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14.01.2026 à 10:33

Le grand magasin Saks, temple du luxe à New York, se place en faillite

FRANCE24
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L'entreprise qui ne payait plus certains de ses fournisseurs (de grandes marques) depuis plusieurs mois, a annoncé dans un communiqué se placer volontairement sous la protection de la loi sur les faillites (Chapitre 11) auprès d'un tribunal du Texas. Saks s'est engagé à "honorer tous les programmes destinés aux clients, à effectuer les paiements futurs aux fournisseurs et à maintenir le versement des salaires et des avantages sociaux aux employés". Ses magasins restent ouverts. Le groupe a indiqué avoir sécurisé un financement d'environ 1,75 milliard de dollars auprès de ses créanciers. Sous réserve d'approbation judiciaire, ce plan de financement "fournira les liquidités nécessaires au financement des opérations et des initiatives de redressement de Saks Global", assure le communiqué. Nouvelle direction Simultanément, l'entreprise a annoncé un changement de direction. Geoffroy van Raemdonck, ancien directeur général de Neiman Marcus, va devenir PDG de Saks Global. Il succède à Richard Baker, directeur général et président exécutif sortant, qui a démissionné mardi. M. Baker avait orchestré en 2024 l'acquisition par Saks du groupe Neiman Marcus, propriétaire de Bergdorf Goodman, pour 2,7 milliards de dollars. "Je suis impatient d’assumer le rôle de PDG et de poursuivre la transformation de l'entreprise afin que Saks Global continue de jouer un rôle central dans l’avenir du commerce de détail de luxe", a dit M. Van Raemdonck, cité par le communiqué du groupe. L'annonce de la mise en faillite était attendue par les analystes. "Ils vont déposer le bilan. Il n'y a plus d'argent. Il faut une supervision par un tribunal", avait déclaré mardi à l'AFP Tim Hynes, responsable de recherche crédit pour Debtwire, spécialiste de la situation financière des entreprises. Selon lui, Saks Global s'est beaucoup endetté pour racheter le groupe Neiman Marcus (NMG) en 2024 et sa dette atteint désormais quelque cinq milliards de dollars pour un chiffre d'affaires annuel inférieur à 6 milliards. Espoirs douchés Le groupe basé à New York, qui compte environ 70 magasins (hors réseaux de déstockage) en Amérique du Nord, n'est pas coté et ne publie pas de résultats. Pris à la gorge dans un contexte économique difficile aggravé par les récents droits de douane et comptant se refaire une santé avec les fêtes de fin d'année, il a opéré en août 2025 une restructuration partielle de sa dette et récupéré 600 millions de dollars d'argent frais. Mais ses espoirs ont été douchés. Le consommateur américain, qui dépense tout en restant très attentif aux prix, n'a pas été au rendez-vous dans les rayons de l'étendard du groupe, Saks Fifth Avenue, qui avait pourtant renoué avec la tradition en déployant des éclairages festifs sur toute sa façade, après un arrêt fin 2024 qui avait été décrié. Résultat: le groupe n'a pas honoré une échéance de 100 millions de dollars le 30 décembre. Un différé de trente jours maximum s'est enclenché. D'après l'agence de notation Standard and Poor's et plusieurs experts, de nombreuses marques refusent toute nouvelle commande de vêtements, accessoires, bijoux, etc., tant que les arriérés n'auront pas été payés. D'autres refusent de livrer par crainte de ne pas être payées. A parcourir cette semaine les étages de Saks sur la célèbre Cinquième Avenue, artère commerçante de New York bordée de boutiques prestigieuses, l'AFP a constaté des portants semblant peu achalandés, certains proposant de chaudes tenues d'hiver associées à des vêtements printaniers. Comme si des collections disparates avaient été assemblées de bric et de broc pour éviter des rayons vides.

14.01.2026 à 10:15

La France annonce l'ouverture d'un consulat au Groenland le 6 février

FRANCE 24
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La France va ouvrir un consulat au Groenland le 6 février, a déclaré mercredi le chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot, un "signal politique" alors que ce territoire autonome danois est convoité par le président américain Donald Trump.
Texte intégral (622 mots)
La France va ouvrir un consulat au Groenland le 6 février, a déclaré mercredi le chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot, un "signal politique" alors que ce territoire autonome danois est convoité par le président américain Donald Trump.

14.01.2026 à 10:05

L'Iran promet des procès "rapides", craintes d'une première exécution mercredi

FRANCE24
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Donald Trump a assuré que les Etats-Unis agiraient "de manière très forte" si les autorités iraniennes commençaient à exécuter des personnes arrêtées lors des manifestations qui secouent le pays depuis le 28 décembre. Téhéran, de son côté, accuse Washington de chercher un "prétexte" en vue d'une intervention militaire pour faire tomber le pouvoir. Amnesty International et d'autres ONG ont dit avoir des informations, notamment via sa famille, de l'exécution prévue d'un premier manifestant mercredi, ce qu'a aussi avancé la diplomatie américaine. "Plus de 10.600 manifestants ont été arrêtés (...) Erfan Soltani, 26 ans, dont l'exécution a été programmée pour le 14 janvier, est l'un d'eux", a écrit le Département d'Etat dans un message en farsi sur X. Amnesty a demandé à l'Iran de "surseoir immédiatement à toutes les exécutions, y compris celle d'Erfan Soltani". Selon les médias iraniens, le chef du pouvoir judiciaire a passé cinq heures dans une prison de Téhéran où sont détenus des manifestants - des "émeutiers" selon les autorités -, pour étudier leurs cas. A l'issue de cette visite, il a promis des procès "rapides" et "publics". "Si quelqu'un a mis le feu à une personne, l'a décapitée avant de brûler son corps, nous devons faire notre travail rapidement", a déclaré Gholamhossein Mohseni Ejeï. "CONTINUEZ" Le président américain, dont les intentions restent floues, a menacé plusieurs fois d'intervenir militairement depuis le début du mouvement, l'un des plus vastes depuis la proclamation de la République islamique en 1979. La répression a fait au moins 734 morts selon l'ONG Iran Human Rights (IHR) basée en Norvège, qui estime toutefois que le nombre réel de morts pourrait s'élever à plusieurs milliers. Internet est toujours coupé dans tout le pays, pour le septième jour de suite, selon l'ONG de surveillance de la cybersécurité Netblocks, rendant difficile l'accès aux informations. Mais des rapports crédibles font état "de tueries à grande échelle menées par les forces de sécurité à travers le pays", affirme l'ONG Human Rights Watch. De nouvelles vidéos, authentifiées par l'AFP, sont apparues sur les réseaux sociaux montrant des dizaines de corps alignés dans une mosquée au sud de la capitale iranienne. "La violence augmente, les arrestations aussi. Les oppresseurs tirent au hasard", racontait mardi à l'AFP Kian Tahsildari à Istanbul, relayant le témoignage d'amis à Machhad, dans le nord-est de l'Iran. Les médias d'Etat iraniens diffusent eux en boucle des images des dégâts et rendent hommage aux membres des forces de sécurité tués. Une cérémonie funéraire de masse est prévue mercredi pour les "martyrs" morts ces derniers jours - majoritairement des forces de l'ordre, ont fait savoir les autorités. A l'international, les condamnations affluent: l'ONU se dit "horrifiée" et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a dénoncé un bilan "effroyable" et dit plancher sur de nouvelles sanctions contre Téhéran. Donald Trump a lui annoncé mardi des sanctions contre les partenaires commerciaux de l'Iran - des droits de douane de 25% prenant effet "immédiatement". "Rejoindre le peuple" Fils de l'ancien chah d'Iran chassé du pouvoir en 1979, Reza Pahlavi, figure de l'opposition iranienne en exil aux Etats-Unis, a assuré mardi aux manifestants que "le monde n'a pas seulement vu et entendu votre voix et votre courage, maintenant il répond". Il a aussi invité l'armée régulière à "rejoindre le peuple aussi vite que possible". "Vous êtes l'armée nationale de l'Iran, pas l'armée de la République islamique", a-t-il souligné. Depuis le début du mouvement, initialement lié au coût de la vie, le pouvoir dit comprendre les revendications portant sur des questions économiques mais accuse des "émeutiers" pilotés par l'étranger d'être à l'origine des violences. Agé de 86 ans, l'ayatollah Khamenei a déjà été confronté à d'importants défis, notamment durant la guerre de 12 jours avec Israël en juin 2025, déclenchée par une attaque massive contre les installations militaires et nucléaires iraniennes. Des analystes jugent prématuré de prédire dans l'immédiat la chute du pouvoir théocratique iranien, soulignant que la République islamique dispose de solides leviers répressifs, à commencer par le Corps des gardiens de la Révolution.
Texte intégral (738 mots)
Donald Trump a assuré que les Etats-Unis agiraient "de manière très forte" si les autorités iraniennes commençaient à exécuter des personnes arrêtées lors des manifestations qui secouent le pays depuis le 28 décembre. Téhéran, de son côté, accuse Washington de chercher un "prétexte" en vue d'une intervention militaire pour faire tomber le pouvoir. Amnesty International et d'autres ONG ont dit avoir des informations, notamment via sa famille, de l'exécution prévue d'un premier manifestant mercredi, ce qu'a aussi avancé la diplomatie américaine. "Plus de 10.600 manifestants ont été arrêtés (...) Erfan Soltani, 26 ans, dont l'exécution a été programmée pour le 14 janvier, est l'un d'eux", a écrit le Département d'Etat dans un message en farsi sur X. Amnesty a demandé à l'Iran de "surseoir immédiatement à toutes les exécutions, y compris celle d'Erfan Soltani". Selon les médias iraniens, le chef du pouvoir judiciaire a passé cinq heures dans une prison de Téhéran où sont détenus des manifestants - des "émeutiers" selon les autorités -, pour étudier leurs cas. A l'issue de cette visite, il a promis des procès "rapides" et "publics". "Si quelqu'un a mis le feu à une personne, l'a décapitée avant de brûler son corps, nous devons faire notre travail rapidement", a déclaré Gholamhossein Mohseni Ejeï. "CONTINUEZ" Le président américain, dont les intentions restent floues, a menacé plusieurs fois d'intervenir militairement depuis le début du mouvement, l'un des plus vastes depuis la proclamation de la République islamique en 1979. La répression a fait au moins 734 morts selon l'ONG Iran Human Rights (IHR) basée en Norvège, qui estime toutefois que le nombre réel de morts pourrait s'élever à plusieurs milliers. Internet est toujours coupé dans tout le pays, pour le septième jour de suite, selon l'ONG de surveillance de la cybersécurité Netblocks, rendant difficile l'accès aux informations. Mais des rapports crédibles font état "de tueries à grande échelle menées par les forces de sécurité à travers le pays", affirme l'ONG Human Rights Watch. De nouvelles vidéos, authentifiées par l'AFP, sont apparues sur les réseaux sociaux montrant des dizaines de corps alignés dans une mosquée au sud de la capitale iranienne. "La violence augmente, les arrestations aussi. Les oppresseurs tirent au hasard", racontait mardi à l'AFP Kian Tahsildari à Istanbul, relayant le témoignage d'amis à Machhad, dans le nord-est de l'Iran. Les médias d'Etat iraniens diffusent eux en boucle des images des dégâts et rendent hommage aux membres des forces de sécurité tués. Une cérémonie funéraire de masse est prévue mercredi pour les "martyrs" morts ces derniers jours - majoritairement des forces de l'ordre, ont fait savoir les autorités. A l'international, les condamnations affluent: l'ONU se dit "horrifiée" et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a dénoncé un bilan "effroyable" et dit plancher sur de nouvelles sanctions contre Téhéran. Donald Trump a lui annoncé mardi des sanctions contre les partenaires commerciaux de l'Iran - des droits de douane de 25% prenant effet "immédiatement". "Rejoindre le peuple" Fils de l'ancien chah d'Iran chassé du pouvoir en 1979, Reza Pahlavi, figure de l'opposition iranienne en exil aux Etats-Unis, a assuré mardi aux manifestants que "le monde n'a pas seulement vu et entendu votre voix et votre courage, maintenant il répond". Il a aussi invité l'armée régulière à "rejoindre le peuple aussi vite que possible". "Vous êtes l'armée nationale de l'Iran, pas l'armée de la République islamique", a-t-il souligné. Depuis le début du mouvement, initialement lié au coût de la vie, le pouvoir dit comprendre les revendications portant sur des questions économiques mais accuse des "émeutiers" pilotés par l'étranger d'être à l'origine des violences. Agé de 86 ans, l'ayatollah Khamenei a déjà été confronté à d'importants défis, notamment durant la guerre de 12 jours avec Israël en juin 2025, déclenchée par une attaque massive contre les installations militaires et nucléaires iraniennes. Des analystes jugent prématuré de prédire dans l'immédiat la chute du pouvoir théocratique iranien, soulignant que la République islamique dispose de solides leviers répressifs, à commencer par le Corps des gardiens de la Révolution.

14.01.2026 à 09:53

Stérin dans le viseur: les sénateurs PS vont enquêter sur les financements privés en politique

FRANCE24
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"La question de la transparence des financements et des soutiens est un enjeu démocratique", a détaillé lors d'une conférence de presse la sénatrice PS de Paris Colombe Brossel, à l'initiative de cette commission d'enquête parlementaire. Cette commission, aux pouvoirs d'enquête et d'audition élargis, devrait commencer ses travaux fin janvier ou début février. Elle aura ensuite six mois pour mener ses auditions avant la remise d'un rapport, qui pourrait aussi ouvrir la voie à des modifications législatives. L'objectif des sénateurs socialistes est d'ériger "une forme de rempart démocratique contre des attaques extrêmement organisées, coordonnées, structurées, financées dans des champs politiques loin d'être anecdotiques", a avancé Colombe Brossel. Elle a visé sans détour l'homme d'affaires conservateur Pierre-Edouard Stérin, initiateur du projet "para-politique" baptisé Périclès, visant notamment à "faire se lever une élite" avec "toutes les forces de droite". Mais le périmètre de la commission d'enquête est bien plus large car le PS entend "se laisser toutes les portes ouvertes" travailler "sur tous les autres modes de financement", sans exclure par exemple la régulation des médias traditionnels et l'empire médiatique du milliardaire conservateur Vincent Bolloré. Au printemps, Pierre-Edouard Stérin avait refusé par deux fois de répondre à la convocation d'une commission d'enquête de l'Assemblée nationale sur l'organisation des élections en France. Il a été entendu mi-novembre par la police judiciaire dans le cadre d'une enquête ouverte après ce double refus. Le Sénat a multiplié ces dernières années les commissions d'enquête au retentissement non-négligeable dans la sphère publique, de l'affaire Benalla au Fonds Marianne, en passant par l'influence croissante des cabinets de conseil dans les politiques publiques. Ou, plus récemment, sur le respect des obligations climatiques de TotalEnergies, le coût des aides publiques aux entreprises, celui des agences de l'Etat ou encore le scandale des eaux minérales en bouteille.
Lire plus (336 mots)
"La question de la transparence des financements et des soutiens est un enjeu démocratique", a détaillé lors d'une conférence de presse la sénatrice PS de Paris Colombe Brossel, à l'initiative de cette commission d'enquête parlementaire. Cette commission, aux pouvoirs d'enquête et d'audition élargis, devrait commencer ses travaux fin janvier ou début février. Elle aura ensuite six mois pour mener ses auditions avant la remise d'un rapport, qui pourrait aussi ouvrir la voie à des modifications législatives. L'objectif des sénateurs socialistes est d'ériger "une forme de rempart démocratique contre des attaques extrêmement organisées, coordonnées, structurées, financées dans des champs politiques loin d'être anecdotiques", a avancé Colombe Brossel. Elle a visé sans détour l'homme d'affaires conservateur Pierre-Edouard Stérin, initiateur du projet "para-politique" baptisé Périclès, visant notamment à "faire se lever une élite" avec "toutes les forces de droite". Mais le périmètre de la commission d'enquête est bien plus large car le PS entend "se laisser toutes les portes ouvertes" travailler "sur tous les autres modes de financement", sans exclure par exemple la régulation des médias traditionnels et l'empire médiatique du milliardaire conservateur Vincent Bolloré. Au printemps, Pierre-Edouard Stérin avait refusé par deux fois de répondre à la convocation d'une commission d'enquête de l'Assemblée nationale sur l'organisation des élections en France. Il a été entendu mi-novembre par la police judiciaire dans le cadre d'une enquête ouverte après ce double refus. Le Sénat a multiplié ces dernières années les commissions d'enquête au retentissement non-négligeable dans la sphère publique, de l'affaire Benalla au Fonds Marianne, en passant par l'influence croissante des cabinets de conseil dans les politiques publiques. Ou, plus récemment, sur le respect des obligations climatiques de TotalEnergies, le coût des aides publiques aux entreprises, celui des agences de l'Etat ou encore le scandale des eaux minérales en bouteille.

14.01.2026 à 09:43

Delphine de Vigan rend le smartphone romanesque

FRANCE24
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"Que veulent vraiment nos téléphones?", s'interroge l'héroïne de "Je suis Romane Monnier" (Gallimard), qui sort jeudi en librairie. Comme dans ses précédents romans - de "Rien ne s'oppose à la nuit" à "Les enfants sont rois" - l'autrice "invente des personnages qui vont faire vivre ces interrogations à travers leur intimité", explique-t-elle à l'AFP. "Je suis Romane Monnier" met en scène deux personnages principaux - la jeune Romane et Thomas, un homme d'âge mûr - qui, un samedi soir, échangent par mégarde leur portable dans un bar. Romane accepte le lendemain de redonner son bien à Thomas mais demande à celui-ci de garder le sien, sans expliquer pourquoi elle s'en débarrasse. A la fois interloqué et curieux, Thomas commence à fouiller le téléphone pour tenter de comprendre pourquoi la jeune femme s'est "soustraite du monde", sans plus donner de signe de vie. Dans son journal intime conservé par l'appareil, Romane avoue ne plus supporter "ces flux continus sur X, sur Insta, sur TikTok, ces fils que l’on déroule sans fin, dont on ne verra jamais le bout". "Nous avons perdu la satisfaction d'avoir terminé, la certitude que cela s’arrête quelque part", se désole-t-elle. "la vie sans smartphone" Pour Delphine de Vigan, ce "sentiment d'être submergé dans l'océan numérique" semble "partagé par un nombre croissant de personnes". Dont certaines décident alors de "décrocher", notamment de l'actualité. Mais la romancière se garde d'aller au-delà de ce constat: "Je n'ai pas du tout envie de donner des leçons, ça ne m'intéresse pas et ce n'est pas mon rôle". Dans le roman, Thomas se souvient aussi de "la vie sans smartphone", de "ce temps qu'il pouvait passer assis à une terrasse de café, le nez en l'air ou à regarder les gens passer", sans être happé par l'écran de son téléphone. "Ce temps non compté, sans enjeu, sans empreinte, a disparu. Englouti par un objet", constate-t-il. Depuis qu'elle a commencé à écrire des romans, dont "D'après une histoire vraie", Delphine de Vigan s'intéresse aux "traces qu'on laisse". "Pour des jeunes générations, il n'y a pratiquement plus rien de matériel, d'écrit. Très rares sont ceux qui s'écrivent des lettres ou qui écrivent un journal intime sur le papier", remarque-t-elle. Tandis que leur portable renferme à la fois du "très anecdotique" et du "très intime", "noyés dans la masse infinie des données numériques". De ce fait, "que fait-on du téléphone de quelqu'un qui disparaît ou qui meurt?", se demande Thomas dans le roman. Et "quelles seront les archives du XXIe siècle?", s'interroge-t-il. "Je suis Romane Monnier" paraît cinq ans après "Les enfants sont rois", un roman sur les enfants surexposés aux réseaux sociaux. "J'ai la chance de vivre de l'écriture pour créer à mon rythme, ce qui est un grand privilège", souligne Delphine de Vigan. Explorant d'autres registres, elle a écrit une pièce de théâtre, "Les figurants", qui sera mise en scène par Valérie Donzelli à Paris et au festival d'Avignon cet été.
Texte intégral (534 mots)
"Que veulent vraiment nos téléphones?", s'interroge l'héroïne de "Je suis Romane Monnier" (Gallimard), qui sort jeudi en librairie. Comme dans ses précédents romans - de "Rien ne s'oppose à la nuit" à "Les enfants sont rois" - l'autrice "invente des personnages qui vont faire vivre ces interrogations à travers leur intimité", explique-t-elle à l'AFP. "Je suis Romane Monnier" met en scène deux personnages principaux - la jeune Romane et Thomas, un homme d'âge mûr - qui, un samedi soir, échangent par mégarde leur portable dans un bar. Romane accepte le lendemain de redonner son bien à Thomas mais demande à celui-ci de garder le sien, sans expliquer pourquoi elle s'en débarrasse. A la fois interloqué et curieux, Thomas commence à fouiller le téléphone pour tenter de comprendre pourquoi la jeune femme s'est "soustraite du monde", sans plus donner de signe de vie. Dans son journal intime conservé par l'appareil, Romane avoue ne plus supporter "ces flux continus sur X, sur Insta, sur TikTok, ces fils que l’on déroule sans fin, dont on ne verra jamais le bout". "Nous avons perdu la satisfaction d'avoir terminé, la certitude que cela s’arrête quelque part", se désole-t-elle. "la vie sans smartphone" Pour Delphine de Vigan, ce "sentiment d'être submergé dans l'océan numérique" semble "partagé par un nombre croissant de personnes". Dont certaines décident alors de "décrocher", notamment de l'actualité. Mais la romancière se garde d'aller au-delà de ce constat: "Je n'ai pas du tout envie de donner des leçons, ça ne m'intéresse pas et ce n'est pas mon rôle". Dans le roman, Thomas se souvient aussi de "la vie sans smartphone", de "ce temps qu'il pouvait passer assis à une terrasse de café, le nez en l'air ou à regarder les gens passer", sans être happé par l'écran de son téléphone. "Ce temps non compté, sans enjeu, sans empreinte, a disparu. Englouti par un objet", constate-t-il. Depuis qu'elle a commencé à écrire des romans, dont "D'après une histoire vraie", Delphine de Vigan s'intéresse aux "traces qu'on laisse". "Pour des jeunes générations, il n'y a pratiquement plus rien de matériel, d'écrit. Très rares sont ceux qui s'écrivent des lettres ou qui écrivent un journal intime sur le papier", remarque-t-elle. Tandis que leur portable renferme à la fois du "très anecdotique" et du "très intime", "noyés dans la masse infinie des données numériques". De ce fait, "que fait-on du téléphone de quelqu'un qui disparaît ou qui meurt?", se demande Thomas dans le roman. Et "quelles seront les archives du XXIe siècle?", s'interroge-t-il. "Je suis Romane Monnier" paraît cinq ans après "Les enfants sont rois", un roman sur les enfants surexposés aux réseaux sociaux. "J'ai la chance de vivre de l'écriture pour créer à mon rythme, ce qui est un grand privilège", souligne Delphine de Vigan. Explorant d'autres registres, elle a écrit une pièce de théâtre, "Les figurants", qui sera mise en scène par Valérie Donzelli à Paris et au festival d'Avignon cet été.
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