertés publiques, après 10 années de verrouillage du pays durant lesquelles des opposants ont été condamnés à de lourdes peines pour divers crimes? Élu pour un mandat de sept ans renouvelable une fois, Romuald Wadagni pourrait théoriquement rester au pouvoir jusqu'en 2040.
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