Une ville de Milan glaciale et en deuil a rendu hommage à Achille Barosi et Chiara Costanzo, tous deux âgés de 16 ans.
A l'église Sainte-Marie-des-Grâces, une foule débordant jusqu'à l'extérieur s'est réunie pour Chiara, avec des roses et des ballons blancs.
"Je suis tellement en colère que tu aies été arrachée à la vie à 16 ans", a lancé au micro sa petite soeur, Elena. "Ce que je ressens maintenant, c'est seulement un grand vide. Je te promets que je vivrai ma vie du mieux possible et que je te dédierai toutes mes réussites".
Le cercueil est sorti de l'église devant la mère de Chiara en pleurs et sous les applaudissements de la foule.
La nuit du réveillon du Nouvel An, un incendie particulièrement rapide et violent a ravagé un bar prisé de la jeunesse de Crans-Montana, piégeant les clients, principalement des adolescents et de jeunes adultes. Le bilan est effroyable : 40 personnes âgées de 14 à 39 ans sont mortes tandis que le nombre des blessés a atteint 116.
- Soif de vivre -
"Chiara avait soif de vivre et a été contrainte d'abandonner ses rêves trop tôt, ce qu'aucun jeune ne devrait subir", a témoigné son père Andrea Costanzo devant les journalistes avant la cérémonie et après avoir rencontré le ministre de l'Instruction.
"L'Italie a fait preuve d'une humanité et d'une sensibilité remarquables mais il est temps maintenant de faire preuve de professionnalisme et d'efficacité et de faire toute la lumière sur cette affaire", pour que "de tels drames ne se reproduisent plus jamais", a-t-il poursuivi.
A quelques centaines de mètres de là, Milan a aussi rendu hommage à un ami de Chiara, Achille. Dans une basilique Saint-Ambroise complètement remplie, lycéens, sacs de cours aux pieds, parents, professeurs et proches étaient présents par centaines pour accompagner le cercueil de bois clair de ce grand blond au sourire timide.
Devant la basilique, des fleurs à la main et les yeux embués, Laura, grand-mère d'un ami d'Achille, témoignait du "choc" qu'ont subi ses proches.
Le vicaire des jeunes de la basilique, don Alberto Rivolta, l'a décrit pendant la cérémonie comme "un jeune homme fort, plein de qualités, déterminé mais gentil, qui aimait les crèches comme il aimait Pasolini", un grand intellectuel anticlérical.
"Seigneur, nous ne te demandons pas pourquoi tu nous l'as enlevé mais te remercions de nous l'avoir donné", a poursuivi le prêtre.
Avant que son cercueil n'entre dans le corbillard, juste en face de son lycée, les proches du garçon ont chanté les mots de l'artiste Achille Lauro : "Et si une seule nuit suffisait, oui, à nous faire disparaître/Nous effacer en un éclair comme une météorite".
"Absurde"
Mercredi, Bologne a de son côté honoré la mémoire du jeune Riccardo Tamburi et Lugano (Suisse) celle de la Suisso-Italienne Sofia Prosperi.
A Rome, les cloches ont sonné l'"Ave Maria" pour les funérailles de Riccardo Minghetti, 16 ans, à la basilique Saints-Pierre-et-Paul.
Le lycée où Riccardo était scolarisé a laissé les élèves sortir plus tôt pour y assister, tandis que toutes les écoles d’Italie ont observé une minute de silence pour leur premier jour de reprise des cours après les vacances.
"Face à une telle tragédie, il n'y a pas de mots et lorsque la vie nous confronte à des situations comme celle-ci, on voit à quel point tout cela est absurde et imprévisible", a déclaré aux personnes endeuillées l'évêque Andrea Manto, encadré par des photos de l'adolescent prises par ses amis.
Valerio, 17 ans, s’est souvenu avoir accompagné Riccardo à l'occasion de deux voyages scolaires en Angleterre. "C’était un garçon sympathique et joyeux, toujours prêt à venir dire bonjour, jamais indifférent, toujours en train de plaisanter", a-t-il confié à l'AFP.
L’impact sur son établissement a été dramatique, a-t-il ajouté. "C'est quelque chose que l'on ressent en classe, dans les couloirs, qui n'a laissé personne indifférent".
Texte intégral (684 mots)
Une ville de Milan glaciale et en deuil a rendu hommage à Achille Barosi et Chiara Costanzo, tous deux âgés de 16 ans.
A l'église Sainte-Marie-des-Grâces, une foule débordant jusqu'à l'extérieur s'est réunie pour Chiara, avec des roses et des ballons blancs.
"Je suis tellement en colère que tu aies été arrachée à la vie à 16 ans", a lancé au micro sa petite soeur, Elena. "Ce que je ressens maintenant, c'est seulement un grand vide. Je te promets que je vivrai ma vie du mieux possible et que je te dédierai toutes mes réussites".
Le cercueil est sorti de l'église devant la mère de Chiara en pleurs et sous les applaudissements de la foule.
La nuit du réveillon du Nouvel An, un incendie particulièrement rapide et violent a ravagé un bar prisé de la jeunesse de Crans-Montana, piégeant les clients, principalement des adolescents et de jeunes adultes. Le bilan est effroyable : 40 personnes âgées de 14 à 39 ans sont mortes tandis que le nombre des blessés a atteint 116.
- Soif de vivre -
"Chiara avait soif de vivre et a été contrainte d'abandonner ses rêves trop tôt, ce qu'aucun jeune ne devrait subir", a témoigné son père Andrea Costanzo devant les journalistes avant la cérémonie et après avoir rencontré le ministre de l'Instruction.
"L'Italie a fait preuve d'une humanité et d'une sensibilité remarquables mais il est temps maintenant de faire preuve de professionnalisme et d'efficacité et de faire toute la lumière sur cette affaire", pour que "de tels drames ne se reproduisent plus jamais", a-t-il poursuivi.
A quelques centaines de mètres de là, Milan a aussi rendu hommage à un ami de Chiara, Achille. Dans une basilique Saint-Ambroise complètement remplie, lycéens, sacs de cours aux pieds, parents, professeurs et proches étaient présents par centaines pour accompagner le cercueil de bois clair de ce grand blond au sourire timide.
Devant la basilique, des fleurs à la main et les yeux embués, Laura, grand-mère d'un ami d'Achille, témoignait du "choc" qu'ont subi ses proches.
Le vicaire des jeunes de la basilique, don Alberto Rivolta, l'a décrit pendant la cérémonie comme "un jeune homme fort, plein de qualités, déterminé mais gentil, qui aimait les crèches comme il aimait Pasolini", un grand intellectuel anticlérical.
"Seigneur, nous ne te demandons pas pourquoi tu nous l'as enlevé mais te remercions de nous l'avoir donné", a poursuivi le prêtre.
Avant que son cercueil n'entre dans le corbillard, juste en face de son lycée, les proches du garçon ont chanté les mots de l'artiste Achille Lauro : "Et si une seule nuit suffisait, oui, à nous faire disparaître/Nous effacer en un éclair comme une météorite".
"Absurde"
Mercredi, Bologne a de son côté honoré la mémoire du jeune Riccardo Tamburi et Lugano (Suisse) celle de la Suisso-Italienne Sofia Prosperi.
A Rome, les cloches ont sonné l'"Ave Maria" pour les funérailles de Riccardo Minghetti, 16 ans, à la basilique Saints-Pierre-et-Paul.
Le lycée où Riccardo était scolarisé a laissé les élèves sortir plus tôt pour y assister, tandis que toutes les écoles d’Italie ont observé une minute de silence pour leur premier jour de reprise des cours après les vacances.
"Face à une telle tragédie, il n'y a pas de mots et lorsque la vie nous confronte à des situations comme celle-ci, on voit à quel point tout cela est absurde et imprévisible", a déclaré aux personnes endeuillées l'évêque Andrea Manto, encadré par des photos de l'adolescent prises par ses amis.
Valerio, 17 ans, s’est souvenu avoir accompagné Riccardo à l'occasion de deux voyages scolaires en Angleterre. "C’était un garçon sympathique et joyeux, toujours prêt à venir dire bonjour, jamais indifférent, toujours en train de plaisanter", a-t-il confié à l'AFP.
L’impact sur son établissement a été dramatique, a-t-il ajouté. "C'est quelque chose que l'on ressent en classe, dans les couloirs, qui n'a laissé personne indifférent".