Lien du flux RSS
Chaîne de service public - Actualité internationale.

▸ les 15 dernières parutions

31.03.2026 à 11:40

En Ukraine, des responsables européens commémorent le massacre de Boutcha

FRANCE 24
img
Quatre ans après le massacre de Boutcha, des représentants de l'Union européenne se sont rendus, mardi, en Ukraine, pour les commémorations. L'armée russe est accusée d'y avoir commis de graves crimes de guerre en 2022 : des dizaines de corps de civils exécutés avaient été retrouvées après la libération de la ville fin mars.
Quatre ans après le massacre de Boutcha, des représentants de l'Union européenne se sont rendus, mardi, en Ukraine, pour les commémorations. L'armée russe est accusée d'y avoir commis de graves crimes de guerre en 2022 : des dizaines de corps de civils exécutés avaient été retrouvées après la libération de la ville fin mars.

31.03.2026 à 11:20

"En Haïti, face aux gangs, la situation est très compliquée", dit le ministre du Commerce

Christophe DANSETTE
img
En Haïti, au moins 16 personnes sont mortes - peut-être jusqu’à 80 - après une attaque le week-end dernier à Petite-Rivière de l’Artibonit. Le ministre du Commerce et de l’Industrie, James Monazard, invité de France 24, alerte sur une crise sécuritaire "extrêmement difficile" mais assure que l’État "reste ferme".
En Haïti, au moins 16 personnes sont mortes - peut-être jusqu’à 80 - après une attaque le week-end dernier à Petite-Rivière de l’Artibonit. Le ministre du Commerce et de l’Industrie, James Monazard, invité de France 24, alerte sur une crise sécuritaire "extrêmement difficile" mais assure que l’État "reste ferme".

31.03.2026 à 10:09

Journées harassantes, agressions et douleurs musculaires : Médecins du Monde alerte sur le quotidien des livreurs à vélo

FRANCE24
img
Selon l'association, qui a interrogé plus de 1.000 livreurs à Paris et à Bordeaux au premier semestre 2025, ces livreurs pour Uber, Deliveroo ou Stuart travaillent en moyenne 63 heures hebdomadaires pour 1.480 euros bruts mensuels. Près de six livreurs sur dix déclarent avoir été exposés à des discriminations de la part de clients ou restaurateurs, généralement en raison de leur couleur de peau. Ils subissent aussi agressions verbales (six livreurs sur dix) et physiques (un quart des répondants). Et même chantage et menaces de signalement pour ceux qui, sans papiers, louent les comptes d'autres travailleurs - une pratique illégale mais courante. Les titulaires officiels de ces comptes ne leur versent d'ailleurs pas systématiquement les sommes dues. "Les livreurs sont à 98% des personnes immigrées (nées étrangères à l’étranger et résidant en France), 68% n'ont pas de titre de séjour et 76% sont contraints de louer un compte à une personne tierce", chiffre l'ONG. Par ailleurs, "bien que les livreurs soient juridiquement considérés comme des travailleurs indépendants", les plateformes et leurs algorithmes créent "une forte subordination" générant "stress" et "épuisement", estime l'ONG. Une majorité écrasante de travailleurs déclarent "suivre strictement les instructions par peur d’être déconnectés" de leur compte, ne pas savoir comment les plateformes attribuent les courses et avoir l'impression d'être "surveillés en permanence". En mars 2025, l'agence sanitaire Anses affirmait que ce management par algorithmes, qui incite à enchaîner les courses, faisait peser des risques sur la santé des livreurs. Ceux interrogés par Médecins du Monde évoquent effectivement douleurs au dos, aux épaules, poignets, mains, genoux, troubles urinaires en raison d'un manque d'accès aux toilettes, mais aussi fatigue chronique, anxiété, dépression. Plus de la moitié affirment avoir déjà eu un accident. Parmi eux,78% rapportent avoir été blessés. Or, seuls 68% des livreurs ont une couverture santé, et beaucoup renoncent aux soins à cause de "problèmes de papiers" ou pour des raisons économiques, se désole l'ONG. En novembre 2024, l'UE a adopté un texte pour requalifier comme salariés environ 5 des 30 millions de livreurs travaillant comme indépendants. Les Etats membres ont deux ans à partir de cette date pour intégrer cette directive dans leur législation.
Lire plus (379 mots)
Selon l'association, qui a interrogé plus de 1.000 livreurs à Paris et à Bordeaux au premier semestre 2025, ces livreurs pour Uber, Deliveroo ou Stuart travaillent en moyenne 63 heures hebdomadaires pour 1.480 euros bruts mensuels. Près de six livreurs sur dix déclarent avoir été exposés à des discriminations de la part de clients ou restaurateurs, généralement en raison de leur couleur de peau. Ils subissent aussi agressions verbales (six livreurs sur dix) et physiques (un quart des répondants). Et même chantage et menaces de signalement pour ceux qui, sans papiers, louent les comptes d'autres travailleurs - une pratique illégale mais courante. Les titulaires officiels de ces comptes ne leur versent d'ailleurs pas systématiquement les sommes dues. "Les livreurs sont à 98% des personnes immigrées (nées étrangères à l’étranger et résidant en France), 68% n'ont pas de titre de séjour et 76% sont contraints de louer un compte à une personne tierce", chiffre l'ONG. Par ailleurs, "bien que les livreurs soient juridiquement considérés comme des travailleurs indépendants", les plateformes et leurs algorithmes créent "une forte subordination" générant "stress" et "épuisement", estime l'ONG. Une majorité écrasante de travailleurs déclarent "suivre strictement les instructions par peur d’être déconnectés" de leur compte, ne pas savoir comment les plateformes attribuent les courses et avoir l'impression d'être "surveillés en permanence". En mars 2025, l'agence sanitaire Anses affirmait que ce management par algorithmes, qui incite à enchaîner les courses, faisait peser des risques sur la santé des livreurs. Ceux interrogés par Médecins du Monde évoquent effectivement douleurs au dos, aux épaules, poignets, mains, genoux, troubles urinaires en raison d'un manque d'accès aux toilettes, mais aussi fatigue chronique, anxiété, dépression. Plus de la moitié affirment avoir déjà eu un accident. Parmi eux,78% rapportent avoir été blessés. Or, seuls 68% des livreurs ont une couverture santé, et beaucoup renoncent aux soins à cause de "problèmes de papiers" ou pour des raisons économiques, se désole l'ONG. En novembre 2024, l'UE a adopté un texte pour requalifier comme salariés environ 5 des 30 millions de livreurs travaillant comme indépendants. Les Etats membres ont deux ans à partir de cette date pour intégrer cette directive dans leur législation.

31.03.2026 à 10:01

Céline Dion: le syndrome de la personne raide, un trouble incurable mais contrôlable

FRANCE24
img
Depuis 2022, la chanteuse canadienne avait quasiment abandonné la scène, à l'exception d'une apparition lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Paris 2024. En cause, une maladie neurologique rare: le syndrome de la personne raide, également dit de Moersch-Woltman. La situation de la star internationale a attiré l'attention sur cette pathologie jusqu'alors inconnue du grand public. Les estimations les plus courantes évoquent un cas sur un million de personnes. Certains spécialistes de la maladie, comme la neurologue américaine Amanda Piquet qui soigne la chanteuse, estiment plutôt sa fréquence à un ou deux cas sur 100.000, en raison d'un probable sous-diagnostic. "On n'a pas de données statistiques fiables: dans ces maladies ultra-rares, on est toujours sur des estimations assez grossières", admet auprès de l'AFP Pierre-François Pradat, neurologue à l'hôpital parisien de la Pitié-Salpêtrière (AP-HP). En tout état de cause, ce syndrome, qui touche principalement des femmes, reste une maladie rare qui met souvent des années à être diagnostiquée. Ses symptômes ressemblent à des pathologies plus fréquentes comme la sclérose en plaque, ce qui complique son identification. "Comme c'est douloureux, ça peut être aussi confondu avec des problèmes rhumatologiques", ajoute M. Pradat. La maladie se caractérise par une raideur musculaire progressive et des épisodes répétés de spasmes musculaires douloureux. Ces derniers peuvent survenir au hasard ou être déclenchés par une variété d'événements différents, y compris un bruit soudain ou un léger contact physique. "C'est comme si quelqu'un vous étranglait", avait témoigné Céline Dion en juin 2024, précisant que la douleur pouvait traverser tout son corps et que les spasmes lui ont parfois cassé les côtes. Un passage d'un documentaire diffusé peu après montrait la star en pleine crise, complètement immobile et incapable de parler. Une médiatisation positive "L'âge d'apparition est d'environ 45 ans et les symptômes se développent sur plusieurs mois ou années", explique Orphanet, un portail francophone sur les maladies rares, soulignant que le pronostic est "très variable". La cause n'est pas connue avec certitude, mais la piste la plus probable est un dérèglement du système immunitaire. Chez la plupart des patients, on trouve un taux anormalement élevé de certains anticorps, ce qui appuie cette hypothèse. Comme de nombreuses pathologies neurologiques, aucun traitement n'a fait ses preuves pour guérir le syndrome de la personne raide. En revanche, il est crucial de proposer aux patients un suivi qui permette de limiter les symptômes. S'il n'est pas traité, le syndrome finit en effet par avoir un impact significatif sur la capacité d'une personne à effectuer des tâches quotidiennes de routine. "De nombreux patients perdent leur capacité à marcher de manière autonome et la raideur se généralise, entraînant un déclin général de l'état fonctionnel et de la qualité de vie", souligne Orphanet. Il n'existe actuellement pas de protocole unique chez les médecins pour faire face aux symptômes, un consensus étant difficile à établir au vu de la rareté des cas. Toutefois, l'approche consiste généralement à articuler certains médicaments, en particulier des relaxants musculaires tels les benzodiazépines, avec des approches non médicamenteuses comme de l'activité physique. "Plus tôt c'est diagnostiqué, mieux c'est", souligne M. Pradat. "Après, il y a une variabilité liée aux caractéristiques de la maladie, qui vont être différentes d'une personne à l'autre." Dans le cas de Céline Dion, sa médecin, le Pr. Piquet, a détaillé auprès de plusieurs médias un protocole qui mêle médicaments classiques, immunothérapie, kinésithérapie et rééducation vocale. En fin de compte, la médiatisation de la chanteuse "a permis de mieux connaître la maladie et que même les médecins la connaissent mieux", salue M. Pradat, se félicitant "que les patients se sentent moins isolés dans ces maladies très rares".
Texte intégral (677 mots)
Depuis 2022, la chanteuse canadienne avait quasiment abandonné la scène, à l'exception d'une apparition lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Paris 2024. En cause, une maladie neurologique rare: le syndrome de la personne raide, également dit de Moersch-Woltman. La situation de la star internationale a attiré l'attention sur cette pathologie jusqu'alors inconnue du grand public. Les estimations les plus courantes évoquent un cas sur un million de personnes. Certains spécialistes de la maladie, comme la neurologue américaine Amanda Piquet qui soigne la chanteuse, estiment plutôt sa fréquence à un ou deux cas sur 100.000, en raison d'un probable sous-diagnostic. "On n'a pas de données statistiques fiables: dans ces maladies ultra-rares, on est toujours sur des estimations assez grossières", admet auprès de l'AFP Pierre-François Pradat, neurologue à l'hôpital parisien de la Pitié-Salpêtrière (AP-HP). En tout état de cause, ce syndrome, qui touche principalement des femmes, reste une maladie rare qui met souvent des années à être diagnostiquée. Ses symptômes ressemblent à des pathologies plus fréquentes comme la sclérose en plaque, ce qui complique son identification. "Comme c'est douloureux, ça peut être aussi confondu avec des problèmes rhumatologiques", ajoute M. Pradat. La maladie se caractérise par une raideur musculaire progressive et des épisodes répétés de spasmes musculaires douloureux. Ces derniers peuvent survenir au hasard ou être déclenchés par une variété d'événements différents, y compris un bruit soudain ou un léger contact physique. "C'est comme si quelqu'un vous étranglait", avait témoigné Céline Dion en juin 2024, précisant que la douleur pouvait traverser tout son corps et que les spasmes lui ont parfois cassé les côtes. Un passage d'un documentaire diffusé peu après montrait la star en pleine crise, complètement immobile et incapable de parler. Une médiatisation positive "L'âge d'apparition est d'environ 45 ans et les symptômes se développent sur plusieurs mois ou années", explique Orphanet, un portail francophone sur les maladies rares, soulignant que le pronostic est "très variable". La cause n'est pas connue avec certitude, mais la piste la plus probable est un dérèglement du système immunitaire. Chez la plupart des patients, on trouve un taux anormalement élevé de certains anticorps, ce qui appuie cette hypothèse. Comme de nombreuses pathologies neurologiques, aucun traitement n'a fait ses preuves pour guérir le syndrome de la personne raide. En revanche, il est crucial de proposer aux patients un suivi qui permette de limiter les symptômes. S'il n'est pas traité, le syndrome finit en effet par avoir un impact significatif sur la capacité d'une personne à effectuer des tâches quotidiennes de routine. "De nombreux patients perdent leur capacité à marcher de manière autonome et la raideur se généralise, entraînant un déclin général de l'état fonctionnel et de la qualité de vie", souligne Orphanet. Il n'existe actuellement pas de protocole unique chez les médecins pour faire face aux symptômes, un consensus étant difficile à établir au vu de la rareté des cas. Toutefois, l'approche consiste généralement à articuler certains médicaments, en particulier des relaxants musculaires tels les benzodiazépines, avec des approches non médicamenteuses comme de l'activité physique. "Plus tôt c'est diagnostiqué, mieux c'est", souligne M. Pradat. "Après, il y a une variabilité liée aux caractéristiques de la maladie, qui vont être différentes d'une personne à l'autre." Dans le cas de Céline Dion, sa médecin, le Pr. Piquet, a détaillé auprès de plusieurs médias un protocole qui mêle médicaments classiques, immunothérapie, kinésithérapie et rééducation vocale. En fin de compte, la médiatisation de la chanteuse "a permis de mieux connaître la maladie et que même les médecins la connaissent mieux", salue M. Pradat, se félicitant "que les patients se sentent moins isolés dans ces maladies très rares".

31.03.2026 à 09:55

Vingt-quatre ans après sa mort, l'enquête sur le meurtre d'une touriste japonaise relancée en Nouvelle-Calédonie

FRANCE24
img
"J'ai effectivement rouvert une enquête afin de tenter d'élucider cette affaire", a confirmé à l'AFP Yves Dupas, le procureur de la République de Nouméa. Évoquant un "contexte plus que compliqué", le magistrat n'a pas souhaité "donner plus de détails à ce stade" sur les raisons pour lesquelles l'enquête est rouverte. Deux hommes, arrêtés peu après les faits, avait été définitivement acquittés en 2009 au terme d'un rocambolesque parcours judiciaire. À l'époque, l'affaire avait suscité une vive émotion sur cette île du sud de l'archipel, très prisée des voyageurs japonais et dont l'économie repose essentiellement sur le tourisme. Mika Kusama, 29 ans, voyageait seule quand elle a disparu le 2 mai 2002. Son corps avait été découvert le 6 mai, dissimulé à la hâte sous des cailloux sur le "rocher de Kanumera", promontoire marquant la frontière entre les deux baies idylliques, de Kuto et Kanumera. Deux frères, Ambroise, surnommé "Didyme", et Antoine Konhu étaient arrêtés quelques jours plus tard. Les deux hommes, qui ont toujours nié leur implication et dont l'ADN n'a jamais été retrouvé sur les lieux de la découverte du corps ni sur les effets de la jeune femme, ont passé respectivement un et trois ans en détention provisoire. Si Ambroise a été acquitté lors du premier procès d'assises en 2007, Antoine ne le sera qu'en appel, en 2009, après avoir été dans un premier temps condamné à 15 ans de prison en décembre 2007. Tension sur l'île Selon des sources concordantes, une agression survenue récemment à l'île des Pins serait liée à la réouverture de l'enquête, signe de la tension qui règne sur l'île de 2.000 habitants. Une personne aurait été contrainte de monter à bord d'une embarcation, la tête recouverte d'un sac, avant d'être abandonnée en mer, dans un contexte "lié à l'affaire de la Japonaise". Une plainte a été déposée et les noms des deux protagonistes, victime et agresseur, apparaissent dans l'enquête initiale diligentée par la gendarmerie de l'île des Pins en 2002. Ils avaient alors été cités par la défense comme des pistes possibles mais celles-ci avaient été "totalement ignorées par les enquêteurs qui voyaient dans les frères Konhu les parfaits coupables", a réagi auprès de l'AFP Marie-Laure Fauche, avocate d'Ambroise Konhu, décédé en 2025. "L'enquête avait été une véritable gabegie avec une scène de crime qui n'avait pas été gelée, des scellés contaminés et des pistes non exploitées", estime l'avocate. Avec ses confrères Jean-Yves Moyart et Jean-Jacques Deswarte, Me Fauche se rappelle avoir dû "monter une véritable cellule de contre-enquête dans un contexte particulièrement hostile, puisqu'il fallait désigner des coupables à la vindicte populaire pour rassurer les acteurs du tourisme". Avocat des parents de Mika Kusama, Frédéric De Greslan n'a pas non plus oublié cette affaire emblématique et a confié à l'AFP solliciter la réouverture du dossier "à chaque fois qu'un nouveau procureur est nommé à Nouméa". "Il y a des gens à l'île des Pins qui savent très bien ce qu'il s'est passé mais l'omerta, le poids des solidarités familiales et claniques les empêche de parler. Je ne peux que me féliciter d'une nouvelle avancée", a-t-il commenté auprès de l'AFP. Et l'île des Pins ne bruisse ces derniers temps que de ce rebondissement, avec l'espoir évoqué auprès de l'AFP par de nombreux habitants, le plus souvent anonymement, que la parole se libère. "Je pense à ma famille et à mon clan qui ont tant souffert de cette affaire, mais surtout à la famille de Mika Kusama. Leur fille unique est morte à des milliers de kilomètres de chez eux. Nous, les 2.000 habitants de l'île des Pins, nous leur devons collectivement la vérité", confie Marie-Hélène Konhu, belle-soeur d'Antoine et Ambroise. Tous les 2 mai, date de la disparition de Mika Kusama, cette dernière "dépose un petit quelque chose" sur le rocher où a été découvert le corps. Une promesse faite à la mère de la jeune femme lors de leur rencontre, en marge des procès qui ont vu l'acquittement de ses deux beaux-frères.
Texte intégral (718 mots)
"J'ai effectivement rouvert une enquête afin de tenter d'élucider cette affaire", a confirmé à l'AFP Yves Dupas, le procureur de la République de Nouméa. Évoquant un "contexte plus que compliqué", le magistrat n'a pas souhaité "donner plus de détails à ce stade" sur les raisons pour lesquelles l'enquête est rouverte. Deux hommes, arrêtés peu après les faits, avait été définitivement acquittés en 2009 au terme d'un rocambolesque parcours judiciaire. À l'époque, l'affaire avait suscité une vive émotion sur cette île du sud de l'archipel, très prisée des voyageurs japonais et dont l'économie repose essentiellement sur le tourisme. Mika Kusama, 29 ans, voyageait seule quand elle a disparu le 2 mai 2002. Son corps avait été découvert le 6 mai, dissimulé à la hâte sous des cailloux sur le "rocher de Kanumera", promontoire marquant la frontière entre les deux baies idylliques, de Kuto et Kanumera. Deux frères, Ambroise, surnommé "Didyme", et Antoine Konhu étaient arrêtés quelques jours plus tard. Les deux hommes, qui ont toujours nié leur implication et dont l'ADN n'a jamais été retrouvé sur les lieux de la découverte du corps ni sur les effets de la jeune femme, ont passé respectivement un et trois ans en détention provisoire. Si Ambroise a été acquitté lors du premier procès d'assises en 2007, Antoine ne le sera qu'en appel, en 2009, après avoir été dans un premier temps condamné à 15 ans de prison en décembre 2007. Tension sur l'île Selon des sources concordantes, une agression survenue récemment à l'île des Pins serait liée à la réouverture de l'enquête, signe de la tension qui règne sur l'île de 2.000 habitants. Une personne aurait été contrainte de monter à bord d'une embarcation, la tête recouverte d'un sac, avant d'être abandonnée en mer, dans un contexte "lié à l'affaire de la Japonaise". Une plainte a été déposée et les noms des deux protagonistes, victime et agresseur, apparaissent dans l'enquête initiale diligentée par la gendarmerie de l'île des Pins en 2002. Ils avaient alors été cités par la défense comme des pistes possibles mais celles-ci avaient été "totalement ignorées par les enquêteurs qui voyaient dans les frères Konhu les parfaits coupables", a réagi auprès de l'AFP Marie-Laure Fauche, avocate d'Ambroise Konhu, décédé en 2025. "L'enquête avait été une véritable gabegie avec une scène de crime qui n'avait pas été gelée, des scellés contaminés et des pistes non exploitées", estime l'avocate. Avec ses confrères Jean-Yves Moyart et Jean-Jacques Deswarte, Me Fauche se rappelle avoir dû "monter une véritable cellule de contre-enquête dans un contexte particulièrement hostile, puisqu'il fallait désigner des coupables à la vindicte populaire pour rassurer les acteurs du tourisme". Avocat des parents de Mika Kusama, Frédéric De Greslan n'a pas non plus oublié cette affaire emblématique et a confié à l'AFP solliciter la réouverture du dossier "à chaque fois qu'un nouveau procureur est nommé à Nouméa". "Il y a des gens à l'île des Pins qui savent très bien ce qu'il s'est passé mais l'omerta, le poids des solidarités familiales et claniques les empêche de parler. Je ne peux que me féliciter d'une nouvelle avancée", a-t-il commenté auprès de l'AFP. Et l'île des Pins ne bruisse ces derniers temps que de ce rebondissement, avec l'espoir évoqué auprès de l'AFP par de nombreux habitants, le plus souvent anonymement, que la parole se libère. "Je pense à ma famille et à mon clan qui ont tant souffert de cette affaire, mais surtout à la famille de Mika Kusama. Leur fille unique est morte à des milliers de kilomètres de chez eux. Nous, les 2.000 habitants de l'île des Pins, nous leur devons collectivement la vérité", confie Marie-Hélène Konhu, belle-soeur d'Antoine et Ambroise. Tous les 2 mai, date de la disparition de Mika Kusama, cette dernière "dépose un petit quelque chose" sur le rocher où a été découvert le corps. Une promesse faite à la mère de la jeune femme lors de leur rencontre, en marge des procès qui ont vu l'acquittement de ses deux beaux-frères.
5 / 15

 

  GÉNÉRALISTES
Le Canard Enchaîné
La Croix
Le Figaro
France 24
France-Culture
FTVI
HuffPost
L'Humanité
LCP / Senat
Le Media
La Tribune
Time France
 
  EUROPE ‧ RUSSIE
Courrier Europe Ctrale
Desk-Russie
Euractiv
Euronews
Toute l'Europe
 
  Afrique ‧ Asie ‧ Proche-Orient
Haaretz
Info Asie
Inkyfada
Jeune Afrique
Kurdistan au féminin
L'Orient - Le Jour
Orient XXI
Rojava I.C
 
  INTERNATIONAL
Courrier International
Equaltimes
Global Voices
Infomigrants
I.R.I.S
The New-York Times
 
  OSINT ‧ INVESTIGATION
OFF Investigation
OpenFacto°
Bellingcat
Disclose
G.I.J
I.C.I.J
 
  OPINION
Au Poste
Cause Commune
CrimethInc.
Hors-Serie
L'Insoumission
Là-bas si j'y suis
Les Jours
LVSL
Politis
Quartier Général
Rapports de force
Reflets
Reseau Bastille
StreetPress
 
  OBSERVATOIRES
Armements
Acrimed
Catastrophes naturelles
Conspis
Culture
Curation IA
Extrême-droite
Human Rights Watch
Inégalités
Information
Justice fiscale
Liberté de création
Multinationales
Situationnisme
Sondages
Street-Médics
Routes de la Soie
🌞