Face à ses troupes, l'ancien ministre de 86 ans, veste noire assortie à ses baskets, reste imperturbable.
Depuis le neuvième étage de l'IMA, avec vue imprenable sur Paris, il revisite ses 13 années à la tête d'une institution hybride, lieu culturel et instrument diplomatique dont il a dû démissionner le 7 février après la mise au jour de ses échanges avec le criminel sexuel américain.
"Ensemble, nous avons accompli de belles choses", dit-il devant une centaine de salariés et de proches. "Sans vous (...), l'IMA n'aurait pas retrouvé son éclat", lance-t-il également devant l'assistance, qui compte notamment l'écrivain Erik Orsenna et l'historien Benjamin Stora.
Au moment où il vante son bilan, des enquêteurs fouillent toutefois son bureau en quête de traces d'un blanchiment de fraude fiscale lié à une société offshore fondée par sa fille Caroline et Jeffrey Epstein, mort en prison en 2019.
Jack Lang n'en fait pas état explicitement dans son discours même s'il affirme se "réjouir que la justice financière se mette en branle".
Des perquisitions à son bureau et à son domicile la veille de son départ ? "Ce n'est pas mon choix", concède-t-il, dans un sourire, à l'AFP après son discours. "C'est un peu étrange mais je me réjouis parce que je n'ai rien à cacher", ajoute-t-il, se disant "serein, confiant".
"C'est une bonne chose que la justice s'empare d'un dossier qui est vide, vide, vide", ajoute-t-il.
Protéger "l'image" de l'IMA
Dans son discours, le créateur de la Fête de la musique et des Journées du patrimoine se montre tout aussi combatif que lors de ses prises de parole depuis la révélation de ses échanges avec Jeffrey Epstein qui l'ont contraint à présenter sa démission. Elle sera officialisée mardi lors d'un conseil d'administration.
"Il y a une campagne de calomnie et de lynchage. Et je le dis, je vous le dis, on verra ensuite qu'elle n'est fondée sur rien. Ce ne sont que mensonges, colportages, ragots et divagations", clame-t-il.
En annonçant l'ouverture d'une enquête pour "blanchiment de fraude fiscale aggravée" le 6 février, le parquet national financier avait dit s'appuyer sur les révélations de Mediapart concernant la société fondée en 2016 par Caroline Lang et Jeffrey Epstein visant à l'achat d'œuvres d'art contemporain en vue de leur revente.
"Je n'ai jamais reçu le moindre centime, personnellement, de ce monsieur", assure M. Lang face à ses troupes, assurant avoir démissionné pour protéger "l'image" de l'Institut du monde arabe qui était moribond à son arrivée en 2013.
Inauguré en novembre 1987 et fruit d'un partenariat avec 22 pays arabes, l'IMA accueille aujourd'hui quelque 750.000 visiteurs par an. Quand son emplacement avait été choisi au début des années 80 et le chantier confié à Jean Nouvel, Jack Lang était le ministre de la Culture du président socialiste François Mitterrand.
"Vous avez su constamment rappeler que la culture n'est pas un décor mais une colonne vertébrale et que la politique et la diplomatie (...) peuvent encore rimer avec vision", a salué à ses côtés la secrétaire générale de l'IMA Annette Poehlmann.
Dans une déclaration écrite, consultée par l'AFP, l'historien, poète et essayiste palestinien Elias Sanbar a lui aussi rendu hommage à son action.
"Je vous écris (...) pour vous dire tout d'abord mon admiration, ma joie fière surtout, d'avoir été témoin de la véritable renaissance de l'IMA sous votre présidence", dit-il, évoquant notamment son action pour la Palestine. "Je ne vous dirai pas +Au revoir+. Je ne vous dis qu'un seul mot. Merci".
Texte intégral (607 mots)
Face à ses troupes, l'ancien ministre de 86 ans, veste noire assortie à ses baskets, reste imperturbable.
Depuis le neuvième étage de l'IMA, avec vue imprenable sur Paris, il revisite ses 13 années à la tête d'une institution hybride, lieu culturel et instrument diplomatique dont il a dû démissionner le 7 février après la mise au jour de ses échanges avec le criminel sexuel américain.
"Ensemble, nous avons accompli de belles choses", dit-il devant une centaine de salariés et de proches. "Sans vous (...), l'IMA n'aurait pas retrouvé son éclat", lance-t-il également devant l'assistance, qui compte notamment l'écrivain Erik Orsenna et l'historien Benjamin Stora.
Au moment où il vante son bilan, des enquêteurs fouillent toutefois son bureau en quête de traces d'un blanchiment de fraude fiscale lié à une société offshore fondée par sa fille Caroline et Jeffrey Epstein, mort en prison en 2019.
Jack Lang n'en fait pas état explicitement dans son discours même s'il affirme se "réjouir que la justice financière se mette en branle".
Des perquisitions à son bureau et à son domicile la veille de son départ ? "Ce n'est pas mon choix", concède-t-il, dans un sourire, à l'AFP après son discours. "C'est un peu étrange mais je me réjouis parce que je n'ai rien à cacher", ajoute-t-il, se disant "serein, confiant".
"C'est une bonne chose que la justice s'empare d'un dossier qui est vide, vide, vide", ajoute-t-il.
Protéger "l'image" de l'IMA
Dans son discours, le créateur de la Fête de la musique et des Journées du patrimoine se montre tout aussi combatif que lors de ses prises de parole depuis la révélation de ses échanges avec Jeffrey Epstein qui l'ont contraint à présenter sa démission. Elle sera officialisée mardi lors d'un conseil d'administration.
"Il y a une campagne de calomnie et de lynchage. Et je le dis, je vous le dis, on verra ensuite qu'elle n'est fondée sur rien. Ce ne sont que mensonges, colportages, ragots et divagations", clame-t-il.
En annonçant l'ouverture d'une enquête pour "blanchiment de fraude fiscale aggravée" le 6 février, le parquet national financier avait dit s'appuyer sur les révélations de Mediapart concernant la société fondée en 2016 par Caroline Lang et Jeffrey Epstein visant à l'achat d'œuvres d'art contemporain en vue de leur revente.
"Je n'ai jamais reçu le moindre centime, personnellement, de ce monsieur", assure M. Lang face à ses troupes, assurant avoir démissionné pour protéger "l'image" de l'Institut du monde arabe qui était moribond à son arrivée en 2013.
Inauguré en novembre 1987 et fruit d'un partenariat avec 22 pays arabes, l'IMA accueille aujourd'hui quelque 750.000 visiteurs par an. Quand son emplacement avait été choisi au début des années 80 et le chantier confié à Jean Nouvel, Jack Lang était le ministre de la Culture du président socialiste François Mitterrand.
"Vous avez su constamment rappeler que la culture n'est pas un décor mais une colonne vertébrale et que la politique et la diplomatie (...) peuvent encore rimer avec vision", a salué à ses côtés la secrétaire générale de l'IMA Annette Poehlmann.
Dans une déclaration écrite, consultée par l'AFP, l'historien, poète et essayiste palestinien Elias Sanbar a lui aussi rendu hommage à son action.
"Je vous écris (...) pour vous dire tout d'abord mon admiration, ma joie fière surtout, d'avoir été témoin de la véritable renaissance de l'IMA sous votre présidence", dit-il, évoquant notamment son action pour la Palestine. "Je ne vous dirai pas +Au revoir+. Je ne vous dis qu'un seul mot. Merci".