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13.02.2026 à 14:22

Les seigneurs de l'or : la mainmise des gangs sur les mines du Pérou

FORBIDDEN STORIES
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Au sud-est du Pérou, le gang des Guardianes de la Trocha a fait main basse sur La Pampa, une zone aurifère longeant la réserve nationale de Tambopata, l’une des régions les plus riches en biodiversité du continent. Forbidden Stories et son partenaire Mongabay Latam révèlent comment cette organisation criminelle fait régner la terreur, en menaçant les journalistes et en réduisant toute opposition au silence, bien aidée par la corruption rampante dans le pays.

13.02.2026 à 14:15

Macron souhaite l'inéligibilité des élus coupables d'"actes et propos antisémites et racistes"

FRANCE 24
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Emmanuel Macron a dit vendredi souhaiter une "peine d'inéligibilité obligatoire" pour les élus coupables "d'actes et propos antisémites, racistes et discriminatoires", dénonçant "l'hydre antisémite" qui s'est immiscée "dans chaque interstice" de la société depuis 20 ans.
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Emmanuel Macron a dit vendredi souhaiter une "peine d'inéligibilité obligatoire" pour les élus coupables "d'actes et propos antisémites, racistes et discriminatoires", dénonçant "l'hydre antisémite" qui s'est immiscée "dans chaque interstice" de la société depuis 20 ans.

13.02.2026 à 14:13

Maroc: dans le nord-ouest inondé, des agriculteurs ont "tout perdu"

FRANCE24
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"J'avais environ 4 ou 5 hectares, je n'ai plus rien", dit à l'AFP ce paysan de 63 ans, à quelques pas de ses parcelles submergées où il ne pourra rien récolter cette année. Au Maroc, l'agriculture est un secteur majeur qui pèse 12% du PIB et environ un tiers des emplois. Ces dernières semaines, le pays nord-africain a connu des précipitations inédites qui ont provoqué, selon le gouvernement, "l'inondation de 110.000 hectares" dans les régions de Larache, Kénitra, Sidi Kacem et Sidi Slimane, dans le nord-ouest. Quatre personnes ont trouvé la mort le week-end dernier lors d'une crue soudaine, une autre est portée disparue. Les autorités ont dû évacuer près de 188.000 personnes, hébergées dans leurs familles ou des campements provisoires. Jusqu'à la mi-décembre, le taux de remplissage des barrages au Maroc ne dépassait pas les 31% et M. Reouani, comme ses voisins, considérait comme "une bénédiction" l'arrivée de fortes pluies après sept années consécutives de sécheresse. Le déficit pluviométrique avait entraîné des rationnements de leurs quotas d'irrigation. Aujourd'hui, les réservoirs sont remplis à près de 70%. Dans certaines zones du village de M. Reouani, le niveau de l'eau est encore d'environ deux mètres depuis la dernière vague de pluies, qui a cessé en début de semaine. Certaines habitations restent isolées par de grandes étendues d'eau. Face à l'urgence, les autorités n'ont pas uniquement évacué les habitants mais également des moutons et des vaches, notamment dans le village voisin d'Ouled Amer. Non loin d'un campement aménagé par les autorités, des agriculteurs ont dressé des tentes pour protéger leurs bêtes du froid. "L'eau a tout emporté" "Il ne nous reste plus ni céréales ni luzerne... l'eau a tout emporté", déclare à l'AFP Ibrahim Bernous, un éleveur de 32 ans qui a pu mettre son cheptel à l'abri mais dépend, pour le nourrir, de distributions gratuites de fourrage des autorités. La situation météorologique a complètement basculé à partir de janvier, comme l'attestent les chiffres du ministère de l'Equipement: près de 9 milliards de m3 d'apports hydriques dans les barrages en un mois, du 11 janvier au 11 février, soit autant que le cumul des deux dernières années. Ces pluies records se sont concentrées dans les plaines du Gharb et du Loukkos, deux fleuves débouchant dans l'Atlantique et irriguant des provinces qui figurent parmi les zones agricoles les plus importantes du pays. Elles abritent de grandes exploitations de céréales, des élevages et des cultures de fruits rouges, légumes et betteraves à sucre destinées à l'export. Mais c'est l'après-catastrophe qui inquiète le plus des agriculteurs comme Chergui al-Alja,, 42 ans: "il ne nous reste plus de céréales pour nourrir le bétail, alors qu'il constitue notre principale source de revenus". L'élevage a été "l'un des secteurs les plus touchés", confirme à l'AFP Rachid Benali, président de la Confédération marocaine de l'agriculture, soulignant qu'il faudra "attendre le reflux des eaux pour une évaluation plus précise des pertes". Selon M. Benali, les champs de betteraves, agrumes et légumes ont également été affectés. Jeudi, le gouvernement a annoncé le déblocage d'environ 300 millions d'euros dont 30 millions en aide directe aux agriculteurs et éleveurs, le reste devant aller à l'aide d'urgence, la réhabilitation des infrastructures routières et agricoles ou la rénovation de logements et commerces. Malgré les dégâts dans le nord-ouest, les pluies exceptionnelles qui sont tombées sur l'ensemble du pays devraient "contribuer à une croissance de 4,9%" cette année, grâce notamment "à une forte production agricole", a indiqué jeudi le Fonds monétaire international (FMI), dans un communiqué.
Texte intégral (633 mots)
"J'avais environ 4 ou 5 hectares, je n'ai plus rien", dit à l'AFP ce paysan de 63 ans, à quelques pas de ses parcelles submergées où il ne pourra rien récolter cette année. Au Maroc, l'agriculture est un secteur majeur qui pèse 12% du PIB et environ un tiers des emplois. Ces dernières semaines, le pays nord-africain a connu des précipitations inédites qui ont provoqué, selon le gouvernement, "l'inondation de 110.000 hectares" dans les régions de Larache, Kénitra, Sidi Kacem et Sidi Slimane, dans le nord-ouest. Quatre personnes ont trouvé la mort le week-end dernier lors d'une crue soudaine, une autre est portée disparue. Les autorités ont dû évacuer près de 188.000 personnes, hébergées dans leurs familles ou des campements provisoires. Jusqu'à la mi-décembre, le taux de remplissage des barrages au Maroc ne dépassait pas les 31% et M. Reouani, comme ses voisins, considérait comme "une bénédiction" l'arrivée de fortes pluies après sept années consécutives de sécheresse. Le déficit pluviométrique avait entraîné des rationnements de leurs quotas d'irrigation. Aujourd'hui, les réservoirs sont remplis à près de 70%. Dans certaines zones du village de M. Reouani, le niveau de l'eau est encore d'environ deux mètres depuis la dernière vague de pluies, qui a cessé en début de semaine. Certaines habitations restent isolées par de grandes étendues d'eau. Face à l'urgence, les autorités n'ont pas uniquement évacué les habitants mais également des moutons et des vaches, notamment dans le village voisin d'Ouled Amer. Non loin d'un campement aménagé par les autorités, des agriculteurs ont dressé des tentes pour protéger leurs bêtes du froid. "L'eau a tout emporté" "Il ne nous reste plus ni céréales ni luzerne... l'eau a tout emporté", déclare à l'AFP Ibrahim Bernous, un éleveur de 32 ans qui a pu mettre son cheptel à l'abri mais dépend, pour le nourrir, de distributions gratuites de fourrage des autorités. La situation météorologique a complètement basculé à partir de janvier, comme l'attestent les chiffres du ministère de l'Equipement: près de 9 milliards de m3 d'apports hydriques dans les barrages en un mois, du 11 janvier au 11 février, soit autant que le cumul des deux dernières années. Ces pluies records se sont concentrées dans les plaines du Gharb et du Loukkos, deux fleuves débouchant dans l'Atlantique et irriguant des provinces qui figurent parmi les zones agricoles les plus importantes du pays. Elles abritent de grandes exploitations de céréales, des élevages et des cultures de fruits rouges, légumes et betteraves à sucre destinées à l'export. Mais c'est l'après-catastrophe qui inquiète le plus des agriculteurs comme Chergui al-Alja,, 42 ans: "il ne nous reste plus de céréales pour nourrir le bétail, alors qu'il constitue notre principale source de revenus". L'élevage a été "l'un des secteurs les plus touchés", confirme à l'AFP Rachid Benali, président de la Confédération marocaine de l'agriculture, soulignant qu'il faudra "attendre le reflux des eaux pour une évaluation plus précise des pertes". Selon M. Benali, les champs de betteraves, agrumes et légumes ont également été affectés. Jeudi, le gouvernement a annoncé le déblocage d'environ 300 millions d'euros dont 30 millions en aide directe aux agriculteurs et éleveurs, le reste devant aller à l'aide d'urgence, la réhabilitation des infrastructures routières et agricoles ou la rénovation de logements et commerces. Malgré les dégâts dans le nord-ouest, les pluies exceptionnelles qui sont tombées sur l'ensemble du pays devraient "contribuer à une croissance de 4,9%" cette année, grâce notamment "à une forte production agricole", a indiqué jeudi le Fonds monétaire international (FMI), dans un communiqué.

13.02.2026 à 14:05

Municipales: pour LFI et le RN, commune envie de s'implanter

FRANCE24
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Il y a six ans, les premiers avaient raté l'obstacle, les autres l'avaient refusé. Cette année, pour le mois de mars, le RN et LFI jouent vraiment leurs chances, avec respectivement 650 et 500 listes annoncées au premier tour des municipales le 15 mars. Pour le parti à la flamme, l'ambition est clairement de transformer l'essai, après des années de progression aux scrutins nationaux. Comme le dit cette cadre, qui a elle-même grimpé les échelons, "chez nous chaque élection prépare la suivante, chaque mandat obtenu prépare le prochain". Son président Jordan Bardella met la barre haut et souhaite remporter "plusieurs dizaines de communes", notamment le long du pourtour méditerranéen, de Menton à Perpignan en passant par Toulon et Marseille. Plus modestement, Manuel Bompard n'a besoin que d'une main pour compter les réels espoirs de victoire de LFI - comme Roubaix dans le Nord ou Evry et La Courneuve en banlieue parisienne. Mais pour le coordinateur du mouvement de gauche radicale, qui se présentera souvent seul sans faire alliance avec le reste de la gauche, la victoire sera d'abord de "faire rentrer plusieurs centaines de personnes dans les conseils municipaux" pour "travailler au développement du mouvement et se crédibiliser", explique-t-il à l'AFP. Chacun pense toutefois au coup d'après. "Faire notre entrée au Sénat serait une belle réussite", glisse le stratège insoumis, qui lorgne surtout les métropoles de Lyon et Toulouse en vue du renouvellement de la moitié des sièges à la chambre haute en septembre prochain. Le mouvement de Jean-Luc Mélenchon, qui s'est longtemps focalisé sur les présidentielles, ne compte aucun élu au Sénat et reste meurtri de n'a pas avoir été inclus dans les accords entre les autres forces de gauche aux sénatoriales 2023. Du côté du RN, qui compte déjà quatre sénateurs, grimper à dix pour "avoir un groupe est largement possible", de l'avis d'un parlementaire persuadé que "si c'est pas ce coup-là ce sera en 2029" - quand le Nord, le Pas-de-Calais et la Moselle, entre autres, seront de nouveau remis en jeu. Et l'Île-de-France, où les Insoumis auront de fortes ambitions. Un avant-goût de 2027 Affamé de conquêtes, le mouvement nationaliste ne néglige pas non plus les élections intercommunales qui suivront les municipales. Comme autour de Lens, où le RN peut passer de deux à plus de dix sièges et décrocher là aussi un groupe au conseil communautaire. Et pourquoi pas "faire basculer l'agglo si on gagne plusieurs villes", calcule un élu du bassin minier, optimiste mais pas pressé: "L'artichaut se mange feuille à feuille". Le gros morceau est déjà dans toutes les têtes. A LFI, les municipales sont ainsi vues comme "une étape importante de maillage du réseau militant pour se préparer à la présidentielle", reconnaît sans détour M. Bompard. Plus qu'un tour de chauffe, l'échéance permet au triple candidat Jean-Luc Mélenchon d'installer l'évidence d'une quatrième tentative en multipliant les meetings de soutien à ses candidats - encore cette semaine à Creil et Montpellier. En miroir, Jordan Bardella s'est lui aussi lancé dans la bataille, en commençant par Agde et Carcassonne. Prêts à en découdre, les deux hommes ont prévu de se rendre le même jour à Perpignan, samedi 28 février. Comme un avant-goût de la joute attendue dans un an pour la course à l'Elysée. Dans cette optique, un élu RN suggère de ne "pas seulement regarder les villes gagnées" par son parti au soir du 22 mars, mais davantage "les scores moyens dans les villes perdues". Car les milliers de candidats envoyés dans la mêlée sont souvent inexpérimentés: "C'est l'équipe de France jeunes, elle ne peut pas gagner partout, mais elle va se faire au combat". Ceux qui en reviendront pourront prendre la relève de leurs aînés, à l'instar du dauphin désigné par Marine Le Pen pour "reprendre le flambeau" si la justice confirme son inéligibilité. Un tabou pas encore tombé chez les Insoumis, où l'émergence d'une nouvelle génération n'a pas réglé la succession du patriarche.
Texte intégral (703 mots)
Il y a six ans, les premiers avaient raté l'obstacle, les autres l'avaient refusé. Cette année, pour le mois de mars, le RN et LFI jouent vraiment leurs chances, avec respectivement 650 et 500 listes annoncées au premier tour des municipales le 15 mars. Pour le parti à la flamme, l'ambition est clairement de transformer l'essai, après des années de progression aux scrutins nationaux. Comme le dit cette cadre, qui a elle-même grimpé les échelons, "chez nous chaque élection prépare la suivante, chaque mandat obtenu prépare le prochain". Son président Jordan Bardella met la barre haut et souhaite remporter "plusieurs dizaines de communes", notamment le long du pourtour méditerranéen, de Menton à Perpignan en passant par Toulon et Marseille. Plus modestement, Manuel Bompard n'a besoin que d'une main pour compter les réels espoirs de victoire de LFI - comme Roubaix dans le Nord ou Evry et La Courneuve en banlieue parisienne. Mais pour le coordinateur du mouvement de gauche radicale, qui se présentera souvent seul sans faire alliance avec le reste de la gauche, la victoire sera d'abord de "faire rentrer plusieurs centaines de personnes dans les conseils municipaux" pour "travailler au développement du mouvement et se crédibiliser", explique-t-il à l'AFP. Chacun pense toutefois au coup d'après. "Faire notre entrée au Sénat serait une belle réussite", glisse le stratège insoumis, qui lorgne surtout les métropoles de Lyon et Toulouse en vue du renouvellement de la moitié des sièges à la chambre haute en septembre prochain. Le mouvement de Jean-Luc Mélenchon, qui s'est longtemps focalisé sur les présidentielles, ne compte aucun élu au Sénat et reste meurtri de n'a pas avoir été inclus dans les accords entre les autres forces de gauche aux sénatoriales 2023. Du côté du RN, qui compte déjà quatre sénateurs, grimper à dix pour "avoir un groupe est largement possible", de l'avis d'un parlementaire persuadé que "si c'est pas ce coup-là ce sera en 2029" - quand le Nord, le Pas-de-Calais et la Moselle, entre autres, seront de nouveau remis en jeu. Et l'Île-de-France, où les Insoumis auront de fortes ambitions. Un avant-goût de 2027 Affamé de conquêtes, le mouvement nationaliste ne néglige pas non plus les élections intercommunales qui suivront les municipales. Comme autour de Lens, où le RN peut passer de deux à plus de dix sièges et décrocher là aussi un groupe au conseil communautaire. Et pourquoi pas "faire basculer l'agglo si on gagne plusieurs villes", calcule un élu du bassin minier, optimiste mais pas pressé: "L'artichaut se mange feuille à feuille". Le gros morceau est déjà dans toutes les têtes. A LFI, les municipales sont ainsi vues comme "une étape importante de maillage du réseau militant pour se préparer à la présidentielle", reconnaît sans détour M. Bompard. Plus qu'un tour de chauffe, l'échéance permet au triple candidat Jean-Luc Mélenchon d'installer l'évidence d'une quatrième tentative en multipliant les meetings de soutien à ses candidats - encore cette semaine à Creil et Montpellier. En miroir, Jordan Bardella s'est lui aussi lancé dans la bataille, en commençant par Agde et Carcassonne. Prêts à en découdre, les deux hommes ont prévu de se rendre le même jour à Perpignan, samedi 28 février. Comme un avant-goût de la joute attendue dans un an pour la course à l'Elysée. Dans cette optique, un élu RN suggère de ne "pas seulement regarder les villes gagnées" par son parti au soir du 22 mars, mais davantage "les scores moyens dans les villes perdues". Car les milliers de candidats envoyés dans la mêlée sont souvent inexpérimentés: "C'est l'équipe de France jeunes, elle ne peut pas gagner partout, mais elle va se faire au combat". Ceux qui en reviendront pourront prendre la relève de leurs aînés, à l'instar du dauphin désigné par Marine Le Pen pour "reprendre le flambeau" si la justice confirme son inéligibilité. Un tabou pas encore tombé chez les Insoumis, où l'émergence d'une nouvelle génération n'a pas réglé la succession du patriarche.

13.02.2026 à 14:01

Drones, sirènes et soldats sous contrat: la guerre a fait irruption dans la province russe

FRANCE24
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"Chamane", treillis et visage dissimulé, dit qu'il va bientôt partir pour l'Ukraine "défendre (son) pays", qui a lancé il y a quatre ans une offensive à grande échelle contre son voisin. A 500 km au sud de Moscou, Voronej est plus proche de la ligne de front que de la capitale russe. Et son million d'habitants s'est retrouvé happé par une guerre qu'incarnent de fréquentes attaques de drones ukrainiens et une société en voie de militarisation. Avant son départ, "Chamane", 19 ans, est venu épauler le stand du "Club cosaque militaro-sportif Berkut". Mais il l'assure: son but n'est "pas forcément" que les adolescents présents ce samedi signent avec l'armée après leurs études. "Chacun choisit sa propre voie, selon ses intérêts", dit le jeune homme qui se dit "patriote". Depuis quatre ans, comme dans le reste de la Russie, le "patriotisme" est mis à toutes les sauces à Voronej. Et le paysage a drôlement changé. Sur les routes enneigées qui mènent en banlieue, des systèmes antiaériens pointent leur nez au travers de filets de camouflage. En ville, des peintures murales honorent la mémoire des soldats tombés au combat et d'innombrables affiches de propagande appelant à "servir" en signant avec l'armée côtoient des posters annonçant une représentation du Lac des cygnes au théâtre municipal. -Prisonnier? Mort?- Un centre de recrutement promet aux futurs soldats une prime unique "de 2,5 millions de roubles", soit plus de 27.500 euros, une somme rondelette. L'armée russe a bien besoin de ces recrues, car l'an dernier, elle a signé 422.000 contrats "de service militaire", selon le secrétaire adjoint du Conseil de sécurité Dmitri Medvedev, soit une baisse de 6% par rapport à 2024. Pour Lioudmila, 64 ans, des cernes et de la tristesse au kilomètre, l'armée, c'est son fils. Il combattait en Ukraine lorsqu'il a été porté disparu il y a quatre mois. Alors quand elle parle, les larmes montent vite. "C’est très dur (...). J’ai de l’espoir, parce que sans espoir...", dit Lioudmila, sans pouvoir finir sa phrase. Son fils a-t-il été fait prisonnier? Est-il mort? Dans ce cas, son décès s'ajouterait aux plus de 153.000 autres que la BBC et le média russe indépendant Mediazona disent avoir recensés dans les rangs de l'armée russe depuis 2022. Pour s'occuper, Lioudmila est bénévole au sein d'une organisation où elle coud du matériel de camouflage qui iront aux soldats russes. Signer avec l'armée, pour Roman c'est "non". "Même pour tout l'or du monde", dit le conducteur de tracteur de 48 ans. Installé dans sa tente sur la rivière gelée, le pêcheur du dimanche ne veut qu'une chose, "penser aux poissons", histoire d'oublier l'effroi que provoquent les attaques de drones ukrainiens. Roman entend "les sirènes (d'alerte, ndlr) tous les jours". "Le plus souvent, ce sont les explosions qui me réveillent. C'est effrayant, bien sûr. Dieu nous en préserve, (mais) cela se passe peut-être tout près et des gens meurent". Le 10 janvier, quatre personnes ont été blessées, dont l'une est décédée plus tard à l'hôpital, dans une attaque de drones. Kiev vise en particulier les raffineries de pétroles et les infrastructures portuaires et énergétiques en Russie. En Ukraine, des frappes russes quasi quotidiennes font des victimes civiles et ciblent notamment le système énergétique, entraînant des coupures massives d'électricité et de chauffage. rue de la Paix Côté russe, la médiatrice pour les droits humains Tatiana Moskalkova a affirmé le mois dernier que la région de Voronej figurait parmi les quatre étant "le plus souvent la cible d'attaques de missiles contre des civils, ainsi que de raids massifs de drones" ukrainiens, aux côtés de Briansk, Koursk et Kherson, région ukrainienne en partie contrôlée par la Russie. Alors que la guerre entre dans sa cinquième année, la paix reste "un idéal à poursuivre" pour Mikhaïl, jeune artiste à Voronej, qui se fait appeler "Noï". Après le début de l'offensive en 2022, il a apposé sur les murs de la ville de petites plaques en céramique appelant à "la paix" et dont la forme rappelle les badges que produisait l'Union soviétique. "Avec mon projet, je voulais rappeler le récit de nos grands-parents et arrière-grands-parents", soupire Mikhaïl, 28 ans. "Ils ont passé toute mon enfance à me dire que la guerre est une chose terrible". Entre-temps, ses plaques ont toutes disparu, sauf une qui se trouve... rue de la Paix.
Texte intégral (776 mots)
"Chamane", treillis et visage dissimulé, dit qu'il va bientôt partir pour l'Ukraine "défendre (son) pays", qui a lancé il y a quatre ans une offensive à grande échelle contre son voisin. A 500 km au sud de Moscou, Voronej est plus proche de la ligne de front que de la capitale russe. Et son million d'habitants s'est retrouvé happé par une guerre qu'incarnent de fréquentes attaques de drones ukrainiens et une société en voie de militarisation. Avant son départ, "Chamane", 19 ans, est venu épauler le stand du "Club cosaque militaro-sportif Berkut". Mais il l'assure: son but n'est "pas forcément" que les adolescents présents ce samedi signent avec l'armée après leurs études. "Chacun choisit sa propre voie, selon ses intérêts", dit le jeune homme qui se dit "patriote". Depuis quatre ans, comme dans le reste de la Russie, le "patriotisme" est mis à toutes les sauces à Voronej. Et le paysage a drôlement changé. Sur les routes enneigées qui mènent en banlieue, des systèmes antiaériens pointent leur nez au travers de filets de camouflage. En ville, des peintures murales honorent la mémoire des soldats tombés au combat et d'innombrables affiches de propagande appelant à "servir" en signant avec l'armée côtoient des posters annonçant une représentation du Lac des cygnes au théâtre municipal. -Prisonnier? Mort?- Un centre de recrutement promet aux futurs soldats une prime unique "de 2,5 millions de roubles", soit plus de 27.500 euros, une somme rondelette. L'armée russe a bien besoin de ces recrues, car l'an dernier, elle a signé 422.000 contrats "de service militaire", selon le secrétaire adjoint du Conseil de sécurité Dmitri Medvedev, soit une baisse de 6% par rapport à 2024. Pour Lioudmila, 64 ans, des cernes et de la tristesse au kilomètre, l'armée, c'est son fils. Il combattait en Ukraine lorsqu'il a été porté disparu il y a quatre mois. Alors quand elle parle, les larmes montent vite. "C’est très dur (...). J’ai de l’espoir, parce que sans espoir...", dit Lioudmila, sans pouvoir finir sa phrase. Son fils a-t-il été fait prisonnier? Est-il mort? Dans ce cas, son décès s'ajouterait aux plus de 153.000 autres que la BBC et le média russe indépendant Mediazona disent avoir recensés dans les rangs de l'armée russe depuis 2022. Pour s'occuper, Lioudmila est bénévole au sein d'une organisation où elle coud du matériel de camouflage qui iront aux soldats russes. Signer avec l'armée, pour Roman c'est "non". "Même pour tout l'or du monde", dit le conducteur de tracteur de 48 ans. Installé dans sa tente sur la rivière gelée, le pêcheur du dimanche ne veut qu'une chose, "penser aux poissons", histoire d'oublier l'effroi que provoquent les attaques de drones ukrainiens. Roman entend "les sirènes (d'alerte, ndlr) tous les jours". "Le plus souvent, ce sont les explosions qui me réveillent. C'est effrayant, bien sûr. Dieu nous en préserve, (mais) cela se passe peut-être tout près et des gens meurent". Le 10 janvier, quatre personnes ont été blessées, dont l'une est décédée plus tard à l'hôpital, dans une attaque de drones. Kiev vise en particulier les raffineries de pétroles et les infrastructures portuaires et énergétiques en Russie. En Ukraine, des frappes russes quasi quotidiennes font des victimes civiles et ciblent notamment le système énergétique, entraînant des coupures massives d'électricité et de chauffage. rue de la Paix Côté russe, la médiatrice pour les droits humains Tatiana Moskalkova a affirmé le mois dernier que la région de Voronej figurait parmi les quatre étant "le plus souvent la cible d'attaques de missiles contre des civils, ainsi que de raids massifs de drones" ukrainiens, aux côtés de Briansk, Koursk et Kherson, région ukrainienne en partie contrôlée par la Russie. Alors que la guerre entre dans sa cinquième année, la paix reste "un idéal à poursuivre" pour Mikhaïl, jeune artiste à Voronej, qui se fait appeler "Noï". Après le début de l'offensive en 2022, il a apposé sur les murs de la ville de petites plaques en céramique appelant à "la paix" et dont la forme rappelle les badges que produisait l'Union soviétique. "Avec mon projet, je voulais rappeler le récit de nos grands-parents et arrière-grands-parents", soupire Mikhaïl, 28 ans. "Ils ont passé toute mon enfance à me dire que la guerre est une chose terrible". Entre-temps, ses plaques ont toutes disparu, sauf une qui se trouve... rue de la Paix.
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