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06.04.2026 à 08:29

Pénurie de dermatologues: un cabinet itinérant au chevet des déserts médicaux

FRANCE24
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À sa descente du camion Mobil'Derm stationné dans cette petite commune de 1.100 habitants en périphérie d'Agen, Laetitia Coumau fait part de son "soulagement" d'avoir enfin vu une spécialiste près de chez elle, sans "passer la journée" à Bordeaux ou Toulouse, à 1H30 de route environ. "Ça faisait plus d'un an que je voulais un rendez-vous, je n'y arrivais pas", témoigne pour l'AFP l'agricultrice de 39 ans. "Il n'y a pas de rendez-vous disponibles. Quand on appelle, les dermatologues ne prennent pas de nouveaux patients", résume cette éleveuse de poulets. "Et quand on s'inquiète et qu'on n'arrive pas à trouver l'avis d'un pro..." Comme ailleurs en France, des patients souffrant de maladies de la peau subissent d'importants délais de soins en Nouvelle-Aquitaine, avec des pertes de chance dans les cas les plus graves. À Lafox, 25 patients par jour pénètrent dans les quelques mètres carrés du cabinet mobile, où une dermatologue du Pays basque est venue pour deux jours assurer les consultations, sur son temps libre. "On se sent utile" "Je vais gagner cinq fois moins qu'à mon cabinet. Mais ce n'est pas grave", sourit la Docteure Blandine de Carrère, établie à Saint-Jean-de-Luz. "On a fait médecine pour soigner. Et là, on se sent vraiment utile, on exerce le plus profond de notre métier. Ça nous sort un peu de notre zone de confort, c'est stimulant." Dans la fourgonnette blanche, affrétée pour 200.000 euros par la Société française de dermatologie (SFD) avec l'appui de la Fondation Renault, on trouve une table d'examen et tous les équipements nécessaires. "On peut regarder avec nos dermatoscopes, utiliser l'azote, la cryothérapie, l'électrocoagulation, faire des biopsies... On a tout ce qu'il faut", détaille Blandine de Carrère. Pendant un semestre, une trentaine de médecins participent à l'initiative dans plusieurs départements de Nouvelle-Aquitaine, avant les Hauts-de-France puis d'autres régions. Les patients, adressés par leur généraliste, prennent rendez-vous sur Doctolib. Pour alléger la paperasse, le dermatologue invité devient salarié ponctuel du centre de santé local, en lien avec la municipalité. "Détresse" "Sur notre département, on est en grande pénurie de médecins", résume Murielle Cristofoli, première adjointe au maire de Lafox. "Il y a une telle détresse, les personnes sont désespérées (...) C'est une petite goutte d'eau, mais on ne peut pas ne pas le faire." On compte aujourd'hui 2.900 dermatologues en France, contre 4.000 il y a 15 ans, sur fond de non-remplacement des retraités. D'où le projet Mobil'Derm, pour un budget d'environ 1 million d'euros. Ce cabinet mobile, "c'est une première en France en dermatologie", se félicite la Professeure Marie Beylot-Barry (CHU de Bordeaux), à l'initiative du projet. Lorraine Colbert, dermatologue girondine à la retraite, a repris du service pour éviter aux patients "des pertes de chance" faute de consultation, explique-t-elle. "On va au devant des gens, et ils sont tellement reconnaissants. Moi, je l'aurais fait même bénévolement", confie la sexagénaire. À Langon, dans le département voisin de la Gironde - pourtant mieux doté en dermatologues -, "toutes les minutes, il y avait une demande de rendez-vous, avec des gens qui tapaient à la porte (du véhicule) et même qui essayaient d'entrer", se souvient Léa Fougerouge, assistante médicale et conductrice du camion. Parmi les déçus, il y a Danièle Crassat, 77 ans, souffrant de psoriasis et venue à Lafox sans rendez-vous en ligne. Elle repart avec l'espoir d'une future consultation au Mas-d'Agenais (Lot-et-Garonne), d'ici quelques semaines. "C'est une bonne chose, ce camion. Mais je ne sais pas s'ils font un suivi", s'interroge-t-elle. Le cabinet itinérant doit "pouvoir faire le lien avec d'autres dermatologues de départements voisins", par exemple pour programmer une opération en urgence, répond la Pre Beylot-Barry. "C'est un peu lourd, mais je pense que c'est nécessaire pour les patients. Ce n'est pas du +one shot+."

06.04.2026 à 08:25

Au Nigeria, l'armée libère 31 fidèles enlevés lors des célébrations de Pâques

FRANCE 24
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L'armée nigériane a annoncé dimanche avoir libéré 31 personnes enlevées lors des célébrations de Pâques dans une église de l'État de Kaduna, dans le Nord-Ouest. Les médias locaux rapportent de leur côté que deux églises, une catholique et une évangélique, ont été attaquées. Au moins cinq personnes ont été tuées, selon le bilan donné par l'armée.
Texte intégral (661 mots)
L'armée nigériane a annoncé dimanche avoir libéré 31 personnes enlevées lors des célébrations de Pâques dans une église de l'État de Kaduna, dans le Nord-Ouest. Les médias locaux rapportent de leur côté que deux églises, une catholique et une évangélique, ont été attaquées. Au moins cinq personnes ont été tuées, selon le bilan donné par l'armée.

06.04.2026 à 07:33

NBA: Curry fait le show pour son retour, Flagg enfonce les Lakers

FRANCE24
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. Curry de retour Après 27 rencontres manquées en un peu plus de deux mois à cause de son genou droit, Stephen Curry a fait son retour et porté les Golden State Warriors qui ont néanmoins dû s'incliner devant les Houston Rockets 117-116. Remplaçant au coup d'envoi et limité à 26 minutes de jeu, le légendaire meneur de la Baie, âgé de 38 ans, a immédiatement imprimé sa marque avec 29 points, 4 passes et des actions folles dans son Chase Center. Menés de 15 points dans le 3e quart-temps, les Californiens ont été réveillés par leur shooteur vedette (5 sur 10 de loin), dont la seule présence a aussi ouvert des espaces dans la défense adverse pour ses coéquipiers. Malgré la défense féroce de Amen Thompson et Jabari Smith Jr, Curry a trouvé moyen de déclencher, et de marquer, notamment d'un improbable tir lointain à 57 secondes du terme pour faire revenir les locaux à un point. Curry a évidemment hérité du dernier ballon et été proche d'un tir victorieux à la sirène. L'espoir revient chez les Warriors, condamnés à la 10e place à l'Ouest et donc à deux matches de barrage à l'extérieur s'ils veulent affronter le Thunder au premier tour des play-offs. Les Rockets ont eux pu compter sur un grand match de Kevin Durant (31 points, 8 rebonds, 8 passes), deux fois champion avec Golden State en 2017 et 2018. . Flagg enfonce les Lakers Le phénomène Cooper Flagg, qui postule à la récompense de rookie de l'année, a brillé avec Dallas en inscrivant 45 points avec 8 rebonds et 9 passes pour un succès 134-128 des Mavericks face aux Los Angeles Lakers. Après les annonces des blessures de Luka Doncic et de Austin Reaves, qui ne rejoueront pas en saison régulière et devraient manquer le début des play-offs, les Lakers ont découvert ce qui les attendait sans leurs deux principales menaces offensives. LeBron James a frôlé un épais triple-double avec 30 points, 9 rebonds et 15 passes, en plus du triple-double de l'étonnant Luke Kennard, 15 points, 16 rebonds et 11 passes. Les Lakers ont enchainé une deuxième défaite d'affilée et comptent désormais le même bilan que les Denver Nuggets (50v-28d), sur une série de huit succès, mais restent troisièmes à l'Ouest à la faveur des confrontations directes. . Rupert record L'ailier français Rayan Rupert a signé son record de points au cœur d'un premier triple-double avec 33 points, 10 rebonds et 10 passes lors de la défaite de Memphis à Milwaukee 131-115. Rupert, 21 ans, n'avait jamais marqué plus de 20 points (le 9 mars), capté plus de 9 rebonds (le 23 février) et distribué plus de 3 passes (le 7 février) en près de trois saisons NBA. Sélectionné au deuxième tour de la draft 2023 par les Portland Trail Blazers, Rupert a été libéré par la franchise de l'Oregon en février, avant de rebondir aux Memphis Grizzlies début mars. Le jeune Français profite des nombreux absents de la franchise, qui n'a plus rien à espérer en cette fin de saison, pour obtenir du temps de jeu et se montrer, lui qui sera agent libre cet été. Face à lui dimanche, Ousmane Dieng, qui profite également d'une fin de saison en roue libre chez les Bucks, a compilé 17 points, 9 rebonds et 6 passes. Toujours meneur titulaire avec Brooklyn, Nolan Traoré a inscrit 23 points et distribué 7 passes lors du succès des Nets contre les Washington Wizards 121-115. Côté intérieurs, Guerschon Yabusele a compilé 8 points et 9 rebonds avec les Chicago Bulls, battus par les Phoenix Suns, et Moussa Diabaté a lui aussi cumulé 8 points et 9 rebonds, avec 4 passes, pour aider les Charlotte Hornets à gagner face aux Minnesota Timberwolves de Rudy Gobert (12 points, 10 rebonds).
Texte intégral (622 mots)
. Curry de retour Après 27 rencontres manquées en un peu plus de deux mois à cause de son genou droit, Stephen Curry a fait son retour et porté les Golden State Warriors qui ont néanmoins dû s'incliner devant les Houston Rockets 117-116. Remplaçant au coup d'envoi et limité à 26 minutes de jeu, le légendaire meneur de la Baie, âgé de 38 ans, a immédiatement imprimé sa marque avec 29 points, 4 passes et des actions folles dans son Chase Center. Menés de 15 points dans le 3e quart-temps, les Californiens ont été réveillés par leur shooteur vedette (5 sur 10 de loin), dont la seule présence a aussi ouvert des espaces dans la défense adverse pour ses coéquipiers. Malgré la défense féroce de Amen Thompson et Jabari Smith Jr, Curry a trouvé moyen de déclencher, et de marquer, notamment d'un improbable tir lointain à 57 secondes du terme pour faire revenir les locaux à un point. Curry a évidemment hérité du dernier ballon et été proche d'un tir victorieux à la sirène. L'espoir revient chez les Warriors, condamnés à la 10e place à l'Ouest et donc à deux matches de barrage à l'extérieur s'ils veulent affronter le Thunder au premier tour des play-offs. Les Rockets ont eux pu compter sur un grand match de Kevin Durant (31 points, 8 rebonds, 8 passes), deux fois champion avec Golden State en 2017 et 2018. . Flagg enfonce les Lakers Le phénomène Cooper Flagg, qui postule à la récompense de rookie de l'année, a brillé avec Dallas en inscrivant 45 points avec 8 rebonds et 9 passes pour un succès 134-128 des Mavericks face aux Los Angeles Lakers. Après les annonces des blessures de Luka Doncic et de Austin Reaves, qui ne rejoueront pas en saison régulière et devraient manquer le début des play-offs, les Lakers ont découvert ce qui les attendait sans leurs deux principales menaces offensives. LeBron James a frôlé un épais triple-double avec 30 points, 9 rebonds et 15 passes, en plus du triple-double de l'étonnant Luke Kennard, 15 points, 16 rebonds et 11 passes. Les Lakers ont enchainé une deuxième défaite d'affilée et comptent désormais le même bilan que les Denver Nuggets (50v-28d), sur une série de huit succès, mais restent troisièmes à l'Ouest à la faveur des confrontations directes. . Rupert record L'ailier français Rayan Rupert a signé son record de points au cœur d'un premier triple-double avec 33 points, 10 rebonds et 10 passes lors de la défaite de Memphis à Milwaukee 131-115. Rupert, 21 ans, n'avait jamais marqué plus de 20 points (le 9 mars), capté plus de 9 rebonds (le 23 février) et distribué plus de 3 passes (le 7 février) en près de trois saisons NBA. Sélectionné au deuxième tour de la draft 2023 par les Portland Trail Blazers, Rupert a été libéré par la franchise de l'Oregon en février, avant de rebondir aux Memphis Grizzlies début mars. Le jeune Français profite des nombreux absents de la franchise, qui n'a plus rien à espérer en cette fin de saison, pour obtenir du temps de jeu et se montrer, lui qui sera agent libre cet été. Face à lui dimanche, Ousmane Dieng, qui profite également d'une fin de saison en roue libre chez les Bucks, a compilé 17 points, 9 rebonds et 6 passes. Toujours meneur titulaire avec Brooklyn, Nolan Traoré a inscrit 23 points et distribué 7 passes lors du succès des Nets contre les Washington Wizards 121-115. Côté intérieurs, Guerschon Yabusele a compilé 8 points et 9 rebonds avec les Chicago Bulls, battus par les Phoenix Suns, et Moussa Diabaté a lui aussi cumulé 8 points et 9 rebonds, avec 4 passes, pour aider les Charlotte Hornets à gagner face aux Minnesota Timberwolves de Rudy Gobert (12 points, 10 rebonds).

06.04.2026 à 07:15

Ligue 1 : Monaco domine Marseille et relance la course au podium

L'Equipe TV
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L’AS Monaco s’est imposée face à Marseille (2-1) en clôture de la 28e journée de Ligue 1. Grâce à cette victoire, Monaco (5e) revient à hauteur de l’OM (4e).
Texte intégral (622 mots)
L’AS Monaco s’est imposée face à Marseille (2-1) en clôture de la 28e journée de Ligue 1. Grâce à cette victoire, Monaco (5e) revient à hauteur de l’OM (4e).

06.04.2026 à 05:43

Dans les procès collectifs du Salvador, des "innocents jugés avec les criminels"

FRANCE24
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Les procès de masse se multiplient au Salvador, où quelque 91.000 personnes sont détenues sous le régime d'exception mis en place il y a quatre ans par le président Nayib Bukele dans le cadre de sa "guerre" contre les gangs. "Certains vont payer pour d'autres. Si on en condamne un, on condamne l'ensemble", déplore auprès de l'AFP Gladis Villatoro, dans sa modeste maison de Soyapango, à 20 km à l'est de la capitale San Salvador. Non loin de là, Reynaldo Santos craint que son fils, l'un des 8.000 accusés attendant en liberté la tenue du procès, soit de nouveau incarcéré à chaque fois qu'il doit se présenter au tribunal. "C'est une roulette russe, une angoisse permanente, un vrai calvaire", décrit ce boulanger de 58 ans, qui raconte que Jonathan a été arrêté fin 2022 alors qu'il jouait à Fortnite, jeu vidéo très populaire considéré par la police comme un jeu "de gangster". Le parquet général a promis de prononcer 3.000 inculpations au cours du premier trimestre afin de traduire en justice les "membres de gangs" par groupes, en fonction des zones où ils sont soupçonnés d'opérer. Le vice-président salvadorien, Félix Ulloa, a vanté des procès "innovants", défendant l'idée d'une responsabilité "collective" et de peines appliquées en fonction de la place occupée dans la hiérarchie du gang. Il y a une semaine, le Salvador a adopté la prison à perpétuité contre les "terroristes", terme utilisé par le gouvernement pour désigner les membres de gangs, y compris pour les mineurs. Les prisons deviendront des "oubliettes", avertit l'avocate pénaliste Roxana Cardona. Sollicités par l'AFP, le parquet et le gouvernement n'avaient pas répondu dans l'immédiat. "Usine à condamner" Jonathan, employé dans une entreprise textile âgé de 24 ans, sera jugé dans un procès du gang Mara Salvatrucha avec quelque 80 détenus. Williams, technicien en climatisation de 35 ans, a lui été regroupé avec des personnes accusées d'appartenir au gang Barrio 18. Aucun n'avait de casier judiciaire, selon leurs parents et des documents consultés par l'AFP. "En les regroupant, ils les déclarent coupables. Il y a une présomption de culpabilité, pas d'innocence", affirme un avocat qui défend 45 prisonniers, en soulignant que le parquet a opté pour des procès de masse face à son incapacité à enquêter sur autant de cas. Vêtus d'uniformes blancs, assis en rangs, les accusés suivent virtuellement, depuis plusieurs prisons, le procès qui se déroule dans une salle du tribunal spécialisé contre le crime organisé. Le juge, le procureur et les avocats les voient sur des écrans. De récentes réformes de la loi sur le crime organisé n'individualisent pas la responsabilité pénale et ont supprimé l'audience d'examen des preuves. Le procès n'est plus qu'une "simple formalité", fustige l'un des avocats interrogés par l'AFP et ayant requis l'anonymat. "Ce n'est pas innovant, c'est une usine à condamner en masse", constate avec amertume cet homme qui a défendu un vendeur de légumes condamné en février à 30 ans de prison en même temps que 163 autres personnes. Il estime qu'environ 20.000 accusés ont déjà été regroupés dans des procès collectifs. Avant le procès, une audience a lieu au cours de laquelle un membre de gang détenu témoigne, le visage dissimulé, pour incriminer les accusés, souvent sans preuves ou en mentant pour obtenir une réduction de peine, dénoncent plusieurs avocats. La défense n'est pas toujours convoquée à cette audience, pourtant essentielle. "C'est une régression du droit", estime le défenseur du vendeur de légumes, qu'il n'a vu qu'une minute avant le procès. "J'ai seulement eu le temps de lui demander comment il allait et de lui dire : +ta famille t'aime et sait que tu es innocent+." "Cauchemar" Avocats et proches ne reçoivent que peu d'informations : les dossiers sont classés confidentiels et l'isolement des détenus est total. Gladis Villatoro se ronge les sangs depuis qu'elle a appris que son fils souffre d'insuffisance rénale. "Je ne sais pas comment il va", murmure-t-elle pour ne pas être entendue par le fils de Williams, six ans, qui court dans la maison. Nayib Bukele, qui contrôle tous les pouvoirs de l'Etat, jouit d'une grande popularité pour avoir mis fin à la terreur des gangs. Mais les ONG dénoncent 500 décès en prison, des tortures et des milliers d'arrestations d'innocents dans le cadre de l'état d'exception permettant des arrestations sans mandat judiciaire. Human Rights Watch (HRW) a documenté des arrestations sur la base d'appels anonymes, de querelles de voisinage ou pour permettre aux policiers d'atteindre des quotas en échange de primes. Mme Villatoro et M. Santos assurent que leurs fils font partie de ces "quotas". Pour leur payer un avocat, ils se sont endettés. Beaucoup d'accusés n'ont d'autre choix que d'être représentés par des avocats commis d'office, submergés de dossiers. Ces procès "sont dépourvus des garanties élémentaires de toute procédure régulière et cela augmente le risque de condamner des innocents", estime Juan Pappier, directeur adjoint pour les Amériques de HRW, interrogé par l'AFP. M. Santos évoque la dépression de son fils et demande à ce qu'on le laisse se défendre : "Nous aimerions que ce cauchemar se termine."
Texte intégral (907 mots)
Les procès de masse se multiplient au Salvador, où quelque 91.000 personnes sont détenues sous le régime d'exception mis en place il y a quatre ans par le président Nayib Bukele dans le cadre de sa "guerre" contre les gangs. "Certains vont payer pour d'autres. Si on en condamne un, on condamne l'ensemble", déplore auprès de l'AFP Gladis Villatoro, dans sa modeste maison de Soyapango, à 20 km à l'est de la capitale San Salvador. Non loin de là, Reynaldo Santos craint que son fils, l'un des 8.000 accusés attendant en liberté la tenue du procès, soit de nouveau incarcéré à chaque fois qu'il doit se présenter au tribunal. "C'est une roulette russe, une angoisse permanente, un vrai calvaire", décrit ce boulanger de 58 ans, qui raconte que Jonathan a été arrêté fin 2022 alors qu'il jouait à Fortnite, jeu vidéo très populaire considéré par la police comme un jeu "de gangster". Le parquet général a promis de prononcer 3.000 inculpations au cours du premier trimestre afin de traduire en justice les "membres de gangs" par groupes, en fonction des zones où ils sont soupçonnés d'opérer. Le vice-président salvadorien, Félix Ulloa, a vanté des procès "innovants", défendant l'idée d'une responsabilité "collective" et de peines appliquées en fonction de la place occupée dans la hiérarchie du gang. Il y a une semaine, le Salvador a adopté la prison à perpétuité contre les "terroristes", terme utilisé par le gouvernement pour désigner les membres de gangs, y compris pour les mineurs. Les prisons deviendront des "oubliettes", avertit l'avocate pénaliste Roxana Cardona. Sollicités par l'AFP, le parquet et le gouvernement n'avaient pas répondu dans l'immédiat. "Usine à condamner" Jonathan, employé dans une entreprise textile âgé de 24 ans, sera jugé dans un procès du gang Mara Salvatrucha avec quelque 80 détenus. Williams, technicien en climatisation de 35 ans, a lui été regroupé avec des personnes accusées d'appartenir au gang Barrio 18. Aucun n'avait de casier judiciaire, selon leurs parents et des documents consultés par l'AFP. "En les regroupant, ils les déclarent coupables. Il y a une présomption de culpabilité, pas d'innocence", affirme un avocat qui défend 45 prisonniers, en soulignant que le parquet a opté pour des procès de masse face à son incapacité à enquêter sur autant de cas. Vêtus d'uniformes blancs, assis en rangs, les accusés suivent virtuellement, depuis plusieurs prisons, le procès qui se déroule dans une salle du tribunal spécialisé contre le crime organisé. Le juge, le procureur et les avocats les voient sur des écrans. De récentes réformes de la loi sur le crime organisé n'individualisent pas la responsabilité pénale et ont supprimé l'audience d'examen des preuves. Le procès n'est plus qu'une "simple formalité", fustige l'un des avocats interrogés par l'AFP et ayant requis l'anonymat. "Ce n'est pas innovant, c'est une usine à condamner en masse", constate avec amertume cet homme qui a défendu un vendeur de légumes condamné en février à 30 ans de prison en même temps que 163 autres personnes. Il estime qu'environ 20.000 accusés ont déjà été regroupés dans des procès collectifs. Avant le procès, une audience a lieu au cours de laquelle un membre de gang détenu témoigne, le visage dissimulé, pour incriminer les accusés, souvent sans preuves ou en mentant pour obtenir une réduction de peine, dénoncent plusieurs avocats. La défense n'est pas toujours convoquée à cette audience, pourtant essentielle. "C'est une régression du droit", estime le défenseur du vendeur de légumes, qu'il n'a vu qu'une minute avant le procès. "J'ai seulement eu le temps de lui demander comment il allait et de lui dire : +ta famille t'aime et sait que tu es innocent+." "Cauchemar" Avocats et proches ne reçoivent que peu d'informations : les dossiers sont classés confidentiels et l'isolement des détenus est total. Gladis Villatoro se ronge les sangs depuis qu'elle a appris que son fils souffre d'insuffisance rénale. "Je ne sais pas comment il va", murmure-t-elle pour ne pas être entendue par le fils de Williams, six ans, qui court dans la maison. Nayib Bukele, qui contrôle tous les pouvoirs de l'Etat, jouit d'une grande popularité pour avoir mis fin à la terreur des gangs. Mais les ONG dénoncent 500 décès en prison, des tortures et des milliers d'arrestations d'innocents dans le cadre de l'état d'exception permettant des arrestations sans mandat judiciaire. Human Rights Watch (HRW) a documenté des arrestations sur la base d'appels anonymes, de querelles de voisinage ou pour permettre aux policiers d'atteindre des quotas en échange de primes. Mme Villatoro et M. Santos assurent que leurs fils font partie de ces "quotas". Pour leur payer un avocat, ils se sont endettés. Beaucoup d'accusés n'ont d'autre choix que d'être représentés par des avocats commis d'office, submergés de dossiers. Ces procès "sont dépourvus des garanties élémentaires de toute procédure régulière et cela augmente le risque de condamner des innocents", estime Juan Pappier, directeur adjoint pour les Amériques de HRW, interrogé par l'AFP. M. Santos évoque la dépression de son fils et demande à ce qu'on le laisse se défendre : "Nous aimerions que ce cauchemar se termine."
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