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16.06.2026 à 08:37

FRANCE24
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"Une fois stérilisés, ces moustiques seront relâchés en zone urbaine, ils iront chercher des femelles, ils s'accoupleront, mais lorsque ces femelles iront pondre des oeufs, ceux-ci seront vides. Dès lors, la femelle n'aura plus de descendance", détaille Clelia Oliva, cofondatrice de Terratis. Apparue il y a 50 ans dans l'agriculture, la technique de l'insecte stérile se développe dans la lutte contre les moustiques au fur et à mesure que progressent les insectes vecteurs de maladies infectieuses, comme la dengue ou le chikungunya. En France, le moustique tigre, aedes albopictus, apparu en 2004 dans le Sud-Est, est désormais présent dans 83 départements, sa progression favorisée par le changement climatique. Mais les défis restent nombreux pour le déploiement à grande échelle de cette solution. Parmi la cinquantaine de projets industriels en développement dans le monde, la start-up Terratis, montée en 2024, compte parmi les plus prometteuses. Elle produit actuellement un million et demi de moustiques tigres stériles par semaine et prévoit de passer à 40 millions d'ici deux ans. "Cette année nous avons eu une explosion des commandes", dit Mme Oliva, avec un intérêt croissant des municipalités. Diminuer les coûts "Sur le principe, la technique du moustique stérile fonctionne", explique Frédéric Simard, directeur de l'Institut de recherche et de développement (IRD) de Montpellier qui a accompagné la création de Terratis. "Il y a cependant des challenges à relever au niveau de l'ingénierie afin d'augmenter les rendements, de diminuer les coûts, d'adapter la méthode à chacun des territoires auxquels elle est destinée (...) pour qu'elle soit compétitive, viable et durable", ajoute l'entomologiste. "Aujourd'hui, si je peux tenter une image, on en est à la version de l'iPhone 1.0". En Amérique du Sud, en Asie, une autre méthode est privilégiée : celle du moustique infecté par la bactérie Wolbachia rendant l'insecte incapable de transmettre les virus de la dengue, du zika et du chikungunya. Au Brésil, l’usine de moustiques Wolbachia produit à elle seule cent millions d'oeufs par semaine. "La technique Wolbachia, la stérilisation, les pièges, les insecticides, tout cela doit être combiné intelligemment", souligne M. Simard. "Le moustique Wolbachia est une solution d'urgence pour stopper le risque sanitaire, tandis que le moustique stérile s'inscrit dans le temps long." Originaire d'Asie du sud-est, le moustique tigre s'est répandu dans le monde entier, "attaquant sans distinction pays riches et pays pauvres", constate Frédéric Simard. Avec pour effet de "pousser les bailleurs de fonds à s'intéresser au problème, à financer la recherche et les solutions". Flou réglementaire Au coeur du quartier Malbosc à Montpellier, une expérimentation débutée en août 2025 se poursuit cette année. "Deux fois par semaine, nous dispersons 100.000 moustiques sur 31 points de lâcher", décrit Florian Vernichon, employé chez Terratis, en s'écartant de la nuée d'insectes qu'il vient de libérer. Cette lutte a un coût : "nous n'avons pas les moyens de financer des lâchers à l'échelle de la ville et nous pensons que c'est le rôle de l'État et des ARS (Agence régionale de santé) de s'en charger", explique à l'AFP Stéphane Jouault, adjoint au maire délégué à la nature et à la biodiversité, qui estime le montant de cette expérimentation à 70.000 euros. En France, le moustique stérile est aussi victime d'un "flou réglementaire qui pourrait gêner les investissements privés", puisqu’il n’est "ni un biocide, ni un insecte transgénique", note Frédéric Simard. À Brive-la-Gaillarde (Corrèze), où Terratis a relâché 11 millions de moustiques stériles en mai 2025, "la moitié des œufs prêts à éclore au printemps étaient stériles, 90% le seront à l’issue de leété 2026", assure Clelia Oliva. L'objectif "c'est de pouvoir diminuer les densités de moustiques tigres fortement et durablement", son éradication n'étant plus envisageable, note la cheffe d'entreprise et chercheuse. En 2025, année record selon Santé Publique France, 809 cas autochtones de chikungunya et 30 cas autochtones de dengue ont été comptabilisés. Est-ce que chacun aura bientôt "son petit gobelet de moustiques stériles à relâcher dans son jardin ?", s'interroge Frédéric Simard. Il juge plausible de produire dans le futur "plusieurs milliards de moustiques stériles" si le marché parvient à se structurer.

16.06.2026 à 08:23

FRANCE24
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Les rapaces, descendants des dinosaures, sont des oiseaux définis par le fait d'être carnivores et de posséder des becs crochus et des serres recourbées. "Dans les études passées, on essayait de catégoriser les rapaces en fonction de leur mode de prédation. Est-ce qu'ils sont spécialistes des mammifères ? Ou des oiseaux ? Et on essayait de voir comment leur morphologie allait s'aligner en fonction de ces catégories. Or, quand on pense rapaces, on pense aux serres recourbées parce que c'est ce qui impressionne le plus", explique auprès de l'AFP Myriam Amari, chercheuse au sein du laboratoire Mécanismes Adaptatifs et Évolution du CNRS/Muséum national d'histoire naturelle, ainsi qu'au département de biologie de l’École normale supérieure. "Mais quand on donne un coup de poing, ça ne vient pas seulement du poing, ça engage aussi le haut du corps. Alors on est parti du principe qu'on allait regarder tout le membre impliqué dans la prédation", explique-t-elle. Multiples types de prédation Les rapaces présentent une grande diversité de stratégies de chasse. Mettons de côté les charognards pour ne regarder que les chasseurs-actifs: il y a ceux qui attrapent leur proie en vol, comme les faucons ; ceux qui les maintiennent au sol en utilisant leur masse, comme les aigles ou les buses ; d'autres encore, des rapaces nocturnes, qui enveloppent leur proie dans leurs serres ; plus exceptionnels sont les rapaces comme les Messagers sagittaire, capables de piétiner les serpents au sol. Dans les collections du Muséum, avec l'aide aussi de l'Universidad Nacional de Mar del Plata, en Argentine, les chercheurs ont recueilli des données sur 37 espèces de rapaces du monde entier. Ils ont reconstitué puis mesuré leurs membres postérieurs sous toutes les coutures, avec 148 paramètres allant des longueurs aux largeurs de tous les os, en passant par les hauteurs des phalanges proximales - les plus proches du corps - ou distales - les plus éloignées -, le diamètre de la tige du fémur, du tibiotarse, du métatarse, des griffes... "La science c'est d'abord de l'observation, et il y a une différence frappante au niveau de la forme des phalanges", indique Myriam Amari. Et maintenant les dinosaures Publiés dans la revue Zoological Journal of the Linnean Society, leurs travaux font apparaître que la morphologie des phalanges joue un rôle déterminant dans les modes de prédation. "Les hauteurs et largeurs des phalanges distales et proximales constituent des paramètres essentiels, en particulier au niveau des troisième et quatrième doigts", notent les auteurs dans leur étude. Ainsi, des espèces éloignées en terme d'évolution mais aux techniques de chasse similaires présentent des morphologies proches, tandis que des espèces apparentées peuvent fortement diverger. Leurs résultats ouvrent de nouvelles perspectives pour reconstituer le mode de prédation des animaux aviens disparus, comme les aigles géants de Haast, ou les oiseaux à dents de l'époque du Crétacé. "Quand on voit les rapaces actuels, on ne peut s'empêcher de penser aux dinosaures, et plus particulièrement aux droméosaures, dont le groupe comprend par exemple le Vélociraptor, le Deinonychus, et le Microraptor. Il y a une question que les scientifiques se posent depuis longtemps, c'est de savoir comment le Deinonychus pouvait chasser avec sa grande griffe en forme de faux", avance la chercheuse qui avoue avoir depuis toujours un "intérêt partagé pour les dinosaures et les rapaces".

16.06.2026 à 08:17

FRANCE24
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Depuis sa légère blessure à une cuisse contractée il y a trois semaines, lors d'un match de MLS disputé avec l'Inter Miami contre Philadelphie, l'état de forme de l'octuple Ballon d'Or inquiétait tout un pays. Mais les 20 minutes jouées en match amical le 9 juin contre l'Islande (3-0) ont dissipé les craintes. Au-delà d'un but sur penalty peu après son entrée en jeu, le N.10 a montré qu'il demeurait le chef d'orchestre de l'Albiceleste et a étalé toute sa justesse technique en quelques minutes, délivrant plusieurs caviars. Lionel Messi s'apprête donc à devenir le premier joueur à disputer six tournois - le gardien Guillermo Ochoa participe aussi à sa sixième édition mais n'a pas joué le premier match avec le Mexique et Cristiano Ronaldo la débutera mercredi avec le Portugal -, alors qu'il aurait pu tirer sa révérence après avoir atteint son apogée lors du sacre de 2022. "Des doutes existaient parce que j'avais dit lors du Mondial précédent qu’il serait difficile que j'en dispute un autre en raison de mon âge", a-t-il expliqué la semaine dernière. "Mais j'ai commencé à me sentir bien et j'ai eu l’occasion de jouer, de trouver le rythme, d’avoir du temps de jeu, de me sentir bien, et les choses se sont faites naturellement", a développé le numéro dix. Tranquille en MLS L'Argentin, qui fêtera ses 39 ans le 24 juin, évolue depuis l'été 2023 en MLS, un championnat nord-américain dont le niveau est assez éloigné de ce qu'il a pu connaître en Europe, durant 17 ans en Espagne avec le FC Barcelone, et deux saisons en France avec le Paris SG. Aussi a-t-il tranquillement promené son génie sur les pelouses nord-américaines, en témoignent ses 62 buts inscrits en 67 matches avec l'Inter Miami, qu'il a mené à son premier titre de champion. Sous le maillot argentin, la "pulga" (la puce) a décroché de nouveaux trophées, notamment la Copa America aux États-Unis en 2024. Preuve qu'être en préretraite dorée n'interdit pas de garder intacte la faim de titres. Dans ces conditions, et évidemment parce qu'une décision contraire eut provoqué un séisme au pays, c'est donc tout naturellement que Lionel Scaloni l'a sélectionné le mois dernier dans la liste des 26 joueurs, avec pour mission pour les triples champions du monde de devenir la première nation à conserver son titre depuis le Brésil de Pelé et Garrincha en 1962. Excité comme toujours" "Je suis heureux, je profite de chaque instant et je suis excité comme toujours", a commenté Messi après la victoire contre l’Islande la semaine dernière en Alabama, tout en se montrant évasif à propos de son avenir après le tournoi. "Nous sommes tous pleinement conscients que ce pourrait bien être le dernier Mondial de Leo, vu son âge, mais au bout du compte, c’est lui qui décidera", a confié son coéquipier Julian Alvarez sur le site de la Fifa. "Cela donnera à coup sûr une Coupe du monde spéciale et je ne parle pas seulement pour nous, ses coéquipiers et le peuple argentin, mais pour tous ceux qui le regardent et le suivent, puisqu'il est le meilleur joueur de tous les temps. Il a eu un impact colossal dans le monde entier", a ajouté l'attaquant. Meilleur buteur de l'histoire de sa sélection, Messi deviendra seulement le troisième joueur à atteindre les 200 sélections après Cristiano Ronaldo et le Koweïtien Bader Al-Mutawa si, comme attendu, il joue contre l'Algérie à Kansas City mardi, avant d'affronter l'Autriche et la Jordanie.

16.06.2026 à 08:17

FRANCE24
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Sur les pentes de Capesterre-Belle-Eau, en Guadeloupe, Letycia Lavital traque la cercosporiose. Des feuilles qui jaunissent, se couvrent de taches brunes, et c'est le signe que le champignon est là. Pour le combattre, la jeune exploitante a deux options. Soit elle effeuille les bananiers touchés, soit elle pulvérise des produits de biocontrôle avec un atomiseur de 35 kg. "Je suis en forte densité et en pente, donc je le porte sur le dos. À deux, c'est une journée entière de travail" pour ses quatre hectares, raconte-t-elle. Présente aux Antilles depuis les années 2010, la cercosporiose n'est pas mortelle mais elle abime les plantations, réduit les rendements et menace la viabilité d'une filière qui fait vivre 530 exploitations en Guadeloupe et en Martinique. Le contraste avec la concurrence sud-américaine est saisissant. "On n'est pas dans le même monde", résume Pierre Monteux, directeur général de l'Union des groupements de producteurs de bananes (UGPBAN). "Eux ont l'avion qui passe, le drone, les tracteurs. Nous, on n'a plus rien", dit-il, expliquant qu'au Costa Rica ou en Équateur, une vingtaine de molécules de produits phytosanitaires sont autorisées, contre trois en France. Le "bout du tunnel" C'est dans ce contexte que les producteurs antillais attendent le vote du Parlement européen sur les NGT, qualifiées de "nouveaux OGM" par leurs détracteurs. Ces techniques permettent de modifier le génome d'une plante sans introduire d'ADN étranger, contrairement aux OGM transgéniques. Un compromis trouvé avec les États membres assouplit les règles pour une partie des NGT, dites de catégorie 1. Sous réserve d'un nombre limité de mutations, les semences obtenues seront considérées comme équivalentes aux variétés conventionnelles. Hormis sur un volet disputé des brevets, l'issue du vote ne fait guère de doute, les NGT étant soutenues de la droite au centre. Pour la filière, qui produit 200.000 tonnes par an et fournit environ 20% du marché français, c'est l'espoir d'une banane tolérante à la cercosporiose. Avec des laboratoires partenaires, l'UGPBAN a déjà commencé à tester des variétés tolérantes, dont les premiers résultats sont jugés encourageants. "On aura accès à ces vitroplants tolérants à la cercosporiose noire et c'est un peu le bout du tunnel pour notre filière", veut croire Pierre Monteux, qui prévient que la transition prendra plusieurs années. Six mille hectares, soit 12 millions de plants, seront à replanter. Mais la prudence reste de mise. "Il faut faire très attention (...), parce qu'une variété peut résister à la maladie mais ne pas répondre au cahier des charges" du premier fruit consommé en France avec 13 kilos par habitant et par an, tempère Philippe Aliane, directeur général du groupement des producteurs de Guadeloupe. "Économie de la promesse" Au-delà des contraintes commerciales, c'est la pertinence même du pari NGT qui est questionnée. "On est dans une économie de la promesse", met en garde Denis Loeillet, agro-économiste à l'Observatoire des marchés du Cirad, qui pointe l'incertitude sur la durée de tolérance des nouvelles variétés et le risque d'une dépendance aux brevets détenus par quelques semenciers. Sans s'opposer aux NGT, il plaide pour des "solutions variétales" qui sortent de la monoculture de la cavendish, qui est quasiment l'unique banane cultivée commercialement dans le monde. "Un bon système est un système diversifié, en termes de variétés et en termes d'organisation, parce qu'il y aura toujours des maladies", estime-t-il. À Strasbourg, le texte devrait être soutenu par une majorité d'eurodéputés. Le vice-président du Parlement européen, le Réunionnais Younous Omarjee (LFI), a assuré à l'AFP qu'une partie de la gauche était favorable aux NGT au nom des "régions ultrapériphériques, en particulier pour la banane antillaise". Seuls les Verts s'y opposent frontalement. "Si on voulait œuvrer à l'autonomie alimentaire, œuvrer à l'emploi dans les îles, on s'opposerait aux NGT et on chercherait d'autres solutions", plaide l'eurodéputée Marie Toussaint, qui regrette l'absence de débat sur ce qu'elle décrit comme "l'introduction d'OGM sur le territoire européen".

16.06.2026 à 08:17

FRANCE 24
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À la veille de l'ouverture du salon VivaTech, dédié aux nouvelles technologies, à Paris, le Premier ministre a annoncé mardi un investissement supplémentaire de 655 millions d'euros dans l’intelligence artificielle. Ces fonds doivent notamment renforcer les infrastructures, la recherche, les entreprises et les filières industrielles". L'objectif affiché est de soutenir la souveraineté technologique française et moderniser les services publics, afin "que cette révolution profite aux Français".
Texte intégral (697 mots)
À la veille de l'ouverture du salon VivaTech, dédié aux nouvelles technologies, à Paris, le Premier ministre a annoncé mardi un investissement supplémentaire de 655 millions d'euros dans l’intelligence artificielle. Ces fonds doivent notamment renforcer les infrastructures, la recherche, les entreprises et les filières industrielles". L'objectif affiché est de soutenir la souveraineté technologique française et moderniser les services publics, afin "que cette révolution profite aux Français".
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