Ce comptage "hors norme" avait été prévu par la loi pour la refondation de Mayotte, après le passage dévastateur du cyclone Chido en décembre 2024, pour actualiser des chiffres datant de 2017 - l'institut de la statistique était depuis passé à un recensement partiel annuel, comme ailleurs en France - et répondre à une polémique persistante.
Le chiffre de 323.153 habitants au 1er janvier 2026 "confirme la forte croissance de la population, de 26% par rapport à septembre 2017, date du précédent recensement exhaustif, ce qui correspond à 66.000 habitants supplémentaires", indique Pierre Greffet, directeur interrégional de l'Insee La Réunion-Mayotte.
"La croissance est ainsi de 2,8% en moyenne par an, ce qui en fait la plus forte de tous les départements français", ajoute-t-il, précisant que "la population de Mayotte a doublé depuis 2002".
Depuis des années, la classe politique mahoraise accuse l'Insee d'ignorer une partie des habitants, notamment dans les bidonvilles, affirmant que l'archipel compte jusqu'au demi-million habitants.
Après le passage de Chido, le ministre des Outre-mer d'alors Manuel Valls avait lui aussi estimé que Mayotte n'était "pas loin des 500.000 habitants", quelques semaines après que le Premier ministre en exercice François Bayrou ne réclame un recensement "précis" de la population.
A la clef de la supposée sous-estimation pointée par les élus locaux: des dotations insuffisantes et des services publics saturés.
L'institut national de la statistique maintenait de son côté son estimation de 329.000 habitants au 1er janvier 2025, dont environ la moitié de nationalité étrangère.
Du 27 novembre 2025 au 24 janvier 2026, quelque 700 agents recenseurs recrutés par les 17 communes de l'archipel ont sillonné le territoire, y compris dans les quartiers d'habitat informel et ont comptabilisé 323.153 habitants.
"L'Insee a confiance dans la valeur de ce chiffre, qui résulte d'une opération de recensement de très grande qualité", a déclaré à l'AFP son directeur général Fabrice Lenglart.
L'Insee a notamment confronté ses chiffres à la consommation de riz sur le territoire. "Les données des Douanes relatives aux importations de riz confortent le niveau de population. Les importations ont augmenté de 15% en 2025, en lien avec le passage du cyclone Chido. L'absence de production locale (notamment de manioc ou de bananes) a conduit les habitants à modifier leur consommation".
D'autres indicateurs ont par ailleurs été étudiés: le nombre de carte SIM et la consommation des foyers en électricité.
Beaucoup d'entrées et de sorties
Le recensement intègre ainsi "les arrivées importantes sur le territoire mahorais venant de l'étranger, mais aussi un phénomène moins souvent mis en exergue: celui de nombreux départs de Mayotte, en particulier de natifs" de l'archipel "vers l'Hexagone et La Réunion", précise M. Lenglart.
La croissance de Mayotte, "sans commune mesure" avec celle de tout autre département français, s'explique avant tout par un excédent des naissances sur les décès de 8.800 en moyenne par an entre 2017 et 2025, sur un territoire "extrêmement jeune" où près de la moitié de la population a moins de 18 ans.
Cette progression de la population reste pourtant loin des estimations avancées par les élus locaux, en raison des départs, nombreux, qui compensent presque intégralement les arrivées.
"Le solde migratoire est faiblement négatif entre 2017 et 2026. Il y a légèrement plus de départs que d'arrivées, mais cela cache une double réalité: il y a à la fois beaucoup de départs de natifs" de l'archipel "et beaucoup d'entrées d'étrangers sur le territoire", selon Fabrice Lenglart.
Entre 2018 et 2025, l'aéroport de Mayotte a de son côté enregistré près de 8.000 sorties de plus que d'entrées. "Des sorties par les airs, pour beaucoup de natifs" et "des entrées par les mers, pour l'essentiel d'étrangers", relève le directeur de l'Insee.
Signe de l'ampleur du phénomène: en 2022, 68% des bacheliers mahorais ayant formulé des vœux sur la plateforme Parcoursup ont accepté une formation en dehors du territoire.
Texte intégral (671 mots)
Ce comptage "hors norme" avait été prévu par la loi pour la refondation de Mayotte, après le passage dévastateur du cyclone Chido en décembre 2024, pour actualiser des chiffres datant de 2017 - l'institut de la statistique était depuis passé à un recensement partiel annuel, comme ailleurs en France - et répondre à une polémique persistante.
Le chiffre de 323.153 habitants au 1er janvier 2026 "confirme la forte croissance de la population, de 26% par rapport à septembre 2017, date du précédent recensement exhaustif, ce qui correspond à 66.000 habitants supplémentaires", indique Pierre Greffet, directeur interrégional de l'Insee La Réunion-Mayotte.
"La croissance est ainsi de 2,8% en moyenne par an, ce qui en fait la plus forte de tous les départements français", ajoute-t-il, précisant que "la population de Mayotte a doublé depuis 2002".
Depuis des années, la classe politique mahoraise accuse l'Insee d'ignorer une partie des habitants, notamment dans les bidonvilles, affirmant que l'archipel compte jusqu'au demi-million habitants.
Après le passage de Chido, le ministre des Outre-mer d'alors Manuel Valls avait lui aussi estimé que Mayotte n'était "pas loin des 500.000 habitants", quelques semaines après que le Premier ministre en exercice François Bayrou ne réclame un recensement "précis" de la population.
A la clef de la supposée sous-estimation pointée par les élus locaux: des dotations insuffisantes et des services publics saturés.
L'institut national de la statistique maintenait de son côté son estimation de 329.000 habitants au 1er janvier 2025, dont environ la moitié de nationalité étrangère.
Du 27 novembre 2025 au 24 janvier 2026, quelque 700 agents recenseurs recrutés par les 17 communes de l'archipel ont sillonné le territoire, y compris dans les quartiers d'habitat informel et ont comptabilisé 323.153 habitants.
"L'Insee a confiance dans la valeur de ce chiffre, qui résulte d'une opération de recensement de très grande qualité", a déclaré à l'AFP son directeur général Fabrice Lenglart.
L'Insee a notamment confronté ses chiffres à la consommation de riz sur le territoire. "Les données des Douanes relatives aux importations de riz confortent le niveau de population. Les importations ont augmenté de 15% en 2025, en lien avec le passage du cyclone Chido. L'absence de production locale (notamment de manioc ou de bananes) a conduit les habitants à modifier leur consommation".
D'autres indicateurs ont par ailleurs été étudiés: le nombre de carte SIM et la consommation des foyers en électricité.
Beaucoup d'entrées et de sorties
Le recensement intègre ainsi "les arrivées importantes sur le territoire mahorais venant de l'étranger, mais aussi un phénomène moins souvent mis en exergue: celui de nombreux départs de Mayotte, en particulier de natifs" de l'archipel "vers l'Hexagone et La Réunion", précise M. Lenglart.
La croissance de Mayotte, "sans commune mesure" avec celle de tout autre département français, s'explique avant tout par un excédent des naissances sur les décès de 8.800 en moyenne par an entre 2017 et 2025, sur un territoire "extrêmement jeune" où près de la moitié de la population a moins de 18 ans.
Cette progression de la population reste pourtant loin des estimations avancées par les élus locaux, en raison des départs, nombreux, qui compensent presque intégralement les arrivées.
"Le solde migratoire est faiblement négatif entre 2017 et 2026. Il y a légèrement plus de départs que d'arrivées, mais cela cache une double réalité: il y a à la fois beaucoup de départs de natifs" de l'archipel "et beaucoup d'entrées d'étrangers sur le territoire", selon Fabrice Lenglart.
Entre 2018 et 2025, l'aéroport de Mayotte a de son côté enregistré près de 8.000 sorties de plus que d'entrées. "Des sorties par les airs, pour beaucoup de natifs" et "des entrées par les mers, pour l'essentiel d'étrangers", relève le directeur de l'Insee.
Signe de l'ampleur du phénomène: en 2022, 68% des bacheliers mahorais ayant formulé des vœux sur la plateforme Parcoursup ont accepté une formation en dehors du territoire.