Comment succéder à une légende? Après 29 saisons de règne de Gregg Popovich, marquées par cinq titres de champion et une influence durable sur la franchise et la NBA dans son ensemble, l'ancien adjoint Mitch Johnson a réussi une transition sans accroc, malgré son inexpérience.
Sur le banc depuis novembre 2024 et l'AVC de son mentor, puis confirmé entraîneur principal il y a un an, Johnson a fait progresser de façon spectaculaire un groupe jeune et talentueux, à son image, lui qui fêtera ses 40 ans en fin d'année.
Les Spurs ont bondi en un an de la treizième à la deuxième place de la conférence Ouest, de quoi retrouver les play-offs pour la première fois depuis 2019, et mènent 3-2 au deuxième tour contre les Minnesota Timberwolves, à un succès de la finale de conférence Ouest avant le match 6 de la série vendredi à Minneapolis.
"Mitch a fait du super boulot, avait loué en fin de saison l'entraîneur des Clippers Tyronn Lue, interrogé par l'AFP. Malgré toute la pression de la succession de +Pop+, qui a tant gagné et formé tellement de coaches. Mitch s'est parfaitement préparé, il a la bonne attitude sur le banc, on voit qu'il est au centre de l'attention de ses joueurs."
"Un coach sur le parquet"
Mitchell Chase Johnson, de son nom complet, est né en novembre 1986 à Seattle, où son père John Johnson, deux fois All-Star, avait été sacré champion NBA en 1979 avec les SuperSonics.
Déjà capitaine de l'équipe de son lycée, le futur technicien rejoint les Stanford Cardinal en championnat universitaire NCAA de 2005 à 2009, où ce meneur de taille modeste (1,85 m) évolue notamment avec Brook Lopez.
"On l'appelait +le maestro+. Il nous dirigeait grâce à une excellente compréhension du jeu. Il est l'un des joueurs les plus intelligents que j'ai croisés, même en comptant la NBA. C'était un vrai meneur, un coach sur le parquet, à donner des conseils à tout le monde. Je ne suis absolument pas surpris par sa réussite actuelle", détaillait en avril le pivot vétéran des Los Angeles Clippers.
Mais sa carrière de joueur ne prend pas l'envol espéré: Johnson se présente sans succès à la draft 2009, et passe trois ans entre la G League et des championnats mineurs en Europe.
"Jouer loin de chez soi est toujours une expérience riche. J'ai joué en Lettonie, en Pologne, dans des villes dont j'ignorais l'existence plus jeune. J'ai appris de personnes qui cherchaient juste à survivre, qui jouaient au basket pour des sommes modestes, ça m'a ouvert les yeux", a-t-il détaillé en conférence de presse en fin de saison régulière.
De retour dans l'Etat de Washington, il commence à entraîner l'équipe de son neveu, des enfants de 8 ans, avant d'intégrer les staffs de lycées et universités de la région, puis d'être recruté comme assistant par les Austin Spurs, la formation de développement de San Antonio, où il intègre le staff de Popovich en 2019.
Au secours de Murray
Johnson est reconnu pour son contact et sa sensibilité hors terrain, lui qui était encore récemment dévoué au développement de jeunes joueurs, dont Victor Wembanyama.
A 20 ans, il pousse son père à accepter l'intervention d'un professionnel de santé pour une addiction à l'alcool.
Plus tard à Seattle, il prend sous son aile un certain Dejounte Murray, va jusqu'à récupérer l'adolescent troublé en sortie de détention, monte une équipe autour de lui qui met en valeur et lance la carrière du futur All-Star en NBA.
Des qualités similaires à l'illustre Gregg Popovich, toujours proche des Spurs bien que diminué physiquement.
Le vieux sage (77 ans) s'est rendu à l'aéroport lundi pour discuter dès sa descente d'avion avec Wembanyama, expulsé la veille pour un violent coup de coude sur un adversaire.
"Il avait un message à faire passer, et quand il parle, tout le monde écoute", a dit en souriant le Français.
Un exemple à suivre pour le jeune "maestro" Mitch Johnson.
Texte intégral (689 mots)
Comment succéder à une légende? Après 29 saisons de règne de Gregg Popovich, marquées par cinq titres de champion et une influence durable sur la franchise et la NBA dans son ensemble, l'ancien adjoint Mitch Johnson a réussi une transition sans accroc, malgré son inexpérience.
Sur le banc depuis novembre 2024 et l'AVC de son mentor, puis confirmé entraîneur principal il y a un an, Johnson a fait progresser de façon spectaculaire un groupe jeune et talentueux, à son image, lui qui fêtera ses 40 ans en fin d'année.
Les Spurs ont bondi en un an de la treizième à la deuxième place de la conférence Ouest, de quoi retrouver les play-offs pour la première fois depuis 2019, et mènent 3-2 au deuxième tour contre les Minnesota Timberwolves, à un succès de la finale de conférence Ouest avant le match 6 de la série vendredi à Minneapolis.
"Mitch a fait du super boulot, avait loué en fin de saison l'entraîneur des Clippers Tyronn Lue, interrogé par l'AFP. Malgré toute la pression de la succession de +Pop+, qui a tant gagné et formé tellement de coaches. Mitch s'est parfaitement préparé, il a la bonne attitude sur le banc, on voit qu'il est au centre de l'attention de ses joueurs."
"Un coach sur le parquet"
Mitchell Chase Johnson, de son nom complet, est né en novembre 1986 à Seattle, où son père John Johnson, deux fois All-Star, avait été sacré champion NBA en 1979 avec les SuperSonics.
Déjà capitaine de l'équipe de son lycée, le futur technicien rejoint les Stanford Cardinal en championnat universitaire NCAA de 2005 à 2009, où ce meneur de taille modeste (1,85 m) évolue notamment avec Brook Lopez.
"On l'appelait +le maestro+. Il nous dirigeait grâce à une excellente compréhension du jeu. Il est l'un des joueurs les plus intelligents que j'ai croisés, même en comptant la NBA. C'était un vrai meneur, un coach sur le parquet, à donner des conseils à tout le monde. Je ne suis absolument pas surpris par sa réussite actuelle", détaillait en avril le pivot vétéran des Los Angeles Clippers.
Mais sa carrière de joueur ne prend pas l'envol espéré: Johnson se présente sans succès à la draft 2009, et passe trois ans entre la G League et des championnats mineurs en Europe.
"Jouer loin de chez soi est toujours une expérience riche. J'ai joué en Lettonie, en Pologne, dans des villes dont j'ignorais l'existence plus jeune. J'ai appris de personnes qui cherchaient juste à survivre, qui jouaient au basket pour des sommes modestes, ça m'a ouvert les yeux", a-t-il détaillé en conférence de presse en fin de saison régulière.
De retour dans l'Etat de Washington, il commence à entraîner l'équipe de son neveu, des enfants de 8 ans, avant d'intégrer les staffs de lycées et universités de la région, puis d'être recruté comme assistant par les Austin Spurs, la formation de développement de San Antonio, où il intègre le staff de Popovich en 2019.
Au secours de Murray
Johnson est reconnu pour son contact et sa sensibilité hors terrain, lui qui était encore récemment dévoué au développement de jeunes joueurs, dont Victor Wembanyama.
A 20 ans, il pousse son père à accepter l'intervention d'un professionnel de santé pour une addiction à l'alcool.
Plus tard à Seattle, il prend sous son aile un certain Dejounte Murray, va jusqu'à récupérer l'adolescent troublé en sortie de détention, monte une équipe autour de lui qui met en valeur et lance la carrière du futur All-Star en NBA.
Des qualités similaires à l'illustre Gregg Popovich, toujours proche des Spurs bien que diminué physiquement.
Le vieux sage (77 ans) s'est rendu à l'aéroport lundi pour discuter dès sa descente d'avion avec Wembanyama, expulsé la veille pour un violent coup de coude sur un adversaire.
"Il avait un message à faire passer, et quand il parle, tout le monde écoute", a dit en souriant le Français.
Un exemple à suivre pour le jeune "maestro" Mitch Johnson.