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08.02.2026 à 10:17

L'Iran exclut de renoncer à enrichir l'uranium "même en cas de guerre"

FRANCE24
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Après une première session de pourparlers vendredi à Oman, qu'ils ont tous deux jugée positive, les deux pays ont affirmé vouloir poursuivre leurs discussions. Mais l'Iran campe sur ses lignes rouges, n'acceptant de discuter que de son programme nucléaire et martelant qu'il est en droit de développer du nucléaire civil. Les Etats-Unis, qui ont déployé une vaste force navale dans le Golfe, exigent un accord plus large, incluant la limitation des capacités balistiques du pays et l'arrêt de son soutien à des groupes armés hostiles à Israël. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui ira mercredi à Washington plaider auprès de Donald Trump une ligne dure envers Téhéran, exige que ces deux volets soient "inclus dans toute négociation", a indiqué samedi son bureau. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a réaffirmé dimanche que l'Iran ne céderait pas à la demande réitérée de Donald Trump de renoncer à l'enrichissement d'uranium, "même si une guerre nous est imposée" a-t-il souligné. Il a indiqué, sans plus de détails, que l'Iran pouvait envisager "une série de mesures de confiance concernant le programme nucléaire", en contrepartie d'une levée des sanctions internationales qui asphyxient l'économie iranienne. Mais il s'est ensuite interrogé sur le "sérieux" des Etats-Unis à "mener de véritables négociations", lors d'une conférence de presse à laquelle l'AFP a assisté. L'Iran "évaluera l'ensemble des signaux et décidera de la poursuite des négociations", a-t-il affirmé. Le déploiement militaire américain "ne nous effraie pas", a-t-il encore déclaré, au lendemain d'une visite de l'émissaire américain, Steve Witkoff, à bord de l'Abraham Lincoln, navire amiral de la force navale américaine déployée dans le Golfe. "Paix et force" Lors de cette visite avec l'amiral Brad Cooper, chef du Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient, et Jared Kushner, le gendre de Donald Trump, le négociateur américain avait mis en avant "le message de paix et de force du président Trump". Ce dernier a multiplié les menaces d'intervention militaire en Iran, d'abord en réponse à la répression sanglante par le pouvoir du mouvement de contestation en janvier, puis pour pousser Téhéran à un accord. Après les pourparlers de vendredi entre MM. Witkoff, Kushner et Araghchi - les premiers depuis les bombardements américains sur des installations nucléaires iraniennes en juin dernier - le président américain a salué des "très bonnes" discussions , affirmant qu'elles se poursuivraient "en début de semaine prochaine". Les pourparlers "menés avec le soutien de gouvernements amis de la région, constituent un pas en avant", a déclaré dimanche le président iranien, Massoud Pezeshkian sur X. Samedi, M. Araghchi avait dit s'être mis d'accord avec Washington pour tenir "bientôt" une nouvelle session de discussions, relevant qu'il restait "encore un long chemin à parcourir pour établir la confiance", dans un entretien avec la chaîne qatarie Al Jazeera. Il avait aussi répété que la question des capacités balistiques de l'Iran ne pourrait "jamais être négociée", s'agissant "d'un enjeu de défense". - Près de 7.000 morts dans la mobilisation - Les pays occidentaux et Israël accusent l'Iran de chercher à se doter de l'arme nucléaire, ce que Téhéran dément. L'Iran et les Etats-Unis avaient engagé des négociations au printemps dernier. Elles achoppaient notamment sur la question de l'enrichissement d'uranium par Téhéran et avaient été gelées par la guerre de 12 jours déclenchée par une attaque israélienne contre l'Iran en juin. Donald Trump avait affirmé que les frappes américaines menées pendant ce conflit avaient "anéanti" les capacités nucléaires iraniennes, mais l'ampleur exacte des dégâts reste inconnue. Il a brandi de nouveau la menace d'une intervention à la suite de la répression du mouvement de contestation en janvier en Iran. L'ONG Human Rights Activists News Agency (HRANA), basée aux Etats-Unis, a dit avoir confirmé 6.961 morts, pour la plupart des manifestants, et a recensé plus de 51.000 arrestations. En cas d'attaque, l'Iran a averti qu'il viserait les bases américaines dans la région, et pourrait bloquer le détroit d'Ormuz, point de transit clé pour les approvisionnements énergétiques mondiaux.

08.02.2026 à 10:09

Au Texas, des familles d'immigrés dénoncent des conditions de détention indignes

FRANCE24
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C'est là que Liam Conejo Ramos, un petit Equatorien de 5 ans, avait été envoyé avec son père, après son arrestation en janvier par la police fédérale américaine de l'immigration (ICE) à Minneapolis, dans le nord du pays, avant qu'un juge n'ordonne qu'il soit ramené chez lui. C'est là aussi que sont détenus depuis plus de huit mois la femme et les cinq enfants d'un Egyptien inculpé pour avoir lancé des engins incendiaires en juin dans le Colorado (ouest) sur les participants à une marche hebdomadaire en soutien aux otages israéliens à Gaza. Des témoignages de détenus actuels ou passés par ce centre, recueillis par l'AFP via l'ONG de défense des immigrés RAICES, font état de conditions sanitaires préoccupantes. Certains ont préféré s'identifier uniquement par un prénom d'emprunt ou une initiale. "Le cas de Liam et de son père, Adrian, est caractéristique de la situation de beaucoup de ces familles", explique à l'AFP Javier Hidalgo, directeur juridique de RAICES. "Il étaient engagés dans un processus de régularisation. Ils se rendaient aux rendez-vous fixés par la justice, mais ils se sont fait arrêter quand même." Les souffrances subies par ces enfants "n'ont pas d'autre but que de tenter de convaincre les familles de renoncer" à contester leur expulsion, estime-t-il. Rougeole et insectes Le nombre moyen d'enfants détenus par ICE depuis le retour au pouvoir de Donald Trump a plus que sextuplé par rapport aux 16 derniers mois de son prédécesseur démocrate Joe Biden, passant de 25 à 170 par jour, selon des données analysées par le site The Marshall Project. Dilley, d'une capacité de 2.000 personnes, est l'un des deux centres de détention familiale pour immigrés au Texas (sud). Début février, les autorités y ont confirmé deux cas de rougeole, annonçant avoir suspendu toute nouvelle incarcération et placé les personnes concernées en quarantaine. Entrés légalement par la frontière mexicaine sous l'administration Biden, "W", une Haïtienne de 34 ans, et son fils de deux ans ont demandé l'asile aux Etats-Unis. Ils se sont installés dans l'Ohio, mais lors d'un voyage à New York, ils ont été arrêtés par l'ICE et transférés à Dilley en octobre. "Mon fils et moi sommes en prison. Il n'y a absolument aucune intimité", déplore-t-elle dans un témoignage recueilli en novembre par RAICES, faisant état de "lumières allumées 24 heures sur 24". "Récemment il y a eu beaucoup de protestations quand des gens ont découvert des insectes sur les brocolis qu'ils nous servaient", obligeant la sécurité à intervenir pour ramener le calme, a-t-elle dit. Egalement détenue en octobre à Dilley, Diana, une Colombienne dont la fille de 10 ans souffre de la maladie de Hirschsprung, une malformation digestive, a reproché aux autorités de l'établissement de refuser de lui fournir une alimentation adaptée. Diana a alerté le personnel médical mais une médecin "m'a dit qu'ils n'étaient pas là pour répondre à mes besoins, que j'étais en détention et que leur seule responsabilité était de s'assurer que nous ne souffrions pas de faim", selon son témoignage. "Bien-être" L'entreprise privée CoreCivic, qui gère le centre, affirme faire de la santé et de la sécurité des détenus une "priorité absolue". "Nos partenaires gouvernementaux de l'ICE partagent cette préoccupation et nous travaillons en étroite collaboration avec eux pour garantir le bien-être de toutes les personnes placées sous notre responsabilité", a déclaré l'entreprise dans un communiqué à l'AFP, assurant que toutes ont accès en permanence à un suivi médical. Quant à la famille de l'auteur présumé de l'attentat dans le Colorado, Mohamed Sabry Soliman, le gouvernement Trump justifie son maintien en détention à Dilley par une éventuelle connaissance de ses intentions. Lui-même comme sa femme, Hayam El Gamal, ou ses enfants, âgés de 5 à 18 ans, assurent pourtant depuis le début qu'il a agi sans en avoir avisé qui ce soit. "Nous voudrions tellement avoir été au courant de son effroyable projet, pour pouvoir l'empêcher de faire du mal à autrui", confie l'aînée, Habiba, dans un texte manuscrit publié le 28 janvier par leur avocat, Eric Lee. "Il faudrait que tout le monde se lève pour dire que détenir des familles pendant de longues périodes indéfinies devrait être illégal", écrit-elle. "Cet endroit pourrait être supportable pendant 20 jours au maximum, plus que cela est très dur."

08.02.2026 à 10:09

Kenya: le kala-azar, maladie méconnue et mortelle des zones arides

FRANCE24
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Autre nom de la leishmaniose viscérale, le kala-azar - qui signifie "fièvre noire" en hindi - est dû à un parasite transmis par des moucherons, qui provoque fièvre, perte de poids et hypertrophie de la rate et du foie. C'est, après le paludisme, une des maladies parasitaires les plus meurtrières au monde. En l'absence de traitement, 95% des malades succombent. Harada Hussein Abdirahman, une grand-mère de 60 ans, pense avoir été piquée pendant qu'elle gardait du bétail dans le comté de Mandera, dans le nord-est du Kenya. Ce territoire presque aussi grand que la Belgique, frontalier de la Somalie et de l'Ethiopie, est un important foyer du parasite. Mais il ne compte que trois établissements capables de traiter le kala-azar. La sexagénaire a donc d'abord dû s'en remettre à un pharmacien local qui, pendant un an, l'a traitée contre la dengue et paludisme. "Je pensais que j’allais mourir", confie-t-elle à l'AFP. "C’est pire que toutes les maladies qu'ils pensaient que j’avais." Après cette longue épreuve, Mme Abdirahman s'est finalement vue diagnostiquer le kala-azar. Elle a perdu une partie de son audition du fait des puissants traitements qu'elle a ensuite dû prendre pour s'en débarrasser. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) recense chaque année 50 à 90.000 cas de kala-azar dans le monde, un chiffre minoré car elle estime qu'à peine 25 à 45% des cas lui sont communiqués. Plus des deux tiers des malades sont en Afrique de l'Est. Endémique Le kala-azar s’étend à des zones du Kenya jusqu'ici épargnées et y devient endémique, sous l'effet notamment du réchauffement climatique. D'après le ministère kényan de la Santé, 3.577 cas de kala-azar ont été recensés dans le pays en 2025, plus du double de l'année précédente (1.575 malades). Jusqu'à six millions de personnes y sont exposées au Kenya, estiment les autorités kényanes. "Le changement climatique étend l'aire de répartition des phlébotomes (les moucherons transportant la maladie, NDLR) et accroît le risque de flambées dans de nouvelles zones", s'inquiète à Nairobi le Dr Cherinet Adera, chercheur à l’Initiative Médicaments pour les maladies négligées, une ONG. De nombreuses infections parmi des ouvriers d'une carrière à Mandera l'an dernier ont conduit les autorités à restreindre les déplacements au crépuscule et à l'aube, lorsque les phlébotomes sont les plus actifs. Au moins deux de ces ouvriers ont péri, selon leurs collègues. Mais les autorités kényanes ne sont pas en mesure de dire combien de personnes exactement ont perdu la vie durant cet épisode infectieux, car la plupart des ouvriers n'était pas originaires de la zone. Beaucoup sont rentrés chez eux pour se faire soigner et vraisemblablement trépasser. "Nous ne connaissions pas cette étrange maladie qui faisait mourir nos collègues", témoigne Evans Omondi, 34 ans, venu de l'ouest du Kenya, à des centaines de kilomètres de Mandera, pour travailler dans la carrière. "Peur" "Nous avions très peur", confie Peter Otieno, un autre ouvrier originaire de l'ouest du Kenya, qui se souvient comment ses collègues infectés dépérissaient jour après jour. Treize pays — dont six en Afrique — concentrent 95 % des cas de kala-azar. En 2023, les pays d'Afrique les plus touchés ont adopté à Nairobi un cadre visant à éliminer la maladie d’ici 2030. Mais "très peu d'établissements" au Kenya "ont les capacités de diagnostiquer et traiter la maladie", observe l’AFP le Dr Paul Kibati, de l'ONG médicale Amref. Les agents de santé doivent en outre être formés au kala-azar, poursuit-il, car les erreurs de diagnostic et de traitement peuvent être graves, comme l'atteste l'exemple de Harada Hussein Abdirahman, voire fatales. Dernier problème, de taille: un malade peut passer jusqu’à 30 jours à l'hôpital avant guérison, pour une facture pouvant atteindre 100.000 shillings kényans (environ 650 euros) hors médicaments. Une somme inaccessible pour bon nombre d'habitants de Mandera. Le kala-azar, dont les dommages sont aggravés par la malnutrition et l'affaiblissement du système immunitaire, "touche surtout les plus pauvres", estime le Dr Kibati. Le phlébotome se réfugie dans les fissures des maisons en terre mal crépies, les termitières et les crevasses du sol. L'insecte se multiplie pendant la saison des pluies après une sécheresse prolongée. Or le nord-est du Kenya, ainsi que des régions voisines d'Ethiopie et de Somalie, ont connu ces derniers mois une sécheresse dévastatrice. Le pire semble donc à venir. "Nous nous attendons à davantage de cas lorsque les pluies commenceront", soupire Paul Kibati.

08.02.2026 à 10:07

Législatives au Japon : la Première ministre Sanae Takaichi favorite

FRANCE24
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Les Japonais votent dimanche pour des élections législatives anticipées. La Première ministre, Sanae Takaichi, tenante de l'ultra-conservatisme et d'une ligne dure sur l'immigration est en passe de gagner son pari.
Texte intégral (775 mots)
Les Japonais votent dimanche pour des élections législatives anticipées. La Première ministre, Sanae Takaichi, tenante de l'ultra-conservatisme et d'une ligne dure sur l'immigration est en passe de gagner son pari.

08.02.2026 à 10:07

Le New-Yorkais Zohran Mamdani, inspiration capitale des municipales

FRANCE24
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Le parcours du trentenaire a de quoi leur mettre des étoiles dans les yeux. Parti de très loin dans les sondages, il a été élu au terme d'une campagne jugée brillante. Si Zohran Mamdani défend un programme résolument à gauche, celle qui en France l'a le mieux copié se trouve à l'autre bout de l'échiquier politique. Sarah Knafo, tête de liste du parti d'extrême droite Reconquête pour le scrutin de mars, a repris ses visuels rétro aux couleurs pop et au style ultra-reconnaissable. Comme lui, elle se concentre sur des messages qui se veulent positifs, délivrés avec le sourire et dans des lieux du quotidien tels que le métro. Son directeur de la communication numérique, Samuel Lafont, assure à l'AFP qu'il ne s'agit pas d'un "copier-coller" et que l'Américain n'est pas leur unique influence. Ils ne sont en tout cas pas les seuls à l'imiter. Sa concurrente Rachida Dati, candidate LR et MoDem, s'est aussi essayée aux vidéos incarnées style Mamdani. Dans l'une d'elles, vue des millions de fois, elle apparaît en veste jaune avec des éboueurs. Pas de quoi concurrencer pour l'instant Sarah Knafo, en tête dans les vues TikTok, selon la société Visibrain. "Vous allumez les réseaux sociaux, l'algorithme vous propulse ses vidéos", note Paul Brounais, fondateur de l'agence de communication politique Le Lab Electoral. Même si une vue n'est pas un vote. "Ville Insoumise" Zohran Mamdani n'a bien sûr pas tout inventé et s'est aussi beaucoup appuyé sur un grand réseau de militants sur le terrain. Aller chercher des idées outre-Atlantique n'a par ailleurs rien de nouveau. Jen Schradie, sociologue américaine spécialiste de la démocratie numérique à Sciences Po, note qu'Emmanuel Macron s'était lui-même inspiré de la campagne de Barack Obama. Mais les personnalités politiques françaises ne sont pas toujours aussi agiles sur les réseaux sociaux que leurs collègues américains. Zohran Mamdani a aussi pu donner de l'espoir à la gauche car, selon Jen Schradie, "il y a cette idée qu'historiquement, la droite est très forte dans sa communication" sur internet. Un candidat comme Emmanuel Grégoire, chef de file de l'union de la gauche hors Insoumis, tente de s'y mettre en présentant ses mesures face caméra dans des vidéos qui se veulent accrocheuses - récemment, avec un kebab à la main pour évoquer le coût de la vie. Il a aussi appelé à s'inspirer de l'élan Mamdani pour gagner "face aux droites extrêmes et réactionnaires". Chacun tire de la victoire de l'édile américain les leçons qui l'arrangent. La gauche radicale, elle, la vit plutôt comme une preuve qu'il ne faut pas être modéré pour gagner. Son programme contre les loyers exorbitants et la vie trop chère rejoint leurs combats. Sophia Chikirou, candidate LFI, a promis de "faire de Paris la plus grande ville Insoumise de France mais aussi du monde, après New York, après Zohran Mamdani". "Ce qui se fait à New York" La "Mamdanification" dépasse les frontières de la capitale française. A Marseille, l'Insoumis Sébastien Delogu se dit aussi que si le New-Yorkais a réussi, pourquoi pas lui? "M. Mamdani était sondé à 1% et puis il a été élu", a-t-il dit en janvier. Il a noté que le démocrate s'était concentré sur "3-4 mesures phares" s'attaquant aux problèmes les plus pressants. Très loin des gratte-ciel de Manhattan, sur les vieilles pierres de Reims, le maire sortant Arnaud Robinet (Horizons) revendique aussi cette inspiration. Sa typographie de campagne vintage et colorée est similaire. "Toute proportion gardée et en toute humilité, on a regardé ce qui se faisait à New York" pour suivre "l'air du temps", admet son directeur de campagne, Xavier Albertini. Mais n'est pas Zohran Mamdani qui veut. La stratégie de communication doit être adaptée à la personnalité, au charisme et à l'âge du candidat, dit Paul Brounais. Difficile de se mettre en scène façon Mamdani si on a plutôt un profil à aller tracter à l'ancienne devant "les poireaux sur le marché", prévient le communicant. "Il faut garder une forme de sincérité. Sinon, ça ridiculise son auteur."
Texte intégral (724 mots)
Le parcours du trentenaire a de quoi leur mettre des étoiles dans les yeux. Parti de très loin dans les sondages, il a été élu au terme d'une campagne jugée brillante. Si Zohran Mamdani défend un programme résolument à gauche, celle qui en France l'a le mieux copié se trouve à l'autre bout de l'échiquier politique. Sarah Knafo, tête de liste du parti d'extrême droite Reconquête pour le scrutin de mars, a repris ses visuels rétro aux couleurs pop et au style ultra-reconnaissable. Comme lui, elle se concentre sur des messages qui se veulent positifs, délivrés avec le sourire et dans des lieux du quotidien tels que le métro. Son directeur de la communication numérique, Samuel Lafont, assure à l'AFP qu'il ne s'agit pas d'un "copier-coller" et que l'Américain n'est pas leur unique influence. Ils ne sont en tout cas pas les seuls à l'imiter. Sa concurrente Rachida Dati, candidate LR et MoDem, s'est aussi essayée aux vidéos incarnées style Mamdani. Dans l'une d'elles, vue des millions de fois, elle apparaît en veste jaune avec des éboueurs. Pas de quoi concurrencer pour l'instant Sarah Knafo, en tête dans les vues TikTok, selon la société Visibrain. "Vous allumez les réseaux sociaux, l'algorithme vous propulse ses vidéos", note Paul Brounais, fondateur de l'agence de communication politique Le Lab Electoral. Même si une vue n'est pas un vote. "Ville Insoumise" Zohran Mamdani n'a bien sûr pas tout inventé et s'est aussi beaucoup appuyé sur un grand réseau de militants sur le terrain. Aller chercher des idées outre-Atlantique n'a par ailleurs rien de nouveau. Jen Schradie, sociologue américaine spécialiste de la démocratie numérique à Sciences Po, note qu'Emmanuel Macron s'était lui-même inspiré de la campagne de Barack Obama. Mais les personnalités politiques françaises ne sont pas toujours aussi agiles sur les réseaux sociaux que leurs collègues américains. Zohran Mamdani a aussi pu donner de l'espoir à la gauche car, selon Jen Schradie, "il y a cette idée qu'historiquement, la droite est très forte dans sa communication" sur internet. Un candidat comme Emmanuel Grégoire, chef de file de l'union de la gauche hors Insoumis, tente de s'y mettre en présentant ses mesures face caméra dans des vidéos qui se veulent accrocheuses - récemment, avec un kebab à la main pour évoquer le coût de la vie. Il a aussi appelé à s'inspirer de l'élan Mamdani pour gagner "face aux droites extrêmes et réactionnaires". Chacun tire de la victoire de l'édile américain les leçons qui l'arrangent. La gauche radicale, elle, la vit plutôt comme une preuve qu'il ne faut pas être modéré pour gagner. Son programme contre les loyers exorbitants et la vie trop chère rejoint leurs combats. Sophia Chikirou, candidate LFI, a promis de "faire de Paris la plus grande ville Insoumise de France mais aussi du monde, après New York, après Zohran Mamdani". "Ce qui se fait à New York" La "Mamdanification" dépasse les frontières de la capitale française. A Marseille, l'Insoumis Sébastien Delogu se dit aussi que si le New-Yorkais a réussi, pourquoi pas lui? "M. Mamdani était sondé à 1% et puis il a été élu", a-t-il dit en janvier. Il a noté que le démocrate s'était concentré sur "3-4 mesures phares" s'attaquant aux problèmes les plus pressants. Très loin des gratte-ciel de Manhattan, sur les vieilles pierres de Reims, le maire sortant Arnaud Robinet (Horizons) revendique aussi cette inspiration. Sa typographie de campagne vintage et colorée est similaire. "Toute proportion gardée et en toute humilité, on a regardé ce qui se faisait à New York" pour suivre "l'air du temps", admet son directeur de campagne, Xavier Albertini. Mais n'est pas Zohran Mamdani qui veut. La stratégie de communication doit être adaptée à la personnalité, au charisme et à l'âge du candidat, dit Paul Brounais. Difficile de se mettre en scène façon Mamdani si on a plutôt un profil à aller tracter à l'ancienne devant "les poireaux sur le marché", prévient le communicant. "Il faut garder une forme de sincérité. Sinon, ça ridiculise son auteur."
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