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01.06.2026 à 09:13

FRANCE24
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Chef des Miskitos, ethnie la plus importante de la côte caraïbe du Nicaragua, l'ancien député Brooklyn Rivera, 73 ans, avait été arrêté en septembre 2023 après avoir dénoncé le sort des populations indigènes au cours d'une conférence internationale. Amnesty International le considérait comme un "prisonnier d'opinion", et les Etats-Unis réclamaient sa libération. Le 1er mai, un groupe d'experts de l'ONU avait réclamé aux autorités des "preuves de vie" du détenu. "Nous avons le regret de confirmer qu'il a malheureusement quitté ce monde", ont déclaré les autorités sanitaires nicaraguayennes, dans un communiqué publié dimanche dans des médias progouvernementaux. Selon ce communiqué, la "détérioration physique et neurologique" de M. Rivera était "la conséquence d'une bactérie générée par le virus du Covid-19". Après une veillée funèbre de quelques heures à laquelle ont participé des députés progouvernementaux, des membres d'une église évangélique et des amis ont "accompagné l'inhumation" de M. Rivera avec "des prières et des marques d'affection pour lui dire adieu", a indiqué la chaîne 4 de la télévision d'État sur X. La chaîne a publié des photos du cercueil du dirigeant, qui a été enterré au cimetière privé Sierra de Paz, au sud-est de Managua. Sa fille, Tininiska Rivera, en exil, avait demandé au gouvernement de l'autoriser à rentrer au pays pour dire adieu à son père. Dans un communiqué, elle a rejeté la version officielle selon laquelle le leader indigène était entouré de ses proches lors de ses derniers instants. Tininiska Rivera tient le gouvernement pour responsable de la "détérioration" de l'état de santé de son père. Dimanche, le secrétaire général de l'Organisation des Etats américains (OEA), Albert Ramdin, s'est dit sur X "profondément préoccupé" par la mort de M. Rivera "alors qu'il était détenu par les autorités". Il a exigé une "enquête immédiate, indépendante et transparente" ainsi que la libération de "tous les prisonniers politiques". Des images fournies par les médias officiels quelques jours plus tôt étaient accompagnées d'un rapport médical expliquant que le chef indigène était hospitalisé depuis le 7 mars "face à une détérioration évidente de ses fonctions respiratoires". "Disparition forcée" Brooklyn Rivera était un dirigeant du parti indigène Yatama (Fils de la Terre Mère unis), qui défend les droits des communautés autochtones du Nicaragua. Les autorités n'ont jamais rendu publiques les accusations portées contre lui. Mais selon des informations parues dans la presse en novembre 2024, le gouvernement a reconnu devant le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'Homme que son immunité parlementaire avait été levée afin de mener une enquête sur lui pour des crimes graves tels que la trahison. M. Rivera s'était vu refuser l'entrée sur le territoire nicaraguayen après avoir participé en avril 2023 à un forum de l'ONU sur les questions des autochtones à New York, où il avait dénoncé le sort des populations indigènes et afrodescendantes dans son pays. Il avait alors décidé de revenir clandestinement, affirmant dans une vidéo le faire par "amour" pour sa "terre" et pour son "peuple". Il avait ensuite été arrêté. En mai 2026, un groupe d'experts de l'ONU avait réclamé au gouvernement du Nicaragua de fournir des preuves de vie de M. Rivera, disant craindre son décès. La côte caraïbe du Nicaragua compte environ 350 villages miskitos, une ethnie autochtone qui a conservé sa langue et son organisation sociale ancestrale. Les experts de l'ONU avaient aussi affirmé que M. Rivera faisait partie de 112 personnes victimes de "disparition forcée" au Nicaragua. Le président du pays, Daniel Ortega, est accusé de dérives autoritaires par de nombreuses organisations internationales. En mars, le Bureau des affaires de l'hémisphère occidental du Département d'Etat américain a accusé la "dictature Murillo-Ortega" de maintenir des personnes "emprisonnées uniquement pour s'être opposées au régime" dans des conditions "inhumaines" et sans soins médicaux. Le président Daniel Ortega, 80 ans, et son épouse Rosario Murillo, 74 ans, exercent un strict contrôle sur les opposants depuis les manifestations de 2018, qui ont fait environ 300 morts tandis que des centaines de personnes ont été emprisonnées.

01.06.2026 à 09:11

FRANCE24
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Creusé dans un socle rocheux stable vieux de 1,9 milliard d'années à Eurajoki, dans le sud-ouest de la Finlande, le site de stockage géologique de déchets nucléaires usés, baptisé Onkalo (grotte en finnois), est pratiquement prêt à entrer en service. Le stockage des sous-produits dangereux de l'énergie nucléaire, actuellement entreposés de manière temporaire, est un casse-tête mondial depuis la construction des premières centrales dans les années 1950. D'autres dépôts définitifs sont en construction en Suède et en France, mais la Finlande devrait être la première à ouvrir son site de stockage souterrain. L'Autorité finlandaise de sûreté radiologique et nucléaire (STUK) doit donner son feu vert lors de son évaluation finale en juin, préalable à l'octroi d'une licence d'exploitation. "Nous espérons pouvoir démarrer l'exploitation soit à la fin de cette année, soit très probablement au début de l'année prochaine", déclare Philippe Bordarier, directeur général de l’opérateur nucléaire Teollisuuden Voima Oyj (TVO). Sa voix résonne dans le tunnel humide où le combustible nucléaire usé sera enfoui dans des trous forés dans la roche, où il restera radioactif et dangereux pendant des milliers d'années. Les déchets actuellement refroidis dans des piscines d'eau sur un site de stockage provisoire, à la centrale d'Olkiluoto située à proximité de la mer Baltique, seront les premiers à être entreposés. Avec une capacité de 6.500 tonnes d'uranium, Onkalo doit assurer le stockage permanent du combustible usé provenant des cinq réacteurs nucléaires finlandais, dont trois situés à Olkiluoto. La société de gestion des déchets nucléaires Posiva a commencé la construction du site en 2004. Son coût est estimé à un milliard d’euros. "Pour toujours" Le combustible usé sera stocké dans l'immense réseau de tunnels d’Onkalo pendant 100 ans, un délai ajustable si de nouveaux réacteurs sont construits. Le site sera ensuite scellé afin d'assurer un stockage sûr pendant au moins 100.000 ans. "Il faut que ce soit sûr pour toujours", dit Lauri Parviainen, chimiste de Posiva, aux journalistes sur fond des derniers travaux de finition. Les matériaux resteront hautement radioactifs "pendant quelques dizaines de milliers d'années", ajoute-t-il. Au bout de 100.000 ans, leur radioactivité sera "à peu près équivalente à celle du minerai d'uranium à partir duquel le combustible est fabriqué". En surface, le combustible nucléaire usé sera encapsulé dans des conteneurs en cuivre hautement résistants à la corrosion. Les conteneurs seront ensuite descendus dans des trous forés dans les tunnels. Ces trous seront comblés d'argile bentonite, explique M. Parviainen. Une fois que chaque tunnel de stockage de 300 mètres de long sera rempli, il sera remblayé et scellé à l'aide d'un bouchon en béton armé. Risques à long terme Jarkko Kyllonen, expert en sûreté nucléaire à long terme auprès de l'autorité de sûreté nucléaire finlandaise STUK, a évalué les scénarios de risque pour le projet Onkalo sur une période pouvant aller jusqu'à un million d'années. Compte tenu du "potentiel de danger des déchets, les 10.000 premières années sont très importantes pour maintenir les capsules intactes", souligne-t-il à l'AFP. Les principaux risques à long terme sont la corrosion des conteneurs en cuivre ou les tremblements de terre lors de futures périodes glaciaires, qui pourraient endommager les capsules et provoquer des fuites de combustible radioactif, explique M. Kyllonen. Mais les résultats des différentes évaluations des risques ont été "positifs". Si le projet français Cigeo se heurte à une forte résistance, Onkalo reçoit un soutien plus large en Finlande. Après une opposition locale lors de la présentation du premier projet dans les années 1970, "les gens s'y sont habitués et font confiance aux évaluations réalisées par la STUK", dit à l'AFP Matti Kojo, professeur de sciences sociales à l'université de LUT de Lappeenranta. Essor du nucléaire L'Association finlandaise pour la conservation de la nature reste toutefois critique à l'égard du projet, soulignant que les déchets nucléaires constituent un risque grave et à long terme pour l'environnement. "Personne ne peut garantir la sécurité d'Onkalo pendant des milliers d'années", déclare le directeur Tapani Veistola à l’AFP dans un e-mail. En vertu de la législation finlandaise, les déchets nucléaires produits en Finlande doivent y être stockés, indique à l'AFP la ministre du Climat et de l'Environnement, Sari Multala. "Avant la modification de la loi en 1994, le combustible nucléaire usé était exporté, par exemple vers la Russie", rappelle-t-elle. Le développement du nucléaire est une priorité pour le gouvernement de droite, et le pays envisage de construire des petits réacteurs modulaires (SMR). La manière dont le combustible nucléaire usé issu des futurs SMR sera géré "n'a pas encore été décidée", ajoute Mme Multala. "Des travaux sont en cours pour évaluer cette question, et ils devraient s'achever en mars de l’année" 2027.

01.06.2026 à 08:59

FRANCE24
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Près de 555.000 logements de la région, très majoritairement collectifs, sont exposés aux risques d'inondations par débordement, essentiellement le long de la Seine et de la Marne, dont les crues se caractérisent par une lente montée des eaux. Les fortes crues centennales - qui ont un risque sur 100 de se produire chaque année - ne sont pas prévisibles, "mais nous laissent le temps de suivre la montée des eaux et de prévenir d'importants dégâts matériels", indique à l'AFP le géographe urbaniste Ludovic Faytre, auteur des travaux. D'où l'importance de localiser les populations vulnérables, afin de les sensibiliser au risque d'une crue majeure comme celle de la Seine en janvier 1910, où les hauteurs d'eau de submersion ont été supérieures à un mètre. De nombreuses communes et quartiers étaient alors restés sous les eaux pendant plusieurs semaines, rappelle l'étude. La dernière crue de la Seine, en 2016, avait surtout eu des impacts sur la vallée du Loing, l'un des principaux affluents du fleuve. Paris et sa proche banlieue concentrent plus de 70% de la population potentiellement exposée aux inondations majeures. Le XVe arrondissement de la capitale, où le quartier de Beaugrenelle comprend plusieurs grands immeubles sur les berges de Seine, compte le plus grand nombre de personnes exposées (près de 70.000). Alfortville (Val-de-Marne) est proportionnellement la commune la plus exposée (environ 45.000) de la région, suivie par Asnières-sur-Seine, Gennevilliers et Colombes (Hauts-de-Seine), puis Créteil. Depuis la mise en oeuvre, au début des années 2000, des premiers plans de prévention des risques inondations (PPRi) en Ile-de-France, plus de 100.000 logements ont été construits en zones inondables. "Ces plans ont été extrêmement efficaces pour éviter l’extension de l’urbanisation dans les zones à risques. Ils ont un peu moins bien maîtrisé la densification", relève Ludovic Faytre. Dans un contexte de forte demande de logements et de rareté des espaces disponibles, la requalification de nombreux territoires passe notamment par la mutation d'anciens sites industriels construits le long de la voie d'eau, pointe l'étude. Les logements situés au rez-de-chaussée sont les plus exposés à la montée des eaux, en première ligne pour l'évacuation. Mais les habitants des étages plus élevés doivent "aussi se sentir concernés, car si leurs biens ne sont pas directement impactés, ils subiront d'autres conséquences", comme une coupure d'électricité, souligne l'expert. Selon des projections de l'Atelier parisien d'urbanisme (Apur) restituées dans l'Atlas de la Métropole du Grand Paris, le retour d'une crue analogue à celle de 1910 au sein du périmètre métropolitain (130 communes), inonderait 600.000 personnes, laisserait cinq millions de personnes sans eau potable et un million sans électricité.

01.06.2026 à 08:59

FRANCE24
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Cet ancien scientifique en chef de la Nasa s'inquiète du démantèlement du Centre national de recherche sur l'atmosphère (NCAR) et des coupes claires menées par l'Etat fédéral dans les financements scientifiques. Le CIRES, le centre de recherche de quelque 900 personnes qu'il dirige sur le campus de l'Université du Colorado, a été directement touché. De février à mi-avril, le financement par l'Etat fédéral du GML, laboratoire de référence pour la collecte de données sur l'atmosphère, a été gelé. Quarante-deux personnes étaient sur le point d'être licenciées, avant que les fonds ne soient finalement débloqués, sans doute après l'intervention de parlementaires. Q: Comment comprendre ce gel dans les subventions? R: "On m'a dit que cette décision venait du Bureau du budget (de la Maison Blanche), dont le directeur a été très clair dans le passé sur ce qu'il estime être sa responsabilité de s'assurer que l'argent dépensé corresponde aux priorités du président. Mais le problème, c'est que le Congrès avait affecté cet argent. Que le gouvernement, avec son propre avis, prenne le pas sur les décisions parlementaires, ce n'est pas comme ça que ça marche!" Q: En quoi ce genre de décision perturbe-t-il la recherche? R: "Les gens ne mènent plus leurs recherches. Ils ne peuvent plus recruter des doctorants. Ils doivent licencier les techniciens qui font tourner les laboratoires. La Fondation nationale pour la science (principale agence de financement fédéral, ndlr) n'étudie pas les demandes de financements aussi rapidement qu'avant. (...) Tout cela ralentit la recherche. L'histoire a montré que notre compétitivité nationale était liée à notre force dans les sciences, l'ingénierie, la recherche. Mettre tout cela en danger, c'est menacer nos intérêts nationaux. A un moment où la Chine, par exemple, accroît ses dépenses de recherche. Cela m'inquiète." Q: Est-ce qu'on peut parler d'un risque de fuite des cerveaux? R: "Il y a un risque, à Boulder mais aussi au niveau national. Ce que les gens voient, c'est un gouvernement qui dit (vos recherches) +ça ne compte pas, c'est une supercherie+. (...) Donc même si le Congrès a voté les fonds, ce n'est pas certain que l'Etat puisse les dépenser d'ici la fin de l'année budgétaire en raison des retards. Si l'on était cynique, on dirait que c'est bien là l'objectif." Q: Selon des documents internes révélés dans une procédure judiciaire destinée à bloquer le démantèlement du NCAR, la Maison Blanche envisageait en décembre de séparer la recherche sur la météo de celle sur le climat, pour supprimer la seconde. Peut-on dissocier les deux? R: "La recherche atmosphérique ne distingue pas la météo du climat. C'est simplement de la physique! On prend ce que l'on sait de la physique pour nous amener à mieux savoir de quoi l'avenir sera fait. Cela peut être demain, dans un mois ou dans 20 ans. Personne ne peut défendre l'idée que savoir de quoi l'avenir sera fait n'a aucun intérêt. Rechercher cette connaissance constitue, en soi, un intérêt national."

01.06.2026 à 08:55

FRANCE24
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Invité de France Inter, le ministre de l'Intérieur a ajouté que "178" policiers et gendarmes avaient été blessés au cours de ces deux jours. Face aux débordements et aux violences, il a réfuté avec vigueur être "dans le déni". "Moi, je suis ministre de l'Intérieur, je suis à la tête de services qui assurent le maintien de l'ordre qui sont là pour mettre un terme à des exactions, et c'est ce qui a été fait systématiquement", a-t-il dit. "Moi, mon travail, c'est de mettre un terme à ces exactions. C'est ce qui a été fait par les forces de sécurité intérieure. Et s'il y a autant d'interpellations, c'est que ce travail a été évidemment bien fait", a insisté le ministre. Il a fait valoir que les forces de l'ordre avaient été "soumises à des agressions systématiques, jets de projectiles, tirs de mortier qui ont explosé". A ses yeux, la question qui se pose est celle de savoir "pourquoi des jeunes qui sont des voyous, qui sont des jeunes casseurs, qui ont des comportements inadmissibles, profitent des célébrations, des victoires du Paris Saint-Germain, mais pas que", car "ça peut se produire parfois en marge de la Fête de la musique". Comme on lui demandait si de tels débordements étaient "inéluctables" et comment faire pour que cela ne se reproduise pas, Laurent Nuñez a répondu: "il n'y a rien d'inéluctable". "C'est une mission complexe, compliquée", a-t-il dit, car "ce sont des groupes très mobiles, hostiles (...) qui décident de casser, de piller". Il a fait valoir que ce n'était "pas la robustesse du dispositif policier qui devait être interrogée", mais plutôt rechercher "les causes profondes" de ce phénomène. "Les causes profondes sont que, profitant de ces moments festifs, vous avez un certain nombre de personnes qui viennent pour casser, pour piller, et ça c'est une réalité." "Les dispositifs policiers que nous mettons en place, visent justement à les prévenir (...). Nous avions un grand dispositif qui a fonctionné globalement".
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