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Chaîne de service public - Actualité internationale.

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06.04.2026 à 16:19

Wall Street ouvre en petite hausse, les yeux rivés sur le Moyen-Orient

FRANCE24
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Vers 14H00 GMT (16H00 à Paris), l'indice Nasdaq prenait 0,58% et l'indice élargi S&P 500 glanait 0,29%, tandis que le Dow Jones était à l'équilibre (+0,00%). "Un sentiment de confusion règne actuellement sur le marché", estime auprès de l'AFP Sam Stovall, de CFRA. "Si l'on regarde les gros titres (...) rien ne laisse présager un accord de cessez-le-feu", poursuit l'analyste. Le président américain Donald Trump n'a pas validé l'idée d'un cessez-le-feu de 45 jours en Iran, a annoncé lundi la Maison Blanche. Il avait auparavant donné jusqu'à mardi 20H00 (00H00 GMT mercredi) à Téhéran pour rouvrir le détroit d'Ormuz, passage crucial pour l'approvisionnement mondial en pétrole, sous peine de "vivre en enfer". Et sur le terrain, les frappes se poursuivent de part et d'autre dans les pays du Golfe. Pourtant, les prix du pétrole sont en baisse lundi et la place américaine évolue dans le vert. Pour Sam Stovall, à Wall Street, il s'agit d'un "rebond technique" après "un mouvement baissier important" dû à la guerre. Les investisseurs gardent aussi un oeil sur les discussions diplomatiques. Oman, qui borde le détroit d'Ormuz avec l'Iran, a discuté de sa réouverture avec Téhéran, tandis que le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi s'est entretenu par téléphone avec ses homologues pakistanais et égyptien, qui jouent un rôle de médiateur. Le marché boursier risque de rester "hypersensible et volatil face au moindre nouveau développement", prévient Jay Woods, de Freedom Capital Markets. Côté macroéconomique, les opérateurs décortiquent lundi les bons chiffres de l'emploi américain pour le mois de mars, publiés vendredi alors que la place américaine était fermée (jour du Vendredi saint). Les Etats-Unis ont créé 178.000 emplois en mars, soit bien plus que les 59.000 attendus par les analystes. Ce rapport "devrait apaiser certaines des inquiétudes récentes concernant le marché du travail suscitées par les mauvais résultats de février", commente Patrick O'Hare, de Briefing.com. La semaine s'annonce chargée en termes de données, avec notamment l'indice d'inflation PCE - privilégié par la banque centrale américaine (Fed) - jeudi, puis l'indice des prix à la consommation (CPI), vendredi. "Un indice CPI très élevé pourrait être préoccupant, car cela indiquerait que la hausse des prix du pétrole se répercute déjà sur l'économie", note Sam Stovall. Le conflit au Moyen-Orient se traduit notamment par une envolée des prix à la pompe. Et il est parti pour augmenter les coûts de production des entreprises, décourager quelque peu la consommation et peser sur la croissance. Côté entreprises, "l'actualité est à nouveau plutôt calme après ce long week-end, alors que la saison des résultats du premier trimestre approche à grands pas", note Patrick O'Hare. Le géant du streaming Netflix (+1,47% à 100,11 dollars) évoluait dans le vert suite à la révision à la hausse de son titre par la banque d'investissement Goldman Sachs. Le laboratoire Soleno Therapeutics s'envolait (+32,25% à 52,22 dollars) après l'annonce lundi de son acquisition par l'entreprise de biotechnologie californienne Neurocrine Biosciences (-2,29% à 128,59 dollars).

06.04.2026 à 16:17

Mission Artemis II : pourquoi la face cachée de la Lune fascine autant les astronautes

Grégoire SAUVAGE
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Pour la première fois en plus d'un demi-siècle, des astronautes vont survoler la Lune, lundi, et apercevoir sa face cachée, source de mystères et de fascination pour les astronautes du monde entier. Mais que sait-on de ce versant et en quoi est-il différent de la face visible du satellite de la Terre ? Explications.
Texte intégral (524 mots)
Pour la première fois en plus d'un demi-siècle, des astronautes vont survoler la Lune, lundi, et apercevoir sa face cachée, source de mystères et de fascination pour les astronautes du monde entier. Mais que sait-on de ce versant et en quoi est-il différent de la face visible du satellite de la Terre ? Explications.

06.04.2026 à 16:15

Peter Magyar, du sérail au rôle d'opposant de Viktor Orban

FRANCE24
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Communicant habile, sur les réseaux sociaux comme sur le terrain, ce conservateur de 45 ans a promis un changement total, jurant de démanteler "brique par brique" le système politique mis en place par M. Orban, auquel il a pourtant été étroitement lié jusqu'à récemment. En 2022, il applaudissait encore un discours de Viktor Orban, assis au premier rang avec Judit Varga, alors son épouse et ministre de la Justice. Il n'avait toutefois déjà pas sa langue dans sa poche, ne se privant pas de donner des coups de griffes à la galaxie Orban. "Ils m'appelaient +l'éternelle opposition+ au sein du Fidesz", le parti au pouvoir, se targuait-il auprès de l'AFP en 2024, peu après son irruption sur le devant de la scène politique. Son statut d'"ancien initié" a contribué à son ascension fulgurante, estime Andrzej Sadecki, analyste au Centre d'études de l'Est (OSW) à Varsovie. "Il paraît plus convaincant aux yeux de certains anciens électeurs du Fidesz quand il affirme que le système est pourri de l'intérieur", ajoute l'expert, estimant que "d'une certaine manière, Magyar, c’est Orban il y a 20 ans, sans tout le bagage, la corruption et les erreurs commises au pouvoir". Né le 16 mars 1981 dans une famille de conservateurs influents, Peter Magyar s'intéresse à la politique dès le plus jeune âge. Pendant ses années universitaires, où il a étudié le droit, il s'est lié d'amitié avec Gergely Gulyas — l'actuel chef de cabinet d'Orban — et rencontré sa future épouse, avec laquelle il a eu trois enfants. "Meilleure chance" Après avoir travaillé comme avocat, il est devenu père au foyer à Bruxelles lorsque Judit Varga a été embauchée en 2009 comme assistante d'un député européen Fidesz. Au retour au pouvoir de Viktor Orban en 2010, il a été nommé diplomate chargé des affaires européennes. La famille est revenue en Hongrie en 2018, lorsque Judit Varga a été nommée secrétaire d'Etat, puis ministre de la Justice. Peter Magyar a de son côté pris la tête de l'organisme de prêts étudiants Diakhitel Kozpont et siégé au conseil d'administration de plusieurs autres entreprises publiques. Inconnu du grand public avant début 2024, quand il a dénoncé au grand jour le système Orban, dans le sillage d'un scandale retentissant de grâce accordée dans une affaire de pédocriminalité, il avait alors affirmé ne pas avoir d'ambition politique. Quelques semaines plus tard, il organisait son premier rassemblement, attirant des dizaines de milliers de personnes. Peter Magyar a rapidement été perçu comme "courageux, dans l'action et prêt à prendre des risques personnels", estime Veronika Kovesdi, spécialiste des médias à l'université ELTE de Budapest. Sa communication sur les réseaux sociaux a eu un grand écho "émotionnel", selon elle, et contribué à l'émergence d'une communauté forte de soutiens. Il a rapidement pris les rênes d'un parti jusque-là en sommeil, Tisza, qui est arrivé en deuxième position aux élections européennes de 2024, derrière la coalition au pouvoir. A mesure que sa popularité grandissait, Peter Magyar s'est retrouvé confronté à une série d'accusations - dont celle de violences domestiques de la part de Judit Varga, dont il a divorcé en 2023 -, un "tsunami de haine et de mensonges" selon lui. Pour Mme Kovesdi, cela a peut-être contribué à "le légitimer davantage". Côté programme, Peter Magyar propose d'améliorer les services publics comme la santé et l'éducation, dans un état lamentable, et de lutter contre la corruption qui "est partout". Il a également esquissé une politique étrangère pro-occidentale, affirmant qu'il s'efforcerait de faire de la Hongrie un allié fiable de l'Otan et un membre loyal de l'UE. Comme Orban, il refuse l'envoi d'armes à l'Ukraine et s'oppose à une intégration rapide du pays dans l'UE, même s'il ne partage pas sa rhétorique hostile envers Kiev. Il défend des positions très strictes sur l'immigration, tandis que sur les droits LGBT+, attaqués par Viktor Orban, il s'est montré vague, lui reproche une journaliste d'un média indépendant, qui s'inquiète aussi de son "agressivité" envers les médias. "Certains doutent de sa capacité à opérer une véritable rupture avec le régime d’Orban" et "les électeurs de gauche ne sont peut-être pas entièrement satisfaits de son programme, mais ils le soutiennent quand même, car il représente la meilleure chance de changement", souligne M. Sadecki.
Texte intégral (747 mots)
Communicant habile, sur les réseaux sociaux comme sur le terrain, ce conservateur de 45 ans a promis un changement total, jurant de démanteler "brique par brique" le système politique mis en place par M. Orban, auquel il a pourtant été étroitement lié jusqu'à récemment. En 2022, il applaudissait encore un discours de Viktor Orban, assis au premier rang avec Judit Varga, alors son épouse et ministre de la Justice. Il n'avait toutefois déjà pas sa langue dans sa poche, ne se privant pas de donner des coups de griffes à la galaxie Orban. "Ils m'appelaient +l'éternelle opposition+ au sein du Fidesz", le parti au pouvoir, se targuait-il auprès de l'AFP en 2024, peu après son irruption sur le devant de la scène politique. Son statut d'"ancien initié" a contribué à son ascension fulgurante, estime Andrzej Sadecki, analyste au Centre d'études de l'Est (OSW) à Varsovie. "Il paraît plus convaincant aux yeux de certains anciens électeurs du Fidesz quand il affirme que le système est pourri de l'intérieur", ajoute l'expert, estimant que "d'une certaine manière, Magyar, c’est Orban il y a 20 ans, sans tout le bagage, la corruption et les erreurs commises au pouvoir". Né le 16 mars 1981 dans une famille de conservateurs influents, Peter Magyar s'intéresse à la politique dès le plus jeune âge. Pendant ses années universitaires, où il a étudié le droit, il s'est lié d'amitié avec Gergely Gulyas — l'actuel chef de cabinet d'Orban — et rencontré sa future épouse, avec laquelle il a eu trois enfants. "Meilleure chance" Après avoir travaillé comme avocat, il est devenu père au foyer à Bruxelles lorsque Judit Varga a été embauchée en 2009 comme assistante d'un député européen Fidesz. Au retour au pouvoir de Viktor Orban en 2010, il a été nommé diplomate chargé des affaires européennes. La famille est revenue en Hongrie en 2018, lorsque Judit Varga a été nommée secrétaire d'Etat, puis ministre de la Justice. Peter Magyar a de son côté pris la tête de l'organisme de prêts étudiants Diakhitel Kozpont et siégé au conseil d'administration de plusieurs autres entreprises publiques. Inconnu du grand public avant début 2024, quand il a dénoncé au grand jour le système Orban, dans le sillage d'un scandale retentissant de grâce accordée dans une affaire de pédocriminalité, il avait alors affirmé ne pas avoir d'ambition politique. Quelques semaines plus tard, il organisait son premier rassemblement, attirant des dizaines de milliers de personnes. Peter Magyar a rapidement été perçu comme "courageux, dans l'action et prêt à prendre des risques personnels", estime Veronika Kovesdi, spécialiste des médias à l'université ELTE de Budapest. Sa communication sur les réseaux sociaux a eu un grand écho "émotionnel", selon elle, et contribué à l'émergence d'une communauté forte de soutiens. Il a rapidement pris les rênes d'un parti jusque-là en sommeil, Tisza, qui est arrivé en deuxième position aux élections européennes de 2024, derrière la coalition au pouvoir. A mesure que sa popularité grandissait, Peter Magyar s'est retrouvé confronté à une série d'accusations - dont celle de violences domestiques de la part de Judit Varga, dont il a divorcé en 2023 -, un "tsunami de haine et de mensonges" selon lui. Pour Mme Kovesdi, cela a peut-être contribué à "le légitimer davantage". Côté programme, Peter Magyar propose d'améliorer les services publics comme la santé et l'éducation, dans un état lamentable, et de lutter contre la corruption qui "est partout". Il a également esquissé une politique étrangère pro-occidentale, affirmant qu'il s'efforcerait de faire de la Hongrie un allié fiable de l'Otan et un membre loyal de l'UE. Comme Orban, il refuse l'envoi d'armes à l'Ukraine et s'oppose à une intégration rapide du pays dans l'UE, même s'il ne partage pas sa rhétorique hostile envers Kiev. Il défend des positions très strictes sur l'immigration, tandis que sur les droits LGBT+, attaqués par Viktor Orban, il s'est montré vague, lui reproche une journaliste d'un média indépendant, qui s'inquiète aussi de son "agressivité" envers les médias. "Certains doutent de sa capacité à opérer une véritable rupture avec le régime d’Orban" et "les électeurs de gauche ne sont peut-être pas entièrement satisfaits de son programme, mais ils le soutiennent quand même, car il représente la meilleure chance de changement", souligne M. Sadecki.

06.04.2026 à 16:07

Sonny Troupé, ambassadeur du gwo ka moderne !

Délia COLINÉ
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Batteur, percussionniste et compositeur, Sonny Troupé revient avec un troisième album, "Evy Danse", un projet qui mêle le gwo ka traditionnel de la Guadeloupe à des influences jazz et classiques. Entouré d’un quatuor à cordes et de voix comme celles de Lucien Troupé et Lou Tavano, Sonny Troupé propose une musique riche, moderne et profondément ancrée dans ses racines.
Texte intégral (747 mots)
Batteur, percussionniste et compositeur, Sonny Troupé revient avec un troisième album, "Evy Danse", un projet qui mêle le gwo ka traditionnel de la Guadeloupe à des influences jazz et classiques. Entouré d’un quatuor à cordes et de voix comme celles de Lucien Troupé et Lou Tavano, Sonny Troupé propose une musique riche, moderne et profondément ancrée dans ses racines.

06.04.2026 à 15:59

Viktor Orban, un modèle pour les dirigeants illibéraux

FRANCE24
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Le dirigeant de 62 ans, qui a fait de son pays le laboratoire de la démocratie illibérale, a réussi à se faire un nom à l'international, grâce à ses passes d'arme fréquentes avec Bruxelles et ses amitiés avec les présidents américain et Donald Trump et russe Vladimir Poutine. "Les dirigeants illibéraux le considèrent comme un modèle, quelqu'un qui a réussi, qui a su prendre le pouvoir", souligne Emilia Palonen, professeure associée à l'Université d'Helsinki, interrogée par l'AFP. Né le 31 mai 1963 dans un village situé à une heure de Budapest, c'est pourtant en jeune libéral que Viktor Orban s'est fait un nom quand il défia le régime communiste à Budapest en juin 1989 avec un discours enflammé, réclamant la démocratie. Un an plus tôt, ce diplômé de droit de l'université de Budapest, qui a bénéficié d'une bourse de la fondation Soros pour étudier à Oxford, avait cofondé l'Alliance des jeunes démocrates (Fidesz). Il vire cependant rapidement vers un discours défendant les valeurs familiales, rurales et chrétiennes. Un pari payant puisqu'en 1990, il est élu député puis désigné Premier ministre en 1998, à seulement 35 ans. Quatre ans plus tard, il est battu par le Parti socialiste, héritier des communistes, puis de nouveau en 2006. Une humiliation qui accélère sa mutation. Revenu plus averti au pouvoir en 2010, alors que le pays est profondément ébranlé par la crise économique, il entreprend de cimenter l'emprise de son parti sur les médias, les institutions et les universités au nom du salut de la "nation hongroise". En 2014, il est le premier homme politique d'envergure à promouvoir un "Etat illibéral" comme modèle, lors d'un discours dans un village de Transylvanie, en Roumanie, où vit une forte minorité hongroise, relativisant l'Etat de droit. "Il a tiré les leçons des erreurs de son premier mandat, il a pu faire passer rapidement des changements d'ampleur, consolidant ainsi son pouvoir", analyse Emilia Palonen. "Ennemi extérieur" Ses attaques contre l'indépendance de la justice, de la presse, des institutions, ses atteintes aux libertés individuelles, dont celles de la communauté LGBT+, ont généré des frictions avec l'Union européenne, qui a gelé des milliards de fonds destinés à la Hongrie. Il s'oppose également à la politique migratoire du bloc, refusant d'accueillir des demandeurs d'asile contre lesquels il érige en 2015 une clôture de plusieurs centaines de kilomètres. Cette stratégie, basée sur l'existence d'"un ennemi extérieur", selon la politologue Zsuzsanna Szelenyi, lui a permis de l'emporter à nouveau dans les urnes en 2014, 2018 et 2022 avec la majorité des deux tiers. Ambitionnant d'être reconduit le 12 avril pour un cinquième mandat consécutif, il a désigné comme nouvel ennemi, après les communistes et les migrants, l'Ukraine, qu'il accuse de vouloir entraîner la Hongrie dans la guerre suite à l'invasion russe. Mais à en croire les sondages, qui donnent le parti Tisza de son adversaire Peter Magyar largement en tête, cela ne prend plus, les électeurs se disant beaucoup plus préoccupés par les sujets internes comme l'inflation, la déliquescence des services et la corruption qui a permis à l'entourage de Viktor Orban, marié et père de cinq enfants, de s'enrichir outrageusement. Son autorité a également vacillé devant la participation record l'an dernier à la marche des fiertés de Budapest qu'il avait pourtant interdite. En cas de victoire, Viktor Orban risque, selon les analystes, d'être confronté à une opinion moins malléable et de se heurter plus violemment à ses partenaires européens qui ont dénoncé sa déloyauté après le veto qu'il a opposé fin mars à un prêt de 90 milliards d'euros à l'Ukraine. "Il a certainement réussi à laisser son empreinte", estime le politologue Attila Gyulai, du Centre des sciences sociales de l'université ELTE, en pointant le durcissement de la ligne de l'UE sur les migrants. "Mais il a agi comme un bélier, donc naturellement c'est lui qui s'usera le premier."
Texte intégral (673 mots)
Le dirigeant de 62 ans, qui a fait de son pays le laboratoire de la démocratie illibérale, a réussi à se faire un nom à l'international, grâce à ses passes d'arme fréquentes avec Bruxelles et ses amitiés avec les présidents américain et Donald Trump et russe Vladimir Poutine. "Les dirigeants illibéraux le considèrent comme un modèle, quelqu'un qui a réussi, qui a su prendre le pouvoir", souligne Emilia Palonen, professeure associée à l'Université d'Helsinki, interrogée par l'AFP. Né le 31 mai 1963 dans un village situé à une heure de Budapest, c'est pourtant en jeune libéral que Viktor Orban s'est fait un nom quand il défia le régime communiste à Budapest en juin 1989 avec un discours enflammé, réclamant la démocratie. Un an plus tôt, ce diplômé de droit de l'université de Budapest, qui a bénéficié d'une bourse de la fondation Soros pour étudier à Oxford, avait cofondé l'Alliance des jeunes démocrates (Fidesz). Il vire cependant rapidement vers un discours défendant les valeurs familiales, rurales et chrétiennes. Un pari payant puisqu'en 1990, il est élu député puis désigné Premier ministre en 1998, à seulement 35 ans. Quatre ans plus tard, il est battu par le Parti socialiste, héritier des communistes, puis de nouveau en 2006. Une humiliation qui accélère sa mutation. Revenu plus averti au pouvoir en 2010, alors que le pays est profondément ébranlé par la crise économique, il entreprend de cimenter l'emprise de son parti sur les médias, les institutions et les universités au nom du salut de la "nation hongroise". En 2014, il est le premier homme politique d'envergure à promouvoir un "Etat illibéral" comme modèle, lors d'un discours dans un village de Transylvanie, en Roumanie, où vit une forte minorité hongroise, relativisant l'Etat de droit. "Il a tiré les leçons des erreurs de son premier mandat, il a pu faire passer rapidement des changements d'ampleur, consolidant ainsi son pouvoir", analyse Emilia Palonen. "Ennemi extérieur" Ses attaques contre l'indépendance de la justice, de la presse, des institutions, ses atteintes aux libertés individuelles, dont celles de la communauté LGBT+, ont généré des frictions avec l'Union européenne, qui a gelé des milliards de fonds destinés à la Hongrie. Il s'oppose également à la politique migratoire du bloc, refusant d'accueillir des demandeurs d'asile contre lesquels il érige en 2015 une clôture de plusieurs centaines de kilomètres. Cette stratégie, basée sur l'existence d'"un ennemi extérieur", selon la politologue Zsuzsanna Szelenyi, lui a permis de l'emporter à nouveau dans les urnes en 2014, 2018 et 2022 avec la majorité des deux tiers. Ambitionnant d'être reconduit le 12 avril pour un cinquième mandat consécutif, il a désigné comme nouvel ennemi, après les communistes et les migrants, l'Ukraine, qu'il accuse de vouloir entraîner la Hongrie dans la guerre suite à l'invasion russe. Mais à en croire les sondages, qui donnent le parti Tisza de son adversaire Peter Magyar largement en tête, cela ne prend plus, les électeurs se disant beaucoup plus préoccupés par les sujets internes comme l'inflation, la déliquescence des services et la corruption qui a permis à l'entourage de Viktor Orban, marié et père de cinq enfants, de s'enrichir outrageusement. Son autorité a également vacillé devant la participation record l'an dernier à la marche des fiertés de Budapest qu'il avait pourtant interdite. En cas de victoire, Viktor Orban risque, selon les analystes, d'être confronté à une opinion moins malléable et de se heurter plus violemment à ses partenaires européens qui ont dénoncé sa déloyauté après le veto qu'il a opposé fin mars à un prêt de 90 milliards d'euros à l'Ukraine. "Il a certainement réussi à laisser son empreinte", estime le politologue Attila Gyulai, du Centre des sciences sociales de l'université ELTE, en pointant le durcissement de la ligne de l'UE sur les migrants. "Mais il a agi comme un bélier, donc naturellement c'est lui qui s'usera le premier."
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