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22.05.2026 à 09:11

FRANCE24
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Dans le comté d'Ouray, il n'y a pas encore de flammes réelles, mais les services de secours locaux s'entraînent, pour la première fois à grande échelle, à protéger les habitants d'une saison des incendies qui s'annonce mauvaise dans l'ouest américain. De l'Arizona au Wyoming, un vaste territoire dépend pour son alimentation en eau de la neige tombée dans les montagnes Rocheuses. Mais cet hiver, il n'a jamais fait aussi chaud dans la région, réduisant le stock de neige à des niveaux historiquement bas. Conséquence: un asséchement des sols et de la végétation très favorable aux incendies. Vingt-sept minutes après le passage du policier, une ambulance arrive chez Amy et embarque Jordan Wyatt et Jennifer Shook, qui jouent le rôle de deux blessés. A quelques maisons de là, sous les pins, des pompiers coiffés de casques jaunes projettent l'eau de leur lance à incendie sur un brasier imaginaire. Jennifer, en fauteuil roulant, se souvient de l'été dernier, quand sa mère a vu, impuissante, un feu de forêt se rapprocher. "Ayant vu son niveau de stress, et sachant qu'il y a d'autres personnes avec des handicaps qui devraient être évacuées, je voulais participer", dit-elle, avant d'être transportée dans l'ambulance. "Tellement peu d'humidité" Ce type d'exercice, indispensable pour repérer les failles dans la coordination des différents services de secours, est de plus en plus courant au Colorado, dans le centre-ouest du pays. Ils permettent aussi d'inciter les habitants à se préparer à devoir partir dans l'urgence, a fortiori pour cet été. "J'ai travaillé ici toute ma vie, et je n'ai jamais rien vu de tel", confirme Aaron Jonke, le chef des pompiers de la petite ville de Salida. "Il faut que les gens comprennent que ce n'est pas une année habituelle", "c'est la pire", insiste-t-il, "il y a tellement peu d'humidité." Le pompier moustachu alerte les habitants depuis janvier. "Avec le changement climatique", dit-il, "la saison des incendies est passée d'événement estival à quelque chose qui court sur toute l'année." Dans le Colorado Fire Camp, qui prépare ce jour là au maniement des tronçonneuses, un outil vital pour créer des trouées dans les forêts, Daniel Pusher s'applique à découper des troncs. Il compte rapporter ce savoir-faire chez lui, dans sa tribu Apache de l'Arizona, afin de travailler à un projet d'élagage destiné à lutter contre le risque d'incendie. Et avec la "mauvaise sécheresse" de cette année, s'inquiète-t-il, "on garde nos yeux grand ouverts." Huit des onze Etats de la région ont enregistré leur plus faible quantité d'eau stockée dans le manteau neigeux depuis le début des mesures. Parmi eux, le Colorado, qui a activé son plan sécheresse dès mars. La région est méconnaissable. Rives asséchées Au col de Loveland, à 3.650 mètres d'altitude, il n'y a plus que quelques plaques de neige sur les pentes herbeuses. Skis en main, Tim Faris cherche quelques virages de glisse. "D'habitude, je peux skier ici jusqu'à fin juin", s'alarme-t-il. "Aujourd'hui, je dois marcher entre les marmottes et les fleurs pour trouver de la neige." Dans la vallée, les pontons en principe flottants d'un petit port de plaisance du lac artificiel de Dillon sont aujourd'hui posés sur la boue: aucun bateau ne s'y amarrera de l'été, le niveau du lac est six mètres trop bas. Moins de saisonniers ont été embauchés. L'accès au lac Antero, repaire de pêcheurs cerclé d'une herbe jaunie, est fermé par un portail cadenassé. "Retenue fermée. Pas de loisirs en raison du manque d'eau", indique un panneau installé pour toute l'année. Ce déficit a ravivé le conflit sur le partage de l'eau du fleuve Colorado, source d'eau potable pour 40 millions d'Américain et qui irrigue les champs de toute la région. La ville de Denver n'avait jamais déclenché de restrictions sur l'usage d'eau aussi tôt dans l'année. Environ 90% de son eau vient de la fonte des neiges, et la tendance est claire: elle baisse d'année en année. Dans le comté d'Ouray, une fois Jennifer et les autres évacués, les lances à incendies rangées, les quelque 175 professionnels et volontaires impliqués dans l'exercice dressent le bilan dans la salle polyvalente. Le réseau téléphonique de secours n'a pas bien fonctionné, le nouveau système radio des pompiers non plus. Mais Diane Moore, une bénévole, en tire une leçon: avoir un sac prêt pour l'évacuation, et penser à prendre son chargeur de téléphone. "On va rentrer à la maison et en préparer un" tout de suite, glisse-t-elle en partant.

22.05.2026 à 09:09

FRANCE24
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Aldana, technicienne minière de 27 ans, ne voit son garçonnet de sept ans que toutes les deux semaines, quand elle redescend à 1.500 m à Villa Calingasta, son village de 2.700 habitants. "Mais le sacrifice en vaut la peine (...) ce travail, moi, je l'adore ! Dès la première fois que je suis montée, j'en suis tombée amoureuse", raconte-t-elle à l'AFP en supervisant les excavatrices qui forent 24/24h, créant un fond sonore incessant. Son travail, c'est Los Azules, l'exploration en vue d'une mine de cuivre dans la province de San Juan (ouest, 1.400 km de Buenos Aires). Un projet pharaonique, des kilomètres de pistes pour engins et camions creusées à flanc de montagne, dans un décor d'immensité rocheuse, entre glaciers couverts et amas de neige. Los Azules est un des récents projets miniers phares en Argentine. Près de 3 milliards de dollars d'investissement de McEwen Copper (Canada), associé à Stellantis et Rio Tinto/Nuton, pour une production prévue, après 2030, de 148.000 tonnes par an sur 20 ans. "Révolution minière" C'est un fleuron de la "révolution minière", mantra de l'ultralibéral Javier Milei, président depuis fin 2023: "L'exploitation minière se déploiera sur toute la Cordillère, générant des centaines de milliers d'emplois", clamait-il en mars au Parlement. Le véhicule, c'est le "RIGI", le Régime d'incitation pour les grands investissements, adopté en 2024, qui vise à récompenser des grosses mises de capitaux étrangers par des avantages fiscaux, douaniers ou de change pendant 30 ans. A ce jour, près de 40 projets ont été présentés, 16 approuvés, pour plus de 20 milliards de dollars d'investissements potentiels. La plus grosse part dans le secteur minier, suivi des hydrocarbures. En 2025, les exportations minières d'Argentine ont augmenté de 27% pour atteindre 6 milliards de dollars, portées par l'or et le lithium, dont elle est cinquième producteur mondial. Selon des projections de la Banque centrale, ce total pourrait tripler d'ici 2030, voire quintupler d'ici dix ans. Michael Meding, directeur général de Los Azules, assure à l'AFP que le RIGI "a envoyé des signaux très importants aux investisseurs au niveau international". Pour l'économiste Nicolas Gadano, "la matrice exportatrice de l'Argentine est en train de se transformer" avec l'essor du secteur minier et des hydrocarbures, par lesquels le pays à l'ADN traditionnellement agricole veut remédier à son manque chronique de dollars. La moitié des exportations minières prévues sont liées au cuivre, stratégique pour la construction, la transition énergétique, le développement de l'intelligence artificielle. L'Argentine n'en produit quasiment plus depuis 2018, mais dispose d'assez de réserves pour figurer au top 10 mondial. Loin du N.1 chilien, voisin que Milei cite en exemple. A Calingasta, près de la frontière chilienne, l'impact sur l'emploi est réel: nombre d'habitants de l'agglomération ont un emploi directement ou indirectement lié à l'activité minière. Comme le père et les deux frères d'Aldana. Ou sa soeur, elle aussi au campement de quelque 200 personnes de Los Azules. Protéger l'eau, ou manger Le boom minier ne s'annonce pas sans inquiétudes pour l'environnement. Le "puits" final de Los Azules devrait couvrir l'équivalent de 840 terrains de football, et plonger à plus de 300 m de profondeur, soit à peu près la Tour Eiffel. Il faudra enlever -"déplacer" est une option à l'étude-, une vega, sorte d'oasis d'altitude à la végétation spongieuse, qui sert d'habitat à une petite faune locale et de régulateur hydrique. Et même si Los Azules promet d'être neutre en carbone en 2038 et revendique une méthode d'extraction utilisant peu d'eau, l'impact à terme interroge. A fortiori alors que le Parlement vient de réformer la loi dite "des Glaciers", qui désormais donne plus grande souplesse aux provinces pour autoriser des projets miniers. "Les gens doivent choisir : +soit je protège l'eau, soit je mange+," se résigne Alejandro, pompiste à Jachal dans la vallée. Où l'on n'a pas oublié la contamination en 2015 de trois cours d'eau locaux, par la fuite d'un million de litres de solution cyanurée d'une mine de Barrick Gold. Sans être opposé à l'activité minière, Alejandro considère qu'"il n'y a pas assez de contrôles" de l'Etat. Mais tout là-haut à Los Azules, où la cumbia aide à oublier le vent glacial, Andres Carrizo, opérateur de foreuse de 27 ans, espère surtout que "tout cela va continuer, qu'on ait tous du travail, et qu'on puisse se développer".

22.05.2026 à 09:07

FRANCE24
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A Marchouch, une commune située à 70 kilomètres au sud de Rabat, des agriculteurs perchés sur une presse à fourrage grinçante, qui recrache la paille en bottes rectangulaires, s'activent dans les champs. Dans cette région rurale et agricole, les pluies tombées cet hiver ont transformé le paysage. Les champs ont reverdi, les moissons repris, et avec elles un regain d'activité dans des campagnes éprouvées par des années de stress hydrique. La récolte céréalière devrait plus que doubler cette année pour atteindre près de 90 millions de quintaux, contre 44 millions lors de la précédente campagne, et la production globale du secteur devrait progresser d'environ 15% par rapport à la saison dernière, selon des données officielles. Mais les cultures de printemps et d'été sont confrontées à une hausse du coût des intrants liée à la situation au Moyen-Orient. "Nous nous sommes réjouis au début de l'arrivée de la pluie", mais "avec la hausse des prix du mazout (gasoil, NDLR), tout a changé", confie à l'AFP M. Maazi. Depuis le début de la guerre fin février, les perturbations du trafic maritime dans le détroit d'Ormuz, artère vitale du commerce mondial par laquelle transite un cinquième du gaz naturel liquéfié et du pétrole brut, ont restreint l'offre d'énergie et d'engrais. Mehdi El Maazi dépensait auparavant quelque 1.200 dirhams (110 euros) de gasoil par hectare pour alimenter son tracteur. Cette facture s'élève désormais à 1.800 dirhams (167 euros), affirme le producteur de lentilles de 32 ans. Pas de bénéfices Dans une commune voisine, Abdelkader Toukati espère que "le prix du gasoil baissera avant le début de la saison des récoltes", d'autant que "le coût de location des moissonneuses a doublé" et que les salaires des ouvriers ont eux aussi augmenté. "Il n'y a plus de bénéfice: nous ne travaillons plus que pour payer le carburant", déplore de son côté Abdelaziz Drissi, loueur d'engins agricoles. La hausse des prix des carburants, utilisés pour le transport, se répercute directement sur le coût des intrants agricoles: semences, engrais, pesticides ou encore le fourrage. L'éleveur de bétail Abdessadaq El Fayd a d'ailleurs constaté la hausse du prix du sac de graine pour animaux. "Nous l'achetions auparavant 90 dirhams" l'unité, environ huit euros, il "coûte aujourd'hui 110 à 120 dirhams" (11 euros), dit-il à l'AFP à Meknès, dans le nord du Maroc, en marge du Salon international de l'Agriculture. Face à cette inflation, le gouvernement a annoncé à la mi-mars une aide aux transporteurs, sans que ce soutien ne permette de stabiliser les prix, d'après les agriculteurs interrogés par l'AFP. Selon Rachid Benali, président de la Confédération marocaine de l'agriculture et du développement rural, "les hausses de prix concernent principalement les carburants et les engrais azotés" mais il n'existe "pas encore d'estimations précises sur l'ampleur" de cette augmentation. Malgré la flambée mondiale des coûts de l'énergie, la croissance au Maroc, où l'agriculture représente environ 12% du PIB et 24,5% des emplois, devrait accélérer à 5% au premier trimestre 2026, après 4,1% au quatrième trimestre 2025, portée notamment par les activités agricoles, selon un récent rapport du Haut-Commissariat au Plan. M. Benali assure que l'augmentation des prix de production "n'aura aucun impact sur le volume ni la qualité" mais "se répercutera automatiquement" sur le coût des produits agricoles dans les marchés. "Nous allons travailler à l'amélioration des chaînes de distribution (...) afin que les prix restent à un niveau raisonnable", a promis fin avril le chef du gouvernement Aziz Akhannouch. Indépendamment des facteurs extérieurs, la commercialisation des produits agricoles au Maroc pâtit d'un problème structurel: la multiplication des intermédiaires, qui tire souvent les prix vers le haut au détriment des producteurs et des consommateurs.

22.05.2026 à 08:57

FRANCE24
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La liste des éléments défavorables au président russe s'allonge. Que ce soit sur le champ de bataille, en matière d'indicateurs économiques ou, plus prosaïquement, dans les témoignages mécontents de Moscovites privés d'internet mobile pour "raisons de sécurité". Après quatre années d'une guerre terriblement meurtrière, l'objectif de Vladimir Poutine, au pouvoir depuis 26 ans, de s'emparer de la totalité de la région industrielle ukrainienne du Donbass, dans l'est, n'est toujours pas atteint. Et pour la première fois depuis l'été 2023, selon une analyse par l'AFP des données de l'Institut pour l'étude de la guerre (ISW), les forces russes ont perdu du terrain en Ukraine entre mars et avril. La Russie occupe aujourd'hui un peu plus de 19% de ce pays voisin, dont environ 7%, en Crimée et dans les zones du Donbass, étaient déjà sous contrôle russe ou prorusse avant la vaste offensive de février 2022. "Seuil psychologique" "On a franchi le seuil psychologique des quatre ans, certains ont compris que tout ne se déroulait pas tout à fait comme prévu", souligne Konstantin Kalatchev, un politologue russe interrogé par l'AFP. Le ministère russe de la Défense, prompt à annoncer la prise de la moindre localité ukrainienne depuis le début de l'invasion, diffuse désormais moins souvent ce type de communiqués triomphalistes. A la veille du 9-Mai, le jour où la Russie célèbre la capitulation de l'Allemagne nazie, la tension est à son comble : la Russie, qui bombarde régulièrement Kiev sans prévenir, appelle cette fois ambassades et population à évacuer la capitale ukrainienne. Elle promet un déluge de feu, sur notamment "les centres de décision", si l'Ukraine ose perturber le traditionnel défilé sur la place Rouge, sans matériel militaire lourd pour la première fois en près de vingt ans. L'escalade n'aura pas lieu : une trêve de trois jours, annoncée in extremis le 8 mai par Donald Trump, est acceptée par les deux parties. Et le président ukrainien Volodmyr Zelensky se fend d'un décret inédit, inimaginable quelques mois auparavant, pour dire à son armée de ne pas lancer de drones sur la place Rouge. Au soir du 9 mai, Vladimir Poutine lâche une formule qui fera les gros titres de la presse internationale : il évoque l'hypothèse d'une "fin" proche de la guerre, tout en reprochant l'aide occidentale à l'Ukraine. Selon des analystes, il s'agit d'un message à l'intention de l'opinion publique dans un difficile exercice d'équilibriste. "Un déclencheur" "Il veut envoyer un message : +je comprends que cette guerre doit bientôt se terminer mais elle doit se finir selon mes conditions+", estime Stefan Meister, analyste au German Council on Foreign Relations, cité dans le New York Times. Les services de renseignement lettons, attentifs à la menace du voisin russe, notent, quant à eux, que les restrictions et les blocages liés à internet ou l'augmentation de la TVA ont aussi eu des répercussions sur "les groupes proches du régime et les élites". Ils relèvent, auprès de l'AFP, que des membres des élites discutent des "personnalités susceptibles de remplacer, à terme, les dirigeants actuels vieillissants par des responsables plus jeunes qu'ils jugent aptes à représenter au mieux leurs intérêts". Le politologue Konstantin Kalatchev se dit, pour sa part, loin de "dramatiser la situation". "Pour qu’il y ait une crise, il faut deux facteurs : un déclencheur et un leader. La coupure d'internet n'est pas devenue ce déclencheur grâce aux VPN, et un leader... Notre système n'est pas de ceux dans lesquels peuvent émerger des leaders non autorisés", juge le politologue. Dans une société travaillée par une propagande sans relâche, où toute critique est passible de lourdes peines judiciaires, Vladimir Poutine, 73 ans, garde une forte emprise sur son pays. Parallèlement, l'économie russe, tournée vers l'effort de guerre et sous le coup de sanctions occidentales, montre de sérieux signes d'essoufflement. Le produit intérieur brut s'est contracté de 0,2% au premier trimestre, enregistrant son premier recul trimestriel en trois ans. "Que se passe-t-il à Moscou ?", interroge dans un article l'expert français Michel Duclos, de l'institut de réflexion Montaigne. "On serait tenté de se référer aux années 1980, écrit-il, lorsqu'au Kremlin les choses commencèrent à bouger : la Russie d'aujourd'hui bute sur l'obstacle ukrainien comme l'URSS jadis +cala+ devant la résistance afghane". burx/bds

22.05.2026 à 08:57

FRANCE24
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Financier redoutable et fervent catholique, le Breton de 74 ans est accusé à gauche de mener bataille pour les idées d'extrême droite. Lui-même s'en défend: "Tout ça, c'est des tartes à la crème. (...). Je n'ai aucun projet idéologique", jurait-il en 2024 lors d'une audition à l'Assemblée nationale. Pour autant, il a lancé un cercle de réflexion, l'Institut de l'Espérance, dont le manifeste est attendu prochainement. Son but: "Ramener du bon sens et de la prospérité pour la France et les Français", a-t-il dit début avril devant la commission parlementaire sur l'audiovisuel public. Via les groupes dans son giron, le magnat est présent dans la télévision (groupe Canal+), la radio (Europe 1), la presse (JDD et magazines du groupe Prisma) et l'édition (Hachette). Un vaste empire qui fait des remous. En avril, des dizaines d'écrivains claquent la porte de l'éditeur Grasset après le limogeage du PDG Olivier Nora, qu'ils imputent à M. Bolloré. Celui-ci réplique dans le JDD en moquant "une petite caste" et en balayant les "attaques" sur son "idéologie": "Je suis chrétien démocrate". Puis, au démarrage du Festival de Cannes, une tribune de professionnels dénonce "l'emprise" d'un "patron d'extrême droite" sur le cinéma français, dont Canal+ est le premier financeur. Une crise éclate et Canal+ menace de ne plus travailler avec les signataires. Papier à rouler Côté médias, CNews, Europe 1 et le JDD sont accusés par la gauche de promouvoir une vision d'extrême droite dans leur traitement des questions d'insécurité ou d'immigration. "CNews est un succès parce que CNews raconte la vérité", rétorquait M. Bolloré devant les députés en 2024. Quinzième fortune de France selon Challenges, il tient fermement les rênes de la holding familiale. Sous son contrôle, deux de ses fils, Cyrille et Yannick, dirigent respectivement les groupes Bolloré et Havas. La source de cette saga est la manufacture de papier d'Odet, dans le Finistère, fondée en 1822 puis reprise par l'aïeul de M. Bolloré. Alors jeune banquier d'affaires à Paris, celui-ci sauve l'entreprise familiale en 1981 en reprenant avec son frère les usines Odet-Cascadec-Bolloré (OCB), à l'agonie. Il passe du papier à cigarettes au film plastique, puis aux condensateurs électriques. Bolloré Technologies entre en Bourse en 1985. Cette aventure lui donne une image de patron sympathique, proche de la jeune droite libérale - François Léotard, Alain Madelin et Gérard Longuet, son beau-frère par alliance. "Diable" Ses affaires se développent, les raids s'enchaînent, ciblant notamment les médias: Bouygues (maison mère de TF1), Pathé, Havas, Ubisoft. "C'est un prédateur. Il se cache puis, comme un diable qui sort de sa boîte, il agit", juge un ex-collaborateur. Au lancement de la télévision numérique terrestre (TNT) en 2005, Vincent Bolloré gagne sa première chaîne, Direct 8. Il la revend à Canal+ contre des parts de sa maison mère Vivendi, dont il prend le contrôle en 2014 et qui est scindée fin 2024. Sous sa houlette, Canal+ change: éviction de cadres, fin du "Zapping" ou des "Guignols". La rédaction d'iTélé (qui deviendra CNews) entame une grève historique, comme celles d'Europe 1 puis du JDD plusieurs années après. Une autre télé de la galaxie Bolloré, C8 (anciennement Direct 8), perd son autorisation d'émettre en 2025, à cause des dérapages de son animateur vedette, Cyril Hanouna. En 2022, le groupe Bolloré se sépare de son emblématique branche logistique en Afrique (ports, entrepôts, etc.). Les activités africaines du milliardaire lui vaudront d'être jugé en décembre à Paris, notamment pour corruption au Togo entre 2009 et 2011. Malgré les critiques, Vincent Bolloré jure qu'il n'est "pas du tout un Attila" et nie "inspirer la terreur": "Je ne l'inspire qu'à des gens qui ne m'ont jamais vu et qui croient un certain nombre de petites lettres me décrivant comme un type épouvantable qui fait des choses horribles".
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